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Full text of "Les Constitutions des Jésuites avec les déclarations: texte latin d'après l'édition de Prague"

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- -4^^*5,3:^ 



l^artoarD Collège l.ilirars 




FROM THE 

FRANCIS PARKMAN 

MEMORIAL FUND 

POR 

CANADIAN HISTORY 

ESTABUSHED IN I908 




LES CONSTITDTIONS 



DES JÉSUITES 



IMPRIMERIB SCHNEIDER ET LANGRAIOli 
RM d*Erftlrd^ 1* 



O Ac^4-^ 



LES CONSTITUTIONS 



DES 



JÉSUITES 



AVEC LES DÊCURATIONS; 



TIXTB LiTin D*iPRÈS L*BDITIOII DB PRiODB. 



TRADUCTION NOUVELLE. 



►«•«< 



.^7 . 

PARIS. 

PAULIN, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 

55, RUE DB SEINE-S.-G. 
•1845 



c_ ■-r-' 



• -/ 



Harvar'; ODllege Libiarj 

Beç[uest of 

PilA:ïOIS PARKiVLAN 

17 Jao. 1894 



/^Harvard 

UNIVERSITY 
V LIBRARY 






PRÉFACE. 



a 



PRÉFACE. 



Le but de cette publication est de fiiira connaîtra la 
Société de Jésus par les Institutions qui Font fondée, par 
ses Lois organiques, par ses Règlements officiels. Nous 
avons cru que ce serait une chose utile à ses amis comme 
à ses adversaires, à tous ceux du moins qui cherchent de 
bonne foi la vérité sur cette Société fameuse, il est bon 
que ceux qui la combattent, et surtout ceux qui la défen-* 
dent, la connaissent mieux. Et comment la connaître? 
Est-ce en étudiant la morale des Jésuites? Est-ce en re- 
cherchant dans Thistoire les applications de leurs doc-» 
trines ? Il y a longtemps qujon a tout dit sur la casuistique, 
et rhistoire des Pères de la Foi est assez connue ; d*ail- 
leurs, dans une question de cette nature, il est souvent 
très-difficile, pour ne pas dire impossible, même sans que 
Tesprit de parti s'en mêle, de juger et d'apprécier les faits 
à leur juste valeur ; on est à chaque pas arrêté par la diffi- 
culté de distinguer entre les actions des individus et Tes-- 
prit de la Société. C'est cet esprit qu'il nous importe de 
connaître, et rien ne peut nous en instruire plus sûrement 
que rétude des Lois et des Constitutions qu'il a inspirées 
et qui l'ont lui-même entretenu. De ces Lois dérivent 
nécessairement la forme de la Société, sa nature et ion 
caractère. 

En effet, puisqu'il s*agit d'une Société, pour ainsi dire, 
aKificielle, qui ne doit son existence qu'à ses Lois, qui ne 
vit que par elles, qui n'a pas de caractère propre tenant 
au génie d'ttne nation ou à la nature d'une contrée particu** 
lière, qui au contraire est répandue dans le monde entier 
et se compose d'hommes de tous les pays ; puisque d^ail- 
leurs cette Société, dans tous les temps et chea tous les 



IV PBEFAGB. 

peuples, a toujours montré le même esprit, agi d'après 
les mêmes principes, produit partout les mêmes fruits, il 
est évident que c'est dans ses Lois mêmes et dans ses Con- 
stitutions qu'il faut chercher les raisons de ce caractère et 
de ces tendances toujours les mêmes depuis trois cents ans« 
H n'est donc pas nécessaire, pour connaître à fond la Société 
de JÉSUS, de la suivre dans son histoire ; il sufQt de consi- 
dérer la nature de ses Institutions. L*expérience des faits 
viendra plus tard confirmer les résultats de ce premier 
examen; mais avant même cette expérience, les esprits 
clairvoyants découvriront sans peine quelle a dû être et la 
conduite et la fortune de la Société. 11 n'est pas nécessaire 
non plus de chercher à pénétrer dans les détours de la 
flexible morale des Jésuites : morale et histoire, moyens et 
but, tendances et résultats, tout cela est en germe dans 
les Constitutions. 

Une autre raison pour publier les Constitutions des Jé- 
suites, c'est rimportance qu'eux-mêmes attachent à cet 
ouvrage, le plus remarquable en effet de tous ceux qui 
sont sortis de leur Société. 11 y a longtemps qu'on a dit 
que les Jésuites n'avaient excellé que dans une seule 
science, la science de la politique, la science de Machiavel, 
et cette politique qu'ils ont mise en pratique ailleurs, se 
retrouve ici tout entière, sous forme théorique. Enfin les 
Jésuites eux-mêmes considèrent le livre des Constitutions 
comme leur œuvre capitale ; dans leurs éloges outrés, ils 
le disent venu de Dieu même et ils le révèrent presque à 
régal des Livres saints. (Note A, p. 428.) 

Il ne faut pas croire que toutes les Lois auxquelles sont 
soumis les Jésuites soient contenues dans notre petit 
Recueil. Ces Lois publiées à Prague en 4757, par ordre de 
la dix-huitième et dernière Assemblée générale, sous le 
titre d'InslUuinm Societatis Jetu. remplissent deux gros 
volumes in-folio, dont nous énumérerons rapidement les 
diverses parties. 



PBEFAGC. V 

Le premier volame compreod : 

i'' Les qaatre-Yingt-doaze Bulles accordées à la Soeiété 
par les différents Papes, depuis sa fondatiop Jusqu'à 
l'an -1757, et dans lesquelles se trouTcnt indiqués en 
partie les Privilèges de la Société ; 

2« Le Compendtum Privilegiorunif ou Recueil de tous les 
Privilèges de la Société, extraits soit des Bulles à elle ac- 
cordées, soit de celles que les Papes ont accordées aux 
autres Ordres religieux ; car c'est là un Privilège extraor-> 
dinaire de la Société de Jésus, de pouvoir s'approprier tons 
ceux qui ont été, sont ou seront accordés à tel Ordre reli- 
gieux que ce soit ; c'est ce qu'on appelle le droit de com- 
munication. Remarquons en passant que ce droit ne peut 
s'exercer que par le canal du Général ; que là» comme eu 
tout^ le Général est tout-puissant. On distingue expressé* 
ment entre les divers Privilèges ceux dont il a jugé à 
propos de restreindre et même d'interdire l'usage. Aucun 
Membre de la Société ne peut réclamer le bénéfice d'un 
Privilège sans que ce Privilège n'ait été pleinement ap«* 
prouvé par le Général et sans que les Supérieurs ne Vf 
autorisent ; 

S"" Les Constitutions avec leurs Déclarations, précédées de 
VExamen général, aussi avec ses Déclarations ; 
4° Les Décrets des dix-huit Congrégations ou Assemblées 

générales, dont la dernière fut tenue en 4757 ; 
5« Les Canons qui en ont été extraits et les Tables des 

différentes Ordonnances qu'elles ont rendues. 
£n tète du second volume, on trouve un Recueil intitulé : 

Censurœ et Prœcepta homimbus Socîetatis imposita, primum 

JU88U Congregationis YIll collecta^ deinde a CongregatUmi' 

bus XVU et XVni recognita. 

Après ces Censures et ces Préceptes, viennent des For- 
mules qui règlent la tenue des Assemblées générales et 

provinciales , etc. 
Puis Z*" les Règles, soit les Règles communes imposées 



yI pr^age. 

à tous, soit les Règles particulières de chaque emploi, 
depuis le Général et les Assistants Jusqu'au Cuisinier et 
au Portier. Ces Règles ne sont qu'un extrait des Consti- 
tutions qui en ont ordonné la rédaction. Elles sont pré- 
cédées d'un Abrégé (Summarium) des Constitutions elles- 
mêmes ; 

)<" Le Ratio Studiorum, ou Recueil de toutes les Règles 
relatives à l'Enseignement, tel que les Jésuites l'enten- 
daient. Ce Recueil est terminé par une Ordonnance du 
Général Piccolomini, publiée en -1654, en yertu de la 
commission à lui donnée par la neuvième Assemblée 
générale. 

Viennent ensuite, 5« les Ordonnances des Généraux de 
la Société, réunies pour la première fois en un seul corps 
par décision de la septième Assemblée générale et publiées 
en 4 6-1 6. On le voit par la Préface qui les précède ; 

6« Des Instructions à la suite des Ordonnances que 
la septième Congrégation, dans son Décret 81 , a déclarées 
ne devoir servir que de direction sans avoir force de loi. 

Le Recueil est terminé par trois petits ouvrages qui sont 
comme les Manuels des Jésuites dans la direction des 
Ames, ce sont : 

T*" Les Remèdes pour la guérison des Ames, Industriœ ad 
éurandos animi morboB, par le Général Aquaviva ; 

8« Les Exercices Spirituels de S. Ignace, approuvés 
par une Bulle du Pape Paul 111 en 4 548 ; 

9« Et enfln le Directorium, ou Manière d'employer ces 
Exercices, qui à été composé par ordre de la première 
Assemblée générale. 

Telles sont lesdlfférentes parties de 17nsMiirtim, ouvrage 
trop volumineux pour que nous puissions songer à le 
remettre en entier sous les yeux du public. Il fallait donc 
choisir, et naturellement notre choix a dû se porter sur 
les ouvrages fondamentaux de la Société, sur ceux qui 
ftont sortis de la plum« d'Ignace de Loyola : les Constitu- 



PWÊPACÉ. ^ 

fions, les Exercices Spirituels, la Lettre stir rob^issanee. 
Noas avons traduit les Constitutions, qui sont la Loi fon« 
damentale de la Société de JÉsvs, et dont l'autorité est ir- 
récusable ; nous avons aussi traduit la Lettre sur l'Ohéis*' 
sance, comme portant sur le principe vital de la Société ; 
nous donnerons enfin un extrait étendu des Exercices Spi- 
rituels (note F, p. 44i]. 

Pour en reyenir aux Constitutions, qui sont l*obJet prin- 
cipal de cette publication, nous ferons observer que leÉ 
autres parties de rinstitût n*en sont que le commentaire 
et le développement. Nous arons déji dit qu'il était Tobjet 
de la grande admiration des Jésuites, et c'est en eflTet un 
ouvrage éminent ; quels qu'en aient été les résultats, on 
ne peut nier que ce ne soit une des théories des plus pro- 
fondes, une des conceptions les plus hardies, en fait de 
gouvernement , une des pluS fbrtes et des plus tivaces 
Institutions qu'ait pu fonder le génie de la politique, ap- 
puyé sur la Religion. Selon les lésuites» le livre des Consti* 
tutions et l'Examen général, qui fait corps avec lui et qui 
en est une espèce de préambule, ibrent écrits en espagnol 
par Ignace de Loyola lui-même ; mais on sait que Laynez^ 
qui fut après lui Général de la Société, eut une grande 
part à sa composition.O'est la réunion de ces deux hommes, 
d*un caractère si différent, qui peut seule nous expliquer 
les contrastes que nous apercevons dans leur œuvre com-* 
mune : c*est, d'un côté, un style religieux et des expres- 
sions de piété* et de dévotion, qui reviennent à chaque 
phrase de telle sorte, qu'on pourrait les croire affectées, 
si Ton ne connaissait la fol vive en même temps que la 
doctrine et la sincérité de S. Ignace ; tout cela doit lui 
être attribué. D'un autre côté, cette habileté trop raffinée, 
ces précautions infinies, cette marche souvent oblique, ce 
manque de sincérité, voilà la part qui revient évidemment 
au politique Laynez. Si Ton peut quelquefois les conibndre, 
c'est que, malgré la difTérence d'esprit et de caractère, les 



Vilj PBÉFACE. 

deux auteurs se réunissaient sur bien des points. Ils 
n'avaient tous les deux qu'un seul but, Tintérét de la 
Société qu'ils créaient, intérêt qui se confondait pour eux 
avec celui de la gloire de Dieu> ad majorem Dei gbrlam. 
De plus, ils avaient tous deux les mêmes sentiments sor 
le pouvoir absolu du Général et sur les moyens d'affermir 
ce pouvoir; il sufQt, pour s'en convaincre, de lire la 
Lettre d'Ignace sur l'Obéissance, que nous donnons à la 
suite des Constitutions. 

Les Constitutions sont toujours, comme l'Examen, ac- 
compagnées de Déclarations que l'on a voulu aussi attri- 
buer à S, Ignace. Ces Déclarations sont des espèces de 
Notes qui expliquent, développent, commentent et sou- 
vent aussi détournent de leur sens naturel les Constitu- 
tions. 

Peut-être S. Ignace, après avoir terminé les Consti- 
tutions, ajouta-t-il en marge quelques Notes : mais il n'est 
pas vraisemblable qu'on doive lui attribuer les passages 
des Déclarations qui éludent, autant qu'il est possible, 
le texte des Constitutions, sous prétexte de l'inter- 
préter. 

S.Ignace ne pouvait pas prendre tant de détours pour 
détruire lui-même son ouvrage. Les Déclarations sont 
probablement l'ouvrage de Laynez et de Salmeron, et l'on 
s'explique dès lors les altérations qu'elles ont fait subir 
aux idées de S. Ignace. 

Nous ne pouvons prétendre d'ailleurs à donner les Con- 
stitutions elles-mêmes, telles qu'elles ont été imprimées 
par les Jésuites, pour l'exacte traduction de celles qui 
avaient été écrites par le Fondateur. Le texte n'en a été 
fixé que deux ans après la mort de S. Ignace par la première 
Assemblée générale de la Société, qui, comme on peut le 
voir dans le compte rendu de ses décrets, changea plu- 
sieurs articles, en «Jouta quelques-uns, en retrancha d'au- 
tres, en fit passer des Déclarations dans les Constitutions, 



PRÉFACE. iX 

OU des ConstituUoDS dans les Déclarations, et enfin en fit 
faire une traduction latine qui fut imprimée en 4558. 

On fit encore dans la suite à cette traduction quelques 
changements , mais de peu d'importance : cependant, 
60 4575, on observa; dans la troisième Assemblée gêné-"* 
raie, qu*il y avait deux éditions assez différentes. Ce ne 
fat qu'en 4 595 que le texte fut définitivement fixé tel qu'il 
est demeuré dans la suite. 

Ces éditions des Constitutions n'étaient pas destinées à 
être publiées. Elles devaient au contraire être tenues très- 
secrètes. C'est ce que nous voyons dans les Règles et dans 
les Ordonnances des Généraux. D'abord le secret est très- 
sévèrement recommandé à l'égard des étrangers : « Que 
« personne ne rapporte à des personnes étrangères ce qui 
« se fait ou doit se faire dans la Maison ; que personne 
« ne leur communique les Constitutions ou tout autre 
« livre de ce genre, tout écrit qui contiendrait les Institua- 
« tiens ou les Privilèges de la Société, sans le consente- 
« ment ^exprès du Supérieur. » Nemo quœ Domi acia vel 
agenda sunt externis référât , nisi Superiori id probari in* 
Migat; Constitutiones vero aliosve hujusmodi libros aut 
icripta quitus Socieiatis Jnstitutum vel Privilégia continenr- 
tnr, non nisi ex Superioris expresse consensu^ iis com" 
municet. (Réguler communes ^ art. 58. Institut, ^ etc., 1. 11^ 
p. 77.) 

« Qu'on n'imprime nulle part d'abrégé des Privilèges 

• plus ou moins considérable, sans la permission du Gé- 
« néraL Quant aux exemplaires qu'on doit avoir dans 
« chaque Maison et dans chaque Collège pour l'usage par- 
« ticulier des Supérieurs et des Consulteurs, on ne doit 

• les communiquer aux autres membres de la Société 
« qu'avec le consentement du Provincial, et de manière 
« qu'on ne puisse les montrer aux étrangers ni les trans* 
« porter ailleura. • Çompendium Privilegiorum seu majus 
«eu breviuSj sine permissu Genera/t>, nusquam recudaturj 



X PREFACE. 

$xemplaria autem qtujB ad utum prœeipue Supertorum et 
Comultofiim in singulis Domibus et Collegii,f esse debent, 
%ta nostris âum facuUate Provincialii concedi poterunt ut 
extemis non ostendantur, nec inde ad alia loea exportent 
tur. (Ordonnance d'Âquayiva. Instit.^ t. Il, p. 245.) 

On voit que les Constitutions ne devaient pas même être 
mises entre les mains de tous les membres de la Société, 
et qu*il fallait pour cela une permission particulière du 
Provincial. A bien plus forte raison ne les montrait^on pas 
aux Novices avant qu'ils eussent fait leurs vœux. Dans 
FExamen qu'on met entre leurs mains, il est dit qu'on 
leur montrera les Constitutions (p. 4^), mais la déclara- 
tion ajoute qu'il ne faudra pas leur montrer les Constitua 
tions tout entières, mais seulement des extraits oùchaeun 
verra ce qu'il a à faire. 

Ce fut pour faire connaître ainsi à chacun uniquement 
ce qui est indispensable, que les Jésuites firent ces recueils 
de Règles (Reguiœ), où les Règlements qui concernent 
chacun des emplois de la Société sont réunis, chacun for- 
mant un article à part. Ces recueils de Règles étaient ré- 
pandus dans les Maisons et dans les Collèges. Une édition 
de ces Règles, imprimée à Lyon en 4607, fut rendue pu- 
blique par les adversaires des Jésuites. (Elles sont tran- 
scrites en entier dans VHistoria Jesuitica AeRodolphus Hos* 
pinianus; Tiguri, 4619.) 

Plus tard les éditions desConstitutionsse multiplièrent, 
et le secret que les Jésuites avalent Jugé nécessaire à leur 
Société devint impossible. La grande édition de Prague 
se répandit assez rapidement par toute l'Europe, et c'est 
d'après cette édition que ftirent Jugés les Jésuites par les 
divers parlements de France et les tribunaux étrangers. 

Avant les Constitutions, nous plaçons, comme dans tou- 
tes les éditions faites par les Jésuites, l'Examen général. 
Cet Examen doit être mis entre les mains de tous ceux qui 
demandent à être admis au Noviciat, et c*est d'après lai 



PRÉFACB. xi 

qu'ils doivent être interrogés. U est fait aree assez d'habi- 
leté poar que la Société, après les réponses du Postulant, 
le connaisse complètement, tandis qu'il ignore encore la 
plus grande partie des Lois de la Société. Cet Examen a 
aussi des Déclarations^ mais elles ne doivent pas être mises 
entre les mains du Postulant. LUnnim etmpletum ExatnhAi 
abique Deelarathnibtu, est-il dit dans les Règles du Mettre 
des Novices, art. 4^. (Irutitutum, etc., t. H, p. 407.) 

La lettre de S. Ignace aux Jésuites de Portugal sur la vertu 
d'Obéissance est toujours placée à la On des Règles ; et les 
Jésuites la regardent comme très-importante : on recom- 
mande de la lire au réfectoire tous les mois. (Voyez les 
Kègles du Préfet des lecteurs à table, art. B. Instituium, etc., 
t. U, p. 450.) 

Nous avons dit que nous donnerions un extrait des 
Exercices spirituels. Malgré Timportance de ces divers do* 
cuments, notre travail serait de peu d'utilité, si nous lais* 
siens entièrement de côté les autres. parties de Tlnstitut. 
Dans un ouvrage qui n*est, à proprement parler, qu'un 
recueil de pièces mises sous les yeux du public, nous 
ûevionsaa moins donner une idée des principales Règles 
et du Ratio Studiorum. Nous devions aussi insister sur 
tes points contestés, et mettre en évidence, par le rap- 
prochement impartial, de passages extraits des Bulles, 
des Formules, de toutes les parties de l'Institut, l'esprit 
des Constitutions. C'est ce que nous avons essayé de faire 
ûans les notes rejetées à la fin du volume. Ces notes ne 
sont pas un commentaire épigrammatique, elles viendront 
toujour à propos de quelques passages des Constitutions 
qu'elles expliquent et développent au moyen de citations 
textuelles. Nous aurions pu facilement, à l'aide de ces notes» 
faire une exposition suivie des Lois de la Société ; nous 

^YODs mieux aimé laisser chacun en particulier faire ce 

travail, et nous nous contentons de l'avoir préparé en en 

^tessant les matériaux. 



Xii PRÉFACE. 

Nous avons toujours soin dUndiquer exactement dans 
la grande édition de Prague l'endroit d*oii nous avons tiré 
les passages. Nous avons conservé avec soin le texte de 
cette édition, autorisée par la dernière Assemblée géné- 
rale des Jésuites ; nous avons dû cependant faire dispa- 
raître quelques fautes typographiques qui sont évidentes. 

Restent à faire connaître les secours que nous avons 
empruntés à des ouvrages antérieurs. Pour la composition 
des notes, nous ayons été guidé par les indications des 
travaux entrepris par ordre des divers Parlements de 
France, vers -1 760 : entre tous ces travaux, nous distin- 
guerons le compte rendu de Ripert de Monclar, procureur 
général au Parlement de Provence (t vol. in-^ 2, A 763), 
ouvrage écrit avec autant de force que de modération, 
et dont l'auteur a soumis à une analyse judicieuse et péné- 
trante les principales Lois de )a Société. 

Les Constitutions ont été traduites en 4762 par un avo- 
cat au Parlement de Paris^ agrégé à la Faculté de droit, 
Saboureux de la Bonnetrie. Nous trouvons dans la Biogra* 
phie universelle que ce travail fut entrepris par ordre du 
dauphin , père de Louis XVI , qui s'était déclaré le pro- 
tecteur des Jésuites. Ceci peut servir à prouver que notre 
entreprise est au moins impartiale. Quant à la traduction 
même, si nous avons cru devoir la refaire, c'est au pu- 
blic i décider si nous avons eu tort ou raison. 



EXAMEN GÉNÉRAL. 



' i 4 



i 



PRIMUM AC GENERALE EXAMEN 

lis omnibus qui in Societatem Jesu admilli petunt 

proponendum (a). 



CAPUT I. 

De InsUMo SocieUUis Jesu, et varietaie personarum qua in 

ipsa sunl. 

4 . Hsc mioima Congregatio, quœ a Sede Apostolica, prima sui 
iastitutione, Societas Jesu nominata est, primum fuit approbata 
per felicis mémorise PaulumPapam III, aDno4540,et pereum- 
dera postmodam 45{5, conflritiata ; ac rursus per Julium III, 
illius successorem, anno ihbQ. Ut intérim omittantur divers» 
LittersB Apostolicae, in quibus de ea sermo habetur, et ei varisB 
facultates ( supposita magna approbatione, et confirmatione) 
coDceduntur. 

2. Finis hujus Societatis est, non solum salutî.etperfectioni 
propriarum animarum cum Divina gratia vacare, sed cum ea- 
dem impense in salutem, etperfectionemproximorum incum- 
bere. 



(a) IIoc E&ameo, ut plurimuin^ omnibus proponî solef, postqnam io 
Domum prim» Frobationis iogredinntur. Si tamen in aliquo parli- 
cnlari dictaret ratio, aliud eiamen breviaa case proponendum, aut boc 
ipsum relinqnenduro, ut legatur, nullo postulato reiponso ad ea, qu9 
coQlinet, Tel si satis alioqui notas est, qui ingreditufi non necesse erit 
juita boc Examen procedere. Id tamen ille, cui examinandi rouous 
oommittitnr, cum Superiore conférât, et ejus judiclum sequatur. Anle 
autem quam Domi recipiantur» fera semper de qnibosdam rébus mtjo- 
ris momeuti, praeteitiro de i\», qam soient eiclndere, eiamiiiari eot 
oporteMt. 



EXAMEN GÉNÉRAL 

Que doivent préalablement subir tous ceux qui demandent 
à entrer dans la Société de Jésus (a). 

CHAPITRE I. 



De l'JnslUut de la Société de JÉ5US et des différenUs perêmneê 

qui la composenl. 



1. Cette très-humble Congrégation, qui, dans son institu- 
tion première 9 reçut du Saint-Siège Apostolique le nom do 
Société de Jésus, fut d'abord approuvée parle pape Paul III 
4a bienheureuse mémoire, Tan 4540, conûrmée par le 
même pape quelque temps après, en 1545, et de nouveau par 
Jules IH, son successeur, l'an 1550. Plusieurs Lettres Aposto- 
liques parurent dans Tintervalle, qui concernent cette Société 
et lui concèdent différents pouvoirs : il est inutile d*ajouter 
qu'elles l'approuvent et la conGrment hautement. 

2. Le but de cette Société n'est point seulement de travail- 
ler, avec l'aide de la grâce Divine , au salut et au perfection- 
nement de ceux qui la composent, mais de s'employer aussi 
de toutes ses forces, avec l'aide de la même grâce, au salut 
et au perfectiopnement du prochain. 



(a) Oa est dans Tasage de faire subir cet Examen à (oj(e personne, 
dès son entrée dans la Maison du premier NoYiciat. Cependni.t, si la 
raison conseillait d'en faire subir un autre plus court A quelque per- 
sonne, ou bien de lui Ia'ss€r à lire celui-ci même, sans lui demander 
de réponse à ce qu'il contient; ou bien, encore, si le Posttilant était 
assez connu d'ailleurs, on n'aurait pas besoin de procéder suivant cet 
Examen. Cependant, celui qui est chargé d'examiner conférerai^ à ce 
sujet a?ec le Supérieur, et suiTrait son avis. Quoi qu'il en soif, a?ant de 
reecToir quelqu'un dans une Maison, il faudra presque toujours l'esa- 
iDJncr sur certains points d'importance, et particulièrement sur les cas 
à'eiclusion, 



4 EXAMEN GÉNÉRAL. 

5. Ad bunc fincm melius consequendum, tria Vota in ca, Obc- 
dientiae, Paupertatis, et Gastitatis emittuntur ; sic Pauperta- 
tem accipiendo , ut nec velit, nec possit reditus ullos ad suam 
sustentationem, nec adquidvis aliudhabere. Quod non tantiim 
in particulari de unoquoqiie, sed etiam de Ecclesiis; et Domi- 
bus Societatis Professas est intelligendum. Nec etiam ( quam- 
\is aliis sit licitum ) pro Missarum Sacrificiis, vel Prœdicalio- 
nibus, vel Lectionibus, vel ullius Sacramenti administratione, 
vel quovis alio pio Ofîlicio ex iis, qu» juxta suum Institutum 
Societas potestexercere, stipendium ullum vel eleemosynam, 
qusB ad compensationem bujusmodi ministeriorum dari so- 
ient, ab alio quam a Dec (ob cujus obsequium omnia pure 
faceredebent] possunt admittere. 



4. Et quamvis habeat Societas Gollogia , et Domos Proba- 
tionis (6}, reditibus dotatas, ad Scbolasticonim sustentatio- 
nem, antequam in SocietatemProfessara vel ejus Domos red- 
piantur ; non possunt tamen bujusmodi reditus in usum alium, 
juxta Litteras Apostolicas in Gonstitutionibus dcclaratas, ex- 
pendi : nec Domus Professorum, nec aliquis eorum, aut etiam 
Goadjutorum, eisdem uti poterit. 

5. Professa itidem Societas, prœter tria Vota dicta, Yotum 
facit expressumSummo Pontifici, ut Yicario, qui nunc est, vel 
pro tempore fucrit, Ghristi Domini Nostri ; nimirum ad profl- 
ciscendum sine excusatione, non petite yîatico, quocumque 
gentium ejus Sanctitas jusserit, inter fidèles, vel infidèles, ad 
res, quœ ad Divinum cultum, et Roligionis Ghristianie bonum 
spectant. 

