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Full text of "Cartulaire de l'abbaye de la Sainte-Trinité de Trion"

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CARTULAIRE 



DE 



L'ABBAYE DE TIRON 



SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE D'EURE-ET-LOIR. 



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CARTULAIRE 



DE L'ABBAYK 



DE LA SAINTE-TRINITÉ DE TIRON 



PUBLIE ET ANNOTE 



Par M. Lucien MERLET 

Archiviste d'Eure-et-Loir, Membre correspondant de l'Institut. 



TOME PREMIER 




CHARTRES 

IMPRIMERIE G A UN 1ER, 
15, Rue du Grand- Cerf, 15 



M DCCG LXXXIII 



£U0V4 1963 

TÎBKÂM 



248 02 



INTRODUCTION. 



i. 



Plus on remonte le cours des siècles, plus les ténèbres se font autour 
des événements que l'on cherche à approfondir : aussi généralement, 
dans l'histoire d'une abbaye, sa fondation même est la partie la plus 
obscure. Il ne semble pas devoir en être ainsi pour notre monastère de 
Tiron (*) : d'abord il ne remonte pas à une très haute antiquité (les pre- 
mières années du XII e siècle); puis, par une heureuse singularité, 
nous avons la Vie de celui même qui l'a fondé, écrite par un de ses 
contemporains , par un de ses compagnons , dans ce style plein de can- 
deur et de bonne foi qui n'appartient qu'aux chroniqueurs des XII e et 
XIII e siècles. Et cependant, parmi tous les auteurs qui ont parlé <!<■ 
l'abbaye de Tiron, je ne sais s'il en est un seul qui ait assigné à la fon- 
dation du monastère sa véritable date. 

(*) L'orthographe primitive de Tiron était certainement celle que nous avons adoptée 
pour notre abbaye, Tiron sans h; aujourd'hui Thiron s'écrit toujours avec un h. 
Quand il est question de la commune moderne, nous avons cru devoir conserver l'or- 
thographo consacrée par le Dictionnaire des Postes et par l'usage. 

a 



ii INTRODUCTION. 

La cause de cette étrange anomalie , nous l'indiquerons plus tard ; 
nous voulons, avant d'entrer dans la discussion, raconter, d'après notre 
bénédictin du XII e siècle, la fondation de l'abbaye de Tiron, fondation 
si tourmentée qu'involontairement, en l'écrivant, notre esprit se reporte 
aux premiers vers de l'Enéide , où Virgile rappelle les longues traverses 
de son héros : 

Tantœ molis erat Tironis condere cœttim! 

Et d'abord deux mots sur l'auteur, puis nous parlerons de son œuvre. 
Il s'appelait assurément Geoffroy, monachorum omnium infimns Gau- 
f redits, dit-il lui-même : on le désigne sous le nom de Geoffroy le Gros, 
Gaufredus Grossus ou Grossiniis. D'où vient ce surnom, nous n'avons pu 
le découvrir. Geoffroy vivait certainement du temps de saint Bernard 
de Tiron ; il fut un de ses plus fidèles disciples : il le dit en maints 
endroits de son livre, et, dans sa Préface, il écrit : Ea quœ vidi, litteris 
commendata, successoribus transmisi. On a pensé que la Vie de saint Ber- 
nard avait été écrite de 1130 à 1135 environ ( 1 ), ne discutons pas cette 
date ; mais on a fait de Geoffroy un abbé de Bonneval , ce qui est 
absolument inadmissible. De peur de nous égarer, apprenons donc à 
nous contenter de ce que nous savons de science certaine : Geoffroy était 
un moine de l'abbaye de Tiron , contemporain et compagnon de saint 
Bernard. Après la mort de son maître, cédant aux instances de l'évêque 
de Chartres, Geoffroy de Lèves ( 2 ), il mit par écrit ce dont il avait été 
témoin, pour servir à l'édification de ses confrères à venir ( 3 ). 

(*) Cette date n'est qu'approximative : nous verrons plus loin qu'on ne peut faire 
remonter plus haut qu'à 1151 l'époque où Geoffroy écrivit la Vie de saint Bernard. 

( 2 ) Vestris exhortationibus obtemperans , dit Geoffroy dans sa Préface à l'évêque de 
Chartres. 

( 3 ) Nous avons rencontré dans le Cartulaire plusieurs mentions qui nous semblent se 
rapporter à Geoffroy le Gros. Ainsi la charte LXXIX, datée du 3 août H26, fut écrite 



INTRODUCTION. m 

Quelle somme de foi devons-nous ajouter au récit du moine du 
XII e siècle? J'ai lu et relu son ouvrage, et je n'hésite pas à déclarcrque, 
pour ma part, je lui accorde pleine et entière confiance. Il est impos- 
sible, en parcourant ces pages si naïves, de ne pas se sentir pénétré 
de ce parfum de vérité que la fable, avec toutes ses grâces, ne peut 
obtenir. Dans tout le récit de Geoffroy, on reconnaît non -seulement 
la foi ardente de ces grandes époques de notre histoire nationale, mais 
encore la fidélité du témoin oculaire qui ne raconte que ce qu'il a vu. 
Aussi, nous le déclare-t-il lui-même : « Ce n'est pas en vous rap- 
» portant de grands et nombreux miracles, quoique nous en citions 
» quelques-uns, que nous voulons vous faire admirer notre père Ber- 
» nard, c'est en vous disant qu'il était doux et humble de cœur('). » 

Est-il rien de plus touchant et qui puisse mieux prédisposer à écouter 
avec bienveillance l'histoire qui va nous être racontée ? Aussi , sans plus 
tarder, j'aborde, avec Geoffroy, la Vie de saint Bernard, au moment où 
il quitta la forêt de Savigny, près de Fougères, pour se diriger vers le 
Perche ( 2 ). 

par le chancelier Geoffroy, surnommé le Gros, Goffredus cancellarius , cognomine Gros- 
sinus, scripsit. Dans la charte CCLIV, nous voyons que saint Bernard avait laissé 
comme prieur à Saint-Sulpice-en-Pail un moine appelé Geoffroy, et une note du 
XVI e siècle jointe au Gartulaire original porte : Gauff reclus deputatus a beato Dernardo 
forsan is erat Gauffredus qui ejus vitam postea composuit. Enfin dans la charte 
CCLXXXIX, de l'année 1146 environ, nous voyons figurer comme témoin Grossinus 
presbiter, qui nous semble bien le même que notre Geoffroy le Gros. 

( ! ) Nonpatrem nostrum Bernardum patratione miraculorum , quamvis illa penitus non 
deerunt, commendamus, sed quia mitis et humilis corde. 

( 2 ) L'ouvrage de Geoffroy a été publié par J.-B. Souchet, sous ce titre : Beati Ber- 
nardi fundatoris et I abbatis SS. Trinitatis de Tironio, ordinis S. Benedicti, Vita, auc- 
tore coetaneo Gaufrido Grosso, nunc primum prodit in lucem, opéra et studio Joan-Bap. 
Soucheti, S. T. doctoris et Carnotensis canonici. Lutetiœ Parisiorum, sumptibus Joannis 
Billaine, 1649, m-4°. Dans une courte Préface, Souchet nous apprend comment il eut 
connaissance du manuscrit de cet ouvrage. Lors d'un carême qu'il prêchait à Chartres, 
le R. P. Jacques Dinet, de la Compagnie de Jésus, lui confia un manuscrit de la Vie 
de saint Bernard. Frappé de l'intérêt de ce récit, Souchet partit pour Thiron afin de 



iv INTRODUCTION. 

La forêt de Savigny avait été concédée à Bernard par Raoul, seigneur 
de Fougères, afin qu'il s'y établît avec ses moines. C'était un sol fertile, 
arrosé par de nombreux ruisseaux : les compagnons de Bernard s'y 
construisirent une habitation, et là, ils passèrent plusieurs années, 
vivant du travail de leurs mains. Mais Vital de Mortain( 1 ) était venu 
rejoindre son ami et s'était installé avec ceux qui le suivaient à environ 
deux stades de l'habitation de Bernard. On s'occupait de défrichements, 
de travaux d'agriculture ; on recevait chaque jour de nouvelles recrues : 
bientôt l'espace manqua aux deux colonies. On commença par fonder 
d'autres établissements dans le voisinage des premiers ; mais personne 
ne voulait s'éloigner des vénérés Bernard et Vital : il ne fallait rien 
moins que l'obéissance passive imposée aux disciples pour les décider à 
vivre dans une autre habitation que leurs maîtres. Bernard comprit qu'il 
valait mieux se séparer. 

Il résolut de chercher au loin d'autres solitudes. Il choisit quatre de 
ses religieux et les chargea de trouver quelque vaste désert, où l'on put 
élever de larges habitations pour donner asile à tous les moines ensemble. 
Les disciples partirent à la voix de leur maître et parcoururent en tous 
sens les vastes forêts du Maine ; mais ils ne rencontrèrent d'abord rien 
qui parût convenir à leur dessein. 



rechercher l'original dans les archives de l'abbaye. Il le trouva en effet, mais dans le 
plus triste état: c'étaient de vieux feuillets de parchemin, autrefois reliés ensemble; 
mais le temps avait rongé les nerfs qui les retenaient. Peu importait : l'essentiel était 
qu'on pût vérifier l'authenticité du manuscrit. C'est ce que fit notre savant chanoine, 
et, ayant pris une copie exacte de l'œuvre de Geoffroy, il publia le livre dont nous nous 
servons aujourd'hui. 

(*) Vital de Mortain, ainsi surnommé d'une prébende que Robert, comte de Mor- 
tain, lui avait donnée dans la collégiale de Mortain en 1082, mena d'abord la vie éré- 
mitique dans la forêt de Craon, puis dans celle de Fougères. Ce fut en 1105 qu'il vint 
rejoindre Bernard dans la forêt de Savigny. Vital fonda en 1112 l'abbaye de Savigny, 
qui, comme celle de Tiron, devint chef d'ordre et posséda plusieurs abbayes et de 
nombreux prieurés en France et en Angleterre. 



INTRODUCTION. v 

L'un d'eux cependant eut une vision : il aperçut durant son sommeil 
un jeune homme resplendissant de beauté, vêtu d'une robe blanche 
comme la neige, qui, lui posant la main sur la tête, lui dit : « Lève-loi 
» sur-le-champ et va trouver Rotrou , comte du Perche ; il vous donnera 
» ce que vous désirez. » Se levant aussitôt, il raconte sa vision à ses 
compagnons , mais ceux-ci rient de lui et reviennent faire part à Ber- 
nard de l'insuccès de leur voyage. L'homme de Dieu ne se décourage 
pas et renvoie deux d'entre eux continuer les recherches : ces nouveaux 
envoyés ne sont pas plus heureux d'abord, mais, se rappelant le songe 
de leur confrère , ils se déterminent à aller vers Rotrou et lui exposent 
ce qu'ils désirent. 

Le comte accueille leur requête avec bonté et leur promet d'y satis- 
faire. Rotrou en effet possédait un territoire nommé Arcisses, distant 
d'environ un mille de son château deNogent. C'était une terre féconde, 
entourée de tous côtés de forêts , abondamment arrosée de sources et de 
ruisseaux, dont la fraîcheur entretenait des prés toujours verts. Le sol 
était parfaitement propre à la culture de la vigne et pouvait fournir 
largement à tous les besoins : déjà les prédécesseurs du comte y avaient 
construit un oratoire , préparé un vivier, planté des vergers, ménagé 
en un mot tout ce qui pouvait être utile et agréable à la vie. Rotrou 
conduit aussitôt en ce lieu les deux disciples de Bernard et s'engage 
à donner à perpétuité ce domaine au serviteur de Dieu et à ses com- 
pagnons. 

Ravis de ces paroles , les envoyés de Bernard rendent grâces à l'au- 
teur de tout bienfait , et reconnaissent dans la prompte et heureuse 
issue de leur voyage l'accomplissement de la promesse que l'ange leur 
avait faite précédemment. Prenant congé du comte, ils retournent vers 
leur maître , et , comme Rotrou le leur avait commandé , ils le ramènent 
avec eux. Mais les choses avaient bien changé. Rotrou, il est vrai , reçoit 



vi INTRODUCTION. 

Bernard avec tout le respect qui lui était dû , mais il retire la parole 
qu'il avait donnée et invite son hôte à accepter, en échange d'Arcisses , 
un autre territoire qu'il veut bien lui concéder. C'est que Béatrix, mère 
de Botrou , était venue trouver son fils et lui avait demandé de ne pas 
permettre que les compagnons de Bernard s'installassent si près de 
Notent. Elle favorisait en effet d'une manière particulière les moines de 
Gluny établis au monastère de Saint-Denis de Notent, et ceux-ci re- 
doutaient le voisinage de Bernard, dont le renom de sainteté et de 
science était parvenu jusqu'à eux. 

L'homme de Dieu ne fut nullement troublé de ce contretemps; avec 
le même visage serein et satisfait, il accepte la nouvelle offre de Botrou. 
Le lendemain , il envoie deux de ses disciples visiter les lieux qui leur 
étaient offerts. Ceux-ci, guidés par un des officiers du comte , arrivent 
à un endroit nommé Tiron (*) ; ils l'examinent en tous sens, et le même 
jour ils reviennent vers leur maître à qui ils rendent compte de leur 
mission. « Nous avons trouvé, disent-ils, un terrain auquel manque tout 
» ce qui est utile à la vie ; » et , consternés de leur déception , ils se dis- 
posent à repartir pour la forêt de Savigny. 

Mais , pendant la nuit , Bernard aperçoit suspendue , au-dessus du ter- 
ritoire que lui destine le comte de Nogent , une lampe brillant au milieu 
d'un ciel sans nuages et embrasant de sa clarté tous les lieux d'alen- 



(*) Ce lieu, nommé Tiron, n'est pas celui qui porte ce nom aujourd'hui, et où Ber- 
nard fonda définitivement son abbaye. Gomme nous le verrons par la suite, ce nom de 
Tiron s'appliquait à la forêt qui devait s'étendre au loin. Le premier établissement de 
Bernard fut dans la paroisse de Brunelles, non loin de Saint-Denis-d'Authou. En effet, 
ce fut en qualité de curés primitifs de la paroisse de Brunelles que les moines de 
Saint-Denis de Nogent réclamèrent les dîmes et les droits curiaux aux compagnons de 
Bernard, et, dans un autre passage de son livre, Geoffroy, parlant de la frayeur qu'ins- 
piraient aux habitants les nouveaux moines, s'exprime ainsi: Fama volât Gentiles ad- 
ventasse atque Sarracenos appariasse, pênes Authoun, scilicet urbem antiquam, mine 
vero solo tenus dirutam, cujus usque hodie veteres ruinx ibidem monstrantur. 



INTRODUCTION. vu 

tour( l ). Cette vision le détermine; il acceptera l'offre de Rotrou. Le len- 
demain , lorsque les religieux s'apprêtent à regagner Savigny, il annonce 
son intention d'aller lui-même visiter le territoire qui lui est proposé. Il 
arrive à la foret de Tiron ; il la parcourt avec soin, et le lieu lui semble 
si plaisant que rien ne peut le décider à s'en éloigner : ce qui le ravit, ce 
n'est ni l'agrément du pays , ni la grandeur du domaine , ni la vue de 
prés et de ruisseaux, ni la perspective de raisins et de fruits abondants, 
mais c'est l'aspect sauvag*e , c'est la nudité du sol , c'est surtout le désert 
et l'abandon. 

Il accepte donc avec reconnaissance le présent du comte Rotrou ( 2 ). 
« Voici, dit -il à ses disciples, voici, mes frères bien -aimés, le lieu 
» qui nous convient réellement ; c'est bien là la solitude qu'a si \ong- 
» temps cherchée notre dévotion. » Aussitôt tous s'inclinent et , se 
prosternant, rendent gloire au Dieu tout -puissant. On attache à un 
arbre Poitevin ( c'était le nom de l'âne qui portait sur son dos le servi- 
teur du Christ) ; on pose à terre le lég*er bagage , on construit une 
cellule sans art et sans apprêt. Puis, quelques jours après avoir ainsi 
pris possession de sa nouvelle demeure , Bernard se remet en route pour 
aller rassembler ses disciples restés en Bretagne et en Normandie et 
pour les ramener promptement avec lui. 

Ici se place dans le livre de Geoffroy un incident qui va un peu 



(i) On a tiré de cette vision l'origine de. la consécration de l'abbaye de Tiron à la 
Très Sainte Trinité : Flammam qux super Tyrono apparuit tripllcem ferunt, qux in 
unam coaluit, ad Trinitatis personarum in una essentiel indicandum mysterium; ex quo 
Tyronensis ecclesiœ uni Deo et trino nuncupatio. Mais c'est là une interprétation mo- 
derne; le bon moine du XII siècle n'était pas si habile. 

( 2 ) Ce premier établissement de Bernard dans la forêt de Thiron semble devoir être 
fixé à l'année 1109, bien que la Chronique de Saint- Aubin d'Angers le rapporte à 
l'année 1107. Eodem anno (1107), Bernardus abba, que-m Sancti-Cypriani diximus, in 
Pertico simm cœpit cœnobiumœdificare in loco qui vocatur Tiro> in honore Sanctx Mariée, 
ubi plus C monachos insimul habuit. 



vin INTRODUCTION. 

retarder notre récit , mais que nous ne pouvons résister au plaisir de 
rapporter, tant il nous semble une peinture fidèle et naïve des mœurs 
de l'époque. 

Bernard se rendait de Notent à Mortagne ; il était assis sur le fidèle 
Poitevin et deux de ses disciples l'accompagnaient à pied. Un chevalier, 
nommé Payen du Theil , suivait la même route : à la vue de ces voya- 
geurs couverts de robes grossières , il jugea bien que ces pauvres et 
humbles vêtements ne pouvaient convenir qu'à des hommes de vie sainte, 
contempteurs des vanités du monde ; prenant pitié de leur fatigue , il 
leur demanda où ils allaient. Bernard lui répondit que, s'ils le pouvaient, 
ils comptaient aller ce jour-là coucher à Mortagne. « Je demeure en 
» cette ville, leur dit Payen, et, si vous daignez y consentir, je serai 
» heureux de vous recevoir en ma maison. » Bernard accepta le gîte 
qui lui était offert avec tant de charité et remercia son nouvel hôte. A 
leur arrivée à Mortagne, Payen conduisit les voyageurs à son logis, 
et s'efforça de leur rendre tous les devoirs de la plus cordiale hospitalité. 
Mais l'ennemi du genre humain , jaloux de tout ce qui se fait de bien 
sur la terre , résolut de troubler la joie de Payen et de ses hôtes. Il infecte 
de son venin l'âme d'un des hommes d'armes du chevalier , et lui inspire 
le dessein de dérober, à la faveur de la nuit, le destrier de son maître. 
Lorsque Payen connut ce larcin , il fut pénétré de douleur ; il aimait 
beaucoup son cheval et il pensait en avoir besoin avant peu , car il y 
avait alors une grande guerre entre ceux de Bellême et ceux de Mor- 
tagne. Mais, pour ne pas troubler par la tristesse la joie de ses hôtes, 
il montre un visage souriant , et , dissimulant son chagrin , invite Ber- 
nard à prendre le repas du matin. Celui-ci ne put être trompé ; il 
découvre la douleur du chevalier, et , par ses paroles , tâche d'amener la 
consolation dans son cœur , lui remontrant combien il serait indigne de 
se laisser abattre pour des intérêts temporels. La divine bonté ne voulut 



INTRODUCTION. ix 

pas laisser sans récompense le zèle chrétien du chevalier et il lui plut d< i 
faire sentir en quelle estime elle avait les mérites de son serviteur. 
En effet, elle aveugla si bien le voleur que, bien que, depuis son 
enfance , il eût fait mille fois le chemin de Mortagne à Belléme , il ne 
put jamais reconnaître ces deux villes, et, croyant se rendre à Bellême, 
il se retrouva, le lendemain matin, avec le destrier, à la porte de son 
maître. Arrêté aussitôt et interrogé sur les motifs de son retour, il avoua 
la cause de son erreur et déclara qu'une puissance divine seule l'avait 
forcé de revenir sur ses pas. Payen , admirant la bonté du Tout-Puissanl . 
conçut dès lors une si grande affection pour l'homme de Dieu à la pro- 
tection duquel il attribuait ce miracle que, pendant toute sa vie, il 
combla le monastère de présents, non pas autant qu'il l'aurait voulu, 
mais autant que ses biens le lui permettaient ( 1 ). 

Quant à Bernard , après avoir achevé la route qu'il avait entreprise, 
il rassembla tous ses disciples, et, les ayant amenés avec lui à Tiron, il 
commença à demeurer avec eux. 

Ce fut en l'an de l'Incarnation du Verbe 1109 qu'après avoir reçu la 
bénédiction du saint pontife Ives, alors évêque de Chartres, Bernard 
célébra, le jour de Pâques, la première messe dans un sanctuaire en 
bois, qui se trouvait déjà élevé au lieu que le comte Rotrou lui avait 
concédé. Cette solitude était particulièrement chère à Bernard, parce 
qu'il pensait qu'elle lui avait été indiquée par Dieu lui-même : il encou- 
rageait ses frères ; il travaillait avec eux à construire leurs demeures, 
en même temps qu'il les instruisait sans cesse dans la doctrine du 
Seigneur. 

A cette époque, l'abondance des pluies avait tellement détrempé le 



C 1 ) Ce Payen du Theil nous paraît être le môme que Gauterius, qui vocabatur Paga- 
nus, filins Richerii, qui fit en effet de nombreuses donations à l'abbaye de Tiron. Voir 
chartes XI, XCI, CXIX, CXXII, CXXIII, CLXVI. 

b 



x INTRODUCTION. 

sol qu'on ne put faire les semences et que la terre se trouva sans mois- 
sons. Une grande famine s'en suivit, et des milliers d'hommes mou- 
raient de faim. La multitude de moines qui étaient avec Bernard man- 
quaient non-seulement de pain , mais de l'argent nécessaire pour se 
procurer des aliments. Cependant , obéissant aux préceptes de l'Evangile, 
ils ne s'occupaient que de chercher le royaume de Dieu , espérant que 
tout le reste leur serait donné par surcroît. Et ils ne furent pas trompés 
dans leur foi , car Guillaume , alors comte de Nevers , qui ne connais- 
sait Bernard que de réputation , pensa à l'humble serviteur du Christ, 
caché dans les solitudes les plus ignorées du Perche : il lui envoya de 
Bourgogne un grand vase d'or, afin qu'en le vendant il pût acheter des 
vivres pour lui et pour les siens. 

Ranimés par ce présent, ils se mettent avec plus d'ardeur à l'ouvrage, 
travaillant nuit et jour à la construction de leurs lieux claustraux. Mais 
ils étaient complètement inconnus aux habitants de la contrée. Ils por- 
taient un habit monacal , mais sale , gTossier , inculte , tout différent de 
l'habit des autres moines ( 1 ), ressemblant entièrement aux peaux de 
brebis dont il était formé. Or les hommes ignorants et rudes qui habi- 
taient près de là avaient horreur de tout ce qui leur paraissait insolite. 
Leur imagination se monte : ce ne sont plus des moines , ce sont des 
Sarrasins qui sont sortis de quelques cavernes souterraines et qui pré- 
cèdent le gros de leur nation ; quelque jour ils viendront en armes 
fondre sur la contrée et tout mettre à feu et à sang : il ne faut pas dif- 
férer ; il faut les anéantir avant qu'ils exécutent leurs infâmes desseins. 



(') Jacques de Vitry, dans son Histoire d'Occident, appelle les moines de Tiron les 
moines (/ris, parce que leur robe était couleur de cendre. Sunt prœterea in regno Fran- 
cise, circa partes Car notenses , monachi quidam , r/uos appellantde Tirone. Hi a consortio 
nigrorummonachorum, mutato habita nigro in griseum, recedentes, seorsum habitare 
cœperunt, primas nigrorum monachorum observantias, quas per negligentiam et dissolu- 
tionem hi a quibus recesscrunt ex magna parte r cliquer ant , in se reformare cupientes. 



INTRODUCTION. xi 

On envoie des éclaireurs; ceux-ci approchent en tremblant du repaire 
de leurs ennemis. Ils trouvent des hommes sans armes, qui n'élèvent 
ni camps ni tours, mais construisent de modestes cellules , qui n'enton- 
nent pas des cris de guerre, mais chantent des psaumes et des hymnes 
sacrées. Ils retournent joyeux près des leurs et leur disent que ce ne 
sont pas des Sarrasins, mais de véritables prophètes que Dieu a suscités 
dans le désert. 

Aussitôt tous se précipitent, riches et pauvres, également avides de 
voir les nouveaux venus. Bernard, à l'annonce de cette grande multi- 
tude de visiteurs, s'avance vers eux, leur parle et leur enseigne le 
Dieu qu'ils doivent craindre et adorer. 11 les exhorte à changer les 
biens périssables pour le bonheur éternel. Beaucoup se laissent persua- 
der; ils renoncent au monde et, prenant l'habit monacal, ils se sou- 
mettent au maître qui vient de convertir leurs cœurs. 

Mais d'autres épreuves attendaient Bernard et ses compagnons. Les 
moines de Gluny, jaloux des succès qu'obtenaient les prédications du 
saint, prétendirent que les dîmes et les droits curiaux du nouveau mo- 
nastère leur appartenaient comme propriétaires de la cure de Brunelles, 
que le comte Botrou leur avait octroyée précédemment et sur le terri- 
toire de laquelle Bernard avait formé son établissement. Toujours ré- 
signé, Bernard ne tenta pas de lutter contre ces injustes revendications. 
Le cœur ferme et dispos , il abandonna ces édifices qui avaient coûté 
tant de travail à ses disciples et il chercha aussitôt un autre sol où il lui 
fût permis de trouver le repos et la paix. Il se rendit à Chartres , dans 
cette illustre basilique fondée en l'honneur de la Très Sainte Vierge 
Marie, et là il s'adressa au vénérable évêque Ives et aux chanoines de la 
puissante église , les priant de lui céder une petite portion du territoire 
dont ils étaient seigneurs, près de son ancien monastère, afin qu'il y 
construisît une abbaye digne de ses nouveaux protecteurs. 



xii INTRODUCTION. 

Le Chapitre de Chartres possédait une petite bourgade nommée Gar- 
dais, située auprès du domaine que le comte Rotrou avait donné à Ber- 
nard. Les chanoines accueillent le suppliant avec le respect dû à ses 
vertus; ils l'écoutent avec bonté et, mesurant leur largesse à leur 
noblesse et à leur munificence, ils lui accordent plus de terre qu'il n'en 
avait demandé. Ils font aussitôt rédiger une charte de leur donation (*) 
et chargent le chanoine Geoffroy dans la prévôté duquel était la terre 
de Gardais ( 2 ), d'aller installer Bernard dans son nouveau domaine. 
On arrive sur les bords de la Thironne et c'est là que le prévôt Geoffroy 
donne au soldat du Christ la terre nécessaire pour construire son abbaye, 
avec les mêmes droits et la même liberté dont jouissait auparavant le 
Chapitre de Chartres ( 3 ). 



(0 Cette charte est celle du 3 février 1114, que nous publions sous le n° I de notre 
Cartulaire. C'est la "véritable charte de fondation de l'abbaye de Tiron. Il est curieux 
de comparer la narration si simple et si vraie de Geoffroy le Gros avec le récit fantas- 
tique imaginé par les faussaires du XVI e siècle pour expliquer la fondation de l'abbaye. 
« Comme, pendant trois jours de suite, plusieurs d'entre nous avaient eu des visions, 
» les uns voyant un essaim d'abeilles s'abattre sur nos demeures, les autres apercevant 
» un homme en habit monacal, environné d'une admirable blancheur, qui venait les 
» tirer de leur sommeil et , comme ces visions étaient accompagnées de la plus suave 
» odeur des aromates les plus exquis , nous cherchions entre nous ce que pouvaient 
» signifier ces présages et nous venions de célébrer une messe du Saint-Esprit pour 
» implorer ses lumières, lorsqu'on vint nous annoncer que Dom Bernard, le révérend 
» père des moines de Tiron, demandait à être introduit près de nous pour nous pré- 
» senter une requête... » 

( 2 ) Ce chanoine Geoffroy, que nous pensons être le même que Geoffroy de Lèves, 
depuis évêque de Chartres, était alors titulaire de la prévôté de Fontenay- sur-Eure, 
dont dépendait la paroisse de Gardais. 

( 3 ) Nous verrons que, au XVI e siècle, les religieux de Tiron prétendirent précisé- 
ment avoir, d'après leur charte de fondation, les mêmes droits et la même liberté dont 
jouissait le Chapitre de Chartres, et, au premier abord, les paroles de Geoffroy le Gros 
sembleraient leur donner raison. Mais jamais le Chapitre de Chartres ne contesta à 
l'abbaye ces droits et cette liberté sur le territoire qui lui avait été concédé par Ives et 
par les chanoines de il 14: ce qui faisait la difficulté, c'est que les religieux voulaient 
étendre ce privilège à toutes leurs possessions, quelles qu'elles fussent, à quelque 
époque qu'elles fussent arrivées en leur pouvoir. 



INTRODUCTION. xm 

Or il arriva qu'au même temps une noble dame, issue du sang 
royal, Adèle, comtesse de Blois ( ! ), offrit à Bernard une terre beaucoup 
plus vaste et des lieux plus fertiles pour édifier son monastère. Mais il 
refusa ce présent, aimant mieux placer son abbaye sous la protection 
de la bienheureuse Vierge Marie que sous la tutelle des plus puissants 
seigneurs séculiers. 

Les chanoines, ravis de posséder sur les terres de leur église un hôte 
d'un si gTand mérite , lui prodiguèrent, pendant toute sa vie, les témoi- 
gnages de la plus tendre affection. Ils lui conférèrent plusieurs béné- 
fices et enrichirent son église de somptueux ornements : ils veillèrent 
avec la plus active vigilance à la défense des droits de l'abbaye naissante 
et opposèrent le bouclier de leur protection aux attaques qu'on dirigea 
contre elle. Quant à Bernard, heureux d'avoir fondé son monastère dans 
les domaines de la bienheureuse Mère de Dieu, il conserva toujours 
pour elle une si vive affection, qu'il fonda en son honneur une messe 
spéciale pour le salut de tous les bienfaiteurs de l'abbaye et en parti- 
culier des chanoines de Chartres. Cette messe, dite de la Mère-Dieu, 
devait se célébrer tous les jours à perpétuité, et, jusqu'à la destruction 
de l'abbaye de Tiron, elle fut dite avec grande solennité. 

La réputation de sainteté de Bernard s'accroissait de jour en jour ; 
la renommée, la portant sur ses ailes, la publiait par tout le monde. 
Elle dépeignait le vénérable abbé ; elle représentait sa taille , ses 
traits, son visage, où la pureté des mœurs, la piété, l'innocence, la 
douceur se reflétaient comme dans un miroir. Elle disait la rigueur de 
ses abstinences, la sainteté de sa vie, la majesté de ses cheveux blancs. 



0) Adèle, quatrième fille de Guillaume le Conquérant, roi d'Angleterre, se maria 
avec Henri -Etienne, comte de Chartres et de Blois. Elle était veuve depuis plusieurs 
années à l'époque de la fondation de l'abbaye de Tiron et elle gouvernait les comtés de 
Chartres et de Blois pendant la minorité de ses enfants. 



xiv INTRODUCTION. 

Elle le décrivait si bien que, quoique absent , il paraissait présent aux 

yeux de tous , et tous le connaissaient et l'aimaient. 

Aussi sa réputation non-seulement remplit les contrées de la Gaule, 
mais traversa les pays lointains des Bourguignons, des Alains (*) et des 
Aquitains, parvint aux extrêmes limites des Bretons, des Normands et 
des Anglais, et arriva jusqu'à l'Albanie écossaise ( 2 ), comme on le vit 
plus tard par les témoignages qu'il en reçut. De toutes ces contrées , 
beaucoup de gens se rendaient vers lui , jaloux de contempler de leurs 
propres yeux celui que la renommée leur avait fait connaître , avides de 
recevoir de sa bouche les préceptes de la saine doctrine, curieux de 
constater par eux-mêmes les vertus qu'ils avaient entendu célébrer. 
Parmi ces nombreux visiteurs, beaucoup enrichissaient l'abbaye par 
des sommes d'argent ou par des donations importantes ; d'autres , ne 
pouvant emmener avec eux le saint abbé , obtenaient de lui douze 
de sesmoines ( 3 ) pour fonder dans leur pays un couvent de son ordre. 

Un des plus fervents admirateurs de Bernard fut Henri I er , roi d'An- 
gleterre et duc de Normandie ( 4 ). Il envoya à Tiron deux excellents 
princes: Thibaut, comte de Blois ( 5 ), et Rotrou, comte du Perche ( 6 ), 
pour supplier l'abbé de se rendre en Normandie , s'excusant de ne venir 

(!) Il faut sans doute entendre parla les Saxons, qui Salam fluviiim habitant, unde 
Salanos aut Alanos. 

( 2 ) L'Ecosse avait reçu le surnom d'Albanie à cause de ses montagnes toujours 
blanches de neige. Les auteurs du Moyen-Age désignent souvent ce pays sous le nom 
d'Albanie. 

( 3 ) La règle générale était qu'il fallait douze moines pour former un couvent. Pierre 
de Gluny le rapporte ainsi dans ses statuts : Statutum est ut ubicumque loci permiserit, 
duodecim fratres constituantur , addito priore, plenumque ordinem teneant. 

(*) Henri I er , fils de Guillaume le Conquérant, régna de 1100 au 1 er décembre 1135. 

< ■) Thibaut IV, comte de Chartres et de Blois de 1102 à Mol , fils du comte Henri- 
Etienne et d Adèle , fille de Guillaume le Conquérant. 

(°) Rotrou II, dit le Grand, comte du Perche de i 100 à 1144, avait épousé en premières 
noces Mathildc , fille naturelle du roi d'Angleterre Henri I er . 



INTRODUCTION. xv 

le trouver lui-même, empêché qu'il était de sortir de son duché par 
les guerres incessantes qu'il avaitalors avec le roi de France el le comte 
d'Anjou. Le saint fondateur accéda à cette demande et dès que le roi 
l'aperçut, levant les mains au ciel, il se confondit en actions de grâces 
envers Dieu, puis , embrassant Bernard à plusieurs reprises , il lui pro- 
digua les plus grands honneurs. Après avoir reçu ses doctes enseigne- 
ments, il lui fît en retour de riches présents et voulut, entre au des 
bienfaits, que chaque année l'abbaye prît sur son trésor quinze marcs 
d'argent (Voir ch. XXVII). 

Ce n'est pas tout encore : la piété de ce grand roi envers Bernard 
subsista après la mort de ce dernier. Tant que vécut Henri, il eut une 
telle affection pour l'abbaye de Tiron qu'indépendamment de ce revenu 
de quinze marcs, il envoyait aux religieux chaque année cinquante, 
soixante marcs d'argent, plus ou moins, pour subvenir à leurs besoins 
les plus urgents. Il voulut aussi faire édifier à ses frais le dortoir de 
l'abbaye et il mena à fin cette grande œuvre où il déploya une magnifi- 
cence vraiment royale. 

Le roi de France Louis le Gros eut le même désir que Henri d'Angle- 
terre de jouir de la vue et de la conversation de Bernard. Celui-ci se 
rendit donc à la Cour de France , et le roi fut si content de son entretien 
qu'il lui fit présent du territoire de Gintry (Voir ch. VII). Après la mort 
du saint fondateur (*) , Louis témoigna le même respect à ses successeurs, 



(') On a toujours fixé la mort de Bernard à l'année 11 16. Gomme on le voit par ce 
passage, elle doit en effet être reportée au plus tard à cette année. Philippe, le fils aine 
de Louis le Gros, mourut en 1130, âgé de quatorze ans ; il dut donc être baptisé vers 
l'année 111G ou 1117, et déjà Bernard était décédé. Le jour de la mort du saint fonda- 
teur de Tiron est le 23 avril. On lit dans la Chronique de Maillezais, à l'année II H» : 
Obiit Bernardus , fundator cœnobii Tironis, quod est in Pertico, vu kal. mail; et à la 
même date, dans le Nécrologe de Notre-Dame de Chartres: Obiit Bernardus, abbas 
de Tiro, qui ejusdem loci ecclesiam a fundamentis construxit et multos ibidem monachos 
sub sanctitatis et religionis norma congregavit. 



xvi INTRODUCTION. 

tellement qu'il voulut que ses deux fils, Philippe et Louis, tous deux 
rois dans la suite, fussent tenus par eux sur les fonts de baptême ( ! ) , 
et il ne cessa jusqu'au jour de sa mort de combler l'abbaye de ses nom- 
breux bienfaits. 

Thibaut, comte deBlois, fit également des dons importants au mo- 
nastère pendant sa vie, et, après sa mortf) , lui légua de riches orne- 
ments et d'autres présents qu'il serait fastidieux d'énumérer. Il fît aussi 
construire de ses propres deniers l'infirmerie du couvent. 

Il nous est impossible de citer en détail tous ceux qui accoururent 
vers Bernard des divers royaumes de l'Europe : nous ne pouvons pas 
davantage nommer tous les prieurés qui furent fondés à cette 
époque , ni rapporter ces présents sans nombre dont beaucoup ne sont 
connus que de Dieu seul. Parmi les bienfaiteurs de l'abbaye, nous rap- 
pellerons seulement Guillaume , duc d'Aquitaine ( 3 ), Foulques, comte 
d'Anjou, puis roi de Jérusalem ( 4 ), Robert, comte de Glocester ( 5 ), 
Henri, comte de Warwick ( 6 ), Gui le Jeune, comte de Rochefort ( 7 ), 

(') Le récit de Geoffroy le Gros est parfaitement conforme à la vérité historique. Ce 
fut Hugues, le successeur de saint Bernard, qui fut parrain de Philippe. Suivant une 
charte fausse du 12 avril 1120 (Voir ch. XXX), charte citée avec honneur et reproduite 
en fac-similé par les auteurs du Nouveau traité de diplomatique, ce serait Bernard lui- 
même qui aurait eu cet honneur, et cela en l'année 1120 ! 

( 2 ) Thihaut IV, comte de Chartres et de Blois, mourut le 8 janvier 1151 : il est donc 
impossible que l'ouvrage de Geoffroy soit antérieur à cette date. 

( 3 ) Guillaume VIII, duc d'Aquitaine, mort en 1126. 

( 4 ) Foulques, comte d'Anjou, fils de Foulques Réchin et de Bertrade de Montfort, 
épousa Mélisende, fille de Baudouin, roi de Jérusalem. Devenu à son tour roi de Jéru- 
salem en 1131, il mourut en 1144. Voir charte XLIV. 

( 5 ) Robert de Caen, fils naturel de Henri I er , roi d'Angleterre, mourut après 1138. 

( 6 ) Henri, comte de Warwick, était fils de Roger, seigneur de Beaumont, et d'Ade- 
lino de Meulan. Il devint beau-frère de Rotrou II par son mariage avec Marguerite, 
sœur du comte du Perche. 

( 7 ) Gui le Jeune ou le Roux, comte de Rochefort, fils de Gui le Vieux, partit pour la 
Terre-Sainte vers 1115. Le roi Louis le Gros, dans sa jeunesse, avait été fiancé à 



INTRODUCTION. xvn 

Guillaume, comte de Neversf 1 ), Robert, fils de Martin ( 2 ), Guichard, 
sire de Beaujeu ( 3 ), Geoffroy, vicomte de Ghâteaudun ( 4 ), Giraud, lils 
de Berlai ( r> ), Brice de Ghillon ( 6 ), etc., etc. 

Nous ne suivrons pas plus longtemps Geoffroy dans les chapitres qu'il 
a consacrés aux bienfaiteurs de l'abbaye : nous retrouverons successive- 
ment ceux-ci dans les chartes mêmes qui témoignent de leurs donations, 
et nous tâcherons, par des notes succinctes, d'établir suffisamment 
l'identité de chacun d'eux. 

Nous croyons, dans les pages qui précèdent, avoir clairement exposé 
les longues épreuves qu'eurent à soutenir Bernard et ses compagnons 
avant de pouvoir se reposer tranquillement dans la paroisse de Gardais, 
sur les bords de la Thironne. Il nous paraît démontré d'une façon évi- 
dente que la véritable fondation de l'abbaye de Tiron ne remonte pas 
au-delà de la donation de saint Ives et du Chapitre de Chartres , c'est-à- 
dire pas au-delà du mois de février 1114. Nous devons expliquer main- 



Lucienne, fille de Gui le Roux ; mais ce mariage ne fut pas consommé. Ce fut néan- 
moins en vertu de ces droits prétendus que le roi assiégea successivement Chevreuse, 
Montlhéry et Bretheucourt , dont il ne put se rendre maître. Voir charte VI. 

(*) Guillaume II, comte de Nevers, était fils de Renaud et d'Alix , fille du roi Robert. 
C'est ce comte qui avait envoyé aux compagnons de Bernard le vase d'or qui les sauva 
de la famine. L'abbé de Tiron ne se montra pas ingrat: Guillaume ayant été fait pri- 
sonnier par Thibaut IV, comte de Blois, Bernard se rendit à Blois, avec Robert d'Ar- 
brissel, pour réclamer sa liberté. 

(») Voir chartes XXV, XXVI et XXXI. 

( 3 ) Guichard, fils d'Humbert I er , sire de Beaujeu, épousa Lucienne do Rochefort, 
fiancée d'abord, comme nous l'avons dit, au roi Louis le Gros. Il fut le fondateur de 
l'abbaye du Joug-Dieu. Il mourut à Cluny le 22 septembre 1137. 

( 4 ) Geoffroy IV, fils de Hugues II, fut vicomte de Châteaudun de 1110 environ à 
1146. Voir charte XXI. 

( 5 ) Giraud de Montreuil-Bellay était fils de Berlai III, seigneur de Montreuil, et 
d'Orgueilleuse. Voir chartes XIX et CXII. 

(•) Brice de Chillon ne nous est connu que par notre Cartulaire. Voir chartes 
CCXIII, GCXXI. 

c 



xvin INTRODUCTION. 

tenant pourquoi des indécisions se sont produites à ce sujet , et comment 
un fait appuyé sur des preuves aussi certaines a pu être contesté jusqu'à 
ce jour. 



II. 



La réputation de sainteté du bienheureux fondateur de l'abbaye, la 
piété et la dévotion des premiers compagnons de Bernard avaient , comme 
nous le raconte Geoffroy le Gros , attiré au nouveau monastère les dons 
les plus généreux. A l'époque où fut rédigé par les moines le Gartulaire 
qui a servi de base à notre travail, c'est-à-dire vers le milieu du 
XII e siècle, onze abbayes et plus de cent prieurés dans les provinces les 
plus diverses de la France , en Angleterre et en Ecosse , reconnaissaient 
la suprématie de l'abbaye de Tiron : le monastère était devenu chef 
d'ordre, et l'on disait l'ordre de Tiron , comme on disait depuis longtemps 
l'ordre de Gluny, comme on allait dire l'ordre de Giteaux. 

Chaque année, un chapitre général réunissait à Tiron les délégués 
des abbayes et des prieurés dépendant de la maison-mère, et là, l'abbé 
de Tiron, entouré de onze autres abbés crosses et mitres, jugeait en 
dernier ressort toutes les infractions à la discipline monastique , nom- 
mait et destituait les abbés et les prieurs , réglait l'administration des 
biens, passait les baux, ordonnait les acquêts, etc. 

Une si grande et si rapide prospérité devait amener des abus, nihil 
tamen ex tanto splendore succrevit boni. Les abbés perdirent bientôt l'hu- 
milité et la modestie de leur saint fondateur ; leur puissance les aveugla 
et ils voulurent rivaliser avec les plus hauts prélats. Déjà, à la fin du 



INTRODUCTION. xix 

XIII e siècle, dans un procès que le Chapitre de Chartres eut à soutenir 
en 1291 contre Jean de Chartres, les chanoines reprochaient amèrement 
à cet abbé de ne paraître en public qu'entouré d'une armée de sergents 
portant des verges blanches devant lui, qui famulis quasi fecialibus cinge- 
batur( l ). Ce n'étaient plus les huttes modestes des premiers moines, 
c'était un somptueux palais qu'habitaient les religieux , car Jean de 
Chartres venait de faire reconstruire tous les lieux claustraux, et la faci- 
lité , le luxe de la vie devaient fatalement amener le relâchement des 
mœurs. Il fallait de l'argent pour maintenir le train fastueux auquel on 
s'était accoutumé, et cet argent, on commença à se le procurer par des 
moyens plus ou moins avouables. Les auteurs du Gallia ehristiana ont 
très bien dépeint l'état de l'abbaye après l'administration de Jean de 
Chartres: Nec dispar, disent-ils, monachorum in privata studio, vitœquê 
laxioris commoda propensio : quibus malis non satis occurrebant annua, quœ 
celebrari mos erat, comitia generalia. Tametsi enim in eis leges saluberrinue 
conderentur , sensim viscera premebat atrum peculii virus, quo presertim ab- 
bates et qui rerum satagebant officielles enecabantur. 

Un terrible fléau vint fondre sur l'abbaye et sur tous les pays envi- 
ronnants, nous voulons parler de l'invasion étrangère. A la suite de la 
guerre de Cent ans, les Anglais s'emparèrent de toute la Normandie, 
delà Beauce et du Perche. Les revenus de l'abbaye furent anéantis, 
les moines furent dispersés, les prieurés furent détruits. Le monastère 
lui-même ne put échapper au fléau : en 1428 (et non 1450, comme le 
dit le Gallia ehristiana), le comte de Salisbury, se rendant à Orléans, 
passa par Thiron et incendia l'abbaye ( 2 ), ignem in ecclesia, domibus et 
edificiis illius apponi fecit, et totum monasterium igné combustion fuit. 

(*) Une ancienne miniature conservée dans l'abbaye de Tiro-n représentait Jean de 
Chartres, dans l'église de Notre-Dame de Chartres, précédé de six laïcs marchant la 
baguette levée, et suivi de quatre clercs. 

i 2 ) Voir charte CCCCXIII. 



xx INTRODUCTION. 

Il semble d'abord que ces désastres auraient dû réprimer le faste 
auquel les religieux s'étaient accoutumés : mais la pente est fatale ; 
quand on a pris l'habitude du bien-être , il est difficile d'y renoncer, et 
lorsqu'on n'a plus le moyen de soutenir honnêtement le luxe dont on 
s'est fait une nécessité, il arrive trop souvent qu'on a recours à la trom- 
perie et à la ruse pour trouver les ressources qui font défaut. Les reli- 
gieux de Tiron n'étaient plus des saints, religionis amor sacrarumque 
studia litterarum ab eorum animis procul aberant. Leurs revenus étaient 
diminués de moitié ; les donations n'arrivaient plus abondantes comme 
aux beaux temps du XII e siècle et il leur fallait plus d'argent que jamais 
pour réparer leurs ruines : ils cherchèrent un expédient pour combler 
ce qui leur manquait. On ne leur faisait plus de dons ; ils s'en firent 
à eux-mêmes. 

Reprenant les chartes de leur monastère à commencer par la charte 
même de leur fondation, ils les remanièrent f 1 ) en y introduisant des 
clauses anormales qui constituaient à leur profit d'énormes privilèges. 
De leur autorité privée, ils s'exemptaient de toute juridiction spirituelle 
et temporelle ; ils ne devaient plus aucune redevance ni au Chapitre de 
Chartres, ni aux seigneurs dans les domaines desquels leurs terres 
étaient situées : partout où ils devenaient propriétaires , ils étaient en 
même temps seigneurs suzerains , détruisant à leur profit , par le fait 
même de leur acquisition , tous les droits féodaux dûs au seigneur 
dominant. 

Une pareille usurpation ne pouvait être acceptée sans protestation de 
la part de ceux qui se trouvaient lésés. Le Chapitre de Chartres, plus 

C 1 ) A mesure qu'ils falsifiaient une charte, les religieux détruisaient le titre original: 
aussi ne retrouve-t-on presque plus que des actes faux dans le chartrier de l'abbaye. 
Heureusement, ils ne songèrent pas au Carttilaire original du XII e siècle, veterum 
studia litterarum aberant, et c'est avec ce secours inespéré que nous avons pu reconsti- 
tuer les véritables annales du monastère. 



INTRODUCTION. xxi 

que tous les autres seigneurs, était attaqué dans ses droits; car non- 
seulement il était le plus riche propriétaire de la province , mais c'était 
sur le fonds même de sa prêtrière de Gharonville que le monastère <lr 
Tiron avait été fondé et qu'il possédait une grande partie de ses biens. 
Le Chapitre d'ailleurs comptait dans son sein des hommes instruits et 
éclaires qui, mieux que tous autres, pouvaient juger la fausseté des 
actes produits par les religieux de Tïron. Aussi les chanoines refusèrent- 
ils dès l'abord d'admettre la légitimité des chartes qu'on leur opposait : 
ils attaquèrent les religieux comme faussaires devant le bailli de 
Chartres, devant le Châtelet, devant le Parlement. Ce fut l'occasion 
d'un long et intéressant procès dont nous allons publier toutes les 
pièces qui nous sont demeurées. Les dires du Chapitre et les réponses 
des religieux sont comme une sorte de cours de diplomatique. On verra 
combien les chanoines du XVI e siècle avaient une connaissance certaine 
des règles invariables de cette science : avec une sûreté et une pré- 
cision remarquables , ils signalent les points défectueux des actes falsi- 
fiés , et l'on ne peut trop s'étonner qu'après une démonstration aussi 
lumineuse , les auteurs du Nouveau traité de diplomatique aient accepté 
comme authentiques des documents entachés d'une fausseté évidente, 
contre laquelle les accusations des chanoines auraient dû les tenir en 
garde (*). 

En 1505, l'abbé de Tiron, Louis de Crevant, acquit par échangée une 
maison et un jardin assis à Chartres, rue aux Anes, dans la censive du 
Chapitre : celui-ci réclama les droits de lods et ventes. L'abbé refusa de 
les payer, prétendant que, d'après la charte de fondation de l'abbaye et 



(*) Nous citerons entre autres le prétendu diplôme de Louis VI du 12 avril H20 (voir 
charte XXX), si souvent invoqué pour éclaircir la question des origines du Parlement 
et que le Nouveau traité de diplomatique a jugé si important qu'il a cru devoir en pu- 
blier un fac-similé (T. III, p. 072, et pi. LXVIII). 



xxii INTRODUCTION. 

d'autres chartes confirmant celle-ci , le monastère était exempt de toutes 
ventes , lods , saisines , amendes et autres droits quelconques dans toute 
l'étendue des possessions du Chapitre de Chartres. Grand étonnementet 
grande indignation des chanoines, qui déclarèrent ignorer complète- 
ment la charte sur laquelle s'appuyaient les religieux et qui les citèrent 
en cas d'excès devant le bailli de Chartres. Là apparurent pour la pre- 
mière fois les documents sur lesquels les moines basaient leurs préten- 
tions : la charte de fondation fabriquée par eux (voir t. I , p. 3) , une 
confirmation de cette charte par Daimbert, archevêque de Sens, une 
nouvelle confirmation par le Chapitre devant les notaires Piperelli et de 
Tremblayo , et enfin une confirmation de tous les biens et privilèges de 
l'abbaye par le pape Alexandre III (voir t. II, p. 103). Nous n'avons 
plus malheureusement les pièces de ce premier procès , mais il semble 
que le bailli de Chartres ait donné raison aux religieux; au moins 
voyons-nous que le Chapitre en appela au Châtelet de Paris. 

Car, le 30 avril 1509, Jacques d'Estouteville, garde de la Prévôté de 
Paris, rendit une sentence, par laquelle il ordonna que « comme certaines 
chartes, dont s'estoient précédemment aydez ceulx de Tiron, leur ont 
esté rendues, après que, sur information , visitacion et comparaison, 
elles ont esté reconnues suspectes, et néantmoings lesdicts de Tiron, 
depuis ce, s'en seroient aydez au procès pendant par-devant le bailly 
de Chartres, par devant lequel lesdicts de Chapitre de .Chartres les 
auraient derechef maintenues fausses, lesdictes lettres et lesdicts 
procès, en l'estat qu'ilz sont, seront apportés au greffe du Chastellet 
de Paris pour y estre procédé ainsy qu'il appartiendra. » 

L'information fut longue : les religieux, une fois lancés dans la voie 
de l'usurpation , voulurent tirer des chartes par eux fabriquées tout le 
profit qui pouvait en résulter, pensant peut-être, par leur audace 
même , intimider leurs adversaires. Ils commencèrent par faire paître 



INTRODUCTION. xxm 

leurs bestiaux clans les pâtures de Gardais, qui. de temps immémorial, 
appartenaient au Chapitre; puis ils prétendirent avoir le droil d'usage 
dans toute l'étendue des bois aux Clercs ; enfin non-seulement ils réin- 
sèrent de payer au Chapitre les dîmes et le champart des terres qu'ils 
possédaient dans les paroisses de Gardais et de Saint-Denis-d'Authou, 
mais ils soutinrent qu'eux seuls avaient le privilège de percevoir ces 
droits sur les terres qu'ils avaient acquises ou qui leur avaient été 
données. 

Cette audace leur réussit d'abord. Le 17 mars 1525, une sentence du 
Châtelet déclara que « lesdicts deffendeurs seront absoulz des de- 
mandes, requestes et conclusions desdicts demandeurs, nonobstant 
la faulseté prétendue par lesdicts demandeurs ne aultre chose par 
eulx proposée en nostre Court. » 

Le Chapitre, débouté de sa requête, en appela au Parlement et ré- 
digea un long* Mémoire, où il avait accumulé en 156 articles tous les 
moyens qu'il avait pu rassembler pour établir la fausseté des pièces 
fournies par les religieux. Ce Mémoire n'existe plus ; mais nous 
verrons les moyens du Chapitre reproduits par les religieux dans leur 
réponse aux dires des chanoines, et nous pourrons constater que déjà, 
comme nous l'avons dit, la critique diplomatique était assez avancée. 
Le Parlement d'ailleurs fut frappé de la valeur des arguments invoqués 
par le Chapitre de Chartres. Le 4 août 1535, il rendit une sentence por- 
tant « quod litteras per dictos defensores productas et per prenomi- 
natos adores de falso manutentas scriptoribus hujus civitatis com- 
municentur : quorum quidem relatio cum litteris procuralori nostro 
gênerait, pro per eum suas conclusiones , prout rationi erit, ca- 
piendo, communicabuntur . » Nous n'avons plus le rapport des écri- 
vains experts : mais nous trouvons que, le 18 août, le procureur-général 
du Roi formula une requête « pour prendre telles conclusions que 



xxiv INTRODUCTION. 

de raison , à cause de la faulseté prétendue par ledit procureur-général 

contre lesdites pièces. » 

Sur le point d'être ainsi confondus, les religieux ne se rebutèrent 
pas. Ils appelèrent à leur aide toutes les ruses de la chicane et firent 
à leur tour rédiger un long* Mémoire qui ne comprend pas moins de 
293 feuillets in-4°, dans lequel ils reprirent un à un tous les griefs du 
Chapitre de Chartres et prétendirent les réfuter par des arguments , 
qui, il faut l'avouer, la plupart du temps ne supportent pas une sé- 
rieuse discussion. Le faussaire, fort habile comme écrivain , avait fait 
preuve d'une ignorance notoire des régies les plus élémentaires de la 
diplomatique: le rédacteur du Mémoire les traite aussi lég*èrement. Aux 
objections très savamment déduites des chanoines de Chartres, il 
répond avec une désinvolture sans pareille, accumulant les injures, et, 
quand il est trop embarrassé, déclarant les chartes suspectes au- 
thentiques par ce seul fait qu'elles existent saines et entières. Elles 
sont , donc elles sont vraies : un pareil système de critique défie toute 
réplique ('). 

Nous ne pouvons publier in extenso le Mémoire des religieux de Tiron ; 
mais nous en donnerons d'assez longes extraits, car, nous le répétons, 
ce factum est un document des plus précieux pour l'histoire de l'étude 
de la diplomatique ( 2 ). 

(*) Lorsqu'il y a environ trente ans nous publiâmes, dans la Bibliothèque de l'Ecole 
des Chartes (3 e série, T. V, p. 516), un article sur les Chartes fausses de l'abbaye de 
Tiron , un ardent défenseur de l'authenticité de ces pièces nous répondit, comme les 
moines répondaient au Chapitre: « Les actes existent, donc ils sont légitimes. » 

( 2 ) C'est par le plus grand et le plus heureux des hasards que ce Mémoire existe en- 
core. Lors de la Révolution de 1793, on brûla sur le parvis de la cathédrale une grande 
partie des parchemins et papiers formant les Archives de l'ancien Chapitre de Notre- 
Dame, toutes les pièces de procédures entre autres. Des témoins oculaires ont souvent 
raconté que le bûcher brûla pendant trois jours et trois nuits, entretenu par ces docu- 
ments dont beaucoup, heureusement, n'avaient pas un grand intérêt historique. Quoi 
qu'il en soit , tout ce qui avait trait aux procès du Chapitre fut anéanti : nous en avons 



INTRODUCTION. 

« Sur une fantasic impertinente et non concluante de nécessité à 
faulseté, les demandeurs dient et ont tousjours dit que, au temps de 
dacte de la lettre en forme de chartre datée de Tan 1 1 1 3, les prévostz de 
Normandie, de Mésange, d'Euvers et de Hingré n'estoient encore 
existants et qu'ils ne le furent que quatre-vingtz ans après ledict 
an ni3, c'est-à-dire en Tan ug3 (*), et que les deffendeurs n'ont secu 
répondre audict moyen de faulceté, lequel ilz dient estre péremptoire 
et insoluble, lesdiz deffendeurs ayant voullu dire par évasion que en 
ladicte église de Chartres a tousjours eu quatre prévostz, et que si, 
audict an iii3, date de ladicte chartre, on les appelloit « Nor- 
mannia, Mesengio, Euversio, Ingreyo, » ou aultrement, videlicet 
«de Amyliaco, Fontenayo, Nogento et Belsia», que c'estoit tout 
ung et quod est disputatio verborum que pertinacibus est relin- 
quenda, disans oultre que en ladicte response ou évasion n'a apparence 
et qu'elle est une droite moquerie, etc. Lesdiz deffendeurs dient et 

la preuve. Ces titres avaient fait l'objet au XVIII e siècle d'un Inventaire spécial formant 
2 vol. in-fol. sous la rubrique Décharges: aucune des pièces analysées dans ces deux 
volumes n'a été retrouvée, absolument aucune, si ce n'est ce Mémoire, qui est lui- 
même fort endommagé, mais par l'humidité. 

O La charte dont il est ici question est celle qui est connue sous le nom de charte 
des prévôtés. Elle fut donnée par l'évêque Renaud de Mouçon au mois d'octobre 1 193 : 
nous l'avons publiée dans le Cartulaire de Notre-Dame de Chartres (T. I, p. 225). Les 
biens du Chapitre de Chartres formant la manse capitulaire avaient été , dès le IX e siècle, 
confiés à quatre régisseurs, appelés prévôts, qui avaient la charge de la gestion des 
affaires temporelles et de la distribution des pitances. Les prévôts ne tardèrent pas à 
abuser de la confiance de leurs mandataires. Les évêques Eudes, à la fin du Xe siècle, 
et Ives, au commencement du XII e , essayèrent de mettre un frein à la rapacité de ces 
officiers, mais les abus , un instant réprimés, ne tardaient pas à renaître. En 1171, Guil- 
laume aux-Blanches-Mains , légat du pape , archevêque de Sens et administrateur du 
diocèse de Chartres , ôta aux prévôts l'intendance des biens du Chapitre , ainsi que la 
justice des séculiers. Cette ordonnance de Guillaume souleva de nombreuses protesta- 
tions : pour y mettre fin , Renaud de Mouçon consentit à indemniser les prévôts dépos- 
sédés en annexant à leurs dignités la jouissance des anciennes précaires de Normandie, 
de Mazangé, d'Auvers et d'Ingré, dont ils durent prendre le nom. Avant 1193, les titres 
de prévôts de Normandie, Mazangé, etc., étaient absolument inconnus. 

d 



xxvi INTRODUCTION. 

respondent que, par les lettres conservées au Trésor du monastaire 
de Thiron, pareillement des monastaires de Sainct-Jehan et de 
Sainct-Père-en-Valée-lez-Chartres et autres, ilz ont clairement 
monstre que, du temps mesme de Yvo, évesque de Chartres, et de 
Arnaldus, decanus dudict Chartres, en ladicte église de Chartres 
avoit non-seullement quatre prévostz, mais six, qui sic denomina- 
bantur front tune placebat illis de Capitulo Carnotensi, comme 
encore font. Et si sera prouvé d'abondant par iceulx deffendeurs que, 
ung peu paravant ledict an iii3, iceulx de Chartres envoyèrent à 
Thiron ung des personnages de ladicte église qui se intitulloit 
« Gauffridus prepositus de Garseis^), » et toutesfoys, hodiernis 
temporibus, on appelle et dénomme celui qui tient le revenu que 
tenoit ledict Gauffridus prestrier dudict Gardées. 

» Item, et avec ce probaretur, si mestier estoit, que encores à 
présent, soubz ladicte église de Chartres, a plusieurs et divers lieux 
autres que Hyngré, Mésange, Euvers et Normandie, qu'on appelle 
et dénomme prévostez. 

» Item prêter ea il est prouvé par une charte dactée de Tan 1188, 
commençant « Gauffridus Carnotensis, » que en icelle describuntur 
pro testibus « Hugo, prepositus de Amilliaco, » et un autre « Rahe- 
rius prepositus , » sans mectre ne de Fontaneyo, Belsia, Mesangio 
vel Normannia, ne d'Yngré neaultrelieu ; qui monstre bien la varia- 
tion ad placitum des noms, et que la terre qui par aucun temps deno- 
minata fuerai precaria, en aultre temps vocabatur prepositura, aut 
mairia, et econtra. Et par ce est verum dicere et presumere que, en 
Tan iii3, date de ladicte chartre, Normannia, Mésange, Auvers et 
Yngré s appeloient prévostez, et après, successu temporum, et avant 

(*) Jamais Geoffroy ne s'est intitulé prévôt de Gardais; il était en effet prévôt, mais 
prévôt do Fontenay-sur-Eure. 



INTRODUCTION. xxvn 

Tan 1193, date de ladicte prétendue commutation, fuerunl vocale 
precarie vel mairie. 

» Item, en une charte commençant « Hugo, Amyliaci prepositus », 
dactée de Tan 1201, qui est huict ans après la dacte de la prétendue 
commutation que dicitur de l'an no,3, la terre de Nortnannia vocatur 
prepôsitura seu precaria, quod dénotât que les noms n 'estaient pas 
bien fixés, d'autant que de Amyliaco vocabatur prepôsitura , qui par 
ladicte commutacion ne se devoit plus appeler prévosté. Par quoy 
s'ensuit que la coustume et observance tune temporis erat, uli nunc 
est, que les unes et les autres s'appellent tantost prévostez et pré- 
caires, ou prébendes et mairies, ad placitum. Et ne vauldroit que 
lesdiz demandeurs cuydent respondre ad ce qu'il avoit esté convenu 
par ladicte commutacion que ceulx qui tune tenoient vel regebanl 
lesdictes terres de Normannia, d'Yngré, de Mésange et d'Euvers, et 
pareillement ceulx qui tenoient les aultres, comme Amilly, Beaulcc, 
etc., gauderent Mis tant qu'ils vivroient, et ita ut faeiebant aupara- 
vant ladicte commutacion; car à ce dire n'y a apparence, ne appert 
dudict faict quod videlicet audict an 1201 vesquit aulcun d'iceulx qui 
avoient lesdiz Amilly, Beaulce, etc. ( 1 ). Mais supposé, sans riens 
confesser, que les possesseurs d'icelles terres eussent deu demourer 
et qu'ilz fussent demourez en leur entier et in statu antiquo tamdiu 
quamdiu vixerunt quant à la perception du revenu et qu'ilz ou aulcun 
d'eulx eussent esté en vie audict an 120 1, toutesfoiz quant à l'intitula- 
cion ilz en eussent changé, veu que ladicte commutacion estoit de 
recenti, par quoy n'est vraysemblable quod voilassent derogare. D'où 



(1) Il fallait que les religieux de Tiron apportassent une grande mauvaise foi pour no 
pas vouloir reconnaître dans le Hugo, prepositus de Amilliaco en 1201, le même person- 
nage que celui, mentionné avec le même titre en 1188, comme ils le rapportent eux- 
mêmes. 



xxviii INTRODUCTION. 

est prouvé que ladicte variation de intitulacion erat ad placitum et 

voluntatem dudict Chappitre etpossidentium. 

» Item la preuve que ladicte chartre n'est faulce augmentatur , pour 
tant que besoing seroit, par d'autres Chartres du temps de Yvo, 
évesque de Chartres, et de Gaufridus et Goslenus, évêques, qui fue- 
runt sitccessores immediati dudict Yvo, conservées dans les monas- 
taires de Sainct-Père et de Sainct-Jehan-en- Vallée, dans lesquelles 
Chartres les propres noms des doyens et prévostz descriptz et nom- 
mez en ladicte chartre sont escriptz et nommez pariter, videlicet 
« Gaufridus, Henricus, Alanus et Hugo, » et le nom et qualité du 
doyen tout une. De quoy s'ensuit que ladicte chartre est vraye et 
faicte du temps dudict Yvo et lorsque en icelle église ledict Arnaldus 
estoit doyen, et Gaufridus, Henricus, Alanus et Hugo prepositi. 
Car si ladicte chartre eust esté faicte a posteriori et si longtemps 
après, comme prétendent lesdiz demandeurs, il eust esté impossible 
à celluy qui pretenditur avoir contrefaict ladicte chartre de deviner le 
propre nom des personnaiges, doyen et aultres, qui pour lors, du 
temps d'icelluy Yvo, régnoient à Chartres. 

» Item non obstat ce que les demandeurs , retorquendo icelles pièces, 
s'efforcent dire qu'elles seroient contre les deffendeurs, en ce que 
leurdicte chartre describitur : « Ego Gaufridus, prepositus in Me- 
sengio; ego Alanus , prepositus inlnversio, etc., » et que, en les- 
dictes Chartres de Sainct-Jehan et de Sainct-Père, non describuntur 
lesdictz tiltres, sed solum 110min a propria. Car ad ce respondent les 
deffendeurs quod illud non arguitfalsitatem ne que minuit fi dem de 
ladicte chartre, attendu maxime que ladicte chartre et celles de Sainct- 
Père et de Sainct-Jehan concordant in nominibus predictis. 

» Item et per premissa est faicte souffisante response ad ce que 
disent les demandeurs, c'est assavoir que ladicte chartre de Thiron a 



INTRODUCTION. xxix 

esté fabriquée sur celles de Sainct-Jehan et Sainct-Père-cn-Valléc, et 
qu'elles se ressemblent, excepto que celluy qui a faict celle dcThiron 
a tout gasté d'y avoir mis « prepositi in Normannia, Mesangio, 
etc. » Par là ilz monstrent bien qu'ilz n'ont apparence de vraisem- 
blance, car si ladicte chartre de Thiron eust esté prise sur celles de 
Sainct-Jehan ou de Sainct-Pèreouaultrcs, on n'eust point misdavan- 
taige ne supposé ou changé les noms, surnoms ou intitulacions des- 
diz HenrictiSy etc. , non plus que les noms ; car qui se mect à commettre 
faulseté la faict conforme le plus qu'il peut à toute vérissimilitude. 

» Item aussi per jamdicta est donné solucion souffisanteà ung autre 
frivol argument, duquel toutesfoys partyesfont grande feste, videliect 
que en ladicte chartre y a ces motz « Ego Yvo, etc., » et les autres y 
a « Sigillum Georgii; » car c'est ung en effect et substance estre 
escript « Ego Johannes, prepositus de Normannia, sigillavi vel 
signavi (*), » vel scribatur « Signum vel sigillum Johannis prepo- 
siti. » Ladicte diversité de soubzcription se prent et se reigle selon 
la voulenté et à la fantasie de celluy qui soubscript et signe ou de 
celluy qui fait la lettre. 

» Item, quarenon est insistendum à ce que iceulx de Chartres dient 
que, en la lettre produicte par lesdiz de Thiron y sont ces motz 
« Dacta per manum Vlgrini, » et es autres sont ces motz « Dacta 
et scripta propria manu. » Car seroit débile argument et moyen , 
cum verba equipolentia idem significant, et est permys souventes 
foys de changer les motz et forme de parler et d'escripre, signando 
vel sigillando et scribendo subscriptionem , et aucunes foys cela 
vient des stilles divers des escripvans ou dictans les lettres, qui sont 
après signées et scellées par autres que par ceulxqui les ont escriptes 

( ' ) Telle n'a jamais été la formule des souscriptions ; le mot môme le dit : Ego Johan- 
nes subscripsi, et non sigillavi ou signavi. 



xxx INTRODUCTION. 

ou dictées. Et d'ailleurs, de raison, ubi in instrumenta sunt pliera 
capitula et plures clausure separale et diverse, data falsitate in uno 
capitulo vel clausula, alia capitula vel clausule non viciantur, nisi 
esset falsitas in hoc quod esset de substancia tocius instrumenli , ut 
in nomine iabellionis aut data in contractibus ( 1 ). 

» Item ad ce qu'ilz dient contre la bulle de confirmation du pape 
Alexandre datée de l'an ii 79, c'est assavoir que lesdictes bulles sont 
très suspectes de faulx ratione locia quo producuntur , subjungenles 
calumpniose que du costé desdiz deffendeurs n'est question que de 
lettres faulses. Respondent que ladicte bulle n'a aucune suspicion de 
faulseté, car est saine et entière en escripture, plomb et dacte et aliis 
requisitis. Il est injurieusement, calumpnieusement et contre vérité 
escript et imposé auxdiz deffendeurs et à leurdicte abbaye et monas- 
taire qu'ilz sont coustumiers de commettre faulsetez et que de leur 
maison ne sort autre chose que faulseté. Et pour ce protestent d'injures 
atroces et de calumpnia et falsa impositione, et d'en avoir la répara- 
tion en temps et lieu ; car eulx et leurdict monastaire ont et a esté 
tousjours de religieuse, dévote et bonne existimacion , sans avoir esté 
reprins, soupçonnez, quinymo ne prévenuz de faulseté ne d'autre cas 
desviant à religion et honnesteté. Mais il fault entendre que Bougier ( 2 ), 
l'un des chanoines et soliciteur trop affecté, et qui fait son propre fait 
de la présente matière pour les demandeurs et qui se y aide par tous 
moyens, estant le procès à Chartres, voyant qu'il avoit mal conseillé 



(») Comme on le voit, les religieux de Tiron ont recours à toutes les subtilités de la 
procédure. Ne pouvant défendre l'authenticité de leurs prétendues chartes contre les 
arguments si probants des chanoines, ils se jettent dans les arguties de la chicane la 
plus vulgaire. 

( 2 ) Jean Bouguier, déjà chanoine de Chartres, avait été reçu prévôt d'Auvers le 
18 mai 1521. Le 14 avril 1535, Gui Bouguier fut reçu chanoine au lieu de feu Jean 
Bouguier. 



INTRODUCTION. x\xi 

et persuadé au Chapitre de commencer ce présent procès, congnois- 
sant qu'il en. descherra à sa grande confusion et que ceulx du Chapitre 
n'auroient cause d'estre contensde luy, pour rendre ledict procès long 
et immortel, et affin que son mauvays conseil non pateret, s'efforça 
machiner les calumpnieuses et controuvées faulsetez, quitamen défi- 
cit et deficiet in via, et sa calumpnic et faulse accusation judicabitur 
par l'issue du présent procès. 

» Item de indictione, error vel falsitas in indictione non viciai 
rescriptum si ex aliis appareat verum. 

» Item nec obstat aussy ce qu'ilz dient que la dacte de ladicte bulle 
est en rasure et illud viciât, juncta discordia indictionis ; car sont 
allégances perdues et indignes de response. 

» Item et est aussi impertinent de dire que ladicte bulle diffère a stillo 
commuai; car c'est un calumpnieux moyen, veu la teneur de ladicte 
bulle, in qua nichil describitur a religione aut fide aliennm. Aussi 
fauldroit qu'ilz prouvassent quel stille il y avoit lors à Chartres et 
Rome, lors de la dacte de ladicte bulle, et aussi quomodo tune corn- 
pulabantur indictiones ; car les stilles et façons de faire en Court de 
Rome et alibi per universum orbem, mesmement à Chartres, sont 
bien autres à présent que n'estoient deux ou trois cens ans à. 

» Item aussi peu vault que par ladicte chartre ceulx de Thiron scroient 
exempts des évesques de Chartres et de leurs officiers archidiacres, 
et toutesfoys en ladicte bulle sont ces motz « Salva sedis apostolice 
et diocesani episcopi canonica jiisticia , » que snnt repugnantia . Car 
ad ce respondent les deffendeurs que cela faietpour eulxet démonstre 
que ladicte bulle confirmative s'entend de leurdicte chartre ; carilz ne 
se dient pas exemptz ne du pape ne de l'évesque de Chartres, nisi in 
certis casibns expressis en la chartre, mais bien des archidiacres et 
autres dignités de l'église de Chartres conformiter à ladicte chartre. 



xxxn INTRODUCTION. 

et par ce lesdiz motz « Salva diocesani episcopi justicia » s'enten- 
dent de casibus de quitus non erant exempti de l'évesque en ladicte 
chartre ; aussi se pourroient entendre de canonica cognitione appar- 
tenant aux diocésains. 

» Item et ung autre argument et moyen dont parties s'efforcent faire 
grand signe, assavoir que en ladicte chartre est contenu que le lieu 
d'Arcisses avoit abbaye, et que en ladicte bulle confirmative , qui 
estoit soixante après , est contenu que iceluy lieu d'Arcisses n'avoit 
lorsque prioré, inférant de là que ladicte bulle avoit esté forgée a pos- 
teriori, disant que ledit moyen est irréfutable. Respondent iceulx 
deffendeurs que parties font grant feste de peu de chose , car non se- 
qucretur que si en ladicte bulle confirmative avoit esté mis « priora- 
turn de Arcissis , » loco d'abbaye, errore aut negligentia aut alia 
causa, que pourtant icelle bulle fust nulle ne fausse, car non ageba- 
tur d'Arcisses, ne s'il estoit ou est prioré ou abbaye. Et a esté ung 
erreur, car Arcisses ne fut oncques prioré. 

» Item tant que touche ce qu'ilz disent qu'ilz ont vériffié que les seaulx 
que les deffendeurs prétendent du Chapitre de Chartres apposez en 
ladicte chartre sont de cire jaulne et non de cire blanche pure, comme 
ilz dient que ont accoustumé estre de illo tempore les vrays seaulx 
d'icelluy Chapitre, et qu'il ne sera sceu ne trouvé que ledict Chapitre 
scellast oncques de cire jaulne, ad ce respondent lesdiz deffendeurs 
qu'il n'a point esté vériffié que lesdiz seaulx soient de cire jaulne ne 
aussi que ledict Chapitre ayt tousjours accoustumé sceller de cire 
blanche, et que par ce ilz abuzent, supposant falso avoir prouvé et 
vériffié lesdiz deux faiz, ce qu'ilz nient, et prouvent par autres pièces 
que, au temps de ladicte chartre, ledict Chapitre scelloit aliquando 
de cire verte et aliquando de cire d'autre coulleur, et comme bon 
leur sembloit, et que le scelleur trouvoit la cire. 



INTRODUCTION. xxxm 

« Item et certes a encore moins d apparence à ce qu'ilz disent que 
lesdiz seaulx apposés en ladicte chartre ont esté gardés et enveloppés 
comme reliques, comme de ce ilz dient apparoir par vostre procès- 
verbal, faisant mention qu'ilz estoient cousus en cuir blanc ( l ), infé- 
rans de hoc que la fracture desdiz seaulx a esté faicte, industriel, ne 
possent cognosci nec de eis fieri comparatio à autres seaulx. Car 
licuit aux deffendeurs d'avoir gardé et enveloppé précieusement les- 
diz seaulx, car c'est leur trésor, tiltre et deffenses contre lesdiz de- 
mandeurs leurs voisins. Mais ilz ne les ont si bien sceu garder et 
envelopper qu'ilz n'aient esté froissés et cassés depuis le commence- 
ment du présent procès : ce qui est intervenu à l'occasion de ce que 
Malsac, lieutenant à Chartres ( 2 ), porta ladicte chartre en cestc ville 
de Paris, la feist veoir, visiter et manier lesdiz scaulz à tant de gens 
et par tant de foys; et, en les portant et rapportant, ilz ont esté 
cassés et mis en Testât qu'ilz sont, dolo et facto de parties adverses. 
» Item ilz s'efforcent dire que les seaulx que lesdiz deffendeurs dient 
estre seaulx du Chapitre de Chartres ne sont yssus du vrai scel d'argent 
dudict Chapitre par eulx à vous exhibé, comme ilz dient avoir vériffié 
par la depposition des graveurs de seaulx, comme aussi que les 
seaulx de Yvo, évesque de Chartres, et de Dairnbertus, archevesque, 
ne sont semblables aux seaulx véritables de ces prélats; ce qu'ilz 



(i) Nous parlerons assez longuement des sceaux apposés aux chartes fabriquées par 
les religieux de Tiron ; mais nous constaterons dès maintenant qu'à plusieurs de ces 
chartes sont encore en effet suspendus de petits sacs en cuir blanc garnis de filasse. Sur 
ces sacs on lit, de la même écriture que la pièce elle-même, le nom du donateur : Si- 
gillum capituli Carnotensis. — Il est à remarquer que tous les sceaux ainsi renfermés 
dans ces sacs de cuir sont complètement brisés, tandis que ceux qui n'étaient pas protégés 
sont presque tous intacts. On en verra la raison. 

( 2 ) Jacques Fouet, sieur de Malsac, lieutenant-particulier au bailliage et siège présidial 
de Chartres, en ioiO. Les descendants de Jacques Fouet acquirent vers 16201a seigneurie 
de Fruncé qu'ils possédèrent pendant environ un siècle. 



xxxiv INTRODUCTION. 

dient estre un autre moyen insoluble. Respondent lesdiz deffendeurs 
que Ton veoit souvent que les évesques , abbez et autres prélats ont 
plusieurs divers seaulx et eodem tempore, l'un commun et l'autre 
appelé de la Chambre, et aucunes foys en ont trois, c'est assavoir 
l'un ad causas et controversias. Et mesme lesdiz de Chapitre usent 
et ont accoustumé user de deux seaulx, quand bon leur semble, 
l'un grand et l'autre petit, et ita fatentur; par quoy est ridiculosum 
parler de ladicte prétendue plus grande différence entre le scel de 
ladicte chartre et les scelz àicelle comparez, car, soit grande ou petite, 
ladicte prétendue différence est tout ung. Aussi est-il vray que 
quand Ton refaict un scel perdu ou que l'on en faict un nouvel qui 
se faict ad placitum, on ne le faict ou refaict pas toujours au plus 
près d'un autre , mais ainsi qu'il plaist à celuy qui le faict faire ou 
refaire; ainsi il peult estre que ledict Yvo, évesque, et ledict Daim- 
bertus aient faict refaire leurs seaulx. Aussi avoient peu user de 
diverses cires selon les lieux où ils se seroient trouvés; car aucunes 
foys ceulx qui veullent sceller ne trouvent pas de la cire de la coulleur 
qu'ils veullent, vel forte, ex varietate temporis, voluntas sigillantis, 
quant à la coulleur de la cire , rnutata fuisset. 

» Item les graveurs et autres expers oys ne depposent que lesdiz 
seaulx soient faulx, mais au contraire ont exposé que les seaulx 
qui adhuc rémanent viennent bien et se conforment de grandeur et 
largeur aux seaulx comparés. Bien dient que la cire et ymaige a été 
mal empreincte et n'y peuvent adjouster mesure, mais cela peult tenir 
et avoir esté parce que en scellant les aucuns scelleurs sçavent mieux 
sceller que les autres, vel forte que les aucune d'iceulx scelz auroient 
esté enveloppés post longum intervallum. Depposent en oultre 
lesdiz graveurs et expers qu'il leur semble que tous lesdiz seaulx 
sont bien anciens, ce qui démonstre le contraire à ce que les deman- 



INTRODUCTION. xxxv 

deurs falso allegant, disant les seaulx avoir esté forgés et apposés 
de nouvel. 

» Item rien ne vault ce que quatre jurez nouveaux ont dit etdepposé 
que lesdiz seaulx sont faulx, car quand on les a interrogés super 
modo falsificaiionis, ilz ont dit que leur semble que lesdiz seaulx 
ont esté contrefaicts et prins sur une contreempreinte. A quoy rétor- 
quent formellement les deffendeurs qu'il eust esté trop difficile à 
ceulx qui eussent voulu faire la faulseté dont se vantent les deman- 
deurs qu'ilz eussent peu recouvrer ledict scel d'argent pour en prendre 
une contreempreinte ('), car à cela faire y eust fallu grand loysir. à 
quoy n'a vérissimilitude aucune , veu que ledict scel d'argent est si 
précieusement et soigneusement gardé. 

« Item dient les demandeurs que , au temps des lettres signées 
« Piperelli et deTramblay, » les vrayes lettres scellées dudict Chapitre 
n'estoient de leur notaire ni greffier, et n'estoit telle la coutume. A 
quoy respondent les deffendeurs que de coustume contraire ilz n'ont 
faict apparoir, et que, considéré la grandeur et pondérosité du contenu 
ésdiz actes qui estoient de grande importance et conséquence, il 
estoit bien requis qu'il y eust deux notaires; car l'on voit souvent 
que, etiam en pays de droict escript ubi sufficit unns notarius 
cum duobus testibus, es grans passemens et contracts adhibeantur 
quam plurimum duo aut très notarii, pour plus corroborer et donner 
foy rei fonder ose geste. 

« Item etparmesme raison est respondu à ce qu'ilz dient que, audict 
temps, les notaires du Chapitre n'estoient nommez Piperelli neque 
de Tremblayo, et que jamais audict Chapitre n'eust notaires qui 



( ! ) Les jurés avaient parfaitement jugé, comme nous le dirons à la fin de ce chapitre. 
Ce n'était pas sur le scel d'argent du Chapitre que la contre-empreinte avait été prise, 
mais sur les anciens sceaux en cire qui étaient joints aux titres originaux. 



xxxvi INTRODUCTION. 

fussent ainsi nommez. Car ce seroit une négative improuvable, et 
encores qu'il apparust vere et plene de ladicte négative improuvable, 
c'est que lesdiz de Tremblayo et Piperelli n'eussent jamais esté 
notaires ne greffiers dudict Chapitre, quod falsum est, aussi non 
constat de tali negativa, toutesfois non pourtant par ce inferri posset 
aliqua presumptio falsitatis contre lesdictes lettres rationejamdicta; 
car, veu la grandeur et pondérosité desdiz actes et quod agebantur 
cum hiis qui non erant de Capitulo poiuerunt adhiberi in notarios 
autres notaires que le greffier ou notaire dudict Chapitre, aliis forte 
non confidentibus propter gravitatem materie aux notaires ou gref- 
fiers d'icelluy Chapitre , vel forte iceulx greffiers ou notaires estoient 
malades ou empeschés lors du passement desdiz actes : pour quoy 
ledict objet ou moyen est frustratoire et n'a apparence. 

« Item encores en a moins ung autre fondé sur une autre négative 
improuvable, soubz coulleur de dire que les actes cappitulaires d'une 
église, mesme qui sont en forme d'appoinctement, sont enregistrés 
es registres des Chapitres, et que toutesfoys lesdictes lettres ne actes 
n'y sont aucunement enregistrés, comme ilz dient l'avoir fait apparoir 
par leur production. Car il n'est vrai qu'ils ayent fait apparoir de ladicte 
négative, videlicet quod non sunt registrata lesdiz actes signés 
« Piperelli et de Trembleyo, » et par ce que dient les demandeurs, 
ilz se confondent du tout et montrent que l'un de leurs principaulx 
fondemens seroit faulx , car ilz dient et confessent en plusieurs lieux 
et s'efforcent vérifier que la ville de Chartres et mesmement l'église 
a esté bruslée et les chanoines chassés et que les registres anciens 
ont esté perdus, bruslés et pillés, et mesmement ceulx en date des- 
dictes lettres : par quoy ne sont recevables de dire qu'ils avoient 
devers eulx les registres et actes capitulaires dudict temps, et que en 
iceulx non reperiuntur descripta lesdiz actes signés par Piperelli et 



INTRODUCTION. xxyvii 

Tremblayo, quia si verum dicant de amissione registrorum et ac- 
torum dudict temps, le registre capitulaire desdittes lettres signées 
« Tramblay et Piperelli » auroit esté perdu, bruslé et pillé, comme 
les autres registres d'icelluy temps. 

« Item ad ce qu'ilz prétendent qu'il y a des présomptions véhé- 
mentes contre lesdictes lettres quia stillus non fuit servatus. Respon- 
dent que c'est ung bien frustratoirc objet, car ilz ne monstrent de 
ladicte négative, videlicet quod stillus non fuit servatus, aussi ne 
dient in quo non fuit servatus , ne quel stille estoit observé au temps 
desdictes lettres, et est infirmitas animi dudict solliciteur, qui 
s'efforce alléguer stille de tempore Yvonis episcopi, sans en mons- 
trer. Qu'il parle du stille du Parlement ou de Cicero, Homère, 
Virgille ou autres docteurs ou orateurs qui ont reddigé leur manière 
et stille d'escripre pour instruire les jeunes gens; mais que ledict 
Yvo, ne sondict chapitre, ne ceulx qui pour lors estoient, ne aussi 
ledict pape Alexandre lors régnant, ne Daimberlus, archevesque 
qui lors estoit de Sens, ayent laissé aucun stille par escript, les 
deffendeurs n'en croient rien. Mais il y a plus : car quand ores lesdiz 
demandeurs eussent monstre ladicte négative , non nihil lamen ex 
hoc fuisset sequutum; car l'on sçait assez que les évesques et les 
chanoines ne les arcevesques ne le pape ne escripvent par eulx- 
mesmes les lettres de dons que émanant ab eis, mais les secrétaires, 
notaires ou autres officiers, qui ut plurimum utuntur diversis stillis 
et de diverses façons de parler, escripre et coucher les mots. 

» Item considéré que describitur en la Vie de saint Bénard (*), 
premier abbé, et de ses compaignons et successeurs, que lesdiz Yvo, 
évesque, et le Chapitre de Chartres, meus de dévotion et en considé- 

(i) Sic ; le nom du fondateur de Tiron est partout dans le Mémoire ainsi écrit Bcnard : 
c'est au moins une singulière inadvertance. 



xxxviii INTRODUCTION. 

ration à bonne vie, dévote et religieuse conversation dudict Bénard, 
premier abbé , et de ses frères et disciples , qui estoient en grant 
nombre, remplis de toute dévotion, humilité , sainte vie et austère, 
se seroient monstres libéraulx envers eulx et leur avoient donné lesdiz 
privillèges et libertezen les recepvant en leurterrouersw£ protectione 
Virginis gloriose. Depuis lesquelz dons, privillèges et fondation de 
ladicte abbaye de Thiron in solo et fundo desdiz Yvo, évesque, et 
dudict Chapitre, les roys de France, contes du Perche, d'Alençon, 
de Chartres, de Bloys, de Dunoys et autres seigneuries circonvoisines, 
auroient augmenté et construict audict lieu de Thiron en l'honneur de 
la Trinité dont est fondé ledict monastaire , et aussi en faveur dudict 
saint homme Bénard et ses autres successeurs donné et aulmosné 
plusieurs lieux, terres et domaines, aussi plusieurs beaux et amples 
privillèges. Par quoy, quand ores en ladicte chartre y auroit quelque 
clause fort grasse et ample, ymo que esset insolita, que non n'y 
auroit par ce apparence de y présumer faulseté, attenta persona do- 
nantis qui estoit ledict évesque et ledict Chapitre, lors plein de dévo- 
tion et de zelle envers religion et ledict saint homme Bénard, lesquels 
évesque et Chapitre estoient riches et puissans, attenta aussi persona 
des donataires qui estoient ledict saint homme et ses dévots disciples 
et compaignons, aussi considerata causa donandi, scilicet ob devo- 
tionem et religionem, et pour fonder une si belle, si honorable, 
religieuse et perpétuelle congrégation comme est ladicte abbaye de 
Thiron, en laquelle y a toujours eu religieulx dévots en grand nombre, 
et y sont Dieu et l'Eglise servis et révérés aussi bien que en abbaye 
de France; par quoy le don et privilège leur a deu avoir été faict 
grand et excellent. Aussi lesdiz abbé et religieulx dudict Thiron n'ont 
esté et ne sont ingratz envers les évesques et Chapitre de Chartres, 
pro quibus singulis diebus celebratur en ladite abbaye la messe de 



INTRODUCTION. xxxix 

la Mère-Dieu. Et est chose par trop inhumaine que, à l'appétit d'un 
ou deux particuliers chanoines de ladicte église de Chartres, mère 
et fondateresse de ladicte abbaye de Thiron, sa fille, s'efforce vouloir 
destruire radicitus sadicte fille , la voullant deffonder et s'efforçant 
annihiler les privillèges et bienfaits de leurs prédécesseurs. A quoy 
vous, mondict seigneur et les jugeans, aurez, s'il vous plaist, consi- 
dération, veu que lesdiz demandeurs ne la y veulent avoir. 

» Item, et qui plus est, depuis l'octroy et donation d'iceulx privil- 
lèges, iceulx deffendeurs n'ont eu ne acquis en tout soixante livres 
de rentes sur les terres, fiefs ne territoire desdiz évesque et Chapitre, 
soit en fief, domaines, dismes ne jurisdiction. Et s'ilz n'avoient autres 
biens et aulmosnes données en leurdicte abbaye sur autres terres et 
seigneuries que sur celles de ladicte église de Chartres, ladicte abbaye 
ne vauldroit ung prioré et ne s'en pourroient entretenir deux des 
religieulx dudict monastaire : par quoy appert que les demandeurs 
font grand bruit de peu de chose. 

» Item nec obstaret ce qu'ilz dient qu'il pourroit advenir cy-après, 
succedente tempore, que ceulx de Thiron tolliroient la juridiction 
temporelle et droits seigneuriaux d'icelle église de Chartres, o,u la 
pluspart d'iceulx, car ilz pourroient acquérir tout le revenu de ladicte 
église ou ce que tient et est mouvant d'eulx, car, selon le contenu de 
ladicte chartre, es choses qu'ils acquièrent la jurisdiction des lieux 
leur appartient, et les cens qui seroient deubz seroient convertis en 
rente, et les droits et devoirs seigneuriaulx par ce moyen adnichilés, 
et que par conséquent seroit tollir toute jurisdicion, seigneurie et 
revenu dudict Chapitre, comme champars et dimes, in quitus dicunt 
consistere la pluspart de leur revenu. A ce respondent les deffendeurs 
qu'ilz ne sont si puissans pour faire de si grandz ni effrénés acquestz, 
ne n'en ont faict par cy-devant qui passe soixante livres depuis cent 



xl INTRODUCTION. 

ans en ça, comme dict est; et les demandeurs en ce disant ressemblent 
aux anguilles de Melun, lesquelles se plaignent avant qu'on les es- 
corchene que l'on en fait semblant. Voirement d'ailleurs si, procedente 
tenipore, lesdiz deffendeurs faisoient si grans et excessifs acquestz, qui 
seroit impossible s'ilz n'avoient une mendragore , lors, et non devant, 
auroient les demandeurs cause de eulx plaindre et eulx user du remède 
que le droict leur accorde , videlicet que tel privillège potest tune 
revoeari, ymo revocatur ipso jure. 

» Item, parlans du bois d'Autou , duquel est faict mention en une 
des lettres, subjungunt que ledict boys d'Autou n'appartenoit lors 
auxdiz de Chapitre, et que, longtemps après, comme soixante-dix 
ans, la moictié d'icelluy boys leur fut quant prirnum donnée par le 
conte du Perche ('), soubz condition qu'ilz ne la pourroient vendre; 
et qui est mocquerie de dire et d'estre contenu en ladicte chartre que 
lesdiz de Chapitre donnassent ledict boys ne partie d'icelluy, oudict 
temps ouquel ilz n'y avoient rien, inférans ex hoe ladicte chartre avoir 
esté faicte a posteriori. Respondent les deffendeurs que, auparavant 
la dacte d'icelle chartre, les demandeurs avoient la moictié audict 
boys d'Autou, dont ilz ont les lettres d'acquisition en dacte du 
temps dudict Yves, évesque, mais ne les veulent monstrer ( 2 ). Mais 
quant ores les demandeurs ne leurdicte église n'eussent eu rien audict 

( • ) L'acte auquel le Chapitre se référait a été publié par nous dans le Cartulaire 
de Notre-Dame de Chartres (T. I, p. 221). Par cette charte, datée du 20 juin 1190, Ro- 
trou III, comte du Perche, reconnaît que le Chapitre aura le droit à l'avenir de possé- 
der de moitié avec lui les bois d'Authou et toutes les pâtures qui se trouvent dans les- 
dits bois, sous certaines clauses et conditions détaillées dans l'acte, notamment à la 
charge de deux anniversaires qui doivent être célébrés dans l'église de Chartres, l'un 
pour le repos de l'âme de Mathilde, femme dudit comte, l'autre pour le repos de celle 
de la comtesse Amicie, sa mère. 

H Les religieux de Tiron font ici allusion à une donation faite au Chapitre de Char- 
tres par la comtesse Mathilde , femme de Rotrou III : nous n'avons pu retrouver cet acte 
de donation , mais en tout cas il ne pourrait remonter au temps d'Ives de Chartres. 



INTRODUCTION. xli 

boys d'Autou au temps de ladicte chartre, que si non toutesfoys posset 
presurni ex hoc aliqua presumptio falsitatis contre icelle chartre . 
car lors d'icelle chartre et paravant lesdiz demandeurs estoient sei- 
gneurs temporels, spirituels et patrons de ladicte paroisse d'Autou, 
en laquelle ils ont et avoient, au temps et dacte d'icelle chartre, 
plusieurs terres, domaines, boys, buissons et autres droicts,etwa^:z;;a' 
plus de deux cens arpens de terre et buissons, tout au long et joi- 
gnant le grand boys d'Autou. Par ce, ledict privillège et don de quo 
meminit ladicte chartre posset refferri audict boys de deux cens arpens 
séparé dudict grand boys, et par ce Ma verba apposita en ladicte 
chartre « in nemoribus de Antonio » verifficarentur in Mis, et par 
ce ne préjudicieroit la chartre et ne contrairoit à la prétendue lettre. 

Item ce n'est vrai aussi quicquid dicatur que les tesmoins de l'en- 
queste des deffendeurs ayent depposé que l'abbé Lyonnet Grimault 
eust achepté, vingt-cinq ans à, le molin au Soult et le molin de la 
Gastine (*), mais bien depposèrent que ledict abbé Lyonnet Grimaulx 
les auroit bailles de nouvel à vies et que plusieurs les tiennent lait 
titulOj et les tenanciers desquelz ont tousjours et d'ancienneté res- 
pondu et respondent à Thiron à la justice des deffendeurs, et non à 
Gardées à la justice des demandeurs. Aussi potuisset esse que lesdiz 
molins qui d'ancienneté avoient esté de ladicte abbaye de Thiron, 
ayant cessé esse per presumptionem vel alias, par ce non fuisset in- 
convénient que ledict abbé Grimaulx les eust iterato acquis, et ex 
Mis non posset inferri aliqua conjectura falsitatis. 

» Item, et quoy qu'ilz dient, les tesmoings des deffendeurs deppo- 
sentde tout le temps de leur congnoissance, et sont anciens, par quoy, 
veu leurs aages et leurs deppositions, ils parlent de plus de quarante 
ans; mais quant ilz n'en parleroient que de dix, satis esset, car il 

(*) Le moulin de la Gàtine existe encore dans la commune de Thiron. 



xlii INTRODUCTION. 

n'est question principalement de prescription , mais de continuation et 
entretenement. Et depposent que lesdiz deffendeurs sont francs, quictes 
et exemptz de toute jurisdicion de seigneurs temporelz, rege solo 
excepto, et mesmement des demandeurs, et que de ce ilz ont veu joyr 
les deffendeurs par le temps de toute leur mémoire et congnoissance. 
» Item ad ce qu'ilz dient que l'évesque Alberius mourut à Nevers 
Tan 1243 et que en Tan 1253 estoit évesque de Chartres ung nommé 
Mathieu, n'y a tant soit peu d'apparence, veu la lettre d'icelluy Albe- 
rius, laquelle est in forma probante et solita, bien seellée, et non 
constat aussi ne que Alberius esset mortuus ne que Mathieu tune 
esset episcopus. Car la vérité est et se prouvera, se mestier est, que 
ledict évesque Alberius vivoit audict an 1253 (*) et fut enterré en 
l'église des Frères Prêcheurs à Chartres, et non ailleurs ( 2 ). Et si n'y 
a apparence dire que ledict Mathieu tune esset episcopus, car est vray 
que entre ledict Alberius et ledict Matheus fut évesque Henricus, 
comme appert par l'ancienne Cronique ( 3 ) estant pênes les demandeurs ; 

(*) Suivant la Vieille Chronique, Aubry Cornut aurait en effet siégé de 1246 à 1258 ; 
son successeur, Henri, aurait possédé l'évêché de Chartres de 1256 à 1262, année en 
laquelle seulement Mathieu serait devenu évêque. Mais le Catalogue des évoques de 
Chartres, donné par la Vieille Chronique, et longtemps adopté sans contrôle , est erroné 
dans toute sa chronologie. La vérité est telle que les chanoines de Chartres l'affirmaient 
dans leur Mémoire: Aubry Cornut siégea depuis 1236 jusqu'au 15 des calendes de 
novembre 1243, date de son décès ; son successeur, Henri de Grez, mourut en 1246, le 
jour des nones de décembre, et enfin Mathieu des Champs prit possession de l'évêché de 
Chartres en 1247 et siégea jusqu'à sa mort, le 31 décembre 1259. 

( 2 ) Les chanoines de Chartres ne contestaient point qu' Aubry Cornut eût été enterré 
dans l'église des Frères Prêcheurs de Chartres; ils disaient seulement qu'il était mort à 
Nevers en 1243. La Vieille Chronique elle-même le constate, mais elle ajoute que son 
corps fut rapporté à Chartres pour y être inhumé ; ce qui est la vérité. 

( 3 ) La Vieille Chronique fut écrite en 1389, comme l'indique le titre même qu'elle 
porte dans l'original. Bien qu'elle renferme une foule d'erreurs, elle fut longtemps citée 
par la plupart des auteurs chartrains comme la véritable source de l'histoire de l'Église 
de Chartres. Nous l'avons publiée pour la première fois en tète de notre Cartulaire de 
Notre-Dame de Chartres. 



INTRODUCTION. xliii 

laquelle ilz cachent et l'ont ostée et déchesnée (•) depuis le commen- 
cement du présent procès et doleuse invention de faulsetez, afiin que 
lesdeffendeurs ne s'en puissent ayder pour convaincre les demandeurs, 
qui est grande malice. 

» Item et quoy qu'ilz disent au sujet de la sentence du 27 novembre 
1 297, le siège épiscopal de Chartres ne vaquoit lors, et vivoit l'évesque 
Simon ( 2 ), ut patet par ladicte sentence ; lequel évesque Simon ves- 
quit longtemps après ladicte datte, c'est assavoir jusques en l'an i3oo 
et plus, comme par ladicte Cronicque des évesques de Chartres et 
autrement deument se monstrera , se mestier en est. 

» Item et ne vault ce qu'ilz dient contre ladicte sentence, assavoir 
qu'elle contient choses insolites et inusitées , car c'est chose imperti- 
nente quia non deolaratur quid insolitum vel inusitatum contineat, 
mais , à la vérité , ésdicte sentence et confirmation continentur verba 
usitata et solita au regard dudict temps. 

» Item et est fort calumpnieulx de mettre en avant que, lors de la 
dacte d'icelle sentence, maistre Regnault de Pleysy n'estoit archidiacre 
de Blois, car non est verum; aussi non constat que maistre Jacques 
de Medunta estoit lors archidiacre dudict archidiaconé. 

» Item et maistre Jehan de Grangia, au temps mentionné en la 
sentence contre luy donnée, estoit archidiacre de Dunoys, et ita pre- 



(*) Il existe encore à la première travée de droite du tour du chœur de la cathédrale 
de Chartres une planchette de chêne , sur laquelle était déposé , soit la Vieille Chro- 
nique, soit tout autre manuscrit ; on voit au-dessus les crampons de fer qui servaient à 
maintenir les volumes. 

( 2 ) Le siège épiscopal de Chartres était en effet vacant le 27 novembre 1297, l'évêque 
Simon de Perruchay étant mort le 5 des ides de novembre. Il est vrai que la Vieille 
Chronique le fait vivre jusqu'en 1306. L'inscription placée sur la tombe de Simon de 
Perruchay dans l'église des Saints-Innocents à Paris portait formellement : Icy gist 
noble homme Simon de Perruchay , qui trespassa l'an de grâce mil II e 1111** et XVII, le 
lundi après la Toussains. 



xliv INTRODUCTION. 

sumitur et probatur par la sentence contre luy donnée, et sic n'ap- 
pert de negativa, videlicet que lors maistre Philippes de Cornillon 
esset archidiacre dudict Dunoys. 

» Item la pièce concernant la prioré d'Osème est escripture auten- 
tique, saine en scel, seing et escripture, etprobat que de Sancto-Dyo- 
nisio estoit, lors de la dacte d'icelle, chancellier de ladicte église de 
Chartres, et n'est besoing le monstrer autrement; par où Ton doit 
conclure que les chancelliers de l'église de Chartres prengnent et pre- 
noient, lors de la dacte d'icelle pièce, dismes de vin, laynes et 
aigneaulx au lieu d'Osème, excepté es terres et domaines du prioré 
dudict lieu deppandant de Thiron. Car ledict prieur prend icelles 
dismes, et est la vallée et terre qu'on appelle Oisème-Grande, et en 
laquelle ledict chancellier prend plusieurs dismes, mais non sur les 
terres d'icelluy prioré assises en ladicte vallée. 

» Item ad ce qu'ilz dient que les deffendeurs n'ont jurisdicion au 
lieu de Thiron, sinon in una carrucata terre, qui est l'encloz et cir- 
cuit de leur abbaye, et que encores elle est bien limitée et restreinte. 
Respondent que la lettre de donation est plus ample et contient plus 
qu'ilz ne dient (*). 

» Considéré doncques ce que dit est et les si très évidentes calump- 



(*) C'est sur la demande même de saint Bernard que le Chapitre de Chartres lui avait 
concédé une charruée de terre à Gardais pour l'établissement de son monastère (Voir 
charte I). L'Inventaire manuscrit du Chapitre nous a conservé la notice d'une transac- 
tion faite au mois de décembre 1252 au sujet de cette charruée de terre. « Transaction 
entre le Chapitre et les abbé et religieux de Thiron , par laquelle , pour terminer entre les 
parties quelques contestations au sujet de la justice, ledict Chapitre leur abandonne ce 
droit sur une pièce de terre contenant le labour d'une charrue, et sur le bourg de Thiron, 
laquelle pièce de terre leur avoit cy-devant esté donnée par le Chapitre pour la fondation 
et édification de leur monastère, le Chapitre de Chartres se réservant la justice sur ses 
censitaires et hommes de corps dans l'étendue de la paroisse de Gardais ; et quant à la 
justice sur les habitans du Bouchaige et d'Authou consent ledict Chapitre qu'elle demeure 
commune, comme par le passé, entre lui et lesdits religieux. » 



INTRODUCTION. xlv 

nies et fausses accusations faictes de quatre et de dix-huict lettres si 
très auctentiques et anciennes et vrayes et ayans si très bonne forme 
autentique, joinct la bonne famé, renommée, vie religieuse des reli- 
gieulx abbé et couvent de Thiron, appert que ledict Bouguieret autres 
de Chapitre de Chartres leur doivent estre condempnez en grosses 
amendes et repparations : autrement s'il estoit permis d'injurier et 
calumpnier ainsi les gens de bien, il ne seroit icelluy qui osast plai- 
der, et fault très rigoureusement pugnir les falsaires quant la faulseté 
est prouvée, mais quant vérité abonde il fault oster occasion de ca- 
lumpnier et faulsement accuser. Et ne peut estre faict si ce n'est en 
pugnissant à la rigueur de la lectre et de la loy. les calumpniateurs et 
accusateurs , tit, postquam virtutis amore a malo non cessant, saltem 
formidine pêne pertimescant ; in quo laborare débet offioium boni, 
recti, justi et severi judicis, quia pessimam genus hominum est ca- 
lumpniatorum et falsorum accusatorum. 

» Par quoy protestent, etc., offrent, etc., nyent, etc., et demandent 
despens, dommaiges et intérestz. » 

Ce Mémoire des religieux de Tiron fît entrer le procès dans une nou- 
velle phase. Les membres du Parlement n'étaient pas tenus d'être paléo- 
graphes : devant des assertions aussi audacieuses , qui ne manquaient 
pas au premier abord d'une certaine vraisemblance, ils hésitaient et ne 
savaient trop de quel côté était le bon droit. Les procédures menaçaient 
de durer indéfiniment, Le Chapitre de Chartres, qui, dans toute cette 
affaire , fît preuve de la plus sage modération , consentit à une transac- 
tion, qui fut passée, le 14 avril 1542, devant Mathurin Bourgeois , tabel- 
lion juré à Illiers. Nous reproduisons les principales dispositions de cette 
transaction. 

« A tous ceulx qui ces présentes lettres verront, Jehan Larcevesque, 



xlvi INTRODUCTION. 

chevallier, seigneur et baron de Soubzbise, conseiller du Roy nostre 
sire, gentilhomme de la Chambre, bailly et cappitaine de Chartres, 
salut : Comme les doyen et Chappitre de Chartres ayent despiéçà mis 
en procès aux Requestes du Palais les religieulx abbé et couvent de 
Thiron et contre eulx requis que , pour desgatz, abouz et malversations 
par eulx ou autres de par eulx et à leur adveu commis et perpétrez es 
bois aux Clercs, situez et assis en la paroisse de Gardées, appartenans 
à iceulx de Chappitre, ilz fussent perpétuellement privez du droict 
d'usaige par eulx prétendu ésditz boys et autres terres et héritaiges 
appartenans à iceulx de Chappitre si aucuns en auroient ; lesdiz de 
Thiron soustenans le contraire et qu'ilz avoient droict d'usaige en 
iceulx boys et avoient joy ajuste tiltre, mesme au moyen d'un pré- 
tendu privilège ou chartre dacté Tan de grâce iii3, secundo nouas 
februarii, et autrement, deuement. Surquoy lesdictes parties seroient 
entrées en contrariété de faictz et auroient escript de part et d'autre, 
et depuis encores sur autres incidens deppendans dudict procès, tel- 
lement que lesdictes parties auroient esté et seroient en grant involu- 
tion de procès et grans inconvéniens, pertes et dommaiges, tant d'une 
part que d'autre, parce que lesdiz de Chappitre vouldroient, pour la 
conservation de leursdictes terres, empescher lesdiz de Thiron et 
autres leurs serviteurs et commis de plus aller en iceulx, au moyen 
de certaines deffenses ordonnées estre faictes par lesdictes Requestes 
ou Messeigneurs de Parlement, et aussi lesdiz de Thiron s'efforcent 
d'entretenir et continuer leurdict prétendu droict d'usaige. Pour obvier 
auxquelz inconvéniens, pertes, dommaiges et despens qui pourroient 
advenir de ce que dessus, et pour nourrir paix et tranquilité entre les 
parties, et pour le grant bien, prouffict et utilité de leurs églises, et 
craignant l'issue des procès intentez et qu'il est doubteux demourer 
aux jugemens des hommes, eulx voullans plus tenir au certain qu'à 



INTRODUCTION. xlvii 

l'incertain, considérons lesdiz de Thiron que iceulx de Chappitre sont 
en partie fondateurs de ladicte église et monastère de Thiron, et qu'il 
y a plusieurs réparations à faire nécessaires en ladicte église, et ad ce 
que ladicte religion et service divin soient mieulx entretenuz, et pour 
plusieurs autres raisons, comme les parties cy-après nommées disoient. 
Savoir faisons que par-devant Mathurin Bourgeois, tabellion juré à 
Illiers pour le Roy nostre sire soubz le tabellion de Chartres, furent 
présens et comparans personnellement noble et scientifique personne 
Lois de Crevant, abbé de l'abbaye et monastère de la Sainte-Trinité 
dudict Thiron , frères Charles Renoncet, prieur de Heudreville, Ma- 
thieu André, prieur claustral, Guillaume des Guetz, prieur de Mon- 
tallier, Michel Regnard, soubzprieur, Jehan Dumoustier, Jehan Bel- 
langer, Jehan Lesueur, Hector de Gauville, Françoys de Rasilly, 
Jehan Fortin, Anthoyne de Mornay, Roulland de Seuroy, Adam du 
Bouschet, Phelippes de Ponpas, Françoys Renoncet, Nicolas Sou- 
chay, Guillaume Letourneux, Toussains Lebreton, Nicolas Chasse- 
loup, Miles de Gallot, Pierre des Guetz, Françoys de la Lande, 
Françoys de Boisvillier, Loys du Fay, Gervaise Flamoire, Françoys 
Chappelain, Françoys Jouin, Françoys de Pilliers et René Gaubert, 
tous religieux profès en ladicte abbaye de Thiron , congrégez et as- 
semblez au son de la cloche en leur chappitre , en ladicte abbaye de 
Thiron, en la manière accoustumée, traictans de leurs négoces et 
affaires et de leurdicte abbaye et église, d'une part, et maistres Jehan 
Meyne, Pierre le Seneux et Jehan Fleury, chanoines en l'église de 
Chartres, en leurs noms comme chanoines dessusdiz, et encores eulx 
es noms et comme procureurs de Messeigneurs les vénérables doyen 
et Chappitre de Chartres, d'autre part ; lesquelles parties et chacune 
d'elles, es noms, causes et qualitez que dessus, congneurent et con- 
fessèrent, congnoissent et confessent avoir faict et par ces présentes 



xlviii INTRODUCTION. 

font ensemble les traicté, accord, transaction et appoinctement tel 
qu'il ensuit : C'est assavoir que lesdiz de Thiron ont du tout quicté et 
renoncé et délaissé, quictent, renoncent et délaissent ausdiz de Chap- 
pitre tous et telz droictz d'usaiges et servitudes qu'ilz maintiennent 
leur compecter et appartenir en et au-dedans des boys aux Clercs et 
de tous et chascuns les autres boys et terres appartenans ausdiz de 
Chappitre, quelque part qu'ilz soient situés, et mesmes au boys 
d'Authou si lesdiz de Chappitre de Chartres y ont eu et prétendu, 
ont et pourroient prétendre cy-après droict de propriété et seigneurie, 
soient lesdiz prétendus droictz d'usaiges et servitudes au moyen 
d'icelluy prétendu privilège cy-dessus spécifié , ou en quelque autre 
manière que ce soit ou puisse estre, et ont deschargé et deschargent 
d'iceulx droictz d'usaiges et servitudes et autres droictz quelconques 
iceulx terres et boys aux Clercs, d'Authou et autres quelconques. 
Ensemble lesdiz de Chappitre et leurs successeurs, voullans et accor- 
dans iceulx de Thiron que toutes et chascunes lesdictes terres et boys 
demeurent à tousjours mes et perpétuellement francz, quictes et dé- 
livres d'iceulx prétendus droictz d'usaiges, servitudes et autres droictz 
quelzconques , de sorte que lesdiz de Chappitre en puissent faire et 
disposer à leur plaisir et volunté comme de leur propre chose à eulx 
appartenant, et que la renonciation faicte par iceulx de Thiron au 
prouffict de Madame de Vendosme ( l ) pour le regard du droict d'usaige 
par eulx prétendu audict boys d'Authou soit et demeure pour et au 
prouffict d'iceulx de Chappitre comme si faict avoit esté pour eulx et 
en leur nom, utilité et faveur, ou cas que lesditz boys leur appartien- 
nent de présent et appartinssent cy-après, moyennant toutesfoys et 
parmy ce que lesditz de Chappitre ont délaissé et transporté, délais- 

(') Nous reparlerons plus loin de cette transaction faite par les religieux de Tiron 
avec la duchesse de Vendôme. 



INTRODUCTION. xlix 

sent et transportent ausditz de Thiron la pleine et entière propriété, 
fond et dommaine et directe seigneurie, sans ce que en rienlesditzde 
Thiron soient tenus ressortir par devers eulx ne les recongnoistre en 
supériorité pour raison des deux tierces parties de toute la pièce du- 
dict boys aux Clercs, à icelle prendre et mesurer de perche en perche 
du costé de la forest et terres de Thiron ; lesquelles demoureront à 
iceulx de Thiron qui les ont acheptées pour leur chauffaige et entre- 
tenement de leur église, et pour récompense dudict droictd'usaige et 
autres droietz d'usaiges et servitudes par eulx prétendus ; ladicte 
autre tierce partie et autres terres et bois appartenans ausditz de 
Chappitre à eulx demeurans en toute propriété et seigneurie franche- 
ment et quictement, deschargées desditz prétendus droietz d'usaiges 
et servitudes quelconques prétendus par iceulx de Thiron : desquelz 
boys et terres partant pourront lesditz de Chappitre faire leur volunté 
comme de leur propre chose, ainsi que dict a esté. Et entre lesdiz 
bois aux Clercs, du costé du ruisseau faisant la séparation d'iceulx 
bois aux Clercs et des bois Bruslez (*) et terres contiguz, demeure ung 
chemin commun de dix-huict pieds entre icelles parties et leurs sub- 
jeetz, et sera la justice dudict chemin commune en Tendroict où les- 
dictes parties auront terres joignans des deux costés d'icelluy chemin, 
et autrement demeurera à iceulx de Chappitre de Chartres ladicte 
justice. Et pour plus grande seureté des parties seront mises et ap- 
posées bornes et fossés séparans et divisans lesdictes deux tierces 
parties qui seront baillées et livrées à iceulx de Thiron d'avecques 
l'autre tierce partie qui sera et demourera à iceulx de Chappitre, à 
icelle prendre à Tendroict lequel maistre Michel Chevallier et ledict 

0) Les bois Brûlés étaient contigus aux bois aux Clercs, avec lesquels ils étaient 
quelquefois confondus. Ainsi un acte du Chapitre de Chartres, en 1320, porte les bois 
Bruslez ou bois aux Clercs. 

8 



l INTRODUCTION. 

Fleury, chanoines et commissaires desdiz de Chappitre, ont monstre 
auxdiz deThiron. Et seront lesmanans, habitans et subjectz desdiz 
de Thiron évincez desdiz droictz d'usaige, et pour ce faire seront pour- 
suivis les procès à ce nécessaires contre iceulx habitans et subjectz 
soubz le nom desdiz de Chappitre et à leurs despens par ung tiers, et 
aux despens desdiz de Thiron pour les deux autres tiers. Autrement 
et où lesdiz subjectz ne seroient évincez dedans deux ans à compter 
du jour d'huy lesdiz de Chappitre pourront retourner, si bon leur 
semble, aux droictz qu'ilz ont de présent et ont eu par cy-devant ésdiz 
boys aux Clercs. Et ont oultre, et par dessus ce que dict est, promis et 
promectent iceulx Meyne, le Seneux et Fleury, en leurs noms comme 
chanoynes dessusdiz et comme procureurs desdiz doyen et Chappitre 
de Chartres, bailler et paier auxdiz de Thiron la somme de mil livres 
tournois, qui seront employez et convertiz en victres et réparacions 

nécessaires de ladicte église et monastère de Thiron Donné en 

tesmoing de ce , soubz le scel royal estably aux contractz de la chas- 
tellenie dudict Chartres, en présence de maistre Jehan Chariot, 
licencié en loix, advocat en Parlement, et Jehan Pasquier, clerc, tes- 
moings, le vendredi 14 e jour d apvril Tan 1542 après Pasques. » 

La même année, le pape Paul III confirma cette transaction, et le 
Parlement , heureux de trouver un biais pour mener à fin cette inter- 
minable procédure , rendit , le 24 mai 1542, un arrêt aux termes duquel 
« la tierce partie des bois aux Clercs, en la paroisse de Gardais, ap- 
partenant au Chapitre de Chartres, est déclarée exempte de tous 
droits d'usage et servitude , de même que tout ce que possède le Cha- 
pitre en ladite paroisse de Gardais. » 

Il semblait donc que la paix dût être établie entre le Chapitre et 
l'abbaye et qu'il ne serait plus question, au moins judiciairement, de 
ces prétendues donations , sinon convaincues , au moins fort suspectes 



INTRODUCTION. u 

de fausseté. Il n'en fut rien : la condescendance même du Chapitre en- 
couragea les injustes prétentions de ses adversaires. Dans la transaction 
de 1542, le Chapitre avait avoué « qu'il est doubteux demourer aux 
» jugemens des hommes, » les religieux pensèrent que peut-être ces 
jugements finiraient par leur être favorable et, moins de huit ans 
après , ils recommencèrent leurs usurpations sur les droits des chanoines 
dans les paroisses de Gardais et de Saint-Denis-d'Authou. Force fut donc 
au Chapitre de reprendre les procédures : il appela de nouveau les 
moines de Tiron devant le bailli de Chartres ; mais les religieux firent 
aussitôt opposition à cette assignation et requirent que l'affaire fût ren- 
voyée devant les Requêtes du Palais à Paris. Les débats durèrent 
encore cinq ans: la sentence ne fut rendue que le 5 octobre 1556. Elle 
était fortement motivée , car le parchemin où elle fut transcrite ne me- 
sure pas moins de quatre mètres et demi de longueur. Nous ne la 
publierons pas in extenso assurément , mais nous voulons cependant en 
extraire ce qui nous semble le plus intéressant. 

Elle commence par analyser les dires des deux parties. Le Chapitre 
de Chartres poursuivait l'abbaye de Tiron en cas de saisine et nouvel- 
leté, disant que, « à cause de la fondacion, dotacion et augmentacion, 
leur compectent et appartiennent plusieurs beaulx droictz tant de 
cens, rentes, avenaiges, dixmes, champars que aultres droictz, en plu- 
sieurs et divers lieux, et si sont seigneurs spirituelz et temporelz de 
plusieurs terres, seigneuries et parroisses assizes ou diocèse de 
Chartres, mesmement des parroisses et églises parrochiales de Notre- 
Dame de Gardées et de Saint-Denis-d'Authou, ésquelles ilz sont sei- 
gneurs spirituelz et temporelz de tout temps et ancienneté, ésquelz 
lieux ilz ont toujours eu'et ont, ensemble es dépendances d'iceulx et 
surlesdemeurans ésdictes parroisses, tout droict de justice temporelle 
et spirituelle et, comme estant les vraiz et primitifs curez, leur appar- 



lu INTRODUCTION. 

tiennent toutes et chacunes les dixmes et champarz des grains creuz 
et provenuz es terres scituées ésdictesparroisses, signaument es terres 
assizes en ladicte parroisse d'Authou , tenues de la terre et seigneurie 
de Nogent-le-Rotrou. Lesquelles dixmes et champarz ilz onttousjours 
perceu ésdiz lieux , mesmement es terres anciennes et novalles appel- 
lées les bois d'Authou , lesquelles terres contiennent cinq cens qua- 
rante arpens ou environ tout en ung tenant en une pièce, le chemin 
tendant de Thiron à Champrond et à la Gastine ('), traversant ladicte 
pièce par le bout d'en bas devers l'église dudict Authou. Desquelz 
droictz, possessions et saisines ayent tant lesdiz demandeurs, leurs 
prédécesseurs que fermiers et commis, jouy de tout temps et ancienne- 
ment, pleinement et paisiblement, tellement qu'il n'est mémoire du 
contraire, auroient lesdiz deffendeurs ou autres à leur adveu prins et 
emporté ésdiz lieux, endroict et pièce, faict prendre, cueillir, lever 
et emporter grande quantité de gerbes de bled, avoine et aultres 
grains. Et oultre et bien que lesdiz demandeurs fussent dès le temps 
dessus désigné en bonne possession et saisine de prendre, par chacun 
an, avec lesdiz deffendeurs, chacun par moitié, les dixmes et cham- 
partz estans en et ou dedans de la juridicion et seigneurie du Bou- 
chaige ( 2 ), scituée tant en la paroisse dudict lieu de Gardées que 
d'Authou, ce néantmoings lesdiz deffendeurs ou aultres, en leur nom 



(*) Comme nous l'avons déjà vu, il y a encore dans la commune actuelle de Thiron 
un moulin appelé moulin de la Gastine ; mais nous ne croyons pas qu'il soit ici question 
de ce moulin , il s'agit plutôt des bois de la Gastine qui ont valu à Champrond son sur- 
nom de Champrond-en-Gastine. 

( 2 ) Nulle part, dans le Cartulaire, la seigneurie du Bouchage n'est expressément dé- 
signée ; mais, dans l'Etat des revenus de l'abbaye de Tiron dressé vers 1250 (voir charte 
GCGLXXVII) nous rencontrons cette mention: Habemus quamdam decimam sitam in 
parrochia d'Autou. Hoc confirmât Capitulant Camotense, qui s'applique, croyons-nous, 
à la seigneurie du Bouchage. — Le Bouchage , appelé aussi Langelière ou la Vieillerie, 
était un hameau de la paroisse de Saint-Denis-d'Authou. 



INTRODUCTION. lui 
et adveu, auroient prins, levé et emporté en la saison d'aoust 1549 
toutes et chacunes les dixmes et champarz des bledz, avoynes et 
aultres fruitz creuz et recueilliz en une pièce de terre dépendant du 
lieu appelle l'Estre-Coué, deppendant des Gauleries (*) ou la Tour- 
narie, estant en ladicte terre et seigneurie du Bouchaige, sans en 
délaisser aucune portion auxdiz demandeurs, et leur auroient oultre 
faict plusieurs aultres troubles et nouvelletez indeues, à tort, sans 
cause. Pour avoir réparacion desquelz auroient lesdiz demandeurs 
formé complaincte par devant le bailly de Chartres à rencontre desdiz 
deffendeurs, lesquelz se seroient à icelle opposez et icelle faict ren- 
voyer devant vous 

Et par lesdiz deffendeurs au contraire estoit dict que, le 14 e jour de 
février Tan iii3, les évesque, doyen, chanoines et Chapitre de 
Chartres feirent et octroyèrent à iceulx deffendeurs plusieurs dons, 
privillèges et concessions, et entre autres octroyèrent que lesdiz 
deffendeurs, leur monastère des Arssiz et toutes les abbayes, cellules 
monachalles, prieurez, maisons, administrations et aultres membres 
qui estoient lors et seroient cy-après deppendans de ladicte abbaye de 
Thiron, que les moynes desdiz lieux, les convers, donnez, oblatz, 
familliers et serviteurs tant en ladicte abbaye de Thiron que des mem- 
bres en deppendans et qui en deppendroient puissent acquérir, tant 
conjoinctement que divisément , à quelque tiltre que ce fust, en toutes 
et chascunes les chastellenies, baronnies, les terres, seigneuries, 
fîefz et juridicions desdiz de Chappitre, telz héritaiges que bon leur 
sembleroit et retenir lesdictes acquisitions librement comme admor- 
ties, et sans estre subjeetz à rachapt ou retrait aucun féodal, sans 

( l ) Le hameau des Gauleries existe encore dans la commune de Saint-Denis-d'Au- 
thou : le nom de la Tournarie a complètement disparu. 



liv INTRODUCTION. 

payer aucuns lotz et ventes ne droictz seigneuriaulx, soit pour raison 
des acquisitions qu'ilz en feroient ou par faulte d'homme ou mutacion 
de seigneur. Tous lesquelz héritaiges que lesdiz deffendeurs avoient 
acquis auroient lesdiz évesque, doyen, chanoines et Chappitre des- 
chargé dès à présent comme dès lors, et dès lors comme dès à présent, 
de toute juridicion, toutes corvées, tailles, procurations, servitudes 
et redevances qu'ilz y pourroient prétendre, sauf et excepté le chef- 
cens , lequel néantmoins auroit esté par mesme moyen converty en 
simple rente, sans aucunes ventes, lotz, saisines et amendes. Auroit 
esté oultre dict que lesdiz deffendeurs se pourroient ensaisiner d'eulx- 
mêmes desdictes acquisitions qu'ilz feroient et qu'ilz ne payeroient au- 
cunes dixmes ne subsides audict évesque ne audict Chappitre ne aux 
curez des fruictz de toutes et chacunes les terres, noues, prez et aultres 
possessions et aultres héritaiges qu'ilz acquerroient en tout le diocèse 
de Chartres, ne des bestes qu'ilz y nourriroient, ores que lesdiz héri- 
taiges fussent tenuz ne labourez par fermiers , colons ou mettaiers : 
lesquelles dixmes auroient lesdiz évesque, doyen, chanoines et Chap- 
pitre donné en perpétuelle aulmosne pour la nourriture et substenta- 
cion desdiz deffendeurs. Lesquelles concessions auroit l'archevesque 
de Sens qui lors estoit confirmé et depuis auroient lesdiz demandeurs 

encore confirmé Concluans lesdiz deffendeurs afïïn que, par nous, 

nostre sentence et jugement, fussent lesdiz demandeurs déclairez non 
recevables en leur complaincte, et iceulx deffendeurs maintenus et 
gardez en possession et saisine de eulx dire seigneurs propriétaires 
et possesseurs des dixmes de tous les fruictz décimables venans et 
croissans sur les terres de Gardées et d'Authou. » 



Nous avons abrégé , autant que nous l'avons pu , cet exposé des dires 



INTRODUCTION. LV 

de chacune partie: comme on le voit, c'est toujours sur la fameuse 
charte du 14 février 1113, confirmée par l'archevêque de Sens, Daim- 
bert, et par le Chapitre lui-même, que les religieux appuient toutes 
leurs prétentions. Voici maintenant la sentence rendue par les Requêtes 
du Palais ; elle donne gain de cause aux chanoines , mais elle ne parle 
pas du plus ou moins d'authenticité des pièces produites par les reli- 
gieux. 

« Savoir faisons que nous maintenons et gardons lesdiz deman- 
deurs en possession et saisine de prendre et percevoir droictde cham- 
part des fruictz venans et croissans par chacun an en une pièce de 
terre contenant douze arpents et demy quartier ou environ, dépendant 
de la mestairie appellée la Coudellée ( 1 ), paroisse de Gardées, à 
cause de l'acquisition par lesdiz deffendeurs faicte d'icelle pièce de An- 
thoine Flanure et Jehanne Doulcet , sa femme, le 3° jour de mars 1542. 
Et maintenons et gardons aussi iceulx demandeurs en possession et 
saisine de prendre et percevoir, par chacun an, avec lesdiz deffen- 
deurs, et chacun par moitié, les dixmes et champartz de grains et 
aultres fruictz croissans par chacun an en et au dedans de la juridicion 
et seigneurie de Bouchaige, scituée tant en la paroisse dudict lieu de 
Gardées que d'Aulthou , mesmement en une pièce de terre appellée 
la Borde, deppendant du lieu appelle TAistre-Coué, estant en ladicte 
terre et seigneurie de Bouchaige . Et condamnons iceulx deffen- 
deurs es despens desdiz deux procès, dommages et intérestz procé- 

dans à cause de trouble, telz que de raison Donné à Paris, le 

3 e jour d'octobre Tan i556. » 

Les religieux de Tiron ne perdirent pas pourtant tout espoir : la faus- 
seté de leurs titres n'avait pas été proclamée , ils crurent avoir encore 
quelque chance de gagner leur procès. Ils en appelèrent au Parlement : 

(*) La ferme de Coudelée existe encore en la commune de Thiron. 



lvi INTRODUCTION. 

ils se souvenaient de l'hésitation de la Cour et peut-être espéraient-ils 
une nouvelle transaction pareille à celle de 1542. Mais leur espérance 
fut trompée : le 22 mars 1558, le Parlement rendit un arrêt confîrmatif 
de la sentence du 3 octobre 1556. Cette fois encore il ne fut pas parlé 
des chartes sur lesquelles s'étayait tout le système de défense des reli- 
gieux. Il semble que ce fût à dessein que les magistrats évitaient de se 
prononcer sur l'authenticité ou la fausseté de ces documents : on sent 
qu'ils ne se croyaient pas assez sûrs de leurs connaissances en diploma- 
tique pour trancher une aussi grave question. 

Ce scrupule faisait la force des religieux : condamnés par la justice 
comme usurpateurs, mais non comme faussaires, ils se prétendaient 
victimes de l'influence de leurs adversaires. Pendant plus de deux 
siècles, ce fut de leur part une suite d'injustes tentatives pour se sous- 
traire à la suzeraineté du Chapitre sur leurs terres de Gardais et d'Au- 
thou. 

Il faut avouer d'ailleurs que l'abbaye avait plus besoin que jamais de 
se procurer des ressources extraordinaires. Les guerres de religion, qui 
désolèrent la France pendant presque toute la seconde moitié du 
XVI e siècle, ne furent guère moins désastreuses que les invasions an- 
glaises pour les campagnes de la Beauce et du Perche. 

Le 19 mars 1562, trois mille Reîtres, allant rejoindre le prince de 
Condé qui marchait alors contre le connétable de Montmorency, fon- 
dirent sur le monastère de Tiron. Après avoir massacré trois des reli- 
gieux, ils pillèrent les vases sacrés, convertirent l'église en écurie, bri- 
sèrent le Crucifix, les statues de la sainte Trinité sur le maître-autel et 
de Notre-Dame-de-Pitié , dévastèrent totalement les autels de Saint- 
Martin et de Saint-Eloi , tirèrent plusieurs coups de feu sur les vitraux 
du chœur qu'ils firent voler en éclats, puis abattirent près du Chapitre 
un mur où les religieux avaient renfermé ce qu'ils possédaient de plus 



INTRODUCTION. lvii 

précieux ('), entre autres leurs calices d'or et d'argent, encensoirs, bu- 
rettes, chandeliers, ostensoirs, ciboires en argent massif, plusieurs or- 
nements de grande valeur et leurs pierres précieuses, les reliques de 

(') Un inventaire, autrefois conservé dans les Archives de l'abbaye, et devenu depuis la 
propriété de M. Lecomte, curé de Thiron, nous fait connaître l'état du Trésor de l'abbaye 
de Tiron en 1562 : 

« Tous les objets précieux pour le culte, ainsi que ceux servant aux usages particuliers 
des religieux do l'abbaye de Tiron , sont renfermés dans la chambre du Trésor, proche 
le chapitre. Tous ces objets sont renfermés dans un coffre en bois de chêne, qui est 
lui-même renfermé dans un autre coffre en bois de chêne protégé par de fortes ferrures. 
Celui intérieurement est recouvert d'une peau de truie avec filigranes d'or formant 
arabesques. Ce coffre renferme les objets ci-après : 

» 1° La chasuble de notre bienheureux Bernard, fondateur de cette abbaye, que 
Béatrix,mère de Rotrou, comte du Perche, lui avait donnée en l'année 1115, brodée des 
mains de Julienne, sa fille, épouse de Gilbert de Laigle. Cette chasuble est en soie vio- 
lette, brodée en fils d'or près du collet formant enroulement, et bordée de galons éga- 
lement de drap d'or formant par devant un dessin symétrique. 

« 2° La mitre également de l'abbé Bernard, en soie blanche, le fond orné de fils d'ar- 
gent en zigzags. Les bandes du milieu et du bas sont en étoffe pareille; elles sont 
bordées de cordons d'or brodés saillans : celle du milieu a en outre de chaque côté un 
autre cordon d'argent de même relief, formant' enroulement dans toute sa hauteur. 
Deux figures ornent la face principale ; elles sont brodées en fils d'argent sur de la toile 
et appliquées sur le fond; les chairs sont brodées en soie. Ces deux figures représentent, 
l'une la sainte Vierge, l'autre un abbé que l'on croit être saint Benoit. Sur les pendants 
se trouvent de gros enroulements en cordons d'or. 

» 3° La crosse du même abbé, en bois de cèdre, recouverte de filets d'or et incrustée 
de pierreries et de cercles en pierres fines. Au centre de la volute, deux statuettes re- 
présentent le Couronnement de la sainte Vierge. La hauteur totale de la crosse , y 
compris le manche, est de 6 pieds il pouces ( a ). 

» 4° Six chasubles appartenant à différents abbés, d'un très grand prix. 

» 5° Six chappes en drap d'or et soie violette. 

» 6° Quatre calices en or et trois en argent. 

» 7° Quatre burettes en or et six paires en argent. 



(a) Cette crosse n'était certainement pas celle du bienheureux Bernard. Le Couronnement 
de la Vierge qui décorait la volute dénote une œuvre du XIII e siècle, époque où cette repré- 
sentation devint assez commune. On pourrait plutôt attribuer à l'époque de saint Bernard, 
bien qu'elle ne paraisse pas antérieure au milieu du XII e siècle, une crosse trouvée en 1817 
derrière le sanctuaire de l'église de Thiron et qui est aujourd'hui conservée au Musée de la 
ville de Chartres (Voir au sujet de cette crosse un très savant article de M. le comte Auguste 
de Bastard, dans le 4 e volume du Bulletin du Comité de la langue, de l'histoire et des arts de la 
France). 

h 



lviii INTRODUCTION. 

saint Agapet, de saint Vincent et plusieurs autres enchâssées, les unes 
en pur argent, les autres en vermeil, enfin une grande croix en ver- 
meil massif, le tout estimé à plus de 3,000 livres tournois , sans compter 
plusieurs chasubles, tuniques, chapes en drap d'or, et une quantité 
de linge de la valeur de plus de 500 écus. 

Tout le mobilier de la maison, meubles, provisions, blé, seigle, orge, 
avoine, vingt-cinq poinçons de vin, quarante poinçons de cidre devin- 
rent la proie des brigands. Les bestiaux qui étaient dans les bois échap- 
pèrent à ces ravages : mais les autres animaux qui se trouvaient dans 
les étables ou écuries, bœufs, vaches, veaux, chevaux et poulains, tout 
fut tué ou emmené. Huit lits garnis, une immense quantité de linge, 
la vaisselle d'étain furent également enlevés. Le pillage dura trois jours 
entiers, et ce que les Reîtres ne purent emporter fut gaspillé. 

L'abbé d'alors, Hippolyte d'Est, cardinal de Ferrare, essaya par de 
sages ordonnances d'apporter un remède aux désordres que les dissen- 
sions intestines de la France et les ravages des partisans avaient intro- 
duits au sein même de l'abbaye. Mais, dès l'année 1563 , il se démit du 
gouvernement du monastère en faveur de Charles de Ronsard, doyen 
de l'église du Mans. Cet abbé (1563-1575) et René de Laubier, son suc- 
cesseur (1575-1578) donnèrent leurs soins à l'administration de l'ab- 
baye ; mais après eux , les abbés commendataires qui leur furent sub- 

» 8° Trois encensoirs d'or, un en argent massif. 

» 9° Deux chandeliers en vermeil, ornés de pierres précieuses, six autres paires ar- 
gentées. 

» 10° Quatre ciboires en argent massif. 

» 11° Un reliquaire en argent renfermant les reliques de saint Agapet. 

» 12° Un reliquaire en vermeil renfermant les reliques de saint Vincent. 

» 13° Quatre autres reliquaires en argent, enrichis de pierreries. 

» 14° Une grande croix en vermeil, donnée par le cardinal de Ferrare, Hippolyte d'Est, 
abbé commendataire. 

» 15° Plusieurs autres vases en or et en argent d'un grand prix. 

» 16° Plusieurs ornements en velours de différentes couleurs. » 



INTRODUCTION. lu 

stitués, le cardinal de Birague, Philippe Desportes, se désintéressèrent 
absolument des affaires du monastère et prirent fort peu de souci de 
maintenir dans l'abbaye la discipline qui se relâchait de plus en plus. 

Les moines avaient complètement oublié les antiques traditions des 
premiers religieux de Tiron : ils n'avaient même plus, nous en avons la 
persuasion, la conscience des faux que leurs prédécesseurs avaient 
commis. Ce fut presque de bonne foi qu'ils reprirent leurs prétentions 
contre le Chapitre de Chartres. 

Seize ans à peine après l'arrêt du Parlement, en 1574, nous trouvons 
mentionnée une procédure faite à la requête du Chapitre, a demandeur 
en complainte contre les religieux de Tiron, au sujet du droit de 
champart sur quatre arpents de terre en une pièce appelée le Champ 
de la Fontaine en la paroisse d'Authou , que lesdits religieux préten- 
doient avoir droit de percevoir. » 

En 1599, le Chapitre aliéna, au profit de Jacques de Courcillon, sei- 
gneur de Dangeau , les douze arpents et demi-quartier de terre dépen- 
dant de la métairie des Coudelées, sur lesquels le Parlement avait 
reconnu nommément le droit de champart des chanoines. Aussitôt, les 
religieux, pensant avoir meilleur marché du seigneur de Dangeauque 
des chanoines , renouvelèrent leurs anciennes prétentions et se mirent 
en possession des gerbes de champart. Jacques de Courcillon eut recours 
à ses vendeurs et ceux-ci citèrent les religieux devant les Bequêtes du 
Palais. Le 7 août 1604, intervint une sentence, confirmée par un arrêt 
du Parlement en date du 18 mars 1605, par laquelle le droit de cham- 
part fut de nouveau déclaré appartenir au Chapitre et celui-ci fut main- 
tenu et gardé en possession de ce droit, et les religieux condamnés aux 
dépens. 

En 1629, une révolution considérable s'opéra dans le monastère de 
Tiron. Le dérèglement y était devenu intolérable comme dans presque 



lx INTRODUCTION. 

toutes les abbayes du royaume. Devant la licence qui avait remplacé 
l'ancienne sévérité monastique , le Clergé de France, lors des Etats-Gé- 
néraux de 1614, avait émis le vœu de voir partout introduite la réforme 
naissante de l'abbaye de Saint-Vanne en Lorraine. Mais l'exécution de 
ce vœu rencontra de nombreuses difficultés : la plupart des monastères 
de France refusaient d'accepter cette réforme , sous le prétexte qu'elle 
venait d'un pays étranger. En 1618, l'abbé de Saint-Vanne lui-même, 
voyant l'impossibilité de faire adopter la règle suivie dans son abbaye, 
sollicita du roi Louis XIII l'érection d'une autre congrégation organisée 
à l'instar de la sienne, mais placée hors de sa dépendance. Le roi accéda 
à cette demande et donna, au mois d'août 1618, des lettres patentes 
qui constituaient la nouvelle congrégation sous le nom de Congrégation 
de Saint-Maur. Le prieur de l'abbaye de Cluni fut le principal instiga- 
teur de cette réorganisation, qui fut reconnue et confirmée en cour de 
Rome le 17 mai 1621. 

L'abbé de Tiron était alors Henri de Bourbon , duc de Verneuil , qui 
adopta avec enthousiasme la réforme de 1621. Il était en même temps 
abbé de Saint-Germain-des-Prés à Paris : ce fut sous son administration 
que ce puissant monastère passa en 1631 entre les mains des Bénédic- 
tins de Saint-Maur, qui y établirent le siège principal de leur congré- 
gation. Mais avant même de faire adopter la réforme dans son abbaye 
de Paris, Henri de Bourbon l'avait introduite à Tiron. Ce fut en 1629 
que les religieux de Saint-Maur remplacèrent à Tiron les disciples de 
saint Bernard. Dès lors une ère nouvelle s'ouvrit pour l'abbaye. 

Le Chapitre de Chartres, heureux de voir la science et la piété 
renaître dans le monastère qu'il avait si puissamment contribué à 
fonder, commença par accorder divers privilèges aux nouveaux reli- 
gieux. C'est ainsi qu'en 1648 il donna le droit aux moines de Tiron de 
confesser et de catéchiser les habitants des paroisses de Gardais et 



INTRODUCTION. lxi 

d'Authou. Mais la bonne harmonie ne tarda pas à être troublée. Les 
religieux de Saint-Maur , qui sans doute ne connaissaient pas d'une 
manière certaine les faux commis par leurs prédécesseurs, soumirent 
leurs chartes à l'examen des Bénédictins de Saint-Germain-des-Prés, 
maîtres réputés alors experts en paléographie , devant les jugements 
desquels chacun s'inclinait sans appel. Abusés peut-être par l'esprit de 
corps, ceux-ci déclarèrent parfaitement authentiques les pièces accusées 
de fausseté : ils allèrent plus loin , ils les citèrent comme modèles et 
firent reproduire en fac-similé une de celles qui présentait les caractères 
les plus évidents de supercherie. 

Forts d'un pareil appui , les moines de Tiron revinrent à la charge. 
Le Chapitre usa de patience : les religieux soutenaient les prétentions 
de leur fermier qui se disait exempt de toute redevance envers les cha- 
noines : pendant ving't-neuf ans, les chanoines attendirent, mais enfin, 
en 1679, ils voulurent mettre un terme à cette usurpation ; ils inten- 
tèrent un nouveau procès à l'abbaye. Voici la notice que nous trouvons 
à ce sujet dans l'Inventaire du Chapitre : « Procédures pour le Cha- 
pitre, poursuite et diligence de maître Nicolas Quedarne, chanoine 
prestrier de la prébende de Charonville, contre les religieux de Tiron, 
prenant le fait et cause de leur fermier de l'Estre-Coué, refusant de 
payer vingt-neuf années de cens, dont moitié appartient audit sieur 
prestrier et l'autre moitié auxdits religieux, à cause de leur seigneurie 
du Bouchaige indivise. » 

Enfin, le 14 juillet 1688, intervint cette transaction dont nous avons 
déjà parlé, par laquelle le Chapitre semble reconnaître jusqu'à un cer- 
tain point les droits prétendus par ses persévérants adversaires. En voici 
le résumé tel qu'il est inscrit dans l'Inventaire : 

« Transaction portant échange entre le Chapitre, d'une part, et les 
prieur, religieux et couvent de Thiron, d'autre, par laquelle, pour 



lxii INTRODUCTION. 

terminer tous différends entre les parties sur des prétentions respec- 
tives, ledit Chapitre cède et transporte auxdits religieux tous et tels 
droits de cens et rente seigneuriale, de directe et de seigneurie, 
champart et autres droits, sur une mine de terre ou environ, assise 
en la paroisse de Gardais, appartenant à Renaud Graffart, et sur une 
autre mine de terre en herbage, assise proche le lieu de la Petite- 
Vallée ('), et dépendante du domaine de l'abbaye de Thiron ; et en 
contre échange lesdits prieur et religieux cèdent et transportent audit 
Chapitre tous et tels droits de dixme qu'ils avoient à prendre sur deux 
arpents de terre dépendant de la mairie de Gardais, prise en une plus 
grande pièce de terre et faisant partie de la prise du Grand-Moulin, 
avec tous droits de seigneurie directe. Plus cèdent pareillement au 
Chapitre pareil droit qui leur compétoitsur un clos de terre contenant 
trois boisseaux, assis à Gardais, dépendant de la cure dudit lieu. » 

Nous nous sommes longuement appesanti sur cet interminable pro- 
cès entre l'abbaye de Tiron et le Chapitre de Chartres , car c'est là , 
pensons-nous, une des pages les plus intéressantes de l'histoire de la 
paléographie. Les seigneurs, lésés, comme le Chapitre, par les pré- 
tendus amortissements que les moines avaient fabriqués à leur profit, 
ne semblent pas avoir mis la même ardeur à défendre leurs droits : ils 
se sentaient moins forts, et le dommage pour eux était d'ailleurs 
beaucoup moins considérable. Cependant il en était un , le comte du 
Perche , qui avait de vastes domaines et entre autres des bois fort éten- 
dus autour de l'abbaye de Tiron. Au même temps où les religieux 
cherchaient à s'emparer des droits d'usage dans les bois du Chapitre, 
ils ne manquèrent pas de soulever les mêmes prétentions dans les 

(*) La ferme de la Valléo existe encore dans la commune de Thiron. 