6. Geterum ratio Vivendi in exterioribuji, justas ob causas, 
majus Det obsequium semper intuendo, communis est : nec 
ullas ordinarias pœnitentias, vel corporis aftiictiones, ex obli- 
gatione suboundas habet : sed illas assumere quivis poterit, 



(b) Iliijusinodi Domos Probalionia yelat membra sont Gollegîorum, 
Qbi admiti et prubari ad tempos soient, qui postroodom in Gollfgiii 
soot constHneodi. 



EXAMEN G^iriÊRAL. 5 

3. Pour mieax atteindre à ce but » trois Vœux sont pronon- 
cés dans la Société» yœu d'Obéissance, vœa de Pauvreté, yœu 
de Chasteté : l'esprit de Pauvreté devant être tel, qu'on ne 
veuille ni ne puisse posséder aucuns revenus pour son pro- 
pre entretien , ni pour quelque autre usage privé que ce soit. 
Cette règle doit s'entendre non-seulement des individus en 
particulier» mais aussi des Eglises et des Maisons de la Société 
Professe. Et même (quoique ce soit chose permise aux autres) 
pour le Sacriflce de la Messe, ou les Prédications, ou les Le* 
çons, ou l'administration d'un Sacrement, ou pour tout autre 
pieux Office de ceux que la Société peut exercer d'après son 
Institut, il est interdit à ses membres de recevoir d'autre part 
que de Dnso, pour le service duquel ils doivent tout faire dans 
des Yues de piir désintéressement, aucun salaire , ni même 
les aumônes qu'on est dans l'usage d'offrir en retour de sem- 
blables ministères. 

4. Et bien que la Société ait des Collèges et des Maisons de 
Noviciat (b) dotées de revenus, pour subvenir à l'entretien des 
Ecoliers avant leur admission dans la Société Professe et dans 
ses Maisons, ces revenus néanmoins ne peuvent être conver- 
tis à un autre usage, d'après les Lettres Apostoliques exposées 
dans les Constitutions; et ni la Maison des Profès, ni aucun 
d'eux en particulier, non plus que les Coadjuteurs ne pour- 
ront les employer à leur profit. 

5. La Société Professe, outre les trois Yœux marqués ci-des- 
sus, fait un Yœu exprès au Souverain Pontife, comme au 
Vicaire actuel et permanent de Notre-Seigneur Jésus-Christ; 
c'est départir sans alléguer d'excuse, sans demander rien 
pour les frais du voyage , pour quelque partie de la terre qu'il 
plaise à Sa Sainteté de nommer, parmi les fidèles ou les in- 
fidèles , pour des affaires qui ont rapport au culte Divin on 
aux intérêts de la Religion Chrétienne. 

6. Du reste, dans la manière extérieure de vivre ,'sans jamais 
cesser d'avoir en vue le plus grand service de Dieu, elle ne 
diffère point, pour de justes raisons, du commun des hom- 
mes : elle n'est assujettie obligatoirement à aucunes péniten- 



(b) Ces Maisons de Noviciat sont comme des branches des Collèges : 
OD a eootame d'y admettre et d'y éproover, ponr un temps, ceux qui 
doivent être placés par la mite dans les Collèges. 



6 ^X4MBN 6éir£9A|U 

quœ sibi Y^debuntur, mm approbatione Sup^rîQrJs (f), ad 
majorem suî spirjtus profectum coDvenire ; et quas proptef 
eumdem finem Superiores e|$ poterunt in^ponere, 



7. Personarum autem, quœ admiUuntur iq haoo $ocietatem 
generaliter $|imptamt quatuor sqnt classea {d)j si fioem» 
quem ipsa spectat, intueamur : tametai omaea» qui ingr^r 
diuntur, quod ^ ipsos attipet^ quarto classis e$^ debout^ 4e 
qua dicetur. 

8. |p primis aliqui admittuntur» ut Professionem in $opie- 
tate quatuor solemnibus Yotis (ut dictum est) emissis, fa* 
ciant, peractis prius experimentis et ProbatioDibus debitis ; 
et hos sufficienter in litteris eruditos (ut in Gonstitutionibus 
post modum dicetur) et in vita ac moribus diu (quemadmo- 
dum hœc vocatio exigit) probatos, et omnea ante Professio- 
nem Sacerdotes esse pportet. 



9. Secundfi^ c)assis supt, qui in Coadjutores ad DivinuQi 
servitium» et Soçietatis auxiliun) in rébus spiritualjbus yel 
temporalibus admittuntur \ et ii quidem post expérimenta et 
Probatiopes, Yota.Simplicia.Obedieptiœ, Pauper^tisetCasti- 
tatis (omisse quarto ad Summum PontiQcem pertinente» et 
alio quovissolemni) debent emittere, qui sua sorte contenti 
esse debent, intelligentes, eos in conspectuCreatoriset Domi- 
ni Nostri magis mereri, qui majori cbaritate se impendunC 
auxilio et obsequio omnium amore Divins Majestatis, sive in 
rébus altioribus^sivein aliis inierioribu^ etbuipilioribus. 



10. Terti» classia sunt, qui jp Scholasticos adnûttoptur) si 
Ingénie et rellqui^ dotibus ad studia convenientibus pras* 
diti invenifmtiir, ut postquao) docti evaserint» in SocietaleiQ 



(e) Hoeiapariori jadicandom relinqaetnr. lUe autem Ticei raat Gon- 
festario, Tel aliit, qaando eipedire censuerit, potorit delegare. 

\4) Prêter hco quatuor gaoera pertonamm, uonnaUl ad sdlfomem 
Profe^iooein Iriam VoloraiD lantom* juila litlerat Apo^toUcaa JuUI 
Teriii admlUanta". 



EXAUBN GÉNâlAL. 1 

ces, ni macérations régulières ; maïs chacun peut se soumet* 
Ire , ayec le consentement du Supérieur (c), i celles qu'il 
jugera les plus propres a développer en lui l'esprit divin » et 
ell^s pourront lui être imposées par le Supérieur , pour la 
même fiQ. 

7. hes personnes qui entrent dans cette Société forment (il) 
quatre classes, si Ton considère la Société en général et dans 
la fin qu*elle se propose : mais toutes ces personnes, si on les 
considère individuellement, doivent faire partie de la qua* 
trième classe, dont il sera question tout à l'heure. 

8. Quelques personnes sont admises dans la première classe 
pour faire Profession dans la Société, après qu'elles ont pro- 
noncé les quatre Vœux solennels dont il a été parlé, et passé 
préalablement par les Epreuves et les Noviciats obligés. Il faut 
qu'elles soient suffisamment instruites dans les lettres, comme 
pn le dira tout à l'heure dans. les Constitutions, et que leur 
vie et leurs mœurs soient depuis longtemps éprouvées pour 
répondre au caractère de leur vocation. De plus, tous doivent 
être Prêtres avant la Profession. 

P. Font partie de la seconde classe, ceux qui sont admis au 
nombre des €oadjuteurs pour le service Divin et Taide de la 
Société, dans les choses tant spirituelles que temporelles. 11 
faut auparavant qu'ils aient subi les Epreuves et les Noviciats, 
et prononcé les Vœux simples d'Obéissance, de Pauvreté et de 
Chasteté : ils ne prononcent pas le quatrième, celui qui a 
rapport au Souverain Pontife, ni aucun vœu solennel. Il est 
de leur devoir d'être contents de leur sort, considérant que 
ceux-14 sont les mieux méritants aux yeux du Créateur et de 
N.-S. J<^M qui se dévouent avec la charité la plus grande 4 
l'assistance et au service de tous, par amour pour la Divine 
Majesté, dans les emplois les plus humbles comme dans les 
plus élevés. 

10. Font partie de la troisième classe, ceux qui sont admis 
au nombre des Ecoliers. Or, ceux-là seulement sont admis 
parmi les Ecoliers, i qui l'on a reconnu de l'intelligence et 

(c) Od lafssera cela à décider aa Supérieur : cependant, il pourra 
s'en remettre au Confesseur ou à d'autres, quand il le jugera à propos, 

(d) Outre oea quatre classes, quelques-uns sont admi<i à la Profession 
solennelle des trois Vœux senlement, .conformément aux Lettres Aposto- 
Uquea de Julea III. 



8 EXAMEX GÉNÉRAL. 

ingredi, et Professi, vel Coadjulores (prout judicabitur expe- 
dire) esse valeant ; hi autem, ut Scbolastici Societatis approbali 
censeantur, post expérimenta, et Probationes, eadem tria 
Yota simplicia, Paupertatis, Gastitatis, et Obedientiœ, cum pro- 
missione ingrediendi Societatem in altero prius dictorum mo- 
dorum (ut in Gonstitutionibus videbitur) ad majorem Dei 
gloriam emittent. 



14. Quartse classis sunt, qui indeterminate ad id admittun- 
tur, ad quod idonei esse, temporis successu, invenientar; 
nondum statuente Societate, ad quem ex dictis gradibus eo- 
rum talentummagissitaccommodatum. Illi autem indifTerentes 
ingredientur, ad quemvis ex dictis gradibus, qui Superiori vi- 
deatur : et ex parte sua omnes (ut dictum est) eadem animi 
dispositione ingredi oportet. 

12. Ad bœc, antequam quisquam admittatur ad Professio- 
nem, vel simplicia Vota Goadjutorum, Sebolasticorum supe- 
rius dicta, secundum Institutum nostrum emittere teneatur, 
biennium integrumad Probationem babebit (e) : et ut admit- 
tantur Scbolastici, ad quemvis ex prioribus gradibus, Profes- 
sorum,yel Goadjutorum formatorum, unum adbucannum 
post absoluta sua studia exspectabunt : quod tempus, cum 
Superiori visum fuerit, poterit prorogari. 

45. Hoc medio tempore duorum annorum in quo babitus 
uUus certus Societatis non sumitur ( D ante prœflnitum tem- 
pus, in quo Votis eos ligari in Societate oportet ; videra unus- 
quisquo, et considerare débet Diplomata Apostolica Institut! 

{e) QaamTîa biennil tempas prsflgatar, taroen nec libertas, nec nti- 
litas illa ipiritaali.% vel niTitoin, qaod coofeqni solrnt, qui Christo 
Domino noeiro se obilringunt, illia adimttar, qni ante id tempai Tota 
sua off rre ?olent : licet con?cniat sioe Siiperioris facuUata ea dod 
eniilli. Nec latiicn, quod ea emiserint, propterea» ante ordinarimn 
tempus admitteulur ad Professioaein» Tel in Coadjatoret formaloa, Td 
ia Scholast*cos approbalos. 

(/)Quafn?!8 bahilos iiulluf eertas Bit» discretioni tamen ejns, qol 
ruram hatift Doinii^, relinquitnr, an cum eiidem Tettibas, quas ri 
tscnio lit'eninl, incfilere tint pf rmîttendi ; an cum alils eat permalari 



EXAMEN GÉNIÎRAL. 9 

les antres qualités nécessaires à l'étude, pour qulls puissent, 
après qu'ils seront versés dans la science, entrer dans la So- 
ciété et devenir Profès ou Coadjuteurs, selon qu'il sera jugé 
â propos. Avant d'être considérés comme Ecoliers approuvés 
de la Société, ils subiront les Epreuves et les Noviciats, et 
prononceront, pour la pi us grande gloire de Dieu, les trois Vœux 
simples de Pauvreté, de Chasteté et d'Obéissance, avec pro- 
messe d'entrer dans la Société de l'une des maniéres'dont il 
est parlé plus haut, ainsi qu'on le verra dans les Consti- 
tutions. 

il. Font partie de la quatrième classe, ceux qu'on admet 
provisoirement à des emplois pour lesquels l'expérience 
démontrera leur aptitude : la Société ne décidant pas encore 
auquel des grades ci-dessus nommés la nature de leur talent 
les appelle. Ils entreront indifféremment dans celui des grades 
que le Supérieur jugera à propos de leur conférer, et tous, 
comme il a été dit, devront y entrer dans une disposition 
d'esprit pareille. 

12. En outre, avant d'être admis à faire Profession, ou d'élro 
tenu de prononcer, suivant la règle de notre Institut, les trois 
Vœux simples des Coadjuteurs ou des Ecoliers, dont il a été 
Cait mention plus haut, on fera deux années entières de No- 
viciat (e). Les Ecoliers, avant d'être admis aux grades supé- 
rieurs de Profès ou de Coadjuteurs formés, attendront encore 
un an, après leurs études achevées : ce temps pourra être al- 
longé, lorsqu'il plaira au Supérieur. 

AS, Dans l'intervalle des deux années qui précèdent le temps 
fixé pour prononcer les Vœux par lesquels on se lie à la So- 
ciété ( intervalle dans lequel on ne prend aucun habit parti- 
liculier à la Société] {f), chacun doit voir et examiner les Actes 

(e) Qnolqae Von fixe le terme de deox ans, oepeodaDt on n'apportera 
/locaa obstacle à la liberté et à la déyotion de ceni qui voudraient offrir 
leun vœux avant ce temps, et l'on ne veut point leur enlever rnliUté 
spirituelle ou le mérite que peuvent acquérir ceux qui se lient au Sei- 
goeor : cependant il faudra attendre la permission du Supérieur avant 
de prononcer ces vœux. Du reste, après les avoir prononcés, on n'en 
sera pas admis davantage avant le le nps r^gté, snit à la Profession, 
soit an nombre des Coadjuteurs formés ou des Écol ers approuvés. 

(f) Quoiqu'il n'y ait aucun habit déterminé, cependant on laisse à la 
discrétion de celui qui a soin de la Maison, de leur permettre de porter 
les faabHs qu'ils avaient dans le monde» ou de les en faire ctianger, o" 



40 EX^MEM OtSiiBiAL. 

Societatis» 6t Constitutiooes ac Régulas (g}^ quas in ea est ob- 
servaturus, idque non semcl. Primum enim id fiet» dum ia 
Pomo Primsa Probationis erunt; in quam qui Societatem in- 
gredi voluni;, hospitum more ad duodecim, vel quindecim 
dîes, ut res suas melius considèrent» soient admitti, ante- 
quam in Domum, vel Gollegium Societatis ad cohabitandum 
aliis, et inter eos versandum (h) ingrediantur. Secundo id 
fîet, se^ mensibus Experinn^ntorum* et Probationis elapsis.. 
Tertio post alios sex menses; et sic deinceps donec Professio- 
nem, qui studiis absolutis Professus, et tria Yota^ qui Coad* 
jutor, et tria itidem Vota cum suapromissione,quiScholasticu9 
approbatus. est futurus, emittat. Quod ideo fit, ut utrimque 
majori cum claritate et cognitione in Domino Nostro proceda- 
tur, et ut quanto £uerit magis probata singulorum constantia, 
tanto stabiliores ac firmiores sint in Divino servitio et voca- 
tione prima, ad gloriam et bonorem Divin® Majestatis. 



oportoat : aat eon detcreolur, an alin tribuatitar, qa» magh coa?6- 
niaot Tel ipsis» ut qua parte opus babent, joveutur, vd Domui, ul 
eorojD O: era uti possit. 

(g) Noa oport^it Con(lUiiiioa''£ uiârersas sb Us, qui noTî accediml. 
\eg}; 8cd cjoinpendiuni qnoddim eoruiii, Qbi quisque quid sibi obsrrTaa- 
duQi bit intclligat : Disi forte Supcrijri YiJer^ur, ali ui pccuUares ob 
causas, omnes osleudi oportere. 

(h) DfcUnr, ad eobabHandam aliia, et inter eoa Tersaadoms quia la 
lagresia, duodccim tH qulndeeim diet, ? el asque ad Tigiatl, teorioiq 
in Domo Frira® Probationis teneri »oleot ; ut in prtnM parte Comtltv- 
tionnm Tidcbilur. 



EXAMEK fiâvéAAL. 41 

• 

Apostoliques qui ont rapport à Tlnstitut de la Société, les 
Constitutions (g), les règles auxquelles il devra se conformer, 
et répéter plusieurs fois cet examen. 11 commencera pendant 
le temps qu'il passera dans la Maison du Premier Noviciat, 
Maison où ceux qui veulent entrer dans la Société ont cou- 
tume d'être admis en qualité d'hôtes pendant l'espace de 
douze ou quinze jours, pour qu'ils puissent se consulter à 
loisir avant d'entrer dans la Maison ou le Collège de la So- 
ciété et y partager l'habitation et la vie communes [h). Il re- 
nouvellera cet examen au bout de six mois d'Epreuves et de 
Noviciat. Il le reprendra une troisième fois, quand six autres 
mois se seront écoulés ; et ainsi de suite, jusqu'au moment où 
celui qui doit devenir Profès, après l'achèvement de ses étu- 
des, fera Profession ; où celui qui doit devenir Goadjutenr 
prononcera les trois Tœui; où celui enfin qui doit devenir 
Ecolier Approuvé prononcera également les trois Vœux, 
&vec la promesse qui y est jointe. Cette mesure est établie, 
pour qu'il soit procédé de chaque côté en Notre- Seigneur 
avec plus de clarté et de connaissance, et pour que la mul- 
tiplicité des Epreuves, où chacun aura développé sa con- 
stance, le rende d'autant plus ferme et persévérant dans le 
service de Diecr et sa vocation première, à la gloire et à i'hon* 
neur de la Divine Majesté. 

quand les premiers seront usds, de leur en donner d'aalres plus con- 
venables à leurs besoins ou an service de la Maison* 

(g) Il ne faudra pas donner les Constitutions tont entières à lire aux 
nouveaux venus, mais seulement un abrégé de ces Constitutions, où ils 
verront ce qu'ils doivent observer : à moins» pourtant» que le Supé- 
rieur ne trouve bon, pour des raisons particalières, de les faire voir 
tout entières à quelqu'un. 

{h) On dit « pour partager Tbabitation et la vie communes, « parce 
qu'après leor eotrée, on. a l'habilude de les tenir séparés dans la Mai- 
ion du Premier Noviciat pendant douze, ou quinze» ou même vingt jours, 
comme on le verra dans la première partie des Goustitutions» 



-12 EXAMEN GÉNÉRAL. 



CAPUT II. 

De qtdbusdam casibus {a), qw>s itUerrogari oporlet, an acciderint 

Us, quU SoêkkUemingredi peluni. 



1. Ex iis casibus, quibus bonestas ob causas omnes ioter- 
rogari oportet : primus est, recessisse a gremio Sanctae £c- 
clesi», fidem abnegando ; yel in errores contra ipsam sic in- 
currendo, ut damnatus ob aliquam propositionem bœreticam 
quis fuerit; velut suspectusbœresis [b) per sententiam publi- 
cam declaratus ; vei si infamis ob excommunicaiionem, tau- 
quam schismaticus, spreta auctoritate et providentia Saact» 
Matris Ecclesiœ, exstiterit. 

2. Sccundus est, bomicidium aliquo tempore perpétrasse» 
vel publice infamem (c) propter enormia peccata fuisse. 

5. Tertius est, babitum sumpsisse alicujus Religionis Fra* 



(a) Quamvis ea qaœ sequoQ'ur, impedimenta sint, qo» a Sodetate 
excludunt; tamen non ut impedimenta proponi debent, doneo Yeritas 
eliclatur. Qui enim duceretardesiderioingrediendi Socielatem, aeci- 
père occaUonem posset yeritatem cel :ndi, si hœc impedimenta essa 
intell igeret, etc. Et nibilominot admoneri Confessariam oporiet, at si 
quis Tere non respondisset, ejns conscientiam de ea re exslimulet. 

(b) Qui tnspedos esset de opinione aliqna erronea, in re^ad Catho- 
Ucam Fid> m pertinente; constat* quamdiu suipicio manet, eam non eise 
admiltendum. 

(c) Haec inramia co ia looo exdudit, ubi ea eistat. Qui tamen in remo« 
tihsimis locis in eam incidisset i cum omnino ad Divinnm servitium se 
rc epissct, hujnsmodi iiifamia cum a Societate non exduderel : qnamTîs 
eamdem in bujusmodi bominis probatione magis circamspectam roddere 
dcbeat. 



EXAMEN fiillélAI.. IS 



CHAPITRE It. 

De certains cas (a) sur lesquels il faut interroger ceux qui deman' 
dent à être admis dans la Société, afin de sawir i'iU y soni 
tombés. 

\. Le premier de ces cas sur lesquels» par des motilis hon«* 
nétes> quiconque se présente doit être' interrogé, c'est 
6*11 ne s'est pas éloigné du giron de la Sainte Eglise en 
reniant sa foi, ou en entrant contre elle dans une erreur qui 
Vait fait condamner pour quelque proposition hérétique, ou 
déclarer par sentence publique suspect d'hérésie (b) ; ou s'il 
n'a point été réputé infâme pour s'être fait excommunier 
comme schismatique et contempteur de l'autorité et provi- 
dence de notre Sainte Mère l'Eglise. 

2. Le second, s'il ne s'est rendu coupable d'homicide en 
aucun temps, ou s*il n'a point attiré sur lui la réprobation 
publique (c) pour des péchés énormes. 

5. Le troisième, s'il n'a pas vécu pendant quelque temps 



(a) Quoique les cas saivants soient des empêchements qui excluent 
de la Sociéié, cependant il ne fau^lra point les préseoter comme drs em- 
pêchements, jusqu'à ce qu'on ait arraché la Térité. En effet, celui qui 
aurait un vif désir d'entrer dausla Socîélé, pourrait prendre occasion de 
cscher la îérité, s'il savait que ces cis sont des empêchements, etc. Néan- 
moins, il faudrait avertir le Confeiseur de presser la conscience de l'exa- 
miné, s'il arrivait qu'il n'eût point répondu la vérité. 

(b) Si quelqu'un a été suspect d'opinion er. onre en un point relatif 
i la Foi Catholique, 11 est bien entendu qu'il ne peut être admis tant que 
le soupçon durera. 

<c} Cette note d'infamie est un motif d'exclos'on de la Société, dans 
le pa)6 même où elle a été imprimée. Biais celui qui l'aurait méritée 
dans des 1 eux très-éloignés, et qui Tiendrait ensuite se réfugier d ns le 
servie de Dieu, ne serait point exclu de la Société : cependant, la So- 
ciété devrait être plus clrcon&pecte dans les épreuves qu'elle lui ferait 
subir. 

2 



44 ESAMEH généeal. 

trum, vel Glericonim, vitam aliquamdiu in obedientia cam 
eis agendOy sive emissa, sive non emissa Professione ; vel Ere- 
mitam cum yestibus llonachalibus fuisse. 

4. Quartus est, vinculo matrimofiii consummati, vel servi- 
tutis legitimae ligatum esse. 

5. Quintus, iniirmitatem pati, unde obscurari, vel parum 
sanum judicium èi reddi soleat; vel dispositioùem notabilem 
ad hujusmodi infirmitatem babere. 

6. Praedicti casus impedimenta sunt, cum quorum aliquo 
neBio în Societatem admitti potest : cum Ifobfs in IN^mino vi- 
deatur ( praeter alias causas) quod qui in eam suni ingressuri 
ad bene et fideliter evangelizandum, et in agro Domini ver- 
bum Divlnum semtnandum, eo aptiora ad id instruinenU 
erunt, que minus primi et secundi defectus notam babueriol, 
propter consuetam muUis et eommunem infirmitatem. 



Cum tertio etiam non àdmittuntur ; quod Nobis în Domino 
videatur» eum qui bonus Ghristianus sit, debere firmum esse 
in sua prima vocatione ; prsesertim cum illa tam sit saneta, 
inqua scilicet quis, universo sœculo relicto, se totum dedicat 
majori servitio, et gloriae sui Greatoris et Domini. Postremo 
sic Nobis persuademus (praeterquam quod major sit futura 
œdiûcatioproximorum) eo melius in Domino, ipsius gratia 
aspirante, conservari posse omnes Professes, Goadjutores 
atque Scholasiicos, que magis liberi fuerini ab bujusmodi 
impedimentia, ae veluti unios coloris et similitudinis omnes. 



Nullus etiam admittitur cum duobus ultimis impedimentis. 
Nam quartum esset cum dctrimento proximorum, si uxoris 
vel domini consensus, non obtineretur, aliœque circumstan* 
tiœ, prout ratio juris exigit, observarentur. Quintum etiam 
io>damnum esset non médiocre ipsius Societatis. 

7. Si aliqnod ex bis impedimentis in quoquam detegere- 
tur, non est quod ulterius in interrogationibus procedatur; 
sed qui Examinatorii ofOcio (ùngitur, quoad ejua fleri poterit, 



EXÀM9N GiSnAbaL. 45 

ça contpagnie das Frères ou des Clercs de quelque religion, 
en prenant leur habit et se soumettant à leur règle, qu'il ail 
fait ou non Profession; ou s'il n'a point été Ermite sous la rolK) 
Monacale. 

4. Le quatrième, s'il n'est point engagé par les liens d'un 
mariage consommé, pu par ceux d'une servitude légale. * 

5. Le cinquième, s'il n*est point sujet à quelque inQrmité 
qui^it pour effet ordinaire d'obscurcir ou d'altérer son juge- 
ment; ou s'il n'éprouve point une disposition notable à une 
infirmité de cette nature. 

6. Les cas que nous venons de dire constituent des empê- 
chements tels, qu'aucune personne, si elle se trouve dans 
une seule de ces conditions, ne peut être admise dans la So- 
ciété. Il Nous parait en effet (sans compter bien d'autres rai- 
sons) que ceux qui doivent entrer dans la Société pour bien 
et fidèlement évangéliser et semer la parole divine dans le 
champ du Seigneur, seront des instruments d'autant plus 
propres à réaliser ces flns^ qu'ils ne se seront pas déshonorés 
par les crimes du premier et du second cas, vu la ftiblesse 
naturelle à la plupart des hommes. 

€eux qui sont dans le troisième cas ne sont pas davantage 
ràmis : il Nous parait dans le Seigneur qu'un bon Chrétien 
doit être ferme dans sa première vocation, surtout quand elle 
est si sainte, que, laissant de côté tous les intérêts du siècle, 
on se dévoue tout entier au plus grand service et à la plus 
grande gloire de son Créateur et Seigneur. Nous nous per* 
suadons enfin qu'outre l'édification plus grande qui en résulte 
pour le prochain, on n'a que plus de facilité, avec l'aide de la 
grâce Divine, à conserver dans le Seigneur tous les Profès, 
Coadjutenrs et Ecoliers, quand lis sont plus libres de ees em- 
pêchements, et qu'ils n'ont tous, pour ainsi dire, qu'une même 
Couleur et ressemblance. 

Personne non plus n'est admis avec les deux derniers 
empêchements. Le quatrième, en effet, porterait préjudice au 
prochain, si l'on n'obtenait point le consentement de l'épouse 
ou du maître, et si Ton n'observait point les autres formalités 
qu'exige la loi civile. Le cinquième enfin ne causerait point 
un médiocre dommage à la Société' elle-même. 

7. Si Ton déeouvrait dans la personne qui se présente quel- 
qu'un de ces empêehements, il serait inutile de poursuivre 
l'interrogatoire : mais celui qui fera les fonctions d'IS:i^amio'- 



4f) EXAMEN GÉN^HAL. 

eumdein consolando, dimittat : si niillum esset taie, ulterius 
ciaminctur {d) sequenti modo (e). 



CAPUT III. 

De quibusdam interrogalionibuiodeos, qui ingredi volunt^ magis 

cognoscendos, 

1. Ad majorem personarum notitiam, aliqiia sunt interro- 
ganda, quibus vere omnino, et sincère respondere oportet (a): 
et si quiderit, quod secretum requirat, idobservabitur, ut par 
erit, et interrogato placiierit. incipiendo itaque a nomine, 
interrogetur primum, quo nomine vocetur, quotannos natus 
sit, quœ sit ejus patria. 