INTRODUCTION. lxiii 

forêts du comte du Perche. Marie de Luxembourg 1 , alors dame de No- 
gent-le-Rotrou , protesta contre cette usurpation, et comme elle avail 
de nombreux sergents à son service, elle repoussa par la force les 
tentatives des moines de Tiron. Ceux-ci l'attaquèrent devant les Re- 
quêtes du Palais à Paris. Marie de Luxembourg* se souciait peu du 
plus ou moins d'authenticité des chartes fournies par les religieux : 
ce qu'elle maintenait, c'est que jamais l'abbaye n'avait joui de ces 
droits que les moines venaient tout-à-coup de s'arroger. Les religieux 
jugèrent plus prudent de transiger avec leur puissante voisine; ils 
consentirent à renoncer à leurs prétentions sur le bois d'Authou, mais 
en revanche ils obtinrent de la dame de Nogent quelques arpents de 
bois joignant leurs propres domaines, et surtout ils réussirent sans peine 
à faire insérer dans la transaction que l'abandon consenti par eux 
ne préjudiciait en rien à la valeur des titres qu'ils produisaient. 

Au reste, voici, d'après l'original conservé dans les Archives du 
Chapitre de Chartres , le texte même de l'acte passé entre l'abbaye et 
Marie de Luxembourg* : 

« Le 3 e jour de juillet i534, comme procès, question ou débats 
soient meuz ou espérez à mouvoir, tant par-devant messieurs les gens 
tenans les Requestes du Pallais à Paris en la court de Parlement 
que ailleurs, entre vénérables relligieulx abbé et couvent de la 
Sainte-Trinité de Tiron, tant en demandant en matière de com- 
plaincte, saisine et nouvelleté, qu'en deffendant en matière d'excès, 
port d'armes et voye de faict, d'une part, et très haulte et puissante 
princesse Madame Marie de Luxembourg, duchesse douayrière de 
Vendômois et dame de Nogent-le-Rotrou ou Perche, deffenderesse 
ou cas de complaincte, demanderesse et requérant oudict cas d'excès, 
port d'armes et voyes de faict, d'aultre part, sur ce que lesdictz 
abbé et couvent disoient et proposoient qu'ilz ont esté fondez en la 



lxiv INTRODUCTION. 

pluspart par le conte Rotrou, lors conte du Perche, et aultres ses 
successeurs et seigneurs de ladicte terre et baronnye de Nogent-le- 
Rotrou , qui leur auroient donné plusieurs beaulx droitz et libertez , 
rentes et revenuz, et entre aultres dons leur auroit esté donné , tant 
pour le chef de leurdicte abbaye que les membres deppendans d'icelle, 
hommes et subjectz d'icelle, usaige es boys et forestz estans en 
ladicte terre et seigneurie de Nogent-le-Rotrou et chastellenies qui en 
deppendent, et mesme es bois d'Authou et boys le Conte et aultres, 
que ladicte dame néantmoins faict coupper, et à raison desquelz 
lesdictz relligieulx abbé et couvent de Thiron voullant empescher la 
couppe d'iceulx avoient mis ladicte dame en procès, et tendoient à fin 
iceulx relligieulx qu'il fust deffendu à ladicte dame non vendre iceulx 
boys, affin que lesdictz relligieulx et couvent peussent franchement 
joyr de leur usaige juxte le privillège dudict Rotrou et aultres privil- 
lèges des contes du Grant- Perche et les aultres successeurs dudict 
Rotrou en la baronnie de Nogent-le-Rotrou et ses chastellenies. 
Vouloient aussi mouvoir procès contre madicte dame pour certaines 
rentes d'argent, grains et sel, qui se montoient en argent quarante- 
neuf livres tournois, froment troys muys, saigle cinq muys, avoyne 
ung muy et sel ung muy, que lesdictz relligieulx abbé et couvent 
avoient de coustume prendre et parcepvoir par chacun an sur ladicte 
baronnie et ses appartenances, ainsy que appert par plusieurs previl- 
lèges desdictz contes et seigneurs. A quoy estoit réplicqué par ladicte 
dame, quant aux usaiges lesdictz relligieulx abbé et couvent n'en 
avoient jamais joy et mesme du boys d'Authou ny aultres boys ny 
forestz deppendans de ladicte seigneurie de Nogent et chastellenies 
qui en deppendent , ny semblablement des rentes par eulx préten- 
dues, et de leur joyssance n'eussent rien sceu prouver, lesdictz relli- 
gieulx disans au contraire. Finablement, pour éviter tous procez pour 



INTRODUCTION. lxv 

raison de ce que dict est, nourrir paix et amour, et aussi affin que 
madietc dame et ses successeurs soient et demeurent à tousjours mes 
particippans es bienfaietz, prières, sufiraiges et oraisons qui se font 
et se feront doresnavant en ladicte église de Thiron, et que lesdietz 
relligieulx soient de plus en plus enclins à continuer le divin service 
pour lesdietz contes et madicte dame, sont les parties venuz en ac- 
cord, transaction et appoinctement telz que s'ensuyvent. Ledict sieur 
abbé, tant pour luy que pour sondict couvent, soy désiste desdietz 
procès meuz ou espérez à mouvoir tant desdietz usaiges que desdictes 
rentes et aultres : aussi a renoncé et renonce, tant pour luy que pour 
ses successeurs et membres deppendans de ladicte abbaye, leurs 
hommes et subjeetz , à tous et chacuns les usaiges des boys et forestz 
mentionnez es privillèges desdietz contes du Perche, sis et scituez 
en ladicte terre , seigneurie et baronnie de Nogent-le-Rotrou et chas- 
tellenies de Riveré, Montlandon , la Ferrière, Nonvillier et Montigny, 
deppendant de ladicte baronnie de Nogent , et ainsy que tient madicte 
dame ladicte baronnie de présent. Et aussi a renoncé et renonce, 
quicté et quicte, au proffîct de madicte dame et de ses successeurs 
seigneurs de ladicte baronnie, toutes et chacunes les rentes de deniers, 
grains, sel et aultres rentes deues auxdicts demandeurs en et sur 
ladicte terre et seigneurie et baronnie de Nogent, ses appartenances 
et deppendances, sans ce que, pour ores et l'advenir, lesditz abbé et 
couvent et ses successeurs y puissent aulcune chose quereller ne de- 
mander. Et moyennant ce et en récompense desditz usages et rentes, 
madicte dame, dès le jour d'huy et pour tousjours mes, a baillé, 
quicté, ceddé, transporté et délaissé à iceulx abbé et couvent, leurs 
successeurs et ayans cause une pièce de boys nommée le boys au 
Conte, appartenant à madicte dame, scituée près la forest desditz 
relligieulx abbé et couvent de Thiron et joignant de troys pars à leurs 

i 



lxvi INTRODUCTION. 

boys , forest et terres , et d'aultre part aux bruyères et terres de Sainct- 
Gilles (*), ainsi qu'elle se poursuit et comporte. Aussi baille auxdictz 
abbé et couvent trente-sept solz six deniers , tant cens que rente , en 
argent, et ung chappon, le tout deu à madicte dame par chacun an 
sur le lieu de la Gauchetière ( 2 ), sis en la paroisse de Breneles ou la 
Gaudaine. Et néantmoins demeurent lesdictz previllèges prétenduz 
par iceulx abbé et couvent en leur force et vertu , tant aux franchises 
et libertez déclairez en iceulx , aultres que lesditz usaiges et rentes , 
auxquelles lesditz demandeurs abbé et couvent ont par ces présentes 
renoncé et renoncent. » 

Nous avons voulu compendieusement présenter toutes les pièces 
relatives à cette question de paléographie , grosse surtout à l'époque 
où elle fut soulevée, non pas seulement au point de vue technique , 
mais aussi à cause des graves intérêts qui étaient en jeu. Aujourd'hui 
elle est pour nous avant tout un objet de curiosité; mais pourtant nous 
pensons devoir encore nous arrêter quelques temps à l'examen et à la 
discussion des chartes incriminées : elles ont trouvé, même de nos 
jours, d'ardents défenseurs; nous croyons donc qu'il ne sera pas inop- 
portun de bien définir les caractères qui démontrent leur fausseté 
d'une manière irréfutable. 

Ces caractères, nous les tirerons à la fois de l'écriture matérielle 
d'abord , puis du texte ou du style , comme disaient les moines , se 
raillant si agréablement clans leur Mémoire du style d'Yvo et de Daim- 
bertus, enfin des signatures et des sceaux. 

(*) La maladrerie de Saint-Gilles de laFerrière subsista jusqu'en 1698, année où ses 
revenus furent réunis à ceux de l'hospice de Nogent-le-Rotrou. La ferme de Saint- 
Gilles existe encore sur la commune de Brunelles. 

( 2 ) Nous pensons qu'il est ici question des Gauchetières , aujourd'hui ferme delà 
commune de Nogent-le-Rotrou. 



INTRODUCTION. i.xvii 

L'écriture est généralement assez bien imitée : cependant presque 

tous les titres, pour peu qu'ils aient une certaine longueur, témoi- 
gnent dans leurs dernières lignes d'une sorte de lassitude de la part 
du faussaire, dont l'attention se fatigue et qui dans ses caractères 
du XII e siècle laisse introduire l'écriture lâche du XVI e . Mais ce n'est 
pas là, nous le répétons, le côté le plus défectueux des chartes fausses : 
dans plusieurs même, l'écriture du temps où le titre est censé avoir 
été composé est si fidèlement reproduite qu'il est impossible de ne pas 
être trompé au premier coup-d'œil. Deux faits pourtant éveillenl 
l'attention : l'encre n'est plus la même qu'au XII e siècle; elle est sin- 
gulièrement pâle. Au lieu de cette belle teinte noire ressortant sur le 
jaune du parchemin, et qui, dans les pièces anciennes, n'a pas changé 
depuis plus de sept siècles, on se trouve en présence de chartes d'un 
aspect désagréable , dont l'encre a cette teinte jaunie que prennent 
de nos jours tant d'écrits faits avec une matière défectueuse. Peut-être 
au moment où ils furent rédigés, les titres du XVI e siècle n'avaient-ils 
pas cette fâcheuse apparence; peut-être est-ce le temps qui la leur a 
imprimée : ce qui est certain c'est que l'encre employée par les faus- 
saires était loin d'avoir la pureté de celle du XII e siècle. 

Un second fait assez singulier et qui dénote chez les religieux une 
grande inexpérience paléographique est l'abus fait par eux des e cé- 
dilles. Jusque vers le milieu du XII e siècle, les ae des époques précé- 
dentes furent remplacés, on le sait, par des e cédilles, en attendant 
qu'on employât Ve simple et tout récemment Y ce : les moines avaient 
bien remarqué ces e cédilles, mais ils n'en avaient pas compris l'usage. 
Ils crurent que c'était la forme générale de tous les e, et ils cédillèrent 
sans vergogne toutes ces voyelles. 

Ce fait seul est terriblement significatif et nous dispenserait d'aller 
plus loin dans notre démonstration ; mais nous voulons continuer notre 



lxviii INTRODUCTION. 

examen , d'autant que , comme les faussaires n'avaient plus rencontré 
d'e cédilles dans les pièces postérieures à 1160, ils ont jugé que dès lors 
Ve avait changé de forme et ne se sont plus donné la peine de le cé- 
diller à partir de cette époque. Il nous faut donc d'autres preuves pour 
affirmer la fausseté des titres du XIII e siècle et même de la fin du XII e . 

Nous ne parlerons pas du parchemin lui-même , qui souvent cepen- 
dant choque l'œil hahitué aux belles chartes originales. Il semble que 
la matière première fût déjà devenue plus rare au XII e siècle, car les 
moines emploient comme des lambeaux de parchemin, taillés de tra- 
vers ou incomplets en quelque partie. Et plus la charte est censée an- 
cienne , plus ils paraissent avoir affecté de se servir de parchemin dé- 
fectueux. Nous citerons entre autres la prétendue charte de fonda- 
tion , qui est écrite sur une peau épaisse et rognée dans un des coins. 

Mais passons, et arrivons aux caractères de fausseté tirés du texte 
même des documents. Ils sont plus nombreux encore, et, pour ne pas 
nous égarer, nous les discuterons en suivant la division que comportent 
les chartes du Moyen-Age. 

Et d'abord la suscription. L'invocation, le préambule atteignent 
chez le faussaire une longueur inusitée : le plus souvent c'est le récit 
d'un miracle, inventé, comme la charte elle-même, par le rédacteur 
du XVI e siècle. Nous citerons comme exemples l'acte de fondation de 
l'abbaye (voir t. I, p. 3), la fondation de l'abbaye du Joug-Dieu (voir 
ch. XVI), la donation du droit d'usage dans les bois de Vernon (voir 
t. I, p. 211, note 1). 

Pour donner plus de solennité aux titres qu'ils se forgent, les moines 
joignent avec complaisance au nom de chacun de leurs donateurs ré- 
numération de toutes ses qualités, renonciation de tous les fiefs que 
ses descendants ajoutèrent successivement au fief principal, Ainsi, 
lorsqu'il est question d'un seigneur du Perche-Gouet , non contents de 



INTRODUCTION. lxix 

rappeler le nom des cinq baronnies du Perche-Gouet qui n'existaient 
pas alors, ils y joignent encore la seigneurie du Saulce, qui ne fut 
unie aux cinq baronnies qu'à la fin du XIV e siècle (Renaud, seigneur 
d'Alluyes, Montmirail, Brou, la Bazoche, Authon et le Saulce, en 1203, 
lia (jïnal dus, Alodie, Montis-Mirabilis, Braioti, Basochie, Augustuni et Salicis 
dominas) (1). Cette erreur grossière se reproduit sans cesse. Outre ce 
fait incontestable que jamais, au XII e siècle, on ne trouve une semblable 
énumération de seigneuries diverses, il y a dans la forme de ces sus- 
criptions une ignorance notoire de l'histoire locale : les faussaires ras- 
semblent des fîefs qui n'ont été réunis que deux ou trois siècles plus 
tard. En voici plusieurs exemples : en 1128, Guillaume est qualifié sei- 
gneur de Feuillet, Manou, la Perrière, les Gués et Gémages, Willelmus, 
de Folieto, 31eno?ie, Ferraria, Vuadiset Gimagiis dominas; la même année, 
Nivelon est seigneur de Meslay, Courville, la Gâstine et les Yys, Nivelo, 
de Mellayo, Curvavilla, Wastina et Ysiciis dominas; Guillaume est intitulé 
seigneur d'Illiers, Bois-Ruffîn, Gourtalain, Bruyère, Aunay et Langey, 
Willelmus, de Illeto, de Bosco-Rufini, de Caria- Alani, de Brueria, de Alnaijo 
et de Langego dominas; en 1130, nous trouvons une charte de Wimon, 
seigneur de Bullou, Marchéville , l'Aune et Rabestan ,' Wimon, de Buloto, 
Marchesvilla in Pertieo, Alna et Rabestan dominas; en 1159, c'est Sulpice, 
seigneur d'Amboise, Montrichard et Ghaumont-sur-Loire , Sulpicias, de 
Ambasia, Monte-Richardi et Calidomonte-super-Ligerim dominus; Richard 
de Vernon est désigné en 1182 comme seigneur de Vernon, Tourny et 
le Goulet, Ricardus, de Vemonico, Tarneyo et Goasîetis dominas, etc., etc. 



(i) Déjà, dans une prétendue charte de 1136, Rotrou III, comte du Perche, avait 
amorti tout ce que les religieux de Tiron pourraient acquérir « en ses terres, fiefs et 
» domaines do Bellème, Mortagne, Nogent, la Perrière, le Theil, Préaux, Mauves, Ré- 
» malard, Argenvilliers, Montigny, la Ferrière, Nonvilliers, Riveray, Champrond, Geton 
» et tous autres de son comté du Perche, et en ceux de Montmirail, Authon, le Saulce, 
» le Bazoche, Brou, Alluyes et tous autres de son comté de Gouet. » 



lxx INTRODUCTION. 

Là encore il n'est pas besoin , croyons-nous , d'insister davantage : pour 
qui a tant soit peu l'habitude des chartes du XI I e siècle, cette pompeuse 
suscription, destinée précisément à forcer la conviction, pèche par trop 
de couleur locale et met aussitôt en garde contre le document où elle 
se rencontre. 

La suite n'est pas faite pour rassurer : si l'on continue la lecture , le 
corps même de l'acte offre bien d'autres anomalies. Le Parlement appa- 
raît tout constitué en 1120 (lettres de committimus de Louis le Gros, 
ch. XXX, coram magnis presidentialibus nostris, Parisiis vel alib inbi nostra 
precellens et suprema régis Ciiria residebit , teneantur respondere) . Ailleurs, 
c'est une énumération d'impôts telle que la féodalité dans tout le cours 
et dans toute l'étendue de son existence sut à peine tous les créer, 
a pedagiis, traversons , barragiis, rotagiis , portuagiis, transitibus, chante- 
lagiis, corveïis, talliis, pontinagiis, corvagiis, fetagiis, biannis, foagiis, taber- 
nagiis, mensuragiis , ponderibus et ponderagiis, foragiis, vinivenditionibus , 
stalagiis, tondeiis , plateagiis, havagiis, tolturis, bladeagiis , pavagiis , boisse- 
lagiis , moltaris , corrodiis, corratagiis, vendagiis, pastis procurationibusque , 
quadrigagiis , salagiis , furnorum, molendinorum , tabernarum, torcularium 
bannis, vicornm, pontium, itinerum, villaramet castrorum repparacionibus et 
eorum custodiis, vigiliis et gueto. En voyant pareille accumulation de 
charges auxquelles le pauvre vilain devait être impitoyablement sou- 
mis, on comprend toute l'indignation qu'a dû soulever le Moyen-Age. 
Il est vrai que ces chargées n'existaient guère que dans l'imagination 
dévoyée du faussaire du XVI e siècle. 

C'est lui encore qui, avec sa fécondité habituelle, énumère ainsi les 
droits de l'abbé de Tiron sur les monastères qui lui étaient soumis : 
ad solam abbatem Tironensem spectare omnes punicionem, correctionem , 
visitacionem , reformacionem , jurisdictionem , cohercionem, dispositionem , 
statutorum editionem et superioritatem mediatas (lettres de protection de 



INTRODUCTION. j.xx, 

l'archevêque de Tours , en 1206. T. I, p. 253, noie 2). Gomme dans 
toutes ces longueurs, dans ces répétitions inutiles, on retrouve bien 
le style lâche et diffus, le pathos et l'enflure du XVI e siècle ! En veut- 
on d'autres exemples : tam absolut a quam ordinaria auctoritatibus et potes- 
tatibus or dînantes et largientes quod quibusvis foris facto, ressorto, appel la- 
tione, defectnjusticie, realitate, personalitate et quacumque civilitate et juris- 
dictione temporali ac quibuscumque aliis superioritatibus coram Tyronensi 
monasterio capite suo immédiate respondeant (lettres de committimus de 
Louis le Gros, eh. XXX). Que l'on voie encore la prétendue bulle du 
pape Alexandre III en 1179 (ch. GGCXXVIII), et qu'on la compare 
avec les bulles du même pape ou avec celles d'Eugène III que nous 
avons publiées. 

Nous nous hâtons, car le dégoût saisit vraiment en présence de tant 
d'audace servie par si peu d'habileté, et nous avons encore à parler de 
la souscription et de la date. 

De la souscription, nous ne dirons pas grand'chose : le faussaire prend 
sans discernement ses témoins partout où il en trouve, sans s'inquiéter 
s'ils vivent dans les temps ou dans les lieux où le titre est censé avoir 
été rédigé. Si encore il inscrivait des noms inconnus ou imaginaires ! 
mais non , il a une telle confiance dans l'ignorance générale qu'il ne 
se donne pas la peine de changer les noms : il fait intervenir à Lyon 
les seigneurs de la Beauce, fort étonnés certainement d'un si long 
voyage ; il ressuscite dans ses chartes du XIII e siècle des témoins morts 
un siècle auparavant. 

Et pour les dates, il ne fait pas de plus grands frais d'imagination. 
Il est toujours long et verbeux ; il accumule les calendes, les nones et 
les ides, l'indiction et l'épacte, les années du règne et du pontificat; 
mais tout cela au hasard, de sorte que toutes ces prétendues concor- 
dances qui devraient s'étayer et se corroborer, se détruisent l'une l'autre 



lxxii INTRODUCTION. 

et causeraient de terribles perplexités si l'on n'était depuis longtemps 
édifié sur la valeur du document qu'elles sont destinées à éclairer. Le 
XII e siècle, sobre dans la date comme dans le texte même des actes, 
se contentait généralement d'indiquer l'année, tout au plus le mois où 
la pièce avait été donnée : cela ne pouvait satisfaire nos moines du XVI e 
siècle; ils ne sont pas hommes à omettre le moindre détail. Cha- 
cun de leurs titres est bien daté du jour précis qui lui appartient; 
mais, chose singulière, c'est toujours ou presque toujours le 3 des 
nones ou le 3 des calendes ou le 3 des ides, nous ne sortons pas du 
chiffre 3 : il est vrai que la charte de fondation était datée du 3 des 
nones de février, et notre faussaire ne tenait pas à se fatiguer pour 
rien l'imagination. 

La main chez lui était plus adroite que l'esprit : c'est ainsi que 
l'imitation matérielle de l'écriture est ce qu'il y a de mieux réussi ; 
c'est ainsi que les sceaux ont été si habilement copiés que là encore 
l'hésitation est un instant permise. 

11 ne reste plus qu'un très petit nombre de sceaux : la plupart ont 
été détruits par le temps , ou plutôt par ce déplorable abus , qu'on a 
signalé dans maints départements, de retrancher tout ce qui pouvait 
nuire à la symétrie des liasses. Mais en examinant les quelques sceaux 
qui existent encore, un observateur un peu exercé ne peut s'empê- 
cher de déclarer que la gravure est bien certainement originale et 
appartient réellement au XII e siècle. C'est là une grave objection 
contre la fausseté prétendue des pièces produites par les religieux 
de Tiron : on ne sait tout d'abord comment expliquer la présence 
de ces sceaux du XII e siècle pendants à des chartes du XVI e . Et 
pourtant l'on sent qu'on est en face d'une supercherie : d'ailleurs les 
moines se sont encore trop hâtés. Ils se sont fiés absolument à leurs em- 
preintes du XII e siècle, et ils ont négligé de soigner les détails. Ainsi 



INTRODUCTION. LXXHI 

cire n'est en rien semblable à celle dont usaient les seigneurs < I les 
ecclésiastiques de ces temps reculés : le grain est épais , la couleur est 
fausse, la matière est terreuse. Les religieux répondent, il est vrai, 
clans leur Mémoire, qu'on était obligé d'employer la cire telle qu'on 
la trouvait aux lieux où se passaient les donations ; mais toutes leurs 
chartes sont données à-peu-près dans les mêmes lieux, et il n'y a pas 
au reste d'exemple que jamais au XII e siècle on se soit en aucun en- 
droit servi de cire aussi défectueuse. 

Mais il y a mieux. Quand ils ont à sceller une charte du roi de 
France, ils ont remarqué que les sceaux royaux étaient pendants sur 
des lacs de soie , et ils prennent une large bande d'étoffe de soie bro- 
chée du XVI e siècle, sur laquelle ils appliquent le sceau de Louis le 
Gros. Les sceaux seigneuriaux sont pendants sur queue de parchemin , 
et ils ne manquent pas de se servir d'une bande de parchemin ; mais 
ils n'y regardent pas de très près, et ils ne s'aperçoivent pas que leur 
parchemin porte tracés des caractères du XVI e siècle. 

En vérité, c'est à ne pas croire à tant d'incurie si l'on n'en avait la 
preuve entre les mains. Reste pourtant à expliquer ce fait que les 
empreintes semblent bien appartenir au XII e siècle. Il est évident pour 
nous que les moines firent faire des matrices nouvelles sur les sceaux 
originaux et qu'ils se servirent de celles-ci pour authentiquer les actes 
qu'ils fabriquaient. Il y a certainement là une habileté de main que 
nous nous sommes déjà plu à reconnaître, mais en même temps quel 
sans-façon pour tout ce qui touche à la paléographie ! Gomme ces reli- 
gieux, par leur mépris pour toutes les règles les plus élémentaires de 
cette science, nous montrent bien en quelle profonde ignorance on était 
alors de tout ce qui concernait l'étude des chartes anciennes ! 

Il a été aussi question dans le Mémoire que nous avons publié de ces 
petits sacs en cuir dans lesquels les sceaux étaient renfermés. En effet, 

j 



lxxiv INTRODUCTION. 

à quelques chartes sont encore appendus des sortes de sacs en peau 
blanche, de la forme et de la grandeur des sceaux qu'ils étaient censés 
devoir protéger. Ces sacs étaient cousus de tous côtés : lorsqu'on les 
ouvre on voit qu'ils sont garnis de filasse, mais on ne trouve à l'inté- 
rieur que quelques fragments de cire informes, sur lesquels il est impos- 
sible de distinguer aucune empreinte. Sur la peau est écrit en carac- 
tères imitant ceux du XII e siècle le nom du personnage auquel le sceau 
devait appartenir : Sigillum Yvonis episcopi. Sigillum domini Willelmi, etc. 
Nous ne serions pas très éloigné de partager l'opinion des chanoines de 
Chartres et de croire que ces sacs n'ont jamais contenu de sceaux. 
Quand les moines n'avaient pu se procurer de scel original pour 
fabriquer la matrice dont ils avaient besoin, ils remplaçaient le sceau 
par ce sachet de peau , dans lequel ils déposaient des fragments de 
cire, mettant sur le compte des années la fracture de ce sceau qui n'a- 
vait jamais existé. 

On nous trouvera peut-être bien sévère pour les religieux de Tiron. 
Loin de nous cependant la pensée d'être hostile à ces puissantes congré- 
gations, auxquelles, quoi qu'on en dise, la France dut, pendant plu- 
sieurs siècles, sa gloire et sa prospérité. Mais il y a loin des compa- 
gnons de saint Bernard de Ponthieu aux moines du XVI e siècle. Nous 
avons expliqué comment la licence s'était peu à peu glissée dans 
l'abbaye : elle ne fît que s'accroître avec les guerres de religion, et le 
Clergé lui-même, lors des Etats-g'énéraux de 1614, comprit la nécessité 
d'une réforme des ordres monastiques. Autant nous admirons ces hom- 
mes austères qui se retiraient dans le silence du cloître pour travailler 
et prier, autant nous réprouvons ces faux religieux qui, sous le mas- 
que de la piété, n'entraient dans les monastères que pour y chercher 
leur bien-être et leurs commodités. 



INTRODUCTION. lxxv 



III. 



Nous avons dit au chapitre précédent que la réforme de Saint-Mai ir 
avait été introduite, en 1629, dans le monastère de Tiron. Les nouveaux 
religieux prirent à cœur de rendre à l'abbaye ses anciennes mœurs et 
son ancienne prospérité. Gomme nous l'avons vu, les revenus avaient 
sensiblement diminué, et les libéralités des princes et des particuliers 
semblaient être taries : il fallait trouver un moyen de réparer les ruines 
et chercher dans le travail et dans l'industrie les ressources que ne 
fournissait plus la piété des fidèles. Les religieux conçurent la pen- 
sée de créer un collège que leurs vastes bâtiments leur permettaient 
d'établir à peu de frais. 

L'année même de leur entrée à Tiron, ils mirent leur dessein à exé- 
cution. Dès les premières années de la fondation du collègue, les élèves 
y affluèrent, non-seulement du Perche et de la Beauce, mais de Paris 
et des provinces voisines. Jusqu'à la Révolution, sa renommée alla 
croissant : dans les dernières années du XVIII e siècle il comptait plus 
de cent cinquante élèves pensionnaires. Ce qui fît sa prospérité, ce fut 
d'abord la science et le zèle de ses professeurs, mais ce fut aussi la pro- 
tection spéciale qu'il reçut du roi de France. Louis XIV permit aux 
religieux de Saint-Maur de donner à leur établissement le titre d'école 
royale militaire. Le collège de Tiron devint ainsi une véritable école de 
cadets. Les officiers de l'armée tenaient à honneur d'y envoyer leurs 
fils, pour lesquels beaucoup d'entre eux obtenaient des bourses de la 
munificence royale. 



lxxvi INTRODUCTION. 

En retour de cette protection, le roi s'était réservé le droit d'envoyer 
à ïiron un certain nombre de soldats invalides. Ce droit au reste n'était 
pas nouveau. Charlemagne avait imposé aux monastères de fondation 
royale l'obligation de recevoir des soldats mutilés, lesquels, sous les 
noms d'oblats ou frères-lais, remplissaient dans les couvents les plus 
humbles fonctions. Nous avons publié (ch. CGGCXVIII) une lettre de 
François I er pour la réception d'un vieux soldat comme frère-lai dans l'ab- 
baye de Tiron. Ce n'était pas un fait isolé ; un grand nombre d'officiers 
et de soldats infirmes se trouvaient ainsi dans les divers monastères du 
royaume, et, en 1575, Henri III les avait organisés en une sorte 
d'ordre de chevalerie qu'on appela l'ordre de la Charité chrétienne.' 

Henri IV et Louis XIII, jaloux d'assurer à leurs anciens serviteurs 
une retraite plus digne que la cuisine ou les étables d'un couvent, 
avaient, il est vrai, affecté des maisons spéciales à Paris pour recueillir 
leurs vieux soldats; mais cette mesure était insuffisante. En 1670, 
Louis XIV fit bâtir l'hôtel des Invalides, qu'on inaugura en 1674 : 
l'hôtel fut bientôt trop étroit. Pour beaucoup de soldats on dut rempla- 
cer l'assistance en nature par l'assistance en argent; mais celle-ci, 
quelque minime qu'elle fût, obérait le Trésor, et souvent les malheu- 
reux invalides, trouvant leur pension trop modique, étaient les premiers 
à solliciter leur admission dans quelque maison voisine de leur demeure. 
Aussi, jusqu'à la Révolution, le roi continua à envoyer un certain nom- 
bre d'anciens soldats dans les monastères et autres établissements con- 
sidérés comme de fondation royale. 

Il n'existe plus qu'un registre des décès de l'abbaye de Tiron, et il 
n'embrasse que la très courte période de 1778 à 1790 ; mais on y trouve 
la mention de plusieurs invalides morts à l'abbaye. 

« Nicolas Pinson, né à Saint-Vénerand de Laval, décédé invalide au 
collège, le 27 mars 1781, âgé de 56 ans. 



INTRODUCTION. lxxvii 

« Jacques Désert, né à Marolles, ancien sergent du régiment d'Agé- 
nois, pensionnaire du roi, invalide dans l'école de Tiron depuis plusieurs 
années, décédé le 10 mai 1785, âgé de 85 ans. 

« Louis-Barthélémy Chauveau, né à Brou, ancien grenadier <lr 
France, invalide de l'école militaire de Tiron depuis plusieurs années, 
décédé le 9 octobre 1788, âgé de 59 ans. » 

Pour en revenir plus spécialement à notre collège, nous avons entre 
les mains un exemplaire du prospectus qui était adressé aux parents. 
Ce prospectus a été imprimé à Chartres, en 1740, chez Jacques Roux, 
et ce document, sinon unique, du moins bien rare aujourd'hui, nous a 
paru assez curieux pour que nous jugions utile de le reproduire inté- 
gralement ( 1 ). Il fera connaître, mieux que toute dissertation, l'organi- 
sation du collège et le règlement des études. 

Mémoire instructif pour Messieurs les parents qui veulent envoyer 

leurs enfans au collège de Tiron. 

» Tiron est situé dans le Perche, proche Nogent-le-Botrou. Les reli- 
gieux Bénédictins de la congrégation de Saint-Maur y enseignent les 
humanitez et n'épargnent aucun soin pour former dans la piété et les 
sciences les jeunes gens qui leur sont confiez. 

JOURS DE CLASSE. 

« On éveille les pensionnaires à cinq heures et demie en été , et un 
quart avant six heures en hiver. Un quart-d'heure après, on fait la 

( l ) La Société archéologique de l'Orléanais a publié un prospectus du collège de 
Pontlevoi, au XVII e siècle, et ce prospectus est conçu presquo dans les mêmes termes 
que celui de Tiron. 



lxxviii INTRODUCTION. 

prière, qui est toujours précédée d'une lecture de l'Imitation de Jésus- 
Christ ; la prière finie, on fait une autre lecture sur la Civilité ou autre 
livre instructif, jusqu'à ce que le quart-d'heure soit rempli, et tous se 
trouvent à l'étude commune, à laquelle, comme à tous, les autres exer- 
cices , il y a toujours un religieux qui préside. Cette étude finit à sept 
heures, et les pensionnaires vont à l'église de l'abbaye pour entendre 
la messe. Le Père Directeur y assiste avec eux pour les contenir dans le 
respect et la modestie convenable. 

» Après la messe , on leur distribue à chacun un petit pain et un 
coup à boire pour le déjeuner, pendant lequel ils peuvent se récréer hon- 
nêtement dans les cours, ou se chauffer en hiver, jusqu'au coup de la 
classe , qui sonne à huit heures pour tous , exceptez les rhétoriciens qui 
n'entrent qu'un quart-d'heure après. 

» Tous les écoliers sortent ensemble de la classe à dix heures et un 
quart, et vont se chauffer en hiver et se promener en été jusqu'à la 
demie qu'ils rentrent à la seconde étude. 

» A onze heures et demie , en tout temps , on sonne le dîner , où le 
Père Directeur préside toujours , ainsi qu'à tous les autres repas qui se 
font en commun. La lecture se fait tous les jours et en tout temps 
pendant le repas : on la commence par un chapitre du Nouveau-Testa- 
ment ; ensuite on lit quelque livre également instructif et intéressant, 
comme l'Histoire de France et autres semblables. On y garde un pro- 
fond silence, et le Père Directeur veille à ce qu'ils mangent propre- 
ment, qu'ils soient dans une posture convenable , et gardent les règles 
de la civilité. 

» Après le dîner, les pensionnaires vont se chauffer en hiver, ou se 
récréer en été, pendant l'espace d'une heure, et, pendant ce tems, 
comme pendant tous les autres tems de récréation, il y a toujours 
quelque religieux qui veille à tout ce qui se passe. 



INTRODUCTION. lxxix 

» Après la récréation, ils se rendent au lieu de l'étude, où ils étu- 
dient pendant une heure. 

» La classe d'après dîner commence en tout tems à deux heures, 
excepté pour les rhétoriciens qui n'entrent qu'au quart, et finit pour 
tous à quatre heures et un quart. Alors on distribue la collation , et à 
la demie tous se rendent à l'étude jusqu'à cinq heures et demie qu'on 
sonne le souper, et la lecture s'y fait, e,t le silence s'y observe exacte- 
ment comme au dîner. 

» Au sortir de table on va se chauffer en hiver, et se récréer en été , 
jusqu'à sept heures que commence la dernière étude, qui dure une 
heure. 

» A l'avant-quart pour huit heures, chacun à son jour fait la lecture, 
et celui qui préside fait faire quelques réflexions sur cette lecture , en 
faisant répéter à quelqu'un ce qu'on a lu. Celui qui a fait la lecture fait 
aussi la prière , après laquelle chacun se retire sans bruit et en silence, 
et doit être couché à huit heures et demie. Les samedis et veilles des 
fêtes , on commence la lecture dès les trois quarts pour huit heures , 
afin qu'ils aient plus de temps pour préparer leur linge et tout ce qu'il 
leur faut pour le lendemain. Les Pères Directeur, Sous-Directeur et 
Préfet visitent toutes les chambres pour voir s'ils sont tous couchez , si 
les chandelles sont éteintes et si tout est tranquille et dans l'ordre. Dans 
les belles soirées de l'été, on leur permet quelquefois de se promener 
pendant une demi-heure après la prière , et la visite pour tous ne se fait 
qu'à neuf heures. 

» Outre les belles-lettres qui sont la principale occupation des pen- 
sionnaires de Tiron , il y a encore d'autres exercices , auxquels on les 
applique suivant la volonté de Messieurs les parais, comme à l'écriture, 
à l'arithmétique, à la géographie et à la danse, sans qu'on exige rien 
que pour le maître d'écriture , d'arithmétique et de danse. 



lxxx INTRODUCTION. 



JOURS DE CONGE. 



» Les jours de congé étant pour les écoliers des jours de douceur et 
de relâche , les pensionnaires de Tiron se lèvent ce jour-là à sept heures 
lorsqu'il y a congé toute la journée. Un quart-d heure après qu'on les a 
éveillés , on fait la lecture et la prière ; ensuite ils assistent à la messe , 
après laquelle on distribue le déjeuner comme aux jours de classe. A 
dix heures on sonne l'étude, qui dure jusqu'à onze, et à onze heures et 
demie on va dîner. 

» A la fin de ce repas , on distribue la collation , que chacun em- 
porte à la promenade dans la campagne. Chaque régent y conduit ses 
écoliers et prend garde que rien ne se passe qui ne soit dans l'ordre. 

» A cinq heures et demie ou environ , on les ramène au collège pour 
souper. L'étude , la prière et le coucher, comme aux jours de classe : 
cependant on retranche quelquefois cette étude du soir les jours de 
congé dans les grands froids, ou pour d'autres raisons semblables. 

» Lorsque la saison ne permet pas de sortir dehors les jours de congé , 
les pensionnaires se divertissent dans le collège à des jeux honnêtes, 
comme aux dames , aux échecs , à la longue paume , au billard , à la 
boule, aux quilles et autres. Les jeux de cartes et de dez sont absolu- 
ment interdits. 

JOURS DE FÊTES ET DIMANCHES. 

» Il y a dans le collège une congrégation du Saint -Enfant -Jésus 
composée des écoliers les plus sages et les plus vertueux. Ils ont leur 
office, leur chant, leurs cérémonies particulières, leurs ornemens et 
une chapelle destinée au culte de cet adorable Enfant. On ne reçoit 
aucun congréganiste que du consentement de Messieurs leurs parens. 



INTRODUCTION. lxxxi 

Chacun de ceux qui sont reçus dans cette congrégation paie, pour con- 
tribuer à l'entretenir, quatre livres le jour de sa réception et trente sols 
chaque année pendant qu'il est au collège. On a soin d'établir pour la 
direction de cette congrégation un religieux sage et prudent, qui fait à 
ses congréganistes des exhortations publiques et particulières; ce que 
chaque régent fait aussi tous les samedis et veilles des grandes Fêtes 
pour ceux qui ne sont pas de ladite congrégation. 

» Les jours de fêtes et dimanches, les pensionnaires ne se lèvent 
qu'à six heures et demie ; on leur donne une demi -heure ces jours -là 
pour mieux s'accommoder. A sept heures, ils vont à la prière et à la 
messe basse, après laquelle ils déjeunent, se chauffent ensuite, ou se 
promènent dans les cours. On leur défend dans ce tems, jusqu'à la 
grande messe, de se divertir à des jeux dissipans et où ils pourroient 
s'échauffer, et on les porte à s'occuper un moment en leur particulier 
à quelque bonne lecture, ce qui n'empêche pas qu'une demi-heure 
avant que de les conduire à la grande messe, ils ne s'assemblent tous 
dans un lieu, où le Père Directeur leur fait une instruction familière 
sur l'Evangile, à laquelle instruction se rendent aussi les écoliers qui 
sont externes. Après quoi, au son de la cloche, ils vont à l'église et y 
entrent deux à deux et prennent les places dans le chœur, qui leur 
sont désignées suivant leur rang de classe. Ils dînent ces jours -là 
comme autres jours, à onze heures et demie. Après dîner, ils vont se 
récréer jusqu'à une heure, auquel tems ils commencent une étude 
qui dure jusqu'à deux. Quand il y a sermon, ils s'y rendent au son de 
la cloche et dans les bancs qui leur sont destinés. Après vêpres, on dis- 
tribue à chacun sa collation. En Carême, à quatre heures et demie les 
mardis , et les vendredis à midi et demi , on fait une instruction en 
forme de catéchisme à tous ceux qui n'ont pas fait leur première com- 
munion , pour les y disposer, et on marque à la fin ceux qu'on en juge 

k 



lxxxii INTRODUCTION. 

capables. A cinq heures et demie, on fait le souper, qui est suivi d'une 
heure de récréation ; après laquelle ils se rendent une seconde fois à 
l'étude, et finissent la journée comme à l'ordinaire. 

» On oblige les écoliers de se confesser une fois par mois , et de faire 
connaître par un billet signé de leur main qu'ils se sont acquittés de ce 
devoir. 

NOURRITURE DES PENSIONNAIRES. 

» Tous les jours ordinaires , au déjeuner, on donne aux pension- 
naires un petit pain à chacun, et un coup ou deux à boire. 

» Les jours de fêtes et dimanches, on y ajoute un peu de beurre, et 
les gTandes fêtes une petite tranche de jambon ou de langue fumée. 

» Au dîner, on leur sert la soupe et le bouilli, qui consiste en bœuf 
et mouton ou veau, suivant la saison. 

» Le soir, le rôti de veau ou de mouton, suivant les saisons, ou 
quelque ragoût , et une ou deux fois la semaine , dans les tems com- 
modes, de la volaille. 

» On leur donne aussi un dessert de fruits ou de fromage dans les 
saisons, et plus ou moins, suivant que l'année est abondante, sans 
cependant qu'on s'oblige d'en donner tous les jours régulièrement. A 
la collation, on donne un morceau de pain tendre. 

» On donne aux pensionnaires pour boisson un tiers de vin ou 
environ, mêlé avec deux tiers d'eau : quelquefois, les grandes fêtes, 
on leur donne le soir du vin pur au dessert. 

» Les jours maigres, tant le matin que le soir, toujours deux plats, 
outre la soupe au dîner, de légumes et d'œufs. On ne fait jamais jeûner 
les pensionnaires, même en Carême en général, hormis le mercredi des 
Cendres et le Vendredi-Saint. Le Père Directeur règle en particulier 
avec les plus forts ce qu'ils peuvent faire, pour satisfaire là-dessus aux 



INTRODUCTION. lxxxii 

préceptes de l'Eglise. Dans ce tems, on leur sert tous les jours au dîner 
uu plat de poisson pour second mets. 



PRIX DES PENSIONS. 

» Il y a trois sortes de pensions, dans lesquelles la nourriture est 
égale sans la moindre distinction , et toute la différence qui s'y trouve 
consiste dans les autres choses qu'on leur fournit suivant la commodilé 
<l< k Messieurs leurs parens. 

» La première pension, dans les années communes, est de 250 
livres. Selon cette pension, outre la nourriture, le blanchissage et le 
chauffage, on fournit de plus les pensionnaires de chandelles, de plumes, 
d'encre , de papier ( non d'écritoire ni de canif) et de tout ce qui est 
nécessaire pour leurs études , comme les livres et les auteurs des plus 
nouvelles éditions, sans cependant que les écoliers puissent les emporter 
en sortant du Collège ni même en disposer. Outre cela, on se charge 
de leur faire apprendre quelques mois de danse par an, et de leur 
fournir tout ce qui est nécessaire pour l'entretien de leurs cheveux ou 
perruques , et de leur faire nettoyer et cirer leurs souliers. 

» La seconde est de 350 livres, moyennant quoi, outre ce qu'on 
fournit dans la première pension , on se charge encore de l'entretien de 
pied en cap , comme de souliers , de bas , de chapeaux , d'habits 
complets, et de tout le linge dont ils ont besoin. 

» La troisième pension est de 400 livres , tant en ce que l'on fournit 
dans la première et seconde, hormis pour frais extraordinaires qui se 
font pour les pensionnaires quand ils sont malades, boissons ou autres 
nourritures nécessaires, pour frais d'apothicaire, chirurgien et du 
médecin , pour frais de ports de lettres et paquets généralement. On se 



lxxxiv INTRODUCTION. 

charge aussi pour les tragédies, l'écriture et l'arithmétique, en sorte 

que, la pension payée, on n'exige quoi que ce soit des parens. 

)> On n'exerce point aux tragédies ceux des deux premières pensions, 
à moins que les parens ne le demandent par écrit et à leurs frais. 

» Gomme il est difficile que, sur un gTand nombre de pensionnaires, 
il ne s'en trouve pas qui tombent malades , ce qui oblige à des dépenses 
extraordinaires pour bois , gages et nourriture de domestiques destinés 
pour en avoir soin dans un bâtiment particulier et meublé à cet effet, 
on avertit Messieurs les parens que , pour ces sortes de dépenses, chaque 
pensionnaire de la première et de la seconde pension payera, outre la 
pension ordinaire , cinq sols par jour autant de tems qu'il sera à l'infir- 
merie , non compris les remèdes et visites du médecin qu'on mettra 
sur les parties , aussi bien que les ports de lettres qu'on reçoit , soit 
qu'elles soient adressées aux pensionnaires, soit à d'autres à son occa- 
sion. 

» On fournira à ceux qui sont à la première sorte de pension tout ce 
que Messieurs leurs parens demanderont expressément qu'on leur 
fournisse, soit en habits, soit en linge, etc. ; de quoi on fera un mémoire, 
qu'ils acquitteront outre la pension de 250 livres. 

» Les jeunes gens qui viendront pour être entretenus à la seconde 
ou troisième pension doivent être habillés tout de neuf de pied en cap , 
tant en habits qu'en linge , et s'ils ne l'étoient pas , on conviendra d'un 
dédommagement raisonnable pour cela. Ils doivent apporter avec eux , 
outre leur habillement, au moins six chemises, six mouchoirs, six 
coëffes de bonnet, six paires de chaussons et six cols ou rabats, s'ils 
sont tonsurés, le tout neuf et propre. Il faut aussi qu'ils apportent un 
second habit, pour conserver le neuf et se tenir plus propres. 

» Pendant tout le tems que les pensionnaires qui sont entretenus 
demeurent dans le collège , on les habille tous les ans de neuf, et quand 



INTRODUCTION. lxxxv 

ils sortent pour ne plus revenir, on les habille tout de neuf de pied en 
cap, d'un bon drap , sans toutefois qu'on se charge d'y mettre aucune 
garniture d'or et d'argent, si ce n'est à la demande et aux frais de 
Messieurs les parens, et de plus on donne quatre chemises, quatre 
mouchoirs, quatre coëffes de bonnet, quatre cravates ou rabats à ceux 
de la seconde pension et de tout à ceux de la troisième. 

» Tous les pensionnaires, entretenus ou non, en entrant, doivent 
apporter une timballe, une cuillère et une fourchette d'argent ou 
d'étain, armoriées ou marquées : s'ils n'en apportent pas, on leur en 
fournira de la qualité que Messieurs les parens en demanderont, et à 
leurs frais. 

» On les prie que le linge soit marqué à deux lettres. 

» Gomme le collègue se trouve obligée à des dépenses considérables 
pour l'entretien des meubles, du mobilier et d'un nombre de domes- 
tiques , ce qui coûte aussi bien les vacances que pendant toute l'année , 
on avertit Messieurs les parens que lorsqu'ils souhaiteront que leurs 
enfans passent chez eux quelque tems de vacances , on ne peut faire au- 
cune diminution sur la pension , à moins que le tems qu'ils les retien- 
droient n'excédât deux mois , auquel cas on ne fera déduction que du 
tems qui excédera lesdits deux mois. 

» La pension se paye d'avance au collège , ou par quartiers , ou par 
demi -année, ou même par année tout entière, selon que Messieurs les 
parens des pensionnaires sont plus ou moins éloignés ; et on reçoit les 
payemens indifféremment, soit en argent comptant, soit en lettre de 
change. sur Paris, Rouen, Chartres ou Nogent-le-Rotrou. 

» On n'épargne aucun soin pour tenir les pensionnaires toujours 
propres dans tout ce qui les concerne , soit dans leurs souliers qu'on fait 
exactement nettoyer et cirer, soit dans leurs bas, habits et chapeaux 
qu'on a soin de faire ajuster et de serrer en un lieu destiné , les plus 



lxxxvi INTRODUCTION. 

propres pour les fêtes et dimanches , soit dans leur linge , dont on leur 
fait changer régulièrement deux fois par semaine , soit dans leurs che- 
veux qu'on entretient avec grand soin et qu'on fait peigner tous les 
jours par des femmes qui se rendent pour cela au collège à des heures 
marquées ; outre cela , trois ou quatre fois l'année , on fait venir exprès 
un perruquier pour faire faire les cheveux. On prie Messieurs les parens 
de ceux qui ne sont point entretenus d'accommoder leurs enfans propre- 
ment, tant en habits qu'en linge dont ils aient au moins une demie 
douzaine de tout , deux habits , deux chapeaux , deux ou trois paires de 
bas , deux paires de souliers et le reste tout double , simple mais hon- 
nête pour les jours ouvriers, et un peu plus propre pour les fêtes et 
dimanches. 

» Si parmi les pensionnaires il s'en trouve quelques-uns qui, no- 
nobstant la vigilance de ceux qui sont occupez à leur instruction, se 
dérangent dans leurs mœurs, on supplie Messieurs les parens de ne pas 
trouver mauvais qu'on les leur renvoyé , surtout quand, après avoir été 
souvent avertis et châtiez, ils sont remarquez incorrigibles. Le bon 
ordre demande qu'on ôte toute occasion de dérangement dans le col- 
lège ; mais pour prévenir ces inconvéniens , on les prévient qu'on ne 
recevra dans le collège de Tiron aucun pensionnaire au - dessus de 
quinze ans, et qui ait étudié dans un autre collège, hors de la vue de 
leurs parens , sans une attestation de vie et de mœurs. 

» On enseigne toutes les classes depuis la Septième et Huitième même 
jusqu'à la Rhétorique inclusivement. L'ouverture des classes se fait 
pour tous le 1 er d'octobre, quelque jour de la semaine qu'il se trouve, 
et elles finissent pour les rhétoriciens le 10 août et pour les autres le 20 
du même mois. On avertit Messieurs les parens qui jugeront à propos de 
faire venir leurs enfans chez eux pour y passer les vacances de ne les 
point faire venir avant ce jour marqué et de les renvoyer le dernier 



INTRODUCTION. Lxxxvn 

de septembre; car c'est du commencement et de la fin de l'année d'où 
dépend la plus grande partie du progrès qu'un enfant acquiert dans les 
Etudes, et on scait par expérience que les enfans qui s'appuyent sur 
l'indulgence de leurs parens ne font plus rien dans les trois ou quatre 
derniers mois, parce qu'ils ne craignent point l'examen qu'on fait, 
les derniers jours, de leur capacité, pour juger s'ils sont en état de 
monter dans une classe supérieure, où, ne venant point dès le premier 
jour, un régnent est oblige de répéter en faveur de ceux qui ont tarde à 
venir, ce qui retarde aussi l'avancement des autres. Si Messieurs les parens 
ne veulent pas se rendre à ces raisons , selon lesquelles ils peuvent re- 
connoître que ce n'est que leur intérêt et celui des enfans que Ton 
cherche, on les supplie de ne pas se plaindre si leurs enfans , après plu- 
sieurs années ainsi tronquées, n'ont pas avancé autant qu'ils en au- 
roient pu attendre, malgré tout le dérangement et le retardement 
qu'ils ont eu pendant ce tems. On les prie, après les avoir avertis, de 
les mettre ailleurs. 

» Tant qu'à Messieurs les parens qui souhaiteront envoyer quelque 
chose à leurs enfans par semaine , par mois, pour leurs menus plaisirs, 
on les prie de le payer en argent par avance , comme la pension , et ils 
prendront soin de marquer leur intention là- dessus au Père Directeur, 
qui ne manquera pas de s'y conformer. On les prie seulement de ne 
donner que peu d'argent à leurs enfans , et par le canal du Père Direc- 
teur, sans quoi il ne peut répondre de leur éducation. 

» L'adresse pour Tiron est au R. P. Directeur du collège de Tiron-au- 
Perche , par Nogent-le-Rotrou. » 



lxxxviii INTRODUCTION. 

Voici quel était, au moment de la Révolution, le personnel des 
professeurs : 

Dom Guillaume-Alexandre Huet, né à Paris le 16 septembre 1736, 
prieur, supérieur de l'école royale et militaire de Tiron. 

Mort dans l'enclos de l'abbaye le 26 septembre 1809. 

Dom Dominique Mullet, né en 1737, sous-prieur et professeur. 

Dom Louis-Judes Déramme, né en 1742, sous-directeur de l'école. 

Dom Pierre Poulain, né à Brou en 1747, préfet de l'école. 

Dom Pierre-Jacques Leguay, né le 8 novembre 1750 à Beaumont- 
en-Auge, célerier, procureur et censier de l'abbaye. 

Il resta à Thiron après la fermeture de l'abbaye , fut nommé adjoint au maire 
le 20 novembre 1815 et conserva ces fonctions jusqu'à sa mort (7 octobre 1821 ). 

Dom Jean Gressier, né le 12 octobre 1759, professeur de langue 
anglaise. 

Dom Joseph Ulrich, né à Veyersheim , professeur de langue alle- 
mande de 1775 à 1790. 

Dom Charles-Joseph Hatelle, né le 22 août 1758 , professeur. 

Dom Jacques-François-Honoré Dauphin, né le 29 septembre 1750, 
professeur. 

Dom Louis- Joseph Lemoine, né en 1750, professeur. 

Dom François Bertel, professeur de mathématiques de 1775 à 1790. 

Dom Antoine-Louis Dauvers, né en 1736, oculiste-chirurg^ien-apothi- 
caire. 

Mort à Thiron , dans les dépendances de l'abbaye, le 25 messidor 1793. 

Indépendamment des religieux, il y avait des professeurs laïques 
attachés à l'établissement. Voici les noms de ceux qui y étaient employés 
en 1790. 

N. Palatre, maître d'escrime depuis 1774. 



INTRODUCTION. i.xxxix 

Louis et Etienne Taulé, professeurs de musique. 
Claude-François Delorme, professeur de français depuis 1775. 

A la fermeture du collège , n'ayant aucunes ressources pour vivre, il allait ins- 
truire les enfants dans les fermes voisines, et le soir il rempaillait des chaises. Il 
est mort à Thiron , dans le local appelé la Rhétorique , le 4 février 1827. — Delorme 
composa plusieurs tragédies religieuses , qu'il faisait représenter par les élèves du 
collège. Deux au moins de ces tragédies, à notre connaissance, ont eu les hon- 
neurs de l'impression. 

Pierre-Jean Bordeau, professeur depuis 1774. 

Mort au collège le 22 juin 1791. 

Antoine-Joseph-François Vivier, professeur depuis 1788. 
Mort à Thiron le 7 janvier 1832. 

N. le Gros, professeur de dessin depuis 1770. 

Nous ne savons ce que devint Legros après la fermeture du collège; mais, 
comme nous le dirons dans la suite, nous avons retrouvé, dans le bourg de Thi- 
ron, plusieurs de ses œuvres, et nul doute qu'il n'en existe un plus grand nombre. 

Pour compléter l'histoire du collège de Tiron , en montrant quelles 
étaient ses dépendances et en indiquant ce qu'elles sont devenues , nous 
avons cru utile de joindre à cette notice deux plans de l'abbaye de 
Tiron. L'un est la reproduction de celui que les Bénédictins publièrent 
dans leur Monasticon Gallicanum; nous l'avons placé en tête de ce vo- 
lume : l'autre a été dressé en 1780 par Dom Guillaume- Alexandre 
Huet, prieur de l'abbaye et directeur du collège. Dom Huet avait 
joint à son dessin, peu artistique d'ailleurs, une légende très- pré- 
cieuse , que nous n'avions garde de négliger : nous y avons ajouté des 
notes (*), recueillies pour la majeure partie par A. Vincent, un de nos 

(!) Ces notes nous ont été communiquées par un autre de nos confrères, M. l'abbé 
Haye, curé de Saint- Avit-les-Guépières , à qui nous sommes heureux de témoigner 
ici toute notre reconnaissance. 

1 



xc INTRODUCTION. 

anciens confrères , habitant de Thiron , qui vécut dans les ruines de 
l'abbaye et qui rassembla avec passion tout ce qui avait trait à l'his- 
toire de l'ancien monastère. 




1. Vestibule et passage pour entrer dans le cloître. Au premier est le 
cabinet des chartes et titres. 

Ce vestibule, terminé en clocheton, fut détruit par l'incendie de 1785. 



INTRODUCTION. xci 

2. Cellier au rez-de-chaussée: infirmerie au premier. 

Détruit également en 1785. 

3. Salle à manger des hôtes; au-dessus est leur chambre à coucher, 

et à côté de cette chambre, est l'infirmerie des hôtes. 

La toiture seulement fut endommagée. 

4. Salle à manger des domestiques laïques. 

Détruite par l'incendie. . 

5. Cuisine au rez-de-chaussée. 

Dans cette cuisine, il y avait une fontaine, dont l'eau était conduite de 
la fontaine de Saint-Bernard, située à un kilomètre à l'ouest du bourg. En 
1831, les ouvriers qui arrachaient les fondations de la cuisine trouvèrent 
les tuyaux en terre cuite qui amenaient l'eau. 

Au-dessus est le magasin à charbon. 

C'est dans ce magasin que l'incendie prit naissance dans la nuit du 22 
au 23 novembre 1785. 

6. Réfectoire au rez-de-chaussée. Les cellules pour les religieux 

occupent le premier depuis la cuisine jusqu'au chapitre. 

Détruit en 1802. 

7. Chauffoir commun. 

Détruit en 1801. 

8. Lieu de travail pour la menuiserie et la sculpture. 

Cet atelier renfermait de très bons ouvriers. Un peu avant la fermeture 
du couvent d'Arcisses, on admirait les boiseries, les stalles, et surtout le 
parquet du chœur de l'église où officiaient les dames. On peut encore voir 
dans l'église de Thiron les stalles et d'autres sculptures faites par les 
anciens religieux. 

9. Atelier de travail pour la peinture et la ciselure. 

Dans cet atelier , il y avait , un peu avant la fermeture de l'abbaye . une 
très belle collection de tableaux représentant les abbés de Tiron ainsi que 



xcn INTRODUCTION. 

les abbesses d'Arcisses. Il y avait aussi un musée de statuettes. Les deux 
statues en bois représentant saint Benoît et sainte Scolastique qui existent 
aujourd'hui dans l'église de Margon, où elles ont été apportées en 1801 de 
l'abbaye d'Arcisses, sont aussi un travail dû au ciseau des moines de 
Tiron. 

10. Atelier pour l'écriture et la reliure. 

Détruit en 1803. 

11. Vestibule ou Passage des cloîtres à l'église et au chapitre. 

Détruit en 1805. 

12. Chapitre où l'abbé tient ses séances. 

Détruit en 1810. 

13. Cloître et cimetière. 

14. Chapelle où a dû être inhumé saint Bernard. 

Les quatre murailles de cette chapelle étaient encore debout en 1844 , 
mais la toiture n'existait plus. A cette époque, on découvrit, derrière cette 
chapelle, la pierre tombale qui est dans la muraille de l'église, proche les 
fonds baptismaux. 

15. Volière. 

Ce bâtiment fut abattu en 1841. Au milieu, il y avait un gros charme 
pour percher les oiseaux. Ce charme ne fut détruit qu'en 1846. 

16. Demeure de l'oiseleur. 

Détruite vers 1815. 

17. Remises et greniers à blé. 

Ce corps de bâtiment existe encore et porte le nom d'abbaye. Le logis 
au levant a été ajouté en 1831. 

18. Guérite du portier. 

Ce bâtiment servit de porcherie et de poulailler jusqu'en 1858, où on le 
démolit pour construire le mur qui longe le chemin de l'église au cime- 
tière. 



INTRODUCTION. xcm 

19. Entrée pour les charrois et approvisionnements. 

Supprimée en 1837. 

20. Laboratoire et demeure du médecin laïque. 

Ce bâtiment existe encore; il a été relevé d'un étage en 1844. 

21. Moulin. 

Ce moulin est encore debout; le mécanisme en a été changé en 1855. 
Une voûte existe sous terre depuis le moulin jusqu'au vivier de l'abbaye. 

22. Boulangerie et greniers à farine. 

Ce corps de bâtiment existe encore. La boulangerie est voûtée en pierres 
et soutenue par un gros pilier carré ; les croisées sont demi-circulaires et 
munies de fortes barres de fer. 

23. Pressoir banal ; 

Le bâtiment existe encore , mais le pressoir qui était suivant l'ancien 
système fut supprimé en 1827. La meule de pierre qui écrasait les pommes 
avait été laissée dans le jardin du laboratoire ; en 1860, elle fut brisée en 
morceaux. 
Vacheries ; 

Existent encore et servent aux mêmes usages. 

Ecuries ; 

Détruites en 1872; les pierres ont été transportées à la Motte pour faire 
une bergerie. 
Porcheries. 

Existent encore; la demeure du porcher fut supprimée en 1865, et les 
pierres servirent à faire une grange à la ferme de la Bouchassetiôre, 
commune d'Argenvilliers. 

24. Demeure du garde en chef des propriétés du couvent. 

En 1864, les murailles ont été exhaussées, et la toiture refaite dans le 
style des constructions du collège. 

25. Colombier. 

Existe encore, mais a subi quelques modifications. 



xciv INTRODUCTION. 

26. Demeure de l'abbé. 

Aujourd'hui le presbytère. 

27. Église. 

De l'église il ne reste plus que la nef, longue de 63 mètres , large de 11 
et éclairée par dix-huit fenêtres. 

28. Chapelles rayonnant autour du sanctuaire. 

Ces chapelles furent détruites lors de l'écroulement du chœur le 10 
février 1817. 

29. Sacristie. 

Détruite par l'écroulement. La sacristie actuelle a été construite en 1819. 

30. Clocher. 

Existe encore. 

31. Logement des professeurs du collège. 

Ce bâtiment existe encore. Sur les murs des chambres supérieures on 
lit gravés les noms de plusieurs élèves du collège de Tiron : Louis 
Filastre, 1749; — Michel Filastre de la Renaudière, 1760; — Julien- 
Pierre Robert. 1777; — Rodolphe Picard, 1778; — François Chéron, 
1778; — René Frénel; 1778; — Charles Richer, 1779; — Jean Beaudoux, 
1779; — P. A. Picot de Pécadeuc, 1781 ; — Philippe-A. Dheillimer, 1781 ; 
— Louis-P. de Clinchamps, 1782; — Léon-P. Dacheu, 1782; — Jean-B. 
Viénot de Yaublanc, 1782; — Jean-M. Cousin de Longchamps, 1782; — 
Charles Paulmier. 1784; — Michel -F. Gaillard, 1785; — Jean -Louis 
Taulé, 1785; — Georges Juteau. 1785; — Jacques Tremblin, 1785; — 
Jean-B. Mouchard, 1788: — Alexandre-Joseph de Pratf 1 ), 1788; — Jean- 
Charles de Touzalin , 1790 ; — Jean- Joseph-Maurice Caffode de la Ferrière, 
1790: — André de Cosne, 1791. 

( 1 ) Au nom de cet élève se rattache une intéressante légende. Au mois de février 
1789, son père, Jean-François-de-Régis-Alexis de Prat, chevalier de Saint-Louis, pre- 
mier capitaine au régiment de Beauce, le ramenait au collège. Le père et le fils furent 
surpris par la nuit au milieu d'un bois qui avoisinait l'abbaye. Nul moyen de retrouver 
leur chemin, et ils croyaient entendre autour d'eux de sinistres rôdeurs. Le père in- 



INTRODUCTION. x« v 

32. Dortoirs des élèves. 

Détruits en 1801. 

33. Petites classes au rez-de-chaussée, et grandes classes au premier. 

Ce corps de bâtiment existe encore. 

3i. Infirmerie. 

Détruite en 1839. 

35. Cour du collège. 

36. Salle de danse au rez-de-chaussée, et salle d'armes au premier. 

Ce bâtiment existe encore et est désigné aujourd'hui sous le nom de 
Rhétorique. 

37. Logement des tailleurs. 

Existant. 

38. Log*ement des domestiques qui ont le soin de la hasse-cour. 

Existe encore. 

39. Remises et greniers pour l'approvisionnement du collège. 

Ce bâtiment donne sur la route d'Illiers : il existe encore, avec quelques 
modifications. 

voque sainte Geneviève, la patronne de Paris, et aussitôt il aperçoit dans le lointain 
les lumières de l'abbaye. En reconnaissance, il fit faire un tableau le représentant dans 
sa détresse, et il donna ce tableau comme ex-voto à l'église de Sainte-Geneviève de 
Paris. En 1867, lors des réparations de l'église de Saint-Etienne- du-Mont, on décrocha 
le tableau , et on allait sans doute le vendre à quelque brocanteur, lorsque le hasard 
amena dans l'église M. Gam. Silvy, le célèbre photographe, qui demeurait au château 
de Gaillard, en la commune de la Croix-du-Perche. Il signala ce tableau à M. le curé et 
à M. le maire de Thiron , qui n'eurent pas de peine à l'obtenir de la générosité de M. le 
curé de Saint-Etienne -du -Mont. Il décore aujourd'hui les murailles de la nef de l'égliso 
do Tlûron. Voici le texte de l'inscription qui se lit sur le tableau : 

Ad majorem Dei gloriam. 

Fiduciœ scilicet et gratiamini monumentum erga sanctam Genovefam Prefecti cujusdam 
7nilitum, gui, in periculosa sylva devins ab itinere, cum ad Tironis militarem domum, 
die 2 februarii 1789, se reciperet, nocte superveniente et densa circumfusus caligine, 
vivido luminis radio fuit illustratus, inclytam invocando Parisiorum patronam ut a prss- 
senti in gua versabatur angustia sese expediret. 



xcvi INTRODUCTION. 

40. Demeure du portier et cordonnier. 

Existe. 

41. Demeure du R. P. prieur et du receveur. 

Existe encore. 

42. Basse-cour du collège et de l'abbaye. 

43. Entrée principale. 

Ce portail fut détruit en 1802. Au-dessus d'un guichet, on lisait en 
grosses lettres : Droit d'écuelles, c'est-à-dire que tout passant pouvait 
frapper, et on lui donnait l'hospitalité. 

44. Guérite du portier de nuit. 

Ce bâtiment fut détruit en 1839. A cette époque, il était désigné sous le 
nom de la Cahute, et faisait la demeure du dernier perruquier du collège, 
Jeannot Guicheux, dit la Minute. 

45. Sortie du bourg*. 

Cette porte se trouve au milieu du bourg, dans une propriété particulière. 

46. Sortie du moulin. 

Cette sortie existe encore, au haut des marches de l'escalier du moulin. 

47. Sortie du parc. 

Cette porte, aujourd'hui bouchée, se voit au milieu du mur du cimetière 

48. Puits. 

49. Sortie pour aller à la fontaine du P. célerier. 

Ce portail, qui existait encore en 1820, fut vendu à cette époque. On en 
a fait des portes de grange à la ferme de Gaufeillu. 

50. Vivier. 

51. Sortie de Gardais. 

Cette porte existe encore sur la route, proche le champ des Mûrs. 



INTRODUCTION. cxvn 

Dans ce chapitre consacré à l'histoire de l'abbaye depuis La prise de 
possession des religieux de Saint-Maur, nous nous sommes d'abord 
occupé du collège, parce que c'est cet établissement qui résume sur- 
tout la vie active du monastère depuis 1629. Gomme nous l'avons vu. 
tous ou presque tous les religieux étaient en même temps professeurs; 
le prieur était lui-même directeur du collège, et, dans les dernières 
années qui précédèrent la Révolution, le collège absorbait tellement 
l'abbaye qu'en 1782 on supprima même le titre d'abbé, et la manse 
abbatiale de Tiron fut réunie à la cure de Saint-Louis de Versailles ( l ). 
Cependant nous croyons qu'il ne sera pas sans intérêt de faire con- 
naître, pour le régime intérieur des religieux, une notice qui a été 
rédigée vers 1780 par Claude-François Delorme, professeur au collège. 
Nous y avons joint quelques notes pour la compléter. 

a Le monastère de Tiron , étant clos de hautes murailles, on ne peut 
y entrer que par deux portes : la principale est du côté du village de 
Tiron, au sud. C'est là qu'ayant frappé le marteau de la porte, le 
portier qui a sa demeure à droite vient ouvrir. Après avoir traversé 
devant la porte de la basse-cour du collège, où sont les remises et gre- 
niers pour le service du collège, le logement des tailleurs, cordonniers 
et de celui qui a le service de la basse-cour, à main droite, on trouve 
la demeure du Père Directeur qui vous fait introduire, avec le portier 
qui vous conduit, dans la cour du collège. Là, vous entrez dans le 
vestibule où vous attendez la personne à qui vous désirez parler, car 
on ne peut de soi-même s'introduire dans aucuns des appartemens du 
monastère. 

(*) L'Inventaire du Chapitre de Chartres mentionne, à la date du septembre 1783, 
un décret de l'official de Chartres, qui, « en vertu du brevet du Roi, consent à la réunion 
/) des biens du revenu de la manse abbatiale de Thiron à la cure de Saint- Louis de 
» Versailles et à l'extinction du titre de l'abbaye. » 

m 



xcvm INTRODUCTION. 

» Si ensuite vous voulez visiter l'abbaye , le même portier vous fait 
passer le long* de l'église. A main droite, touchant l'église, il y a la 
demeure de l'abbé. Puis vous passez sous un portail dont le haut se 
termine en clocheton et sert de colombier ; à main gauche il y a un 
autre grand colombier. 

» Après avoir tourné au bout de la demeure de l'abbé , on trouve la 
porte du couvent, où un religieux de la maison fait l'office de portier. 
Lorsqu'il a ouvert, on entre dans le vestibule qui a 32 pieds de long 
et 26 de large. Le premier portier qui vous a conduit jusqu'ici se retire. 
Ce vestibule est garni de vingt stalles très ouvragées ( 1 ). 

» Pendant que le religieux qui a ouvert va donner avis au Père 
Prieur de ceux qui sont entrés, on demeure dans le vestibule, où l'on 
peut s'instruire de quelle manière il se faut comporter en ce lieu, car 
il y a de petits tableaux attachés contre la muraille où il est écrit : 

a On gardera dans le cloître un perpétuel silence. Lorsque Von parle 
dans les lieux destinés pour cela, ou même dans les jardins, on le fait d'un 
ton de voix le moins élevé que Von peut. 

» On évitera la rencontre des religieux, autant qu'il est possible, en 
tout temps et en tous lieux. 

» On s'adressera au portier si l'on a besoin de quelque chose dans le 
monastère, parce que les religieux, qui sont étroitement obligés au silence, 
ne donneront nulle réponse à ceux qui les interpelleront. 

» Pendant les repas, nulle personne n'agitera des questions qui puissent 

donner lieu à des contestations. 

» Sitôt le repas fini, chacun se retirera dans la chambre qu'on lui a 
destinée. 

» Lorsque le Père Prieur ou quelque autre religieux est venu rece- 
voir les nouveaux hôtes , après les avoir salués avec beaucoup d'humi- 

(') Ces stalles furent brûlées dans l'incendie do 1785. 



INTRODUCTION. xcix 

lité , il les fait passer du vestibule sous la galerie du cloître el les conduil 

à l'église pour y faire leurs prières. Au retour, ils entrent dans la 
chambre des hôtes en attendant le repas. 

» On sert à la table des hôtes les mêmes mets que ceux qui sont 
servis à la table des religieux, c'est-à-dire qu'on n'y mange que des 
mômes légumes et du même pain , et on y boit du cidre comme au 
réfectoire : seulement, en cas extraordinaire, on donne aux hôtes ma- 
lades du vin et de la viande. Les mets ordinaires des religieux sont un 
potage, deux ou trois plats de légumes, un plat d'œuf ou de poisson. 
Pendant une partie du repas, on lit un chapitre de l'Imitation, et quand 
la lecture est finie, c'est alors qu'on a la liberté de parler de diverses 
choses. 

» Les étrangers ont un réfectoire et un dortoir particuliers , entre le 
vestibule et la cuisine. L'entrée des cloîtres leur est interdite, et, pour 
se rendre à l'église à l'heure des offices, ils passent sous la galerie 
qu'on leur a indiquée à leur arrivée clans le monastère. 

» Les religieux, en été, se couchent à huit heures et demie, et en 
hiver, à sept. Ils se lèvent la nuit à deux heures pour aller à matines, 
qui durent jusqu'à quatre heures et demie, parce que, outre le grand 
office, ils commencent toujours par celui de la Vierge, et entre les 
deux ils font une méditation de demi-heure. Les jours où l'Eglise ne 
solennise la fête d'aucuns saints, ils récitent l'office des Morts à l'in- 
tention des bienfaiteurs du monastère. Au sortir de matines, si c'est 
en été, ils peuvent aller se reposer dans leurs cellules jusqu'à prime; 
mais à l'hiver, ils vont au chauffoir commun, et chacun peut lire 
en particulier. Les prêtres prennent toujours ce temps-là pour dire la 
messe. 

» Le Père Prieur, qui remplit les fonctions d'abbé , confesse les re- 
ligieux pendant la messe. 



c INTRODUCTION. 

» A cinq heures et demie, on dit prime, qui dure demi-heure, où 
le Père Prieur leur fait des prédications. 

» A sept heures , on va au travail , où chacun , quittant sa coule ou 
habit de dessus , se rend à ses travaux dans des ateliers particuliers. 
Les uns s'occupent à écrire des livres d'églises, d'autres font les 
exemples d'écriture pour les élèves du collège, les autres relient, quel- 
ques-uns font des ouvrages de sculpture, de menuiserie, d'autres 
s'occupent de peinture ( 1 ), enfin d'autres tournent ou se livrent à 
différents travaux utiles, etc. 

» A huit heures et demie , ils vont à l'office , qui commence par 
tierce, ensuite la messe et sexte. 

» Lorsque les religieux ont dit sexte , ils se retirent dans leurs cel- 
lules jusqu'à dix heures et demie , où ils font quelques lectures. Au 
quart moins de onze heures, ils vont à l'église chanter none, si ce n'est 
aux jours de jeûne de l'Eglise que l'office est retardé, et qu'on ne dit 
none qu'un peu avant midi, et ensuite on va au réfectoire. 

» Le réfectoire qui est à côté de la cuisine est fort grand : il y a un 
long rang de tables de chaque côté. Celle du Père Prieur (ancienne 
place de l'abbé) est en face, au milieu des autres et contient la place 

( 4 ) Il y avait, au collège de Tiron, un peu avant sa fermeture, une très belle galerie 
de portraits de moines et de professeurs. Les derniers maîtres de dessin au collège 
furent Silvestre Chénais de 1765 à 1770, et Legros, de 1770 à 1791. On conserve encore 
à Thiron quatre tableaux de cette époque. L'un représente Legros enseignant la pein- 
ture à M llc * k * ; il est signé Le Gros. Ce tableau est à l'huile ; les autres sont des pastels. 
L'un est l'image de la Vierge immaculée et a pour légende : Dédié et présenté a D. 
Huet (Guillaume- Alexandre Huet, prieur de Tiron de 1780 à 1792) par son obligé ser- 
viteur Piégard, le 3 octobre 1792. Un autre a pour légende : Prix du dessin dessiné par 
M. Touzalin (Jean - Charles de Touzalin, entré au collège de Tiron en 1790), élève de 
M. Le Gros , professeur à Tiron, le 13 d'août 1792. Enfin un autre pastel signé Le Gros 
représente un moine mort. — Parmi les œuvres sorties des ateliers de Tiron , on peut 
encore citer le tableau qui décore aujourd'hui le maître-autel de l'église paroissiale. Ce 
tableau qui représente l'Adoration des Mages , ornait autrefois la chapelle d'Arcisses : 
il fut rapporté à Thiron et restauré en 1818. 




INTRODUCTION. ci 

do dix personnes. Il se met à un bout, ayant à sa gauche le Père 
Directeur et à sa droite les étrangers qui sont admis au réfectoire ; ce 
ce qui arrive rarement. Les tables sont nues et sans nappes , mais ce- 
pendant fort propres. Chaque religieux a sa serviette , son couvert , sa 
timbale et sa cuiller d'étain ( 1 ), son couteau et une fourchette et deux 
pots d'étain contenant chopine de Paris, l'un plein de cidre et l'autre 
plein d'eau. Le pain est fort bis, quoique beaucoup moins que dans 
beaucoup de monastères. Leurs potages sont, les jours déjeune de 
l'Eglise, sans beurre et sans huile, mais les jours de fête on y ajoute 
ou du beurre ou de l'huile. Au dessert, .on leur donne deux pommes ou 
deux poires crues ou cuites. Lorsqu'ils ont fini leur repas et rendu 
grâce à Dieu, ils vont à l'église achever leurs prières. Au sortir de 
l'église, ils se retirent dans leurs cellules, où ils font quelque lecture. 

» A une heure, on sonne pour aller au travail, où chacun reçoit sa 
tâche, sans choix et avec résignation. 

» A trois heures, on sonne la retraite, et chacun quitte ses sabots 
ou galoches, remet ses outils en place, reprend sa coule et se retire 
dans sa chambre jusqu'à vêpres. 

» A cinq heures, on va au réfectoire, où chaque religieux trouve 
pour sa collation un morceau de pain de quatre onces , un pot de cidre 
avec deux pommes ou deux poires, ou des noix aux jeûnes delà règle; 
mais aux jeûnes de l'Eglise ils n'ont que deux onces de pain et une 
fois à boire. Les jours qu'ils ne jeûnent pas, on leur donne du pain et 
du cidre comme à dîner, avec une portion de racine, une poire ou une 
pomme pour dessert. 



( j ) Avant 1783, les hôtes de haute lignée étaient servis en vaisselle d'argent, dont le 
couvent était bien garni, mais elle fut détruite dans l'incendie de 1785. Le couvent s'en 
procura d'autre, mais elle ne fut servie qu'aux hôtes du collège ou à des élèves suivant 
le désir de leurs parens. 



en INTRODUCTION. 

» Après , ils se rendent au chapitre où l'on fait la lecture de quelque 
livre de piété jusqu'à six heures qu'on va dire complies, et ensuite on 
fait une méditation de demi-heure. 

» Au sortir de l'église , on entre au dortoir, et à sept heures on sonne 
la retraite afin que chacun se mette au lit. Ils se couchent tout 
vêtus sur des lits qui sont composés d'une paillasse, d'un oreiller 
rempli de paille et d'une couverture. Quoique malades , ils ne se désha- 
billent pas. Ils changent de linge régulièrement une fois par mois, si 
ce n'est dans les maladies extraordinaires. Lorsqu'ils entrent à l'infir- 
merie, ils sont soigneusement gouvernés et mangent des œufs et de la 
viande. » 



Enfin, nous ne croyons pas devoir terminer cette histoire relative- 
ment moderne de l'abbaye de Tiron , sans donner une description com- 
plète de l'église , telle qu'elle existait avant la chute du chœur qui eut 
lieu le 10 février 1817, et sans dire ce qui reste encore aujourd'hui de 
l'antique sanctuaire des moines devenu l'église paroissiale de Thiron. 
Nous nous servirons pour cette description , en les complétant , des notes 
laissées par A. Vincent, dont nous avons déjà eu l'occasion de parler, et 
qui, né et mort dans l'enceinte de l'ancienne abbaye et ne l'ayant 
jamais quittée, est le guide le plus sûr pour tout ce qui touche aux 
annales de Thiron depuis le commencement de ce siècle. 

L'église de Thiron fut en partie construite aux frais de Béatrix, 
comtesse du Perche, mère de Rotrou le Grand, et de Julienne du 
Perche , sa fille , épouse de Gilbert de Laigle : elle fut commencée vers 
l'année 1115. 

Cette église avait la forme d'une croix, dont les branches ou 



INTRODUCTION. cm 

transopts (*) s'étendaient du nord au midi et dont la tête était figurée 
par le chœur orienté vers l'est. 

La porte principale tournée à l'ouest tient du style roman et de 
l'ogive primitive. Elle se compose de deux archivoltes reposant sur 
deux pilastres sans moulures : la première archivolte est en plein-cintre, 
la seconde en og*ive. De chaque côté de la porte, il y a une arcature en 
plein-cintre garnie de boudins, se terminant en bas par des têtes 
d'hommes couronnées. Le bas des pilastres qui soutiennent les ar- 
chivoltes est orné de deux statuettes assises tenant un livre sur leurs 
genoux ; entre les deux pilastres est une petite colonne dont le fût 
est sculpté de feuilles de lierre. Au-dessus de la porte, il y avait pri- 
mitivement une corniche; mais, comme elle était en pierre tendre, 
le temps l'a détruite. Le tympan de la porte était peint ; il représentait 
la Vierge entourée d'anges. Les piliers contre-forts de chaque côté de 
la porte sont sculptés d'entrelacs et de feuilles d'acanthe. 

Le pignon triangulaire est percé de deux fenêtres cintrées, garnies 
de trois archivoltes portées sur des colonnes, dont les chapiteaux sont 
garnis de feuilles et de petites statuettes. 

La nef n'a pas moins de 64 mètres de long 1 sur 12 de large. Elle 
est éclairée de chaque côté par neuf croisées cintrées : celles-ci étaient 
autrefois garnies de verres de couleur; aujourd'hui, elles sont bouchées 
à moitié et il n'y a plus que du verre blanc. Les murailles de la nef ont 
11 m. 25 de hauteur et 1 m. 50 d'épaisseur par la base. 

Le chœur, qui s'est écroulé le 10 février 1817, avait 25 mètres depuis 
le transept (où est actuellement le maître -autel) jusqu'à la chapelle 
du milieu. Il avait été construit par Lionel Grimault, abbé de 1454 
à 1498. Quatre croisées ogivales à meneaux et garnies de verrières 



( l ) Les transepts furent supprimés en 1629 ; à la place de celui du midi, on érigea 
un corps de bâtiment pour faire les dortoirs des élèves du collège. 



civ INTRODUCTION. 

éclairaient le sanctuaire. Les piliers étaient formés de demi-colonnes 
réunies en faisceaux, qui s'élançaient d'un seul jet depuis le pavé 
jusqu'aux combles,, pour aller recevoir les arceaux croisés diagona- 
lement de la voûte. Au point d'intersection des deux arceaux du mi- 
lieu du chœur, la clef de voûte se dessinait en un pendentif d'un tra- 
vail admirable. 

Le maître-autel, dédié à la sainte Trinité, formait une chapelle du 
style gothique , surmontée de clochetons et éclairée d'une rosace demi- 
circulaire qui occupait une partie du chevet du chœur. Cet autel était 
de bois et de marbre de plusieurs couleurs ( l ) ; un rétable en bois 
ornait le devant ( 2 ). Les contre-marches des gradins étaient sculptées. 
Au milieu de l'autel se trouvait un groupe de la Sainte-Trinité , sous 
lequel se voyait le tabernacle en bois, d'un travail admirable. Au fron- 
ton, étaient sculptées et peintes les armoiries de saint Ives, évêque de 
Chartres , qui portait une mitre et une croix grecque pattée d'or, en champ 
d'argent, et dans la bordure Yvonus Garnutensis, 1109. Un peu plus 
bas étaient les armoiries de la famille Rotrou : trois chevrons brisés d'or, 
en champ d'argent, et dans la bordure la légende : Rotrocus comes Per- 
ticensis, 1109. A la même hauteur, à gauche, se voyaient les armoiries 
de Bernard, premier abbé : un alpha d'or et une croix d'argent pattée, en 
champ d'azur, avec cette légende dans la bordure: Bernardus, 1109. 

A chaque extrémité des transepts, il y avait un autel éclairé par 
une rosace circulaire en verres de couleurs. 

Deux autres autels étaient placés dans la nef, à l'endroit où est 
actuellement le lutrin. Ils étaient en face le sanctuaire, de manière que 

(*) Les colonnes de marbre qui sont aujourd'hui aux fonts baptismaux et à l'autel de 
Notre-Dame-de-Pitié proviennent de l'ancien maitre-autel. 

(-) Une partie de ce rétable est au maitre-autel de l'église de Combres : il y fut porté 
après l'écroulement du chœur. 



INTRODUCTION. cv 

l'on pût tourner à l'entour : celui de droite était dédié à saint Pierre, 
celui de gauche à saint Paul. Ce sont les deux autels qui sont actuelle- 
ment en entrant dans le chœur; on n'a fait que les ranger le long de 
la muraille. 

Les bas-côtés du chœur tournaient autour du sanctuaire ; ils étaient 
garnis de sept chapelles qui communiquaient avec le sanctuaire par 
deux portes cintrées. L'une passait à droite sous le clocher, et l'on trou- 
vait immédiatement la chapelle de Saint-Benoît, puis venaient la cha- 
pelle de Saint- Vincent et celle de Saint-Eloi. Au milieu, une autre cha- 
pelle avançait de trois mètres en saillie sur les bas-côtés; elle était 
dédiée à Notre-Dame-de-Piété. Continuant à marcher du midi au nord, 
on rencontrait la chapelle de Saint- Agapet , celle de Saint-Martin et 
enfin celle du Crucifix. Puis on traversait la sacristie qui faisait parallèle 
avec le clocher et on rentrait dans le sanctuaire par une porte à gauche 
semblable à celle de droite (*). Chacune de ces chapelles était garnie 
d'une croisée ogivale, décorée d'une verrière représentant le saint 
auquel la chapelle était dédiée. 

Lorsque les transepts existaient encore , les processions , partant du 
chœur, passaient du transept du midi sous le clocher, traversaient le 
clocher et les chapelles, de là entraient dans le transept du nord, puis, 
entre l'église et le chapitre, tournaient sous les arcatures du cloître, et 
enfin , par une porte pratiquée dans le pignon de la maison de l'abbé (*), 
arrivaient à ciel ouvert et rentraient par la grande porte de l'église. 

A l'intérieur du chœur, dans tout le pourtour, régnaient une suite 
d'arcatures formant galerie ( 3 ); on y montait soit par l'escalier du clo- 

(') Ces deux portes existent encore de chaque côté du maître-autel. 

( 2 ) C'est aujourd'hui le presbytère ; on y voit cette porte dans le pignon. 

( 3 ) On voit encore , après le clocher, une de ces arcatures trilobées, où le couloir de la 
galerie existe dans la largeur du clocher. 

n 



G VI 



INTRODUCTION. 

cher, soit par un autre escalier ménagé dans l'épaisseur du mur du 
sanctuaire et des chapelles au sud-est (*). Une autre galerie existait 
également à l'extérieur, le long de l'entablement du toît du chœur ; elle 
était garnie d'une balustrade en pierres formant une arcature trilobée. 

Huit arcs -boutants ou contre -forts soutenaient la voûte du chœur 
en dehors et se terminaient en clochetons. Le long 1 des murs extérieurs 
de la nef, sous les corniches, étaient placés des corbeaux ou modillons 
représentant des têtes d'hommes gTotesques et grimaçantes ; autour du 
chœur, c'étaient des têtes de monstres. 

Le sanctuaire était autrefois garni des stalles qui sont actuellement 
le long* de la nef; elles sont du XIV e siècle. Chaque stalle a son bas- 
relief différent de ceux qui ornent les autres ; des figures bizarres 
et fantastiques décorent les accotoirs ou miséricordes. 

Les stalles qui sont actuellement dans le chœur furent faites et 
posées à la place qu'elles occupent en 1740 ; elles sont garnies de leurs 
dossiers à colonnes. Les boiseries du chœur sont de la même époque. 
Derrière un des panneaux de ces boiseries, on a trouvé, en 1820, écrit, 
avec de la pierre noire , le renseignement suivant : « Ce chœur d'église 
a été fait par moi, Baptiste Mauté, menuisier des bâtimens du roi, et a été 
posé par Thomas Bamont de Paris, François- André Pradriel de Paris et Bu- 
fresne d'Argentan en Normandie. Priez Bien pour eux, 'parce que c'est un 
présent fait à l'église de l'abbaye. Ce 24 août 1740. » 

)> Le lutrin des religieux était en fer et ployant ; il fut détruit par la 
chute de la voûte. Celui qui existe aujourd'hui est celui de l'église de 
Gardais ( 2 ) ; il fut apporté en 1801. 



(*) On remarque encore quelques marches de cet escalier, après le clocher, du côté 
du sud-est. 

( 2 ) On lit dans les registres de la paroisse de Gardais, à l'année 1771 : « Le 4 dé- 
» cembre 1771, il a été placé et donné par M. Janvier, curé du lieu, un aigle et son 



INTRODUCTION. cvn 

La voûte ou lambris de la nef est en bois : elle ^« i compose de sa- 
blières placées sur le sens de l'épaisseur des murs et maintenues par 
des tirants. La poutre faîtière est portée de distance en distance par des 
poinçons, s'élevant verticalement des tirants jusqu'au sommet de la 
voûte, qui n'a pas moins de 10 mètres de hauteur. Les planches qui 
couvrent les chevrons et qui forment le contour apparent de la voûte, 
élaient couvertes de peintures dont on distingue encore quelques traces. 
Ces peintures avaient été faites à l'aide d'un emporte -pièces et re- 
présentaient des carrés rougis et des trèfles noirs sur fond jaune 
ocre. 

Dans toute la longueur du lambris, sous la poutre faîtière, à l'in- 
térieur, existait une rangée de pendentifs de. bois et d'écussons aux 
armoiries des bienfaiteurs de l'abbaye. Voici la description de ces ar- 
moiries, d'après un manuscrit de 1601 (*) : 

« 1° Au-dessus de la porte d'entrée: Province du Perche : D'argent à 
trois besants d'or, au chef chargé de trois fleurs de lis d'or. 1109. 

» 2° Famille Rotrou : D'argent à trois chevrons brisés d'or. Rotrocus, 
comes Perticensis. 1109. 

» 3° Yves, évêque de Chartres : D'argent à une mitre et une croix 
grecque pattée d'or. Yvonus Carnotensis. 1113. 

» 4° Louis le Gros, roi de France : D'azur à trois fleurs de lis d'or. 
Ludovicus, rex Francorum. 1114. 

» 5° Thibaut, comte de Blois et de Chartres: D'azur à trois fleurs de 
lis d'or et trois besants de même. Servanti civem querna coroxa datur. 
1114. 

» estrade, fait par Louis Travers, menuisier-sculpteur à Bonncval. pour le prix de 250 
» livres. » 

(*) Il va sans dire que nous nous gardons bien de garantir l'authenticité de ces armoi- 
ries et des dates et légendes qui les accompagnent. Nous reproduisons le manuscrit de 
1601. 



cvin INTRODUCTION. 

» 6° Payen de Berlay : D'argent à deux fleurs de lis d'or et P. B. de 
sable. 1114. 

» 7° Henri I er , roi d'Angleterre et duc de Normandie : D'argent au 
cavalier d'azur. 1115. 

» 8° Béatrix, mère de Rotrou II : D'argent à trois chevrons brisés d'or. 
Beatrix, mater Rotrogi, comitisde Pertico. 1113. 

» 9° Péan de Toul : D'argent au trèfle à trois branches de sable. 
1209. 

» 10° Bernard, premier abbé et fondateur de l'abbaye de Tiron : 
D'azur à un alpha d'or et une croix pattée d'argent. Bernardi, primi abb. 

MONAST. SANCT. TrINIT. DE TlRONIO. 1109. 

» 11° Guillaume, duc d'Aquitaine : D'or à quatre chevrons de sable de 
gauche à droite. 1116. 

» 12° Guillaume de Nevers : D'azur à un lion et une fleur de lis d'or. 
1116. 

» 13° Foulques, comte d'Anjou: D'argent à quatre chevrons de sable. 
1116. 

» 14° Robert de Glocester : D'argent à douze croix pattées de sable. 
1117. 

» 15° Hilg*ot de Ferrières : D'or à deux chevrons d'azur, au chef de 
gueules. 1190. 

» 16° Guillaume de Feuillet : D'argent à une fleur de lis de sable. 
1128. 

)> 17° Guillaume d'Illiers : De sinople à la hure de sanglier de gueules. 
1128. 

» 18° Rotrou de Montfort : D'argent à trois chevrons brisés d'or, une 
fleur de lis en pointe. 1128. 

» 19° Havise de Montfaucon : D'or à douze croix pattées de sable. 
1123. 



INTRODUCTION. cix 

» 20° Gervais de Ghàteauneuf : De gueules à six fleurs de lis d'or. 
1191. 

» 21° Pierre de Fontenay, sire de la Reinière, gouverneur de la 
province du Perche : D'azur à deux lions d'or passant de droite à gauche. 
1589. 

» 22° Pierre de Longny : D'or à trois chevrons brisés de sable, 1202. 

» 23° Geoffroy II, évêque de Chartres : Une mitre, une crosse et une 
croix d'or en sautoir. 1204. 

» 24° Guillaume Goët, beau-frère de Rotrou II : Mi-parti au 1 er d'ar- 
gent à deux chevrons de sable ; au 2 e trois chevrons brisés d'or. 1139. 

» 25° David, roi d'Ecosse : Mi-parti au 1 er d'argent et de gueules; au 
2 e d'or à deux lions d'azur. 1116. 

» 26° Thomas, comte du Perche : D'argent au cœur d'or chargé d'une 
croix de sable et à deux besants d'or, et sur le tout d'argent à trois chevrons 
brisés d'or. Secretum meum mihi. S. Thom., com. de Pertico. 1215. 

» 27° Geoffroy le Gros , abbé de Tiron : D'argent à la crosse d'or. Gof- 

FRIDUS GROSSUS, ABB. MONAST. DE TlRONIO. 1120. 

» 28° Robert de France, comte du Perche, pendant la minorité de 
Rotrou II : D'argent à trois hermines de sable. 1144. » 

La chaire à prêcher des religieux qui exista jusqu'en 1856 était 
des plus simples : elle se composait d'un escalier en bois avec main 
courante à panneaux ; la tribune était soutenue par une colonne en 
bois , reposant sur une pierre blanche qui servait de socle ; du centre 
de cette colonne partaient huit consoles allant supporter les angles et 
les côtés de la tribune , dont les panneaux étaient garnis d'une simple 
moulure. Le dossier formait un panneau pareil à ceux des boiseries du 
chœur. Le dessus était un baldaquin carré, surmonté d'un petit pan- 
neau , sur lequel était sculptée l'Annonciation de la sainte Vierge. Ce 
panneau est actuellement le tabernacle de la sacristie. 



ex INTRODUCTION. 

Le clocher est du XIII e siècle, de style roman. De sa base à la 
boule, il a 130 pieds de hauteur. La base, qui est quadrangulaire , 
était autrefois percée d'une ouverture à plein-cintre dans chaque flanc 
de muraille , pour le passage des processions , du chœur dans les cha- 
pelles, et des bas-côtés dans les chapelles. 

Dans chaque pan de muraille, un peu au-dessous du toit, étaient 
deux ouvertures à plein-cintre, avec colonnettes et boudins, pareils à 
celles du pignon de l'église au-dessus de la grande porte. Le toît octo- 
gone formant deux dômes était autrefois en bois ; il fut recouvert en 
ardoises, au XVI e siècle. 

L'escalier par lequel on monte aux étages supérieurs est en pierres 
et construit de manière à arriver jusqu'à la toiture, sans endommager 
les voûtes ou planchers. 11 a été construit à part, quoique compris 
dans le carré de la tour. Il servait aussi pour monter dans les galeries 
du chœur. 

Les deux planchers supérieurs sont couverts de plomb et supportés 
par d'énormes poutres en fer. 



IV. 



Nous avons tenté de retracer les faits les plus intéressants de 
l'histoire de l'abbaye de Tiron depuis sa fondation en 1114 jusqu'au 
jour où elle cessa d'exister en 1792. Nous avons poussé plus loin 
notre étude, et en disant ce qui reste aujourd'hui de son ancienne 
église abbatiale, en tâchant de signaler, partout où nous en con- 
naissions, les reliques des travaux des religieux ou les débris de 
ce qui leur avait appartenu, nous avons voulu rassembler, autant 



INTRODUCTION. 

qu'il était en nous, tous les souvenirs de cet important monastère. 
Il est encore cependant un monument dont nous n'avons pas parlé 
jusqu'ici, et qui n'est certes pas le moins important, c'est le Gartulaire 
même qui a servi à faire le livre que publie aujourd'hui la Société 
archéologique d'Eure-et-Loir. Nous pensons qu'il ne sera pas sans 
intérêt de le décrire avec tout le détail qu'il mérite, d'autant que 
cette description nous fournira l'occasion d'expliquer comment en 
général se formaient toutes les collections de chartes connues sous 
le nom de Gartulaires. 

Le cartulaire de Tiron est un volume in- 4°, en parchemin, com- 
prenant dans son état actuel 98 feuillets. Les trois premiers feuillets 
sont remplis par des tables de matières, contemporaines du reste 
du cartulaire. Le quatrième feuillet devait être blanc dans le prin- 
cipe ; il a été couvert postérieurement par la copie d'un acte faux 
que nous avons publié (ch. CGLXX). Les quatre-vingt-dix feuillets 
suivants sont consacrés à la reproduction des pièces. Enfin les quatre 
derniers feuillets ont été ajoutés au XVI e siècle et contiennent les 
chartes relatives au prieuré de Bacque ville. 

Le volume se composait primitivement de 96 feuillets : les quatre 
derniers feuillets n'existaient pas, mais en revanche deux autres 
feuillets ont disparu. Les cahiers se composent invariablement de 
4 feuilles (8 feuillets) : or le neuvième cahier ne contient que 3 feuilles 
( 6 feuillets ) , et en effet le feuillet 65 commence par une charte in- 
complète, et dans la numération dont nous parlerons tout à l'heure 
nous voyons que les chartes 224, 225, 226 font défaut, ainsi que le 
commencement de la charte 227 publiée par nous sous le n° CXCII. 

Continuons à examiner l'état matériel de notre manuscrit. Il a été 
écrit par deux mains différentes, mais de la même époque, de 1160 
à 1165 assurément, c'est-à-dire au moment où l'écriture atteignait 



cxii INTRODUCTION. 

sa plus grande perfection, où l'encre avait cet éclat et cette durée 
que peuvent à peine lui assurer tous les progrès de la science mo- 
derne. Les lettres initiales de chaque titre ont été, après coup, mais 
à la même époque , peintes au cinabre , avec des ornements qui en 
font des modèles de grâce. Les rubriques, toujours très brèves, sont 
également en cinabre , mais ne se trouvent pas en tête de toutes les 
chartes : chaque fois que nous en avons rencontré , nous les avons 
reproduites dans notre publication. Les 31 premiers feuillets ont été 
réglés à la pointe avant l'écriture. Les copistes ont imité les mono- 
grammes des papes et des rois de France, ainsi que les croix placées 
comme seings au bas des chartes originales. 

Entrons maintenant dans les détails de la composition. Toutes les 
abbayes, tous les établissements religieux, plus tard la plupart des 
établissements civils, pour obvier à la perte possible de leurs pri- 
vilèges ou de leurs titres de propriété, songèrent à en former des 
recueils spéciaux, connus aujourd'hui sous le nom de Gartulaires. 
Ces recueils, au moins dans les temps les plus anciens, aux XII e et 
XIII e siècles, furent composés d'une manière uniforme. L'ordre mé- 
thodique n'existait pas alors dans les chartriers : il est probable que 
les documents étaient entassés pêle-mêle. Les cartulaires, imaginés 
pour la conservation des titres, eurent aussi pour but d'établir une 
sorte de classification ; mais cette classification , on ne la fît pas à 
l'avance. On voulait distribuer les chartes suivant l'ordre topogra- 
phique : on créa dans le volume qu'on allait composer des divisions 
formées de plus ou moins de feuillets et destinées à recevoir la copie des 
pièces se rapportant aux mêmes localités. Une fois ces divisions arrê- 
tées , on prenait les chartes au fur et à mesure qu'elles se présentaient , 
et on les inscrivait à la suite les unes des autres, sans s'inquiéter 
de l'ordre chronologique, en ne tenant compte que de la topographie. 



INTRODUCTION. cxm 

Go classement était certainement logique, mais il offrait de grands 
inconvénients. Sans parler des anachronismes flagrants qui s'y ren- 
contraient, les chartes de confirmation étant souvent placées avant 
les donations elles-mêmes, il arrivait fréquemment que retendue de 
chaque division avait été mal calculée. On trouvait sur une même 
localité plus de titres qu'on ne l'avait supposé, et l'on était contraint 
de les transcrire partout ailleurs où il y avait un espace suffisant : 
l'ordre qu'on avait projeté était ainsi forcément renversé. Quand il 
y avait deux expéditions d'une même pièce, ce qui survenait quelque- 
fois, on ne se souvenait plus qu'on avait déjà transcrit la charte, et 
on la reproduisait de nouveau. Nous avons indiqué dans notre pu- 
blication plusieurs exemples de ces chartes doubles : les copistes 
s'étaient parfois eux-mêmes aperçus de leur erreur. En deux endroits 
du Gartulaire de Tiron , la copie a été effacée complètement au 
moyen de la pierre -ponce qui a laissé une trace à peine visible; 
mais la numération des pièces faites par les copistes au moment 
même de la transcription sert à prouver la lacune : ainsi après la 
charte 8 est un espace vide, et le numéro 9 manque effectivement; 
la charte cotée 24 a également été effacée. 

Ce mode de composition de tous les Gartulaires en général ainsi 
expliqué, voyons-en l'application au Gartulaire de Tiron en particu- 
lier. Les copistes, comme nous le montrerons plus amplement ci- 
après, semblent n'avoir pris d'abord, pour composer leur volume, 
que 72 feuillets de parchemin. Ils commencèrent par les diviser en 
deux parties à peu près égales : la première partie destinée à rece- 
voir tous les titres se rapportant aux biens de l'abbaye de Tiron en 
France ; la seconde devant comprendre les chartes relatives aux pos- 
sessions anglaises et normandes. Voici l'ordre très rationnel adopté 
par eux dans chacune de ces grandes divisions : 



cxiv INTRODUCTION. 

I. Privilèges des papes; — Thiron, Saint-Lubin-des-Cinq-Fonts , 
Marolles, Arcisses, Argenvilliers , Beaumont; — Chartres, Oisème; — 
Villandon ; — Ablis, Gourville; — Châteaudun , Péronville ; — Les 
Fouteaux; — Néron; — Le Loir; — Monrion. 

II. Privilèges des rois d'Angleterre et des ducs de Normandie; — 
Crasville, Gères, Heudreville, la Tréhoudière ; — Le Gué-de-1'Aunay ; 
— Croixval, Granri, Saint-Michel-du-Tertre. 

Ici s'arrêtent les 72 feuillets; puis dans les 24 feuillets suivants, 
on trouve, un peu pêle-mêle, les documents se rapportant à : 

Cintry; — Jardy, le Raincy, Notre-Dame d'Arable; — Le Bréau, 
Saint-Ouen de Tournai! ; — Asnières-Bellay, Ferrières , le Teil-aux- 
Moines, Reuzé, Septfaux, Bois-Aubry. 

Nous avons dit que les religieux n'avaient d'abord pensé à prendre 
que 72 feuillets, les croyant suffisants pour la copie de tous leurs 
titres : nous en avons pour preuve, d'abord le manque d'ordre que 
l'on remarque dans les 24 derniers feuillets, puis un fait bien plus 
significatif. Ils avaient numéroté les chartes dont ils faisaient la 
transcription, et ils ont continué ce numérotage jusqu'au chiffre 232 
correspondant à la dernière charte de Saint-Michel-du-Tertre : à partir 
de cette pièce, comme l'ordre n'existait plus, ils ont renoncé au nu- 
mérotage des pièces. 

Nous avions songé un instant, pour notre publication, au lieu d'a- 
dopter l'ordre chronologique , à garder la méthode suivie par les ré- 
dacteurs du XII e siècle. Il est vrai que nous avons ajouté aux pièces 
copiées dans le Gartulaire original, quelques chartes rencontrées par 
nous dans le chartrier de Tiron conservé aux archives d'Eure-et-Loir, 
ou dans des dépôts privés ; mais il aurait été facile de les publier en 
appendice après celles du Gartulaire. Ce qui nous a fait renoncer à ce 



INTRODUCTION. , xv 

système, c'est que nous aurions été amené à une véritable confusion. 
Indépendamment en effet des pièces copiées dans les 24 derniers 
feuillets, où, parmi les titres se rapportant aux prieurés que nous 
avons énumérés , se trouvent des bulles d'Eugène III et d'Alexandre III, 
des documents sur Chartres, les Fouteaux, Ablis, etc., il arrive fré- 
quemment que, même dans les deux premières divisions, se rencon- 
trent des titres qui n'ont aucun rapport avec les localités qui précè- 
dent. Lorsque les copistes se virent à court d'espace, partout où un 
blanc existait, ils le remplirent au hasard avec les pièces qui leur 
tombaient sous la main; et ainsi l'ordre topographique aurait sans 
cesse été altéré. 

Les tables rédigées par nous et publiées à la fin de notre second 
volume suffiront amplement , pensons-nous , pour guider les tra- 
vailleurs dans les recherches qu'ils voudront faire sur telle ou telle 
localité. Pour rendre encore ces recherches plus faciles, nous allons 
dresser dès maintenant la liste des abbayes et prieurés dépendant de 
l'abbaye de Tiron. Gomme nous l'avons dit, le Gartulaire fut écrit 
vers 1160 : à part les quelques pièces ajoutées postérieurement, il 
ne renferme donc que les titres tout-à-fait primordiaux de l'abbaye; 
aussi y rencontre-t-on très peu de ces chartes de donations, quelquefois 
assez insignifiantes , qui généralement abondent dans les Cartulaires : 
ici presque tous les titres sont des actes de fondation d'abbayes ou de 
prieurés, dont les dotations furent considérablement augmentées pen- 
dant la fin du XII e et toute la durée du XIII e siècle. En publiant la 
liste des établissements dépendant de Tiron, nous renverrons aux 
diverses pièces qui les concernent, et l'on pourra ainsi facilement re- 
constituer leur propriétés. 

Nous commencerons par les abbayes , en les classant par dio- 
cèses. 



cxvi INTRODUCTION. 

DIOCÈSE DE CHARTRES. 

1. Arcisses (Notre-Dame d'}, c ne de Brunelles, c on .et arr 1 de Nogent-le- 
Rotrou (Eure-et-Loir). Bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexan- 
dre III de 1176; confirmation de Guillaume, évêque de Ghâlons et 
comte du Perche, en 1225 (ch. GGGLVII1); liste d'appel de 1516. 

Voir ch. XXXIII, CGGGVII. 

DIOCÈSE DU MANS. 

2. Gué-de-L 'Aunay (Saint-Laurent du), appelée aussi Saint-Laurent-sur- 
Braye, c ne et c on de Vibraye, arr 1 de Saint-Calais (Sarthe). D'abord 
prieuré : fondation par Guillaume de Souday, v. 1132 (ch. GXGIV); 
bulle d'Innocent II de 1133; bulle d'Eugène III de 1147. Erigé en 
abbaye vers 1150 : bulle d'Alexandre III de 1165-1173 (ch. GGGXX); 
bulle du même de 1176; procès-verbal de visite en 1485; liste d'appel 

de 1516. 

Voir ch. CGVII, CCXXX, GCXCIX, CGGVI, CCCXXVI, GCGLXVI. 

3. Peliee (Notre-Dame de la), c ne de Gherreau, c on de la Ferté-Bernard, 
arr 1 de Mamers (Sarthe). Fondée v. 1185; donnée à l'abbaye de Tiron 
en 1205 par Hamelin, évêque du Mans. Procès - verbal de visite en 
1485; liste d'appel de 1516. 

Voir ch. GGGXLV, GGGLXI. 

DIOCÈSE DE POITIERS. 

4. Ferrières (Saint-Léonard de), c ne et c on de Thouars, arr 1 de Bres- 
suire (Deux-Sèvres). D'abord prieuré: fondation par Geoffroy de Doué 
(ch. GXLVI); bulle d'Innocent II de 1133; bulle d'Eugène III de 



INTRODUCTION. oxvn 

1147; bulle d'Alexandre III de 1176. Erigé < i n abbaye \. 1 1 <s i : liste 
d'appel de 1516; procès-verbal de visite efl 1517. 
Voir ch. GXLVII, GXLVIII, CCL, GCLXXXIV. 

DIOCÈSE D'ANGERS. 

5. Asnières (Notre-Dame d'), c ne de Cizay, c on de Montreuil-Bcllay, arr ! 
de Saumur (Maine-et-Loire). D'abord prieuré : fondation par Girard 
Bellay de Montreuil, v. 1118 (ch. XIX). Erigé en abbaye en 1129, 
sous le nom de Claire font aine (ch. G et GXII) : bulle d'Innocent II de 
1133; bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III, 1165-1173 
(ch. GGGXX); bulle du même de 1176; liste d'appel de 1516. 

Voir ch. CXIII, CXIV. 

DIOCÈSE DE TOURS. 

6. Bois-Anbry (Saint-Michel ^), nommée d'abord Saint-Michel de Luzé, 
c n(r de Luzé, c on de Richelieu, arr 1 de Chinon (Indre-et-Loire). D'abord 
prieuré : fondation par Brice de Chillon, v. 1135 (ch. GGXII1). Erigé 
en abbaye en 1138 (ch. GCXXI) : bulle d'Eugène III de 1147; bulle 
d'Alexandre III, 1165-1173 (ch. GCXX); bulle du même de 1176; 
liste d'appel de 1516. 

Voir ch. GGXXV. 

DIOCÈSE DE SAINT-MALO. 

7. Saint-Méen, c ne de Bourseul, c on de Plancoët, arr 1 de Dinan 
(Gotes-du-Nord). Cette abbaye avait été fondée dès 550 : nous ne 
savons ni quand ni par qui elle fut donnée à Tiron. La seule men- 
tion que nous en trouvions est dans la liste d'appel de 1516. 



gxviii INTRODUCTION. 

DIOCÈSE DE DOL. 

8. Tronchet (Notre-Dame du), c ne de Plerguer, c on de Châteauneuf- 
en-Rretagne , arr* de Saint- Malo ( Ille-et-Vilaine ) . D'abord prieuré 
fondé v. 1150 : confirmation par Alain, sénéchal de Rennes, 1164- 
1172 (ch. GGGXVII); bulle d'Alexandre III, 1165-1173 (ch. GCGXX); 
bulle du même de 1176. Erigée en abbaye à la fin du XII e siècle : 
liste d'appel de 1516. 

Voir ch. GGGXIV, GGGGX. 

DIOCÈSE DE LYON. 

9. Joug-Dieu (Notre-Dame du), c ne , c on et arr 1 de Villefranche-sur- 
Saône (Rhône). Prieuré dès 1116. Erigé en abbaye par Pierre I er , 
archevêque de Lyon, en 1137 : bulle d'Eugène III de 1147; bulle 
d'Alexandre III, 1165-1173 (ch. GGGXX) ; bulle du même de 1176; 
procès-verbal de visite en 1510; liste d'appel de 1516. Unie au Cha- 
pitre de Villefranche en 1688. 

DIOCÈSE DE WINCHESTER. 

10. Sainte-Croix-en-VIle. Nous n'avons rencontré aucune charte 
spéciale relative à cette abbaye, mais elle est mentionnée : bulle 
d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III de 1176; liste d'appel 
de 1516. 

DIOCÈSE DE SAINT-DAVIDS. 

11. Cathmeis (Sancta-Maria de), dans le comté de Pembrock. D'abord 
prieuré sous le nom de prieuré de Galles. Erigé en abbaye en 1118 : 



INTRODUCTION. i xix 

don de Robert, fils de Martin, confirmé par Henri I er , roi d'Angleterre, 
v. 1119 (ch. XXV); bulle d'Innocent II de 1133; bulle d'Eugène III 
de 1147; bulle d'Alexandre III, 1165-1173 (ch. GCCXX); bulle du 
même de 1176; liste d'appel de 1516. 
Voir ch. XXVII, XXXI. 

12. Saint-Docpnael, dans le comté de Pembrock. Mentionner dans 
la charte XXXI et dans la liste d'appel de 1516. 

DIOCÈSE DE SAINT-ANDREW. 

13. Kelso (Notre-Dame de). Cette abbaye fut d'abord fondée à Selkirk, 
ville du comté de Roxburgh, sous le nom de Notre-Dame de Roxburgh. 
Elle fut transférée à Kelso en 1128, et fut détruite v. 1559. Bulle 
d'Innocent II de 1133; bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexan- 
dre III, 1165-1173 (ch. GGGXX); bulle du même de 1176; liste d'appel 
de 1516. 



14. Sélecherehe. Nous n'avons aucun renseignement sur cette ab- 
baye, située dans le comté de Gumberland en Ecosse. Nous ne 
l'avons trouvée mentionnée que dans la liste d'appel de 1516. 



Nous connaissons 86 prieurés de l'abbaye de Tiron : mais un grand 
nombre d'entre eux disparurent successivement ; il n'y en avait plus 
que 10 en 1720, 49 en 1516. Pour dresser la liste de ces établissements 



cxx INTRODUCTION. 

si nombreux , nous les avons divisés en six classes , suivant les docu- 
ments authentiques que nous avions entre les mains. Nous publierons 
d'abord les noms de ceux qui se trouvent mentionnés dans un Etat des 
'prieurés et de leur revenu en 1720 (ch. CGGGXXV1); puis ceux qui figu- 
rent dans la Liste d'appel des abbés et prieurs dépendants de Vabbaije de 
Tiron et tenus d'assister aux chapitres généraux, liste dressée en 1516 
(ch. GCCGXIX). En troisième lieu, nous indiquerons ceux qui ne sont 
pas nommés dans la liste de 1516, et qui sont rappelés dans une bulle 
d'Alexandre ///, confirmative de tous les biens de l'abbaye, 1175-1176 
(ch. GCGXXVI); puis d'autres cités seulement dans une bulle d'Eugène 
III du 30 mai 1147 (ch. GGXGI et GGXCII); d'autres qui n'apparais- 
sent que dans une bulle d'Innocent II du 16 mars 1133 (ch. GLXXXII); 
enfin ceux qui ne sont mentionnés dans aucun des documents précé- 
dents, mais que nous avons rencontrés dans les chartes publiées par 
nous. 

I. 

DIOCÈSE DE CHARTRES. 

1. Bouche- d'Aigre [Saint- Jean et Saint -Paul de), c ne de Romilly- sur- 
Aigre, c on de Gloyes, arr* de Ghâteaudun (Eure-et Loir). Le prieur de 
Bouche-d'AigTe était le doyen des prieurs dépendants de l'abbaye de 
Tiron. Nous voyons en effet (ch. f III et IV) que ce prieuré fut fondé 
dès le temps de saint Bernard, v. 1114. Bulle d'Innocent II de 1133; 
bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III de 1176; liste d'appel 
de 1516; état des prieurés de 1720. 

Voirch. GLXXXI, GGGXXIX, CGGXXX, CGGXXXIV, GGGLVI , GGGCV. 

D'après les baux, nous savons que le prieur de Bouche-d'Aigre pos- 
sédait les métairies de Niverville, paroisse d'Ozoir-le-Breuil ; de Ville- 
mafré , paroisse de Membrolles ; de Ghanteloup , paroisse de Saint-Jean- 



INTRODUCTION. cxxi 

Froidmentel , et les moulins d'Avau et de Menuet, paroisse de la Ferté- 
Villeneuil, et de la Fosse, paroisse de Romilly-sur Aigre. 

2. Châtaigniers (Saint-Gilles des), c ne de Soizé, c on d'Authon , arr 1 de 
Nogent-le-Botrou (Eure-et-Loir). Fondation par Guillaume Goët, v. 1117 
(ch. XII); bulle d'Innocent II de 1133; bulle d'Eugène III de 1147; 
bulle d'Alexandre III de 1176; procès-verbal de visite en 1485; liste 
d'appel de 1516; état des prieurés de 1720. 

Voir ch. LVII, LXXIX, XGVI, CXXXVI, CL, CLXIII, GLXIV, GLXXV, CGLV , 
CCLXXX, GCGXVI. 

Le prieuré des Châtaigniers possédait les métairies des Bausonnières, 
de la Lauderie , de la Borde-Planchette , des Goderrières ou Laillet , de la 
Massonnière, de Beaubisson, de la Borde-Chasles , de la Troignetière, et 
le moulin de Saint- Jean , paroisse de Soizé ; les métairies de la Rolandière, 
du Goulet, paroisse de Saint-Lubin-des-Cinq-Fonts ; des Faries, du 
Pré-Fourmy , de la Chienne , du Bois-Allain , paroisse de Coudray-au- 
Perche ; de la Gigoulière , paroise de Béthonvilliers ; des Terres-Douces , 
paroisse de Saint-Bomert ; de Chenilly , de Chêne-Courcol , du Chêne- 
Guillou, paroisse d'Unverre. 

3. Fouteaux (Saint-Nicolas des), c ne de Bouffry, c on de Droué, arr 1 de 
Vendôme (Loir-et-Cher ). Fondation par Guérin Sans-Barbe, v. 1125 
( ch. XXIX ); bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III de 1176 ; 
liste d'appel de 1516; état des prieurés de 1720. 

Voir ch. GLVII, CLXXXY, CLXXXVI, GLXXXIX , GGGXII , GCGXXIV. 
En 1511, un bail fait par Jean de Bocachierj, prieur des Fouteaux, 
nous fait connaître exactement les possessions du prieuré : « Loca et 
meditarias de Lalier Magni et Parvi , cum masuris vulgariter nuncupatis 
la Mare-Ferrée et la Gastine , ac etiam loca de Larcif et la Boullière ; 
item unum pratum situm supra vêtus stagnum dictorum Fagorum; 
item unum modium terre situm inter terras de la Sinelière et noas dicti 

P 



cxxn INTRODUCTION. 

loci de Lalier, cum cluabus terre peciis et una pecia prati nuncupata 

Noa-aux-Florins. » 

4. Oisème (La Madeleine d'), c De de Gasville, c on et arr 1 de Chartres 
(Eure-et-Loir). Fondation par Ansold, fils de Godescal de Champhol, 
v. 1130 (ch. GXXVII); bulle d'Eugène III de 1147 ; bulle d'Alexandre III 
de 1176; liste d'appel de 1516; état des prieurés de 1720. 

Voir ch. CLXVIII, CCCXCIII. 

5. Saint-Barthélémy du Vieux-Chareneey , c ne de Saint-Maurice-les-Cha- 
rencey, c on de Tourouvre, arr* de Mortagne (Orne). Fondation par 
Girard, fils de Fulbert, v. 1130 (ch. GXXIII); bulle d'Eugène III de 
1147; bulle d'Alexandre III de 1176; liste d'appel de 1516; état des 
prieurés de 1720. 

Voir ch. CGXIL CCXGV, CCCXLIII. 

DIOCÈSE DU MANS. 

6. Cohardon (Notre-Dame de), c ne de Fyé, c on de Saint - Paterne , arr 1 
de Mamers(Sarthe). Fondation par Guillaume de Ghampfleur, v. 1115 
(ch. IX); bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III de 1176; 
procès-verbal de visite en 1485 ; liste d'appel de 1516 ; état des prieurés 
de 1720. 

7. Saint-Michel-du-Tertre, c ne de Bourg-le-Roi , c oa de Saint-Paterne, 
arr 1 de Mamers (Sarthe). Fondation par Gervais du Verzet, en 1128 
(ch. LXXXIX); bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III de 
1176; procès-verbal de visite en 1485; liste d'appel de 1516; état des 
prieurés de 1720. 

DIOCÈSE DE SÉES. 

8. Madeleine-de-Réno (La), c ne et c n de Sées, arr 1 d'Alençon ( Orne). 



INTRODUCTION. cxxm 

Bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III de I 170; liste d'appel 
de 1516; état des prieurés de 1720. 
Voir ch. GCGGXIV. 

9. Roiissière (Saint-Léonard de la), c ne de Godisson, c on de Courtomer, 
arr* d'Alençon (Orne). Bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexan- 
dre III de 1176; procès - verbal de visite en 1485; liste d'appel de 
1516; état des prieurés de 1720. 



DIOCÈSE DE ROUEN. 



10. Clères (Saint-Silvestre de), arr 1 deBouen (Seine-Inférieure). Bulle 
d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III de 1176; liste d'appel de 
1516; procès-verbal de visite en 1528; état des prieurés de 1720. 

Voir ch. CCXLV, CGGIV. 



Dans l'état des prieurés de l'abbaye de Tiron en 1720, figurent deux 
autres maisons, celles de Saint-Pierre de Geton et de Saint-Pierre de 
Pont-Neuf, qui, d'après les titres que nous avons entre les mains, 
relevaient du prieuré de Saint -Denis de Nogent-le-Botrou. Nous ne 
savons en vertu de quelle donation on les a classées dans cet état 
comme appartenant à l'abbaye de Tiron, qui du reste en percevait 
certainement les revenus en 1720. 



cxxiv INTRODUCTION. 

II. 

DIOCÈSE DE CHARTRES. 

11. Chapelle-Vicomtesse (Saint-Michel de la), autrefois appelé Notre- 
Dame-des-Plains , c on de Droué, arr 1 de Vendôme (Loir-et-Cher). Bulle 
d'Eugène III, de 1147. Le nom de La Chapelle-Vicomtesse apparaît 
pour la première fois en 1204 (ch. CCCXLIV). Liste d'appel de 1516. 

12. Ecoman (Saint- André d'), appelé dans le principe Saint-André de 
la Foret-Longue, c on d'Ouzouer-le-Marché, arr 1 de Blois (Loir-et-Cher). 
Fondation par Adèle, comtesse de Blois, 1117-1119 (ch. XIV); bulle 
d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III de 1176; liste d'appel 

de 1516. 

Voir ch. XLIX, CGGXL1. 

13. Madeleine près Brév al (La) , dit aussi le Petit-Tir on, c ne de Bréval, 
c on de Bonnières, arr* de Mantes (Seine-et-Oise). Fondation par Guil- 
laume de Saint-Cheron, v. 1130 (ch. CXLV); bulle d'Eugène III de 
1147; bulle d'Alexandre III de 1176; liste d'appel de 1516. 

Voir ch. CGXXIV. 

14. Montrion (Saint-Eutrope de), c ne de Cellettes, c on et arr 1 de Blois 
(Loir-et-Cher). Fondation par Adèle, comtesse de Blois, v. 1119 (ch. 
XXIV); bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III de 1176; 
liste d'appel de 1516. 

Voir ch. CGII1, CGC. 

DIOCÈSE DU MANS. 

15. Beaulieu (Notre-Dame de), c Ee d'Auvers-sous-Montfaucon , c on de 
Loué, arr 1 du Mans (Sarthe). Bulle d'Eugène III de 1147; bulle 
d'Alexandre III de 1176; liste d'appel de 1516. 

Voir ch. XG. 



INTRODUCTION. cxxv 

16. Croixval (La Madeleine de), c ne de Ternay, c on de Montoire, air 1 de 
Vendôme (Loir-et-Cher). Confirmation de sa fondation par Payen 
Hélinand, v. 1125 (ch. LXXIV) ; bulle d'Eugène III de 1147; bulle 
d'Alexandre III de 1176; liste d'appel de 1516; prise de possession 
en 1566 (ch. CCCCXX). 

Voir ch. CXLI, GGIX. 

17. Loudon (Saint-Michel de), c ne de Parigné-l'Evêque , c on et arr 1 du 
Mans (Sarthe). Bulle d'Alexandre III de 1176 ; liste d'appel de 
1516. 

18. Louïe (Saint-Pie?re de), c ne et c on de la Fresnaye-sur-Chedouet, 
arr 1 de Mamers (Sarthe). Bulle d'Innocent II de 1133; bulle d'Eu- 
gène III de 1147; bulle d'Alexandre 111 de 1176; procès-verbal de 
visite en 1485; liste d'appel de 1516. 

19. Montaillé (La Madeleine de), c ne de la Milesse, c on et arr 1 du 
Mans (Sarthe). Fondation par Aubry de la Milesse, en 1121 (ch. 
XLVI); bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III de 1176; 
liste d'appel de 1516. 

Voir ch. GXLVIII, CGCV, CCCLXIX, GGCXGIX. 

20. René (Saint-Maurice de), appelé d'abord simplement Saint-Mau- 
rice ou Saint-Maurice de Couptrain, c ne de Lignières-la-Doucelle , c on de 
Gouptrain, arr 1 de Mayenne (Mayenne). Bulle d'Eugène III de 1147; 
bulle d'Alexandre III de 1176; liste d'appel de 1516. 

21. Saint-Sulpice-en-Pail , dit aussi S aint-Sulpice- des -Chèvres, c ne de 
Gesvres, c on de Villaines-la-Juhel, arr 1 de Mayenne (Mayenne). Fon- 
dation par Hugues de Saint-Aubin, v. 1140 (ch. CCLIV); bulle d'Eu- 
gène III de 1147; bulle d'Alexandre III de 1176; liste d'appel de 
1516. 



cxxyI INTRODUCTION. 



DIOCÈSE DE ROUEN. 

22. Bacqueville (Notre-Dame de), arr* de Dieppe (Seine-Inférieure). 
Fondation par Guillaume Martel (ch. GXG) ; confirmation par Hugues 
III d'Amiens, archevêque de Rouen, en 1133 (ch. CLXXXIII); bulle 
d'Eugène III de 1147 ; bulle d'Alexandre III de 1176 ; liste d'appel de 
1516 ; procès-verbal de visite en 1528. Uni au collège des Jésuites de 
Rouen, en 1607 (ch. GGGGXXIII). 

Voir ch. GXC, CCCXXV, CCCXXXII, CGCXXXVI1I, CGCLIV, CCGLXXV, CCCCXII. 

23. Crasville-la-Rocquefort (Saint-Martin de), c on de Fontaine-le-Dun, 
an? d'Yvetot (Seine-Inférieure). Fondation par Robert de Crasville, v. 
1126 (ch. LXXXIII); confirmation par Hugues III d'Amiens, archevê- 
que de Rouen, v. 1132 (ch. GLXX1I) ; bulle d'Eugène III de 1147 ; bulle 
d'Alexandre III de 1176 ; liste d'appel de 1516; procès- verbal de visite 
en 1528. 

24. Madeleine-sur-Seine (La), c ne et c on de Vernon, arr 1 d'Evreux 
(Eure), fondé par saint Adjuteur, seigneur de Vernon, mort en 1131, 
en reconnaissance de sa délivrance miraculeuse de la captivité des Sar- 
rasins , due à l'intercession de sainte Marie-Madeleine et de saint Rer- 
nard de Tiron. Rulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III de 
1176 ; liste d'appel de 1516. 

25. Orsemont (Saint-Jean cl'). Rulle d'Eugène III de 1147; bulle d'A- 
lexandre III de 1176 ; liste d'appel de 1516. 

26. Ribœuf-sur-Mer (Saint-Laurent de), appelé d'abord Sai?it-Laurent-de- 
la-Chaussée, c ne d'Ambrumesnil , c on d'OfPran ville, arr' de Dieppe (Seine- 
Inférieure). Rulle d'Eugène III de 1147 ; bulle d'Alexandre III de 1176 ; 
liste d'appel de 1516; procès-verbal de visite en 1528. 



INTRODUCTION. § cxxvn 

27. Saint-Blaise-de-Luy , appelé d'abord Grémonville , c ne de Grémon- 
ville, c 0D d'Yerville, arr 1 d'Yvetot (Seine-Inférieure). Confirmation par 
Henri I er , roi d' Angleterre , v. 1117 (ch. XIII); bulle d'Eugène III de 
1147 ; bulle d'Alexandre III de 1176 ; liste d'appel de 1516 ; procès-ver- 
bal de visite en 1528. 

28. Tréhoudière (Notre-Dame de la), appelé d'abord le Tronchet, puis 
Notre-Dame de Tournij , c ne de Tourny , c on d'Ecos, arr 1 des Andelys (Eure). 
Confirmation par Mathieu de Vernon, 1133-1145 (ch. CLXXXVII); 
bulle d'Eugène III de 1147 ; bulle d'Alexandre III de 1176 ; liste d'appel 
de 1516; procès-verbal de visite en 1559. 

Voir ch. GLXXXVIII , GGXIV. 

DIOCÈSE D'EVREUX. 

29. Headreville-sur-Eîire (Saint-Martin d'), c on de Gaillon, arr 1 de Lou- 
viers (Eure). Bulle d'Innocent II de 1133 ; bulle d'Eugène III de 1147 ; 
bulle d'Alexandre III de 1176 ; liste d'appel de 1516. 

Voir ch. CGLXXXI. 

30. Huest (Sainte-Cécile de), c on et arr 1 d'Evreux (Eure). Bulle d'Eugène 
III de 1147 ; bulle d'Alexandre III de 1176 ; liste d'appel de 1516. 



DIOCÈSE DE POITIERS. 

31. Mougon, c ne d'Iteuil, c on de Vivonne, arr* de Poitiers (Vienne). 
Bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III de 1176; liste d'ap- 
pel de 1516. 

32. Reuzé (La Madeleine de), c ne d'Orches, c on de Lencloître, arr 1 de 
Châtellerault (Vienne). Fondation par Foulques V, comte d'Anjou ; 



cxxviii INTRODUCTION. 

confirmation par Geoffroy Plantagenet , comte d'Anjou, v. 1132 
(ch. GLXV); bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III de 
1176 ; liste d'appel de 1516, où il est faussement attribué au diocèse 

de Tours. 

Voir ch. GGLIII, GGLXIV, GGLXV, GCLXXXV. 

33. Teil-aux-Moines (Notre-Dame du), dit aussi le Grand-Teil, c ne de la 
Chapelle-Viviers, c on de Chauvigny, arr 1 de Montmorillon (Vienne). 
Fondation par Renaud de la Forêt, v. 1120 (ch. XL); bulle d'Inno- 
cent II de 1133 ; bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III 
de 1176; liste d'appel de 1516. 

Voir ch. XLII, XLIII, CIL GUI, CIV, CV. 

34. Trappe (La) , dit aussi la Moinerie, c ne de Millac, c on de l'Isle- Jour- 
dain, arr 1 de Montmorillon (Vienne). Bulle d'Eugène III de 1147; 
bulle d'Alexandre III de 1176; liste d'appel de 1516, où il est faussement 
attribué au diocèse de Maillezais. 

35. Troussaie (Sainte-Radegonde de la), c ne de Céaux, c on de Gouhé , 
arr 1 de Civray (Vienne). Bulle d'Eugène III de 1147 ; bulle d'Alexandre 
III de 1176 ; liste d'appel de 1516. 

Diocèse de Maillezais. 

36. Tironneau. Liste d'appel de 1516. 
Voir ch. CCXLIX, CCLI, CCLII. 

Diocèse de Nantes. 

37. Sept faux, c ne de Vue, c on du Pellerin, arr 1 de Paimbœuf (Loire- 
Inférieure). Fondation par Gonan III, duc de Bretagne, en 1132 (ch. 



INTRODUCTION. cxxix 

GLXI); bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III de L176; 
liste d'appel de 1516. 

Voir ch. CGLXXXVL 

Diocèse d'Angers. 

38. Saulaye (La), c ne de la Cornuaille, c on du Louroux-Béconnais , arr 
d'Angers (Maine-et-Loire). Bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'A- 
lexandre III de 1176 ; liste d'appel de 1516. 



Diocèse de Paris. 

39. Jardy (La Madeleine de), appelé quelquefois, par erreur, les Jardins, 
c ue de Marnes-la-Goquette , c on de Sèvres, arr 1 de Versailles (Seine-et Oise). 
Don par Girbert, évêque de Paris, en 1120 (ch. XXXII); bulle d'Inno- 
cent II de 1133 ; bulle d'Eugène III de 1147 ; bulle d'Alexandre III de 
1176 ; liste d'appel de 1516. 

Voir Ch. GGCLXXX. 

40. Raincy (Notre-Dame du), c n8 de Livry, c on de Gonesse, arr 1 de 
Pontoise (Seine-et-Oise). Fondation par Baudouin de Villeflix, v. 1130 
(ch.GXLIV); bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III de 1176; 

liste d'appel de 1516. 
Voir ch. CCCLXXX. 

41. Saint-Ouen de Tournan, c ne de Favières, c on de Tournai!, arr 1 de 
Melun (Seine-et-Marne). Fondation par Manassès de Tournan,. v. 1128 
(ch. GXIX); bulle d'Eugène III de 1147 ; bulle d'Alexandre III de 1176 ; 
liste d'appel de 1516. 

Voir ch. CXLII, GLXXVII , GLXXVIIL GLXXIX, CGXI, CGGLXXX. 

r 



cxxxn INTRODUCTION. 



III. 



DIOCÈSE DE CHARTRES. 



50. Ablis {Saint-Epaigne d'), c on de Dourdan, arr 1 de Rambouillet 
(Seine-et-Oise). Fondation par Geoffroy de Presles, v. 1115 (ch. VIII); 
bulle d'Eugène III de 1147 ; bulle d'Alexandre III de 1176. 

Voir ch. XXXVI, CCXXXVII, CCGLXXXI. 

51. Clémas {Saint-Michel de) , c ne du Favril, c on de Gourville, arr 1 de 
Chartres (Eure-et-Loir). Bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre 
III de 1176. 

52. Loir [Notre-Dame du), c ne du Thieulin, c on de la Loupe, arr 1 de 
Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir). Fondation par Eudes de l'Orme, v. 
1120 (ch. XXXVII); bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III 
de 1176. 

Voirch. XXXV1IL L, CCCXLVIII, CGCLIII, CCCLXXXIV. 

53. Méleray [Le), c ne de Margon, c on et arr 1 de Nogent-le-Rotrou 
(Eure-et-Loir). Accord avec Nicolas delà Bruyère, v. 1125 (ch. LXXVII); 
bulle d'Eugène III de 1147 ; bulle d'Alexandre III de 1176. 

54. Molineuf {Saint-Pierre de), c ne de Saint-Secondin , c on d'Herbault, 
arr 1 de Blois (Loir-et-Cher) (*). Bulle d'Eugène III de 1147; bulle 
d'Alexandre III de 1176. 

Voir ch. XLVIII, XLIX, GCGG. 

(*) Dans le mur de la chapelle de la Vierge, en l'église de Saint-Secondin, est une ins- 
cription tumulaire en l'honneur de « Pierre Mestees, procureur de R. P. en Dieu M. 
l'abbé de la Sainte-Trinité de Thiron en la terre et seigneurie de Molineuf et garde de la 
forest de Bloys, qui trespassa le xxx e jour de juillet mil V e XXXVIII. » 



INTRODUCTION. cxxxm 

55. Monte-Lui&erni (Sanctus-Silvester de), près Bouffry , c on de Droué , 
arr 1 de Vendôme (Loir-et-Cher). Fondation par Hugues de Ponce , 1125- 
1131 (ch. LXXVII); bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III 
de 1176. 

Voir ch. LXXXIV, CGXXVII. 

56. Péronville, c 0D d'Orgères, arr* de Ghàteaudun (Eure-et-Loir). Fon- 
dation par Pierre de Péronville, en 1130 (eh. GXXI); bulle d'Eugvnr 
III de 1147; bulle d'Alexandre III de 1176. 

Voir ch. GLV, GLVI, GLXII, CXCIII , CCII, GGV1II. 

57. Ribœuf (Notre-Dame de), c ne de Romilly-sur- Aigre, c on deGloyes, 
arr 1 de Ghàteaudun (Eure-et-Loir). Fondation par Renaud d'Epieds , 
v. 1128 (ch. XGVIII) ; bulle d'Alexandre III de 1176. 

Voir ch. CXXXIV. 

58. Saint-Georges-de-Blémard, dit aussi Saint-Georges-de-Péglait , c ne de 
Saint-Etienne-des-Guérets , c oa d'Herbault, arr 1 de Blois (Loir-et-Cher). 
Bulle d'Eugène III de 1147 ; bulle d'Alexandre III de 1176. 

Voir ch. CCCXV. 

59. Saint- Jean-des-Murgers , c ne de Meaucé, c on de la Loupe, arr* de 
Nog^ent-le-Rotrou (Eure-et-Loir). Fondation par Guillaume de Vaupillon, 
av. 1133 (ch. GXGV) ; bulle d'Innocent II de 1133 ; bulle d'Eugène III 
de 1147 ; bulle d'Alexandre III de 1176. 

60. Saint-Rémy de Néron, c ne de Néron, c on de Nogent-le-Roi , arr* de 
Dreux (Eure-et-Loir). Fondation par André Cholet et Morhier de Nogent, 
v. 1125 (ch. LXXI); bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III 

de 1176. 

Voir ch. LXXXII, CXXXV, GCXL, CGGI. 

61. Villandon, c ne de Montainville , c 01 de Voves, arr 1 de Chartres 

s 



cxxxiv INTRODUCTION. 

(Eure-et-Loir). Fondation par Guillaume de Queux, v. 1128(ch. XGVII); 

bulle d'Eugène III de 1147 ; bulle d'Alexandre III de 1176. 

Voir eh. GXV, CXXVIII, GXXVIII bis, GLXIX, CLXX, GLXXI, GXGVII, GXGVIII, 
CG, CCXXIII, GGXXXVI, GGLXXV, GCLXXV1. 

62. Yron [Notre-Dame d'), c ne et c on de Gloyes, arr 1 de Ghâteaudun 
(Eure-et-Loir). Fondation par Agnès de Montigny, v. 1115 (ch. X) ; 
confirmation par Thibaut IV, comte de Blois, en 1165 (ch. GGGX1X) ; 
bulle d'Eugène III.de 1147; bulle d'Alexandre III de 1176. 

Voirch. GCGC. 
Le prieuré d 1 Yron possédait les métairies du Jueil , de la Piotière , 
de la Ghatonnerie , de la Grimaudière , paroisse de Gloyes ; du Grot , de 
la Verrière, de la Vifuerie, de Bellande, de la Massonnière, paroisse 
de Villeboust ; deChoudry et de Ghardonnelles , paroisse de Pré-Nouve- 
lon ; de la Mercerie , paroisse de la Ghapelle-du-Noyer ; de la Feularde 
et de Thironneau, paroisse de Péron ville. 

DIOCÈSE DU MANS. 

63. Grandry (Saint-Jean de), c ne de Fontaine-en-Beauce , c on de 
Savigny-sur-Braye , arr 1 de Vendôme (Loir-et-Cher). Fondation par 
Eremburged'Aunay, v. 1127 (ch. GLXXVI); bulle d'Eugène III de 
1147 ; bulle d'Alexandre III de 1176. 

Voir ch. XCII. 
Ce prieuré passa dès le XIII e siècle sous la dépendance immédiate de 
l'abbaye du Gué-de-1'Aunay. 

DIOCÈSE DE POITIERS. 

64. Laugerie, c ne de la Pluye, c on de Pleumartin, arr 1 de Ghâtellerault 
(Vienne). Bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III de 1176. 



INTRODUCTION. cxxxv 

DIOCÈSE DE SAINTES. 

65. Breuil (Le), c no de Fléac, c on de Pons, arr 1 de Saintes (Charente- 
Inférieure). Bulle d'Eugène III de 1147 ; bulle d'Alexandre III de 1 170. 

66. Drairie (La), c ne d'Azay-sur-Thouet, c on de Secondig^ny, arr 1 de 
Parthenay (Deux-Sèvres). Bulle d'Eugène III de 1147 ; bulle d'Alexandre 
III de 1176. 

DIOCÈSE DE PARIS. 

67. Bouligneau, c ne de Saint-Fargeau , c on et arr 1 de Melun (Seine-et- 
Marne). Bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III de 1176. 

Voir ch. CGGLXXX. 

68. Ormoij, c on et arr 1 de Gorbeil (Seine-et-Oise). Bulle d'Eugène III 
de 1147 ; bulle d'Alexandre III de 1176. 

DIOCÈSE DE BOURGES. 

69. Lorelium. Bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III de 
1176. 

DIOCÈSE DE CLERMONT EN AUVERGNE. 

70. Rotandiim-Donum. Bulle d'Eugène III de 1147 ; bulle d'Alexandre 
III de 1176. 

DIOCÈSE DE WINCHESTER. 

71. iïlapedroella. Bulle d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III 
de 1176. 



cxxxvi INTRODUCTION. 

72. Sanctus-Andreas-de-Hamla. Bulle d'Innocent II de 1133; bulle 
d'Eugène III de 1147; bulle d'Alexandre III de 1176. 
Voir ch. CCIV, CCLXII. 



DIOCÈSE DE HEREFORD. 



73. Titileia (Sancta-Maria de). Confirmation (1117-1126) par Henri 
I er , roi d'Angleterre, du don fait par Adam du Port (ch. XV) ; bulle 
d'Eugène III de 1147 ; bulle d'Alexandre III de 1176. 



IV. 

DIOCÈSE DE CHARTRES. 

74. Saint-Mesme , c ne de Trizay-lés-Bonneval , c on de Bonneval, air 1 de 
Châteaudun (Eure-et-Loir). Cession par l'abbaye de Bonneval, v. 1140 
(ch. CCXLIII); bulle d'Eugène III de 1147. 

Voir ch. GGXGVIII. 

DIOCÈSE DE BAYEUX. 

75. Notre-Dame-d'Estrées , c on de Cambremer, arr 1 de Pont-1'Evêque 
(Calvados). Bulle d'Eugène III de 1147. 



V. 

DIOCÈSE DU MANS 



76. Notre-Dame-de-rEguillé , c ne de Pruillé-l'Eguillé, c on du Grand- 
Lucé, arr 1 de Saint-Calais (Sarthe). Bulle d'Innocent II de 1133. 






INTRODUCTION. 



C X X XVI 1 



VI. 

DIOCÈSE DE CHARTRES. 

77. Chartres (Eure-et-Loir). Don de Dodes de la Croix, v. 1130 (ch. 
CXXVI). 

Voir ch. XXVIII, XXIX, LU, LUI, CI, CLIX, CLXVII, CLXXIV, CGXXII, 
CGXXXII, CGXXXIII, GGLVIII, GGLXXIV. 

78. Membrolles, c ou d'Ozouer-le-Marché, arr* de Blois (Loir-et-Cher). 
Don de Girard le Diable, v. 1127 (ch. LXXXIX). 

Voir ch. CIX, CXVII, CCXXXVIII, GGXLIX. 

79. Pépinière (La), c ne de la Bazoche-Gouet , c on d'Authon, arr* de 
Nog^ent-le-Rotrou (Eure-et-Loir), n'est mentionné qu'une fois en 1267 
(ch. CCCXC1). 

DIOCÈSE DE POITIERS. 

80. Moussay, c ne et c on de Vouneuil-sur-Vienne, arr 1 de Châtellerault 
(Vienne), mentionné dans la charte CLXXX. 

DIOCÈSE DE NANTES. 

81 . Corsept (Saint-Nicolas de), c on et arr 1 de Paimbœuf (Loire-Inférieure). 
Fondation par Conan III, duc de Bretagne, v. 1137 (ch. CCXVI). 

Voir ch. GGLXVI. 

DIOCÈSE DE PARIS. 

82. Bréau (Notre-Dame de), c on de Mormant, arr 1 de Melun (Seine-et- 
Marne). Fondation par Dodouin deBombon, v. 1140 (ch. CCLXXXIII). 

Voir ch. CCLXIII. 



cxxxviii INTRODUCTION. 

83. Meudon, c on de Sèvres, arr 1 de Versailles (Seine-et-Oise), men- 
tionné dans une charte de Louis VI, v. 1125 (ch.LXXVI). 

84. Paris (Seine). Don par Anthelme de Groslay, confirmé par Louis 
VII, en 1136 (ch. ÇCXIX). 

Voir eh. CCCLV, CCCLXVII, CGGLXIX, CCCLXXXIII, CCCLXXXV. 

DIOCÈSE D'ORLÉANS. 

85. Augerville-la-Rivière , c 00 de Puiseaux, arr 1 de Pithiviers (Loiret). 
Don d'IvesdeGourville, v. 1118 (ch. XVIII). 

Voir ch. CXXXII. 

COMTÉ DE CORNOUAILLE. 

86. Eenedevelle , mentionné dans la charte XXXIX. 



' * — I < » % IMI I 



CARTULAIRE 



DE 



L'ABBAYE DE TIBON 



CHARTES ET DOCUMENTS. 



CHARTULARIUM 

ABBATI.E 

SANCTjE-TRINITATIS DE TIRONE 

EX AUTOGRAPHIS 
ET ALIIS INSTRUMENTIS NOVISSIME COLLECTUM. 



I. 



Charte de fondation de l'Abbaye de Tiron. 

« De una carruca terre que dicitur terra Sancle- Marie, que est super 

rivulum qui dicitur Tiro. » 

(llli, n. s., 3 février.) 

« In nomine sancte et individue Trinitatis, eg*o Ivo, Garnotensis ec- 
clesie humilis minister, et Arnaudus, decanus, necnon commune Gapi- 
tulum Beate-Marie, notum volumus fîeri omnibus tam futuris quam 
presentibus quod domnus Bernardus, venerabilis abbas, cum greg'e 
sibi commisso, parv^itatem nostram humiliter adierunt, petentes ut 
eis concederemus carruoatam unam terre de terra Beate-Marie que est 
super rivulum qui dicitur Tiro, infra Gardiensem parrochiam, ad edi- 
fîcandum monasterium et claustrum et cetera usui fratrum necessaria. 
Quorum petitio quia dig*na impetratione et multis profutura et nostre 

1 



2 GHARTULAR1UM DE TIRONE. 

honestati et eorum utilitati convenire visa est, dono eis predictam ter- 
rain quietam et immunem a synodo et circada; ab omni etiam consue- 
tudine, ab omni exactione perpetualiter habendam concessimus , salva 
obedientia que episcopo et capitulo debetur. Ut autem per succedentia 
tempora fîrmum et stabile hoc donum maneat, presenti scripto manda- 
vimus et signis manibus nostris factis roboravimus. f Sig'num Ivonis, 
Garnotensis episcopi. f Sig'num Arnaudi ('), decani. f Sig'num Geor- 
gii, cantoris. f Sig'num Hugwûs, subdecani. f Sig'num Garini, sub- 
centoris. f Sig'num Insgerii, archidiaconi. f Sig'num Galterii, archi- 
diaconi. f Sig'num Goslini , archidiaconi. f Sig'num Raimbaudi , 
archidiaconi. f Sig'num Landrici, archidiaconi. f Sig'num Odonis, 
archidiaconi. f Sig'num Gaufridi, prepositi ( 2 ). f Sig'num Haimerici, 
prepositi. f Sig'num Seranni, prepositi. f Sig'num Hug-onis , prepo- 
siti. f Sig'num Ebraldi, capicerii. f Sig'num Radulfî, camerarii. f 
Sig'num Stephani, abbatis Sancti-Johannis. f Sig'num presbiterorum 
Haimonis, Hug'onis, Ricardi, Galterii, Garini, Rainaudi. f Sig'num 
Hug*onis de Sancto -Andréa. Data Carnoti per manum Vulgrini, can- 
cellarii ( 3 ), tercio nonas februarii, anno ab incarnatione Domini mil- 
lesimo centesimo tercio decimo, réglante Ludovico Philippi. » 

{Car t. de Tir on, f° 2 v°. - Gallia Christiana, T. VIII, Iastr., p. 313. — Car t. de N.-ù. de 
Chartres, T. I, p. 118.) 



(*) On voit Arnaud figurer comme doyen de l'église de Chartres dès l'année 1092. 
Il se démit du décanat pour entrer comme moine à l'abbaye de la Trinité de Vendôme ; 
mais il ne put y rester et revint à Chartres où il fut rétabli dans sa dignité de doyen. 
C'est ce que témoigne le passage suivant d'une lettre de Geoffroy, abbé de Vendôme : 
« Domnus Ernaldus, quem decanum vestrum dicitis, si sibi secundum justitiam pla- 
» cuisset, potius in nostra quam in vestra sorte manere debuisset. » Arnaud était 
encore doyen en 1120. 

( 2 ) Ce Geoffroy, prévôt, nous parait être le même que Geoffroy de Lèves, qui suc- 
céda à saint Ives dans l'évêché de Chartres. C'était dans sa prévôté qu'était située la 
prêtrière de Gardais , où se trouvait le terrain donné par le Chapitre de Chartres à 
saint Bernard : aussi Geoffroy fut-il chargé par le Chapitre d'aller délimiter la portion 
de terre cédée aux nouveaux moines. 

( a ) Vulgrin fut élu archevêque de Dol en 1107 (Voir, au sujet de son élection, Epist. 
Yvonis, n os 200 et 262). Il se démit avant d'avoir été confirmé par le Pape et reprit les 
fonctions de chancelier en l'église de Chartres, comme il se voit par cette pièce. 



GHARTULAR1UM DE TIRONE. 3 

A la suite de cette charte originale de la fondation de l'abbaye de Tiron, 
nous C7*oyons devoir reproduire, à titre de curiosité, la charte fausse que firent 
fabriquer les religieux au XV e siècle, pour établir la fondation de leur 
monastère. 

« In nomine sancte et individue Trinitatis, amen, ecclesia Carnotensis 

j > 7*7 

cunctis Christi fidelibus presentibus etposteris, salutem etpacem: Salvatoris 
nostri Jesu Christi ejusque genitricis Marie pie matris nostre admiranda 
prodigia et preconia nostris temporibus accidencia, cum silere fas non sit, in 
lucis noticiam educere volentes , omni posteritati notificamus quod cum tri- 
bus continuis diebus nostrum pluribus visiones, ut nunc perpendimus, appa- 
ruissent, quibusdam agmen apum dulcissimum nostras adiçns sedes, aliis 
vir monachili redimitus habitu, miro vallatus candore, ipsos a sompno exci- 
tans, visiones autem ipsas mirificus et suavissimus sequebatur omnium 
aromatum odor -, quos rlagitatim duobus perpentantes diebus, ad extremum 
quenam heç visiones essent cujusque rei graciam concernèrent, singulis 
quibusque nostrum per dies ? per momenta, per horas solerter discucien- 
tibus, missa Sancti-Spiritus celebrata et ejusdem gracia postulata, paulo 
post nunciatum fuit adesse dompnum Bernardum , reverendum Tironensium 
monachorum patrem, nostro cetui loqui deprecantem. Qui intromisso in 
nostro capitulo, nobis in eo congregatis, proponensque se cum sua congre- 
gatione malle in Béate - Marie territorio quam principis terreni degere, 
carrucatam terre ad czenobium sue ediflcandum congregationi deposcens, a 
nobis libenter admissus est. Cognoscentes enim ab nudius tertius habitas 
visiones, libenter eisdem eorumque successoribus dictam carrucatam conces- 
simus, cum omni jurisdictione sive districtu et alia quavis libertate spirituali 
et temporali, et ita libère et quiète tenendam ab ipsis, sicuti ipsam prius 
tenebamus. Letabundi autem de eorum adventu, eos, si in carrucata terre 

> > > > > > > 7 > 7 > * 

quam eis in territorio nostro de Garzeis concessimus monasterium sibi edi- 
ficent, libertatibus sequentibus immunimus : volentes siquidem ipsos in pace 
et tranquillitate foveri, ne mundi crescente malicia super optata per nos 
pace turbentur, volumus et in perpetuum ipsi monasterio largimur quod 
ipsum monasterium et ejus celle, domus et administrationes, présentes et 
future, et habitantes in eis, présentes et posteri, soli subsint episcopo Carno- 
tensi; itaque nec nobis decano et capitulo, nec quibusvis nostris archidia- 
conis, dignitatibus, officiis vel prebendis suberunt, nec coram eis in aliquo 
respondeant, nec per alium quam per Carnotensem episcopum jurisdiccio 



4 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

spiritualis, sive in civili sive in criminali, in eos exerceatur. Sic tamen et 
sub hac conditione premissa a capitule» ? archidiaconis , dignitatibus, officiis 
et prebendis rejicimus et tollimus et episcopo tribuimus quod abbatem 
Tironensem ad suam synodum episcopus venire vel interesse non com- 
pellet, nisi ab eo super aliquibus tocius dioceseos ecclesiasticum statum 
concernentibus noviter ordinandis, consilium et consensum suum exqui- 
rentibus j litteratorie sibi insinuatis et expressatis , vocatus et vocandus exti- 
terit, licentius enim ipsum abbatem sollicitudini et cure sibi commisse 
vacare vellemus. Insuper volentes eos honoribus plus ceteris attolli quia in 
territorio nostro degere premaluerunt , volumus et largimur quod Tiro- 
nensis abba primo quovis honore primus post episcopum emineat. Ut 
autem eo magis bonis temporalibus accrescant quo speramus et optamus eos 
in domo Domini fructus uberes allaturos, volumus et eis in perpetuum 
concedimus et largimur quod in quibuscumque dominiis et territoriis nostris 
et sub nobis existentibus ipsi libère acquirere possint et acquisitum in manu 
nostra libère in perpetuum teneant et possideant nullaque calumpnia per 
nos vel nostrum aliquem super hoc eis inferri possit. Ab omni autem con- 
suetûdine et exactione seculari ipsi et eorum homines in quibuscumque do- 
miniis et districtibus nostris liberi sint et immunes. Ut autem per succedentia 
tempora hee nostre largitiones firme eis et valide permaneant, volumus et 
largimur nullum temporis lapsum, nullum in contrarium usum, vel posses- 
sionem quin hiis libertatibus et largitionibus in perpetuum inviolabiliter gau- 
deant et uti possint in futurum , hiis obesse posse \ quin ymo hos ipsos actus, 
usus et possessiones vel quasi ac prescriptiones quascumque sequutas exnunc 
irritamus et anullamus ac irritas et nullas irritosque et nullos decrevimus. 
Volentes hec decreto domini legati et quorumeumque superiorum nostrorum 
in perpetuum firmari , et omnes usus , actus , possessiones vel quasi et 
prescriptiones sequtas quascumque premissis per nos largitis contrarias per 
eum et eos irritari et anullari in perpetuum ac irrita ea omnia per que con- 
traveniretur et nulla decçrni. Unde hec sub nostrorum ecclesiam Carnoten- 
sem faciencium nominibus, subscriptionibus et signis manibus nostris factis 
ipsis religiosis sub sigillorum nostrorum karacteribus unanimi omni volun- 
tate et assensu duximus concedenda perpetuam firmitatem allatura. 

Ego Yvo, Carnotensis episcopus, subscripsi. 

Ego Arnaudus, decanus Carnotensis, subscripsi. 

Ego Gerogius, cantor Carnotensis, subscripsi. 

Ego Hugo, subdecanus Carnotensis, subscripsi. 

Ego Warinus, succentor Carnotensis, subscripsi. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 

Ego Ansgerus, archidiaconus Carnotensis, subscripsi. 

Ego Walterus, archidiaconus in Duno, subscripsi. 

Ego Goslenus, archidiaconus in Pissiaco, subscripsi. 

Ego Raimbaudus, archidiaconus in Droco, subscripsi. 

Ego Odo, archidiaconus in Bleso, subscripsi. 

Ego Landricus, archidiaconus in Vindocino, subscripsi. 

Ego Goffredus, prepositus in Normannia, subscripsi. 

Ego Herveus, prepositus in Mazengeio, subscripsi. 

Ego Ferandus, prepositus in Envercio, subscripsi. 

Ego Hugo, prepositus in Ingreio, subscripsi. 

Ego Radulphus, camerarius Carnotensis, subscripsi. 

Ego Stephanus, abba Sancti-Johannis, subscripsi. 

Ego Haimon, canonicus presbiter, subscripsi. 

Ego Hugo, canonicus presbiter, subscripsi. 

Ego Ricardus, canonicus presbiter, subscripsi. 

Ego Gauterius, canonicus presbiter, subscripsi. 

Egô Warinus, canonicus presbiter, subscripsi. 

Ego Rainaudus, canonicus presbiter, subscripsi. 

Ego Dulcinus, canonicus presbiter, subscripsi. 

Ego Rotrocus, canonicus presbiter, subscripsi. 

Ego Ysembardus, canonicus presbiter, subscripsi. 

Ego Johannes, canonicus presbiter, subscripsi. 

Ego Sedusinus, canonicus presbiter, subscripsi. 

Ego Leobinus, canonicus presbiter, subscripsi. 

Ego Petrus, canonicus presbiter, subscripsi. 

Ego Ancelmus, canonicus presbiter, subscripsi. 

Ego Fulco, canonicus presbiter, subscripsi. 

Ego Rodçricus, canonicus presbiter, subscripsi. 
« Acta Garnoti , per manum Wulgrini cancellarii , tercio nonas februarii , 
anno ab incarnato Verbo M centesimo decimo, régnante in Francia Hlu- 
dovico Philippi. » 
(Orig. en parch.) 

A cette charte est attachée la suivante, reliée par un lacs de soie brochée, 
auquel était appendu un sceau ovale aujourd'hui disparu, mais dont il reste le 
sachet en peau, doublé de soie rouge, sur lequel on lit ces mots de la même 
écriture que la pièce elle-même : C. Richardi lçgati apostolici, de confir- 
matione. 



6 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

a Condescendantes devotis sanctam ecclesiam divini cultus augtum et pre- 
cipuum beatam religionem concernentibus postulantium votis, Nos Richardus, 
Albanensis ecclesie qualiscumque minister, apostolice sedis licet indignus 
servus et legatus, largitiones per ecclesiam Garnotensem monachis Tironen- 
sibus et eorum monasterio et membris in litteris per has transfixis contentas , 
sancte sedis apostolice auctoritate laudamus, confirmamus et approbamus ac 
perpétuas vires obtinere volumus, decernentes , prout ipsa pia mater largitrix 
ecclesia voluit et requisivit, omnes possessiones vel quasi actus et usus 
quosvis in contrarium largitorum in futurum habitos vel habendos, quibus- 
cumque prescriptione vel temporis lapsu firmati sint vel fuerint, exnunc pro 
in futurum irritos et nullos esse, et exnunc pro in futurum im perpetuum 
ipsius ecclesie réquisitions eos irritamus et anullamus ac nulla et irrita esse ex- 
nunc pro tune decernimus. Acta sunt hec in palatio episcopali Carnotensi et 
data scriptaque manu Wlgrini ipsius ecclesie cancellarii sub karacteris nostri 
munimine, septimo kalendas aprilias, anno ab incarnato Verbo millesimo 
centesimo decimo. » 
(Orig. en parch.) 

Cette charte n'était pas assez explicite; les religieux du XV e siècle la com- 
plétèrent par une autre beaucoup plus détaillée, à laquelle ils donnèrent la 
date précise de la charte originale de fondation, le 3 des nones de février 
1113 ( 1 ). Cette pièce, composée avec un art véritable, renferme renonciation 
de tous les prétendus droits que s'arrogeait l'abbaye de Tir on. Elle est donc 
très curieuse à ce point de vue, et sa publication nous évitera la peine de 
reproduire les autres chartes fausses, rédigées toutes sur le même modèle. 

« In nomine sancte et individue Trinitatis , Patris et Filii et Spiritus 
Sancti, amen. Quoniam ad omnem christicolam pertinet, ad honorem Dei et 
Ecclesie provectum, religionis ordinem exaltare et honorare et Deo militantium 
quieti et profectui solerter in omnibus providere, ideo nos Ecclesia Carno- 
tensis monachos Tironenses, monastici ordinis strenuos sectatores et quantum 
ad humanum spectat examen tam factis quam vita pollentes, in nostram 
parochiam advenientes, avide suscepimus, et locum in quo Deo militarent, 
cum magis in gloriose Virginis territorio elegerint militare, eisdem conces- 

(*) Cette date est bonne à remarquer : quand il n'y avait pas utilité, le faussaire du 
XV e siècle ne se mettait pas en grands frais d'imagination. Son premier modèle était 
daté du 3 des nones , presque tous ses actes faux sont datés du 3 des nones ou des ides. 



GHARTULARIUM DE TIRONE. 7 

simus, carrucatam videlicct unam terre in parochia nostra de Garzeis, cum 
omni juridictione, jure, dominio, superioritate, districtu et alia quavis liber- 
tate spirituali et temporali, ita libère et quiète in perpetuum tenendam ab 
ipsis, sicuti eam tenebamus et possidebamus, nichil penitus nisi quod Carno- 
tensi episcopo suberunt nobis retento. Quin imo volentes et cupientes eos in 
pacis tranquillo foveri, volumus et eis in perpetuum largimur quod ipsum 
monasterium Tironense et ejus monasterium de Arsiciis alieque quas in futu- 
rum habebunt abbacie ac celle , prioratus, domus, administrationes ceteraque 
eorum membra, presentia et futura, monachi quoque et eorum conversi , 
donati çeterique familiares et servitores, tam in dicto monasterio Tironensi 
quam ejus membris prefatis manentes et in posterum mansuri, in quavis 
parte dispersionis episcopatus et dioceseos Carnotensis, soli subsint episcopo 
Carnotensi, ita quod nec decano nec capitulo nec quibusvis archidiaconis vel 
aliis dignitatibus , officiariis seu prebendariis vel aliis nostris prepositis subsint , 
nec coram eis sive ex officiis sive ad partis instantiam in aliquo respondeant , 
nec per alium quam per Carnotensem episcopum visitentur, personaliter pre- 
sentem, vel jurisdicio in eos vel loca ipsa sive in civili sive in criminali exercea- 
tur: quin imo, exnunc pro in futur um in perpetuum, ipsos monasterium Tiro- 
nense, abbacias, prioratus, cellas, domos, administrationes ceteraque eorum 
membraet habitantes in eis, présentes etposteros, ab ipsis decano, capitulo, 
archidiaconis, dignitatibus, prebendariis ceterisque officiariis et suppositis 
nostris liberamus et minuimus. Sic autem super locis premissis et in eis habi- 
tantibus , religiosis et conversis , episcopus Carnotensis cognoscet quod eorum 
prima punicio, correctio, refformacio, ordinacio et alia quevis cognicio tam 
in civili quam in criminali, tam ex officio quam ad partis instanciam, ad 
abbatem Tironensem spectabunt, sed in ejus deffectum, ipso tamen in ipsis 
emergentibus casibus prius speciflce premonito et requisito, ad episcopum 
Carnotensem pertinebunt. Abbas autem Tironensis ampliori prerogativa 
volumus insigniri, sicuti non coram nostris suppositis premissis, sic nec coram 
officialibus episcopalibus volumus in aliquo premissorum invitum respondere 
compelli, nec eis in aliquo subesse, sed tantum coram personali presentia 
episcopi Garnotensis, nisi ex sui ab episcopatu absentia emergentem casum 
alicui speciflce episcopus duxerit committendum. Sic vero eos et loca eorum 
premissa visitabit epicopus, quod solum ipse et personaliter et non per alium 
eos et loca ipsa visitare poterit. In monasterio autem Tironensi personaliter , 
ut premittitur, visitans, procurationem unius diei habebit. Gum vero monas- 
terium ipsum vel ejus loca predicta per se, ut predicitur, visitabit, si, deductis 
manutencionibus, reparacionibus , et aliis oneribus, monasterium vel locus 



8 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

ipse centum libras valeat, ad vitam ministrorum , procurationem estimationis 
viginti solidorum episcopus habebit -, quod si ducentas valeat , procurationem 
estimationis quadraginta solidorum habebit ; si autem trecentas valeat, procu- 
rationem estimationis sexaginta solidorum habebit; quod si quadringentas 
valeat , procurationem estimationis octoginta solidorum habebit ; quod si 
quingentas valeat, procurationem estimationis centum solidorum habebit*, 
ultra autem centum solidorum estimationis procurationem, etiam si plus 
monasterium vel locus quovismodo valeat, nullatenus habere vel exigere 
poterit. Super valoribus autem antepremissis volumus et ordinamus in per- 
petuum, absque aliqua contradictione vel refragatione , stari assertioni jurate 
administratoris et unius alterius per ipsum presentati. A locis autem, deductis 
premissis, minus centum valentibus libris, nichil penitus exigere nec perci- 
pere poterit. Libras autem et solidos premissos Parisiacos intelligi volumus (*). 
Insuper volentes eos et monasterium ipsum Tironense plus ceteris attolli, 



(*) Les moines se créèrent un titre à peu près identique pour les procurations dues à 
l'évêque du Mans; mais cette fois ils ne se donnèrent pas la peine de singer récriture du 
XIII e siècle : ils se contentèrent de leur écriture véritable (commencement du XV e siècle) , 
en ayant soin d'inscrire en tête de la pièce Copia, et de la faire suivre sur la même 
feuille d'un acte parfaitement authentique : 

Universis présentes litteras inspecturis, J. decanus et capitulum Cenomannense, salu- 
tem in Domino : Noverit universitas vestra quod cum inter reverendum patrem Mauricium 
episcopum nostrum ex una parte et venerabilem abbatem de Thironio ex altéra, coram 
judicibus a domino papa delegatis, contencio vertebatur super quibusdam procurationibus 
quas dictus episcopus exigebat in quibusdam prioratibus ad abbatiam de Thironio perti- 
nentibus, in Cenommanensi diocesi constitutis , in quibus ipse vel antecessores sui Ce- 
nommanenses episcopi nunquam procurationem usque ad hec tempora habuerant , tan- 
dem super hiis compositum est in hune modum quod quando Cenomannensis episcopus 
domum aliquam visitabit ad dictam abbatiam pertinentem, in qua usque ad tempus ejus 
non consuevit Cenomannensis episcopus procurationem habere, cujus proventus , non 
deductis expensis , valent per annum viginti libras turonenses , recipiet tantum idem epis- 
copus viginti solidos turonenses , ita quod secundum numerum librarum augmentabitur 
tantummodo numerus solidorum persolvendus eidem. Quantumcumque tamen ultra 
quinquaginta libras unius predictarum domorum redditus habundaverint, nichil recipiet 
ultra quinquaginta solidos turonenses in eadem. Domus autem cujus proventus ad viginti 
libras turonenses non pervenerit, a predicto honere in perpetuum sit immunis, licet 
eciam contingat proventus ejusdem futuris temporibus amplius augmentari. Hoc eciam 
est adjunctum quod dictos denarios nec idem episcopus nec successores ejus exigere 
valeant nisi locum personaliter visitantes. Nos autem hujusmodi compositionem ratam 
habentes prefato abbati présentes litteras contulimus sigilli nostri munimine roboratas in 
hujus rei testimonium et munimen. Actum anno gratiae MCC vicesimo sexto. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 

quia in territorio nostro degere- permaluerunt , volumus, concedimus et 
largimur in perpetuum quod in consiliis, congregationibus ecclesiarum, divi- 
norum celebrationibus et aliis locis, pre ceteris quibuscumque abbatibus 
prelatis ac dignitatibus nostris et tocius episcopatus Carnotensis, Tironensis 
abbas, tam sedili quam alio quovis honore, primus post episcopum emincat 
et fulciatur. Ut autem licencius et continuacius abbas Tironensis cum suis 
cenobitis contemplacioni vacet eisque fecundius intendat quo minor ei per 
orbem discursus erit, ad sinodum episcopalem Carnotensem Tironensis abbas 
venire non compellatur , nisi ab episcopo super aliquibus totum dioceseos 
ecclesiasticum statum concernentibus noviter ordinandis, consilium et con- 
sensum suum exquirentibus, litteratorie sibi insinuatis et expressatis, ea 
prebiturus vocatus et vocandus extiterit. Preterea, ut eo magis bonis tem- 
poralibus accrescant, quo speramus et optamus eos in domo Domini fructus 
uberes allaturos, ac ne per quamdam, nunc maie crescentem in mundo 
noviter, insolentiam, qua viri ecclesiastici eis collata vel per eos acquisita extra 
suam manum ponere compelluntur , super ipsis collatis vel acquisitis in 
dominiis nostris in futurum turbentur, volumus et eis in perpetuum conce- 
dimus et largimur ut in quibuscumque territoriis et dominiis nostris et sub 
nobis existentibus , ipsi libère acquirere possint, et acquisitum sive dono, sive 
emptione, sive alias, in manu mortua libère teneant et possideant. A rachato 
quoeumque, vendicionibus , jure dominii, retencionibus, retractationibus, 
fide, homagio, laudinis, relevamentis et quibuscumque juribus feodalibus 
et non feodalibus, excessu, decessu , defectu domini vel hominis, seu nova 
domini mutacione, nobis ex vel super acquisito debitis, omnique justicia, 
dominio et superioritate tam castalanicis, baronicalibus quam aliis quibusvis 
quam super ipso acquisito prius habebamus, et omni corveia, banno, tallia, 
procuratione et consimilibus servitutibus et juribus que acquisitum ipsum 
prius nobis débet, omnino liberum et quietum : que omnia, exnunc pro in 
perpetuum, pro die et tempore quo acquirent, eis quitamus et in ipsis trans- 
ferimus, solo censu vel redditu, censu tamen in ipso redditu converso, 
retentis. Acquisitum ipsum, nobis non vocatis, per se ipsos capere et se 
exinde saisire poterunt. Rursus, cum secundum divinam legem lévite sibi 
invicem décimas solvere non tenebantur, per quod et alias, secundum Jero- 
nimum aliosque sacros doctores, inconveniens valde esset quod possessio 
unius ecclesie alteri ad decimationem teneretur, ideo ut de collectis in terris, 
vineis, pratis, virgultis et aliis possessionibus et hereditatibus in quavis parte 
dispersionis tocius episcopatus Carnotensis quovismodo ad eos adventis , et de 
nutrimentis animalium in ipsis habitis, etiam si per colonos firmarios vel alios 

2 



10 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

ipsa etiam in sui utilitatem leventur dum tamen ab ipsis monachis Tironen- 
sibus teneantur , décime nec nobis nec aliis quibusvis ecclesiis sive parrochia- 
libus sive aliis episcopatus nostri predicti ullatenus exsolvantur, ipsos in 
perpetuum liberamus et munimus, décimas ipsas ipsis religiosis ad eorum 
provisionem et sustentationem in perpetuum largientes. Sacramenta autem 
matrimonii, baptismi, penitentie, eucharistie, extreme-unctionis, sepultura et 
alia suis donatis, familiaribus, servitoribus et aliis in eorum obsequio manen- 
tibus, in quacumque, ut predictum est, parte dispersionis episcopatus 
Carnotensis , ipsi religiosi, non obstante quacumque rectorum parrochialium 
vel aliorum virorum ecclesiasticorum , ad quos alias hec spectarent , condicione, 
libère conferre , et apud eos sepulturam eligentes libère sepelire , ac oblaciones 
et alia a Ghristi fidelibus in ipsorum monasterii, prioratuum, cellarum, 
domorum, administracionum et aliorum membrorum ecclesiis, basilicis, 
oratoriis et capellis allata , recipere et sibi libère et omnino appropriare ut 
valeant et omnimodo in perpetuum possint concedimus et largimur. Dedimus 
insuper eis pasturam, glandium pessonem ac pasnagium pro suis et suorum 
membrorum porcis , vaccis et aliis animalibus quibuscumque , et pro ipsis et 
suis membris nemus vivum et mortuum, ac pro suis hominibus mortuum, 
ad edificare, ardere et omne aliud absque aliqua redibitione vel requisitione, 
liberos et quietos usus in nemoribus nostris de Garzeis, Augusto et aliis 
quibuscumque. Ulterius largimur eis in perpetuum quod ipsi et sui conversi, 
donati, servitores et ceteri homines sub ipso monasterio et ejus membris 
manentes, présentes et posteri, a pedagiis, traversibus, barragiis, chantel- 
lagiis, talliis, corveiis, bannis, tabernagiis, mensuragiis, stallagiis, tondeiis, 
havagiis, tolteris, platerigiis, deablagiis, boisselagiis , molturis, corratagiis , 
venetagiis, transitibus, pannagiis, quadrigagiis , procurationibus furnorum, 
molendinorum, tabernarum, torcularium et aliis quibuscumque bannis, vico- 
rum, itinerum, pontium, villarum et castrorum reparacionibus et eorum 
custodiis et vigiliis et aliis quibuscumque nominibus vocentur consuetudi- 
nibus, serviciis, honoribus, oneribus, subvencionibus et exacionibus secula- 
ribus, que etiam prius solvebantur vel exhibebantur , et horum omnium 
deprisibus viarum, sive equis, jumentis, bobus, asinis, quadrigiis, vehitis et 
aliis quibuscumque bonis animalibus et ducticiis quibusvis, sub sui solum, si 
inde requirentur, simplicis juramenti assertione quod taies, ut premittitur, 
existunt, in quibuscumque locis et dominiis nostris et eorum districtibus , in 
perpetuum liberi sint et immunes , ipsosque exnunc in perpetuum a supra - 
dictis liberamus et immunimus. Confirmamus etiam eis annuale modium 
avene, in festo sancti Johannis Evangeliste, eis per majorem de Garzeis super 



GHARTULAR1UM DE TIRONE. 1 1 

viaria et territorio nostris de Wastina , dictis de Boscario , ex parte Augusti , 
annuatim exsolvendum ; necnon medietatem , participationem sive communi- 
tatem decimarum, censuum, campiparcium , avenagiorum, vendicionum ac 
etiam omnis districtus, dominii, justicie, jurisdictionis aliorumque quorum- 
cumque jurium que in ipsis territoriis ex hominibus habemus. Item confir- 
mamus eis escoblagium et quadrigagia que ultra nos super ipsas terras 
habent, eis annuatim suis terminis per ipsarum terrarum homines exsol- 
venda; que omnia inclitus Rotrocus, Perticensis cornes, ipsis religiosis largitus 
est et dédit. Ut autem, per succedentia tempora, hee nostre largitiones firme 
eis et valide permaneant, necnon et alie concessiones et jura premissa, volu- 
mus, ordinamus et decernimus, nullo unquam jure vel exceptione nulla, 
consuetudine vel indulto, nulla possessione, saisina, actu vel usu quibus- 
cumque prescriptione vel temporis lapsu firmatis , ullatenus contra premissa 
vel aliquod ex eis in futurum in perpetuum veniri vel iri posse; quin imo 
ipsa omnia per que aliquatenus in futurum contraveniretur exnunc irritamus 
et annullamus, ac irrita exnunc et nulla decernimus. Sed et ea omnia que 
premissa sunt et quodlibet ex eis sub omni flde, stabilimento et bonorum 
nostrorum obligatione eis in perpetuum nostris sumptibus et expensis tueri, 
defendere et garentizare contra omnes promittimus. Qui autem, postquam 
largitiones ipse sibi innotuerint, contra ipsas vel ipsarum aliquam attempta- 
verit, vel consilium seu auxilium contravenienti dederit, Deo et Sanctis ejus 
anathema in perpetuum sit , pestemque in corpore et bonis in hoc seculo sen- 
tiens, maledictionem Dei tociusque milicie celestis incurrat, infeliciter vivat, 
misera morte decedat, et cum nequissimo Juda perpetuis gehennalibus flam- 
mis torreatur. Qui autem eis applauserit in hoc et futuro seculo perpétua 
gloria et felicitate letetur, eo prestante qui régnât in celo. Volumus autem et 
consentimus quod , in perpetuam firmitatem , summus pontifex vel ejus 
legatus vel dominus metropolitanus suum decretum hiis apponat. Unde hec, 
cum magnis tractatibus et deliberationibus, nuper et hodie, in nostro gene- 
rali capitulo per nos acta, subscriptionibus nostrum Ecclesiam Carnotensem 
facientium, et signis nostrum manibus factis, ac sigillorum Yvonis episcopi 
et Kapituli caracteribus , unanimi omnium voluntate et consensu, ipsis reli- 
giosis duximus concedenda, in perpetuum robur et attestationem premis- 
sorum. 

Ego Yvo, Carnotensis episcopus. 

Ego Arnaudus, decanus Carnotensis. 

Ego Gerogius, cantor Carnotensis. 

Ego Hugo, subdecanus Carnotensis. 



d2 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

Ego Warinus, succentor Garnotensis.. 

Ego Ansgerius, archidiaconus Carnotensis. 

Ego Walterus, archidiaconus in Duno. 

Ego Goslenus, archidiaconus in Pinsiaco. 

Ego Raimbaudus , archidiaconus in Droco. 

Ego Odo, archidiaconus in Bleso. 

Ego Landricus, archidiaconus in Vindocino. 

Ego Goffredus, prepositus in Normannia. 

Ego Henricus, prepositus in Masengeio. 

Ego Alanus, prepositus in Auversio. 

Ego Hugo, prepositus in Ingreio. 

Ego Radulphus, camerarius Garnotensis. 

Ego Stephanus, abbas Sancti-Johannis. 

Ego Haimon, canonicus presbiter. 

Ego Hugo, canonicus presbiter. 

Ego Ricardus , canonicus presbiter. 

Ego Gauterius, canonicus presbiter. 

Ego Warinus, canonicus presbiter. 

Ego Dulcinus, canonicus presbiter. 

Ego Rotrocus, canonicus presbiter. 

Ego Ysembardus, canonicus presbiter. 

Ego Johannes, canonicus presbiter. 

Ego Seducinus, canonicus presbiter. 

Ego Leobinus , canonicus presbiter. 

Ego Petrus, canonicus presbiter. 

Ego Anselmus, canonicus presbiter. 

Ego Fulco, canonicus presbiter. 

Ego Rodericus, canonicus presbiter. 

Ego Sillarius, canonicus presbiter. 

Ego Fulcrannus, canonicus presbiter. 

Ego Johannes, canonicus presbiter. 

Ego Desiderius, canonicus presbiter. 

Ego Gonsaldus, canonicus presbiter. 

Ego Gatho , canonicus presbiter. 

Ego Emanus, canonicus presbiter. 

Ego Supplicius, canonicus presbiter. 

Ego Agapitus, canonicus presbiter. 

Ego Pascalis, canonicus presbiter. 



GHARTULARIUM DE TIRONE. r.i 

Acta et data Carnoti scriptaque manu Wlgrini cancellarii, tercio nonas 
februarii, anno ab incarnato Verbo millesimo centesimo dccimo tercio, 
régnante in Francia Hludovico Philippi. 

A cette pièce est jointe une charte de confirmation de Conon, cardinal 
évêque de Préneste, légat du Saint-Siège , conçue exactement dans les mêmes 
termes et datée du 3 février 1114. 



II. 

Consécration du Cimetière de l'Abbaye de Tir on. 

« De concessic-nibus Ivonis episcopi et de liber tatc hujus loci. » 

(1114 circa.) 

« Dum ea que religiosis locis devotio fîdelium, pro redemptione 
animarum suarum, dare consuevit ad sustentaiionem eorum qui ibi 
commorantur non jam in humanis rébus computanda sint quia Dei 
sunt, oportet rectores ecclesiarum ut ea tanquam divina patrimonia in 
defensionem ecclesie suscipiant et exerto gladio pervasores eorum et 
distractores , tanquam Dei contemptores , canonica severitate ferire non 
différant. Quod ego Ivo, Garnotensis ecclesie humilis minister, pio 
affectu considerans, scripture monimento notum facio omnibus orto- 
doxis ecclesie fîliis tam presentibus quam futuris quod Rotrocus , nobilis 
et strenuus Mauritanie cornes, humilitatis nostre presentiam adierit, 
postulans ut consecraremus cujusdam cenobii cimiterium quod situ in 
est super rivum qui Tyron vocatur , ad usum quorumdam religiosorum 
monachorum, qui in eodem loco heremiticam vitam ducere elegerant 
et monasterium ibi pro loci et temporis oportunitate construxerant. 
Nos itaque tanti viri pie petitioni assensum prebentes, pretaxatum 
locum in usum cimiterii, ea dumtaxat conditione consecravimus ut 
nulla ibi de cetero secularis potestas aliquas seculares consuetudines 
accipiat, nullas exactiones extorqueat. Gui conditioni pretaxatus cornes 
bénigne assentiens, rem cumulatius quam peteretur exibuit, predicte 
libertati addens ut quicquid de feuodo ejus eidem loco concederetur 



14 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

eadem immunitate potiretur. Nos igitur ad conservandam tranquilli- 

tatem servorum Dei, prefatum locum cum appenditiis ejus, ad peti- 

cionem predicti comitis, in tuitionem sancte Carnotensis ecclesie et 

nostram paterne suscepimus, et pervasores eorum atque déstructures 

an te tribunal eterni judicis terribiliter condempnandos esse denuntia- 

mus, et in hac temporali ecclesia sine cujus communione ad illam eter- 

nam perveniri non potest, eos a corpore et sanguine Christi et ejusdem 

ecclesie communione sequestramus , donec resipuerint et Christi patri- 

monium reformare humili satisfactione studuerint. Conservantibus 

autem et idem Christi patrimonium amplifîcantibus benedictio et pax a 

domino Jesu Christo , qui cum esset dives pro nobis pauper factus est 

ut nos sua paupertate ditaret et sua infîrmitate sanaret. » 

{Cari, de Tiron, f° 3 v°. — Epistolœ Yvonis, lettre CGLXXX1I. — Cart. de V Hôtel-Dieu de Châ- 
teaudun, A. 3, ri 238.) 

III. 

Don de la terre de Romainville et de la Forêt. 

« De Oggria. » 
(1114 circa.) 

« Quoniam humanarum rerum oblivione interveniente et morte que 

via est universç carnis sua 

suum per universum orbem terrarum exercente , que fîunt sine littera- 

rum apicibus , custodiri diu nequeunt 

libet scripto annotari quod ego Reginaldus Perceae dono 

Deo et donno Bernardo abbati at 

gentibus me ipsum conjugemque meam, et omnem terram meam de 

Romainvilla et de Foresta et de Castro , . . . 

cumque possideo de feodo Agnetis de Montiniaco. Hoc concessit predicta 

Agnes de Montiniaco suorum 

remedio, que nec maritum nec fîlium nec fîliam tune habebat. Testibus 

istis : Reginaldo Philippo , Gi- 

baudo, Fulcaudo forestario, cum duobus fratribus suis Bigotti et Wil- 
lelmo , multisque dono Deo et predicto 



CHARTULAKIUM DE TIRONE. l.i 

abbaLi terrain meam de Gantalupo, quam teneo de Adam Brunello, <l< i 

feodo G dentibus ipso Adam eu ni 

uxore sua Helvis, et Goffredo cum uxore sua Helvis fîliisque 

. . . Robertus, Radulfus, Ivo, Gervasius, Godescalcus. Testes hujus 

rei sunt: Regûnaldus Espier Albertus 

Infans, Goffredus de Pataico, Gradulfus Gauda-Hirundinis et multi alii. 

H niaco et terram de Autoil et de Jupeel conce- 

dimus eg*o et monachi Gibaudo ad censum duorum 

tibus: Paschali papa, Ivone Garnotensium episcopo, Lodo- 

vico reg*e Francorum , Ada Blesensium 

Stephano, Willelmo. » 

(Orig. en parch.) 

IV. 

Don de l'Église de Saint-Georges de Cloyes. 

« De Oggria. » 
(1114 circa.) 

« Notum sit tam presentibus quam futuris fidelibus quod ego .... 

cens me et parentes meos ecclesiam Sancti-Georgûi 

multo tempore injuste tenuisse, reddo eam liberam domino ven .... 

concédât eam in perpetuum habendam domno 

Bernardo abbati et fratribus sub ejus regimine deg*entibus. Quod ita . . 

fratres, cupiditatis causa, ecclesiam 

suscepisse, nichil enim in ea quesituri sunt seu in offerenda seu in 

sc|)ultura tantum decimam rerum 

suarum habebunt. Quod si quis abbas domno Bernardo abbati succédons 

(\v rébus ecclesie eo tempore fuerit 

abbati illi ecclesiam auferat sibique retineat; ita sane ne unquam aliis 

monachis eam habere conced est 

prefati fratres habere voluerunt ne ab aliis monachis in eam quoquo- 

modo ingredientibus ipsi vel eorum successores scandalum 

oni remote vite idoneis in prefate ecclesie parrochia , 

pro anime mee parentumque meorum remedio , de terra mea quç . . . 



I 6 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

de Ponte-Cloes , sicuti ducit via ipsa ad Vallem- 

Fereis, et sicuti vallis ipsa super ffm*m extenditur usque 

et in alio loco dedi eis terram ad quandam carrucam , 

et in loco qui dicitur Predem dimidium pratorum meorum 

. salute animarum suarum concesserunt mater mea 

Regina et fratres mei Garinus , Garatinus , cum uxore mea 

Testes : Reginaldus Espier, Paganus Elinandus , de 

cujus terra habent etiam supradicti monachi quam 

feodo , Reg'inaldus Perceae , Gauterius nutricius , Gabaudus , 

Philippus , Agnes de Montiniaco , utriusque 

sexus Ivone predicto Carnotensium episcopo , Lodovico reg*e 

Francorum, Adela Blesensium comitissa, 

Stephano, Willelmo. » 

(Oricj. en parch.J 



Don de terres et de prés à Melleray et à Arrou. 

(1114 circa.) 

« Notum sit omnibus quod ego Jeremias dono Deo et donno Bernardo, 
abbati Tyronensi , et monachis Deo ibi servientibus sex carrucatas terre 
apud Melereiz et omnia prata que inter sex carrucatas illius terre pote- 
runt edifîcari , et insuper omnia mea propria prata de Arrou , et unam 
aream ad molendinum faciendum, et aquam ad piscandum. Dono 
insuper predictis monachis omnia nemora mea , mortuum ad ardendum 
et vivum ad edifîcandum et suis hominibus, et pasturam animalium 
suorum et pecorum, et pasnagium porcorum suorum et hominum 
suorum sine additamento aliorum, Arvis uxore mea cogriomine Sacra- 
cerra concedente, et filiis meis concedentibus Raginaudo, Philippo, 
Bartholomeo, Hugone, Hamelino, Fulcherio. Hujus rei sunt testes duo 
canonici regulares Sancti-Georg*ii-de-Nemore , scilicet Lanbertus et 
Goffredus, et très clerici Insuie Benedictus, Robertus, Maugerius, et 
quidam miles Trubaudus nomine, Hugo Médius, clericus, Bocardus 
Fomet, Reginaudus Muteos, Ricardus Sarree, Mainardus Tapetii. » 

(Car t. de Tir on, f° 85 r°.) 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 17 



VI. 



Don d'une meule à Roche fort. 

« De mola Rocheforti. » 
(1114 circa.) 

a In nomine Domini, ego Guido, cornes Rocheforti (*), cum vellem 
ire Jerosolimis, commendans me ipsum orationibus piissimi patris 
Bernardi, scilicet abbatis ïyronii, et ejus conventus, dedi illis in ca- 
pitulo Tyronii unam molam viginti solidorum per singrilos annos, 
quicquid magis vellent vel nummos vel molam, de redditibus Roche- 
forti. Hujus rei sunt testes: Rotrocus, cornes Perticensis, et Beatrix 
comitissa, mater ejusdem, Simon de Gaseram ( 2 ), Guido de Bolum , 
Gauterius Sine-Napis ( 3 ) et Robertus frater ejus, et Hemon prepositus, 
et Robertus de Moteia. » 

{Cart.de Tiron, f° 20 v°.) 

(') Gui de Rochefort, fils du puissant Gui le Rouge, ancien sénéchal de France , qui 
un instant avait contrebalancé la fortune du roi de France. Il succéda à son père vers 
1108: on date ordinairement sa mort de l'année H 12; nous voyons par cette charte 
qu'on doit plutôt la reporter vers l'année 1115. 

(*) La famille de Gazeran fut l'une des plus considérables de l'ancien comté do 
Montfort. Elle s'allia à toutes les grandes familles des environs, celles de Maintenon, 
d'Ouarville, de Guyencourt, de Machery, etc. Elle possédait la grande châtellenie de 
Gazeran et d'Ouarville, qu'une de ses héritières, vers la fin du XIV e siècle, porta dans 
la maison de Prunelé, originaire de la Porte, près Étampes. C'est ainsi que les Prunelé 
possédèrent Gazeran jusqu'en 1706 et Ouarville presque jusqu'à nos jours. 

( 3 ) La famille Sans-Nappes avait de nombreuses possessions dans le doyenné de 
Rochefort: un village, le Bréau-Sans-Nappes , a encore conservé son nom. Vers 1140, 
Amaury Sans-Nappes, fils de Guérin, fit un accord avec les moines de Bretheucourt 
pour un moulin sis audit lieu. Dans une charte postérieure, il abandonne aux mêmes 
religieux quatre muids de blé sur leur grange de Bretheucourt : ce dernier acte est 
confirmé par les frères d'Amaury , Gilles, Robert et Renaud, par sa sœur Ledgarde, 
par Robert , fils de Gilles , et par Gautier Troisnel , neveu d'Amaury. 

3 



18 GHARTULARIUM DE TIRONE. 



VII. 

Don de quatre charmées de terre à Cintray. 

« Carta Cintriaci. » 
(1115.) 

« In nomine sanctç et individue Trinitatis, in nomine Christi, ego 
Lucdovicus , Dei dispensante misericordia , in regem Francorum subli- 
matus , notum fîeri volo omnibus sancte Dei çcclesiç curam g*erentibus 
quatinus, pro animarum patris mei et matris mee predecessorumque 
nostrorum remedio, terram quantum convenit un carrucis, fratribus 
in ecclesia de Tiron Deo militantibus, apud villam nostram que Cintria- 
cus vocatur, donavi eamque eis possidendam in perpetuum concessi. 
Verum ut hoc ratum et fîrmum permaneat in sempiternum , presentem 
cartam nostri auctoritate sigilli fîrmatam et roboratam fîeri disposui, 
quç et istud caritativum patenter exponat et in munimentum stabilitatis 
perpetuo existât. Preterea silvam de Meleriaco solummodo ad bospi- 
tandum et ardendum eisdem monachis concedimus. Facta est autem 
anno ab incarnatione Domini M°G XV°, regni nostri VII , Adelaidis 
reg*ine primo , astantibus in palacio quorum nomina subtitulata sunt et 
signa. Sig'num Anselli dapiferi. Signium Hugonisconstabularii. Sig'num 
Gilleberti buticularii. Sig'num Guidonis camerarii. Testes autem fuerunt 
Rotholdus cornes, Guillelmus de Garlanda (*), Hug*o, Herveus. Data 
per manum cancellarii Stephani. » 

(G art. de Tiron, f° 61 r°.) 



( l ) Guillaume était le troisième des quatre frères de la famille de Garlande, qui 
furent tous successivement sénéchaux de France. Payen, l'aîné, avait succédé à Gui de 
Rochefort le Rouge, en 109G, lorsque celui-ci était parti pour la Terre-Sainte et avait 
conservé cette dignité jusqu'en 1101. Anseau, le second, remplaça Hugues de Crépy en 
1107. Enfin, Etienne, le quatrième, d'abord doyen de l'église de Saint-Aignan d'Or- 
léans, puis évêque élu mais non consacré de Beauvais, enfin archidiacre de Paris, 
était chancelier de .Franco depuis 1106. 



GHARTULARIUM DE TIRONE. 10 



VIII. 



Don de l'église de Saint- Epagne et de diverses terres à Ablis. 

« De Abloiis. » 
(1115 circa.) 

u Eg*o Gaufridus de Praele dono Deo et monachis Tyronis ecclesiam 
Sancti-Ispani , cum mi campis qui sunt citra aquam et nemus, ad omnia 
que sibi erunt necessaria. 

» Iterum noverint omnes quod Girardus Ensachelana dédit monachis 
Tyronis terram duorum boum ad Murgershetum , et inde habuit ipse 
quinquaginta solidos de caritate, uxore sua Amelina et filiis suis ei 
filiabus suis concedentibus. Hoc iterum concesserunt Guido de Rocha- 
forti, et Ugo de Jemilie et fîlius ejus Thomas nomine, de quorum feodo 
erat, et omnes isti concesserunt justiciam illius terre monachis. I lu jus 
rei sunt testes: Gauterius Jaretarius, et Simon Broteiol, el Haabertus 
et fîlii ejus. 

» Guido, cornes de Rochaforti, dédit monachis Tyronis x solidos 
earnotensium de paagio Abluarum, annuatim, ad lumen çcclesie, 
v solidos ad Quadragesimam , alios v ad festum sancti Remigii, el 
nemus Sancti-Benedicti mortuum et vivum ad illa que sibi erunt neces- 
saria; et hoc iterum dédit eis quod omnes servientes illorum , quicum- 
que messem illorum colleg'erint, sine paag*io, quoeumque libueril de 
curia illorum défèrent annonamsuam. Hnjus rei sunt testos : Amenât, 
Simon Andrée et Baudoinus clericus. 

» Girardus Ensaielana vendidit monachis Tyronis unum quarterium 
terre quç est circa ecclesiam, Amelina uxore sua et filiis et filiabus suis 
concedentibus; et Arveus de Galardum, de cujus feodo erat. hoc con- 
cessit, neenon consuetudines illius terre illis dedil. Hujus rei sunl 
testes: Aabertus et Simon Britoiol et Gauterius aurig*a. Iterum ipse 
Girardus Ensaielana vendidit monachis Tyronis unum arpentum terre 
pro quinquag-intasolidis, Haauberto domino suo concedente. 



20 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

» Aaletdis dédit monachis Tyronis unum arpentum terre, un fïlia- 
bus suis et Thoma nepote suo concedentibus. Hujus rei sunt testes : 
Valinus, Audeerus et Girardus de Furno. 

» Hugo miles dédit monachis Tyronis, in conspectu episcopi Car- 
noti, unum arpentum terre versus Perratum, Raimbaudo fratre suo 
concedente. Hujus rei sunt testes : Simon et Durandus. 

» Harveus de Galardum et Odo Herlandus concesserunt monachis 
Tyronis decimam trium arpentorum terre que est justa suam eccle- 
siam, et decimam arpenti Vallini, episcopo Carnoti concedente. Hujus 
rei sunt testes : Gauterius fîlius Auberti, et Gauterius Sine-Nappis, et 
Bouardus. 

» Bouardus de Bertocurto dédit monachis Tyronis quamdam terram 
ubi possit seminari dimidius modius annone ad Provellu. 

» Gauterius Sine-Nappis et Flandina mater ejus dederunt monachis 
Tyronis medietatem décime terre de Maen villa. » 

{Cart. de Tiron, f° 20 r°.) 



IX. 



Don de terres et de bois aux Cohardons. 

« De Cohardum. » 
(1115 circa.) 

« Notum sit omnibus quod Guillelmus de Gampo-Floris , pro remedio 
anime sue parentumque suorum, dédit Bernardo, venerabili abbati 
Tyronensis ecclesie, magne sanctitatis viro, quandam masuram terre 
sue proprie juxta Cohardum et boscum in quo constructa est ecclesia 
Beate-Marie-Magdalene , sicut ipsum boscum dividunt curve sepium et 
feodum de Gesnis. Hoc autem jamdicto abbati et monachis qui ibidem 
habitarent ita libère et quiète donavit cum omnibus consuetudinibus 
quas ibi habebat, sicut ipse antea possederat et tune temporis possi- 
debat. Medietarios quoque suos vel homines alios, si in terra sua mona- 
chi habuerint , liberos esse concessit a corveia , carreio , bienno , toltura , 
talliata, ab expeditione et ab omni seculari consuetudine. Preterea dédit 



GHARTULARIUM DE TIRONE. -ji 

ois decimam molendini sui, decimam panis domus sue, decimam vinee 
sue, decimam denariorum pasnag^ii sui , partem suam décime de Mau- 
ritonio, boscum quoque de Clareio, sicut ipsum haie dividunt, et m 
foresta sua pasnagium porcorum suorum et pasturam ubique, ipsam 
quoque forestam ad propria edificia mouachorum facienda et restau- 
panda, prata etiam sicut mete ibi posite ipsa dividunt, redditum etiam 
quem Paganus sibi reddebat singulis annis, Guillelmo scilicet tria sex- 
tariaaveneet tresarietes, partem quoque dimidiam décime medietarie 
suc de Porta. 

» Preterea Gauterius de Roseio dédit se abbati Bernardo, et terrain 
suam de Fonte - Garnerii , et pratum, et decimam suam de feodo 
Godefredi, libère et quiète, sicut ipse et antecessores ejus libère et 
quiète possederant. 

» Guillelmus similiter Anglicus eidem abbati dédit in elemosinam 
decimam suam de toto feodo- de Nesement, et Gauterius fîlius Gauterii 
de Sancto-Georg'io decimam de Moireta; Richardus vero Chaudel ei 
Stephahus Bella-Facie medietatem décime de toto feodo de Chaudel. 
Omnes iste décime donate fuerunt cum decimarum ipsarum tractu 
monachis, laudante et concedente Guillelmo de Gampo-Floris decuju> 
feodo erant. 

» Nec pretereundum Girardum Revel memoratis monachis dédisse 
decimam panis domus sue et heredum suorum in perpetuum haben- 
dam. Horum omnium testes existunt : Lovellus, Herbertus de Jupillis, 
Guillelmus Columbel, Johannes de Montiniaco ( 1 ), Fulcoius fîlius Dro- 
conis, Herbertus de Montiniaco, Guillelmus frater ejus, Haimericus 
ipsorum nepos. Hec omnia concesserunt fratres Guillelmi, Herbertus, 
qui post ipsum hères futur us erat( 2 ), et Goherius. Gujus rei testes sunl 
Herbertus de Jupillis, Gaufredus de Ossesso, Gaufridus Cornulus. 
Paganus del Chaennes, Hudolus, Robertus sacerdos Gharisiaci. o 

Cart. de Tir on, fo 92 r. 

C 1 ) Il existait un grand nombre de fiefs du nom de Montigny : celui dont Jean ei 
Herbert avaient tiré leur surnom était situé dans le département actuel de la Sarthe, 
non loin de Champfleur. 

v 2 ) Herbert succéda en effet dans le fief de Champfleur à son frère Guillaume, qui 
mourut sans enfant. 



22 GHARTULARIUM DE TIRONE. 



X. 



Don de terres et de bois à Montigny-le-Gannelon. 

« De dono Agnelis de Montinne; item Odonis mariti sui. » 

(1115 circa.) 

« Eg*o Agnes de Montig > neio( 1 ), antequam Odoni nuberem, monachis 
Tyronis, super fïuvium Yronem(*) dictum, habitacionem sufficientem 
domibus, viridariis, ortis, et terram ad cultum unius carruce caritative 
donavi. Aliquanto vero tempore post, Odo factus maritus meus quic- 
quid terre nemorisve a valle Gordelle usque ad monachorum predictam 
habitacionem possidebamus , me volente et omnibus fîliis et fîliabus 
nostris huic rei assensum prebentibus, non sine spe divine recompen- 
sationis , cum décima predicte terre, eisdem monachis caritative 
concessit. Preterea sepefatus Odo totum nemus illud quod ad honore] n 
Montiniaci pertinebat ad edifîcandas eorum proprias domos et ad pas- 
tionem suorum propriorum porcorum ( 3 ), me volente et annuente, 

( 4 ) Agnès de Montigny, fille de Gannelon II, seigneur de Montigny, hérita de la sei- 
gneurie de Montigny après la mort de sa mère Comtesse, vers 1099. Elle épousa en pre- 
mières noces Hugues, vidame de Chartres, fils de Guerric etd'Hélissende. Hugues étant 
mort en H 07 , Agnès se remaria à Eudes de Vallières, à qui elle transmit la seigneurie 
de Montigny. On voit par cette charte que ce second mariage qu'on date généralement 
de 11 10, ne peut être antérieur à 1 114. — Eudes de Montigny mourut vers 1140. Il avait 
eu d'Agnès trois fils : Rahier, Hugues et Eudes, et quatre filles: Eustachie, Jacqueline, 
Hildéarde et Galienne. — Rahier II figure comme seigneur de Montigny dès 1140. En 
cette année , il fit une donation à l'abbaye de la Trinité de Vendôme , du consentement 
de sa femme Hodierne et de ses fils Eudes et Hugues. Il fut , sinon le fondateur, du 
moins un des principaux bienfaiteurs du prieuré de Saint -Gilles de Montigny-le- 
Gannelon, dépendant de l'abbaye de Marmoutier. Il vivait encore en 1184, année où, 
du consentement de ses fils Eudes, Hugues et Rahier, il confirme les dons faits à ce 
prieuré par son père Eudes et sa mère Agnès. 

( 2 ) Dans le vidimus de 1640, on lit Cronensem; dans le Cartulaire duDiinois, on a 
mis Thironem. C'est bien Yronem qu'il faut lire : la rivière d'Yron prend sa source sous 
la Eontenelle (Loir-et-Cher), et se jette dans le Loir, près de Cloyes. 

( 3 ) Un grand nombre de chartes de notre Cartulaire sont relatives au droit de nourrir 
des porcs accordé à l'abbaye de Tiron. C'est qu'en effet les vastes forêts dont le Perche 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 

eisdem monachis concesssit. Videntibus et audientibus islis legitimis 
Lestibus qui subscribuntur : testes Agnetis: Giraudus sacerdos , Guarinus 
Sine-Barba( 1 ), Hug*o de la Boaèche, Graid fîlius Francens, Fulcoius dé 
Monlemin, Bernardus Assaciatus, Fulcaudus Seare, Phylippus de Mon- 
tigniaco, Harnulfus, Raherius fîlius Arnulfî Veier, Hu<ro filius Gauterii 
nutritoris, Gofredus de Vinnoles; testes Odonis : Jeremias de Bosco 
Guarnerii, Hug*o de Galanno( 2 ), Gauterius Robert de Toceio, Adam 
filius Gauterii nutritoris, Guarinus Fenestreir, Garmundus de Sancto- 
Florentino, Naenus de Gatonvilla, Auvranus pedicarius. » 

{Cari, de Tiron, f° 33 y . — Cari, des Fou t eaux , f° 6 v°. — Vidimus en papier de IGiO. — 
Cart. de Marmoulier pour le Dunois, p. xli). 



XI. 



Don de la terre de Malaise. 

« Terra de Maleseiis. » 
(111G (1117 n. s.), 18 févr.J 

« Notum sit omnibus tam moclernis quam futuris quod Robertus de 
Belleinvilla dédit monachis de Tyron omnem terram suam de Male- 
seiis, si sine herede conjug'is moreretur. Terram etiam quam dedil 
Pa^anus fîlius Richerii , quam habebat adMeleseias, concessit. Hujus 
ici testes sunt : Yitalis et Girardus, capellani domine Juliane; Willel- 

était alors couvert offraient d'inépuisables ressources pour la nourriture de ces animaux, 
et la consommation subit alors nécessairement l'influence de la production. Le porc 
salé, qui aujourd'hui joue un rôle si important dans la nourriture des paysans, était 
au Moyen-Age la base de l'approvisionnement des châteaux et des communautés reli- 
gieuses. 

(*) La famille Sans -Barbe fut puissante dans le Dunois aux XI e et XII e siècles. 
Vers 1050, Nivelon, fils d'un autre Guérin Sans -Barbe et d'Hersende, avait fondé 
le prieuré de Yilleberfol qu'il avait donné à l'abbaye de Marmoutier. 

( 2 ) Hugo de Galanno est le même que Hugues de Jallans, qui figure plusieurs fois 
comme témoin dans les pièces de notre Cartulaire. 



04 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

mus Hanetum; Helinandus ; Radulfus, armiger donne Juliane. Hoc 
autem factum est coram ipsa Juliana, XII kalendas martii, anno ab 
incarnatione Domini M°C°XVL 

» Post aliquantos autem annos , predictus Robertus concessit mona- 
chis suam partem illius masure terre quam dederat Paganus, filius 
Richerii ( 1 ). » 
{Cart. de Tiron, f ° 7 v°.) 

XII. 

Fondation et dotation du prieuré de Saint-Gilles des Châteigniers. 

« De Castenariis et apendiciis ejus. » 
(1117 circa.) 

« Notum sit presentibus atque futuris quod Guillelmus Goet ( 2 ) et uxor 
ejus Eustachia fîliique eorum Guillelmus. Robertus et Matheus, pro 
peccatorum suorum remissions locum istum qui dicitur Castaneorum, 
a vertice montis ubi est grosum nemus usque ad aquam que Suete 
dicitur, sicut divisiones comportant, sancte memorie venerabili Rernardo 
abbati monachisque Sancti-Salvatoris de Tiron , sicut ipsi posséderait . 
omnino liberum concesserunt : in quo etiam loco in honore Dei omni- 
potentis sancteque Dei g*enitricis Mariç sanctique Egûdii abbatis, pro 
sua suorumque parentum defunctorum et omnium fîdelium salute, 

(*) La seconde partie de cette charte est en effet bien postérieure à la première. 
Gomme nous le verrons par la suite, c'est seulement en 1130 que Robert de Blainville 
donna à l'abbaye de Tiron cette seconde portion de la terre de Malaise. 

( 2 ) Guillaume Goët, fils d'un autre Guillaume Goët et de Mathilde, fille de Gautier 
d'Alluyes, était un des plus puissants seigneurs du Perche et a laissé son nom au 
territoire qu'on a appelé le Perche -Gouet pour le distinguer du Grand-Perche. Le 
Perche -Gouet se composait de ce qu'on nommait les Cinq - Baronnies , c'est-à-dire 
des seigneuries de Montmirail, Authon, la Bazoche-Gouet , Brou et Alluyes. Guillaume 
Goët possédait-il en réalité tous ces riches domaines? nous en doutons fort, bien que 
le fait soit accepté sans conteste par tous les historiens. Il est vrai que le titre sur 
lequel ils se fondent est une charte fausse de notre abbaye, où Guillaume est intitulé 
seigneur de Montmirail, Authon, le Saulce, la Bazoche, Brou et Alluyes. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 

proprio censu suisque expensis çcclesiam in qua pluriiui fratres vegur 
lariter Deo deservirent honorifiee fabricaverunt. Preterea nemua w\ 
edifîcia suaetad calefaciendum et ad pastionem porcorum et ad ceteras 
nécessitâtes eorum similiterconcesserunt. Hujusautem donaiionis testes 
cxtiterunt : Herveus sacerdos( l ), Goffredus filins Girum, Hamelinus de 
Cornille, Gauterius Cha$nel(*), Hugo Desreex filiusque ejus Hugo Gui- 
gnalena, Gaufridus de Sancto-Bomaro filiusque ejus Guillelmus, Gir- 
bertus de Jamages, Odo Poterius, Rotrocus filius Goffredi , Paganus 
Pulcher frater, Odo de Scharset, Drogo Espichels, Hug'o de Barra et 
Picardus frater ejus, Bodardus atque filius ejus Hug'o, Theobaldus 
forestarius, Matheus de Quercu-Ederosa. 

» Sciendum vero est quod decimam illius terre quam dédit jamdicl us 
Guillelmus G'oet, necnum et duas partes décime totius terre de Corfucram 
condonavit huic loco Morinus de Claro-Fonte, Ernulfo sacerdote et 
Haudrico filiis ejus concedentibus. Hoc donum totius prefate décime 
concessit Girardus , qui alio nomine publiée vocabatur Pag*anus Barzil- 
larum , cum uxore sua et fratre suo Hug'one de quorum feodo movet : 
isdem autem Girardus tune temporis nullum fîlium aut fîliam ha- 
bebat. 

» Donum quoque çcclesie. Sancti-Thome de Soise concessit huic loco( 3 ) 
idem Girardus Barzillarum et uxor ejus atque Hug'o frater ejus, an- 
nuente Herveo sacerdote, qui eandem ecclesiam fundamento construxe- 
rat. Causa siquidem atque conditione tali concessa fuit hec ecclesia 
Sancti-Thome, ne congreg'ationis alterius monachi sive canonici vel 
quilibet alii alterius eam acquirere vel habere possent, per quod fortassis 
aliquam calumpniam vel contrarietatem quoquomodo huic loco com- 
moverent. Et ut hoc fîrmius permaneret , predicti possessores ecclesie 

(M Ce prêtre Hervé fut, comme nous le verrons dans la suite de cette charte, le 
fondateur de l'église de Saint- Thomas de Soizé. 

( 2 ) Gautier Ghesnel fonda le prieuré de Ceton, qu'il plaça sous l'invocation de saint 
Pierre. Son frère, Ives Chesnel, reçut en présent des moines de Saint- Denis de 
Nogent-le-Rotrou , à qui Gautier donna le prieuré, un magnifique cheval qu'il monta 
pour suivre Rotrou III à la croisade. 

( 3 ) Le souvenir de cette donation de l'église de Soizé au prieuré des Châtaigniers est 
encore vivant à Soizé, où la dévotion à saint Gilles attire chaque année d'innombrables 
pèlerins. 

t. i. 4 



26 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

Sancti-Thome et tocius prefate décime et ecclesiam et decimam in ma- 
nu Gaufridi, venerabilis episcopi Garnotensis, dimiserunt; episcopus 
vero et ecclesiam et decimam prefatis monachis dédit atque concessit. 
Hujusrei sunt testes : Theobaudus de Danjol( l ), Eustachia uxor Guil- 
lelmi Goet, Goffredus Infernus, Paganus de la Bonèche ( 2 ) , Adam Brunel, 
Radulfus frater Hervei sacerdotis. 

» Terram de Manfesia Girardus Barzillarum atque Hugo frater ejus 
et Rainardus vicarius huic loco dederunt, eorumdem Girardi et Rainaldi 
uxoribusconcedentibus. Teste : Herveo sacerdote, Eustachia, Engebaudo 
de Monte-Rahart , Guillelmo Trunnel, Ansodo Roberti fîlio de Inverria, 
Haudrico de Glaro-Fonte, Gauterio de Foreste. 

» Aliquanto vero tempore post, quando Gaufridus, venerabilis epis- 
copus Garnotensis , cimiterium Gastaneorum benedixit , Guillelmus 
Goiet et Eustachia conjux ejus monachis de Tiron in prefato loco 
Deo famulantibus duas meteerias in valle Unverrie, sicut ea die possi- 
debant, fîliis eorundem concedentibus, Guillelmo videlicet Goiet juniore, 
Roberto, Matheo, sicut eas tenuerant Rainaudus de Thirinniaco et 
Raginaudus Gaprarius, in presencia episcopi ejusdem Garnotensis, 
libère et quiète et absque omni consuetudine, dederunt et concesserunt. 
Testes hujus rei : Herveus sacerdos, Hugo Desredatus, Guillelmus 
Muschetus, Odo Potarius, Hugo de Brueria, Paganus de Boochia, 
Hugo de Rarra, Pachardus frater ejus et alii plures. 

Gum autem ad diem obitus sui predictus Guillelmus Goiet pervenisset, 
prefatos monachos Tironenses apud Deum habere desiderans interces- 
sores, eisdem monachis decimam paagii de Monte-Mirabili , Eustachia 
conjugue sua et fîliis suis concedentibus, Guillelmo videlicet Goiet, 
Roberto, Matheo, pro remedio animç sue, dédit atque concessit. Testes 

( ' ) Le premier seigneur de Dangeau que nous connaissions est Herlebaud qui, en 1064, 
blessé à mort, vint prendre à Marmoutier l'habit monacal et donna à l'abbaye la 
moitié de l'église de Dangeau, avec les reliques et les livres liturgiques. Eudes, frère 
d'Herlebaud, fut chargé d'investir l'abbaye, et il le fit au moyen de la corde de la clo- 
che, per cordam signi. Le moine qui recevait l'investiture prit la corde de la cloche et 
la sonna, suscipiens cordam, traxit et signum insonuit; quod parechia omnis audivit et 
vidit. 

( 2 ) Paycn de laBouèche est témoin, en 1H6, d'un accord passé entre Gaston de Brou 
et les moines de Marmoutier pour les dirnes des vignes de Nottonville. 



GHARTULARIUM DE TIRONE. 

hujus rei : Nivelo de Fractavalle, Urso fîlius ejus, Tobaldus de Don- 
golio, Hug*o de Brueria, Paganus de Boochia. 

» Non post multuni vero temporis, mortuo Guillelmo Goiet, liliu^ 
ejus Guillelmus junior (*), pro salute anime sue, et patris sui suorumque 
predecessorum , quamdam metheriam quç erat juxta alias duas quas 
pater suus dederat in valle Inverre sepedictis monachis, ita libère et 
quiète et absque omni consuetudine , sicut ea die possidelmt et sicut 
eam Grimaldus de Mortua-Muliere tenuerat, dédit atque concessit. 
Homines etiam qui predictani meteream obtinerent eisdem monachis 
ita liberos et quietos dédit atque concessit ut per totam terrain suam 
nullam redderent consuetudinem. Hoc donum Eustachia mater ejus el 
fratres sui Kobertus, Matheus concesserunt. Testes liujus rei : Herveus 
sacerdos, Hugo de Brueria, Paganus de Boocbia, Gaufridus de Exartis, 
Garsadonius de Torihel, Robertus de Un verra. » 

{Cari, de Tiron, f- 41 r°.) 

XIII. 

Confirmation de l'église de Germonville, de bois et terres 

au même lieu, 

(1117 circa.) 

Henricus, Dei gratia, rex Anglorum et dux Normannorum, G[au- 
t'ridol, archiepiscopo Rotomag'ensi, et Henrico comiti de Auco( 2 ) et 
kde de Germundi-Villa et omnibus fîdelibus suis Normannie, salutem. 
Sciatis me coricessisse monachis de Tirono donationem, scilicel silvam 
el ecclesiam et terram et décimas quas eis dédit predictus Adam, et in 
pace et honore et quiète teneant. Testibus : Roberto episcopo Lincolie, 

(M Guillaume Goët le jeune, surnommé Meschin, épousa Elisabeth , lille du comte 
de Chartres, Thibaut IV, veuve de Roger, roi de Sicile. Il passa en Terre- Sainte vers 
UG9 et y mourut. Son successeur fut Hervé de Gien, qui avait épousé sa fille aînée , 
Elisabeth. 

( 2 ) Henri, comte d'Eu, était fils de Guillaume, comte d'Eu, et d'Hélissende d'Avran- 
ches : sa femme, Marguerite de Sully, était petite-nièce de Henri I er . Le comte d'Eu 
s'allia, en il 18, aux partisans de Guillaume Cliton : revenu au parti du roi d'Angleterre, 
il fut un des principaux acteurs du combat de Brémule (20 août i l lu . 



28 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

et Roberto comité de Mellent( l ), et Willelmo de Warenna comité ( 2 ) , et 
Willelmo de Tancardivilla( 3 ) camerario, et Stephano de Albermarla ( 4 ). 
Apud Rotomag'um. in die qua barones Normannie effecti homines fîlii 
régis. 

{Car t. de Tiron, f° 48 r°.) 

XIV. 

Don de terres et de bois à Silvenon et à RirissL 

« De Silvenone. » 
(1117-1119.) 

« Notum sit omnibus quoniam ego Adela, Blesensis comitissa( 5 ), ea 
que dedi Hug*oni, domno abbati Tyronensi, et monachissuis, pro pec- 

(*) Robert possédait le titre de comte de Meulan depuis la mort de sa mère Adeline 
en 1081. Il succéda à son père, Roger de Beaumont, en 1094, dans les seigneuries de 
Beaumont, Pont-Audemer, Brionne, etc.; il avait d'ailleurs reçu de Guillaume le 
Conquérant le comté de Leicester à la suite de la victoire d'Hastings à laquelle il avait 
pris une large part. Il joua un rôle considérable à la cour d'Angleterre pendant le règne 
de Henri I er . Ce fut l'un des plus puissants personnages et peut-être le politique le 
plus accompli de son siècle. Il avait épousé Godechilde de Toëni, qu'il répudia après 
quelques années de mariage : il se maria en secondes noces avec Elisabeth, fille de 
Hugues, comte de Vermandois, et frère de Philippe I er , roi de France, qui lui donna 
neuf enfants. 

( 2 ) Guillaume de Varenne, comte de Surrey, enleva Elisabeth de Vermandois, femme 
de Robert de Meulan, et se maria avec elle. Le chagrin que cette trahison causa à Ro- 
bert altéra sa raison : il se retira à l'abbaye de Préaux où il prit l'habit monastique et 
où il mourut le 6 juin 1118. 

( 3 ) Guillaume de Tancarville, grand-sénéchal de Normandie, était un des principaux 
conseillers du roi Henri I er . Pendant les guerres de Henri contre les seigneurs de l'Aigle 
et de Breteuil, ce fut Guillaume de Tancarville qui fut chargé de l'administration de la 
Normandie. 

( 4 ) Etienne d'Aumale était fils d'Eudes, comte de Champagne, et d'Adèle, sœur ger- 
maine de Guillaume le Conquérant. On sait qu'en 1095 une vaste conspiration s'était 
organisée pour le placer sur le trône d'Angleterre. 

(•"') Adèle, quatrième fille de Guillaume le Conquérant, roi d'Angleterre, se maria avec 
Henri-Etienne, comte de Chartres et de Blois. A la mort de son mari, en 1102, elle gou- 
verna le comté de Chartres pendant la minorité de ses enfants. A leur majorité, elle 
leur abandonna le bien de leur père et se retira, vers 1122, à Marcigny, couvent de 
femmes de l'ordre do Cliiny, dan? le diocèse d'Autun. 



CHARTULARIUM DE TIRONK. 29 

oatorum meorum remissione, et in Silvenonensi nemore et apud Ruissi , 
el <|ue datura sum, et ea que liomines mei de feodo meo eis dederunl 
vel dabunt im perpetuum tenendum esse concedo. Hoc autem donum 
laudavi, présente Goffredo, Garnotensi episcopo, et Petro, priore Sancti- 
Launomari , et Johanne de Alta-Rrueria, et Andréa de Baldimento, el 
Hunfrido capellano meo, in Pruvinensi caméra mea ( l ). » 
{Cart. de Tiron, f u 30 r.) 

XV. 

Confirmation d'une terre à Chinton. 

« De loco Adam de Portu. » 
(U17-U26.) 

« Henricus, rex Anglie, Ricardo, Herefordensi episcopo, et vicariis et 
omnibus baronibus et fidelibus suis de Herefortscira , salutem : Sciatis 
me concessisse monacbis de Tiron donum terre quod Adam de Portu ( 2 ) 
<is dédit et concessit, scilicet Chintonam et Bevertonam. Testibus : 
Gfaufrido], Rotomagensi archiepiscopo ( 3 ), et Rogerio, episcopo Saris- 
beriensi ( 4 ) , et Ricardo, episcopo Herefordensi , et Rannulfo, canonico, 
et Raginaldo, filio Johannis. Apud Herefort. » 
(Cart. de Tiron , f° 48 r°.) 

I 1 ) A la suite de cette charte se trouve, dans le Cartulaire, un titre exactement sem- 
blable émanant de Thibaut IV, comte de Chartres. 

( 2 ) En 1198, nous trouvons dans les rôles du Grand-Echiquier de Normandie un 
autre Adam du Port, descendant de celui-ci, qui est cité comme devant 3G livres pour 
la tangue qu'il récolte sur les côtes de la Manche. 

( 3 ) Geoffroy, archevêque de Rouen, de dlli à décembre 1128. 

( /4 ) Roger, évêque de Salisbury en 1102, fut, avec Robert de Meulan, le favori et le 
conseiller le plus intime du roi Henri I er . Il dut sa fortune à un singulier hasard. Il 
était curé de Saint-Michel de Caen, au faubourg de Vaucelles : Henri I er , s'étant arrêté 
à Caen un dimanche, vint à l'église de Saint-Michel pour entendre la messe. Roger 
expédia la messe avec tant de célérité que le prince, enchanté de sa promptitude, l'em- 
mena en qualité d'aumônier. Dès son avènement au trône , Henri I er le créa grand- 
justicier du royaume. Chaque fois que le roi quittait l'Angleterre pour ses expéditions en 
France, l'évêque de Salisbury était chargé de la régence. Il mourut le 4 décembre 1 H 1 .». 



30 GHARTULARIUM DE TIRONE. 



XVI. 



Fondation de l'Abbaye du Joug -Dieu. 

(1118, 28 juin.) 

(( Mirabilia testimonia tua, Domine, in id nos provehunt ut qui terrenis 
maliciis occupati tibi odibiles efficimur signis et prodigiis tuis dum ea corde 
capimus ad celestia subveamur : In nomine igitur domini mei Jesu Christi , 
ego Guischardus, Beljoacensis dominus, cunctis patefacio visionem alto ple- 
nam prodigio que nuper michi accidit. Gum enim in caméra meadfe Thamai\ 
noctis insisterem secreto, subsequens apparuit michi visio. Videbam enim 
sex venerandos viros habitu huic mondano valde dissimili redimitos, sed 
maximo relucentes splendore, jugis in colla ligatis, circum dictum locum meum 
de Thamai\ terras triturare, sanctumque virum Bernardum, Tironensium 
monachorum abbatem, carruce manubrium tenentem , eos ut recto triturarent 
rigulo stimulo stimulare , atque exhinc uberrimos fructus pullulare vidi. Qua 
diu et perspicaciter excogitata visione, prenoscens ex hiis quid in futurum 
hec significarent sanctum adii virum Bernardum predictum , cui suoque mo- 
nasterio locum ipsum de Thamai\ cum ejus appendiciis universis donans, sex 
ab ipso deposci viros religiosos in ipso loco sub Domini jugo, pro mea ante- 
cessorumque et successorum meorum cunctorumque fîdelium vivorum et 
defunctorum salute omnipotenti Deo deprecaturos. Qui hoc sub subsequen- 
tibus conditionibus et largitionibus libenti animo michi concessit, volens ut 
propter visionem predictam de sex religiosis jugo trahentibus locus ipse de 
cetero Jugum-Dei vocitetur. Largitiones autem sunt hee : locum enim ipsum 
inpost de Jugo-Dei appellandum cum suis appendiciis ita liberum et immu- 
nem ut tenebam, nichil in eo penitus justicie vel alterius cujusvis superiori- 
tatis michi vel meis successoribus retinens sibi suoque monasterio Tironensi 
im perpetuum donavi et dono, utque in eo magnus excrescat religiosorum 
numerus atque laudabilius et magnificencius Deo deserviatur eidem suoque 
Tironensi monasterio im perpetuum concessi et concedo. Quod si quid ipse 
suique successores pro suo Tironensi monasterio vel predicta de Jugo-Dei 
cella, largitione fidelium, emptu vel alio quovis titulo acquisierint, illud eis 
exnunc pro in futurum amortizo etiam si feudale existât. Devotione autem 
quam ad ipsum czenobium habeo, ipsis me successoresque meos dominos 
Beljoacenses tribuo et dono, imperpetuum monasterii et ipsius religiosorum 



CHARTULARIUM DE TIRONE. ;\\ 

promptos et humiles defensores. Quod si quis successorum meorum 
requisitus in defensionc defecerit penam quingentarum librarum in auro 
cocto ipsis religiosis exsolvendarum Tyronçnsibus ipso facto incurrat. 
Tçstcs inde sunt : Rondanus de Alarme, Gotroynus de Alarme, Pctrus de 
Villafranca, Wido de Courtrambleyo , Gerardo de Pratellis, Yvo de Curva- 
villa, Gaufridus de Bellovidere, Ansçlmus de Alassilia, Hymbertus de Ma- 
laspina, Goffredus de Veteri-Vico , Willermus de Cantamerula, Paganus de 
Alastiaco, Sulpicius de Varennis, Stephanus de Alarthan , Durandus de 
Stoldis, Berardus de Poyle , Hugo de Cheneve, Amblardus de Belloregardo , 
Hymbertus de Valleguitonis et plures alii. Acta et firmata sunt hec in Tiro- 
nensi czenobio per traditionem presencium et mee bipenne super magnum 
altare , consencientibus filiis meis Hymberto , Guiscardo et Gontroyno , et 
filiabus meis Aalide et Maria, quarto kalendas julias, anno gracie millesimo 
centesimo decimo octavo, régnante Francorum excellentissimo rege Hludo- 

vico. Christianorum nomen et gloriam Christus Dei filius 

et dilatet per infinita secula seculorum, amen ('). » 
(Orig. en parchem.) 



XVII. 



Donation par Rotrou, comte du Perche, de la dîme de tous ses 

biens et revenus. 

(1118, 26 sept.) 
« Rotrocus , cornes Perticensis( 2 ), omnibus ministris meis in comitatu 

( -1 ) Nous publions cette charte, quoiqu'elle soit évidemment fausse, parce que c'est la 
seule que nous possédions sur le monastère du Joug-Dieu. Ce couvent fut érigé en abbaye 
en ii 38, à la prière de Pierre I er , archevêque de Lyon, et d'Imbert de Beaujeu, fils de 
Guichard. Au mois de mars 1688, des lettres-patentes unirent l'abbaye du Joug-Dieu au 
Chapitre' de Villefranche; cependant des abbés y restèrent jusqu'en 1737, époque où la 
manse abbatiale fut définitivement réunie au Chapitre. 

( 2 ) Le comté du Perche resta uni à la vicomte de Châteaudun jusqu'au milieu du 
XI« siècle. Le premier comte particulier du Perche fut Rotrou I er , fils aîné de 
Geoffroi III, vicomte de Châteaudun. Rotrou I er eut pour fils Geoffroy IV, auquel suc- 
céda vers 1100 Rotrou II, celui qui donna la charte qui nous occupe en ce moment. Ce 
seigneur avait épousé Mathilde, fille naturelle de Henri I er , roi d'Angleterre, laquelle 
périt dans le naufrage de la Blanche-Nef , le 25 novembre 1120. 



32 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

meo Perticensi , salutem : Noveritis me , intuitu pietatis , dédisse mona- 
chis Tironensibus dilectissimis meis decimam piscationum omnium stan- 
norum meorum , et decimam etiam utilitatis et obventionum omnium 
molendinorum meorum , decimam etiam omnium reddituum meorum , 
ratione totius mei comitatus , tam in granis quam in peccuniis venien- 
tium et quarumcumque aliarum obventionum. Quare vobis mando quod 
ipsas décimas de omnibus , ut premissum est , eis absque quacumque 
retentione de cetero persolvatis; eas enim per me et successores im 
perpetuum eis volo solvi ; unde has litteras karactere meo communitas 
eis duxi concedendas. Datum Tironii, sexto kalendas octobris, anno 
gratie M G decimo octavo. » 
( Vidimus orig. en parch. de Geoffroy V* comte du Perche, de juillet 1200. ) 



XVIII. 

Donations faites par Ives de CourviUe à l'Abbaye de Tiron. 

« De Ivone Curveville. » 
(1118 circa.) 

« In nomine Patris et Filii et Spiritus-Sancti , ego Ivo de Gurvavilla , 
sciens et mecum revolvens quia qui , in presenti , terrena pro Ghristo lar- 
g*itur, ei in futuro g-loria celestis, qua nichil felicius, reconpensabitur , 
monachis Tyronensibus quedam bénéficia contuli , que quidem presenti 
cartula denotari volui et futurorum memorie reservari. Quoniam igûtur 
apud Tyron locum eorum noviter advenerant et ibi pauperrime sed 
secundum Deum détentes, totam terram meam quam apud Ogerii- 
Villam in Blesia habebam eis donavi, excepto quod terram unius 
carruce monachis de Ghonia longe ante jam dederam( 1 ), et infîrmis de 
Bello-Loco similiter aliam; et quoniam eadem terra de feodo domini 

{*) Nous n'avons pu retrouver la charte de donation faite par Ives de Courville au 
prieuré de Chuisnes; mais les chartes nous apprennent qu'il eut toujours une dé- 
votion particulière pour ce monastère, dont son grand-père, Ives I er , avait été l'un des 
fondateurs vers 1050. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 33 

Puteolensis erat( 1 ), Hug*o, filius Ebrardi, tune hères ( 2 ), pro Deo et meo 
rogatu , donum quod fecerani ipse concessit et suo loco fîrmavit ( 3 ). Apud 
Gurvamviilam castrum meum eis quoddam molendinum quod dicitur 
de Porta qua itur ad Ghoniam tribui , et furnum quem in eodem Castro 

(*) Les sires de Gourville se montrèrent toujours les fidèles vassaux des seigneurs du 
Puiset. On peut lire dans les Lettres de saint Ives le récit des tribulations qu'Ives II eut 
à souffrir de la part de Rotrou, comte du Perche, pour avoir pris la défense de 
Hugues II du Puiset, lorsque celui-ci partit pour la Terre-Sainte. 

( 2 ) Ives de Courville n'avait pas d'enfants; son suzerain, le seigneur du Puiset, se 
trouvait donc son héritier naturel , si lo sire de Gourville ne disposait autrement de ses 
domaines. Ives II paraît du reste avoir souvent varié dans ses dispositions testamen- 
taires. Ici il reconnait Hugues du Puiset pour son héritier; plus tard, il appelle 
Foulques du Chêne à lui succéder ; plus tard encore il choisit Robert de Vieuxpont 
pour posséder après lui la seigneurie de Gourville. 

( 3 ) La filiation des vicomtes de Chartres, seigneurs du Puiset, qui ont joué un si 
grand rôle aux XI e et XII e siècles, n'a jamais été établie d'une manière satisfaisante : 
nous sommes heureux de pouvoir la donner avec certitude. 

En 1073, Evrard, vicomte de Chartres, abandonna à ses frères la vicomte de Chartres, 
honorent suum , et tousses domaines, et distribua aux pauvres tout ce qu'il possédait en 
or et en argent, puis partit en pèlerinage. A son retour, il se présenta à l'abbaye de 
Marmoutier pour y prendre l'habit monastique, mais sa femme Humberge s'y opposa. 
L'abbé Barthélémy se rendit en personne au Puiset, avec plusieurs de ses frères et de 
ses serviteurs, pour vaincre cette opposition et finit par obtenir le consentement 
de Humberge. 

Hugues, frère d'Evrard, lui succéda dans la vicomte de Chartres et la seigneurie du 
Puiset. Evrard, son autre frère, eut la seigneurie de Breteuil. Hugues, qu'on a sur- 
nommé le Vieux, épousa Alix, fille de Guy de Montlhéry et d'Hodierne de Gometz, 
et mourut vers 1096. Il eut trois fils : Evrard , Hugues et Gui. 

Evrard succéda à son père dans la vicomte de Chartres; il épousa Alix de Corbeil, 
fille de Bouchard et d'Alix de Crécy, et mourut au siège d'Antioche en 1097. Il eut pour 
fils Hugues le Jeune, dont nous reparlerons tout à l'heure. 

Hugues , d'abord seigneur du Puiset , hérita de la vicomte de Chartres à la mort de 
son frère Evrard. Il eut de longs démêlés avec l'évêque Ives de Chartres. Il partit pour 
la Terre-Sainte en 1107. Il était marié à Manilie, fille d'Ebles II, comte de Roucy; il 
s'arrêta dans la Pouille avec sa femme, à la cour de Boémond; là, Manilie eut un fils 
qu'elle laissa en Italie et elle continua avec son mari sa route pour la Palestine. Hugues 
devint comte de Jaffa, dans la Terre-Sainte. 

Au départ de Hugues , la vicomte de Chartres et la seigneurie du Puiset revinrent à 
Hugues le Jeune , fils d'Evrard. C'est ce seigneur qui lutta pendant si longtemps contre 
le comte de Chartres et le roi de France. Il épousa Agnès et mourut en 1141 , laissant 
cinq fils : Evrard qui lui succéda et mourut en 1189, Galeran, Gildiûn, Raoul et Bou- 
chard. 

t. i. 5 



34 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

habebam , cum xn solidis census ad eumdem furnum pertinentibus. 
Goncessi etiam eis stagnum meum et clusam de Charruel, ad piscandum 
semel in anno ad festum sancti Michaelis. Apud Forestam villam meam 
iterum eis vin solidos census donavi, nemus totum ad hospitandum 
et ad pastum porcorum suorum, et ejusdem nemoris saltum (*) ad 
fenum faciendum; quibusdam vero fratribus eorum apud Climart com- 
morantibus totam terram sicut ri vus et fossata eam dividunt usque ad 
forestam. Ad hoc donum adfuerunt : Guillelmus de Valle- Pilon, Gari- 
nus de Friesia, Hugo fîlius Haimerici, Raherius de Leisart, Harduinus 
Brunet, Paganus de Frunceito ( 2 ), Garinus filius Mainerii, Robertus 
Ganaschia ( 3 ) , Gauterius magister, Paganus de Aqua, Ivo fîlius Her- 
berti, Stephanus de Corseisailt, Rainaldus fîlius Guillelmi, Gaufridus 
de Locellis ( 4 ), Garrellus f rater ejus, Mascelinus prepositus, Serlo de 
Foro, Robertus de Semé, Gauterius fîlius Teobaldi, Garinus de Croet. 

» Eodem die, videntibus istis, Hugo, fîlius Haimerici, pratum suum 
de Treineheisac et warennam nobis donavit. 

» Prêter hec supradicta dédit nobis idem Ivo omnes redditus quos 
habebat in foro de Gurvavilla ex minutis rébus, scilicet de pane, de 
sale, de opère fîctili, de alliis ( 5 ) et de omnibus herbis que in hortis 
plantantur, et hoc in presentia Goffredi Garnotensis episcopi, conce- 

(') Nous croyons qu'il faut entendre ici par nemoris saltus les bandes qui existaient 
à l'intérieur de la forêt plutôt que la lisière du bois et les fossés qui l'entouraient. Dans 
beaucoup de forêts, il existait ainsi de vastes landes où l'on récoltait une grande quan- 
tité de foin. 

( 2 ) Payen de Fruncé assiste comme témoin à une charte donnée vers 11 15, par 
laquelle Ives de Courville confirme plusieurs coutumes à l'abbaye de Saint-Père. Il 
était fils d'Ives de Fruncé qu'on rencontre dans plusieurs chartes de la même abbaye. 

( 3 ) Nous n'avons rencontré qu'un membre de cette famille, Herbertus de Guanaschia, 
témoin, en 1068, d'un accord passé entre Robert de Marray et les moines de Marmou- 
tier pour la terre de Fourvant {de Fonte-Ventali), dépendant du prieuré de Chauvigny 
en Yendômois. 

( 4 ) Geoffroy de Loucelles céda, vers 1128, aux religieux de Saint-Jean-en-Vallée une 
maison située à Courville. Dans une donation faite à la même époque par Foulques du 
Ghesne, seigneur de Courville, nous trouvons mentionné Herbert de Loucelles. 

( 5 ) L'ail était cultivé en grand au Moyen-Age. On rencontre plusieurs donations de 
la dime des aulx faites à divers abbayes. Souvent on commençait à planter de l'ail 
dans les terrains nouvellement défrichés. 



CHARTULARIUM DE TTRONB. ;;:, 

dente Fulconr de Quercu, qui Tvoni successil in hereditate Gurveville, 
testibus istis : Garinus de Friesia, Ivo filins Herberti , ETugo filius Aime- 
rici, Guido de Fontibus, Mascelinus de Reconviller, Herbertus de Rovei, 
Frodo (ilius Benedicti, Brito filius Salomonis, Aimericus Ckanart, Her- 
bertus filius Odonis , Guillelmus frater ejus, Huberius nepos Gesmeri, 
Paganus de Chonia. » 

(Car t. de Tir on, i' J 21 v.) 

XIX. 

Don de terres et de bois à Asnières. 

« De Asneriis. » 
(1118 circa.) 

« Egx) Giraudus Berlai de Monasteriolo ( f ) dono et concedo monaehis 
de Tiron in elemosina quatuor masuras terre apud Asnerias, et eotidie 
d< 4 luco onus asini ad opus monacliorum ( 2 ), solutas et quietas ab Omni 
consuetudine in perpetuum, pro anima mea et pro animabus patris et 
matris meç et antecessorum meorum et omnium fidelium , ad servitium 
Dei faciendum ibidem. Hoc autem donum factum est hiis testibus : 
Guidone Laurenti filio, Rag^inaudo de Monforte, apud Monasteriolum , 
Aimerico Toarcii preposito, et Aimerico Johannis. Scriptor hujus charte 
fuit Lambertus ( 3 ), abbas Sancti-Nicbolai Andeg*avensis , qui,dimissa 

( 1 ) Giraud était le fils de Berlai III, qui a laissé son nom à la commune de Montreuil- 
Bellay. Berla III, fils de Giraud et d'Orgueilleuse , prit part aux guerres entre le roi 
d'Angleterre et le comte d'Anjou, et fut fait prisonnier à Ballon en 1098 par le comte 
Foulques. 

( 2 ) On consommait au Moyen-Age une énorme quantité de combustible. Nous voyons 
ici que chaque jour les moines de Tiron pouvaient prendre de bois , la charge d'un âne, 
dans la foret de Girard de Montreuil. Pour lessiver leur linge, les religieux de Saint- 
Taurin dépensaient annuellement de bois vingt-six charretées à deux chevaux. Pour 
chauffer leurs hôtes, les moines deMontebourg pouvaient, chaque semaine, enlever un 
arbre dans la forêt de Brix. 

( 3 ) Jean succéda, en 1H8, cà Lambert dans l'abbaye de Saint-Nicolas d'Angers. Nous 
voyons par cette charte que celui-ci était de la famille de Montreuil-Bellay. 



36 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

abbatia, apud Gfiraudum] , fîlium suum, Monasteriolo confug'erat et 
sub ejus patrocinio illic deg*ere decreverat. » 

( Cart. de Tiron , f° 78 r°. ) 

XX. 

Confirmation des biens de l'Abbaye. 

(1119, l«nov.) 

« Galixtus episcopus, servus servorum Dei, dilectissimo fîlio Guil- 
lermo, abbati monasterii Sancti-Salvatoris de Tyronio, ejusque succes- 
soribus reg^ulariter substituendis , im perpetuum : Religiosis desideriis 
dig*num est facilem prebere consensum ut fîdelis devotio celerem sor- 
tiatur effectum. Proinde nos, dilecte in Christo fîli, Guillerme abbas, tam 
tuis quam venerabilis fratris nostri Gaufridi , Garnotensis episcopi , peti- 
tionibus annuentes , Sancti-Salvatoris monasterium cui , Deo auctore , 
présides in apostolice sedis tutelam excipimus et contra pravorum 
hominum nequitiam auctoritatis ejus privileg*io communimus. Statui- 
nus enim ut quecumque bona, quascumque possessiones idem cenobium 
presenti légitime possidet , sive in futurum, largiente Deo, juste atque 
canonice poterit adipisci, fîrma tibi tuisque successoribus et illibata 
permaneant. Nulli erg*o omnino hominum liceat predictum monaste- 
rium temere perturbare, aut ejus possessiones auferre vel ablatas 
retinere, minuere vel temerariis vexationibus fatigare; sed omnia 
intégra conserventur eorum pro quorum sustentatione et g*ubernatione 
concessa sunt usibus omnimodis prof utura , salva nimirum Garnotensis 
episcopi canonica reverentia. Idem enim locus in Garnotensi parrochia, 
in ipsius videlicet ecclesie matricis alodio constitutus ag*noscitur, et nos 
illum in ejus obedientia et subjectione permanere censemus, ita tamen 
ut nullius exactionibus pregTavetur. Si qua ig'itur in futurum ecclesias- 
tica secularisve persona banc nostre constitutionis paginam sciens, 
contra eam temere venire temptaverit, secundo terciove commonita, 
si non satisfactione congrua emendaverit, potestatis honorisque sui 
dig'nitate careat reamque se divino judicio existere de perpetrata 



CHARTULARIUM DE TIRONR. 37 

iniquitatc cognoscat et a sacratissimo corpore ac sanguine Dei el do- 
mini redemptoris nostri Jesu-Ghristi aliéna fiât atque in extremo exar 
mine districte ultioni subjaceat; cunctis autem eidem loco justa sep- 
vantibus sit pax domini nostri Jesu-Ghristi, quatinus et hic bone frue- 
luni actionis percipiant et apud districtum judicem premia eternae 
pacis inveniant. Amen. 

» Ego Galixtus, chatolice ecclesie episcopus [monogr.). 

» Data Remis, per manum Grisogoni, sancte Romane ecclesie diaconi 
eardinalis ac biblipthecarii , kalendas novembris , indictionc XI II", 
incarnationis dominice anno millesimo centesimo XIX, pontificatus 
autem domni Galixti Secundi pape anno primo. » 
{Car t. de Tiron, f° 1 r°.) 



XXI. 



Don par Geoffroy de Châteaudun des dîmes qu'il possédait 

audit lieu. 

« De decimis Castriduni. » 

(1119.) 

« Libet scripto adnotari quod ego Gaufridus de Gastroduno( 1 ), pro 
anime meç, patris matrisque, uxoris atque fîliorum meorum salulr, 
necnon omnium parentum meorum remedio, dono Deo et monachis 
Tyronii decimam majorum teloneorum ( 2 ) meorum, et decimam paagii 
quod se tenet cum majore teloneo, et decimam foragûi et decimam 

(*) Geoffroy IV, fils de Hugues II, vicomte de Châteaudun, avait succédé à son père 
vers 1 110. L'Art de vérifier les dates Ta confondu avec Rotrou I er , comte du Perche, à 
qui il attribue les enfants de Geoffroy IV : Hugues III, vicomte de Châteaudun, 
Rotrou, seigneur de Montfort-le-Rotrou , Fulcois , Payen, Agnès et Helvise. 

( 2 ) Le tonlieu était un droit de douane et d'entrée qui frappait les denrées, trans- 
portées par terre ou par eau, à leur arrivée en ville. Le grand tonlieu se percevait sur 
le vin , le blé , la viande , etc. Le petit tonlieu frappait les poissons d'eau douce , les 
aulx et les fruits de toutes sortes. 



38 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

mee monete proprie, et decimam salis, concedentibus uxore mea, 
Hugone fîlio meo et duabus fîliabus meis Aupazia et Helvissa, atque 
nepote meo Gofredo, fîlio comitis Yindocinensis ( 1 ). Hujus rei sunt 
testes : Johannes de Secoreio, Rainbertus de Monte -Dubello, Gale- 
rannus Sextarius, Stephanus de Novi et Odo nepos ejus, Hugo villicus, 
Godescalcus fîlius Goffredi legisdocti, Gofredus de Montiniaco, Matheus 
Rufus, Robertus de Memberolis, Aubertus monacus, Eng^elardus de 
Rlandevilla, Guillelmus de Porcheria, Juduinus Desreeth, Rainaudus 
de Spiers, Paganus de Plaiseit, Petrus Forre, Odo Pauper, Teobaudus 
fîlius Forre, Arnulfus de Arena, Ascelinus Caucla-Aarum ( 2 ), Robertus 
venator comitis de Pertico( 3 ), Gervasius de Monte-Rerele. Hanc elemo- 
sinam posuimus eg^o et Havis uxor mea super altare Sancti-Salvatoris 
Tyronensis monasterii , presentibus : Gaufrido Garnotensi episcopo , et 
Wuillelmo abbate predicti monasterii , et Rernardo capicerio et multis 
aliis. Hoc donum concessit Teobaudus cornes, testibus istis : Andréa 
dapifero de Raldimento, et Hugone de Castello-Teoderici ( 4 ), et Odone 
de Montiniaco, et Rainaldo de Spiers, et Hugone Juvene, et aliis 
multis. Hoc autem factum est, Galixto papa vi vente atque Lodovico 
Francorum reg*e imperante, incarnationis dominice anno MGXVIIII. » 

(Cart. de Tiron, f° 23 r°. — Cart. de Marmoutier pour le Dwiois, p. xli. ) 

(*) Geoffroy, fils de Geoffroy Grisegonelle, comte de Vendôme, mourut avant son 
père, vers 1130, sans avoir été marié. Geoffroy Grisegonelle avait épousé Mahaut, fille 
de Hugues II, vicomte de Châteaudun, père de notre vicomte Geoffroy IV. 

( 2 j II faut lire Ascelinus Cauda-Arundinis , Ascelin Queue-d'Hirondelle : nous retrou- 
vons ailleurs ce témoin désigné sous son véritable nom. 

( 3 ) Hugues, grand-maître de la vénerie de Rotrou, comte du Perche, avait l'inten- 
dance de ses maisons de chasse, qui étaient établies au milieu des forêts de Perchet, 
du Theil, de Montigny, de Bellôme et de Champrond. C'est dans ces maisons qu'on 
dressait les chiens et les oiseaux de chasse et qu'on veillait particulièrement à la conser- 
vation du gibier. 

( 4 ) Hugues de Château-Thierry, fidèle du comte Thibaut, assiste, avec Hugues, 
vicomte du Puiset, Gui de Rochefort, Amaury de Maintenon et autres chevaliers, à une 
donation faite vers 1130 à l'abbaye de Saint-Jean-en-Vallée par les neveux d'Aimery 
Chcnard. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. :{«.» 



XXII. 



Don par Rotrou , comte du Perche, d'une somme de sel à Mortagne 

et de l'usage dans ses bois. 

« De sale. » 
(U19circa.) 

a Quoniani humanarum rerum oblivione interveniente et morte <|iu i 
via est universe carnis sua jura vindicanto atque dominium suuni per 
universum orbem terrarum exercente, que fiunt sine litterarum api- 
cibus custodiri diu nequeunt, ad posterorum memoriam libet scripto 
adnotari quod eg*o Rotrocus, cornes Perticensium , dono Deo et mona- 
chis Tyronis, pro anima mea et animabus parentum meorum, unam 
magnajn somam salis apud Mauritaniam, in unaquaque ebdomada per- 
petuo habendam, et decimam annone omnium borreorum meorum. 
Dono etiam monachis supradictis omnia nemora mea ad domos suas fa- 
ciendas et ad suum ardere, et cursum porcorum suorum, etpasturam 
peccorum suorum, et mediteriam de Arsh, cum stagno et molendino, 
et vallem que est justa Luxvillat cilra aquam, et capellamcum viridario. 
Signum Rotrocif. Sig*num Juliane f . Sigmum Richerii f . Hoc donum 
factum fuit in plenario capitulo, Goffredo episcopo Carnotensium pré- 
sente. Cujus rei testis est ipse. Hujus rei sunt testes : Juliana, soror 
mea (*), etRicberius, filiusejus; Gauterius, archidiaconus ; Gervasius 
Gapreolus; Robertus Mandeg'iierra ; Robertus de Cortollein; Gauterius 

(*) Julienne, fille de Geoffroy IV, comte du Perche, et de Béatrix de Roucy, et 
sœur du comte Rotrou II, épousa Gilbert, baron de Laigle, fils de Richer et de Judith 
d'Avranches. Elle avait toute la confiance de son frère qui la chargea du gouvernement 
de son comté pendant une de ses expéditions en Espagne : Juliana, quœ tune temporis 
terrain de Pertico in manu tenebat, comité in Hispania morante (1400). Gilbert mourut 
vers 1118, laissant six fils : Richer, qui lui succéda; Engenulfe et Geoffroy, qui péri- 
rent dans le naufrage de la Blanche-Nef; Gilbert, seigneur du Lac, près Cheronvilliers ; 
Roger, abbé de Saint-Ouen de Rouen, et Guérin qui se fit aussi religieux. Julienne 
vivait encore en 1132. Lors de la bénédiction de l'abbaye de la Chaise-Dieu, elle fit 
don d'une bibliothèque à l'usage des frères ermites du lieu. 



40 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

Tieir; Paganus de Mesnil; Hugo de Noiomio; Enjorricus, filius Hame- 
lini; Arbertus, fîlias Odonis camerarii; Ranulfus , sacerdos Sancti- 
Johannis ; Ascelinus, clericus. » 

(Cart. de Tiron, f° 4 r°.) 

XXIII 

Don par Thibaut, comte de Blois, de 5 sous de rente sur le port de 

Blois. 

« De redditu Blesis. » 
(1119 circa.) 

« Notum sit omnibus hominibus tam futuris quam presentibus quod 
ego Teobaldus, Blesensis cornes, pro remedio anime mee meorumque 
antecessorum , dedi Tyronensibus monachis et im perpetuum libère 
concessi v solidos , singulis annis , de redditu mei portus Blesis , ita ut 
eos deinceps, libère et quiète , me vivente omnibusque meis successo- 
ribus, absque omni contradictione possideant, et quicumque eis inde 
calumpniam fecerit divine maledictioni et ecclesiastice excommun i- 
cationi subjaceat. Ut vero donum hoc firmum et inconvulsum perma- 
neret, mei impressione sig*illi confîrmari precepi et volui. » 
{Cart. de Tiron, f° 30 r°.) 

XXIV. 

Don par la comtesse Adèle du domaine de Monrion. 

« De Monte-Rionis. » 
(1119 circa.) 

« Notum sit omnibus hominibus quod comitissa Ala, mater comitis 
Thebaudi , dédit monachis Sancti-Salvatoris de Tiron locum qui vulgo 
Mons-Rion appellatur, totum videlicet dominium quod ibi habebat. Et 
ne parum videretur quod tanti g*eneris pulchritudo tribuebat , quesivit 



CHARTULARIUM DE TIRONK. il 

ipsa ^enerosissima comitissa apud Odonem eognomine Malam-Muscain 
el sororem ejus Reg'inam illud tantilluni terre quod ihi habebant, el 
tali deliberatione totum nobis dédit. Et ne aliquorum impugnationibus 
hujus largitionis assertio quassaretur, hoc concesserunt et testificantur : 
\[\\o Borrel illius dominus, et Guibertus et Anfredus capellani, Petrus 
de Roller%( 1 ), Raimundus de Vienna( 2 ), Graol prefeetus et frater ejus 
Garinus, Geldoinus de Meurt, Vitalis forcstarius, Renedictus Bersequalt, 
Orgerus de Ornay. 

» Rainaudus Borgoil et fîlius ejus Odo Mala-Musca, de cogne-mine 
patris ( 3 ), illud tantilluni terre quod pater donavit, cuni venit ad terrain. 
inquietavit, sed, penitencia ductus, postea concessit, teste prefato 
Azone, capite domino, et Henrico de Yienna, et Herchenbaudo GopU , 
Herchenbaudo de Braceous filio Iscelini, et Oclone de Plano-Yillario. » 

(Cart. de Tiron, f° 46 v.) 



XXV. 



Confirmation à l'Abbaye de Cathmeis des dons faits par Robert, 

fils de Martin. 

(1119circa.) 

« Henricus, rex Anglie, abbati et toti conventui Tironensi , salutem. 
Concedo Deo et sancte Marie et abbatie de Gameis terras et omnes res 

(') En 1105, la comtesse Adèle, entre autres privilèges qu'elle accorda à l'abbaye de 
Saint-Lomer de Blois, confirma l'abandon d'une terre au bourg de Saint- Nicolas de 
Blois fait à ladite abbaye par Praxède et son fils Azzon Borrel. Parmi les témoins de 
cette charte figure Petrus de Kollere. — Hugo de Roulleis est nommé parmi les témoins 
d'une charte de Thibaut V en faveur de la même abbaye (1196). 

( 2 ) Raimundus Vigenna fut témoin, en 1101, du don fait par la comtesse Adèle, d'une 
partie delà Forêt-Longue, à l'abbaye de Marmoutier. Vers 1120, Salomon de Vienna, 
du consentement de sa femme Brunehaut et de son fils Breton, donna h l'abbaye de 
Josaphat une terre à Saint- Arnoult-des-Bois. 

( 3 ) Gonme nous le voyons, le nom patronymique des Malemouche était Borgoil. Ce 
dernier nom disparut tout-à-fait, et les descendants d'Eudes ne sont connus que sous 
leur surnom. On les rencontre fréquemment dans les chartes du XII e siècle. Dès 1080, 
on voit Odo Mala-Musca figurer comme témoin de la confirmation de l'église de Not- 
tonville faite à l'abbaye de Marmoutier par le comte Thibaut III. 

t. i. 6 



42 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

quas Robertus, filius Martini, predicte abbatie dédit vel daturus est. 
Et ipsa abbatia ita libéra sit et quieta, sicut concesseram illam fuisse 
liberam et quietam dum cella fuit. Teste Willelmo de Albineio Britone, 
apud Sanctam-Walburg*am. Et sciatis quod hoc etiam concedit Willel- 
mus fîlius meus (*). Teste Otuero fîlio comitis. » 
(Cart de Tiron, f° 48 r°.) 

XXVI. 

Confirmation des dons faits par Robert, fils de Martin, 

dans le pays de Galles. 

« Goncessio régis Anglici de Galis. » 
(1119 circa.) 

« Henricus , rex Angliç , archiepiscopis et episcopis et omnibus baro- 
nibus et fîdelibus suis totius Angvlie, et nominatim illis qui in Vallis 
conversantur, salutem. Goncedo Deo et monachis de Tiron, pro anima 
mea et uxoris meç ac prolis , necnum et patris et matris mee et anteces- 
sorum meorum, donationem et elemosinam illam perpetuo possiden- 
dam, quam Robertus, fîlius Martini, pro salute animç suç, in Vallis 
eisdem monachis de jure suo largitus est. Testibus : Rannulfo cancel- 
lario, et Goiffredo fîlio Pagani, et Willelmo Peurello-Gloure , et Hug'one 
de Monte-Forti ( 2 ), et Guillelmo de Rollos ( 3 ). Apud Moritonium. » 

(Cart. de Tiron, l'° 48 r°.) 

( J ) Guillaume, fils du roi Henri I er , mourut dans le naufrage de la Blanche-Nef, le 
2o novembre H 20. 

( 2 ) Hugues de Montfort napjiartenait pas à la famille de Montfort-l'Amaury , mais à 
celle de Montfort-sur-Risle . Il avait épousé une fille de Robert de Meulan, et il eut un 
fils nommé comme lui Hugues de Montfort, qui eut de longs démêlés avec son oncle 
Galeran de Meulan. 

( 3 ) Guillaume de Roullours est le père de Richard de Roullours, célèbre par ses tra- 
vaux d'agriculture. Richard avait épousé la fille de Hugues d'Envermeu, seigneur de 
Bourn et de Deeping. Il s'appliqua au dessèchement de vastes marais à Deeping, dans 
le comté de Lincoln, et réussit si bien dans son entreprise qu'à l'endroit où il n'y avait 
autrefois que d'affreux marécages, profundi lacus et paludes immeabiles, il se forma 
une riche paroisse. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 

XXVII. 

Don par Henri, roi d'Angleterre, de 15 marcs d'argent 

à Winchester. 

(1119-1126.) 

<( Hfenricus], Dei gratia, rex Anglorum et dux Norman noru m , 
arcliiepiscopis, episcopis et omnibus baronibus et fîdelibus suis tocius 
Ang'lie et Normannie, salutem. Sciatis me dédisse Deo et monachis de 
Tyron, pro salute anime mee et uxoris et prolis, neenon patris et matiis 
mee antecessorumque et successorum meorum, xv marcas argenti ad 
calciamenta eorum, de thesauro meo, in festo sancti Micbaelis, Win- 
tonie accipiendas, singnilis annis in perpetuum. Testibus : Kannulfo 
eancellario, et G|aufrido] Rotbomagensi archiepiscopo , J[ohanne 
Luxoviensi episcopo, Roberto de Haia( l ), Nig*ello de Albigriiaco ( 2 ). 
Apud Gadomum. » 

{Car t. de Tiro?i, f° 50 r\) 

( 1 ) Robert de la Haye assista comme témoin à plusieurs chartes de Henri I er , roi 
d'Angleterre. Nous pouvons citer entre autres une charte de 4130 par laquelle Henri I er 
confirme la fondation du prieuré de Notre-Dame du Désert faite par Robert II, 
comte de Leicester. 

(*) Noël d'Aubigny devint comte de Northumberland vers 1096, à la mort de Robert 
de Montbray, dont il épousa la veuve, Mathilde, fille de Richer de l'Aigle et do Judith 
d'Avranches. Il la répudia peu après pour épouser en 1118 Gundrède, fille de Girard de 
Gournai et d'Edith, sœur de Guillaume de Varenne, comte de Surray. Noël était fils de 
Roger d'Aubigny et avait pour frère Guillaume d'Aubigny , qui reçut de Guillaume le 
Conquérant la baronnie de Bokenham et la charge de grand-bouteiller du royaume, 
qui y resta attachée. 



44 CHARTULARIUM DE TIRONE. 



XXVIII. 

Don d'une maison rue aux Fèvres (auj. rue de la Clouterie), 

à Chartres. 

« De domo Evardi fabri, Carnoti. » 
(11 19-1 136, 24 juin.) 

« Notum sit omnibus fîdelibus tam presentibus quam futuris quod 
Guillelmus, abbas Tyronensis, et totus conventus ejusdem cenobii 
concesserunt in capitulo Evardo fabro et uxori ejus Leg*ardi domos 
quas habebant in foro Garnotensi libéras et solutas , sicut ipsi posside- 
bant , im perpetuum , ad dandum et ad vendendum , sine omni calump- 
nia, cuicumque voluerint. Etipse Evardus et uxor ejus Legardis eodem 
modo in eodem capitulo concesserunt Guillelmo abbati et fratribus 
Tyronensibus domum suam cum omnibus appendiciis, sicut posside- 
bant, liberam atque solutam, im perpetuum, ad dandum et vendendum, 
cuicumque voluerint, sine omni calumpnia. Est autem hec domus in 
vico Fabrorum. Hoc etiam concesserunt ipsi monachi ut Evardus, 
quamdiu viveret, fabricam ferrariam que in eadem domo erat possi- 
deret. Factum est autem istud in capitulo Tyronensi coram abbate 
Guillelmo et fratribus ejusdem cenobii ; assistentibus etiam de secula- 
ribus : Eustachio clerico ; Gumberto coco ; Huberto Asinario ; Odone ; 
Lamberto nepote Legardis. Data Tyroni, octavo kalendas julii, per 
manum Rainaldi monachi, régnante Ludovico Philipi. Insuper abbas 
et fratres concesserunt eidem Evardo fabro et uxori ejus Legardi, 
quamdiu vixerint, duos modios frumenti et duos vini, et quicumque 
eorum supervixerit unum modium frumenti et alterum vini. » 
{Cart. de Tiron, f° 12 r°.) 



GHARTULARIUM DE TIRONE. 



XXIX. 



Vente par l'abbaye de Tiron d'un demi-arpent de vigne à Saint - 

Martin~au-Val. 

« De vinea Carnoti. » 
(1119-1141.) 

« Sciant tam présentes quam futuri quod domnus abbas W[illelmus] 
universusque conventus Tyronensis vendiderunt Hug*oni, fîlio Geberge, 
dimidium arpentum vineç ( 1 ), quod est apud Sanctum-Martinum-de- 
Vale, quod illis Hubertus et Radulfus, filii Salomonis, monacbi illorum, 
peliquerant. Idem autem Hugo annualiter illis de censu très solidos et 
très denarios reddit, et monachi eam illis, si aliqua calumpnia exorta 
fueiït, testifîcabuntur. Littere autem iste apud Tyron scripte sunt. » 

(Cart. de Tiron, f° 14 v°.) 

(*) Il y aurait toute une étude à faire sur la culture de la vigne au pays chartrain à 
travers les différents siècles. Elle était certainement beaucoup plus florissante au 
XII e siècle que de nos jours : le vin ne devait pas être meilleur, mais on n'était pas gâté 
comme aujourd'hui par les communications avec le Midi. Un poète du XIII siècle, Jean 
le Marchand, auteur du poème des Miracles de la Vierge, raconte qu'un troubadour, 
sans doute un peu esprit fort, laissa son compagnon accomplir seul le pèlerinage de la 
Vierge et s'en fut rendre visite aux taverniers de la ville : 

Car la parole et le renom 
Des bons vins avoit entendu 
Qui à Chartres èrent vendu 
Clers, seins, nés et délicieux. 

Les grands personnages qui venaient à Chartres n'avaient garde de dédaigner les 
cadeaux de vin du cru que les échevins s'empressaient de leur offrir. Au XVII siècle 
encore, l'historien Souchet déclare que « la Beauce fournit grands clos de vignes don- 
nant de très bons vins ». 



46 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

XXX. 

Sauvegarde du roi Louis le Gros. 

(1120, 12 avril.) 

a In nomine sancte et individue Trinitatis, Patris et Filii et Spiritus-Sancti , 
amen. Gum regalis preeminentie semper sit ecclesias precipuumque relligiosa 
loca a noxiis preservare ac libertatibus et privilegiis dotare quibus mundanos 
fluctus evittent, eapropter et hiis motus, ego Hludovicus, Dei dono , rex 
Francorum humilis, affectione pervalida quamad mihi devotissimos monachos 
Tyronenses habeo per me noviter fundatos, ipsis semper volens donis multi- 
plicibus accrescere ut eo magis preces effundant Altissimo pro nostris peccami- 
nibus redimendis , quo munificentiis regiis preservati quietam magis et tran- 
quillam ducent vitam, in aliquantam etiam vicissitudinem sanitatis illius 
perincurabilis infirmitatis precibus venerabîlis et Deo devotissimi viri Bernardi, 
ipsorum monachorum Tyronensium patris, recuperate , illorum quieti et tran- 
quillitati nunc et per in futurum solerter intendens, ne, per curiarum vagitus 
saliendo, adminus obsequiis sequestrentur, in perpetuum valitura et donatura 
regali munificentia , tam nostra absoluta quam ordinaria auctoritate et potes- 
tate, eis et eorum monasterio in perpetuum concedimus et largimur quod 
ipsum monasterium Tyronense super administrationes et membra sua et sibi 
subjecta, presentia et futura, in omni regni nostri solo existentia, sicuti spiri- 
tuale caput est , ita omni temporali emineat et fulciatur ditione , dominio et 
superioritate, volentes et in perpetuum premissis, tam absoluta quam ordi- 
naria auctoritatibus et potestatibus , ordinantes et largientes quod quibusvis 
forisfacto, ressorto, appellatione, defectu justicie, realitate , personalitate et 
quacumque civilitate et jurisdictione temporali ac quibuscumque aliis superio- 
ritatibus, membra et administrationes ipse ac earum et eorum ministri et 
religiosi , necnon membrorum ipsorum et administrationum ipsarum familia- 
res, subditi et homines quicumque, présentes et posteri, coram ipso Tyronensi 
monasterio capite suo , tanquam immediato superiore , omissis quibuscumque 
mediis immédiate respondeant , caputque ipsum monasterium Tyronense ac 
ejus abbas, conventus et ceteri ministri, relligiosi, necnon eorum familiares, 
subditi et homines quicumque, présentes et futuri, quibusvis forisfacto, res- 
sorto, appellatione , deffectu justicie, realitate, personalitate et quacumque 



CHARTULARIUM DE TIRONB. \; 

civilitate et jurisdictionc temporali ac quibuscumque aliis dominiis et superio- 
ritatibus, post ipsius monasterii Tyronensis Guriam , coram magnis presi- 
dentialibus nostris , Parisiis vel alibi ubi nostra precellens et suprema regalis 
regalis Curia residebit, immédiate et solummodo habeant et teneantur 
respondere , nec agere , respondere vel se defïendere super quibusvis forisfacto, 
ressorto, appeliatione, defectu justicie, realitate, personalitate et quacumque 
civilitate seu quibuscumque aliis, per aliquos justiciarios sive regios sive alios 
coram se tanquam superioribus , sed nec per alium modum nec alibi quam 
ubi premissum est, ipsi abbas, conventus, monasterium, ministri, relligiosi, 
familiares, subditi et homines premissi, présentes et posteri, compellentur 
inviti, nec aliquid jurisdictionis, dominii vel superioritatis super ipsos mo- 
nasterium, abbatem , ministros, religiosos, subditos et homines premissos et 
eorum bona, sive ex officio, sive ad partis instantiam, occasione alicujus pre- 
missorum vel alias, ab ipsis justiciariis sive regiis sive aliis intentetur, ne 
super eos in aliquo cognoscere habeant vel videre. Ipsos enim in speciali nostra 
gardia et tuitione alias et nunc suscepimus et adhuc suscipimus per présentes, 
ut omnes eis vim inferentes vel inferre volentes, forisfacientes et sua deti- 
nentes, occupantes, retinentes et denegantes, suosque debitores, et alios quos 
in judicium evocare voluerint in omni regni nostri dispertione constitutos^ 
coram ipsis presidentialibus vel aliis, si maluerint , justiciariis regiis tam in 
reali quam in personali, et sive in criminali sive in civili, ipsi abbas, conventus, 
monasterium, ministri et religiosi premissi evocare et trahere possint, ac 
quod, per nostre predicte saivagardie significationem et notificationem , def- 
fensionem et inhibitionem ex parte nostra , ipsis vim inferentibus vel inferre 
volentibus seu comminantibus , et aliis suis malefactoribus legitimum assecu- 
ramentum dandum et dare faciendum et compellendum, per corporum 
suorum, si expedire viderint, arrestationem, captionem et incarcerationem et 
alias, violentos ipsos forisfactores, molestatores et malefactores a violentiis 
ipsis, malefactis et molestiis propellere et de illatis satisfacere sua detinentes, 
occupantes, retinentes et denegantes, ad ea restituenda et reddenda et debi- 
tores ad sua débita eis solvenda, per suorum bonorum arrestationem, captio- 
nem, venditionem et explectationem , compellere ipsi presidentiales et alii 
justiciarii , clientes et servientes regii refragantes , coram ipsis presidentialibus 
vel aliis justiciariis regiis, prout religiosi ipsi maluerint, evocando auctoritate 
regia, absque aliis nostris vel successorum nostrorum Francorum regum vel 
quorumvis justiciariorum seu officiorum regiorum scriptis vel mandatis, 
exnunc in posterum in perpetuum omnino possint et valeant, hac nostra, 
sicut premissum est , tam absoluta quam ordinaria auctoritatibus et potesta- 



48 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

tibus et regali munificentia in perpetuum valitura, eis concedimus et largimur. 
Te quoque , sancte vir et venerabilis , Bernarde , tuosque successores abbates 
Tyronenses de domo , familia et consultu regiis in perpetuum esse volumus, 
et eorum qui de domo, familia seu consultu regiis sunt libertatibus, preroga- 
tivis , privilegiis et immunitatibus gaudere in perpetuum largimur, constitui- 
mus ac etiam ordinamus, intuitu siquidem dulcissimi fllii nostri in ipso 
Tyronensi cenobio per nos Deo oblati, et dignissimos, de quo letabundi 
exultamus, Redemptori nostro refferenti fructus*, consideratione etiam precum 
devotarum et orationum que pro vivis et defunctis Francorum regibus quo- 
tidie singulisque horis Altissimo in ipso monasterio porriguntur, necnon mul- 
timodorum beneficiorum et obsequiorum que ab ipso sancto abbate et suis 
religiosis habuisse nos cognoscimus. Quibus ex causis, ipsum monasterium de 
bonis a Deo nobis collatis fundavimus et dotavimus : honorem et tranquilli- 
tatem ipsius monasterii et ipsorum religiosorum presentium et futurorum pre 
ceteris quibuscumque desiderabiliter affectantes , eas et alias multifarias largi- 
tiones , libertates et prerogativas eisdem et suis suppositis concessimus et 
largiti sumus, vos successores nostros Francorum reges et vestras gentes 
ipsas firmas tenere et ab aliis teneri, per viscera misericordie Jesu-Christi et 
per eam quam optatis Paradisi gloriam, obnixius deprecantes. Has autem 
nostrarum regiarum largitionum editiones nemo infringere audeat in futurum ; 
qui autem secus egerit, indignationem et forisfactum régie celsitudinis se 
noverit incurrisse. Unde in supradictorum omnium robur et testimonium , 
présentes sigilli regii auctoritate et nominis nostri karactere communiendas 
duximus. Acta sunt hec in predicto monasterio Tyronensi , secundo idus 
aprilias ( f ) , anno gratie millesimo centesimo vicesimo , astantibus nobiscum 
in ipso monasterio quorum nomina subtitulata sunt et signa. Signum Anselli 
dapiferi f . Signum Hugonis constabularii f. Signum Gilberti buticularii f. 
Signum Widonis camerarii f. Data per manus Stephani (monogr.) cancel- 
larii ( 2 ). 
(Orig. en pareil. — Vidimus sur pap. de 1633.) 

(*) La date même de cette charte offre une difficulté. La fête de Pâques était le 
18 avril en l'année 1120, le 10 avril en l'année 1121. Le 2 des ides d'avril correspond 
au 12 avril : on ne peut donc reporter à l'année 1 121 cette charte datée du 12 avril 1 120; 
et cependant le 12 avril 1120 (anc. st.) devrait en réalité appartenir à l'année 1121. 

( 2 ) Nous n'avons pas besoin de dire que cette pièce est fausse. Nous n'aurions jamais 
songé à publier un tel pathos si nous n'avions été curieux de montrer quelles étaient les 
connaissances paléographiques aux XVI e et XVII e siècles. Malgré l'insistance du Chapitre 
de Chartres , ce titre fut déclaré parfaitement authentique par le Parlement de Paris au 



GHARTULARIUM DE TIRONE. 



XXXI. 



Confirmation de la fondation de X Abbaye de Cathmeis. 

« De Cathmeis. » 

(1120.) 

« Quoniam cuncta que fiunt temporaliter, bumane mortalitatis neces- 
sitate cogente, quam cito oblivioni traduntur, placuit nobis notificari 
presentibus atque futuris quod monasterium de Galis, in episcopatu 
Sancti-David, in pariibus de Gameis. prope antiquam eellam Sancti- 
Dogmaeli, non longe ab alveo Thevi fluminis. in bonore Dei genitricis 
Marie fundatum quondam, cella oxtitit monachorum Sancti-Salvatoris 
de Tyron, plurimis ibidem fratribus sub priore degentibus: sed quia 
Robertus, Martini filius, qui tune temporis sub Henrico, optimo rege 
Angiorum, terrç illius dominium tenebat, propter honorem et exalta- 
tionem sancte çcclesiç, in supradicti loci prioratu abbatem constitui a 
ilomno abbate Willelmo et omni conventu Tyronensi poposcit, !)<') 
providente, concessum est. Ipse auteni pex ei filius ejus Willelnius 
al(jiie jamdictus Robertus eandem abbatiam Sanete-Mariç de Gameis 
ita liberam omnibus temporibus concesserunt ut nichil in ea posset 
constitui ab aliqua potestate seculari, scilicet nec ab ipso reg*e vel ejus 
principibus nec ab ejus vel eorum successoribus. Goncessit etiam i|»sc 
pex ei Willelmus filius ejus et supradictus Robertus et abba tune pri- 
mum in supradicto loco de Galis electus et ejus monachi ut omnis 
«lectio futura abbatum ejusdem loci de Gameis et omnium locorum 
cidem loco subjectorum, si forte et ipsi abbatias instituerint , in provi- 
< Initia et potestate domni abbatis Tyronensis atque omnis conventus sit 

XVI e siècle, et jusqu'à la Révolution il servit de base aux prétentions non-seulement de 
l'abbaye, mais de tous les prieurés qui lui étaient soumis. — Au point de vue historique, 
c'est là seulement que Ton trouve le récit de cette maladie 'incurable dont Louis le Gros 
fut guéri par les prières du bienheureux Bernard ; là seulement qu'on rencontre la mention 
de ce fils consacré à Dieu par le roi dans l'abbaye de Tiron : deux faits adoptés sans 
contrôle par tous ceux qui se sont occupés de l'histoire de notre abbaye. 

r. i. 7 



50 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

jure perpetuo, testantibus Willelmo de Albigneio et Othoeno comitis 
fîlio, apud Sanctam-Walburgam. Si vero quicunque abba sepedicti loci 
Sancte-Marie de Gameis vel aliorum locorum eidem subjectorum, aliter 
quam oportet, indecenter et seculariter, quod absit, se suosque rexerit 
vel etiam a nostre humilitatis habitu et a nostris aliis religiosis institu- 
tionibus recesserit , virg*a et imperio pastoralis regîminis ecclesie Tyro- 
nensis est remo vendus atque alter qui dignus sit constituendus. Caven- 
dum est autem , in quolibet modo ex quacunque parte, aliqui vel in 
petendo honoris ambitione vel in concedendo avarieie cupiditate cecati , 
crimen symoniace, heresis incurrant; quod quicunque fecerit, ut justum 
est, a Ghristo anathema sit. Hoc vero provisum est prope vinculum 
caritatis et unitatem fraternitatis , que nec spacio locorum nec intervallo 
temporum sejungi debent, quod quando unusquisque ex abbatibus 
supradicte çcelesie, Beatç-Mariae de Gameis a domno abbate et omni 
conventu Tyronensi expetitus et electus fuerit ( 1 ), tune matri çcclesie Dei 
Salvatoris de Tyron in presentia abbatis qui tune preerit et omnis con- 
venais Tyronensis eidem ecclesie Tyronensi et rectoribus ejus obedien- 
tiam et debitam subjectionem ipse tune noviter electus abba et ejus 
monachi qui tune présentes aderunt coram Deo promittant. Quando 
autem domnus abbas Tyronensis ad sepedictum locum Sanctç-Mariae 
de Gameis vel ad quemlibet locorum ei subjectorum advenerit, ut decet, 
lionorifîce recipiatur, et ipse abbas ejus loci propriam sedem sue digni- 

(*) Nous trouvons dans le Cartulaire, f° 11 v°, sous le nom de Jean II de 
Chartres, qui fut abbé de Tiron , de 1277 à 1297 , la formule adoptée pour la nomina- 
tion des abbés dépendant du monastère : « Frater Johannes , divina permissione, 
abbas humilis Tyronii, Musqué ejusdem loci conventus, dilectis sibi in Christo filiis 
priori et conventui ( talis ) monasterii , salutem et sinceram in Domino caritatem. Cum 
nobis resignationem (vel decesswn) fratris (talis) , quondam abbatis vestri monasterii , 
pervestras patentes lifteras nunciantes, a nobis exinde cum supplicatione petieritis vobis 
diem certum prefigi in quo sit vestro viduato monasterio de pastore in nostro Tyronensi 
monasterio , prout moris est, providendum, nos petitioni vestre benigniter annuentes, 
rohis diem (talem ) duximus assignadum, qua die apud Tyronum, in capitulo et hora 
capituli, per procuratores sollempnes et certos ac sufficienter instructos , qui a vobis 
kabeant mandatum et posse, eum videlicet petendi et recipiendi, loco vestri et vestro 
nomine , quem in nostro Tyronensi monasterio. ut moris est, duxerimus eligendu/n, 
compareatis. Intimamus vobis nichilominus quod , sive ad dictam diem miser itis , sive 
non, nos ad electionem abbatis monasterii (talis) procedemus , prout de jure et appro- 
bata consuetudine fuerit procedendum. 



CHARTULARIUM DE TIRONI. ,1 

tafisei preparet, in choro scilicet, in capitulo et refectorio, el ubique 
ei paterna reverentia exhibeatur, sicut dicit Apostolns : « Gui honorem 
honorem, » itemque idem : « Honore invicem prevenientes. Omnis 
vero substaniia corporalis nostrorum ita communis sit ut si forte in 
aliquo nostro monasterio temporalium rerum eguerint, ex aliis ris 
subveniatur. Et spiritualium benefîciorum tam pro vivis quam pro 
defunctis tanta sit unanimitas ut ex utraque parte sic pro aliis quam 
pro suis propriis fratribus ferveat karitas ut nulla penitus sit diversitas. 
Statutum autem et defînitum est a domno abbate Willelmo el omni 
congregatione Tyronensi ut abbates ecclesie Tyrpnensi subjecti qui in 
transmarinis partibus sunt et erunt, semper in tercio anno, stabilitaie 
et confirmatione nostre religionis et gTatia visitandi fratres, in sollen- 
nitate sancte Pentecostes apud Tyronense cenobium congregentur. El 
si aliquis ex fratribus inobediens quicumque ex istis partibus recesserit, 
nequaquam parti alteri sine litteris commendaticiis conjungendus erit. 
Hoc autem notum sit sancte ecclesie fîliis quod Tyronensis çcclesia taie 
privilegium habet sancte et apostolice Romane ecclesie, ut quicunque 
in aliqua re injuriam ei qualibetcunque causa voluerit inferre, ab ipso 
papa pastore et rectore totius sancte christianitatis, qui specialiter in 
sancta ecclesia ligandi atque solvendi potestatem Apostoloruin vice 
suscepit , excommunicatus sit ; servantibus autem et idem Christi 
patrimonium amplifîcantibus benedictio et pax a domino Jesu Gliristo, 
qui cum dives esset pro nobis pauper factus est ut nos sua paupertate 
(litaret et sua infîrmitate sanaret. Haec autem facta sunt anno ab incar- 
natione Domini millesimo centesimo vig*esimo, régnante Ludovico 
Francorum reg^e et Henrico Angliam gubernante. » 

(Orig. en parch.) 

XXXII. 
Don par l'Êvêque de Paris de l'Église de Jardy. 

(1120.) 

« In nomine sancte et individue Trinitatis, quoniam pastoralis esl 
offîcii ad honorem Dei et ecclesie provectum religionis ordinem exal- 



52 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

tare et honorare et Deo militancium quieti discretionis moderamine in 

omnibus providere , monachos de Tiron, monastici ordinis strenuos imi- 

tatores, et quantum ad humanum spectat examen tam fama quam vita 

pollentes, in nostram parrochiam vocavimus et locum in quo Deo 

militarent disponendo eleg*imus. Seiendum ig*itur est quod nemoris 

illius quod Jarzia vocatur medietas tam de nemore quam de terra 

campestri et omnibus aliis ad Parisiensem pertineat episcopum , altéra 

vero medietas ad Hugonem de Calvo-Monte , régis scilicet constabula- 

rium( 1 ), quam idem Hugo de feudo abbatis Sancti-Germani-de-Pratis 

jure possidet hereditario. Gommunicato igdtur domni abbatis et predicti 

Hugxmis consilio, monachis de Tiron ecclesiam que in nemore est 

Jarzia, quasi locum a Deo eis paratum , perpetuo habendam libère et 

quiète possidendam concessimus, ea tamen ratione servata ut parro- 

chianus de villa que Soreg^nis vocatur aut de alia villa que Gella( 2 ) dicitur 

in cimiterio predictorum monachorum non sepeliatur nisi prius per 

abbatem recipiendi licencia habeatur. Determinatum est etiam quod si 

in loco illo villa forte efficiatur , média pars hospitum Soregnis parro- 

chialiter sepeliatur , altéra vero pars ad arbitrium episcopi tumulanda 

deferatur. Monachi vero de Jarzia tam servientes quam monachos suos 

in cimiterio suo, nullius super hoc requisita licentia, potestative sepeliant. 

Nullum vero aut hominem aut hospitem Sancti-Germani in suum reci- 

piant famulatum. Ut autem fîrma et inconcussa maneat hujusmodi 

concessio , eg^D Girbertus , Dei misericordia , Parisiorum episcopus( 3 ), 

assensu canonicorum nostrorum, et Hug*o, abbas Sancti-Germani ( 4 ), 

(*) Hugues de Ghaumont était fils de Sulpice, seigneur d'Amboise et de Chaumont- 
sur-Loir. Il perdit son père fort jeune, en 1095, et fut placé sous la tutelle de son oncle 
Lisoie de Bazouges. Il eut de longs démêlés avec Renault, seigneur de Château- 
Renault, dont il finit par être vainqueur. En 1129, il partit pour la Palestine avec le 
comte Foulques d'Anjou , laissant à son fils Sulpice les seigneuries d'Amboise et de 
Ghaumont. 

( 2 ) La Celle, Cella super Sequanam, avait été donnée à l'abbaye de Saint- Germain - 
des-Prés par l'abbé Waldromerus, à la fin du VII e siècle. Dans l'accord fait en 829 
entre l'abbé Hilduin et les moines pour le partage des revenus , on voit que la Celle l'ut 
une des villes attribuées aux religieux. 

( 8 ) Girbert, évêque de Paris, de 1116 à 1123. 

( 4 ) Hugues, d'abord moine de Saint-Denis, devint abbé de Saint- Germain-des-Prés 
en 1146 ; il mourut le 24 mars 1146. 



CHARTULARIUM DE TIRONK. 

assensu monachorum suorum, et Hugo de Calvo-Monlr. assensu uxoris 
suc Luce nomine, presentem cartam quasi luijus doni memoriale eter- 
num fîeri voluimus, et nominibus tam monachorum quam canonico 
rum et laicorum ex parte Hugonis insignitam sigillis nostris Hrmavi- 
mus. Actum publiée Parisius anno ab incarnatione Domini M°C°XX, 
episcopatus nostri IIII, adstantibus in capitulo nostro : Bernero decano, 
Adam cantore, Durando presbitero, Teoderico presbitero, Landone 
presbitero, Stephano archidiacono, Denberto diacono, Rainaldo diacono, 
llmrieo archidiacono et subdiacono, Hugone subdiacono, Guillelmo 
subdiacono, Petro acolito, Andréa acolito, Guillelmo acolito ; et in 
capitulo Sancti-Germani : Roberto presbitero, Odone presbitero, Li- 
siardo presbitero, Rannulfo diacono, Stephano diacono, Paulino dia- 
cono, Lanfredo subdiacono, Ademaro subdiacono, Arnulfo, Andréa, 
Fulchero acolito , Simone acolito. » 

(Çart. de Tiron, f° 62 r°.) 

XXXIII. 

Confirmation par Rotrou, comte du Perche, de tous les biens 

de F abbaye d'Arcisses. 

« De Arsitiis scedula. » 
(1120 circa.) 

(( Quoniam quidem commodorum temporalium occupatior cura nos 
hactenus dominici illius precepti factores, in quo que possidemus pro 
pauperum necessitate vendere precipimus, reddidit quod deterius est 
pigriores amodo saltim alterius implendi desiderio ferventiores impigri 
reddamur avidiores, eternorum tabernaculorum effîci si volumus habi- 
tatores, quo dicitur : « Facite vobis amicos demammonainiquitatis, » 
et cetera. Hoc precipue aliisque preceptis quamplurimis tandem exci- 
tatus, ego , Perticensis cornes, Rotrocus, quadam forte die, dum apul 
Nongentum, in aula plenaria, mea circonstante curia, residerem. 
omnia que antea monachis Tyronensibus apud Arsitias commanentibus. 



54 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

pro amore divino et pro salute anime mee meorumque antecessorum , 
donaveram, assensu generis mei Helie fîlieque mee Philippe (*), cum 
presentium baronum auetoritate totiusque presentis curie, concessi, 
corroboravi, confirmavi. Hec igitur ut omnium tenatius recondantur 
memoria, divisim per singula subscribantur capitula : capella videlicet 
de Arsitiis cum omnibus edificiis eidem capelle pertinentibus ; medie- 
taria quoque mea propria sicut dividitur a terra Radulfî de Garitate ; 
terra etiam de Soillato sicut eam dividit vallis Soillati usque ad terram 
Blanchardi ; aqua etiam Dilugie a stagno Brenellie usque ad Auseam , 
ita libéra et quieta ut nullus supradicte aque pisces prendere infra ter- 
minos audeat desigmatos ; aqua quoque Ausee a molendino de Grononio 
usque ad molendinum de Margonio ; decimaque furni Ferrerie ; pastura 
etiam boum in nemore meo quod Perticus dicitur et ad carrucas faciendas 
queque necessaria ( 2 ) ; mortua quoque ligna ejusdemnemorisadcalefa- 
ciendum et ad construendum quicquid vineis comprehenditur esse 
necessarium ( 3 ) ; in omnibus vero illis meis nemoribus pastura omnium 
bestiarum suarum mortuumque nemus ad calefaciendum et vivum ad 
quecumque sive ad edifîcia vel queque alia fuerit necessarium. Hujus 
rei testes sunt : Juliana , soror mea , et Garinus Gapreolus ; Robertus 
Mandeguerra ; Guiardus de Monte-Dulcet ; Robertus Aculeo ; Radulfus 
de Garitate ; Pag'anus de Sancto-Quintino ; Radulfus Bovet ; Goffredus 
prior ; Fulcoius cellararius ; Adelelmus de Sancto-Gipriano , totaque 
presens curia. Hoc concessit g»ener meus Helias etfîlia mea Philippa, el 
quicquid amplius tune vel deinceps eisdem monachis dare vellem. 

» Post aliquantum temporis , ego , apud Arsitias quadam forte die 
veniens, insuper dedi eisdem monachis nemus quod Sela dicitur, sicut 

(') Philippe était fille du premier mariage de Rotrou II, comte du Perche, avec Ma- 
thilde d'Angleterre. Elle fut mariée à Elie d'Anjou. 

( 2 ) Dans beaucoup de forêts, les paysans avaient le droit de prendre le bois néces- 
saire à l'entretien de leurs charrues. Dans une charte de 1220, relative à la forêt de 
Roumare, on lit ce qui suit : Omnes Mi qui faciunt aratra et marient in terra consuetu- 
dinis habent boscum duabus vicibus in anno, ad faciendum aratra sua. 

( 3 ) On rencontre dans les chartes du XII e siècle plusieurs mentions de concessions 
faites aux paysans du bois nécessaire pour la confection des échalas destinés à soutenir 
les vignes. En H68, l'archevêque de Rouen concède aux moines de Mortemer, inforesta 
nostra escharaz ad vineas predicte terre. 



GHARTULARIUM DE TIRONE. :;:; 

illud metatus sum per fag*os et quercus ( 1 ). Deinde, ex parte molcnriini 
Ruitorie , dedi terram quemadmodum dividitur a terra hospitis et medi- 
teariorum meorum usque ad ipsum molendinum. Dedi etiam ris ad 
vestituram . in redditibus préfecture Nongenti, centum solidos , quorum 
quinquaginta in Pentecostem et quinquagûnta in Decollatione sancti 
Johannis redduntur, et modium salis per annum. Dedi et decimain nao- 
lendinor uni meorum de Hussellis, et novorum molendinorum qui sunl 
suIj Nong*ento, et de Potereia, et de Levenvilla. » 

Cart. de Tiron, f° 4 r.) 

XXXIV. 

Don par Hugues de Boigne d'un arpent de pré. 

« De pratis Boine. » 
(1120 circa.) 

« Hug*o de Boigne et Osanna uxor ejus et Odo fîlius eorum cl 
Leiardis et Beatrix et Odelina et Hildeburgûs et Odelina ( 2 ) fîlie eorum. 
sorores Odonis, dederunt monachis de Tijron in capitulo arpentum 
prati et quicquid amplius est inter Praetel et Prata-Gomitis( 3 ), et censum 
quatuor denariorum et oboli, et omnem calumpniam census, conce- 
dente Goffredo de Rivereio, avunculo Hug*onis, videntibus et audienti- 
bus testibus istis : Roberto de Bellenvilla; Guillelmo Haneto; Radulfo 

(*) Les chênes et les hêtres étaient les arbres nobles par excellence, si je puis m'ex- 
primer ainsi : généralement les seigneurs les réservaient pour leur usage particulier. 
Dans une charte postérieure, nous verrons Brice de Ghillon donner au prieur»' 1 de 
Bois-Aubry tous les arbres de ses bois, à l'exception des chênes. Dans un aveu de 
l'abbé de Saint-Pierre-de-Dive , en I42Ï-, on lit : « Tous les chesnes et les hestres 
» qui sont es mectes de noz fieux et terres sur le héritaige de noz hommes et tenant 
» de nous sont nostres et nous appartiennent comme nostre propre domaine. » 

C 2 ) C'est par erreur que le copiste a répété deux fois le nom d'Odeline; c'est Héloïse 
qu'il faut lire la seconde fois : on le voit d'après les signatures et aussi d'après la charte 
cxviii où figurent les mêmes personnages. 

( 3 ) Le pré donné ici par Hugues de Boigne faisait assurément partie des Prés-Morin, 
que l'abbaye de Tiron possédait dans la paroisse de Condé. 