3. An sit ex legitimo matrirponio, nec ne : quod si ex ille- 
gitimo,quo pacte id sit, interrogetur. Num a progenitorihus 
Jam olim Gbristianis, an a niodernis descendat. 

An aliquis ex ejus progenitoribus notatus fuerit, vel decla- 
ratus ob aliquem errorem contra Nostram Christianam Reli- 
gioneni» et quomodo id sit. 

(d) Ceternm, i>i In eo d ma allqna Du lllos'riora cemerentar; il1e« 
qui examinandi roanore fuDgilar, antequam eum dimittat» rem eaia 
Superiore rouferat. ^ 

(é) Ordo Examin'8 est, in primis proseqoi id, de qao omnet in*eiTO- 
gantar ; secundo, de quo speciatim litterati ; tertio, de quo etiam specta- 
liter illi» qui in Goadjulores; quarto, de quo illi, qui in Scbolar^s; 
qotnto, de quo illi, qui ot indiferentes admitlnotur. Et primo qtrdem 
allingitnr, qnod ad penooas pertinet; ddade, quod illis est ol^ser- 
▼andurp. 

(a) Obligatio Tara dicendi In Eiamine, ad pe ratura esse débet; et 
qn'dem eidem^ cni, quod eèlalum est, aperienda<n erat, vel qni ejos 
locnn teoeat. reserratum ; ut frans eTitelar, qiue locum habere postet, 
al quia sincère siio Superir.ri animuni smiin non declarareft : nnde in- 
commoda, et qu'dem in totios Suddalita non mediocve d«4rinieatutB 
possent orîri. 



EXAMEN GÉNIAL- 47 

teur devra, autant que possible» consoler la personne en la 
congédiant {d). D'autre part, si aucun de ces empêchements 
ne se rencontre, on continuera l'examen de la manière sui* 
Tante («). 



CHAPITRE III. 

Jk certaines questions propres à faire mieux connaUre ceux qui 

veulent entrer dans la Société. 

4. Pour arriver à une plus entière connaissance des per- 
sonnes, il y a quelques^ questions à faire, auxquelles elles 
doivent répondre en toute vérité et sincérité (a) : s'il arrive 
que sur quelque point le secret soit nécessaire , il sera gardé 
convenablement et comme l'examiné le désirera. Commen- 
çant donc par le nom , on demandera au postulant son nom , 
son âge, son pays. 

2. On lui demandera s'il est né de mariage légitime ou non : 
dans le dernier cas, d'où vient l'illégitimité. S'il descend de 
parents depuis longtemps Chrétiens, ou qui le sont devenus 
récemment. 

Si quelqu'un de ses parents s'est fait remarquer ou censurer 
pour quelque erreur opposée à la Religion Chrétienne , et 
conmient cela est arrivé. 

(d) An reste, si l'on remarquait en elle qnelqaea dons éclatants de 
DiBu, celui qui e4 chargé de TExaineii, avant de la congédier, en con- 
férerait avec le Supérieur. 

{$) L'ordre de VExamen est tel : On fait d'abord les questions qui re- 
frardent tout le monde ; en second Heu, celles qui regardent spéciale- 
ment les lettrés ; en troisième lieu, celles qui regardent les Coadjuteurs ; 
en qnatinème lieu, celles qui regardant les Écoliers; en cinquième lien, 
celles qui r gardent les indilTérents. On commence par ce qui a rapport 
anx personnes, et l'on continue par les règles. 

(a) On doit d<re la vérité dans TEiamen sous peine de péché, et de 
péché réservé à celui à qui Ton devait découvrir ce qu'on a caché on à 
celui qui tenait sa place* afin d'éviter la fraude qui pourrait avoir lieu, si 
quel]n'un ne découvrait pas sircèrement son âme à son Supérieur, et dé 
prévenir les grands dommages qui en résulteraient pour la Société en- 
tière. 

2. 



An p?treni habpat; et matrem ; et quae siqt epruiQ PQmiiia ; 
qusQcondiÙo, et offlcium, et modus Vivendi s|t illiâ : et an re^ 
rum temporalium penuria premaptur (b) : an illarum cpmmor 
ditate potiantur : et quo pàcto id habéat. 

3. Si quo tempore in didicultatem, vel dubium aliquod 
incideret circa ses alienum, vel quod teneatur subvenire pa- 
rentlbus, vel consanguineis in spirituali, vel corporali, vel 
quavis alia temporali necessi^te çopstitutis, eos Invisendo, 
vel alia ratione ; num proprio sensu ac jùdicio deposito, con* 
scienti» vel judicio Spcietatis, vel sui Superioris, id velit re- 
linquere, ut,'cum statuent ille, quod in Domino judtum esse 
senserit, ei acquiesçât. ^ * 

4. Quot ff atres et sprores habeat» et quts eorum sit status, 
nuin niatrinionii, an alius : quod ofRcîam, àut Vivendi modum 
babeant. 

5. Num aliquando verba ediderit, quae ad matrimonium 
illum obligareVideantur (c), et quo pacte id sit. An babuerit, 
vel habeat filiùm aliqueni. 

6. Num babeat ses alienum, aut ci viles obligationes : quod 
si babeat, quantœ et quales eaè sfnt. 

7. Numdidicerit a^tem aliquam mecbanicam. Num légère 
et scribere sciât :et si scit,probetur, quo modo utrumque fil- 
ciaty si aliunde non sciretur. 

8. Num habuerit, vel babeat morbum aliquem occultum» 
vel manifestum, et qualem; eum speciatîm fnterrogando» 
num vexationem aliquam stomachi, vel capltis, vel quod vis 
aliud impedimcntum naturale, seu defectum in aliqua sui 
parte patiatur. Et faoc non soluni interrogetur, sed, quoad 
fleri pôtest, înspiciatur. 

9. Num aliquos Ordines Ecclesiasticos susceperit. Num ali* 



{h) Si prœsens et ex'rema necetsltâs atixlllieorannnrgeret; eoDstat^ 
bajqsmodi admiiti noo debere. Raro tamen hajaimodi nécessitas solet 
accidere, 

(e) Si spopoodisset per Terba de présent], malrlmoniom consnm- 
mande. ?el inodo atiquo pari ; dacrrelor U quartum batiere imppdl- 
nientum» corn qao oemo in Societatcm admîtti* potest; nlsi adiint 
condiliooca illff, quœ eiigi soient, ut conjugatui Religionepi ingredi 
pocsil. 



S'il a spn p^re e| ça mère , et qiieis sont lemrs poins ; quelle 
est lèiir condition , leur emploi , leur genre de vie ; s'ils sont 
daiis le l^esoin des choses temporelles (6) ou s'ils jouissent des 
commodités de la vie, et comment cela est arrivé. 

5. Si y dans le cas où il viendrait à avoir quelque douta ou 
quelque scrupule sur leurs dettes, et dans celuj oà il se croi-^ 
rait tenu de porter secours à ses parents ou à ses proches,' 
engagés dans quelque affliction spirituelle ou temporelle , soit 
en les visitant, soit de toute autre façon; si dans ces cas, 
disons-nous, il serait disposé à abandonner son propre sens, 
pour s'en remettre au jugement et à la conscience de la So- 
ciété ou de son Supérieur, et adhérer à ce que celui-ci croi- 
Tait juste de fkire en Notre-Seîgneur Jésus-Christ. 

4. Combien il a de frères et de sœurs, et quelle est leur situa- 
tion ; s'ils sont mariés ou non ; ce qu'ils font , comment ils 
vivent. 

5. S'il a jamais tenu des paroles qui semblent l'obliger au 
mariage [c) et comment cela est arrivé. S'il a eu ou s*il a quel- 
que enfant. 

6. S'il a des dettes ou des obligations civiles; s'il en a» 
quelle en est la quantité et la nature. 

7. S*il a apptis quelque art mécanique. S'il sait lire e| 
écrire : s'il le sait, on éprouvera comment il s'en acquitte, si 
on ne Ta pas appris d'ailleurs. 

8. S'il a eu ou sll a quelque maladie cachée ou apparente , 
et de quelle nature. On lui demandera spécialement s'il éprouve 
quelque douleur d'estomac ou de tête , ou tout ^ulre empê- 
chement naturel ; s'il a quelque défaut dans une partie de son 
corps. Et non-seulement on le lui demandera , mais on s'en 
assurera par la vue , autant que faire se pourra. 

9. S'il â reçu quelqu'un des Ordres Ecclésiastiques. S'il s'est 



(b) Si les parents se troavaîent dans nne nëcessité si extrême, qu'ils 
ne pussent se passer des secours de leurs HIs, il est éTîdent qu'on ne sau- 
rait admettre iceux-ci. Cependant, une nécessité de cette nature se pré- 
sente rarement. 

(c) S'il était lié actuellement par une promesse suivie de la consomma- 
tion du mariage ou par un aulra eng^gem^nt de même nature, il tom- 
berait dans le quatrième empêchement, lequel exclut de la Société ; à 
moins qu'il ne se trouvât dans les conditions, qu'on demande d'ordt'* 
iiaire, pour permettre à un homme marié d'entrer en reli ion. 



20 EXAMEN GÉNÉRAL. 

quam obligationem yoti habeat, quale est peregrinationis, vel 
aliud quodcumque. 

10. Quem modum, Tel aDimi propensionein habuerîfc in 
tenera œUte, et postea hue usque, ad res suaB conscienti» sa- 
lutiferas : primum circa orationem, quoties orare solebat in- 
terdiu et noctu, quibus horîs» qua corporis compositione, 
quibus oratioDibus, et cum qua devotione vd seoau spiri- 
tualh 

Qnomodo se habuerit circa audiendasMissas, etaliaDiyina 
Officia, et Gonciones. Quo modo circa lectionem rerum pia- 
rum, et bonorum virorum familiaritatem. Quo modo circa 
meditationem vel considerationem rerum spiritualium. 

11. Interrogétur, an habuerit, vel habeat conceptus aliquos 
vel opinïones ab iis différentes, quae communius ab Ecclesia 
et Doctoribus ab eadem 'approbatis tenentur : et si quando 
hujusmodi opiniones animum subierint, num paratus sit ad 
judicium suum submittendum , sentiendumque, ut fuerit 
constitutum in Societate de hujusmodi rébus sentire 
oportere. 

42. Interrogetur, an quibusvis in scrupulis, vel difflculta- 
tibus spiritualibus, vel aliis quibuscumque, quas patialur vel 
aliquando pati contigerit, se dijudicandum relinquet, et ae- 
quiescet aliorum de Societate, qui doctrina et probitate sint 
prœditi, sententiis {d). 

15. An omnino decreverit saeculum relinquere, et consilia 
Domini Nostri Jesu Christi sequi. 

(d) Pertooanim bojasmodi eleetlo, qnibos te Judicandiini relinquere 
d^et is qui in bajnsniodi difflcultatibus Tenstur, pênes Saperîoremertf, 
ti subditoea placueril; Tel pênes sabditum, si Saperior eam approbaverif s 
€ui si in casa aliqa^,et propter causam aliquam juslan, yiderelnr ad 
Dki obsequiam forf, inajasqae auxilitim illian, qni hujasmodi difllcnlta- 
libns laborat, ut aliquis, tel etiam plures eoruro, qui judicaturi snot de 
eU, extra Societatem assainaniur, perinitU pot> rit : electione tamen. Tel 
f alif m approbatione eorum pênes Superiorr m (ut dicturo est) manente. 
Si dirficultates hnjusmodi ad personam ipsius Superioris perCinerent; 
dectio Tel approliatio, de qua dixinms, pênes Coucultores erit. Qui ta* 
men Pnppof^itoGeoernli Tel ProTinciali inferorescet, s' ne alicujus eorura 
facultate, licet Rector sit Coliegii, Tel alicujus Domus Prvpositiis^ nec 
ooosUtnere poterit, née permittf re, nt hnjiisrnodi difliciiltatei ad auani 
personam peHineDter, arbilrio aliomm Min Sooietetem aabjioiantar. 



EXAIIBN GISNÉRAL. 21 

engagé par quelque vœu , comme celui de pèlerinage ou tout 
autre. 

40. Quelle a été sa conduite et quelles ont été ses disposi- 
tions d'esprit depuis son jeune âge, jusqu'à ce moment, par 
rapport aux affaires de son salut et de sa conscience. Et d'a- 
bord, pour la prière , combien de fois avait-il accoutumé de 
prier pendant le jour et pendant la nuit, à quelles heures, 
dans quelle attitude ; quels étaient ses prières et sa dévotion 
ou les sentiments de son âme. 

Comment il s'est comporté pendant la Messe, pendant les 
autres Offices et les Sermons; comment, pendant les lectures 
de piété, et dans la société des gens de bien ; comment, dans 
la méditation et la contemplation des choses spirituelles. 

14. On lui demandera s'il a eu ou s'il a quelques idées ou 
opinions différentes de celles qui sont adoptées le pins com- 
munément par rÉglise et les Docteurs qu'elle approuve; et 
dans le cas où des opinions de cette nature trouveraient place 
dans son esprit, s'il est prêt à soumettre son jugement à celui 
de la Société , et à penser comme elle aura décidé qu'on doit 
penser sur ces matières. 

42. On lui demandera si dans les scrupules et dans les doutes 
spirituels, ou de toute autre nature, qu'il éprouve ou pourra 
éprouver par la suite , il se laissera conduire et régler par les 
avis d'autres personnes de la Société , pourvues des lumières 
et de la probité nécessaires (d). 

15. S'il a une résolution ferme de quitter le monde, et de 
suivre les conseils de N.-S. J.-G. 



(d) Le choix des personnes au jugement desquelles 11 .'evra souroetirc 
ses dOQtt s dépendra du Supérieur, ai toutefois il y adb'^re; vu dépondra 
de lui-même, si le Sup 'rieur l'approuve. Dans le cas oil, pour de justes 
raisons, le Supérieur jugerait plus utile au service de Dieu et plus pro- 
fitable à celui qui est tourmenté par ces doutes, d'appeler, pour les dé- 
cl'er, une on plnsieu^'s personnes étrangères à la Société, rien n'empô- 
cberait de le faire; le droit de choisir, ou du moins d'approuver ces 
personnes, demeurant toojourg an Supérieur, comme il a été dit. Si des 
douies de celte nature venaient à surprendre le Supérieur lui-même, 
le chois ou rappro!>8tion dont nous parlons sc^r'^it au pouvoir des Goo- 
soltears. Mais tout inférieur du Général ou du Provincial ne pourra, sans 
l'antorisation de l'an on de l'autre, fût-il Recteur d'un GoUége on Supé- 
rieur d'une Ma'aoo, établir ou permettre que des doutes à lui personnels 
foieQtsouffiia an jugement de personnes étrangéfea à la Société, 



Qumù dndoni ^eereyetii, ia ^nere acilioet, naiMlo 
tiare. Postquam id apud se statuit, an in ea animi senleotte 
remissior factus fuerit, et qiiatenus. A quo tempore desfde- 
ria hase reniintiandi sœculo et consilia Chriati Domini Noatri 
acquendi snboriri ei cœperint ; vel quibua signis, a«t cauais 
ftd id moventibus, ei ia mentem venerint. 

44. Num deliberatum habeal animi propositum yWeiidi, •! 
moriendi in Domino^ cum bac, et in bac Soeietate Jeso, 
Creatoris et Domini Nostri : et a quo temporo, ubi, el per 
quem primum ad id motua fuerit; 

Si negaret se a quoquam de Sodelata motum fuiaae» pro« 
grediendum erit ulterius : si allQrmaret so fuisse motum 
(quamyis licite, et cum merito moreri potuisset) ad majo- 
rem tamen ipsius utilitatem spiritualem fore videtur, ai tem- 
pus ei aliquod priescribatur, ut ea de re cogitando» €reatori el 
Domino suo se totum eommendet, perinde acsi nullua de 80- 
cietate ipsum movisset ; ut majori cum robore apiritua pro* 
cedere ad majua obsequium et gloriam Divinaa Majeatatîa 
poasit. 

13. Si post hujusmodi considerationem aenserit, ae judica^ 
yeritsibi valdeoonvenire Societatis ingreaaum ad mi^Jorem 
laudem et gloriam Dbi, et ut melius saluti, etperfectionitum 
anim» su», tum proximorum suorum incumbat; et peatult* 
verit in eamdem Nobtscum in Domino admitti, tune ulterioa 
in Examine procedi poterit. 



CAPUT IV. 

D$ rebuê quibusdam, quat prmeipuè $ein mi aoiHwtiif, qm èi 
Soeietaiem admiHuiaur, ex iU, quoi in ip$a cburvart Meni. 

4 . Proponatur illîs, quod base mens fticrit eorum, qui primi 
in banc Societatem convencrunt, ut in ea ii admitterentur, 
qui sœculo renuntiassent, et Da servitio se omnino manci* 
pare sive in bae, sive in alia Religione atatuissent Quocirea 
quicumque Societatem ingredi volent, antequam in Domoall* 
qua vel GoUegio ejua vlvere aub Obedientia inclpiaiily debeol 



fiepfrfs foel fsnipt^ à pe» prés» U a foraiié ie émtàn 4e re- 
aooeM' m monde; si , ctepats qu'il a pris celte résolution » il 
s'est senti faibiir, ei jusqti'à qael point A quelle époque ce 
désir de renoncer au siècle et de suivre les conseils de N.-S. 
J.-€, a-t^il commencé à s'élever dans soé esprit } quels sont 
les signes ou les causes qui l'y ont fait naître. 
. 14. S'il est fermement décidé à vivre et à mourir dans le 
Seigaetir avec et dans la Société de iiaen^ notre Créateur et 
Motre^Seîgneur ; et depuis qud temps» oû^ et par qui il a été 
porté à prendre cette résolution. 

S'il niait qu'il y eût été porté par quelqu'un de la Société , 
H fendrait pousser phis loin; s'il en convenait (bien qu'il 
puisse u' j avoir rien que de licite et de méritoire dans une 
pareille intervention )y il serait bon, pour son plusgrand avan- 
tage spirituel, de lui prescrire «n temps, durant lequel il pût 
réfléchir sur ce sujet, en se Recommandant à son Seigneur et 
Créateur» comme si personne de la Société n'avait agi sur 
son estait. Il en aura ptes de force d'ftme pour travailler au 
serYîce et à la gloire de la DiTine Majesté. 

4Si. Si , après avoir fait ses réflexions , il continue de penser 
%i de croire que le parti qui lui convient le mieux est d*entrer 
dans la Société pour la plus grande gloire de Dieu» et pour tra^ 
iFailler plus efficacement au saHit et à la perfection, tant de 
son âme que de celle du prochain ; s'il demande d'être admis 
avec nous en Notre-Seîgneur dans cette même Société, alors 
on pourra procéder plus avant dans l'examen. 



CBAPItHÊ IV. 

De eefkdnei chotM qm dùkeni e&nnaUrê , avanl (ùuies ki mUrn 
réglée f eeux qvi wnt admi$ dam la Société, 

4. On leur exposera d'abord que le dessein des premiers fon- 
dateurs de cette Société a été de n'y admettre que des hom- 
Aies ^i eusisent renoncé au siècle et fait vœu dans cette re- 
ligion ou dans une autre de se consacrer entièrement au 
iervice de Dieu. C'est pourquoi ceux qui veulent entrer dans 
la Société doivent , avant de vivre sous l'obéissance dans une 



24 BXAMBK GÉNÉRAL. 

omaia bôna tèO]{H>ralia, qu» habuerint, distribiiefe, el renon- 
tiare, ac disponere de iia, qu» ipsis obvenire possent. Eaqae 
distributio primum in res débitas et obiigatorias, si qu» fue- 
rint (et tuDc» quam citissime fieri potest, providere oportebit): 
si vero taies nuUs fueriot, in pia et sancta opéra fiet, juxfca 
illud : Dispersilf dédit pauperibus ; et iUud Christ! : Si vis per^ 
fectus este, vade^ et vende omnia^ quœ habes, et da pauperibuê, el 
sequere me, Dispensando tamea haec booa juita propriam de* 
votionem, et a se omnem fiduciam submoveiido» eadem ullo 
tempore recuperandi. 

2. Quod si statim propter aliquas honestad causas bona non 
relinquet, promittat se prompte reiicturum omnia (ut dictum 
est), post unum ab ingressu absohitum annum, quandocum- 
que per Superiorem injunctum ei fuerit in reliquo temporis 
probationis : quo complète, an te Professionem Professi, et 
ante tria Vota publica Ôoadjutores, reipsa relinquere, ac pau- 
peribus (ut dictum est) dispensare debent, ut consiiium Evan- 
geiicum, quod non dicit, da consanguineis, sed pauperibus, 
perfectius sequantur; et ut melius exempium omnibus exhi- 
beant, inordinatum erga parentes affectum exuendi, et in- 
commoda incMrdinatœ distributionis, qusadictoamore proce- 
dit, declinandi ; atque ut ad parentes et consanguineos recur- 
rendi, et ad inutiiem ipsorum memoriam aditu prœcluso, fir- 
mius et stabilius in sua vocatione persévèrent. 



3. Si tamen dubitaretur, num majoris foret perfectionis, 
dare vei renuntiare consanguineis bujusmodi bona, quam 
aiiis, propter parem vel majorem ipsorum penuriam, et justas 
alias ob causas ; nibilominus ad declinandum errandi in bu- 
jusmodi judicio periculum, quod ab aflectu sanguinis solet 
proficisci, contenti esse debebunt, negotium hoc arbitrîo 
unius, duorum, aut trium (a), qui vita et doctrina commen- 
dcntur, quos unusquisque, cum Superioris approbatione ele- 
gerit, rclinqucre ; et in eo conquiesccre, quod illi perfectius, 
et ad majorem Christi Domini Nostri gloriam esse censebunl. 

(a) IitteirgctiJu II estfliitra Socictatem, nlsi Saporiori jiistas ob causas 
Tklereular hora:u aliqui eitra Sodetatem assami deliere. 



EXAMBN GÉNÉaAL. 25 

de 869 Maisons ou dans un de ses Collèges, distribuer tous les 
biens temporels qu'ils possèdent, y renoncer, et disposer de 
ceux auxquels ils pourraient prétendre. Cette distribution 
aura pour objet d'acquitter les dettes ou les engagements que 
l'on pourrait avoir contractés, et dans ce cas on apportera le 
plus d'empressement possible : à défaut d'obligations sem* 
blables , on l'emploiera en œuvres de piété , suivant cette 
parole : « // a dispersé si donné aux pauvres^ » et ce précepte de 
J.-G. : « Si vous voulez être parfaiéy allez et vendez tout ce que 
vous avez , donnez-le aux pauvres, et suivez-moi* » Toutefois en 
distribuant ces biens à leur dévotion, ils doivent bannir l'as- 
surance de les recouvrer jamais. 

2. Que si , pour des motifs légitimes , ils ne renoncenWpas 
sur-le- champ à leurs biens, ils promettront de les abandonner 
sans délai un an après leur entrée, sur l'injonction que le 
Supérieur leur en fera pendant le reste du temps de Noviciat. 
Ce temps achevé » les Profês avant la Profession , et les Coad- 
juteurs avant les trois Vœux publics, devront faire l'abandon 
définitif de leurs biens , et , comme on Ta dit , les distribuer 
aux pauvres, afin de suivre d'une manière plus parfaite le 
conseil de TÉvangile , qui ne dit pas a donnez à vos parents^ v> 
mais « donnez aux pauvres ; » et aussi afin de servir d'un meil- 
leur exemple à tous, en se dépouillant d'une affection désor- 
donnée envers leurs parents, et en évitant les inconvénients 
d'un partage déréglé, dicté par cette même affection; enfin 
pour qu'en s'ôtant ainsi tout moyen de recourir à leurs pa- 
rents et à leurs proches , et bannissant jusqu'à leur souvenir, 
devenu désormais inutile , ils persévèrent avec plus de fer- 
meté et de constance dans leur vocation. 

3. Cependant si quelqu'un venait à concevoir des doutes, 
s'il penchait à croire qu'il serait plus conforme à la perfection 
d'abandonner ses biens à ses proches , plutôt qu'à d'autres , 
vu leur pauvreté égale à celle de tout autre , ou même plus 
grande , ou pour différentes raisons aussi légitimes; dans ce 
cas, pour éviter de tomber dans une erreur de jugement qui 
prend ordinairement son principe dans l'affection du sang, il 
devra se résoudre à laisser cette affaire à la décision d'une , 
ou de deux , ou de trois personnes (a) recommandables par 

(a) Ces personnes seront tirées de la Socit'té. h moins que le Supd- 
rieur, poar des motirs If^giUmes, ne juge à propos de prendre quel- 
ques-unes d'entre elles hors de la Société. 

5 



M BKAailËfl QÉXtÉacàM^. 



Interrogelar itaque, num plaeeai eî staMin (aieuti dictcnn 
est) liona 8ua éistribuere ; vel certe num paraliis stt ad inijug* 
Hiodi d»irilmtîo»em, «juânâocumque eiaclo primo anno per 
Superiorem ei faerit injunctum. 

4. Admoneantur, quod post ingressum io Domum, nemo pe- 
eoniam apud âe, née apud amicem o^icffiem extermim io eo- 
dem I06O habitantem, habere potest ; quin poticn eam in pla 
opéra dispenset, vel assenrandam ei tradai, cai cura hofiia- 
modi Demi commissa est : qui quidem, quidquid nnusqQisque 
foret, scribendum cura^, ut id scîri posstt al quaodo sdtu 
opos fuerit (è). 

Interrbgentur itaque, num aliquam habeant pecomani, el 
an eam diapensare (at dietumest) sini contenti. 

5. Âdmoneantur itidem, si Ecciesiastietsinf.quodpostqQam 
fn Soeietatia corpus ut Professi, yel Coadjutorea cooptaii loe* 
rint, nuUa Ecclesiastica bénéficia possunt retinere : et qood 
tempore Probationis« post primum annum abaolntum (ot au* 
perius diximus) quandocumque Superiori visum fuerit, ea re« 
linquere debent, juita suam devotionem» yel ei qui contulit 
restgnando, yel ad pia opéra applicando, yei alioqui digniayi- 
ris, quibUs hœc instrumenta sint ad Dei obsequium, conferri 
corando. Quod si eonsanguineis eonferenda esse yiderentur, 
id non facient, nisi ab une, duobus, aut tribua (ut superioa 
dictum est) judicetur, quod id magis conveniat, et ad majus 
Dei obsequium sit futurum. 

6. Cum autem communicatio, qu» cum amids, et aangnine 
junctis, yerbo aut scripto fit, potius ad quietis perturbation 
nem, quam ad eorum» qui spiritui yacant, profecturo, prœ- 
aertim in initiis, facere soleat : interrogentur, num contenti 
Bint euro hujusmodi non communicare, nec litteras accipere, 
sec seribere, nisi aliqua occastone, Superiori aliter yideretar. 
Et quamdiu Demi fiierint, num contenti sInt, ut yideantur lit- 

(6) Si aedderel banc a Soeietate «HmitH, et SoeietaH q«id d6dtaael« el 
rctitol débet, javla dectarationein terlii Cupitii tecmd» Partia. 



MXàMSa BlmÉÊLAt. 17 

leur vie et lears lainières , et dont il fera choii ayee Tagré^ 
ment du Supérieur. Il a^en tiendra à ce qu^ellea auront jugé 
le plus parfait et le plus convenable à la gloire de N.-S. J.-G. 
On lui demandera donc s'il veut Taire sur-le-champ» comme 
il a été dit, le partage de ses biens; ou du moins, s'il esl 
disposé à faire ce partage quand la première année sera écou* 
lée et qu'il en recevra l'injonction du Supérieur. 