56 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

de Monte-Fulcardi ; Arnulfo piscatore; Garino. Galterio fratribus Gar- 
nerii de Arsiciis; Giraldo, filio Gosberti de Chascent ; Roberto, filio 
Guinemari; Pagano Gangaloio; Riulfo; Vimelino; Herberto. f Signum 
Hugonis. f Sigvnum Osanne , uxoris ejus. Signum Odonis, filii eorum. 
f Sig-num Legardis. f Signum Beatricis. Signum Odeline. f Sigronn 
Hildeburgis. Signum Helois( 1 ). » 

{Car t. de Tiron, f ° 8 v°.) 

XXXV. 
Don à l'abbaye de trois arpents de pré sur la rivière d'Huisne. 

« Do tribus arpentis prati. » 

(1120 circa.) 

(( Notum sit omnibus cfuod Joslenus , filins Fulcherii , vendidit mona- 
cbis de Tyron in a arpenta prati super ripam Hyenne fluvii , juxta prata 
de Conde, mi or libris dunensis monetç, concedentibus uxore sua Hue- 
lina, quç habuit ex concessu xii denarios, et fîlio suo Josberto qui 
babuit ini or denarios, et fîliabus, scilicet Richelde et Erenburge, que 
liabuerunt singule, nii or denarios, et n bus fratribus, scilicet Garino et 
Pagano, et concedente Hugone de Boigne, de cujus feodo erant prata, et 
habuit unum equum ut concederet, et censum eorumdem pratorum 
post obitum suum eisdem monachis concessit, scilicet vm denarios, et 
Goffredo de Boigne ( 2 ) qui habuit v que solidos. Testibus istis audientibus : 
Garino presbitero; Guillelmo Rufo; Roberto Aehatant; Pag'ano corve- 
sario; Ernulfo meteerio; Guillelmo Herice; Ernulfo fîlio Picardi. » 
{Car t. de Tiron, f» 9 r.) 

1 ) Cette charte est de plusieurs années antérieure à H 30; nous voyons en effet dans 
la charte cxvm que Hugues de Boigne était mort en 1130. 

( 2 ) Geoffroy de Boigne est sans doute le même que Geoffroy de Riveray, oncle de 
Hugues de Boigne, qui figure dans la charte précédente. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 57 



XXXVI 

Don de terres à Ablis. 

(1120 circa.) 

u In nomine sancfce et individue Trinitatis, noverint omnes chrig- 
tîane religionis quod Girardus Ensaielana et Amelina uxor ejus 
dederunt se ecclesie Tyronis, quatinus, si vellent, monacbi fièrent, nec- 
non partes suas ecclesie Tyronis eoncesserunt <>t (|iioddain arpentum 
terre quod erat circa ecclesiam Sancti-Ispani monachis Tyronis dede- 
runt, et imam domum que erat supra arpentum, et habueruut 
inde un libras et decem solidos de caritate, filiis eorum cônçedentibus : 
Carbonello et Auberto, Gauterio et Lijarde illorum filia. Hujus rei sunl 
testes : Odo, Haubertus, Gauterius Jaretarius et Garinus Baialer , 
Hoderius paag 7 erius, Eng^obertus villicus, Frotmundus de Sancto- 
Ispano , Girardus cliens. Hoc donum concessit Harveus Galardonis (\ 
el mater ejus, de quorum feodo erat. 

» Necnon idem Girardus supradictus dédit monachis Tyronis aliud 
arpentum terre quod erat justa supradictum arpentum, et habuit inde 
< j ni nquaginta solidos et unum sextarium frumenti de caritate, uxore 
sua Amelina et fîliis suis Carbonello, Hauberto, Gauterio, et Lijarde 
illorum filia cônçedentibus. Hujus rei sunt testes : Odo miles et Gofhv- 
dus filius ejus, Hoderius paag^erius, Gauterius Jaretarius, Simon Broteiol, 
Habertus, Garinus Bander, Leodeg*arius de Boola, Gosbertus Travers, 
Girardus cliens. Hoc donum concessit Haubertus et uxor ejus Haalerdis, 
(l< i quorum feodo erat. ei inde habuerunt vit solidos de caritate. » 

(Cart. de Tiron, f° 20 v°.) 

1 Hervé de Gallardon était fils d'HerJ)ert de (iallardon ; nous le retrouvons souvent 
• itr dans les chartes de l'abbaye de Saint-Père de 1115 à M2o. Le moine Paul se plaint 
que, confiant dans ses forces et méprisant la crainte de Dieu, il refuse de payer à l'ab- 
baye de Saint-Père un sou de rente qu'il lui doit sur des terres à Gallardon; il a de 
plus usurpé une bovée de terre près de son domicile. Hervé avait, épousé Béatrix ; il en 
eut deux fils Hervé et Galeran et une fille Hildeburge, femme de Robert Goël, sei- 
-iitMir d'Ivry, morte en odeur de sainteté au monastère de Pontoisc 

t. 1. 8 



58 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

XXXVII. 

Don de la terre du Loir. 

« De terra Lede. » 
(1120circa.) 

<( Notum sit omnibus fîdelibus quod Odo de Ulmo et Aldeburgis uxor 
ejus concesserunt monachis Tyronii terram Ledi quç erat de feodo 
eorum, sicuti eam dividit vallis Ledi et via Carnotensis. concedentibus 
fîliis, scilicet Geroio de Ulmo, Guillelmo, Roberto et fîlia eorum Agnete. 
Testes sunt : Hug*o Guinnalena ( 1 ), Odo Fragnellus, Hug*o de Bello, 
Guillelmus de Gorre. » 
{Cart.de Tiron, f°39r.) 

XXXVIII. 

Cession par le prieuré de Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou 
de tout ce qu il possédait au Loir. 

« De puteo Lede. » 
(1120 circa.) 

« In nomine Domini , notum sit omnibus tam futuris quam presen- 
libus quod monachi Beati-Petri Cluniacensis et Beati-Dionisii de No- 

( j ) Hugues Guignalena était le fils de Hugues le Déshérité (Hugo Desreatus). Les 
membres de la famille Desreatus apparaissent constamment comme témoins ou comme 
donateurs, pendant les XII e et XIII e siècles, dans les chartes des abbayes du pays char- 
train. Pour ne nous occuper que de ceux qui sont cités dans notre Cartulaire, nous rap- 
pellerons qu'en 1082, Eudes Desreatus fit un accord avec l'abbaye de Marmoutier pour 
le bois que ses hommes enlevaient dans la forêt de l'abbaye à Nottonville. En 1095, le 
même Eudes, du consentement de sa femme Agnès et de ses fils Hugues et Giiduin, fit 
une convention avec la môme abbaye pour la construction en commun d'un moulin sur 
la Corne. Parmi les témoins de cette pièce , est Geoffroy, fils de Guillaume le Déshé- 
rité, sans doute le frère d'Eudes. En 1119, Eudes fait un nouvel accord pour le même 
moulin avec les moines de Marmoutier résidant à Nottonville. Il avait alors cinq fils : 
Hugues, Giiduin, Geoffroy, Eudes et Girard, qui confirment cet accord, et parmi les 
témoins figure Hugues d'Orléans (de Aureliano), fils de Geoffroy, fils de Guillaume. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. ,, 

"Momo^) concesserunt monachis de Tirone quicquid terre habebanl ultra 

Ledum usque ad viam Garnotensem calciatam, in illa parle scilicel ubi 

habent Tironenses habitationem suam, et stannum supra predictum 

fluvium, et molendinum stanni cum ortulo qui est in 1er aquam molen- 

dini et a([uam de portis stanni. Et ita concesserunt supradicti monachi 

de Nogiomo quod ipsi facient suum stannum superius vel inferius sine 

prefati stanni detrimento. Et pro hac concessione quam monachi (]\w- 

niacenses fecerunt monachis Tironensibus concesserunt dominus Gau- 

fridus, Garnotensis episcopus, et donnus Gollenus de Leiuris, Frater 

cjus, prefatis monachis Gluniacensibus in elemosinam quicquid habe- 

bant de suo feodo quem Paganus de Ulmo tenebat ab eo, et Hugo de 

Reverio a Pagano, quam concessionem etiam concessit uxor prefati 

Gosleni Luciana ( 2 ). Hujus autem concessionis , predictorum episcopi 

scilicet et Gosleni et suorum heredum, sunt testes : Goslenus de Merel- 

villa, Glarellus de Morvillari , Richardus de Ghavennis, Guillelmus 

Rurgundus , Garinus de Leugis , Gislebertus famulus , Yvo quoquus ; 

monachi de Tirone : lsenbardus et Hubertus de Nogiomo, Guido de Ba- 

laone ( 3 ), monacus. Quando autem hoc cirographum factum fuit apud 

Nogîomum , fuit recitatum in capitulo monachorum et concessum ;i 

Bernardo secundo priore, et Gauterio qui cartam ditavit, et Guidone 

Balaone, et omnibus aliis monachis. Huic concessioni facte in capitulo 

interfuerunt monachi Tironis : Boso prior et Philippus et alii duo pre- 

dicti Isembardus et Hubertus, Ledi prior ; et isti laici, ex utraque 

parte : Garnerius falconarius, Garnerius Mansel, Garinus Sapiens, Odo 

prepositus, Paganus Erardus, Gillebertus famulus, Willelmus Chai- 

nardus ( 4 ). » 

(Car t. de Tir on, f° 39 v°. — Car t. de Saint-Denis de Nogent, f° 36 v°.) 

(*) Nous avons raconté dans Y Introduction toutes les difficultés que l'abbaye de Tiron 
eut à souffrir du prieuré de Saint-Denis de Nogent, dans les premières années de sa 
fondation. 

( 2 ) A la suite de Lucienne, le Gartulaire de Saint-Denis ajoute : « Et fîlii ejus Gosle- 
nus et Gauffredus, et filie Odelina et Luciana. » 

( 3 ) Le même personnage est ainsi désigné dans le Gartulaire de Saint-Denis : 
« Guido de Balaruc, monachus de Nogento. » 

( 4 ) Guillaume Chainard est nommé « Guillelmus, famulus, » dans le Cartulairc de 
Saint-Denis. 



60 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

XXXIX. 

Don d'un moulin au prieuré de Henedevelle. 

(1120 circa.) 

<( Sciant clerici et laici tam Anglici quam Francigeni quod Rogerius 
del Port, pro salute sua et pro animabus patris et matris suç omnium- 
que amicorum suorum . dédit monachis suis de Hœnedewella molendi- 
num quod est ante portam eorum , cum terra eidem molendino perti- 
nente ita libère sicut ipse tenuit in die qua ipse dédit eis. Testibus : 
Hug'one del Port et Roberto, fratribus suis, et Odone de Argugiis et 
fratre suo Eudone , et Gaufrido Hloherengerio , et Walterio de Sancto- 
Maneveu, et Henrico capellano, et Ricbardo de la Lande, et aliis mul- 
tis. Apud Strettuna factum fuit. Valete. » 
(Cart. de Tiron, f° 50 v°.) 

XL. 

Don de terres à la Forêt et au Theil. 

(1120 circa.) 

« Notum sit omnibus quod Ama de Foresta dédit monachis de Tiron 
imam masuram terre , Tiracheriam videlicet et Roffereriam. Hoc con- 
cesserunt fîlii ejus, Raginaudus et Seibrandus. Testes sunt : Pag^anus 
Ros, Savarius dapifer, Girorius, Girardus Jarrozel, Johannes presbiter. 

» Item Ama de Foresta dédit eisdem monachis quartarium terre de 
Fago-Reri quod Saldebreî habebat in vadimonium : illud quartarium 
terre redemit Oliverus de Partena monachis. Hoc concesserunt Rag*i- 
naudus de Foresta, filius Ame, et Seibrandus frater ejus, audiente 
Savarico de Foresta. qui reddidit denarios vadimonii , et Girorio et 
Haimerico de Montineio et Rag*inaudo Rove . 

» Iterum Ama dum infîrmitate gravaretur qua mortua est, Rag^i- 
naudus, fîlius ejus, dédit monachis de Tiron ventam panis mercati 
Foreste quod est in feria u, concedente Seibrando fratre suo, et Meriana 



(J1ARTULARIUM DE TIRONE. M 

et Ag-nete sororibus eorum. Dédit etiam carrucatam vini per singulos 
annos in vendemiis, ammonitione Pagani , decani Toarcensis, die qua 
venit fundare ecclesiam. Testes sunt : Rag-inaudus Rufus, capellanua 
Faie Basse, et Girorius, et Savarius dapifer Foreste. 

» Deinde, post mortem matris sue, dédit Reginaudus de Foresta 
totam terram que est inter duas vias apudTiletum; cujus keire medie- 
tatem dédit primum pro xx sextariis frumenti que mater (jus, dum 
viveret , Girardo Normanno debebat ; aliam vero medietatem | x >s( < n 
dédit pro cipbo arg'entco quem perdidit in via Sancti-Jacobi et pro <lu<>- 
bus porcis quorum unum émit a Giraudo et alterum dono reeepit Hoc 
viderunl et audierunt : Mabilia uxor ejusdem Raginaudi, et Girorius, 
et Savarius dapifer, et Haimericus de Montiniaco, et Passilio pincerna. » 

{Car t. de Tiron, f u 80 v°.) 

XLI. 

Don par Hugues de Chaources de la dime de Cintra. 

(1120-1126.) 

« Notum sit omnibus ad quoscumque barum noticia litterarum per- 
venerit quod Hug'o de Gaorchis (*) , et Richel de Garencon villa , cum 
duobus fîliis suis Helduino et Almarico, et Roscba de Baugentiaco con- 
cesserunt monacbis de Tyron décimas quas capiebant de tectis suis de 
Gintreio, horumtestimonio, Hubaldi Rufî, Helie Boel et Boel de Gastello, 
Guenii de Baug'enceio et Rainardi Farinart et Pétri Reg^is; quod Odo de 
Gaorcbis, in presentia Aurelianensis episcopi Johannis ( 2 ) et Radulfi de 
Baug*entio et multorum , quia in predicti castelli turre factum fuit. 

( f ) La famille de Chaources était établie en Touraine au XIII e siècle. En 1*220, Payen 
de Chaources est témoin d'une charte donnée par son parent et ami, Jean, seigneur 
d'Amboise. Au mois de mars 1242, Girard de Chaources confirme la vente du fief do 
Beluet, en la paroisse de Saint-Paterne , que sa femme Hodenrde avait faite aux reli- 
gieux de la Clarté-Dieu. 

( 8 ) Jean II, évêque d'Orléans, de 1096 à 1135. En 1126, il confirma à l'abbaye de 
Tiron toutes les dîmes de Cintry que ce monastère possédait du don d'Hubald le Roux 
il do Hugues de Chaources, neveu dudit Hubald. Voir eh. lxxix. 



62 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

sua parte concessit quia de feodo suo erat , testimonio Herchenbaudi 
subdecani et Vulgrini archidiaconi et Symonis cancellarii, et postea 
negavit et inde monachos exercitavit. Idem vero post paulo, penitencia 
duetus, injuriam suam recognovit, et per se et per fratres suos Hugo- 
nem et Gaufridum melius confirmavit, his testibus : Stephano Trumel, 
et eodem predicto Simone cancellario , et Bucardo nepote archidiaconi , 
et Huberto archipresbitero , et Lancelino de Balgenceio, et Herchen- 
baldo Pejore-Lupo ( 1 ), et Roberto Borg»onio, et Garnerio Bisol, et 
Garnerio Graolio, et Petro de Suevrio, et Humbaldo Rufo. » 
(Cart. de Tiron, f° 60 v°.) 

XLII. 

Abandon de la justice du Theil par Seibrand de la Forêt. 

(1120-1128.) 

« Quoniam mens humana labilis et caduca, fallax et transitoria, mi- 
nime in suo proposito permanet stabilis aut fîrma , quod fîrmum vel 
stabile in futuro volumus esse memorie sequentium scriptorum aucto- 
ritate curamus reducere. Notum sit itaque tam futuris quam presen- 
tibus quod ego Seibrandus de Foresta monachis Tyronensibus sangui- 
nem terrç eorum de Tilliolo qui mei juris erat liberum atque quietum, 
pro Dei amore et anime mee parentumque meorum salute, in 
perpetuum habere concessi, et Gauterio preposito meo concedere feci. 
Monachi autem pro hac concessione mihi quatuor sextaria avene dede- 
runt in caritate. Hoc autem concesserunt Guillelmus et Savaricus, 
nepotes mei. Hujus rei testes existunt : Savaricus seneschal, Theobaudus 
Alumpnus et Lambertus qui tune temporis prior Tillioli ( 2 ) erat. » 
(Cart. de Tiron, f° 57 v°.) 

(*) Le sous-doyen de l'église d'Orléans en 1096 s'appelait N. de Pisseleu (N. Pejor- 
Lupo). C'était assurément le même qu'Archambaud, sous-doyen, Herchenbaldus Pejor- 
Lupo, que nous voyons figurer dans cette charte. 

( 2 ) Le prieuré du Theil s'appelait aussi prieuré du Petit -Tiron. Il avait été fondé 
à la suite des donations de Payen du Theil, ce seigneur chez lequel saint Bernard avait 
reçu l'hospitalité. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 



XLIII. 

Don de la pâture de la Sèchelerie par Guillaume de Dillon. 

(1120-1128.) 

« Notum sit omnibus quod ego Guillelmus de Dillon pastum quem, 
sino>ulis annis, in Assumptiono béate Virginis Marie apud Sischate- 
riam habebam, dono Deo et monachis Tyronensibus. Hoc autem con- 
cedit uxor mea et filins meus. Hujus rei sunt testes : Seibrandus de 
Foresta, Leidex, presbiter Sancti-Marcelli , Theobaudus Alumpnus «I 
Lambertus, Tillioli prior. Pro hoc etiam dono quinque solidos mihi in 
earitate dederunt monachi. >» 

{Car t. de Tiron,i° 57 v°.) 

XLIV. 

Sauvegarde par Foulques, comte d'Anjou. 

(1120-1129.) 

« Fulcho, cornes Andegavorum ( 1 ), omnibus prepositis et famulis suis. 
salutem. Mando vobis et precipio ut monachos Tironensis çcclesiç 
solutos et quietos per terram meam sinatis ire, nec consuetudinem 
vel paagium de propriis rébus eorum queratis vel capiatis. Valete ( 2 i. « 

Carf. de Tiron, f° 51 r°.) 

I 1 ) On sait qu'après la mort de sa femme Eremburge du Maine, Foulques V conçul 
l'ambition de devenir roi de Jérusalem et qu'il passa en Terre-Sainte dans l'année 1 129, 
afin d'y épouser Mélissende, fille de Baudouin II, roi de Jérusalem. Foulques succéda 
en effet à Baudouin II le 14 septembre 1131. 

A la suite de cette sauve-garde s'en trouve une exactement semblable de Geoffroy 
Plantagenet, comte d'Anjou, fils et successeur de Foulques V. 



G4 CHARTULARIUM DE TIRONE. 



XLV. 



Don par le comte Thibaut de douze hommes, à Chartres. 

« Gomitis Teobaudi . de xir hominibus Carnotensibus. » 

(1121.) 

« Notum sit omnibus fîdelibus sancte ecclesie tam presentibus quam 
futuris quod ego Teobaudus , Blesensis cornes , pro remedio anime mee 
antecessorumque meorum, dedi et in perpetuum concessi monachis 
de Tyron, in civitate Garnoti, vi servientes, scilicet Paganum fabrum, 
Stephanum cordarium , Guillelmum cellerarium , Radulfum pistorem , 
Ligerium clausarium, Petrum fullonem, et alios sex pistores( 1 ), scilicet 
Kaginaudum Morellum , Herbertum Grassum , Rogerium , Anquitinum , 
Hobertum Biirdam , Roscelinum, g*enerum Bodardi. Prêter hoc autem 
dedi eisdem monachis aream molendini cum omnibus consuetudinibus 
suis et non tantummodo aree hujus consuetudines prefatis monachis 
dedi et concessi, sed de supradictis omnibus servientibus similiter, ex- 
cepta pernoctatione supradictorum servientium. Quod si aliquis eorum 
clientum interierit, monachi Tyronenses comitem Teobaudum vel 
heredem ejus de serviente requirent, [et cornes vel hères ejus servien- 
tem in loco defuncti ad libitum suum substituent. Si vero aliquis illo- 
rum servientium in supradicta pernoctatione quicquam forisfecerit , illud 
f brisfactum usque ad presentiam comitis indiscussum permanebit] ( 2 ). 
Hujus rei testes fuerunt : Hugo de Gastro-Teoderici ; Ansellus, nepos 
illius; Meschinus, capellanus comitis; Adelardus Rufus ; Stephanus 
Rogerii, prepositus ; Hato panetarius ; Hubertus Asinarius ; Gaufridus. 
Roberti Deserti filius ; Nivelo, Stephani filius ; Lambertus cellerarius. 

d j Les boulangers formaient une corporation puissante à Chartres. Parmi les sept 
verrières du XIII* siècle qui décorent l'abside de la cathédrale de Chartres, celle du 
milieu consacrée à la Glorification de la Vierge, et celle qui la suit et qui représente 
Moïse et Isaïe, ont été données par la corporation des boulangers. 
( 2 ) Ce qui se trouve entre crochets a été raturé dans le Cartulaire. 



GHARTULARIUM DE TIRONE. 

Data autem Carnoti anno ab incarnatione Domini millesimo centosimo 
vig*esimo primo, Ludovico Filippi in Francia régnante. 

» Anno vero ab incarnatione Domini M G XXX VIII , quod antesolo 
carte testimonio donaveram, sigilli mei auctoritate, ut hocdonum sta- 
bile et inconcussum im perpetuum permaneret, placuit corrobari. Iode 
((juidem testes fuerunt : Radulpbus, capellanus meus (*); Hubertus 
Kufus, tune prepositus Carnoti; Hugo fîlius Haimerici; Masceliuus de 
Reconviller ; Aalardus Rufus; Robertus de Rello-Loco; Gaufridus de 
Magno-Ponte ; Hato panetarius ; Petrus, fîlius Pagani fabri; Ludovico 
Ludovici fîlio régnante in Francia; Gaufrido, Carnoti episcopo (*). » 
(Orig. en parch. — Cart. de Tiron, f J 12 r°. — Vidimus en pareil, du 19janv. 1370.) 



XL VI. 

Don de la terre de Montaillé et du fief de V Annan . 

(1121.) 

« Cum tocius mundi condicio moriatur et Ade vicio nemo tamen ex 
toto moritur cujus vita scriptis innititur, allocuntur posteros cfuos jam 

(*) Raoul, archidiacre de Meaux, fut chancelier du comte Thibaut de H32 à 1151; il 
ne prit jamais que le titre de chapelain. Sous ses ordres était un clerc nommé Guil- 
laume. En 1118, Thibaut fit présent à Guillaume d'une maison située à Meaux, que 
celui-ci revendit, moyennant 10 livres , à Herbert, neveu du chapelain Raoul. 

( 2 ) Suivant deux chartes fausses, le 4 mai 1170, Thibaut V, comte de Blois, et le 
4 juillet 1205, Louis, comte de Blois, de Chartres, de Chàteaudun et de Clermont, consen- 
tent <( quod sex servientes, sex pistores et alii quicumque homines monasterii Tironensis, 
monachorum et membrorum, panes, carnes, grana, vina, fructus, oleum, candelaset alios 
adipes ac alias res et denariatas in civitate, villis et quacumque parte comitatuum Carno- 
tensis, Blesensis et Dunensis vendentes, a solutione denariorum, neenon et a banno, 
coactione seu servitute molendi in molendinis, coquendi in furnis, pressurandi in torcu- 
laribus Comitis et non vendendi vina tempore banni Comitis , liberi et immunes existunt, 
et molere in molendinis, coquere in furnis, pressurare in torcularibus ipsorum monasterii 
et monachorum Tironensium vel ubi ipsi monachi voluerint plane et libère possunt, nec 
ad civitatem, villas et castra Comitis vel ipsarum portas custodiendum, vel vigilias seu 
guettum in ipsis faciendum, nec ad justitiam Comitis associandum nullomodo compelli 
possunt. » 

T. I. !» 



C6 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

traxit Deus ad superos cum mentiri super quo scripserint vel auferri 
cernunt quod dederint. Noscat evgo cetus fîdelium quorum donis et 
ore testium inolevit hoc edifîciumne venturos fallat silencium, annoab 
incarnatione Domini millesimo G primo (*), Lodovico Gallie et Henrico 
Ang*lie regibus, Willermo autem Tironis abbate, ne noticia lateat 
posterorum quod caritas operatur modernorum , cunctis fîdelibus pateat 
quod eg^o Albericus, dominus Milicie, milles, amore passionis Jesu- 
Ghristi et intuitu pietatis, ac pro anime mee uxorisque mee Theo- 
phanie, antecessorum , successorum , parentumque meorum, eciam in 
receptione fîlii mei Alberti in congregatione monachorum predicti loci 
de Tironio, dono et concedo im perpetuum antedictis abbati et mona- 
chis , sine ulla retentione , sed sicut proprium meum possideo dominium, 
volo quod possident predicti monachi , videlicet totam terram de Monte- 
Allerii ( 2 ) et homines in eadem terra manentes ; que terra ad manum inclite 
recordationis Lodovici régis ex forefactura Gilberti , domini dicti loci de 
Monte- Allerii , militis , devenit ; quam terram predictus inclitus rex 
michi dédit in perpetuum. Dono insuper et concedo supradictis abbati 
et monachis feodum de Alneto prope Tuceyum ( 3 ), et homines ibidem ma- 
nentes : ac eciam do et concedo sepedictis abbati et monachis sex sar- 
cinas bladi quas mihi debent super Tuceyum predictum ; et hec omnia 
ita quiète et soluté quod nil tempore mihi retineo nec successoribus 
meis in perpetuum , super altare Sanctissime Trinitatis , per traditionem 
fîlii mei Alberti predicti, impono. Et mecum uxor mea predicta et alii 
fîlii mei Fulco et Hugo dederunt idem donum et concesserunt. Hujus 
rei testes : Robertus capellanus meus ; Hug*o de Gella , miles ; Paganus 
Jousselin ; Jacquelinus de Montheon ; Gilduinus de Montibus ; Fulbertus 
de Spinetis ; Willermus de Sancto-Michaele , et alii quam plurimi. Quod 

H Sic pro 1121. 

( 2 ) On trouve encore dans les environs de Saint-Calais les métairies du Grand et du 
Petit-Tiron, souvenir du prieuré que l'abbaye possédait à Montaillé. 

( 3 ) Tucé n'existe plus ; c'était le chef-lieu d'un fief important, qui avait donné son 
nom à la famille de Tucé. Celle-ci posséda la baronnie de la Milesse jusqu'au XVI e siècle. 
Une clef de voûte de l'église de Saint-Gervais-de-Vic conserve encore sculptées les 
armes de la famille de Tucé : de sable à trois jumelles d'argent. — La rivière, dans le 
val de laquelle sont situés Montaillé et l'Aunay , s'appelle le Tusson : ne faut - il pas 
voir dans ce nom moderne une réminiscence de l'ancien Tuceyum ? 



CHARTULARIUM DE TIRONE. , i7 

utratum et stabile perseveret in posterum, presenti scripto sigilli mei 
robur apposui , cum tribus pillis barbe mee ('). » 

(Car t. de Tiron, f° 89 v°.) 



XLVII. 

Don par Geoffroy Bourreau d'une terre à Chouzy et d'un moulin 
nouvellement construit sur la Cisse. 

« De Bure. » 
(1121 circa.) 

« Ad memoriam posterorum ne res facte, aliqua prolixitate temporis, 
oblivioni traderentur, placuit michi Gaufrido Burrello ( 2 ) scripture com- 
mendare qualiter, pro remedio anime mee , concedente Gaufrido meo 
fîlio, monachis Tironensis ecclesie dedi totam illam terram que est inter 

(*) Sans pouvoir l'affirmer d'une manière certaine, nous avons de fortes raisons de 
suspecter l'authenticité de cette charte, qui a été ajoutée dans le Cartulairc au 
xvi e siècle. 

( 2 ) La famille Borrel ou Bourreau joua un très grand rôle dans le Dunois pendant tout 
le XIII e siècle. En 1101, Geoffroy Bourreau, fils d'Asthon, partit pour la Terre-Sainte 
à la suite du comte Henri-Etienne : il était accompagné de sa femme Corbe d'Amboise, 
veuve d'Acard de Saintes, qui lui fut enlevée parles Sarrasins. En 1111, s'étant em- 
paré de biens appartenant à l'abbaye de Bonne-Nouvelle d'Orléans, il fut excommunié 
par l'évêque saint Ives. Nous le retrouvons encore en 1121, témoin, avec Asthon, son 
frère, d'une donation faite par l'abbaye de Saint-Calais aux religieux de Bourg-Moyen 
de Blois. — En 1132, Geoffroy Bourreau, fils de Geoffroy, avec Ursion de Fréteval, 
Simon de Beaugency et autres, tenait la campagne pour Sulpice de Ghaumont, seigneur 
d'Amboise, contre Geoffroy Grisegonelle, comte de Vendôme. — En 117.;, Eudes 
Bourreau, fils de Geoffroy, seigneur de Courtalain du chef de sa femme Berthe, donna 
au chapitre de Chartres douze charmées de terre dans la forêt du Gault-Saint -Etienne. 
— En 1185, Hugues Bourreau, aussi fils de Geoffroy, confirme, comme seigneur 
dominant, l'abandon fait par Ives de Courtalain au prieuré de Saint-Hilaire-sur-Yerre 
des dîmes de Saint-Pélerin. — En 1208, Eudes Bourreau, seigneur de Courtalain, lils 
d'Eudes, confirme un accord fait entre le prieuré de Saint-Hilaire-sur-Yerre et Berthe 
Bourreau, sa sœur, femme de Renaud d'Ouarville, pour le pressoir banal de Saint" 
Pèlerin. 



68 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

Sissam et forestam (*), quam cornes Stephanus meo patri Asthoni Burrello 
dédit, et unum molendinum qui Novus vocatur et medietatem pisca- 
ture que in longitudine, quantum et terra prescripti doni, durât, et 
omnia prata a Rovercello insursum existencia, excepto uno dimidio 
arpenno, annuente comité Theobaldo, supradicti Stephani filio. Facta 
autem sunt hec puplice, tempore Lodovici régis Francorum, et Goffredi, 
Dei gratia, Garnotensis presulis. » 

(Cart. de Tiron, f° 43 v°.) 

XLVIII. 

Échange avec les Chanoines de Saint-Calais , de la dîme de la terre 

donnée par Geoffroy Bourreau. 

(1121 circa.) 
« De Bure. » 

« Notum sit omnibus fidelibus Gaufridum Burrellum totam terram 
quam habebat in proprio a comité Theobaudo inter Sissam et forestam 
monachis Tironensis çcclesiç dédisse, cujus terre, decimam canonici 
Sancti-Karilepphi ( 2 ) quiète possidebant ; sed monachi utile sibi fore pro- 
videntes si, remotis participibus, totam decimam illius terre ex integro 
sibi vindicare possent , interventu comitis Theobaudi , pecierunt et 
rogaverunt canonicos , quatinus in mutatione ab eis reciperent vu soli- 

(*) Cissa est la rivière de Gisse qui formait la séparation du Dunois et du Yendômois 
depuis Pontijou jusqu'à Gonan et dont le cours se prolonge jusqu'à Vouvray. Quant 
à la forêt dont il est ici fait mention , il faut certainement entendre la grande forêt de 
Blois. L'emplacement du Moulin-Neuf qui existe encore près de Chouzy indique d'une 
manière certaine la situation de la terre donnée par Geoffroy Bourreau. 

(2) Il n'est pas ici question de la puissante abbaye de Saint-Calais au Maine, mais 
bien du prieuré de Saint-Calais au château de Blois. Ce prieuré qui existait dès le IX e 
siècle fut enrichi au Xlle siècle par les libéralités des comtes de Blois. Outre la chapelle 
principale qui était contiguë à la chambre à coucher du comte, les chanoines de Saint- 
Calais étaient chargés de la desserte d'une autre chapelle située dans une des tours du 
ehàteau, desserte pour laquelle ils recevaient annuellement deux bouteilles d'huile, trois 
livres de cire et quarante-cinq sous de monnaie blésoise. 



CHARTULARIUM DE TIRONK. 

dos census cum his que ad censum pertinent, quos monaclii apud 
Curiacum supra Ligerim habebant ex bénéficie Gradulfi de Bleaio; 
decimam vero illam, quantum in donc donni Gaufridi continetur, 
supradictis monachis quiète in perpetuum concédèrent. Hocitaque, 
utraque parte, in presentia supradicti eomitis, sub condicione bac bon- 
liiinatum est ut utrique mutacionem ab omnibus càlumpniantîbus 
adquietarent; quod si quilibet eorum illatam ealumpniam absolyere 
non possit, statim quod suum fuerat quisque repeteret et prius possessa 
possideret. Hujus rei testes adfuerunt : Gaufridus Borrellus, Hugo Mun- 
sellus, Paulus miles ejus, Nevelo de Fractavalle, Ragûnaudus de 
Sazana, Hugo de Buriaco, Petrus de Robore-Ligato ( J ), Garinus Diabolus. 
Garinus de Fisco ( 2 ), Guinebertus. » 

(Cart. de Tiron,î» 43 v°.) 

XLIX. 

Echange entre le prieuré de Saint-Calais et celai de Saint- And ré- 

de-la-Forêt-Longue. 

« De décime commutatione. » 
(1121 circa.) 

« Notum sit omnibus tam futurisquam presentibusquod Teobaudus, 
Blesensis cornes, pro remedio anime sue et antecessorum suorum, ins- 
tituit et concessit dare sing*ulis annis [canonicis] Sancti - Karileffi , 

(•) Petrus de Robore-Ligato fut témoin du don fait en 1 i04par la comtesse Adèle d'une 
l»artie de la Forêt-Longue à l'abbaye de Marmoutier. 

( 2 ) Un des faubourgs de Blois portait le nom de faubourg du Foix (de Fisco) : il ap- 
partenait presque entièrement à l'abbaye de Saint-Lomer, qui, en 1226, du consentement 
de Gautier, évèque de Chartres, et de Louis I, comte de Blois, affranchit les habitants 
du faubourg et de la banlieue du Foix de toute taille et redevance personnelle. Une des 
portes de Blois. depuis nommée de Saint-Lubin, portait le nom de porte du Foix : elle 
était située auprès des fossés du château, à la rencontre des rues actuelles de Saint-Lu- 
bin et des Trois-Marchands ; elle est aujourd'hui démolie. Enfin une des tours du château 
de Blois avait reçu le nom de tour du Foix; c'est celle où Catherine de Médicisût élever 
un observatoire. 



70 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

unum modium melioris frumenti sui de terragio Marchesmii ad illam 
minam qua terragium suum ibi recipit, in commutationem décime 
sue quam habebant in terra monachorum Sancti-Andree de Seveliona. 
Institutum est etiam a predicto comité ut ipsi monachi darent, singulis 
annis, eisdem canonicis unum modium avene in commutationem ejus- 
dem décime, et ita haberent canonici duos modios annone pro sua décima, 
unum frumenti a comité et alterum avene a monachis. Hujus rei sunt 
testes : Andréas de Baudemento ( l ), Hug*o de Gastro-Theodorici ( 2 ), 
Erardus de Villabon, Raginaldus de Sezania ( 3 ), Gaufridus cantor, 
Garinus Diabolus, Guinebertus et Guibertus. » 
(Cart. deTiron, f» 30 v>.) 

L. 

Don des terres du prieuré du Loir. 

« De puteo Lede. » 
(1121 circa.) 

« Quoniam humanarum rerum oblivione interveniente et morte quç 
via est uni verse carnis sua jura vindicante atque dominium suum per 
universum orbem terrarum exercente , quç fîunt sine litterarum apiei- 
bus custodiri diu nequeunt , ad posterorum memoriam libet scripto an- 
notari quod eg*o Goffredus , Garnotensium episcopus , et Goslenus , frater 

( ■ ) André de Baudement et Guérin le Diable furent témoins en 1 121 d'une cession faite 
par l'abbaye de Saint-Calais à celle de Bourg-Moyen de Blois , du droit de dime sur 
deux charmées de labour dans la Forêt-Longue (aujourd'hui forêt de Marchenoir), où le 
comte Thibaut construisait en ce moment l'abbaye de l'Aumône. Nous citons cet acte 
parce que nous ne doutons pas que cette cession ne fût faite par l'abbaye de Saint- 
Calais en considération du prieuré de Saint-Calais du Château de Blois, qui était dès 
lors réellement uni à l'abbaye de Bourg-Moyen, bien que l'acte officiel de réunion ne 
soit que de l'année 1150. 

( 2 ) Hugues de Château-Thierry figure comme témoin, avec Hugues duPuiset, Gui de 
Meréville, Hervé de Gallardon et Amaury de Maintenon, dans une donation faite à 
l'abbaye de Saint- Jean-en- Vallée, vers H 35, par les neveux d' Amaury Chenard. 

( 3 ) Rainaldus de Sezana est témoin d'une donation faite en 1122 par André , surnommé 
a Barbe, au prieuré de Yilleberfol de la terre des Mousseaux (de Murzellis). 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 71 

meus, donamus Deo et monachis Tyronis quatuor carrucatas terre 
juxta aquam Ledi, sicuti nos terminavimus eas, presentibus domno 
Willelmo,Tyronensiummonachorurnabbate.Testibus: Isembardocaim 
rario, Constantio, Zacharia Sanctç-Marie canonico (*), Ang-oto canonico 
Sancti-Johannis-de-Valeia , Hugone Haimerici fîlio , Frudone Benedicti 
fîlio, Guarino de Ceres. Necnon damus illis monachis supradictis unum 
furnum in villa Leuvis ut illum omni tempore proprium h^beant, nec 
in villa alius furnus fîat nec homines ville illius ad alium furnum eanl. 
Insuper in molendino de Longo-Saltu unum modium annone illis an- 
nuatim damus. 

» Insuper illis monachis supradictis dédit Hug'o de Rivere ( 2 ) totam illam 
terram que. est inter viam Garnotensem et vallem Ledi. Istius vero terrç 
decimam atque quatuor carrucatarum de proprio labore supradictis 
monachis dederunt canonici Sancti-Nicholai de Gurvavilla, Frudo de 
Villers scilicet et Rainoudus Loche omnesque alii. Testibus istis : Ivone de 
Gurvavilla, Guarino Menerii fîlio, Harduino Brunet, Hugone Haimerici 
fîlio , Isembardo camerario, Gonstantio de Gurvavilla. 

» Odo de Ulmo ( 3 ) et Aldeburgns, uxor ejus, concesserunt monachis 
terram supradictam que erat de feodo illorum, sicuti eam dividitvallis 
Ledi et via Garnotensis, concedentibus flliis suis Geroio de Ulmo, Guil- 
lelmo, Roberto et fîlia eorum Ag^nete. Hujus rei testes sunt : Hugo Gui- 
gnalena, Odo Fresnel, Hugo de Bello, Willelmus de Gorre ( 4 ). 

» Yicariam ejusdem terre, dédit Willelmus Aculeus , et hoc conces- 
serunt Hysabel uxor ejus et Robertus et Manasses fîlii ejus. Herbertus, 
filius Eaduardi , concessit dimidiam partem ejusdem vicarie quoniam 
ipsius erat. Et hoc concesserunt Ascelina uxor ejus et Ivo frater ejus et 

(') Zacharie est le même qui devint sous- doyen, puis doyen du chapitre de Chartres 
vers 1131. 

( 8 ) Geoffroy de Riveray, père de Hugues, avait été l'un des compagnons de Rotrou 
en Palestine et était revenu avec lui de Jérusalem vers la fin de l'année 1099. 

( 3 ) Vers 1095, Eudes de l'Orme consentit, avec ses frères Payen, Robert et Hubert et 
sa mère Agnès, à la donation faite par son père Gerogius de Ulmo au prieuré de Saint- 
Denis de Nogent de l'église de Saint-Aubin de Coudreceau. 

(*) Nous avons déjà publié la charte originale contenant la donation d'Eudes de 
l'Orme (voir ch. XXXVII): elle est conçue exactement dans les mêmes termes que la 
notice. 



72 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

Radulfus fîlius ejus. Hujus rei testes sunt : Guarnerius, Teobaucius et 
Gosbertus, villici ejusdem terre, et Haimericus fîlius Roberti, Rainaudus 
nepos Huberti Asinarii , Gislebertus famulus Isembardi camerarii , Ra- 
dulfus nepos predicti Isenbardi , Oelardus et Ivo famulus Tironensium 
monachorum . 

» Raneriam predicte terrç dederunt monachis de Tyron viri et mulie- 
res, quorum nomina subscripta sunt (*) : Symon Bechet et Ermelina uxor 
ejus ; — Gauteriuscte Fries et Garinus et Hugo fratres ejus ; — Frodo Re- 
nedicti fîlius, Hermengardis uxor ejus et Ivo, et Guiardus et Auber- 
tus fîlii eorum ; — Gaufridus et Guasto et Guillelmus f rater ejus ; — Ivo 
Herberti fîlius et Milesendis uxor ejus, et Ernaudus, et Gaufridus, et 
Johannes et Haois fîlii eorum; — Stephanus de Corsesaut , Matildis 
uxor ejus, et Hubertus, Teudo, Matheus, fîlii ejus ; — Guerricus et Ha- 
vis uxor ejus, et Aubertus, Symon, Guerricus, Teobaudus, Petrus fîlii 
ejus, Erenburgis, Richeldis, Odelina fîlie ejus ; — Hugo et Milesendis 
uxor ejus, et Odo Moreherius frater ejus; — Hugo Panerius et Alburgis 
uxor ejus, et Hugo, Ivo, Frodo fîlii ejus, Ermengardis, Rocia, Gilia 
fîliç ejus. » 
(Orig. en parchem. — Cart. de Tiron, f° 39 v°. ) 

LI. 

Don par Robert de Courtalain de la dîme du moulin de Marolles. 

« De décima molendini. » 
(1122 circa.) 

« Notum sit omnibus bominibus quod ego Robertus de Gurtolino ( 2 ) 
dono Sancto-Salvatori et monachis Tyronis decimam molendini de Mai- 

( 1 ) Avant rémunération des donateurs, on lit, dans l'original comme dans le cartu- 
laire : « Et sicut videris lineas, lia scias ire singulas familias. » Et en effet les membres 
d'une même famille sont entourés d'une ligne pour les séparer de la famille suivante ; 
nous avons remplacé les lignes par des points et virgules et par des traits. 

( 2 ) Suivant les auteurs qui se sont occupés de l'Histoire du pays Chartrain, la sei- 
gneurie de Courtalain aurait appartenu à la famille d'Illiers jusqu'au milieu du XII e siècle, 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 

roliis, etdecimam omnium reddituum nemoris de Mairoliis, uxore mea 
Juliana concedente, fîliis meis Drog"one et Gaufrido concedentibus, et 
Haois uxore Drogxmis concedente. Sig*num Robert i y. Signum Juliane y. 
Sig*num Drog*onis f . Signum Haois f. Signum Gaufridi y. Hujus pei 
sunt testes : Goffridus de Gurtiello ; Goffridus de Esperia ; Gauterius 
molendinarius ; Raginaudus Loridum; Goffridus, filius Og^erii; Hugo, 
sacerdos. » 
{Car t. de Tir on, f° 8 r°.) 



lu. 



Vente d'une maison, à Chartres, par Helvise, femme de Glavin 

le boucher. 

« De quadam domo Carnoti. » 
(1122 circa.) 

« Notum sit omnibus tam posteris quam presentibus quod eg^o Hil- 
duis, uxor Glavini carnifîcis( 1 ), vendidi imam domum monacbis Tyro- 
nensibus, concedentibus duabus fîliabus meis et pro concessu munus 
accipientibus , concedentibus etiam Odone earum avunculo , Aalardoque 
carnifîce, sororiomeo, cum fîliis suis fidejubentibus, Garino Gardorg*io 
Hermandoque carnifîce, Gaufridoque Ivonis fîlio existente teste ex 
parte eorum, et Radulfo Conduit. Et ex parte monachorum fuit domnus 
Alcherius, filius Aalonis, testis et emptor, vidente Guillelmo famulo 
suo , presentibus : Radulfo pistore , Hubertoque Asinario , et Stephano 

où elle passa aux Bourreau par le mariage de Berthe d'Illiers avec Geoffroy. Nous n'avons 
l>u vérifier sur des titres originaux ce qu'il peut y avoir de vrai dans cette attribution 
de la seigneurie de Courtalain à la maison d'Illiers : nous croyons plutôt que Robert 
était le véritable propriétaire du domaine de Courtalain au commencement du XII e 
siècle, domaine qu'il joignit à la seigneurie de Marolles qui lui appartenait incontesta- 
blement. 

(') La corporation des bouchers était très puissante à Chartres comme dans la plupart 
des villes du royaume. Les rues actuelles des Bouchers et delà Boucherie rappellent les 
lieux où étaient les étaux des bouchers et où se trouvaient leurs massacres (abattoirs). 

T. I. |l) 



74 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

cordario , fratribus monachorum et famulis , Gosberto serario et Teobaudo 
Torto, Dagobertoque Aculeario cum fîliis suis. Datisque fîdejussoribus, 
jussu Andrée dapiferi de Baudemento , venerunt in curiam comitis , 
coram Stéphane- preposito famulisque aliis comitis, Stéphane- scilicet 
Rog*erii fîlio, Teobaudoque Glarone ( 1 ). 
{Cart. de Tiron, f° 14 r°.) 



LUI. 



Confirmation de la vente d'une maison à Chartres par Helvise, 

femme de Glavin le boucher. 

« De furno Carnoti et de quadratura terre. » 
(1122 circa.) 

<( Heldvis, uxor Glavini carnifîcis, vendidit unam domum decem 
libras et xn denarios monachis de Tyron, et due fîlie illius vendiderunt 
et concesserunt, et inde pignus acceperunt, et Odo avunculus conces- 
sit et adfîrmavit tenere et defendere contra omnes homines, atque 
Aalardus carnifex , sororius uxoris Glavini carnifîcis , concessit et pro- 
misit, cum infantibus suis, atque Garinus carnifex fuit fîdejussor tran- 
quillitatis, et Hermandus similiter, et Gaufridus filius Ivonis ex parte 
eorum extitit testis, Radulfus Conduit ( 2 ) similiter ; et ex parte monacho- 
rum fuit domnus Alcherius, filius Aalonis, testis et emptor, atque Guillel- 
mus , famulus ejus ; Hubertus Asinarius , monachorum f rater et famulus, 
et donnus Radulfus pistor ; Stephanus cordarius , frater eorum et famu- 
lus ; Gosbertus serrarius ; Teobaldus Tortus ; Dagobertus Aculearius et 
fîlii ejus. Tandemque, datis fîdejussoribus, jussu Andrée senescali de 

(*) Thibault Claron se retrouve comme témoin de la donation de l'église de Saint- 
Martin-au-Val faite en 1128 par le comte Thibaut à l'abbaye de Marmoutier. 

( 2 ) Vers 1125, le couvent de Saint-Père de Chartres affranchit Raoul Conduit, qui 
était devenu l'homme de l'abbaye pour avoir épousé la fille de Hugues de Villeneuve , 
homme de Saint-Père: Radulfum, cognomento Conduit, qui in familia hujus nostre 
ecclesie ea de causa venerat quia filiam Uugonis de Villa-Nova , hominis nostri, uxorem 
duxerat , cum uxore sua et omnibus Uberis suis manumisimus. » 



CHARTULAKIUM DE TIRONB. 71 

Haldement ('), venerunt in curiam comitis , antr Stephanum préposi- 
tion ei ante famulos comitis, scilicet Stephanum, filium Rogerii, 

et ïeobaldum Glaronem. Hec domus sita est justa forum. » 

(Cart.deTiron, f'° 12 v°.) 



LIV. 



Exemption du droit de tonlieu et de coutume dam les domaines 

du roi d' Angleterre. 

« De theloneis regni Anglie. » 
(1122 circa.) 

« Henricus, rex Anglie, omnibus vicecomitibus et ministris totius 
Anglie et Normannie, salutem. Precipio quod omnes dominice res mo- 
nachorum de Tiron quas homines eorum poterint affidare esse suas do- 
minicas sint omnino quite ab omni theloneo et consuetudine per totam 
terrain meam ; et prohibeo ne aliquis eos disturbet super forisfacturam 
meam. Testibus : Rogerio episcopo Salesberiç, Walterio de Gloecestria( 1 ). 
Apud Brantonam. » 

[Cart, de Tiron, f» 48 r°.) 

(*) André de Baudement était seigneur de Braisne en Champagne; il avait suivi à la 
cour de Chartres le comte Thibaut, dont il était grand-sénéchal. Il avait épousé Adélaïde, 
fille de Philippe, comte de Mantes, bâtard du roi Philippe I er , et de Bertrade de Mont- 
fort. Lorsque Louis VI se fut emparé du Puiset en 111 i et qu'il eut déclaré la seigneurie 
réunie au domaine royal, le comte Thibaut, pour faire échec au nouveau seigneur, lit 
construire un château-fort à Allonnes. La Cour du Roi ordonna la démolition du châ- 
teau : Thibault s'y opposa prétendant que le roi avait autorisé la construction ; la Cour 
repoussa cette prétention, et Thibaut offrit de prouver la vérité de son assertion par un 
duel. André de Baudement fut choisi pour champion du comte, et Anseau de Garlande, 
sénéchal du roi, pour répondant de Louis VI. 

( 2 ) Après la mort de Gautier, Henri I er donna le comté de Glocester à Robert de 
Caen, son fils naturel. Ce fut celui-ci qui fut chargé en 1126 de la garde de Robert, 
duc de Normandie, frère du roi. Lors de l'assemblée des grands tenanciers d'Angleterre 
lécembre 1126), où l'on régla l'ordre de la succession à la couronne après la mort 
de Henri I er , la seconde place fut assignée à Etienne, comte de Boulogne, et à Robert, 
comte de Glocester. 



76 GHARTULARIUM DE TIRONE. 



LV. 



Exemption du droit de tonlieu et de coutume dans les domaines 

du comte de Meulan. 

(1122 circa.) 

« G[alerannus], cornes Mellenti (*), omnibus prepositis et ministris 
suis de Ponte-Audomari ( 2 ) , salutem : Volo et fîrmiter precipio quod to- 
tum dominium monachorum de Tiron, et in conregio, et in calciamentis 
et in aliis rébus quas homines ejus poterint affidare suas esse proprias 

( *) Galeran de Meulan, fils de Robert de Beaumont, dont nous avons déjà parlé note 1 , 
p. 28, ne suivit pas l'exemple de son père et de son aïeul qui s'étaient montrés les fidèles 
conseillers de leurs suzerains les rois d'Angleterre. Sa vie ne fut guère qu'une suite de 
perfidies envers tous ceux auxquels il s'attacha successivement. En 1 122 , il leva l'éten- 
dard de la révolte contre Henri I er , en faveur de Guillaume Gliton. Vaincu et fait prison- 
nier en 1124 par Eudes Borleng, gouverneur de Bernai, officier de Henri I er , il vit ses 
domaines confisqués et ne recouvra la liberté que six ans après. En 1135, il se déclara 
pour Etienne de Blois et reçut en récompense le comté de Winchester ; mais bientôt il 
embrassa ouvertement le parti du comte d'Anjou, qui lui donna le château de Montfort- 
sur-Risle. Cette donation était faite au détriment de Hugues de Montfort, neveu de 
Galeran. Hugues attira son oncle à une conférence à Bernai et le retint prisonnier, 
jusqu'à ce qu'il eût consenti à lui rendre le château de Montfort. En 1161 , Galeran se 
brouilla avec Henri II qui lui enleva toutes ses places de Normandie et ne les lui rendit 
que l'année suivante , Enfin, dégoûté du monde, il prit l'habit monastique et mourut 
au mois d'avril 1166. Il avait épousé Agnès, fille d'Amaury III, seigneur de Montfort - 
l'Amaury , dont il eut six fils et trois filles. 

( 2 ) La seigneurie de Pont-Audemer était depuis longtemps dans les mains des ancê- 
tres de Galeran. Le seigneurie plus anciennement connu de Pont-Audemer est Onfroi, 
fils de Touroude de Pont-Audemer, mari d'Auberée de la Haie. Il était cousin- ger- 
main de Richard II , duc de Normandie, par sa mère Duceline, sœur de Gonnor. Il 
mourut vers 1060, laissant trois fils , Robert, Roger et Guillaume. Le plus célèbre de ces 
seigneurs fut Roger qui quitta le surnom de Pont-Audemer pour prendre celui de Beau- 
mont, ville dont il avait bâti le château et qui a conservé son nom (Beaumont-le-Roger, 
canton de Beaumont-sur-Risle, arrondissement de Bernai). Roger joua un rôle impor- 
tant à la cour des princes normands. Tandis que Guillaume le Bâtard partait pour faire 
la conquête de l'Angleterre, il resta en Normandie afin d'assister la princesse Mathilde 
dans l'administration du duché. Il avait épousé vers 1046 Adeline de Meulan, sœur du 
comte Hugues II, et celui-ci ayant pris l'habit monastique au Bec vers 1077, Roger 
hérita du comté de Meulan. 



GHARTULARIUM DE TIRONE. 

quietum sit de theloneo et de omni consuetudine, et super lioc nu II us 
disturbet homines aut res eorum super forisfacturam meam. Teste Wil- 
lelmo de Pinu^). » 

(Car t. de Tiron, f°49r°.) 

LVI. 

Don de deux mille harengs à Pont-Audemer. 

(1122 circa.) 

<( G[alerannus] , cornes Mellenti, omnibus prepositis et ministris suis 
de Ponte-Audomari , salutem. Sciatis me dédisse et concessisse abbati 
de Tirum duo miliaria de haringis, sing-ulis annis, et precipio ut ad 
Pontem-Audomari eos liberetis. Testibus : Willelmo de Pinu, Roberln 
de Formevilla et Radulfo de Monte-Aupensi ( 2 ). » 

(Cart. de Tiron, f° 49 v°.) 

LVII. 

Don de la terre de Goudray-au-Perche au prieuré des Chasteigniers. 

« De Castenariis. » 
(1124 circa.) 

« Quoniam facta mortalium transeunt et ab eorum memoria citissime 

(») La famille du Pin avait toujours été attachée à la fortune des comtes de Mculan. 
Le père de Guillaume, Gislebert du Pin, commandait les vassaux du vieux Roger de 
Beaumont en 1090, lorsque celui-ci vint faire le siège de Brionne, et il fut tué dans l'at- 
taque du château. Milon du Pin, père de Gislebert, avait été chargé de l'éducation des 
fils de Robert de Meulan, Galeran de Meulan et Robert de Leicester. 

(" 2 ) Ce personnage est le même que Radulfus, Durandi filius , que nous rencontrons 
partout comme l'homme de confiance à Pont-Audemer du comte Galeran, qui lui avait 
confié le commandement du château de Pont-Audemer. Raoul mourut religieux dans 
l'abbaye de Préaux. 



78 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

dilabuntur, majorum nostrorum adinvenit prudentia ut que reminisci 
volumus litterarum memorie commendentur ne per oblivionem delean- 
tur. Notum igitur esse volumus tam futuris quam presentibus quatinus 
Robertus, fîlius Hervei, terram suam de Coldreio, pro salute anime 
sue et parentum suorum , monachis Tyronensibus in loco Castaneorum 
Deo famulantibus , uxore sua Helisabet cujus dotalitium erat, et Agnete 
sorore sua et nepotibus suis Matheo , Hugone , Roberto concedentibus, 
dédit atque concessit. Testes hujus rei : Hugo Desredatus, Gilbertus de 
Gemmagnis ( f ), Odo Potarius, Hugo de Barra, Pichardus frater ejus, 
Hubertus Bisol , Odo fîlius Fromundi et alii plures ( 2 ). 

» Prefata ergo terra jam a monachis possessa, et predicto Roberto 
mortuo, calumniatus est eam Hugo de Vovis. Unde convenerunt plures 
tam ex parte monachorum quam ex parte Hugonis , in curiam Guillelmi 
Goiheth ( 3 ) senioris, ibique tantum eg'erunt monachi erga Hugonem 

(*) Guillaume, seigneur de Gémages, petit-fils de Gilbert, se croisa en H90-, il fut 
l'un des bienfaiteurs du prieuré de Saint-Martin du Vieux-Bellême. 

( 2 ) La première partie de cette charte est reproduite dans le Cartulaire, f° 42 r°. 

( 3 ) Les exemples de jugements rendus dans les cours plénières des seigneurs sont as- 
sez fréquents : nous voulons en citer deux qui appartiennent également au Perche où 
était situé le prieuré de Saint -Gilles-des-Châtaigniers. 

Hugues, vicomte de Ghâteaudun, s'était emparé d'une terre appartenant au prieuré 
de Saint-Hilaire-sur-Yerre, à Ghâtenay , de Castinniaco. Les moines le citèrent devant 
Adèle, comtesse de Chartres , dont le mari, Etienne, était alors à la Croisade, comitissa 
Adela , uxor Stephani comitis , tune in exercitu christianorum contra paganos , in Jéru- 
salem eunte, demorantis. La comtesse, dans une cour plénière tenue à Ghâteaudun, dé- 
clara qu'avant tout Hugues devait rendre la terre de Châtenay, ante placitum debebat 
reddere quicquid ceperat, ideo quod non fecerat inde clamorem comitisse, in cujus custo- 
dia obedientia Sancti-Hylaru erat. Le vicomte dut se soumettre et rendre d'abord la 
terre, puis la cause fut entendue. 

Gaston de Brou , du consentement de ses enfants Eudes, Silvestre et Agathe , avait 
donné à l'abbaye de Marmoutier la dîme de toutes les vignes de Nottonville. Peu à peu 
les vignes furent défrichées et la terre mise en culture. Gaston prétendit que les moines 
n'avaient pas le droit de percevoir la dîme du blé récolté sur ces terres et les cita en 
jugement devant Guillaume Goët le Vieux , sa femme Eustachie et son fils Guillaume. 
Les moines comparurent au jour dit et déclarèrent que Gaston leur avait donné la dime 
des terres , sans spécifier qu'elles étaient en vigne. Un jugement contradictoire fut rendu 
par Guillaume Goët, par lequel il fut décidé unum e duobus Gasthoni licere, ut videlicet 
aut hoc contra unum de testibus monachorum se non fecisse bello defenderet , aut eorum 
probationem per juramentum testium susciperet. Gaston s'arrêta au dernier parti, et, 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 70 

quod dimisit calumpniam et concessit eamdem terram in elemosinam, 
pro sua atque suorum antecessorum sainte, quiète et libère, exceptis 
duobus solidis quos reddent ei monachi do censu in Pentecostem. Hoc 
concessit uxor ejus Hildeburgis et fîlius ejus Galterius, el Helena filin 
♦ 'jus, que Falca cognominabatur. Hujus rei testes sunt: Guillelmus 
Goihetk senior et Eustachia uxor illius, et Guillelmus et Robertus fîlii ip- 
sorum, Herbertus canonicus, Hugo de Brueria, Paganusde Bouochiaet 
alii plures. Quia vero fîlii Hugonis présentes non aderant, perrexit ad 
eos monachus qui prior tune erat Gastaneorum nomine Johannes , quod 
el ipsi libentissime concesserunt. Unde testis est Drogo, frater Hugonis 
de Terineio, ejusdem monachi famulus. » 

( Cart. de Tiron , f» 40 v°. ) 



LVIII. 

Don des grosses el menues dîmes de Fontenay. 

(1124-1142.) 

<( Notum sit omnibus fîdelibus quod ego Paganus Bisol dono Deo 
Salvatori et monachis de Tyron quicquid habeo in ecclesia Fontiniaci, in 
magnis et in minutis decimis et in aliis benefîciis (*), pro salute anime 
mee et antecessorum meorum, présente Guillelmo Tyronensi abbate et 
Philippo et Durando et Symone, ejus monachis. Hujus rei testes sunt : 

sur la production de trois témoins fournis par les moines , il abandonna ses prétentions 
( 1116). 

A propos de ces duels judiciaires et des jugements de Dieu, nous devons faire obser- 
ver qu'ils ne se faisaient pas indifféremment dans toutes les villes. Ainsi nous lisons dans 
une charte de l'abbaye de Marmoutier , do la fin du XI e siècle: Villa-Naululfi non so- 
lum ipsaab omniprorsus exactione libéra hucusque perseveravit , verum etiamin tantum 
hnjusmodi privilégia omnes ceteras antecellit ut deproximis circumquaque villis ad judi- 
cium calidi ferri portandum et ad hélium campionum clipeo et baculo faciendum ex an- 
tiquitate semper illic accusatores et accusati conveniant. 

( 1 ) Suivant une note du XV siècle jointe au Cartulaire, le don fait par Payen Ri- 
seuil servit à la fondation du prieuré de Sainte-Radegonde , près Corbeil. 



80 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

Galdricus de Hulmeio qui ista concessit quia de ejus feodo erant , Guido. 
Aalardus de Fontiniaco, Guillelmus de Gauda, et famuli abbatis, Ragn- 
naldus et Girardus, et alii plures qui présentes aderant. » 

{Car t. de Tiron, f° 63 r°.) 

LIX. 

Confirmation du don des grosses et menues dîmes de Fontenay. 

« De Hulmeio. » 
(1124-1142.) 

« Ego Stephanus, Dei gratia, Parisiensis episcopus ( 1 ), notum fîeri 
volo universis sancte ecclesie fîliis me dédisse Tyronensibus monachis , 
religiosis videlicet viris , quicquid Paganus Bisol in mag'nis et in minu- 
tis decimis et in aliis benefîciis habuerat in ecclesia Sancti-Remigii de 
Fontiniacho, antequam predictis monachis ea donaret, prece et peti- 
cione Galdrici de Hulmeio parrochiani nostri, qui donationem quam 
fecerat Pag*anus jam eis concesserat quia de ejus feodo erant que ibi 
habebat, et Symoni, monacho Tyronensi, ipse concessit. » 

(Cart.de Tiron, f° 63 r°.) 

LX. 

Exemption de tout droit pour an navire de l' abbaye. 

(1124-1145.) 

« Dfavid] ( 2 ), Dei gratia, rex Scotorum , episcopis, abbatibus et om- 
nibus presentibus reg*ni sui totius et portuum maris, salutem : Sciatis 

(*) Etienne de Senlis, évêque de Paris, de U24 à 1142. 

( 2 ) David, roi d'Ecosse, était fils de Malcolm et de Marguerite. Il était beau-frère de 
Henri I er , qui avait épousé sa sœur Mathilde. 11 succéda sur le trône d'Ecosse à son 
frère Alexandre, le 24 avril 1124, et mourut le 24 mai 1153. 



CHARTULARIUM DE TIRON E. si 

me dédisse et concessisse Deo et çcclesie Sancte-Trinitatis de Tirone ( l ), 
pro salute anime mee et antecessorum meorum, unam navem, sin- 
gulis annis, quietam de can, ubicumque venerit vel applicaverit in tota 
terra mea; et omnes homines ejusdem navis cum mercatis suis sint 
quieti de cano si voluerint piscari an non. Yolo itaque et firmiter preci- 
pio quod predicta navis et homines qui in eafuerint juste habeant meain 
firmam pacem vendendi et emendi et mercata sua faciendi ubicunupjr 
venerint vel applicaverint in tota terra mea , et hoc peticione Johannis 
Glasquensis episcopi. ïestibus: eodem et Roberto de Sigillo, Randulfo 
de Suies, Elfwino fîlio Archillis, Roberto Burgunno ( 2 ), Roberto Ave- 
nellensi( 3 ), Edwardo( 4 ), Roberto de Pert, Dunecano comité ( 5 ), Ro- 
g'erio nepote episcopi Sancti-Andree( 6 ). Apud Cluni. » 
{ Cari, de Tiron , f° 49 r°. ) 

(*) Cette donation de David est faite en faveur de l'abbaye de Selkirk, qui avait été 
créée dès les premiers temps de la fondation de l'abbaye de Tiron (1113 , suivant la tra- 
dition locale , 1114 au plus tôt). Voici une note que nous avons reçue à ce sujet de 
Selkirk : « The first abbot was Ralph, who returned to France in 1116, and becanie 
» abbot of Tiron after the death of saint Bernard. The second abbot was William , also 
» a Tironensian monk, who returned to become abbot of the parent monastery at 
» Ralph's death in 11 18. Herbert , a native monk , was third abbot of Selkirk : during 
» his time the monastery was translated from Selkirk to Kelso about 1128. » La tradi- 
tion anglaise est évidemment en défaut ; jamais Raoul ne fut abbé de Tiron : le suc- 
cesseur de saint Bernard fut Hugues qui mourut en 1119. Ce fut à la mort de Hugues 
que Guillaume lui succéda. 

( 2 ) Robert le Bourguignon, seigneur de Sablé, troisième fils d'un autre Robert le 
Bourguignon, seigneur de Sablé, qui s'était croisé en 1096. 

( 3 ) Vers 1170, Richard Avenel donna aux chanoines de Blanchelande une vergée de 
terre à Saint- Jores-en-Bauptois, pour y établir une marnière. 

( 4 ) Edouard, fils de Siward, lequel était lui-même le second fils d'un autre Siward, 
comte de Northumberland et de Huntingdon , dont le fils aîné était Waltheof , le beau- 
père de David. 

( 8 ) Le comte Duncan descendait de Duncan, le fils illégitime de Malcolm, roi d'E- 
cosse, qui fut compétiteur au trône d'Ecosse et fut tué par Malpeil, comte de Mearns , 
vers 1096. 

( 6 ) Ce Roger, neveu de l'évèque de Saint-André , est le fils de Robert aux-Blanches- 
Mains , comte de Leicester, et de Péronnelle de Grandmesnil. Il succéda à son oncle 
dans l'évèché de Saint-André. 



t. i. II 



82 GHARTULARIUM DE TIRONE. 



LXI. 



Don de l'église de Marolles. 

« Ecclesie de Mairoliis. » 
(1125 circa.) 

« Ego Gaufridus , Dei gratia, Carnotensis episcopus, omnibus tam 
f uturis quam presentibus notum fîeri volo quod , pro Dei amore , dono 
et concedo monachis Tvronensibus ecclesiam de Mairoliis cum decimis 
libère et quiète deinceps possidendam , retentis dumtaxat sinodo et cir- 
cada annuatim solvendis. Ut autem hoc nostrum donum fîrmum et sta- 
bile maneat , presens scriptum inde fîeri et sigilli nostri auctoritate pre- 
cepimus roborari. Hujus rei testes sunt : Hugo de Villario et Hugo puer, 
fîlius ejus ; Hugo de Noceio ; Radulfus de Perreio ; Gauterius de Amil- 
leio ; Aalez , uxor Hugonis de Villerio. » 
{Cari de Tiron, f» 3 v°.) 

LXII. 

Don par l'abbaye de Tiron à Robert de Beaumont de la terre 

concédée par Etienne Gigul. 

« De Roberto Bellimontis. » 
(1125 circa.) 

« Notum sit omnibus fîdelibus tam futuris quam presentibus quod 
venerabilis abbas Guillelmus fratresque Tyronensis ecclesie concesserunt 
Roberto de Rellomonte( 1 ), in presentia nobilissimi Perticensis comitis, 

(') Robert de Beaumont, sa femme Marguerite et sa fille Helvise sont témoins d'un 
accord passé entre Garnier de Frétigny et les moines de Saint-Denis de Nogent pour 
les dîmes de l'église de Frétigny. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 83 

Rotroci , apud Noiomium, terram quam eisdem monachis dederat Ste- 
phanus Gigul, quoadusquo ipse Robertus viveret et quoadusque suam 
aliam terram possideret. Ipse vero Robertus , ih i hoc oblivione deleretur, 
vclut h u jus pacti quodam memoriale, ex eadem terra Peddit singulis 
annis eisdem monachis duo sextaria frumenti. Hujus rei testes Bunt: 
Perticensis cornes Rotrocus ; Guiardus de Monte-Dulcet ; Gauterius de 
Moteia ; Paganus , prepositus , et tota presens curia. » 

{Cari, de Tiron, f° 5 v°.) 



LXIII. 
Don d'un rnuids de blé à Frétigny. 

« Do Roberto Bellimontis. » 
( 112.") circa. ) 

« In nomine Domini , notum sit omnibus quod eg*o Robertus de Rel- 
lomonte do et concedo Deo Salvatori et monachis de Tyron unum modium 
tritici (*) per sing'ulos annos ad Fractig'neio , in décima ejusdem ecclesio 
vel in cultura agri mee dominice terre in perpetuum possidendam, 
<jiu'inacciperedebentin festum sancti Michaelisvel sancti Remig*ii. Hoc 
autem donum feci pro décima panis quam olim dederat pater meus 
Goffredus sue domus venerabili abbati Rernardo, me et fratribus mois 
concedentibus. Hujus rei testes sunt : Goffredus , presbiter de Harijent- 
viler(*) ; Hugo, sacerdos de Bellomonte ; Willelmus de Bu; Robertus 
de Bu; Richerius de Platea; Garinus Nopin; Robertus Perdriel; Reinerius 
Palmagis. » 

( Cart. de Tiron , f° 7 r°. ) 

( ' ) Cette redevance d'un muids de froment fut plus tard changée en une rente de 4 
livres 42 sous tournois. Le 3 juillet 1383, Guillaume, vidame de Chartres, seigneur de 
Beaumont, donne à l'abbaye de Tiron un titre nouvel de ladite rente. 

( 2 ) Cette charte est antérieure à celle de 1130 (n° CXVI) ; Geoffroy fut curé d'Argen- 
villiers avant Eudes qui est nommé dans la charte de H 30. 



84 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

LXIY; 

Don de trois arpents de pré au Pré-Morin. 

« Tria arpenta prati. » 
(1125circa.) 

(( Notum sit omnibus quod ego ^Ernaldus Malboverius (*), volens 
esse monachus de Tijron, divisione facta cum uxore mea et fîliis de 
pratis que habebam in lineis Prati-Morini , suscepi ad meam partem 
m a arpenna que. contuli monasterio de Tyronio perpetuo possidenda , et 
Willelmus , fîlius meus , postea monacus factus , dédit eidem monasterio 
pratum quod est inter Pratellum et laberiam Prati-Morini. Hoc con- 
cessit cornes Rotrocus , de cujus feuodo erat, et mater ejus Beatrix, et 
uxor sua Matildis. » 

( Cari, de Tiron, f° 9 r°. ) 

LXV. 

Abandon de treize deniers et une obole de cens. 

« De censu pratorum. » 
(1125 circa.) 

« Notum sit omnibus quod Gaufridus de Boigne dédit Deo Salvatori 
et monachis de Tyron tredecim denarios et unum obolum quos ei pre- 
dicti monachi per annum reddere solebant de censu ( 2 ) : dédit autem 
eos in elemosina, et accepit inde ab eis xv solidos. Legardis autem uxor 
ejus et Ernulfus fîlius ejus hoc concesserunt , et inde vu solidos habue- 

(*) Arnaud Malbouvier apparaît plus tard comme prieur de la celle de Péronville. 

( 2 ) Ce cens était assigné sur le Pré-Morin, comme on le voit par plusieurs chartes 
émanées de Hugues de Boigne, neveu de Geoffroy. Celui-ci apparaît dans différentes 
chartes, tantôt sous le nom de Gaufridus de Rivereio , tantôt sous celui de Gaufridus, 
avunculus llugonis de Boigne. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. s;, 

runt. Testes sunt : Enjorricus de Dolo-Asnino ; Paganus coquus ; Teo- 
baudus, fîliaster Gaufridi de Boigne; Guillelmus Gratardi. » 

{Cart.de Tiron, f ° 9 v°.) 

LXVI. 

Echange de prés entre l'abbaye et Hugues de Boigne. 

« De cambitione pratorum. » 
(1125 circa.) 

(( Noverint omnes qui vivunt quod Hugo de Boigne commutavit mo- 
nachis Tyronii duo arpenta prati in Prato-Morini pro tribus que erant in 
capite pratorum de Conde, Osanna uxore ejus concedente et Odone filio 
ejus, et Goffredo avunculo Hugonis, et fîliabus ipsius Hugonis, Lé- 
zarde et Béatrice, Helvisse, Audeburg*a ( ! ), Deelina. Hujus rei sunt 
testes : Gauterius piscator ; Gauterius, fîlius Gaufridi Garbonelli ; Hug^o, 
fîlius Teoderici ; Robertus, frater Gauterii ; Johannes de Vienna. » 
(Çart. de Tiron, f° 10 r°.) 

LXVII. 

Don d'une pièce de terre à Brimont. 

(1125 circa.) 

« Notum sit omnibus hominibus tam presentibus quam futuris quod 
ego Garinus Gapreolus ( 2 ), pro redemptione anime, meç et pro anima 

(*) Sic, pro Hildeburge. 

(') Guérin Chevreuil était un des puissants seigneurs du Perche. Son père, Hubert 
Chevreuil, sénéchal du comte Rotrou, commanda au château de Nogent, avec Béatrix, 
mère de Rotrou, pendant la captivité de ce seigneur au Mans par l'ordre de Robert 
de Bellême. Ce fut Hubert Chevreuil qui conçut et exécuta le projet de retenir prison- 
nier à Nogent Hilbebert, évoque du Mans, comme un otage de la sécurité de la vie de 
Rotrou. 



86 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

patris Hubert i Gapreoli et pro absolutione animarum antecessorum 
meorum , dono et concedo Salvatori uostro Deo et monachis de Tyronio 
quamdam partem terre que est in Brimonte, et illa pars dividitur a 
duobus rivulis et ab una via que descendit a valle Capiusello et ascen- 
dit contra montem ad Oseleriam. Et banc concessit helemosinam mater 
mea Hersendis, et Ada uxor mea, et fîlius meus Hubertus. Hujus rei 
testes sunt : Rannulfus , sacerdos et canonicus de Noiomio ; Guillelmus 
de Campanio ; HugT> Gauganus ; Eng^elbaudus de Brimonte ; Haimeri- 
cus de Terceio ; Tebaudus Desreatus. Hanc terram ego Garinus Ca- 
preolus do liberam et quietam sicut tenebam, et nemus mortuum ad 
calefaciendum et vivum ad çdifîcandum. » 

{Cnrt. de Tiron, f° 10 r.) 



LXVIII. 



Don de l' église de Brunelles. 

« De Brenelles. » 
(1125 circa.) 

« Gum omnibus sibi commissis debeat impendere curam episcopus , 
sancte religioni familiariter et studiosius oportet eum providere. Et ideo 
ego Gaufridus, Dei gratia, Garnotensis episcopus, ecclesiam de Bre- 
nella dono et in perpetuum habere concedo monachis Tyronensibus , 
hoc idem consentiente et volente Gosleno, arGhidiacono nostro. Ne 
autem in futurum donatio ista aliquod dampnum oblivionis paciatur 
vel contradictionis , nos eamdem et litterarum memorie mandamus et 
sigilli nostri auctoritate corroboramus ( l ). » 

[Cari, de Tiron, f" 11 r°.) 



t 1 ) A la môme époque, Geoffroy de Lèves donna l'église d'Argenvilliers, ecclesiam de 
Hartgenvillari, a l'abbaye de Tiron, exactement dans les mêmes termes (Cart. de Tiron, 
f u 10 v°). Voir aussi la charte LXXXI. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. s? 



LXIX. 



Fondation da prieuré des Fouteaiu . 

« De Fagulis. » 
(1125 circa.) 

<( Quoniam quidem commodorum temporalium occupatior cura pro 
suis qualitatibus nos actenus evangelici illius precepti factores, quo que 
mundana possidemus pro pauperum necessitate vendere precipimur, 
riMldidit, quod deterius est, pigriores, amodo saltim illius implendi de- 
siderio fervenciores non pigri reddamur auditores, çternorùm taberna- 
culorum effici si volumus habitatores, quando dicitur. » Facile vobis 
« amicos de mammona iniquitatis, » et cetera. Hoc precipue aliisque 
preceptis quamplurimis ego Garinus (*) excitatus, sanctç ecclesiç ejus- 
que religionis exaltationem pro modulo meo querere satagens, Tyro- 
nensibus monachis ordinis monastici, quantum ad humanum spectat 
examen, institucionem stenue tenendo, adimplendo, custodiendo, 
utpote nostris temporibus probatissimis , in loco que Footellis dicitur 
Deo servientibus, septem boum terram unius scilicet carruce cum predio 
quodam et plesseio ( 2 ), in quo videlicet predio domos suas construerent, 
solutam et quietam et ab omni potestate liberam apud Vallem-Man- 
sclli donavi. Gujus dati presens est epigrama testis, cum his quorum 
secuntur nomina : Giraudus capellanus, Gauterius Robert, Gaudinus 
miles, Stephanus Allobrog > a( 3 ), Philippus de Montineio , Stepbanus de 
Montedoblel, Papinus fîlius ejus, Gauterius Galva, Mauricius carpen- 

( ' ) Ce Guérin, bienfaiteur du prieuré des Fouteaux, est le même que Guérin Sans- 
Barbe que nous retrouvons dans un grand nombre de pièces de notre Cartulaire. 

( 2 ) Le plessis était une portion de bois fermée par une clôture de bois vif dont les 
branches s'entrelaçaient. 

( 3 ) Nous croyons que cet Etienne l'Allobroge devait avoir des liens de parenté assez 
étroits avec Geoffroy le Lorrain que nous avons déjà vu figurer comme témoin (ch. 
XX.X1X) et avec Mathieu le Lorrain que nous rencontrerons dans une charte de 1 1 



88 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

tarius, Gauterius carnifex, Herveus fîlius Guandeberti , Gillardus pis- 
cator, Heldoinus pelletarius, Garinus faber, Frogerius pelletarius. » 

{Cari, de Tir on, f° 34 r°. — Car t. des Fouleaux, f° 5 r°. — Vidimus en papier de 1640.) 

LXIX. 

Don de sept sommes de sel 

« Septem summe salis. » 
(1125 circa.) 

« Omnibus fîdelibus sancte ecclesie R[adulphus], fîlius Durandi( 1 ), 
rninimus inter illos, salutem : Notum sit omnibus tam clericis quam 
laicis me dédisse vu summas salis çcclesie Dei et Sancti-Salvatoris de 
Tir on, in unoquo queanno, inperpetuum, recordantem illiusscripture, 
« Abscondite elemosinam in sinum pauperis, et ipsa orat pro vobis ad 
» Dominum, » et cetera. Et hoc feci pro anima patris mei et matris 
meç et aliorum meorum antecessorum , et pro anima mea et anima 
uxoris meç et fîliorum meorum et filiarum mearum. Quod concessit 
Agnes uxor mea , et Henricus fîlius meus et omnes alii mei pueri. Et 
ita, quod habebunt illum salem, inter festum sancti Johannis et sancti 
Michaelis, servientes in eadem ecclesia. Teste : Giroldo sacerdote, et 
Ricoardo sacerdote, et Radulfo de Drutmara, et Durando Rosel, et 
Nicholao de Graventum. » 
(Car t. de Tiron,ï° 50 v°.) 

LXXI. 

Don de l'église de Saint-Remy et de terres à Néron. 

(1125 circa.) 
« Notum sit omnibus quod Andréas Cholet ( 2 ) et Moreherius de 

( 1 ) Voir la note 2 de la page 77. 

(*) La famille Cholet, puissante enBeauce, avait, au XII e siècle, ses principales pos- 
sessions à Saint-Luperce, Saint-Germain-le- Gaillard, Theuvy et Néron. Hugues et Ives 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 89 

Noviomo (*) dederunt monachis de Tir on ecclesiam Sancti-Remigii quç 
est juxta villam que dicitur Neiron ( 2 ) et terram trium boum juxta eam, 
necnon tria arpenta terre, secus rivulum. Postea vero pred ictus Andréas, 
cum vulneratus esset et attritus gravi infirmitate, concessit predictis 
monachis partem suam furni de Neiron, alteram vero pari cm furni 
concessit Moreherius, uxore sua Ermeniarde concedente, de cujus do- 



Cholet figurent dans une donation de Geoffroy d'Erouville à l'Hôtel-Dieu de Chartres 
en 1190. Le nom de Hugues se rencontre encore dans une autre donation qu'il lit au 
même Hôtel-Dieu au mois de décembre 1222. Ives, qui avait épousé Alix, lille de Ro- 
bert de Saint- Germain, est cité comme seigneur féodal à Saint-Germain-le-Gaillanl 
dans un titre de l'Hôtel-Dieu de février 1190. Dans une charte du Chapitre de Chartres, 
il est appelé Ives d'Erouville. La famille Cholet devint propriétaire de la seigneurie de 
Dangeau en 1364. Elle a laissé son nom à la Choltière, hameau de la commune 
d'Orrouer. 

(*) Ce Morhier de Nogent est la souche de l'importante famille des seigneurs de Yil- 
liers-le-Morhier. Il confirma vers 1115 à l'abbaye de Saint-Père le don d'une terre à 
Saint-Lucien fait par Hugues, fils deNivard de Senantes. Dans cet acte figurent Thècle, 
sa femme, et ses deux fils, Aimery et Garnier. D'après la pièce qui nous occupe, il pa- 
raît s'être marié en secondes noces à Ermengarde, dont il eut un troisième fils, Godes- 
cal, qui, vers 1151, se fit moine dans l'abbaye de Saint-Jean-en-Vallée. 

Aimery (1148-1159) eut pour fils Garnier (1180), qui lui-même eut cinq enfants que 
nous retrouvons dans une grande quantité de chartes: Guillaxime qui lui succéda dans 
la seigneurie de Yilliers, Garnier, chevalier, Jean, clerc, Philippe, chanoine de Notre- 
Dame de Chartres, et Thècle, qui épousa Guillaume de Chartres, seigneur de Ver 
(1185-1229). A Guillaume succéda Aimery II (1240-1253). Guillaume II paraît comme 
seigneur de Yilliers en 1280. Après celui-ci vint Philippe qui. avec sa femme Jeanne, 
fonda en 1330 la chapelle de Saint-Thomas à Yilliers. On le retrouve encore en 1363. 
En 1374, Guillaume III lui avait succédé: il eut pour fils Etienne (1388), et à celui-ci 
succéda Simon Morhier (1425- 1445). C'est surtout à Simon Morhier qu'est due l'illus- 
tration de la famille : il aida puissamment Charles YII à chasser les Anglais de France 
et fut élevé à la dignité de grand-maître de France vers 1437. 

\ 2 ) Une charte de l'abbaye de Saint-Père, de l'année 1128 environ, fait mention de 
l'église que les moines de Tiron possédaient auprès de Néron: Symon Saxo , pater Sy- 
monisjunioris, quandam filiam suam nxorem dédit filio Theobaldi, filii Stephani. Clini- 
que, ad eorumdem juvenum desponsationem , plurimi convertissent in quadam ecclesia 
monachorum Tironensium, que est juxta villam quant Neronem nominant, affuerunt ibi 
de monachis nostris Fulcherius, hujus monasterii tune prepositus, et Uubertus cellara- 
rius; aff'uit etiam supramemorati filius Symonis, Germundus, Colnmbensis monachus. 
L'église de Saint-Rémy n'existe plus. On en voyait encore les ruines il y a un demi- 
siècle : les pierres ont servi, en 1827, à la construction du moulin de Pierres, auprès de 
Maintenon. 

t. i. 12 



90 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

talicio erat, item fîliis suis Garnerio, Haimerico, Godescaldo. Hujus rei, 
scilicet extrême partis furni , sunt testes : Paganus de Esparliim , Josce- 
linus de Hanches, Amauricus Pauper. 

» Germundus Nig'er dédit monachis de Tyrum unum arpentum terre 
quod habebat juxta ecclesiam et unum arpentum terre juxta rivulum. 
Radulf us Niger, frater ejus, hoc concessit. 

» Obernus, major de Neiron, dédit monachis de Tiron arpentum terre 
in terra de Piseios. Andréas Cholet et Moreherius hoc concesserunt. 

» Guiardus Tortus dédit monachis unum arpentum terre in via 
de Boerre, in capite terre Guiardi. 

» Godescalcus de Bosseria (*) dédit monachis suam partem décime 
terre illorum et decimam animalium. Postea vero Simon de Monte- 
Pinzon ( 2 ) monachos inquietavit, sed venientes in placitum et videns se 
nichil posse proficere, eis decimam, ante episcopum Carnoti, concessit. 

» Guillelmus de Mestenon ( 3 ) dédit eisdem monachis terram duorum 
boum super Vacarias. Amauricus, frater ejus, hoc concessit. Ger- 
mundus, major suus, hoc bene novit. 

» Moreherius dédit duo arpenta prati in insula de Jausis. Gauterius 
de Corbones habet inde xn denarios. Hoc concesserunt Ricardus et Pag*a- 

(*) Godescal de la Boissière donna, vers 1130, à l'abbaye de Coulombs, la moitié de 
la dime de Néron. 

( 2 ) Vers 1120 , Simon de Montpinçon, du consentement de ses fils Robert , Raoul et 
Gui , abandonna en faveur de l'abbaye de Saint-Père toute prétention sur la terre de 
Bouffigny , àCrucey , de terra que dicitur Bulfiniacus , apud Cruciacum villam, que son 
oncle Gautier Palard avait donnée à l'abbaye. 

( 3 ) Guillaume de Maintenon appartenait-il à la famille des seigneurs de Maintenon ? 
Le nom de son frère Amaury nous porterait à le croire : nous savons en effet qu'à l'é- 
poque où Guillaume fit cette donation, le seigneur de Maintenon s'appelait Amaury, 
fils de Mainier, lui-même seigneur de Maintenon, et qui, au commencement du 
XII e siècle, fonda le prieuré de Notre-Dame de Maintenon. Nous trouvons Amaury cité 
comme témoin dans un acte de l'abbaye de Saint- Jean-en- Vallée antérieur à H35: il 
eut la garde du jeune Amaury V de Montfort (1137-1140), fils d'Amaury IV et d'Agnès 
de Garlande, dame de Rochefort. Amaury de Maintenon eut pour successeur Jean de 
Maintenon, marié à Agnès, que nous voyons vers 1175 donner au prieuré des Mouli- 
neaux 12 deniers de cens à Epernon. Jean eut pour enfants Amaury, qui lui succéda 
dans la seigneurie de Maintenon , et Agathe qui épousa Baudouin de Gazeran. Les des- 
cendants de Mainier et d'Amaury possédèrent la seigneurie de Maintenon jusqu'au 
commencement du XVI e siècle où cette terre fut achetée par Jean Cottereau. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. <ii 

nus fîlii ejus, Gauterius de Corbones habet inde mi denarios de censu, in 
diç jovis ante Pascha (*). » 

(Cari, de Tiron, f° 38 r°.) 

LXXTÏ. 
Demande de confraternité de prières par les bourgeois de l'Aigle. 

« De Aquila xliiii solidi. » 
(1125 circa.) 

<( Guillelmo, Dei gTatia, abbatiTironensi, omniquo cônventui, Willel- 
inus deGloth ( 2 ), et Goscelinus capellanus, omnesque clericiet burgenses 
de Aquila, fraternam dilectionem : Noverit vestra religîo' nos summo- 
pere et omnimodis cordium nisibus participationom orationum vestra- 
lum desiderare. Quapropter insinuamus caritati vestre nos, in die Cinc- 
ris, auxilium a confratribus ad opus vestrum postulasse, et Dei gratis 
accepisse, scilicet xliiii solidos, de quibus ememus allecia. Sciatque 
sanctitas vestra nos clericos eis pepigisse vos in capitulo vestro animas 
parentum nostrorum absolvere et pro deg*entibus adhuc orationes fun- 
dere. Et sciatis istam societatem ita fore constitutam ut, unoquoque 
anno , in predicto die , idem auxilium a nobis iteretur. Igitur supplici- 
ter poscimus ut ad nos litteras vestras, testes hujus concessionis , trans- 
miltere curetis, quç leg*antur in audiencia tocius populi, et ad predic- 
tum terminum unoquoque anno monacus vestre sanctitatis hue diriga- 
tur. Valete, nostri memores estote, et societatem, gTatuito Dei niunciv 
initam, complere satag*ite. 
(Cart. de Tiron, t'° 53 v°.) 

(*) Une charte fausse du 1 er avril 1189, attribuée à Renaud, évêquede Chartres, porte 
confirmation d'un prétendu amortissement fait par Galeran, seigneur de Maintenon, et 
Guillaume, seigneur de Nogent-le-Roi, de tous les biens donnés à l'abbaye de Tiron par 
André Gholet et Morhier de Nogent et de l'exemption de toutes charges pour l'abbaye. 

( 2 ) Guillaume de Glos, sénéchal de la maison do Breteuil, était fils de Barnon de 
Glota, prévôt de Guillaume Fitz-Osbern, intendant de la maison de Guillaume le Con- 
quérant. Guillaume de Glos épousa Béatrix et eut pour fils Roger, qui, après avoir em- 
brassé le parti do Guillaume Cliton, se réconcilia avec Henri I er en 1119. 



92 GHARTULARIUM DE TIRONE. 



LXXIII. 

Don de 20 sons de cens à Barzy et à Passy. 

« De Dormanz. » 
(1125 circa.) 

ce Quoniam multa hominum gesta temporis diuturnitate et hominum 
interitu a memoria in oblivionem elabuntur , que si scribuntur memorie 
in perpetuum commendantur , magnis ac sapientibus viris visum est ea 
que in suis g*esta temporibus in subsequuturis etiam vellent incussa 
manerelitterisassignando posterisrelinquere. Hancigitur providentiam 
nos quoque approbantes , omnibus hominibus notum fieri volumus tam 
futuris quani presentibus quod Andréas de Baldimento concessit et, 
assensu Guidonis fîlii sui (M , dédit monachis Tironensibus xx solidos de 
dominio censu apud Barzeium et Pacetum , quç due ville sunt inter 
Castrum-Teoderici et Dormanz ( 2 ). Hujus vero census terminus est apud 
festum sancti Remigûi. Hoc donum etiam laudavit et concessit cornes 
Theobaldus et sigdlli sui impressione corrobora vit. Hujus rei testes 
sunt : Hugo filius Roberti , Dodo panetarius , Robertus de Luqueto , 
Ansoldus de Meriaco , Andréas de Firmitate , Hugo de Garleio , Petrus 
de Dormanz. » 

{Cart. de Tir on, f°62v°.) 

( ! ) André de Baudement avait un autre fils nommé Galeran, que le comte Thi- 
baut IV avait, en considération de son père, chargé du gouvernement de l'abbaye 
d'Epernay. Sur les conseils de saint Bernard, abbé de Clairvaux, Galeran abandonna 
l'abbaye en 1127 pour se faire moine à Clairvaux. 

( 2 ) André de Baudement est considéré comme le fondateur du prieuré de Notre- 
Dame-de-l' Arable près Dormans. La donation faite par lui d'une censive entre Barzy et 
Passy est en effet le titre le plus ancien que nous ayons rencontré au sujet des pos- 
sessions de l'abbaye dans les environs de Dormans. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 



LXXIV. 



Dons faits au prieuré de Croixval. 

« De Cruce-Vallis. » 
(1125 circa.) 

u Notum sit omnibus hominibus tam presentibus quam futuris quod 
Paganus Helinan ( l ) et Hubertus Salva-Granum dederunt unamcarrucam 
terre monachis Sancti-Salvatoris apud Crucem-Vallem ( 2 ) propriam et 
liberam, Grisog^onella, comité Vindocinensium , et Guidone Turpino, et 
Pagano de Valle eoncedentibus. Hujus rei sunt testes : Robertus sacer- 
dos Sancti-Martini , Arnulfus sacerdos de Turne, Simon Salva-Granum. 
Fulcherius et Audebertus f rater ejus. 

» Fromundus Licho dédit loco Grucis-Vallis unum arpentum prati 
el dimidium arpentum terre que sunt subtus stagnum , et inde monacbi 
reddunt ni denarios censualiter. Hujus rei est testis : Hubertus Dace. 

» Hubertus Salva-Granum vendidit monacbis Grucis-Vallis mi ar- 
penta terre que sunt deversus vallem de Jaeres et pratum quod est 
subtus, pro vaccauna, et inde reddunt monachi xvi denarios censua- 
liter, Pagano Helinan concedente. Hujus rei est testis : Enricus villicus 
de Montorio. 

» Gifardus vendidit monachis ejusdem loci unum arpentum inter 

(*) Payen Hélinand était propriétaire , en la paroisse de Courdemanche , d'un fief re- 
levant de la seigneurie de Lucé. Ce fief passa après lui à une des branches de la famille 
Riboule , d'où il prit le nom de la Riboulière. 

(*) Le prieuré de Croixval était situé dans la paroisse de Ternay. Dans la vallée où 
coule le ruisseau de la Cendrine , au pied d'une colline que revêtent les arbres de 
Gastine, on voyait, il y a encore quelques années, les ruines de la chapelle prieurale 
dédiée à sainte Madeleine. — On a toujours reculé la fondation du prieuré jusqu'à 
Tannée 1188 : on peut juger par les chartes que nous publions qu'il remonte beaucoup 
plus haut. Pierre de Ronsard, l'illustre poète vendômois, jouit par commande du prieuré 
de Croixval, où il faisait sa demeure ordinaire. Le corps de logis où résida Ronsard, 
se reconnaît encore à son toit aigu et à son rampant orné de crochets sculptés. 



(H CHARTULARIUM DE TIRONE. 

pratum et terrain juxta Veterem-Molendinum (*) pro duobus solidis , et 
monachi reddunt inde mi denarios censualiter. Hujus rei sunt testes : 
Fulcherius Ascia (*), Bernardus li vanners. 

» Helisabeth, uxor Huberti Salva-Granum , et Paganus Helinan dede- 
runt monachis supradictis campum Hostorii et pratum quod est ad 
vadum de la Barle, et ad vadum de Riis, unam peciam terre et unam 
peciam prati , Gifardo et Pagano fîliis Helisabeth , et uxore Gifardi conce- 
dentibus. Hujus rei est testis : Garinus, dominus Doe. 

» Gifardus vendidit supradictis monachis tria arpenta terre supra 
rivum ex parte Artins pro vu solidis, et monachi reddunt inde vin de- 
narios pro censu, uxore ejus concedente. Hujus rei sunt testes : Airau- 
dus canbitor et Enricus villicus. 

» Helgodus de Garesmo dédit monachis de Cruce-Valle un uni arpen- 
tum prati apud Pinellos. Hujus rei est testis : Beraudus de Pinellis et 
Paganus filiaster ejus. 

» Fulcherius de Pinellis, Paganus Helinandus, et Milesendis uxor 
ejus, et fîlii ejus Hug*o scilicet et Rainaudus concedunt hoc quod ipse de- 
dit monachis de Gruce-Vallis. Testes hujus rei : Raherius fîlius Odonis 
de Montiniaco , Garinus Sine-Barba , Gauterius nutritor, Hugo armig-er 
Garini, Martinus miles, Harduinus frater Gillardi, Fulcherius de Asee. » 

(Cart.de Tiron, f° G6 v°.) 

LXXV. 

Vente d'un arpent de préaux Prés-Morin. 

« De Prato-Morini. » 
(1125 circa.) 

« Notum sit omnibus quod Girardus de Rivereio et uxor ejus et duo 

(') Le 18 août 1411, Odet de Ternay, chevalier, rendit aveu à la châtellenie de Ponc/' 
pour son fief et pour le Vieux-Moulin de Ternay. 

( 2 ) Fulcherius Ascia appartenait à la famille des seigneurs d'Azay-le-Chétif, dont 
un des membres, Guillaume d'Azay, fut le premier bailli établi en Touraine par Phi- 
lippe-Auguste vers \i l .VA. 



CHARTULARIUM DE TIRONK. 9 ., 

filii ejus vendiderunt monachis de Tyron unum arpentum prati in Prato- 
Morini xxv solidis, et habuit inde uxorejus iT denarios, e( lilius ma- 
jor duos denarios, et minor m cs obolos. Hoc etiam concesseruni Hugo 
de Boigne, et inde habuit ni nummos, et Gofredus avunculus ejus (*), 
«le quorum feodo erat pratum. Testes sunt : Johannes el Ernaudus 
monachi , Gauterius aucepbs( 2 ), Kiolio Brito et Fulco serviens ejus. 

{Cari, de Tiron, f° î) v°.) 



LXXVI. 

Exemption de toute charge pour la maison de Meudon(*). 

( 1125 circa.) 

« Ludovicus, Dei gratia, rex Francorum et clux Aquitanoruni, no- 
luni facimus universis presentibus pariter et futuris monachis Tyro- 
nensis monasterii ex reg*ia nos benignitate concessisse hospitem illum 
quemcumqiie in domo sua de Mandonta posuerint, ab omni talliata H 
exactione, ab equitatu et expeditione et ab omni penitus consuetudiuc 
liberum perpetuo permanere nullique ministrorum nostrorum nisi 
golum nostre et monachorum subjacere justicie. Excipimus tamen quod 
nullum ex hominibus seu justicialibus nostris nisi cum assensu el vo- 
luntate nostra poterunt retinere. Quod ut ratum habeatur in poster u m . 
sm'pto commendari et sig'illi nostri auctoritate fecimus confîrmari. » 

(Cor t. de Tiron, f° 76 v°.) 



(') Comme nous l'avons vu dans la charte XXXIV, l'oncle de Hugues de Boigne 
s'appelait Geoffroy de Riveray; il était donc sinon frère, du moins parent de l'auteur de 
cette charte. — Voir la note 2 de la page 71. Hugues de Riveray, que nous avons dé- 
signé dans cette note comme fils de Geoffroy, nous parait plutôt être le môme que 
Il noues de Boigne. 

■) Ce Gautier était sans doute un des veneurs de Girard de Riveray. 

( 3 ) C'est d'après une note du XVI e siècle que nous traduisons ainsi les mots de 
Mandonta: nous n'avons trouvé nulle part ailleurs la mention de ce prieuré de l'abbaye 
de Tiron àMeudon. 



96 CHARTULARIUM DE TIRONE. 



LXXVII. 

Accord avec Nicolas de la Bruyère pour la maison de Melleray. 

(1125 circa.) 

<( Quod inter Tyronenses monachos et Nicholaum de Brueria super 
domo Meleriorum controversia aliquando discurrerit quampluribus 
quidem notum esse credimus, qualiter autem, post diversas diversis 
in locis exagitationes , tandem apud Braiotum ventilata conquieverit , 
universos tam nostri temporis quam futuri presenti stillo nosse volumus. 
Dirimende igâtur habite contentionis obtentu pristineque concordie 
reparande , concordi hinc et inde assensu diffinitum est et pluribus pre- 
sentibus confirmatum quod predicti monachi im or carrucatas tam terre 
quam nodularum, sementis vu modiorum funiculo vel pertica men- 
suratas, in supradicto loco possidebunt, prêter quas carrucatas hos- 
pitalium quoque suum , ut ante conventionem habebant , utque cir- 
comducti fossati ambitus déterminât, rehabebunt. Quibus etiam cale- 
factionem suam tam ipse Nicholaus quam monachi Braioti , mortuum 
boscum ( l ) extra haias ( 2 ) et plexicia, concesserunt ; quod si aliquando 
vel vendicione vel alio aliquo modo mortuus boscus defuerit , monachi 
Meleriorum ubicumque extra haias et plexicia quercum invenerint 
accipient. Ad hospitalium vero domus Meleriorum, boscus tam vivus 

( 1 ) Par mortuum boscum il ne faut pas entendre le bois mort comme nous le compre- 
nons aujourd'hui. On faisait une grande différence entre le bois mort et le mort bois : 
une ordonnance de François I er (1519) en fait foi: « Le bois mort doit s'entendre de 
» celui qui est mort et sec en estant ou abbatu , et mort bois de certain bois verd en 
» estant. » Toutes les chartes ne sont pas d'accord sur les essences classées comme 
mort bois. Le Goutumier des Forêts, rédigé par Hector de Chartres au commencement 
du XV e siècle, range dans cette catégorie le saule, le marsault, le bourgène, le frêne, 
l'érable, la ronce, le genêt, le genévrier, le pin , l'épine et le sureau. 

(2) Haia désigne proprement une clôture ; mais la signification la plus commune de 
ce mot au Moyen-Age est celle de portion de forêt assez étendue et réservée pour cer- 
tains besoins du seigneur. Gomme cette portion était circonscrite par une clôture , elle 
tira son nom de cette particularité. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 

quam mortuus quocumque loco, exceptis haiis et plexitiis, inventus 
fuerit, indifîerenteraccipient. Nec pretermittendum quod licet monachis 
in suscepta terra vi hospites hospitari, qui nullam nisi eis consuetudi- 
nem reddent ; qui videlicet hospites una cum monachis extra sepes 
communia pascua habebunt, et residuum mortui bosci qui ah aliis pre- 
cisus fuerit predicti homines usui suo servabunt ; et si forte in bosco 
vrnditio facta fuerit, a recenti sectione tribus annis et dimidio eorum 
animalia cohercebuntur. Huic paci interfuerunt quorum nomina sus- 
cripta sunt : Robertus de Rello-Monte, Ivo de Regimalastro , Gauterius 
de Friseia, Reinaudus de Horreivilla, Galerannus de Alneto, Haime- 
ricus de Merlaio, Hugo decanus, Girardus de Evra, Goffredus de Alogia, 
Goslenus, Guillelmus de Orrevilla et Reinaudus frater ejus ( l ), Gosle- 
nus clericus, Adam Brunel, Odo Rufus, Gaufridus Paganus, Robertus 
Chevet et alii plures ( 2 ). » 

[Cari, de Tiron, f° 85 r.) 



LXXVTII. 
Don par Hugues de Poncé de terres apud Montem-Luisernum. 

« De Monte-Luserni. » 
(1125-1131.) 

« Notifîcamus cunetis fîdelibus tam presentibus quam futuris quod 
eg*o Hug*o de Poncaio ( 3 ) dono monachis de Tyron apud Montem-Lui- 
sernum duas masuras terre, unamquamque ad sex boves, libéras 
sicut ego possidebam et immunes ab omni consuetudine seculari. Et 

(M Le même que Reinaudus de Horreivilla, déjà mentionné parmi les témoins. 

( 2 ) Cette charte a été ajoutée au XIII e siècle. 

( 3 ) La baronnie de Poncé était une des quatre grandes seigneuries du comté de 
Vendôme. Les seigneurs de Poncé , avec ceux de Lavardin, de Montoire et de Cour- 
tiras, remplissaient près des comtes de Vendôme, lors de leur première entrée, les 
mêmes fonctions que les pairs de France auprès du roi. 

r. i. 13 



08 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

Hugo de Valenis (') illud quod habebat in duabus illis masuris donat et 
concedit libère possidendum monachis supradictis. Henricus de Ca- 
resmo concedit etiam eisdem monachis dimidiam partem décime ejus- 
demloci, et très infantes fîlie Huberti de Bosco, duo masculi et una 
femina, concedunt hanc elemosinam, quare ideo ex servis liberi facti 
sunt. Jofredus, vicecomes Castriduni, et Hugo de Poncaio et Hugo de 
Valenis concedunt etiam pasturas porcorum in nemoribus suis mo- 
nachis ibidem habitantibus. Et pro omnibus his Hugo de Valenis acce- 
pit mutuo a Hugone de Poncaio feodum Haimerici Baufrei et masuram 
Rainaldi Nael. Insuper concedo ego Hugo de Poncaio apes, mel et 
ceram que invenientur in silva ( 2 ) , et in alio loco terram ad duas car- 
rucas, similiter sex boum unamquamque. Et hec omnia concesserunt 
Joffredus vicecomes et uxor ejus Helois. Presentibus et assistentibus 
testibus his : Archenbaudo preposito , Bartholomeo de Vindocino , Fro- 
done de Sancto-Martino , Henrico de Garesmo , Jeremia de Bosco-Gar- 
nerii, Roberto de Oca, Ernulfo de Lanere, Escherpi Peloquino ( 3 ), Gau- 
terio preposito , Bernardo de Ghoa , Stephano de Novi , Ivone fîlio 
Radulfî , Garino de Rivaria , Rainaldo Galiberti , Roberto de Gurte-Lam- 
berti, Roberto vigerio, Junen forestario, Josberto Garini, Heimerico 
Baufredi, Herberto Aliène. » 

Cart. de Tiron, f° 37 r°.) 

(*) La famille de Valennes était très importante dans le Bas-Vendômois. Outre la 
terre d'où elle tirait son nom , elle possédait le fief de Riverelles en la paroisse de Vie, 
et celui du Bois-de-Conflans. Au XVI e siècle, la seigneurie de Valennes fut la propriété 
de Honorât de Bueil, plus connu sous le nom de son fief Racan, qu'il illustra par ses 
poésies. 

( 2 ) L'éducation des abeilles n'était pas négligée au Moyen-Age. Les seigneurs et les 
religieux entretenaient dans les forêts des domestiques , appelés apicularii ou bigni , 
dont le service consistait surtout à recueillir les essaims sauvages. 

( 3 ) Peloquin était seigneur de l'Isle-Bouchard : il prit part à la révolte des seigneurs 
de la Touraine contre Geoffroy Martel. Vaincu par le comte d'Anjou et fait prisonnier 
dans son château de l'Isle-Bouchard, il obtint sa liberté de la générosité du vainqueur 

(1132). 



* GHARTULAR1UM DE TIRONE. 99 



LXXIX. 



Don cm prieuré des Châtaigniers d'une terre entre Villemafroi 

et Pré-Nouvelon. 

(1126, 3 août.) 

« Nolum sit omnibus sancte Dei ecclesic fîdelibus quod Petrus Rex, 
partim pro amore Dei, partim pro lucro terreno, monachis de Tyrtm in 
ioco qui dicitur Gastaneis habitantibus dédit terrain unius carruce inter 
maisiam de Vilermafrei et Pereium, ita quiète et absolute quod ab om- 
nibus hominibus eam defendet. Testes ex parte monachorum : Radul- 
fus, Baug*enciaci dominus (*), ante quem donum hoc fuit factum et con- 
cessum, Hainricus dapifer, Helias Boellus, Umbaudus Rufus; ex parte 
Pétri Régis: Guillelmus de Pulcro-Monte , Hugo Rufus, Antelmus d< i 
Tefaugûa, Fulco Aviziaci, Archenbaudus Niger, Radulfus Marie de 
Papia, Josmerus Pétri predicti famulus, Rainerius de Vilermoin, Josce- 
linus cordubernarius. Goffredus cancellarius , cognomine Grôssinus ( 2 ), 
scripsit , anno dominice incarnationis MGXXVI , in nonas augristi, 
epacta vi. 
[Cart. de Tiron, f° 42 v°.) 



(*) Suivant Y Art de vérifier les dates, Raoul I er , seigneur do Beaugency, serait mort 
vers 1118. On voit par cette charte qu'on doit assigner à son décès une date beaucoup 
plus récente. Il était fils de Lancolin II, auquel il succéda vers 1080. Il fut un des plus 
fidèles vassaux du comte de Chartres, Thibault IV. Il était aussi lié d'amitié avec 
l'évêque Ives de Chartres, à la persuasion duquel il introduisit, vers 1 104, dans l'abbaye 
de Notre-Dame de Reaugency, la réforme de Saint-Augustin. 

( 2 ) Ce Geoffroy le Gros, chancelier, est sans nul doute le moine de Tiron auquel 
nous devons la Vie de saint Rernard. 



100 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

LXXX. 

Confirmation de la dîme de Cintry. 

« De décima Sancti-Georgii de Gintri. » 
(1126 circa.) 

« In Christi nomine, ego Johannes, Dei gracia, Aurelianensis epis- 
copus , notum fîeri volo omnibus fîdelibus tam f uturis quam et instan- 
tibus quia quidam milites Umbaldus scilicet Rufus, et Hug*o Chaor- 
censis , nepos ipsius , et alii preterea décimas quas in loco qui Cintri 
appellatur de animalibus sibi percipiebant , ob Dei amorem et animarum 
suarum et antecessorum suorum remedium , ad opus fratrum Tironen- 
sium ibi in Dei servicio permanencium in manu mea perpetuo solutas 
et quietas clamaverunt , et hoc omnibus sciendum et credendum litteris 
et auctoritate sigilli nostri mandavi. Signum Stephani decani. Signum 
Philippi precentoris. Signum Archanbaldi subdecani. Signum Bartho- 
lomei capicerii. Signum Bucardi archidiaconi. Signum Radulfî archi- 
diaconi. Signum N. archidiaconi. Signum Algrini cancellarii. » 
(Cart.de Tiron, f° 61 r.) 

LXXXI. 

Don de l'église d Argenvilliers. 

« De Argentviler. » 
(1126 circa.) 

« Cum omnibus sibi commissis debeat impendere curam episcopus , 
sancte religioni familiariter et studiosius oportet eum providere. Et 
ideo ego Gaufridus, Dei gratia, Garnotensis episcopus, ecclesiam de 
Hargentviler dono et in perpetuum habere concedo monachis Tyronen- 
sibus, hoc idem consentiente et volente Gosleno, archidiacono nostro. 
Volumus erg*o et statuimus ut monachi ibi accipiant, in tribus festis per 



CHARTULARIUM DE TIRONE. HH 

annum, dimidiam partem omnium oblationum , videlicel in Natali Do- 
mini, in Pascha, in festo Omnium-Sanctorum , et in annonaet in pri- 
mitiis et omnibus decimis duas partes, retenta sibi ad integrum tota 
décima illa quam eis prius donaveram de feodo Roberti de Moteia. Ter- 
tiam vero reliquam partem quam ad presens, eorumdem petitione, 
IWnardo sacerdoti habere permitto, ne alius post istum sacerdotem 
clamare possit, predictis monachis habendam concedo. Ne autem in 
futurum donatio ista aliquod dampnum oblivionis paciatur vel contra- 
dictions, nos eandem et litterarum memorie mandamus et sigilli nostri 
auctoritate corroboramus. » 
(Cart. de Tiron, f° 11 r°.) 

LXXXII. 

Don de la terre de Harinvai 

« De Neiron. » 
( 1120 circa.) 

(( Notum sit omnibus hominibus quod Paganus Lupus de Neiron dédit 
Deo Salvatori et monachis de Tiron unum arpennum prati et duo ar- 
penta terre ad Harinvai in elemosina. Galerannus vero de cujus feodo 
erathoc concessit, et habuit inde quatuor solidos de caritate. Hujus 
concessionis testes sunt: Og-erius, decanus de Esparlum, et Hugo, tonsor 
de Carnoto. Testes vero doni predicti Pagani sunt isti : Moreherius de 
Noviomo et Garnerius fîlius ejus, et Guiardus Tortus de Neirum. 

» Post aliquot autem annos, cum predictus Pag*anus in Hierusalem ire 
vellet, dédit predictis monachis de Tiron totam terram suam de Harin- 
vai, illam scilicet quam monachi pro terragio laborare consueverant. 
Hoc concessit uxor ejus Roscia et fîlia ejus Aales et Robertus Gifardus 
gêner ejus, et inde habuit Paganus Lupus xxx' a v que solidos de caritate. 
Hujus rei testes sunt: Ogerius, sacerdos de Neiron ( 1 ), et Andréas Cho- 

l 1 ) En H60, Oger, alors curé de Saint -Pierre de Maintenon, fit un accord avec les 
moines du prieuré de Marmoulier du môme lieu pour les dîmes de la maison do Jean, 
seigneur de Maintenon. 



102 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

leth, Petrus de Teun villa, Hugo de Rus ('), Petrus de bure, Gervasius 
major de Neirum et Forre fîlius ejus, et Theboldus forestarius, et fîlius 
ejus cognomento Botemie, Ricardus Morinus. Hoc concessit Galerannus 
de Mestenon, de cujus feodo erat. Hujus rei testes sunt : Ogerius sacer- 
dos de Neirum, Gauterius de Pétris. » 
(Gart. de Tiron, f° 37 v°.) 

LXXXIII. 

Don de l'église de Crasville et de terres au même lieu. 

« De Grasvilla. » 
(1126 circa.) 

« Quoniam corrupti sunt fîlii hominum et abhominabiles facti sunt in 
studiis suis, student enim patrum plantationes eradicare suisque usibus 
mancipare, et quibus ecclesias Dei ditaverunt largitionibus , si nequeunt 
exterminare , saltim moliuntur corrodere. Hujus nostri locelli Crasville 
dator, res et testes hic habentur série ne nos invasorum procacitas 
moliatur inquietare. Dédit igitur Robertus, predicte Graville possessor 
et dominus, Tironensibus monachis, ut sui suorumque Deus miserere- 
tur, çcclesiam ejusdem ville cum quibuslibet sibi pertinentibus , et 
cunctorum molendinorum suorum décimas et unius carruce terram 
ibidem et alterius apud Roehefort, et suam dominicain pasturam cunctis 
eorum animalibus. Goncedentibus et testantibus ejusdem uxoreGilla et 
fîliis Galeranno , Roberto , Willelmo , Guidone , Helia , Ragûnaudo , Gi- 
raudo, cum ceteris quorum hec sunt nomina : Robertus bebort, Radul- 
fus de Geratiis , Guillelmus Sanguine-Mixte , Gauterius de Groteth , 

(* ) En 1249, les religieux de Josaphat reconnaissent devoir douze deniers de cens à Ro- 
bert de Rutz , chevalier, et à Mathilde , sa femme , pour leur grange de Rorville , en la 
paroisse de Serazereux. Robert de Rutz était fils de Girard de Rutz, qui, en 1204, 
échange avec l'abbaye de Coulombs la moitié du moulin Malo, situé au Val-Morin, 
faubourg de Nogent-le-Roi , et d'Isabelle, dame de Rutz, qui, en 1205, consent à la 
donation faite à l'abbaye de Grandchamp par Jean de Clérembault de douze arpents de 
terre à la Ronce. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 103 

Robertus Giwnet, Robertusejus fîlius et Auldulfus, Osbertus filins Gelie, 
Gaufridus deMenia, Rennulfus Germon, cum multis aliis. o 

[Cari, de Tiron, f° 54 V.) 

LXXXIV. 

Don dune terre apud Montem-Luisernum (*); 

« Do Monte-Luserni » 

(112G-U31.) 

« Notum sit omnibus hominibus quocl Ravinai dus Enforcet dédit 
monachis Tironis medietatem terrç quam habebat de feodo Rartbolonici 
Vindocinensis, quç est ad Montem-Luserni , sicuti terram illam diviclit 
domus Ricardi. Sed Raginaldus pépiait quod tantum terre redderet 
monachis in feodo vicecomitis Gastriduni, sicuti dividit eam Pirus- 
Meauges Ferrariarum usque ad terram Hugonis de Ponciaco , et prata et 
terras, etquandam domum in Castro Montiniaci, et vineam, et quandani 
inclusam sub Jarcio. Goncedentibus G[aufrido] , vicecomite Gastriduni , 
uxore sua Hellui, filiis eorum de quorum feodo erat terra, uxore Ragû- 
naudi Enforce, Maria nomine, et Radulfo filio eorum et tribus fîliabus 
illorum Dea, Ascelina, Arenburgû. Hujus rei sunt testes : Hugo de 
Pontiaco et Hugo fîlius ejus( 2 ), Haenricus de Garesmo, Robertus villi- 
cus, Gofredus Ledut, Espierius deLenere, Garinus deRiveria, Tetbaudus 
fîlius Engelardi , Rernerius , Engelardus fîlius Guillelmi , Petrus de 

(M Nous n'avons pu déterminer le nom moderne du prieuré de Monte-Luiserni; mais 
il était certainement situé dans les environs de Montigny-le-Gannelon. L'écluse et le 
bois dont il est question dans les chartes de Renaud Enforcet et de Hugues de Poncé , 
sont assurément l'écluse et le bois du Jard situés au S. de Montigny, sur le Loir, au- 
dessus de la Roche. 

(*) Hugues II de Poncé et son frère Guillaume, chantre de Saint-Pierre -de -la- Cour, 
furent les bienfaiteurs du prieuré de Saint-Martin de Lunay , dépendant de l'abbaye 
d'Évron . Philippe de Poncé , fils et héritier de Hugues II , ratifia les donations de 
son père et de son oncle, le 4 mars 1231. 




104 • GHARTULARIUM DE TIRONE. 

Sancto-Leonardo , Matheus frater Pétri, Adam de Pereo, Gastinellus 
Vindocinensis ( 1 ), Guillelmus frater Gastinelli. » 

[Cart. de Tiron, f° 36 v°.) 

LXXXV. 

Abandon par Ives de Courville au comte Thibaut IV de la terre 

de Courville. 

« Ivonis Curveville. » 
(1127 circa.) 

« lvo de Curvavilla ( 2 ) , abrenuncians seeulo, dimisit eomiti Teo- 
baldo Gurvamvillam , cum omnibus que tenebat de feodo ipsius comitis 
vel vicecomitis ( 3 ). Pro his dédit ei cornes Teobaldus ducentas marcas 
argenti et juravit ei se tenere elemosinas ejus se sciente. Juravit et 
terram tenere cum consuetudinibus illis cum quibus lvo eam tenebat 
et quod in terris sanctorum nullas mittet vel se sciente mitti permittet 
consuetudines a servientibus suis per castrum Curveville et quod Ro- 

(*) Ce personnage nous parait avoir été la souche de la famille Gastineau qui, vers le 
milieu du XII e siècle, possédait de riches domaines dans les environs de Mortagne. En 
1155, nous voyons Geoffroy et Payen Gastineau confirmer la donation de l'église de 
Saint-Pierre de Vitrai au prieuré de Saint-Sulpice de L aigle. 

( 2 ) Ives H, seigneur de Courville, était fils de Giroie de Courville et de Philippe. Or- 
deric Vital nous a conservé au sujet de ce Giroie une anecdote qui peint bien les mœurs 
du temps : Armand d'Echaufour avait toujours été l'ennemi du comte de Bellême , 
Guillaume Talvas. Il partit pour la Terre-Sainte , et , à son retour , il pouvait croire que 
tout ressentiment était éteint , mais il avait compté sans la rancune de Mabile , la fille 
du comte de Bellême. Elle tenta une première fois d'empoisonner Armand à Echau- 
four : ayant échoué dans son dessein, elle corrompit Roger Goulafre, sénéchal du sei- 
gneur d'Echaufour, qui consentit à empoisonner son maître. Armand se trouvait alors 
à Courville chez Giroie , le seigneur du lieu , avec Guillaume Goët de Montmirail. Les 
trois seigneurs burent le breuvage empoisonné que leur servait Roger Goulafre ; les 
deux derniers se firent porter chez eux et purent se sauver grâce à des soins énergiques. 
Quant à Armand, il ne put se soigner convenablement, et il mourut quelques jours 
après. — Giroie mourut dans les dernières années du XI° siècle. 

( 3 ) Cet acte ne paraît pas avoir eu d'exécution : Foulques du Chêne était seigneur de 
Courville en 1128. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 105 

berto de Veteri-Ponte (') terram reddet, cum ipse Robertus predictam 
pecuniam ei reddiderit et predicta sacramenta juraverit, et illos honii- 
nes Gurve ville quos cornes Teobaldus queret et ipse Robertus habere 
poterit servandi se sacramenta obsides dederit, nec alii eam reddet a 
prima Domini Nativitate post banc conventionem usque ad annum, el . 
si Robertus non venerit usque ad illum terminum, reddet eam filio 
(iuillelmi de Torta-Quercu quem habuit de sorore Roberti secundum 
supradictas de Roberto conventiones , et si fîlius defuerit, maritabit 
imam de filiabus Guillelmi, quam habuit de sorore Roberti, uni de ho- 
minibus suis cum tota terra illa, cum supradictis conventionibus de 
Roberto. Sic tamen vel filio vel fîlie Guillelmi terram reddet ut si alius 
hères venerit et reclamaverit , ille qui terram habebit teneat ei inde 
justiciam, in curia comitis, et cuicumque cornes reddet, excepto Ro- 
berto, faciet eum jurare et homines Gurveville, quos cornes queret et 
ille habere poterit , ut quandocumque Robertus veniat , si predictas con- 
ventiones sequi ipse Robertus voluerit, terram ei reddat. Hec sacra- 
menta que juravit cornes Teobaldus, jura vit et mater ejus et frater 

( 1 ) La famille de Viouxpont entra en possession de la seigneurie de Courville à la mort 
de Foulques du Chêne , quelques années après l'acte de renonciation dlves de Cour- 
ville. Elle était originaire du pays d'Auge. Du temps de Guillaume le Conquérant, un 
Robert de Yieuxpont donna à l'abbaye de Notre-Dame de Saint-Pierre-sur-Dive le pa- 
tronage de Yieuxpont. Le roi d'Angleterre l'envoya au secours de Jean de la Flèche 
contre Foulques, comte d'Anjou, en 1078. Robert de Vieuxpont fut tué, en 1083, dans 
la guerre que Hubert de Sainte-Suzanne , vicomte du Maine , soutint contre le roi 
d'Angleterre. C'était le père de celui dont il est question dans cette charte. 

La famille de Vieuxpont conserva la seigneurie de Courville jusqu'à la fin du XY r 
siècle. En 1413, Ives de Vieuxpont fut fait prisonnier à Azincourt ; il laissait, de sa 
femme Blanche de Harcourt , quatre enfants en bas âge : Laurent , depuis chambellan 
do Charles VII , Guillaume , Louis et Marie qui épousa François de Beaumont. Ces en- 
fants furent placés sous la tutelle de Jean Minguet , seigneur de Couttes ; peu après la 
bataille d'Azincourt , Courville fut pris par les Anglais , et Jean Minguet emmena les 
enfants au-delà de la Loire pour les soustraire à la domination étrangère. Pendant plus 
de quinze ans , les héritiers d'Ives de Vieuxpont furent privés de leur patrimoine ; enfin, 
en 1432, le comte de Dunois, ayant repris Courville, rendit le château à Laurent, qui 
avait alors vingt-cinq ans. Mais les terres avaient été tellement ravagées qu'elles sem- 
blaient insuffisantes pour payer les dettes paternelles : aussi les enfants d'Ives de Vieux- 
pont durent-ils solliciter de Charles VII des lettres-patentes qui leur permissent de 
n'accepter l'héritage de leur père que sous bénéfice d'inventaire : ces lettres sont datées 
du 27 juillet 1446. 

t. i. 14 



10(i CHARTULARIUM DE TIRONE. 

cjus cornes Stephanus, et rex Ang'lie fide firmavit quocl eonsilio suo co- 
rnes de his conventionibus non exibit, et si inde exierit nulluin in eo 
eomes profîcuum habebit ex quo rex cognoverit donec emendaveril. 
Harum conventionum obsides per fîdem dédit cornes Gaufriduin vice- 
comitem Castriduni , Guillelmum Goietum juvenem (*), Guidonem de 
(ialardone, Andream de Baldemento, Gohonerium de Alneto, Girar- 
diiin Boellum, Gaulinum de Leugis, Hugonem de Gastro-Theoderici, 
boc modo quod eonsilio suo de lus conventionibus cornes non exibit, H 
si inde exierit a quadraginta diebus ex quo hoc noverint non servient 
illi donec emendaverit, et si cornes Teobaldus obierit non facient ho- 
ininiuin successori ejus donec obsides eos supradicto modo concesserit. 
Homines quoque Gurveville pet lidem obsides dédit cornes ut si de 
supradictis conventionibus ipse exierit eum recto herede se teneant. » 

( Cart. de Tiron , 1 ' 21 r°. ) 

lxxxvi. 

Engagement à l'abbaye de la terre de Lièvreville. 

« De Lovrc villa. » 
(1127circa.) 

« Noverint fidèles cuncti présentes ac futuri fjtiod eg*o Hug'o d< i Le- 
vrevilla et Maria mater mea et Herbertus Guitum, cog'natus meus, in 
vadimonium tradidimus monachis Tyronensibus totam terram nostram, 
ego videlicet duas bovatas et Herbertus imam, quas in predicto Levre- 
ville feodo habebamus, accipientes inde ab eisdem monachis decem 
libras carnotensium , de quibus eg*o Hug'o duas partes solvam et Her- 
bertus terciam : debebam etiam eis antea xx solidos quos super ipsum 
vadimonium solvendos impono. Et sciendum quod si de presenti pere- 
g'rinatione Jérusalem, pro qua predictas terras in vadimonium tradidi- 

(') Vers 1125, Guillaume Goët le Jeune, fit un accord avec le prieuré de Saint-Denis 
de Nogent pour les églises de Geton et de Saint -Ulphace. En même temps, du consen- 
tement de sa femme Mabile , il remit aux moines de Saint-Denis l'église d'Unverre que 
Gaston de Brou leur avait donnée et que sa mère Eustachie avait injustement retenue. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 107 

mus, non redierimus, vel si sine herede defuncti fuerimus, eas in ele- 
mosinam predictis monachis perpetuo habendas concessimus, Si vero 
reversi fuerimus ante quinquennium , eas redimere non poterimus. 
Sciendum etiam quod si de sepedictis terris aliqua calumpnia opta 
fuerit . pro quibus pacifi candis monachis necesse fuerit aliqua expen- 
dere, nostrum erit totum eis restaurare. Hec autem omnia concessit 
Bardulfus de Galardan et uxor ejus Helvis, de quorum feodo predicto 
terre erant, recipientes inde ab eisdem monachis xxv solidos, quod 
monachis denuo solvent ipsi vel hères eorum si predicte terre eis per- 
petuo non remanserint ; si vero remanserint, monachi adhuc xv solidos 
eis dabunt. Reddent insuper monachi predicto Bardulfo vel heredi suo, 
pro servi tio huj us terre quamdiu eam tenuerint, annuatim vit solidos 
si sepedicte terre eis integTe remanserint, si vero non intègre, secun- 
dum quod eis remanserint, solvent , videlicet in festivitate sancti Remi- 
gûi vel infra octabas, sine leg*e. Sciendum denique quod ego Hug*o de 
Levravilla et Maria mater mea, et predictus Herbertus et frater ejus 
Guillelmus, qui inde pro concessu habuit vi denarios, et soror ejus 
Naelent, que inde habuit vi, omnes nos, fîde propria, in manu domni 
Gosleni archidiaconi , firmavimus hec omnia, ut scripta sunt, fîdeliter 
et sine fraude omni tempore servare. Inde sunt testes : Goslenus archi- 
diaconus, Stephanus cellerarius, Teobaudus Eng*elardus, Rainaudus 
frater Bardulfî, Ansoldus Piel, Girardus de Tahen villa, Andréas gêner 
Bardulli, Petrus faber, Sale frater ejus, Goslenus sutor, Lanbertus 
cordarius, Hug^o et Ivo et Yaslinus, forestarii de Brimunt, Maria mater 
Pétri fabri, Milesendis uxor Johannis sutoris, et Juliana fîlia ejus. » 

(Cart.de Tiron, f* 23 r . 

LXXXVII. 

Don des terres de Choudri et d l Auvilliers. 

« De Choldri. » 
(1127circa.) 

« Quoniam quidem commodorum temporalium occupatior cura pro 
suis qualitatibus mortales actenus evang*elici illius precepti factores 



108 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

quo que mundana possident , pro pauperum necessitate vendere preci- 
piuntur, reddidit , quod deterius est , pigriores , saltim alterius implendi 
desiderio ferventiores , non pigri redduntur auditores quo dicitur : 
« Facite vobis amicos de mammona iniquitatis. » Hoc precipue aliis- 
que quamplurimis excitatus preceptis, Girardus Diabolus( 1 ) dédit rao- 
nachis Tyronis terram suam de Choudre et de Orviler ( 2 ), istud quidem 
sub hac conditione disponens ut singulis annis daret eis ad seminandum 
in eadem terra unum modium frumenti et xvm sextarios avene , hoc 
pacto ut quartam partem exinde quotannis ipse et hères ejus acciperent. 
Insuper etiam isdem eisdem decimam totam de Orviler quam multo- 
ciens surripuerat concessit. Propter cujus doni pactique confîrmatio- 
nem fîdem suam dédit eisdem monachis, sub cujus fîdei confirmatione 
etiam posuit ut vicecomiti Gaufrido et uxori ejusdem Helvis, et omni- 
bus fîliis ejus, et Pag^ano, fratri ejusdem Girardi Diaboli ( 3 ) , et omnibus 
fîliis ejus concedere faceret, adjungens etiam sub eadem fîde quod ab 
omni calumpnia immune hoc donum faceret. Hanc fîdei confîrmatio- 
nem accepit Theobaudus Eng*elardus pro monachis , fecitque ipse Teo- 
baudus ipsam fîdei confîrmationem pro monachis ut hoc erga eum 
tenerent pactum, insuper etiam ut hoc abbati capituloque Tyronensi 
concedere facerent. Hujus itaque pacti utrorumque fuit fîdejussor Pa- 
g'anus de Froovilla et testis. Hac de re testis est presens epigramma, 
et Pag*anus de Mellaio , et Theobaudus Eng*elardus , et Ascelinus Lovel- 
lus, Robertus, et Rog , erius Barbatus, et Hebrardus, Robertus. )> 
{Cart. de Tiron,î° 28 v°.) 

(*) Girard, surnommé le Diable, était seigneur du Plessis-Maillé, paroisse de Moisy. 
Les terres mentionnées dans cette charte servirent de dotation au prieuré d'Yron. 

C 2 ) Plusieurs chartes du Cartulaire de Tiron sont relatives à ces terres de Choudre et 
de Orviler, dont l'attribution nous a longtemps embarrassé. Après un sérieux examen 
des lieux, nous n'hésitons pas à y reconnaître Ghoudri près de Pré-Nouvelon et Au- 
villiers près d'Ozoir-le-Breuil. 

( 3 ) Ce Payen, frère de Girard le Diable, est le même que Payen de Frouville, qui se 
porte garant de la donation de Girard et qui figure dans plusieurs chartes. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. [ftg 

LXXXVIII. 

Don de 20 marcs d'argent sur le fisc de Winchester. 

« De xv marcis argenti. » 
(U27circa.) 

« Matildis imperatrix (*), Hfenrici] régis fîlia et Anglorum domina, 
arcbiepiscopis, episcopis, abbatibus, comitibus, baronibus, justiciariis, 
vicariis et omnibus ministris suis Francis et Anglis, salutem : Sciatis 
me concessisse etreddidisse monachis de Tirum in perpetuam elemosi- 
nam xv marcas argenti, quas pater meus Henricus rex dederat eis 
liabere, singulis annis, de thesauro Wintonensi. Et prêter hoc adcrevi 
cis v marcas argenti in perpetuam elemosinam, pro anima patris et 
niatris meç et antecessorum meorum et mei ipsius, singulis annis. Et 
lias xx marcas argenti concedo eis de fîrma Wintonensi, in festo sancti 
Michaelis x marcas argenti, et in Pascha x marcas. Quare volo et fir- 
miter precipio ut qui fîrmam meam Wintonensem tenuerit reddat eis 
singulis annis in predictis terminis. Testibus : Roberto episcopo Lundo- 
nensi et cancellario , et A[da], reg*ina Scotie ( 2 ), et Willelmo de Sa- 
blaillo, et Pag^ano de Clara- Valle. Apud Oxenetum. » 
( Cart. de Tiron , f° 49 r°. ) 

(*) Mathilde, fille du roi d'Angleterre Henri Ie r , avait été mariée à Henri IV, empe- 
reur d'Allemagne. Elle était veuve depuis peu lorsque, en 112G, son père la fit recon- 
naître pour son héritière ; peu de temps après , il lui fit épouser Geoffroy Plantagenet , 
comte d'Anjou. Mathilde ne voulut pas néanmoins ahdiquer son titre d'impératrice, et 
elle ne prit jamais le nom de comtesse d'Anjou. Elle succéda à son père sur le trône 
d'Angleterre, en H 35. 

( 2 ) Adèle, fille de Waltheof, Gualleous, comte de Northumberland, épouse de David I er , 
roi d'Ecosse. Waltheof refusa de trahir le roi Guillaume [en 1074; il fut condamné à 
mort pour n'avoir pas révélé le complot et eut la tête tranchée à Winchester le 31 mai 
1075. Il fut enterré dans le monastère de Croyland, et de grands miracles s'accompli- 
rent, dit-on, à son tombeau. De sa femme Judith, il eut deux filles, Mathilde et Adèle. 



110 CHARTULARIUM DE TIRONE. 



LXXXIX. 

Fondation du prieuré de Saint-Michel de Colle î 1 ). 

(1128, 1 er août.) 

« Notum sit omnibus sancte ecclesie fîliis atque fidelibus christianis 
quodeg*o Gervasius, filius Pagani de Verseio, et mater meaBreta dona- 
vimus Deo Salvatori et monachis de Tyron terrain ad quatuor boves im 
planam, ad construendum ibi locum et ecclesiam in honore sancti 
Michaelis Archangeli. Donavimus autem illam omnino liberam atque 
quietam ab omni censu etab omni exactione terrena. Donavimus etiam 
predictis monachis decimam de Valgalle. Hec concessit Oliverus de 
Larve de cujus feodo erat. Factum est hoc atque confîrmatum apud 
obedientiam predictorum monachorum que vocatur Audita( 2 ), kalendas 
augusti, anno ab incarnatione Domini M G XX VIII , régnante Lo- 
dovico reg*e Francorum et Hainrico Angliam gmbernante. Hujus rei 
testes sunt : Gauterius Hait, et Tancredus sacerdos( 3 ), et Gaignardus, 
Ernulfus Piscis, et Fulcoius Piscis, et Bainardus Piscis. 

» Fulcoius quoque Piscis dédit predictis monachis in elemosinam ter- 
ram ad dimidium modium seminis, concedentibus fîliis suis Ernulfo et 
Bainardo; unde testes, sunt viri supradicti Gauterius Hait et alii. 

» Sciendum est quod Guillelmus Quarrellus ( 4 ) , volens crescere predic- 

( ! ) C'est une note du XVI e siècle qui nous donne ce nom du prieuré dont il est ici 
question. Nous n'avons pu le retrouver d'une manière certaine ; mais nous pensons 
qu'il correspond aulieu appelé l'Abbaye, près de Montigny (Sarthe), à peu de distance 
d'Alençon. 

( 2 ) Encore un prieuré sur lequel nous n'avons aucun renseignement : nous ne l'avons 
jamais rencontré ailleurs. Serait-ce Louye, près Nonancourt, où plus tard s'établirent 
des religieux de l'ordre de Grammont ? 

( 3 ) Ce Tancrède est désigné ailleurs sous le nom de Tancredus de Sancto-Remigio. 

( 4 ) La famille Quarrel a laissé son nom à deux paroisses du Sonnois, Lignières-la 
Carrelle, et Villaines-la- Quarrel. Ansquitinus Quarrellus, qui vivait vers 1030, est con- 
sidéré comme le chef de cette famille. Son fils Richard accompagna les normands Guis- 
card et Roger de Hauteville dans leurs incursions en Italie : il épousa une de leurs 



CHARTULARIUM DE TIRONK. III 

liiin locum, donavit Deo et predictis monachis terram ad octo sexiaria 
seminis, concedente uxore sua Aales. Hujus rei testes simt : Herbertus 
Galvus, et Garinus fîlius ejus, et Gauterius gêner ejus. 

» Aubertus vero de Guerame, factus monacbus, ad predictum locum 
donavit Deo et fratribus de Tyron terrain ad septem sextaria seminis. 
jno amore Dei et pro anima filii sui Guillelmi qui jam obierat. Hoc 
concessit uxor ejus Rohes, et Garinus et Oliverus et Robertus clcii- 
cus, Paganus fîlius ejus. Hujus rei testes sunt : Osmondus de Docellis. 
et Herbertus Pullus, et Rannulfus de Vallo-Gallet. 

» Fulcoius quoque de Chahenne ( l ) et Droco Custodiens-Pirasclnlnunt 
predicto loco atque predictis monachis in elemosinam terram ad m sex- 
taria seminis. Hoc concesserunt uxor Fulcoii nomine Odelina et uxor 
Drochi nomine Susanna. Hujus rei testes sunt : Haimericus de Glivo- 
Gampo et Hernaudus frater ejus, et Gauterius Hait , et Ernulfus Piscis. 

» Guiburg-is autem, uxor Gaigrtardi siniferi ( 2 ), dédit Deo et predicto 
loco atque monachis decimam molendini de Acheio. Hoc concesserunt 
Gervasius et Herbertus fratres ejus. Hujus rei testes sunt : Guillelmus 
Quarrellus et Gauterius Hait, et Tancredus sacerdos, et Garinus frater 
ejus. 

» Post aliquos itaque annos, Guillelmus Quarrellus, de quo superius 
lecimus mentionem , volens adhuc augere suum beneficium , donavit 



sœurs et conserva la principauté de Gapoue. Jourdain , son fils , lui succéda et épousa 
une des filles du prince de Salerne; de cette alliance sortit Richard II, prince de 
Capoue, qui fut dépouillé de ses Etats et chassé par son cousin Roger II, roi de Sicile. 
— Parmi les membres de la famille restés en France, nous connaissons Robert Quarrel, 
qui, sous Robert Talvas, baron du Sonnois, fut chargé de la défense du château de 
Saint-Cénery, fut fait prisonnier et eut les yeux crevés par ordre du vainqueur. Guil- 
laume Quarrel souscrivit, en 1191, comme témoin, un accord que Marsile du Fay fit 
avec le prieuré de Saint-Guingalois de Château-du-Loir. 

(*) La famille de Chahenne (de Chahenaia) possédait, en la paroisse de Courde- 
manche, le fief de Vaux, dépendant de la seigneurie de Lucé. En 1247, Geoffroy de 
Chahenne fit un accord avec l'abbaye de Saint-Vincent du Mans pour le moulin de 
Charbonnel situé sur le ruisseau de Vaux. Avant d'appartenir aux Chahenne, le fief de 
Vaux avait été la propriété de la famille Rourreau, dont nous avons déjà eu l'occasion 
de parler. 

( 8 ) Dans une notice placée à la suite de cette charte, le môme personnage est ainsi 
désigné : Gaignardus quoque Piscis. 



112 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

Deo et ecclesie Sancti-Michaelis et predictis monachis terram ad 
n os sextarios. 

» Robertus quoque de Brulio dédit Deo et ecclesie et predictis fratribus 
de Sancto-Michaele de pratis suis quantum unus homo uno die falcare 
poterit. De terra vero quam dederunt predictus Guillelmus Quarreilus 
et Fulcoius, et de prato quod dédit Robertus de Brulio, sunt testes : 
Osmundus, et Herbertus Pullus, et Gauquelinus, et Guillelmus Roerius, 
et Gauterius de Monte-Rainerii, et Paganus de Monte-Ranerii, et Hame- 
linus de Gisloderia, et Herbertus Calvus, et Gauterius g*ener ejus( 1 ). » 
{Cart. de Tiron, f° 68 r°.) 



XG. 

Donation de la terre de Sainte-Sabine. 

« De Bello-Loco. Cenomanensis dyocesis, et de Monte-Allerii. » 

(1128, 18 novembre.) 

« j Sig*num Haois. -J* Signum Fulconis. 

» Notificari volui omnibus sancte ecclesie fîliis ac fîdelibus defen- 
soribus quod eg*o Haois de Monfalcon venerabili abbati Guillelmo de 
Tyron et conventui Tyronensium monachorum dedi omnem terram de 
Sancta-Sabrina , sicut eam habebam, in perpetuum possidendam. Hoc 
donum concessit Fulco de Monfalcon, nepos meus. Hoc autem donum 
factum est a meo nepote Fulcone apud Bellum-Locum in ecclesia 
Sancte-Marie-Mag*dalene , die xmi kalendarum decembrium, in festi- 
vitate sancti Martini, anno ab incarnatione Domini MGXXVIII, coram 
istis testibus : Guillelmo de Soure, Ricardo de Bosco, Willelmo filii 
Guidonis , Ricardo Rufo , Rainaudo et Girardo , famulis predicti abbatis 
Willelmi. Predictus vero Fulco de Monfaucon et uxor ejus Beatrix, 
pridem apud castellum de Garcere positi, idem donum concesserunt. 

C 1 ) Une notice abrégée de cette charte se trouve reproduite dans le CartiUairc, 
f« 08 v°. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 11:1 

Testibus : Ernulfo et Herberto, monaehis Sancti-Nicholai ; Guidone 
monacho et Tescelino ejus nepote, Garnerio de Vico-Caprino, iluis- 
cardo de Mon faucon, Popardo et Huberto de Luceello. Fulco vero bone 
spei Andeg^avcnsium cornes, et fîlius suus cornes Gaufridus concesse- 
punt. Testibus : Gervasio de Troeia, Gaufrido de CIceris, Fulcone <!<• 
Moleherna, Geldoino de Malleio, Ridello de Releio (*), Philippo fratre 
comitis, ïlioma capellano, Goranno camerario, Guiscardo de Jallia 1 
Goscelino de Bel-Prahel, Lamberto despensario, Fulcone de Molin- 
llerle ( 2 ), Alberico de la Barbée, Amaurico fratre Mathei de Troo , Hu- 
gone Julii, Hugone de Pontiaco. » 

(Çart. de Tiro?i, f' u 69 v°.) 



XCI. 

Don crime terre à la Malaise. 

(( ToUi terra de Maleseiis. » 
(1128.) 

« Noverint omnes homines quod Gauterius qui vocabatur Pag i anus, 
fîlius Richerii , dédit monaehis Tvronis omnem terram de Maleseis, 
quam tenebat a domina Aubereia( 3 ), et a Roberto de Bellainvilla , fîlio 
suo Goffredo et uxore sua Aalesde , et Amelina fîlia Aalesdis conce- 
dentibus. Hujus rei sunt testes : Hug*o de Miellé; Guillelmus, frater ejus; 



(*) Ce personnage a laissé son nom à plusieurs localités de la Touraine : Azay-le-Ri- 
deau, le Bois-Rideau, le Plessis-Rideau. En 1208, nous voyons que Hugues Ridel était 
à la fois seigneur d'Azay-le- Rideau et de Relai; il prend le titre de seigneur de Relai 
dans une charte où il fait don au chapitre métropolitain de Tours d'une maison située 
en cette ville. 

(*) Fulco de Molin-Herle n'est-il pas le même que Fulco de Moleherna mentionné plus 
haut? 

( 3 ) Aubereia est la même que Alberica, femme de Goscelin de Mongerviller, que nous 
voyons figurer dans la charte GXXXIV. 

r. i. i:; 



H4 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

Richerius de Sancto- Vie tore; Rainaudus, nepos Pagani fîlii Richerii , 
anno ab incarnatione Domini M G XXVIII. » 

{Cari, de Tiron, i° 8 r°.) 

XGII. 

Bail d'une terre par le prieuré de Lavardin à celui de Granri. 

« De Granri. » 
(1128.) 

« Notum sit omnibus quod monachi Larvarzinenses (*) monachis de 
Granri '(*), quandam terram juxta eos sitam prêter terram Roberti, usque 
ad quindecim annos , ad colendum tradiderunt , hac indicta conveniencia 
quod post quindecim annos monachi de Lavarzano suam terram liberam 
omnimode solutam et quietam reciperent ; intérim autem quartam par- 
tent seminis apponentes quartam partem messis ejusdem terre annua- 
tim acciperent. Quod factum est anno MGXXVII1 ab incarnatione Do- 
mini, Odone de Sancto-Serenico ( 3 ), priore de Lavarzino, et monachis 
sub eo, Ivone, Girardo, Rermundo, Bernerio, Fulcodio presentibus ; 
laïcis : Hildegario fabro, et ejus fîliastro Girardo carpentario, Boveto, 
Perdiel et Gostio. » 

(Cart.de Tiron, f° 68 r°.) 