4. On l'avertira qu'après l'entrée dans la liaison , personne 
ne peut garder d'argent par devers sol , ni en placer au dehors 
chez un ami qui habite le même lieu ; qu'il est plus conve* 
nable de l'employer en œuvres de piété ou de le donner k 
garder à celui qui est chargé de ce soin dans la Maison , lequel 
doit tenir un compte eiaet et par écrit de ce que chacun lui 
remet, afin qu'on puisse en être instruit, le jour où il en sera 
besoin (6). 

U faut donc lui demander s'il a quelque argent , et s'il eon* 
sent à en disposer comme il a été dit. 

5. On l'avertira également, s'il est Ecclésiastique , qu*aprè8 
avoir été incorporé dans la Société comme Profès ou comme 
Goadjttteur, il ne peut plus retenir aucun bénéfice ecclésias- 
tique y et que dans le temps du noviciat , au bOnt d'une année 
(comme il a été dit) et à la première injonction du Supérieur, 
il devra renoncer à ceux qu'il possède , soit en les résignant 
au collateur, soit en les appliquant à des œuvres de piété , 
soit en les conférant à des personnes recommandables , qui 
les fassent servir à la gloire divine; le tout à sa dévotion. S'il 
croyait devoir les conférer à ses parents, il ne le ferait pas 
sans qu'une, deux ou trois personnes (comme il a été dit) 
n'eussent jugé que c'est ce qu'il y a de plus convenable et de 
plus avantageux au service de Dieu. 

6. Gomme toute communication verbale o<t écrite avec ses 
amis et ses proches ne pourrait que troubler le repos de celui 
qui se livre aux soins spirituels , au lieu de le faire profiter, 
surtout dans les commencements, on lui demandera s'il con- 
sent à ne point communiquer avec eux , à ne point recevoir 
ni écrire de lettres, à moins de quelque occasion où le Supé- 
rieur le permettrait; et si tout le temps qu'il demeurera dans 

(6) S'il arrivait qne la personne fât irenvo7<^ede la Sociale, on serait 
terni de lai rendre ée qa'elle y aorait apporté, d*après la Déclaration 
dn troisième Chapitre de la aeconde Partie. 



28 EXAMEN GÉNÉRAL. 

terœ omncs, et quae ipsis scribeDtur, et quas îpsi aliîs scri- 
bent ; ei, oui hujusmodi muDus commissum est, cura relicta, 
ut cas det, vel non det, quemadmodum in Domino Nostro 
magis expedire judicabit. 

7. Unusquisque eorum, qui Societatem ingrediuntur, con- 
silium illnd Christi sequendo : Qui dimiserit Palrem, etc.., 
existimet sibi Patrem, Matrem, Fratres, et Sorores, et quid- 
quid in mundo habebat, relinquendum; iroo sibi dictum 
existimet verbum Illud : Qui non odil Palrem, et Malrtm, in- 
iuperet animam suam, non polest meus esse discipulus. 

Et ita curandum ci est, ut omnem carnis a(fectum ergasan- 
guine junctos exuat (c), ac illum in spiritualem convertat : 
eosque diligat eo solum amore, quem ordinata ebaritas exi- 
git, ut qui mundo ac proprio amori roortuus, Gbristo Domino 
Nostro soli vivit, eumque loco parentum, fratrum, et renim 
omnium habet. 

8. Ad majorem in spiritu profectum et prœcipun ad majorem 
submissionem ethumilitaterapropriam, interrogetur, ancon- 
tentus sit futunis, ut omnes errores, etdefectusipsius. êtres 
qusecumque quœ notatae in eo et observatœ fuerint, Superio- 
ribus, per quemvis, qui extra Confessionem eas acceperit, 
manifestentur. 

Num etiam boni sit consulturus (quodct ipse, et quivis alius 
facere débet) ab aliis corrigi, et ad aliorum correctionem ju- 
vare : ac num manifestare sese invicem sint parati, debito 
cum amore et charitate, ad majorem spiritns prorectum; 
praesertim ubi a Superiôre, qui iliorum curam gerit, fuerit 
ita praescriptum aut interrogatum, ad majorem Dei gloriam. 



(c) ut loqncndi modn», sent'endi modam Joret, sanclom 61100111111011, 
ut asfiaescant non d'ccre, quod parentes Tel fratres habranl, seJ qnod 
babelMit, etc. Vrw se ferendo, se id non habere, qnod, ntChrlstum oni- 
n-nm reru 11 loco babeant, reliqaerunt. IIoc lamen illis inagfs est 
obscrrandaiD, qui major! in pericido fersari fidentnr, ot ab aliqoo 
nituridi ainore perturb»olor ; cujosirodU ut plurimaai. No^i'it 
soient. 



nAMSN GIÎN^RAL. M 

la Maison il consent à laisser Toir ses lettres , et celles que les 
autres lui écriront, et celles qu'il écrira lui-même: pouvoir 
étant donné à celui qui est chargé de ce soin , de les faire re- 
mettre ou de les retenir, selon qu'il le jugera plus utile en 
Notre-Seigneur. 

7. Chacun de ceux qui entrent dans la Société estimera , 
conformément à la parole du Christ , « Celui qui aura quitté nm 
Père, etc. , » qu'il doit abandonner son Père, sa Mère , son 
Frère et ses Sœurs , et tout ce qu'il avait au monde ; et , bien 
plus, ii s'appliquera particulièrement cette parole : c Ceint gu% 
ne haU point ion Père et ta Mère , et jusqu'à $on dme, nepeui être 
mon disciple. » 

Il faut donc qu'il s'étudie à se dépouiller de toute affection 
de la chair envers ses parents (c) et à changer cette affection 
en affection spirituelle ; qu'il les aime seulement de cet amour 
bien ordonné que demande la charité , parce qu'étant mort au 
inonde et à une tendresse égoïste, il ne vit que pour N.-S. J,»C. 
qui lui tient lieu de parents, de frères et de toutes choses. 

8. Pour son plus grand avancement spirituel , et principa« 
lement pour sa plus grande soumission et humilité, on lui 
demandera s'il consent que toutes ses erreurs et tous ses 
défauts , et généralement tout ce qu'on remarquera en lui de 
répréhensible , soit révélé aux Supérieurs par toute personne 
de la Société qui s'en sera aperçue, hors de la Confession. 

On lui demandera également s'il trouvera bon (ce que lui- 
même et tout autre doit faire) d'être corrigé par les autres 
et de servir à son tour à leur correction; et s'il consent à se 
conformer à l'exemple des personnes de la Société, qui se 
dévoilent mutuellement, sans préjudice de Tamour et de la 
charité réciproques, et pour leur plus grand avancement spi* 
rituel ; surtout quand le Supérieur, à qui est confié ce soin , 
le lui aura ordonné ou demandé ,. pour la plus grande gloire 
de Dnscr. 



(e) Poor que le caractère du langage vienne an teconrs des sentiments • 
n est sage de ne point s'habituer d dire : J*ai des parents ou j'ai des trt» 
res, mais j'avais d^'s parents, etc. ; faisant Toir qu'on n'a plus ce qu'on 
a quitté pour le Christ, qui nous tiput lieu de tout. Geui-là. | rlocipa- 
lement, doÎTeat suivre le conseil que le trouble de quelque affection na • 
turelle espbae h un plus grand danger^ comme y arrif e le plus soutent 
aux Novices. 

5. 



9. Praetere^, aotequam quisquam iii OpiQUfliv V4g^ CaUeghiio 
ingrediatur, \el postquam ingressu9 fuerit, bqjl expefimeoUi 
prœcipua, prœter alia muita, de quibus e:^ parte infeurips di- 
cetur, requiruntur. Poterunt ea tamen anteponi, et po$t- 
ponî, et moderari, et aliquo in casu auctoritate SuperioriSi 
babita ratione persoDarum, temporal» et loporuoii tum cete* 
rorum quœ œcurrerint, in alla permutari. 

10. Primum est» In spiritualibus exercitiiâi loeoiiem npuia, 
plus minus, versari : id est, tum in examinanda çooscientià, 
et anteacta vita recogitanda, et Gonressiooegeaerali faciendsi, 
ac peccatorum suorum meditatione, tum in cont^mplatlonq 
reriim ac mysteriorum Vit», Mortis, Resurrectionis, et Asosn-^ 
sionis Christ! Domioi Nostri; tum etiam io orationeYocàUet 
Mentaii, juxtacujusque captum, prout in Domino edocti (uo- 
rint, se exercere. 

U. Secundum est, servire in uao vel pluribus Xenodocbiia 
per mensem alium, ibidem cibum capiendo ^t dormiendo ; 
ye\ per aliquam, vel plures horas quotidie, p^o temporam, 
locorum, et personarum ratione, auxilium^ et ministciriani 
omnibus aegris et sanis, proot injunctumeis fuerit, impenclea- 
do : ut magis se demittant et humilient, ac eo ^eluti argu- 
mente demonstrent se prorsus ab hoc sœculo ejusque pompis 
ac vanitate recedere : ut omnino sue Creator! et Domino pco 
ipsorum salute crucifixo serviant. 

42. Tertium est, peregrinari mensem alium sine pecunia : 
imo suis temporibus ostiatim pro Christi amore mendicare ; 
ut possint ad incommoditatem comedendi et dormiendi aa- 
suefieri : atqne adeo nt, omni spe illa abjecla, quf m in pecu* 
niîs et rcbus aliis creatis possint constituerez intègre^ vera 
cum fide et ardenti amore, eam in suo Creatore et Domino 
constituant : vel utrumque mensem ministerio Hospitalinm» 
velalicujuseorum, autetiam utrumque pérégrination!, prout 
Superiori visuip fuerit, impendent 



48. Quartum est, post ingresaum in Domum, omni cum dl* 
ligeatia el sollicitudine, in variis ofiiciis abjectis e^ bumilibiia 
80 exerc^pe, booum sui exemplum in pp^nibu#^bibendo. 



9. Qfd fidis, mvmi cl'^Qtrer dans udq Maison ou dans on Col- 
lège} de U Société , ou après j être entré, on doit subir sii 
épreuves principales, outre beaucoujj d'autres dont il sera 
fait mention plus bas. Gepe^pdant çUes pourront être avan- 
cées ou reculées, elles pourront être modérées, et dans 
cerMins g^$ , par autorité, du Supérieur qui tiendra compte des 
personnes, dQS temp9, des lieux et de toute autre circonstance 
qui Yien4cait à ^ présenter, elles pourront être cbangées. 

10. La preiniére consiste i passer un mois, plus ou moins, 
dans les exercices spirituels, c'est-à-dire, tant à examiner sa 
co^i^nce, réflécbir sur sa vie passée, faire une confession 
géiiérale, et piéditer sur ses pécbés, qu'à contempler les 
mystères de la Yie, de la Mort, (}e la Résurrection et de l'As* 
cension de K.-$. J.-C. ; enfin ^ s'exercer dans l'oraison Vocale 
et Mentale , cbacun selon sa portée et comme il aura été 
instruit dans le Seigneur* 

11. L.a seconde est d^ servir pendant un autre mois, dans 
un Hôpital ou dans plusieurs , en y mangeant et en y cou- 
chant, ^ s'y employant pendant une beure ou plusieurs 
heures par jour, selon les temps, les lieux et le^ personnes, 
4 porter seçpurs et assistance à tout^ personne malade ou 
bien portante, selon qu'il leur aura été enjoint, afin qu'ils 
s'abaissent et s'humilient davantage , et montrent par cettQ 
preuve qu'ils sont entièrement détachés du siècle , de ses 
poqipes et ^e ses yanités, et qu'ils ne veulent plus servir que 
Icpr Créateur et Seigneur, crucifié pour leur salut. 

i%. La froisiènie est de voyager un autre mois sans argent, 
etipème ^e inen4ier, d£|ns leurs nécessités, de por(e eq porte, 
pour l'amour de Jésus-Çbrist, afin qu'ils puissent s'accoutu- 
mer aux privations de la nourriture et du somnieil , et que, 
rejetant toutes les espérances qu'ils pourraient établir sur 
l'argent et sur les autres choses créées, ils se reposent uni- 
quement, avec une foi sincère et un amour ardent, dans leur 
Créateiur et Seigneur. Toutefois ils pourront passer ces deux 
paois dans le service des Hôpitaux, ou d'un seul en particulier, 
ou bien les passer en voyage, selon qu'il paraîtra bon au 
Supérieur. 

15. La quatrième est, après leur entrée dans la Maison , de 
s'exercer à remplir en toute diligence et sollicitude les offices 
les piiis humbles et les plu^ bas, s'éludiant à donner bon 
nm^ïAe, m toutes chpsçs. 



52 EXAMEN GÉNÉRAL. 

14. Quintumest, doctrinam Christianam, vel aliquam ejus 
partem, pueros etalios rudiores homines, publiée vel priva- 
tim, et prout occasio se obtulerit, et in Domino commodius 
visum fuerit, et juxta personarum proportionem docere. 

45. Sextum est, postquam in Probationibus bonœ œdîfica- 
tionis spécimen praebuerint> ulterius ad prsedicandom, yel 
Confessiones audiendas, vel in utroque se exercendum, pro 
tempore, et loco et bominum dispositione progredi. 

46. Antequam ingrediantur in secundum annum Probatio- 
nis, quse sit in Domibus, vel Collegiis, per sex menses omnes 
vacare bujusmodi sex experimentis debent, et totidem alios 
diversis aliis probationibus impendent. Poterunt tamen illa 
sex expérimenta fieri yel in totum, vel ex parte, toto Proba- 
tionis tempore, utaliquando bœc, aliquando illa praecedant; 
et a Scbolasticis quidem, velstudiorum tcmpore, vel poststu- 
dia absoluta, babita personarum, locorum et temporum ra^ 
(ione, prout in Domino convenire videbitur. Illud tamen cm-* 
ninoobservabitur, ut antequam Professi futuri Professionem, 
et Coadjutores formati tria Vota sua publica, licet non 
solemnia, emittant, duo anni experimentorum, et pro- 
bationum expleantur : et in Scbolasticis, studiis abso- 
lutis, praeter tempus quo probantur, ut Scholastici ap- 
probati censeantur, tertius alius annus, antequam ad Pro- 
fessionem vel in Coadjutores formates admittantur, in variis 
probationibus, et speciatim in dictis (si prius illis perfuneti 
non sunt, imo quamvis perdincti fuerint] vel in nonnullisea- 
rum, ad majorem Dei gloriam> exigetur. 



17. Quamdiu bujusmodi expérimenta et probationes fiant, 
nulius dicat ex Societate se esse ; sed potius qui examinatua 
fuerit ad Professionem, ex parte ipsius Societatis'(quamyi8 ex 
parte sua cum indifTerentia ad omnes gradiis sit ingressus), 
cum loquendi occasio se obtulerit, dicere débet se in experi- 
mentis versari, atque optare se admitti in Societatem, quo- 
cnmqne in gradu ipsa Societas ad gloriam Dei eo uti volet. 
Si ntCoadjutor examinatus fuerit, dicet se in probationibus 
adbuc esse, atque optare in gradum Coadjutonim recipi. Si- 
mili modo de Scbolasticis, et de aliis, qui ut Indifferentes 



HAHEN QÈSÉÊLAt. 55 

14. La cinquième est d'enseigner la doctrine Chrétienne, en 
tout ou en partie, aux enfants et aux autres personnes igno- 
rantes, en public ou en particulier, selon que l'occasion s'en 
présentera et qu'il paraîtra plus avantageux dans le Seigneur, 
en se mettant à la portée des personnes. 

15. La sixième enfin est de se présenter, après avoir donné 
pendant le Noviciat dès preuves éclatantes d'édification, pour 
prêeher ou entendre les confessions j ou remplir ces deux offi- 
ces à la fois, selon le temps, le lieu et les dispositions des 
hommes. 

16. Avant d'entrer dans la seconde année de Noviciat, qui 
se passera dans les Maisons ou dans les Collèges; chacun doit 
employer six mois à ces six épreuves, et six à diflérentes au- 
tres. Cependant ces six épreuves pourront être subies, en 
tout ou en partie, pendant la durée entière du Noviciat, et 
tour à tour ; les Ecoliers pourront y satisfaire pendant le temps 
de leurs études, ou après leurs études achevées, selon qu'il 
paraîtra convenable dans le Seigneur, et considération gar- 
dée des pei^onnes, des lieux et des temps. Toutefois on veil- 
lera scrupuleusement à ce que les Profès ne fassent Profes- 
sion, et les Coadjuteurs formés ne prononcent les trois Vœux 
publics, quoique simples, qu'après deux ans d'Épreuves et de 
Noviciat. Quant aux Ecoliers,, après l'achèvement de leurs 
éludes, outre le temps qu'ils auront passé dans les épreuves 
pour être réputés Ecoliers approuvés, on exigera d'eux, avant 
de les admettre au nombre des Profès ou des Coadjuteurs 
formés, qu'ils passent une troisième année dans différentes 
épreuves et spécialement dans celles dont il a été fait mention 
( s'ils ne s'en sont pas acquittés précédemment, ou quand ils 
s'en seraient même acquittés), ou dans quelques-unes d'entre 
elles, à la pins grande gloire de Dieu. 

47. Pendant la durée des Epreuves et des Noviciats, on ne 
peut se dire de la Société : mais plutôt, celui qui aura été 
examiné pour la Profession, quand Foccasion d'en parler se 
présentera, devra dire, par rapport à la Société ( car par rap- 
port à lui il doit y être entré avec indifférence pour tous les 
grades), qu'il est dans les Epreuves et qu'il souhaite d'être 
admis au sein de la Société, dans quelque grade que cette 
même Société veuille se servir de lui pour la gloire de Dieu. 
S'il a été examiné pour être Coadjuteur, il dira qu'il est en- 
core dans les Epreuves» et qu'il souhaite d'être reçu au grade 



94 tl^AMBM GtB^i^kh. 

^âminati suai, iotdligatur ; ut quisque ji^xtA An examlula 
r^ionem respondeat. 

18. Girca hujusmodi expérimenta diligeotcr, quod iequitor^ 
est observandura ; scilket, ut, ubi aliquis io primo experi* 
meoto, nempe exercitiorum spiritualium versabituF, is qui 
illum excrcet, ad Superiorem référât, quid de eodem seaUat 
ad finem Societati prœfîxum. 

49. Gum in secundo, serviendi in Hospitalibua, afferat, qui 
probatur, Guberoatoris testimonium, yel Prœfecti eorum qui 
inserviunt Hospitali, de boni nonrinis odore^ quem in eo re* 
liquerit. 

20. Gum in tertio, peregrinationis, ab ultime Ipco^, ad quem 
pervenit, vel non procul ab eo, testimonium ab Aiquibus, 
yel uno certè fide digno secum ferat; quod suam devotionem 
secutus, sine uUa cujusquam querela eo peryeoit^ 



94. Gum in quarto, ex^rcendi se ia officiis Domeaticis hu^ 
railitatis, pro testimonio erit, data omnibus, qui Domi sunl, 
sdiflcalio. 

Sa. Ubi vero in quinto, dedoctrina Christiana, et soxto, de 
Priedicatione, et Gonfessionibus audiendis, vel de utroquo 
munere obeundo versabitur ; ejus testimonium erit (si quidem 
Domi Nostr» habita verit) a Domesticis aocipi^ndum; et ex 
ledificatione, quam populus, ubi Domus est, açceperit. Si 
prœdîcare, et Gonfessiones audire acciderit aliis in iocis, extra 
hujusmodi populum ac Domum, testimonium aOerre debel 
ab hujusmodi locis, ubi diulius versatus fuerit; Tel a perso- 
nis publicis (prœcipuam habendo rationem Prselatorum Or^ 
dinariorum) quae (idem plane l'aciant, quod cum doctrioa sa- 
na, ac bon» vit» exemple, sine cujusquam oflansioney yor« 
bum Divinum seminavit, et oiBcio Confessarii fiioctus eat. 



SS. Praater h»c testimonia, poterit Societas, quando id ex^ 
pedirevideretur, curare, ut aliuode certior flat; ut ipsa iihi 
magis, ad Dn et Domini Nostri gloriam satisfaciat* 

M. Si hujQsmodi toBtirnooia io pnedictjs ex|iiriBieiitia wm 



EXAMEN GÈfÉEAL. IS 

de Goadjuteàr. La même chose doH s'entendre deê Ecollen et 
. de ceux qui ont été examinés comme Indifférents. Ainsi dbêr* 
cnn devra répondre selott le but de son examen. 

jS, Dans ces Epreuves, on observera avec fidélité ce qui 
suit : dès qu'une personne aura accompli la première Épreuve, 
laquelle concerne les exercices spirituels, celui qui aura 
exercé cette personne, devra rapporter au Supérieur ce qu'il 
pense d'elle relativement au but que la Société se propose. 

49. Quiconque sortira de la seconde Epreuve, qui est le 
service dans les Hôpitaux, produira un certificat du Directeur 
ou du Glief de service de l'Hôpital, qui atteste la réputation 
de bonne odenr qu'il y a laissée. 

20. Quiconque sortira de ia troisième, celle des voyages, 
apportera de l'endroit le plus éloigné où il sera allé, ou du 
moins du lieu le plus voisin de celui-là, un certificat de quel- 
ques personnes, ou d'une seule, mais digne de foi, qui atteste 
qu'en suivant sa dévotion, il est parvenu jusque-là sans exci^ 
ter aucune plainte. 

21. Quiconque Sortira de la quatrième, celle qui consiste à 
rethtplir les offices les plus humbles d'une Maison, aura pour 
témoignage l'édification qu'il aura donnée aux personnes de 
cette Maison. 

22. Quiconq;ûe enffff sortira de la cinquième, qui est l'ensei* 
gnement de la doctrine Chrétienne, et de la sixième, qui est 
la Prédication et la Confession, ou l'exercice de ces deux o^ 
Oces à la fois, aura pour témoignage^ s'il a séjourné dans 
l'une de nos Maisons, le rapport des personnes mêmes de 
cette Maison, et l'édification des habitants du lieu où elle est 
située. S'il lui est arrivé de prêcher ou de confesser ailleurs 
que dans une de nos Maisons ou dans les environs, il devra 
apporter un cettidcat des lieux oà il aura demeuré le plus 
lottgtentps, ou fournir le témoignage de personnes publiques 
( en comptant au premier rang les Prélats ordinaires), les* 
quelles garantiront qu'il a semé la parole divine et rempli 
les devoirs de Confesseur avec une doctrine saine, une con- 
duite exemplaire, et sans offenser personne. 

23. A ces témoignages, la Société pourra, si elle te juge à 
]^opos, ajouter d'autres renseignements, afin de se satisfoire 
^«s comi^élem^nl elle-mènie, pour It gloire de Doo et de 
(yeir 0' sotgitewr* 

il. m feè WaypoHiH poiAl de iéwoi«aaqpei, tiirès lee dtff 



56 £XAM£N GEMÉAAL. 

afferrentar, diligenter causa iaquirenda erit, Gurandiimque, 
ut rei totius yeritas intelligatur : quo melius omnia quœ coo- 
venient, provideri possint; ut melius bonitati Divioae, ipsius 
gratia aspirante, inserviatur. 

25. Pr^terea, postquam Domi fuerit, egredi eam sine facul- 
tate non débet; et si laicus fuerit, Gonfiteatur oportet etSanc- 
tissimum Sacramentum Eucharistiœ sumat octavo quoque die; 
nisi Confessario aliquod esse impedimcntum ad Gommunio- 
nem vidcretur. Si Sacerdos est, ConOtebilur, ut minimum, 
octavo quoque die, et crebrius Missœ sacrificium ofTeret; si- 
mul Ordinationes, vel Gonstitutiones alias Domus (ut in ejus 
Regulis edoctus erit) observabit. Omnes, qui Domi sunt, in 
addiscenda doctrina Ghristiana se exercebunt, et etiam in prae- 
dicationeiIIi,quibus Superior Domus id faciendum judicabit: 
inter quos nullus erit eorum, qui in Goadjutores temporales 
admlssi sint. 



26. Sui victus, potus, vestitus» et lecti rationem, si Socie- 
tatem sequi velit, sibi persuadeat fore, ut pauperibus accoi»- 
modatam ; quodque quae viiissima erunt ex iis, qu» Domi 
sunt, ei tribuentur, propter ipsius majorem abnegationem, el 
spiritualem profectum ; et ut ad quamdam «qualitatem et ve- 
luti mensuram ab omnibus perveniatur. Gum enim qui primi 
in Societatemconvenerunt,per hujumosdi indigentiam, acpc- 
nuriam majorem rerum corpori necessarianim probati fuerint ; 
qui post eos accèdent, curare debent, ut quoad poterunt, eo 
pertingant, quo illi pervenerunt, yel ultehus etiam in Domino 
progrediantur. 

27. Ad hœc, prseter reliquas peregrinationes, et probatio- 
nes sic declaratas, antequam Professi suam Professionem, et 
Goadjutores sua vota emittant, et (^i Superiori videbitur) 
Scbolastici, antequam approbati censeantur, et Vota sua ac pro- 
missionem superius dictam faciant -, per triduum suis consti- 
tutis temporibus, vestigia sequendo primorum, de quibua 
mentionem fecimus, ostiatim pro Ghristi Domini Nostri amore 
mendicare debent : ut contra quam est communia bominum 
scnsus, ad Divinum obsequium et laudem m^tgis se poasiot 
aubmittere ; magisque in spiritu proncere ad gloriam DivioiB 
Majestatis. lit etiam magis sint dispositi ad ipsum faciendum, 
quando illia injuoctum ftierit, vel conveDîeoa aut oecewarium 



KXAMfiN GENERAL. 57 

férentes épreuves dont nous venons de parler, il faudrait en 
rechercher soigneusement la cause et travailler à découvrir 
toute la vérité, afin de prendre les mesures convenables et de 
mieux servir la Bonté divine avec le secours de sa Grâce. 

25. De plus, celui qui sera une fois entré dans une Maison, 
ne devra jamais en sortir sans permission; si c'est un laïque, 
il faut qu'il se confesse et reçoive le saint sacrement de TËu- 
charistie tous les huit jours, à moins que son Confesseur ne lui 
ait reconnu quelque empêchement à la Communion. Si c'est 
un prêtre, il se confessera tous les huit jours, au moins, et 
offrira plus fréquemment encore le sacrifice de la Messe ; eu 
même temps il observera les Ordonnances et les Constitutions 
de la Maison, telles qu'il les aura apprises dans les Régies. 
Tous ceux qui sont dans la Maison s'exerceront à l'enseigne- 
ment de la Doctrine Chrétienne, et même à la prédication, 
s'il en est à qui le Supérieur l'ordonne; mais dans ce nombre 
ne se trouveront point ceux qui sont admis comme Coadju- 
teurs temporels. 

26. Quiconque désire s'attacher à la Société, doit se per- 
suader que la nourriture, la boisson, le vêtement et le lit se- 
ront ceux des pauvres : que ce qu'il y a de plus vil dans la 
Maison lui sera donné, pour augmenter son abnégation et sa 
perfection spirituelle : car il faut que tous atteignent une 
mesure égale. Les premiers fondateurs de la Société furent 
éprouvés par une semblable indigence, et même par un man- 
que plus absolu des choses nécessaires au corps : ceux qui 
arrivent après eux, doivent s'efforcer d'aller jusqu'où ils 
ont été, et, s'il est possible, de s'avancer plus loin encore dans 
le Seigneur. 