(*) Le prieuré Saint-Genest de Lavardin dépendait de l'abbaye de Marmoutier : ses 
anciens bâtiments servent aujourd'hui de presbytère. 

(*) Auprès du village des Roches, sur un bras du Loir, existe encore un moulin ap- 
pelé le moulin de Granri. C'est le seul souvenir de l'ancien prieuré de Tiron , avec une 
fontaine voisine, dite la fontaine de Granri, dont les eaux sont très renommées. A 
deux kilomètres à peine du prieuré de Granri fut fondée en 1204 l'abbaye de la 
Virginité, dont l'érection fut la cause de la ruine du prieuré. 

( 3 ) Eudes était le fils de Robert de Saint- Cénery, fils lui-même de Geroins de Sancto- 
Serenico et de Félicie, fille d'Avesgaud de Connerré. Par sa femme Adélaïde, Robert 
était cousin du roi Henri I er : il fut l'un des adversaires les plus déclarés de Robert 
Courteheuso et tint la campagne contre lui en 1103. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. II.; 

XGIII. 
Don d'une terre au-delà du ruisseau de Tir on. 

« De terra que est trans torrcntem juxla stagnum Tyronii. » 

(1128 circa.) 

« Noscat hoc universalis ecclesia quod Roberius de Bellein villa dédit 
monachis de Tyron in capitulo terrain que est trans torrentem , et fecit 
oblationem super librum, videntibus testibus istis : Willelmo Hanetum ; 
Radulfo de Monte-Fulchardi , Goffredo molendinario ; Hugonede Boigne; 
Goffredo, avunculo Hug*onis ; Odone, fîlio ejusdem ; Ansg'oto ; Her- 
berto; Bernardo ; Hug*onc fabro; Frog*erio. » 

Cn ri. de Tiron, f° 7 v°.) 

XGIV. 
Achat d'un arpent de pré au Pré-Morin. 

« De Prato-Morini. » 
(1128 circa.) 

« Notum sit omnibus quod monachi de Tyron emerunt unum arpen- 
tiim prati in Prato-Morino a Roberto serviente xxx solidis, concedenti- 
bus uxore sua et m bus filiis, scilicet Hugxme, Ernaudo, Rainaudo, et 

tribus filiabus, scilicet ; de quibus mater habuit n os denarios pro 

eoncessione, et unusquisque de fîliis et filiabus unum denarium, prêter 
Hugxmem. Testes sunt : Johannes et Ernaudus monachi ; Gasto de Ra- 
nialasto( 1 ) ; Robertus de Gortollano: Hug'o, filius Gofredi dapiferi ; Ro- 

(*) Gaston, fils de Gervais de Friaize et de Mabile de Châteauneuf, devint seigneur 
de Rémalard par son mariage avec Fulcarde, fille de Payen deRémalard. Nous le ren- 
controns souvent comme témoin dans les chartes de la première moitié du XII e siècle. 
Nous le voyons prendre part à une expédition contre le prieuré de Saint-Denis de No- 
gent : voici à quelle occasion. A la mort de Gulférius de Yilleray, le prieur de Saint- 



H 6 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

gerius, nepos Hulduini; Hugo de Boigne et Gofredus ejus avunculus, 
de quorum feodo medietas ipsius prati erat, habuitque Hugo pro con- 
cessione n os solidos. » 

(Cart. de Tir on, f° 9 v°.) 

XGV. 

Achat de six arpents de pré au Pré-Morin. 

« De Longo-Prato. » 
(1128circa.) 

« Notum sit omnibus quod Geroius de Ferreria vendidit monacbis 
de Tyron sex arpenta pratorum apud Long'iim-Pratum solidos ducen- 
tos , concessu uxoris sue et fîlii sui Gauterii , unde habuit fîlius xn de- 
narios, et concessu sororis sue fîlieque ipsius Hamelinç. Ad divisionem 
autem istorum pratorum fuerunt subscripti testes: Aalelmus, Joban- 
nes et Guillelmus Tyronenses monachi ; Girardus forestarius quem misit 
cornes ad dividenda ista prata que erant juxta prata comitis ( 1 ). Testes 
sunt etiam : Haldricus de Monte-Dulcet ; Robertus fîlius ; Matheus Ar- 
dens ; Grimaldus , coquus comitis ; Odo , nepos Girardi et cliens comi- 
tisse Beatricis ; Hugo de Boigne. » 

[Cart. de Tir on, f ° 9 v°.) 

Denis se rendit à Villeray pour enlever le corps du défunt et l'enterrer dans l'église du 
prieuré, prétendant que Gulférius s'était donné au prieuré avec tous ses biens. A cette 
nouvelle, Hugues, frère de Gulférius, partit avec ses chevaliers, pluribus cum eo militi- 
bus suis, pour reprendre le corps de son frère. Après une vive altercation avec les 
moines, Hugues consentit à se retirer, mais non sans avoir reçu du prieur une chape 
d'or et d'argent et un manteau aussi d'or et d'argent, qui valaient bien trois cents sous 
d'or, quamdam cappam de argento et aura et coopermentum ejus cappe similiter de at* 
gento et auro, que large valebant trecentos solidos et amplius. Gaston de Rémalard ac- 
compagnait Hugues de Villeray dans cette expédition et fut un des témoins de l'accord. 
— En 1179, Ives de Rémalard, fils de Gaston, et Gaston, fils d'Ives, donnèrent à la 
léproserie du Grand-Beaulieu une maison qu'ils possédaient à Thimert. 

( J ) Le forestier du comte du Perche remplit ici la charge d'arpenteur, office qui était 
ordinairement délégué aux sergents des seigneurs. 



GHARTULARIUM DE TIRONE. \\i 



XGVI. 



Bon d'une partie de la dîme et des bois de Saint-Lubin- 

des-Cinq-Fonts. 

« De décima Sancti-Leobini. » 
(U28circa.) 

« Noscat universalis ecclesia quod Gauterius de Sancto-Leobino , in 
conversione sua, monacus enim noster fuit, dédit nobis quicquid ba- 
bebat in décima Sancti-Leobini , et praturu apud Gastaneos, et quic- 
quid necessarium fuerit ad edifîcia construenda , in sua parte nemoris 
Sancti-Leobini, quod habebat cum Roberto fratre suo de Motheia ( '). Hoc 
enim concesserunt uxor ejus Beatrix et filii eorum Gastbo et Gaufridus 
et Galiena, et Robertus, frater ejusdem, de cujus feodo erat totum, et 
Gaufridus, filiusejus, et Ricardus Theherius , ejusdem nepos. Audie- 
punt et concesserunt, de parte monacborum, audierunt qui et testantur: 
Guillelmus prior, qui eum fecit monachum; Gaufridus subprior ; Hu- 
bertus Labore; Odo de Argenvillario , sacerdos, et famuli monacborum 
Kainaudus et Girardus. » 

(Car t. de Tir on, f° 10 v°.) 

XGVII. 

Don de la terre de Villandon. 

« De (juillelmo de Coes. » 
(1128 circa.) 

« In nomine Domini, ego Guillelmus de villa que vocatur Choes ( 2 ) 

(*) Nous reparlerons dans la suite de Robert des Motets, qui fut un des principaux 
bienfaiteurs de l'abbaye de Tiron. 

C 2 ) Guillaume de Queux (de Candis), du consentement de sa mère Ledgarde et de 
son frère Landry, donna vers 1414 au prieuré de Saint-Denis de Nogent l'église de 
Saint-Ouen juxta Montem-Rahardi. 



118 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

et uxor mea Ag*nes dedimus monachis de Tyron terram nostram totam 
de Villa-An don ('), partim pro remedio animarum nostrarum, partim pro 
caritate quam nobis fecerunt, decem scilicet librarum carnotensis mo- 
nete. Hoc autem factum est consensu fîliarum suarum et cujusdam ne- 
potis sui et neptis , non enim habebat fîlios , et bec sunt nomina fîlia- 
rum : primog'enita Leiardis , secunda Hersendis , tercia iterum Hersen- 
dis, quarta Odelina; nepos vocabatur Gatho et neptis vocabatur Heloys. 
Hi omnes, tam Guillelmus quam uxor ejus Ag'nes et fîlie eorum supras- 
cripte et neptis et nepos, laudaverunt et firmaverunt propriis manibus, 
et hec sunt signa. Signum Guillelmi f . Sig-num Agiietis uxoris ejus f . 
Sig'num Leiardis y. Signum Hersendis y. Sig'num Hersendis f . Sig'num 
Odeline f. Hujus rei testes fuerunt: Hubertus, Herveus, Girardus. et 
Girardus, Gaufridus, Girardus, Gaufridus. Si quis vero calumniator 
surrexerit , supradictus Guillelmus vel beredes sui immunem et libe- 
ram ab omni calumpnia facient. » 

(Car t. de Tir on, f° 18 r°.) 

XGVIII. 
Don d'une terre à Ribœuf et d'un moulin sur V Aigre. 

« De Risu-Bovis. » 
(1128 circa.) 

<( Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris quod eg^ Rai- 
naudus de Spiers et uxor mea Ada damus Deo Salvatori de Tyron et 
monachis ibi Deo servientibus totam terram illam quam habebamus in 
Monte-Simphoriano , sicut partitur cum terra Johannis de Secorel, et 
ex alia parte partitur cum monachis Sancti-Karilefî( 2 ). Necnon damus 

( J ) Le prieuré de Villandon , dont la fondation remonte à la donation de Guillaume 
de Queux , était un des plus riches de l'abbaye de Tiron. Il était situé dans la paroisse 
de Theuville : son nom a complètement disparu. 

( 2 ) Nous avons déjà parlé de l'abbaye de Saint-Calais au Maine et du prieuré de 
Saint-Galais au château de Blois : il est ici question d'un troisième prieuré , celui de 
Saint-Calais, en la paroisse de Romilly-sur- Aigre, dépendant de l'abbaye deBonneval. 



GHARTULARIUM DE TIRONE. , |., 

ris quoddam molendinum in Egrea, cum omnibus pratis et vineis el 
viridario et omnia illa que illic habebamus. Hoc donum concessil 
Goffredus, Gastriduni vicecomes, et Helvis ( l ) uxor ejus, el filii ejus 
llng'o, Pa^anus, et Aupes et Helvis filie. Hujusrei sont testes: Gofre- 
(lus de Monte - Foleth ( 2 ), Goffredus de Montiniaco, Goffredus legis 
doctus , <4 Anclol miles, Raginaudus de Espieriis. Robertus Doiart, 
<>( Gosbertus et Jauveius. » 

(CarL de Tiron, f° 23 r°.) 

XGIX. 

Don de terres à Tournan. 

« De Tornantj 3 ). » 
(1128 circa.) 

<( Quod ad multorum noticiam pervenire congruum duximus lillr- 
parum monimentis mandare provida deliberatione decrevimns. Noverit 
ergo presens etas omniumqne secutura posteritas qnod eg*o Manasse de 
ïornoio et Beatrix uxor mea, pro remedio animarum nostrarum om- 
niumque parentum nostrorum, donamus Deo et monachis Tironis, per 

Héloïse appartenait à la maison de Mondoubleau, et ce fut elle qui apporta cette 
seigneurie dans la famille des vicomtes de Châteaudun. C'est en sa qualité de dame de 
Mondoubleau qu'en l'année 1134 elle confirma, avec son mari, la possession de L'église 
de Saint-Pierre de Gormenon à l'abbaye de la Trinité de Vendôme. 

(') Montfeuillet (Mons-Folletus et aussi Mons-Fauni) est l'ancien nom de Saint-Mandé. 
Cette terre fut donnée vers la fin du xi e siècle à l'abbaye de la Trinité de Vendôme par 
Raoul de Reaugency pour y établir un prieuré. Mais sur les réclamations des religieux 
de Saint-Lomer de Rlois qui alléguaient que la paroisse d'Oucques où était situé le 
prieuré était de leur dépendance, l'évéque Ives de Chartres rendit une sentence en leur 
ur, et depuis cette époque le prieuré de Saint-Mandé-de-la-Coudraye n'a cessé de 
relever de l'abbaye de Saint-Lomer. 

( 3 ) On lit en marge du Cartulaire, d'une écriture du XVII e siècle: « Pour Saint- 
« Oing, du diocèse de Paris. » Cette donation de Manassès de Tournan servit en eifet à 
la fondation du prieuré de Saint-Ouen, en la paroisse de Favières, à peu de distance 
de Tournan. 



120 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

manum domini Stephani, Parisiensis episcopi, terram quam emimus a 
Guiboldo, famulo nostro, concedente Hug'one de Plaisse de cujus feodo 
erat. Testibus istis : Hug*one Forti, Arnulfo Scabioso, Gilleberto Cons- 
tancie fîlio, Gonstancio prefato. Donamus et predictis monachis duo 
molendina et terram de Gleseolis ad molendina pertinentem. Insuper 
emimus terram Theoderici Rufî que est supra molendinum et pratum 
Gonstancii prepositi. Insuper donamus monachis prefatis terram de 
Putoi quam emimus a Pag*ano de Orcoso et Odone fratre suo. Hujus 
emptionis testes sunt : Arnulf us Scabiosus , Gonstancius prepositus , 
Petrus Magister et multi alii. 

» Dedimus etiam eg*o Manasses et uxor mea Beatrix monachis Tiro- 
nis xxx solidos de paagio Tornaii, et hoc annuatim ad lumen ecclesie. 
Insuper emimus Sancti-Petri pratum et Pratum-Long*um de Rebelina 
et a tribus fîliis suis et de Bernardo , et emimus a Bernardo de Faveriis 
et a Gunberto sutore duo arpenta prati , et a Baucherio sacerdote de 
Faveriis emimus unum arpentum prati, parrochianis ecclesie conce- 
dentibus de quorum feodo erat. Emptionis horum pratorum sunt tes- 
tes : Arnulfus Scabiosus , Albericus de Faveriis , Gillebertus frater Al- 
berici. Hanc emptionem pratorum concessit Bernardus de cujus feodo 
erat, Bartholomeo Forti et Arnulfo Scabioso, testibus. 

» Hugo Francus et Fulbertus frater ejus dederunt monachis Tironis 
duas partes terre , amore Dei , in die benedictionis cimiterii , videntibus 
istis : Huberto fratre ejus et Hugone Forti. 

» Gillebertus Botellarius dédit monachis Tironis illam partem décime 
quam habebat in terra Pag'ani de Orcoso , uxore sua Eustachia et fîlio 
suo Hug-one concedentibus , Manasse et uxore sua concedentibus. Hujus 
rei sunt testes : Robertus de Bretnaico , Simon de Vernolio , Goffredus 
de Pulchro-Visu , Petrus Mag'ister. 

» Manasse et Beatrix uxor sua emerunt a Gauterio Grosso terram et 
prata que sunt juxta Gleseolas, Gilleberto Botellario et uxore sua et filio 
suo Guidone de quorum feodo erat concedentibus. Hujus rei sunt 
testes : Petrus Mag'ister , Arnulfus Scabiosus , Gillebertus fîlius Gons- 
tancie. » 

Cart.deTiron. f° 63 v°.) 



CHARTULARIUM DE TIRONE. i->i 



G. 



Demande de création dune abbaye à Asnières. 

« Abbatem petit episcopus Andegavensis pro monasterio do Asneriis . falendo 
abbatem Tironensem habere ad id omne jus. » 

(1128 circa.) 



« Wfillelmo], venerabili, Dei gratia, abbati Tironensis monasterii. 
amico et domino suo, et sanctissimo ejusdem loci conventui, V[ulgv- 
rius], Andegavensis indigne dictus episcopus (*), super gTeg'em sibicom- 
missum bene excubare. Deo disponente, rogatu domini Giraudi Mo- 
nasteriolensis, in locum qui dicitur Asinarie, monacbos vestros in 
locum tune desertum transmisistis , qui inibi , Deo proteg*ente et g-uber- 
nante, in tantum famositate religîonis et terrarum possessionibus et 
aliis facultatibus excreverunt ut, quod homines vicini summe deside- 
rarent, abbas, si vobis placeret, convenienter in eodem loco possit ha- 
I >eri. Quod et nos et noster archidiaconus Normannus( 2 ) et clerici Andeg'a- 
vr uses et dominus Girardus perquam plurimum affectantes, sanctitatem 
vestram rog^amus quatinus eidem locello abbatem creare et locum 
illum abbatiam facere dignemini, tali videlicet modo ut vestrum sit 
semper, decedente abbate vel obeunte, alium elig*ere et mittere eidem 
loco, in caput cujus jus habeatis corrig*endi et mutandi si ipse exce- 
dendo meruerit ; episcopi vero Andegavensis sit eum consecrare et pro- 
fessionem, salva obedientie vestre plenitudine , ab eo recipere. Valete 
el pro nobis orate ; et in hoc quod postulamus desideriis nostii> 
satisfacite. » 

(Cari, de Tir on , fo 78 r°.) 

(*) Ulger, évêque d'Angers, de H24 à 1149. 

( 2 ) L'archidiacre Normand est le même que Normand de Doué, qui, après Ulger, 
devint évoque d'Angers. 

T. I. 10 



122 GHARTULARIUM DE TIRONE. 



CI. 



Don de maisons à Chartres. 

« De Carnoto. » 
(1128 circa.) 

« Noverint omnes homines quod Radulphus monetarius (*) dédit et 
dimisit monachis Tyronis super domum et super terrain quam uxori 
sue dimisit centum solidos , et hoc fecit in infirmitate sua qua mortuus 
est ; ita videlicet dimisit centum solidos monachis super terram et super 
domum suam , quod illi qui , post mortem uxoris sue , terram et domum 
habere voluerint monachis centum solidos reddant. Hujus rei testes 
sunt ( 2 ) : Hug^o presbiter, Guillelmus Aculeus, Ansoldus, Isembardus 
monetarius, Aufredus pater uxoris Radulfî, qui hoc donum fecit, Hos- 
bernus monetarius ( 3 ). 

» Orioz dédit monachis Tyronis domum suam. Hujus rei testes 
sunt : Herbertus de Gerevilla et Bernardus de Bergevilla , Gumbertus 

(i) Raoul le changeur, fils d'Armand, paraît avoir eu une fortune assez considérable. 
Outre le don fait par lui à l'abbaye de Tiron, il laissa à l'abbaye de Saint-Père « unum 
arpennum vinee apad Luciacum, et medietatem unius grangie et unius viridarii et totius 
ejusdem ambitus in quo eadem grangia sedet; itemque, apud Moncellum-Sancte-Marir , 
unum arpentum vinee et dimidium plante ; itemque centum solidos post mortem uxoris 
sue, quos dabunt hii qui dotem ejusdem uxoris illius hereditate habebunt , sicut et alios 
trecentos solidos vicinis monasteriis. » 

( 2 On trouve dans le Cartulaire de Saint-Père le nom des personnages qui assistèrent 
comme témoins au testament de Raoul le changeur. Ce sont les mêmes que ceux rap- 
portés dans notre charte; mais nous croyons devoir les reproduire parce qu'ils figurent 
avec des dénominations différentes : « Hugo , presbiter Sancti-Aniani ; Willelmus Aculeus; 
Osbernus monetarius ; Ansoldus filius Dumenchii ; Isembardus filius Teodoli; Aufredus 
loriminarius. » 

( 3 ) La corporation des changeurs, monnayeurs et orfèvres était une des plus puis- 
santes de la ville de Chartres. Outre trois autres verrières placées à l'étage inférieur 
de la cathédrale , les changeurs ont décoré deux fenêtres de l'abside. La rue des 
Changes et celle de la Monnaie existent encore à Chartres et rappellent le quartier de 
la ville où les changeurs exerçaient leur profession. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. u. ; 

coquus, Johannes de Paradiso , Maria uxor Garini pellificis, Arembur- 

gis soror Gosberti. 

» Hamelina dédit monachis Tyronis domum suam. Hujus m lestes 
su ut: Fubertus sacerdos Sancti-Hylarii , Ascelinus Jerosolomitanus (') , 
Aleelmus nepos Ameline, Odelina uxor Stephani, Berta. 

» Guillelmus fabcr et uxor ejus Osanna dederuntse et possessionem 
suam totam et domum suam monachis Tyronis. Hujus rei sunt testes : 
Gumbertus et Gratiosa uxor ejus. » 

{Car t. de Tiron, f° 14 v°.) 

CIL 

Don au prieuré dit Theil d'une pièce de terre à Beauvais. 

(1128-1135.) 

« Notum sit omnibus quod ego Seibrandus de Foresta monachis Ty- 
ronensibus unum frustum terrç apud Bellum-Visum dedi. Pro quo 
dono frater Giraudus Normannus, prior Tillioli, mihi unum equum 
dédit. Hoc donum concesserunt duo nepotes mei Guillelmus et Savari- 
eus. Hujus rei testes sunt: Osbertus de Brullio-Calciato , Johannes de 
Gasto, Theobaudus Alumpnus. » 

[Gart. de Tiron, f° 58 r.) 

cm. 

Don au prieuré du Theil d'une ouche de terre à Maupertuis. 

(1128-1140.) 

« Sciât universalis çcclesia quod ego Girardus de Giba, pro Dei 
a more et animç mee parentumque meorum salute, dedi monachis Ty- 
ronensibus unam oscham terre quç est apud Malum-Foramen cum 
adjuncto sibi nemore. Monachi autem pro hoc dono vi sextaria annone 

(*) Ce surnom de Jérosolymitain était donné à ceux qui avaient été aux Croisades. 



124 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

mihi in caritate dederunt, et fratribus meis qui hoc donum concesse- 
runt, alii quasdam câlinas, alteri xn denarios ; mihi iterum unam va- 
cam cum duobus vitulis suis dederunt. Hoc donum concessit Gauterius 
Ubelinus, cognatus meus. Hujusrei testes existunt : Goffredus de Ge- 
resiaco , Theobaudus Alumpnus , Girardus Normannus qui tune tem- 
poris prior Tillioli erat. » 
{Car t. de Tir on, f° 57 v°.) 

GIV. 

Don au prieuré du Theil d'une pièce de terre aux champs 

de la Cublairie. 

(1128-1140.) 

« Notum sit omnibus quod ego Haimericus Mala-Pugna quoddam 
frustrum terrç quod in campis Cublerarie. habebam monachis Tyronen- 
sibus, pro Dei amore, dedi. Monachi vero pro hoc ix solidos et unam 
minam frumenti mihi in caritate dederunt, et cujusdam bovis debitum 
quem ab eis emeram liberum et quietum mihi concesserunt. Hoc autem 
concessit Giraudus frater meus. Hujus rei testes sunt : Theobaudus 
Alumpnus et Giraudus Normannus qui tune Tillioli prior erat. » 
(Cart. de Tiron, f° 57 y .) 

GV. 

Don au prieuré du Theil d'une pièce de terre à Saint-Maxirnin. 

(1128-1140.) 

« Sciant omnes présentes atque futuri quod eg*o Giraudus Jarrocel- 
lus unam bordariam terrç que. est in honore Sancti-Maximini , pro Dei 
amore et animç meç salute, monachis Tyronensibus dedi. Hanc autem 
terram excolit jure hereditario Goffredus Flamatus. Hujus doni testes 
existunt : Theobaudus Alumpnus et Giraudus Normanni Tillioli prior. » 
{Cart. de Tiron, f° 58 r°.) 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 1,»., 

GVI. 

Confirmation par le comte du Perche de toutes les donations /'mies 

par lui à l'abbaye. 

(1129.) 

« Quum Scripture Sacre veridica assertione lucc clarius constel eos 
qui terrena pro Ghristo in presenti largiuntur eterne in futuro beatihi- 
dinis gloria remunerari, ego Rotrocus, Perticensium cornes, eorum qui 
tam felici tamque optabili mercede donabuntur consorsfîeri desiderans. 
pro salute anime mee antecessorumque meorum , matre mea Béatrice et 
Maltide uxore concedentibus , quedam bénéficia, que divisim per sin- 
gula subscribuntur capitula, monachis Sancti-Salvatoris de Tyron in per- 
petuam elemosinam larg*itus sum. Que ne aliquis heredum meorum 
falsis calumpniis avellere vel temera improbitate pervertere posset, 
presenti scripto memorie commendari meique sigilli auctoritate confir- 
mait et corroborari precepi. Venerabili itaque abbati Bernardo, admi- 
rande sanctitatis viro, ejusque fratribus, cum primum in partes istas 
habitandi gratia devenissent , super adventu ipsorum exultatione non 
modica repletus, dedi eis boscum qui dicitur de Tyronio , sicut adextro 
latere et a sinistro dividunt ipsum duo rivuli eumdem boscum intra se 
includentes, et sicut superius ipsum dividit alter exigmis rivulus et 
terra que est de feodo Gaudene. Eisdem preterea monachis donavi 
terram de Braia, sicut dividitur a terra de Gereseriis et sicut boscus 
eam ducit usque ad portam antique Ferrerie et sicut sepis vinearum 
dividit eam usque in stagnum Ferrerie, et sicut rivus ipsius stagni 
ducit eam contra vallem, ipsum quoque stagnum similiter, censumque 
pratorum que sunt in eadem terra (*). Infra istam namque terram ha- 

(*) Cette description est parfaitement exacte, et malgré les changements que près de 
huit siècles' ont apportés dans la configuration des lieux, on peut suivre sur le terrain 
la délimitation des terres comprises dans la donation du comte Rotrou. Seulement 
l'antique Ferrière est bien déchue. Ses portes et ses murailles n'existent plus que dans 
la tradition ; c'est aujourd'hui un pauvre hameau où l'on trouverait bien difficilement 
le nombre de bourgeois énumérés par Rotrou. 



126 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

bentur prata que tune burgenses predicte Ferrarie de me tenebant 
michique censum inde ad sancti Martini festum reddebant. Quorum 
burg-ensium nomina hec sunt : Balduinus de Ferreria qui reddebat vi 
denarios de censu ; Guillelmus, frater ejus, vu denarios ; Richeldis de 
Ferreria vi denarios ; Guillelmus Ghavellus vi denarios ; Benedicta de 
Braia m denarios ; Gauterius, Guillelmus, Odo ni denarios ; Reginau- 
dus Gaprarius n denarios ; Guillelmus prepositus v denarios ; Raginau- 
dus Gaprarius, Haimericus vi denarios. Hujus terre decimam tune tem- 
poris habebat Paganus , filius Richerii , quam dédit predictis monachis 
perpetuo possidendam permissu meo et assensu. Dedi etiam eis medie- 
tariam meam que est ad fontem de Morinet et vineas meas quas habe- 
bam ad Braiam ortosque meos de Gampellis , inclinatus ad hoc predicte 
matris mee precibus, que me hoc agere multimoda obsecratione instan- 
ter exig^ebat. Illud quoque non pretereundum quod exaltationi et 
amplifîcationi supranominate ecclesie summo cum desiderio , ob spem 
future remunerationis , ardenter inhians , sepedicta matre mea et uxore 
mea Matilde atque sorore mea Juliana id ipsum suadentibus, id ipsum 
concedentibus, concessi memoratis monachis quicquid in toto feodo 
meo possent a me vel ab aliis adquirere , dono vel etiam emptione , 
libère et absolute et absque ulla exactione et seculari consuetudine, ha- 
bere in perpetuum et possidere ; et illum similiter liberum qui domos 
eorum inhabitaret et que ipsorum forent custodiret. Horum omnium 
que superius leg^untur testes existunt : Gatho de Rasimalastro ; Gerva- 
sius Gapreolus ; Gauterius , Garnotensis archidiaconus ; Pag^anus , filius 
Richerii ; Girardus forestarius (*) ; Guillelmus Villanus; Odo de Guria ; 
Frog^erius et Hug*o Pasturel ; Ernaudus Gifardus et plures alii. Facta 
sunt autem hec anno ab incarnatione Domini M G quadrag*esimo 
IX ( 2 ), régnante in Gallia Ludovico Philippi, Henrico Anglorum reg*e. 
{Cart.de Tir on, f°6\°.) 

(') Girard, forestier du comte Rotrou, parait avoir joui de la confiance de son maître. 
C'est lui que Rotrou désigna pour faire l'arpentage des prés donnés à l'abbaye de Tbiron 
par Geroius de Ferreria, apud Longum-Pratum. (Voir charte XGV.) 

( 2 ) Sicpro 1129. 



GHARTULARIUM DE TIRONE. 127 



GVII. 



Don par Louis VI d'an homme franc de toute redevance. 

(1129.) 

« In nomine sancte et individue Trinitatis, ego Ludovicus, D<i 
gratia, rex Francorum, omnibus tam futuris quam presentibus notum 
fieri volumus quatinus hune hominem nostrum Archenbaudum ab 
omni consuetudine et exactione quam in eum prius habebamus, pro 
îvmedio anime nostre et antecessorum nostrorum , sanctç Dei çcclesiç 
de Tirum quietum concedimus, et eidem de rébus suis predictç çcclesiç 
largiendi quecumque voluerit potestatem atque licentiam donamus. 
Hoc autem ne oblivione posset deleri aut a posteris infîrmari, scripto 
commendavimus et sigùlli nostri auctoritate nominisque karactere fîr- 
mavimus, astantibus in palatio nostro quorum nomina et signa subs- 
cripta sunt. Sig'iium Philippi fîlii nostri, ipso anno in reg'em coronati. 
Signum Ludovici buticularii. Sig*num Hugonis constabularii. Sigmim 
Alberici camerarii. Actum anno incarnati Verbi M GXXVIIII , regni 
nostri XXI . Data per manum (monogr.) Simonis cancellarii. » 

[Cart. de Tiron, f u Gl r°.) 

GVIII. 

Remise de deux muids de vin de terreau à Gourdez. 

« De terciolo vicecomitis Puteacensis. » 

(1129.) 

« In nomine sancte et individue Trinitatis, eg , o Hug^o, Puteacensis 
vicecomes ( 1 ), notum fieri volo omnibus sancte ecclesie Dei curam ge- 
rentibus quatinus, pro animarum patris mei et matris mee predecesso- 

( ! ) Hugues III le Jeune, châtelain du Puiset et vicomte de Chartres de 1109 à 1130, 
le même qui est si connu par ses guerres avec le roi de France, Louis le Gros. 



128 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

rumque meorum remedio, monachis in ecclesia Tyronis Deo militan- 
tibus duos modios vini quos habebam de terciolo in vinea illorum que 
apud Gorzeias est dono eosque illis possidendos im perpetuum concedo. 
Dono hoc ita a me facto et concesso , domnus Guillelmus , abbas Tyro- 
nis, cujus tempore hoc factum fuit, sicut rog*averam , in plenario capi- 
tulo Tyronis, concessit quatinus hoc vinum ita a me datum, in octavis 
Pentecostes , quando festum ecclesie illorum , scilicet sancte Trinitatis, 
celebratur, fratribus tune servitium Deo impendentibus in refectorio 
daretur , et concessit iterum quod , audito meo obitu , meum anniver- 
sarium annuatim facient, et hoc idem vinum quod habebunt fratres 
in ecclesie sue festivitate in vita mea, post mortem meam illi idem 
fratres habebunt in meo anniversario. Hec carta lecta et confîrmata 
fuit Garnoti , in thalamo Gaufridi , episcopi Garnoti , et in presentia 
ipsius episcopi et abbatis Sancti-Petri. Hujusrei testes sunt: Gauterius, 
archidiaconus Garnoti ; Zacarias , subdecanus ; Hugo de Levis ; Hugo, 
nepos decani ; Goslenus, frater episcopi Garnotensis; Paganus de Creu; 
Robertus, prepositus Mauritanie. Iterum hec fuit lecta et confîrmata in 
Puteacenso Castro , in presentia vicecomitis Hug'onis, uxore ejus 
Ag*nete et filiis scilicet Evardo, Bucardo concedentibus. Hujus rei testes 
sunt : Archenbaudus , Aurelianensis subdecanus ; Gauterius , prior 
Sancti-Martini-de-Valle ; Teobaudus , prior de Antevilla ; Aimericus 
Chenart ; Thomas ; Odo de Alunna ; Fulco de Gurvavilla ; Amauricus 
de Levesvilla ( l ) ; Philippus Brito ; tota curia Puteacensis que tunc v erat 
plenaria , ipse enim Hug*o vicecomes tune volebat ire Jérusalem , anno 
ab incarnatione Domini M G XX VIIII. f Signum Hug*onis vicecomi- 
tis. f Sigiium Agnetis, uxoris ejus. f Signum Evardi. f Signum Bu- 
cardi , fîliorum vicecomitis. » 

[Cari, de Tiron, P 13 r°.) 

( J ) Les membres de la famille de Levéville sont souvent mentionnés dans les chartes 
du pays chartrain. Le plus anciennement connu est Evrard I er qui vivait à la fin du 
xi e siècle, et qui eut pour fils Amaury, cité comme témoin dans la charte qui nous 
occupe. — Le fils de cet Amaury fut Evrard II, nommé, avec son frère Girard, dans 
une charte de Saint-Père et dans un acte de Josaphat de 1470 environ. Evrard eut pour 
enfants: Amaury II, Germond, chanoine de Chartres, Isabelle, Alix, Eustachie et 
Béatrix. — Amaury II, avec sa femme Alix, donna, en 1204, la dîme du Poisvilliers, au 
chapitre de Chartres, du consentement de son fils Evrard et de ses filles Isabelle, Pétro- 
nille , Philippe et Marguerite. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 129 



GIX. 



Don de terres à Lésanville et échange desdites terres contre d'autres 

sises à Choudri et à Auvilliers, 

« De Orviler. » 

(1129.) 

(( Notum sit presentibus atque futuris fidelibus ebristianis quod Hel- 
g*odus de Memberolis donavit Deo Salvatori et monachis de Tyron unam 
carrucatam terre in Lesen villa in elemosinam , et Robertus Bofignon de- 
dit eisdem monachis totam terram suam quam habebat in eadem villa 
similiter in elemosinam. Monachi vero de Tyrum dederunt Pagano de 
Froovilla predictas terras, quas aeceperant a predicto Helgodo atque 
predicto Roberto Bofignon, pro tribus carrucatis terre quas isdem Pag*a- 
nus commutavit eis in Orviler et Choldre. Et ut monachi im perpetuum 
haberent très carrucatas terre quas a Pag*ano de Froovilla aeceperant 
libéras atque quietas , donavit Blancha , mater predicti Helgonis , pre- 
dicto Pag*ano unam carrucatam terre quam habebat de dote sua ad 
Lesenvillam, et dimisit etiam ei quartam partem furni sui quem ha- 
bebat apud Gastrumdunum ; ita tamen ut ipsa semper panes suos 
in furno coquere possit. Et hec commutatio terrarum facta est hoc 
modo ut Paganus vel heredes ejus très carrucatas terre predictas mona- 
chis im perpetuum ab omnibus calumpniis defenderent atque tutarent. 
Et Paganus predictus de his rébus Ursonem de Fractavalle fidejusso- 
rem dédit. Hec autemomnia concessit Gaufridus, vicecomes Gastriduni, 
et Helvisa uxor ejus, et Hug*o et Paganus fîlii ejus, et due fîlie ejus 
Alpes et Helvisa. Hoc autem totum factum est et confîrmatum apud 
Castrumdunum , coram vicecomite Gaufrido , anno ab incarnatione Do- 
miniMGXXVIIII, régnante Lodovico Philippi, rege Francorum. Hujus 
rei testes sunt: Urso de Fractavalle, Matheus Rufus, Gaufridus de 
Monte-Fauni , Odo Ag-nus, Rainaudus de Secorio , Reimundus Ang*otus, 
Hug*o fîlius Gilbaudi , Hieremias de Nemore-Garnerii , et Forrerius , 

T. I. 17 



130 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

Gauterius pistor, Hug*o Viator, Ascelinus Lupellus, Mauricius Brito, 
Radulfus sutor, Adam clericus. » 

{Cari, de Tiron, P 29 r°.) 

GX. 

Fondation du prieuré de Notre-Dame d'Arable. 

« De Dormie. » 
(1129.) 

« Eg*o Goslenus , per Dei patienciam, Suessionum humilis minister (*), 
notum fîeri et ut inconcussum consisteret scripto contineri et sigilli 
mei impressione muniri volui quod Gosbertus de Duromagni et Comi- 
tissa uxor ejus et Jacobus eorum fîlius , in presentia mea, multis assis- 
tentibus, Duromagnis, ante ecclesiam, confirma verunt donum quod 
fecerant Deo et Sanctç-Mariç et monachis de Tiron ad locum qui dici- 
tur Fons-de-Arabl ( 2 ) , hoc scilicet , duas carrucatas de terra , de campo et 
de silva , et furnum de Chacis , et unum arpentum cum novem arbori- 
bus que. nuces ferunt, et de pratis novem arpenta. Hec autem quiète 
et in pace habenda monachis concesserunt , nullam ibi retinentes justi- 
ciam, et ut illibatum maneret signis subscriptis munierunt. Signum 
Gometisse f . Signum Jacobi f. Si^num Gosberti y. Hoc autem ex 
parte nostra viderunt et audierunt : Johannes capellanus , Eng'enulfus, 
Radulfus , Teobaldus , canonici Suessionenses , Pa^anus presbiter ; ex 
parte eorum : Hugo nepos ipsorum, Petrus de Curia, Letardus. Actum 
est hoc anno ab incarnatione Domini M G VIIII ( 3 ) , Philippo in regem 
sublimato. » 

(Cart. de Tiron, P 63 r°.) 

(*) Gosselin de Vierzi, évêque de Soissons, de 1126 à 1152. 

( 2 ) La dénomination de ce prieuré, Fons-de-Arabl, qui rappelle singulièrement le nom 
de Fontevrault, a été la cause d'une confusion faite par M. d'Arbois de Jubainville, dans 
son Histoire des Comtes de Champagne, t. III, p. 332. Il attribue à l'abbaye de Fonte- 
vrault la possession du prieuré qui existait dans les environs de Dormans. 

( 3 ) Sicpro H29. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 131 



CXI. 



Don de la dîme d'un moulin par Gui de Meigneville. 

« De décima molendini Guidonis. » 
(1129.) 

» Notum sit omnibus hominibus quod Guido de Menevilla dédit mo- 
nachis Tironis decimam molendini de Maen ( l ), uxore sua Leticia et fîliis 
suis Hug*one, Evrardo, Galerano concedentibus. Testes hujus rei sunt : 
Goffredus fîlius Berardi, Herbertus dapifer, Garinus Scutum-ad-Col- 
lum ( 2 ), Gonbertus quoquus, Archenbaudus dispenserais, Paganus 
fîlius Ansei, Petrus de Parisius, Radulfus Gamar, Garinus fîlius Berardi, 
Raginaudus de Stampis, Petrus de Bu^sno. Anno ab incarnatione Do- 
mini M G XXVIIII. » 

'or*, de Tir on, f°71 r°.) 

GXII. 

Création de l'abbaye d' Asnières. 

« De abbatia Hasneriarum. » 
(1129.) 

« Quoniam cuncta que fîunt temporaliter , humane mortalitatis ne- 
cessitate cogente, quam cito oblivioni traduntur, hujus cartule cirogra- 

(M Nous n'avons pu déterminer d'une manière certaine où était situé ce moulin 
de Maen : la pièce qui le concerne est isolée dans le Cartulaire, et ce n'est qu'avec hési- 
tation que nous proposons l'attribution de Meigneville pour le donateur de cette charte. 
— Peut-être faut-il traduire Maen par Meung : nous trouvons ce lieu écrit Main jusqu'en 
1793. 

( 2 ) En 4118, Robert Scutum-ad-Collum, du hameau de la Brosse près Nottonville , est 
témoin d'un accord fait entre Eudes le Déshérité et les moines de Nottonville pour un 
moulin et une écluse à Nottonville. 



132 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

pho presentibus et futuris notifîcetur quod monasterium de Asneriis( 1 ) , 
in Andegavensi episcopatu , in honore Dei g^enitricis f undatum , quon- 
dam cella extitit monachorum Sancte-Trinitatis de Tiron, plurimis 
ibidem fratribus sub priore degentibus. Sed quia Geraudus Beidais, 
magne discretionis et generositatis vir, eodem Spiritu inspirante quo 
prius monasterium fundaverat , propter honorem et exaltationem 
sanctç çcclesiç , in supradicto loco abbatem constitui a domino Willelmo 
et omni Tironensi conventu poposcit( 2 ), Deo providente, concessum est. 
Ipse autem Giraudus et uxor ejus Ada eandem abbatiam ita liberam 
omnibus temporibus concesserunt ut niehil in ea posset constitui ab 
"aliqua potestate seculari, scilicet nec ac ipso vel ejus fîliis vel eorum 
successoribus. Goncessit etiam isdem Giraudus et abba tune primum in 
supradicto loco electus et ejus monachi ut omnis abbatum ejusdem 
loci de Asneriis futura electio , nisi providentia et potestate Tironensis 
abbatis suique capituli, fieri non poterit. Si vero quicumque abba sepe- 
dicti loci de Asneriis vel aliorum locorum eidem subjectorum indecen- 
ter aut seculariter, quod absit, se suosque rexerit, vel etiam a nostre 
humilitatis habitu et aliis nostris religiosis institutionibus recesserit, 
Tironensis çcclesiç nutu et imperio erit removendus , atque alter qui 
dignus fuerit constituendus, Andegavensis episcopi ubique salvo jure. 
Hoc etiam provisum est, propter vinculum caritatis et unitatem frater- 
nitatis, quod quando unusquisque ex abbatibus supradicte çcclesiç de 
Asneriis eligendus erit , ab abbate Tironensi et conventu electus et tra- 
ditus fuerit, in presencia abbatis qui tune preerit fratrumque con- 
ventus, matri çcclesiç de Tiron ejusque rectoribus obedientiam et de- 
bitam subjectionem ipse tune noviter electus abba et ipsius monachi 
qui tune présentes aderunt coram Deo et fratribus promittent. Nec 
pretereundum quia eandem obedientiam et debitam subjectionem 
quam abba de Asneriis, debeant Tironensi ecclesiç et alii abbates si 
quos constituent , et statuto tempore , singulis annis , ad matris çcclesiç 

( i ) L'abbaye d'Asnières avait pris le nom de son fondateur et s'appelait Asnières- 
Bellay : elle était située dans la paroisse de Cizay, non loin de la ville de Montreuil- 
Bellay, qui, comme nous l'avons dit page 35, tirait aussi son surnom de Berlai III, 
père de Giraud. Il ne reste plus rien aujourd'hui de l'ancienne abbaye d'Asnières. 

( 2 ) Voir supra, charte C. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 133 

capitulum, stabilitate et confîrmatione sue religionis, tam abba de 
Asneriis quam alii convenerint. Quando autem Tironensis abbas ad 
sepedictum locum Sancte-Marie de Asneriis, quem, mutato nomine, 
Clarifontis abbatiam ( l ) amodo vocari constituimus, vel ad quemlibet 
locorum ei subjectorum advenerit, honorifîce, ut decet, recipietur, et 
ipse abbas loci propriam sedem sue dignitatis ei preparabit, in cboro 
scilicet, in capitulo, in refectorio, et ubicumque paternam ei reveren- 
tiam exhibebit, sicut dicit Apostolus : « Oui honorem bonorem, » ei 
iterum : « Honore invicem prevenientes. » Et si forte in aliquo loco- 
rum monacus contumax vel rebellis contra suum abbatem repertus 
fuerit , in bene placito Tironensis abbatis de loco in alium removeri 
poterit; et si aliquis frater inobediens extiterit, nequaquam parti alteri 
sine litteris commendaticiis conjungendus erit. Omnis vero substancie 
humanitas ita inter eos communis fore promittitur ut cum in aliquo 
rerum temporalium eguerint aliis et aliis subvenietur ; et spiritualium 
benefîciorum pro vivis et defunctis tanta unanimitas ut sic pro aliis 
quam pro suis propriis fratribus ferveat caritas ut etiam nulla penitus 
sit diversitas. Gum erg*o mater çcclesia de Tir on suo pastore orbata 
fuerit, si communi capitulo placuerit, quem libuerit de suffraganeis 
abbatibus vel monachis in magistrum abbatem sibi preponere poterit , 
et in ejusdem matris çcclesiç capitulo al ter eligetur ad regendam 
ecclesiam cujus pater apud Tironem assumptus fuerit. Et ut nichil 
pretermisisse videamur quod nostre relig'ioni contraire existimetur , 
illud etiam statuimus ut eamdem omnino potestatem quam Tyronensis 
abbas in capitulo suo, videlicet in Tyronio, habuerit, in subditis sibi 
locis habeat quocienscumque placuerit. 

)> Hoc autem notum sit sanctis çcclesiç fîliis quod Tironensis ecclesia 
taie privilegium habet ut quicumque injuriam ei qualicumque causa 
intulerit ab ipso papa , rectore et pastore totius sancte Ghristianitatis , 

(*) Nous n'avons vu nulle part que ce surnom de Clairefontaine ait jamais été 
appliqué à l'abbaye d'Asnières : le nom primitif subsista. — Parmi les pièces intéres- 
santes concernant cette abbaye , nous mentionnerons comme peu connu un procès 
qu'elle eut à soutenir au XVII siècle avec les marchands fréquentant la rivière du 
Thouet , pour un droit de péage de deux deniers que l'abbaye prétendait percevoir sur 
chaque pipe de vin et autres marchandises descendant la rivière. Les religieux furent 
déboutés de leur prétention par un arrêt du Parlement de Paris de l'année 1621. 



134 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

excommunicandus sit : servantibus autem et idem Christi patrimonium 
amplifîcantibus benedictio et pax a domino Jesu-Ghristo , cui est honor 
et imperium in secula seculorum, amen. Hec autem facta sunt annoab 
incarnatione Domini M G XXXIX (*), regnantibus Ludovico Philippi in 
Gallia , Henrico in Ang*lia, 

» Ego Giraudus Berlais que in hoc cirographo continentur concedo 
atque manu mea signo f. Unde sunt testes : Philippus deBlazon, Petrus 
Girorius , Girardus de Ardena, Girorius fîlius Simonis, Haimericus, 
Thomas, Bartholomeus Raterus, Guillelmus de Castel-Aron, Rainau- 
dus famulus abbatis. » 

[Cari, de Tiron, f° 78 v°.) 

GXIII. 

Don de cent sous de rente à l'abbaye d'Asnières. 

« De centum solidis. » 
(1129 circa.) 

« Ego Ghotardus, cum filiis et Béatrice uxore mea, congregationi 
Tironis , salutem : Hoc scire debetis me donasse in unoquoque anno , in 
mediomarcii, scilicet Wfillelmo] abbati et fratribus, centum solidos, 
pro anima mea et uxoris mee et fîliorum meorum, concedente Ansterio, 
Petro, Wfillelmo] fîliis meis. Testes sunt : W[illelmus] de Rocha, Cros- 
lebois, Girbaudus, Boerius, Gaufridus de Galleto. » 

(Car t. de Tiron, f° 78 r°.) 

[ { ) Il faut sans doute lire U29 ; car Henri I er , roi d'Angleterre, était mort le 3 décem- 
bre 1135, et Louis le Gros, fils de Philippe roi de France, mourut le 4 or août 1137. La 
date de la fondation de T abbaye d'Asnières est généralement reculée jusqu'en 1134; 
nous voyons qu'elle doit être reportée à quelques années plus haut. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. i:;;, 

GXIV. 

Don d'une maison à ï abbaye d' Asnières. 

(1129 circa.) 

« Jacobinus , armig^er Gotardi , concessit domum suam confratribus 
Sancte-Marie de Tirone ( 1 ), per manum domni Giraudi, pro redeni|)- 
tione anime sue, et hoc post obitum. Istis videntibus : Simone sacerdote, 
Gesario sacerdote , Pag^ano diachono, Wfillelmo] subdiachono, Ra^i- 
naldo subdiachono, Pipino Rufo, et fîlio, et multis aliis, » 

(Cari, de Tir on, f° 78 v°.) 

GXV. 

Confirmation des possessions de V abbaye à Villandon. 

« De Villa- Ande. » 
(1129 circa.) 

« Guiburg*is et Ricardus fîlius ejus, et fîlii Ricardi Adam et Ste- 
phanus, et alter fîlius nomine Robertus ex concubina, et avunculi 
ejusdem Ricardi Goscelinus atque Gaufridus de Monasteriis, et uxores 
eorum et fîlii eorum concesserunt monachis de Tyron terram de Villan- 
don quam Guillelmus de Choes eis dederat( 2 ), et manibus suis fîrmave- 
runt, videntibus et audientibus leg*itimis testibus. Guiburgis concessit e\ 
fîrmavit in domo sua que est in Einvilla , coram testibus istis : Garino ca- 
pellano, Simone fîlio Hervei, Ysembardo fabro , Fulcherio fratre ejus, 
Michaele salinario, Durando de Dordenc, Huldierio molendinario , Gadi- 

( *) Cette désignation de Notre-Dame de Tiron peut tout d'abord paraître assez étrange; 
car jamais l'abbaye de Tiron ne fut consacrée à la Sainte- Vierge. Il n'est pas ques- 
tion ici de l'abbaye-mère , mais bien de l'abbaye d'Asnières , qui était en effet sous le 
vocable de Notre-Dame. 

( 2 ) Voir supra, charte XCVII. 



136 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 



britone, Stephano de Telle, his signis : f Guiburgis, f Ade, f Roberti. 

» Ricardus et uxor ejus Havis et fîlius ejus minor concesserunt et 
firmaverunt in ecclesia Sanctorum-Nicholai-et-Leobini de Proevilla, 
coram testibus istis : Gaufrido de Monasteriis , Odone de Rrainvilla , 
Ricardo de Malobuixon et Gauterio. f Sig*num Ricardi. f Signum uxoris 
ejus Havis. f Signum Stephani, filii ejus. 

» Goscelinus, avunculus Ricardi, et uxor ejus Helisabet et filii ejus 
Hus*o, Petrus, Amalricus, Robertus et filia Juliana concesserunt et fir- 
maverunt in domo ejusdem Goscelini de Freeinvilla. f Signum Gosce- 
lini. f Signum uxoris ejus Helisabet. f Signum Hugonis primogeniti. 
f Signum Pétri, f Signum Amalrici. f Signum Roberti. f Signum Ju- 
liane. Presentibus testibus : Stephano, Herveo, Rainaldo, Johanne, 
Rainerio. 

» Guiburgis et Ricardus fîlius ejus, et Goscelinus, avunculus Ricardi, 
habuerunt pro isto consensu septem libras carnotensis monete , Guibur- 
g*is quinquaginta solidos, Ricardus, fîlius ejus, quinquagûnta solidos 
et xii denarios, Goscelinus xl solidos. Tali pacto ut si quis ex parentibus 
eorum calumpniam intulerit, Ricardus et supradicti liberam et immu- 
nem ab omni calumpnia faciant. » 

(Cart.de Tiron, f° 17 r°.) 

GXVI. 

Don d'une vigne à Conte, d'une dîme à Marboué et d'une maison 

à Châteaudun. 

« De vinea Connie et de domo Castriduni. » 
(1129 circa.) 

« Noverint fidèles cuncti présentes atque futuri quod domina Rlanca 
de Menberolis( 1 ) dédit monachis Tyronis unum agripennum vineeapud 



(*) Nous avons déjà rencontré Blanche de Membrolles dans la charte ÇIX, où elle 
est désignée comme mère de Helgodus de Membrolles et où elle abandonne à Payen de 
Frouville une charmée de terre à Lésanville , et la quatrième partie d'un four qu'elle % 
possédait à Châteaudun. 



GHARTULARIUM DE TIRONE. i::: 

Gonniam, et decimam suam de Marboe, et domum suam de Gastriduno, 
post mortem Gaufridi nepotis sui. Quod concessit Engelanlus de Gavil- 
lana-villa et uxor ejus et filii eorum Guillelmus et Robertus atque Gau- 
fridus, et filie eorum Erenburg'is et Ascelina ; pro qua concession»' pre- 
dicta Blanca concessit supradicto En^elardo et heredibus suis emptio- 
nes suas de Gonnia et de Marboe. Unde sunt [testes] : Gauterius Maria. 
Rog^erius Barbatus, Gaufridus famulus, Garinus Bidois, Lanilxrlus, 
Robertus clericus Blancbe. » 

{Cari, de Tir on, f» 24 v°.) 

GXVII. 

Echange de terre à Choudri et à Auvilliers. 

« De Chol&ri. » 
(1120 circa.) 

« Notifîcetur omnibus quia Pag^anus de Froovilla (*) très carrucatas 
terre ad Orviler et ad Cheldrei monacbis Tyronensibus mutuavit pro ele- 
mosina Helgonis de Menberolis( 2 ), pro terra videlicet unius carruce quam 
babebant ad Leisenvillam et pro terra Roberti Bofigni ( 3 ) de feodo et de 
proprio quam habebant ab illo ad Leisenvillam, et pro quadrante furni 
domine Candide quem eis dederat in elemosinam , libère fîdeliterque 
defensurus contra omnes invasores, fîdejussore Ursone de Fractavalle 
ut, si Pag'anus mortuus fuerit, pueri ejus, i cl est heredes , ejusg'aivn- 
tabunt terrain contra omnes calumpniatores , atque omnia dampna res- 
tauranda promittente. Hujus rei testes sunt : Adam clericus, Hugo 

I 1 ) En 1139, Payen de Frouville fut témoin d'une transaction passée entre Ursion de 
Meslay et le Chapitre de Chartres. 

( 2 ) Voir supra,, charte CIX. 

( 3 ) Robertus Bofigni et Helgo de Memberolis sont évidemment les mêmes qui sont dési- 
gnés dans la charte CIX sous les noms de Helgodus de Memberolis et de Robertus Bofi- 
gnon. Un peu plus bas, le nom de Blanche de Membrolles est latinisé et devient 
Candida de Memberolis. 

t. i. 18 



138 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

fîlius Girbaldi, Gofînus, Hilarius, Bartholomeus. Omnis conventio ista 
factaest, concedente Gaufrido vicecomite, de cujus feodo est, et Hel- 
visa uxore ejus, et Pagano fîlio et fîliabus ejus Alpes et Helvisa. Et quia 
concesserunt vicecomes et sui , testes sunt : Urso de Fractavalle , Ma- 
theus Rufus, Gaufridus de Monte-Folet, Odo Agnus, Rainaudus de 
Secureio, Reimmundus Angotus, Hugo fîlius Gisbaldi, Jheremias de 
Monte-Garnerii , Forrerius, Stephanus de Novio , Gauterius talamera- 
rius, Hugo Viator, Ascelinus Lupellus, Mauritius Brito, Radulfus 
Sirot (*), Adam clericus, Bartholomeus. 

« Et ubi Pag*anus de Frode villa tradebat abbati Tyronensi et mona- 
chis terrain de Cheldri et Orviler affuit Girardus Diabolus , qui eoncessit 
eam monachis sine calumpnia, scilicet medietatem de Orviler et me- 
dietatem de Cheldri, excepto uno osiez apud Cheldri et tanto terre quod 
tribus modiis seminari possit apud Orviler de terra communi ; hec 
enim plus habet monachis. Et osiez de Pireio eoncessit Paganus de 
Froevilla monachis , et dua trusta terrç que fuerunt defuncti Hugonis 
de Menberolis. Hujus rei sunt testes : Horricus abbas de Cistels(*), et 
Fulcherius de Menberolis, et Goffredus frater ejus, et Ascelinus Lu- 
pellus, et Girardus de Pireio, et Bernardus mediator Girardi Diaboli, 
et Medardus et Girardus famuli monachorum , et Rainaudus. 

» Hoc idem mutuum concesserunt Frodo et Odo, fîlii ejusdem Pagani 
de Frovilla, et fîlia ejus Godeheldis, atque Pagana ejusdem uxor, 
cujus conjugii erat, apud Fractamvallem. Infantes vero illius Pag*ani 
habuerunt inde unum denarium, quem dederunt eis monachi propter 
intersignum ad nuces emendas. Hujus concessionis sunt testes : Gui- 
mundus famulus Raginaldi prepositi de Tyrone , et Radulfus famulus 



(*) Mauvaise leçon du Cartulaire; c'est certainement Radulfus sutor qu'il faut lire : 
cependant nous citerons, à titre de curiosité, Ricardus Sirot qui, vers 1180, avec 
d'autres pêcheurs de Saint-Marcouf , s'engage à payer aux moines de Saint-Sauveur-le- 
Vicomte un sou par gros poisson qu'il prendrait , unum solz in omnibus crassis piscibus 
quos ceperit. 

( 2 ) Il n'est pas question ici de la célèbre abbaye de Giteaux, mais de celle de l'Au- 
mône ou du Petit- Citeaux, qui venait d'être fondée en 1121 par le comte Thibaut IV 
dans la forêt de Marchenoir. Horricus ou Ulric fut le premier abbé de l'Aumône : il fut 
envoyé de l'abbaye-mère par l'abbé Etienne, et bénit en 1121 par l'évêque de Chartres, 
Geoffroi de Lèves. 



CHARTULAKIUM DE TIRONE. 139 

Hugonis monachi, prioris de Menberolis( 1 ), ex parte monachorum . 
ex parte Pagani : Guillelmus, Hugotus et Ghristianus Savagius; et ex 
parte femine : Bigota, uxor Rainaudi Angot, et Richeldis, cameraria 
ejus. » 

[Cari, de Tiron, fo 29 v°.) 

GXVIII. 

Accord entre l'abbaye de Tiron et le prieuré de Saint-Denis de 

Nogent-le-Rotrou. 

« De Noiomio. » 
(1129-30, 24 janv.) 

« In nomine Domini, noverint omnes christiane professionis pro 
certo quod Bernardus, prior de Noiomio, post mortem Guicherii prio- 
ratum suscepit , et alii fratres concesserunt monachis Tyronensibus, 
pro Dei amore et ro^atu Rotroci comitis , decimam de Veteri-Tyrone , 
de terra scilicet que tune plana erat et in dominio eorum laborata. 
Concesserunt etiam eis eodem modo decimam de campo qui est in par- 
rochia de Belleinvilla , juxta stagnum, inter viam que ducit ad Ferre- 
riam et viam que ducit ad monasterium eorum , et decimam de vinea 
que est post dormitorium , et de orto inter vineam et aquam , et de terra 
que est post vineam inter viam que ducit ad Gastridunum et Tyronen- 
sem fïuvium. Et Rotrocus cornes et Tyronenses monacbi, abbas videli- 
cet et alii , concesserunt monachis Beati-Dionisii donum habere in pace 
quod Robertus Judas fecerat Beato-Dionisio et monachis ejus ( 2 ), et 

(*) Comme on le voit, l'abbaye de Tiron possédait un prieuré à Membrolles, dont 
les terres de Choudri et d'Auvilliers formaient la principale dotation. 

(•) Nous trouvons en effet dans le Cartulaire de Saint -Denis de Nogent que Robert 
Judas, neveu de Georges Fortin, avant de partir pour l'Espagne avec le comte Rotrou, 
c'est-à-dire vers 1118, avait donné au prieuré de Saint -Denis « très agripennos terre 
ultra Joniam fluvium contiguos terre eorum, et areas molendinorum suorum et suam 
terrant circa très areas. » 



140 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

posuerat super altare per tabulam in qua brevia scribuntur, multis 
videntibus , antequam iret in Hispaniani cum Rotroco comité ( J ) , quia 
regressus de Hispania idem Robertus fecerat idem donum Tironensibus 
monachis et posuerat super altare eorum, et inde erat quedam contro- 
versia inter utrosque monachos. Hec autem concessio ea conditione 
facta est ne alii ultra super alios aliquid capiant de redditibus eorum. 
Hec carta autem, ita scripta et concessa, fuit lecta in capitulo Reati- 
Dionisii, nono kalendas februarii, anno ab incarnatione Domini 
M GXX° IX°. Gujusrei sunt testes : Gatho de Vicheriis; Hugo de Sep- 
tem-Fontibus ; Odo de Guria ; Girardus , famulus abbatis Tyronis ; 
Guillelmus Male-Nutritus ; Fromundus Turmellus ; Gauterius , filius 
Herardi ; Petrus de Furno; Medardus, famulus monachorum Tyronis ; 
Garinus , sacerdos , filius Aalardi de Mauritania ; Lambertus , fîlius 
Gauterii de Mou ; Vivianus de Stabulo ; Robertus de Margam ; Cado- 
rellus; Paganus coquus ; Gauterius Trusanum. » 

( Cari, de Tiron , f° 5 v°.) 

GXIX. 

Don de la terre de la Malaise. 

« De Malesees. » 

(1130.) 

« Quod ad multorum notitiam pervenire congruum duximus, litte- 
rarum monimentis mandare provida deliberatione decrevimus. Noverint 
ergo tam présentes quam futuri quod Gauterius , qui vocabatur Pa- 

(*) Rotrou était cousin-germain d'Alphonse VI le Batailleur, roi de Navarre et d'A- 
ragon, fils de don Sanche et de Félicie de Roucy, sœur aînée de Béatrix, mère du 
comte du Perche. Il fit plusieurs expéditions en Espagne pour prêter son aide contre 
les Maures au roi d'Aragon. Celle dont il est ici question doit être rapportée à l'année 
1118: Rotrou s'y couvrit de gloire; il fut créé par le roi seigneur de Tudéla et reçut, 
en récompense de ses services, une partie de Saragosse, avec plusieurs châteaux et 
de nomhroux domaines. 



CHARTULARIUM DE TIBONB. 1,1 

garnis (*), filins Richerii, dédit monachis Tyronis omnem terrain de 
Malesees ( 2 ), quam tenebat a domina Aubereia el a domno Roberto de 
Belleinvilla, concedente fîlio suo Goferio et uxore sua Aalesde. Ilnjus 
rei testes sunt : Hugo de Miellé; Guillelmus, frater ejus ; Richerius de 
Sancto-Yictore ; Rainaudus, nepos Pagani filii Richerii ( 3 ). Postea vero 
Robertus de Belleinvilla concessit rrionacliis de Tyron suain partem 
cjusdem terre, quam dederat Paganus filius Richerii. Hujus rei testes 
sunt : Odo, sacerdos de Hargenviler) Guillermus, cementarius, de Sancto- 
Leobino ; Benedictus de Maleseis. Hoc autem factum est anno ab incar- 
natione Domini millesimo centesimo tricesimo. » 

[Cari, de Tiron, f° G r°.) 

( ! ) Comme on peut le reconnaître par les pièces publiées clans ce Cartulaire, le surnom 
de Pagamis était fort commun au XII e siècle, si commun qu'il devait avoir une signi- 
iication particulière. Voici l'interprétation qui nous paraît la plus vraisemblable: Pa- 
ganus est un dérivé de pagus , comme notre mot paysan est un dérivé de pays. Paganus 
peut donc se traduire par paysan , mais avec une acception autre que celle possédée par 
ce mot aujourd'hui. Le paysan du XII® siècle était celui qui possédait dans le pays: 
nous pensons donc que tous les individus surnommés Paganus étaient des roturiers 
ayant acquis de riches domaines non fieffés. Ils n'avaient pas ainsi le droit de prendre le 
titre de leurs terres, et cependant le vulgaire qui ne pouvait les confondre avec les gens 
de mince fortune leur donnait le surnom de Paganus, pour indiquer qu'ils étaient pro- 
priétaires du pays ou plutôt d'une partie du pays. C'est ainsi que Girard , en la charte XII , 
est dit paganus Barzilliarum , Girard paysan de la Bazillière ; le père de Barthélémy de 
Vendôme, un des plus opulents propriétaires du Vendômois, s'appelait Gauterius 
paganus de Vindocino : son fils Barthélémy prit rang dans la noblesse et laissa tomber 
le surnom do Paganus, tandis qu'un autre fils Gautier, qui vivait bourgeoisement à 
Vendôme, le conserva pendant toute sa vie. 

(') La terre de la Malaise appartenait en effet entièrement à l'abbaye de Tiron, sauf 
la garenne qui avait été réservée au seigneur. Dans un aveu de 1407 , rendu par Gauvin 
de Dampierre , à cause de Marie de Poislay , sa femme , à Tuault de Châteaubriant , 
seigneur de Longny , du Saussay et de Bretoncelles , on trouve parmi les objets avoués : 
« Item la garenne de Malèzes contenant en bois et en garenne dix-huit arpens ou cn- 
» viron , et toutes les bestes sauvaiges qui sont audict boys. » 

( 3 ) La première partie de cette charte est la répétition de la charte n° XCI, qui est 
datée de l'annéo 1 128 : elle doit donc être reportée à cette année. Cependant nous de- 
vons- faire observer qu'antérieurement à cette époque, Payen, fils de Richer, avait déjà 
donné la terre de la Malaise à l'abbaye de Tiron, puisqu'on 1117 (voir eh. XI) Robert 
de Blainville confirme ce don. 



142 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

GXX. 

Vente à l'abbaye de prés en la paroisse de Condé. 

« De Boine pratis. » 
(1130.) 

« Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris quod Odo, fîlius 
Hugonis de Boinne, et mater ejus Osanna vendiderunt monachis de 
Tyronio m a arpenta prati ad Boigne, non longe a fluvio Hyenne. Hoccon- 
cesserunt sorores Odonis , Beatrix et Deelina et Hildeburgis et Ligardis 
atque Helois. Factum est hoc anno ab incarnatione Domini MGXXX . 
Hoc concessit Rotrocus cornes. Hujus rei testes sunt : Garinus Ga- 
preolus; Juliana, soror comitis ; Radulfus; Robertus de Moteia; Gastho 
de Vicheriis ; Odo de Guria ; Paganus Gingalois ; Blancardus de Ruc- 
toria; Radulfus Malfetun. Sig*num Odonis f. Signum Osannef. Signum 
Deeline f. Sigmim Hildeburgis f. Signum Leg*ardis f. Signum 
Helosse f . 

{Cart. de Tiron, f° 9 r°.) 

GXXI. 

Don des terres de Villequoy et de Puerthe. 

« De Pesovilla. » 

(1130.) 

« Notum sit omnibus quod Petrus de Spesovilla concessit monachis 
Tyronis terram Ville-Galli ( 1 ), sicuti eam probavit Guiternus de Pataico 
sicuti monachi ruperant , et aquam ; necnon dédit eis boscum qui est 

( * ) La possession de la terre de Villequoy donna lieu à de nombreuses contestations 
au XII e siècle. En 1164, Pierre de Péronville , du consentement d'Eudes Bourreau, son 
seigneur féodal, engagea, moyennant 40 livres, au chapitre de Sainte- Croix d'Orléans 
tout ce qu'il possédait à Villequoy. Malgré cet engagement qui ne paraît pas avoir été 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 

in medio terre. Iterum concessit eis terram de Pertis, sicuti dividitur, 
et in illa terra terram propriam ad domos suas faciendas, ad grangiam . 
ad virg*erium et ad hortum, et quendam arpentum ad plantandam 
vineam, et rosellum aque (*), et herbam. Si vero hanc terram supra- 
(lictam de Pertis Petrus adversus Pag*anum et Guiardum Trobel ad- 
quirere poterit, erat enim tune tempôris controversia inter Petrum et 
illos duos fratres supradictos, reddent monachi Petro medietatem ter- 
ragii, et, terragîo delato a monachis in grangiam eoruni e\ trito, \oca- 
I mut monachi Petrum vel famulum illius, eoque vidente, uno famulo 
monachorum dante fîdem suam et uno monacho teste, défèrent mo- 
nachi partem Pétri in domum suam Speso ville ; partem vero Pétri loi - 
ragii marcische servabunt monachi in grangiam suam usque ad Pas- 
cha. Si vero Petrus et hères ejus terram illam alicui concesserint, hanc 
convenientiam monachis ab illis concedi facient. Monachi autem non 
eapiont neque accipient scientes terram que sit Pétri vel heredis ipsius 
• I de feodo ejus, sine ejus consensu. Similiter Petrus vel hères ejus non 
invadent scientes neque facient calumpniam super aliquam terram 
monachorum adquisitam vel adquirendam , nisisuijuris fuerit. Mona- 
chi tantum Spesoville habent piscaturam suam in aqua. Hecomnia con- 
cessit Hersendis, uxor ejusdem Pétri, etHubertus filius ejus, et Jaque- 
lina soror ejus. Hujus rei testes sunt : Garinus de Monte-Poncerii et 
ïeodericus filius ejus ; Garinus de Secorelio ; Hubertus de Vilers, fores- 
tarius ; E071, faber de Basochiis ; Valerianus ; Bernardus, filius Gauterii 
Sorel ; Rainaudus et Girardus, famuli domini Guillelmi abbatis. Hoc 
autem factum est anno ab incarnatione Domini MGXXX. Sig*num Pétri y. 
Sigmim Hersendis f . Sigmim Huberti f . 

« De dimidio arpento vinee et de dimidia domo. » 

» Hubertus donat dimidium arpentum vinee et dimidiam domum 
monachis de Tijron , concedentibus istis : Benedicto , Roberto , Hilderio , 

retiré , le fils de Pierre, Hubert, prétendit avoir droit de justice sur les hôtes de Yillequoy. 
En H 73, un accord intervint à ce sujet entre Hubert et le chapitre de Sainte -Croix, 
accord qui fut confirmé en 1176 par Jean de Salisbury, évêque de Chartres. 

( i ) Les rosières étaient des marécages couverts de roseaux. Ces roseaux étaient sur- 
tout employés pour couvrir les maisons. On sait la réputation dont jouissent encore les 
rouches de la Conie. 



144 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

Gauterio, Haimone, Ricaude, Lioe, Doa, Erenburge, Hildebulge. Isti 
fuerunt testes : Fulcherius , Gervasius, Eutasius, Johannes, Herveus, 
Hugo, Gauterius, Hernulfus. 

» Illas convenientias quas fecit domnus abbas cum domno Petro de 
Spesumvilla concessit idem domnus Petrus, et Hubertus fîlius ejus, et 
uxor ejus Hersendis, etsoror ejus Jaelina. Hujus rei testes sunt : Vaslot 
de Burg*o-Novo , et Garinus de Monte-Pancer , et Garnerius armig-er 
ejus, et Hubertus de Vilers; et alios, cum res consummate fuerunt, 
mittemus. » 

( Cart. de Tlron. f° 27 v». ) 

GXXII. 

Don d'une vigne à Bray. 

« De vineis Braii. » 

(1130 circa.) 

« Notum sit omnibus sancte ecclesie fïïiis presentibus et futuris quod 
eg*o Paganus, Richerii fîlius, concedente fîlio meo Golferio, donavi in 
elemosina monachis Sancti-Salvatoris de Tyron dimidium vinee mee 
quam apud Brai habeo in perpetuo habendum , alterum mihi ipsi liac 
conditione retinens quod si illud unquam dare vel vendere disponerem, 
nulli omnino nisi ipsis monachis de Tiron, si sibi illud retinere vellent, 
darem aut venderem. Hanc vero donationem feci in foro Novig*enti, 
coram subscriptis testibus : Roberto de Moteia ; Willelmo de Chois ; Gi- 
rardo fores tario ; Teobaudo, ejusdem fîlio ; Odone de Guria; Morello, 
comitisse famulo ; Roberto Albo, et coram aliis quampluribus ipsa die 
in eodem foro assistentibus. » 
(Cart, de Tiron, f° 7 v°.) 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 



GXXIII. 



i » 



Don d' une place pour construire un moulin à Gardais. 

« De area molendini. » 
(1130circa.) 

« Stephanus de Garzeis et uxor ejus dederunt monachis de Tyron 
quandam aream ad molendinum faciendum in Garzees, concedentibus 
fîliis suis; et Girardus, avunculus uxoris ejus, et Paganus, filius Ri- 
cherii, consanguineus ejus, hoc concesserunt. » 

( Cart. de Tiron , f° 8 r°. ) 

GXXIV. 

Don de trois arpents de pré aux Prés-Morin. 

« Tria arpenta prati. » 
(1130circa.) 

« Ne noticiam lateat posterorum quod satagit cari tas modernorum, 
litterarum memorie commendavimus quomodo Drogo de Gurtolino tria 
arpenta pratorum dédit monachis de Tyron, in loco qui dicitur Pratum- 
Morini ( j ), propter vin libras dunensium, quas eis debebat, partem pro 
pâtre qui eorum monacus fuit , partem quam sibimet super accommo- 
daverant. Tali conditione quod si rehabere ipse vel hères suus voluerint, 
reddendo vin supradictas libras rehabeant , aliis dare vel quoquomodo 
dispendere nequeant, et quicquid intérim profîcui inpratis subcreverit 

( ! ) En 1563, l'abbaye de Tiron aliéna au seigneur de Thiville les prés Morin, autrefois 
de la paroisse de Margon et depuis de celle de Condé, en se réservant 2 sous 6 deniers 
de cens seigneurial. 

t. i. 19 



146 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

in elemosina fuerit. Nec reticendum quod pro censu inde reddituri sunt 
monachi, sing'ulis annis, duos solidos, et hoc concedere non distulerunt 
mater ejus Juliana et uxor ejus Haois, et fîlii ejus Robertus et Olive- 
rus, et frater suus Gaufridus. Hujus rei testes sunt : Yvo de Gaudena; 
Haimericus de Radereio ; Hugo de Peleinvilla ; Gauterius monetarius ; 
H 112*0 de Pratellis ; Guillelmus de Nuilleio ; Hemenulfus de Sancto-Vic- 
torio ; Gauterius de Peleinvilla, et quamplures, quia in foro Nongentino 
factum est. Eadem conditione qua supra dédit predictus Drog^o duos 
alios agripennos pratorum in ang*ulo de Bellaincort, pro quibus ab 
eisdem monachis accepit sexag*inta solidos dunensium , omnibus supra- 
dictis concedentibus. Uxor vero ejus inde habuit quinque solidos, fîlii 
ejus singulos solidos. Unde sunt testes : Robertus de Moteia, Ivo Gua- 
rascha, Robertus de Baslou, Rainaudus, famulus abbatis. Hoc scien- 
dum quod census non crescet. » 

{Cart. de Tiron, f° 8 v°.) 

GXXV. 

Don d'une charmée de terre à BrimonL 

« De loco de Brimont. » 
(1130circa.) 

(( Noverint omnes homines tam futuri quam présentes quod eg*o Gau- 
fridus de Sonboum (*) dedi monachis Tyronii unam carrucatam terre, in 

(') Geoffroy de Sombone (alias de Somboono), du consentement de sa femme Hilde- 
burge , de son frère Hugues et de son fils Robert, avait donné au prieuré de Saint-Denis 
de Nogent-le-Rotrou l'église de Saint-Pierre d'Happonvilliers. Quelques années plus 
tard, instimulante diabolo et quibusdam pravis consiliariis , Geoffroy voulut reprendre, 
une partie des dîmes dépendant de ladite église. Les moines le citèrent devant le 
comte Rotrou : Geoffroy présenta comme témoins deux de ses chevaliers , Payen de 
Yilleperdue et Aldric de Montdoucet; mais ceux-ci déposèrent contre lui, et il fut con- 
damné par la Cour du Comte. Il fut donc contraint de faire aux moines un nouvel acte 
de donation : cet acte fut confirmé par ses trois fils : Robert , qui reçut en récompense 
un bon palefroi que le comte Robert avait donné au prieuré, Geoffroy, qui apprenait 
alors les belles-lettres, et Gontier, qui était encore enfant. 



CHARTULARIUM DE T1R0NE. I',; 

Brimonte, uxore mea concedente Hyldeburge et fîliis mois Roberto, 
(ioherio, Gofredo, quietam et liheram sicut hactenus eam possedi, et 
oemus vivum ad edificandum et mortuum ad calefaciendum , etporcos 
ipsius domus ire in nemoribus libère et quiète. Hujus rei sunt testes : 
Guillelmus, filius Anseis , Rannulfus sacerdos, Paganus Riboth, RoIxt- 
tus de Moteia, Richerius de Planta, Robertus Flavus, Odo de Fracti- 
i>nrio, Gosbertus frater ejus, Hug*o Gauganus, Engerricus carpenta- 
rius, Odo sacerdos, Garinus de Alto. » 

(Cart. de Tiron, f° 10 r°.) 

GXXVI. 

Don d'une maison et d'an four à Chartres. 

(1130 circa.) 

« Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris quod Girardus, 
filius Ansoldi , monachis de Tyron furnum , pro salute anime sue, dédit, 
et deinde Dodo de Cruce ( ! ) domum proximam furno, que fuerat ex 
eodem patrimonio, monachis supradictis vm libras vendidit. Emptor 
autem domus hujus pro parte monachorum Aalardus Rufus ( 2 ) extitit. 

(') L'hôtel de Tiron (dit plus tard du Court -Bâton), siège de la seigneurie de l'abbaye 
de Tiron dans la ville de Chartres, était situé en la rue actuelle du Bois-Merrain, en 
face la rue dite aujourd'hui rue Marceau (anciennement du Chapelet ou au Beurre). Le 
quartier était désigné sous le nom de quartier de la Croix-aux-Moines-de-Tiron. Il existait 
en effet devant l'hôtel des religieux une fort belle croix en pierre, qui est encore au- 
jourd'hui conservée dans le jardin d'un hôtel de la rue Sainte -Même. Est-ce à cette 
croix qu'il faut attribuer la dénomination ancienne delà rue (Rue de la Croix-aux- 
Moines,.1381) et du quartier, ou ne peut-on pas la faire remonter plutôt au donateur 
même , Dodo de Cruce, mentionné dans notre charte? — En 1587, Philippe Desportes, 
abbé de Tiron, vendit à Philippe Trochon, procureur au bailliage de Chartres, moyen- 
nant 1,000 livres, « la maison du Courbaston, appartenances et dépendances d'icelle, 
» joignant par le devant au pavé du Roy qui est la rue tendant de la Croix de Tiron en 
» la place des Halles , d'aultre par derrière à la rue aulx Asnes appellée le Petit-Change, 
» d'aultre part aux hoirs et ayant cause de feu Pierre Lapoustoire. » 

( 2 ) La famille le Roux était une des plus importantes parmi la bourgeoisie char- 
traine. En 1101 , Albert le Roux est témoin d'un accord fait entre le comte Henri-Etienne 
et l'évêque de Chartres pour l'immunité de la maison épiscopale à la mort de l'évèque. 



148 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

Et sciendum quod, in diebus donni Glavini monachi Hierosolimitani, 
Aalardus ipse denarios venditori tradidit. Facta est autem hujus vendi- 
tionis fîrmitas in domo Dodonis, in qua etiam, vino vendentibus et 
ementibus dato, statuta sunt mimera concessionis , et quinque fîliis 
Dodonis, et duabus filiabus Godefredi, et quinque infantibus Odonis, 
sororibus etiam et fîliis earum statuta sunt pro eodem munera que 
postea Aalardus emptor pro monachis distribuit. Omnes igitur generis 
et familie venditorum sese constituerunt fîdejussores hujus rei, et ante 
Ansoldum, fîlium Godeschalis ( 1 ), et Stephanum Rogerii (*), Alcherium 
Aalonis, Hugo Tronellus etFulcaldus, filius ejus, testes adfuerunt, et 
Ranulfus faber et filius ejus Burgevinus, et Hubertus Asinarius, et Guil- 
lelmus , famulus Alcherii , et Radulf us pistor , et Rogerius pistor , et 
Dagobertus Aculearius et filii ejus, et Gosbertus serrarius, et Stepha- 
nus cordarius ( 3 ), et Flaaldus de Valia ( 4 ), et Robertus Gaifol. » 
{Car t. de Tir on, f° 12 v°.) 

En 1128, Adelard le Roux, dont le fils Herman prit l'habit monastique dans l'abbaye 
de Saint-Père de Chartres, est témoin de la donation de l'église de Saint-Martin- au - 
Val faite à l'abbaye de Marmoutier par le comte Thibaut. Hubert le Roux, fils d' Ade- 
lard , était prévôt de Chartres en 1138. (Voir la note de la charte CXXXII.) D'après cette 
note, on peut voir qu'Albert le Roux était le beau-père de Roger, prévôt de Chartres, 
et ce fut sans doute du chef de sa mère qu' Adelard prit le surnom de le Roux. 

(*) Godescal de Champhol et Milesende, sa femme, étaient serviteurs des seigneurs 
de Lèves. Ceux-ci les donnèrent à l'abbaye de Saint-Père, en 1107, avec tous leurs 
enfants. Anseau, le fils de Godescal, semble être devenu moine deTiron; mais il était 
en même temps un des familiers de l'abbaye de Saint -Père. En effet, à la mort du 
vidame Hugues II en 1110, enseveli honorablement en l'abbaye de Saint-Père, Miles de 
Lèves, par reconnaissance, confirma le don de ses frères, in manu Ansoldi, filii 
Godeschaldi. 

( 2 ) Etienne, fils de Roger, est le même que Etienne , prévôt de la comtesse Adèle à 
Chartres (voir la note de la charte CXXXII). 

( 3 ) Raoul, boulanger, et Etienne, cordier, sont deux des six serviteurs donnés par le 
comte Thibaut à l'abbaye en 1121 (voir charte XLV). 

( 4 ) Floaldus de Valeia confirme vers 1129 la vente d'un étal dans le cloître de Notre- 
Dame de Chartres faite à l'abbaye de Saint-Père par son parent, Gautier, fils de 
Hubert le maçon. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 149 



GXXVII. 



Fondation du prieuré d'Oisèrne. 

« De Oysesmo. » 
(1130 cîrca.) 

« Notum sit omnibus fîdelibus quocl Ansoldus, Godescalchi fîlius( 1 ), 
pro anime sue et parent uni suorum salute, dédit Deo Salvatori et mo- 
nachis de Tyriim semetipsum cum suis omnibus que habebat vel adqui- 
siturus erat apud Oysesmum , videlicet in terris, in pratis, in vineis, 
in edifîciis et in cunetis universaliter que tune temporis possidebat ibi 
vel alibi , vel adquirendo possessurus erat. Hoc autem concesserunt do- 
mina Hermentrudis et fîlii ejus Gauterius, Drog*o, Robertus, et Ivo 
nepos ejus, de quorum erat feodo. Hujus rei sunt testes : Gaufridus 
legisdoctus ( 2 ) et Robertus fraterejus, Raginaudus de Spieriis, Auber- 
lus Infans, Hugo de Free%, Mauricius Rugerellus, Guillelmus de Por- 
cberia, Halo, Hugx) filius Gisbaudi, Radulfus famulus Ansoldi, Hyla- 
rius Joculator , Rernerius fîlius Engelardi , Johannes capicerius Sancte- 

(') Voir la note 1 de la page précédente. 

( 2 ) Plusieurs des personnages qui figurent ici comme témoins faisaient partie de la 
Cour et du Conseil du comte de Chartres. Une charte de 1114 nous fait connaître la 
composition de ce Conseil. En 1114, le comte Thihaut étant en guerre avec le roi de 
France, Salomon le pannetier, qui était alors prévôt deChâteaudun, somma les moines 
de Marmoutier, de la part du comte , d'avoir à envoyer leurs hommes de Chamars de- 
vant le château du Puiset pour servir de gardes à Thibaut, ad custodiendum corpus 
comitis. Les religieux refusèrent d'obéir à cet ordre : à son retour de la guerre, Salomon 
prescrivit aux religieux d'envoyer leurs hommes au palais du comte pour avoir à rendre 
compte de leur infraction à ses ordres. Nouveau refus des religieux : Salomon fit saisir 
dix des hommes de Chamars et les envoya au comte pour obtenir d'eux satisfaction. Les 
religieux en appelèrent à Thibaut, prétendant que l'aleu de Chamars leur avait été 
donné libre de toute redevance. Le comte alors convoqua son conseil, accepit consilium 
cum familiaribus suis, cum Alberto videlicet Infante et cum Salomone preposito et cum Fro- 
mundo cellerario , convocavitque ad consilium secum optimates suos, Radulfum videlicet 
de Balgentiaco. et Gaufredum vicecomitem, Guillelmum Goetum juvenem, et Nivelonem 
de Fractavalle, et Raimbaldum Gratonem, Reginaldum de Spieriis, Gaufridum legisdoc- 
tum , Rotbertum fratrem ejus et plures alios. 



130 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

Marie; Herveius canonicus. Itaque ut de toto ad partes veniatur, pre- 
dictus Ansoldus prenominato loco dédit totam illam terram censivam , 
de qua censum reddebat Girardo fîlio Avesgoth, ni scilicet solidos et 
dimidium. 

» Non post multum temporis, predictus Ansoldus accommodavit 
Guillelmo , Tyronensi abbati , xx duas libras carnotensium , de quibus 
Tyronenses monachi emerunt quandam carrucatam terre a Gauterio 
lignario et uxore sua Rama, et fîliis ejusdem uxoris, Garino et sorore 
ejus Ysabel, quos habuit de Roberto primo viro suo, necnon et illis 
quos habuit de Gauterio, Johanne , Roberto, Maria, sine ulla retentione 
quam ibi retinuissent hi qui vendiderunt. Et quia territorium unde 
carrucata ista erat duas carrucatas terre ita communes habebat quod ab 
invicem non poterant separari , postquam unam , sicut dictum est, 
emerunt, aliam ad censum de Hugone de Praella acceperunt ; de qua 
illi Hugoni, singulis annis, pro censu x et vm solidos reddunt. Isti sunt 
testes vendite carrucate : Teobaudus Charum, Guillelmus fîlius Ligerii , 
Barbons (*), Gosfredus monetarius. Horum enim consilio precepit cornes 
Teobaudus ut fîeret coentio et vinearum commutatio , quas proinde fîlii 
uxoris Gauterii quos de Roberto habuit retinuerunt sibi pro terra que 
de illorum patrimonio[erat]. Pro terra itaque in commutatione duo 
arpenta vinearum dédit eis predictus Gauterius, arpentum scilicet de 
Falarvilla et arpentum de Stulcia. Gum supradictis vero testes sunt : 
Ansoldus teleonarius, Lambertus vigerius, Goitus, Stephanus, Hil- 
dearius, Meinardus de Gampo- Folio ( 2 ) et fratres ejus, Girardus et 

(*) Le même personnage, appelé Barbous de Sancto-Petro , est témoin de la donation 
de l'église de Saint-Martin-au-Vai faite à l'abbaye de Marmoutier en 1128 par le comte 
Thibaut: Barbou était en effet familier de l'abbaye de Saint-Père (Cart. de Saint-Père, 
p. 280 et 294). — Ce nom de Barbou, nom de baptême dans le principe, devint le 
nom de famille des descendants du personnage qui nous occupe. Les Barbous jouèrent 
un certain rôle à Chartres pendant les XIII e et XIV e siècles ; nous citerons entre autres 
Renaud Barbou, familier de Philippe le Bel et fondateur de l'hôpital des Aveugles de 
Chartres. Un des faubourgs de la ville , situé dans la censive de l'abbaye de Saint-Père , 
s'appelait, au XII e siècle, le faubourg de Barbou ; c'est aujourd'hui, par corruption, 
le faubourg des Bas-Bourgs. 

( 2 ) Mainard était maire de Champhol pour l'abbaye de Saint-Père. Sa fille , Odeline, 
était servante de Goslein, seigneur de Lèves, et celui-ci la donna, vers 1115, à l'abbaye 
de Saint-Père. 



GHARTULARIUM DE TIRONE. 1,1 

Robertus, Ricardus Muschet , Robertus Via, Alberius Bibens-Saniiaiem. 
» Notandum est etiam Gauterium, fîlium Teobaudi, pro anime sue 
sainte et antecessorum suorum, dédisse dimidiam vieariam monachis, 
quam habebat apud Oysesmum, concedente Herveo de Galardone, do- 
mino suo. His interfuerunt : Guillelmus filins Teobaudi, Guillelmus de 

I nvillerio, Holdoerius de Truncherio , Mainardus, Robertus. Girardus, 
Rng*erius, Herveius. 

» Illud etiam scripto tradendum est quod Gaufridus Brito et uxor 
sua et Galerannus frater Gaufridi dederunt et concesserunt monachis 
de Tyrum totam suam vieariam quam habebant in loco Oysesmi. Huic 
pei interfuerunt : Rainaudus de Bercheriis, Rualenus sacerdos Sancti- 
Andree, Richerius arcbidiaeonus, Aubertus de Met, Paganus dapifer 
Galeranni, Mainardus de Campo-Follo et Girardus frater ejus. 

» Hoc vero postea concessit Philippus, predictorum Gaufridi et uxo- 
ris sue fîlius , apud Oysesmum , ponentes tam ipse quam pater et 
mater ejus atque avunculus cutellum super altare ecclesie ejusdem 
loci, in sig*no concessionis. Unde sunt testes : Ansoldus fîlius Godes- 
chalci, Gauterius de Gaivilla, Guillelmus de Oysesmo et fîlii ejus Gari- 

II us et Milo, Robertus de Campo-Follo, Paganus cliens Ansoldi Godes- 
chal. Ipsi vero predicti bujus rei datores in martirologio nostro scri- 
bentur, audito uniuscujusque obitu. 

» Gunctis iterum notifîcetur quod, prece etpetitione Guillelmi, Tyro- 
nensis abbatis, Ursio de Fractavalle et fîlii ejus Nivelo et Amelinus 
concesserunt Deo et monachis de Tyrum quicquid Ansoldus Godeschal 
vel quilibet alter dederat eis de feodo suo apud Oysesmum, et Paganus 
similiter de Frouvilla, et Robertus filins ejus concesserunt eis quicquid 
ibidem datum eis fuerat de feodo suo : dicebant enim ibi se habere feo- 
dum. De utraque parte testes sunt : Paganus de Frovilla et Robertus 
filius ejus, Teodericus de Boschet, Almauricus de Firmitate, Brito de 
Sancto-Carilelpho (*), Pag*anus de Vilers, Pag-anus de Loesvilla. 

» Neminem iterum lateat quod Gauterius, Heldrerii fîlius, dédit mo- 
nachis sepedictis apud Oysesmum duo arpenta terrç, pro anime suc 
parentumque suorum remedio, retentis sibi dum taxât vin nummis d< i 

(*) Silvestre de Saint- Calais est cité parmi les guerriers qui se distinguèrent en Es- 
pagne à la suite du comte Rotrou, en 1H8. 



152 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

censu ejusdem terre, ad festum sancti Remigii. Hoc vero concesserunt 
uxor Tescia et fîlii Aimerici Ghristianus , Goffredus , et fîlie ipsius Gaute- 
rii , Hersendis, Raminardis. Hujus rei sunt testes : Robertus sacerdos de 
Gampo-Follo , Mainardus , Robertus et Giraudus fratres , Hilderius fîlius 
predicti Meinardi , Osbertus , Lambertus , Guillelmus , Garinus , Milotus 
fîlii ejus, Hilduinus, Aimericus, Galo, nepotes Hilduini. 

» Scribere etiam curavimus quod Paganus Calvus-Mus, uxore sua 
et fîlio suo Herveio concedentibus , dédit Sancte-Marie-Magdelene de 
Oysesmo agripennum terre quem Ansoldus tenebat de illo, pro anime 
sue suorumque amicorum. salute , et per unum cultellum posuit super 
altare ejusdem ecclesie donum. Inde sunt testes : Mainardus de Campo- 
Follo, Guillelmus closarius et Garinus fîlius ejus, Germundus, Martinus, 
Engerrandus de Gaesvilla, Radulfus de Sancto-Prisco. » 
(Cari, de Tir on, f° 16 r°.) 

GXXVIII. 

Vente à ï abbaye d'une terre à Villandon. 

« De Radulfo et Gilleberto. » 
(1130 circa.) 

« Quoniam primi hominis lapsu brevi constat humana natura et ad 
veritatem pervertendam falsitatemque astruendam cupiditate est prona, 
memorie futurorum tradere disponimus ut sint rata, videlicet quod 
Radulfus et Gislebertus de Umbleriis vendiderunt monachis Sancti- 
Salvatoris de Tyron quandam terram quam apud Vilandon habebant, 
concedente Rogerio Ghanardo, de cujus feodo erat ipsa terra. Item su- 
pradictus Radulfus de Humbleriis et frater ejus Gislebertus scilicet, et 
Gauterius, et Horricus, et Rog'erius vendiderunt eisdem jamdictis mo- 
nachis omnem fîscum quem jure hereditario apud Vilandum possidebant. 
Perceperunt autem sing'uli ex venditione hac x cem solidos. Concesserunt 
quippe supradictum et hoc negotium uxores et fîlii et fîlie et nepotes 
quinque predictorum fratrum : uxor autem et fîlii et fîlie supradicti 
Gisleberti sunt isti: Hersendis, Raginaudus, Gaufridus, Robertus et 



CHARTULARIUM DE TIRONK. 153 

Erenburgis et Hildeardis ; uxor vero el lilii et lili<' supradicti 
Radulfi sunt isti : Aales, et Ursonius, et Johannes, el Agnes; uxor 
quoque et fîlii et fîlie jamdicti Gauterii sunt isti : Odelina . el Raginal- 
diis, Teobaudus, Richerius, Erenburgûs et Angardis ; uxorvero predicti 
Horrici vocatur Froburgis , et filii Hilduinus et Guillelmus; uxor autem 
supradicti Rogerii vocatur Maria. Guiardus vero et Odo quinque pre- 
dictorum fratrum sunt nepotes. Isti omnes jamdicti viva voce conc< 
srnuit commercia supradicta. Testes autem istorum sunt: Herbertus, 
presbiter de Donamarie, et Gauterius, presbiterde Ermenovilla, et An- 
soldus fultrerius, et Radulfus Pifannus, et Osbernus de Geresvilla, el 
Gauterius de Garmeio, et Geroius fîlius ejus, et Fulcoius de Lonville- 
rio, et Odo de Bercheriis, et Teobaudus de Ramalai , et Herveius de 
Normannia, et Guillelmus de Sancto-Mauricio , et Raginaudus fîlin> 
Hugonis de Porta-Morardi ( 1 ). » 
(Cari, de Tiron, f° 17 v<>.) 

GXXYIII. 

* Don de trois arpents de terre à Villandon. 

« De Guidone de Ulmeto. » 
(1130 circa.) 

« Ne posteritatem lateat, stili offîcio, memorie commendamus qua- 
tinus Guido de Ulmeto et mater sua Maria, pro animarum suanun 
remedio, très ag*ripennos terre que erat apud Vilandum Tyronensibus 
monachis tribuerunt. Deinde autem Odo Craton ( 2 ), hinc ut cognatus 

(*) La famille de la Porte-Morard , qui tirait évidemment son surnom de la proxi- 
mité de son habitation avec la porte de la ville de Chartres ainsi appelée , semble avoir 
possédé de nombreux domaines à Chartres et aux environs, au XII e siècle. Ives de la 
Porte-Morard est un des plus généreux bienfaiteurs de l'abbaye de Saint-Père. 

( 2 ) Eudes Craton, avec ses frères Geoffroy, Raimbauld et Asthon, et ses sœurs Ma- 
bile et Odeline, assiste comme témoin à une transaction conclue en 1107 enta 
mère Radegonde et les moines de Chamars à Châteaudun : voici à quelle occasion. 
Raimbaud Craton avait acheté à Chamars une maison de pierre et une place à côté : les 
t. i. 20 



154 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

patrimonium, et hinc ut dominus feodum suum , eis calumpniatus est. 
Robertus, tune temporis Villandonensis domus Tyronensium prior 
existens, nolens malivolentiam et inquietationem supradicte persone 
habere, xx solidos et verrem pro concessu tribuit. Quare ille, hoc con- 
cessu habito, matrem suam Helvis, et uxorem suam Beatrit , et filium 
suum Goslenum, et fîlias suas Hermengart et Hudeart, quod concesserat 
concedere fecit. Hoc factum est Ludovico reg'e Gallie existente et Gau- 
frido Garnotensis ecclesie presule. Hoc isti testantur : Martinus et Har- 
pinus pelletarius, et Stephanussalnerius. f Sig'num Odonis. f Sig'num 
matris sue Helvis. y Sig'num uxoris sue Beatrit. f Sig'num Gosleni fîlii 
sui. f Sig'num filiarum suarum Hermengart et Hildeart. » 
(Cari, de Tiron, f° 19 r°.) 

GXXIX. 

Concession d'une terre à Prunay. 

« De terra Pruneii. » 
(1130 circa.) 

« Scriptum est hic ne oblivisceretur quod Rainaudus , fîlius Harduini 
de Andovilla , quamdam terram quam dicebat fuisse suorum parentum 
in parochia Pruneii, quam dederat Ivo de Gurvavilla monachis de 
Tyron, eisdem monachis, pro salute anime sue suorumque parentum, 
et pro uno caballo concessit et concedere fecit in eternum matri 
sue Aelai et fratri Berardo , et sororibus suis Tescie et Aelai et Rain- 
g*ardi, et nepotibus suis et neptis, scilicet Odone, Gaufredo, Radulfo, 

moines de Marmoutier réclamèrent le droit de vente sur ladite maison; Raimbaud, ne 
voulant pas payer le droit, fit construire une maison en bois sur la place qu'il avait 
achetée. Mais il mourut avant d'avoir payé ce qu'il devait à son vendeur; celui-ci ré- 
clama ce qui lui était dû à Radegonde , veuve de Raimbaud Craton , qui s'était remariée. 
Radegonde ne pouvant payer, et le vendeur refusant de lui accorder aucun délai , cum 
nolebat ei terminum dure , elle fit enlever la maison et la transporta sur un autre ter- 
rain , de platea domum eradicavit et ad catenam eam portare fecit in propria terra sua. 
Le vendeur et les moines , ainsi déboutés de leurs prétentions , accordèrent main-levée 
à Radegonde. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. I ,; 

Ernulfo, Kicardo, Hildeardi, Hersent, Hameline, Odeline, Tesce, 
Ermensent. Testibus : Johanne, sacerdote de Pruneio, et Gauterio Ber- 
bione et Bernerio suo filio, Garino Ocioso, et Odone et Bernardo si m 
nepote, Haldrico fratre Bernardi , Guillermo de Groceio, Jereio de Hai- 
munvilla, Gunterio, Ascelino et Radulfo fratre suo, Odone, Gustantio, 
ïeobaudo, Bernardo, Radulfo fîlio Gaudini , Radulfo, Rainerio, Gaute- 
rio lilio Radulfî , Bernerio, Rainardo. Factum est boc régnante Lodo- 
vico rege Francorum , et Teobaudo , consule Garnotensium , et Gaufredo 
de Leugis, episcopo Garnotensium, tempore quoque domni Guillelmi. 
ah bâtis de Tyrum. » 
(Cart. de Tiron, i° 20 v°.) 

GXXX. 

Accord entre l'abbaye de Saint- Père et celle de Tiron pour la terre 

de Bois-Ruffin. 

« Concordia inter monachos Sancti-Petri et Tyroncnses, de Meleriis. » 

(1130 circa.) 

« Ego Gaufridus, Dei gratia, Garnotensis episcopus, notum fîeri 
volo tam futuris quam presentibus quomodo terminata sit, in presentia 
nostra nostrarumque personarum, Gauterii scilicetarchidiaconi, donni- 
que Hugonis de Leugûs ( 1 ), donnique Hugonis nepotis decani ( 2 ), con- 

(') Hugues de Lèves était de la même famille que l'évêque Geoffroy. Dans une charte 
de l'abbaye de Saint-Père, il est ainsi désigné: Hugo, filins Aimericl, prepositus 
Sancte-Marie, propinquus Gosleni de Leugis. Nous l'avons vu en effet figurer comme 
prévôt, en même temps que Hugues de laFerté {Hugo, nepos decani), dans la charte de 
fondation de l'abbaye de Tiron. Il semble avoir occupé pendant quelque temps la charge 
de sous -doyen de l'église de Chartres, et il devint dans la suite archidiacre de Blois. 

( 2 ) Hugues, neveu du doyen, est le même que nous avons vu figurer comme prévôt 
dans la charte de fondation de l'abbaye de Tiron : il était le neveu du doyen Arnaud , 
et fit , avec son oncle , une vive opposition à l'évêque Ives de Chartres dans l'exercice 
de ses droits épiscopaux (Lettres aVlves de Chartres, passim). Après la mort d'Arnaud, 
Hugues lui succéda dans le décanat. Le Gallia Ckristiana ne parle pas de ce doyen; 



156 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

cessu Udonis abbatis Carnotensis ( l ) et Guillelmi abbatis Tyronensis, 
controversia quedam que erat inter monachos Sancti-Petri Garnoti et 
monachos Tyronenses déterra de Bosco-Rufîni ( 2 ). Decretum est enim 
et ab utraque parte concessum quod idem monachi Tyronenses habeant 
quatuor ibidem terre, carrucatas circumcirca domum de Mereleth ex una- 
quaque parte equaliter et prata que intra eandem terram continentur. 
Décimas vero ejusdem terre, quoniam sitaest eadem terra in parrochia 
Sancti-Leobini de Arro , monachi Garnotenses habebunt ; minutas dé- 
cimas de propriis animalibus suis Tironenses sibi retinebunt. Si vero 

monachi Tvronis ibi habeant famulos aut famulas sua ibidem habentes 

(j 

animalia, monachorum Sancti-Petri erit ipsorum animalium décima. 
Gonjugati etiam famuli Tyronensium çcclesiç Sancti-Leobini de Arrou 
que Sancti-Petri Garnoti est, parrochiani erunt ; ceteri vero ibunt quo 
voluerint. Iterum si in eadem terra Tironenses monachi medietarios 
duos habuerint , ipsi medietarii de communibus animalibus dimidiam 
partem décime reddent monachis Sancti-Petri , reliquam Tyronensibus 
monachis. Si vero ipsi medietarii propria animalia ibidem habuerint, de 
illis totam decimam dabunt Sancti-Petri monachis. Bosco autem pre- 
dicto utentur idem Tironenses prêter defensa, scilicet haias et plessi- 
cia, ad calefaciendum , ad edifîcia construenda prefate mansionis, ad 
pastum sine pasnag^io porcorum suorum et propriorum animalium. 
Testes ex parte monachorum Sancti-Petri : Moyses monacus , Robertus 
de Braiolo , Rogerius de Boesvilla , Thomas de Burseriis , Gaufridus de 

mais on lit, dans une lettre de Geoffroy, abbé de Vendôme, à l'évêque Geoffroy de 
Lèves (lib. II, ep. 30) : « Per Engonem decanum vestrum mihi mandastis. » Il devint 
dans la suite archevêque de Tours. — Hugues et Arnaud appartenaient à la famille 
de la Ferté ; c'est ce que témoigne une charte donnée par l'évêque Geoffroy à l'abbaye 
de Saint-Père , charte dans laquelle Hugues , prévôt de Notre-Dame, est désigné comme 
le frère de Guillaume de la Ferté : « Rogaverunt me Willelmiis de Firmitate et [rater 
ejus Hugo , prepositus ecclesie nostre. » Cette charte fut passée « in caméra Enwldi, 
avunculi dicti Willelmi , decani nostri. » 

(*) Udon, abbé de Saint-Père-en- Vallée, succéda à Guillaume vers 1130. Il mourut le 
6 septembre 1150. 

( 2 ) Ursion de Fréteval avait donné vers 1120 à l'abbaye de Saint-Père la terre de 
Bois-Ruffln avec le bois qui en dépendait, à l'exception de deux charmées de terre que 
Jérémie de l'Ile avait précédemment données à l'abbaye de Thiron , avec six arpent? 
de bois. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. ir>; 

Arro (*), Gaufridus famulus;ex parte vero Tironensium : Goslinus epis- 
copus Suessionis ( 2 ), Gauterius archidiaconus, Bernardus capiceri us, 
Hainaldus monachus suus , Johannes monachus suus. » 

(Cart.de Tiron, f°35 v°.) 

GXXXI. 

Confirmation d'une terre à Lièvreville. 

« De Maria de Levrevilla. » 
(1130circa.) 

a Omnibus per orbem fidelibus notum sit quod Maria do Levrevilla, 
et Hugo fîlius ejus, et Ansoldus frater Marie concesserunt Deo Salvatori 
el rcclesie et monachis de Tyronio terram quam eis dederat Gaufridus 
Tyrot, fîlius predicte Marie, quando eum monachum fecerunt, scilicet 
duas bovatas terre apud Levrevillam et alias duas bovatas terre , eum 
eodem vavassore qui illas duas bovatas de eodem Gaufrido tenebat 
apucl predictam villam , qui vocatur Primaudus. Sed et hoc concessit 
Bardulfus et uxor ejus Helvis , pro qua concessione acceperunt ab eis- 
dem monachis quinquag^inta quinque solidos carnotensium. Hec autem 
facta sunt apud Carnotum, in capella Tyronensium monachorum, in qua 
predicti omnes concessores super altare ejusdem capelle, in signo conces- 
sionis, librum posuerunt. Unde sunt testes hii monachi : Stephanus cel- 
lerarius, Gosbertus, Rainaudus Calvus; hi laici : Guillermus de Cella( 3 ), 

(*) Geoffroy d'Arrou avait reçu de Guillaume, abbé de Saint-Père, la mairie de 
Bois-Buffin : c'est à ce titre qu'il figure comme témoin dans cet accord. 

( 2 ) Gosselin de Vierzi, évêque de Soissons, de 1126 au 24 octobre 1152. 

( 3 ) Dans une charte de l'évêque Geoffroy en faveur de l'abbaye de Saint-Père vers 
1120, Guillaume de la Celle est désigné comme prévôt de Chartres, urbis prefectus. Si 
l'on doit entendre par le préfet de la ville le môme que le prévôt, nous ne pensons pas 
que Guillaume de la Celle ait longtemps possédé cette fonction. Nous savons en effet 
que Roger était prévôt de Chartres à la fin du XI e et au commencement du XII e siècle. 
Il eut trois fils: Etienne, qui lui succéda dans la prévôté et que nous rencontrons fré- 
quemment, Anseau et Adelard surnommé le Roux, Adelardus Rufus. Ce dernier eut 
pour fils Hubert le Roux, qui semble avoir succédé presque immédiatement à son oncle 
Etienne. Voir la note 2 de la charte CXXVI. 



158 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

Radulfus aurifex (*), Radulfus faber, Petrus fîlius ejus ( 2 ), Bernerius 
Truella, Richerius Coconerius, Girardus de Tachelvilla , Stephanus de 
Burg*o, Primaudus, Goslenus Gastellarius , Cotardus nepos Guillelmi 
de Gella. » 

[Cart. de Tiron, f° 21 r°.) 

GXXX1I. 

Don d'une terre à Argentelle près le prieuré d'Augerville. 

« De Ogervilla. » 
(1130circa.) 

« Notum omnibus sit tam futuris quam presentibus fîdelibus quod eg*o 
Stephanus , capellanus de Puteaco , et fratres mei Teobaudus et Ansol- 
dus atque Milo vendidimus monachis Tyronensibus totam terram alodio- 
rum nostrorum quam habebamus apud Argentelam prope domum mo- 
nachorum de Ogeri villa ( 3 ), tali videlicet pacto quod si de terra illa ali- 
qua calumpnia orta fuerit , predicti monachi intègre decimam nostram 
quam habebamus in terris eorum, videlicet de Og^eriville possidebunt 
jam donec dicta calumpnia terminetur. Habebamus enim in predicta 
Og'eriville terra quartam partem decimarum , de qua emptione habui- 

(*) Radulfus aurifex doit être le même que Radulfus monetarius mentionné charte 
CI. 

( 2 ) Nous croyons reconnaître dans ce Petrus, filius Radulfi. fabri, le Petrus faber 
qui apparaît comme témoin dans plusieurs chartes et qui est indiqué comme frère de 
Hubertus Sale. 

( 3 ) Le prieuré dont il est ici question était certainement situé à Augerville-la-Rivière, 
aujourd'hui commune du canton de Puiseaux. Puteacum doit donc s'entendre pour 
Puiseaux , et non pas le Puiset , comme on le traduit habituellement. Louis-le-Gros , à 
la sollicitation de l'évêque Ives de Chartres, avait fondé en 1112 à Puiseaux une abbaye 
où il avait établi douze chanoines réguliers de l'ordre de Saint- Augustin, mais l'année 
suivante, 1113, le roi, ayant fondé l'abbaye royale de Saint- Victor-lès-Paris, donna à 
ce nouveau monastère la ville de Puiseaux , et dès lors l'abbaye de Notre-Dame de 
Puiseaux devint un simple prieuré dépendant de Saint- Victor. Nous pouvons considérer 
Etienne, chapelain de Puiseaux, comme le premier possesseur du prieuré. 



GHARTULARIUM DE TIRONE. iv, 

mus sexag'inta solidos in remanentia et sexaginta mutuo, quos in 
proxima persolvamus festivitate sancti Rcmigii. Inde sunt testes : Gos- 
Imus archidiaconus, Guillelmus Boslenus, Guillelmus de Groceio, Ste- 
phanus de Aureliani, Aucherius fîlius Aalum, Petrus faber, Sale, Lam- 
bertus cordarius, Gauterius sellarius, Ysenbardus de Auberiis, Maine- 
rius Dagoberti , apud Carnotum, in aula episcopi. Sed et hoc concessc- 
runt apud Ogervillam filii Teobaudi Gillebertus et Robertus atque 
Haimericus, et fîlii Ansoldi Garinus et Ernaudus, et Milesendis filia, 
el filii Milonis Odo et Herbertus atque Stephanus, et Erenburgis el 
Legardis fîlie. Unde sunt testes: Guillelmus et Guillelmus Normanni, 
Garnerius de Ferreria, Amalricus de Galarclum, Paganus de Pruneio, 
Goscelinus et David et Britellus, omnes famuli monachorum. Hoc idem 
apud Carnotum concesserunt hii : Gaufridus, clericus, fîlius Ansoldi; 
Kadulfus , fîlius Envani , nepos noster. Inde sunt testes : Hugo fîlius 
Hugonis de Gurvavilla, Aubertus de Ulmeto, Guillelmus de Ceres, Hu- 
bertus Sale, Ernulfus famulus. Hujus rei fîdejussores sunt: Robertus 
de Tuvilla et Guillelmus de Groceio atque Stephanus de Aureliani. Sed 
ei de Lx ,a solidis mutuo acceptis fîdejussores sunt predicti fratres Teo- 
baldus et Ansoldus atque Milo, et etiam fîde sua fîrmaverunt quod in 
proxima festivitate sancti Remigii persolverentur. Unde testes sunt : 
Gaufridus clericus nepos Bosleni , Garinus Burdum, Ernulfus famulus, 
Hubertus Sale. » 

(Cart. de Tiron, f* 22 v°.) 

GXXXI1I. 
Don d'une terre à la Malaise. 

« De Malesees. » 
(1130 circa.) 

« Notum sit omnibus fîdelibus quia Goscelinus de Mungervilev et uxor 
ejus, Alberica nomine, et Guillelmus, fîlius Guillelmi filii Mascelini, 
dederunt terram de Malesees monachis de Tyron, juxta stagnum. Hoc 



160 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

concessit Ysanna fîlia Alberice , et fîlia Ysanne nomine Maria , et uxor 
supradicti Guillelmi Amelina( 1 ) nomine, etRobertus fîliusejus. Necnon 
et hoc donavit et concessit soror hujus supradicti Guillelmi qui hoc 
donum fecit, que tune temporis egrotabat. Sed maritus ejus, postquam 
ipsa mortua est : calumpniatus est, et exinde quia concessit tria sexta- 
ria annone habuit. Hoc autem donum concessit Nivelonus ad cujus feo- 
dum pertinet, et quicquid donatum fuerit eis in Malesees. » 

( Cari, de Tiron , f° 6 r°. ) 



CXXXIY. 

Accord entre le vicomte de Châteaudun et le prieuré de 
Bouche-d' Aigre pour deux moulins sur l' Aigre. 

« De molendinis de Risu-Bovis. » 
(1130 circa.) 

« Noscat universalis eeclesia quod Gaufridus, Gastriduni vicecomes, 
et Tyronenses monachi de Risu-Bovis ( 2 ) duo super Ogriam , in terra 
ipsorum monachorum, nova construxerunt molendina, quç deinceps in 
omnibus per médium inter se haberent communia, in piscibus scilicet, 
in farina, in ponendo molendinario , in annona et in reditibus univer- 
saliter omnium que lucratum fuerit molendinum, et sicut illa debent 
habere communia , sic pariter invenire debent quecumque molendino- 
rum usibus erunt necessaria , excepto quod vicecomes solus , sine mo- 
nachis, débet invenire merramentum quotiens molendina renovanda 
erunt, vel aliquid in eis de lig-no reparandum. Nec illud silendum est 

(') Ameline était la fille d'Adèle Filoche qui, après avoir épousé Gautier Payen, se 
remaria à Robert de Blainville. 

( 2 ) Le prieuré deRibœuf est assurément le même qui fut plus tard désigné sous la 
dénomination de prieuré de Bouche -d'Aigre. — Un de nos confrères, M. Gillard, 
possède la matrice du sceau de ce prieuré au XIII e siècle. Ce sceau ovale représente 
dans le champ saint Jean et saint Paul , patrons du prieuré , et porte en exergue : 
* S . CONVENTUS . DE . BUGA . UGRIE. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. Hil 

qaod vicecomes totam terre sue moltam (*) quam illis partibus noscitur 
habere, seu quacumque causa poterit acquirere , ad predicta molendina 
faciet venire, et predicti monachi suam propriam habebunt. » 

{Cart. de Tiron, f° 23 r°.) 

GXXXV. 

Constitution de dot par Etienne Payen à sa fille Adélaïde. 

« DeNeronio. » 
(1130 circa.) 

« Notum sit omnibus hominibus tam futuris quam presentibus quod 
Stephanus cognomine Paganus, cum fîlia sua, dimidium hereditatis 
sue atque conjug*is in leg^ali conjugio attribuisse fertur Roberto, filio 
Ascelini Pagani : reliquam vero partem sibi remanentem potest vendere 
vel in vadimonio mittere, vel pro anima sua atque parentum suorum, 
sine calumpnia eorum , alicui ecclesie dare ; post decessum autem Ste- 
phani Pag^ani , si uxor ejus Roscha post eum vixerit, tali modo potest 
facere. Hujus rei vero Robertus et uxor ejus Adelaisfîdem suam coram 
Deo et sacerdote atque populo promiserunt calumpniam sibi non inferre, 
sed si retinere potuerint fîlium atque fîliam suam non exheredet. Ro- 
bertus quidem terram Panis-Gocti cum centum solidis dédit ei sub no- 
mine dotis, fueruntque fîdejussores, ex parte Roberti : Robertus Cholet, 
Petrus Brito, Villana, Avelina, Haois, Otran , Sothan , Guido, Paganus, 
Gosbertus, Hugo de Chalet, Fulcaudus, Gauterius, Gunterius, Pucar- 
dus de Chancei, Petrus de Luriaco ; ex parte vero Pagani : Galeran de 
Mestenon, Teodericus, Hubertus, Og*erius, Gervasius major , Albericus, 

( 1 ) La monte était le droit qu'on payait au seigneur pour faire moudre son grain au 
moulin banal ; ce droit pesait sur les personnes ou les habitations, on l'appelait monte 
mouillée, par opposition à une autre moute dite monte sèche qui se percevait sur les 
terres labourées. Tout le blé récolté dans l'étenduo de la seigneurie devant être moulu 
au moulin banal, si, avant d'être transformé en farine, ce blé était exporté hors du ban, 
il n'en devait pas moins le droit de moute au propriétaire du moulin, et c'est ce qu'on 
appelait la moute sèche. Il y avait aussi la monte cherchée et la moute non cherchée. 
(Cart. de N.-D. de Chartres, t. II, p. 336, 344, 354, et prolég. , p. ccxi. ) 

t. i. 21 



162 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

Giraudus, Tebaudus, Gonstantius, Richardus Morin, Martinus, Fore, 
Landricus, Guerri, Rogerius, Rrunellus, Roscha, Ligardis, Adelais, 
Avelina, Odelina, Alberga. » 
(Cart. de Tiron, f° 38 v°.) 

GXXXVI. 

Don au prieuré des Châtaigniers dune dîme à Soizé. 

(1130 circa.) 

« Omnibus fîdelibus futuris et presentibus notum esse volumus qua- 
tinus Hugo de Rarra duas partes décime suç terre de Soise, in manu 
Gaufridi, venerabilis episcopi Garnotensis, dimisit; episcopus vero mo- 
nachis de Tiron in loco Castaneorum (*) Deo famulantibus donavit atque 
concessit. Testes hujus rei : Odo Potarius, Gauterius de Ralio, Haldri- 
cus de Glaro-Fonte , Girardus Rarzillarum. Ego Gaufridus, Garnotensis 
episcopus, quç in hac certa continentur cuncta concedo et sigilli mei 
auctoritate corroboro. » 
( Cart. de Tiron , f<> 42 r. ) 

GXXXVII. 

Exemption par Robert de Leicester de toutes charges pour l'abbaye. 

(1130 circa.) 

« Robertus, cornes Legrecestrie (*), omnibus balliviset ministris suis 
Normannie, salutem. Glamo quietum abbatem de Tirum et omnes mo- 

( 1 ) Les bâtiments de l'ancien prieuré des Châtaigniers existent encore en partie : la 
chapelle a été détruite il y a environ quarante ans. 

( 2 ) Robert II, comte de Leicester, surnommé le Bossu, frère jumeau de Galeran de 
Meulan, devint seigneur de Breteuil et de Pacy par son mariage avec Amicie, fille de 
Raoul de Gaël (1121). Le comte Robert se retira vers 1152 dans l'abbaye de Notre-Dame 
de Leicester qu'il avait fondée en Angleterre, et y mourut en 1167. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 163 

nachos ejusdem abbatie, per totam terram meam in Normannia, de 
omni paagûo et de omni consuetudine de suis dominicis rébus, et fîr- 
mam pacem meam habeant per totam terram meam. Testibus : Ernulib 
de Bosco ( 1 ), Adam de Ros ( % ), Alano de Novavilla, Ricardo nepote Ans- 
cherii, Radulfo de Novo-Burgo, Roberto de Gharunviler (*) . Apud Nu- 
gent-Rotrodi. » 
(Cart. de Tir on, f» 48 v°.) 

GXXXVIII. 

Don de deux sous de rente par Guillaume du Fontenil. 

« De n bus solidis a Willelmo de Fontinillo datis. » / 

(1130 circa.) 

« In nomine sancte et individue Trinitatis, notifîcamus tam posteris 
quam presentibus Willermum de Fontenillo ( 4 ) dédisse monacbis de 
Tironio in elemosinam duos solidos , per singulos annos , in redditum , 
quos débet reddere Willermus qui dicitur Aviron, in die Gineris, pro 

f 1 ) Une charte de Robert de Leicester, confirmative des biens que l'abbaye de Lire 
avait à Breteuil, est adressée à Arnaud du Bois et autres ses officiers en Normandie. 
Arnaud du Bois était en effet sénéchal du comte de Breteuil et en même temps gou- 
verneur de Lire. Il a laissé son nom à la commune du Bois-Arnaud. 

(') Adam de Ros était le neveu de Guillaume de Ros, clerc de Bayeux, célèbre par 
ses richesses et qui jouissait d'une triple dignité dans cette église, où il était à la fois 
chantre, doyen et archidiacre. Guillaume de Ros fut abbé de Fécamp de 1079 
à 1108. 

( 3 ) Guillaume de Ghéronvilliers fit vers 1130 une donation assez considérable au 
prieuré de la Chaise-Dieu. Il avait pour fils Roger et Robert. 

( 4 ) Guillaume du Fontenil, Dreux de Rai, Isnard d'Ecubley sont cités parmi les feu- 
dataires que Richer de l'Aigle appela à son aide lorsque Henri I er , le roi d'Angleterre , 
vint mettre le siège devant l'Aigle en 1118. — Les terres de ces anciens seigneurs portent 
encore les mêmes noms; mais des trois demeures seigneuriales, il n'existe plus au- 
jourd'hui que le château du Fontenil qui a été rebâti dans le style de la Renaissance. 
A la place de celui de Rai est une ferme, et il ne reste d'Ecubley qu'un petit hameau 
de deux ou trois maisons qui ont conservé .ce nom et près desquelles on aperçoit les 
traces des anciens fossés du château. 



164 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

feodo quem tenet de eo jure hereditario. Insinuamus etiam Richerium, 
de Aquila dominum (*) , hoc munus concessisse et Beatricem uxorem 
suam. Hujus muneris testes sunt : Willermus de Glotis qui tune capel- 
lanus ( 2 ) , et Hugo de Crusladio qui tune dapifer , Ansquetillus de Reio, 
Drogo de Reio , Simon de Crusladio , Willermus de Escaufo , Ricardus 
de Fontenillo , Robertus de Monte-Corlen , Hug'o filius Henduini, Ro- 
bertus Brichet , Erardus Curleius , Nicholaus de Saprio. 

» Notum sit etiam omnibus illum Yillermum quem dicimus Avirum, 
per unumquemque annum, red[dere] Willermo de Fontenillo, pro illo 
feodo vusolidos, de quibus sunt isti [duo] solidi, quos débet reddere 
Willermus Avirum et ejus successor vel hères monachis de Tironio. » 
(Orig. en parchem. — Cari, de Tiron, f° 50 r.) 



GXXXIX. 

Don de huit ambres de sel et d'un serviteur par Guillaume 

de Glanville. 

(1130circa.) 

« Sciant présentes et futuri quod ego Guillelmus de Glanvilla dedi 
ecclesie. Sancti-Salvatoris de Tiron vm ambras salis ( 3 ) in elemosina, de 
décima mea. Insuper vero dedi eidem ecclesiç quendam hominem no- 
mine Leotoldum, cum omni teneura sua, cum omni servicio suo, sci- 
licet vi ambras salis , pro remedio et salute anime mee. et uxoris mee et 

(*) Richer était le fils de Gilbert, baron de l'Aigle, et de Julienne, sœur du comte 
Rotrou. Il succéda à son père vers 1118. Successivement allié du roi de France, puis du 
roi d'Angleterre, il eut une vie fort agitée et vit plusieurs fois brûler les villes de ses 
domaines. Il partit pour la Terre-Sainte avec Louis VII en 1147, et mourut vers 1160. 

( 2 ) Cette charte est postérieure à l'année 1125. Dans le titre de fondation du prieuré 
de Notre-Dame-du-Désert par Robert II, comte de Leicester, en 1125, nous voyons 
figurer parmi les témoins Joscelin, chapelain de l'Aigle, et Guillaume de Gloth qui n'est 
encore mentionné que comme simple clerc. 

( 3 ) L'ambre était la mesure le plus généralement employée pour le sel. En 1053, le 
duc Guillaume donne au monastère de Saint-Julien de Tours, satinas duas et dimidiam 
reddentes xv ambras salis. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. i,, P 

omnium natorum meorum et antecessorum meorum, et idem Leoioldus 
dat dimidiam ambram, et Rogerius Aleger dimidiam ambram , Herber- 
tus Renegarth unam ambram. Hune autem predictum Leoioldum do 
eg"0, cum omni servicio quod faciebat michi et cum omni consuetudine 
et libère, ut congreget salem , sicut predixi, ut fratres invenianl prom- 
tum cum venerint vel miserint pro eo, et ut serviat fratribus <jus- 
dem ecclesie de quoeumque mihi serviebat. Hoc autem dedi, concessu 
et teste fîliorum meorum, Bartholomei et Anselmi, et Basilic uxoris 
meç, et his testibus : Richardo capellano comitis Mauritonii ( l ), et 
Alano capellano meo, Gilleberto presbitero, Stepbano, Gilleberto de 
Baliol, Gilleberto fdio Rainald, Richardo de Cunnioles , Willelmcw/f Vilers, 
Guidone fîlio Rainaudi , Nigello, Hugone Gemun, Rogerio Alaher, Wil- 
lelmo Mansel, Willelmo de Grant-Cmwpt , Leotoldo, Herberlo Renegarth, 
Koberto fîlio Guillelmi. » 

(Car t. de Tiron, t'° 53 r°.) 

GXL. 

Don de la moitié d'une maison à Mortagne par 
Guillaume le maçon. 

« De domo Mauritanie. » 
(1130 circa.) 

« Notum sit omnibus hominibus quod Guillelmus cementarius de 
Mauritania et Hersendis uxor ejus venerabilis , in conversione sua, mo- 
nachi enim Tironensis çcclesiç f uerunt , Deo et predictç ecclesie mona- 
chis dimidiam domum suam dederunt, alteram vero domus medieta- 
tem cuidam nepoti suo, Rainerio nomine, dono reliquerunt, partem 
vero suam de monachis tenendam et monachorum partem habere in 
custodiam per totam vitam suam et heredum suorum successionem 
quamdiu bene se suosque rexerint. Quod si predicto Rainerio suam 

(*) Le comte de Mortain était Etienne, fils du comte de Chartres Henri-Etienne. On 
sait qu'il devint roi d'Angleterre en H 30, à la mort de Henri I er . 



166 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

partem monachis placuerit vendere , quia aliis non poterit expendere, 
centum tantum solidos permissum est ei ab eisdem accipere posse , vel 
si sine herede morti decubuerit, apud Tironium inhumabitur et illi 
çcclesie suam partem largietur. » 

(Cart. de Tiron, f° 57 v°.) 

GXLI. 

Accord entre le prieuré de Croixval et Girard, doyen de Ternay, 

pour une terre à Ternay. 

« De Gruce-Vallis. » 
(1130 circa.) 

« Noscat universalis ecclesia quod Tironenses monachi de Crucis- 
Valle quamdam terram a Pagano Olere emere cupientes , pacifiée non 
valebant adimplere, pro Girardo decano qui eandem terram sibi festina- 
bat emere. Quapropter idem monachi illum Girardum ad emptionem 
faciendam secum collegerunt , tali condicione ut post ipsius Girardi 
obitum terra illa ad monachos reverteretur , et ipsi monachi sepedicto 
Girardo octo libras redderent, nisi eis quas de suo pro emptione jam- 
dicta expenderat dimitteret. Et sciendumest quodhujusmodi negotium 
ideo cum Girardo decano fecerunt monachi ut ejusdem fortitudinem 
et auxilium haberent et amodo amici familiores inter se existèrent. 
Hoc igitur ut magis maneret fîrmum , coram Guidone Turpino (*) de 
cujus feodo erat, sollempniter est confirmatum. Horum omnium que 
superius leg*untur testes sunt : predictus Guido Turpinus , Paganus de 
Fretavalle, Hugo de Monte-Aureo ( 2 ), et Gauffredus frater ejus, Ma- 

( ' ) Ce Gui Turpin appartenait certainement à la famille Turpin, de Touraine, dont 
descendent les Turpin-Grissé. Un des membres de cette maison, Guillaume Turpin, se 
distingua tellement à la bataille de Bouvines que Philippe Auguste, en récompense, lui 
donna cent livres de rente sur les péages de Tours et de Semblançay. 

( 2 ) Nous trouverons plus loin Hugues de Montorio. Il nous semble cependant que le nom 
primitif de Montoire devait bien être Mons-Aureus. En 1050, dans l'acte de fondation 
du prieuré de Saint-Hilaire-sur-Yerre par Gannelon, trésorier de Marmoutier, on voit 
tigurer parmi les témoins Nihardus de Monte-Aureo, neveu du fondateur. Nihard est le 



GHARTULARIUM DE TIRONE. 167 

theus de Troo (*) et Almarricus frater ejus, Gif ardus de Alneto, et eiro- 
graphum quod subsequitur. » 

(Cart. de Tiron, f° 67 r.) 

GXLIÏ. 

Don au prieuré de Saint-Ouen par Gautier de Villemigeon 
de quatre arpents de terre à Boitron. 

« De Tornam. » 
(1130 circa.) 

« Notifîcamus quod Gauterius de Villa-Meion et Robertus frater ejus 
et uxores et sorores donaverunt monachis ecclesiam Sancti-Audoeni 
colentibus mi arpenta terre , unum videlicet separatum a tribus apud 
Meum-Bertron , ex quo accipiant in sing*ulari anno vi nummos. Testes 
sunt : Ang'erius sacerdos, Adenarius, Gislebertus. 

» Donavit iterum Fubertus monachis Tironensibus, pro remedio 
anime suç et parentum suorum , totam terram quam tenebat ad Foveas, 
Hugone fratre ejus, et uxore ipsius, et fîliis suis, et matre illorum con- 
cedentibus. Hac caritate scilicet habuerunt decem sextarios frumenti , 
et unam capam , et porcum quemdam , et pelles matri , et unum sexta- 
rium avene, et unum jug'erium sui aratri. His testibus : Ang-erio sa- 
cerdote, Adenario, Stephano carpentario, Tereiaco Salverio, Gisleberto. 

» Guido de Yillanis condonavit monachis un nummos quos debebant 
ei de uno prato , et sex nummos annuatim eis donavit quos debebat ei 
Constantius prepositus. Hujusrei sunt testes : Hubertus Domine, Hug*o 
Francus, Richerius metaerius prepositi. 

^> Petrus Mag*ister condonavit monachis Tironis très minas avene 

plus ancien seigneur connu de Montoire : après lui, on voit figurer, dans les chartes 
des prieurés de Saint-Martin de Lancé et de Notre-Dame de Tuffé, Mathieu et Dreux de 
Montoire, puis Hamelin de Montoire. Au XIII e siècle, Jean de Montoire, fils de Pierre 
et d'Agnès de Vendôme, réunit la seigneurie de Montoire au comté de Vendôme. 

(') Mathieu de Troô, que nous retrouverons plusieurs fois dans ce Cartulaire, était le 
gendre de Gui Turpin, dont il avait épousé la fille Sibille. 



168 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

quas habebat in pratis Sancti-Petri. Hujus rei sunt testes : Ranerius 
faber, Odoinus faber. » 

(Cart. de Tiron , f° 73 r°.) 

GXLIII. 

Don de deux bovées de terre et de dîmes à Gharencey. 

(1130 circa.) 

« Notum sit omnibus quod Girardus, Fulberti filius, in conversione 
sua, dédit monachis Sancti-Salvatoris de Tiron terram ad duos boves 
in feodo Garenceii ('), et cunctas décimas suas, exceptis de carruca sua 
quas monachi Sancti-Petri Garnoti habebant , scilicet in frugibus , in 
lana , in agnis , in porcellis , in nummis et in omnibus omnino rébus 
quç ecclesia jure exigere débet in decimis. Hoc concesserunt filius ejus 
Fulbertus et uxor ejus Guita, et Guillelmus et Paganus fratres ejus. 
Hujus rei testes sunt : Teobaldus presbiter et Lambertus Noa-Drocen- 
sium et plures alii. Hujus autem muneris largitio coram Gaufrido, 
Garnoti episcopo, recongnita et confirmata fuit. » 
{Cart. de Tiron, f° 74 v°.) 

GXLIV. 

Don de terres par Baudouin de Villeflix au prieuré du Raincy. 

« De Reinse. » 
(1130 circa.) 

« Sciant omnes sancte matris ecclesiç fîlii présentes et futuri per 
baptismum abluti , per passionem Ghristi redempti , quod donnus Bal- 

(*) Cette donation est la plus ancienne de celles qui servirent à la dotation du prieuré 
de Saint- Barthélémy du Vieux- Gharencey (aujourd'hui Charencey-le-Vieux, commune 
de Saint-Maurice-les-Charencey). Ce prieuré subsista jusqu'à la Révolution. Il existe 
aux Archives d'Eure-et-Loir un nombre assez considérable de titres de rentes appar- 
tenant aux moines du Yieux-Charencey. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. m 

doinusqui cognominatur de Villa-Finis et Mensendis uxor ejus atque 
filii eorum concesserunt monachis de Tiron qui conversantur apud 

Heinse ( l ) tantum de terra que tune inculta erat quando ibi advenerunt 
quantum ad unam carrucatam omni tempore sufficere possit, quam 
tantum circa eorum edifîcia accipient. Per omnem boscum ipsiusBau- 
duini accipient monachi omnia que necessaria sibi erunt ; pascua tocins 
terre et nemoris similiter habebunt. Quodlaude atque voluntate domni 
Baldoini de Bonel atque Hersendis uxoris suc factum est, ex quorum 
feodo movet. Et ut hec carta fîrma permaneat testes subterposuimus : 
Sugerus, Savericus, Ivo, Albericus, Hubertus, Deodatus, Ascho frater 
ejus, Willelmus. » 

{Car t. de Tiron, f° 76 r°.) 

CXLV. 

Don par Guillaume de Saint-Cheron du fief de Menchout. 

« De loco Brehervalli. » 
(1130 circa.) 

« Noverit omnium fîdelium posteritas quod Guillelmus de Sancto- 
Carauno ( 2 ) dédit omnem feodum quod tenebat de fîliis Rog*erii de Li- 
meth, scilicet feodum quod vocatur de Gurtesia et de Mancheiolo , mo- 
nachis Sanctç-Trinitatis de Tiron ( 3 ). Filii autem predicti Rog*erii, 
scilicet Laurentius et Gislebertus, retinuerunt sibi duos solidos census 
pro servicio ejusdem terre quos reddent eis prefati monacbi annualiter, 

( l ) Cette donation de Baudouin de Villeflix servit de dotation au prieuré de Raincy 
en la paroisse de Livry. 

( a ) Les membres de la famille de Saint-Cheron figurent souvent dans les chartes du 
XII siècle. En 1128, Guérin de Saint-Cheron fut témoin d'un accord entre les chanoines 
de Saint-Jean-en-Vallée et Thibaut du Valgelé, concernant les droits et les charges des 
hôtes de l'abbaye de Mantarville. 

( 3 ) L'abbaye de Tiron possédait près de Bréval un prieuré, qui fut sans doute fondé 
à la suite de cette donation de Guillaume de Saint-Cheron. On trouve encore, sur la 
carte de Gassini, près de Boissy-Mauvoisin, un lieu désigné sous le nom de Tiron, et à 
côté la Fontaine- aux- Abbés. 

t. i. 22 



170 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

in die scilicet Ascensionis Domini , et tali pacto eoncesserunt monachis 
predictam terram in perpetuum possidere. Goncesserunt etiam prefati 
fratres Laurentius et Gislebertus sepedictis monachis omnem decimam 
ejusdem terre quç de labore propriarum carrucarum exierit. Hec autem 
facta sunt in turre Brehervalli. Unde sunt testes : Radulfus Crassa- 
Lingua, Robertus fraterejus, Odo de Sauceio , Guido deRouris, Gau- 
terius fîlius ej us, Robertus de Log*is, Philippus de Marcilleio, Fulco de 
Faeio, Guillelmus de Lorreio. Ex parte vero monachorum affuerunt 
hii: Germundus et Hildoinus fîlius Nurse, Herembertus Cosimin, Ger- 
mundus fîlius Fulcoini, Hilduinus de Nemore. » 

[Car t. de Tir on, f° 76 v°.) 

GXLVI. 

Don par Geoffroy, seigneur de Doué, de la terre de Ferrières. 

« De Ferrariis. » 

(li30circa.) 

« Notum sit quod Gaufridus , Doeii dominus , quamvis omnino pau- 
per nollet effîci , intellexit esse implendum qui , divino spiritu inti- 
mante, pro redemptione anime, suç suorumque consangaiineoruni, 
omnem suam propriam terram Ferrarum (*) , prout metatus est cum 
suis metatoribus , Deo fratribusque Tironis tribuit , et insuper quicquid 
sui homines de suis casamentis darent concessit, et molendini Tueboii 
très sextarios annone , très minas tritici nique siliginis , prima die do- 
minica Quadrag'esime esse reddendos, atque quinquag^inta ang^uillas 
cursu aque ejusdem molendini captas , tali pacto quod si un ad minus 
capiantur, quinquagTsimus numerus non illis impleatur et reddatur, 
et si aliqua non capitur nulla reddetur ; necnum suam partem prato- 

(^ Le prieuré de Saint-Léonard de Ferrières, près de Thouars, à cinq lieues de Sau- 
mur, existait depuis longtemps : on dit même qu'il aurait été fondé du temps de 
Louis le Débonnaire (Voir une prétendue charte de fondation, apud Jean de la Haye, 
Orifj. Pictav.). — C'est de cette charte de Geoffroy de Doué que date la prise de pos- 
session du prieuré de Ferrières par les religieux de Tirou. Ferrières fut érigé en abbaye 
vers 1184. 



GHARTULARIUM DE TIRONE. i;i 

rum que cum Petro Pcrillii partiebatur, Andréa Raginaudoque liliis 
suis( t ) concedentibus , Stephano Viviano tune illius terrç existante vil- 
lico, Roberto Evroino, atque Asallito Morinocato, et Andréa Aaie, Guido- 
neque filio Laurentii, Pagano Montis, Raginaudo Folino, Seebrando 
Fatot, lestibus. Et istis supradictis donis Gaufridus Pauper quamdam 
suam borderiam terre, prout Ferrarii habebat, auxit, Pagano de Petra- 
Rubca et monacho fratre Gaufridi concedentibus, pro redemptione 
suarum animarum. » 
[Cari, de Tiron, f° 79 v°. — Gallia Chrisliana, 1. vin, Inslr., p. 32G.) 

GXLVII. 
Don d' Aimery, vicomte de Thouars, au prieuré de Ferrières. 

(U30circa.) 

« Aimericus, vicecomesToarcii( 2 ), Agnesque uxor illius quodeumqur 
Ferrariis babebant, vignalia scilicet et alia, Deo fratribusque Tironis 
tribuerunt, ac vicecomes quicquid de suis casamentis illis daretur eon- 
cessit, atque illis quidem fîsus est quatinus eos semper in sua tutela 
liaberet, et, si abesset, in custodia Rernardi Porcini illos esse jussit, 
Normando Rloio, Americo de Torneria, Pag^ano de Petra-Rubea, Ber- 
nardoque Porcino, testibus. » 

{Cart. de Tiron, f° 79 vj 

( 1 ) Nous n'avons rencontré ni André ni Renaud parmi les seigneurs de Doué. En 
1177, ce fief était possédé par Thomas de Martigné; nous trouvons ensuite Eustachie , 
dame de Doué, et André son fils vers 1200, puis Gédouin en 1248 (Jodoinus, dominus 
Doadii). A la fin du XIII e siècle, la seigneurie de Doué passa dans la famille de l'Ile- 
Bouchard qui la posséda pendant deux siècles. 

( 2 ) La série des vicomtes de Thouars est assez difficile à établir, à cause du mode de 
succession adopté pour ce fief. Tous les fils d'un vicomte prenaient à la fois le môme 
titre et tour-à-tour se succédaient du frère aîné au puîné. Les plus anciens vicomtes 
Savary I er et Aimery I er remontent au commencement du X e siècle. En 1060, Airnery III 
accompagna Guillaume le Bâtard à la conquête de l'Angleterre , et contribua puissam- 
ment à la victoire d'Hastings où il commandait l'aile gauche. Le vicomte mentionné 
dans notre charte est Aimery IV, qui se croisa en 1097. A la mort de Richard Cœur- 
dc-Lion , Jean-sans-Terre installa comme gouverneur à Chinon Aimery V, vicomte de 
Thouars, qui, l'aimée suivante, fut remplacé par Girard d'Athée. 



172 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

GXLVIII. 
Accord entre le prieuré de Ferrières et Payen Cabat. 

(1130circa.) 

« Gontemptio que erat inter monachos Ferrarum et Pag*anum Cabut 
fuit, coram Aimerico, vicecomite Toareii, et vicecomitissa Agnete , Nor- 
mando Bloio, Aimericoque de Torneria, et Landrico pretore, Raginaudo- 
que Jovino, Pagano de Petra-Rubea, Bernardo Porcino, Guillelmo de 
Marolio, Simone Sarrello, Bursardo de Saneto-Petro, judieibus atque 
testibus, ('). » 

(Gart. de Tiron, f° 79 v°.) 

GXLIX. 
Don de deux arpents de pré sur V Yerre. 

« Duos arpennos pratorum super Herinam. » 
(1130-1145.) 

« Notum sit cunctis fîdelibus quod ego Paganus, fîlius Berlaii, et 
Robertus frater meus dedimus Deo et monachis Tironis duos arpennos 
pratorum super aquam que vocatur Herina : quod donum posuimus 
super altare Crucifixi Tironensis çcclesiç cum cultello( 2 ), in preseneia 

(*) Cette charte est évidemment incomplète. 

( 2 ) L'investiture par le couteau était une des plus usitées au Moyen-Age. Les cou- 
teaux d'investiture longtemps gardés précieusement dans les cliartriers ont tous dis- 
paru : c'est à peine si l'on peut citer celui qui est déposé au cabinet des Médailles de la 
Bibliothèque nationale , et un manche noir conservé à Angers et provenant de l'abbaye 
du Roncerai. Mais Gaignières, dans ses manuscrits, nous a transmis le dessin de deux 
couteaux qui étaient attachés aux titres de donation eux-mêmes et qui se trouvaient au 
XVII e siècle dans les Archives du Chapitre Notre-Dame de Chartres. Ces très curieux 
spécimens de ce symbole d'investiture ont été reproduits en fac-similé dans les Mémoires 
de la Soc. Arch. d'Eure-et-Loir, t. III, p. 135. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 17:! 

domni Guillelmi abbatis, istis testibus : Roberto sacerdote de Curlosleno, 
Ricardo fratre ejus, domina Juliana et duabus neptibus suis Philippa 
et Felicia, Vitali capellano, Radulfo Boveto, Guillelmo Mareschot, Oui I- 
lelmo Talevath , Guillelmo de Sancta-Ceronna , Gisleberto de Ferraria, 
Gaufrido fîlio comitis. Hoc vero postea concesserunt uxores nostre, 
[sielis et Amelina, et primogeniti filii nostri, Guillclrnus et Gervasius. 
Unde sunt testes : Guarinus sacerdos, Robertus de Sancta-Ceronna et 
Girardus fîlius ejus, Radulfus de Moria, Garinus filius ejus, Garinus de 
Yalnoisa, Gauterius fîlius ejus, Raherius et Robertus Anglicus. 

» Juxta hos supradictos pratorum arpennos dédit Robertus Raerius 
iinum alium arpennum prati monachis de Tiro, uxore sua et fîliis con- 
cedentibus, et audientibus istis: Garino sacerdote, Fulcone sacerdolr, 
Rogerio clerico, Guillelmo de Sancto-Hilario , Guillelmo Gratart, Gauf- 
fredo de Valnoisa, Gauterio BreteL Hanc clemosinam concesserunt Pa- 
ganus, fîlius Bellaii, et Guillelmus filius ejus, et quatuor denarios quos 
pro censu per annum a predicto Roberto accipiebant et totum servicium 
eisdem monachi condonaverunt. Unde sunt testes : Gervasius senes- 
chaulus, Robertus presbi ter deCortoslain( l ), Richardusf rater ejus, Gari- 
nus Veel, Goffredus de Cortceol, Guillelmus Gratart. Hoc etiam concessit 
uxor predicti Pagani Isieldis apud Sanctam-Geronnam. Inde sunt tes- 
tes : Garinus sacerdos , Robertus de Sancta-Ceronna , Robertus Moisi , 
Paganus Havart, Paganus fîlius Girardi. 

» Juxta hos arpennos dédit Pag^anus de Corthgehoth et uxor sua unum 
arpennum, et posuerunt donum super altare Crucifîxi Tironensis çccle- 
siç cum cultello. Istis testibus : Roberto sacerdote de Cortbhosleno, 
Roberto de Logiis, Hugone Seinoret, Rainoldo sutore, Herberto de 
Montibreio. » 

{Cart. de Tir on, f» 51 v°.) 

( ! ) 11 est curieux de constater combien vite s'altèrent les noms propres de familles ou 

de localités. Un siècle ne s'était pas écoulé depuis la mort d'Alain, auquel Gourtalain 

Curia-Alani) devait son nom, et déjà, dans l'appellation vulgaire, il était impossible de 

retrouver la trace du fondateur. Nous retrouverons beaucoup d'autres exemples de ces 

altérations, qui rendent si difficile parfois l'attribution exacte des noms au Moyen-Age. 



174 CHARTULARIUM DE TIRONE. 



CL. 



Abandon par l'église de Saint- Julien du Mans au prieuré des 
Châtaigniers d'une terre et d'un pré à Saint-Bomer. 

« De Gastaneis. » 
(1130/1, janv.) 

« Notum sit omnibus presentibus atque futuris quod monachi de 
Tyron, Radulfus prior et alii fratres qui habitant ad locum qui dicitur 
Gastaneorum, acceperunt terram atque pratum Sancti-Baomiri que erant 
secus rivulum qui dicitur Sueta, ab episcopo et ab ecclesia Sancti-Ju- 
liani Genomannensis , et a Hamelino decano , atque ab Ivone sacerdote 
Sancti-Baomiri , in perpetuum possidenda , et reddent predicti monachi 
pro ea de censu xn denarios carnotensis monete ecclesiç Sancti-Baomiri, 
scilicet ad festum predicti confessons vel infra octabas ejusdem festi. 
Insuper predicti monachi concesserunt ecclesie. Sancti-Baomiri pratum 
suum quod non long*e est ab ecclesia predicti confessoris. Hec autem 
conventio facta est anno ab incarnatione Domini MGXXX, mense 
januario. » 
{Orig. enparch.) 

GLI. 
Don d'un moulin, d'une terre et d'un pré à Mazangé. 

« De molendino Masenge. » 
(1131, 21 sept.) 

« Notum sit universis ecclesie Ghristi fidelibus quod eg*o Hubertus 
Tortus de Monte-Dubello dono Deo et Salvatori nostro et monachis de 
Tiron molendinum meum et terram meam et pratum meum quç habe- 
bam ad Masange, in elemosinam in perpetuum possidenda. Feci aulrm 



CHARTULAIUUM DE TIRONE. \: ., 

donum hoc in capitulo Tironensium monachorum, xi kalendasoctobrie 
el anno ab incarnatione Domini M GXXX 1°, régnante Lodovico Phi- 
lippi reg*e Francorum et Henricho Angdiam gubernante; domnus au- 
tem episcopus Gaufridus tune Garnotensem regebat ecclesiani. I lu jus 
rei testes sunt : Gaufridus sacerdos et monachus de Yilla-Malor , Petrus 
sacerdos et monachus, Robertus sacerdos de Fresneio, Guillelmus 
cementarius de Mauritania, Girardus Gesmerus de Luniaco, Gosbertus 
d<' Gapella et Gauterius frater ejus, Teobaldus Bucellus, Durandus <!<• 
Montorio, Gosbertus de Selle, Rogerius Rebufeth, Hildrerius de Sol- 
<laio( 1 ), Garinus de Aze, Ricardus de Aceio, Rogerus de Savinne. » 

(Cari, de Tiron, f<> 42 v°.) 

glu. 

Confirmation d'une terre au Val-Saint-Aignan. 

« De vicecomite Castriduni. » 
(1131.) 

a Notum sit universis Ghristi ecclesie fîdelibus quod ego Gaufridus, 
Castridunensis vicecomes , concessi monaehis Sancti-Salvatoris de Tyran 
terrain quam dederat eisdem monaehis Alg^arda, uxor Ansoldi fîlii Go- 
deschalci, in valle Sancti-Aniani , ad construendas domos suas, conce- 
dentibus uxore mea Helvisa et filiis meis Hng'one etPag*ano, et filiabus 
meis Alpes et Helvisa. Factum est hoc apud Castrumdunum , in domo 
Raginaudi de Spiers , anno ab incarnatione Domini MGXXX° 1°, réglante 

(') La famille de Souday était importante dans le Vendômois dès le XI siècle. En 
1070, Achard de Souday fonda le prieuré de Saint-Pierre de Souday qu'il donna à 
l'abbaye de Saint-Vincent du Mans. 

Nous ne pensons pas au reste que Hildrerius ait appartenu à la famillo seigneuriale 
de Souday. Achard eut pour successeur Ranevius, son fils aine, qui, avec son frère 
Pierre, disputa longtemps à l'abbaye de Saint- Vincent ses possessions à Souday. A 
Ranevius succéda Hugues, surnommé du Saut-du-Loup (de Lupi-Saltu), qui semble 
avoir possédé la seigneurie de Souday du chef de sa femme Marie. Enfin après Hugues, 
apparaît Gautier de Souday qui donna à l'abbaye de Saint- Vincent de nombreux 
gages de sa libéralité. 



176 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

Ludovico Philippi , reg*e Francorum. Hujus rei testes sunt: Matheus 
Rufus, Balduinus medicus, Hugo de Mers, Girardus Diabolus, Forre- 
riusf 1 ), Gaufridus Burserius, Odo Sirardi filius, Durandus nutricius 
Hugonis. )> 

[Cart.de Tiron, f° 24 v«.) 

GLIII. 
Don par le vicomte de Châteaudan de la terre de Gorth. 

« De Gurgitibus. » 

(1131.) 

« Notum sit cunctis fîdelibus quod ego Gaufridus, Gastridunensis 
vicecomes, dedi Deo Salvatori et monachis de Tyron locum de Gorth, et 
dedi etiam eisdem monachis terrain circa eumdem locum quantum una 
carruca arare poterit , concedente uxore mea Helvissa et filiis meis Hu- 
g*one et Pagano, et fîliabus meis Alpes et Helvisa. Factum est hoc apud 
Gastrumdunum , in domo Rag'inaudi de Spiers, anno ab incarnatione 
Domini M G mo XXX mo I mo , régnante Ludovico Philipi rege Francorum. 
Hujus rei testes sunt: Matheus Rufus, Balduinus medicus, Hugo de 
Mers, Girardus Diabolus, Forrerius, Gaufridus Burserius, Odo filius 
Sirardi, Durandus nutricius Hugonis vicecomitis ( 2 ). » 
{Cart. de Tiron, f° 32 r°.) 

(M En 1111, Geoffroy, vicomte de Châteaudun, voulut prendre du blé qui appartenait 
à Etienne de Vieil-Allonnes, lequel était homme du prieuré de Saint-Martin de Chamars : 
il envoya ses serviteurs en la maison d'Etienne, où le blé était conservé dans un 
coffre. L'un de ces serviteurs, nommé Furrerius, voyant le coffre fermé, forçai a serrure. 
Le prieur de Chamars porta plainte au vicomte de Châteaudun : celui-ci désavoua son 
agent trop zélé qui fut forcé de faire amende honorable aux moines de Marmoutier. 

( 2 ) Gomme il est facile de le reconnaître par le nom des témoins et par le lieu où fut 
passé le contrat, cette charte fut octroyée aux moines de Tiron en même temps que la 
pièce précédente. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 177 

GLIV. 

Remise de cens sur des vignes à Châteaiidun. 

« De ccnsu vinearum Ogerii Gastriduni. » 
(U31circa.) 

u Noverint fidèles cuncti présentes atque futuriquod Garnerius Ocu- 
lus-Ganis dédit monachis Tyronis duodecim denariosquosaccipiebat ah 
eisdem monachis, de censu vinearum Ogerii (*), concedente maire 
sua Gomitissa et Loremera uxore sua. Inde sunt testes : Archenbaudus, 
abbas Sancte-Marie-Magdalene ; Stephanus Neptunus et Hugo Formica, 
canonici ; Robertus de Menberolis; Paganus de Danceio; Hubertus E&- 
chaugueta; Harpinus famulus predicti Garnerii. » 

[Cart. de Tiron, 1° 24 r°.) 

GLV. 
Don de trois charmées de terre à Montreuil et à Villequoy. 

« De Peso villa. » 
(1131 circa.) 

« Notum sit universis çcclesie Ghristi fîdelibus quod Petrus de Spe- 
sovilla dédit monachis de Tyron m carrucatas terre, unam ad Mosterol- 
iiim et duas ad Vilechoc, etpro illis tribus carrucatis habuit decem libras 
et x solidos et unum caballum, et in illa carrucata de Mosterello dédit 
duos arpentos terre, quietos et solutos ab omniconsuetudine, adfacien- 
das domos suas et edificia sua et quicquid vellent. 

( l ) Les vignes sont encore assez abondantes aux environs de Ghâteaudun, particuliè- 
ment sur les coteaux qui dominent le Loir. L'abbaye de la Madeleine possédait un 
grand nombre de vignobles ; ce qui explique l'intervention en cette charte de l'abbé et 
de deux de ses chanoines. 

T. i. 23 



178 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

» Et notum sit iterum quod canonici Sancte-Crucis de Aurelianis et 
monachi Sancti-Florentini Bonevallis calumpniabantur ei illas duas 
carrucatas terre Vilechoc. Quare Petrus supradictus habuit conventio- 
nem monachis de Tyron ut si perderet illas duas carrucatas de Villachoc 
in plaido sine ulla retentione omnino , unam carrucatam terre redderet 
illis ad Mosterollum. Quod si terram illam supradictam de Vilechoc 
omnino non perdiderit, sed aliquid sibi retinuerit in nummis vel in 
censu, vel quoquomodo aliquid inde acceperit, de priori conventione 
nichil ei a monachis relaxabitur, sed ex toto prima conventio ab eo 
reparabitur monachis et restaurabitur , scilicet terram trium carruca- 
tarum. 

» Et sciatur iterum quod Petrus dimidium terrag'ium et dimidiam 
decimam retinuit sibi in hac terra quam dédit monachis de Tyron, tali 
conventione quod totum terrag'ium et tota décima adunaretur simul in 
gTanea supradictorum monachorum , et uno famulo Pétri vidente divi- 
deretur, vel uno famulo monachorum qui Petro esset per fîdem, et 
pars Pétri deferretur a monachis ad domum suam de Speso villa. Hec 
donatio facta est a Petro , concedente uxore sua Hersende et fîlio suo 
Huberto et sorore sua Jag^uelina et fîliabus suis Isabel et Aurendis. 
Hujus rei testes sunt : Herveus, decanus Gastriduni, et Stephanus 
presbiter de Donamen , et Guiter de Patai , et Hug'O de Jalandis , et Bur- 
g*undus deBaselg^is, et Ricardus de Bosco-Sancti-Martini , etSevinus. » 

{Cari de Tir on, î* 26 v°.) 

GLVI. 
Don de la terre de Puerthe. 

« De Pessumvilla. » 
(1131 circa.) 

« Notum sit et presentibus et futuris quod Gosbertus pag , anus( 1 ) de 
Castriduno et Guiardus Trobel, f rater ejus, dederunt nobis monachis 

( 1 ) Pour ce surnom depaganus, voir la note 1 de la page 141. 



CHARTULARIUM DE TIRONK. |79 

de Tyron omnem terram suam de Pertis, excepto dimidio terragio quod 
retinuerunt sibi et heredibus suis, et tali paeto illud retinuerunl quod 
si vellent illud dare aut vendere aut invadimoniare aut aliquo modo 
extra manus suas mittere, pro tantoprecio nobis illud dimitterenl quan- 
tum ab alio habere possent. Et quando messis earricauda erit, mittel 
monachus qui in domo illa erit ad eos unum nuncium ut ipsi mittanl ter- 
îigiatorem suum, et de illo terrigiatore non intromittent se monaehi, de 
illo scilicet custodiendo si guerra fuerit vel dci'oudendo, nec do recessu 
rel reditu ejus nec de procuratione ejus. Et cum terragium carricatum 
fuerit et in grangûa missum, tune triturabitur et cum mina partir! ur. 
et partem eorum ducent vel mittent ad eos monaehi ad domuseonim. 
Hoc concesserunt uxores eorum : Maildis et Helois, et Helois filia Gos- 
berti pagani , et Odinus filius Guiardi Trobel, et Guiburgis et Maria 
(ilie ejus. Hujus doni testes sunt ex parte eorum : Goffredus Bussinus, 
presbiter, et Adam canonicus Sancte-Marie , et Hu^o de Jalant, et Ga- 
rinus de Favelis, et Theobaudus de Jupeel, et Garenbertus pelliparius 
cl Guillelmus filius ejus, et Serlo scutarius et Robinus fîlius ejus, ei 
Garnerius Cofm. In parte nostra est testis : Herveus decanus de Gastri- 
duno, et Goffredus presbiter de Sancto-Medardo, et Hug*o Cantor pelli- 
parius, et Girardus pelliparius, et Moeherius et Fulco nepotes illius, et 
(îoffredus Bursarius, et Hubertus carnifex, et Bartholomeus fîlius Her- 
berti Mortpein, et Ricardus fîlius Engelberti , nepos Girardi pelliparii, 
et Garinus tanator. Et in illa terra de qua sunt isti testes, concedunt 
hospitationem liberam, de qua nichil expectent quantum opus erit. Pro 
hoc dono ita concesso et testifîcato domnus abbas donavit quadragûnta 
solides. » 

(Cari, de Tiron, l'° 27 r.) 

GLVII. 
Don de la terre de Bouffry. 

« De bugnone Àcranie. » 
(1131 circa.) 

« Notum sit omnibus tam futuris quam presentibus hominibus quod 



180 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

Haimericus Baufredus (*) et Hugo frater ejus, qui fuit monachus Tyro- 
nis, dederunt monachis Tyronis terrain de CastellisBaufredi, boscum et 
totam terrain planam sicuti pertinebat ad ipsum feodum ( 2 ), sicuti dividi- 
tur a terra Hieremie et a terra Johannis de Secore ( 3 ) et a terra Goffredi 
Normanni. Necnum dederunt monachis Tyroni bugnonem de Acrania 
et totam illam terrain quam habebat juxta ipsum bugnonem et ad 
Plana-Baufredi , et planam terram et totum boscum , sicuti dividitur a 
terra Odonis Montiniaci et a terra Bartholomei Vindocini, scilicet sex 
carrucatas terrç. Goncedentibus istis : Margarita Haimerici uxore et 
filiis suis Angoto , Gauterio, Willelmo et filiabus suis Ada, Auburge, 
Odelina. Insuper hoc concessit Goffredus, vicecomes Gastriduni, et 
Helois uxor ejus, et fîlii eorum Hug*o et Paganus. Hujus rei testes sunt: 
Aenricus de Garesmo, Goffredus Lecluit, Goffredus de Ruavasselor ( 4 ), 
Guido de Six , Beeriverus de Monte-Dublello , Adam Brunellus , Odo de 
Varenis, Ascelinus Gauda-Hirundinis , Fulrel, Willelmus Brito , Girar- 
dus Diabolus , Gervasius de Monte-Barelis , Matheus fîlius Bocardi , Ga- 
rinus de Monte-Gorbun , Ogerius filius Auburgis ( 5 ). » 
{Cart.de Tiron,î°31 r°.) 

(*) C'est ce personnage qui a laissé son nom à la commune actuelle de Bouffry, aux 
environs de laquelle il avait toutes ses propriétés. — Bouffry eut pendant trois siècles 
ses seigneurs particuliers , entre lesquels nous citerons Hugues de Bouffry qui, en 1240, 
vendit la troisième partie des dîmes de Yilleboust à l'abbaye de la Madeleine de Châ- 
teaudun; Raoul de Bouffry qui, en 1247, reconnut que les chanoines de la Madeleine 
avaient droit de prendre trois muids de blé sur un moulin à Bouffry. 

(*) Cette donation faite par Aimery, seigneur de Bouffry, fut l'origine du prieuré de 
Saint - Nicolas des Fouteaux , situé sur la rivière de l'Egrenne , dans la paroisse de 
Bouffry. 

( 3 ) Vers 1130, Jean de Secourray, du consentement de son fils Renaud, fit un accord 
avec les religieux de Bonneval pour la colonisation de Cormainville, at ipsi monachi 
hospitari faciant Columbanam villam, et ruricolas ejus incolere faciant supra dictam 
terram. 

(*) Vers l'année 1060, Fulcradus de Rugavassalloria, évidemment un des ancêtres de 
Geoffroy, est qualifié de homo Vindocinensis et vend à l'abbaye de Marmoutier la 
sixième partie du cimetière de Villeberfol. 

( 5 ) Cette charte a été copiée deux fois dans le Cartulaire. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. îsi 



GLVIII. 



Don de vignes à Châteaadun. 

« De vincis Castriduni. » 
(1131 circa.) 

« Notum sit universis ccclesie Ghristi fîdelibus quod eg-o Ragînaudus 
ih' Spiers ( ! ) do Deo et monachis ccclesie Tyronensis in elemosinam , 
pro redemptione anime mee et salute parentum meorum, dimidiam 
partem quatuor arpentorum vinearum, quas ego et uxor meaAda emi- 
nuis de nostro censu et pecunia mobili in territorio Castriduni; que 
vinee sunt in censiva Hugonis deBehnont et Pétri de Vilereio. Hec datio 
et elemosina facta est régnante Ludovico rege Francorum et Theobaldo 
existente consule Bleseacensium. Hujus rei testes sunt : Gaufridus 
vicecomes, Paganus de Plaxitio, Matheus dapifer, Arnulfus de Lane- 
riaco, Garnerius Oculus-Ganis , Jolduinus Dirridatus, Stephanus filius 
Forrarii, Teobaldus Engelardi filius, Raimundus Sexterius ( 2 ), Ebrar- 
dus prefectus, Gaufridus de Monte-Fani ( 3 ), Girardus. » 
[Car t. de Tiron, f° 24 v°.) 

( ! ) Renaud d'Espieds était seigneur de Lanneray. Il assista comme témoin à la 
fondation du prieuré de Saint-Gilles de Montigny-le-Gannelon par Eudes, soigneur de 
Montigny, vers 1130. — La famille d'Espieds était d'ailleurs depuis longtemps une des 
plus puissantes du pays dunois. Adélaïde, femme d'un autre Renaud d'Espieds et fille 
de Rahier de Montigny, confirme, comme suzeraine, la fondation du prieuré de Saint- 
Hilaire-sur-Yerre, faite vers 1050 par Gannelon, trésorier de Marmoutier. 

( 2 ) Raimundus Sexterius est témoin d'une confirmation faite par Thibaut, comte de 
Blois, en 1114, des possessions du prieuré de Chamars. 

( 3 ) Le vrai nom de ce témoin est Gaufridus de Monte-Folet, sous lequel nous le trou- 
vons plusieurs fois désigné. Girard de Mont-Feuillet confirme, vers 1100, à l'abbaye 
de Marmoutier ce qu'elle possédait autour de Fréteval, dans la Forêt-Longue.— 
Comme'nous le verrons un peu plus loin, Mont -Feuillet, qui était un bourg assez 
important au XII e siècle , fut complètement détruit au XVI e siècle et remplacé par le 
village de Saint-Mandé. 



182 CHARTULARIUM DE TIRONE. 



CLIX. 

Restitution de la terre de la Bretonnerie. 

« De Carnoto. » 
(1131-1141.) 

« Sciant fidèles cuncti présentes atque futuri quod Ansoldus 
Berbel (*), in presentia Zacarie decani, reddidit nobis et concessit ter- 
rain de Bretoneria ( 2 ) et pratum, jusque fecit quod ea aliquantis annis 
injuste nobis abstulerat. Inde sunt testes : Goslenus de Leueis ; Herveus 
de Josaphat( z ) ; Gaurinus Herceblesiam ; Jordanus de Hermentervilla ; 
Robertus major ; Guillelmus de Gella ; Herfredus de Sancto-Mauricio ; 
Garinus de Pçevillerio ; Hugo tonsor ; Renoldus Collum-Rubeum ( 4 ); 

(*) Vers 1127, Anseau de Beauvoir, Ansoldus de Bello-Videre, fils d'Anseau Berbel, se 
préparant à partir pour la Terre-Sainte, donna à l'abbaye de Saint-Père une maison de 
pierre sise à Chartres près la rue de la Mégisserie (aujourd'hui rue de la Foulerie). 

( 2 ) La terre de la Bretonnerie, à Chartres, était située dans les environs du cloître de 
la cathédrale; elle avait donné son nom à une ruelle qui fut enclavée dans les jardins 
de l'Evêché lors de la jonction de l'hôtel du Vidame au palais épiscopal, en 1619. 

( 3 ) Josaphat était le nom d'un monastère de Bénédictins , qui venait d'être fondé , en 
1117, par Goslein de Lèves et son frère Geoffroy, évêque de Chartres; Hervé était donc 
un moine ou un domestique de l'abbaye. 

( 4 ) La famille Colrouge joua un grand rôle parmi la bourgeoisie de Chartres au 
XIII e siècle dans les démêlés qui eurent lieu entre le Comte et le Chapitre de Chartres, 
au sujet des avoués du Chapitre. On appelait ainsi des bourgeois de Chartres que le 
Chapitre attachait à sa domesticité, les faisant jouir des privilèges ecclésiastiques et 
entre autres de l'exemption de toute taille et autre imposition seigneuriale. En 1192, 
Gilon Colrouge, prévôt de la comtesse Adèle, était allé chercher dans la maison du 
chanoine prévôt de Fontenay un refuge contre la colère de sa châtelaine. Pendant près 
d'un demi-siècle, les Colrouge restèrent les fidèles clients du Chapitre, et l'un d'eux, 
Gilot Colrouge, devint même maire du Chapitre en 1256. Mais ils eurent sans doute des 
différends avec les chanoines, car nous les voyons peu après redevenir les serviteurs du 
comte. En 1286, Jean Colrouge, en 1313, Etienne Colrouge étaient prévôts du comte de 
Chartres, et comme tels avaient maille à partir avec le Chapitre, au sujet de cette juri- 
diction ecclésiastique que les chanoines défendaient avec tant d'ardeur. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 

Hosbertus de Geresvilla; Herbertus famulus. Hoc quoque concesserunl 
Richeldis, Ansoldi mater, etejus fîlius Ernulfus. » 
[Cart. de Tiron, f° 13 v°.) 

GLX. 

Don de la terre des Coutures. 

« Do Gultura Mereil. » 
(1131-1145.) 

« Notum sit omnibus hominibus quod Adam , nepos Drogonis Bro- 
chart de Varenna, in vita sua dédit monachis Sancti-Salvatoris de Tiron 
terram suam totam que vulgo Gultura noncupatur, apud parrochiam 
de Mereil ( 3 ). Quod ille Drogo, ejusdem terre dominus et aquo prefatus 
Adam illam tenebat, libenter concessit, tali conditione ut, permissa ca- 
ritate l solidorum, in orationibus Tironis colligeretur. Quod etiam filii 
ejus Robertus et Odo concesserunt, et Beroardus de Peuvers supradicte 
terre caput dominus, et Horrieus ejusdem Beroaldi fîlius. Quocl testan- 
tur Sancho nepos Beroardi, Geraudus suus famulus, Odo Voverus, 
Adam de Grutis , Hug*o frater ejus, Fulchoius de Gharmeio, Paganus 
Brunus, gêner Drogonis Brochart, qui et concessit ettestatur. Hoc etiam 
donum an te regem Gallie qui tune temporis Stampis aderat factum est, 
présente Godefredo Salvaticho, Stampis prefecto, et Oàone de Ledemans, 
et cunctis supradictis presentibus et testificantibns. 

» Et quia terra illa inter Adam et Drogonem communis erat, con- 
cessum est monachis duo arpenna quieta habere de communi ad edifî- 
cium suum faciendum( 2 ). 

( 4 ) Malgré les plus patientes recherches, nous n'avons pu retrouver la trace de la 
paroisse de Mareuil dans les environs de Pithiviers. Peut-être ce nom a-t-il disparu 
pour faire place à celui de la Neuville. C'est en effet dans la commune actuelle de la 
Neuville qu'était situé le prieuré des Coutures, auquel se rapportent plusieurs pièces de 
notre Cartulaire. 

( 2 ) La première partie de cette charte se trouve reproduite dans le Cartulaire, 
i :i r°. 



184 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

» Accidit autem ut, mortuo predicto Beroardo, fîlius ejus Simon, qui 
donum patris sui, dum adhuc viveret, calumpniatus fuerat,, parum 
terre , videlicet circa dimidiam carrueatam , quam Drogo Brochart , cum 
monachus Tironii fieret, de eodem feodo, eis dederat, iterum calumpnia- 
retur in tantum ut etiam monachorum boves predaretur. Sed hoc 
modo boves redduntur et calumpnia pacifîcatur: apud Peveirs, in 
claustro cujusdam Gluniacensis obediencie( 1 ), présente Guillermo tune 
Tironii abbate, cum tribus suis monachis Philippo et Petro, Osberto 
Culture priore, circumsedente etiam, cum ipsius loci monachis , clerico- 
rum pariter et laicorum gTandi multitudine, Simon ille Beroardi fîlius ( 2 ), 
cum quodam fratre suo Marcho, advenit, et circumsedentibus om- 
nibus quos supra retulimus , concessit quicquid hue usque calumpnia- 
tus fuerat , donum videlicet patris sui et quicquid de Drogonis feodo 
apud Gulturam datum fuerat monachis, datis sibi proinde xl solidis ; 
tali siquidem conditione ut deinceps contra omnes corrosores sive quos- 
libet calumpniatores terram illam monachis tueretur, etiam si , quod 
absit, qui dederat calumpniaretur. Inde de parte Simonis testes sunt : 
Beroardus ipsius Simonis consanguineus, Marcus etiam frater ejus qui 
et concessit et testatur , Adam ipsius dapifer , Giraudus monachorum 
Gluniacensium prefectus , Laurentius ipsius Simonis famulus ; de parte 
monachorum : Vitalis decanus , Robertus Normannus sacerdos , Rober- 
tus Niger sacerdos , Robertus de Broisia fîlius Drogonis, Hugo de Gru- 
tis, Gisbertus, Malgerius, Herveus, monachorum famuli. » 
{Cart. de Tiron, t'° 71 v°.) 

(*) L'abbaye de Cluny possédait en effet, dans la ville de Pithiviers , un prieuré qui, 
au XII e siècle , fut très-florissant. 

( 2 ) En 1186, Rallier de Pithiviers et Hugues, son fils, du consentement de Hugues de 
Vallières, seigneur du fief, donnèrent à l'Hôtel-Dieu de Ghâteaudun toute la dîme de 
Porcheronville. A cette charte figure comme témoin Thibaut le Doyen , maire de Châ- 
teaudun, Theobaldus Decani, major communie. — Suivant l'abbé Bordas (Histoire du 
Dunois), la commune de Châteaudun daterait de 1197; l'opinion la plus généralement 
adoptée la fait remonter à une charte de Thibaut V du mois de février 1189; d'après 
l'acte de 1186 que nous citons, il est permis de croire que Thibaut V ne fit que confir- 
mer les franchises communales déjà existantes à Châteaudun. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 



GLX1. 

Don du péage de Pont-Rousseau , par Conan 111, duc de Bretagne. 

« De Septem-Fagis. » 

(1132, 17 nov.) 

(( In nomine Domini, ego Gonanus, cornes et dux Briiannie ('), 
doiio Deo Salvatori et monachis de Tiron paag*ium de Ponto-lîosscl el 
piscaturam que ibi melior fîeri poterit ( 2 ). Hoc autem donum feci, pro 
redemptione anime mee parentumque meorum vivorum etmortuorum, 
»! î 11 is dedi ad emendum butirum et pisces. Hoc autem donum feci in 
capitulo Tyronensium monachorum , du m orationis causa Vercellaicum 
perg*erem( 3 ), anno ab incarnatione Domini M G XXXII , xv° kalendas 
decembris, anno secundo sublimationis Philippi , filii Ludovici régis 
Francorum, pâtre adhuc vivente. Hujus rei testes sunt qui convene- 
rant : Giraudus de Clizon (*), Rollandus de Lereio, Alanus capellanus, 
Gestinus de Arraio, Haimon de Gircia, Agaat, Maifani filius dapiferi 

(M Conan III, dit le Gros, succéda en 1113 à son père Alain Fergent, qui s'était retiré 
à l'abbaye de Redon pour cause d'infirmités. Il épousa Mathilde, fille naturelle de 
Henri I er , roi d'Angleterre. 

( 2 ) La donation de Conan III servit de dotation au prieuré de Sept-Faux. 

( 3 ) Nous n'avons pas trouvé relaté ailleurs ce voyage de Conan III à Vézelai. Nous 
pouvons supposer du reste qu'il n'était pas fait uniquement pour cause de piété. Conan 
III avait toujours été l'allié de Thibaut IV, comte de Chartres et de Champagne, dans 
l'apanage duquel Vézelai était situé. Il avait soutenu le comte de Chartres dans ses 
luttes contre le roi de France, et, en 1113, après la défaite et la blessure de Thibaut 
devant le Puiset, il s'était rendu, avec le roi d'Angleterre, le comte de Meulan et un 
grand nombre de barons Anglais et Normands, à l'abbaye de Saint - Evroult pour 
concerter la conduite à tenir envers Louis le Gros. 

( 4 ) La maison de Clisson remonte à une haute antiquité : en 1071, Gui de Clisson fit 
une fondation en faveur du prieuré de Chateauceaux. Le membre le plus illustre de 

>tte famille fut le connétable Olivier de Clisson mort en 1407. 

t. î. 24 



186 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

Rodonensis, Johannes de Gladio-Regis , Dagaenez, famulus illius, Gohe- 
rius de Alneto, Hugo de Septem-Fontibus ('). » 

( Cart. de Tiron, f° 84 v°. ) 

GLXII. 
Don d'un demi-arpent de terre à Montreuil. 

« De Salomone. » 

(1132.) 

a In nomine sancte et individue Trinitatis, notum sit omnibus quod 
Salomon Dosnellus ( 2 ) donavit Deo et monachis de Tyrone dimidium 
arpentum terre, liberum et quietum et sine ulla prorsus requisitione , 
apud Mosteriolum. Quicquid vero terre in eadem villa amplius habet 
concessit ut idem monachi ad opus suum, licenter et libère, colant, 
nisi forte propriam suam carrucam aut hospites ad hospitandum ibi 
mittere voluerit; et quoniam prefatus Salomon campipartem et deci- 
mam ibidem retinuit, statutum est ut monachi eandem campipartem 
et decimam usque Monciacum ( 3 ), ubi hospicium ejusdem Salomonis 
est, sive in pace sive in gerra, conducant. Si vero Salomon campipar- 
tem et decimam de eadem terra in gerbis educere voluerit, nichil ei 

(*) Voici un nouvel exemple de cette altération des noms propres, qui rend parfois 
si difficile la constatation de l'identité des personnages qui figurent dans les chartes 
du Moyen-Age. Le prieuré de Sept-Faux (de Septem-Fagis) est quelquefois appelé 
prieuré de Sept-Fonts (de Septem-Fontibus), et quoique ces deux noms aient un sens 
absolument différent, nous sommes persuadé que l'usage de la langue romane qui 
déjà s'était vulgarisée faisait traduire par Septem-Fontibus le Sept-Faux mal prononcé. 

( 2 ) Ce personnage nous paraît le même que Salomon le Pannetier, prévôt de Châ- 
teaudun, un des familiers du vicomte Geoffroy. En 1111, il fut chargé du commande- 
ment des troupes dunoises envoyées au secours du comte Thibaut dans sa guerre contre 
Louis VI. 

( 3 ) Nous n'avons pu déterminer d'une manière précise l'emplacement de Montreuil 
et de Moncy; mais ces deux localités étaient certainement dans les environs de Péron- 
ville : le don de Salomon Doisnel était fait en faveur de ce prieuré, et nous avons déjà 
vu que Montreuil touchait à Villequoy (charte CLV). 



GHARTULARIUM DE TIRONE. |ft 

monachi inde amplius respondebunt. Licebit etiam ei, si voluerit, 
hoininem suum, custodiendi gratia, messionum tempore, illuc mittere. 
liane autem conventioneni, sicut cum Salomone et monachia facta est, 
hères ita etiam ejusdem Salomonis, quicumque ille fïierit, in perpetuura 
tenebit. Hec omnia concessit atque laudavit uxorejus, de cujus capite 
erat, cum infantibus suis. Guj us etiam rei fîrmiter tenende atque ser- 
vaude ex utraque parte Petr us major obses et fîdejussor extitit. Testes 
autem sunt, ex parte Salomonis: Johannes de Monciaco, Moreherius 
de Villanova, Teobaudus de Arlevilla, Johannes Chestuns ; ex parte 
monachorum : Guichardus, Odo de Geminiaco, Ârchenbaudus frater 
cjus, Bartholomeus filius Baudrici, Gaufridus de Saran, Albertus Bulzr- 
rius, Pagmius frater majoris. Actum publiée Aurelianis anno ab incar- 
natione Domini M G XXX II , régnante Lodovico reg^e Francorum. » 

(Carl.de Tiron, f°26r°.) 

GLXIII. 
Don de l'église de Saint-Labin-des-Cinq-Fonts. 

« De ecclesia Sancti-Lcobini. » 
(1132.) 

« Eg*o Gaufridus , Dei gratia , Garnotensis episcopus , omnibus tam 
futuris quam presentibus notum fîeri volo quod , pro Dei amore , dono 
et concedo monachis de Tijron ecclesiam Sancti-Leobini-de-Quinque- 
Fontibus, cum duabus partibus omnium decimarum ad eamdem eccle- 
siam pertinentium , et omnes oblationes que ab extraneis parrochianis 
ad predictam ecclesiam deferuntur , necnon et duas partes oblationum 
quinque sollempnitatum , libère et quiète deinceps possidenda, retentis 
(lumtaxat synodo et circata annuatim solvendis. Ut autem hoc nostrum 
donum fîrmum etstabile maneat, presens scriptum inde fîeri et sig'illi 
nostri auctoritate precepimus roborari. Datum anno M° G XXXII ( 1 ). » 

{Car t. de Tiron, f » 2 r°.) 

(*) La date a été ajoutée postérieurement. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 



CLXIV 



Don de l'église de Saint-Lubin-des-Cinq-Fonts et des dîmes 
de la paroisse d'Argenvilliers. 

« De ecclesia Sancti-Leobini. » 
(1132 circa.) 

« Eg'o Gaufridus , Dei gratia , Garnotensis episcopus , apostolice sedis 
legatus, notum fîeri volo tam futuris quam presentibus quod Robertus 
de Moteia ( l ) et Gauterius, fîlius ejus, pro salute animarum suarum, 
dimiserunt et reddiderunt in manu nostra ecclesiam Sancti-Leobini-de- 
Quinque-Fontibus quam injuste tenuerant ; dimiserunt etiam et reddi- 
derunt nobis omnes décimas ad predictam ecclesiam pertinentes et 
omnes décimas quas habebant in parrochia ecclesie Sancti-Petri de Har- 
gentviler. Nos autem, pro Dei amore et pro prece eorum, predictam 
ecclesiam Sancti-Leobini, cum omnibus supradictis decimis, bonis et 
religûosis, monachis de Tyronio dedimus et perpetuo habendas concessi- 
mus et auctoritate sigilli nostri scriptum inde factum corroboravimus. 
Hoc viderunt et audierunt hii monachi : Stephanus cellararius , et Hu- 
bertus de Sancto-Martino , et Ogerius decanus de Neronio, et Goslenus 
de Leugis, frater meus, et quidam miles ejus nomine ( 2 ). » 
{Car t. de Tiron,î° 3 r°.) 

( 4 *) Robert des Motets, quoique possédant plusieurs villages et de nombreux héritages, 
et passant généralement pour riche, était en réalité dans la gêne. Il vivait dans la fami- 
liarité du bienheureux Bernard, et il le supplia d'honorer sa maison de sa présence et de 
daigner passer une nuit sous son toit. L'homme de Dieu y consentit , et à partir de ce 
jour l'opulence rentra dans la maison. Aussi, dit Geoffroy le Gros, nequaquam ingratus 
extitit, sed exinde, prout potuit, ipsi incessanter ministravit, ac nobis post ipsius exces- 
sum, nonnulla bénéficia contulit, atque nostrum monasterium quamplurimis decimarum 
redditibus ampliavit. 

( 2 ) L'évêque de Chartres, Geoffroy, était frère de Goslein de Lèves, un des princi- 
paux conseillers du comte de Chartres, Thibaut IV, et qui se croisa en 1107. Ce Goslein, 
marié à Odeline, eut deux fils : Geoffroy, seigneur de Lèves, qui lui succéda, et Goslein, 
que nous voyons souvent figurer comme archidiacre de l'église de Chartres et qui suc- 



CHARTULARIUM DE TIRONE. m 

GLXV. 

Confirmation par Geoffroy Plantagenel du don de son père 

au prieuré, de Russe. 

(1132circa. 

(( Ego Goffïedus, cornes Andecavensis, donum quod pater meus 
Fulcho, qui nunc est in Jérusalem rex ('), concessit abbali de Tirone et 
monachis ejusdem loci Deo servientibus( 2 ) confîrmo sub titulatione 
sigîlli mei. Molinum vero quod frater Guido, prior ejusdem loci, Fecil . 
el stannum, et nemus ad omnia necessaria eorum, et quicquid ipse il>i 
adquisivit, pro remedio anime meç et uxoris et filiorum meorum, libé- 
ralité!' concedo. » 

(art. île Tiron, f° 81 v°.) 

GLXVI. 

Don d'une terre à Ter ce. 

« De feodo Terceii. » 
(1132 circa.) 

« Noscat omnis devotio fldelium quod Paganus de Villa-Perdita , et 
Paganus, fîlius Richerii, et Haimericus de Terceio, et Ernaudus <lr 

céda à son oncle sur le siège épiscopal en H 48. L'évêque de Chartres, Geoffroy, avait 
encore deux autres frères, Dodon et Miles, que nous rencontrons plus rarement. — Les 
seigneurs de Lèves étaient alliés aux plus nobles familles du pays chartrain : dans des 
chartes données par eux à l'abbaye de Saint-Père, ils citent le vicomte de Chartres, 
Arrold, et le vidame Hugues II comme leurs parents, cognati eorum. Nous avons déjà 
mentionné le don fait par Miles de Lèves à l'abbaye de Saint-Père, en reconnaissance 
de la sépulture honorable accordée par l'abbaye au vidame Hugues II en H 10. ( Voir 
note 1, p. 148.) 

(') Gomme nous l'avons déjà dit, p. 63, Foulques V avait succédé sur le trône de 
Jérusalem à Baudouin II, son beau-père, le 14 septembre 1131. 

( 2 ) Nous n'avons pas retrouvé dans le chartrier de l'abbaye l'acte de donation de 
Foulques, fait en faveur du prieuré de Russe. 



190 GHARTULARIUM DE TIR ONE. 

Terceio dederunt monachis de Tyron terram de feodo Terceii, juxta 
stagnum. Hanc donationem testantur : Guillelmus et Gilduinus, filii 
Gosberti Ferrarii , et alii qui affuerunt. Terra vero divisa est a chimino 
Gardeiarum quo itur ad Terceium usque ad torrentem Tyronis. » 

(Cart. de Tiron, f° 8 r°.) 

GLXVII. 
Vente à l'abbaye de trois quartiers de terre à Chartres. 

« De terra Carnoti. » 
(U32circa.) 

<( Notum fiât omnibus futuris et presentibus quod ego Hugo Morinus 
de Porta-Drocensi monachis Tyronensibus , Legardis uxoris mee infan- 
tumque concessu, très quadrantes terre vendidi, fidejubente génère 
meo Dodone Fulquoioque lavendario. Quorum fuit emptor Hubertus 
Asinarius ex parte monachorum , testificantibus domno Aleherio , Aalo- 
nis filio, Guillelmoque ejus famulo, et Stephano cordario, Radulfoque 
pistore. » 
(Cart. de Tiron, f*° 15 r°.) 

GLXVI1I. 
Remise de dix-huit sous de cens à Oisème. 

« De Oysemo. » 
(1132circa.) 

u Omnibus christianis fidelibus notum sit quod ego Hugo de Praella 
monachis Tyronensibus, partim pro Dei amore, partim pro nummis 
quos inde habui , x et vm solidos census , quos mihi reddebant apud 
Oysesmum , perpetuo remisi ; habui autem inde ab eisdem monachis 
xii libras carnotensium. Hoc autem concesserunt Thesca uxor mea, 



CHARTULARIUM DE TIRONE. I9j 

et fîlii mei Ernulfus et Gosbertus, et Agnes fîlia, et Sultanus et Rober- 
tus, fratres mei, apud Carnotum, incapella predictorum monachorum. 
Unde sunt testes: Guillelmus Boslenus , Hubertus nepos Andrée Chanh 
berlenc, Stephanus cordarius, Robertus faber (*), Sale frater (jus. 
Gaufridus sutor , Ivo Abrincarum, Guillelmus Lepus, Garinus Burdum, 
Guillelmus de Ogerivilla, Odo de Longovillari famulus, Goslenus 
Gastellarius et Ernaudus fîlius ejus, Ernulfus famulus, Hamelinus de 
Gloia. Hoc vero concessit Gauterius de Friesia, de cujus feodo oral . el 
habuit inde sex libras et vu solidos, et fîde propria , in manu Gaufridi 
episcopi, fîrmavit quod hoc idem fîlio suo et filie concedere facerei 
lempore oportuno, illo enim temporc non habebat eos secum. Inde sunt 
testes : predictus episcopus et Goslenus archidiaconus. » 
{Cari, de Tiron, f° 15 v°.) 

GLXIX. 

Don d'une terre à Villandon. 

« De Villandon. » 
(1132 circa.) 

« Noscat universalis ecclesia quocl Hug*o de Vilandon major et uxor 
ejus dederunt Sancto-Salvatori et monachis de Tyron quandam terrain 
apud Vilandon, concedente Juliana filia ipsorum, tempore longo ante- 
quam Landricus ejus vir acciperet eam sibi conjug'em. Ad hoc fuerunt 
multi testes , scilicet : Reinerius Gallus ; Herbertus de Nicorbin ; Guillel- 
mus de Vilandon ; Cavaret ; Guillelmus de Tovilla et uxor ejus ; Mainar- 
clus et Fromundus fîlius ejus ; Gaufridus de Hunbleres et Horricus vici- 
nus ejus. » 

{Cart. de Tiron, f° 17 r°.) 

(*) Par faber on doit entendre un forgeron ou serrurier ou tout artisan travaillant le 
for. La rue de la Clouterie actuelle, à Chartres, s'est appelée, jusqu'au XVII e siècle, rue 
aux Fèires. 




192 GHARTULAR1UM DE TIRONE. 



GLXX. 



Don de terres à Villandon et à Maincourt. 

« De Radulfo de Humbleriis et fratribus ejus. » 
(1132 circa.) 

« Ne oblivioni tradatur quicquid amore Dei sancte ecclesie tribuitur, 
merito sub cyrographo mittitur. Noverint erg*o tam présentes quam fu- 
turi fidèles quod Radulfus de Umbleriis et fratresejus Gislebertus, Gau- 
terius, Rogerius, Horricus( 1 ) dederunt monachis Sancti-Salvaloris de Ty- 
ron, pro remedio animarum suarum carorumquesuorum, terramquam 
habebant ad Vilandum ad Manum-Gurti , necnon et illam quam habe- 
bant juxta viam hinc et inde que ducit de ipsa Manu-Gurti ad Spinam. 
Hoc concesserunt mater eorum nomine Arsendis , et uxores et fîlie et 
fîlii : uxor Gauterii Odelina, fîlius Herbertus, fîlie Haniardis, Haren- 
burgds ; uxor Rogerii Maria; uxor Horrici Froburgis, fîlius Holdoinus. 
Isti omnes et datores et concessores habuerunt inter se de ipsis mona- 
chis, pro ista eadem terra, septem libras de caritate. Hujus rei sunt 
testes : Ansoldus fultrarius ; Herbertus de Geresvilla ; Goffredus ; Ra- 
dulfus Pihan ; Rernardus ; Radulfus ; Guillelmus ; Hugo ; Gadio. » 
(Cart. de Tiron, f° 18 v°.) 

(*) Nous avions cru d'abord que ce personnage était le même que celui désigné dans 
la charte précédente sous la dénomination de Horricus, vicinus Gaufridi de Hunbleres, 
et nous en avions conclu que le surnom de Hombières, joint au nom de Raoul et de ses 
frères, devait s'entendre, comme cela arrive souvent, du lieu qu'ils habitaient plutôt 
que d'un fief qu'ils auraient possédé. Mais nous avons retrouvé Raoul de Hombières 
témoin en 1 1 34 de la permission accordée par le Chapitre de Chartres aux religieux de 
Marmoutier de construire un bourg à Chartres dans les vignes qu'ils possédaient aux 
Epars, ad Esparras, près des maisons de la paroisse de Saint- Saturnin, et, dans un 
obit du même Chapitre, Raoul est indiqué comme premier seigneur féodal d'un 
terroir à Maulou , Radulphus de Humbleriis , de cujus feodo dictum territorium primo 
movebat. Horricus, frère de Raoul de Hombières, ne doit donc pas être le même 
que Horricus, voisin de Geoffroy de Hombières. 



GHARTULARIUM DE TIRONE. (93 

GLXXI. 

Confirmation d'une terre à Villandon. 

« De Guillelmo Aculeo. » 
(1132 circa.) 

« Notum sit omnibus legentibus quod Guillelmus AculeusC), filius 
Roberti Aculei , et uxor ejus nomine Helisabet, concesserunt monachis 
de Tyron terram de Villandon quam dédit eis Guillelmus de Cues ( 2 ), 
atque postea illam terram quam habebat ibi in proprio ipsis monachis 
vendidit, unde habuit centum solidos et uxor ejus v, concedentibus 
filiis et filiabus suis Roberto , Manasse, Rog^erio, Maiot, Mag^arita. Unde 
sunt testes: Aug'erius fîlius Aalonis et Arnaudus fratcrejus, et Huber- 
tus Asinarius, et Steplianus corderius, et Robertus peletarius. » 

[Cart. de Tiron, f° 19 r°.) 

GLXXII. 

Don au prieuré de Crasville de V église dudit lieu et de terres 

et moulins. 

« De ecclesia Crasville. » 
(1132 circa.) 

« Hug*o, Dei gratia, Rothomag'ensis archiepiscopus( 3 ), presentibus et 
futuris in perpetuum : Sciatis quia nos , consilio fîdelium et amicorum 

( f ) Guillaume Aiguillon, surnommé de Trie, était seigneur de Barj ou ville, près Char- 
tres, et de Trie. Il fut le fidèle allié de Galeran de Meulan dans la lutte de ce sei- 
gneur contre le roi d'Angleterre Henri I er . Guillaume d'Aiguillon prit la croix en H 46. 
En H69, se voyant sur le point de mourir, il demanda à être enterré dans la léproserie 
du Grand-Beaulieu auprès de sa femme Elisabeth. Son fils Nivelon se conforma à ce 
désir, et , en reconnaissance de la sépulture accordée à son père , il donna à la léproserie 
du Grand-Beaulieu, du consentement de son fils Nivelon, deux arpents de pré à Sours. 

( 2 ) Voir supra, charte XCVII. 

( 3 ) Hugues III d'Amiens, archevêque de Rouen, de 1129 à 1104. 

t. i. 23 



194 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

nostrorum , concessimus monachis de Tyrone qui apud Crasvillam mo- 
rantur ecclesiam ejusdem ville cum decimis et elemosinis et omnibus 
que ad ipsam ecclesiam jure pertinere noscuntur, et décimas molendi- 
norum de Herolcort, de feodo Galeranni de Roche fort , et decimam unius 
molendini de Novilla , et unam carrucatam terre apud Grasvillam , et 
imam apud Roche-fort. Omnia hec, precatu ipsius Galeranni, salvo per 
omnia jure Rothomag'ensis ecclesie. Servantibus istis sit pax et gratia 
domini nostri Jesu-Ghristi , amen. » 

(Car t. de Tir on, t'° 54 v°.) 

GLXXIII. 
Vente à l abbaye d'un arpent de pré aux Prés-Morin. 

« De Prato-Morini. » 

1132 circa.) 

« Notum sit posteritati successorum quod Robertus Rereng^uarius 
vendidit monachis rfe Tyron agripennum prati juxta lineas Prati-Morini, 
trigûnta duos solidos, annuente uxore, sex denarios de assensu acci- 
piente, suis quoque sex fîliis sing'ulos denarios accipientibus. Interfue- 
runt autem huic venditioni : Aldricus, Frog*erius, Gaufridus, Rurg^in- 
dinus, fîlius Godeffredi de Nuilli; Rogerius, nepos Uduini. » 

( Cari, de Tiron , f° 9 v°. ) 

GLXXIV. 

Don de vignes et de maisons à Chartres. 

« De vineis Carnoti. » 
(1132 circa.) 

« Radulfus et Ansoldus Harpinus monachis Tyroni atque ecclesie 
illorum dant vin ag-ripennos vinee et dimidium domumque quandani 



CHARTULARIUM DE TIRONE. m 

in illis positam , et m agTipennos terre ad Grossellam et aliam domum 
in via Sancti-Petri , et iterum m agripennos terre post mortcin sororis : 
juxta illam terram sunt duo agripenni vinee quos frater illorum , Ro- 
bertus scilicet, post mortem suam eis concedit. Omniaista eoncesseriml 
ex parte sua parentes illorum, videlicet Lambertus patruus smis, Ju- 
bertusque fîlius, Elisabethque uxor ejus, Hersendis fîlia ipsius et 
Ermeng'ardis fîlia ejus similiter, et de istis supradictis infantes isti a 
Gonstantio monacho suam concessionem acceperunt. GumhisRobertus, 
fîlius Gaufridi Bainville, eoncessit, et Harduinus, sororius illorum . 
Strphanusque prepositus, Hugx) monetarius, Ansoldus fîlius Rogerii, 
Teobaldus Claro, Adzelardus prepositi frater ( 1 ), Alcherius Alonis fîlius, 
Strphanus fîlius Erii , fraterque Hubertus Asinarius( 2 ), Hug*o Tronellus 
fraterque Bereng'arius pelliparius ( 3 ), Popinusque g*ener illius, Hilde- 
rius Gorzeis , Pag*anus Sancti-Martini major, Barboeius et Guiardus 
sororius, Garinus laig*narius cog*natusque Gosbertus, Goscelinus pelli- 
parius , Stephanus corderius , Dag^obertus mercerius ( 4 ), Gaufridus mone- 
tarius, Nael famulus Alcherii , Tecelinus famulus prepositi, Hernaldus 
Rogrini , Alerrandus Berg^einvile , Librans-Nemus famulus prepositi , 
Odo Quitellus, Girardus Valeie. Ex omnibus istis supradictis auditores 
atque testes plures fuerunt, parentela illorum concessores. Pro ista 
concessione Lambertus cellerarius quinquag'inta solidos habuit. » 
Cart. de Tiron, f° 14 v°.) 

(M Voir supra, note 3 de la page l.'>7. 

( 2 ) Hubert l'Anier , qui figure souvent dans le Cartulaire, était prieur de l'abbaye de 
Tiron à Chartres. 

( 3 ) Le commerce des pelletiers était très important au Moyen-Age : le goût prononcé 
des seigneurs et des membres du haut clergé pour les fourrures assurait aux pelletiers 
de Chartres un débit facile des marchandises que leur fournissaient en abondance les 
forêts dont le pays était alors couvert en partie. Au commencement du XII e siècle, 
nous voyons le roi Louis VI demander à l'évêque Ives deux paires de peaux de chats 
sauvages du pays Chartrain-, Thibaut Claron, qui parait comme témoin dans cette 
charte, donne, comme pot de vin, à Payen de Fains, duquel il avait acheté une terre, 
deux magnifiques peaux de chats sauvages. 

( 4 ) Ce Dagobert, mercier, est certainement le même qui est désigné dans la 
charte CXXVI sous le nom de Dagobertus aculearius. Nous ferons remarquer la syno- 
nymie de ces deux mots, mercerius et aculearius, qui prouve que, dès le XII e siècle, le 
commerce des aiguilles était une branche importante de la mercerie. 



196 GHARTULARIUM DE TIRONE. 



CLXXV. 



Don au prieuré des Châtaigniers d'un pré à Saint-Bomer. 

(1132 circa.) 

« Notum esse volumus tam futuris quam presentibus quatinus Gau- 
fridus de Saneto-Botmeio , pro remedio animç suçet parentum suorum, 
quoddam pratum suum monachis de Tiron in loco Gastaneorum Deo 
famulantibus , Guillelmo fîlio suo concedente, dédit atque concessit. Et 
quoniam illud pratum ecclesie Sancti-Botmeii fuerat , aliud pratum quod 
erat juxta prefatam ecclesiam( 1 ) eidem ecclesie, Herveo presbitero con- 
cedente , donavit atque concessit. » 
{Cart. de Tiron, f° 42 r°.) 

GLXXVI. 

Don de la terre de Granri. 

« De Granri. » 
(1132 circa(2). 

« Notum sit omnibus quod ego Erenburgis de Alneio dono Deo Sal- 
vatori et ecclesie de Tyrum fîlium meum Arnulfum ad monachum fa- 
ciendum. Dono etiam predicte ecclesie in elemosina totam terram nos- 
tram de Granri im perpetuum possidendam. Hoc concessit conjux meus 
Guido Berardus et fîlius meus Bobertus de Alneio. Hujus rei sunt 

C 1 ) Ce pré est celui dont il est question à la fin de la charte CLI, et que le prieur des 
Châtaigniers avait abandonné au curé de Saint-Bomer. 

( 2 ) La date de cette charte aurait peut-être dû être reculée de quelques années. Elle 
nous paraît en effet marquer la foudation du prieuré de Granri : or, d'après la 
charte XCII déjà publiée par nous, nous voyons que ce prieuré existait antérieurement 
à l'année 1128. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. \\r, 

testes : Hugo de Montorio et Goffredus frater ejus ( ! ) , et Achardus frater 
meus, et Radulfus de Lunaico, Nicholaus filius Girberti , Guiardua d< i 
Bonavalle, et Josbertus et Lanbertus fîlii ejus. » 

( Car t. de Tir on , f° 67 v°. ) 

GLXXVII. 

Don au prieuré de Saint-Ouen de trente sous de revenu 

à Tournan. 

« Do Tornaco. » 
(1132 circa.) 

« Notum sit universis sancte ecclesiç fîdelibus quod Manasses, Tor- 
niaci dominus, dédit monachis Tironensibus aput Sanctum-Abdoenum 
degentibus xxx solidos, singulis annis, de redditibus supradicti castri 
ïorniaci , videlicet quos diu deinceps monachis abstulit. Postea vero, 
quadam infîrmitate correptus et monachorum monitu excitatus, num- 
mos quos diu abstulerat Deo et monachis , super altare Sancti-Audoeni 
manu propria baculo quodam posito, reddidit. Hac de causa dederunt 
ei monachi quatuor modiosvini. Hujus rei testes sunt : domnus Hugo 
Torniaci prior( 2 ), Galo de Gampo-Roure, Petrus de Bosco, Gislebertus 
prefectus, Arraudus, Guido de Sancto-Audoeno , Rainerius armiger 
Manasses. » 

(Car t. de Tiron, f° 75 r°.) 

i 1 ) Un des membres de cette famille, peut-être le père de Hugues et de Geoffroy, 
Pierre de Montoire, figure, en U24, comme témoin, dans l'acte de fondation do l'église 
Notre-Dame -des-Marchais à Troô par Foulques, comte d'Angers. Dans une charte du 
prieuré de Fréteval de 1187, un autre Pierre de Montoire est désigné comme fils d'Ha- 
melin, qui lui-même avait succédé à Mathieu de Montoire. — Cette note complète les 
renseignements que nous avons déjà donnés sur les seigneurs de Montoire, note 2, 
p. 166. 

( 2 ) Ce prieuré de Tournan est le même que celui désigné dans cette charte et ailleurs, 
sous le nom de Saint-Ouen. 



198 CHARTULARIUM DE TIRONE. 



CLXXVIII. 



Confirmation au prieuré de Saint-Ouen de trente sous de revenu 

à Tournan. 

« De Tornam. » 
( 1 132 circa. 

« Noscat universalis ecclesia quod Mariasses de Tornen xxx solidos 
quos ad lumen çcclesie Sancti-Audoeni semper inveniendum, sicut 
superius legitur, concesserat, et nescio qua ductus incuria aliquando 
se concessisse neg*averat , in presencia domini Guillelmi abbatis , palam 
testibus bis deinceps recognovit : Gauterio de Yilla-Beiun( 1 ), Gilleberto 
de Gorcelliis , Pagano de Campo-Rouro , Ligerio de Tornen , Gilberto 
venatore, Gilberto pistore, Durando Salt-de-Crues , Simone fîlio Girardi 
Bucberii, Giroldo et Mainardo fratre Roberti Bogii et pluribus aliis. » 

{Carl.de Tiron, f°73r.) 

GLXXIX. 

Don au prieuré de Saint-Ouen de prés à Villemigeon. 

(1132 circa.) 

« Notum sit omnibus tam futuris quam presentibus quod Adam de 
Armentrecis monachis Tironensibus locum Sancti-Audoeni incolentibus 
omnia prata que juxta Villam-Meion habebat, caritate quadraginta 
solidis ab ipsis acceptis, donavit. Gondonavit etiam ipsis xn nummos 
quos pro censu, sing*ulis annis, illi dare soliti fuerant de terra quam 
tenebant ab illo et quç est ante suum hostium, concedentibus pâtre e1 
matre et fratre atque suis sororibus. Ex parte Adam huic dono inter- 
fuerunt testes : Gaubertus Rufus , Herbertus suus sororius , Girardus 

(*) Sic, pro Villa-Meiun. Voir la charte suivante. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 199 

venator, Gauterius de Villa-Meion ; ex parte monachorum : Guido do- 
minus de Leugeiis, Albertus frater Henrici de Neiella, Adam frater 
eorumdem, Gislebertus Eng*ania. Facta est autem concessio hujusdoni 
el eonfirmata in curia domine Marg , arite( 1 ), ipsa présente atque Guidon»- 
Blio suo. 

» Adam iterum donavit ipsis monachis Tironensibus terrain quç est 
juxta Villam-Meion, fratre et sorore et marito sororis Seron eonce- 
dentibus; x solidos ex ipsis monachis habuit. Hoc factuni fuît in pre- 
stencia dominorum Gurnomii( 2 ), videiicet Manasse et Widonis. Hii sunt 
testes : Petrus de Nemore ( 3 ), Galo, Angerius sacerdos, Gauterius 
Grossus, Bartholomeus Fortis, Gislebertus. » 

{CarL de Tiron, f° 73 r°. ) 

GLXXX. 

Don d'un droit de fief sur deux moulins. 

(, 1132 circa.) 

« In divina pagina legitur a Domino dictum quia « sicut aqua extin- 
» g*uit ig-nem, ita elemosina exting-uit peccatum. » Quapropter nos 
fratres Goslenenses( 4 ) sororque nostra, in redemptione animarum nostra- 

(') Marguerite, dame de Tournan, était la mère de Manassès et de Gui. Parmi les 
seigneurs qui succédèrent à Manassès dans le domaine de Tournan , nous n'avons 
retrouvé qu'une dame nommée Héloïse, dont la tombe, du XIII e siècle, se voyait au- 
trefois dans l'église de Saint-Denis de Tournan. 

( 2 ) Sic, pro Turnomiï; c'est certainement des seigneurs de Tournan qu'il est ici 
question : nous avons vu figurer Manassès dans les deux chartes précédentes. 

( 3 ) Petrus de Nemore est souvent aussi appelé Petrus de Bosco dans le Cartulaire. 

(*) Cette expression Goslenenses fratres désigne ordinairement dans nos titres du pays 
Cliartrain les quatre frères de la famille de Lèves dont nous avons parlé (voir note 2 , 
p. 188); mais il est impossible d'attribuer à ces seigneurs la charte qui nous occupe. 
Les seigneurs de Lèves avaient de riches propriétés aux environs de Chartres , mais 
quelle apparence qu'ils aient été propriétaires en Poitou? D'ailleurs le nom de ces 
frères se trouve à la fin de cet acte, Albert, Giraud, Airaud, etc. — Nous n'avons pu 
déterminer d'une manière précise l'emplacement du prieuré de Murciaco, mais , suivant 
une note du XVII e siècle jointe au Cartulaire original j ce prieuré était celui de Tiron, 
au diocèse de Maillezais. 



200 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

rum, damus cuidam monacho et sociis ejus fedum quod in duobus 
molendinis habemus, quos a dominis nostris, Gaufredo videlicet la 
Burcla et Helia ciel Brid, sororis sue conjure, tenemus, et a Fulberto 
de Luens, a quo medietatem unius molendini habemus modiationis, 
ipsam ab eodem Fulberto quietam eisdem monachis facientes ; quartam 
vero partem ipsius molendini nobis retinemus, talem in ejus edifîca- 
tione mittentes qualem et accipimus. Predictam quoque medietatem 
idem Fulbertus monachis postea concessit , audientibus Frogerio Barba 
et Gaufredo Barre; censum autem alterius medietatis reddent monachi 
Gaufredo la Burda, et Elie de Brul unum sextarium frumenti , alterum 
vero annone ejusdem moldure ; de altero quoque molendino ejusdem 
dominis n sextaria reddent avene. Hoc nos Goslenenses fratres damus 
et concedimus Bernardo, monacho de Murciaco, et sociis ejus, ut ha- 
beant et successores religionem eorum sectantes , absque calumpnia seu 
calumpniatore , audientibus : Aimerico, Benedicto, Tedardo. Hoc idem 
concesserunt : Gaufridus la Burda, Helias del Brul et uxor ejus soror 
Gaufredi , audientibus : Alberto , Giraudo , Gaufredo , aliisque quam- 
pluribus. f Signum Alberti. f Sigmim Giraudi. f Signum Airaudi. 
f Signum Bonelli. f Sig*num Rainaldi. f Signum Eldeardis. » 

{Cart.de Tiron, f- 80 r°.) 

GLXXXI. 

Donation de terre à Chanteloup. 

(t 132-1 143.) 

« Ego Gaufridus,, Dei gratia, Garnotensis episcopus et apostolice 
sedis leg*atus, universis ecclesie fîliis notifîcamus quod Rainaudus, co- 
gnomento Pereehaie, quicquid sibi retinuerat in illa terra que Gampus- 
Lupi dicitur, quam Gastridunensibus leprosis( 1 ) dederat, Deo et mona- 

(i) Nous ignorons la date exacte de la fondation de la léproserie de Châteaudun ; mais 
cet établissement remontait certainement au moins aux premières années du XII e siècle. 
Vers 1120 en effet, nous voyons Guillaume de Mesmerand se retirer à la léproserie de 
Châteaudun et lui faire don de tout ce qu'il possède à la Jambe. La maladrerie était 
établie devant la croix de Saint-Eman ; aussi est-elle appelée dans les chartes leprosaria 
de Cruce-Sancti-Alemanni Castriduni. 



CHARTULARIUM DE TIRONK. mm 

chis de Tyrum apud Ugriam commorantibus , sine ullo retentu, libère 
in elemosinam, in presentia nostra donavit, videlicet ejusdem terre <!<»- 
minium et omnium arborum terre eulte fructus, et unum modium mê- 
lions avene ejusdem terre, singulis annis, in festivitate sancti Remigii, 
ftccipiendum. Hoc tamen sciendum est quod prefatc terre cultores in 

supradicta solennitate illum annone [modium ] afférent et mona- 

chis reddent. Si vero die prescripta redditum , terre cultores 

eum afférentes monachis reddent. Verumtamen hoc [pretermitjtendum 
non est quod quamdiu annone modium prenominati cultores reddere 
distulerint, tamdiu eadem terra in manu et potestate monachorum 
(rit, et quicquid in toto feodo illo de rébus cultorum invenerint sine 
offensa capere poterunt. Hoc autemut ratum et inviolabile permanerel , 
quia in presencia nostra factum fiierat, presens scriptum, ad testimo- 
nium futurorum, nostri auctoritate sigillimuniri precepimus. Hujus[rei 
ex utraque parte testesexistunt : Gauterius sacerdos de Cloia, Gaufre- 
dus Normannusj, Angeroandus pater Big*oti, Francus, cum pluribus 
aliis. » 

[Vidimus en pardi, d'août 1381.) 

GLXXXII. 

Confirmation des biens de l' abbaye par le pape Innocent IL 

(1132/3, 16 mars.) 

« lnnocentius episcopus , servus servorum Dei , dilecto fîlio Guillelmo, 
Tyronensi abbati, ejusque successoribus re^ulariter substituendis , in 
perpetuum : Offîcii nostri nos hortatur auctoritas aecclesiarum omnium 
curam g^erere et earum quieti et utilitati salubriter, auxiliante Domino, 
providere. Quamobrem, dilecte in Domino fîli, Guillelme abbas, karis- 
simi fratris nostri Gaufridi, Garnotensis episcopi, precibus inclinati, 
tuis rationabilibus postulationibus clementer annuimus et Tyronense 
Sanctse-Trinitatis monasterium, cui, Deo auctore, présides, apostolicae 
srdis patrocinio duximus muniendum. Statuimus enim ut quœcumqu^ 
pessessiones aut bona in presentiarum ad idem monasterium juste et 

T. I. 26 



202 GHARTULAR1UM DE TIRONE. 

canonice pertinere noscuntur , aut in futurum concessione pontificum, 
larg^itione reg*um vel principum, oblatione fîdelium seu aliis justis mo- 
dis , prestante Domino , eidem loco offerri contig*erit , fîrma tibi tuisque 
successoribus et illibata permaneant. In quibus hec propriis nominibus 
annotanda subjunximus : in regno Angliae, in episcopatu Sancti-David, 
aecclesiam Sanctse-Mariç de Cathmeis , cum appenditiis suis ; in episco- 
patu Sancti-Andree de Scotia, abbatiam Sanctse-Mariae Rochaburgensis, 
cum appenditiis suis ; çcclesiam Sanctorum martyrum Johannis et 
Pauli de OgTa , cum appenditiis suis ; çcclesiam Sancti-Egydii de Cas- 
tenariis ; çcclesiam Sancti-Leonardi de Ferreriis ; çcclesiam Sanctae-Ma- 
riç de Asneriis ; çcclesiam Sanctae-Mariç de Telio ; çcclesiam Sancti-Lau- 
rentii de Rrigia ; çcclesiam Sancti-Petri de Audita ; çcclesiam Sancti- 
Martini de Hildrevilla; çcclesiam Sanctse-Mariç-Mag'delenç de Jarzia ; 
çcclesiam Sanctae-Marie de Agoiille ; çcclesiam Sancti-Johannis-Raptiste 
de Murgeriis ; çcclesiam Sancti-Andree de Ang-lia , cum appenditiis suis. 
Decernimus ergo ut nulli omnino hominum liceat vestrum monaste- 
rium perturbare aut ejus possessiones auferre vel ablatas retinere, mi- 
nuere seu aliquibus molestiis fatig'are ; sed omnia intégra conserventur 
eorum pro quibus g^ubernatione et sustentatione concessa sunt usibus 
profutura , salva nimirum dyocesanorum episcoporum reverentia. Dé- 
cimas sane laborum quos propriis manibus aut sumptibus colitis , seu 
etiam vestrorum animalium, absque alicujus contradictione, vobis con- 
cedimus possidendas. Si qua ig*itur in posterum secclesiastica secula- 
risve persona hanc nostrae constitutionis pag*inam sciens contra eam 
temere venire temptaverit , secundo terciove commonita , si non factum 
dig^na satisfactione correxerit, potestatis bonorisque sui periculum 
patiatur et a sacratissimo corpore et sang*uine Dei et domini nostri 
Jesu-Christi aliéna fiât ; conservantes autem eidem loco quae justa sunt 
omnipotentis Dei et beatorum apostolorum Pétri et Pauli gratiam con- 
sequantur. Amen, amen, amen. 

» f Eg*o Innocentius, catbolicç ecclesiç episcopus (monogr.) 
» f Eg*o Lucas, presbiter cardinalis tituli Sanctorum Johannis cl 
Pauli, subscripsi. 

» f Eg*o Greg*orius, diaconus cardinalis Sanctorum Serg*ii et Rachi, 
subscripsi. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 

» f Eg'o Otto, diaconus cardinalis Sancti-Georg-ii , subscripsi. 

» f Eg*o Guido, diaconus cardinalis Sanctorum Gosme et Damiani. 
subscripsi. 

» Datum Valentie, per manum Aimerici, sanctae Romanae œcclesiœ 
diaconi cardinalis et cancellarii, xvn kalendas aprilis, indictione x. 
incarnationis dominiez anno M G XXX II , pontifîcatus autem domni 
ïnnocentii n pape anno m°. » 
{Original en parch. — Cari, de Tirov. 1° I v°. I 



GLXXXIII. 
Fondation du prieuré de Bacqueville. 

« Littere de Basque villa. » 

(1133.) 

<( Hugo, Deigratia, Rothomagensis archiepiscopus , Willermo, ve- 
nerabili abbati de Tyron, ejusque successoribus canonice substituen- 
clis, in perpetuum : Ad nostrum pertinere dignoscitur offîcium loca 
Deo dicata sub protectione sancte matris ecclesie suscipere eorumque 
bona sibi canonice a fîdelibus collata nichilominus episcopali auctoritatc 
tueri et roborare. Verumptamen oblationes fîdelium que precia pecca- 
torum esse noscuntur a nemine licitum est frangû, nec ad alios usus 
prêter eos quibus assig'nate sunt aliquos inde fas est perfrui. Geterum 
de ieiig»ione et bona vestra conversatione g*ratulantes, que pie requiri- 
tis cong'ruum vobis duximus concedere justisque vestrispostulationihus 
assensum prebere. Ecclesiam itaque Sancte-Marie de Bascbe villa eu m 
lus que ad eam pertinent et sex acras terre vobis concedimus; nec illud 
concessioni nostre nocere débet quod monachi de Pinu eamdem eccle- 
siam aliquando habuerunt atque ibidem aliquamdiu commorati sunt ; 
idem namque monachi jamdictam ecclesiam locumque illum Willelmo 
Martel (*) in presentia nostra reddiderunt et inde sibi quod vellet facere 

( { ) Pendant plusieurs siècles , la famille Martel compta parmi les plus riches de la 
Normandie. Son principal hôtel à Rouen était situé en la rue actuelle de la Prison, 



204 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

permiserunt. Goncedimus vobis preterea ecclesiam Sancti-Petri de Bas- 
chevilla, cum universis sibi pertinentibus , salva parte monachorum 
Sancti-Wandreg'isili , et ecclesiam Sancti- Johannis de Wimbelevilla cum 
omnibus que ei pertinent , et duas garbas de décima feodi Gauterii pre- 
fecti ; duas quoque garbas de feodo Bartholomei fîlii Gauterii , quod 
tenet deGisleberto de Tillio, et unam acram terre vobis similiter conce- 
dimus , et duas garbas de feodo Huberti de Tudela , et de feodo Willelmi 
Nani duas garbas, et de feodo Willelmi Recucion quod habet apud Albe- 
mont duas g^rbas , et de feodo Ricardi de Grouciet quod tenet de Rogerio 
de Guitot duas garbas, de feodo vero Gauffridi de Fag'erlanda quod 
tenent Herluinus et Gislebertus de Baudretot duas garbas et unam acram 
terre , et n g*arbas de feodo Rogerii fîlii Haumundi , de feodo etiam Gis- 
leberti de Tillio quod tenet Gislebertus Malvaslet duas g^arbas et unam 
acram terre , sed et de feodo Willelmi Geroart duas g^arbas , et de terra 
Gisleberti Grammatici n g*arbas, de terra quoque Radulphi prepositi n 
g*arbas , et de feodo Vaulterii Ruffî duas g^arbas , et de feodo Roberti de 
Germondivilla duas g*arbas, et de feodo Radulphi de Wimbelevilla 
duas g"arbas , de hamello vero Gisleberti de Gornevilla n gwbas , et de 
terra Radulphi de Busseio duas garbas , et de terra Roberti carpentarii 
duas g*arbas, et de Willelmo de Petra villa de xx acris terre n g*arbas. 
Preterea ea que Willermus Martel et fratres sui , mater quoque sua et 
conjunx fîliique sui dederunt et concesserunt vobis, ad opus monacho- 
rum ceterorumque fratrum in ecclesia Beate-Marie de Baschevilla Deo 
assidue servientium( 1 ), et nos concedimus fîrmaque vobis et illibata 

près de l'église de Sainte - Marie - la - Petite , dont les anciens Martel de Bacqueville 
avaient été les fondateurs. Cet hôtel fut saisi sur la famille Martel au commencement 
du XVII e siècle et vendu à Robert Arondel, sieur de Bieurville. — Près de l'hôtel de 
Bacqueville était l'hôtel de YEcu de France, où mourut, le 22 octobre 1613 , Mathurin 
Régnier, dont les entrailles furent enterrées en l'église de Sainte-Marie-la-Petite. 

(*) Dans le Registre des visites d'Eudes Rigaud, archevêque de Rouen, nous trouvons 
les renseignements suivants sur le prieuré de Bacqueville : « Oct. 1248. Venimus apud 
Basquevillam. Invenimus quod monachi exeunt claustrum illicenciati; seculares fréquen- 
ter intrant claustrum ; non observabant jejunia régule, culcitris utebantur. Statuimus 
quod monachi claustrum non exeant, nisi licencia a priore obtenta; inhibuimus ne secu- 
lares claustrum intrent, et injunximus quod a culcitris abstineant et jejunia régule obser- 
vent. Item invenimus quod Laurencius et Gofridus infamati sunt de nimio discursu per 
villam ultra voluntatem prioris : promiserunt quod bene se super hiis emendarent , ita 



GHARTULARIUM DE TIRONE. SOS 

deinceps perpetuo sanccimus possidenda manere, videlicet de proprio 
dominio suo xx acras terre, quarum una est in prato, boscum eciam 
essarti et viridarium sicut aqua currebat, et terrain vivarii usque ad 
fossetum, et curiam edifîcii usque ad viam molendini, et ut in eodein 
molendino annonam suam quiète molant post bladum quod ingranalmn 
fuerit. Decimam autem nummorum suorum quos in Normannia ipse 
Willelmus Martel in redditibus habuerit et in Anglia de censu, et deci- 
mam sui victus qui non fuerit emptus de denariis decimatis, et Apud 
Baschevillam expendetur, et duo modia vini ad Rotliomaguin pariter 
vobis concedimus. Geterum boves monachorum in dominicis pascuis 
cum bovibus domini quiète perdant. Dédit etiam Nicholaus de Osovilla 
unam acram terre, et Robertus de Magnavilla unam acram terre, sed 
et Gislebertus de Hotot quinque acras terre , et Willelmus de Warin villa 
duas. Verumptamen quecumque in presentiarum canonice possidetis 
vel deinceps justis modis adipisci poteritis, fîrma vobis et stabilia perma- 
neant, salvo sancte Rothomagensis ecclesie jure episcopali et consuetu- 
dine juste servata parrochiali. Gunctis igitur vobis ista servantibus sit 
pax domini nostri Jesu-Christi, quatinus et in presenti fructum bone 
actionis percipiant et in futuro premia eterne pacis inveniant. Amen. 
» Actum est hoc anno ab incarnatione Domini M G XXX° tercio, 
régnante rege Francorum Ludovico, principante in Normannia rege 
Anglie Henrico, pontifîcatus vero nostri anno quarto. Ego Hugo, 
Rothomagensis archiepiscopus , subscripsi f. Eg^o Walterius, abbas 
Sancti-Wandregisili, subscripsi f. Ego Gauffridus, archidiaconus, 
subscripsi f. Ego Rogerius, archidiaconus, subscripsi f. Ego Ful- 
bertus, archidiaconus, subscripsi f. » 

{Cart. de Tiron, f° 86 r°. — Écriture du XVI e siècle.) 

<liwd bonam famam de ipsis audiremus. Prioratus habet in redditibus ce libras; debent 
circa xl libras. » — « Fév. 125G. Visitavimus apud Basquevillam. Ibisunt quatuor mona- 
chi Tironenses. Utuntur culcitris; injunximus hoc emendari. Est ibi quidam qui non est 
presbiter; injunximus ei quod quolibet même confiteatur et communicet corpori et san- 
guini Jhesu-Christi. Ter in ebdomada datur elemosina omnibus ad eam venientibus. Non 
ont jejunia régule , utuntur earnibus passim: injunximus eis quod super hoc régulant 
suamplenius observarent. Frater Johannes Pligant, prior , f rater Lucas deNogento, f rater 
Herbertus Carnotensis , frater Stephanus de Castroduni; istos monuimus de premissis. 
Redditus non sunt conscripti; injunximus priori quod eos conscribi faceret. Debent cl 
libras ; habent in redditibus ce libras. » 



206 CHARTULARIUM DE TIRONE. 



CLXXXIV. 



Confirmation par Ursion de Fréteval de divers dons faits 

à l'abbaye. 



(1133. 



« Notum sit universis Christi fîdelibus quod ego Ursus de Fraeta- 
valle concessi monachis de Tyron unam carrucatam terre quam Johan- 
nes de Secore dederat eis ad Verrerias , et decimam Guicherii quam pre- 
fatus Johannes dederat eis in parrochiarfe Alteil, et decimam de Bolvilla 
quam dederat Hug*o de Jaland, per manum Goffredi Garnotensis epis- 
copi, et illam terram quam dederat eis Aubertus de Sechervilla ad 
Viler-Mafre. Hanc concessionem feci in thalamo meo Fractavalle, 
volente mea uxore Béatrice (*) et filiis meis volentibus et concedentibus 
Nivelone et Hamelino, anno ab incarnatione Domini MGXXXIII, Theo- 
baldo existente comité Bleseacensium , istis videntibus et testantibus 
quorum nomina subscripta sunt : Salomon de Torei, Matheus Potoron, 
Brito de Sancto-Karilelfo , Gauterius Theutonicus, Girardus de Vilers(*) 
et Herbertus fîliussuus, et Hug*o Potoron, Girardus de Cambon, Gaute- 

(*) Béatrix, sœur d'Aimery, seigneur deLavardin, était la seconde femme d'Ursion de 
Meslay. Celui-ci avait d'abord épousé Emma qui, au mois de mars 1122, date du château 
de Fréteval une confirmation du don fait par son mari à l'Hôtel-Dieu de Châteaudun de 
trois cents arpents de bois sis entre la grande route qui va de Beaufou à Fréteval d'une 
part, et le bois Bourreau d'autre part. 

(*) Une charte de l'année 1120 environ, par laquelle Guillaume de Mesmerand, en 
présence de l'évêque d'Orléans , Jean II , donne la terre de la Jambe à la léproserie 
de Châteaudun, est confirmée par Guillaume de Villiers, suzerain de Guillaume de 
Mesmerand, et tenant lui-même cette terre de Payen, fils de Guérin. A cette charte 
apparaissent comme témoins le vicomte de Châteaudun , Geoffroy, avec sa femme 
Helvise, et tous les seigneurs que nous avons vus en diverses occasions formant la cour 
du vicomte Geoffroy II : Renaud de Spiers, Guillaume Goët le jeune, Etienne de 
Neuvy, Payen Hélinand, etc. — Si nous citons cette pièce, c'est qu'on a été embarrassé 
pour lui assigner une date approximative à cause de la présence de l'évêque d'Orléans. 
Jean II, qu'on confondait avec Jean de Salisbury, évèque de Chartres. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. nr, 

rius Moysant, Odo famulus. Beatricis sigimm y. Ursi sigmim f. Nive- 
lonis sig*nuni f. Amelini sig*num f . » 

vrt. de Tir vn, 1° 31 r°.) 

GLXXXV. 

Don par le vicomte de Châteaudun de terres à Fontaine-Raoul 

et à Bouffry. 

« De Gurgitibus Emeniarde. » 

(1133.) 

« Ne cujusdam pactionis noticia posteros nostros lateat quam don mus 
Goffredus, Castridunensis vicecomes, et ejus venerabilis uxor Helvisa, 
(•uni ïyronii monasterii abbate et conventu habuit, illam litteris com- 
mendare et cyrographo confîrmare voluimus. Predictus vicecomes et 
ejus uxor venerabilis, divine remuneracionis spe et intuitu concitati el 
desuorum antecessorum salute solliciti , abbatem eteonventum predidi 
monasterii postulaverunt ut in loco suo proprio constitueretur ( 1 ). Gui 
conventui dederunt predictus vicecomes et uxor ejus ad Fontem-Radulfi 
quatuor carrucatas terre , et ad buinonium Esgrenne fluvii duas carru- 
catas, et ex altéra parte ejusdem rivi alias duas carrucatas terre, et 
totam terram de Planis-Baufredi , et juxta castrum Montis-Dublelli 
uiiam carrucatam terre que vocatur Fossa-Roberti. Et notum sit omni- 
bus hominibus quod istas supradictas terras ita libéras et quietas dede- 
runt sicut prius ipsi tenebaùt, et concesserunt pasturam nemorum suo- 
rum omnibus animalibus babitancium in his locis, excepto defenso suo, 
et cursum omnium nemorum suorum propriis porcis monachorum abs- 
que pasnag^io. Et concesserunt omnia nemora sua habitatoribus horum 
locorum ad edifîcandum et calefaciendum. Dederunt etiam dimidiam 
partem décime nummorum redditus Gastriduni , quam prius totam Tyro- 
niomonasteriodederant. Tali autem condicione ista dédit et concessitsu- 

(') Ce prieuré fondé sur la terre du vicomte de Châteaudun est celui des FoiUcau.x. 
dont nous avons déjà parlé, en. GLVII. 



208 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

pradictus vicecomes et uxor ejus ut ibidem conventus inperpetuum ha- 
beretur. Hec autem facta sunt anno ab incarnatione Domini M° G trice- 
simo tercio , Gastriduni , in aula sua, fîliis et fîliabus suis concedentibus 
Hug^ne, Huberto( A ), Aupeza, Heloisa, régnante Lodovico reg*e Franco- 
rum , et Goffredo existente consule Andeg*avensium. Istis videntibus et 
audientibus quorum nomina subscripta sunt : Ernulfus de Laneré, Lam- 
bertusTortus( 2 ), Fulcoius Escharbot , Girardus Diabolus, J*etrus Laguina , 
Stephanus Forrarius, Despierius de Laneré ( 3 ), Stephanus de Novice-, 
Theobaldus fîlius Engelardi, Morellus Moisnardus, Guillelmus de Por- 
cheria, nepos Heloisse vicecomitisse , Hugo de Insula-Buchardi , Pag*a- 
nus de Venchaico, Guillelmus de La Ferté, Girardus et Guillelmus 
famuli monachorum ,' Agnes soror vicecomitisse. » 
{Cari, de Tiron, f°32v°.) 

GLXXXVI. 

Accord entre l'abbaye de Tiron et celle de la Madeleine 
de Châteaudun pour l'église de Ruan. 

« Garta Gaufridi, episcopi, super compositione inter nos ( 4 ) et monachos 

de Tyronio. » 



(1133. 



a Juste, pastoralitatis officium esse cognoscitur cum is qui curam 
habet regiminis in administratione pacis ei concordie plebibus a Do- 

(') Sic, pro Pagano. 

( 2 ) Pourquoi ce Lambert le Tort ne serait-il pas le célèbre auteur de YAlexandriade? 
On sait que celui-ci s'intitulait « clerc de Châteaudun. » 

( 3 ) Ce témoin est le même que Raginaldus de Spieriis que nous avons plusieurs fois 
rencontré dans le Cartulaire (Renaud d'Epieds, seigneur de Lanneray). 

(*) Ce chirographe fut divisé entre les moines de Tiron et ceux de la Madeleine. 
La charte qui a servi pour notre publication est celle qui fut remise à l'abbaye de la 
Madeleine. 



CHARTULAKIUM DE TIRONE. m 

mino sibi commissis sollicite providet universis. Gum vcro omnibus qui 
Ghristi nomine insig*niti sunt necessarium sit concordie bonum, illoruin 
precipue concors et unanimis débet esse intentio, qui ex mutue dilec- 
tionis exhibitione discipuli veritatis ab omnibus agnoscuntur ('). Ne 
igûtur inter homines pie devotionis et sane opinionis aliqua in posterum 
retractetur discordia, ad dirimendam controversiam que inter karissi- 
mos filios nostros Tyronenses monacbos et canonicos Gastridunenses 
super quadam ecclesia parrochiali cui nomen Rotomagum emerserat, 
ego Gaufridus , Garnotensis episcopus , apostolice sedis legatus , effica- 
citer elaboravi , et de modo concordie hanc nostrç inscriptionis pa^i- 
nam , auctoritatis nostre munimine roboratam , ad agnitionem tam pre- 
sentium quam futurorum reliqui. Siquidem, in Rotomagensi çcclesia 
supradicta quç in episcopatu nostra sita erat, déserta tamen et solitaria, 
quod meum erat venerabilis frater noster, Guillelmus, abbas Tyro- 
nensis ecclesie , per nostre manus dationem et concessionem , sanctis 
precibus meruerat obtinere ; sequenter, cum ecclesia Beate-Marie Gastri- 
dunensis ( 2 ) , auctore Deo, regularibus canonicis tradita fuisset , et in 
ea Archenbaudus ( 3 ), vir venerabilis, in abbatem fuisset ordinatus, 
idem abbas Archenbaudus et fratres qui cum eo erant canonicani 
vitam possessi, a quodam milite, Gaufrido de Arrou ( 4 ), possessore me- 
morate ecclesie Rotomagi, in tanta reverentia et amore sunt habiti , ut 
eis circa Rotomag*i ecclesiam terram trium carrucarum dederit, ipsam 
quoque ecclesiam ut eis concederem postulavit. Verum ego eandem 
çcclesiam bis dare reveritus , quoniam eam jam monachis Tyronensibus 
concesseram, utriusque partis quieti providens, utilitati consulens 
prout rectius potui , de eadem ecclesia disposui hoc modo. Habebunt 

(') C'est le préambule de cette charte qui a servi à forger la lettre de l'abbé de 
Tiron à Guillaume de Passavant, évêque du Mans , lettre que nous publierons plus loin. 

( 2 ) L'église de la Madeleine de Ghâteaudun fondée, suivant la tradition, du temps de 
Gharlemagne, fut d'abord desservie par des chanoines séculiers sous le vocable de Notre- 
Dame. Vers l'an 1130, Geoffroy IV, vicomte de Châteaudun, substitua des chanoines 
réguliers aux anciens possesseurs. 

( 3 ) Archambaud fut le premier abbé régulier de la Madeleine. En H31, il dressa 
pour son abbaye un règlement général qui nous a été conservé. 

( 4 ) Les membres de la famille d'Arrou figurent pendant les XII e et XIII e siècles 
parmi les principaux bienfaiteurs de la Madeleine et de l'Hôtel-Dieu de Châteaudun. 

t. i. 27 



210 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

amodo canonici Castridunenses et obtinebunt , in pace et concessione 
Tyronensium fratrum, corpus ecclesiç Rotomagi, décimas et omnia 
parrochialia ; Tyronenses vero monachi terram quam in Rotomagi par- 
rochia possident per se et per mediterios suos cultam et de se et de 
mediteriis suis ab omni parrochiali jure quietam habebunt, et tam 
eam quam aliam terram quam habent ad Fontem-Radulfî et ad 
Gnathe ( l ) , hospitibus et mansionariis et mediteriis suis, quibus et quot- 
quot voluerint, ad libitum suum, quiète distribuent possidendam et ex- 
colendam. Quorum omnium baptismus , confessiones , sponsalia, décime 
majores et minute et omnes reditus parrochiales , sépulture etiam et 
corpora defunctorum ad ecclesiam de Castro Bofferici deferentur. Scien- 
dum est etiam quod hec loca, Foetelli, Fons-Radulfî et Guathe ita 
libéra et quieta erunt, quemadmodum monasterium Tyronii, quod 
situm est in parrochia Sancte-Marie de Guarzeis , quietum et liberum est 
ab omni jure parrochiali. Statutum est etiam ut in carrucata terre 
quam prefati monachi habent juxta Vilerboul et in Buxeria mediterios 
vel habitatores omnes quos voluerint et pro capacitate terre poterint , 
ad libitum suum possent, quorum décimas majores et minutas ipsi 
eidem monachi Tyronenses intègre possidebunt ; sed habitatores cum 
omni jure parrochiali ad çcclesiam ibunt, ad cujus parrochiam perti- 
nebunt. Porro prêter hec omne quod monachi Tyronenses ultra Ledum 
possessuri sunt et per se cum propriis carrucis absque mediteriis elabo- 
raturi, quietum a decimis et omni parrochiali jure possidebunt. Hujus 
rei testes affuerunt : Bernardus , capicerius Garnotensis ecclesie ; Gau- 
fridus , decanus Novigenti ; Herbertus , presbiter Sancti-Hilarii ; ma- 
g*ister Odo Piszat; mag'ister Guillelmus de Modalibus ; Robertus pres- 
biter ; prêter hos : Rainaudus et Ivo et Rog'erius , famuli abbatis 
Tyronii ; Gosbertus de Aula ; Gaufridus , cocus abbatis Yindocinensis ; 
Gaufridus Ballargent ; Ernaudus de Ghenio ; Pag'anus ; Anselmus, famu- 
lus archiepiscopi Turonensis. Acta sunt hec anno ab incarnatione 



( l ) La Gaste, dont il est ici question, était située dans la paroisse de Choue. Ce 
bordage devint dans la suite la propriété de la chapelle Saint-Biaise , dépendant de 
l'Hôtel-Dieu de Châteaudun. Le nom de la Gaste a disparu pour faire place à celui 
de la Bizolière , en souvenir de Jean JBizolier, qui était propriétaire de cette métairie 
en 4545. 



GHARTULARIUM DE TIRONE. 211 

Domini M G XXXIII , indictione xi, epacta xn, régnante Lodovico in 
Gallia. » 

( Chir. orig. en pareil, à la Bibl. de Vendôme. — Cari, de Tiron, t" 31 r. — Cari, des Fouleaux, 
f 7 V o # _ Vidimus en pap. de 1640. — Bull, de la Soc. Arch. du Vendômois, t. XIX, p. 18G.) 



GLXXXVII. 

Don au prieuré de la Troudière de terres à Tourny et à Pressagn//. 

« De Turneo et de Trouderia. » 
(1133-1145.) 

« Noscat universalis çcclesia quod Matheus de Vernono (*), pro salute 
animç suç et patris et matris et omnium parentum et amicorum sim- 
rum, dédit monachis Sanctç-Trinitatis de Tiron, apud villam suam quç 
Turneium dicitur, duas terre carrucatas intra quas eorum eonstructa 
sunt edifîcia, et parvum boscum prope domos ipsorum qui Trunchetum 
vocatur ( 2 ), et apud Presigneium molendinum quod de Malva nuncu- 
patur, et nemora sua ad omnia necessaria eorumdem. Et hec ita quiète 
sicut ipse possederat, pasnagium etiam et in bosco et in piano per 

(*) D'après une charte fausse datée du 3 des ides de mai 1182, Richard, petit-fils de 
Mathieu, se qualifiant seigneur de Vernon , Tourny et Le Goulet, de Vernonico, Tur- 
neyo et Gousletis dominus, confirme le don fait par son aïeul de l'usage dans les hois de 
Vernon. Le commencement de cette charte est assez curieux pour mériter d'être rap- 
porté : « Cum monachi monasterii Tironensis in Pertico, ex donatione sancte memorie 
gloriosi et Deo devotissimi propatrui mei Adjutoris, olim a perfidis Sarracenis capti, et ab 
eis, meritis et intercessionibus et precibus beatissime Marie-Magdelene et sanctissimi 
Bernardi, predictorum monachorum et monasterii Tironensis abbatis, admirantissimo 
miraculo liberati, ac, relicta seculari militia, tune ipsorum monachorum Tironensium or- 
dinem et religionem ingressi, et dive memorie devotissime et religiosissime proavie mec 
Rosmunde de Biarru, apud ipsos monachos et in eorum monasterio Tironensi predicto 
dudum post decessum inclite et clare memorie Johannis proavi mei velate, in eorum 
capella Beate-Marie-Magdelene-super-Secanam inhumatorum, precibus inclite et clare 
memorie Mathei, avi mei » 

( 2 ) Le prieuré de Tiron situé dans la paroisse de Tourny perdit dès le XIII e siècle 
son nom du Tronchet pour prendre celui de la Troudière. 






212 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

totam terram suam et pasturam similiter quiète ( 1 ). Et hoc donum fac- 
tum est per manum Hugonis, Rothomagensis archiepiscopi , apud 
Rotomagum, presentibus Roberto archidiachono , Petro Velgesinensi 
decano, concedentibus etiam ipso Matheo qui elemosinam faciebat et 
fratre suo Richardo, et Matheo de Clara cum fratribus suis Gaufrido et 
Berengerio, qui et viderunt et concesserunt. Unde testes sunt : Guil- 
lelmus Harenc ( 2 ) , et Simon frater ejus, Johannes de Porco-Mortuo et 
ejus fîlius Hugo, Godart de Presigneio, Gislebertus Treholt et fratres 
ejus Robertus Primart et Odo, Guillelmus fîlius Richardi de Querceto, 
et multi alii et clerici et laici. 

)> Et quia hec in parrochiali jure erant, Guillelmus, de Turneio 
sacerdos, qui hereditarie parrochialia habebat, concessit et dédit mo- 
nachis proprias eorum décimas de tota ipsorum terra, in nutrituris 
scilicet. Hoc testantur : ipse Matheus, Simon de Porco-Mortuo, Guil- 
lelmus Harenc et ejus frater Simon ( 3 ), Petrus decanus, Johannes de 
Porco-Mortuo et Hugo ejus fîlius. 

» Symon etiam de Porco-Mortuo et Guillelmus Harenc ejus frater 
predictis monachis concesserunt totam decimam quam capere poterant 
in terram eorum et ubicumque crescere poterunt monachi in parro- 
chia illa. Hoc testatur predictus Matheus a quo illi Simon et Guillelmus 
Harenc predictam tenent decimam, et Godart de Presigneio, Guillel- 
mus de Querceto, Robertus Primart, Herbertus Botevilain , Johannes 
de Porco-Mortuo et Hugo ejus fîlius. 

( 1 ) Mathieu de Vernon eut pour fils Guillaume, auquel succéda en H 69 Richard de 
Vernon. En 1185, Philippe Auguste donna, en échange de Vernon et de Longueville, à 
ce même Richard et à son fils qui portait le même nom, Montmélian , Govilz , Auvers, 
Roberval et 15 sous de rente sur la prévôté de Pontoise. Depuis lors, les sires de Ver- 
non prirent le titre de seigneurs de Montmélian : nous trouvons Jean de Vernon, 
châtelain de Montmélian en 1228 et Guillaume de Vernon aussi châtelain de Mont- 
mélian en 1854. 

( 2 ) Raoul Harenc était gouverneur d'Ivry en 1107. Son fils ayant été donné en otage 
à Eustache de Breteuil, celui-ci lui fit crever les yeux. Raoul en revanche fit crever les 
yeux aux deux filles d'Eustache, qu'il avait reçues comme otages de son fils. Guillaume 
Harenc , dont le nom patronymique était de Port-Mort , devait tenir son surnom de sa 
mère , sans doute fille de Raoul Harenc. 

( 3 ) Il doit y avoir une erreur dans le Cartulaire : Guillaume Harenc avait pour frère 
Simon de Port- Mort, que le copiste fait figurer deux fois parmi les témoins. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. iii 

» Iterum, in temporo Radulfî Cingturarii, qui tune temporis ibidem 
prior erat et in cujus tempore hec supradicta facta sunt omnia, Rober- 
tus Rex de Presigneio dédit loco monachorum singulis annis minai n 
nucum( 1 ), et Radulfus prior versa vice pro hoc dédit ei xi solidos. 
Testantur hoc Matheus et Goclart de Presigneio,, Guillelmus presbiter, 
Guillelmus de Querceto et Simon de Porco-Mortuo. 

» Iterum Gislebertus Treholt très acras terre dédit eis , présente 
Matheo domino suo, et ejus fratres concesserunt, Robertus Primart 
et Odo. Hoc viderunt et audierunt Petrus decanus, Guillelmus pres- 
byter, Helias de Sancta-Golumba , Goclart de Presigneio. 

» Galterius etiam granearius, in conversione sua, dédit monachis 
vu acras terre quas calumniatus fuerat intra donum domni Mathei, et 
alibi très acras, et decimam virgulti sui. Hoc iterum concesserunl 
filii ejus Gauterii, Petrus, Richardus, Helias, Mauritius. Hoc testantur: 
Hug*o de Faio, Paganus de Querceto, Richardus filius Engeles, Roge- 
rius de Presigneio. 

» Iterum Radulfus, filius Adeles , et Oelardus, ejus frater, présente 
Matheo, dederunt eis acram terre justa terram eorum. Hoc testantur : 
Herbertus Botevilain, Rerengarius de Clara, Hugo de Faio( 2 ). 

» Dédit iterum eis Eustachia, soror prefati Mathei, vi acras terre 
in culturis suis de Nuiseio. Hoc concessit Matheus de cujus feodo est 
et filii Eustachie, Matheus de Clara et Rerengarius ejus frater. Hoc 
testantur : Andréas et Richardus de Nuseio. 

» In parrochia Fontineii, Mauricius clericus et Ascelina mater ejus 
dederunt eis frustum terre juxta domum ipsorum , ubi monachi vineam 
et virg-ultum plantaverunt. » 

{Cart. de Tiron , f° 56 r°.) 

( ! ) Le commerce de noix avait une certaine importance au Moyen-Age, particulière- 
ment dans le pays de Vernon. Dans cette ville, une place spéciale était affectée au 
marché aux noix. Ce qui donnait une grande extension à ce commerce était l'usage très 
répandu do l'huile de noix à cette époque. 

( 2 ) En 1191, Marsile du Fay fait un accord avec le prieuré de Saint-Guingalois de 
Chàteau-du-Loir. 



214 CHARTULARIUM DE TIRONE. 



GLXXXVIII. 

Don de terres et de dîmes en la paroisse de Tourny. 

« De Trouderia. » 
(1133-1145.) 

)> Noscat universitas fîdelium quod Simon de Porco-Mortuo (*) dédit 
nobis Tironensibus monachis decimam omnium terrarum quas habe- 
mus vel habere poterimus in parrochia de Turneio, concedente domino 
suo Matheo de Vernonio de quo eandem decimam tenebat. Inde sunt 
testes : Guillelmus, predicti Simonis frater, qui et hoc concessit, Jo- 
hannes de Porco-Mortuo, Hugo fîlius ejus, Gislebertus Trohorit, Ro- 
bertus Primardus , Berengarius de Clara, Guiardus de Maceriis. 

» Guillelmus etiam, sacerdos de Turneio, dédit nobis omnes minutas 
décimas quas capiebat in terris vel in hortis nostris, hereditario jure 
possidens anteaeas. Inde testes existunt : Matheus de Vernonio, Petrus 
decanus, Helias de Sancta-Golumba, Gislebertus Trohorit, Rogerius 
Brito, Robertus Primardus, Guillelmus de Querqueio. 

» Robertus Rex dédit nobis minam unam nucum, singulis annis 
habendam tam ab ipso quam a successore herede ejus, ob hoc accipiens 
a nobis undecim solidos quos dédit ei Radulfus Tunsor , monachus nos- 
ter. Quod si nuces inveniri non poterint , tantumdem frumenti reddent. 
Inde affuerunt testes : Godardus de Pressinneio ( 2 ), Matheus de Ver- 
nonio, Berengarius de Clara, Simon de Porco-Mortuo et Hugo fîlius ejus, 
Gislebertus Trohorit, Robertus Primardus. 

» Sed et Gislebertus Trohorit dédit nobis mi acras terre ad Turneium, 
concedentibus fratribus suis, Robertus Primardus et Odo, his testibus : 

(i) Au commencement du XII e siècle, Richard de Port-Mort, se faisant moine à l'ab- 
baye de la Trinité-du-Mont, concéda à cette abbaye tout ce qu'il possédait à Bizy. En 
1248, Jean de Port-Mort contribua à la fondation du couvent des Cordeliers de Vernon. 

( 2 ) Vers 1175, Durand de Pressagny-l'Orgueilleux donna à l'abbaye de Saint- Wan- 
drille tout ce qu'il possédait à Pressagny, donation qui fut confirmée par Richard de 
Vernon. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. ji , 

Matheo de Vernonio, Godardo de Pressinneio, Rogerio Britone, II» lias 
de Sancta-Columba, Rogerio de Pressinneio, Pag*ano de Valle, Guillelmo 
de Querqueio. 

» Mauricius clericus vero de Fontineio( 1 ) et mater ejus Ascelina dede- 
runt nobis unam acram terre adjacentem terre nostre de Faeio. Testes 
sunt : Robertus clericus de Fonteneio, Richardus filius Dere, Radulfus 
prepositus de Fonteneio, Radulfus de Broco, Paganus filius Ricardi , 
Gislebertus presbiter( 2 ). » 

(Cart. de Tiron, f° 66 r°.) 

GLXXXIX. 

Partage de l'église de Bouffry entre ï abbaye et le Chapitre 

de Chartres. 

« De communitate ecclesie de Boferi et reddituum in ecclesia Carnotensi. » 

(1133-1147.) 

« In nomine sancte et individue Trinitatis, ego Willelmus, Tyro- 
nensis cenobii abbas, et omnis conventus ejusdem loci, notum fîeri 
omnibus volumus quod communicamus ecclesiam nostram de Boferi, 
per manum Richerii , archidiaconi , Gapitulo Beate-Marie Garnotensis 
ecclesie , tali pacto quod quicquid reddituum , tam in decimis quam in 
aliis, idem Richerius seu predictum Gapitulum ibi acquisivit velacqui- 
sierit, post decessum ejusdem Richerii, commune erit inter nos <4 
ipsum Gapitulum. Presbyter etiam communiter eligetur et substituetur, 
salvo jure episcopi et archidiaconi tam in hoc quam in ceteris. Hospites 
nostri omnes de Fonte-Radulfî et de Foetellis parrochiani erunt predicte 
ecclesie et ibi parrochialia jura exsolvent, hoc excepto quod décime 
omnes eorumdem hospitum et tocius nostre terre, tam minute que pri- 

( 4 ) La seigneurie de Fontenay appartenait au XIII e siècle à Mathieu de Trie et à 
Marie de Moret, sa femme. 

( 2 ) Cette charte-notice reproduit les dispositions de la charte précédente; mais elle 
nous fournit des variantes intéressantes dans les noms des témoins. 



216 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

mitie vocantur quam alie, nostre proprie erunt sicut modosunt. Si quis 
vero parrochianorum apud nos sepelire voluerit , salvo jure sui pres- 
byteri et ecclesie , liceat. Servientes nostri de propria mensa excipiun- 
tur a parrochiali jure. » 

(Livre des Priv. de t'Égl. de Chartres, cart. 28, p. 80, et 28 bis, f° 36 v°. — Cartulaire de N.-D. de 
Chartres, ch. 40.) 

GXG. 

Confirmation de la donation de l'église de Bacqueville. 

« De Basquevilla. » 
(1134, 15 mai.) 

« Quoniam verbum quod est vix audiri potest cum id preteritum est 
et quod futurum est esse nundum potest , statutum est antiquitus cyro- 
grapho muniri quod debeat in posterum memoriter haberi ; sic ple- 
r unique confutatur multorum versutia quos miratur fraudulentos sanc- 
torum justicia. Notis erg*o litterarum deductis ad médium sermo noster 
fulciatur veritate testium , et dicatur qualiter et ex quo Tyronium Bas- 
cheville mereatur ferre patrocinium. Anno ab incarnatione Domini mil- 
lesimo centesimo tricesimo quarto, idus maii, ego Willermus Mar tel ( 1 ), 
assensu matris mee Albereye, et uxoris mee similiter Albereye, et 
Eudonis fratris mei, dedi ecclesie Sancti-Salvatoris de Tyron ecclesiam 
Beate-Marie de Baschevilla, cum hiis que ei adjacebant, scilicet sex 
acras terre et duas partes dimidie cantarie que est in parrochia Sancti- 
Petri et duas garbas de décima feodi Gauterii prefecti. Dedi insuper de 
proprio dominio meo viginti acras terre , quarum una est in prato , et 
boscum essarti, et viridarium sicut aqua currebat, et terram vivarii 
usque ad fossetum, et curiam edificii usque ad viam molendini, et ut 
in eodem molendino annonam suam molant quiète post bladum quod 

( ' ) La famille Martel posséda la seigneurie de Bacqueville jusqu'à la fin du XV e siècle. 
Louise Martel épousa vers 1450 Constantin de Barville, seigneur dudit lieu, qui, par 
cette alliance, devint seigneur de Bacqueville. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. >\; 

ingranatum fuerit, et decimam nummorum meorum quos in Norman- 
nia habuero de redditu et in Angdia de censu, el decimam mei victua 
qui non fuerit emptus de denariis decimatis et apud Baschevillam 
«xpendetur, et duo modia vini ad Rothomag , um( i ). Preterea quicquid 
terre vel decimarum homines mei in feodo meo pret'atis monachis in 
elemosinam largiri vellent concessi eis libère »t quiète habere, sicul 
libère et quiète dominium meum teneo et possideo. Post donationes 
Mas, non longo incurrente temporis spacio, sepedictis monachis in 
tlrmosinam donavi apud Augustinvillam trigûnta duas aéras terre ad 
vavassorum consuetudinem et trigûnta sex acras ad garban) : apinl 
Raslonde trigùnta acras ad vavassorum consuetudinem et triginta ses 
ad garbam, et quinque acras ad terciam g'arbam in eodem loco: in 
hac autem terra que subscribuntur michi retinui, moltam videlicet, 
carreium semel in anno ad vinummeum. etquartam molam. carreium 
si militer ad mei corporis deffensionem contra hostes meos auxilium. 
Horum omnium que superius leg'untur testes exisiunt : Goffredus, 
Rog*erius, fdii mei; Eudo, Gauterius, Baldricus, fratres mei, qui et 
ista omnia sicut et eg*o ipse concesserunt. Testes etiam sunt : Guerne- 
rius de Bracbeio, Willelmus Nanus, Goffredusde Fag-erlanda, Esbertns 
de Raslonda, et Willelmus fîlius ejus, et multi alii. Et ut ista melius et 
Brmius in perpetuum baberentur, presentem pagûnam sigûllimei muni- 
mine confîrmavi et roboravi. » 

[Cari, de Tiron, f° 87 r°. — Écriture du XVI e siècle.) 

CXCL 
Don par Gautier Hait de terres et vignes aux Mées-en-Saonnois. 

'< De gurgite de MollanL 
(1135, 28déc.) 

« In nomine Domini, eg^o Gauterius Hait, vicecomes de Mollan ( 2 ), 

(M Voir la charte CLXXXIII, où la donation de Guillaume Martel est rappelée 
presque dans les mêmes termes. 
( 2 ) Ce Gauterius Hait, qui prend ici le titre de vicomte, sans doute du chef de sa 
t. i. 28 



218 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

dono Deo Salvatori et monachis de Tirun meum gorth de Messe , sicuti 
eum habebam. Necnum dedi eis unum arpentum vinee ad Messe de 
vineis quas émit Ermeniardis , vicecometissa (* ) et uxor mea , a Johanne 
pistore. Hoc donum concessit ipsa Ermeniardis vicecometissa, uxor 
mea, et fîliç meç. Hoc donum feci pro redemptione animç meç et pro 
animabus antecessorum meorum defunctorum, et maxime pro anima 
fîlii mei Tevini. Feci hoc anno ab incarnatione Domini MGXXXV, v ka- 
lendas januarii , in capitulo Tironensis monasterii. Abbas autem G[uil- 
lelmus] ejusdem çcclesiç et omnis conventus concesserunt nobis ut 
scribamur in martirolog»io Tironensis ecclesiç post mortem nostram, 
eg*o et uxor mea , et ut pro nobis officium sicut pro suis fratribus agi- 
rent. Hujus rei testes sunt : Odo de Porta, Gauterius Garnotensis, Au- 
bertus famulus Odonis de Porta, Ernulfus famulus vicecomitis predicti, 
Guimundus famulus Dude, Radulfus nepos Isenbardi camerarii. » 

(Cari, de Tiron, f° 52 r°.) 

GXGII. 

Accord entre l'abbaye de Tiron et celle de Saint- Avit de Châteaudun 
pour les dîmes de vignes à Châteaudun. 

« Pro quadam décima Castriduni. » 
(1135.) 



recte fînite iterum oriantur cavere 

debemus. Noverint itaque universi quia orta est controversia inter mo- 

femme , apparaît comme l'un des principaux témoins lors de la fondation du prieuré de 
Saint-Michel-du-Tertre par Gervais de la Verserie (voir en. LXXXIX). — Nous pro- 
fitons de cette occasion pour rectifier la note que nous avons jointe à cette charte. Le 
prieuré de Saint-Michel-du-Tertre était situé en la paroisse de Louvigny, non loin de 
la forêt de Perseigne, et à peu de distance de Gohardon, où, comme nous l'avons vu, 
charte IX, l'abbaye de Tiron possédait un autre prieuré. 

(*) L'attribution de cette charte a présenté d'assez grandes difficultés. Gautier Hait, 
était sans doute vicomte de Moulins en la paroisse de Louvigny, et le lieu désigné sous 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 219 

nachos Tironenses et moniales Sancti-Aviti de Gastriduno( 1 ) super jure 
decimarum eujusdam terre quam Robertus de Monteforti eisdem mona- 
chis infra partem monialium de vineis excolendam dederat , cumquc ante 
nostram presentiam partibus evocatis, causam judiciario ordine termi- 
nare intenderemus , tandem post, priore Tironii et illius predicti monasl i - 
rii abbatissa volentibus et approbantibus , talis inter ipsosper dominmn 
Garnotensem episcopum et Genomannensem electum( 2 ) et alios religiosos 
viros amicalis compositio facta est. Goncesserunt moniales supradictis 
monachis medietatem décime omnium frugmm in tota illa, sive culta 
jam esset sive colenda, et sive monacbi suis laboribus et sumptibus, 
sive alii quicumque terram illam excolerent, excepta décima eujusdam 
vinee in qua erant v arpenta, quorum décima tota moniales sibi reti- 
nuerunt, ita tamen ut si monachi vel alii quicumque in eadem terra 
alias vineas plantaverint earum decimam intègre et sine contradictione 
moniales habeant. Provisum est etiam ut utriusque partis considera- 
tione homo tempore messium eligatur qui eis fîdelitatem faciat , et sic 
décimas supradictas congreget. Illud etiam inter eos convenit ut mo- 
nachorum de propriis animalibus omnibus que in terra illa essent mo- 
niales integram decimam haberent. Hanc compositionem promisit 
utraque pars a suo capitulo per proprias cartas confîrmandam. Nichi- 
lominus etiam ex utraque parte concessum est sacerdotem parrochialem 
terciam partem décime utriusque partis habere , nisi de vineis predictis 
et animalibus propriis et carrucis propriis monachorum. Valete. » 
[Cari, de Tiron, f° 64 r°.) 

le nom de Messe doit s'entendre des Mées, paroisse voisine de celle de Louvigny. Mais 
pourquoi le Cartulaire original a-t-il donné pour titre à la charte par laquelle le vicomte 
de Châteaudun fonda le prieuré des Fouteaux : De gurgitibus Ermeniardis ? (voir 
charte GLXXXV). Malgré toute notre confiance dans les rédacteurs du XII siècle, il 
nous est impossible de ne pas admettre là une erreur. 

(') Vers 525, le roi Childebert fonda, en faveur de saint Avit, un monastère près du 
lieu appelé alors Piciacum et depuis Châteaudun. Ce monastère, d'abord habité par 
des moines de Saint-Benoît, fut détruit par les Normands au IX e siècle. Restauré au 
XI e siècle (vers 4045) par Gannelon, trésorier de Saint-Martin de Tours, il fut consacré 
en l'honneur de saint Avit et donné à des religieuses de l'ordre de Saint-Benoît qui le 
possédèrent jusqu'à la Révolution. 

( 2 ) Cet évêque élu du Mans nous parait être Hugues de Saint-Calais, qui prit posses- 
sion en \ 135. 



220 CHARTULARIUM DE TIRONE. 



GXGIII. 

Accord entre l'abbaye et Pierre de Péronville. 

« De Peson villa. » 
(1135.) 

« Quoniam corrupti sunt fîlii hominum et abominabiles facti suntin 
studiis suis, student enim patrum plantationes eradicare suisque usibus 
mancipare , et quibus ecclesias Dei ditaverunt largitionibus , si nequeunt 
exterminare , saltem moliuntur corrodere , hanc cartulam tanto validiori 
testium munimine decuit roborari quanto fraudulentorum injuria mul- 
tas novimus violari. Talium erg*o semper pullulantium viperea mordaci- 
tate vexati , post tôt impugnationum contrarietates , post tôt circumve- 
nientium recrastinationes , post tôt precipitationis verba que. veritatem 
impugnando ling*ua dolosa nova semper multiplicat , more ydre cui. 
secundum hujusmodi tractatores, uno consumpto tria semper capita 
renaseebantur , monachi Sancte-Trinitatis de Tyron et ego Petrus de 
Spesonvilla ita his deliberavimus quandoque finem dare altercationibus 
ut, convenientibus nobis in unum, conferretur in médium quibus 
rationibus et testibus que de meo feodo habent habere noscuntur, inci- 
pientibus a pâtre meo , qui prior me , pro sue suique generis salute , 
dédit eis apud se possessionem , et de hujus récapitulations fine pax 
consecuta inter nos teneretur in evum. Ordo igitur narrationis sic inci- 
pit. Dédit itaque pater meus Hubertus monachis de Tyron duas carru- 
catas terre ultra aquam Pessumville ubi eorum edificia construuntur( l ) 
et quantum ipsorum terra extenditur , ipsam aquam ad piscandum tan- 
tum ad edulium eorum , et quecumque ibi sibi necessaria invenerint in 
herba et in edifîcandis domibus , et duo arpenna de altéra parte aque, 
et hoc ita quiète et absolute quod nemo alius ibi aliquid capit. In meo 

( • ) Le prieuré de l'abbaye de Tiron à Péronville a laissé des traces dans la topogra- 
pliie locale. Près du village est une ferme qui porte encore le nom de Thironneau. 



CHARTULARIUM DE TIRONK. 

autem tempore, quidam nomine Hamus( ! ) dédit ois frustum terre de 

meo feodo, et eg*o concessi ita similiter quiète. Alter vero Gaufridusde 
Pertis similiter sue terre particulam dédit, et ego concessi omnino 
quiète. Donum. etiam quod Paganus et Guiardus fratres de meo Peodo 
fecerunt eis apud Pertas, ego concessi, et domui eorum de Pertis aquam 
meam apud Villerarium et ripariam ad sua necessaria. Donum etiam 
quod Guitellus de Pataio ( 2 ) fecit, et eg*o calumpniatus fueram. iterum 
concessi, et si forte contra eos inde aliquis surrexerit non eis nocebo. 
Ego autem dedi eis n carrucatas terre, imam apud Mosteriol . alteram 
ultra aquam juxtasuam terram, et si im perpetuum illam que ultra 
aquam est adquietare non potero convenienter excambiavero. Domuin 
vero illorum de Mosterol cum duobus arpennis concessi quietam, sicui 
domum suam de Spesovilla. De terra autem harum duarum carrucata- 
pum décima et campipars in uniim colligetur, et si voluero mittam ibi 
m'Mim famulum in custodem, vel ipsi mea dispositione suum mihi 
apud domum meam adduxerint, oui, fîdelitate accepta, si voluero, 
eamdem curam commisero, et in beneplacito meo décime illius et cani- 
pipartis mea portio triturabitur , et ventilatam défèrent apud domuin 
meam de Spesovilla, et forraginem mee partis reservabunt usquc ad 
Pascha mihi apud se. In terra autem duarum carrucatarum, in cujus 
pedditu medietatem décime et campipartis, ut dictum est, habeo, si 
quid calumpnie forte oritur, mei omnino monacbi auxiliatorcs extite- 
rint, adjuvanclo de se et suis per médium. Iterum juxta hanc terram 
dedi eis pro xxx solidis morsellum terre, retenta mihi média parte 
décime et campipartis. Dedi iterum quiète et libère eis, pro Girardo 
meo avunculo, in conversione sua, frustum terre justa suam terrain 
de Pertis. Hec omnia, pro Dei amore et mei g-eneris salute, dedi cl 
' nucessi eis ita libère et quiète ut superius legitur, et ne inde aliquid 
lateat, proinde memini me accepisse ab eis caritative xni c,m libras cl 
unum palefridum, ut hoc fîrmum maneat in evum. Hec omnia Castri- 

[*) Le vrai nom de ce personnage est Harricus. Voir charte GXYI. 

(*) Ce chevalier s'appelait en réalité Renaud de Patay; Guiterne était un surnom. 
Ku 1 i 40, Geoffroy IV, vicomte de Châteaudun, confirme le don fait par Renaud de 
Patay, surnommé Guiterne, Raginaldus de Pataio, cognmnine GfUternus, àlamaladrerie 
do Saint-Lazare de Châteaudun, d'une terre à Mascherainville. 



222 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

duni eg*o Petrus concessi et confîrmavi coram multis, quorum hec no- 
mina sunt : Herveius, tune temporis decanus, Ivonus presbiter, Rober- 
tus de Altel, presbiter, Petrus Laguina, Bartholomeus ejus filius, Ste- 
phanus de Novio , Haimericus ejus filius , Gaufridus Burserius , Fro 
mundus ejus filius, Garinus de Taneria, Henricus Loloerene, hi de 
parte monachorum ; de parte vero Pétri : Matheus Rufus , Garinus 
de Monpancer. Apud Spesovillam vero, quando uxor ejus Hersent et filii 
eorum Hubertus et Erchenbaudus et filie Isabel et Alsent, hii enim eo 
tempore eis nati fuerant, et soror Pétri Jachelina concesserunt , sin- 
g*uli palam omnibus aliquot nummos pro testimonio accipientes , isti 
fuerunt testes: Hugo de Jalanz et Goerius ejus filius, Arnulfus Burgun 
et Rainaudus ejus filius, Vitalis de Pertuset, Rainaudus Bote, de parte 
monachorum ; de parte vero Pétri : Hubertus de Villariis , Odo Volsart, 
Erardus dePertis, Fulchereus, Rainaudus Tendrnm, Enardus de Mas- 
cherenvilla, Baldricus Bochet, Guillelmus Bordum. Annoab incarnatione 
Domini millesimo GXXXV , regnantibus Ludovico in Gallia , Henrico in 
Anglia. » 
[Cart. de Tiron, f° 25 r.) 

GXGIV. 

Fondation du prieuré du Gué-de-Launay. 

« Terra de Vado-Àlneti cum décima. » 
(1135 circa.) 

a Notum sit omnibus hominibus tam presentibus quam futuris quod 
eg*o Guillelmus de Sozaico et mater mea Mathea donavimus Sancto-Sal- 
vatori et monachis Tironis terram Insule-Goscelini( 1 ), sicuti est divisa, 
quem locum vocamus Vadum-Alneti. Terra vero ita terminatur a valle 
ubi prata monachorum incipiunt usque ad terram Arberti de Sancto- 

(*) Le prieuré du Gué-de-Launay, érigé depuis en abbaye, fut en effet dans le prin- 
cipe construit sur une île formée par la Braye. Le bois cédé aux moines par Guillaume 
de Souday est le bois de Gouéteron. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 

Michaele et a terra Arberti usque ad Fossas-Vulpium et a Fossis-Vul- 
pium usque aliam vallem sicuti terminis terminata est. Omnia vero 
que ad locum pertinent cum ipso loco liberaliter damus, scilicet deci- 
mam tocius terre, et glandem nemoris nostri ad porcos, et pasturam 
ad alia animalia, et boscum ad ignem monachorum et ad omnia ne» 
sai'ia. Hoc donum concesserunt Paganus de Sozaieo frater ejus, et 
Juliana et Agatha sorores ejus. Hujus rei sunt testes: Goffredus pres- 
biterde Sozaieo, et Droco Espechel, Gonstantinus, Amelinus // Gentil, 
(iiraudus de Rivaria, Gauterius de Coatrnm. Hoc donum iterum conces- 
serunt Rotrocus et Lucia uxor ejus et Rotrocus filius ejus, a quibus 
Guillelmus de Sozaieo habebat terram. Et ipse Rotrocus et Lucia uxor 
ejus et Rotrocus filius ejus utramque ripam aque monachis libère con- 
cesserunt ad molendinum faciendum et ad piscationem. Hujus Conces- 
sionissunt isti testes: Droco Mala-Musca, Hug*o de Mum et Amelinus 
li Gentil. 

» Necnon post multos dies Guillelmus de Sozaieo dédit monachis Ti- 
ronis unam carrucatam terre in illo loco sicuti termini eam dividunt. 
Hoc concesserunt Paganus frater ejus, et Agatha soror ejus. Hujus rei 
sunt testes : Gonstantinus cognatus ejus, et Hug*o de Rarra, et Hubertus 
Bisul. Quando vero Guillelmus de Sozaieo hec omnia dona monachis 
dédit nec uxorem nec filios habebat. 

» Ex alia vero parte aque donnus Rotrocus dédit monachis unam 
carrucam terre, et auneta ad prata facienda, et pessionem suorum 
nemorum propriorum ad porcos monachorum ibidem morantium , et 
pasturam ad animalia ; et concessit suam propriam forestam ad ignem 
monachorum et ad sua necessaria, uxore ejus Lucia et filio suo Rotroco 
concedentibus , Guillelmo de Sozaieo, et Guillelmo Espechel, et Teobaudo 
de Riverio testibus ( 1 ). » 

(Cart. de Tiron, f° G5 r°.) 

( j j Une copie de cette charte existe aux Archives du département de la Sarthe 
( H 83 ) ; mais le nom du donateur est altéré ( Guillelmus de Soraico ) , ainsi que ceux de 
plusieurs témoins. Comme nous le verrons dans la suite , les archives de la Sarthe pos- 
sèdent un grand nombre de titres concernant l'abbaye du Gué-do-Launay ; mais la 
plupart de ces titres sont des copies défectueuses. 



224 CHARTULARIUM DE TIRONE. 



GXGV. 

Don de diverses terres par Guillaume de Vaupillon. 

« De Murgeriis. » 
(1135 eirca.) 

« Notum sit omnibus tam futuris quam presentibus quod Willelmus 
de Valle-Piron (*) et Agnes, uxor ejus, dederunt monachis de Tyron 
terram ad duas carrucatas in loco qui dicitur Vallis-Joscelini , et prata 
et noas ( 2 ) que sunt ad rivulum qui dicitur Doneta usque ad semitam 
Haimeriei , et totam silvam que dicitur Boeletum-Aviot ( 3 ) si eut possi- 
debant, et in alio loco qui dicitur Marches-Mainerii duas carrucatas 
terre , et alibi in loco qui dicitur Hatonis-Villa , carrucatam unam terre 
cum hospitalicio et pratis et nemoribus, et in Belsia ( 4 ), in villa que 
dicitur Borsei, carrucatam unam terre et medietariam Gisleberti, cum 
omnibus pratis sicut possidebant, et stag^num et molendinum quod di- 
citur Novum cum moltura sua in valle Gumundi, et oscam terre super 
ipsum molendinum , et pratum unum reddentem unoquoque anno , ad 
festum sancti Remigii , xvi cim denarios , et decimam molendini sui quod 
est super ipsum stagnum, et terciam partem décime cujusdam molen- 

(*) Sic, pro Valle-Pilon. 

( 2 ) On désignait sous le nom de noues les prairies basses et un peu marécageuses, 
comme les herbages de Normandie. 

( 3 ) Il ne reste plus de forêts dans les environs de Vaupillon ; mais une foule de 
hameaux ont conservé le souvenir des bois qui devaient exister en ces lieux; nous 
citerons : le Haut-Bois, le Bois-Robin, le Buisson, les Hayes-d'AUeray, les Hayes- 
Guitton, etc. 

( 4 ) La délimitation du pays que l'on appelait la Beauce est très difficile à établir, 
d'autant que le Perche, pays de date plus récente, est venu envahir une partie de l'an- 
cienne Beauce, avec laquelle il forme aujourd'hui la distinction la. plus tranchée. De 
nos jours il ne viendrait à l'esprit de personne de placer Boursay en Beauce, pas plus 
que son voisin Saint-Agil, dont nous voyons sans cesse le prieuré désigné sous le nom 
de Sanctus-Agilus in Belsa. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 

dini quod dicitur Estivaus, quod tune in vadimonio habebat a Widone 
de tsis ( 1 ), prece et concessione ipsius (iuidonis, et oscam terre Buper 
ipsum molendinum reddentem per singulos annos, in Nativitate sancti 
Johannis-Baptiste, duos solidos. Dederunt etiam furnum de Valle-Piron 
i'l silvam necessariam in omne opus furni prêter sepes, tali conditione 
quod née molendinum nec stagnum nec furnum aliud ex îllo die Beréf 
in loto honore de Valle-Piron quod his possetnocere( 2 ). Furnarium etiam 
liberum concesserunt : Gaufridum fîlium Baldrici similiter dederunt 
liberum atque solutum ab omni consuetudine et justicia seculari . el 
omnes boscos suos ad pasturas, ad ardendum, ad hospitandum ubi- 
cu nique esset prêter sepes, et deeimam omnium que in ipsis boseis sive 
in alodiis sive in defensis, sive manu fîrma, aut moriolis ( 3 ) vel in 
ijralou tuncfîebat, vel inantea fîeri poterant, scilicet de pasnagiis, de 
carpentariis ( 4 ), de carbonariis( 5 ), de novalibus sive de quoeumqur alio 
labore in ipsis facto, et deeimam omnium reddituum suorum, quecum- 
< I no tune ipsi possidebant aut in posterum heredes sui possessuri erant 
in toto feodo et honore de Valle-Piron, et deeimam horrei sui. Que- 
cumque etiam predicti monachi in toto honore de Valle-Piron quo- 
cumque modo adquirere poterint vel ipsis in elemosinam data fuerint 
concesserunt. Hec omnia dederunt Guillelmus et Agnes uxor ejus mo- 
nachis de Tyron, pro remedio animarum suarum, libéra atque soluta 
ab omnibus secularibus consuetudinibus et justiciis et calumpniis, sed 

( ! ) Vers 1128, Robert des Yys, en faveur de son fils Gradulphe qui voulait se faire 
moine à Saint-Père, donna à cette abbaye l'église de Saint-Pierre-des-Yys. 

( 2 ) Cette donation de Guillaume de Vaupillon fut la dotation du prieuré de Saint- 
Jean-des-Murgers. 

( 3 ) Moriola nous parait désigner des landes marécageuses ; gralou a à peu prèâ le 
même sens, terrains boueux et fangeux : le moût de raisin s'appelait gralée. On dit 
aujourd'hui, dans le langage vulgaire, gadoue pour signifier des boues et immondices : 
faut-il reconnaître à ces deux mots une origine commune ? — On sait au reste # combien 
est marécageuse la partie du Perche où Vaupillon est situé. On trouve encore, dans les 
communes du Pas-Saint-Laumer et de La Madeleine-Bouvet, où coule la Bonnette . 
plusieurs heux appelés l'Herbage, les Noes, etc. 

( 4 ) Les charpentiers étaient naturellement un des corps d'état qui fréquentait le 
plus les forêts. 

( 5 ) Les mentions du charbon, des charbonniers et de leurs fosses ou ateliers sont 
fréquentes dans les chartes des XII e et XIII e siècles. 

t. i. 29 



226 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

diversis temporibus. Et ut hec omnia monachi in pace possiderent, me- 
moratus Guillelmus et Agnes uxor ejus, ad conversionem venientes 
aput Tyron, dereliquerunt dotem ipsius Ag*netis, quam jam predictis 
monachis concesserant , Radulfo de Guitot successori suo quamdiu ipse 
viveret, assistentibus et videntibus istis legitimis testibus qui subscri- 
buntur : magistro Rainardo , Evrardo , Philippa et Albereia ipsorum 
sororibus, Willelmi scilicet et Radulfî. Supradictorum vero donorum 
testes isti fuerunt quorum nomina subscripta sunt : magister Rainardus, 
Evrardus, Raginaldus presbiter, Ogerius, Fromundus de Melee, Odo 
Quarrellus, Girardus Diabolus , Otrannus et Garinus fîlius ejus, Phi- 
lippa et Albereia sorores ipsius Willelmi. Super omnes istos affuit jam- 
dictus Radulfus de Guitot qui omnia ista concessit et confirmavit, et 
partem etiam hujus cyrographi reservavit, et in fide sua promisit se 
suosque heredes omnium supradictorum donorum leg*ales testes et 
veraees defensores existere. » 
[Cart. de Tiron, f° 47 r°.) 

GXGVI. 

Don de l'église et des dîmes de Marolles. 

« De ecclesia Mairoliis. » 
(1135 circa.) 

« Noscat hoc universalis ecclesia Ghristi quod ego Hug*o de Roceio 
do Deo salvatori nostro et monachis de Tyronio , pro salute anime mee 
et pro remedio antecessorum meorum , ecclesiam de Maioroliis et déci- 
mas meas totius parrochie in perpetuum possidendas. Eg*o autem ad 
extrema perveniens , hoc donum feci per manum donni Gaufredi , tune 
Garnotensis ecclesie episcopi ac sancte Romane ecclesie leg*ati. Hujus 
rei testes sunt : Hugo de Noceio ( J ) ; Og*erius fîlius ejus; Johannes 

( ! ) La famille de Noce était puissante dans le Perche au XII e siècle. Nous trouvons 
plusieurs fois Hugues de Noce témoin, avec Gauthier d'Amilly. Geoffroy de Noce se 
croisa en 1191. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 

Beleth; Goferius tanerius ; Gerricus de Villa-\ isana ; Robertus, sacer- 
dos de Sancto-Hilario. De concessione episcopi subscribuntur testes isti : 
Hugo de Yillario et Hugo puer filius ejus ; Radulfus de Pereio ; Gau- 
terius de Armilleio; Aaliz, uxor Hugonis de Villario. » 

(Car t. de Tir on, i'° C v°.) 

GXGVII. 
Donation d'un morceau de terre à Villandon. 

« De Roberto filio Roberti. » 
(1135 circa.) 

« Robertus , fîlius Roberti , dédit monachis de Tyron modicum terre 
apud Villam-Andon , cum consensu uxoris sue Alburgûs et filie sur 
Milesendis, testibus Hugone, fratre ejusdem Roberti, et Alberto Gasero. 
f Signum Roberti. f Signum Alburgis. f Signum Milesendis. » 

(Cart. de Tiron,f° 17 v°.) 

GXGVIII. 

Don d'une terre à Villandon. 

« De Roberto filio Roberti. » 
(1135 circa.) 

« In nomine sancte Trinitatis, notum sit omnibus tam presentibus 
quam futuris quod quidam miles Robertus , filius Roberti , atque uxor 
sua Alburgis , concedentibus fîliis suis Aimerico , Guillelmo, Garino et 
filiabus Lucia, Erenburga, iïlilesent, Ermencjart, omnique sua progenie 
tune temporis superstite, quamdam terram apud Vilandum, pro redem- 
tione animarum suarum, Tyronensi epclesie Sancti-Salvatoris dede- 
runt ; que terra uno laterejuncta est terris monachorum Sancte-Marie 



228 GHARTULARIUM DE TIROISE. 

de Pulcro-Loco, alio vie que ducit ad Tovillam et Nicorbinum , altero 
continuata est terris Tyronensium. Et ne hoc detur oblivioni testes qui 
ibi affuerunt his scriptis ad memoriam revocamus : Gaufridum carnifi- 
cem, Garinum deBertocut, Gaufridum de Vilvocees, Fulcherium de Gives, 
Gaufridum de Nerim, Andream, Britellum, Ilvoium. Insuper terrani 
aliam quam adversus monachos calumpniabantur , junctam terris mo- 
nachorum Sancti-Martini de Majori-Monasterio , in pace dimiserunt. » 

{Cari, de Tiron, f° 18 r°.) 

GXCIX. 

Vente à l'abbaye de trois quartiers de terre. 

(1135 circa.) 

• 

« Lorinus de Porta-Drocensi vendidit monachis de Tyron et Leugar- 
dis, uxor sua, très quadrantes terre xl et vm solidos, et filii eorum 
concesserunt , et Odo g*ener ejus est fidejussor tranquillitatis contra 
omnes homines, et Fulquedus lavendarius , et donnus Hubertus Asina- 
rius fuit emptor ex parte monachorum , et donnus Alcherius filius Aalo- 
nis, et Guillelmus, famulus ejusdem, fuerunt testes monachorum, et 
Stephanus cordarius, et donnus Radulfus pistor. Hec terra est adlocum 
qui dicitur Pissaloup. » 
(Cart.de Tiron, f° 12 v°.) 

GG. 

Don d'une terre à Maincourt. 

« De Gilleberto. » 
(1135 circa.) 

a Notum sit omnibus hominibus quod Gillebertus de Umbleriis et 
Teobaudus, filius Girardi de Gradu, dederunt illam terram que est justa 



GHARTULAR1UM DE TIRONE. 

fossam de Mameincurt monachis Tyronis, et unusquisque illorum habuii 
inde de caritatc xx solidos, Hug*one de Vilandon concedente, de quo 
movebat terra, et Hildearde uxore ejus, que habuit înde xn denarios. 
lsli sunt testes, ex parte Gilleberti et Ugonis : Garinus, sacerdos <lr 
Tu villa, Rainerius, fîlius Holrici de Vovis, et Gornutus Robert us, el 
Johannes berbarius, et Fulbertus de Puteo ; isti ex parle Teobaudi : 
Gauterius de Vilema7it , miles, Goffredus Ganutus, Raginaudus de 
Coluns, Gauterius de Boscbo. » 

(Car t. de Tiron y î° 19 r°.) 

GGI. 
Don de terres à Lièvreville. 

« De Hugone de Levrevilla. » 
(1135 circa. ) 

« Gunctorum fîdelium tam presentium quam subsequentium noticie 
manifestum fîeri volumus quod Hug'o de Levrevilla, propter caritalcm 
(juam ei et suis amicis, scilicet matri et fratri et sorori , monachi Tyro- 
nensesimpenderant, quos ad monachatum susceperant, dédit se suaque 
omnia predicte çcclesie, pacto quod subscribitur : si voluerit esse mona- 
chus uonnisi apud nos ipsos fîet ; si autem de suis terris vel decimis in 
elemosina dare voluerit aliquid, nulli ecclesie nisi ecclesie Tyronensi 
dare poterit ; si vero sine herede defunctus fuerit, omnia que habuerit 
tam in terris quam in decimis sive aliis aliquibus rébus ecclesie Tyronis 
erunt : ipse autem apud Tyronem , sive sit monacbus sive non sit , hu- 
mabitur suaque omnia monachis reddentur. Goncessit etiam predictus 
Hug-o sepedicte ecclesie terram quam dederat eis Gaufridus Tyroht, 
fraterejus, scilicet duas bovatas terre apud Lèvre villam et alias duas 
bovatas terre quas tenebat de eo quidam qui vocatur Primaudus, in 
feodo ejusdem ville ( 1 ). Inde sunt testes : Robertus oblearius , Ascelinus 

(*) Voir supra, charte GXXXI. 



230 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

mediterius, Robertus Tortus ('), Richerius Rlancus, Richerius Longa- 
Testa, Ernulfus Turinel, . Herbertus filius Ansgoti, Antiquinus de 
Alneto, Johannes Ferrecoc , Garnerius Gurtus , Robertus poterius. Yiden- 
tibus et audientibus istis dédit cum suis predictus Hugo, cum libro 
quod in signo dationis vel concessionis posuit super altare Dei Salva- 
toris Tyronensis çcclesie. » 
(Cart.de Tir 'on , f° 21 r.) 

GGII. 

Remise à l'abbaye par Pierre de Péronville de terres qu'il lui 

avait enlevées. 

« De Pesovilla. » 
(1135 circa.) 

« Notum sit universis ecclesie fidelibus quod Petrus de Speso villa 
reddidit monachis de Tyron terram de Vilerfreslengûs ad perfîciendam 
carrucatam terre de Mosterello. Reddidit etiam terram de Pertis, sicut 
eam divisit et monstravit Guillelmus cellararius , et ipse Petrus conces- 
sit. Goncessit iterum monachis decimam terre eorum quam eis dederat 
Hildeardis de Pertis. Simul etiam reddidit eis terram Maresii quam 

(*) Dans un grand nombre de chartes de l'abbaye de Tiron, les témoins, loin d'ap- 
partenir aux maisons seigneuriales du pays , sont pris au contraire parmi les artisans et 
les clients du monastère. Nous entrons ainsi dans la connaissance intime des familles 
qui, sorties de l'état de domesticité des couvents, sans avoir joué un rôle historique, 
ont occupé cependant, pendant deux ou trois siècles, une place importante dans l'his- 
toire particulière du pays Chartrain. Les Le Tort ( Tordus ) sont une de ces familles. 
Vers 1125, Renaud Le Tort (Raginaldus Tortus) fut investi par Guillaume, abbé de 
Saint-Père , de l'office de la pelleterie de l'abbaye ; voici à quelle occasion : « Quidam 
homo noster, dit l'abbé de Saint-Père, Belinus, erat pelliparius noster. Volens ad majora 
conscendere, rogavit me ut facerem eum cellararium nostrum, et ipse dimitteret officium 
pelliparie quod a nobis habebat. Venit igitur in capitulum nostrum et revestivi eum de 
cellararii nostri ministerio : l'office de pelletier étant ainsi devenu vacant, Renaud Le 
Tort en fut investi. 



CHARTULARIUM DE TIROiNE. jil 

diu calumpniando monachis ipse abslulerat. Hec omnia ipse Petrus 
fîdei sue confîrmatione stabilivit, et Robertus Voxaldus. Ex parte Pétri 
testes sunt supradictus Robertus et Odo fîlius ejus ; ex parte mona- 
eliorum Rrito de Gastriduno. » 

(Cari, de Tir on, f° 2G v°.) 

GGIII. 
Don du Moulin-Neuf au prieuré de Monrion. 

« De Monte-Rionis. » 
(1135 circa.) 

« Notum sit omnibus ecclesie fîdelibus tam presentibus quam futuris 
quod Arsendis de Perei et Ascelina filia ejus dederunt et concesserunt 
monachis Tironis quoddam molendinum quod vocatur molendinum 
Novum situm in aquaRrevonis sub domomonachorumMontis-Rionis( 1 ). 
Hoc vero ita peracto, Villana Rabella et Garinus Grao, quorum erat 
medietas aree molendini , fecerunt molendinum simul cum monachis, 
ita quod monachi Montis-Rionis haberent medietatem molendini et pis- 
cature , Villana et Garinus aliam medietatem , et insimul mitterent mo- 
nerium in molendino, accepta primitus fide ab eo, et insimul reficerent 
molendinum et inclusam vel molas vel quicquid necesse esset , et Vil- 
lana et Garinus facient homines suos molere ad molendinum , quia hae 
de causa habent medietatem molendini. Villana vero et Garinus dabunt 
semper de censu n solidos monachis Tironis ad Nativitatem Domini , 
et mi or denarios Male-Musce ( 2 ) ad Natale Domini ( 3 ). » 

{Cart.de Tiron, f° 45 v°.) 

(*) Le prieuré de Monrion, fondé à la suite de la donation de la comtesse Adèle 
(voir ch. XXIV) , était situé dans la paroisse de Cellettes. Le Moulin-Neuf existe encore 
sur la rivière du Beuvron. 

( 2 ) Ce personnage est Eudes Borgoil, surnommé Maie - Mouche , qui parait dans la 
charte XXIV. Voir note 3 de la p. 41. 

( 3 ) Cette charte est reproduite dans le Cartulaire, f° 46 r°. 



232 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

GGIV. 
Don au prieuré de Saint- André de Hamla. 

« De Sancto- Andréa in Anglia. » 
(1135circa.) 

« Ego Emma, uxor Rogerii Alis f 1 ), notum fîeri volo tam futuris 
quam presentibus quocl dederim monachis Tyronensibus apud Sanctum- 
Andream de Hamla manentibus, pro salute anime mee et conjug^is 
mei et antecessorum meorum , terram et prata que possident apud Au- 
ditonam, libère et quiète et absque ulla seculari consuetudine. Hanc 
autem donationem dedi eg*o Emma in capitulo monachorum Sancti- 
Andree et posui super altare, presentibus monachis: Gaufrido priore, 
Roberto Rufo ejus nepote, Haimerico sacerdote, Erchenbaudo, Rual- 
leno, post facto monacho, cujus peticione et familiaritate hoc totum 
feci. Inde sunt testes: Gervasius miles, Ricardus fîlius meus, Eawar- 
dus de Stanhan, Eawardus Juvenis, Guillelmus de Ghristianivilla, Guil- 
lelmus de Vallibus. Pro bac autem donatione receperunt me in sororem 
predicti monachi et fîlios meos in confratres, et omne genus meum 
vivorum et mortuorum in Tyronensis ecclesie benefîcium. » 

(Cart. de Tiron, f° 49 v°.) 

GGV. 

Abandon à V abbaye des dîmes de Cintry. 

« De Cintriaco. » 
(1135 circa.) 

« Quod memorie posterorum tradere volumus litterarum apicibus 

(*) Parmi les principaux vassaux du comte de Breteuil, nous retrouvons Guillaume 
Alis. Il a laissé son nom à deux moulins, situés l'un à Breteuil, l'autre à Carentonne, 
près Bernay. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 

commendare satagimus : omnibus igitur sanctc ecclesiç Bdelibus notum 
sit quocl Hugo de Montc-Bcrnardo , et Roschus de Baugentiaco^) , el Le- 
bertus de Paveia, gêner ejus, etTheodericus Pluisnela, sororius ejus , el 
uxores eorum , et Garnerius etGoslenus, filii Theoderici , omnem deci- 
mam omnium animalium, quam calumpnial.)ant contra monachos 
Sancti-Salvatoris de Tijron détentes apud Cintriacum (*), solutam el 
(|iiietam eis im perpetuum reliquerunt. Insuper auteni, pro remedio 
prccatorum suorum, dederunt eisdem monachis decimani un r agri- 
pennorum terre extra omnia edifîcia domorum eorum ubicumque iim- 
naehi digèrent. Ipsi vero monachi ita elegerunt ut très agripennos 
extra vineam caperent et quicquid infra clausuram vinee erat pro uno 
agripenno, quantumcumque terre esset, haberent. Hec autem omnia 
concesserunt predictus Hugo de Monte-Bernardo et alii omnes quos 
supra denotavimus. Hoc etiam concessit Goffredus Gamberlanus de l } ui- 
sath, de cujus feodo hec décima de qua agitur erat, misitque donum 
suum cum cutello super altare Sancti-Georgii de Gintriaco. Unde sunt 
testes: Radulfus de Baugentiaco ( 3 ), Henricus senescallus, Umbaldus 
de Villereth, et Petrus privignus ejus, et Durandus de Medunno, et 
Ghristianus de Gintriaco. » 
(Cart. de Tiron, f° 60 \°. ) 

( ! ) Dans la charte XLI, ce même personnage est appelé Roscha de Baugentiaco : la 
leçon Roschus est évidemment préférable. 

( 2 ) Le prieuré de Cintry, un des plus anciens de l'abbaye de Tiron, avait été fondé 
dans les environs de Beaugency à la suite de la donation faite par le roi Louis le Gros 
(voir charte VII). Nous n'avons pu retrouver l'emplacement exact de ce prieuré ; mais 
nous avons cru devoir traduire Cintriacum par Cintry plutôt que par Cintray, comme 
nous l'avions fait précédemment. 