27. Outre les voyages et les épreuves que nous avons énu- 
mérées, les Profès avant de faire Profession, les Coadjuteurs 
avant de prononcer les vœux, et, si le Supérieur le juge à 
propos, les Écoliers avant d'être approuvés et de faire les 
vœux et la promesse dont il est parlé plus haut, devront pen- 
dant trois jours, et à l'époque marquée, afin de marcher sur 
les traces des premiers fondateurs, mendier de porte en porte 
pour l'amour de N.-S. J.-C. Bravant ainsi l'opinion des hom- 
mes, ils en seront plus propres à se soumettre pour le service 
et la gloire de Dieu, et avanceront plus rapidement dans la 
piété, à la gloire de la Divine Majesté. Ils en seront aussi plus 
disposés à remplir ces mêmes pratiques, quand elles leur se- 



58 EXAMEN GÉNÉBAL. 

erit, dum per varias mundi partes, juxta quod eis praescrip- 
tum vel constitutum per Summum Ghristi Yiearium, yel ejus 
loco per Superiorem Societatis fuerit, discurrent Quandoquî- 
dem exigit Nostrae Professîonis ratio, ut parati, et in procinctu 
simus, ad ea omnia quaB quovis tempore in Domino no- 
bis injuncta fuerint, née petendo , nec expectando praeroium 
ullum in praesenti bac et labiii vita; sed eam, quae undecum- 
que œterna est, ex summa Dei misericordia semper spe- 
rando. 

28. Et ad particularia quaedam descendendo, in probatio- 
nibus burailitatis , et abnegationis sui , et in exercendis Ofli- 
dis abjectis et bumilibus (cujusmodi sunt in cuHna servire^ 
domum everrere, etreliqua omnia servitia obire) promptius 
ea suscipi conventt , a quibus sensus magis abborrebit : si 
quidem injunctum fuerit, ut in eis se exerceant. 

29. Cum aliquis ad ministeria culinae obeunda ingredietur, 
vel ad eum juvandum, qui Goquus est, eidem obedire cum 
magna humilitate, in rébus omnibus ad ipsius offîcium per- 
tinentibus, débet. Si enim ei integram obedientiam non pra;- 
stet, nec uUi ex Superioribus, ut videtur, praestaret : quando- 
quidem vera obedientia non considérât personam cui Gat, 
sed propter quem fiât : et si pr^pter solum Creatorem et Do- 
minum Nostrum fiât, eidem omnium Domino obeditur. Unde 
nulla ratione considerandum est, an sit Goquus, vel Superior 
Domus : an bic, vel ille sit, qui jubet : quandoquidem nec 
illis, nec propter illos (sane intelligendo ) ulla obedientia 
prseàtatur, sed soli Dec, et propter solum Deum Greatorem ac 
Dominum Nostrum. 

SO.Ideo meliijs est, ut Gx)quus non roget sibi inservientem, 
ut hoc aut illud faciat, sed cum modestia jubeat, vel dicat. 
Hoc fac, vel illud (d). Si enim rogat, potius ut bomo bomi- 
nem alloqui videbitur : et Goquum iaicum rogare Sacerdo* 
tem, ut ollas abstergat, vel res bujusmodi faciat, nec decens, 
nec justum videretur. Sed si jubeat, vel dicat, Fac boc, vel 

(d) Uti-umque bonum est, rogare. et jubere : nibilonn'niu io iuiliit 
magis pronciet aliiiuis, si jubelur, quam si rogaretur. 



ex^hbn gérbbal. n 

roBt imposées, et qu'elles deviendront utiles ou nécessaires 
dans le cours des voyages qu'ils entreprendront dans les dif- 
férentes parties du monde, sur lo commandement du Souve- 
rain Vicaiffe de Jésus-Christ, ou en son lieu du Supérieur de 
la Société. D'autant que, d'après la règle de notre Profession, 
nous devons toujours être prêts et disposés à faire toutes les 
choses qui uous seront imposées dans le Seigneur, sans de- 
mander ni attendre aucune récompense dans cette vie pré- 
sente et passagère, mais espérant de la miséricorde de Dieu 
la récompense éternelle. 

28. Pour descendre dans quelques détails en ce qui touche 
aux Épreuves d'humilité et d'ahnégation, et à l'exercice des 
Emplois les plus humhles et les plus vils (tels que servir à la 
cuisine, balayer la maison^ et tous les autres offices de même 
nature), il convient de s'y porter avec d'autant plus de zèle 
qu'ils répugnent plus aux sens, s'il arrive qu'on reçoive l'or- 
dre de s'y livrer. 

29. Quand quelqu'un entrera pour le service de la cuisine 
ou pour aider le Cuisinier, il devra obéir à celui-ci en toute 
humilité, dans toutes les choses qui ont rapport à son office. 
Car s'il ne lui prétait pas une entière obéissance, il y a lieu de 
croire qu'il n'obéirait non plus à aucun des Supérieurs, puis- 
que la Yéritable obéissance ne considère pas la personne à 
qui elle se soumet, mais celle pour qui elle se soumet : et si 
c*est pour notre seul Créateur et Seigneur qu'elle se soumet, 
elle doit yoir Notre-Seigneur dans chacun indifféremment. Il 
ne faut donc point regarder si c'est le Cuisinier ou le Supé- 
rieur de la Maison, si c'est celui-ci ou celui-là qui commande, 
puisqu'à penser sainement, ce n'est à aucun d'eux qu'on obéit, 
mais à Dieu seul et pour Dieu seul, notre Créateur et Sei- 
gneur. 

30. C'est pourquoi il sera mieux que le Cuisinier ne prie 
point celui qui le sert de faire ceci ou cela, mais qu'il le lui 
commande avec modestie, ou dise : Faites ceci, faites cela ((2). 
S*il le priait, en effet, il ressemblerait plutôt à un homme qui 
parle à un homme : or qu'un Cuisinier laïque priât un Prêtre 
de laver les marmites ou de faire toute autre chose sem- 

(d) Prier et ordonner, les deux choses sont bonnes : néanmoins, dans 
les commeacemenls, il y aura plus de proQi si l'on ordonne que si Van 
prie. 



40 EXAMEN GÉNÉBAL. 

illud, sighincabit magis, quod lit Christns homlni loqnatar, 
quandoquidem ipsius loco jiibet : atque ita qui obedit, consi- 
derare ac perpcndere vocem a Goquo, vel alio, qui sit ei Su- 
perior, egressam débet, ut si a Gbristo Domino Nostro egrede- 
retur, ut omnino placera Divioae Majestatî possit. 



' 31. Hoc ipsuin in aliis humitibus Officiis intelligatur , 
quando aliquis in eis ministerium suum impendit : atque 
eodem modo accipiaturin OfBctalibus subordinatis (p), qui 
accepta a Superiori auctoritate Domum gubernant. 

52. iflgritudinis tempore, non solum observare unusqnis- 
que Obedientiam magna cum puritate débet, erga Supertores 
spirituales, ut ipsius animam regant : sed cum eadem humi* 
Htate erga Medicos corporflles, et Infirmarios, ut corpus ejus 
regant, quandoquidem illi plenam ipsius sanitatem spiritua- 
lem, bi vero corporalem omnino curant. Praeterea qui aegro- 
tat, bumilitatem et patientiam suam prae se ferendo, non mi- 
uorem œdificationem, dum morbo laborat, iis qui ipsum in- 
visent, et cum eo versabuntur et agent, quam dum valebat 
corpore, ai majorem DEigloriam, praestare curet. 

55. Ad majorem firmitatcm omnium, quse sic narrata sunt, 
et ad majorem spiritualem profectum ejus, qui examinatur; 
interrogetur, an omnino obedientem se exhibere in omnibus, 
quœ bic dicta et declarata sunt, velit; subeundo et adimplendo 
quasvis pœnitentias, quae propter defectus, et negligentiam 
suam, vel quidvis aliud, fuerint injunctœ. 

54. Re in Domino considerata, visum Nobis est in Divin» 
Majestatis conspectu, mirum in modum conferre, ut Superio- 
ribus subditi omnino perspecti sint : quo melius régi et gu- 
bernari, et per eos in viam Domini dirigi possint. 

35. Prsterea, quanto exactius Superiores res omnes inter- 
nas, etexternas suorum noverint, tantomajori cum diligen- 
tia, amore, et sollicitudine juvare eos, ipsorumque animas a 
variis malis, et pericuUs, quœ in progressu posseni accidere« 

(e) Gu;wn:odi «te soient Minister et Sob-Mioisler, ?el alil, qoi io 
CoUegiif similia munera gérant. 



BXAMBN GÉNilAL. 41 

btable» c'est ce qui ne parattrail ni convenable ni juste. Hais 
s'il commande, ou qu'il dise : Faites ceci, faites cela, il don- 
nera bien pkis à entendre qu'il parle comme Christ à un 
bomme, puisqu'il commande au nom môme de Jésus-Gbrist. 
Ainsi celui qui obéit doit considérer les paroles qui sortent 
de la boucheidu Cuisinier ou de l'un des Supérieurs, comme 
si elles sortaient de la bouche même de J.-C. N.-S., aOn de 
se rendre capable de plaire à la Divine Majesté. 

31. Ceci doit s'entendre des autres Fonctions inférieures, 
chaque fbis qu'on s'en acquittera : la même chose s'applique 
aux Employés subalternes {e) et qui gouvernent la Maison, en 
Tertu deJ'autorité qu'ils tiennent du Supérieur. 

52. En temps de maladie chacun doit obseryer l'Obéissance 
la plus exacte, non-seulement envers les Supérieurs spiri- 
tuels, pour qu'ils gouvernent son âme; mais aussi, et avec 
une égale humilité, envers les Médecins du corps et les In- 
firmiers, pour qu'ils gouvernent son corps : si les premiers 
rétablissent la santé de l'âme, ceux-ci rétablissent celle du 
corps. De plus, le malade ne s'étudiera pas moins â édifier 
par son humilité et par sa patience ceux qui le visiteront et 
qui resteront auprès de lui, qu'il ne le faisait en pleine santé 
de corps, pour la plus grande gloire de Dieu. 

35. Pour garantie de toutes ces prescriptions, et pour le 
phis grand avancement spirituel de celui qu'on examine) on 
lui demandera s'il est [disposé â faire preuve d'obéissance 
absolue dans toutes les choses qu'il vient d'entendre, et à 
remplir les pénitences qui lui seraient imposées pour ses 
manquements ou pour sa négligence, ou pour toute autre 
raison. 

54. Tout bien considéré dans le Seigneur, il Nous a paru 
devant la face de la Divine Majesté, qu'il serait merveilleuse- 
ment utile que le Supérieur connût à fond tous ceux qui lui 
sont soumis, afin d*étre plus à même de les conduire et de les 
gouverner, et de les diriger dans la voie du Seigneur. 

35. D'ailleurs, plus les Supérieurs connaîtront avec certi- 
tude l'intérieur et l'extérieur de ceux qui leur sont soumis, 
plus ils seront capables de les aider avec diligence, amour et 
sollicitude, et de préserver leur âme des différents maux et 

{e) De ee nombre sont le Ministre et le Sous-Minîstre, et tous ceux 
qni exi>rcent des fonctions semblables dans les Collèges. 



42 EICAlJtElï géhébal; 

coiuieryiffe poterunl. Cum eltam semper parati esse, jdxti 
Nostrae Professionis rationem et procedendi modum, ad dis- 
cuirendum per bas, et illas mundi partes debeamus; quan* 
docuofique per Summum Pontificem, vel Superiorem notf- 
trum immediatum fuerit nobis injunctum : ut melius secun- 
dum Dei voluDtatem bujusmodi Missiones fiant, bis el non 
illis mittendis ; Tel bb ad boc muDus, illis vero ad alk ; non 
solum refert valde, sed aummôpere, ut Superior plenam bs» 
beat Dotitiam propensiooum ac motionum animf , et ad quoa 
defectua, vel peccata fuerint, vel aint magis propensi etincî- 
tati, qui mib ejus cura sunt : ut ejus rei babita ratione, mè- 
lius ipsos dirjgere posait; nec supra meusuram virium sutf- 
rum iD periculis, vel laboribus gravîoribus, quam iu Domino 
ferre suayiter possint, constituât : et etiam ut (quœ audit, 
sub secreti sigillo custodiendo ) melius Superior possit ord!- 
nare ac providere, quœ corpori universo Societatis couvé- 
niunt. 



56. Ideo qufcnmque banc Societatem in Domino sequi vo- 
let, et in eàdeta ad majorem DEigloriam manère, priusquam 
ad primam Probationem accédât, vel postquam ingressns 

fùerit, antequam generaliter examinetur, vel post etamen, 
intra aliquot menses ( si Superiori differendum tideretuf) 
sub sigillé Confessionis, vel secreti, vel quacumque ratione 
ei placuerit, et ad majorem ipsius consolationem ftierit, de- 
beat conscientiam suam magna cum bumilitate, puritate et 
cbaritate manifestare, re nulla, qua Dominum universorum 
ofTenderit, celata : et totius anteactœ vitae rationem integram 
vel certe rerum majoris moment! Superiori, qui tum fuerit 
Societatis, vel cui ei Praepositis, vel aliîs ex inferioribus ille 
injungeret, ptoutmagisconvenire videretur, reddat ,* utmelios 
omnibus in Domino prospiciàtur, ipsequemagisinspiritu,cnin 
gratiauberiori,ad majorem Divinse Bonitatis gloriam proOciat. 



57. Sic igitur progredientes in gratisB atque spiritus incre- 
mento, plenoque cum desiderio ingrediendi et perseverandi, 
quamdiu vixerint^ in bac Societate, tantumdem facient ali- 
quoties, antequam ad Professionem, qui Professi, et ad sua 



BXAHEir GÉNÉRAL. 45 

périls qui pourraient leur arriver avec le temps. De plus, 
comme nous devons toujours être prêts, suivant la règle et le 
bot de Notre Profession, à nous répandre dans les diverses 
parties du monde, quand nous en aurons reçu l'ordre da 
Souverain Pontife ou de notre Supérieur immédiat; et comme 
le succès des Missions, entreprises pour la volonté de Dieu, 
dépend d'un choix éclairé entre les différentes personnes dé 
la Société, il est d'une extrêgne importance que le Supérieur 
ait une pleine connaissance des inclinations et des mouve* 
ments de Tâme de ses Subordonnés, des défauts et des péchés 
auxquels ils ont été ou sont encore le plus enclins, afin qu'il 
puisse en tenir compte pour les diriger et ne point les jeter 
dans des dangers qui surpasseraient la mesure do leurs for- 
ces, ou dans des travaux trop rudes pour qu'ils pussent les 
supporter avec contentement de cœur ; et, en dernier lieu, 
afin qu'il soit à même, d'après les choses qu'il apprendra et 
qu'il gardera sous le sceau du secret, de pourvoir par ses 
mesures à ce qui sera le plus avantageux au corps entier de 
la Société. 

36. C'est pourquoi celui qui aura Tintention de s'attacher 
dans le Seigneur à cette Société, et d'y rester pour la plus 
grande gloire de Dieu, devra, avant son premier Noviciat ou 
après son entréoé avant de subir l'examen général, ou après 
l'examen^ dans l'espace de quelques mois ( si le Supérieur 
juge à propos de différer ), sous le sceau de la Confession ou 
du secret, ou de toute autre manière qui lui plaira et qu'il 
jugera plus propre à le consoler; devra, disons-nous, en toute 
pureté, humilité et charité, ouvrir Sa conscience, sans rien 
cacher des offenses qu'il aura pu commettre envers le Dieu 
de tous : il rendra un compte exabtde toute sa vie passée, ou 
du moins des événements importants de sa vie, soit au Chef 
qui sera alors à la tête de la Société, soit à celui des Supé- 
rieurs ou de ses autres subordonnés qu'il aura désigné, d'après 
ce quil aura jugé le plus convenable. De cette façon il lui 
sera plus facile de veiller au bien de tous dans le Seigneur, et 
avec une grâce plus abondante, pour la plus grande gloire de 
la Divine Bonté. 

37. Croissant donc ainsi en grâce et en piété , et avec te 
plein désir d'entrer et de demeurer toute leur vie dans cette 
Société, ils répéteront la même pratique plusieurs fois , les 
Profos avant leur Profession, et les Coadjuteurs formés avant 



44 EXAMEN GÉNÉRAL. 

vota, qui Coadjutores format! sunt futiiri, admittantur : et 
id> quo sequitur modo. 

58. Postquam primo aliqiiig eorura iotegram vitaerationem 
Superiori Domus reddidit, ab eodem die incboando, prioribas, 
quae eidem dixit non repetitis, iterum post semestre proxi- 
mum, plus minus, ei, vel cui a Superiore llierit constihitum, 
Yit» rationem reddet. Deinde a seennda bac ratione iDCîpien- 
do, eodem ordine procedetur^ et sexto quoque mense ratio- 
nem baiic sui quisque reddet. Dltima vero circiter triginta 
dies, antequam Professi futuri suam Professionem, et Coad- 
jutores sua vota emittant, reddetur. 



39. Scbolastici eodem modo procèdent, pneterquam, quod 
absolutis suis studiis, cum primum rationem vit» su» red- 
denty ab ultima quam reddideront in Ik>mo, unde ad studia 
missi sunt» vel ab initio vit», si allqua de causa nunquam red- 
diderunt, jncipient. 



40. Sic etiam videtur quod Coadjutores formati et Professi, 
si alicubi agent, ubi Praepositi alicujus Societatis Obedientiae 
aubjaceant, singulis annis, vel crebrius, si Prœposito videbi- 
4ur, suae conscientiœ rationem dicto modo> ab ultima, quam 
reddiderunt , inciplendo, ei reddant. 

41. Qui senserit ad omnia, qu» dicta sunt, animum ac 
vires sibi a Domîno dari, ac ad majorem Dbi gloriam fore, 
suaeque animae magis salutiferum judicat, in corpus bujns 
Societatis admitti ; praeter Litterarum Âpostolicarunp, et Con- 
Btitutionum, et reliquorum quœ ad ejus Institutum pertinent, 
ipso initio, ac postea sexto quoque mense, ut dictum est, con- 
siderationem, débet generalem vit» totiusConfessionem apud 
aliquem Sacerdoteni a Superiore assignatum, propter multi- 
plioem spiritus utilitatem, quae ea in re deprebenditur, 
facere. 

Quod si aliquando generaliter Confessus fuerit alicui de 
Soctetate, vel in exercitiis spiritual ibus, vel extra illa, satii 
erit generalem Conres^ionem ab alia etiam generali, ad id 
usque tempus Incboare, et post eam Sacratissimum Cbristi 
IKnntni Nostri corpus sumere : et sic sexto quoque mense, 



EXAMEN GÉNÉRAL. 45 

de prononcer les trois vœux, et cela, de la manière qui suit. 

58. Après avoir rendu un compte exact de sa \ie au Supé- 
rieur de la Maison , la même personne , au bout de six mois, 
plus ou moins, à partir du jour de cette première révélation , 
devra , sans répéter ce qu'elle aura déjà dit , faire un second 
récit de sa vie au Supérieur, ou à celui que le Supérieur aura 
établi à cet effet. Elle procédera ensuite dans le même or- 
dre, à partir de cette seconde fois, et rendra ainsi compte, 
de six mois en six mois. Le dernier compte sera rendu envi- 
ron trente jours avant de faire Profession, si Ton est destiné 
à être Profès, ou trente jours avant de prononcer les vœux , 
si l'on est destiné à être Goadjuteur. 

59. Les Ecoliers procéderont de la même manière : seule- 
ment , la première fois qu'ils rendront compte de leur vie , 
après Tacbèvement de leurs études, ils reprendront à partir du 
compte qu*ils auront rendu dans la Maison d'où ils sont sor- 
tis pour étudier, ou à partir du commencement de leur vie, 
s'il était arrivé pour quelque raison qu'ils n'eussent pas en- 
core rendu compte. 

40. Il parait également bon que les Goadjuteurs formés et 
les Profès , en quelque lieu qu'ils se trouvent où ils soient 
soumis à l'obéissance d'un Supérieur de la Société, lui rendent 
compte de leur conscience cbaque année , ou plus souvent si 
le Supérieur le juge à propos^ delà manière qui a été dite et en 
partant du dernier compte qu'ils auront rendu. 

44. Celui qui juge qu'il a reçu du Seigneur l'esprit et les 
forces nécessaires pour accomplir tout ce qui vient d'être 
dit, et qu'il fera une cbose glorieuse à Dieu et utile au salut 
de son âme, s'il entre dans cette Société; celui-là, outre 
l'examen qu'il sera obligé de faire dès son entrée, et ensuite, 
comme il a été dit, de si^ mois en six mois, des Lettres Apo- 
stoliques , des Gonstitutions et des autres pièces relatives à 
l'institut de la Société , devra livrer la Gonfession entière de 
toute sa vie à quelque Prêtre désigné par le Supérieur, à 
cause de la grande utilité qui en résultera manifestement 
pour son âme. 

Que s'il a déjà fait une Confession générale à quelqu'un 
de la Société, soit pendant la durée, soit en dehors des exer- 
cices spirituels , il lui sufGra de reprendre sa Gonfession gé- 
nérale à partir de la dernière Confession générale qu'il aura 
faite et de la conduire jusqu'au temps présent ; après quoi il 



4€ BXAlfEN GÉNÉRAL. 

eodem modb generaliter, ab oltima inchoando, Confitebitur. 
Demum continuum puritatis ac virtutum augmentum, et in- 
flammata in Domino desideria, multum in hac Societate Di<- 
vinae Majestati servîendi procurando, exactis duobus annis 
Probationis, et se perpetuo obedientem eibibendo, et in soa 
conversatione, et variis experimentis œdificationem prsbea^ 
do, ac pœnitentias pro erratis et negligentiis, etdefectibus in- 
junctas, magna cum bumilitate subeundo, si et ipse, et Socie* 
tas, Ycl SuperiorDomus contenti fuerint, in Societalis corpus 
admitti poterît, consideratis prius Litteris Apostolicis, etCon- 
stitutionibus, et Confessione generali peracta, ut superius est 
dictum. Quam ut melius instituât, seseque in sua prima deli- 
beratione confirmet, per unius bebdomadae spatium se colli- 
gendo, et aliqua spiritualia exercitia ex jam factis, vel aliis, 
faciendo; postremo suam oblationem, ac Vota, sive solemnia 
sint in Professis^ sive simpliciain Coadjutoribus, et Scbolastî- 
cis, quemadmodum in Constitutionibus declarabitur, ad m»- 
jorem Dei gloriam, uberioremque fructum animœ sua", 
emittat. 



42. Admoneantur, quod Votis bujusmodi emissis, juxta te» 
norem Litterarum Apostolicarum, non possint ipsi ad alias Reli- 
giones, sine facultate a Superiore Societati3Concessa,translre. 

43. Quod si exacto Probationis tempore, contentus quidem 
ipse est, et exoptat sic ad Professionem, vel in Coadjutoreni« 
vel in Scholasticum admitti ; verum dubitaret Societas de îpsius 
talento, vel moribus ; securius erit in alium annum, vel tem- 
pus, quod videbitur, id prorogari ; ^onec utrique parti plene 
in Domino sit satisfactum. 

44. Prœterea, diligenter animadvertant oportetqui exami- 
nantur (magni faciendo, summique momontl id esse ducendo 
in conspectu Creatoris acDomini Nostri), quantoperejuvetae 
conférât ad vitœ spiritualis profectum, oronino, et non ex 
parte abborrere ab omnibus, quœ mundus amat et amplectî- 
tur; et admittere, et concupiscere lotis viribus, quidquid 
Cbristus Dominus Noster amavit et amplexus est. Quemad* 
modum enlm mundani bomines, qui ea, quv roundi sunt^M- 



EXAMJSN GÉNÉRAL. 47 

recevra le corps très-sacré de N.-S. J.-G. 11 fera ainsi une 
Cooression générale tous les six mois, en reprenant de la 
dernière. Enfin, après avoir donné des preuves d'un aecrois- 
sèment continuel en pureté et en vertu, et fait voir uo désir 
ardent en Notre- Seigneur de se dévouer dans cette Société 
au service de la Divine Majesté ; après avoir reoipli deux an- 
nées de Noviciat, et s'être toujours montré obéissant ; après 
avoir été dans sa vie et dans ses diverses épreuves un modèle 
d'édification , et avoir subi en toute humilité les pénitences 
qui lui ont été imposées pour ses fautes , ses négligences et 
«es défauts ; s'il est content, et si la Société ou le Supérieur 
de la Maison Test aussi , il pourra être admis dans le corps 
de la Société. Toutefois , il devra avoir examiné préalable* 
ment, comme on l'a dit plus haut, les Lettres Apostoliques et 
les Constitutions, et fait une Confession générale. Pour mieux 
se préparer à cette confession et s'affermir dans scm premier 
dessein , il se recueillera pendant l'espace d'une semaine et 
se livrera à quelques exercices spirituels qu'il aura déjà faits» 
ou à de nouveaux. Enfin, il se consacrera à Dieu, et pronon- 
cera, pour la plus grande gloire de Dieu et le plus grand 
avantage de son âme , les vœux solennels s'il entre dans les 
Profès, les vœux simples s'il entre dans les Coadjuteurs et les 
Ecoliers, comme on le verra détaillé dans les Constitutions. 

42. On l'avertira qu'après avoir prononcé ses Vœux, il ne 
peut, selon la teneur des Bulles, passer en d'autres religions, 
sans en avoir obtenu la permission du Supérieur de la Société. 

43. S'il arrivait que, le temps du Noviciat écoulé, le Postu- 
lant fût content et demandât à être admis en qualité de Pro- 
fès ou de Coadjuteur ou d'Ecolier, mais que la Société doutât 
de ses talents ou de ses mœurs, le plus sûr serait de recu- 
ler son admission à une année ou à tout autre terme qui 
paraîtrait convenable, jusqu'à ce que les deux parties fussent 
pleinement satisfaites dans le Seigneur. 

44. De plus , et ceci doit paraître de la plus haute importance 
en présence de Notre Créateur et de N.-S., ceux qui sont exa- 
minés doivent considérer avec soin combien il importe aux 
progrès de la vie spirituelle de rompre entièrement, et non pas 
seulement en partie, avec tout ce que le monde aime et pour- 
suit, et d!adopter au contraire, de désirer de toutes nos forces 
ce que N.-S. J.-C. a aimé et recherché. Les hommes du monde 
et qui ambitionnent cequi est du monde, aiment et rechercher ' 



48 KtAMiilN GëNëUAL. 

quuntiir, diliguntet quaerunt magna cum diligentia honores, 
famani, magni nominis existimatlonem in terra, sîcutmundus 
eos edocet; sic qui procedunt in spiritu, et serio Cbristum 
DomiDum Nostrum sequuntur, amant et ardenter eioptant, 
quâe iis omnino contraria sunt, indui nimirum eadem veste, 
ae insignibus Domini sui, pro ipsius amore ac reverentia : 
adeo ut si sine oflensione ulla Divins Majestatis, et absque 
proximi peccato foret, vellent contumelias, falsa testimonia, 
et injurias pati, ac stulti baberi et existimari (nulla tamen ad 
id per eos data occasione) eo quod exoptant assimilari, ac 
imitari aliquo modo Greatorem ac Dominum Nostrum Jesum 
Cbristum ; ejusque vestibus et insignibus iodui : quandoqoi- 
dem illa ipse propter majorera profectum nostrum spiritua- 
iem induit, nobisque exemplum dédit, ut in omnibus, qaoad 
ejus fieri poterit, Divina gratia aspirante, eum imitari et se* 
qui, cum vera sit via, quae ducit homines ad vitam, velimus. 
Igitur interrogentur, an hujusmodi desideria tam salutaria, 
et ad perfectionem animarum suarum tam fructuosa, in se 
sentiant. 

45. Quod si quis propter bumanam nostram debilitatem ac 
miseriam, in se bujusmodi tam inflammata in Domino desi- 
deria non sentiret, interrogetur, an certe desiderium îd se 
sentiat bujusmodi desideria sentiendi. Si afiirmando respon- 
derit, optare se nimirum bujusmodi tam sancta desideria ant- 
mo concipere ; quomelius ad eorum eflectum perveniatur, in* 
terrogeiur, an decrevit, paratusque sit hujusmodi injurias, 
iiiusiones, et opprobria in Christi insignibus inclusa, et alia 
qusDvis, quae ei iufcrrentur, sive per quemvis ex Domo, vel 
Societate (in qua obedire, et bumiliari, ac aeternam beatitu- 
dinem consequi exoptat) sive extra eam per quemvis viven- 
tium, nulli malum pro malo, sed bonum pro malo reddendo, 
admittere, et patienter cum Dei gratia ferre. 

46. Ut melius ad bunc perfectionis gradum in Spirituali vita 
tam pretiosum perveniatur, ejus majus ac impensius studîum 
sit, quo^rere in Domino majorem sui abnegationcm, et con- 
tinuam in rébus omnibus, quoad poterit, mortiflcationem ; 
Nostrum autcm erit, in eisdem, juxta gratiam, quani Uominus 
Nobis conferre, ad suam majorem laudcm ac gloriam dtgna- 
bitur, eum juvare. 



EXAMEN GÉ>ÉRAL. 49 

avec empressement les honneurs, la réputation et une renom- 
mée universelle sur la terre, selon les leçons du monde : mais 
ceux qui marchent dans la piété et qui suivent sérieusement 
N.-S. J.-C, aiment et désirent ardemment des choses toutes 
contraires. Ce qu'ils aiment, c'est à se revêtir des livrées de 
N.-S. J.-C. par respect et par amour pour lui; et s'il pouvait ar- 
river qu'ils souffrissent les outrages, les faux témoignages, les 
injures, sans que la Majesté Divine fût offensée et que le pro- 
chain fût en péché ; s'il pouvait arriver qu'ils fussent regardés 
comme des insensés, sans mériter cependant l'accusation de 
folie ils ne formeraient pas de vœu plus cher que d'être ex- 
posés à ces maux , tant ils désirent imiter en quelque chose 
N.-S. J.-C. et se revêtir de ses livrées. Bailleurs il a pris lui- 
même ces vêtements et ces livrées pour notre plus grand avan- 
cement spirituel, et se donnant en exemple, il nous a invités à 
l'imiter et à le suivre en toutes choses, autant qu'il est possible 
et avec Vaide de la grâce Divine, puisque sa voie est la seule 
qui conduise les hommes à la vie. On demandera donc à 
Vexaminé s'il sent en lui ces ardeurs si salutaires et si utiles 
à la perfection de son âme. 

45. Si quelqu'un, vu la faiblesse et la misère de la nature 
humaine, ne sentait point en lui ses désirs enflammés dans 
le Seigneur, on lui demandera si au moins il sent en lui le 
désir de sentir do pareils désirs. Sil répondait qu'il souhaite 
fermement de les ressentir, on lui demandera s'il est prêt et 
décidé, pour hâter l'effet de ses bonnes dispositions, à souf- 
frir les injures, les moqueries et toutes les humiliations ren- 
fermées dans la robe du ChHst, et tous les traitements qu'il 
pourrait recevoir, soit d'une personne de la Maison, soit de la 
Société (dans laquelle il désire obéir, s'humilier et acquérir 
une félicité éternelle), soit d'une personne étrangère à la So- 
ciété ; enfin , à supporter tout patiemment avec la grâce de 
DiEc'sans rendre le mal pour le mal, mais le bien pour le mal. 
46.' Four parvenir plus sûrement à ce degré de perfec- 
tion dans la vie spirituelle, qui est si précieux , il doit faire 
sa plus grande et sa plus stricte étude de chercher dans le 
Seigneur le plus absolu renoncement à soi même et une 
mortification continuelle en toutes choses» autant qu'il lo 
pourra. Pour Nous , notre devoir sera de l'aider dans ces ef- 
forts, en proportion de la grâce que le Seigneur daignera Nous 
accorder pour sa plus grande gloire. 



30 EXAMEN GÉNÉRAL. 



CAPUT V. 

De alio examme, aâ parlicularia aliquanlo magis descendenie, 
quod erudiHs, et Coadjutorilms gpirUvalibus , ei SekoUutkis 
convenu, 

l.Quomelius intelligi atque cognosci queant, quaeadhu- 
jusmodi bomiocs spectant, unusquisqueeorumiatcrrogetur: 
uhi studuerit, qua in facultate, quibus auctoribys, ac doctri- 
ne deditus, quantum temporis studiis impenderit, quantum- 
quç suo judicio profecerit, ac nominatioif quam sit ei familia- 
ris latina Ungua. 

2. An ad gradus Ârtium liberaliumvel Tbeologiae, vel juris 
Canonici,vel alteriuscujusvis facultatis sit promotus. 

5. An existimet se memoria ad bene capieudum, et rctinen- 
dum, quod didicerit, esse prœditum. 

An sibi videatur poUere intellectu, qui cito ac bene pene- 
tret ea, quibus studuerit. 

An in se propensionem naturalem, aut voluntariam ad stu- 
dio sentiat. 

4. An existimet studia sanitati sui corporis aliquid deiri- 
menti attulisse. 

An vires sibi corporales, et spiritualcs suppetere sentiat ad 
labores, qui in Societate requiruntur, ferendos. sive in stu- 
diis, quamdiu illis vacat, sive in vinea Domini, cum in ea la- 
borandum est. 

5. Si Sacerdos fuerit, an se in audiendis Confessionibus, 
vel in pro^dicatione, vel aliis ministeriis , ad proximum ju- 
vandum exercucrit. 

C. Cum ad bujusmodi OfTicium acministerium Divini verbi 
seminandi, et spirituali proximorum auxilio attendendi, lit« 
terarum bonarum sufficiens eruditio requiratur; et Scbolas- 
ticos etiam aliquod sui profectus in litteris, quibus studue- 
runt, spécimen prœbere oportqat, omnes examinentur. Quod 
Tiet, si quisqne lectionem unam in quavis facultate, oui ope- 



BXAIUN GÉNÉRAL. 51 



CHAPITRE V. 

D'un autre examen , entrant un peu plus dans les détails , qu'il 
est bon de faire subir à ceux qui ont de l* instruction , aux 
Coadjuteurs spirituels et aux Écoliers, 

I . Pour pOQYOïr mieux juger de cette classe et pour être 
mieux instruit de ce qui les regarde, on devra demandera 
chacun d'eux : où il a étudié et dans quelle faculté ; de quels 
auteurs et de quelle sdence H s'est surtout occupé, combien 
il a donné de temps à ses études , et combien à son propre 
jugement il a fait de progrès ; particulièrement jusqu'à quel 
point la langue latine lui est familière. 

S. S'il a obtenu des grades dans les Arts libéraux , dans la 
Tbéologîe, dans le droit Canonique ou dans quelque autre 
faculté. 

3. S'il croit avoir assez de mémoire pour saisir prompte- 
ment et bien retenir ce qu'il aura appris. 

Si son esprit lai semble assez pénétrant pour comprendre 
vite et bien ce qu'il étudiera. 

S'il se sent un penchant naturel ou volontaire pour les 
études. 

4. S'il croit que les études aient fait quelque tort à sa 
santé. 

S'il se sent assez de force de corps et d'esprit pour suppor- 
ter les travaux nécessaires dans la Société , soit pour les étu- 
des , quand on a le temps de s'y livrer, soit aus»! quand îl 
faut travailler à la vigne du Seigneur. 

5. A ceux qui seront Prêtres , il faudra demander s'ils se 
sont exercés au service du prochain , dans laConfessioB, daoa 
la prédication ou dans quelque autre ministère. 

6. Conmie pour remplir ded Devoirs de ce genre , pour se- 
mer la parole Divine et pour s'Appliquer au secours spirituel 
du prochain , il est nécessaire d avoir une certaine connais- 
sance des belle^lettres , il foudra que les Écoliers donnent 
aussi quelque marque de lecirs progrès sur les choses qu'ils 
auront étudiées. Us devront donc tous subir un examen. Pour 



52 KXAMEN GÉNI^RAL. 

ram dederit, prœlegat ; et postea exhortationem unam qnis* 
que (idque ante egressum a prima Probatione) faciat : et pos- 
tea in secundam ingredîendo, si ei fuerit injunctum, ut iofe- 
rius dicetur, hoc ipsum faciet. 

7. Praeterea intelligat (si Sacerdos est, vel quandocumque 
promotus ad Sacerdotium fuerit) quod Confessiones nec Do- 
mi, nec foris andire, nec ulla Sacramenta ministrare, sine 
peculiari probatione, œdificatione, et facultate sui Superioris, 
per totiim Probationis tempus débet : sed nec publiée Mis- 
sam dicere débet, donec coram aliquo, vel pluribus Domesti- 
cis privatim eam dicat, et admoncatur, ut in modo dicendi, 
conveniat cum aliis de Societate, inter quos agit, et se ad apdî- 
ficationem eorum, qui illaro sunt audituri, coroponat. 



8. Ad majorem humilitatem et perfectionem eruditonim, 
Coadjutorum spiritualium, et Scholasticorum, si de eo, qui 
Societatem est ingrcssurus, dubitatur, an idoneus sit futurus, 
ut ad Proressioncm, vel in Coadjutorem spiritualem, vel 
Scholasticum ejus admittatur ; cum id tanquam certissimum 
statuatur, quod multo melius et perfectius sit, ut ipse judî- 
cari et régi se a Societate sinat; quandoquidem non minus, 
quam ipse, quod exigitur, ut in ea maneat, Societas intelli- 
get; ipse vero majori humilitati, et perfectioni tribuetur, ma- 
joremquedilectionem, acfiduciam in bis> a quibus est guber- 
nandus ostendet ; interrogetur, an yelit proprium sensum ac 
judicium Societati submittere, vel ejus Superiori : ita ut ac- 
quiesçât ejus sententiae ; sive inter eos illum constituât, qui 
in Societate Proressionem emittunt, et Ghristi Domini Nostri 
Vicario obligantur; sive inter Coadjutores, sive inter 
Scbolastîcos Societatis, in studiis ulterius, progrediendo. 
Interrogetur ulterius, si Superîor vellet semper ewn- 
dem, solum ut Coadjutorem, in rébus exterioribos So- 
cietatis curandis occuparl, ac sic in suae animre salutem in- 
cumbere, an paratus sit in humilibus et infinis ofllcils se 
exercere, vitamque omnem in utilitatem et auxiliura ejus 
exigera, sibi persuadendo, quod dum ei inservit, Creatori ac 
I>omino suo (pro cujus amore et débita reverentia omnia fa- 
cit) inservit. 



BXAMBN GÉNÉRAL. 55 

cela chacun d'eux fera d'abord une leçon dans une faculté où 
il aura travaillé , et ensuite une exhortation , et cela avant de 
sortir du premier Noviciat ; et ensuite , en entrant dans le 
second , il fera encore la même chose si on le lui ordonne , 
comme il sera dit ci-dessous. 

7. Outre ^ela il faut qu'il sache , s'il est Prêtre , ou s'il le 
devient en quelque temps que ce soit , qu'il ne doit point 
pendant tout le temps de son Noviciat, entendre de Confes- 
sions, ni dans la Maison , ni au dehors, ni administrer aucun 
Sacrement sans une approbation particulière, une disposition 
et un pouvoir spécial de son Supérieur. Il ne doit pas même 
dire la Messe publiquement , jusqu'à ce qu'il l'ait dite en par- 
ticulier devant une ou plusieurs personnes de la Maison ; et 
il doit être averti de se conformer dans la manière de la dire 
aux autres membres de la Société avec lesquels il vit , et de 
se composer pour Tédification de ceux qui doivent l'en- 
tendre. 

8. Dans l'intérêt de la perfection et de l'humilité de ceux 
qui auront de l'instruction , des Coadjuteurs spirituels et des 
Ecoliers, quand il y aura lieu de douter au sujet de celui 
qui doit entrer dans la Société s'il sera propre à être admis à 
la Profession , au grade de Goadjuteur spirituel ou d'Écolier ; 
comme très-certainement il vaut beaucoup mieux , et il y a 
beaucoup plus de perfection pour lui à se laisser juger et 
conduire par la Société ; comme elle verra aussi bien que lui 
ce qui est nécessaire pour qu'ih y demeure , qu'il y gagnera 
en îkumilité et en perfection, et qu'il montrera par là plus 
d'affection et de confiance pour ceux qui doivent le gouver- 
ner ; on lui demandera s'il veut soumettre son propre sens et 
son jugement à la Société et à son Supérieur, de manière à 
demeurer satisfoit de sa décision , qu'on le place soit parmi 
ceux qui font Profession dans la Société et qui font vœu d'o- 
béissance au Vicaire de N.-S. J.-C, soit parmi les Coadjuteurs 
ou les Écoliers de la Société , en lui faisant pousser plus loin 
ses études. On lui demandera en outre si , dans le cas où le 
Supérieur voudrait qu'il demeurât toujours occupé, en qualité 
seulement de Coadjuteur, au soin des choses extérieures de 
ta Société , et qu'il travaillât dans cette condition au salut de 
son âme, il serait disposé à s'exercer dans des fonctions basses 
et humbles, et à consacrer toute sa vie à l'utilité et aux be- 
soins de la Société , persuadé qu'en la servant, c'est Dieu so" 



S4 EXABIEM O^liftAI.. 



CAPUt tl. 

De aXio examine ad eolot Coadjutoréi aecanmodaio, 

i. Ad majorem rei notitiaiD, deelaretiir opicuique ex hcH 
jusmodi Goadjutoribu8 latluA, quod io itiitio atûogebatur : 
quod scilicet ia banc Societatem Coadjutoras spiriluales, et 
temporales admittuntur; spiritaales quidein> qui Sacerdoles 
Bunt, et Htteris Buffidenter ornati, ut ia r^ms spiiitualibus 
Societatem Juvent : temporales voro, ad sacros Ordines noa 
promoti, cum litteris, vel Bine illis, in rébus externis^ que 
neoessariae sunt, possunt juvare. 



2. Priorum magis proprium est, Societatem in audlendfs 
Gonfessionibus, in Exbortationibus, in Doctnna Cbrîstiana, et 
aliis litteris edocendis Juvare. Ilis vero emdem gratte êû 
anîmarum auxilium communicari possunt, qu» Professis fp- 
sis soient. 

3. Posteriorum magis est proprium (Uoet possint in rebos 
majoribui, pro talenti eis a Domino concessi râtione occu- 
pari) ut in ministeriis omnibus infbrioribus et humilioribus, 
quœ ipsis injungentur, se exerceant ; persuasi, quod Societa* 
tem juvando, quo melius iila Baluti animarum Tacare posait, 
eidem omnium Domino servient ; quandoquidem propter Di- 
vinum ipsius amorem ac reverentiam id fàciunt^ ideo prompti 
esse cum omni bumilitate et cbaritate, quoad fleri poterit, 
debent ad officia, qua) eis crédita lUerint, exacte obeunda. 
Quo fiet, ut non solum mercedem suam integram babeant, 
sed participes sint onmium bonorum operum, qu® Dbus per 
universam Societatem ad obsequium et laudem suam operart 
dignabitur; et omnium indulgentiarum et gratiarùm, qua^ 
Professis ad suarum animarum bonum, a Sede Apostolîca 
concess» Tuerint. 



Créateur et son Seigneur qu'il sert, c'est-Mire celui pour 
l'amour et pour le respect duquel il fait tout. 

CHAPITRE VI. 

D^un autre examen qui n*a Heu que pour les Coaéfjuleur$. 

i. Pour leur mieux £aiire connaître ce dont il s*cgit, on es- 
pUqiiera plus au long à chacun de ces Goadjuteurs ce qu'on 
leur avait lais^ entrevoir au commencement* savoir qu'on 
admet dans cette Société des Goadjuteurs spirituels et tempo- 
rels; que les spirituels doivent être Prêtres et avoir une cer- 
taine connaissance des lettres , pour pouvoir aider la Société 
dans 1^ <;bos0s spirituelles ; que les tempords sont ceux qui 
ne sont pas entré? dans les saints Ordres^ et qui« lettrés ou 
non lettrés , peuvent aider la Société dans les besoins qui ont 
rapport aux choses extérieures, 

2. La principale fonction des premiers est d'aider la Société 
dans les Confessions , les Exhortations , renseignement de la 
Doctrine Chrétienne et des autres sciences. Ils ont part ordi- 
nairement ^nx mêmes grftces que les Profès eux-mêmes pour 
le secours dep âmes. 

5. Les derniers peuvent aussi être employés dans les choses 
les plus élevées , selon la nature des talents que Divv leur a 
accordés; cependant ils sont faits plutôt pour s'exercer dans 
les. ministères inférieurs et plus humbles qui leur seront oon- 
fiéftconvaincus qu'en permettant à la Société de s'occuper plus 
librenaent du salut des âmes, ils servent le Seigneur commun 
de tous, puisque c'est par amour et par respect pour lui qu'ils 
le font. Aussi doivent-ils être prompts à remplir exactement 
dveq une humilité et une charité parfaites, autant qu'ils le 
pourront, les fonctions dont on les aura chargés. Par là, non- 
seulement ils recevront toute leur récompense, mais ils 
participeront à toutes les bonnes œuvres qUe Dieu daignera 
accomplir par toute la Société pour sa gloire et son service, 
6t à toutes les grâces et toutes les indulgences qui seront 
accordées aux Profès par le Siège Apostolique pour le bieh 
<le leurs âmes. 



56 EXAMEN GÉNÉRAL. 

4. Et nihilominiis eniti debent in colloqniis spiritualibus, 
ad majorem utilitatem spîritualem proximorum aliquid con- 
ferre, et quod noverint, docere ; et ad bene agendum, quos* 
cumque poteruDt (quandoquîdem unicuique Deus proximi sui 
curam dédit) excitare. 

5. Si quis instructus et examinatus fuerit, ut sit futurus 
spiritualis Goadjutor, sic yacare débet rébus spiritualibus, 
quœ cum sua prima yocatiooe proprie sunt conjunctaB, ut 
in posterum directe, vel indirecte, per se, vel alium 
innovare, aut mutationem aliquam a sua vocatione in 
aliam, scilicet a gradu Coadjutoris, ad Professi, vel Scholas- 
tici, vel Goadjutoris temporalis gradum, tentare non debeat : 
sed cum omni bumilitate, atque obedientia incedere ac pro- 
gredi eadem via, quae ipsi ab eo, qui nescit mutationem, et 
in quem illa non eadit, ostensa est. 

6. Eadem ratione, si quis examinatus et instructus fùeril, 
ut sit ftiturusGoadjutor temporalis; sic se totum rébus, quas 
cum sua prima vocatione proprie suntconjunctas, addicat, ut 
non curet ulla ratione a statu Goadjutoris temporalis, in sta- 
tum spiritualis, vel Scholasticî, aut Professi progredi : nec 
etiam (si in suo eodem maneat) plus litterarum addisoere, 
quam sciebat, cum est ingressus, curet : sed perseverare ma- 
gna cum humilitate débet, in omnibus Greatori ac Domino 
suo juxta primam suam vocationem inserviendo, ac sollicite 
in abnegationis sui ipsius profectum, et veranim virtutum 
studium incumbendo. 

7. Interrogentur bujusmodi, ut de re propria su» vocatio- 
nis; an contenti et quieti sint futuri in obsequio Greatoris et 
Domîni sui, in officiis ac ministeriis abjectis et bumilibus, ad 
auxilium Domus et Societatis pertinentibus, cujuscumque ra- 
tionis illa sint ; parati ad vitam omnem in eis exigendam, sibi 
persuadendo, quod ea in re obsequium et laudem pripstant 
suo Greatori et Domino, dum omnia propter Divinum ipsius 
amorem et reverentiam agunt. 

8. Omnes Goadjutores, tam spirituales, quam temporales, 
exacte biennio, quod experimentis et Probationibus datur, et 
une adhuc anno, si Scholastici lUerint (ut prius est declara- 
turo),si velint in Societate manere, et îpsa, vel Superiorejus 
contentus fuerit, oblationom suam trium Votorum facient 



EXAMEN GÉNÉRAL. 57 

4. Et néanmoins ils doivent s'eflbrcer de contribuer par des 
pieux entretiens au bien spirituel de leur prochain , d'ensei* 
goer ce qu*ils savent et d'engager à bien faire tous ceux qu'ils 
pourront, puisque Dieu a confié à chacun de nous le soin de 
son prochain. 

5. Si quelqu'un a été instruit et examiné pour être Goadju- 
teur spirituel, il doit s'occuper des choses spirituelles qui 
ont un rapport direct avec sa première vocation ; et dans la 
suite il ne doit ni directement ni indirectement, ni par lui ni 
par un autre, chercher à remettre en question sa vocation on 
à la changer pour une autre , par exemple à passer du grade 
de Coadjuteur à celui de Profès, d'Écolier, ou de Goadjuteur 
temporel ; mais H doit marcher et s'avancer avec une humilité 
et une obéissance parfaites dans la voie qui lui a été tracée 
par celui qui ne connaît pas le changement et en qui le chan- 
gement n'a pas lieu. 

6. De la même manière, si quelqu'un a été examiné et in- 
struit pour être Goadjuteur temporel , il doit se livrer tout 
entier aux choses qui sont liées directement à sa vocation 
première, et ne chercher par aucun moyen à passer du 
grade de Goadjuteur temporel à celui de Goadjuteur spirituel, 
d'Ecolier ou de Profès. Tant qu'il demeurera dans cet emploi, 
il ne doit point chercher à apprendre plus qu'il ne savait en 
entrant; mais il doit persévérer avec une grande humilité à 
servir en tout Dieu son Gréateur et son Seigneur, suivant sa 
première vocation, et s'appliquer avec soin à avancer dans le 
renoncement de soi-même et dans l'étude des vraies vertus. 

7. On demandera à ces derniers, comme étant la chose la 
plus nécessaire à leur vocation, s'ils seront contents et tran- 
quilles en obéissant à Dieu leur Gréateur et leur Seigneur, 
dans les fonctions basses et abjectes qui font partie du ser- 
vice de la Maison et de la Société , quelles que puissent être 
ces fonctions; s'ils sont prêts à y passer toute leur vie, per- 
suadés qu'en cela ils rendent hommage et obéissance à leur 
Gréateur et à leur Seigneur, pourvu qu'ils fassent tout par 
amour et par respect pour lui. 

8. Tous les Goadjuteurs , tant spirituels que temporels , 
après avoir passé les deux années destinées aux épreuves et 
aux Noviciats , et une de plus , s'ils sont Ecoliers, comme il a 
été dit ci-dessus, prononceront, s'ils veulent demeurer dans la 
Société, et qu'elle ou son Supérieur y consente, les trois Vœux 



?S BXAMBir GÉNMiftAl; 

(quae publics, Kcet non solemniasint, JuxtaLitlerts A^t9feti>li- 
cas Julii ni) Obedientia), Paupertartis, et Caslitatis, ut inHio 
diximus ; et exinde Goadjutores formati vel aphrituales, Tel 
temporales censôndi sunt; ita ut ex parte ipsorum, ligaii ad 
semper vivendum et moriendum în Domino in hacSoetetate^ 
ad Divin se Majestatis gioriam, tnajusque meritdm et stalbiitta- 
tem propriam maneant (a). Nibilomitius SocietaB vel ejus Scr- 
perior, qui commune bonum débet intueri, cum eorum opisra 
ad majus Dei obsequium se lion juvari, sed contra potfus ac- 
cidere cerneret, eos dimittere, et a sua Gongregatione sepant- 
re potest : et tune ilii omnino liberi, nultoque Yoto obstrtcti 
rémanent. 



CAPUT VII. 

De alio examine (û), Scholasticis aceommodo^ ae imprimit ante^ 

quam in Scholaslicos admillanlur. 

4. Experimentis et Probationiblis prœdictis absolutis, al 
Scbolastici voluerint studere in Goliegiis, vel Domibus Socie- 
tatis, ut in eis in Domino sustententur, si Socieias, vel ejus 
Superior contentus etiam fueril, antequam ad studia se con- 
férant, vel dumin eisdem manebunt, ob suum maJus meri- 



(a) Ex parte if^sorom conTenit èos figari ; quandôqiltdéni eorain sbbl* 
lîlas quieritar. Neo e^t injastum (ot patet tu lltterit Apbstolieii} al 
Soclefas Hbt^rtalem ad eos dimitten/loa, ()uaiid6 ood fiietniif qéoâ debeat» 
retineat : quando «urdem illi, si iii aoc>deret« solati rtaneoi; eC alioqui fii« 
cilitJS est aliquem ab eo qood débet, deficere, quaui Socielateni, vel ejos 
Pr£po»iluni (ïeneraleoD : quorum tantum eril posse dimlttere; Dec td 
siae causis jiislissiniis (ut in secunda parle CoDsUlutioniim Tidebilur)« 
neri debebit, 

{a) IIoc, et mpcrfns Examen tton solmn iîs. qiA tone prlmam ad 
stDdia nintnntiir, \criini etbiii itlts qui iA ois pl*ogredltmlar, ca.A ad 
Dom '8 venbiDt, ut ali > m! lantur, prop n tur. 



JOLAMIEV GJBMÉRAL. 59 

4'9 i HJ it tf t i v y> dePtuvrelé ei de Gbaâtoté, comme aous l'avons 
dit au coouDMiiOQiiieiil ; ces vœux sont publics» quoique non 
aoteioiola, d'après la BuUe de Jules lU. A partir de là, ils se- 
ront oonsîdécés comme Goac^uleurs formés, spirituels ou 
ien^iorels ; de façon que de leur côté ils demeurent liés a ja- 
has^ pour vivre et mourir selon le Seigneur dans cette Société, 
pcHir la gtoic^ de la Majesté Divine, pour leur plus grand mé- 
rite et leur constance (a). Néanmoins la Société, ou son Su- 
périeur, <|tti doit avoir en vue le bien commun, pourra, 
quioid elle vecra qu'ils ne lui sont point utiles pour le service 
de Dieu , et (^u'au contraire ils lui sont plutôt nuisibles, les 
renvoyer et les séparer de son Corps : et pour lors ils seront 
entièrement libres, et ne seront plus liés par aucun Vœu. 



CHAPITRE VIL 

jywik amure es^ame» fait pour les Meolierê et guriout^ avanl gu'iis 
m met4 admUparmikt Écolier» (a). 

1 . Après les épreuves et Noviciats dont nous avons parlé, si 
les Ecoliers veulent étudier dans les Collèges ou dans les Mai- 
sons de la Société, pour y être entretenus dans le Seigneur, 
et si la Société ou son Supérieur y consentent également ; 
ayant d'entrer dans les études ou pendant qu'ils y seront^ 



(a) De leur côté il convient qn'ils soient liés, puis ,n'oii n'a en Tue 
que leur constance. Et il n'est pas injuste ( comaoe il paraît par les 
BnUes do Sa'nt-Siége) qae la Sociélé se réserve la liberté de les ren- 
voyer, quand ils ne font pas ce qu'ils doivent, puisque d'ailleurs ils de- 
viennent libres quand cela arrive; ef, ensuite, parce qu'il est plus pro- 
bable qu'une ficrsonae niiinqne à ce qu'elle doit, que la Société on son 
Général, à qui, seulement, il apparient de renvoyer; ce qui, d'ailhurs, 
ne devra se f lire que pour des motifs très-légitimes, comme on le verra 
dans la seconde P. rtie des Coosiitutions. 