C 3 ) Vers l'an 1108, Raoul de Beaugency assiste à l'accord fait entre Louis VI et Gui 
Troussel, seigneur de Montlhéry, accord aux termes duquel Gui Troussel céda au roi 
sa seigneurie de Montlhéry. Une charte du Cartulaire de Beaugency, de lamômeanix '■<• 
environ , nous fournit le nom de la femme de Raoul , Mathilde , et de ses enfants : 
Hugues, Simon, Lancelin, Raoul, Agnès et Mathilde. Son second fils Simon, puis son 
troisième fils Lancelin lui succédèrent dans la seigneurie de Beaugency. — On voit dans 
les Lettres de saint Ives la relation d'un différend qui surgit en 1 1 1 i entre Raoul et son 
suzerain Thibaut IV, comte de Chartres. 



t. i 30 



234 CHARTULARIUM DE TIRONE. 



CCVI. 



Confirmation par Arnaud de la Ferlé de terres et d'un moulin 

donnés à l'abbaye. 

(1135 circa.) 

« Ego Arnaudus , Feritatis dominus (*), universis fidelibus tam pos- 
teris quam presentibus notum fîeri volo Gislebertum deCuria-Episcopi, 
servientem meum , dédisse Deo et monachis Tyronensibus in perpetuam 
elemosinam totum feodum Amicii , ita quod plexicium quod in eodem 
feodo est et imam carrucatam terre circa ipsum plexicium quiète et 
libère ipsi monachi possidebunt, reliquum vero ejusdem feodi campar- 
tem reddet predicto Gisleberto , et insuper de unaquaque bovata terre 
xn denarios , ad festum sancti Remigii , remoto quolibet alio servicio et 
consuetudine. Preterea sciendum quod memoratus Gislebertus et Gau- 
terius de Lamborria similiter dederunt memoratis monachis medieta- 
tem molendini quod in predicto feodo est. Hoc donum tam terre quam 
molendini eg*o Arnaudus , Feritatis dominus , de cujus feodo est, con- 
cessi et in tutelam meam suscepi , Arnaudus quoque fîlius meus et Guil- 
lelmus et Hugo ( 2 ). Goncessimus etiam in prefata elemosina feriam pre- 

( 1 ) La généalogie des seigneurs de La Ferté- Arnaud (depuis La Ferté-Vidame) est 
assez difficile à établir. Les renseignements les plus certains que nous trouvions sont 
tirés d'une charte donnée par Hugues, archevêque de Tours, à l'abbaye de Saint-Père 
vers 1140. Dans cette charte l'archevêque rapporte que Guillaume de La Ferté, son 
frère , avant de partir pour la Terre-Sainte , donna à l'abbaye le bois dans sa forêt de 
La Ferté. Ce don fut confirmé par Arnaud , fils de Guillaume ; puis celui-ci étant mort 
peu de temps après le départ de son père pour la Palestine , l'archevêque lui-même 
confirma cette donation devant tous ceux qui étaient venus aux obsèques d'Arnaud de 
La Ferté. Il la fit ensuite renouveler par Hugues, frère d'Arnaud, qui avait succédé à 
celui-ci dans la seigneurie de La Ferté. 

( 2 ) Guillaume et Hugues nous paraissent être les deux frères d'Arnaud : Hugues, 
comme nous venons de le dire, devint seigneur de La Ferté à la mort de son frère-, 
quant à Guillaume, plus connu sous le nom de Guillaume de Ferrières, il devint vidame 
de Chartres vers 1115 par son mariage avec Elisabeth , fille de Guerry, puis ayant suc- 
cédé à Hugues dans la seigneurie de La Ferté, il réunit celle-ci au vidamé de Chartres, 
auquel elle resta annexée jusqu'à la Révolution. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 

fatis monachis liberam et quietam ah omni oonsueludine , ad festum 
sancti Johannis; hominibus autem eorum ncmora mea ad hospitalicium 
et ad calefactionem , et pasturam eorumdeni nemorum juxta consuetu- 
dinem meorum hominum. Donum Gisleberti concessit uxor (jus Ghris- 
tiana, et Balduinus fîlius ipsius, et Ascelina fîlia. Hec itaque ut rata 
permaneant, et sigilli mei impressione et veracium testium asseriione 
roboravi. Addendum est premissis et similiter roborandum quod in 
supradicto molendino supradieti monachi molendinarium ad libitum 
suum mittent et auferent, et eorum justicie subjacebit. Horum testes 
sunt: Hugo de Roseria et Gauterius frater ejus, Girardus de Loun, Hugo 
de Lamborria, Odo clericus domini Arnaudi, Andréas capellanus 
Sancti-Mauricii , et plures alii. » 

{Chirogr. orig. en parch.) 



CGVIÏ. 

Don par Thibaut l' ermite à ï abbaye du Guê-de-Launay 
dune terre près La Loupe. 

« De Vado-Alneti. » 
(1135 circa.) 

« Notum sit eunctis fîdelibus quatinus Hugo Amicus-Bonus de Vale- 
niis omnem dédit terram Teobaudo heremite, fratri suo, quam tenebat 
a quodam domino Odone nomine, de Lodopa cognominato , justa ter- 
minum ejusdem loci Lodope scilicet existentem. Hanc vero terram ipse 
Teobaudus, cum maneret secus ipsumlocum, tribuit monachis Alneli. 
id est ecclesie Sancti-Laurencii , in elemosina, liberaliter atque absolu te 
possidendam , sicuti ipse eam quippe a fratre suo velud ex patrimonio 
absque calumnia possederat. Istud namque beneficium non solum con- 
cesserunt domini de quorum feodo terra videbatur, sed etiam tuen- 
dam et ad opus monachorum conservare promiserunt, Hugo videlicet 
Bonus- Amicus , Odo de Lodopa supradictus, Hugo de Valeniis domi- 



236 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

nus( 1 ), et cum ejus uxore Garnerius ipsius filius et ceteri cuncti a qui- 
bus oportebat concedi. Et inde sunt testes : Hugo Caradous, et Ranul- 
fus Hurtadus, Ricardus cocus, Engelbaudus denique Guitellus et ceteri 
quorum nomina tacentur ( 2 ). » 

(Cart.de Tiron, f°65r°.) 

GGVIII. 
Don d'une terre à Péronville. 

« De Spesovilla. » 
(1135circa.) 

« Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris quod ego Hau- 
ricus ( 3 ) dedi monachis de Tyron terram solutam et liberam sine aliquo 
retinaculo, in villa que dicitur Espesovilla, partim pro Dei amore, par- 
tim pro terreno commodo. Dédit enim michi xx solidos monachus qui 
tune preerat obedientie de Spesovila , nomine Ernaudus Malboveri , et 
ovem unam albam ( 4 ) cum ag*no suo et dimidium sextarium pisi ( 5 ) 
uxori mee , et ita concessit ipsa cum liberis suis , et socero meo Guidoni 
de Dotein dédit duos solidos, concedentibus dominis meis, de quorum 

(*) Nous avons déjà parlé de cette famille de Valennes (charte LXXVIII). Elle fut 
longtemps puissante dans les pays du Maine et du Bas-Vendômois. En 1381 , Geoffroy 
de Valennes, chevalier, est témoin du testament de Foulques de Valennes, chanoine 
de l'église du Mans, par lequel celui-ci lègue au Chapitre du Mans son fief de Che- 
nille, de Chenilleyo, en la paroisse d'Yvré-l'Évêque, de Ebriaco-Episcopi. 

( 2 ) Une copie de cette charte existe aux Archives départementales de la Sarthe 
(H. 84). 

( 3 ) Voir supra, charte XL. 

( 4 ) Les hrebis blanches, comme les bœufs blancs, étaient particulièrement estimées 
au Moyen-Age ; mais la mention même de cette couleur privilégiée est une preuve que 
les brebis noires étaient alors beaucoup plus communes qu'aujourd'hui. 

( 5 ) La culture des pois était très répandue au Moyen-Age. La redevance payée ici à 
la femme de Hauricus devait être destinée, soit à la nourriture des pigeons, soit à la 
préparation du potage aux pois, très estimé alors dans le Perche. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 

feodo terra illa michi et antecessoribus meis proveniebat, scilicet Petro 
et Erchenbaudo , fîliis Huberti de Espesovilla, concedenlr etiam sorore 
eorum nomine Deelina. Est autem liée terra conjuncta terre quam ipse 
Hubertus de Espesovilla, pro remedio anime sue, dédit eisdem mona- 
ehis de Tyron. Dédit etiam monachus supradictus Ernaudus Petro, do- 
mino ejusdem feodi , v solidos et matri ejusdem Pétri atque victrico 
suo v solidos et porcam unam. Factum est hoc totum in presentia 
liorum testium : Simonis et Roberti, avunculorum Pétri de Espeso- 
villa, Odonis de Geminiaco, Helderii sacerdotis, Pagani de Pertis, 
Borgonii, Rogerii deBrocia, Odonis Bosloveri , qui fuit ad metandum 
et ad dividendum et ad recognitionem pactorum. » 
{Cari, de Tiron,P 27 r°.) 

GGIX. 

Don au prieuré de Croixval de terres à Fains et à Chervigny. 

« De Cruce-Vallis. » 
(1135 circa.) 

« Notum sit omnibus christianis tam presentibus quam futuris quod 
scilicet Odo de Aco, quidam de Turneio miles, vitam suam moresque 
in melius converti cupiens, se suaque dédit monachis Sancti-Salvatoris 
de Tiron. Quod datum fecit super al tare Sancte-Marie-Magdalene de 
Grucis-Valle , astante Petro fratre suo, et Aales uxore sua, atque (li- 
rardo Yanerio, sponsoillius( 1 ), hocipsisconcedentibus. Dédit itaque pre- 
dictus Odo monachis de Grucis-Valle totam terram de Fenis usque 
ad Fossam-Glaram , et duas partes omnium deeimarum de feodo Ghebri- 
neiensi. Hujus rei testes sunt : Fulbertus presbiter de Turneio, et Hug^o 
miles de Treiet, et Hildeardis uxor ejus atque filia Agatha, que eciam 
pro concessu habuit duos nummos. Ipse etiam Petrus, predicti Odonis 
f rater, pro hac eadem concessione accepit a monachis iin or nummos. 

C 1 ) Il y a évidemment ici une lacune dans le texte: il manque le nom de la fille 
d'Eudes, dont Girard Vannier devait être le fiancé. 



238 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

Sciendum vero quod predicti monachi prebebunt ipsi Girardo duos soli- 
dos in auxilium unoquoque anno quamdiu feodus deservierit. Hujusrei 
sunt testes: Garinus de Marreio (*) sepedicti Odonis avunculus, et Ro- 
bertus fîlius, et Giffardus de Alnetis et Freslon milites, et Augis de Aco, 
et Bernardus Vanerius, Simon fornarius, et Hugo Go fart, atque Hugo 
Helinandus, et Hug*o de Fenis, et Odo Aaliz, et Giraudus metarius, 
Jobannes Rufus, Tibot ( 2 ) Granoilla, Auveius, Robertus cocus et Ro- 
bertus frater Alexandri de Turneio, et Ada uxor Gifardi, et Hielent ma- 
ter Alexandri , et Basilia uxor ejusdem. Hoc actum est in illo temporr 
quando Raginaudus Mag^nus prioratum ipsius loci tenebat. » 

(Cart. deTiron, f° 66 v°.) 

GGX. 

Abandon à ï abbaye d'une terre à MareuiL 

(1135circa.) 

« Eg*o Guillelmus, Tyronensisecclesie, Dei permissione, minister, no- 
tum esse volo omnibus tam presentibus quam futuris Gaudinum , filium 
Teobaudi Hervei, calumpniam totam quamnobis faciebat de terra quam 
habebamus et habemus juxta Marog^ilum, in loco qui dicitur Ad-Fon- 
tem-Sancti-Petri , quietam clamasse Aurelianis , in claustro canonicorum 
ecclesie Béate -Marie que est inter murum et fossatum( 3 ), pro remedio 
anime sue antecessorumque suorum , présente Hug'one de Rochiis et 
Teobaudo, cognatis suis, Rainaudo quoque de Sancta-Golumba , Jor- 

(*) La famille de Marray habitait depuis longtemps le Vendômois. En 1068, Robert 
de Marray avait fait un accord avec les moines de Marmoutier pour la terre de Four- 
vant, dépendant du prieuré de Fréteval. 

( 2 ) C'est déjà notre nom actuel, Thibaut. 

( 3 ) L'église dont il est ici question est celle de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle. Elle 
fut rebâtie en 1021 par le roi Robert et donnée par lui à des chanoines réguliers, qui y 
demeurèrent jusqu'en 1149. A cette époque, Simon de Beaugency, à laquelle elle appar- 
tenait jure lier cditario, la remit entre les mains de Manassès de Garlande, évêque d'Or- 
léans, qui la donna à l'abbaye de Marmoutier. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 

dano, Stephano filio Galciardi, Koberto de Costiceio, Jacobo, Archen- 
baudo, multisque aliis presentibus. » 

(Cart. de Tir on, f° 72 v°.) 

GGXI. 
Confirmation au prieuré de Saint-Ouen d'un pré à Villemigeon. 

« De Tornam. » 
(1135 circa.) 

« Universi noscant quaiinus pratum apud Villam-Mciom , sicut Gau- 
terius de Villa-Meion tenuerat, ita Gislebertus, quondam régis pin- 
cerna, uxorque ejus Eustachia fîliique ejus Guido et Mariasses, insuper 
et soror eorum Aloisa nomine, monachis Sancti-Audoeni concesserunt, 
in presencia fratris sui Stephani. Teste: Johanne de Gampis , Milone 
de Corterei, Radulfo de Gorcellas, Petro Magistro, Hatone fabro de Tur- 
nomio , Roberto de Marna ; testibus etiam de monachis : Eng'elbaudo 
priore. » 

{Cart. de Tiron, f° 73 v°.) 

GGXII. 
Don par Robert Picard de tout ce qu'il possédait à Charencei/. 

« De Carenceio. » 
(1135 circa.) 

« Notum sit omnibus fîdelibus quod Robertus Picardus ('), pro 
anima sua suorumque antecessorum , dédit Deo et Reate-Marie Sancto- 
que Mauricio et monachis de Tiron quicquid habebat in feodo Gharen- 

C 1 ) Guillaume Picard fut tué en 1099 dans un des assauts donnés à Jérusalem. Nous 
croyons que Robert était son fils. 



240 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

cii , scilicet très partes feodi et aream molendini in eodem feodo quam 
tenebat a fîliis Girardi fîlii Fulberti et Guillelmo. Monachi vero hac de 
causa cuidam filie sue Hersendi nomine , siquando maritum acciperet, 
xxx solidos promiserunt; quod si mallet, ad religionem reciperent. 
Concesserunt uxor ejus Richeldis et filie ejus Alberga et Hersendis. 
Hujus autem rei testes sunt : Rogerius presbiter Carenceii, et Robertus 
Holdeberge et Goffredus fîlius ejus, et Paganus famulus monachorum. 
Postea vero Guillermus de Busseio, de cujus feodo erat, hujusmodi 
contradicens donum , diu elemosinam disturbavit ; sed deinceps , divina 
disponente sapiencia, que novit percutiendo sanare et occidendo vivi- 
fîcare, Fulbertus, frater ejus, qui cum illo quartam partem hujus feodi 
obtinebat , quadam gravi tribulatione contrictus est. Hac de causa, 

( Cart. de Tiron, f° 74 v°. ) 

GGXIII. 
Fondation du prieuré de Bois-Aubry. 

(1135 circa.) 

« Ego Briccius de Chillo, pro remedio anime mee et pro animabus 
patris et matris mee et uxoris mee , concedo Deo Salvatori et monachis 
de Tiron locum Sancti-Michaelis Lucizensis ( i ), quem dederam Domino 
Roberto sacerdoti( 2 ) qui, pro amore et honore omnipotentis Dei, ipsum 
locum honeste jam edifîcatum prefatis monachis cum suis facultatibus 

[ l ) Le prieuré de Saint-Michel de Luzé, ainsi appelé de la paroisse dans laquelle il 
avait été fondé, aux environs de l'Ile-Bouchard, ne tarda pas à être érigé en abbaye, et 
peu après perdit son nom primitif pour prendre celui de Bois-Aubry. La chapelle de 
l'abbaye existe encore et offre un précieux spécimen de l'architecture du XII e siècle. 

(*) Suivant M. Hauréau (Gallia Christiana, t. XIV), ce Robert aurait été moine de 
Tiron et ce serait à ses prières que Brice de Chillon aurait fondé l'abbaye de Bois- 
Aubry. Nous doutons fort de la légitimité de cette qualification de moine de Tiron don- 
née au prêtre Robert, d'autant que M. Hauréau suppose que, dès le commencement 
du XI e siècle , ineunte undecimo sœculo , les religieux de Tiron se seraient établis à la 
celle de Saint-Michel : or l'abbaye de Tiron, nous l'avons vu, ne date que de 11 li. 



GHARTULARIUM DE TIRONE. 241 

donavit. Dono siquidem prefato abbati <l monachis ejus tantum terre 
quantum xx et un boves excolere poterunt; quod si abbatiani in prefato 
loco, ut jam statuerunt, concesserint , quantum xxx. Dono preterea ad 
vineas edifîcandas sive ad hortos tantum terre, quantum plantare volue- 
rint. Goncedo insuper convalles nemoris ad prata ediflcanda et <|uic- 
quid nemoris ad usus eorum necessarium fuerit prêter illam partem 
quam ad opus meum in defensione posuero. In illa vero parte concedo 
«nnnes arbores ad usus eorum prêter quercus; si vero intra terram 
quam eis dono arbores mittere voluerint quiète possideant. Omnium 
ctiam animalium eorum pasturam in toto nemore eis concedo. Si vero 
in illa parte quam in defensione posuero glandes vel ea quibus porci 
pascuntur fuerint, sicut et in alio nemore quiète et sine aliqua exac- 
tione eis concedo. Goncedentibus fratribus meis Alealmo etBosone eapi- 
cerio, assensu etiam uxoris mee. Aanoris et fîliorum meorum Aelelnii 
atque Radulfî , et filiarum mearum Mariç et Lisoye et Gelle et Milesen- 
dis. Testes sunt : Robertus heremita ; Guillelmus, Alveredus, discipuli 
ejus; Girardus, prior Sancti-Leonardi de Insula(*); Paganus, sacerdos 
iè Hille; Hugo de Maippe; Hugo de Gbeselis. » 

( Cart. de Tiron , f° 83 r°. ) 

GGXIV. 

Don par Mathieu de Vernon de tout ce qu'il possédait à Tourny.- 

« De Turncio. » 
(1135 circa.) 

« Notum sit omnibus quod ego Matheus de Vernono dono Deo et 
monachis de Tirun, pro salute mea et animarum parentum meorum, 

l 1 ) Le prieuré de Saint-Léonard de l'Isle-Boucliard, dépendant de l'abbaye de Mar- 
moutier, avait été fondé au XI e siècle. Il en reste encore des ruines qui attestent l'im- 
portance ancienne du prieuré. « Sous le rapport de l'élégance et de la perfection de 
» l'ensemble, l'église de Saint-Léonard est incontestablement un des édifices les plus 
» curieux du XI e siècle. L'œil le moins exercé y reconnaît sans peine une deUvfe pure- 
» ment romane. » 

t. i. 31 



242 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

totam terram quam in dominio meo tenueram in partibus ubi hospitati 
sunt ipsi monachi . et boscum de Tronceio sicut via Faii séparât , et 
quicquid, pro salute animarum suarum, dare eis voluerint de feodo 
meo homines mei leg*itimo dono. Hoc autem factum est antequam du- 
cerem ego Matheus uxorem : uxor tamen mea Ysabel postea hoc con- 
cessit. Dehis omnibus testes sunt: Ivo decanus de Sancto-Egidio , Odo 
filius Hu^onis , Radulfus Bu fart, Odo fîlius Ameline, Robertus de Albi- 
nio, Radulfus fîlius Aeles, Robertus de Sancta-Columba , Richardus 
fîlius Engeles, Ascelinus Galcensis. 

» Postea vero Eustachia, predicti soror Mathei, eisdem dédit mona- 
chis apud Miseium vi acras terre de predicti feodo Mathei , et Henricus 
de Sancto-Egûdio unam acram , Radulfus fîlius Adeles i acram , Willel- 
mus de Querceto i acram , Gislebertus Trehout ni acras , Galterius factus 
Tironii monachus( i ) n acras et dimidiam. 

» Simon de Porco-Mortuo quoddam vadimonium habebat super 
vm libras, quod, concessione predicti Mathei, dédit monachis si sine 
herede masculo moreretur, cum excremento sicut in manu ipsius 
Simonis excrescere poterit, testimonio Willelmi sacerdotis et ipsius 
Mathei. » 

( Gart. de Tiron , f j 57 r°. ) 

GGXV. 

Confirmation par Hugues de tous les dons faits à l' abbaye 
par son père, Geoffroy IV, vicomte de Châteaudun. 

« De vicecomite Castriduni. « 
(1136/7, 6janv.) 

(( Quia cotidie eunte ad detrimentum refrig^escit caritas multorum 
vixque invenitur qui faciat bonum , presertim cum in tantum excreve- 
rint malum ut qui sua pauperibus noluerint erog^are propria si nequeunt 

(*) Ce Gautier, moine de Tiron, est le même que nous trouvons désigné sous le 
nom de Galterius granearius dans la charte CLXXXVII. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 

sibi mancipare, saltem moliuntur corrodcre. Noscat universalis çcclesia 
quod domnus Hugo, venerabilis Gaufridi Gastriduni vicecomitis filius, 
in anno quo pateripsius, predictus Gaufridus, apud Fractam-Vallem, 
in carcere Ursionis tenebatur (*), concessit nobis Tyronii monachis quc- 
cumque de feodo patris sui et matris sue venerande Heloyse usquc ad 
tempus illud babueramus, in terris, in pratis, in bosco, in aquis, in 
molendinis, in redditu et universaliter in omnibus ( 2 ), si qua que in his 
non contineantur inveniri poterint alia. His videlicet signis quod, quo- 
dam die festo Theophanie ipsius anni quo supradictus cjus patcr 
Gfaufridus] in captione supradicta custodiebatur, convenerunt apud 
ïyronium ut de placito suo in médium conferrent iste Hug*o, Gaufridi 
filius, cum matre sua Heloysa, et Vindocini cornes Gaufridus ( 3 ), et 
filius ejus Gaufridus, et Silvester de Sancto-Karilelfo , et Hebradus Pu- 
tisatii dominus , et alii quorum subscribuntur nomina : Geldoinus Desree, 
Matheus Ruf us , Hug*o Viator , Grippa, Theobald us de Grena, Gaute- 
rius, Gaufridus. Hii omnes, excepta domina Heloysa, in capitulo 
nostro Tyronii fuerunt, et cum aliis pluribus audierunt quod venera- 
bilis predictus Hugo que superius leguntur nobis concesserit, et quod 
Hebradus, Putisatii dominus, rogatus a nobis similiter fecerit, vide- 
licet quod ea que pater ejus Hugo de feodo suo nobis concesserat iste 
concesserit. Horum omnium qui prenominantur sunt testes, quia fue- 
runt présentes. Hec autem facta sunt anno ab incarnatione Domini 
M. G. XXXVI. » 

{Car t. de Tiron, f°24 r>.) 

(i) On sait en effet que Geoffroy IV, vicomte de Châteaudun, fut fait prisonnier, en 
H 36, par Ursion de Fréteval, et retenu pendant plusieurs mois en captivité dans le 
château de Fréteval. Durant sa captivité, son fils Hugues eut l'administration de la 
vicomte de Châteaudun. 

( 2 ) Parmi les dons faits à l'abbaye de Tiron par le vicomte Geoffroy se trouvait lo 
droit de percevoir toutes les coutumes dans la ville de Châteaudun , chaque dixième 
semaine. L'Hôtel-Dieu de Châteaudun ayant reçu, au mois de février 1201, du 
vicomte Geoffroy V le droit de foire pendant un jour à la fête de la Madeleine, pré- 
tendit être exempt de toutes coutumes envers l'abbaye quand la foire tombait dans sa 
dixième semaine : un assez long débat s'ensuivit qui fut terminé par une transaction 
en 1276. 

( 3 ) Geoffroy Grisegonelle, comto de Vendôme, était l'oncle de Hugues : il avait épousé 
Mathildc de Châteaudun, sœur de Geoffroy IV. 



24i CHARTULARIUM DE TIRONE. 

ccxyi. 

/ mdaùon du prieuré l 

Ponthl -seau. 

De Corseth. 
. ISîcirca.) 

Note «ninibus honiinibus quod Conan u^. «lux Britannorum. 

et Hermeniardis mater ejus (') dederunt Ponlem-Roselb" monachis 
Tirone et ealceam et duos denarios de unaquaque quadrige, unum 
de suo jure proprio. alterum de jure baronum. quoi et ipsi coi 
runt. Dédit etiam cor s très nummatas ciborum in quaeumque die 

fuerit Nannetis. et de - is lignis sue foreste quantum opus fuerit ad 
ealceam faeiendam . et platearn quamdam ad domum eornponendamC). 
Quod si aliquisberes suus hanc elemosinam auferre vel etiam minuere 
presumpserit . sub anathemat^ ponatur et a monacbis maledicatur 
eniruConanusconstituit. [sti duo denarii sunt deealeea. quorum alte- 
rum cornes, alterum douant barones : de Ponte-Roselli sunt alii duo. 
quos cornes eisdem monacbis dudum dederat (*). Hujus autem elemosine 
sun s: Hermengardis, comi tissa : Herveus, ejus capellanus; Da- 

niel, eapellanus coin! audus monaebu- cui elemosina hec pri- 

mum data est : Ham - . filius comitis(*) : Johannes de Coche; Gau- 

(*) Ermengarde, fille de Foulques IV le Réchin, comte d'Anjou, après avoir été 
répudiée par Guillaume IX, due d'Aquitaine, avait épousé en 1093 Alain Fergent, dit 
le houx, duc de Bretagne, dont elle eut entre autres enfants Conan III, dit le Gros, qui 
succéda à son père. EDe mourut le 1 er juin i i 

(•) Nous pensons que c'est cette donation à l'abbaye de Tiron d'un emplacement 
pour construire une demeure qui fut l'origine du prieuré de Corseth : cependant nous 
trouverons plus loin une autre charte qui se rapporte à la même fondation. 

(*) Voir supra, charte CLXI. 

( 4 ) Les historiens ne citent que deux enfants de Conan ni : Hoël VI que le duc 
.voua avant sa mort, et Berthe, mariée en premières noces à Alain le Noir, comte de 
Richement, et en secondes noces à Eudes, comte de Perhoët. Nous n'avons rencontré 
nulle part la mention d'Aimery, dont la naissance nous semble avoir été illégitime. 



GHARTULARIUM DE TIRONK. 

fridus et Aufre deSion; Gaufridus, filins Garini ; Maînardus de Guer- 

randia; Dagan; Hormaut^). » 

(Car t. de Tir on, i'° 84 v°.) 

CCXVll. 

Don d'une charmée de terre à Brimont. 

« De Brimonte. » 

(U37circa.) 

« Notum sit omnibus futuris et presentibus quod ego Guillelmus 
de Follet donoDeo Salvatori et monachis Tvronii imam carrucalam terre 
in Brimonte. Hoc autem donum concessit uxor mea Hersendis. Hujus 
pei testes sunt : Guillelmus fîlius Anseis; Pagotnus Riboth; Robertus de 
Moteia; Richerius de Platea; Robertus Flavus; Odo de Fractig*neio ( ! ) ; 
Gosbertus, frater ejus; Hugo Gauganus ; Eng*erricus carpentarius ; 
Odo sacerdos; Garinus de Alto. » 

{Car t. (le Tir on, i° 10 r°.) 

GGXVIII. 

Don au prieuré des Coutures de la dîme de Piponvilliers. 

« De Gultura Mereil. » 
(1137 circa.) 

« Notum sit omnibus hominibus tam futuris quam presentibus quod 

( 1 ) Ermcngarde était partie en 1131 pour la Terre-Sainte, où elle demeura quatre 
ans. Nous ne croyons donc pas pouvoir assigner à cette charte une date antérieure. 

( 2 ) Eudes de Frétigny était dans les ordres. Il fut témoin d'un accord passé entre les 
moines de Saint-Denis de Nogent et Garnier de Frétigny pour les dîmes de l'église de 
Frétigny, que Hugues, père de Garnier, avait données au prieuré. 



246 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

ego Erardus Gurciaci (') et conjux mea Hildeardis, pro animabus nostris 
et antecessorum nostrorum , dedimus Deo Salvatori et abbati et monachis 
Tironii decimam culture nostre de Piponvillari , et super altare celle 
Culture ( 2 ) ad primam missam que ibi cantatafuit( 3 ) donum fecimus, et 
hoc Johanni filio nostro concedere fecimus. Testes : Vitalis archipresbi- 
ter, Robertus Niger sacerdos, Gauterius de Bosum villa, Frog*erius de 
Abbatia, Adam de Grutis, Hug^o frater ejus. » 
{Cart. de Tiron, f°72r.) 

(') Le mot dominus manque dans le Cartulaire original. Evrard devait en effet être 
seigneur de Courcy-aux-Loges , aujourd'hui commune du canton et de l'arrondissement 
de Pithiviers. 

( 2 ) Nous avons l'original de la prestation de serment faite en 1510 à l'abbé de Tiron 
par Jean Langlois, prieur de Saint-Laurent des Coutures. Nous reproduisons cette 
pièce ; car cette formule de serment était certainement identique pour tous les prieurs 
nouvellement élus : « Ego f rater Johannes Langlois, prior prloratus Sancti-Laurentii de 
Cultura, Aurelianensis diocesis, membri ab insigni monasterio Sanctissime-Trinitatis de 
Tyronio, Carnotensis diocesis, immédiate dependentis , juro et promitto , per votum mee 
religionis, fidelitatem, reverentiam, obedientiam et honorent defferre et exhibere reve- 
rendo patri et domino meo domino Ludovico de Grevant, abbati dicti monasterii Tyro- 
nensis et ejus successoribus canonice intraturis , jura et proprietates dicti mei prioratus 
pro posse observare et alienata recuperare, super ipsum prior atum residentiam traiter e 
personaliter nisi super hoc mecum fuerit dispensatum, in capitulis gêner alibus dicti 
monasterii yersonaliter et annuatim comparere et interesse, excusatione tamen légitima 
cessante, pensiones capitulaires dicti mei prioratus débitas et alia omnia, si que debeantur, 
eidem domino abbati aut ejus receptori reddere et persolvere, terminis assuetis, dic- 
tumque meum prioratum divinis non defraudare obsequiis, ymo bene et laudabiliter 
deservire aut deserviri facere ; et alia prestiti juramenta prestari assueta. Sic me Deus 
adjuvet et sancta ejus euvangelia. Teste signo meo manu hic apposito, die duodecima 
mensis januarii, anno Domini millesimo quingentesimo decimo. Et hec prestiti juramenta 
in manibus fratris Philippi de There , prioris claustralis dicti monasterii Tyronensis , in 
absentia dicti reverendi patris et domini mei abbatis Tyronensis. Signé : f. Jehan Lan- 
gloys. » 

( 3 ) Nous avons déjà publié la charte de donation de la terre des Coutures faite à 
l'abbaye de Tiron (voir charte CLX). La pièce que nous éditons en ce moment, si elle 
était datée , nous donnerait l'époque précise de la fondation du prieuré des Coutures : 
nous la croyons de très peu antérieure à l'acte de donation de Froger de Mareau , daté 
de H38. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. >\; 



GGXIX. 



Confirmation par Louis VII d'une terre donner pur Anthelme 

de Groslay. 

« Do Grooleto. » 
(1138.) 

« Lfudovicus], Dei gratia, rex Francorum et dux Aquitanorum, 
omnibus fîdelibus sanetç çcclesiç notum facimus quod terrain quam 
Antelmus de Groolento monachis Tironensibus dédit ( l ), qui de feodo 
nostro erat, nos eisdem monachis liberam ab omni consueiudine jure 
perpetuo obtinendam concedimus , ita quod nichil nobis aut successori- 
bus nostris in ea retinemus. Actum publiée Parisius, anno incarnai] 
Verbi M G XXX" VIII , vegni nostro i, astantibus in palatio nostro quo- 
rum nomina subtitulata sunt et signa. Signum Willelmi buticularii. 
Signum Mathei constabularii. Signum Mathie camerarii. Dapifero 
nullo. Dataper raanum Algrini cancellarii( 2 ). » 

( Vidimus orig. en parchem. de 1262 ( 3 ). — Cart. de Tiron, f° 61 v°.) 

(') D'après une note jointe au Cartulaire original, la terre donnée par Anthelme de 
Groslay est celle qui forma le fief de Tiron à Paris. Nous rencontrerons dans la suite 
de ce Cartulaire un assez grand nombre de pièces relatives à ce fief, dont un plan assez 
informe existe aux Archives départementales d'Eure-et-Loir. 

(*) Le Cartulaire de Notre-Dame de Paris (T. II, p. 395) contient une notice de 
cette pièce : « Ludovicus, rex Francorum et dux Aquitanorum, liberam ab omni consue- 
iudine concedit monachis Tyronensibus terram, de feodo silo moventem, ipsis monachis 
ab Ancelino de Grooleto datant, » On voit qu'il y a une légère erreur dans le nom du 
donateur. 

( 3 ) Ce vidimus donné par Louis IX au mois de septembre 1262 est daté de l'abbaye 
de Maubuisson, in abbatia Beate-Marie-Regalis juxta Pontysaram. 



248 CHARTULARIUM DE TIRONE. 



CCXX. 

Don au prieuré des Coulures de la terre de Mareau. 

« De Gultura. » 
(1138.) 

<( In nomine sancte et individue Trinitatis, ego Frogerius de Marulio ( ! ) 
et Osanna uxor mea dedimus Deo et monachis Tironis totam terrain 
nostram de Mauriolo, concedente domina mea Oda et Raginaldo fîlio 
ejus, de quorum feodo erat. Testes, ex parte Frogerii : Briccius pre- 
centor, Aubertus de Pivere et Salo frater ejus, Pinellusde Evra, Sevinus 
de Marulio, Herbertus de Girunvilla, Hugo fîlius Gecilie, Bertrannus 
de Longa-Aqua ; ex parte vero domine Ode et Raginaudi fîlii ejus : Ra- 
ginaudus et Tescelinus fratres domine Ode, Raginaudus fîlius Frehe- 
sendis , Pinellus gêner Ode , Robertus Saveir. 

» Sciendum vero est quod Oda et fîlius ejus Raginaudus pro hac 
concessione receperunt a monachis Tironensibus xl solidos aurelianen- 
sium, et Raginaudus frater sepedicte Ode xx solidos, Jordanus frater 
ejus v solidos. Hec autem facta sunt anno ab incarnatione Domini 
M° G° XXXVIII, in Castro Pi verense. Hoc etiam concessit Ernulfus 
Arrabi , nepos predicti Frogerii , cum cultello quod in signo concessionis 
posuit super altare capelle Sanctç-Mariç Gulturç. Inde sunt testes: Rai- 
naudus nepos Huberti Asinarii, Hardoinus de Sois, Odo de Meratvilla, 
Haimo de Bosumvilla. Et sciendum quod pro hac concessione habuit 
predictus Ernulfus Arrabi xx solidos aurelianenses. » 
[Car t. de Tir on, f° 72 v°.) 

(*) Nous avions pensé que Mariilium, Mereil, devait se traduire parMareuil. et ne 
trouvant aucune localité de ce nom dans les environs de Pithiviers, nous avions 
attribué cette dénomination à la Neuville. D'après les indications que nous fournissent 
cette charte et celle publiée par nous sous le n° CGXVIII, nous n'hésitons plus à recon- 
naître dans Marulium, Mareau-aux-Bois , aujourd'hui commune du canton et de l'ar- 
rondissement de Pithiviers. 



CHARTULARIUM DE TTRONE. 24g 

GGXXI. 
Erection en abbaye du prieurr de Bois-Avbri/. 

« De abbatia Luceziensi. 

(1138.) 

« Notificetur omnibus quod monasterium Lucizense, in Turonensi 
archiepiscopatu , in honore Sancti-Michaelis fundatum , quondam cella 
extitit monachorum Sancte-Trinitatis de Tiron, plurimis ibidem fratri bus 
sub priore deg , entibus( 1 ). Sed quia Bricius de Chilo, magne discretionis 
et generositatis vir, eodem spiritu inspirante quo prius monasterium 
iundaverat , propter honorem et exaltacionem Sancte-Crucis , in supra- 
dicto loco abbatem constitui a domino Willelmo et omni Tironensi con- 
ventu poposcit, Deo providente, concessum est. Ipse autem Bricius et 
f rater ejus Adelelmus eandem abbatiam ita liberam omnibus tempori- 
bus concesserunt ut nichil in ea posset constitui ab aliqua potestate 
seculari, scilicet nec ab ipsis vel eorum fîliis et successoribus. Goncessit 
etiam isdem Bricius et abba tune primum in supradicto loco electus et 
ejus monaclii ut omnis abbatum ejusdem loci Lucizensis futura electio 
if] providentia et potestate Tironensis abbatis suique capituli jure per- 
petuo maneat -, quod si ille locus abbatiam facere absque consilio Tiro- 
nensis abbatis suique capituli fieri non poterit. Si vero quicumque abba 
supradicti loci Lucizensis vel aliorum locorum eidem subjectorum inde- 
center ac seculariter, quod absit, se suosque rexerit, vel etiam a nostre 
Immilitatis habitu et aliis nostris religûosis institutionibus recesseril. 
Tironensis ecclesie nutu et imperio erit removendus, atque alter (jui 
dig'nus fuerit constituendus , Turonensis archiepiscopi ubique salvo 
jure. Hoc etiam provisum est, propter vinculum caritatis et unitatem 

! ' ) C'est sans doute ce préambule qui a fait supposer que , dès le commencement du 
XI« siècle, la celle de Saint-Michel de Luzé était habitée par des moines do Tiron. 11 
ne se rapporte en réalité qu'à la première donation de Brice de Chillon (voir charte 

ocxni). 

t. 1. 32 



250 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

f raterai tatis , quod quando unusquisque ex abbatibus supradicte ecclesie 
Lucizensis eligendus erit, ab abbate Tironensi et conventu electus et 
traditus fuerit et , in presentia abbatis qui tune preerit fratrumque con- 
ventus, matri ecclesie. de Tiron ejusque rectoribus obedientiamet debi- 
tam subjeetionem ipse tune noviter electus abba et ipsius monachi qui 
tune présentes aderunt coram Deo et fratribus promiserint. Nec prete- 
reundum quin eandem obedientiam et debitam subjeetionem tamabba 
Lucizensis quam alii convenerint( 1 ). Quando autem Tironensis abbas ad 
sepedictum locum Sancti-Michaelis , quem Lucizensem vocari constitui- 
mus, vel ad quemlibet locorum ei subjectorum advenerit, honorifice, 
ut decet, recipietur, et ipse abbas loci propriam sedem sue dignitatis 
ei preparabit, in choro scilicet, in capitulo, in refectorio, etubicumque 
paternam ei reverentiam exhibebit. Et si forte in aliquo locorum mo- 
nacus contumaxvel rebellis contra suum abbatem repertus fuerit, in 
beneplacito Tironensis abbatis , de loco in alium removeri poterit ; et si 
aliquis frater inobediens extiterit , nequaquam parti alteri sine litteris 
commendaticiis conjungendus erit. Omnis vero substancie humanitas 
ita in ter eos communis fore promittitur ut cum in aliquo rerum tem- 
poralium eg^uerint aliis ex aliis subvenietur , et spiritualium beneficio- 
rum pro vivis et defunctis tan ta unanimitas ut sic pro aliis quam pro 
suis propriis fratribus ferveat caritas ut etiam nulla penitus sit diversi- 
tas. Cum erg'o mater ecclesia de Tiron suo pastore orbata fuerit, si 
communi capitulo placuerit, quem libuerit de suffraganeis abbatibus 
vel monachis in magistrum abbatem sibi proponere poterit, et in ejus- 
dem matris ecclesiç capitulo alter eligetur ad regendam ecclesiam cujus 
pater apud Tironem assumptus fuerit. 

» Hoc autem notum sit sanctç çcclesiç filiis quod Tironensis çcclesia 
taie privilegium habet ut quicumque injuriam ei qualicumque causa 
intulerit, ab ipso papa rectore excommunicandus sit; servantibus 
autem et idem Ghristi patrimonium amplifîcantibus, benedictio et pax 
a domino Jesu-Cbristo. Hec autem facta sunt anno ab incarnatione Do- 
mini M G XXXVIII, re^nantibus Ludovico Ludovici in Gallia, Ste- 
pbano in Anglia. » 
(Cari, de Tiron, f° 82 \°.) 

(*) Cette phrase est inintelligible. 



CHARTULARIUM DE TIRONK. 

GGXXIL 

Don d'une maison à Chartres. 

« De domo Garnotis. » 
(1138 circa.) 

« Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris quod ego Paga- 
mis Dromadarius et Ansoldus frater meus dedimus domum Garini, 
patris nostri, de Querceto, per manus episcopi Gaufridi, monachis d<- 
ïyrone. Hujus rei testes sunt : Gobertus coriarius( 1 ) , Ricardus Blius 
Algisii, Ernaudusque de Ver, et ex parte monachorum : Hubertus Asi- 
narius, Stepbanus cordarius, Dagobertus aculearius, Girardus pelli- 
parius. » 

{Cari, de Tir on, f° 15 \°.J 

GGXXIII. 

Restitution à l'abbaye d'une terre à Villandon. 

« De Goscelino Gallo. » 
(1138 circa.) 

« Quo memorie posterorum representari volumus litterarum api- 
oibus commendare satag'imus. Notifîcamus igitur cunctis fidelibus tam 
presentibus quam futuris quod Goscelinus Gallus et Hersendis uxor 
ejus, et Guillelmus eorum fîlius, atque Helvis uxor ipsius Guillelmi 
terram que est apud Villam-Abdonis quam contra monachos Sancti- 

(') La corporation des corroyeurs à Chartres était, au XII e siècle, confondue avec 
celle des tanneurs. Ce ne fut qu'en 1448 que les corroyeurs reçurent des coutumes par- 
iculières. La rue de la Corroierie existe encore à Chartres. 



252 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

Salvatoris Tyronis calumpniabantur, quam terram Ragûnaudus de Bri- 
tiniaco eis monachis , quoniam illis ad manum erat et terre illorum in- 
serebatur, pro alia terra mutaverat, unde etiam, concessionis gratia, 
ab ipsis monachis xx solidos carnotensis monete acceperat , ecclesiastice 
religionis judicibus rem dilig*enter inquirentibus causamque examinan- 
tibus, cum nichil illorum juris in ea fore cognoscerent, talemque calump- 
niam, plus ambitionis cupiditate ac contentionis importunitate quam 
hereditarie possessionis jure, exortam fuisse animadverterent , ipsis 
judicantibus coacti sunt dimittere. Hujus rei testes sunt : Guillelmus, 
monachus , ejusdem domus Ville- Abdonis prior; Salomon Sancte-Marie 
Carnoti cantor ; Hugo subdecanus ; magister Robertus , decanus Seoris ; 
Egidius et Piscis de Braio; Paganus de Hargenton; Goffredus famulus 
et Hamo de Braio. » 
{Car t. de Tir on, f° 17 v°.) 

GGXXIV. 

Remise à l'abbaye d'une terre à MenchouL 

« De Radullo de Saneto-Carauno. » 
(1138 circa.) 

« Noverint fidèles cuncti présentes atque futuri quod Radulfus de 
Saneto-Carauno dédit monachis de Tiron omnem terram quam de eisdem 
monachis tenebat, quam prius de Guillelmo de Saneto-Carauno tenue- 
rat , scilicet in feodo de Mancheiolo et de Gurtesia ; quod concesserunt 
fîliusejus Bernardus et fîlia. Unde caritative ab eisdem monachis pre- 
dictus Radulfus accepit quatuor libras nummorum , scilicet xl solidos 
carnotensium et xl solidos meduntorum. Hoc autemfactum est in foro 
Brehervalli, videntibus et audientibus quorum infra sunt nomina, ex 
parte monachorum : Landricus et Robertus sacerdos , Simon presbiter, 
Paganus et Boudardus de Forestela , Ghristianus et Belinus de Neaufeta, 
Girelmus et Renoldus de Belliii ; ex parte vero Radulfî : Radulfus Grassa- 
Lingua, Gauterius de Vilers, Hug*o Rufus, Guiardus et Hug*o de Ponz. » 

{Cari, de Tiron, f» 76 v°.) 



CHARTULARIUM DE TIRONK. 



GGXXV. 

Lettres de protection par l'archevêque de Tours. 

« De Bosco- Albcrici. » 
(1138 circa.) 

(( Hu[g*o] , Dei gratia, Turonensis ecclesie minister humilis( 1 ), karis- 
simo fratri Wfillelmo] , venerabili Tironensi abbati, et sanctissimo con- 
ventui ejusdem cenobii eorumque successoribus in eadom religione 
ivgulariter substituendis, in perpetuum. Karitati vestre gratias agimus 
super hoc quod , amonitioni et peticioni nostrç consenciendo , in loco 
quod Lucezium vocatur abbatiam fundare, ad honorem Dei et vestri 
ordinis amplifîcationem , pio religionis affectu consenxistis. Nos vero 
ecclesiam vestram et omnia loca ad eam pertinencia paterno affectu 
amplectentes , habitatoribus ejusdem loci consilium et auxilium nos- 
trum promittimus. Insuper consuetudines quas in vestris aliis abbati is 
habetis, salvo jure Turonensis ecclesiç, vobis in prefata çcclesia conce- 
dimus( 2 ). » 

(Car t. de Tir on, 1° 82 r>.) 

(*) Hugues II d'Etampes, archevêque de Tours, de 1134 à 1148. 

( 2 ) Cette promesse de protection de l'archevêque de Tours ne suffit pas aux religieux 
de Tiron. Ils fabriquèrent une charte fausse qu'ils datèrent du 29 juillet 1206, aux 
termes de laquelle Barthélémy, archevêque de Tours, aurait soi-disant reconnu, 
a ad solum abbatem Tironensem spectare in monasterio Luceziensi et ejus membris omnes 
punicionem, correctionem, visitacionem, reformacionem , jurisdictionem, cohercionem, 
dispositionem, statutorum edicionem et superioritatem mediatas, et non ad archiepis- 

copum Turonensem, nisi in abbatis Tironensis negligentiam ad solum abbatem 

Tironensem et non ad archiepiscopum Turonensem spectare receptionem renonciationis, 
cessionis sive resignationis pure vel causa permutacionis fiende ipsius abbatis Luceziensis 
de ipso monasterio Luceziensi. » 



254 GHARTULARIUM DE TIROJNE. 

CCXXVI. 

Don de l'église de Saint-Germain de Coulonges. 

« De ecclesia Sancti-Germani. » 
(1139 circa. ) 

« Eg*o Gaufridus, Dei gratia, Garnotensis episcopus, omnibus tam 
futuris quam presentibus notum fîeri volo quod , pro Dei amore , dono 
et concedo monachis Tyronensibus ecclesiam Sancti-Germani de Colun- 
g*is quam Symon de Berlain villa, quia injuste tenuerat, nostre delibe- 
rationi dimisit et reddidit, per manum videlicet Hugonis, predicte 
ecclesie sacerdotis , et Gaufridi , Sancti-Hilarii presbiteri , presentibus 
Tyronensi abbati Guillelmo et Radulfo de Monte-Hagio ejus monacho, 
per se enim non poterat quia tune temporis egrotabat. Ut autem hoc 
nostrum donum fîrmum et stabile maneat , presens scriptum inde fieri 
et sigilli nostri auctoritate precepimus roborari. » 
( Cari, de Tiron , f<> 2 r°. ) 



FIN DU TOME PREMIER. 



CHARTULARIUM 

ABBATIjE 

SANC'LE-TRINITATIS DE TIRONE 

EX AUTOGRAPHIS 
ET ALIIS INSTRUMENTA NOVISSIME COLLECTUM. 



BS^MïSï 



CGXXVII. 

Don de terres et de bois cl Bouffry. 

« De Gurgitibus. » 
(1140 circa.) 

« Noverint fidèles cuncti présentes atque futuri quod eg-o Bartholo- 
meus de Vindocino (*) concedo Deo Salvatori et monachis de Tyrum ter- 
rain quam eis dederat Rainaudus Roboratus apud Montem-Luisel ( 2 ), quç 

( ' ) Barthélémy de Vendôme , fils de Gautier Payen de Vendôme , fonda le prieuré de 
Chauvigny en Vendômois entre les années 1116 ot 1136. En 1147, au moment de partir 
pour la Croisade, il fit confirmer cette fondation par ses frères Vulgrin et Engelbaud , 
alors archevêque de Tours, et par Gosbert du Bouchet, mari de sa fille Adèle. Barthé- 
lémy avait épousé Guiburge, fille de Payen de Mondoubleau. 

( 2 ) Nous avons déjà, T. I, note 1 , page 103 , émis une supposition sur la situation du 
lieu appelé Mons-Luisernus , Mons-Luisel, Mons-Lucellus ; nous nous réservons de déter- 
miner son emplacement lors do ia publication de notre Index géographique à la fin de 
ce second volume du Cartulaire. 

T. II. t 



2 CHARTULARKJM DE TIRONE. 

eratde meo feodo; necnum concessi et dedi eis vim denarios census, 
quos de eodem feodo singulis annis recipiebam. Dono etiam predictis 
monachis in elemosina, pro salute anime mee atque antecessorum meo- 
rum, duas carrucatas terre juxta Planos-Baufredi , omnia nemora mea 
ad eamdem terram hospitandam et ad ceteros usus in eadem terra 
habitancium, et omnem pasturam extra defensum meum ( 1 ). Inde 
sunt testes: Engelbaldus canonicus et Guillelmus de Coldrucel, Petrus 
Machua , Fulcherius de Ferreria , Hainricus Brunellus , Galebrun , Gun- 
dracus, Raginaudus de Lenda, Pelos filius Fulcherii, Hainricus fîlius 
Mainerii Panerii. Hoc concesserunt Goffredus sororius meus et soror 
mea Maria et filius eorum Johannes et filie eorum. Unde sunt testes: 
Paganus de Fractavalle, et Paganus Muthart , et Petrus de Turne, et 
Hugo de Foro, Vulgrinus, Bochardus de Malavea, Bainbertus de Bu- 
tellis, Fulcofamulus Gaufridi, Petrus Torel, Garnerius Borrel. » 

(Cart.de Tiron, f°32r°.) 

GGXXVIII. 

Abandon par Hugues de Crignon de ses prétentions sur les 

moulins de Espaus. 

« De molendinis Arsiciorum. » 
(1140 circa.) 

a Notum sit omnibus quod ego Hugo de Grononio , in plenario capi- 
tulo Tyronii, dimisi calumpniam quam inferebam monachis de Tiron 
super exclusas molendinorum de Espaus, dantibus eis annuatim xn 
denarios de censu in Nativitate sancti Johannis-Baptiste , quem censum 
infra octabas ab eis sine \ege accipiam. Hujus rei testes sunt : Burg*un- 
dus de Monte-Hatoino ; Ansgotus de Termeis; Goffredus de Barris ; Ro- 
bertus Perdriel ; Fulcoius faber ; Guillelmus Bex ; Frericus miles ; Gis- 

( l ) On donnait le nom de défenses aux parties de bois interdites , soit en tout temps , 
soit pendant une partie de l'année, aux bestiaux et aux porcs. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. a 

lebertus, famulus abbatis ; Richerius Albus ; Robertus Atltoparl ; K<>- 
bertus de Fulgeriis. » 

(Car t. de Tiron, f° 8 y.) 

GGXXIX. 

Acquêt de quatre arpents de terre à Gourdez. 

« De ini or arpentis terre apud Gorzeias. » 
(1140 circa.) 

(( Sciant omnes tam futuri quam présentes Hubertum Asinarium, 
priorem monachorum Tyronensium Carnotum immorantium , Geber- 
tumque suum socium, Gonstantino de Sancto-Martino vendente, mi or 
terre agripennos que est apud Gorzeias bis centum solidos et xxx emptos 
fuisse. Oleardus autem, Gonstantini f rater, et conjux sua Maura, et 
sorores sue Haaborg-is scilicet , Hermengart, et cognati ejus, Remberti 
fîlii, Guido scilicet atque Hodeerius, quietatis contra omnes homines 
fîdejussores concessus fuerunt. Preterea Gonstantini fîlii fîliaque fra- 
tris et sororis concessus suscipientes concesserunt se esse fîdejussores, 
quorum sunt hec nomina : Goflechaus, Raginaldus, Maria, Hermen- 
gart, Haois, Teobaldus, Maria, Hubertus, Radulfus, Alcherius, Milo, 
Maria. Radulfus autem presbiter , Gonstantini frater , Paganusque major 
et frater suus Hubertus fîdejussores fuerunt. Quo tempore curam pon- 
dusque Tyronensium monachorum Guillelmus abbas sustinebat, Teo- 
baldus consulatum Blesis obtinebat, Gaufridus Garnoti episcopatum 
regebat, Paganus, hujus rei plegius, major de Sancto-Martino existebat. 
Hec omnia attestantibus istis : Paganus faber fîliusque Petrus ; Guillel- 
mus famulus ; Honfredus ; Stephanus cordarius et fîlius suus Guiller- 
mus ; Stephanus; Odo Gatus-Gornutus ; Holdinus et Martinus. » 

[Car t. de Tiron, i*o 13 v°.) 



CHARTULARIUM DE TEROXE. 



GCXXX. 



Don au prieure du Gué-de-Lau'uay de la dîme de Vibraye. 

De Vado-Alne:: 
(1140 circa.) 

« Notum sit cunctis fidelibus tam futuris quam presentibus quod 
Guillelmus de Fastiniis, cum moreretur. advocatis ad se monachis de 
eeclesia Saneti-Laurentii que dicitur esse apud Vadum-Alneti . pro 
salute anime sue parentumque suorum. in elemosina eidem dédit 
ecclesiae totam suam decimam quam. in feodo Vibreiae. ex patrimonio. 
absque ealumpnia et penitus liberam. tune temporis possidebat. Quod 
vero deeime beneficium ejus quippe parentes non immerito conces- 
serunt. quorum quoque nomina infra memorantur : Erenburgis uxor 
ipsius G uillelmi" nuncupata a vulgo Eschiva. Teobaudus quidem et 
Fuleo fîlii ejus. et filia Helois. et avita eorum Hersendis. cum aliis 
nempe eorum amicis. Quo postmodum Guillelmo in proximo defuncto. 
ejusque corpore apud Alnetum in claustro monachorum venerabiliter 
inbumato . Raimbertus prior volens nimirum probabilius elemosinam 
testibus confîrmari atque sub scripto im posterum retineri. omnes 
defuncti propinquos et boni testimonii viros qui ad defuncti exequias 
vénérant congregavit et palam omnibus predictam decimam a paren- 
tibus defuncti rursus concedi obtinuit. Quod equidem factum est. 
assistentibus monachis de conventu ad hoc vocatis. scilicet istis : Rol- 
lando atque Huberto scriptoribus . Goffredo Tyronensi cantore . et fratre 
prioris Johanne. Herberto et ejus socio Herberto de Runcheria. cum 
aliis nempe quorum nomina tacentur. Cujus namque rei. id est décime 
benefîcii . testes qui interfuerant subscribuntur : de sacerdotibus . Guil- 
lelmus de Torinio et Teobaudus . Guillelmus de Vibreia capellanus ; de 
militions autem . Guillelmus de Alvia . Landricus de Vibreia . Garnerius 
de Torinio . et Tescelinus Guerrer et Teobaudus filius ejus ; de inferiori 
quippe gradu. David de Tireht , Paganus. Garnerius villici filius, 



GHARTULARIUM DE TIRONE. 

Guillelmus carpentarius, Galo pclliparius, Herenberiua monachorum 
famulus, cum aliis diversarum profcssionum quampluribus ('). » 
(Car t. de Tir on, f° 64 r.) 

GGXXXI. 

Don d'un arpent de vigne à Nig elles. 

« De Nido-Galli. » 
(1140 circa. ) 

« Ne latere queat posteros memorie mandamus quatinus Renard us 
de Artenario, vitam canonicorum regularium aggrediens, pro anim** 
sue remedio, agripennum vineç que est apud Gallinum-Nidum Tyro- 
nensibus monachis tribuit. Deinde, brevi temporis transacto curriculo, 
Ricardus de Orgeriis et uxor sua Adelina eam de patrimonio suo esse 
dicentes calumpniati sunt; qui autem sicophante ostensi bujus rei 
concessores effecti sunt. Et ne etiam amplius monachos calumpniando 
inquietarent , Huberto Asinario et Geberto suo socio suscipientibus, 
nullo eis etiam concessu dato , ambo etiam in obside fidem dederunt. 
Unde etenim quidam scilicet Stephanus cordarius, fratribus Tyronen- 
sibus amicissimus, eis, potius amicitie causa quarn quietatis, v solidos 
erogavit. Quod hii testantur : Alcherius, Aalonis fîlius, et frater suus 
Hernaudus ; Guillermus de Gella et filius suus Hernaudus ; Bernerius ; 
Hernaudus institor ; Gebertus institor ; Ansodus de Croci ; Stepbanus 
Menstel; Guidardus Excubia. » 
( Cart. de Tir on , f° 14 r°. ) 

(') Une copie de cette charte existe aux Archives de la Sarthe (H. 84); mais ici, 
comme dans presque toutes les copies conservées au Mans, les noms propres sont 
défigurés. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 



GGXXXII. 

Don d'une maison à Chartres. 

« De domo Armentrudis . Carnoti. » 
( 1140 circa.) 

(( Haudricus et Hermentrut uxor ejus emerunt a canonicis Sancti-Mar- 
tini quemdam ortum, et, mortuo illo Haudrico, uxor ejus Hermentrut 
a vademoniariis émit partem illius mariti sui et sibi fecit propriam. 
cujus partem ipsa dédit monachis Tyronensibus et ostendit eis et ves- 
tivit eos inde, et duo illorum, Gosbertus et Glavius, donum illud per 
vitem quamdam( 1 ) receperunt. Et hujus doni monachi habent testes 
vicinos ipsius domine, scilicet Goscelinum manentem in domo ipsius 
domine, et Odonem Tondu, filium Huberti de Luisant, et Guillermum 
clericum qui est de Normannia, et Raginaldum filium Restoldi, et 
Guillermum filium Garmundi, et Guillermum Parvum, et Robertum 
fratrem suum, et Gislebertum cognatum eorum, et Girardum texto- 
rem( 2 ). Justaque partem monachorum ipsa dédit aliam partem homini 
cuidam, Goscelino nomine, cui dederat orphanam quamdam spon- 
sam , pro Dei amore ; et inter illas duas partes est semita quedam quç 
eas dividit. » 
(Cart. de Tir on, f° 15 r°.) 

( 4 ) Il faut sans doute entendre par ces mots une forme particulière d'investiture. 

( 2 ) Les texiers formaient ce qu'on appelait au Moyen-Age le Métier de la Rivière; 
on les désignait sous le nom de Bourgeois de la rivière de Chartres. Ils comprenaient 
les drapiers et sergers, les cardeurs et laveurs de laines, les arçonneurs ou feutriers 
et les teinturiers. Le Métier de la Rivière demeura florissant à Chartres jusqu'au 
XVII e siècle. L'ordonnance qui le régissait datait du mois de janvier 1213 et était 
connue sous le nom de Charte de la Perre'e aux Marchans. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 7 

GGXXXIII. 

Vente de trois arpents de terre à Grosselle. 

« De Garnoti terra. » 
(1140 circa.; 

« Innotescat cunctis per orbem fîdelibus quod Harduinus et Adelina 
nxor ejus et fîlius eorum Johannes vendiderunt monachis Tyronis m 
arpentos terre ad Grossellam , de quibus ab eisdem monachis habue- 
runtvn libras et x solidos. Hoc autem concesserunt très fîlie Lamberti 
cellerarii, accipientes singule xn nummos. Sed quia supradicti vendi- 
tores fîdejussores non habebant, domum suam de Mureth (*) in fidejus- 
sione miserunt. Nam et Guillermus Grandus, fîlius Aucherii, habuit 
inde gauntos ( 2 ), scilicet duos denarios. Inde sunt testes : Stefanus 
cellerarius, Vitalis, Gosbertus monachi, Stephanus cordarius, fîlius 
ejus Lambertus, Osbertus de Ceresvilla, Radulfus aurifaber et g*ener 
ejus Ernaudus, Gosbertus Gainart, Robertus fîlius Johannis, Herbertus 
cutellarius, Bertrannus filius Rogerii, Herbertus de Gepeio, Robertus 
de Columbis, Aucherius fîlius Richerii coconarii ( 3 ). » 
{Cari, de Tiron, f g 15 r.) 

GGXXXIV. 

Don d'une terre à Puerthe. 

« Sancti-Georgii de Cloya. » 
(1140 circa.) 

« Notum sit omnibus hominibus tam futuris quam presentibus quod 

( 1 ) Il parait que les arpents de terre vendus par Hardouin ne furent pas livrés aux 
religieux de Tiron, car nous voyons ceux-ci, jusqu'à la Révolution, en possession de la 
maison de la rue Muret , donnée en gage par les vendeurs. 

( 2 ) Les gauts étaient un droit qui revenait aux serviteurs du seigneur lors de chaque 
mutation de propriété. 

( 3 ) La même charte, moins complète, se trouve dans le Gartulaire f° 13 i 9 



8 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

Goscelinus Borrel ( ! ) dédit Deo et monachis de Tyron, per manum Goffredi 
episcopi , in ecclesia Sancti-Georgii Gloie , in die dedieationis ejusdem 
ecclesie, omnem terram suam cjuam juxta Pertas habebat, et quicquid 
adquirere poterunt emptione aut dono in suo feodo, salvis suis ser- 
vitiis. Hujus rei testis est domnus Goffredus, Carnotensis episcopus, el 
fîdejussor. Item testes sunt : Urso de Fractavalle, Odode Muntig , neio( 2 ), 
Matheus Rufus, Jeremias de Bosco-Garnerii ( 3 ), Britto de Sancto-Kari- 
lelfo, Herbertus de Boscato. 

» Deinceps vero , quadam die , venit Goscelinus Borrel apud Castridu- 
num , cum duobus fîliis suis , Odone videlicet et Hugone , et que prius 
dederat, sicut superius dictum est, tune coneedentibus supranomi- 
natis fîliis suis, in presentia domni comitis Theobaudi, per manum 
ejusdem comitis, fîrmius stabilivit. Hujus rei testis est cornes Theo- 
baudus, et fîdejussor et justicia. Testes sunt etiam : Goffredus viceco- 
mes, Petrus Guina, Gauterius de Vernolio, Guiternus de Pataio. Ob 
hoc dederunt monaehi decem libras Goscelino , et sexaginta solidos filio 
suo Odoni, et viginti quinque solidos alteri filio suo Hugoni , hoc pacto 
quod ipsi debent ipsam terram ab omni calumpnia defendere, vel si 
defendere non poterunt excambium dare. Hujus rei testes sunt : Her- 
veius decanus, Stephanus sacerdos de Donemain, Stephanus de Novi, 
Haimericus filius ejus, Fromundusprepositus( 4 ), Guiternus de Pataio. » 
{Cart. de Tiron, f° 37 r°.) 

(i) Ce Joscelin Borrel appartenait probablement à la famille Borrel propriétaire de 
Courtalain, et qui joua un grand rôle dans le pays dunois aux XI e et XII e siècles. Jos- 
celiniis Borrelli de Curia-Alani figure comme premier témoin à une confirmation 
par Agnès, dame de Courtalain, et Eudes Borrel, son fils, vers 1160, d'un don fait à 
l'Aumône de Châteaudun par Eudes de Gormeray. 

( 2 ) Eudes avait pris le surnom de Montigny depuis son mariage avec Agnès, dame de 
Montigny-le-Gannelon. Avant son mariage il portait le titre de la seigneurie de Vallières 
dont il était propriétaire. 

( 3 ) Jérémie de Bois-Gasnier et Mathieu, son frère, furent témoins d'un accord fait 
en 1119 entre les religieux de Marmoutier et Nivelon de Fréteval pour les droits dans 
l'église de Fréteval. 

( /4 ) Fromond, prévôt de Châteaudun, avait d'abord été cellerier du comte Thibaut IV. 
C'est en cette qualité qu'en 1114 il s'empara de force des chevaux d'Ingelric, maire des 
religieux de Marmoutier à Chamars, pour transporter au Puiset les bagages militaires 
du comte de Chartres. Sur la plainte des religieux, il fut condamné à l'amende. 



CHARTULARIUM DE T1U0NE. 



GGXXXV. 



Accord entre l'abbaye et le Chapitre de Chartres pour le moulin 

de Mazangé. 

« De molendino de Mésange. » 
(1140 circa. 

» Notum sit omnibus hodie et cras quod quidam miles volons Beri 
monachus Tironii quendam molendinum quem habebat prope Masen- 
giacum, reddens per singulos annos ecclesie Garnotensi censum duorum 
solidorum, pro salute anime sue, dédit monachis Tironensibus, et 
factns est monacbus Tironii. Quem molendinum monachi Tyronenses 
liabuerunt et tenuerunt libère et quiète per multos annos. Demum Ber- 
nardus, capicerius Garnotensis ecclesie, qui tune temporis tenebat cen- 
sivam de Maseng-iaco (*) , impetravit a monachis Tironensibus ut dareni 
et concédèrent medietatem molendini et medietatem prati Garnotensi 
ecclesie, ita tamen quod, prêter censum duodecim denariorum, quem 
daturi sunt monachi per singulos annos ecclesie Garnotensi de medie- 
tate sua, omnem dominationem haberent in omnibus que pertinent 
ad molendinum pro curando , ordinando , sicut illi qui de ecclesia Gar- 
notensi , et pro ecclesia haberent medietatem molendini et non haberent 
potestatem faciendi aliquid vel ordinandi de molendino seu in molen- 
dino illi qui tenerent medietatem molendini , vel ille, sine assensu mona- 
chorum, nec monachi Tironenses sine assensu illorum vel illins. 
Moltam quoque haberet molendinus de tota terra Masingiaci , sicut 
proprius molendinus ecclesie Garnotensis habet. Et ut hoc fîrmum et 
inviolabile per succedentia permaneat tempora, confirmatum est in 

(*) La terre de Mazangé appartenait depuis longtemps au Chapitre de Notre-Dame de 
Chartres. C'était une des censives les plus importantes du Chapitre : aussi lorsqu'à la 
lin du XII e siècle, les prévôts furent dépossédés par révoque de Chartres de leurs pré- 
bendes de Nogent, Fontenay-sur-Eure , Amilly et Bcaucc , la prétrière de Mazangé fut 
une des quatre qui leur furent assignées. 

t. il 2 



10 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

capitulo Carnotensis ecclesie in tempore Zacharie decani, et sigUlo 
çcclesie Carnotensis roboratum. » 

{Cari, de Tiron, î" 43 r°.) 

GGXXXVI. 

Don d'un droit de cens à Villandon. 

« De Guillelmo, filio Ansodi. » 
(1140 circa. ) 

« Notum sit omnibus tam presentibus quam f uturis quod Guillelmus, 
Ansoldi filius , dédit monachis de Tyron, pro remedio anime sue caro- 
rumque suorum, très minas avene et très obolos quos habebatad Vilan- 
dtim de tutela in terra quam dederat eisdem monachis Guido de Umphar- 
villa. Hoc concesserunt uxor ejus nomine Elisabeth et fîlii et fîlie sue, 
Ansoldus, Guillelmus, Goffredus, Girardus, Robertus, Agnes, Maria. 
Hujus rei sunt testes: Gauterius Britellus frater ejusdem Guillelmi, Ra- 
ginaudus de Freevilla, Ansoldus fultrerius. Gauterius, famulus ipsius 
Guillelmi , habuit de monachis très solidos pro concessu trium obolo- 
rum, quia sui erant de vicaria. Hujus rei sunt testes : Guibertus faber, 
Guillelmus frater ejus, Menerius. » 
[Car t. deTiron,î° 18 v°.) 

CGXXXVII. 

Don au prieuré d' Ablis d'un arpent de terre audit lieu. 

« De Raimbaldo. » 
(1140 circa.) 

« In nomine sancte et individue Trinitatis, Reinbaldus de Coldrai et 
uxor ejus Agnes, pro Dei amore, dederunt monachis de Tyrum habi- 
tantibus Ableis quoddam arpentum terrée, que terra proxima est terre 



CHARTULARIUM DE TIRONE. il 

sue rétro Sanctum-Hispanum , teste domino Engelbcrto, sacerdote 
Sancti-Germani de Gastris, cui ipse domnus Reinbaldus peccaia sua 
eonfessus est cum hanc elemosinam supradictis monachis dedissei. Teste 
♦ tiam domno Baldrico, sacerdote de Gastris, et Filippo, sacerdote (!<■ 
Lanorvilla, et Hugone Cever et uxore ejus, et Rainardo et matre ejus 
Dina. » 

(Cart. de Tiron, f° 20 r.) 

GGXXXVI1I. 

Don par Guillaume du Plessis de tout ce qu'il possédait en fiej 

à Choudri et à Auvilliers. 

« De Chodri. » 
(lUOcirca.) 

« Noverint fidèles cuncti présentes atque futuri quod ego Guillelmus 
de Plesseio( 1 ) quicquid habebam in feodo de Cheldri et de Orviler, que 
videlicet mihi contigerant a Girardo avunculo meo, qui, cum sine 
herede esset , me in predictis feodis heredem suum constituerai , partim 
pro remedio anime mee et antecessorum meorum , partim pro nummis 
quos inde habui , monachis Tyronensibus in elemosinam dedi ; habui 
enim inde quingentos ab eisdem monachis solidos. Hanc autem elemo- 
sinam non solum concesserunt Paganus pater meus, et Hugo et Odo 
fratres mei , sed etiam mecum fîde sua fîrmaverunt predictam elemosi- 
nam ab omnibus calumpniis liberam et quietam reddere. Unde sunt 
testes: Hugo Desree, Bernardus prepositus ( 2 ), Teobaudus Engelardus, 
Rainaudus Tunica , Tardivus, Matheus Maingarin, Stephanus/tofo/, Pa- 
ganus Robin, Britonus, Cholet major de Chemavt, Johannes de Verreriis, 

(*) Guillaume du Plessis était le fils de Payen de Frouville, neveu par conséquent de 
Girard le Diable. C'était du chef de son oncle que Guillaume était seigneur du Plessis- 
Maillé. (Voir en. LXXXVII, CIX et CXIX.) 

( 2 ) Hugues le Déshérité et Bernard, prévôt, neveu du doyen Hervé, assistent comme 
témoins à une renonciation faite par Ursion de Meslay en faveur du Chapitre de 
Chartres, en 1139. 



12 CHARTULARIUM DE TIRON E. 

Girardus pelliparius. Et sciendum quia pro hujus rei concessione habue- 
runt Paganus de Plesseio et fîlii ejus Hug*o et Odo xxx solidos, unus- 
quisque x. 

» Item testes qui viderunt et audierunt tam concessionem Hugonis 
vicecomitis( l ) quam dationem Guillelmi et concessionem Pag*ani et 
fîliorum ejus Hùgonis atque Odonis : Robertus capellanus, Guiardus de 
Monte-Dulceto , Hugo vicarius, Matheus Rufus, Stephanus Forrerius, 
Johannes Halori , Teobaudus de Merlain villa et Hubertus Bren-in-Bursa. 

» Hoc concessit Guilduinus de Plesseio. Unde sunt testes : Tebaudus 
Engelardus, Herbertus de Cantamerla, Ricardus Ganbeser, Ernulfus 
famulus monachorum. Hoc concessit Matildis de Rocha et filie ejus 
Beatrix et Maria , his testibus : Tebaudo Engelardo , Ricardo Ganbesa- 
rio, Ernulfo famulo monachorum. f Sig*num concessionis Hugonis 
vicecomitis. » 

{Cart. de Tiron, f° 28 r°.) 

GGXXXIX. 

Don de quatre arpents de vignes à Châteaudun. 

« De vineis Castriduni. » 
(1140 circa.) 

« Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris fidelibus quod 
Ysanna, uxor Engolrandi de Noce, dédit monachis de Tyron mi agri- 
pennos vinearum apud Gastrumdunum , concedente Maria, fîlia sua. 
Hoc donum concedit Goffredus legis-doctus ( 2 ), ex cujus feodo sunt iste 
vinee, et uxor ejus et fîlii. » 

{Cart. de Tiron, f° 24 r°.) 

( 1 ) Cette concession du vicomte de Châteaudun n'est pas rapportée explicitement dans 
la notice du Cartulaire ; mais nous trouvons à la fin de cette charte une croix mise 
comme preuve de la confirmation du vicomte Hugues. 

( 2 ) Par l'exemple de ce Gaufridus legisdocUis, Geoffroy jurisconsulte, on peut voir 
que, dès avant saint Louis, les légistes jouissaient d'une grande considération à la Cour 



GHARTULARIUM DE TIRONE. \:\ 



GGXL. 



Acquêt par l'abbaye de prés à Néron et don de vigne* et terres 

au même lieu. 

« De Neronio. » 
(1140 circa.) 

« Notum sit omnibus quod monachi emerunt duo agripenna prato- 
rum de Roberto Gaio cui reddituri sunt quotannis n denarios in die As- 
censionis. Cujusrei testis est: Ogerius decanus, Guiardus de Nerone, 
Gervasius major, Gauterius Buveri. Et hoc pactum factum fuit tempore 
Achardi, prioris. 

» Similiter notum sit omnibus Nicholaum dédisse monachis de 
Tirone duo agripenna pratorum , pro anima sua et pro animabus om- 
nium fîdelium defunctorum ; cui Nicholao reddimus un denarios in die 
Ascensionis. 

» Notum etiam omnibus quod Geubertus Leclreies concessit monachis 
de Tirone omnes elemosinas quas habebant de sua proprietate, scilicet 
medietatem arpenti vinearum et omnem elemosinam Germundi Nigri ; 
et pro medietate arpenti vi denarios reddimus in die sancti Remigûi , et 
quia Geubertus hoc concessit i minam avene, et Emoi Aurelianis xii 
denarios , et pepigit quod hoc faceret concedere uxori et filiis , et domi- 
nus Gosdeschal (*) audivit et est testis, et Guillelmus Lebal, et Radulfus 

des seigneurs. Nous voyons en effet Geoffroy, en sa simple qualité de jurisconsulte, 
posséder un fief à Châteaudun et nous l'avons trouvé mentionné parmi les principaux 
conseillers du comte de Chartres, inter optimales, sur le même rang que les plus 
nobles seigneurs du Dunois. 

( 4 ) Godescal est-il simplement un nom de baptême, ou cette appellation ne dési- 
gnerait-elle pas un membre de la famille Godescal que nous voyons établie avec de 
riches propriétés en Touraine au commencement du XIII siècle? Vers 1205, Geoffroy 
Godescal fit don de 5 sous de cens aux religieux de Marmoutier, à la condition d'être 
inhumé dans l'abbaye. Il possédait des domaines à la Croix-de-Bléré, à Larçay, à 
Chouzé et la seigneurie de la ville de Cléré. 



14 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

pelliparius, et Garinus fîlius Theobaldi forestarii de Neiron. Hoc fuit 
factum tempore Gauteri Brutelli. » 

(Cart. de Tiron, f° 38 v.) 

GGXLI. 
Confirmation cl' exemption de droit pour un navire de l'abbaye. 

« Concessio fiiii régis Scotie de nave data a pâtre suo. » 

(1140circa.) 

a Hfenricus], fîlius regûs Scotie et cornes Northimbrie( 1 ), episcopis, 
abbatibus , comitibus, justiciariis, baronibus, prepositis, ministris et 
omnibus fîdelibus suis clericis et laicis, Francis et Anglicis et Scottis, 
tam f uturis quam presentibus tocius reg*ni patris sui et portuum maris , 
et omnibus probis hominibus tocius comitatus Northimbrie , salutem : 
Sciatis me concessisse et confirmasse Deo et ecclesie Sancte-Trinitatis de 
Tyrone, pro salute anime mee et antecessorum et successorum meo- 
rum , donum patris mei , scilicet unam navem singulis annis quietam 
de can (*), ubicumque venerit vel applicuerit in tota terra patris mei. Yolo 
itaque et firmiter precipio quod predicta navis et homines qui in ea 
fuerint juste habeant meam fîrmam pacem vendendi etemendi et mer- 
cata sua faciendi, ubicumque venerint vel applicuerint in tota terra 
patris mei; et omnes homines ejusdem navis cum mercatis suis sint 
quieti ubique per terram patris mei de cano, si voluerint piscari an non. 
Hoc idem vero sciatis me dédisse et concessisse illis ubicumque predicta 
navis venerit vel applicuerit in tota terra mea de Northimbria, et hoc 
petitione Johannis, Glasgwensis episcopi. Testibus: eodem, Ada comi- 

f 1 ) A la suite d'une longue guerre entre David, roi d'Ecosse, et Etienne, roi d'An- 
gleterre, une paix fut conclue entre les deux rois en H 39. Aux termes de cette paix, le 
prince Henri, fils aine de David, obtint le comté de Northumberland que son père 
réclamait comme venant de Waltheof , dont il avait épousé la fille. Henri mourut avant 
son père en H 52. 

( 2 ) Voir T. I er , charte LX. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. I., 

tissa, Hugone de Morevilla( 1 ), Roberto de Umfranviila et Gilleberto de 
Umfran villa, Gervasio Ridel, Gwillelmo de Sumervilla, Normanno vice- 
comité, Hugone de Broi , Gwillelmo Masculo , Engeranoclerico, Ricardo 
capellano. Aptid Jeddewrde. » 

(Orig. en parch. — Cari, de Tiron, f° 48 v°.) 

GGXLII. 

Don de dix sous de revenu pour entretenir la lampe qui brûle 
devant la tombe du bienheureux Bernard. 

« De redditu sacriste supra medietariam de Monguimer. » 

(1140 circa.) 

« Notum sit omnibus tam futuris quam presentibus quod eg*o Ro- 
bertus de Clarofonte , concedente Ascelina uxore mea , dono et concedo 
in elemosinam monachis Tyronensibus in medietaria mea de Monte- 
Guimeri, quam eg*o et heredes mei de heredibus de Curtgaudre tene- 
mus , x solidos habendos singulis annis in perpetuum , ad emendum 
oleum unde lampadi serviatur que jugiter ardet ante sepulcrum beatis- 
simi abbatis Bernardi. Quare volo quod quicumque medietariam illam, 
dum presens seculum durabit, habiturus est, in pace jamdictis mona- 
chis hos x solidos, singulis annis, in festo sancti Remig*ii, reddat, vel 
infra octo dies ab ipso festo. Hoc donum concesserunt fîlii mei et fîlie : 
fîliorum hec sunt nomina : Richerius clericus, Robertus Rusellus, 
Henricus monaculus; fîliarum vero nomina hec sunt : Johanna, Ag*a- 
thes. Hujus rei testes existunt : Durandus capellanus, Robertus liai, 
sponsus fîlie mee Johanne, Odo serviens meus, Goslenus, Radulfus, 
Guillelmus Allevot, et Hug*o, Richardus, famuli monachorum. » 

(Cari, de Tiron, 1° 51 r°.) 

(') L'un des assassins de Thomas Becket en 1170 s'appelait Hugues de Morville. 



16 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

GGXLIII. 

Cession par l'abbaye de Bonneval de la chapelle de Saint-Maixme. 

« De Sancto-Maximo. » 
(1140circa.) 

« Notum est omnibus nec longa persuasione indiget quod multum 
ad pacem et quietem servorum Dei custodiendam valeat rerum presen- 
tium dispositiones et exhibitiones litterarum apicibus traditas noticie 
posterorum fîdeliter commendare. Ego ig*itur Bernerius, Bonevallensis 
cenobii abbas, notum esse volo tam presentibus quam futuris quia 
dominus Guillelmus, Tironensis abbas, et fratres ejus , paupertatis sem- 
peramatores, petiverunt humiliter et impetraverunt a nobis quandam 
capellam sancto Maximo( 1 ) dicatam, juxta Osane fluvium sitam, tali 
videlicet pacto ut nichil unquam de his que ad matrem ecclesiam de 
Trisi pertinerent ullo modo présumèrent, neque parrochiale omnino ali- 
quid haberent. » 

(Cart. de Tiron, 1° 36 r°.) 

GGXLIV. 
Don d'une terre et de prés au Mesnil-Bercier. 

« De terra que est ad Mesnilium-Bernardi. » 
(1140 circa. ) 

« Notum sit omnibus hominibus tam futuris quam presentibus quod 
Alexander de Noerio dédit monachis de Tiro terram quam habebat ad 

( l ) A la suite de cette donation, les religieux de Tiron fondèrent un prieuré à Saint- 
Maixme. Depuis longtemps toutes traces de la chapelle et du prieuré ont complètement 
disparu ; nous avons en vain cherché l'emplacement de la chapelle sur les plans terriers 
du XVII e siècle de la paroisse de Trizay-lès-Bonneval. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 17 

Mesnilium-Bercerii et prata et quecumque ibi habebat, et in eadem 
terra fecit donum in manu Girardi monachi cum libro. Unde sunt 
testes : Robertus Pulcrellus, Richardus de Gantapia, Guillelmus de 
ïiliolo, Girardus famulus, Rogerius ejusdem terrç rusticus. Postea 
vero in capitulo predicte çcclesie Tironis ipse Alexander idem donum 
confirmavit. Unde sunt testes : Alexander de Marneriis, nepos illius, 
Kag*inaudus famulus, Guimundus, Brientius, Herbertus, famuli. » 

(Car t. de Tiron, f° 5i r°. ) 

GGXLV. 

Don au prieuré de Clères d'une terre et d'un bois à la Bassée. 

« De Clara. » 
(U40cirea.) 

« Notum sit omnibus hominibus tam presentibus quam futuris quod 
Gillebertus dédit monachis de Tiron qui apud Sanctum - Silvestrum 
commanent terram Basse sicut a via que boscum Rohart petit divi- 
ditur. Dédit etiam et terram Tursensium quam ab ipsis emerat cum 
bosco, liberam et quietam ab omni consuetudine. Dédit et boscum 
quod habebat in suo dominio, inter viam que boscum Rohart tendit et 
boscum Rainaudi de Geonio, et in aliis nemoribus suis quicquid opus 
fuerit ad edifîcationem çcclesiç et dominium fratrum , suo tamen 
vidente forestario. Dédit etiam preterea tocius victus sui decimam, 
prêter carnem et caseos. Dédit et vivarium quod est juxta Gleram. 
Dédit et ortum cum prato ei adjacente. Goncessit etiam prefatis fra- 
tribus annonas suas dominicas in molendinis suis molendas absque 
molta. Dédit idem G[illebertus] eisdem monachis pasturam porcorum 
çt omnium animalium suorum quietam extra et intra boscum ubi 
scilicet sua pascerentur animalia. Horum omnium dator extitit G[ille- 
bertus] , concedentibus uxore sua Eustachia et fîliis ejus Matheo, 
Gaufrido, Rog^erio, Bereng'ario, et fîliabus suis Basiria et Eustachia. » 

(Cart. de Tiron, ï° 54 v°.) 

T. il. 3 



18 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

GXLVI. 
Don d'une vigne au terroir de Coirfaines. 

« De Monte- Alerii. » 
(1140 circa. ) 

« Notum sit Elisendam, usitato nomine Pag'anam , civem Cenoman- 
nensem, in extremis vite sue. positam, a monachisTironensibusvelatam 
atque Ghristo consecratam , eisdem monachis, fîliis suis Gerrico, Her- 
naudo, Petro, cum ceteris propinquis suis , concedentibus , quarterium 
arpenti vineç in territorio Colonie in Sancti-Mauricii monte , in elemo- 
sina prebuisse. Tali tamen conditione fîlii ejus concessere ut si vineam 
amplius recuperare voluerint centum solidos de moneta cenomannensi 
monachis persolverint. Testes sunt : Robertus de Balaon, Fulcheius 
Rufus presbiter, Menardus de Sancto-Vincencio , Guiardus fîlius Ri- 
colli, Radulfus Daguenez, Ivo de Gampania, Frogerius Bacherot, Ro- 
bertus Hirebec. Preterea sciendum est vineam supradictam omni con- 
suetudine liberam , prêter tria dolia asinaria vino plena domino 
Rotrocho de Monteforti singulis annis reddenda. » 

{Cart. de Tiron, f° 69 v°.) 

GGXLVII. 

Don du lieu de Secreu. 

« De Secreu. » 
(1140 circa.) 

« Notum sit omnibus et hominibus tam présentions quam futuris 
quod dominus Tescelinus et fîlius suus Dainbertus cum uxore sua 
Arnica, et donnus Fulco de Taroent et uxor sua Amelina cum fîlio suo 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 10 

Joscevino, ctdonnus Gaubertus et uxor sua Mabilia, isti supranominati . 
Deum timentes et sua peccata, et memorantes scripturam que dicit : 
a Qui manet in caritate in Deo manet et Deus in eo, » misericordiam 
Dei consequi cupientes, pro animabus suis et antecessorum suorum, 
donaverunt et annuerunt locum de Secreu ecclesie nostri Domini Salva- 
toris de Tiron. Et ex eadem terra de Secreu ipsi supramemorati , dili- 
gentes locum et cupientes eum crescere, concesserunt libère et siix 
aliqua calumpnia quantum poterint lucrari quatuor aratra, et si magis 
possunt lucrari plus habeant. Et cum ipsa terra annuerunt eis omnes 
usus terre et silve, id est decimam, pasnagium, forestagûum. Et ita 
quod aliquis hères , nec presens nec futurus, aliquid posset calumpniari 
nec clamare nisi benefîcium de Tirum. Et hoc ipso annuente et audiente 
Rainaldo de Gampovalum, de cujus benefîcio sunt locus et terra, et de 
quo isti supradicti tenent. Istam concessionem loci istius supradicti vi- 
derunt et audierunt ex utraque parte : Reinardus Joviniensis cornes , 
Isnardus vicecomes, Joldoinus fîlius ejus, Rainaudus vicecomes, Jol- 
doinus fîlius ejus, Joscevinus de Taroent, Gosbertus et Erbertus fra- 
tres ejus, Gosbertus de Vilecen , Girardus frater ejus, Nariotus et 
Isnardus de Baium. » 

( Cari, de Tiron, f ' 75 v°. ) 

GGXLVIII. 

Confirmation de dons au prieuré de Notre- Dame-d' Arable 
et donation d'une dîme à Tréloup. 

« De Dorinaiiz. » 



140 circa. 



<( Quoniam que fîunt sine litterarum apicibus custodiri diu nequeunt . 
ad posterorum noticiam placuit scripto adnotari quod Jacobus de Dor- 
man% concessit Tironensibus monachis qui habitant apud Fontem- 
Erabli ea quç mater ejus predictis monachis in elemosina dederat . 
scilicet unum modium vini et unam carratam feni, reddenda per sin- 



20 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

g i ulos annos. Unde sunt testes : Rainaudus de Chaumesi, et Hugo fîlius 
ejus, Guiardus de Ange, Herbertus major, Milo fîlius Johannis molen- 
dinarii, Johannes fîlius Gonstancii, Petrus fîlius Milonis prepositi. 

» Gauterius etiam de Cortergei et Robertus gêner ejus dederunt su- 
pradictis monachis decimam quam habebant ad Treslort , pro remedio 
animarum suarum et suorum predecessorum. Unde sunt testes : Jaco- 
bus de Dormanz, Radulfus Rufus , Guiardus Trose et Paganus fîlius 
ejus, Fulco prepositus( 1 ) et Girelmus nepos ejus, Robertus de Treslort, 
et Godescallus frater ejus( 2 ). » 

{Cart. de Tiron, f° 62 v°.) 

GGXLIX. 

Don au prieuré de Tiron, près Maillezais, d'une terre 

à Saint-Médard. 

(1140 eirca.) 

« Ego Paganus de Vallibus ( 3 ) et Beloth de Glaris-Vallibus et Johannes 
deTuschia donamus cuidam monacho, Bernardo de Murciaco nomine, 
duas partes terre que est inter silvam juxta Sanctum-Medardum et 
silvam de Lapelocheria , quam divisam in très partes dedimus tribus 
heremitis , ipsi Bernardo scilicet unam partem , alteram Mauricio atque 
alteram alteri. Harum duas vero diximus, partem scilicet quam dedi- 
mus ipsi Bfernardo] et partem Mauricii, ipsi Mauricio et sociis ejus con- 
cedentibus, coram testibus : Erveo de Glia, Illario, Bertrando, Guidone, 
concedimus jamdicto B[ernardo] , ego quidem Paganus coram testibus : 
Johanne de Tuschia, Guillelmo de Bello-Joco, Petro Grisée; ego vero 
Johannes , coram Aimerico vicecomite , Bosone fratre , Guillelmo de 

C 1 ) Foulques était prévôt de Dormans, sous la juridiction du comte de Champagne. 

( 2 ) La même charte est reproduite dans le Cartulaire, f° 77 r°. 

( 3 ) Payen de Clairvaux (de Claris-Vallibus) , Geoffroy de Clers et Hugues son fils 
furent choisis pour arbitres par Geoffroy Plantagenet , vers 1150, dans une contestation 
survenue entre lui et les chanoines de Saint-Pierre-de-la-Cour du Mans, au sujet des 
foires de la Pentecôte et de la Saint-Jean au Mans. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 21 

Valentai; ego Beloth, eoram Aimerico vicecomite. Petro Blie. Hanc 
terrain conceclimus Bernarclo et sociis ejus post eum futuris possiden- 
dam in perpetuum absque ulla consuetudine. » 
(Cart.de Tiron, f° 80 v°.) 

G CL. 
Don au prieuré de Ferrières de terres à la Coadraie. 

« De FeiTciriis. » 
(1140 circa.) 

« Aimericus de Torneria duas masuras terre inter Gosdrciam et Taisum , 
ei Vilena conjux, de cujus génère erant, dederunt monachis Tironis, 
Guidone et Raginaudo fîliis Villene concedentibus , Gaufrido de Nig-ra- 
Terra, Ugone Garvello et Petito, Guillelmo de Butatore, Rag*inaudo 
Quercore, testantibus. Omnia hec scripta tune temporis fuerunt, Isem- 
berto Sancti-Laurentii domus Ferrarum priore , Airaudoque Mali-Leonis 
cellario, Alealmo atque Stephano eum eis fratribus. » 

[Cari, de Tiron, t'° 79 v°.) 

CGLI. 

Don au prieuré de Tiron, près Maillezais, de la terre 

de la Sècheterie. 

(1140 circa.) 

« Guillelmus de Escollon dédit semetipsum suaque Deo et monachis 
de Tiron et unam borderiam terre, que vocatur Sichateria, audiente 
Morino presbitero, Ricardo Brucelerio, Rainaudo Brucelerio et Mensu- 
elle sorore ejusdem Guillelmi. Hanc vero terram postea calumpniatus 
est Guillelmus de Dillonio et Painellus frater ejus de quibus movebrat ; 
pro qua calumpnia dédit eis Giraudus monachus xx solidos. Prêter hoc 



22 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

etiam mi solidos donant monachi singulis annis supradictis fratribus pro 
omnibus que in terra clamare poterant. Hujus rei testes sunt : Ragi- 
naudusde Foresta, Paganus Rigerius , Gavanus de Prato-Girardi. » 

(Cart.de Tiron, f» 81 r.) 

GGLII. 

Don au prieuré de Tiron, près Maillezais, d'une terre à la 
Verdonnière et à la Passidotière. 

(1140 circa. ) 

« Petrus Girardus, frater Guillelmi de Escolon, dédit semetipsum 
monachis de Tiron et unam borderiam terre in duobus locis, quorum 
unus vocabatur Verdoneria, alius Passidoteria. Testes sunt : Girbertus 
presbiter, Haimericus presbiter , Anseius et domina castri nomine Golor. 
Hoc concesserunt Goffredus Panet et alii. » 

(Cari, de Tiron, f° 81 r°.) 

GGLIII. 
Don au prieuré de Russe du droit sur le pain vendu à Faye. 

« De Rusayo. » 
(1140 circa.) 

« Eg*o Aimericus Faiensis et Aimericus fîlius meus ( l ), cum assensu 
uxoris sue, ecclesie Sancte-Marie-Mag'dalene apud Rusiacum site damus 
venditionem panis annone quam in castello Faie habemus, ita tamen 

(» ) Cet Amaury de Faye eut pour fils Jodouin, seigneur de Faye, qui , en 1199, fonda 
le prieuré de Saint-Eutrope dans son château de Bois-Jodouin (depuis Bois-Rogues). 
En 1201 , Amaury de Faye et Rogues de Goué, son frère, confirmèrent cette fondation. 
Amaury de Faye fut le dernier de cette famille; la terre de Faye passa ensuite 
entre les mains des seigneurs de la maison de Fréteval. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 23 

quod Oda, nutrix Aimerici fîlii mei, quamdiu vixerit, habeat illam. 
Radulfus etiam de Bosnaio suam terciam partem ejusdem venditionis. 
cum Scolastie uxoris sue. et Reensendis matris sue [assensu] , in perpe- 
tuum habendam concedit. Testes sunt : Boso capicerius, Hugo capel- 
lanus Sancti-Georgii , Galo de Fornosio, Britius de Chillo, Boso de Hos- 
lantot, Gaufridus de Orchet. » 

(Car t. de Tir on, f° 81 v°.) 

GGLIV. 

Don et confirmation de l'église de Saint -Siilpice-en-P ail. 

(1140 circa.) 

« Notum sit omnibus sancte Dei ecclesie cultoribus tam presentibus 
quam futuris Sanctum-Sulpicium-in-Paillo parrocbiam habuisse( ! ), 
metascujus adhuc plures ruricole sciunt sicuti ab antecessoribus accepe- 
runt, sed sevicia dominorum in quorum feudo illa ecclesia erat, fugato 
Vitale presbitero et pêne omnibus cultoribus ipsius parrocbie, totus locus 
in desertum conversus est, et sic long*o tempore soli heremite locum illum 
frequentaverunt. Tandem divine placuit pietati quod ecclesia illa cum 

suo cimiterio et parte parrochie que vocatur Ghia in manu Hug*o- 

nis de Sancto-Albino venit. Is Hugo, cognita re, condolens destructe 
ecclesie volensque in quantum poterat ipsi ecclesie jus suum restituere, 
dédit eam Sancto-Salvatori de Tiron, cum toto cimiterio et cum omnibus 
redditibus istius terre quam supradixi que ecclesie matri pertinent. 
Dédit etiam duas partes decimarum et primiciarum quas antecessores 
ejus quamvis injuste possederant , et in manu domni Bernardi abbatis 
posuit. Eodem tempore, très hominesqui de Hugonesuam terrain tene- 
bant recog'noverunt jus ipsius ecclesie, et de tribus mansuris suis déci- 
mas reddidere , Andréas de Bolomel totam decimam, Gauterius Valeiîlon 
totam, Gauterius Galculus terciam partem. In dono Hugonis plures 

(*) La paroisse de Saint-Sulpice-en-Pail n'a jamais pu se remettre de sa ruine. Ce 
n'est plus qu'une simple ferme , en la paroisse de Gesvres , à l'extrémité méridionale 
de la forêt de Pail. 



24 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

testes affuerunt : Herveus presbiter Gevre, Hugo Borrellus, Injolbaldus 
de Gevra, Johannes Memnon. 

» Postea Hug"o volens Jérusalem pergere et ecclesiam Sancti-Sulpicii 
in pace relinquere , in presencia Hildeberti episcopi , qui postea Turo- 
norum archiepiscopus factus est( 1 ), cum Gaufrido monacbo( 2 ) ab 
Bernardo abbate ibidem relicto, venit et parrochianos Sancti-Sulpicii 
qui ad ecclesiam Sancti-Pauli, inopia presbiterorum et divini offîcii, 
conf ugerant , sue ecclesie jure restituit , et ipsos et omnia que par- 
rochiani sue matri ecclesie debent, Sancto - Sulpicio , judicio ipsius 
episcopi, et capitulo Beati-Juliani Genomanis adquietavit. Hujus rei 
testes et diratiocinatores : Herveus, et Injubaldus, et Stephanus has- 
terius de Gevra, Gauterius de Puisât, Andréas de Bolornel , Robertus 
Bordelinus. 

» Post mortem Hugonis, Gaufredusde Sancto- Albino, hères ej us, hec 
omnia dona concessit et vadimonium suum super al tare Sancti-Sulpicii 
posuit, et benefîcium Sancti-Salvatoris sibi et suis heredibus a mo- 
nachis ibi manentibus, Johanne videlicet et Gaufrido, accepit. Ibi 
fuerunt testes : Andréas Bordelinus, Andréas fîlius Willelmi fîlii Orri, 
Garmundus, Radulfus fîlius Richeldis, Andréas nepos Radulphi has- 
terii, Matheus presbiter Avertoni. Hanc elemosinam quam fecit Hugo 
et alii quos supradixi concesserunt domini de quibus ipse terram suam 
tenebat, Robertus de Villeio et Gaufridus de Avertono. 

» Insuper et Robertus de Villeio volens esse particeps beneficii Sancti- 
Salvatoris propriam elemosinam sibi et suis antecessoribus et heredibus 
fecit , et dédit monachis terram Roureie exercendam vomere et lig*one 
et omni humano exercitio et ad prata edificanda, sicut illa terra a 
grosso nemore ( 3 ) dividitur , et materiem viridem et siccam ad ecclesiam 

(M C'est le célèbre Hildebert de Lavardin qui, après avoir été évêque du Mans, 
de 1097 à 1125, devint en effet archevêque de Tours en H25 et mourut au mois de dé- 
cembre 1134. 

( 2 ) Une note du XVI e siècle jointe au Gartulaire original porte ce qui suit : « Gauf- 
fredus deputatus a beato Bernardo f'orsan is erat Gauff'redus qui ejus vitam postea com- 
posuit. » 

( 3 ) Par ce gros bois, il faut, croyons -nous, entendre la foret de Pail. Le nom de 
Houreia indique assez que cette terre donnée à l'église de Saint-Sulpice était le résultat 
d'un défrichement. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 28 

et ad domos suas facicndas et ad ig^nem et victum bestiarum , pasna- 
gium et herbam per totum nemus. 

» Postea vero petiit Willelmus mouaclius Gaufridum de Avertono, cui 
illa terra et nemus communia erant cum Roberto et de eo tenebat, 
ut ad Bernardum abbatem veniret, qui ad Sanctum-Supplicium il lis 
diebus erat : venit suamque partem in elemosinam dédit, ipsam terram 
quam Robertus ex sua parte dederat, et adjunxit etiam , si monacbi vel- 
lent exerciciaper totum commune nemus facere, suam partem quieta in 
haberent. Hoc viderunt Jobannes Salomon et Paganus, ambo qui cum 
Gaufrido vénérant. Hoc tenuit quietum Bernardus abbas per totam 
vitam suam. Hanc elemosinam sicut Gaufridus dederat concessit Guil- 
lelmus filius ejus, post mortem patris, super pontem Villane. Ibi fue- 
runt multi bomines : Nicholaus decanus, Robertus Poinchus, Hameli- 
nus Rufus, Robertus frater ejus, Rainaldus de Aurelianis, Jobannes 
Salomon. 

» Iterum convenerunt ad Sanctum-Supplicium Guillelmus abbas et 
Robertus de Villeio et Gauterius filius ejus et beres, et recordati sunt 
tocius elemosine sicuti data et concessa fuerat, et Gauterius concessit ex 
sua parte, et beneficium Sancti-Salvatoris et tocius congregationis sibi 
et suis beredibus a predicto abbate accepit. Ibi Garinus Gonbaldus 
affuit, qui similiter beneficium sibi posuit et accepit. Postea Gauterius, 
astucia diaboli permotus, cepit monachos infestare quia donum vide- 
batur sibi majus sua voluntate. 

» Iterum, combusta urbeGenomannica( 1 ), monachos adiit et domum 
quam apud Sanctum-Sulpicium habebant ab eis dono expeciit , ut per 
eam fratrem suum Willelmum, canonicum Beati-Juliani, in urbe posset 
reospitari. Ex hac occasione Villanam convenerunt, et, accepta ab eis 
domo, totam terram et decimam ipsius quam cum terra prius babue- 
rant reconcessit. Hoc vidit et audivit : Herbertus decanus Villane, Ber- 
nerius famulus ejus, Guido de Sancto-Aniano, Mauricius de Gorram, 



( l ) Deux incendies successifs détruisirent une grande partie de la ville du Mans et de 
ses faubourgs en 1134 et en 1136. Le premier éclata, le 3 septembre, allumé par la 
foudre qui tomba sur la cathédrale et la réduisit en cendres ; le second , causé par une 
imprudence, se déclara dans l'abbaye de Saint- Vincent et s'étendit jusqu'aux jardins 
de l'évêché. C'est à l'un ou l'autre de ces désastres qu'il est fait ici allusion. 

T. II. 4 



26 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

Johannes canonicus Villane, Bellerus de Cortpoltrein , Garinus de Jeu- 
won, Hamelinus Rufus, Matheus de Avertono. » 

[Cart. de Tiron,ï° 92 v°.) 

GGLV. 

Don au prieuré des Châtaigniers de la terre et des prés 

de Scharset. 

(1140 circa.) 

« Notum sit omnibus quod Rainaudus de Esehaset ( j ) dédit in elemo- 
sinam masuram suam.de Esehaset, cum pratis ad eam pertinentibus , 
monachis de Tiron apud Gastaneos habitantibus , libère et quiète im 
perpetuum possidendam , concedente sorore sua Odelina, cum fîliabus 
suis Auburge et Audeburge. » 
( Copie sur papier du XVI e siècle. ) 



GGLVI. 
Don de la maison de Baudouin le médecin, à Nogent-le-Rotrou. 

« Domum Balduini medici. » 
(1141.) 

« Noverint omnes tam futuri quam présentes quod ego Rotrocus, 
Deo annuente , Pertici cornes , concessi apud Tyronium et donavi vene- 
rabili Willelmo abbati et fratribus nostris ibidem Deo servientibus do- 
mum Balduini medici , ipsius peticione , et quicquid apud Novigentum 
de dono nostro tenebat, sine ulla retentione. Hoc testantur, cum mul- 

(*) Ce Renaud était le fils d'Eudes de Scharset, qui figure comme témoin de la fon- 
dation du prieuré de Saint-Gilles des Châtaigniers (voir en. XII). 



CHARTULARIUM DE TIRONE. »7 

tis monachis qui ibi présentes erant, nostri homines qui rûecura die 
illo illuc vénérant: Radulfus videlicet de Caritate; Paganus de Sancto- 
Quintino(') ; Ivo de Falandris ; Hugo de Septem-Fontanis ; Gauterius 
de Moteia; Guibortus de Marcheilo ; Gaufredus, deSuentheiodecanus; 
Stephanus, clericus ; Vitalis, capellanus ; Gaufredus, de Sancto-Hilario 
sacerdos, et alii plures. Hec autem facta sunt anno ab incarnation» 
Domini M G XL 1°. » 



(Car t. de Tiron, f° 11 v°.) 



GGLVII. 



Don par Robert de Blainville de tout ce qu'il possédait 
et confirmation par Adèle Filoche, sa femme. 

« De Roberto de Bellenvilla. » 

(1141.) 

« Notum sit universis sancte ecclesie fîliis presentibus et futuris quod 
Robertus de Bellenvilla, in conversione sua cum factus est Tironii mo- 
nachus, dédit ejusdem loci monachis, pro salute anime sue et anteces- 
sorum suorum , quicquid habebat dominii , in terris scilicet et pratis , a 
chimino Dunensi usque ad torrentem Tyronii, et a divisione terre sue 
que terminatur cum bosco Ferrarie usque ad divisionem iterum terre 
sue et Sancte-Marie ( 2 ). Dédit etiam dimidium décime quam habebat in 
decimatione Sancheville, et decimam quam habebat in parrochia 
Sancti-Victoris , apud Roureriam. Hujus rei testes sunt: Goffredus, 
Sancti-Hilarii sacerdos; Guillelmus Hanetum; Ernaudus Gif art ; Jocho 
molendinarius ; Lambertus Bigot; Guillelmus Dimidius-Brito ; coram 
monachis : Guillelmo, priore ; Geroio Forti ; Fulcoio, cellarario. 

(*) En 1124, Payen de Saint-Quentin, prévôt du comte Rotrou à Bellême, eut un 
long procès avec les moines de Saint-Léonard pour les droits d'entrée et d'issue sur les 
denrées qui se vendaient à Bellême le jour de la fête du saint. 

( 2 ) Les terres du Chapitre de Notre-Dame de Chartres, propriétaire, comme nous 
l'avons vu, de la plus grande partie de la paroisse de Gardais. 



28 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

» Post non multum vero temporis, Adeles Filoche^), avaricie spiritu 
seducta , calumpniata est quedam prata que predictus Robertus , mari- 
tus ejus, cum ceteris que hic leguntur, monachis dederat et ipse etiam 
concesserat ; sed postquam inter se diu inde placitaverunt tandem in 
unum convenerunt et quinquaginta solidos illi dederunt ut et calump- 
nia pacificaretur , et hanc se injuste tenuisse confîteretur , et de his 
omnibus pax fîrma deinceps inter se custodiretur. Dederunt etiam duo- 
bus ejus infantibus, Maehelino scilicet et Ameline, cuique sex denarios 
pro recog*nitione , quia hoc idem et fecerunt et eoncesserunt. Hujus 
iterum taliter sedate calumpnie testes sunt, qui de parte domine erant : 
Goffredus, Sancti-Hilarii sacerdos ; Guillelmus Eanetum, qui et inde 
habuit très solidos ; Ivo major , qui et inde habuit xn denarios ; de 
parte vero monachorum : Robertus Perdriel ; Renedictus Torel ; Dodo de 
Gaudena ; Guillelmus , fîlius Herberti Os-Leporis ; Rernardus Grandis ; 
Garinus de Malesiis, filius Gisleberti ; presentibus monachis Tyronii 
ecclesie : Rosone, priore ; Fulcoio de Arsitiis ; Ysembardo, camerario ; 
Guillelmo, priore ( 2 ) ; Philippo de Nonancuria ; Garino scriptore de Mau- 
ritania. 

» Quando vero infantes adducti sunt ut hoc concédèrent, isti ite- 
rum testes affuerunt ; Rainaudus Pascher ; Petrus , nepos Reinelmi ; 
Reinerius Palmagis ; Hugo de Mauritania ; Maugerius ; Robertus Oer ; 
Goffredus. Hoc autem factum est tempore W[illelmi]abbatis, annoab 
incarnatione Domini millesimo centesimo XL primo. » 
(Cart. de Tir on, f°5 r°.) 

(*) Adèle Filoche avait d'abord été mariée à Gautier Pay en, fils de Richer. Celui-ci 
étant mort vers 1130, elle se remaria à Robert de Blainville. Nous l'avons déjà vue 
figurer avec ce dernier dans les chartes XGI et XGIX , et nous la retrouverons encore 
dans la suite. 

( 2 ) Il est presque impossible de dresser la liste exacte des prieurs claustraux de 
l'abbaye de Tiron , à cause de la confusion apportée dans les chartes entre les prieurs 
claustraux et les prieurs ruraux. Nous voyons en effet figurer à la même date et dans 
les mêmes pièces jusqu'à trois ou quatre prieurs différents , sans autre indication qui 
puisse servir à les faire reconnaître : ainsi en 1141 nous rencontrons à la fois Guillaume, 
Boson et Philippe. 



GHARTULARIUM DE TIRONE. 29 

GGLVIII. 

Bail par l'abbaye d'une maison à Chartres. 

« De domo Oriellis. » 
(1141 circa.) 

« Notum sit omnibus quod ego frater G[uillelmus] , Tyroncnsis 
ecclesie minister et servus, totusquc nostcr conventus concessinius 
Hug'oni de Vindocino et uxori ejus Heremburgi domum Orieldis (') 
que nostra est, ut eam haberet in vita sua, tali videlicet pacto ut, 
eodem Hugone mortuo et uxore ejus, predicta domus, qualis tune tem- 
poris fuerit, revertatur ad ecclesiam de cujus possessione est. Hujus rei 
testes sunt : ipse Hugo , Heremburgis uxor ejus, Rogerius sutor, 
Osanna uxor ejus, Goffredus clericus, Grimoldus. » 
[Cari, de Tiron,f° 14 r°.) 

GGLIX. 

Don au prieuré des Coutures de terres et de bois à Choelle. 

« De Cuit ura Mereil. » 
(1141 circa.) 

« Notum sit omnibus quod ego Drogo Brochardus et Egidia mea 
conjux et Robertus noster fîlius donamus Deo Salvatori et abbati et 
monachis Tironii nemus et terram et quicquid habebamus ad Ghoel- 
lia( 2 ). Testes: Odo fîlius meus monachus, Adam de Grutis, Gauterius 
de Bosum villa, Guntardus de Grutis. » 

( Cart. de Tiron , f° 72 r°. ) 

(') Cette maison est celle dont il est question dans la charte CI : Orioz dédit mona- 
chis Tyronis domum suam. 

( 2 ) Il ne reste plus de vestiges du bois de Choelle : il faisait certainement partie de 
la forêt d'Orléans (Leodica sylva, foresta Lagii, comme on l'appelait au XII e siècle). 
Cette forêt, déjà bien réduite de ce qu'elle était du temps des Romains, s'étendait en- 



30 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

GCLX. 

Don au prieuré des Coutures de terre aux Coutures 
et du bois de Choelle. 

« De Cultura et de bosco Goelle. » 
(1141 circa.) 

« Noverint omnes tam futuri quam présentes quod ego Drogo Bro- 
chardus concedo Deo et monachis Tironensibus dimidiam terram illius 
terre que Cultura vocatur, quam Adam nepos meus dédit eis( 1 ). Insuper 
dono eis unam carrueatam terre de eadem Cultura post obitum meum. 
Item do eis boscum de Coella cum terra in qua sedet ; et accepi inde 
ab eis quinque solidos de caritate et modium annone , et accipio per 
singulos annos xn denarios de censu de predicto bosco. Et totum con- 
cessit Egidia uxor mea. Testes: Gauterius deBollei, Radulphus de Ca- 
ritate, Guillelmus prior, et Odo filius meus monachus. » 
( Cart. de Tiron, f° 72 r°. ) 

CCLXI. 

Echange de maisons entre l'abbaye et Lambert le Fèvre. 

« De caméra Lamberti. » 
(1142 circa.) 

« Notum sit omnibus fîdelibus futuris quod Johannes, prepositus, et 

core à cette époque jusqu'à Neuville et Boyne. Une foule de localités des environs 
portent des noms qui rappellent leur présence au milieu des bois : Chilleurs-aux-Bois, 
Mareau-aux-Bois, Bouzonville-aux-Bois, Vrigny-aux-Bois , etc. Le nom de Gâtinais, 
donné au pays dont Pithiviers était la capitale, est lui-même la preuve des défriche- 
ments opérés, et le prieuré des Coutures est, comme nous le verrons, appelé parfois 
Sanctus-Laurentius-in-Gastina, souvenir de l'ancien canton boisé où il était situé. 

(») Voir T. I, ch. GLX. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 31 

Hubertus Asinarius Lamberto fabro( 1 ) cameram unam propter alteram 
et propter terram que post cellarium monachorum est escanbiaverunt. 
Hoc autem concessit in communi capitulo donnus abbas Guillermus, 
assensu omnium fratrum ibi presentium, videntibus et audientibus 
istis : Eustachio clerico, Gosberto, Rainardo, Gauterio sororio, Herberto 
Surrel, Bernardo de Bergevilla, Ansoldo Enparchepen ( 2 ) , Adam Her- 
berti Surrelli fîlio. » 

(Car t. de Tiron, f° 13 v°. ) 

GGLXII. 

Don d'une maison à l'abbaye de Saint-André. 

« De Sancto- Andréa. » 
(1142 circa.) 

« Notum sit universis ecclesie fîdelibus quod ego Ascelina, uxor Gui- 
mundi , dedi Deo et monachis de Tijron apud Sanctum-Andream , coram 
fratribus ibi manentibus, domum meam quam mihi dédit frater meus 
Roaudus et quam etiam ab ipsis tenebam monachis , et terram eidem 
domui pertinentem. Goncessi insuper omnia quecumque eis frater meus 
Roaudus, ad religionem veniens, dederat. Hoc concessit Guimundus, 
maritus meus, et fîlii mei, Philippus videlicet et Rannulfus et Gisleber- 
tus. Hec autem ut firmius starent, donum istud super altare Sancti-An- 
dree manu propria posui. Hujus rei testes sunt : Guillelmus Dive, Se- 
mandus Flavus , Helinus Couin, Auvrichius Sengobert, Semandus fîlius 
Ave. Deinde, apud Hantonium, coram burgensibus , in presentia Bone- 
fatii prefecti, confîrmatum est, quorum burgensium subscripta sunt 
nomina : W[illelmus] frater Bonefatii , Osbertus Bohic , Guillelmus 
Bohic, Sinergar, Harneisius Docles, Sicardus fîlius Ringestan, Hug^o Coil- 
lardus, Robertus de Latelea. » 

( Cari, de Tiron, 1° 48 v°. ) 

(*) Lambert le Fèvre est le même qui ligure dans la charte XXVIII comme neveu 
de Ledgarde , femme d'Evrard le Fèvre. 

( 2 ) On rencontre souvent des membres de cette famille parmi les bienfaiteurs des 
abbayes du pays chartrain au XI e siècle. 



32 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

GGLXIII. 
Don de bois et de terres au prieuré de Bréau. 

(1142 circa.) 

« Notifîcamus tam presentibus quam futuris fîdelibus quod Erardus 
de Gurte-Ostranni et uxor Finia et fîlii eorum Simon , Hubertus , Hen- 
ricus, Goscerannus dederunt monachis de Tiron qui apud Beatam-Ma- 
riam commorantur in loco qui vulgo dicitur Broilum nemus et terram 
juxta Calumpniam , concedentibus Simone de Panil et uxore ejus Ame- 
lina et fîliis eorum. Teste : Gautero ejusdem Simonis vitrico, et Girardo 
de Bunbun, et Adam fratre ejus, et Milone de Spina, et Hildeerio de 
Nigella, et Engelrando de Bunbun. 

» Willelmus de Monte-Leti-Bovis et uxor ejus Richeldis dederunt 
monachis Sancte-Marie. de Broilo duos campos terre , teste Girardo fîlio 
Nevelini. » 
[Cart.de Tiron, f° 70 v©.) 

GGLXIV. 
Don au prieuré de Russe de la place d'un moulin et d'un étang. 

(1142 circa.) 

« Ego Boso de Boslantot concedo , pro remedio animç mee , monachis 
de Tirum habitantibus Rusaicum locum ad edifîcandum molendinum , et 
stannum et piscaturam stanni et calciatam et quicquid super calciatam 
edifîcabunt, et cursum aquç et quocienscumque necesse recurare bet 
molendini (*) ; si autem mutare velint et emendare in alium locum hoc 

(*) La réparation des biez des moulins était une charge généralement imposée à tous 
les usagers des moulins. Une charte de 1270 énumère ainsi les obligations des hommes 
du ban des moulins : entretenir et réparer le moulin, apporter les meules, les pierres 
et les bois, curer les étangs, entretenir les écluses et les chaussées, ad menagiiim mo- 
larum seu merreni et curagium beciorum dicti molendini. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 33 

similiter concedo. Medietatem molturc illis concedo, aliam autem me- 
dietatem mihi retinco quamdiu vixero , post mortcm mcam totam illis 
concedo; arbores vero ubicumque nascantur prêter in calciata mihi 
retineo. Hoc concedit uxor mea Aiart, et filius meus Hugo, et alii filii 
mei et fîlie mee, et uxor fratris mei Aimerici de lloslantot Amelina, et 
filius ejus Petrus. Istis testibus : Aimerico de Faia et fdio suo , Briscio de 
Chillo, Effredo David, Hugone dapifero, Gervasio Blanchet , Gaufrido 
de Orchiis , Gaufrido , Gauterio , Pag*ano de Fonte , Aimerico de Magno- 
Gampo, Amanuino Rohelino. » 

{Car t. de Tir on, i'° 81 v°.) 

GGLXV. 
Don d'une terre cm prieuré de Russe. 

(I142circa.) 

« Ego Gaufridus de Orchis , cum Radulfî fratris mei et Bucardi ne- 
potis assensu, do Sancte-Mariç-Magdalene de Rusaio, pro remissione 
peccatorum meorum, quamdam terram circa vu jugera, que est inter 
Rusaium et Orches, in valle que. Mors-Radulphi vocatur. Istis testibus : 
Bosone capicerio, Hugone capellano, Aimerico de Faia( 1 ), Bosone , 
Calone de Fornosio, Briscio de Chillo. » 

(Car t. de Tir on, f° 81 v°.) 

C 1 ) Les seigneurs de Faye-la- Vineuse jouèrent un rôle important en Tourainc aux 
XI e et XII e siècles. Ils fondèrent à Faye une collégiale célèbre sous le titre de Saint- 
Georges : l'église de cette collégiale existe encore avec sa crypte dédiée à Sainte-Marie- 
Madeleine, la plus spacieuse et la plus curieuse qui se voie dans le diocèse de Tours. A 
la lin du XII e siècle, la seigneurie de Faye passa par alliance dans la famille de Coué. 
Le second fils de Jodouin de Coué, Aimery, seigneur de Faye, avec ses frères Rogues, 
Jodouin et Roland, par une charte de 1201 , augmenta la fondation du prieuré de Saint- 
Eutrope, faite en H99 par Jodouin dans la chapelle du Bois-Jodouin , en faveur de 
l'abbé et des religieux deBonnevaux. 



T. II. 



34 CHARTULARIUM DE TIRONE. 



GGLXYI. 

Don de la chapelle de Saint-Nicolas en l'île de Cor sept. 

« De Septem-Fagis. » 
(1142 circa.) 

« Notum sit omnibus fîdelibus quod Goslenus de Corseth , pro sua et 
antecessorum suorum salute, quandam insulam Ligeris, in qua Beati- 
Nicholai oratorium situm est, monachis Tyronensibus in elemosinam 
concessit. Extra insulam vero dédit très quarteriatas terre pratumque 
quod potest uno die duobus ad falcandum suffîcere, necnon et pisca- 
turam aque a stag*no suo defïuentis quantum porrig*itur idem pratum, 
illud enim preterfïuit, et preterea dimidium sulci magni prati. Que 
omnia sciendum est ipsum cum tanta libertate monachis dédisse ut 
nulli deinceps mortalium aliquid eorum teneatur obnoxium. Concessit 
etiam idem Goslenus jure suo predicti Sancti-Nicholay ecclesie dari a 
Martino sacerdote duas terre sextarias quas ab ipso Gosleno tenebat. 
Item sepedictus Goslenus suam exclusam que prefate insuie adjacet 
ejusdem loci monachis ad piscandum pro tercia parte in eternum con- 
cessit, parte videlicet tercia piscatorum piscium sibi Gosleno reservata, 
reliquis vero duabus in partem monachorum piscantium cedentibus. 
Hecautem omnia Goslenus de Corseth, ut presens cartula déterminât, 
concessit et reliquid apud Tyronium , donno abbate Guillelmo et ecclesie 
Tyronensis Philipo priore. Testes sunt: Petrus, ejusdem Gosleni frater, 
qui pariter et concessor fuit ; Goffredus Graphyon ; Rainaudus de 
Guirchia. 

» Illud quoque futurorum posteris notificamus quod Radulfus de 
Guirchia (*) ecclesie Sancti-Nicholay que est in insula de Corseth suam 

(*) Raoul appartenait à l'illustre famille de la Guerche qui, jusqu'au commencement 
du XIV e siècle, posséda le château de ce nom, passé à cette époque dans la famille de 
l'Ile-Bouchard. 



GHARTULARIUM DE T1R0NE. 35 

decimam ejusdem insulc, insuper et suam parlcm sulci magni prati in 
elemosinam dédit. Cujus rei testes sunt: Roaudus vicecomes, et item 
Roaudus Daniel , Haimericus Androin. » 
[Cart. de Tiron, f° 83 v°.) 

GGLXVII. 

Confirmation par Ursion de Fréteval de tout ce que l'abbaye 

possède dans ses domaines. 

« De eis que pertinent ad feodum Ursonis de Fractavallo. » 

(1142-1145.) 

« In nominc Patris et Filii et Spiritus-Sancti , amen. Quoniam cor- 
rupti et abhominabiles facti sunt in studiis suis filii hominum, vixque 
invenitur qui dicat verum vel qui faciat bonum , secundum illud : « Sa- 
» pientes sunt ut faciantmala, bene autem facere nescierunt ; » studenl 
enim quod patres çcclesiis in elemosinas erogaverunt calumpnie mor- 
sibus avellere, et, si nequiverint delere, saltem moliuntur corrodere. 
Noscat universalis çcclesia quod ego Urso de Fractavalle ( J ), pro sa- 
lute anime mee et antecessorum meorum , concessi , tempore Guillelmi 
abbatis, monachis Sancte-Trinitatis de Tijram quicquid de feodo meo 
habuerant a retroactis diebus usque ad annum illum quo in bello captus 
csl Stephanus, rex Angdorum ( 2 ) , libère et quietc im perpetuum possi- 
dendum : scilicet quod habebant de feodo Malesiarum , et quicquid 
habebant apud Oysesmam, et apud Leporisvillam , de custodia mea, 

(*) Ursion, seigneur de Meslay et de Fréteval (1133-1149) , descendait en ligne directe 
de Giroard, vidame de Chartres en 928. Il succéda dans la seigneurie de Fréteval à 
Foucher, fils deNivelon, et petit-fils d'un autre Foucher, fidèle du comte Eudes de 
Chartres (1020-1050). Ursion de Fréteval fut un des plus ardents partisans d'Henri 
Plantagenet. Un des chevaliers qui prirent part, en 1 i 7 , au meurtre do Thomas 
Becket, celui qui porta les premiers coups , s'appelait Renaud Fitz-Urse : il était sans 
doute le fils d'Ursion de Fréteval et le môme qui paraît comme témoin dans cette charte. 

( 2 ) Etienne, roi d'Angleterre, fut fait prisonnier à la bataille de Lincoln (2 février 
1141 ) par le comte de Glocester, partisan de l'impératrice Mathilde, et enfermé dans 
le château de Bristol. 



36 GHARTULAR1UM DE TIR01NE. 

terre carrucatam, et apud Villarium-Mafredi quicquid de feodo meo 
habebant, et apud Maisam unam terre carrucatam déterra Pétri Régis, 
et apud Autol duas bovetas terre, et apud Guichereium decimam, et 
decimam terre Sancte-Marie que est justa Ogriam, et decimam terre 
Harduini , et decimam proprie terre ipsorum monachorum que pertinet 
ad decimationem Sancti-Severini , et vineas Goffredi Burel de Frig'ido- 
Mantello , et unam carrucatam terre liberam et quietam et solutam ab 
omni viatoria et ab omni consuetudine apud Vitreias. Etomnem quere- 
lam et malivolentiam que erat causa discordie inter me et monacbos 
dimisi et condonavi eis, et ipsi michi. Et hoc concesserunt fîlii mei Ne- 
velo, Hamelinus, Raginaudus. Hujus rei testes sunt, sacerdotes: Rai- 
naudus , Herbertus , Gauterius , Garinus de Sancto-Leobino et Renedic- 
tus ; de laicis : Pag , anus de Frovilla et fîlius ejus Robertus, atque Villanus, 
Herbertus de Boschet ( 1 ), Theodericus frater ejus, Teobaldus Manandus, 
Radulfus prefectus et Rrito de Sancto-Karilelfo , Hug^o de Frig'ido-Man- 
tello , et Fromundus prefectus Gastriduni , Rernardus prefectus , Hame- 
linus Columber, Ernaudus decanus, Henricus de Broiel, Teobaldus de 
Gohere, Eng'elbertus , Johannes fîlii Maug*erii, Robertus de Jupeel ( 2 ) et 
Gilebertus. 

» Hoc iterum concessit apud Halou(*) Fulcherius, ipsius Ursonis 
fîlius. Hujus rei testes sunt : Girardus Boel( k ), Burgunnus Merlaici ( 5 ), 

( 1 ) Gosbert du Bouchet, sans doute le frère de Herbert , avait épousé Adèle, fille 
de Barthélémy de Vendôme. Il hérita des riches domaines de son beau-père. En H 55, 
il confirma à l'abbaye de Marmoutier la donation faite par Barthélémy de la terre et 
du village de Chauvigny en Vendômois. La petite-fille de Gosbert du Bouchet, Alix, 
fut la femme de Geoffroy, vicomte de Châteaudun. 

( 2 ) Les membres de la famille de Jupeau se rencontrent fréquemment dans les chartes 
du XII e siècle. En 1189, Barthélémy de Jupeau donna à l'Hôtel-Dieu de Châteaudun 
une maison qu'il possédait dans l'enceinte du château (in castello Castriduni). 

( 3 ) C'est aussi à Hallou que Foucher confirme la transaction faite par son père avec 
le Chapitre de Chartres en 1139. Hallou, aujourd'hui simple ferme dans la commune de 
Brou, était sans doute alors un château. 

( 4 ) Girard Boël était fils de la vidamesse Hélissende et de Barthélémy Boël, son se- 
cond mari. Il figure déjà comme témoin dans une donation faite à l'abbaye de Saint- 
Jean-en-Vallée par le roi Louis VI en 1 4 1 i . 

( 5 ) Ce témoin figure dans l'acte de 1137 sous le nom de Burgundius de Merlaio; sa 
femme Béatrix est présente en 1139. 



CHARTULARIUM DE TIRONK. 

Gauterius nepos ipsius, Alcherius Aletru Bonevallis, GofTredus Ruffus, 
Ernulfus famulus cellerarii. 

» Hoc etiam concessit apud Mestenum Philippus, ejusdem Ursonifi 
Blius. Hujus rei testes sunt : Amaurieus de Mestenone, Guillelmus 
eapellanus, Robertus filius Gathonis, Herbertus villamis de Mestenone, 
Gadus filius Guiberti. 

» Sed et fîlia ejus Hersendis concessit apud Fractamvallem. Inrlr 
sunt testes: Benedictus presbiter Saneti-Nicholai, Matheus Potei 
Benedictus Gennardus, Hernulfus famulus cellararii Tyronis. Rai- 
naldus de Sancto - Hylario , Radulfus Triquedus, Hugo de Flovilla, 
Odo carnifex, Guillelmus Papilion. » 

{Cari, de Tir on, f° 30 v°.) 

GGLXVIII. 

Confirmation de vingt marcs d'argent sur le trésor 

de Winchester. 

(1142-1154.) 

« H[enricus], dux Normannorum et Aquitanorum et cornes Ande- 
gavie, omnibus arebiepiscopis, episcopis , comitibus, baronibus, justi- 
ciariis, vicecomitibus et omnibus fidelibus suis et amicis Francie el 
Ang'lie, salutem : Sciatis me concessisse et confirmasse monachis de 
Tyrun, in perpetuam elemosinam, xx marcas arg*enti annuatim de tbe- 
sauro Wintonie illis reddendas . videlicet xv marcas quas rex H [enricus 
eis dédit ( l ) et mater mea confirmavit, et alias v marcas quas Matildis 
imperatrix, mater mea, eis in incrementum dédit, sicut carta îpsius 
testatur(*). Quare volo et fîrmiter precipio ut ipsi sing'ulis annis de firma 
Wintonie illas habeant, in festo sancti Micbaelis x marcas et in Pascba 
x marcas, et qui firmam Wintonie tenuerit illas sine omni disturbatione 
eis in predictis terminis reddat. Testibus : Pbilippo, Baiocensi epis- 

i 1 ) Voir T. I,ch. XXYII. 
( 2 ) Voir T. I, ch. LXXXVIII. 



38 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

copo( 1 ); Arnulfo, Luxoviensi episcopo( 2 ); Guillelmo, Genomannensi 
episcopo ( 3 ) ; Ricardo de Humeriis, constabulario ; Gaufrido de Claers. 
Apud Cenomannum. » 

( Cari, de Tiron, f° 49 v°. ) 

GGLXIX. 

Accord entre l'abbaye et le vicomte de Châteaudun. 

« De vicecomite. » 

(1145.) 

« Notum sit omnibus fîdelibus quod ego Gaufridus, Dei gratia, Car- 
notensis episcopus , et ecelesia nostra , pro multis dampnis que nobis et 
fratribus nostris monachis Tyronensibus feeerant , excommunicavimus 
Gaufridum, Castriduni vicecomitem, et fîlios ejus Hugonem et Pag*anum 
et castrum eorum , videlicet tam terribiliter ut nec vivi christianitatem 
ullam nec mortui haberent sepulturam. Moriente itaque predicto Gau- 
frido vicecomite apud Garnotum et facto Tyronensis ecclesie monacho, 
uxor ejus Helois vicecomitissa et fîlius eorum Hugo pacem fecerunt 
cum prefatis monachis, per manum meam et per manum Richerii 
Dunensis archidiaconi : hoc videlicet modo ut quia cornes Teobaudus 
suis de causis eos adgravabat et redditus eorum in propria manu reti- 
nebat, monachi dampna que sibi continuo deberent restitui in hujus- 
modi respectum posuerunt , et predictus quamdiu cum monachis 
pacem veram haberet et omnia que ad ipsos pertinent fîdeliter custodiret 
et fidem quam proinde in manu mea affîdere non distulit illesam invio- 
latamque servaret, ipsi predicta dampna non répétèrent. Si vero, quod 
absit , hoc pactum sciens preteriret et emendare negligeret , monachi 
ulterius hac lege astricti non tenerentur, sed usque ad novissimum qua- 

(*) Philippe d'Harcourt, évêque de Bayeux, de 1142 à févr. 1164. 

( 2 ) Arnoul, évêque de Lisieux, de 1141 à 1181. 

( 3 ) Guillaume de Passavant, évêque du Mans, de 1142 au 27 janv. 1186. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 39 

drantem dampna sua ipsis restituerentur. Nec illud silendum est quod 
predictus Hugo et mater Helois propterea monachos ad faciendam 
pacem mitiores invenerunt quod semetipsos ad sepulturam Tyronensi 
ecclesie dederunt, et quicquid de feodo eorum usque ad tempus illud 
monachi habuerant, quamvis jam multociens concessissent, tune dé- 
muni eis quiète et in pace possidere concesserunt ( l ). His interfuerunt, 
départe vicecomitis : Erchembaudus abbas Sancte-Marie-Mag^lalen» -, 
Guiardus de Mondulcet, Hugo Viator, Odo Pauper et alii de hominibus 
eorum ; de parte vero monachorum : Guillelmus abbas Tyronensis , 
Philippus illius ecclesie prior , Stephanus cellararius , Stepbanus abbatis 
capellanus ; de utraque vero parte : Goslenus archidiaconus , Henricus 
prefectus, Richerius archidiaconus et Raimbaldus ejus clericus, Robcr- 
tus capicerius et multi alii tam clerici quam laici. Hecautem, me pre- 

(*) On voit, d'après cette charte, que le vicomte Hugues se montra généreux envers 
l'abbaye de Tiron ; mais les moines ne se contentèrent pas de cette confirmation de 
leurs biens. Ils imaginèrent une pièce du 27 avril 1159, d'après laquelle Hugues , vicomte 
de Châteaudun et seigneur de Mondoubleau, exemptait l'abbaye, « a pedagiis, traver- 
sibus, barragiis, rotagiis , portuagiis , transitibus , chantclagiis , corveiis, talliis, pontina- 
giis, corvagiis, fetagiis, biannis, foagiis , tabernagiis, mensuragiis, ponderibus et ponde- 
ragiis, foragiis , vinivenditionibus, stalagiis, tondeiis, plateagiis, havagiis , tolturis , bla- 
deagiis, pavagiis, boisselagiis , molturis, corrodiis, corratagiis, vendagiis, pastis procu- 
rationibusque, quadrigagiis, salagiis, furnorum , molendinorum, tabernarum, torcularium 
bannis, vicorum, pontium , itinerum, villarum et castrorum repparacionibus et eorum 
custodiis, vigiliis et gueto. » — La longue énumération de ces diverses sortes d'impôts, 
dont beaucoup sont imaginaires , se retrouve sans aucun changement dans plus de trente 
chartes fausses, soi-disant émanées des divers seigneurs du Perche. Nous citerons entre 
autres des chartes de Guérin Chevreuil, seigneur de Brimont et sénéchal du Perche 
(28 avril 1128) ; — de Nivelon, seigneur de Meslay , Courville, la Gastine et les Yys, 
revenu sain et sauf de Jérusalem par la vertu des prières des moines do Tiron ( 13 mai 
1128); — de Guillaume, seigneur de Feuillet, Manou, laFerrière,lesGuésctGémages, 
qui a dû aussi son salut dans la croisade aux prières des religieux de Tiron (13 mai 
1128); — de Guillaume, seigneur d'Illiers, Bois-Buffin, Courtalain, Bruyère, Aunay et 
Langey (12 mai 1128) ; — de Wimon, seigneur de Bullou, Marchéville, L'Aune et Ra- 
bestan (29 juin 1129); — de Guillaume Goët le jeune (5 mars 1158); — de Renaud, 
seigneur d'Alluyes, Montmirail, Brou, la Bazoche, Authon et le Saulce (25 nov. 1203); 
— de Geoffroy, comte du Perche, qui, ayant éprouvé dans son voyage de Terre-Sainte 
une foule de maux et ayant senti la main vengeresse de Dieu , revenu dans sa patrie, 
chercha quelles fautes il avait commises lui et les siens contre les serviteurs de Dieu, 
et reconnut que ses fidèles avaient inquiété dans leurs possessions les moines de Tiron 
dans l'abbaye desquels il avait pris la croix (10 déc. 1206). 



40 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

sente, facta sunt apud Carnotum, in nostra ecclesiaet in nostra domo, 
et ideo sigilli nostri auctoritate corrobore* , anno videlicet ab incarnatione 
Domini M G° XL V°. 

» Et quia dampna monachorum non relaxantur omnino, sed pro 
pacis stabilitate in respectum ponuntur, debent hic ascribi ut memo- 
riter retineatur. Rapuit igitur de Ghildrerio Gaufridus vicecomes xvn 
libras , sed de his reddidit x modios avene pro centum solidis , et xn 
libre remanserunt. Filius vero ejus Hugo de Monluiser rapuit xxx novem 
modios annone , que annona plus quam xliiii valebat libras , et vu boves 
arantes plus quam ix libras valentes, et xx solidos denariorum. Demum 
ambo fîlii ejus Hugo et Paganus habuerunt de animalibus monacho- 
rum que vendiderunt xliiii libras, Hugo videlicet xi de bobus Yronii 
et xin de bobus Gurgitum - Ermengardis ; Paganus vero frater ejus 
xx libras de quodam fratre monachorum, Rogerio Rarbato, quem 
redemit et cujus bidentes abstulit, et fenum de Risu-Rovis. » 
(Cart. de Tiron, f° 31 v°.) 

GGLXX. 

Lettre de l'abbé de Tiron à ïévêque du Mans pour lui rappeler 

les privilèges de ï abbaye. 

(1145.) 

« G[uillelmo], Cenomannensium , Dei gratia, episcopo (*), karissimo patri 

dominoque suo, sincera di apud diligendo, frater G [uillel- 

mus], Tyronensis ecclesie minister indignus, totusque conventus, discretionis 

prem judicio et justicie corrosores potestatis arcere magiste- 

rio : Paternitatis vestre auribus certum sit, dilectissime, ecclesiam nostram in 
omni episcopatu , in omni loco , ab exordio religionis nostre ? servientes suos et 
quicumque depropria mensa fuerunt hucusque, absque parrochiali consuetu- 
dine , quiète et in pace possedisse , Dei gratia et benefactorum nostrorum dé- 
menti diligentia, pro sancte religionis reverentia. Prêter hujusmodi gratuitam 
libertatem ad confutandam invidorum hostilem altercationem apostolicis mu- 

(*) Guillaume de Passavant, évoque du Mans, de 1142 à 1186. 



CHARTULARIUM DE TTRONE. H 

nimur presidiis, fulcimur privilegiis, hune modum habentibus, pro talibus in- 
commodis et repentinis casibus : « Sane laborum vestrorum quos propriis 
w manibus aut sumptibus colitis , sive de nutrimentis vestrorum animalium 
» décimas vel de propria mensa parrochialia nullus a vobis exigere présumât, a 
Accidit tamen in preterito anno ut sacerdos quidam de Carnotensi episcopatu, 
nimia levitate ductus, ad dominum papam contra nos appellationem faceret 
et ad diem statutum cum episcopo Aurelianensi Romam pergeret .*), cum 
episcopus Carnotensis ipsum secum ire non permitteret. Qui, Dei gratia, 
et laborem perdidit et impensas, vacuus etiam et sine honore, cum magno 
dedecore et derisionis exclamatione, reversus est, sicut uterque episcopus testis 
adest. Ad hoc iterum spectat quod bone memorie Gfaufridus], Carnotensis 
episcopus, dum apostolice sedis legatione fungeretur , hos latratus futuros ésse 
previdens, inter cetera que nobis pro conservanda quiète et providitet scripsit, 
quod hic subscribitur edixit : « Juste pastoralitatis officium esse cognoscitur, 
» cum is qui curam habet regiminis in administratione pacis plebibus a Do- 
)) mino sibi commissis sollicite providet universis 5 cum vero omnibus qui Christi 
» nomine insigniti sunt necessarium sit pacis bonum , illud precipue convenit 
» qui ex mutue dilectionis exhibitione discipuli veritatis ab omnibus agnoscun- 
» tur. Ne igitur inter Tyronenses monachos karissimos fratres nostros et lega- 
» tionis nostre episcopos vel presbiteros , pro decimis et aliis ecclesie beneflciis 
» nascatur aliquando discordia, ego Gfaufridus], Dei gratia, Carnotensis epis- 

» copus, apostolice sedis legatus, monachorum quieti providens, 

» sitati co nostre inscriptionis paginam, auctoritatis nostre munimine 

» roboratam, ad agnitionem tam presentium quam futurorum, reliqui. Sta- 
» tuimus enim ut predicti fratres Tyronenses de proprio dominio suo deci- 
» mas majores et minutas, et servientes qui de propria eorum mensa sunt, 
» quiète et in pace et absque parrochiali consuetudine in perpetuum possi- 
» deant ( 2 ). » 
{Cart. de Tir on, in inilio.) 

(•) Le voyage à Rome de l'évêque d'Orléans auquel il est fait ici allusion est sans 
doute celui qu'Hélie, évêque d'Orléans, entreprit en 1144 vers le pape Lucius II, pour 
se purger de l'accusation de simonie portée contre lui par quelques-uns de ses cha- 
noines. 

( 2 ) Nous ne croyons pas pouvoir hésiter à déclarer cette charte fausse. Elle servit au 
XV e siècle de base à tout l'échafaudage des titres falsifiés par les moines de Tiron 
pour se soustraire aux droits parrochiaux réclamés par les évêques et les archidiacres. 
L'extrait cité par Guillaume dans cette pièce des bulles des papes est évidemment falsi- 
fié : jamais aucun pape n'exempta l'abbaye de Tiron du droit de gîte qu'elle devait 
t. 11. 6 



42 GHARTULARIUM DE TIRONE. 



CCLX.XI. 
Don du pré des Chasseurs. 

(ii45circa.) 

« Noscat universalis ecclesia quod ego Odo de Virgmltis et Constan- 
tius, sororius meus, et cognati mei Guillelmus ( J ) et Ogerius de Virgultis 
dedimus monachis de Tyronio , pro amore Dei , apud locum qui dicitur 
Daviticaria , pratum Venatorum , sicut chiminum quod venit de foresta 
dividit, singulis annis nobis in festo sancti Johannis reddendo vu de- 
narios de censu ; ab eodem autem chimino inantea usque ad chiminum 
Lede noas et quicquid in prata converti poterit, et dedimus eispro octo 
denariis de censu ; tali etiam conditione quod si terram illam in proprio 
excolere voluerimus, dimidium istud pratum habebimus, et dimidius 
cadet inde census, et quia supradictis monachis placuit sibi facere 
stannum quod de prato illo partem occupât, si, ut diximus, partiri 
nobis prata placuerit , quod facere poterimus ex quo terra culta fuerit , 

comme toute autre au visiteur de l'évêque. La prétendue charte de l'évêque Geoffroy 
ne se retrouve pas non plus. Le passage cité est évidemment copié sur une charte de 
Geoffroy relative à l'église de Ruan (voir n° CLXXXVI) ; mais le faussaire l'a singulière- 
ment défiguré. 

Cependant il faut reconnaître que cette pièce a été écrite avec une rare habileté. Sauf 
une légère différence dans l'encre , sauf un abus des abréviations , sauf enfin deux e 
cédilles, il est impossible à première vue de ne pas confondre l'écriture avec celle du 
XII e siècle. Quiconque ne connaîtrait pas l'histoire de l'abbaye de Tiron affirmerait la 
sincérité de cette charte, et, tout en s'étonnant quelquefois du style, l'admettrait parmi 
les titres authentiques de l'abbaye. 

Elle a été écrite , comme cela se faisait quelquefois , sur la feuille de garde du Cartu- 
laire original. Immédiatement à la suite de cette charte, on lit les mots suivants, en 
écriture du XV e siècle, peut-être inscrits par celui-là même qui venait de faire ce vrai 
chef-d'œuvre d'écriture : « Indue me, Domine, vestimento salutis et tunica justifie, et 
» indumento leticie circumda me semper. Precinge, Domine, lumbos cordiset corporis 
» mei virtute fidei et castitatis, et extingue in eis humorem libidinis. » 

(*) Nous trouvons en 1180 un autre Guillaume du Verger témoin d'un accord entre le 
prieuré de Vieuvicq et Eudes le Roux pour la jouissance du bois de Stellario. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 43 

prius de communi sine parte tantum capiemus quantum stannum illud 
occupât, et in molendino quod ibi fecerunt sine moltura molemus, 
Guillelmus et Ogerius et Gonstancius, quamdiu vixerimus, excepta 
parte molendinarii. Pro concessione vero supradicti prati Venatorum 
ego Odo et Guillelmus recepimus ah eisdem monachis xu solidos de 
caritate, etOgerius, frater Guillelmi , 11 solidos, quando terrain recepit, 
et porcum trium solidorum ; sed pro concessione aliorum pratormn 
recepimus xmi solidos de caritate. Pro concessione autem stanni atqm* 
molendini recepi ego Guillelmus duos porcos vm solidorum. Ad ulti- 
mum vero, cum hoc cyrogTaphum factum f uit , ego et Gonstantius ri 
Guillelmus atque Ogerius a predictis monachis x solidos carnotensium 
recepimus. Si vero in his omnibus aliquid insurrexerit calumpnie , nos- 
trum erit defendere. Inde sunt testes: Goslenus et Odo, sacerdotes de 
Fractigneio ; Hugo de Septem-Fontibus ( 4 ) ; Hugo Gaïujan; Goffredus 
monnerius; Girelmus carpentarius ; Engelbaudus ; Fulcho, filius Ra- 
naldi ; Bernardus, filius Roberti de Sancto-Martino ; Herbertus de 
Monte-Hibrelo et Vaslinus ( 2 ). » 

{Car t. de Tir on, t° 10 r°.) 

GGLXXII. 
Don d'une maison et de terres à la Ferrière. 

« De domo Ferrerie et terra et pratis. » 
(1145 circa.) 