(o) 03 ne fera pas subir cet Examen et le précédent, seulement à 
cens que Ton envoie anx études pour la première fois, mais aussi à ceux 
qui les continuent, lorsqu'ils vienuent dans les Mais )ns pour être ren- 
voyés ensuite ailiers. - 



dO EXAMEN GÉNl^RAL. 

tum ac stabilitatem, Vota simplicia Paupertatis, GastiUtis, et 
Obedientiœ, ac promissionem, quod studiis absolutis in Socie- 
tatem ingredienlur»D£o ac Domino Nostro facient. Sic autem 
intelligendus est hujusmodi ingressus, ut Professionem» vel 
Vota Coadjutorum formatoriim (si Societas eos admittere vo- 
let) emittant, et exinde Scholastici approbati Societatis cen* 
seantur. Libéra tamen manebit Societas, nec tenebitur ad eos 
admiltendos ad Profcssionem, nec in Goadjutores foroiatoSf 
si studiorum tempore maie se gérèrent, adeo ut Superior So* 
cietatis existimarel Dec gratum non fore, si in eam admittc- 
rentur : et tune ipsi etiam suis Yotis soluti erunt. 



2. Si quando studiorum tempore, qui majorem ad ea pro- 
pensionem animi pra3 se tulerunt, quam ad aliud in Societate 
ministerium, ostenderent, ac certum indicium prœbereut, 
imde Socielas, vel ejus Superior in Domino sentiat eos ido- 
neos non esse, ut in litteris proficiant, eo quod ingeoio vel 
sanitate corporis destituantur, vel aliis defectibus laborent ; 
intcrrogentur, an patienter se dimitti à Societate, dum ab 
omni Voto ac promissione liberi maneant, sint laturi. 



5. Qui ad studia litterarum idoneus invenietur, interroge- 
tur, an velit se duci sincre circa ea, quibus studere debeat, 
ac studiorum modum et tempus, juxta quod Societati, vei 
ejus Pra'posito, aut GoUegii, ubi daturus est litteris operam, 
Superiori videbitur. 

4. An contentus futurus sit eodem atque alii modo ibi âge* 
re, nullisque privilegiis aut prœrogativis minimum omnium, 
qui in Collegio fucrit, anteire, omnem sui curam Superiori 
GoUegii relinquendo. 

5. An statuerit omnino apud se, studiis absolutis, ac Pro- 
bationibus peractis, Societatem ad vivendum in ea, et morien- 
dum ingredi, ad majorem Dei gloriam. 

6. Sic examinatus vi inslnictus so acringcro Incipiet, ut ad 
studia so conforat, vol oa proseqnalur, parahis intérim in eis- 
dom studiis aliis experimentis et Probationibus \ariis exer- 
ceri ; quibus si non fuerit propter causas aliquas légitimas, 
ac fine aliquo bono prœ oculis babito, antequam ad studia 



EIAMKN GÉNÉRAL. 61 

pour que leur mérite et leur constaDce en soient d'autant plus 
grands, ils feront les Yœux simples de Pauvreté, de Chasteté 
et d'Obéissance, et ils promettront à Dieu et à Notre-Seigneur 
d'entrer dans la Société, après avoir achevé leurs études. 
Voici comment doit s'entendre cette entrée : elle consiste à 
Taire Profession > ou à prononcer les vœux de Goadjuteurs 
formés, si la Société veut les admettre, pour être ensuite 
considérés comme Ecoliers approuvés de la Société. Gepen* 
dant la Société demeurera libre, et elle ne sera point tenue 
de les admettre à la Profession, ni au rang de Goadjuteurs 
formés , s'ils se conduisaient mal pendant le temps de leurs 
études, de façon que le Supérieur de la Société crût qu'il ne 
serait point agréable à Dieu de les y admettre ; et pour lors 
ils seront aussi libérés de leurs Yœux. 

2. S'il arrivait que pendant le temps de leurs études, quel- 
ques-uns de ceux qui auraient montré plus de penchant pour 
l'étude que pour tout autre ministère dans la Société, vins- 
sent à donner des marques certaines qui permissent à la So- 
ciété ou à son Supérieur déjuger dans le Seigneur qu'ils ne 
sont point capables de faire des progrès dans les lettres, faute 
d'esprit ou de santé, ou par tout autre empêchement, il faut 
leur demander s'ils souffriraient patiemment do se voir ren- 
voyés de la Société, pourvu qu'ils demeurassent libres de tout 
Vœu et de toute promesse. 

S. Pour celui qui sera trouvé propre à l'étude des lettres, 
on lui demandera s'il consent à se laisser conduire pour les 
matières qu'il doit étudier, pour la méthode et pour le temps 
de ses études, par l'avis de la SoSiété, de son Général ou du 
Supérieur du Gollége où il doit se livrer aux lettres. 

4. S'il se contentera d'y vivre comme les autres, sans avoir 
aucun privilège ni aucune prérogative de plus que le dernier 
du Collège, en abandonnant entièrement le soin de lui-même 
au supérieur du Collège. 

5. S'il est bien décidé en lui-même à entrer dans la Société 
après avoir terminé ses études et son Noviciat, aQn d'y vivre 
et d*y mourir pour la plus grande gloire de Dieu. 

C. Après avoir été ainsi examiné et instruit, il se disposera 
à commencer ses études, ou à les continuer, se tenant prêt à 
subir pendant le temps de ces études d'autres épreuves de 
différentes sortes. Si pour quelques raisons légitimes, et pour 
une bonne fin qu'on se serait proposée, il n'avait point passé 

6 



62 EXAAIKN GÉNÉRAL. 

œittaiur, perlanctus , ds coofeclis, omoia ^perii^eata ei 
Probationes superius declaratas subibit. 



Pro Sck&lasUeii, qui sludia jam abiolverwiU. 

7. Scholastici studiia jam confectis, antequara ia Societatem, 
vel ejus DoiBos ingrediantur, ut in eadem ad omoimodam 
ObedieDtiam, ac commuaem yivendi la Domino modum ad- 
miUaatur; generalim inteirogandi sunt, an firmi in $ua deli- 
beratione, et Votis ac promissione Deo oblatis, antequam ad 
studia se conferrent, vel in eisdem, si quidem admissi pr^ap 
fucrint in CoUegiis, permaneaat. 

8. Interrogentur etiam , et examinentur particulatim eis- 
dem interrogationibus, et examine^ quo, priusquam ad stu- 
dia milterentur, interrogati fueruat; ut Superioribus n^emo- 
ria ac notitia eorum renovetur, ac meiius pleaiusque stablli- 
tas, et constantia, vel etiam mutatio, si aliqua accidisset in 
rébus primo interrogatis et afiirmaiis, cognoscatur. 



CAPIJT VIII. 

e alio examine Indiffcrenlibus aceommodo. 

1 . Âd majorem illius notiiiam, quf ut IndifTerens examinan- 
dus est, ut omni ex parte cum majori cognitionc et luce in 
Domino procedatur, instruendus idem erit, et admonendus 
quod nuilo tempore, nec ratione potest» nec débet pra>ten- 
dere, nec tentare, directe nec indirecte, potins bunc, quam 
illum gradum in Societate ; nimirum non potius Professi, 
vel Coadjutoris spiritualis, quam Goadjutoris temporalis, vel 
Scbolastlci : quin potins perrectœ bumilitati, ac Obedientî» 
locum dando, omncm sui ipsius curam, et ad quod officium, 
vel gradum sit cligendus, su Crcatori et Domino, ac eji» 



EXAMEN GÉNÉRAL. 65 

par ces épreuves, avant d'être envoyé aux études, il subira 
toutes les épreuves dont nous avons parlé plus haut, sitMque 
ses études seront achevées. 

Ffnwr kê Ecolieri qui onl déjà fini leurs Hmdeê, 

7. Les Ecoliers ayant achevé leurs études.avant d'entrer dans 
ta Société et dans ses Maiisons pour y être admis à TObéissance 
complète et à la vie commune dans le Seigneur, devront être 
interrogés d'une manière générale sur leur persistance dans 
ïa résolution qu*ils ont prise, dans leurs Voeux et dans la pro- 
messe qu'ils ont faite à Dieu, avant de commencer leurs études 
ou pendant ces études, dans le cas où lis auraient été admis 
dans les Collèges avant de l'avoir faite. 

8. Ensuite on lès interrogera en détail, on leur fera subir le 
même examen et on leur fera les mêmes questions qu'avant 
de les envoyer aux études; aGn de renouveler les souvenirs 
que les Supérieurs ont conservés d'eux et la connaissance 
qu'ils en ont, et pour qu'on s'assure mieux de leur fermeté et 
de leur constance; et qu'on s'aperçoive aussi des changements 
qui auraient pu se faire dans leur esprit au sujet des choses 
qu'on leur avait d'abord demandées et des réponses qu'ils 
avaient faites. 



CHAPITRE YIII. 

D*un autre examen bon pour les Indifférents, 

4. Pour connaître davantage celui qu'on doit examiner en 
qualité d'Indifférent, et pour procéder en tout avec plus de 
connaissance et de lumière dans le Seigneur, il faudra l'in- 
struire et l'avertir qu'il ne peut ni ne doit en aucun temps et 
sous quelque prétexte que ce soit prétendre ni essayer, direc- 
tementou indirectement, d'avoir un grade plutôt qu'un autre 
dans la Société , par exemple celui de Profès ou de Goadju- 
teur spirituel plutôt que celui de Goadjuteur temporel ou d'E- 
colier, et qu'il doit bien plutôt, pour avoir lieu de se perfec- 
tionner dans rilumililé et dans l'Obéissance, abandonner entiè- 



r>4 EXAMEN GÉNÉRAL. 

nomine, et pro ipsius amore ac reverentia, ipsimet Societati, 
vel ejus Superlori débet relinquere (a). 



2. Postquam sic fuerit admonitus, interrogetur, an se om- 
nino sentiat iDdilTereatem , quietum, et paratum ad inser- 
viendum Greatori ac Domino suo in quovis Officio, velminis- 
terio, quod ei Socletas, vel ejus Superior commiserit. Inter- 
rogetur etiam, si Societas, vel ejus Superior illum veliet va- 
cantem quidem animas suœ saluti, ad officia tantum inreriora 
et humilia semper applicare, an se paratum sentiat ad vitam 
omnem in bujusmodi offîciis inferioribuâ et humilioribus, in 
auxilium ac ministerium Societatis, exigendam ; existimando, 
quod ea in re obsequium et laudem praestat Greatori suo ac 
Domino, dum omnia ob ipsius amorem et reverentiam agit. 

3. Gum omnino ei placuerint omnia in Domino, quae dicta 
sunt ; instrui poterit et examinari de reliquis, juxta aliquod 
examen ex praedictis, vel omnia illa, prout magis conyenire 
videbitur, ut utrique parti in omnibus satisfiat, ac majori 
cum claritate procedatur, quandoquidem omnia instituta, et 
ordinata aunt ad majus obsequium, et laudem Dei et Domini 
Nostri. 



(a) Cum tameo aliquid constanter eis sese ofîerret, qaod ad majorem 
Dbi gloriam fore jndicarent ; post oratiouem siinpliciter Superiori prt • 
ponere poteruat, ipsius judicio oniiii»o reni comniitleules, uibil amplius 
procurando. 



EXAMEN GÉNÉRAL. 65 

rement le soin de hii-méme et le choix de l'office ou du grade 
auquel il est destiné, à son Créateur et son Seigneur, et en 
son nom , pour l'amour de lui et par respect pour lui , à la 
Société elle-même ou à son Supérieur (a). 

2. Après cet avertissem^t, on lui demandera s'il se sent 
entièrement Indifférent, tranquille et prêt à servir son Créa- 
teur et son Seigneur dans quelque Office ou ministère que la 
Société ou son Supérieur lui confle. On lui demandera en^ 
core si, dans le cas où la Société, ou son Supérieur voudrait, 
en le laissant vaquer au salut de son âme, ne l'employer Ja- 
mais qu'aux emplois bas et humbles, il se sent prêt à passer 
toute sa vie dans ces emplois les plus bas et les plus humbles, 
pour le service de la Société, en pensant que par là il rend 
hommage et obéissance à son Créateur et son Seigneur, puis* 
qu'il le fait pour Tamour de lui et par respect pour lui. 

3. Si dans le Seigneur il accepte avec plaisir tout ce que 
nous venons de dire, on pourra Tinstruire et l'examiner sur 
le reste, en suivant un des examens que nous avons prescrits, 
selon qu'il paraîtra le plus convenable, afln que les deux par- 
ties, lui et la Société, soient satisfaites en tout, et que l'on 
procède avec plus de clarté ; tout ceci d'ailleurs ayant été 
institué et ordonné pour le service et la gloire de Dieu et de 
Notre- Seigneur. 

(a) Cependant, s'il se présentait conalaroment à leur esprit quelque 
chose qui leur parût devoir être utile à la gloire de Dimi, ils pourraient, 
après avoir prié Diiu, le proposer simplement au Supérieor, en couBant 
fntièrement la chose à son jugement, sans s'embarrasser de rien de 
plus. 



6. 



CONSTITUTIONS. 



CONSTITUTIONES 



CUM DEGLARATIONIBUS. 



PROŒMroM CONSTITDTIONUM. 

i . Quamvîs summa Sapientia et Bonitas Dsi Greatoria Nos- 
tri ac Domini sit, quœ conservatura est, gubernatura, atque 
promotura in suo Sancto servitio banc miaimam Societatem 
Jesu, ut eam dignata est incboare ; ex parte vero Nostra, in- 
terna charitatis et amoris illius lex, quam Sanctus Spiritus 
scribere, et in cordibus imprimere solet, potîus, quam ull» 
eiternœ Gonstitutiones, ad id adjutura sit ; quia tamen, sua- 
vis dispositioDivinaeProvidentiae suarum creaturarum coope- 
rationem exigit, et quia Gbristi Domini Nostri Yicarius ita sta- 
tuit, et Sanctorum exempta, et ratio ipsa nos ita docetin Do- 
mino ; necessarium esse arbitramur Gonstitutiones conscribi, 
quœ juvent ad melius in via incepta Divini obsequii proce* 
dendum, juxta Instituti Nostri rationem. 



2. Quamvis primum illud sit, et maximi moment! in Nos- 
tra intentione, quod ad corpus univers» Societatis gpectat, 
cujus unio, et bonum regimen, et conservatio in suo bono 
statu, ad majorem Dei gloriam inprimis quseritur ; quia ta- 
men corpus boc ex suis membris constat, et in ipsa execu- 
tione primo loco occurrit, quod ad singulos spectat, tam in 
ipsis admittendis, quam in promovendis, ac deinde per vi- 
neam Gbristi Domini Nostri dividendis; bine exordium sume- 
tnr (a), eo favore, quem Lux «terna Nobis ad bonorem et 
laudem suam conferre dignabitur. 



(a) Gongmus esse solet procedendi modus ab imperfectiorlbiii ad 
perfectiora, pnecipue in lis, qiua pertinent ad praxim ; cum id primum 
iii eiecutione occurrat, quod est in consideratione postreronm (oaro h«c 



LES CONSTITUTIONS 



AVEC LES DECLARATIONS. 



PRÉAMBULE DES CONSTITUTIONS. 

1. Quoiqu'il appartienne à la souveraine Sagesse et à la 
Bonté de Dieu notre Créateur et notre Seigneur de conserver, 
de gouverner et de conduire dans les progrès qu'elle fera pour 
son Saint service cette très-petite Société de Jésus, comme 
elle a daigné la conduire dans ses commencements; et que 
de Notre côté, la loi intérieure de charité et d'amour que le 
Saint-Esprit a coutume d'écrire et de graver dans les cœurs, 
doive Talder à parvenir à ce but, plutôt qu'aucune constitution 
extérieure; cependant comme les décrets adorables de la 
Divine Providence exigent la coopération de ses créatures, 
comme le Vicaire de N.-S. J.-C. l'a ainsi ordonné, et que 
d'ailleurs les exemples des Saints et la raison même nous 
l'apprennent dans le Seigneur, Nous jugeons qu'il est néces- 
saire d'écrire des Constitutions, qui aident à avancer de plus 
en plus dans la voie du service de Dieu où nous sommes 
entrés, suivant l'esprit de Notre Institut. 

2. Quoique le premier objet de nos soins et le plus impor- 
tant soit ce qui regarde le corps entier de la Société, dont 
Nous cherchons surtout à procurer l'union, la bonne admi- 
nistration et la conservation en un bon état, pour la plus 
grande gloire de Dieu : cependant comme ce senties membres 
qui composent le corps et que ce qui se présente d'abord dans 
l'exécution, c'est ce qui a rapport à chacun d'eux en particu- 
lier, soit pour les admettre, soit pour les faire avancer, soit 
pour les distribuer dans la vigne de N.-S. J.-C. (a), nous com- 



(a) La manière de procéder la plas convenable et la plus usitée, c'est 
d aller des choses moins parfaites aux plus parfaites, surtout en ce qui 
concerne la pratique. Car ce qui se présente d'abord dans l'exécution , 



70 PRÉFACE DBS CONSTITUTIONS. 



a fiue id média descendit) et sic in decem praeclpuis Pdrtibus^ ad quas 
redacunlur omncs Gonsliiutiones. procedentur. 

Prima de iis admittendis ad Proi)ationem agit, qui Nostrum sequi In> 
stitatum expetunt. 

Secundo de iis dimittend's, qui ad Hliid non esse id roei TÎdebuntur. 

Tertia de iis, qui reliuebuntur, conservandis, et iu spirilu ac virtute 
proroovendis. 

Quarta de iis insiitnendis in lUleris, et aliis mediis pro\irooa jotaûdi* 
qui in tpiritu et virlute in seipsis profecerint. 

Quintu, de «ooptanits in corpus Societatis, iis qui sic fuerint iostituti. 

Scxia de i's, quae iu seipsis obseriare debent, qui in hoc corpus jam 
cooptati Sun t. 

Septinia de iis qiiœ observanda sunt erga proxinios, distribucndo sci- 
lice! Opcrar os, et eos iu Chrisli Domini Koslri viuea occup;!udo. 

Octava de ils, quas faciunt ad muiuam, et cum suo capîtc un!onem 
eoruro, qui distr buli sunt. 

Nona de iis, qu» ad caput, pertinent, et ad gubernationem, qwt ab 
eo ad corpus descendit. 

Décima de iis« qu« aniversal 1er ad consen ationem, et augmeatnin 
totias corports iiujns Socielalif in bono suo statu pertiuenl. 

Ilic est Ordo in GonstUutioaibus, et Declaraiiouibus teaeodtis; fiocm 
illuni intuendo gloriiP, et lau<iis Du Creatoris ac Domiui I^ostri, quem 
Nobis prsefiximus. 



PRëFACë des COXfSTlTUTlONS. 7t 

mencerons par là, avec Taide que la Lumière éternelle dai- 
gnera Nous accorder pour son honneur et pour sa gloire. 

c'est ce qui se présente le deraier daa$ là théorie, la théorie p'^rlaat delà 
fin ponr arriver aux moyens. C'est ainsi qae Noas procéderont danslei 
dix piiocipsles Parties auxquelles se r^^duisent toutes les Gonstitufions. 

La première frai'e de l'adiDission au Noviciat de ceux qui demiu- 
dent à suivre notre Institut. 

La seconde, du renvoi de ceux qui ne paraîtront pas y élre propres. 

La troisième, de ceax qu'on gardera et qu'on y retiendra, et de leurs 
progrès dans la piété et dan^ la verfu. 

La quatrième, de la manière r'e former dans les sciences et dans les 
autres moyens d'être utiles au prochain, ceux qui seront assez avancés 
eux-mêmies dans la pif té et d ns la vertu. 

La cinquième, de l'adoption de ceux qtii auront été ainsi formés, dans 
le corps de la Société. 

La sixième, de ce que doivent observer, par rapport ft eux-mêmes 
ceux qui sont déjà incorporés à la Société. 

La septième, de ce qu'il faut observer relativement an prochain, dans 
la disIribuUoQ des Ouvriers dans la vigne de N.-S. J.-C, et daas le tra- 
vail dont on les changera. 

La huitième, de ce qui sert à unir ceux qui sont ainsi dispersés en- 
tre eux et avec leur chef. 

La neuvième, de ce qui concerne le chef, et de l'administration qui 
découle de cett(^ source d.ins tout le corps. 

La dixième, de ce oui regarde généralement la conservation et l'ac- 
croissement de tout le corps de celte Scc'été dans un bon état. 

Tel sera l'Ordre que Nous suivrons dans les Constitutions et les Dé- 
clarations, ayant toujours devant lesyeui le but de la gloire de Dieu, 
Notre Créateur et Notre-Seigneur, que Nous Noui sommes proposé. 



72 PBÉFACE DES CONSTITDTIONS. 



PROŒMIUM 



In DeclareUiones et Ânnolaliones Consdtulionum. 



Cura CoD&titationum liic finis sit, ut universum corpus SocietatU, et 
particularia ejas membra ad sui coaieiTstiouem et lacremeotuin. ad 
gloriam Dei, et uoiversalis Ecclesis bonuro juveotiir ; praeterquam qiiod 
omnes et singulae earnm, per se ipsas ad fioem dictum accommoda tas 
suDt, tria alia in eis expeti possunt. 

Primam, ot pleoœ tiot ; quo omnibus quae incidere possiot^ quantum 
lieri potest, provideator. 

Alterum, ot perspicu» sint ; qao miaor scrupulii dttur occasto. 

Tertinro, ut brèves tint, quantum plenitudinis ac perspicaitatis ral'o 
patitur ; ut memoria retineri possint. 

Quo tria baec melius observentur, prœter Constitutiones oniTcrsa- 
lion s et brcTiores, qu» ut obseryenlur a Nostrif, et osleudanlur, oim 
oportebit, externis, eritnt ma^s ad usum accommodât» ; visum Nobis 
est in Dom>DO bas Declarationes* et Anootationes esse adjicicndas : qoa 
cum non minoris ûnt auctorifatis, quam reliquae.Cooslitntiones^ roagis 
descendenda ad parjcularia, eos qui reliquis ptaesunt, de le! us quibus- 
dam possint edocere, quas brevilas et uniTersalilas alianim minus dilu- 
cidas reddebat. Sed practer utrasque^que ad res immuabiles pertinent» 
et uniTersaUter obserrari debent, ab'œ quaedam Ordinatit nés eruot ne- 
cessaria;, qiae divenistemporîbosjociset prrsonis, in diveisis Dt»roibns, 
Collegiis, et Offidis Societatls ( uniformitate taroen, quoad rjns fleri 
poterit, in omnibus retenta ) possint accOmmodari. De bnjusmodi Or- 
dinaiionîlNis, Tel Regolis hic non tasetur ; sed id solnm ar^monebiinuf » 
qood ab nnoqnoque^ qui il>i fnerit, ubi hae observe ntur, ju\ta Toluntatrm 
Saperioris, qui et prseftierit, sunt oliservandae. 

Ut redcamusergo ad id, quod agilur hoc looo, bariim D>clarali tnnm 
ordo bic erit, nt Co:is'it(iiii>Dtbu> rc p.tndeant.llaquePars Parti, Caput 
C«piti, cum di'claraadum aliquid ruirit, rt^ddeUir : quod iii margiiie 
Constitutionum liltera qiiUMldm iiidicabit, cui ulia siaiilii in Dectaiktio- 
Dibas re>poodebit : et sic ordiuate pioredelur, ejiis favore aspirante, 
qui ordiois to.iiis priocipium est, ul pote p- Hectissima et iufiuita sa- 
pientia. 



PREFACE DES CONSTITUTIONS. 73 



PRÉFACE 



Sur Us Déelaralions et les Noies des Conslilulions. 

Le bat drs coDstitalions, c'est de procurer la oonservat-on et Tac- 
croissemeut de toat le corps de la Société et de chacun de ses membres, 
pour la gloire de Dikd et le bien de TEglise universelle; m jis il ne sufOt 
par qne toutes et chacune d'elles soient en elles-mêmes appropriées à ce 
but ; outre cela, il faut encore trois choses : 

La première» c'est qu'elles soient coniplètes, aftn de prévoir autant 
qu'il se peut tous les cas possibles. 

La seconde, c'est qu'elles soient claires pour donner moins d'occasion 
de scrupules. 

La troisième, c'est qu'elles soient courtes, autant que cela peut s'ac- 
corder avec les deux antres conditions, afln de pouvoir être relenues 
fuciiement. 

Pour qne ces trois points fussent mieux observés, outre les Constitu- 
tions générales et courtes qui seront plus commodes pour Tusige des 
Kôtres et pins faciles à communiquer aux étrangers , lorsqu'il le faudra, 
il nous a paru à propos dans le Se'gneur d'y ajouter ces Déclarations et 
ces Noies. Gomme elles n'ont pas moins d'autorité que le reste des Con- 
stitutions, elles pourront, en entrant no peu plus dans les détails, ap- 
prendre aux Supérieurs certaines choses que la brièveté et la généralité 
de celles-là rendraient moins claires. Mais outre ces deux classes de rè- 
gles qui concernent des choses immuables et qui doivent être générale- 
ment observées, il y aura encore besoin de quelques autres ordonnances 
applicab!e8 aux différentes Maisons, Collèges et offices de la Société, et 
variées suivant la différence des temps, des lieux et des personnes, en 
conservant néanmoins, autant que possible, l'uniformité en tout. II ne 
sera point question id de ces règles ou ordonnances : nous avertirons 
seulement qu'elles doivent être observées par chacun de ceux qui de- 
meurent dans les lieux où elles sont observées* suivant la volonté du 
Supérieur. 

Pour revenir donc à ce dont il s'agit ici, les EMcfarations, quand il 
sera nécessaire d'en faire, seront disposées de manière à correspondre 
aui Gooslilutious ; et cela^ Partie par Partie, Chapitre par Cbapif re, ce 
qui sera indiqué à la marge des Constitutions par une lettre qui renverra 
à une antre lettre semblable dans les Déclarations ; et l'on procédera 
ainsi avec ordre, avec le secours de celui qui est le principe de tout 
ordre, la sagesse parfaite et iunuie. 



PRIMA PARS. 



De admissione ad Probalionem. 



CAPUT I. 

De eOy qui admiltendi facuUalem kabei. 

i . Facultas admitteiidi ad Probationem, quorum el quanta 
sit, judicioPrsepositiGeDeralisreHnquattir, qui in eacommu- 
nicanda considerabît, quid ad majus servitium Dei ac Domini 
Nostri conventat. 

2. Quandolaliquîs, qui idoneus videatur ad Nostrum losti* 
tutum sequendum, adeum accederet, qui hujusmodiadmitteo- 
di potestatem non habet ; mittere eum poterit ad ilUim, po- 
Des quemea sit (a), vel scribere ei, significando qualis ille sit, 
et quibus prœditus Dei donis, qui admitti petit ; et exseqtia- 
tur, quod ei in Domino praescriptum fuerit : si quidem ille 
in absentla id praescribendi facultatem babebit (6). 