« Notum sit omnibus quod Geroius de Lunviler, volens perg*ere Jéru- 
salem, dédit monachis de Tijroji, in ejusdem ecclesiç capitulo presens, 

(' ) Hugues de Sept-Fontaines fut témoin d'un accord passé entre Guillaume Rebours, 
quand il partit pour la croisade , et les moines de Saint-Denis de Nogent, au sujet de la 
dîme du moulin de la Chapelle. — En 1199, Pétronille, fille de Barthélémy de Sept- 
Fontaines , donna à l'Hôtel-Dieu de Châteaudun 3 setiers et 3 boisseaux d'avoine sur 
son revenu de Châteaudun. 

( 2 ) Ce Vaslinus nous paraît être le même que Vaslin, forestier de Brimont, qui figure 
à la charte LXXXVI. 



44 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

unam domum apud Ferreriam. Deinde, postquam de capitule* exivit, 
ipso die, dédit item monachis terram quamdam juxta Ferreriam quam 
Raginaudus de Ferreria habebat pro marca argenti in vadimonium, 
insuper et prata sua que apud Meisaevardum habebat ; pro quibus sin- 
g*ulis reddebat supradictis monachis xn denarios de censu. Hoc con- 
cessit mater ej us Villana, et Filochia de Bellenvilla ( 1 ), et Mascelinus, 
filiusejus, de eu jus feodo erat. Hoc audierunt: Hug*o prefectus Ferre- 
rie ; Herbertus Moschet ( 2 ); Goffredus Teberius etRicardus, frater ejus ; 
Turpinus , avunculus Geroii ; Ricardus de Terceio ; Fulcherius de 
Ausio. » 

(Car t. de Tir on, f° llV.) 

GGLXXIII. 

Don de prés à Margon. 

« Prata apud Margun. » 
(1145 circa.) 

<( Notum sit omnibus tam futuris quam presentibus quod Hersendis 
de Guria et Villanus , fîlius ipsius , atque Hugo de Rotorio , maritus Her- 
sendis, victricus autem Villani, prosalute animarum suarum, dederunt 
monachis Sancti-Salvatoris de Tyron omnia prata que habebant apud 
Margun, ut ea futuris temporibus in perpetuam elemosinam possiderent. 
Huic dono présentes affuerunt : Hugo de Goquina; Gauterius Angli- 
cus; Durandus; Burgundius; Gauterius Fichet; Ernaudus; Belerus. » 

{Cart. de Tiron, f? 11 v°J 

f 1 ) Filochia est la même qu'Adèle Filoche , femme en secondes noces de Robert de 
Blainville. (Voir supra, ch. CGLVII.) Mascelin paraît avoir été le fils d'Adèle Filoche 
avant qu'elle se fût remariée à Robert de Blainville. 

(*) On rencontre souvent dans les chartes du XII e siècle des membres de la famille 
Moschet. En 1110, Rallier M uschatus est témoin d'un accord entre Gaston de Brou et 
les moines de Marmoutier pour les dîmes des vignes de Nottonville. 



GHARTULARIUM DE TIRONE. 4:; 

GGLXXIV. 

Don de maisons et jardins à SéresviUe. 

« Do Herberlo Ceresville. » 
(1145 circa. ) 

« Noverint fidèles cuncti présentes atque futuri quod ego Herbertus 
de Geresvilla et uxor mea Adelina nos nostraque omnia Deo et ecclesie 
Tyronensi dedimus, scilicet domos nostras de Geresvilla cum ortoetvir- 
gulto, et terram nostram de Gonio-Hildrerii. Unde sunt testes: Paga- 
nus faber ; Radulfus pistor; Osbertus Mala-Herba (*) ; Garinus Morel ; 
Gaulterius tabemer; Gonstancius famulus ; Raginaldus Barbatus; Cons- 
ï&ncius regrater ; Ricardus Savore. » 

(Cari, de Tir on, f° 14 r°.) 

GGLXXV. 

Don de deux bovées de terre au prieuré de Villandon. 

« De Villandum. » 
(1145 circa.) 

« Noverint fidèles cuncti présentes atque futuri quod ego Robertus 
de Teuvilla et duo filii mei Guillelmus et Haimericus dedimus Deo et 
monacbis Tyronensibus qui habitant apud Vilandum duas bovatas terre 
adjacentes proprie terrç predictorum monachorum , accipientes al) 
eisdem monachis sexag*inta et vin solidos quos caritative dederunt no- 

( l ) Les membres de la famille Malesberbes apparaissent assez fréquemment dans les 
chartes de l'abbaye de Saint-Père. Vers 1120, Arnoul Malesherbes, Arnulfus Maie- 
serbes, se donna à l'abbaye lui et tout ce qu'il possédait. 



46 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

bis , mihi videlicet Roberto sexaginta , fîliis autem meis Guillelmo v et 
Haimerico ni. Et sciendum quod si aliquando aliqua calumpnia de terra 
illa orta fuerit, nos duos annone modios, singulis annis, in décima 
nostra Tetiville sepedictis monachis , donec calumpnia illa per nos ter- 
minetur, reddemus. Inde sunt testes : Goslenus archidiaconus ; Guillel- 
mus Boslenus ; Garinus de Pruneio ; Petrus faber ; Hubertus Sale ; Lam- 
bertus cordarius ; Robertus famulus monachorum , apud Garnotum , in 
domo archidiaconi predicti. 

» Apud Tuvillam autem concesserunt predictam elemosinam Rober- 
tus fîlius predicti Roberti et fîlia ejus Ermeng*ardis , his testibus: Gof- 
fredo carnifîce, Aucherio et Gaufredo fratre ejus de Tuvilla, Guillelmo 
de Groceio, Hugone de Gaudena, et Rainaudo Lepore, et Ernulfo de 
Grantval, famulo monachorum. » 
{Cart. de Tiron, f° 19 v>.) 

GGLXXVI. 

Vente de deux sous de cens à Villandon et à ViUequoy. 

« De Villandum. » 
(1145 circa.) 

« Omnibus christianis fîdelibus notum sit quod ego Hug*o de Vilecoc 
vendidi duos solidos census quos habebam apud Vilandum et apud 
Vileeoe monachis Tyronensibus, A r idelicet xxv solidos, concedente fratre 
meo Rainaudo , his testibus : Guillelmo Bosleno , Petro fabro et Sale 
fratre ejus, Lamberto cordario, Roberto de Lero, Laurentio de Exclu- 
sis, Radulfo Girardo, Goscelino famulo de Og-erivilla. Sed et hoc con- 
cessit uxor mea Odelina et Enricus fîlius meus et fîlie mee Eng'elg-uis et 
Luciana atque Ermengardis , apud Vileeoe, in domo mea, unde carita- 
tive receperunt ab eisdem monachis v solidos , Rainaudus frater meus 
xn denarios, uxor mea xn, fîlius meus xn, fîlie unaquaque vm. Inde 
sunt testes : Robertus de Tuvilla , Guillelmus et Haimericus fîlii ejus, 
Paganus de Andevilla, Robinus de Umbleriis, Huldierius de Bosco, 



CHARTULARIUM DE TIRONK. ,: 

Guillelmus et Gauterius et Hug*o , famuli monachorum. Sed el isii sunl 
qui predictam censivam reddent : Kobertus de Brainvilla xu denarios. 
Landricus de Auvilerw, Guido de Loisvilla et Gastinel filiaster ejus vi. 
in festo sancte Marie de augusto. » 

{Car t. de Tir on, f° 19 v°.) 

GGLXXVII. 

Etat des cens dus pour les vignes de Château* In n. 

« De censu vinearum Castriduni. » 
(1145 circa.) 

« Inter monachos Sancti-Salvatoris Tyronis et Teobaudum Ravardum 
Sancti-Aviti debent Roscelino Mala-Terra (*) et Huberto Pagano octo 
nummos census et obolum de vinea que est super Busseriam, de qui- 
bus nunimis debent monacbi Roscelino unum reddere, de quo denario 
reddit ille Teobaudus unum obolum de quo ipse censerius eorum cs(. 
Die festivitatis sancti Johannis debent monachi Tyronis monacbis Ma- 
joris-Monasterii n solidos et vin denarios census de vineis Albe-Vie, 
Guiardo de Monte-Dulci denarios x de vinea que est m Yalle-Sancti- 
Jobannis. Census vinearum Rag-inaudi de Spieriis, ad festum sancti Se- 
pulcbri, donatur Atboni de Bonevallo et Ermengardi de Fontenella, 
scilicet duos solidos et vm denarios : ad festum sancti Jobannis Guil- 
lelmo Bïgo xu denarios de Bibeterra ; ad festum Nativitatis sancte Marie 
Petro Guine ni solidos et x denarios et obolum de vineis Ghristiani Mi- 
nonii ; Hug*oni filio Gilbaudi de Sancto-Remigio xu denarios de vinea 
Risi-Bovi ; GofPredo Marcha-Suaviter v denarios; Garino Bog^erello ( 2 ) 

( J ) La famille Maie-Terre était une des plus importantes parmi la bourgeoisie de 
Ghâteaudun au XII e siècle. Au mois de mars 1202, Arnaud Maie-Terre donna à PHôtel- 
Dieu de Ghâteaudun un setier de blé de rente sur la grange de la Haie et 12 deniers de 
cens sur la vigne de Rouserein. 

( 2 ) Au mois d'août 1235, Geoffroy de Marvillc, de Merrevilla, donna à l'Hôtel-Dieu de 
Chàteaudun 12 deniers de cens sur la maison d'Aucher de Gohory, boucher, en rem- 
placement de 12 deniers de cens sur une maison à Marboué que contestait à l'Hùtel-Dieu 
Geoffroy Bouguerel. 



48 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

m solidos et vm denarios de platea que est in Valle-Sancti-Aniani ; Jo- 
hanni fîlio Michaelis vmi denarios et obolum , ad festum sancti Vale- 
riani, de vinea Filebendis; dominis Templi ( ! ) vm denarios de domo 
Régine; Heloise Ledvite m [solidos] et vi denarios de vinea Teobaudi de 
Usseel; Auberto Rufo vim denarios nostrarum domorum; Goscelino Bor- 
rello xv denarios et unum obolum. » 
( Cart. de Tiron, f° 24 v°. ) 

GGLXXVIII. 
Don de prés au Parc. 

« De pratis Olivari de Sancto-Juliano. » 
(1145 circa.) 

« Omnibus sancte christianitatis fîdelibus notum sit quod Olivarus 
de Sancto-Juliano dédit monachis Tironis duos arpennos pratorum in 
pratis de Parcho ; quod concesserunt Guillelmus de Maisnilio et Drogo 
de Cortoslain ( 2 ) soceri ejus, et Haois, fîlia ejus, uxor prefati Drog*onis; 
videntibus et audientibus istis quorum infra sunt nomina : Rogerius de 
Maisnilio, Guillelmus de Marais, Gislebertus de Blavou ( 3 ) , Haimericus 
clericus, Robertus presbiter, Gauterius Guibertus, Robertus Bogro , Gi- 
rardus de Campo-Parvo. » 
(Cart. de Tiron, f° 52 v°.) 

(*) L'ordre du Temple possédait auprès de Châteaudun une maladrerie importante 
connue sous le nom de la Roissière. 

( 2 ) Dreux de Gourtalain était seigneur de Marolles: il ne paraît pas avoir jamais pos- 
sédé la terre d'où il tirait son nom. Courtalain, comme nous l'avons vu, était alors la 
propriété de la famille Rorrel. Les descendants de Dreux devinrent dans la suite sei- 
gneurs du Favril et de Prasville, où on les rencontre encore en 1598. 

( 3 ) En 1090, Hugues de Rlavou, que nous croyons le père de Gilbert, est témoin d'un 
accord passé entre l'abbaye de Saint-Evroul et Guillaume, prêtre, pour la dîme de 
l'église de Notre-Dame de Mahéru. 






CHARTULARIUM DE TIRONE. ',;. 



GGLXXIX. 

Cession par l'abbaye de Tir on à l'Hôtel-Dieu de Châleaadun 
d'une terre pour faire un cimetière. 

« De conccssione Elemosine Castridunensi cujusdam terre ad cimeterium 

faciendum. » 

(1145 circa.) 

« Frater Willelmus, Tyronii abbas, totusquc conventus, omnibus 
infirmis de Elemosina Gastriduni (*) , salutem in Domino : terrain quam, 
petitione comitis Tbeobaldi, ad vestram sepulturam a nobis quesitis, 
pro Dei amore et memorati principis intercessione, vobis concedimus, 
tali pacto ut censum quod pro ea debebamus de cetero persolvatis et 
nonnisi vestrorum corpora defunctorum sepeliatis ibidem ( 2 ). Valete. » 

(Cari, de V Hôtel-Dieu de Châteaudun, A 6, n° 28; A 8, n° 17; A 17, n° 2. — Archives de la 
Maison- Dieu de Châteaudun, par M. do Belfort, p. 7.) 



GGLXXX. 

Accord entre le prieuré des Châtaigniers et les sires de Saint-Bomer 
pour une terre et un étang près de l'église. 

(1145 circa.) 

« Sciant tam présentes quam futuri qualiter tandem sopita sit contro- 
versia que habebatur inter monachos Tironenses apud Gastaneos habi- 

(*) L'Aumône, depuis Maison-Dieu ou Hôtel-Dieu de Châteaudun, avait été fondée 
dès la fin du XI e siècle. Une lettre d'Ives de Chartres, écrite vers 1101, mentionne 
expressément « ptocotrophium situm in Castroduno prope ecclesiam Beate-Marie-Mag- 

» alêne. » 

( 2 ) Ce don d'un cimetière fait par l'abbaye de Tiron fut la source de longues difficultés 
entre la Maison-Dieu de Châteaudun et les religieux de la Madeleine , sur le terrain des- 

T. II. 7 



50 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

tantes et Guillelmum atque Philippum de Sancto-Bomario super terra 
que est inter ecclesiam Sancti-Bomarii et stagnum. Remiserunt siqui- 
dem predicti G[uillelmus] et P[hilippus] illam calumniam quam super 
predictis faciebant, videlicet stagno, terra et décima, concedentibus 
Amelina sorore eorum, Petro de Sancto-Bomario et Odone fratre ejus. 
Et predictus Guillelmus contra omnes débet hoc garantizare. Monachi 
vero de caritate dederunt eis triginta solidos et totius ecclesie Tironen- 
sis benefîcium eis concesserunt. Testibus hiis : Gaufrido capellano ; Mi- 
chaele de Brueria ; Huberto Gapreoli ; Guillelmo Cointet et Gaufrido 
fratre ejus ; Hugone Male-Nutrito ; Gauterio de Goeria ; Huberto fores- 
tario et aliis pluribus. » 
( Copie sur papier du XVI e siècle. ) 

GGLXXXXI. 

Don par Guillaume de Courcerault de tout ce qu'il possédait 

au fief de Saint-Germain, 

« Hildreville. » 
(1145 circa.) 

« Ne oblivione deleretur litterarum memorie tradidimus quod Guil- 
lelmus de Gursesaudo dédit Sancto-Salvatori de Tiro quicquid habebat 
in dominio in feodo Sancti-Germani , sicut habebat solutum cum vig*e- 
ria, scilicet terram et nemus et molendinum, concedente uxore sua 
Milesent, et filiis suis et filiabus Hug > one( 1 ), Gauterio, et Ysabele, et 

quels l'Hôtel-Dieu avait été établi. Outre le cens que les frères condonnés de Châteaudun 
devaient à l'abbaye de la Madeleine aux termes de la donation, les religieux préten- 
daient percevoir un droit curial par chaque sépulture. De là longue contestation qui ne 
fut terminée qu'en 1212 par une transaction qui reconnut les droits curiaux de 
l'abbaye. 

( ■ ) Hugues de Courcerault assista à la fondation du couvent du Val-Dieu faite par 
Rotrou IV, comte du Perche, en 1169, et abandonna au nouveau monastère tout ce 
qu'il possédait dans la forêt de Réno. La famille de Courcerault était très ancienne. 
Vers 1020, Geroius de Corte-Sedaldi , fils d'Arnaud Le Gros, fut un des principaux bien- 
faiteurs de l'abbaye de Saint-Evroul. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. ,1 

Maria. Insuper quicumque voluerit dare aliquid in feodo suo Sancto- 
Salvatori concessit, sic tamen ut servicium suum non perdat. Unde in 
caritate dederunt ei monachi ducentos solidos, et filiis et Gliabus «'jus 
decem et septem solidos. Inde sunt testes: Girelmus earpen tarins , 
Herbertus de Osterlancort , Gillebertus Torta-Rota, Robertus pelletarius, 
Evnulîus Bucheri , Radulfus famulus hospitarii, ex parte monachorum, 
et ex parte illorum fuerunt hii : Goscelinus forestarius, Hugo filins 
Auberti, Goffredus de Salvalou, Goffredus de Pontis. » 
[Cari, de Tiron, C° 55 v°.) 

GGLXXXII. 

Don de huit sous de rente par Cécile, fille de Gui Turpin. 

« De Granri. » 
(1145 circa.) 

« Notum sit omnibus fidelibus quod ego Sicilia, filia Guidonis Tur- 
pini et uxor Mathei de Trou, pro salute anime mee et pro salute mariti 
mei predicti Mathei, dono Deo et monachis Tyronii vin solidos, singulis 
annis, in festivitate Omnium-Sanctorum. Et promitto Deo et béate 
Marie et omnibus sanctis me illos octo solidos in aliquo redditu ila 
constituere in vita mea ut post mortem meam prefati monachi eos 
perpetualiter habeant. » 

(Cart. de Tiron, f° 67 v°.) 

GGLXXXIII. 

Notice de la fondation du prieuré de Bréaa et des dons faits 

à cette maison. 

« De Broilo. » 
(1145 circa.) 

« In nomine Domini, noticie fîdelium tradere disponimus oblationes 
possessionum que per manum Marchi , cujusdam monachi, çcclesic 



52 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

Sancti-Salvatoris Tironensis, a fîdelibus date sunt. In primis Dodoinus 
de Bumboio ipsum locum Broilumquo conversantur monachi , consensu 
et consilio Adhelaidis uxoris sue filiorumque suorum, Girardi scilicet 
et Ade, et Helisabeth filie, eidem çcclesie liberum et absque ullo servitio 
perhenniter habendum , tantumque alterius telluris contig-ue quantum 
uni aratro ad arandum sufficeret, donavit. 

» Item jamdicto loco et fratribus ibi deg'entibus usum tocius sui 
nemoris ad calefaciendum et ad sua edifîcia construenda, porcis eorum 
ipsorum pabulum et liberum discursum , sine aliquo redditu , per totam 
suam silvam, caritatis munere concessit. Testes hujus rei sunt hii : 
Judialus, Girardus, Ollarius, Willelmus Enforciet. 

» Item etiam Dodoinus, in articulo mortis jam positus, augens suum 
benefîcium , concessit prefatis fratribus omnem decimam ad se perti- 
nentem omnium terrarum illarum que a fîdelibus date fuerunt. 

» Item Odo , fîlius Rollandi , amore Dei et sue causa salutis , conce- 
dentibus et consencientibus uxore Felice et filia sua Avelina atque 
Hugone fratre suo , dédit prefato loco et fratribus terram de Becaceria 
usque ad currentem et usque ad divisiones. Testes hujus rei sunt : Judi- 
caelus, Robertus faber Parisiensis, Girardus. 

» Item Gecilia, quç Bona-Filia noncupatur, cum concessu fîliorum 
fîliarumque suarum, dédit prefatis fratribus omnem decimam que sibi 
a fratre suo Girardo in matrimonium fuerat concessa. 

» Iterum Ernaldus et Fulcho dederunt sepedicto loco et monachis 
terram quam juxtaBroilum pariter possidebant, concedentibus ipsorum 
uxoribus et fîliis et fîliabus. Testes hujus rei sunt: Leodegarius , Gar- 
nerius, Joscelinus, Judicaelus. 

» Item iste Fulco, accepta caritate ab ipsis fratribus, xvf lm scilicet 
solidis, cum consensu conjugis sue et fîliorum, dédit eis terram quam 
inter torrentem Ansquesium et silvam Calumpnie possidebant. Hujus 
rei testes sunt : Ingerrannus , Judicaelus, Durannus. 

» Garnerius etiam , miles quidam , quicquid décime Bonboii habebat 
Deo et fratribus istis largitus est. Testes hujus rei : Ernaudus presbiter, 
Rainaudus Esluart, Ascelinus, Drogo Postels. 

» Deinde Elisabeth, uxor Alrolli, jam in extremis posita, dédit sepe- 
dictis fratribus, concedentibus g^enero et fîliabus ipsius et Adélaïde 



GHARTULARIUM DE TIRONE. 

domina a qua ea habebat, duo jugera cujusdam arabilis terre Testes: 
Willelmus major, Nevelonus et Petrus fratres. 

» Simili modo Guillelmus de Monte-Leobovio ( x ) dédit eis alia v 
jugera terre que apud Regentum possidebat. Testes: Leodegarius , 
Garnerius, Rainaldus, Judicaelus. 

» Postmodum Amelina et Ilduinus filius ejus dederunt eidem loeo el 
fratribus tria jugera terre quam apud Ibosccllum possidebant, conce- 
dentibus filiis et fîlia ipsius. Testes: Isembardus, Ingerannus, Asceli- 
nus, Rogerius, Durannus, Obertus. » 

(Cart. de Tiroji, f d 70 r°.) 

CCLXXXIV. 

Don au prieuré de Ferrières par André Bégon de tout 

ce qu'il possédait. 

(1145 circa.) 

« Notum sit quod Andréas Begonus uxorque sua concesserunt se et 
omnia sua monachis Tironensibus apud Ferrarias. Hoc donum fecerunt 
et concesserunt sine ullius calumpnia, ante Savaricum, Maulleonis 
dominum ( 2 ), in cujus Castro illi habitabant, ipso etiam Savarico 
annuente, pro anima Pétri de Monte-Rabeni , et pro sua parentumque 
suorum, videntibus : Guillelmo Sancti-Amandi sacerdote, Vaslino pel- 
litario, Fulcone de Cereseio, Isenberto monacho. 

» Iste bomo, scilicet Andréas, tanto animi affectu quecumque habe- 
bat largitus est monachis, ut nichil sibi retinuit prêter usum cotidia- 
nuiïl, cibum videlicet et vestitum, quamdiu in seculum permanserit, 

(i) Dans une autre charte, le même personnage est appelé Guillelmus de Moiite-Leti- 
Bovis , ce qui était son véritable nom. 

( 2 ) Savary de Mauléon est un des plus illustres capitaines du XII e siècle ; il prit une 
part active à toutes les luttes de la France contre l'Angleterre. Il est célèbre non- seule- 
ment par ses faits d'armes sur mer et sur terre, mais aussi par les chansons et romans 
qu'il composa. A sa mort, la baronnie de Mauléon passa dans la maison de Thouars. 
Mauléon a perdu son nom depuis 1736, où le comte de Châtillon la fit ériger en duché- 
pairie sous le nom de Châtillon- sur- Sèvre. 



54 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

sed universa Deo servientibus tribuit, bestias videlicet omnes, domos, 
vineas, censusque suorum ortorum (') et vinearum. De xxx ta et duobus 
ortis qui sunt in quodam loco exeunt de censu x solidi et ix denarii ad 
Pascam reddendi ; item alio loco sunt orti x et vm , ex quibus ad Pas- 
cham , sicut de supradictis , redduntur vi solidi et i denarius ; rursum 
alio in loco sunt orti xin cim , ex quibus exeunt un solidi et vi denarii ; 
alio vero in loco sunt orti un , ex quibus xvi denarii solvuntur ; iterum 
ad Auri-Vallem de illis ortis qui ibi sunt redduntur n solidi et vi denarii ; 
item in alio loco de Vineoclis exeunt de censu n° solidi et duo denarii : 
xx u scilicet et vu solidi iin or que denarii sunt secundumnumerumistum. 
Hoc quoque sciendum est quod de unoquoque orto redduntur mi 
nummi. » 
[Cart. de Tiron, f° 80 r°.) 

GGLXXXV. 

Don d'une vigne au prieuré de Reuzé. 

« De Rusayo. » 
(1145 circaj 

« Ego Guillelmus de Colonia et uxor mea Milesendis , pro remedio 
peccatorum nostrorum, damus ecclesiç de Rusaio vineam quam a Gau 
frido de Turre, sub censu duorum denariorum, habemus. Testes : Hugo 
capellanus, Guillelmus Barborinus, Alo Palpitroth, Aimericus villanus. 
Hoc donum concessit Gaufridus de Turre et uxor et filius. Testes : 
Briscio et Galone de Fornosio. » 
(Cart. de Tiron, f° 81 v°.) 

(*) Les jardins étaient encore plus communs au Moyen-Age que de nos jours. Chaque 
maison avait son jardin, non-seulement dans les campagnes et les bourgs, mais encore 
dans les villes. Les tènements de certains paysans ne se composaient guère que d'un 
jardin, et nous croyons que c'est ici le cas. D'ailleurs, on donnait souvent le nom 
de jardin à des champs cultivés en blé, en lin ou en chanvre, situés autour de la maison 
d'habitation. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui dans le Perche des chénevries. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 

* 



GGLXXXVI. 

Confirmation à V abbaye du lieu de Sepl-Faux. 

« De Septem-Fagis. » 
(1145 circa.) 

« Notum sit quod dominus Garsirius atque frater suus Goscelinus el 
fîlius suus Harroid locum illum qui dicitur Septem-Fagos, sicuti Philip- 
pus de Mecent atque Escummardus de Vend Giraudo Normanno demons- 
traverunt , ita libère et pacifiée in terris et silvis et aquis , cum Fulcoio de 
Daonia et Grafione de Portiez atque Guillelmo ipsius Grafionis fîlio , qui 
partem ipsius loci Septem-Fagos sibi veudicabat , monacliis de Tiron de- 
derunt ac concesserunt. Testibus : Brientio de Ghemicherio et Otone de 
Sancto-Philiberto , Mauritioque Raginaudi filio, Radulfo de Corsort, 
Guillelmo Pilato, Ivoneque Cornilio, Petro Pilato. Et Gaudinus, Attonis 
de Chamaire filius, qui in illis terris dominium exercebat hoc concessit. 
Testibus: Fulcoio de Daonia, Gonstantio, Girardo de Sancto-Stephano , 
Guillelmo Tornaniina , Guasirio Hamonis filio. » 
{Car t. de Tiron, f° 82 r°.) 

GGLXXXVII. 

Fondation du prieuré du Saint-Sépulcre d' Allemagne. 

« De Sancto-Sepulcro , Meldensis dyocesis. » 
(1145 circa.) 

« Notum sit omnibus quod Radulfus de Bolerio , pater Aaliz de Ful- 
friaco, et Petrus cognomine Maleit, pro sua et antecessorum suorum 
salute , dederunt in elemosinam monachis Tyronensibus capellam 



chartularium de tiroxe. 

Sancti-Sepulcri de Monte-Geheir ( i j. cum omnibus appendiciis suis. 
Huic donc interfuerunt Galo et Hosmundus multique alii qui hoc vide- 
runt et audierunt. 

» Adam etiam de Fulfriaco et uxor ejus Aaliz dederunt eisdem mo- 
oachis partem suam eulturarum de Monte-Geheir . et hoc donum super 
altare ejusdem loci fecerunt, testibus Matheo de Fulfriaco et Evrado 
prefecto. 

Radulfus quoque de Ginbriaco et Paganus f'rater ejus monachis in 
predicto loeo habitantibus dederunt in elemosinam terram de Cooli libe- 
ram et quietam ab omni exaction^ et seculari consuetudine. et inde ab 
eisdem monachis triginta solides in karitate acceperunt. Hoc concessit 
Reurieus de Osseri, de eujus f'eudo terra illa erat. et Helissendis, neptis 
predicti Radulfi , eum Johanne de Barris, rnarito suo. Hujus rei I 
existunt : Balduinus de la Cheveie et Rainaudus de Sancto-Suplicio. 

» Hubertus vero de Monte-Jonis dédit eisdem monachis in predicto 
territorio sex arpenta inculte terre. Cui dono interfuerunt : Balduinus, 

tuterius de Sancto-Suplicio et Henricus frater eorum. Postea vero 
mooachi predicti loci emerunt quatuor arpenta terre trigînta solidis a 
predietis Balduino scilicet et Gauterio et Henrico fratre ipsorum. Hùjus 
rei sunt t( Huldricus. Guido. Boletus. Gislebertus. 

Gauterius vero Hai< de Creciaco. pro remedio anime sue, dédit in 
elemosinam memoratis monachis partem quam habebat. » 

{Cari, dt Tiroii, f* 91 v°.) 

GGLXXXVIIl. 
Don d'un muid de 1>I<' de rente sur le moulin de Beauvais. 

(1146 circa.) 

« Memorie succedentium notificare curavimus quod miles quidam. 
Erardua videlicet de Villabum nomine. volens ire Jérusalem, dédit mo- 

(*) La chapelle du Saint-Sépulcre de Montgé, devenu un des prieurés de l'abbaye de 
Tiron. quitta son nom primitif pour prendre celui de Saint-Sépulcre d'Allemagne, à 
<:uuse de la foret sur les confins de laquelle il était construit. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 

Hachis Tvronensibus. ob remissionem peccatorum suorum. unum mo- 
dium frumenti de molendino suo quod vulgariter Behretum dicitur, ila 
nt singulis annis sine ulla intennissione illum inde in perpeiuum ba- 

mt. Concessit autem hoc Gunherius de Àlneta de cujus feodo 
• rat . audientibus his quorum subnexa sunt Domina : Berveius decanus, 
Stephanus presbiter, Krardus îpse de Yiîîabum . Hugo de Pomeio (*), 

,anu> il»- Manso - Leonci , Galterius de Gandunvilla, Jorda 
miles. » 

rt. deTivon, ^ 91 v.) 

CCLXXXIX. 

Abandon par Geoffroy tfOuzouer 'l'une ten 
aux Saintes-Yalh' 

« De Sanctis-Vallibus. » 
(1146circa. 

« Notum sit omnibus sancte eeelesie fidelibus quod Robertus. frater 
Gaufridi île Oratorio. Jerosolimam pergens, dédit monaebis Tyronen- 
sibus unam carrucaiam terre ad Sanctas- Vallès . et cumad demonstra- 

Gohier d'Aunay fut témoin de la confirmation faite en 1 140 par Geoffroi IV, 
vicomte de Chàteaudun. du don fait à la maladrerie de Saint-Lazare de Chàteaudun 
par Renaud de Patay, surnommé Guiterne. d'une terre à Maehelainville , par ise 
Péronville. De MIS à 1 1 i! . nous le rencontrons souvent comme témoin dans les pii 
du chartrier de l'abbaye de Bonneval. Il était fils de Gautier d'Anna :rère de 

Gautier et de Garin d'Aunay, dénommés dans plusieurs actes de l'abbaye de Saint- 
Père. 

s de Pomeio est témoin de l'abandon fait en 111S par Thibaut, comte de 
Chartres, à l'abbaye de Bonneval d'un marché libre et de la justice entière de la ville 
de Bonneval. 

(*) Nous n'avons pu déterminer l'emplacement précis des Saintes- Vallées : mais ce 
champtier devait être situé non loin d'Ozouer-le-Marehé. D'après la description qui est 
donnée dans la charte même . ce lieu se trouvait à côté de Villemafroy. près de la 
ferme de la Mouise, vendue à l'abbaye de Tiron par Pierre Leroy. 

T. II. 



58 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

tionem ejus ventum fuisset, Gaufridus frater ejus terram Umbaldi 
Chevalet pro sua monachis demonstravit , quam eis nec defensare nec 
testifîcari potuit , cumque res in calumpniam venisset nec Goffredus 
demonstrare aliam terram vellet, Simon de Balgenceio ( l ), rogatus a 
monachis , per Radulfum dapiferum suum , et per Umbaldum Rufum 
juniorem, et per Petrum Denit demonstravit terram que sine contradic- 
tione Gaufridi erat : cui demonstrationi cum diu Gaufridus restitisset, 
tandem christianitate simul ac dominis suis cogentibus, xxx ,a solidoset 
duodecim minas frumenti a monachis accipiens , predictam demonstra- 
tionem concessit, ea conditione ut si demonstracio illa uni carruce non 
suffîceret , monachi de terra adjacenti infra annos quinque tantum ara- 
rent quousque carrucatam plenariam haberent nec prius eam aliquo 
modo Gaufridus occuparet quominus de una carrucata haberent. Hoc 
concessit Roscelina uxor ejus et fîlii ipsorum Goffridus, Odo et Rober- 
tus, ac fîlie Dimesengis et Roscelina. Hec carrucata incipit a terra 
Unbaldi Chevalet secus viam usque ad terram de Maisia , ex altéra parte 
habens viam , ex altéra metas Gaufridi , que , ut prediximus , remove- 
buntur si aliquid uni carruce defuerit. Hanc terram se promisit Gaufri- 
dus monachis defensare et testifîcari ubicumque eis necesse fuerit. Hec 
viderunt etaudierunt, de monachis Tyronensibus : David de Gintreio, 
Gauterius de Rivo-Bovis, Henricus de Espal, Willelmus de Vilandun , 
Richardus medicus , et Anquitinus. Cuj us rei testes sunt, ex parte mo- 
nachorum : Grossinus presbiter , Godefridus de Brixe et Garnerius frater 
ejus, Hugo vicarius, Goffredus gêner Gaufridi, Teodericus Denit, Fro- 
mundus de Pusiolis et Stephanus frater ejus ; ex parte ejus : Radulfus 
de Pruneio, Bolot de Ermentervilla , et Rainaudus vicinus ejus, Roge- 
rius Barbatus, Robertus de Vilerjoet et Gauterius fîlius ejus, et Radulfus 
gêner ejus, Rainaudus de Vineis et Ascelinus vicinus ejus, Patricius de 
Espal, Ruallenus, Mainardus et Rogerius et alii multi, quia publiée 
factum fuit. » 

(Cart. de Tiron, f° 35 v°.) 

(!) Simon de Beaugency, fils aîné de Raoul I er et de Mathilde, succéda à son père 
dans la seigneurie de Beaugency après 1130 et mourut sans enfants vers 1156. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. v.. 



GGXG. 



Remise par Union, seigneur de Fréteval, de terres usurpées 

sur l'abbaye. 

« De lus que adversus nos caiumpniabatur Urso de Fractavalle. » 

(1146.) 

(( Notum sit omnibus quod Urso de Fractavalle, in infirmitate de qua 
mortuus est penitentia ductus, de malis que ecclesie Tyronensi multo- 
tiens fecerat, in presentia Gaufridi, Garnotensis episcopi, indulgen- 
tiam postulans, reddidit inter cetera que de possessionibus ipsius injuste 
sibi usurpaverat , nominatim ista que subscribuntur : boscum de Pau- 
toneria sicut dividitur cum bosco Johannis de Subcureio, et mansu- 
ram de Monte-Dupplelli , et quod occupaverat in mansura de Villa-Nova, 
metas etiam terre monachorum de Fonte-Radulfî quas transgressus 
fuerat pro cupiditate sue foreste augende, sicut palam omnibus confessus 
est, culpam suam recognoscendo , solutas ecclesie. reddidit et quietas, 
et terram pariter Pireii quam monachi emerantde Petro Reg*e (*) , et sui 
homines partim calumpniabantur, partim inquietabant, liberam cla- 
mavit, et suos fîlios jussit ut deinceps ab infestatione illius terre cessa- 
rent. Hoc concesserunt fîlii ejus Ni vélo et Hamelinus. Inde sunt testes : 
predictus episcopus G[aufridus], Paganus de Frovilla, Herbertus de 
Boscheto et Theodericus frater ejus, Brito de Sancto-Karilelpho , Salo- 
mon de Thoerio et Herbertus ejus capellanus , elemosinarius etiam 
ipsius Ursonis camerarius. His interfuerunt, de monachis Tyronen- 
sibus : Girardus Diabolus, Garinus de Herdrevilla, Rang"erius de 
Yronio. » 

{Car t. de Tir on, t'° 46 v°.) 
( l ) Voir charte LXXIX. 



60 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

GGXGI. 
Confirmation par le pape Eugène III des biens de l'abbaye. 

(1147, 30 mai.) 

« Eugenius episcopus, servus servorum Dei, dilectis fîliis Guillelmo, 
Tironensi abbati , ejusque fratribus tam presentibus quam futuris regu- 
larem vitam professis , in perpetuum : Religiosis clesideriis dignum est 
facilem prebere consensum ut fidelis devotio celerem sortiatur effectum, 
eapropter, dilecti in Domino fîlii, vestris justis postulationibus clemen- 
ter annuimus et Tyronense monasterium in quo divino mancipati estis 
obsequio sub beati Pétri et nostra protectione suseipimus et presenti 
scripti privilegio communimus , statuentes ut quascumque possessiones, 
quecumque bona idem monasterium juste et canonice possidet, aut in 
futurum, concessione pontifîcum, largitione regum vel principum, 
oblatione fîdelium seu aliis justis modis, Deo propitio, poterit adipisci, 
fîrma vobis vestrisque successoribus et illibata permaneant. In quibus 
hçc propriis nominibus annotanda subjunximus : in regno Angliç, in 
episcopatu Sancti-David , ecclesiam Sancte-Mariç de Ghatmeis cum 
appenditiis suis ; in episcopatu Sancti-Andree de Scotia , abbatiam 
Sanctç-Marie, Rochaburgensis cum appenditiis suis; aecclesiam sancto- 
rum martirum Johannis et Pauli de Ogra cum appenditiis suis , aeccle- 
siam Sancti-Egidii de Gastenariis , aecclesiam Sancti-Leonardi de Ferre- 
riis , aecclesiam Sanctç-Mariç de Asneriis , aecclesiam Sancti-Michaelis de 
Lucezio, ecclesiam Sanctç-Mariç de Tilio, aecclesiam Sancti-Laurentii 
de Brigia, aecclesiam Sancti-Petri de Audita, aecclesiam Sancti-Martini 
de Hildrevilla, çcclesiam Sancte-Mariç de Jarzia, aecclesiam Sancte- 
Marie de Aguille, ecclesiam Sancti-Johannis-Baptiste de Murgeriis, 
ecclesiam Sancti- Andrée, de Anglia cum appenditiis suis, aecclesiam 
Sanctç-Mariç de Mapedroella , aecclesiam Sancte-Marie de Titileia , aeccle- 
siam Sanctç-Crucis de Insula ; in archiepiscopatu Rotomagensi , aeccle- 
siam Sancti-Sulpicii de Germunvilla , aecclesiam Sancti-Martini de Gras- 
villa, aecclesiam Sancti-Laurentii de Galcia, aecclesiam Sancte-Marie de 



GHARTULARIUM DE T1R0NE. M 

Baschevilla, œcclesiam Sancti-Silvestri de Clara, œcclesiam Sanctç- 
Mariç deTurneio, œcclesiam Sancti-Jobannis de Monte-Ursino, capel- 
lam Sanctç-Mariç-Mag'dalenç-super-Sequanam ; in pago Ebroicensi, 
œcclesiam Sancte-Cecilie de Guest, œcclesiam Sancte-Anastasie , eccle- 
siam Sancti-Martini de Busseio, capellam Sanctç-Mariç et œcclesiam 
Sancti-Lupi de Chavigneio, çcclesiam Sancti-Bartholomei et çcclesiam 
Sancti-Mauricii de Gherenthaio ; in episcopatu Karnotensi, œcclesiam 
Sancte-Marie-Mag'dalenç prope Briberii-Vallem , ecclesiam Sancti-Remi- 
g*ii de Neronio, çcclesiam Sancti-Spani de Abluis, ecclesiam Sanctç- 
Mariç-Magdalenç de Oisesmo, ecclesiam Sancti-Michaelis de Climarz, 
ecclesiam Sanctç-Mariç de Ledo, œcclesiam Sanctç-Mariç de Gumbris, 
çcclesiam Sancti-Petri de Harg'envilla , ecclesiam Sancti-Leobini-de- 
Quinque-Fontibus, ecclesiam Sancti-Laurentii-de-Gastina, ecclesiam 
Sancti-Vincentii de Maieroliis , ecclesiam Sancti-Martini de Brenella, 
ecclesiam Sancti-Vincentii de Arseciis, ecclesiam Sancti-Germani de 
Coling'is, ecclesiam Sancte-Marie de Planis, œcclesiam Sancti-Nicholai 
de Foetellis , ecclesiam Sancte-Marie de Hironio , çcclesiam Sancti-An- 
dreç de Silvelonia, çcclesiam Sanctç-Mariç de Molendino Novo, eccle- 
siam Sanctç-Mariç de Monterium, ecclesiam de Risu-Bovis, graneas 
etiam Tyronii, Sanctas-Valles , Gintreium, Villarium-Maffredi , Gimi- 
gneium et aliiid Gimigrieium , Ghildreium, Spesovillam, Gulturam, 
Pertas , Og'eriivillam , Leporisvillam , Villamdonum ; in episcopatu 
Segdensi, capellam Sancte-Mariç-Mag'dalenç de Resno, Runcheriam, 
ecclesiam de Corgehaut, Mesnilbertre , œcclesiam Sancti-Jovini, çccle- 
siam de Monte-Chevrel , ecclesiam de Martig*neio , œcclesiam de Nuileio ; 
in episcopatu Baiocensi, œcclesiam Sancti-Antonini de 3Iontehargis , 
ecclesiam Sanctç-Mariç de Strata, capellam Guillelmi deCrevecor; œccle- 
siam Sanctç-Mariç de Rensiaco, œcclesiam de Bulunello, capellam d<> 
Tig*erio ; in episcopatu Meldensi , œcclesiam Sancti-Sepulcbri de Monte- 
gûhelli cum suis appenditiis et decimis , et locum de Dormanz cum suis 
possessionibus ; in episcopatu Pictavensi, œcclesiam Sanctç-Marie-Mag- 
dalene de Rusaio, locum de Puteolis, locum de Russeia, locum de 
Megum, locum de Tiliato ; in episcopatu Nannetensi, locum de Septem- 
Fag*is, locum de Trapa, locum de Oiseleria; in episcopatu Andeg*a- 
vensi , locum de Sauceia ; in episcopatu Genomannensi , œcclesiam 



62 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

Sancti-Michaelis de Planicie, ecclesiam Sancti-Johannis de Grandi- 
Rivo, ecclesiam Sancte-Mariç-Mag'dalene de Crucis-Valle , ecclesiam 
Sancte-Marie de Passu-Bovis , locum de Yado-Bruneti , çcclesiam Sancte- 
Marie-Mag'dalene de Montetallario , ecclesiam Sancte-Marie de Belloloco, 
ecclesiam Sanctç-Marie de Gohardum, aecclesiam Sanctç-Marie de Valli- 
bus, aecclesiam Sancti-Sulpicn-de-PaU , aecclesiam Sancti-Mauriciijuxta 
Cortpoltrain , aecclesiam Sancti-Georgii de Blimarz, aecclesiam Sancti-Sil- 
vestri de Montelusello , aecclesiam Sancti-Johannis-Baptiste de Jarreia, 
aecclesiam Sancti-Audoeni de Turnemio; abbatiam Sancte-Marie de 
Jugo-Dei , cum suis et prenominatorum locorum decimis , redditibus et 
possessionibus. Et ut divin uni offîcium apud vos honestius celebrare 
valeatis et loca vestra securiora possideatis, concedimus ut in posses- 
sionibus vestris oratoria et cimiteria habeatis , absque detrimento tamen 
circumadjacentium parrochiarum. Sane laborum quos propriis manibus 
aut sumptibus colitis, sive de nutrimentis vestrorum animalium, nul- 
lus a vobis décimas nec a servientibus vestris parrochialia exig^ere pré- 
sumât. Sepulturam quoque vestrorum locorum liberam vobis esse 
concedimus , ut eorum qui se in eis sepeliri deliberaverint devotioni et 
extremç voluntati, nisi sint excommunicati vel interdicti sint, nullus 
obsistat, salva justicia tamen matricis çcclesie. Decernimus ergo ut 
nulli omnino hominum liceat prefatum monasterium temere perturbare 
aut ejus possessiones auferre vel ablatas retinere, minuere aut aliqui- 
bus perturbationibus seu vexationibus fatig*are , sed omnia intégra con- 
serventur eorum pro quorum gaibernatione et sustentatione concessa sunt 
usibus omnimodis profutura , salva sedis apostolice auctoritate et dioce- 
sanorum episcoporum canonica justicia. Si qua ig-itur in futurum eccle- 
siastica secularisve persona hanc nostre constitutionis pag^inam sciens 
contra eam venire temere temptaverit, secundo terciovecommonita, si 
non satisfactione congTua emendaverit , potestatis honorisque sui dig^ii- 
tate careat, reamque se divino judicio de perpetrata iniquitate cog'nos- 
cat et a sacratissimo corpore et sanguine Dei et domini nostri Jesu- 
Christi aliéna fîat atque in extremo examine districte. ultionisubjaceat; 
cunctis autem eidem loco justa servantibus sit pax domini nostri Jesu- 
Ghristi quatinus et hic fructum bone actionis percipiant et apud distric- 
tum judicem premium eterne. pacis inveniant. Amen. 



CHARTULARIUM DE TIRONK. 63 

» Ego Eugenius, catholicç ecclesie episcopus. 

» f Ego Albericus, Ostiensis episcopus, subscripsi. 

» f Ego Octavianus, diaconus cardinalis Sancti-Nicholai-in-carcere 
Tulliano, subscripsi. 

» f Ego Julius, prcsbiter cardinalis tituli Sancti-Marcelli , subscripsi. 

» f Ego Ismarus, Tusculanus episcopus, subscripsi. 

)> f Ego Guido, presbiter cardinalis tituli Sanctorum-Laurentii-et- 
Damasi, subscripsi. 

» f Ego Jordanus, presbiter cardinalis tituli Sanctc-Susanne, subs- 
cripsi. 

» f Ego Gregorius, diaconus cardinalis Sancti-Ang^eli , subscripsi. 

» f Ego Jobannes, diaconus cardinalis Sanctç-Mariç-Nove, subscripsi. 

» f Ego Guido, diaconus cardinalis Sancte-Marie-in-Porticu, subscripsi. 

» f Ego Jacinctus, diaconus cardinalis Sancte-Mariç-in-Cosmidin, 
subscripsi. 

» Data Parisius, per manum Hugonis presbiteri cardinalis, agentis 
vicem domini Guidonis diaconi cardinalis et cancellarii, tercio kalendas 
junii, indictione x a , incarnationis vero dominice anno M° G° XL° VII°, 
pontifîcatus vero domni Eugenii pape tercii anno tercio. » 

{Orig. en parch.) 

GGXGII. . 
Confirmation par le pape Eugène III des biens de l'abbaye ( , ). 

(1147, 30 mai.) 

« Eugenius episcopus, servus servorum Dei , dilectis filiis Guillelmo, 
Tyronensi abbati, ejusque fratribus tam presentibus quam futuris regu- 

l 1 ) Cette charte, que nous publions d'après le Cartulaire, nous semble la même que la 
précédente. Il nous paraît difficile d'admettre que, le même jour, le pape Eugène III 
ait donné deux bulles pour le môme objet. Nous ne nous expliquons donc pas bien les 
variantes des deux textes : cependant, comme elles sont considérables et importantes 
pour la dénomination des lieux possédés par l'abbaye, nous avons cru devoir publier 
cette seconde bulle. 



64 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

larem vitam professis , im perpetuum : Religûosis desideriis dignum est 
facilem prebere consensum ut fîdelis devocio celerem sorciatur effec- 
tum. Eapropter, dilecti in Domino filii, vestris justis postulationibus 
clementer annuimus et Tyronense monasterium in quo divino manci- 
pati estis obsequio sub sancti Pétri et nostra protectione suscipimus et 
presentis scripti privilegio communimus, statuentes ut quascumque 
possessiones , quecumque bona idem monasterium juste et canonice 
possidet, aut in futurum, concessione pontifîcum, largitione regum vel 
principum, oblatione fîdelium seu aliis justis modis, Deo propitio, po- 
terit adipisci , fîrma vobis vestrisque successoribus et illibata perma- 
neant. In quibus hec propriis duximus exprimenda vocabulis : in epis- 
copatu Garnotensi, ecclesiam Sancte-Marie de Monte-Rion, ecclesiam 
Saneti-Georgii de Blimard, ecclesiam Sancti-Petri de Molendino-Novo, 
ecclesiam Sancti-Andree de Silvelonia , ecclesiam Sancte-Marie de Risu- 
Rovis, ecclesiam sanctorum martirum Johannis et Pauli de Buca-Ogrie, 
ecclesiam Sancti-Severini et ecclesiam Sancti-Georgûi et ecclesiam 
Sancti-Leobini de Gloia, ecclesiam Sancte-Marie de Ironio, ecclesiam 
de Fonte-Radulphi , ecclesiam de Gastro-Bof eri , ecclesiam de Foetellis , 
ecclesiam de Gurgitibus , ecclesiam de Monte-Lusello , ecclesiam de Me- 
releis, ecclesiam Sancti -Maximi, ecclesiam Sancti-Egidii de Gastane- 
riis, ecclesiam Sancti-Thome de Soiseio, ecclesiam Sancti-Leobini-de- 
Quinque-Fontibus , ecclesiam Sancti-Petri de Hargenvillario , ecclesiam 
deBrenella, ecclesiam de Arsetiis, ecclesiam deCungris, ecclesiam de 
Maieroliis, ecclesiam de Goloniis, ecclesiam de Murgeriis, ecclesiam 
Sancti-Laurentii-de-Guastina , ecclesiam Sancti-Bartolomei et ecclesiam 
Sancti-Mauricii de Garentaio, ecclesiam de Ledo, ecclesiam de Clemart, 
ecclesiam de Burg , ung , eria , ecclesiam de Lonvileria , ecclesiam Sancti- 
Petri de Ver, ecclesiam de Osemio , ecclesiam Sancti-Remigii de Nerone, 
ecclesiam Sancte-Marie-Mag-dalene justa Briverval, ecclesiam Sancli- 
Spani de Ablueiis, Levrevillam , Vilandum, Spesunvillam , Pertas, 
Vilermafrei, Choldre, Maisiam, decimam denariorum vicecomitis Gastri- 
duni de redditibus ipsius castri et Montis-Dublelli ; in Senonensi archie- 
piscopatu, ecclesiam de Secroio, ecclesiam de Brolio ; in Parisiensi epis- 
copatu, ecclesiam de Garceiis, ecclesiam de Rainseio, ecclesiam de 
Bollonello , ecclesiam de Ulmeio , ecclesiam de Tigerio , ecclesiam Sancti- 



CHARTULARIUM DE TIRONK. 

Abdoeni justa Tornam; in episcopatu Meldensi. ecclesiam Sàneti-Se- 
pulcri ; in episcopatu Suessiononsi , ecclesiam Sancte-Marie-de-Arablo ; 
in episcopatu Aurelianensi , ecclesiam Saricti-Georgîi deCintreio, eccle- 
siam de Cultura et locum dé Sanctis- Vallibus , déminai'; in episcopatu 
Ebroicensi, ecclesiam de Hildrcvilla, ecclesiam de Cavingeio, eccle- 
siam de Boiseio , ecclesiam de Ouest, ecclesiam de Buhaneria, ecclesiam 
Sancti-Germani-super-Arvam ; in Sagiensi episcopatu , ecclesiam Sancti- 
Juliani, ecclesiam de Rungeria, ecclesiam de Hesno, ecclesiam Trahant, 
ecclesiam Sancti-Petri de Gast; in Luxoviensi episcopatu , MesniUBertre ; 
in Kotomagensi archiepiscopatu , ecclesiam de Brai, ecclesiam Sancte- 
Marie de Torneio, ecclesiam Sancte-Marie-Mag'delene-super^Secanam, 
ecclesiam Sancti-Silvestri de Clara, ecclesiam Sancti-Sulpicii d&( rremun- 
villa, ecclesiam Sancti-Laurentii de Risu-Bovis, ecclesiam Sancte-Marie 
et ecclesiam Sancti-Petri de Baschevilla( 1 ) ; in episcopatu Pictavensi, 
ecclesiam Sancti-Leonardi de Ferreriis, ecclesiam de Trapa, ecclesiam 
de Rusai, ecclesiam de Puteolis, ecclesiam de Laguieria, ecclesiam <l< i 
Tilia, ecclesiam de Troseia, ecclesiam de Magunto, ecclesiam de Daria( 2 ), 
ecclesiam Sancte-Marie justa Forestam ; in Nanetensi episcopatu, eccle- 
siam de Septem-Fag'is et Pontem-Ruselli super Sevriam ; in archiepis- 
copatu ïuronensi , ecclesiam de Bosco- Johannis, ecclesiam de Luceziis, 
ecclesiam de Garreia ; in episcopatu Andegavensi , ecclesiam Sancte- 
Marie de Asneriis, ecclesiam de Saccheia ; in archiepiscopatu Bituri- 
censi , ecclesiam de Lorelio ; in Alvernia, in episcopatu Glarismuntis. 
ecclesiam de Rotondo-Dono ; in Lugdunensi archiepiscopatu , ecclesiam 
Sancte-Marie de Jugo-Dei , cum suis appendiciis ; in Sanctoniensi epis- 
copatu, ecclesiam de Daria, ecclesiam de Brolio ; in Cenomannensi 
episcopatu, ecclesiam de Vado-Alneti , ecclesiam Saneti-Laurentii-super- 
Breg*iam( 3 ), ecclesiam de Granri, ecclesiam Crucis-Vallis, ecclesiam de 

( ! ) Dans la bulle précédente, il n'est mention que de l'église Notre-Dame de Bacque- 
ville, qui était celle du prieuré. L'église de Saint-Pierre était l'église paroissiale, dont 
la présentation appartenait à l'abbé de Tiron. 

( 2 ) Ce lieu nous semble faire double emploi avec l'église du môme nom citée plus 
loin comme appartenant au diocèse de Saintes. 

( 3 ) L'église de Saint-Laurent-sur-Braye nous parait la même que celle du Gué-de- 
Launay; il n'y avait au Gué-de-Launay d'autre église que celle du prieuré de Saint- 
Laurent. 

T. II. 



66 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

Monte-Rivelli , ecclesiam Sancti-Petri de Passu-Bovis , ecclesiam de Gué- 
Brunet, ecclesiam de Cohardim, ecclesiam de Valiriveli, ecclesiam Sancti- 
Michaelis de Planicie , ecclesiam de Liveto , ecclesiam Sancti-Petri de 
Audita, ecclesiam Sancti-Vedasti , ecclesiam Sancti-Sulpicii-efe-Pai/, 
ecclesiam Sancti-Juliani , ecclesiam Sancti-Mauricii , ecclesiam de Bello- 
Loco, ecclesiam de Monte-Talleio ; in Anglia, in episcopatu Guinto- 
niensi , ecclesiam Sancte-Crucis de Insula , ecclesiam Sancti-Andree de 
Amie , ecclesiam Sancti-Laurentii apud Vuintonium , ecclesiam de Ma- 
pedroella ; in Herefordensi episcopatu , ecclesiam deTiteleia, ecclesiam 
de Vuintona ; in episcopatu Sancti-David , ecclesiam Sancte-Marie de 
Gameiis cum appendiciis suis ; in episcopatu Sancti-Andree de Scocia , 
ecclesiam de Rocaburgo cum appendiciis suis ; in episcopatu Salesber- 
g*ensi , elemosinam Roberti fîlii Heldrebrandi prope Melleberg , am. Sane 
laborum vestrorum quos propriis manibus aut sumptibus colitis, sive 
de nutrimentis vestrorum animalium, nullus a vobis décimas exigere 
présumât. Sepulturam quoque vestrorum locorum liberam esse conce- 
dimus ut eorum qui se in eis sepeliri deliberaverint devocioni et extrême 
voluntati, nisi forte excommunicati vel interdicti sint, nullus obsistat, 
salva tamen justicia matricis ecclesie. Decernimus erg*o ut nulli omnino 
bominum liceat prefatum monasterium temere perturbare aut ejus pos- 
sessiones auferre vel ablatas retinere , minuere aut aliquibus vexatio- 
nibus fatig'are ; sed omnia intégra conserventur eorum pro quorum 
g'ubernatione et sustentatione concessa sunt usibus omnimodis profu- 
tura, salva sedis apostolice auctoritate et diocesanorum episcoporum 
canonica justicia. Si qua igitur in futurum ecclesiastica secularisve 
persona hanc nostre constitutionis paginam sciens contra eam temere 
venire temptaverit , secundo terciove commonita , si non satisfactione 
cong^rua emendaverit , potestatis honorisque sui dignitate careat ream- 
que se divino judicio de perpetrata iniquitate cog'noscat et a sacratis- 
simo corpore et sanguine Dei et domini nostri Jesu-Ghristi aliéna fiât 
atque in extremo examine districte ulcioni subjaceat ; cunctis autem 
eidem loco justa servantibus sit pax domini nostri Jesu-Ghristi quatinus 
et hic fructum bone actionis percipiant et aput districtum judicem 
premia eterne pacis inveniant, amen, amen, amen. 

» Eg*o Eugenius catliolice ecclesie episcopus, subscripsi. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 

» f Ego Albcricus, Hostiensis episcopus, subscripsi. 

» y Ego Ismarus, Tusculanus episcopus, subscripsi. 

» f Ego Odo, diaconus cardinalis Sancti-Georgii-ad-Velum-Amvmn. 
subscripsi. 

» f Ego Gregorius, diaconus cardinalis Sancti-Angeli, subscripsi. 

» f Ego Octavianus, diaconus cardinalis Sancti-Nicholai-in-carcer< - 
Tulliano, subscripsi. 

» f Ego Johannes, diaconus cardinalis Sanctc-Maii( -Nom . subscripsi. 

» f EgoGuido, diaconus cardinalis Sancte-Marie-in-Porticu. si ibscri psi. 

» f Ego Jacintus, diaconus cardinalis Sancte-Marie-in-Cosmydin, 
subscripsi. 

» f Ego Guido, presbiter cardinalis tituli Sancti-Grisogoni , subscripsi. 

» f Ego Guido, presbiter cardinalis tituli Sanctorum-Laurentii-K- 
Damasi, subscripsi. 

» y Ego Julius, presbiter cardinalis tituli Sancti-Marcelli, subscripsi. 

» f Ego Jordanus, presbiter cardinalis tituli Sancte-Susanne, subs- 
cripsi. 

» Datum Parisius, per manum Ugonis, presbiteri cardinalis, ag^en- 
tis vicem domini Guidonis , diaconi cardinalis et cancellarii , tercio ka- 
lendas junii, indictione x, incarnationis vero dominice anno millesimo 
G XL VIT , pontifîcatus vero domni Eugenii pape m anno tercio. » 

(Cari, de Tiron, f'° 90 r°.) 

GGXGIII. 

Bail du moulin des Planches à Raoul, maréchal du 

comte Thibaut. 

« De area molendini de Planchis. » 
(1147 circa.) 

« Noverit universalis fîdelium ecclesia quod Guillermus, Tyronii 

abbas, totumque nostrum capitulum aream molendini de Planchis quam 
de elemosina venerabilis comitis Teobaudi liberam et quietam ab omni 



68 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

consuetudine tenebamus , prece et peticione ejusdem comitis , Radulfo 
marescalco (*), servienti ipsius, cum omnibus consuetudinibus suis, sub 
tali pactione habere concessimus quod inde nobis, singulis annis, red- 
det dimidium modium frumenti in festo sancti Remigii ; quod frumen- 
tum Garnoti reddetur in domo nostra. Nec pretereundum quod memo- 
ratus Radulfus seu hères ipsius nichil in predicto molendinoalteri g*enti 
religîonis seu dare seu vendere poterit. Hujus rei ex utraque parte 
testes existunt : Glemens tune temporis Carnoti prefectus, Radulfus de 
Castro-Teoderici , Guillelmus fîlius Vitalis, Petrus faber, Gauterius 
Beinassis, Goffredus Gornerius, Goffredus Challo{ 2 ), Stephanuset Jorda- 
nus fratres ejus, Stephanus de Aurelianis. Ut autem concessio ista rata 
et stabilis in perpetuum haberetur , presens scriptum tam sig*illo ecclesie 
nostre quam signllo comitis Teobaudi muniri et corroborari fecimus. » 

(Chirogr. orig. en parch.) 

GGXGIY. 
Don par Dreux de Guichery d'une dime à Baillonvilliers. 

« De Guicheriis. » 
(1148circa.) 

« Drog*o, cognomine Pichart, de Guicheriis, dédit Deo et monachis 
de Tiron totam decimam quam habebat apud Baionviler. Hanc etiam 

( i ) Raoul de Plancy, maréchal du palais du comte Thibaut V, apparaît souvent comme 
témoin dans les actes de son suzerain, de 1158 à 1170. On voit par cette charte, dont 
on ne peut reculer la date plus loin que 1147 , époque de la mort de l'abbé de Tiron, 
Guillaume, que Raoul exerça ses fonctions bien antérieurement à 1158. 

( 2 ) Dans une charte du comte Thibaut IV en faveur de la léproserie du Grand- 
Beaulieu, on voit figurer, parmi les familiers du comte, Geoffroy Ghaillou, bourgeois 
de Chartres, et Clément, prévôt de Chartres. Cette charte est ainsi datée : « Anno ab 
incarnatione Domini M C XLVI, eo anno cjuo Litdovicus, filins Ludovici, cum multo 
comitatu baronum, cracem assumpsit Yerosolimam iturus ad domandam Paganorum 
contumaciam. » Les mêmes témoins paraissent encore en 1168 à une donation faite à 
la môme léproserie par Gauthier de Friaize. 



CHARTULARTUM DE TIRON II. , ;! , 

dédit et concessit uxor ejus Osanna, de cujus hereditate movet. Inde 
sunt testes : Hubertus, sacerdos Sancti^Hilarii-super-Erram ('); Guillel- 
mus Pesaz ( 2 ) ; Durandus de Betigni; Osbertus de Pîovingento; Gisle- 
bertus, illius Drogonis sororius ; Guillelmus de Curto-Bertranno ; Mar- 
tinus, Drogonis fdius. Has itaque décimas, supradictis videntibus testi- 
bus, super altare Sancte-Trinitatis de Tyron posuit. » 

(Cari, de Tiron, f° 7 r°.) 

GGXGV. 

Don de la terre des Vergers. 

« De Sancto-Bartholomeo de Charansayo. » 
(1148circa.) 

« Notum sit omnibus hominibus tam futuris quam presentibus quod 
Guillelmus, Isnardi filius, de Gharenceio, dédit monachis Sancli-Salva- 
toris de Tiron terram de Virg*ereiis a rivo Rastel usque ad vallem Tilie, 
et Baldricus Perdriel et Gauterius, fratres, qui calumpniabantur, conces- 
serunt, et Guillelmus de Gurteliis de cujus feodo erat. Unde testes 
existunt : Johannes presbiter de Carentio, et Jobannes mediterius de 
Beliarderia. Quod Ing'enoldus Rufus et uxor ejus Aia, et Hugo de 
Bosco et uxor ejus Milesendis , qui calumpniabantur, concesserunt. 
Hujus autem concessionis testes sunt : Guillelmus de Buxeio, Garinus 
Gapra, Guillelmus porcherius et plures alii. » 

{Cart. de Tiron, t*° 74 v°.) 

(') Cette charte est postérieure à celle de 1141, où se trouve mentionné Geoffroy, 
curé de Saint-Hilaire-sur-Yerre, auquel succéda Hubert qui figure comme témoin dans 
cette pièce. 

( 2 ) En 1116, Robertus Pesatus fut témoin d'un accord entre Gaston de Brou et les 
moines de Marmoutier pour les dîmes des vignes de Nottonville. 



70 CHARTULARIUM DE TIRONE. 



GGXGVI. 



Don de la terre de Po$ay. 

(U48circa.) 

« Ego Laethoth et frater meus Airaldus et uxor mea , et Jobertus de 
Ghabannis et uxor ejus, et Ugo de Tariee, et Maentia et filii ejus dona- 
mus B[ernardo] et sociis ejus terram quandam de Pozels, et vineas et 
prata et viridaria et hospitamenta , habenda et tenenda in perpetuum 
absque ulla consuetudine, coram subscriptis testibus, de Laetzbotz et de 
fratre ejus : Galterio Bozer, Stephano Chabaz, Emeloth; de Ugone: ipsi; 
de Joberto : Bernardo, Bertrando; de Maencia : Galterio Bozer, Ste- 
phano Cahith. » 
( Cari, de Tiron, f° 80 v°. ) 

GGXGVII. 

Donation au prieuré de Montargis du lieu de Saint-Antonin. 

(1149.) 

« Notum sit omnibus sancte Dei ecclesie filiis presentibus et futuris 
quod ego Hugo de Creveeor^) et Guillelmus filius meus, pro salute 
animarum nostrarum et antecessorum nostrorum , donamus Deo Salva- 
tori de Tyron et monachis conversantibus apud Montem-Argis in elemo- 
sinam locum Sancti-Antonini, cum fossato et toto terri torio quod circa ec- 
clesiam ejusdem matris extenditur , et unam terre carrucatam extra 

C) En 1185, Mathieu de Crèvecœur était sénéchal de Richard de Vernon. En 1206, 
Raoul de Crèvecœur donne à l'ahbaye des Vaux-de-Cernay des biens qu'il possédait à 
Vernon. Une branche de la famille de Crèvecœur s'établit dans le pays chartrain au 
XV e siècle. En 1460, Pierre de Crèvecœur, seigneur de Gilles, vendait à Thierry du 
Pont, verdier d'Anet et de Bréval, le fief de Saint-Hillier , assis dans les paroisses de 
Saussay et d'Ezy. 



GHARTULARIUM DE TIRONE. 71 

fossatum de nostro proprio dominio et quoquo modo locus ille poteril 
excrescere, in terris, in decimis, in cujuscumque rei redditibus, per 
nostros homines, dono aut precio, in nostro feodo, nos concedimus, el 
quicquid juris et servitii in hiis que eidem loco erogabuntur a<l nos 
pertinet cum donantibus donamus. Damus etiam ris decimam totius 
panis nostrarum mansionum, scilicet de Glevilla et de Crevecor et de 
Vandoris et de Bosevalle, et molendinorum , et decimam pullorum el 
caseorum (*) et porcorum nostrorum cum venerint de pessona. Et quia 
pauca hec sunt et non suffîcientia victui monachorum ibidem commo- 
rantium donamus iterum eis, quantum ad nos pertinet, lias ecclesias, 
ecclesiam videlicet Sancti-Paterni , ecclesiam de Liveia, ecclesiam <!<• 
Strata, et quicquid amodo in decimis et aliis beneficiis de toto feodo 
nostro quod ad elemosinam pertineat evenerit, et etiam nosmetipsos, 
si Dei gratia ad conversionem venerimus, donamus et concedimus; si 
vero in seculari habitu nos mori contigerit , volumus ut apud eos sepul- 
turam habeamus ; et quicquid tune temporis nos babere contigerit in 
auro et argento et aliis mobilibus, et universaliter que auferre secimi de 
mundo solet homo ad redimenda peccata sua , totum pariter sine divi- 
sione ipsis dimittimus et concedimus. Hec omnia volumus ut possideant 
in pace , quiète et absolute , remota omni exactione et seculari consue- 
tudine, sicut melius et sincerius débet et potest dari elemosina. Ut 
ig'itur hec omnia fîrma permaneant et inconcussa, nostri sigilli muni- 
tione roboramus. Inde testes sunt : Herbertus cantor Bajocensis , 
Robertus subdecanus, Robertus de Aldena, Sello canonicus, Matheus 
de Bajocis, Robertus de Bais et duo fratres ejus Joannes et Guillelmus, 
Robertus Bouchart, Rogerius de Hotot, Richaat de Foumuchon. Hec autem 
facta sunt anno ab incarnatione Domini millesimo centesimo quadra- 
gesimo nono. » 
[Vidimas en parch. de 1298.) 

0) Le commerce du fromage était considérable au Moyen- Age, particulièrement en 
Normandie où était situé le prieuré de Montargis. Les fromages sont compris parmi les 
objets dont Goubert d'Aufai, en 1085, donna la dîme aux moines de Fécamp, à Ganzc- 
ville. En 1158, le pape Adrien IV confirmait à l'abbaye de Saint-Sever ladime des fro- 
mages tant de vache que de brebis de l'honneur de Saint-Sever. A la fin du XII e siècle, 
îes ducs de Normandie tiraient des beurres et des fromages de leurs vacheries de Mont- 
fiquet, Barne ville -sur-Seine, Canappeville- sur-Touque et Moulineaux. 



72 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

GGXGVIII. 
Don de terres au prieuré de Saint-Maixme. 

« De Sancto-Maximo. » 
(1150 circa.) 

« Noscant universi quod Pag*anus de Bosco frustum terrç , du m 
viveret, dédit monachis Tironii apud Sanctum-Maximum. Postmortem 
vero ejus, Matildis, uxor ipsius, tantumdem terre et ejusdem feodi 
predictis dédit monachis. Hoc donum concessit Hug*o de Aleia (*) quan- 
tum in se erat , videlicet predicte Matildis, cui post mortem Pag*ani 
nuxerat, et predicte Matildis fîliç cum suis maritis, id est Beatrix cum 
Burgonio, Erm en g art cum Auberto, et Maria que tune temporis adhuc 
sine viro erat. Inde testes sunt : prefatus vir ejus, Hug*o de Aleia, et 
Girardus capellanus de Aloia, et isti qui hoc concesserunt. » 
[Cart. de Tiron. f- 36 v°. ) 

GGXGIX. 

Echange de terres aux environs de Vibraye entre l'abbaye et 

Tescelin Guerrier. 

« De quadam terra Vibraye cum terra Montis-Fusnardi mutata. » 

(1150 circa.) 

« Quoniam res que aguntur cito a memoria elabuntur nisi litteris 
commendentur, notificare curavimus mutuationem terre que facta est 

(*) En 1118, Jean d'Alluyes, père de Hugues, Lisiardde Sabié et Gosselin de Sainte- 
Maure commandaient des corps de troupes dans l'armée de Foulques Y, comte d'Anjou, 
quand celui-ci livra au comte Thibaut un combat sous les murs d'Alençon. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 

inter monachos de Tirum et Tescelinum Guerrer. Monachi itaque com- 
mutaverunt Tescelino terram quam habebant apud Vibreiam pro illa 
terra quam babcbat Tescelinus ad Montem - Fusnardum qui es! ad 
Vadum-Petrosum. Hec mutuatio facla est ab utraque parte ita libéra 
atque quieta ut monachi in lerra de Vibreia nichil retinerent, et 
Tescelinus quicquid habebat ad Vadum-Petrosum, id es! ad Mon- 
tem-Fusnardum, omnino libère monachis ooncederet. Hujus mutua- 
tionis ex parte monachorum fîdejussor est Rotrocus de Monteforti ('), 
ut ipse terram de Vibreia omni tempore quietam habere Tescelino 
faciat. Tescelinus vero omnem terram suam predicto Rotroco fidejus- 
sione commisit ut monachi omnibus diebus totam illani terram de 
Monte- Fusnardo quiète possiderent. Hec omnia concessit Hersendis 
uxor Tescelini , et Teobaudus et Guillclmus filii ejus, Giruis el Richel- 
dis filie ejus, et Renualdus irater ejus, et Teobaudus nepos ipsius. Hec 
concessit et confîrmavit Rotrocus de Monteforti. Hec viderunt ei testes 
sunt : Fulcoius de Monteforti et Hug'o frater ejus, Robertus capel- 
lanus, Philippus de Motereis, Hugo de Vallibus, Garnerius sacerdos, 
Ragùnaudus Aave, Ernulfus cementarius, Gauterius filius Hodierne, 
David fdius Legardis, Hildebertus Belot , Harduinus Tres-Minas. Con- 



( ' ) Les membres de la famille de Montfort-le-Rotrou doivent être comptés parmi les 
principaux bienfaiteurs de l'abbaye du Gué-de-Launay. En 1208, Rotrou de Montfort, 
avec l'assentiment de Rotrou, son fils et héritier, donna en perpétuelle aumône à 
l'abbaye tous les droits qu'il possédait sur les bois , vignes et terres du fief de Souday. et 
l'autorisation de prendre dans les bois de Vibraye tout le merrain nécessaire à l'arran- 
gement des vignes des moines. Il affranchit les hommes desdits moines résidant dans le 
fief de Souday et les libéra de toutes tailles, biennages, corvées et de toutes exactions ; 
et en outre leur donna le droit de prendre dans la forêt de Vibraye le bois nécessaire 
pour construire leurs maisons. Il affranchit encore les hommes des moines et les moines 
eux-mêmes pour tout ce qu'ils possédaient en terres et en prés dans le fief de Guillaume 
le Déshérité, Willelmi Desreati. Enfin il permit auxdits moines de prendre dans sa 
forêt de Vibraye tout le bois dont ils auraient besoin pour construire des maisons au 
lieu nommé Grandry, domus de Grant-Ruyht , ainsi que le merrain pour arranger les 
vignes qu'ils y planteraient. — En 1239, le même Rotrou, ou plutôt son fils, seigneur 
de Montfort, dominus de Monteforti, donna à ladite abbaye, du consentement de sa 
femme Isabelle, cent sous de rente qu'il possédait à Montigny, de Montigniaco. Dans 
le cas où le seigneur de Montigny s'opposerait à cette donation, il serait délivré aux 
moines, à la mort du donateur, une somme de cent livres tournois à prendre sur tous 
les revenus de Monet. 

T. II. 10 



74 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

cessum est hoc in capitulo Tironensi a domino Guillelmo abbate et a 
toto conventu (*). » 

(Cart. de Tiron, f° 64 v°.) 



CGC. 



Don du Moulin-Neuf au prieuré de Monrion. 

« Montis-Rionis. » 
(1150circa.) 

« Utile satis ac necessarium videtur rerum gestarum noticiam per 
scripture testimonium posteris mandari : unde cunctis notum sit fide- 
libus quod Hug*o Bormaudus( 2 ) et Ascelina uxor ejus ( 3 ) dederunt mo- 
nachis Montis-Rionis quandam aream molendini, quod Molendinum- 
Novum vocatur, amore Dei. Sed tamen ipsi habuerunt inde xx solidos 
de caritate. In qua area postea monachi Tironis molendinum fecerunt. 
Hujus molendini donum fecerunt Bormaudus et Ascelina uxor ejus et 
mater ejus, super altare ecclesie Montis-Rionis, cum uno cultello. 
Haenricus, de cuj us feodo erat molendinum, concessit illud monachis, 
amore Dei et amore comitis Theobaudi. Hujus rei sunt testes : Garinus 
Quenenc, Petrus, Bordinus, Ragûnaudus de Fonte, Garinus de Luetane, 
Albertus Pinardus et frater ejus Bonus-Homo, et Albertus de Bussel et 
frater ejus Maher, Arnaudus Pipinus et Hugo frater ejus, et Rainaudu3 
de Pereiy). » 
[Cart. de Tiron, f° 45 v».) 

( 1 ) Une copie de cette charte existe aux Archives de la Sarthe (H 84) ; mais les noms 
propres sont presque tous défigurés. 

( 2 ) En 1222, Thibaut Bormand avait une censive à Châteaudun, d'où dépendaient les 
étaux à vendre le pain sur le marché de Châteaudun. 

( 3 ) Asceline , femme de Hugues Bormand , est la même qu'Asceline , fille de Hersende 
de Pré-Nouvelon , qui figure à la charte CCIII. 

( 4 ) Cette charte se trouve reproduite dans le Cartulaire, f° 4C v°. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 



CCG1. 



Don au prieuré de Saint-Remy de Néron d'un arpent de vigne 

près Nogent-le-Roi. 

« De Neronio. » 

(1150 circa.) 

« Notum sit omnibus hominibus quod quidam homo nomine Gons- 
tancius, quando assumpsit monachilem habitum in Tironensi cenobio, 
dédit monachis Tironensibus qui habitabant apud Sanctum-Remig'iiim 
quoddam arpentum vineç quam habebat juxta Nogennum, de qua 
vinea Petrus de Tbeonisvilla solebat liabere sex denarios de censu , sed 
idem Petrus hune concessum dédit supradictis monachis. Post aliquot 
autem annos jamdicti monachi vendiderunt eandem vineam Durand* >. 
de Nogenno burg^ensi , tali pacto quod isdem Durandus e jusque succes- 
sores per unumquemque annum eisdem monachis darent octo denarios 
de censu, atque hoc concessit supradictus Petrus de Teonisvilla. Hujus 
pei testes sunt : Radulfus presbiter de Chasdum, Germundus major, 
Garinus Ganis, Adelelmus panitarius atque Bartholomeus frater Theo- 
derici vicecomitis. » 
(Cari, de Tiron, f° 39 r°.) 

GGGII. 

Confirmation de la fondation du prieuré de Montarrjis. 

(1150 circa.) 

« Eg*o Philippus, Dei gratia, Bajocensis episcopus, dono Deo et 
monachis de Tyrum ecclesiam Sancti-Antonini de ilontehargis ( l ) cum 

( ! ) On appelle le Montargis une sorte de cap qui domine tout le canton de Cambre- 
mer et la vallée de Cornon. C'est là que fut construit le prieuré de Saint-Aiitonin de 



76 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

fossato et territorio quod est intra castrum illud , et cetera confirmo et 
sig'illi mei munimine corroboro que Hugo de Creveqaer et Willelmus 
filius ejus in elemosinam eis dederunt et in episcopatu meo sunt : pre- 
dictis namque monachis dederunt ipsi , pro salute animarum suarum , 
unam carrucatam terre de suo proprio dominio extra jamdictum fos- 
satum , et quocumque modo locus ille possit excrescere in terris et deci- 
mis et cujuscumque rei redditibus , per suos homines et amicos, dono aut 
precio, in feodo eorum eoncesserunt. Dederunt etiam eis decimam panis 
sui ubicumque manducent, qui fîet de annona granearum suarum, et 
decimam caseorum et porcorum suorum cum reversi fuerint de pessona. 
Et quia pauca sunt hec, dederunt adhuc, quantum ad ipsos pertinet, 
ecclesias has : ecclesiam scilicet Sancti-Paterni , ecclesiam Sancte-Marie 
de Liveia, ecclesiam Sancte-Marie de Strata, ecclesiam Sancti-Vigoris 
de Crevequer, ut tandem ipsi possideant illam et habeant, postquam 
Robertus clericus, cui eam dederunt, quoquomodo possidere non po- 
tuerit vel noluerit : si tamen possèdent, quicquid in decimis et aliis 
ecclesie beneficiis de toto feodo suo quod ad elemosinam pertineat eve- 
nerit non minus eoncesserunt. Sed et ipse Willelmus si, Dei gratia, ad 
conversionem venerit, semetipsum eis concessit ; quod si in seculari 
habitu illi mori contigerit, ut apud eos sepeliatur deliberavit, et quic- 
quid tune temporis babebit in mobilibus et in omnibus que tollere de 
mundo solet secum mens pia ad sua redimenda peccata totum pariter 
sine divisione ipsis dédit et concessit, et hec omnia absolute et libère, 
remota omni exactione et vexatione et seculari consuetudine. Inde 
sunt testes : Herbertus cantor, Hunfredus Bos, Robertus subdecanus , 
Gislebertus et Serlo canonici, Matheus de Bajocis, Durandus presbiter 
de Estrata, Justinus presbiter de Cambremer , Radulfus presbiter de Ba- 
jocis, Robertus de Bais et duo fratres ejus, Johannes, Willelmus, Ri- 
cardus de Foumuchum, Ricardus vinearius episcopi, Willelmus vinea- 
rius, Ricardus li Maintiens. » 

(Copie sur papier du XVII e siècle.) 

Montargis. On y voit des fossés et un vallum en terre : la chapelle du prieuré existe 
encore ; M. de Gaumont (Stat. mon. du Calvados, t. IV) dit qu'elle fut d'abord dédiée à 
saint Sauveur, puis à sainte Anne; nous croyons qu'il a confondu le prieuré avec 
l'abbaye -mère. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 



GGGIII. 



Don de prés aux Prés-Morin- 
« Unum arpennum prati de Longo-Prato, » 

(1150 circa.) 

« Gecilia de Longo-Ponte dédit monachis de Tirun unum arpennum 
prali in Longo-Prato, fîliis suis concedentibus Hugone primog'enito, el 
Radulfo, et Gervasio, et Guillelmo et aliis. Istis testibus : Garino de 
Gampellis, Hug^one fratre ejus, Guillelmo de Yilla-Loveti , Odone de 
Mesgaillen , Roberto sacerdote de Fresneio, Hugone de Cremer. 

» Justa istum arpentum dédit Robertus de Campellis monachis de 
Tirum unum arpentum prati, concedente uxore sua Aales et fratribus 
suis Garino, Hug'one, et Engelgoiis sorore sua. Hi sunt testes : Pag'anus 
de Martineio , Radulfus de Pertico, Torquentinus del Valfriel, Renoldus 
Aeverht, Herbertus fîlius ejus, Robertus sacerdos de Fresneo. Quod do- 
nura concessit postea Richardus frater suus. Istis testibus : Simone vica- 
rio, Symone de Long-o-Ponte , Radulfo de Mesnilio. » 

(Car t. de Tiron,i° 51 v°.) 

GGCIV. 
Don de la terre de Bessam au prieuré de Clères. 

« De Clara. » 
(1150 circa.) 

« Notum sit omnibus hominibus tam presentibus quam futuris quod 
eg*o Gauterius de Insula (*) dono et concedo Deo Salvatori et monachis 

(M Le nom de l'Ile est assez commun; cependant nous croyons devoir rattacher à la 
même famille que Gautier de l'Ile, Gilbert de l'Ile qui, vers 1170, donna aux hospita- 
liers de Saint-Jean-de-Jérusalem le tensement de Guillaume d'Iville, Willelmi de UV- 
villa , maire de Louviers. 



78 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

de Tiron qui habitant apud Sanctum-Silvestrum vel apud Claram ( l ) ter- 
rain meam de Bessam, liberam omnino atque quietam, absque omni 
consuetudine , sine ullo retinaculo, et accepi inde a Radulfo Gantello, 
monacho, qui tune prior erat predicte Glare, de caritate xxx solidos 
rotomagensium nummorum et pelliciam novam qua indutus erat ; et 
mater mea habuit inde unam guinpham duorum solidorum. Hujus rei 
testes sunt : Matheus de Clara, Rogerius de Torce, Petrus fîlius ejus, 
Radulfus de Rosco - Rohardi , Radulfus fîlius Temeri , Gauterius fîlius 
Adelelmi et fîlius ejus Ascelinus, Robertus de Groche. » 
{Cart. de Tiron, 1° 55 r°.) 

GGGV. 

Don d'une somme de vin sur les vignes de Fontaine-Berger. 

(1150 circa.) 

« Notum sit quod Odo, corvesarius, nomine de Ponte-Petrino , pro 
anima sua et Hug*onis avunculi sui ceterorumque antecessorum suo- 
rum , dédit ecclesie Sancte-Trinitatis de Tiron , singulis annis , summam 
vini , tali conditione quod monachi de Monte-Talleario eandem sum- 
mam parciantur cum monachis suis Tironii. Hoc donum concessit Ro- 
bertus, nepos Odonis, quem heredem suum post mortem fîeri cons- 
tituit , et hoc testantur Goffredus sacerdos cog^nomine Guito , Willelmus 
de Valeriis, Engelardus corvesarius , Gauterius Tenellus. Et notandum 
quod quicumque vineam habituri sunt que summam istam vini red- 
dere débet, id est vinea Odonis supradicti, que est apud Fontem-Rer- 

gerii, solvere debent 

i) 

{Cart. de Tiron, f° 69 v°.) 



(*) On trouve en effet, dans les divers titres de l'abbaye, le prieuré dont il est ici 
question désigné indifféremment sous le nom de Clères ou sous celui de Saint-Syl- 
vestre. 



CHARTULARIUM DE TIRONK. 



GGGVI. 



Don de six deniers de cens au prieuré du Gué-de-ÏAunay. 

« De Vado-Alneti. » 
(1150 circa.) 

« Notifîcari débet fîdelibus quatinus Hugo de Glatinio, pro salute 
anime sue parentumque suorum, sex denarios qui singulis annis ei 
per censum reddebantur ecclesie dédit Sancti-Laurentii atque monachis 
qui babitabant Alneti : isti nempe denarii, in termino Pascbe, a Garino 
de Ribario aut heredibus postea suceedentibus, apud Alnetum, mona- 
chis predicte ecclesie servientibus, absque dilacione debentur reddi. 
Unde quippe sunt testes qui fuerunt ad hoc présentes : Gauterius Bigot 
de Vibrea, Ernulfus cementarius et Guillelmus ejus filius, Glnis- 
tianus monachorum famulus, cum aliis bene devotis ( , ). » 

{Cart. de Tiron, f J 64 r°.) 



(') Les Archives de la Sarthe (H 84 à H 87) possèdent un certain nombre de chartes 
des XII e et XIII e siècles concernant l'abbaye du Gué-de-Launay. Nous croyons devoir 
analyser les suivantes : 

1° Charte de M68, par laquelle Guillaume Goët, au moment de partir pour la croi- 
sade, du consentement de sa femme Isabelle et de ses filles, Mathilde et Agnès, ratifie 
la donation faite à l'abbaye par Bodard de Saint-Michel, son fils Guillaume et ses deux 
filles, Ledgarde et Cécile, Legardis et Sicilia , de six bovées de terre et de la dîme de 
tout le fief que ledit Bodard tient de Pierre Ahene, avec les deux parts des prémices, et 
dans la paroisse de Saint-Michel, d'une demi-part de la dime de la terre du clerc Hil- 
dier et de la terre de Gervais Passavant, ainsi que de celle du Vai-Ménard, de Yalle- 
Menardi, appartenant à Renaud de Correnum, laquelle donation fut consentie par le 
prêtre Thibaut, frère du donateur. Ledit Guillaume Goèt confirme, en outre, à ladite 
abbaye, la paisible possession de deux bovées de terre dans le fief de Geoffroy de Mon- 
treuil, de Mostereol, de deux autres données aux moines par Guillaume de la Cour- 
Morin, de Curia-Morini, de la foire du Gué-de-Launay, d'une demi-part de sel de 
chaque marché de Montmirail et enfin du péage de la dixième semaine dont la moitié 
appartient au prieuré des Châtaigniers. Témoins: Nicfwlaus de Brueria, Guillelmus 



80 CHARTULARIUM DE TIRONE. 



GCCVIL 

Don de terres à Ferrière et du fief de la Malaise. 

« De feodo Bigot de Malesees. » 
(1142 circa.) 

« Notum sit omnibus quod eg*o Lambertus. cognomento Bujoth, 
dono Deo Salvatori et monachis de Tyron memetipsum in monachum. 

Cointet, Robertus de Basochia, Raginaîdus de Foro, Petrus Gointet, Clarenbaudus , Gau- 
fridus MoUis-Ventus, Buccardus, Henricus de Castriduno. 

2° Charte de 1200, par laquelle Renaud de Donzy, seigneur d'Alluyes, de Aloia, du 
consentement d'Hervé , son frère , comte de Nevers , et de ses deux sœurs Marguerite et 
Alix, donne en perpétuelle aumône à l'abbaye du Gué-de-Launay, sept livres angevines 
sur sa prévôté de Montmirail, payables par son prévôt à la fête de saint Jean-Baptiste. 
Il abandonne, de plus, tous les droits qu'il peut avoir sur les terres de l'abbaye dépen- 
dant du fief de Rotrou de Montfort et du sien propre , et concède aux religieux, in valle 
de Branlent y un terrain suffisant pour construire une chapelle et des maisons, terrain 
qu'il exempte de toute coutume et exaction. Enfin il déclare prendre en main la garde et 
défense des possessions de l'abbaye. Témoins: Gaufridus de Bellomonte, Raginaîdus 
Pagani , Gauterius de Gudiivilla , Odo de Tuscha , Hugo de Marigny, Matheux 
Bodart. 

3° Charte de 1221, par laquelle Gervais de Soudai, de Soldaio, du consentement de 
Denise, sa femme, de ses fils Rotrou, Nicolas, Hugues et Geoffroy, et de sa fille Flan- 
deria , donne à l'abbaye les deux parts de la dîme des novales de toute sa terre. A la 
requête du donateur qui n'avait pas de sceau, Gautier, prêtre de Soudai, appose le sien 
à cet acte et déclare prendre en main la garde et la défense de cette donation. 

4° Charte de 1225, par laquelle Guillaume de Soudai, du consentement de sa femme 
Philippe et de ses deux fils Etienne et Guillaume , donne à l'abbaye de Saint-Laurent 
du Gué-de-Launay deux septiers de froment et deux de seigle, à prendre, chaque année, 
le jour de Noël, sur son moulin de la Fosse, de Fossa, plus un septier du meilleur fro- 
ment qu'on pourra trouver dans ledit moulin pour faire du pain à chanter, ad faciendat 
eucaristias. Il confirme enfin le don fait par son père Gautier de Soudai de deux sous de 
rente annuelle sur les cens de Glatigny, de Glatigne. 

:j° Charte de 1232, par laquelle Pierre, doyen de Saint-Calais, de Sancto-Karileffo. 
confirme le don fait à l'abbaye du Gué-de-Launay, par Pierre Seteir, maire de Savigny, 
de Savigniaeo, d'une pièce de pré et six deniers mansais de cens que devait lui p; 
chaque année, le lendemain de Noël, Jean de la Forêt, de F or esta , pour raison d'une 



CHARTULARIUM DE TIRONE. si 

Dono etiam Deo et abbati et ecclesie et predictis monachis de Tyron 
quicquid habebam de meo patrimonio in vicinio Tyronensis cenobii, 
id est citra Ferreriam, terram scilicet et prata et decimam meam et 
totum feodum meum de Maleseis. Hoc concessit Aales, soror mea, el 
Garinus et Frogerius filii ejus, et Eremburgis filia ejus. Hujus rei 
testes sunt : Stepbanus cellararius; Philippus sacerdos et monacus; 
Hubertus Labori; Rainaudus Magnus; Brientius Brito ; Picolus carre- 
tarius; Bicherius Testa-Longa ; Goffredus Frontem-de-Acerio ; Bobertus 
ïortus ; Stephanus coquus; Petrus pistor ; Guiton sutor, et Ernaudus 
et Engelbobus filii Ansgoti. Hoc concessit Gastho de Ramalast et Paga- 
nus, filius Bicherii, et Gauterins fîlius ejus, et Rogerius de Koscha, el 
Garinus, Guillermus filii ejus. Testes sunt : Pipinus; Geroius; Mal- 
venus; Herbertus de Alneto; Garnerius de Brenella; Ernaudus, filius 
Koberti. » 

(Cari, de Tiron, f°G r°.) 

CCCVII1. 

Confirmation de quinze marcs d'argent pour les chaussures 

des moines de Tiron. 

(1154-1164.) 

« Hfenricus], rex Ang4ic et dux Normannorum et Aquitanorum et 
cornes Andegavorum , archiepiscopis , episcopis, abbatibus, comitibus, 

terre nommée la Jouanière, la Geoneire. Témoins : Bartholomeus Forestarius miles; 
Hugo et Matheus, monachi; Johannes Borrel ; Thomas Naudo, Guillelmus Lesclencheir. 
— En 1247, Geoffroy de Lavardin, de Lavardino, chevalier, seigneur de Savigny-sur- 
Braye, de Savignlaco-super-Braiam , confirma ce don. 

6° Charte de 1244, par laquelle Geoffroy do Souday, chanoine de Tours et seigneur 
delà Chesnaye, de Chesnaya, du consentement de Denise sa mère et do son frère 
Hugues, chevalier, fait un accord avec l'abbaye du Gué-de-Launay, au sujet du moulin 
des Prés, de Pratis, de la pèche des anguilles dudit moulin, de l'écluse et de certaines 
vignes situées au fief de Souday, sur lesquels biens ledit Geoffroy prétendait prendre 
les moutures, verjus et raisins. — Cet accord fut confirmé la mémo année par Geoffroy 
de Loudun. 

t. il n 



82 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

baronibus, justiciariis, vicecomitibus, ministris et omnibus fidelibus 
suis tocius Ang'lie et Normannie, salutem. Sciatis me concessisse et 
confirmasse Deo et monachis de Tyron, in perpetuam elemosinam, pro 
salute anime mee et antecessorum et successorum meorum , quindecim 
marchas argenti ad calciamenta eorum, accipiendas de thesauro meo 
ad scaccarium meum, in festo sancti Michaelis, annuatim in perpe- 
tuum, sicut rex H [enricus] , avus meus, illas eis dédit et cartasuacon- 
fîrmavit( 1 ). Quare volo et fîrmiter precipioquod ipsi sing*ulis annis illas 
habeant bene et in pace ad predictum terminum absque omni distur- 
batione. Testibus : Philippo, episcopo Baiocensi ( 2 ) ; Ernulfo, episcopo 
Luxoviensi( 3 ) ; Toma cancellario ; Roberto de Novoburg , o( 4 ) ; Jollano 
dapifero; Hug*one de Claers ( 5 ). Apud Genomannum. » 
(Cart. de Tiron, f° 50 r°.) 

CGGIX. 
Don de cinq marcs d'argent par le roi d' Angleterre. 

(1154-1165.) 

« H [enricus], rex Anglorum et dux Normannorum et Aquitanorum 
et cornes Andeg^avorum , Roberto comiti Leoycestrie et baronibus scac- 

(*) Voir charte XXVII. 

( 2 ) Philippe d'Harcourt, évêque de Bayeux de 1142 à février 1164. 

( 3 ) Arnoul, évêque de Lisieux de 1141 à 1181. 

( 4 ) Robert du Neufbourg était le troisième fils de Marguerite, fille de Geoffroi III, 
comte du Perche, et de Henri, comte de Warwick, fils de Roger de Beaumont. -Il se 
révolta en 1118 contre le roi Henri I er et se déclara en faveur de Guillaume Cliton. Il 
ne mourut que le 30 août Uo8, après avoir joui de toute la confiance de Henri II qui 
l'avait fait son sénéchal et justicier de la Normandie. 

( 5 ) Le fils de Hugues de Clare, Richard, surnommé Strongbow, comte de Pem- 
broke, prit part aux guerres d'Irlande, en 1169, comme allié de Dermot, roi de Leinster. 
En 1170, à la mort de ce dernier dont il avait épousé la fille Eve, il lui succéda même 
sur le trône de Leinster. — La famille de Clare descendait de Roger de Clare, fils de 
Richard , cousin issu de germain de Guillaume le Conquérant. Ce fut Roger qui fut 
chargé d'accompagner la princesse Mathilde en Allemagne lors de son mariage avec 
l'empereur Henri V, le 7 janvier 1114. Il fut plus tard créé comte de Hertford. 



CHARTULARIUM DE TIRONK. 

carii, salutem : Sciatis me dédisse monachia de Tyrum v** marcas su- 
per xv marcas quas eis dédit Henricus rex avus meus, habendas ad 
nimdem terminum ad quem xv marcas liabere solebanl . scilicel ad I 
tum sancti Michaelis. Quare volo et precipio quod illas \\ marcas sem- 
]x'i' habeant ad predictum terminum. Testibus : Matildi impératrice., el 
Roberto ( 1 ), episcppo Ebroicensi, et Ricardo de /j/r? ( 2 ). Apud Rothoma- 



gnm. » 



(Cari, de Tiron, f° 49 r°.) 

GGGX. 

Don au prieuré de Notre-Dame-de-l' Arable de soixante arpents 
de terre et de soixante arpents de bois. 

« De Dormanz. » 
(1156.) 

« Ego Henricus , Trecensium cornes palatinus , presentium existentie 
et futurorum posteritati notum fîeri volo me, pro anime mee remedio 
patrisque mei et antecessorum meorum, Deo et ecclesie de Tirun et Hu- 
g*oni , abbati Gisterciensi ( 3 ) , fratri meo , lx terre arabilis arpennos et lx 
nemoris arpennos apud Erablem , dimidiamque partem pratorum meo- 
rum que apud Duromannis sunt , et vineam meam que est super aquam, 
et a rota molendini de Jaugonia inferius usque ad spacium leuce octa- 
vam partem aque liberam et quietam dédisse, et bec omnia in perpe- 
tuum possidenda concessisse. Hoc autem ne ab aliquo inquietaretur et 

(*) Il y a ici une erreur dans le Cartulaire; c'est Rotroco qu'il faut lire. Rotrou de 
Beaumont, frère de Robert le Bossu, comte de Leicester, et de Galeran de Mculan, 
fut évêque d'Evreux de 1139 à 1165. 

( a ) Richard de Lucy fut un des principaux conseillers de Henri II. C'est lui qui , dans 
le concile de Clarendon (janvier 1164), fut chargé de présenter, au nom du roi, les 
fameuses Constitutions de Clarendon. 

( 3 ) Cet Hugues, abbé de Citeaux , était fils naturel de Thibaut IV. Il se lit religieux 
dans l'abbaye de Tiron, devint prieur de Notre- Dame -de -l'Arable, reçut du roi 
Etienne deux abbayes en Angleterre et mourut abbé de Lagny en 1171. 



84 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

ne temporum vetustate a memoria deleretur, scripto commendari et 
sigilli mei auctoritate confîrmari precepi. Hujus autem rei testes sunt: 
Godefridus abbas Vallis-Secrete ( 1 ), Raherius de Montiniaco, Guido de 
Castellione, Gauterius deFriesia, Matheus Lottoring > ensis( 2 ), Stephanus 
Geius, Radulphus de Gapella, Gervasius de Castellione, Petrus de Du- 
romannis, Isembardus prepositus de Gastro-Theodoriei ( 3 ). Factaesthec 
carta anno Verbi incarnati M G L° VI , Lodovico reg^e Francorum ré- 
glante, Manasse episcopo Meldensi existente( 4 ), et per manum Guil- 
lelmi cancellarii ( 5 ) Meldis tradita ( 6 ). » 

(Cart. de Tiron, f° 62 v°.) 

GGGXI. 
Don d'an millier de harengs. 

(1158 circa.) 

« Notum sit omnibus fidelibus sancte ecclesie quod Petrus, filius 
Ang^eri, et Agnes, uxorejus, ac pueri eorum concesserunt in elemosina 
çcclesiç Tironis atque monachis ejusdem ecclesie, pro salute animarum 
eorum, i mille harenc, sing , ulis annis, quamdiu ipsi et pueri eorum 

(*) La fondation de l'abbaye du Val-Secret date de 1140. En cette année, le comte 
de Chartres, Thibaut IV, donna à l'abbaye de Château-Thierry le lieu de Val-Secret 
pour y transférer les moines loin du tumulte de la ville. 

(*) Mathieu de Lorraine figure parmi les conseillers de Henri le Libéral : il est témoin 
en 1153 d'un accord fait avec l'abbaye de Saint-Médard de Soissons; en 1159, d'un don 
de trois marcs d'argent aux chevaliers du Temple, etc. 

( 3 ) Isembard n'est pas nommé parmi les prévôts de Château-Thierry cités par M. d'Ar- 
bois de Jubainville. 

( 4 ) Manassès II, évêque de Me aux de 1134 au 23 avril 1158. 

( 5 ) Guillaume, chancelier du comte Henri le Libéral avant son avènement au comté 
de Champagne (1152), conserva ses fonctions jusqu'en l'année 1176. 

( 6 ) Cette charte ne figure pas dans le Catalogue des Actes de Henri-le-Libéral , publié 
par notre savant confrère M. d'Arbois de Jubainville, ou plutôt elle est indiquée d'une 
manière erronée d'après une mention du Gallia christlana. Le prieuré de Dormans 
appartenait à l'abbaye de Tiron, et non à celle de Fontevrault. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. s:; 

vixerint, quod allée capietur de quodam stallo quod Petrus liabol in 
macello, et de quo stallo ipse Petrus sessivit Glementem, monachum 
Tironi , testibus istis : lvone de Brinnia, Walterio de Sancto-Sanxonc (*), 
Roberto clerico. » 

{Cari, de, Tiron, f° 49 v°.) 

GGGXII. 

Don au prieuré des Fouteaux par Robert de Bullou de ton l 
ce qu'il possédait sur un moulin à Bullou. 

« De molendino quod dédit Robertus de Bullo monachis de Footellis. » 

(1159.) 

« Notum sit omnibus quod Robertus de Bullo, infîrmitate detentus 
qua et mortuus est , postulavit monachos Tyronenses qui apud Footellos 
habitabant ut eum monachum facerent : qui ejus peticioni bénigne as- 
sencientes desiderio illius satisfecerunt. Ipse vero, pro sua suorumqur 
salute, dédit predictis monachis in elemosinam quicquid habebat do- 
minii in uno molendinorum de Bullo, ita ut monachi libère et quiète 
deinceps possiderent quicquid ipse in molendino illo antea posséderai, 
ita etiam ut molendinarius de monachis amodo teneret quicquid ibidem 
de Roberto tenuerat, eisdemque singulis annis redderet duos denarios 
de censu in festo sancti Remigii , sicut et Roberto fecerat. Inde etiam 
donum super altare Sancti-Nicholai de Footellis fecerunt sepedictus 
Robertus et Hildeardis uxor sua et fîlii ipsorum, Robertus scilicet, Hu<;<>. 
Guillelmus et Goffredus clericus. Hujus rei testes existunt : Hugo de 
Pelenvilla, Nevelonus Sine-Barba ( 2 ), Ernulfus et Lovellus famuli mo- 
nachorum, Ernaudus Giroardus , Belferius, Paganus Ttirmel, Robertus 

(*) En 1211, Gautier de Saint-Samson, le fils sans doute de celui-ci, avec les autres 
paroissiens de Troarn, consent à participer aux frais qu'occasionnera la réconciliation 
de l'église de Troarn. 

( 2 ) Un ancêtre de ce personnage, Nivelon, fils de Guérin Sans-Barbe, fonda vers 
1050 le prieuré de Villeberfol en Vendômois, qu'il donna à l'abbaye de Marmoutier. 



86 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

Capel, Rainaudus major Rotomag'i, Richardus furnerius, Rogeriusmo- 
lendinarius, Goffredus Espiecharner, Guillelmus Bedion, Giroudus mo- 
lendinarius. Et sciendum quod quando donum illud factum fuit, pre- 
sens non erat Rainbaudus filius predicti Roberti, sed postea, cognito 
dono patris sui, libenter et ipse concessit. Gujus concessioni interfue- 
runt : Odo de Gampo-Seranno , Odo de Rosco, Guihenoeus, Ernulfuset 
Lovellus, Herbertus atque Goffredus famuli monachorum. » 
{Cart. de Tiron, f° 33 r°. — Cart. des Fouteaux, f° 5 r°. — Vidimus de 1640, papier.) 



CGC XIII. 

Confirmation des églises de Courthioust et de Saint-Jouin- 

de-Blavou. 

« De Cortgehout. a 
(1159-1170.) 

(( Frog'erius, Dei gratia, Sagiensis episcopus( 1 ), omnibus sancte matris 
ecclesie fîliis, salutem et Domini benedictionem : Noverit universitas 
vestra Pag*anum de Cortgehout dédisse et me concessisse monasterio de 
Tijron et fratribus ibidem Deo servientibus quecumque idem Paganus 
in ecclesia Sancti-Launomari de Cortgehout possidebat et quecumque 
idem fratres in eadem parrochia de feodo ipsius canonice adquirere 
poterint, in perpetuam elemosinam. Quin etiam ea eidem monasterio 
concedo queWillelmus de Blavou et ejusdem avunculus Naimerus habe- 
bant in ecclesia Sancti- Jovini , et in presencia meaconcesserant. Et ideo 
volo ut jamdicti fratres eaomnia in paceet honorifîce teneant , salvoper 
omnia jure episcopali. Testibus : Henrico priore et archidiacono , ma- 
g*istro Rogerio de Districto, et Willelmo de Gapella et multis aliis ( 2 ). » 

(Cart. de Tiron, f° 43 v°.] 

(*) Froger, évêque de Sées de décembre 1158 à 1184. 

( 2 ) A la suite de cette charte, on trouve dans le Gartulaire la pièce suivante ajoutée 
au XVI e siècle : « Unlversis Christi fidelibus ad quorumcumque noticiam presens scriptum 
pervenerit, Silvester, Del gratia, Sagiensis episcopus (Silvestre, évèque de Sées de 1202 à 



GHARTULAIUUM DE TIRONK. s ; 



GGGXIV. 
Don de V église de Plerguer au prieuré du TroncheL 

(UGO circa.) 

« Religiosorum locorum utilitatibus et amplification i quantum sancte 
ecclesie prelatos oporteat invigûlare, quo in eis summo régi militantes 
(juietius liberiusque proposito suo valeant insistere , nullumqui rationis 
capax existât credimus ignorare. Hac igitur consideratione, ego Goffre- 
dus, Dolensis decanus, precentorque , Guillelmus etiam de Dinan ( l ) % 
Gervasiusque frater meus, atque Guillelmus de Spiniac, quin etiam ce- 
teri omnes Dolensis capituli canonici inducti, concessimus Deo et ecclesie 
Sancte-MariedeTroncheraf), per manumStephani, Tyronensis abbatis, 
ecclesiam de Ploagar cum omnibus suis pèrtinentiis. Que nostra conces- 
sio ut rata in posterum permaneat, hanc per presens scriptum lain pre- 
sentibus quam futuris notifîcari voluimus, et Dolensis capituli sig-illo, 
Dolensi sede archiepiscopo vacante ( 3 ), muni tam reddidimus. » 

(Cart. de Tiron, f° 93 r°.) 

1220), eternam in Domino salutem: Nolite emulari in malignantibus. Ex inspecta felicis 
recordationis predecessoris nostri autentiquo cognovimus quendam clcricum qui dicitur 
Dexelefist Sancti-Jovini ecclesiam, ad présentât ionem abbatis et conventus do Thiron ad 
quos jure pertinet, inpartem illam ecclesie Sancti-Germani de Coriho, quam Matheus a 
Sancto-Germano possidebat, canonice fuisse assecutum. Universitatiigitur vestre notificare 
dignum duximus nos donationes a tam discreto viro tam sufficienti persone factas ratas 
habere, et eidem Dexelefist presentium authoritate confirmurc. » 

(*) Le chanoine Guillaume de Dinan était le frère du célèbre capitaine Alain de Dinan, 
qui commandait pour Etienne d'Angleterre dans la ville de Lisieux lorsque cette place 
fut assiégée par Geoffroy Plantagenet en 1136. Plutôt que de se rendre, il mit le feu A 
la ville, et le comto d'Anjou ne trouva que des cendres et des ruines. 

( 2 ) Le prieuré de Notre-Dame du Tronchet, fondé vers M 50, vit sa dotation consi- 
dérablement augmentée vingt ans plus tard par Alain, fils de Jourdain, sénéchal de 
Rennes. 

( 3 ) Le siège de Dol fut érigé en métropole par Noménoé vers 844. Malgré les protes- 
tations des archevêques de Tours, Dol conserva le titre de métropole jusqu'en I 

La vacance dont il est ici question nous parait être celle qui se produisit à la mort de 
Hugues le Roux jusqu'à l'avènement de Roger du Homet. 



88 GHARTULARIUM DE TIROJNE. 



GGGXV. 



Don de l'église de Saint-Georges- de -Peglait par Renaud 

de Château-Renault. 

« Sancti-Georgii-de-PeglaiK 1 ). » 
(1160 circa.) 

« Omnibus sancte ecclesie fîdelibus tam posteris quam presentibus 
notum sit Robertus de Rupibus fîliam suam nomine Sibillam Raginau- 
do de Castro ( 2 ) uxorem dédit, atque ecclesiam Sancti-Georgii de Peglait 
et terram quam ibi heremite circa ecclesiam colère solebant in conjugio 
concessit ; medietatem quoque totius proprii nemoris ei similiter tribuit. 
Ipse vero Rainaudus et uxor ejus Sibilla, de salute animarum suarum 
excogitantes , ecclesiam supradictam et terram quam ibi habebant pro- 
priam Sancto-Salvatori Tironis et fratribus in religioso habitu ibidem 
manentibus, amore Dei, in perpetuum habendam dederunt, et hoc 
donum Rothbertus de Rupibus monachis habendum concessit. Postea 
monachi videntes se ibi vivere non posse, a Roberto et Ragdnaudo 
pecierunt ut sibi de terra sua et bosco largirentur unde ibi aliquatenus 
vivere possint. Illi autem, videlicet Robertus et Rainaudus, ad locum 
euntes , usque ad vallem Liart terram et nemus certa divisione largiti 
sunt. Insuper totam crassam terram de illa valle, necnum aliud ma- 
gnum nemus ad omnia sibi necessaria , videlicet ad pasturam omnium 
bestiarum , et ad pastionem peccorum videlicet porcorum , et ad domos 
suas faciendas , et ad suum ardere monachis supradictis Robertus et 

( * ) La même charte se trouve reproduite dans le Gartulaire presque dans les mêmes 
termes , f° 44 v°. 

( 2 ) Renaud du Château, mentionné dans cette charte, a laissé son nom à la ville de 
Château- Renault dont il était propriétaire. En 1140, Raymond du Château, père de 
Renaud, avait donné aux ermites de la Chapelle- Sainte -Marie -Madeleine le droit 
d'affouage et d'usage dans la forêt de Blémars. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 80 

Rainaudus concesserunt , et similiter nemus illud villanis illis qui meta- 
rias suas tenerent concesserunt. Et in alia parte Rainaudus de Castro, 
per totam suam potestatem Blimartii ( l ), omnibus monachorum bestiis 
pasturam omni tempore et possessionem ad merramentum et ad calefa- 
ciendum sine mala consuetudine nemus dédit. Hec omnia dona supra- 
dicta monachis Tironis data sunt, fîliis Rainaudi concedentibus, Rai- 
naudo scilicet et Guicherio. Hujus rei sunt testes : Gauterius capellanus 
Odonis Sancti-Martini decani, Fulcuius de Vallibus, Guillelmus de 
Banasta, Hubertus, Alcherius de Ferraria, Bernardus Mandronis. 
Pichardussutor, Stephanus deGantiaco, Vaslinus clericus, Guillelmus 
monachus Sancti-Juliani Turonis ( 2 ). » 

( Car t. de Tir on , f» 44 r°. ) • 

CCCXVI. 
Don au prieuré des Châtaigniers de la maison de la Charonnière. 

(UGOcirca.) 

» Noverint universi quod Odo de Sancto-Bomario , monachus fîeri 
volens, dédit masuram suam in elemosinam, que modo Carunnaria 
vocatur, que est juxta stagnum Gastaneorum, cum pratis ad eamdem 
pertinentibus , monachis de Tiron apud Gastaneos habitantibus , libère 
et quiète , in perpetuum posidendam , concedentibus Giiémart de Sancto- 
Bomario et uxore ejus, de quorum feodo erat, Petro etiam de Sancto- 
Bomario, fratre prefati Odonis, et uxore sua. » 

( Copie en papier du XVI siècle. ) 

(*) La grande forêt de Blémars, qui aujourd'hui a presque complètement disparu, 
occupait au XII e siècle le territoire compris entre la Loire et la Branle. Les bois encore 
subsistants de Corneau, de la Chaîne, des Dames, de la Couarde sont certainement 
des démembrements de cette vaste forêt. Elle séparait la Touraine du Blésois , et c'est 
à cette circonstance qu'elle dut son nom (Blesis marca). 

( 2 ) Dans la seconde copie de cette charte, ce témoin est ainsi désigné : « Willelmus 
Burdegalensis, monachus Sancti-Juliani, qui hec composuit. » 

t. ii. 12 



90 GHARTULARIUM DE TIRONE. 



CCCXVII. 



Confirmation du don de l'église du Tronchet fait par Alain, 

sénéchal de Bol. 

(1164-1172, 11 déc.) 

« Alexander episcopus , servus servorum Dei , dilectis fîliis Stephano 
abbati et fratribus Tyronensibus , salutem et apostolicam benedictionem : 
Summi apostolatus offîcium quod licet immeriti, disponente Domino, 
gerimus , nos ammonet attentius et inducit ut piis et religiosis desideriis 
assensum debeamus facilem adhibere et effectum congruum justa 
petentibus irrog*are. Ex tenore siquidem cujusdam autentici scripti 
cog-novimus quod nobilis vir Alanus, fîlius quondam Jordani, Dolensis 
senescalcus, vobis et ecclesie vestre locum de Troncheto cum omnibus 
pertinentiis suis , et quicquid in ecclesia de Troncheto habebat , coram 

capitulo Sancti-Sansonis in elemosinam contulit, et quecumque in 

ecclesia de Ploagat, et ea que in quatuor ecclesiis Ang*lie, videlicet 
Tophor, Boresignas, Garsop et Serretona habebat, cum omnibus decimis 
bonorum sùorum quas ad manus proprias detinebat eidem ecclesie de 
Troncheto nichilominus pia largitione concessit. Quum itaque concessio 
ista ab eodem senescalco rationabiliter facta est et scripto autentico 
roborata , fîrmam et ratam habemus , eam vobis et per vos ecclesie 
vestre auctoritate apostolica confîrmamus et presentis scripti patrocinio 
communimus, statuentes ut nulli omnino hominum liceat hanc pagi- 
nam nostre confirai ationis infringere vel ei aliquatenus contraire. Si 
quis autem hoc attemptare presumpserit , indignationem omnipotentis 
Dei et beatorum Pétri et Pauli apostolorum ejus se noverit incursurum. 
Datum Beneventi, m idus decembris. » 
(Orig. en parch.) 




CHARTULARIUM DE TIRONE. 91 

CCCXVIIL 

Don de terres dans les environs de Mortagnc 

« Quinquc arpenta terre prope Moritaniam. » 
(1164-1173.) 

a Sciant tam futuri quam présentes quod Guillelmus de Autolio et 
Amelina uxor sua, pro salute animarum suarum et pro fîlio suo Guarino 
monachando, dederunt in elemosinam monachis Tyronensibus quinque 
arpenta terre juxta Mauritaniam et décimas suas quas babebant apud 
Verrerias et apud Peh. Testibus: Roberto de Mesneriaet Ernulfo fraiiv 
ipsius, Roberto fratre et bospite monachorum , Girardo Goberi presbi- 
fcero, Hug*one capellano leprosorum Mauritanie. Hoc donum concesse- 
runt filii sui Robertus et Herbertus, apud Mauritaniam, in domo mona- 
chorum, presentibus ibidem Stephano, Tyronii abbate, Galfrido arma- 
rio, Huberto de Thesval, Girardo de Corgehot, Rartbolomeo de Sancto- 
Jovino, Herberto, Galfrido de Fœnis. » 

( Cari, de Tiron , 1° 5 1 r°. ) 

GGCXIX. 

Don par Thibaut, comte de Blois, de la maison d'Yron. 

(1165, 26 juin.) 

« Dicit Psalmista : « Quid retribuam Deo pro omnibus que retribuit 
» micbi? » Hiis verbis Dei precibusque Adelicie uxoris mee motus, 
eg*o Theobaldus, Rlesensis, Dunensis et Garnotensis cornes Francieque 
senescallus, ipsa comitissa, fîliis quoque et filiabus meis, Tbeobaldoet 
Ludovico, Margarita et Ysabella laudantibus et concedentibus, dedi 
Deo et monachis Sancti-Salvatoris Tyronensis domum meam de Yronio, 
cum clauso vinee, fonte, rivo, molendinis, stanno, pratis, terris et 



92 GHARTULARIUM DE TIRONE. 

nemoribus ad ipsam cameram meam pertinentibus , vallem quoque 
Yronii, michi altam jurisdictionem retinens, exceptis ipsa domo et ma- 
nentibus in ea, quos omni libertate et immunitate gmidere volo. Yolo 
autem quod si in dicta terra de Yronio et in terra de Bucca-Ugrie here- 
ditas in manu justicie venerit, de illis ut de propriis libère disponere 
possent. Gonfîrmo etiam eis medietariam de Tironello quam nuper eis 
pro usu granerii uxor mea dédit ; libertatem quoque piscandi in Conia 
per ipsos vel eorum mandato, quantum in longitudine dicti doni durât. 
Dedi insuper eis liberum usum ad edifîcare et ardere et omne aliud, 
videlicet in foresta Blesensi, pro domo eorum Molendini-Novi et pro 
suo molendino inibi existente , et in foresta de Marchesneyo pro eorum 
medietariis de Sanctis-Vallibus et Tironello. Volo insuper quod in qua- 
libet dictarum forestarum pasturam habeant decem vaccarum cum 
earum sequella usque ad biennalem inclusive, et bovem pro vacca ; 
pasnagium quoque et glandagium consimiliter liberum pro totidem 
porcis. Hiis larg'itionibus testes affuerunt : Yuarinus de Marcorio, Her- 
veus de Bellovidere , Odo de Veteri-Vico , Paganus de Masciaco , Girar- 
dus Diaboli, Bobertus de Gastriduno. Actum est preterea, quia grangia 
de Sanctis-Vallibus mini, pro meo in Blesia bladario seu preposito, ad 
procurationem tenetur, quod de cetero in ipsorum monachorum erit 
optione vel procurationem vel decem solidos annuatim , per manus Hul~ 
drici cancellarii, pro procuratione exsolvere. Testes sunt: Bobertus de 
Mesio, Herveus de Gurvavilla, Bag*inaldus Grispus et plures alii. Actum 
Tironii, vi° kalendas julii, anno incarnati Verbi M G LX° V°. » 
(Frag. d'un Cartulaire du XVb siècle, dit Carlulaire de Blois et de Danois.) 

GGGXX. 

Confirmation à l'abbaye de Tir on de la juridiction sur les abbayes 

qui en relèvent immédiatement. 

(1165-1173, 22 avril.) 

« Alexander episcopus , servus servorum Dei , dilectis fîliis S [tephano] 
et fratribus monasterii de Tyronio, salutem et apostolicam benedictio- 






GHARTULARIUM DE TIRONE. 

nem : In hiis que a nobis previa ratione requiritis petitioni vestre beni- 

g»num affectum impertiri debemus ut circa nos et ecclesiam ferventior 
fiât vestre devotionis integritas cum in hiis que juste postulatis a nobis 
fueritis effîcaciter exauditi. Eapropter, dilecti in Domino filii, vestria 
justis postulationibus gratum impertientes assensuin, abbatias que ad 
monasterium vestrum tanquam ad caput suum respiciunt, videlicet 
monasterium de Galcho, monasterium de Ghameis, monasterium de 
Vado-Alneti, monasterium de Truncheto, monasterium de Lucheio, 
monasterium de Asneriis et monasterium de Jug*o, sicut ea in violai )i- 
liter possidetis, vobis et monasterio vestro auctoritate apostolica confir- 
mamus, statucntes ut in ipsis monasteriis, secundum Dei timon ni e\ 
reg'ulam beati Benedicti et institutiones ordinis vestri, abbates, sine 
contradictione qualibet, instituere valeatis, sicut hactenus noscitur ob- 
servatum. Preterea presenti scripto censemus utfamuli vestri qui vobis 
sub certa mercede deserviunt et de mensavestra propria assidue vivunt 
ah omni parrochiali jure liberi sint et immunes. Ad hec auctoritate apos- 
tolica prohibemus ne cui episcopo, decano vel archidiacono liceat vobis 
vel domibus vestris novas et indebitas exactiones imponere aut illicita 
gTavamina irrog^are. Nulli erg^ omnino hominum fassithanc pagûnam 
nostre confîrmationis et concessionis infring*ere vel ei ausu temerario 
contraire. Si quis autem hoc attemptare presumpserit , indignation* m 
omnipotentis Dei et beatorum Pétri et Pauli apostolorum ejus se novciil 
incursurum. Datum Anag*nie, x kalendas maii. » 

[Vidimus orig. d'Alexandre IV, du 29 juillet 1255.) 

GGGXXI. 

Don de la terre de Frileuse. 

« De Friolesio. » 

(1166.) 

« Quoniam ignorancie et oblivionis débilitas a primo prevaricante 
per omnes parentes transfunditur in fîlios, communi hac*necessitate 
ducti nostrorumque predecessorum prudencia instructi , nostre et poste- 



94 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

rorum utilitati providentes , quod memorie non possumus scedulis com- 
mendamus. Presens igitur cartula presentibus notum faciat et futuris 
quod Matheus de Langeio dédit in elemosinam monachis de Tyron totam 
terram suam deFrieloso, retentis sibi dimidiis ejusdem terre redditi- 
bus. Et quia in eadem terra quedam sunt monachorum propria, que- 
dam autem monachorum et Mathei communia , quid proprium quidve 
commune sit differendum est. Monachorum itaque propria sunt terra et 
terre justicia et omnes habitantes in ea, terre biennium et corveia, 
latro, sanguis et quicquid ad jus parrochiale in ea pertinet ; famulus 
vero terre monachorum est proprius ad libitum monachorum , per suc- 
cessiones ponendus sive deponendus. Famulus autem quicumque fuerit 
Matheo de Langeio, quando voluerit, fîdeaut sacramento de redditibus 
terre fidelitatem faciet. Excussores etiam campartis et décime similiter 
Matheo fidelitatem facient. Si quis vero de hominibus terre Matheo vel 
alicui a se misso aliquid satisfaciet , Matheus et ab illo missus de foris- 
facto super predictam terram si requisierit permanus monachorum jus- 
ticiam accipiet. Monachis quippe et Matheo in hac terra communia sunt 
terre campars et décima , obliate ( ' ) , census et talliata si forte a mona- 
chis in ea facta fuerit. Partem vero Mathei campartis et décime apud 
Lang*eium homines terre défèrent. Sciendum est iterum quod homines 
de Gapella supradicte terre non erunt cultores nisi assensu Mathei. Si 
vero terra per manus monachorum in aliquo emendabitur, ejusdem 
emendationis pars erit Mathei dimidia. Matheus autem de Langeio ob 
terre donum quater xx tl libras andegavensium a monachis accepit, 
uxorque ejus Petronilla que donum concessit x solidos proinde habuit. 
Hec autem omnia , ne aliquis posterorum violare presumeret , sicut in 
presenti pagina et in litteris cum cyrographo partitis sigillo Gapituli 
Tyronensis sig^illatis continentur, eg*o Hugo, vicecomes Gastriduni, 
concedente Margarita uxore mea, sigilli mei munimine roboravi. Data 
hec cartula apud Montem-Doblellum , anno ab incarnatione Domini 
M G LX° VI . 



(*) Les oublies étaient une redevance en nature d'avoine et de poules, qui tenait ordi- 
nairement lieu de champart pour les hostises et arpents de petite culture. Le nombre 
de poules était généralement égal au nombre des setiers d'avoine, soit une ou deux par 
arpent ou hostise. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. ■..; 

» Ex parte Mathei hujus rei testes sunt: Robertus, presbiterde Lan- 
geio, Grippa de Vindocino, Philippus filius ejus, Hugo vicarius, l{<>- 
bertus de Meso, Fulcoius de Rideriis, Gisleberius de Milleio, Herveius 
Bonel, Fromundus de Langeio ; ex parte vero monachorum : Hugo srice- 
comes, Stephanus Tyronii abbas, Herbertus Castriduni abbas , Fulche- 
rius avunculus ejus, Fulco Planorum presbiter, Gervasius de Muste- 
riolo, Gosbertus de Cosdon, Petrus capellanus, Johannes janitor. » 

(Chirogr. orig. en pardi.) 

GGGXXII. 

Confirmation de la terre de Bennes, 

« De Bénis. » 
(1168-1176.) 

(( Que cito oblivioni tradi possunt et a modernorum deleri memorin. 
seripto commendare consuevit antiquorum prudentia. Quare ego Gau- 
fridus, Carnotensis prepositus, presentibus et futuris notifico me, in 
capitulo nostro ecclesie Beate-Marie , de tota illa terra , quam , apud 
Benas, Geroius, cantor ecclesie Carnotensis, in presentia Gaufridi, pie 
memorie quondam Carnotensis episcopi, avunculi mei, ecclesie de 
Tirun contulit, monachos prefate ecclesie revestisse et contra omnesme 
defensorem sub mea protectione cepisse. Plurimis enim evolutis anno- 
rumcirculis, eam quidam rustici propriis aratris excoluerant ; unde, 
crescente malitia, quo gTatiores essedeberent détériores fîebant , et inde 
pro eadem terra injuste monachis calumnias inferebant, eamque ab eis 
auferre pro posse suo satagebant ; sed, eorum voluntate comperta, 
recto precurrente clericorum ac laicorum judicio, ab eis abstulimus 
aliéna, monachis reddentes propria. Hujus rei testes sunt : Raherius, 
prepositus ; Ernaudus de Folet; Richerius, subcentor ; Petrus de Cuneo- 
Muri ; Hubertus Hortolanus ; Petrus de Hosemio (*). » 

(Copie sur pap., fonds du Chap., C. LXXXIV bis, A. 1. — Oart. de N.-D. de Chartres, 1. 1, p. 178.) 

(*) Vers la même époque, Guillaume , archevêque de Sens, confirma cette sauvegarde 
de Geoffroy en faveur de l'abbaye de Tiron. 



96 CHARTULARIUM DE TIRONE. 



CCCXXIII. 



Bail à cens à l' Hôtel-Dieu de Châteaudun d'une ouche de terre 

à Villeray. 

« De concessione Elemosine Castridunensi unius ossose terra, apud Villeretum. » 

(1169 circa.) 

<( Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris quod ego Ste- 
phanus, Tyronii abbas, totusque conventus noster concessimus Elemo- 
sine Gastriduni ad censum habere, pro tribus solidis videlicet solvendis 
singulis annis in perpetuum , imam oscam terre , que est ad Villeretum 
subtus puteum , in eadem libertate et eodem ri tu quo eam tenebamus. 
Isti vero solidi Gastriduni reddentur in domo nostra, in festo sancti 
Valeriani. » 

(Cart. de l 'Hôtel-Dieu de Châteaudun, A. 3, n° 52 ; A. 8, n° 73. — Archives de la Maison-Dieu 
de Châteaudun, par M. de Belfort, p. 13.) 

GGGXXIV. 

Don au prieuré des Fouteaux de la terre de la Queue-Gannelon. 

/ « De Cauda-G-aneionis. » 
(1169 circa.) 

« Notum sit omnibus presentibus et futuris quod Raherius, Monti- 
niaci dominus , dédit in excambium monachis Tyronensibus aput 
Pianos habitantibus terram que vocatur Cauda-Ganelonis , eadem pace 
et libertate possidendam qua ipse Raherius eodem tempore possidebat, 
sicut mensurata fuit coram eodem Raherio et metata , présente Odone 
ejus fîlio, prêter elemosinariorum (*) elemosinam. Monachi vero in pos- 

(*) L'Aumône ou Hôtel -Dieu do Châteaudun possédait en effet dès le XII e siècle des 
propriétés assez importantes dans le domaine du seigneur de Montigny-le-Gannelon» 



GHARTULARIUM DE TIRONE. 

sessione Foetellorum tan t uni terre Raherio reddiderunt quantum in pre- 
fata Gauda-Ganelonis ab ipso acceperant, que terra in presentia ipsius 
Raberii mensurata et metata fuit. Et quoniam excambium illud quod 
Raherius a monacbis accepit de possessione Foetellorum erat,restaura- 
vrrunt monachi Foetellorum medietariam de Pressen villa , cum omni- 
bus que ad eam pertinebant, et imam carrucatam terre el dimidiam 
aput Fontem-Radulfi. Et ut fîrmius staret, hec omnia concessit ()<l<> 
lilius ejus. Hujus rei testes sunt : Hubertus Normaht, Galterius <!<• 
Scalis, Odo de Plaissek, Adam de Gloa, Robertus de Buslou, Robertus 
de Furno, Gervasius de Laneri, Raimbaldus de Busloeria ( ! ). Prêter 
supraseripta concesserunt monachi loco Foetellorum moltam tocius terre 
Kontis-Radulfi. Et ut etiam que in bac cartula continentur liiinins <| 
sine controversia in eternum permaneant, eg*o Stepbanus, tune Inn- 
poris abbas Tyronii, assensu tocius capituli ejusdem cenobii, sigilli 
nostri auctoritate munienda decrevi. » 
{Cliirogr. orig. en parch.) 

GGGXXV. 

Confirmation par ï archer C> que de Rouen de la donation de l'église 

de Notre-Dame de Bacqueville. 

« Rotrodus, de Basquevilla. » 
(1171-1182.) 

« Rfotrodus], Dei gratia, Rotbomag'ensis arcbiepiscopus( 2 ), presen- 
tibus et futuris, salutem. Quoniam ea que fîuntmajorem inpossidemln 

Elles formaient la dotation de deux chapelles appartenant à l'Hotel-Dieu, celle de 
Sainte-Cécile en la paroisse de Fontaine-Raoul et celle de Saint-Biaise, paroisse do la 
< >h ipelle-Vicomtesse. 

( J ) Le château de la Bullière (de Bulseria ., de Bulsoeria), était situé vis-à-vis le prieuré 
des Fouteaux. C'est ici la première mention que nous en rencontrions ; mais ses pro- 
priétaires se retrouvent assez fréquemment cités dans les chartes de l'ahhaye de la 
Madeleine de Châteaudun, à partir de l'année 1200. 

( 2 ) Rotrou de Beaumont-le-Roger, archevêque de Rouen, de UGi à 1183. 

T. II. 13 



98 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

obtinent fîrmitatem cum metropolitani de cujus parrochia sunt fuerint 
auctoritate fîrma : unde nos donationem ecclesie Beate-Marie de Basche- 
villa quam fecit Willermus Martel dilectis fîliis nostris monachis de 
Tyron ibidem commorantibus, cum omnibus pertinenciis suis, ratam 
habentes, et donationem duarum portionum dimidie cantarie Sancti- 
Petri de Basche villa quam eisdem monachis fecit predictus Wfillel- 
mus] Martel, et medietatem ejusdem ecclesie Sancti-Petri , cum decimis 
et aliis elemosinis ad ipsam medietatem pertinentibus, et duas garbas 
décime de feodo Walterii prépositif et capellam Sancti-Leonardi cum 
omnibus pertinentiis suis, oblationibus et elemosinis, ut in ea predicti 
monachi idoneum constituant capellanum. Et omnia que jamdictus 
W[illelmus] prefatis monachis, pro salute anime sue, contulit, ut ea 
in perpetuum pacifîce et omnino absque vexatione et cum omni inte- 
gritate possideant jamdicti monachi, presenti scripto et sig-illi nostri 
munimine confirmamus. Testes sunt : R[icardus], Abrincensis episco- 
pus (*) ; R[obertus] de Novo-Burgo, archidiaconus ecclesie Rothoma- 
g*ensis; magîster R[obertus] Normannus ; Helyas de Warinc et alii 
multi. » 

{Cari, de Tiron, f° 88 v°. — Écriture du XVI e siècle.) 



GGGXXVI. 

Confirmation par Alexandre III des biens de l'abbaye. 

(1175-1176(2).) 

« Alexander episcopus , servus servorum Dei , dilectis fîliis Stephano, 
Tyronensi abbati , ejusque fratribus tam presentibus quam futuris reg*u- 

(i) Richard III, évêque d'Avranches , de 1171 à 1182. 

( 2 ) Cette date nous est fournie par une note du XVII e siècle mise en marge du Cur- 
tulaire original, « pontiflcatus vero anno XVII°, anno vero Domini 1177. » Cette inter- 
prétation de la 17 e année du pontificat d'Alexandre III est fausse; le moine qui fixe 
cette 17 e année à 1177 est sans doute le môme qui, fabriquant la charte CCCXXVIII 
ci-après, fait correspondre la 19 e année du pontificat d'Alexandre III avec l'année 1179. 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 99 

larem vitam professis, in perpetuum : Réligiosis desideriis dignum 
facilem preberc consensum ut fidelis devotio celerem sortiaiur effec- 
tum. Eapropter, dilecti in Domino fîlii , vestris justis postulationibus 
clementer annuimus et Tyronensis ecclosie monasterium in quo divino 
mancipati estis obscquio sub beati Pétri et nostra protection»' susci- 
pimuset presentis scripti privileg'io communimus , statuentes ut quas- 
cumque possessiones, quecumque bona idem monasterium in presen- 
tiarum juste et canonice possidet, aut in futurum, concessions ponti- 
ficum, largitione regum vel principum, oblatione Bdelium seu aliis 
justis modis, Deo propicio, poterit adipisci, firma vobis vestrisque suc- 
cessoribus et illibata permaneant. In quibus bec propriis duximus 
exprimenda vocabulis : in episcopatu Garnotensi, ecclesiam Sancte- 
Marie de Monterions ecclesiam Sancti-Georgûi de Blimard, ecclesiam 
Sancti-Petri de Molendino-Novo , ecclesiam Sancti-Andree de Silvelonia. 
ecclesiam Sancte-Marie de Risu-Bovis , ecclesiam sanctorum martyrmn 
Johannis et Pauli de Bucca-Ogrie , ecclesiam Sancti-Severini , ecclesiam 
Sancti-Georg^ii , ecclesiam Sancti-Leobini de Gloya, ecclesiam Sancte- 
Marie de Yronio, ecclesiam de Fonte-Radulfî , ecclesiam de Castro- 
Bofferi, ecclesiam de Foetellis, ecclesiam de Gurgûtibus, ecclesiam de 
Monte-Lusello , ecclesiam de Melesreiis, ecclesiam Sancti-Martini , 
ecclesiam Sancti-Egûdii de Gastaneriis, ecclesiam Sancti-Tbome de Soi- 
seio, ecclesiam Sancti-Leobini-de-Quinque-Fontibus, ecclesiam Sancti- 
Petri de Arg'evillario , ecclesiam de Brenella, ecclesiam de Arsiciis, 
ecclesiam de Gombris, ecclesiam de Mag*eloriis , ecclesiam de Goloniis, 
ecclesiam de Mulg'erns , ecclesiam Sancti-Laurcntii-de-Gastina , eccle- 
siam Sancti-Bartbolomei et ecclesiam Sancti-Mauricii de Gbarentbaio, 
ecclesiam de Ledo, ecclesiam de Clemard, ecclesiam de Burg-unneria . 
ecclesiam de Louviler, ecclesiam Sancti-Petri de Ver, ecclesiam de 
Oisemo, ecclesiam Sancti-Remig*ii de Nerone, ecclesiam Sancte-Marie- 
Magxlalene justa Berehelval, ecclesiam Sancti-Spani de Ablius, ecclesiam 
Sancti-Medardi de Viabun, ecclesiam Sancheville, Levrevillam, Og*er- 
villam, Vilandum, Spesumvillam , Perlas* Vilermafredi , Choldre, Mai- 
sam , decimam denariorum vicecomitis Gastriduni de redditibus ipsius 
castri et Montis-Dublelli ; in Senonensi arcbiepiscopatu , ecclesiam de 
Sccroio, ecclesiam de Brolio ; in Parisiensi episcopatu, ecclesiam de 



100 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

Jarzeiis, ecclesiam de Reinseio, ecclesiam de Bollonello, ecclesiam de 
Ulmeio, ecclesiam deTigerio, ecclesiam Sancti-Audoeni juxta Tomen; 
in episcopatu Meldensi , ecclesiam Sancti-Sepulcri ; in episcopatu Sues- 
sionensi, ecclesiam Sancte- Marie- de -Erablo; in episcopatu Aurelia- 
nensi, ecclesiam Sancti-Georgii de Cintreio, ecclesiam de Gultura et 
locum de Sanctis-Vallibus , Géminée ; in episcopatu Ebroicensi , eccle- 
siam de Idrevilla, ecclesiam de Cbavinneio, ecclesiam de Boesse, eccle- 
siam de Giiest , ecclesiam de Huareeria , ecclesiam Sancti-Germani-super- 
Arvam ; in Sagiensi episcopatu , ecclesiam Sancti- Juliani , ecclesiam de 
Rongeria, ecclesiam de Reisnou, ecclesiam de Trehiant, ecclesiam Sancti- 
Petri de Gast, ecclesiam Sancti-Jovini , ecclesiam Sancti-Launomari de 
Corgehot, ecclesiam de Monchevrel, ecclesiam de Nuilleio, ecclesiam de 
Martiniaco ; in Luxoviensi episcopatu, Mesnilbertre ; in Rotomag*ensi 
archiepiscopatu , ecclesiam de Brai , ecclesiam Sancte-Marie de Torneio , 
ecclesiam Sancte-Marie-Magdalene-super-Secanam , ecclesiam Sancti- 
Silvestri de Clara, ecclesiam Sancti-Sulpicii de Germonvilla, ecclesiam 
Sancti-Laurentii de Risu-Bovis, ecclesiam Sancte-Marie et ecclesiam 
Sancti-Petri de Bacchevilla , ecclesiam de Grasvilla , décimas ecclesie de 
Torneio ; in episcopatu Baiocensi , ecclesiam Sancti-Antonini de Monhar- 
gis cum suis appendiciis et ecclesiam de Crevecor; in episcopatu Picta- 
viensi, ecclesiam Sancti-Leonardi de Ferreriis, ecclesiam de Trapa, 
ecclesiam de Rasai, ecclesiam de Puteolis, ecclesiam de Laugueria, 
ecclesiam de Tilia, ecclesiam de Trusseia, ecclesiam de Megunto, 
ecclesiam de Daria, ecclesiam Sancte-Marie juxta Forestam; in episco- 
patu Nannetensi , ecclesiam de Septem-Fagis et Pontem-Ruselli super 
Sevriam, ecclesiam Auselerie, ecclesiam Sancti-Nicholai de Rumphu; in 
archiepiscopatu Dolensi, ecclesiam Sancte-Marie de Troncheto cum 
suis pertinentiis ; in Turonensi archiepiscopatu, ecclesiam de Bosco- 
Johannis, ecclesiam de Luceziis, ecclesiam de Jarreia; in episcopatu 
Andegavensi , ecclesiam Sancte-Marie de Asneriis , ecclesiam de Sauceia ; 
in episcopatu Genomannensi , ecclesiam Sancti-Laurentii de Vado- 
Alneti super Breiam, ecclesiam de Granri, ecclesiam de Crucis-Vallr , 
ecclesiam Sancti-Petri de Turneio, ecclesiam de Monte-Rivelli , eccle- 
siam Sancti-Petri de Passu-Bovis , ecclesiam de Vado-Brunet , ecclesiam 
Sancti-Michaelis de Losdono, ecclesiam de Çohardum, ecclesiam de 



CHARTULARIUM DE TIRONE. mi 

Valle-Revelli, ccclcsiam Sancti-Michaelis-de-Planitie, ecclesiam de 
Liveto, ecclesiam de Archenaio, décimas de Gharenceio, décimas de 
Ma^no-Campo, décimas de Roisseio, ecclesiam Sancti-Petri de Audita 
ecclesiam Sancti-Vedasti , ecclesiam Sancti-Sulpicii de Pail, ecclesiam 
Sancti-Juliani , ecclesiam Sancti-Mauricii , ecclesiam de Bello-Loco, 
ecclesiam de Monte-Allerii ; in Santonensi episcopatu , ecclesiam de 
Daria, ecclesiam de Brolio; in archiepiscopatu Bituricensi, ecclesiam 
de Lorelio ; in Alvernia, in episcopatu Clarimontis, ecclesiam de Rotun- 
duno; in Luduncnsi archiepiscopatu, ecclesiam Sancte-Marie de Jugo- 
Dei cum suis appendiciis; in Anglia, in episcopatu Wintoniensi, eccle- 
siam Sancti-Grucis de Insula, ecclesiam Sancti-Andrce de Hammele, 
ecclesiam Sancti-Laurencii apud Wintoniam, ecclesiam de Mapedroella : 
in episcopatu Saresberiensi , ecclesiam de Brade fort, ecclesiam de Stra- 
tona, elemosinam Robertifîlii Eldebrandi prope Mcllebergmn ; in Here- 
fordensi episcopatu, ecclesiam de Titeleya, ecclesiam de Quintona; in 
episcopatu Sancti-David , ecclesiam Sancte-Marie de Cathmeis cum suis 
appendiciis; in episcopatu Sancti- Andrée de Scothia, ecclesiam de 
Rochaburgo cum suis appendiciis. Sane novalium vestrorum que pro- 
pres manibus aut sumptibus colitis, sive de nutrimentis vestrorum 
animalium nullus a vobis décimas exigere présumât. Sepulturam quoque 
monasteriorum vestrorum liberam esse concedimus ut eorum qui se in 
eis sepeliri deliberaverint devotioni et extrême voluntati, nisi forte 
excommunicati vel interdicti sint, nullus obsistat, salva tamen justicia 
matricis ecclesie. Si qua vero libéra et absoluta persona, proredemp-, 
tione anime sue, vestro monasterio se conferre voluerit, suscipiendi 
eam liberam habeatis facultatem. Apostolica etiam auctoritate interdi- 
cimus ne quis fratres vestros, clericos sive laicos, post factam in vestro 
monasterio professionem , absque licentia vestra suscipere audeat vel 
retinere. Preterea cum aliquod supervenerit interdictum, liceat vobis, 
clausis januis, non pulsatis tintinnabulis, exclusis excommunicatis et 
interdictis, suppressa voce, divina officia celebrare. Paci quoque et 
tranquillitati vestre paterna sollicitudine providentes, apostolica prolii- 
bemus auctoritate ne quis infra cimiteria vestra violentiam vel rapinam 
seu furtum facere seu hominem capere audeat; et si quis hoc teme- 
rario ausu presumpserit tanquam sacrilegus judicetur. Decernimus 



102 CHARTULARIUM DE TIRONE. 

erg^o ut nulli omnino hominum liceat prefatum monasterium temere 
perturbare aut ejus possessiones auferrevel ablatas retinere, minuere 
aut aliquibus vexationibus fatig'are ; sed omnia intégra conserventur 
eorum pro quorum g*ubernatione et sustentacione concessa sunt usibus 
omnimodis profutura, salva sedis apostoliceauctoritateet diocesanorum 
episcoporum canonica justicia. Si qua igûtur in futurum ecclesiastica 
secularisve persona hanc nostre constitutionis pag-inam sciens contra 
eam temere venire temptaverit, secundo terciove commonita, si non 
satisfactione congrua emendaverit, potestatis honorisque sui dig*nitate 
careat, reamque se divino judicio existere de perpetrata iniquitate 
cog*noscat et a sacratissimo corpore.ac sanguine Dei et domini redemp- 
toris nostri Jesu Ghristi aliéna fîat atque in extremo examine districte 
ultioni subjaceat; cunctis autem eidem loco sua jura servantibus sit 
pax domini nostri Jesu Ghristi , quatinus et hic fructum bone actionis 
percipiant et apud districtum judicem premia eterne pacis inveniant, 
amen, amen, amen. » 
{Cart.de Tiron, f° 58 r.) 

GGGXXVII. 

Echange de revenus entre le comte de Blois et l'abbaye. 

(1178.) 

I 

<( Eg*o Teobaldus, Blesensis cornes, Francie senescallus, notum facio 
universis quod Gauterius, Tyronensis abbas, totusque Tyronensis 
ecclesie conventus , dilecti et fidèles mei , michi tenendum in perpetuo 
concesserunt totum redditum quem ipsi habebant in molendino de 
Castris. Eg*o autem in concambio hujus redditus eidem ecclesie Tyro- 
nensi dedi unura modium annone de medietate mea quam habeo in 
molendinis Novis que mihi et prefate ecclesie sunt communia, similiter 
in perpetuo sing*ulis annis possidendum. Quod ut ratum maneat et fir- 
mum litteris commendo et sig'illi mei impressione confirme*. Testes inde 
habentur : Girardus de Vilerbeton, Amauricus camerarius, Robertus d<- 
Mesio, Roscelinus de Menberolis, Odo de Veteri-Vico. Actum Gastri- 



CHARTULARIUM DE TIRONE. 10:t 

duni, anno incarnationis dominicc MGLXXVIII. Datum pér manum 
Hildrici cancellarii. » 

[Orig. en parch.) 

GGGXXYI