5. Quia referlplurimum ad Divinum servilium, convenien- 
tem haberi delectum eorum^ qui admittuntur, et diligenliam 
adbiberit ut intelligatur, quae eorum sint dotes et vocatio ; 
qui talem admittendi facultatem habet, si per seipsum id ipse 



(a) Si comiDode non posnt aliquis hujusiiiodi ad Societalis Institatnin 
idoneus, ad eum mitti, qai polestatem faabet admiltendi ; Intérim daoi 
Hle admonetar, Uoebii cuique (si id necessarîuiB ewe, aut valde cooTenire 
judicabitur) eum tanquam bospitem pênes se retioere; donec respoosum 
ab eo ad quem relatuni eit de eo negotio, ace'tpiat : et tune jnita ordi- 
nenu sibt pFsescriptnm prooedet. 

(b) Qui ordinarieadroittere poteraot in abseetta, santPrappoaitl Pro- 
irinciRles : cxtraordioarie vero quivis Conifiistariw PnpposiU GeDeralia, 
tel ejnsdein ProviucialÎK. At RectorilNis Gollegioruin, et Pra»poaHia Do* 
morum uiagis oonsuelHm ei*.t commiHive, ut, qiios idonfos jndicabant» 
Doini su», aut iu Collegio possint admitteie, eum praesente* ftierint* 



PREMIÈRE PARTIE. 



De l'admmon au Noviciat. 



CHAPITRE I. 

De eeM qui a lu pouvoir d'admettre. 

\ . On laisse au jugement du Général la liberté d'accorder 
au degré qu'il voudra et à qui il voudra le pouvoir d'admettre 
au Noviciat : il considérera en cela ce qui sera le plus conve- 
nable pour le service de Dieu et de Notre-Seigneur. 

2. Si quelqu'un, paraissant propre à entrer dans notre In- 
stitut, s'adresse à un de ceux qui n'ont pas ce pouvoir d'ad- 
mettre, celui-ci pourra le renvoyer à celui qui en est revêtu (a), 
lui écrire^ en lui donnant des détails sur le postulant et lui 
marquant quels dons il a reçus de Dieu ; et il exécutera en- 
suite ce qui lui sera prescrit dans le Seigneur. Mais pour cela 
il faut que celui à qui il a écrit ait le pouvoir d'admettre quoi- 
que absent (h\ 

5. Comme il est très-important pour le service de Dieu de 
bien choisir ceux que l'on admet, et de s'appliquer à connaître 
leurs talents et leur vocation ; si celui qui a le pouvoir d'ad- 
mettre ne peut le foire par lui-même, il doit toujours avoir 



(a) Si qnelqu'on, qui lerait ainsi propre à entrer dars la Soci të, ne 
pouvait pas être envoyé commodément à celui qni a le pouvoir d*ad- 
raetlre, pendant qu'on en avertît ee dernier, il sera permis è tout mem- 
bre, qui le jugera nécessaire on très utile, de le garder auprès de lui 
en qualité d'bôte, jusqu'à ce quM reçoive la réponse de celui à qni il eo 
a référé, et alors H agtrj suivant 1 s or Jres qu'il aura reçus 

(6) Oxk\ qui ordinairement p::urrOQtfldn»Bttre, quoique sbipnis, sont 
Idf Provlocianx, et eitraordioaireu ent font Commissaire du Grmf^ral ot| 
du Provincial. Mais pour le > Rectenrs des G(4l/^ges et les P éfets des 
Maisons, on ne leur coaHera ordinairement que le pouvoir d'adinettrA 
dans leur Maison on ditns leur Collège eenx qu'ils jugeront propres à 
être reçus, quand eux-mêmes seront présents, 



76 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

non prnestet, habeat in iis, qui assidue apud se agimt, ali- 
quem, cujus opéra utatiir ad cognoscenduni eos, qui ingre- 
dluntur,, ad agcndum cum illis, epsque examinandum : qui 
quidem prudentia praeditus sit, et non ignoret agendi modum, 
qui cum tam variis generibus et conditionibus personariim 
est tenendus : ut majori intelligentia et utriusque partis sa- 
tisfactione negotium ad Dei gloriam transigatur. 

4. Tam illo, pênes quem est facultas admittendî, quam is, 
cujus opéra ille utitur, babeat oportet cognitionem rerum 
Societatis, ac zelum boni progressus ipsius ; ut nulla ratione 
dimoveri ab eopossit, quod in Domino convenientius ad Divi- 
num servitium in bac Societate judicaverit : quod ut conse- 
quatur, moderatus admodum sit oportet in admittendî desi- 
derio (c). Et ut liberior sit ab omni minus ordinato affecta, 
ubi yitii bujusmodioccasioesseposset (ut cum consanguineis 
et amicis] ille, in quo aliquid perkuU bujusmodi timeretur, 
examinandi oflTicio non fungatur. 

Quicumque autem eo fungetur, in scriptis habeat (d), qiiœ 
ad taie offlcium pertinent; quo melius et certius id possit 
prœstare, quod in bac parte ad Divinum servitium quae- 
ritur, 

(c) Ut par est sollicite cooperari motioai et Tocaiioni Di?inse, coran 'o 
ni augeatur îd Societate numerus Operariorom Tînes Christi Domîni 
Nostri ; ita dîiigentci* cons'derari oportet, ne quis admit tatiir, nisi qui 
donis illis Dei prœdilas sit, qo.e hoc rnstitulum ad ipsius gloriam eiigil. 

(d) Ubicumque adinitteodi facultas fuerit, liber completus Examinis 
sit oportet, et quidem in iis linguis, quœ fere soient esse necœiariap. Uu- 
Jusmodi ftuut vernacula loci illius, ubt agitur, et latina. Illud anteni 
Examen ei proponi débet, qui admîlU cupit, antequam Domum ad oom- 
niunem cum aliis convictam ingrediatur. 

Et quidem impedimenta, qoœ necessario eidodoiit, eUân aaleqoain 
ad primam Probaiionem admittantur, proponi debeot. 

Erit eliam sciiptnm alterom Examen, quoi oontinaat ea. qiuaseilo 
qnoqne mense |)er bienniuro Probationis proponi debeiit : alind ilcm 
perbrcva,quoiUi utentmr, qui cum iis, qui ingredt Tolunl,6olloqiNiotBr; 
ot ulrinque, id quod eiped t. liitelligatur, antequam ad prioMim Pruba- 
tionem quis admitlatur. lidem ofilcium etiam Eiaminatoris seriploai ba* 
bere debent, et quod in eo cootinetur, exseqoi curent. 



PREMIÈER PARTIE. 77 

auprès de lui quelqu'un dont il se serve pour prendre con- 
naissance de ceui qui entrent, traiter avec eux et les exami- 
ner. Il faut que celui-ci soit prudent et sache comment on doit 
se comporter selon la différence des personnes et des condi- 
tions, pour que tout soit conduit avec intelligence et à la sa- 
tisfaction des deux parties, en vue de la gloire de Dieu. 

4. Celui qui a le pouvoir d'admettre, comme celui dont il 
se sert à cet effet, doivent avoir connaissance des affaires de 
la Société, et être zélés pour ses progrès, de façon que rien ne 
puisse les détourner de ce qu'ils auront jugé dans le Sei- 
gneur être le plus convenable pour le service de Dieu- dans la 
Société; et pour cela il faut qu'ils n'aient qu'un désir très- 
modéré d'admettre (c). Pour laisser moins de champ à toute 
influence irrégulière, chaque fois qu'on redoutera quelque 
inconvénient de ce genre, par exemple quand il s'agira de 
parents ou d'amis, celui sur qui l'on pourrait concevoir des 
craintes ne sera pas chargé d'examiner. 

Quiconque sera chargé de cette fonction aura par écrit {d) 
ce qui s'y rapporte, pour qu'il puisse remplir mieux et plus 
sûrement ce que demande sur ce point le service de Dieu. 



(c) S'il est joste de coopérer fidèleroeat à l'iospiration et è la voca- 
tion Difine eo travaillant h augmenter dans la Société le nombre des 
ouvriers "de la vigne de J.C. N.-S., il faut aussi bien prendre garde de 
n'admettre que ceui à qui Dibu a accordé les dons exigés par cet Insti- 
tut pour sa gloire. 

(à) Partout où on aura le pouvoir d'admettre, il faudra qu'il y ait 
nn livre complet d'Examen, et même dans les langues dont on a ordi- 
nairement besoin, c'est-à-dire la langue du pays et la langue latine. 
Il faut faire subir cet Examen à celui qui désire être admis, avant qu'il 
entre dans la Maison pour y vivre en commun avec les autres. 

Il faut aussi lui faire connaître les obstacles qui empêchent nécessaire- 
ment d'être admis, même avant que de l'admettre an premier Novi- 
dat. 

Il y anra aussi un antre Examen par écrit qui contiendra ce qu'on 
doit proposer tous les six mois, pendant les deux années de Noviciat ; 
un antre très-court, dont se serviront ceux qui s'entretiennent avec les 
postulants, aRn que Ton sache de part et d'antre ce qu'il est nécessaire 
de savoir, avant d'admettre quelqu'un au premier Noviciat. Il faut 
aussi avoir par écrit les devoirs de l'Examinateur, et suivre de point e^^ 
point ce qui y est contenu. 

7. 



78 •CONSTITimOKS DES JTÉSVITES. 



CAPUT II. 

De admitlendisin Socielalem, 

i. In universum loquendo de iis, qui admittendi s^unt, quo 
pluribus Dei donis naturalibus et infusis prsediti, ad promo- 
vendum juxta Societatis Institutum, DiTînum servitium ; et 
quo certioribus experimentis perspecti fuerint ; eo magis ido- 
nei erunt, ut in eam admittantur. 

2. Ut particulatim de bis loquamur, qui in Goadjutores ad- 
mittuntur, ad res temporales, vel exteriores curandas (qui 
plures esse non debent, quam qui necessarii sintad sublevan- 
dum Societatem in iis rébus, in quibus occupari alii non pos- 
sunt sine detrimento majoris boni (a), esseeos oportet, quod 
ad animam spectat, bonse conscientise, quietos, tractabiles, 
amatores virtutis ac perfectionis, propensos ad devotionem, 
qui domesticis et externis aedificationi sint, qui sorte Marthae 
in Societatecontenti, et ad ejus Institutum bene affecti, eam 
juvare ad Dei gloriam exoptent (b). 



(a) Hajusmodi fere sont magnîs in Domibus Goqoi et Bispenntorfs 
cccupationeij Emptoris, Janitoris, Infirmarii, Lotoris, Prsrectl horti* 
eleeinos^naram Cnratoris (ubi ex eleemosynis Tivîtar) atqae îd gênas 
ali» esse possent. Qnii tamen pro majori aut miaori numéro hominam, 
qui \q Domibus Tel GoUegiis versantur, pro majore etiara vel minore 
distractione in hujusmodi exercitiis, roagis Tel minus necesse esset hujns- 
modi oniciales ad bsc Officia omnîno deputarl ; eorum pmdenti», qui 
rcliqnis pracsunt, îd committitur : modo banc curam sibi Impositaro 
sciant, ut finis meminerint, qui ad bujusmodi homines in Societatem ad- 
mitlendos movet : is est nécessitas, ut alii, qui in Tinea Ghristi Dominl 
Nostri laborant, Tel Iltteris dant operam, ut post modnm în eo laborent, 
snbleTentur, quo se in rébus ad majus Dsi, ac Domini Nostri obseqnlam 
pertinentibus exerceant. 

(6) Qui sic dispos'tns cemeretnr, ut Tideretur diu in externis mlnis- 
terlis non esse conqnietnrus, eo qnod ad studia. Tel ad Sacerdotinm af- 
fectus cognosceretur, non esset în Goadjutorem temporalem adroitlen* 



PREMIERS PAâTiK. T9 



LS. Ili^ 



CHAPITRE n. 

De eeu^quê Von doit admeUre dan$ la Société. 

1. Une règle générale pour tous ceux que l'on doit admettre, 
c'est que plus Dieu aura répandu en eux de dons naturels 
qui les rendent capables de. devenir utiles à son service en 
suivant les règles de notre Société, plus ils auront été soumis 
à des épreuves certaines, et plus ils seront propres à y entrer. 

2. Parlons maintenant en particulier de ceux que Ton admet 
en qualité de Goadjuteurs pour s'occuper des choses tempo- 
relles et extérieures. Il ne doit y en avoir que le nombre né- 
cessaire pour soulager la Société dans les choses dont d'autres 
ne pourraient s'occuper sans porter préjudice à un plus grand 
bien (a). U faut d'abord, pour les qualités de l'âme, qu'ils soient 
consciencieux, doux, dociles, qu'ils aient l'amour de la vertu 
et de la perfection, le goût de la dévotion, qu'ils soient un 
sujet d'édification pour la Maison et les Étrangers, et que, 
contents du sort de Marthe dans la Société et attachés à son 
Institut, ils désirent de la seconder pour la gloire de Di«u(6). 



[à) Telles sont à pen près dans les grandes Maisons les fonctions de Gufsi* 
nier, de Dépensier, de Pourvoyeur, de Portier, d'JnHrmier, de Blanchis* 
senr, de Jardinier, de Procureur des aumônes dan<i les Maisons où l'on vit 
d'aumônes , et antres semblables. Cependant, suivant le nombre plus ou 
moins grand de ceux qui demeurent dans les Maisons ou dans les Collèges, 
rt aussi sutTant le plus ou moins d'occupat'on que donneront ces fonc- 
tions, il sera plus ou moins nécessaire d'avoir des employés chargés 
chacun nn'qnemeot d'un de ces ofQces. Cela est laissé à la prudence des 
Supérieurs.: mais si ce soin leur est confié, ils doivent se souvenir 
du but pour lequel on reçoit des personnes de cette sorte dans la Société. 
C'e^^t qu'il est nécessaire de s tula^er ceux qui travaillent dxns ta vigne 
de J.-C. T9.-S. ou qui étudient les^lettres pour y travailler dans la suite]; 
c'est afin qu'ils aient le temps de s'exercer dans les choses qui tendent 
an plus grand service de Dieu et de Notre -Seigneur. 

{b) Si, d'après les dispositions de quelqu'un, on jngeait qu'il ne pût 
pas rester longtemps satisfait des charges extérienres, comme si, par 
exemple, on lui couna'ssait itn goût décidé pour les Études ou pour 



80 CONSTITUTIONS DFS JÉSUITFS. 

5. Quod ad externa atlioet, honesta specie, sanîtate, setaCe, 
et viribus ad labores corporis, qui in Societate se offerant, 
suflerendos, praediti esse deberent ; et qui habere, vel carte 
habituri esse aliquando talentum aliquod ad eam juvandam, 
viderentur. 

4. Admitterebominés difficilt admodum iagenio, vel inuti- 
les Congregatîoni, licet ipsismet non inutile foret admitti ; 
considérantes tamen Instituti Nostri finem, ac procedendi mo- 
dum, persuademus Nobis in Domino, ad ipsius majus servi- 
tium et laudem non expedire. 

5. Qui ad hoc admitterentur, ut in rébus Spiritualibus So- 
cietatem jnvarent, considerando quid hujusmodi ministerium 
requirat, ut animœ proximorum juventur, sequentibus donis 
Dei ornari deberent. 

6. Quod ad intellectum attinet, doctrina sana, vel aptitu- 
dine ad eam addiscendam, et in rébus agendis discretione, 
vel certe indole boni judicii ad eam acquirendam. 

7. Quod ad memoriam, aptitudine ad percipiendum, et fi- 
deliter percepta retinendum. 

8. Quodadyoluntatem, utuniversœ virtutisetperfectionis 
spiritualis studiosi sint;quieti, constantes, strenui in iis quae 
ad Divinum servitium aggrediuntur ; quiqiie zelum habeant 
salutis animarum , et ea de causa ad Nostrum Institutum 
(quod ad illas juvandas et disponendas ad ultimi soi finis, de 
manu Dei Greatoris Nostri ac Domini, consecotionem, recta 
tendit) sint alTecti. 

9. In exteriobus, exoptanda est sermonis gratia, ad agen- 
4um cum proximis pernecessaria. 

10. Species bonesta^quae œdificationi esse solet iis, quîbus- 
cum agitur. 

11. Bona valetudo, ac vires, quibus ferre possint Instituti 
Nostri labores. 

12. iEtas, quae ad ea, quae dicta sunt, conveniat : quœ qui^ 

dus ; nU\ flptus ad progressum m lilteris facienduin, qaantnm opos enet» 
Tideretur. 



PREMIÈRE PARTIE. 84 

5. Ouant aox dehors, il Tant qii*Hs soient dlin extérieur 
convenable, et que par leur santé, leur âge et leurs forces ils 
soient capables de supporter les travaux de corps qui se 
présenteront dans la Société, et qu'ils paraissent avoir, ou 
être en état d'acquérir quelque talent qui puisse lui être 
utile. 

4. Pour les gens d'un esprit trop lourd et qui seraient inu- 
tiles à la Société, quand bien même il pourrait leur être 
avantageux à eux-mêmes d'être admis, ils ne doivent point 
l'être, et nous verrons que cela ne serait point utile au service 
et à la gloire de Dieu, si nous faisons attention au but de notre 
Société et à sa méthode. 

5. Ceux qui seront admis pour aider la Société dans les 
choses spirituelles, eu égard à ce que ce ministère exige pour 
Futilité des âmes du prochain, doivent avoir reçu de Dieu 
les dons suivants. 

6. Quant à Tesprit, une doctrine saine ou de l'aptitude à 
l'acquérir, un grand discernement dans la conduite, ou du 
moins un jugement bien fait qui les rende propres à l'acqué- 
rir par la suite. 

7. Quant à la mémoire, de la disposition â saisir prompte- 
ment et à retenir fidèlement. 

8. Quant â la volonté, il faut qu'ils soient désireux de toute 
espèce de vertu et de perfection spirituelle, qu'ils soient doux, 
constants, courageux pour tout ce qui est utile au service de 
Dieu, zélés pour le salut des âmes, et par cela même attachés 
à Notre Institut, qui tend directement à les aider et à les con- 
duire à leur fin dernière, dont elles recevront l'accomplisse- 
ment de la main de Dieu notre Créateur et Notre-Seigneur. 

9. Quant à l'extérieur, il est à souhaiter qu'ils aient les 
grâces du discours, si nécessaires dans les rapports avec le 
prochain. 

40. Une figure honnête, ce qui est ordinairement un sujet 
d'édification pour ceux avec qui on a des rapports. 

11. Une bonne santé et des forces pour supporter les tra- 
vaux de Notre Institut. 

12. Un âge convenable aux choses que nous venons de dé- 

le Sacerdoce, on ne devrait pas l'admettre en qualité de Coadjufeor 
temporel, à moins qu'il oe parût capable de faire asset de progrès dans 
les lettres. 



82 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

dem^utadmittantur ad Probationem, excedere débet decimum 
quartum annum ; ut ad Professionem vero, vigesimiim quin- 
tum. 

15. Dona externa nobilitatis, divitiarum, bonaefamaB, et si- 
milia, ut non satis sunt, si desint alia, ita, cum aliasuppetent, 
haec non erunt necessaria : quatenus tamen ad cedificationem 
faciunt, reddunt magis idoneos, ut admittantur, qui sine ipsis 
alioqui essent idonei, propter dotes allas prœdictas ; in quibus 
quo magis praecelluerit, qui admitti cupit, eo magis eritad 
banc Societatem aptus ad Domini Di^ii Nostri gloriam ; quo 
vero minus excclluerit, eo minus erit idoneus(c). Quae tamen 
mensura omnibus in rébus teneri debeat, unctio sancta Di- 
vinse Sapientiœ eos docebit, qui id curse ad ejus obsequium 
ac laudem uberiorem susceperunt. 



CAPUT in. 

De m, quœ impediuntj ne guis in Societatem admittalur, 

1. Quamvis cbaritas et zelus animarum, in quo se Societas 
baecexercet, juxta Instituti sui finem, omnia bominum gêne- 
ra complectatur, ut eorum serviat spirituali utilitati, ac ad 
beatitudinem consequendam in Domino juvet ; ut tamen in 
Societatis ipsius corpus admittat, amplecti non débet, ut die- 
tnm est, nisi quos judicabit ad propositum Societati finem 
utiles fore. 



(c) Quamvis aliquis undecumqne idoneus ad Societatem, omoibas his 
praeditas esse debeat; si tamen in aliqiio quid eorutn desideraretar, Tarbi 
Kralia. vires corpori*, vel œtas ad Proresstouem, Tel quid simile, et in 
Domino judicarctnr, aliis Dki donîs, quoJ ea ex parte deest, compensari ; 
omniI)Usque perp -nsis, ad Dei obsequium fore, et ad Societali proposi- 
tum finem convenire» u^ adaiitteretur, diapensore cum eo Prspoutut 
Geoeralis poterit. Tel etiam alii, quatenus eis communicala al) ipfo laonl- 
tas se eitendet. 



PEBHIÈAË PAATifi. 83 

tailler, c'est-à-dire quatorze ans passés, pour èlre admis au 
NoviciatY et vingt-cinq ans passés pour être admis à la Pro* 
fession. 

43. Les dons extérieurs, la noblesse, les richesses, la répu- 
tation, et tous ceux de ce genre ne suffisent pas, quand les 
autres manquent, et ne sont pas nécessaires quand on a les 
autres. Cependant, comme ils contribuent à rédification, ils 
rendent plus propres à être admis ceux qui d'ailleurs le se- 
raient sans eux, pour les autres qualités dont nous avons 
parlé. Plus un sujet possédera ces dernières à un degré émi- 
nent, plus il sera propre à entrer dans cette Société pour la 
gloire de Dijsu Notre-Seigneur, et moins il les aura, moins il 
en sera digne (c). Quant à la mesure dont il fiiudra se servir 
en tout cela, c'est ce que 1 onction sainte de la Sagesse Divine 
montrera à ceux qui seront chargés de ce soin pour son ser- 
vice et pour sa plus grande gloire. 



CHAPITRE III. 

De ce qui empêche d'être admis dans la Société, 

1. Quoique- la charité et le zèle pour le salut des âmes, 
vertus dans lesquelles s'exerce cette Société conformément 
au but de £on Institut, embrassent absolument tous les 
hommes pour ce qui est de servir à leur bien spirituel et de 
les aider à obtenir la félicité dans le Seigneur ; cependant, 
quand il s'agit d'admettre dans le corps même de notre So- 
ciété, elles ne doivent embrasser, comme il a été dit, que 
ceux qu'on jugera devoir être utiles à la fin que se propose 
la Société. 

(c) Pour être propre à tous «égards à la Société, il esl nécessaire d'avoir 
tontes ces qualités; si cependant il en manquait nne à quelqu'un, 
comme les forces du corps ou l'âge requis pour la Profession, ou 
quelque autre semblable, et qu'on jugeât dans le Seigneur que les autres 
dons de Disc fmsent suffisants en lui pour compenser ces dffauls, en sorte 
que, tout bien cous déré, il convint au service de Diec et au but que la 
Société se propose, de l'»dmeUre , le Général pourra lui donner une 
dispense, et ce pouvoir s'étendra à tOiis ce ix à qui le Général l'aura 
Gomnittoiqué. 



84 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

2. Ex impedimentis ad admissionem, noDouliaeos qui vel- 
lent ingredi omnino excludunt : quia rationes efficaces nos ad 
id in Domino movent. Ea vero bujusmodi sunt. 

5. Aliquando a gremio SancUe Ecclesiae abscessisse, fidem ab- 
negando inter infidèles, vel incidendo in errores contra eam 
in quibus reprobatus fuerit per publicam sententîam (a) ; 
vel se more Scbismaticorum ab Ecclesiae unitate sejunxis* 
se (6)Ji 

4. Perpétrasse homicidium (c), vel esse propter enormia 
peccata infamem (d). 

5. Âssumpsisse Religionis babitum (e), vel Eremitam cum 
vestitu Monacbali fuisse. 



(a) Quamvis per publ'cain seutenliam quis condeiDiiatos non fuerit, 
si lanten error ejus publicus exiitisset, ac TebetPenter suspedus esset, et 
quod in jodicio conveuiri posset, timeretur, admitti noo débet; vernai 
hoc judlcium Praeposito Gcneraii relinquelur. 

(6) Quod ad Schisma attinet, qui iu terris Schisinaticorum nasceretur» 
if a ut Schismi générale peccatura esset patrlae, et uon soiam particulare 
ipsius, non e set hic talcm ob causam inter eos ntimerandns, qui a Socie- 
fatc excluduntur (et lantumdcm dictum sit de iis, qui in terris haretico- 
runi nascerenlur); sed ille potiui excludi inteiiigatar, qui esset iofamis, 
eioommanicatui, contemptâ auctoritale et providentia Nostne Sancbs 
Matris Ecclesi», ita ut hœresis, Tcl Schisma peccatum sit parliculare 
personœ, et non générale nationis aut patriœ. 

(c) Quod ad homicidii impedimenlum attioet, nalla (ut nec in allis) 
Declaratio adhibetur. I^um autcm sit homicidium, necne, si dubitaretur, 
discernant Prsepcsiti Générales; nec se faciles in bujusmodi dubiis exbi- 
béant. Qui cum délibéra lione homicidium perpetrari jussissct, si effec- 
tus est consecutus, quamvis manu sua nou occident, inter homicidas 
crit existimandus. 

(d) lufaniia propter enormia peccata ibi impedimentum esse iutelli- 
gitur, nbi, qui sic pcccayit, infaniiam contraxisset. Si procul esset ab eo 
joco, t'jroque i-or'io revipnisset. ut deoo nibil limonduni vldordur, posset 
iu Domino admitti. Qualia vero sint« vel non bint huju!»modl enormia 
peccata, juJicet Pra>poiitus Geneialis. 

(e) Non solum si Professionem eniisissel, sed û ?el uuum dicm liabi- 
i'un Religionis gestasset, aUmilti praple*- rationes in Ktami/ie dictas uou 



PRËMlKBIi: PARTIE. 85 

2. Parmi les obstacles qui s'opposent à Tadmission , il y en 
a qui excluent absolument ceux qui voudraient entrer dans 
la Société; des raisons puissantes dans le Seigneur nous y 
forcent. Voici quels sont ces obstacles. 

3. Être sorti quelque temps du sein de la Sainte Eglise, en 
renonçant à la foi chez les infidèles, ou en tombant dans des 
erreurs contre elle, pour lesquelles on aurait été condamné 
par sentence publique (a), ou bien s'être séparé de l'unité de 
TEglise comme les Scbismatiques (6). 

4. Avoir commis un homicide (c) , ou avoir subi une con- 
damnation infamante pour quelque crime {d). 

5. Avoir pris l'habit de quelque Ordre religieux (^], ou avoir 
été Ermite avec un froc de Moine. 



la) Quaad même quelqu'un n'aurait pas éié condamné par sentence 
publique, si cependant ses erreurs avaient éU publiques et qu*il eût été 
très suspect, de sorte qu^on eût lieu de crain Ire qu'il ne fût cifé en 
jugement» on ne dcvraii pas l'admettre. D^itilleurs cela dépendra du 
jugement du Général. 

(6) Quant au Schisme, celui qui serait né dans un pays Schismatique, 
de fnçon c,ue le Schisme fût un péché général de sa patrie, et non un 
péché à lui particulier, ne devrait pas pour cela être rangé parmi ceux 
qui sont eic'us de la Société. Cela doit s'entendre pareillement de ceux 
qni seraient nés dans des piys h<^rétiques ; mais on doit borner l'exclu- 
sion à celui qui aurait été condamné et excommunié pour avo'r roépriké 
l'autorité et la lumière de la Sainte Égt'se notre Mère, en qui 
l'hérésie ou le Schisme serait un péché particulier, et non un péché gé- 
néral de sa patrie. 

(c) Pour l'homicide, il n*e^t pas besoin de Déclaration, pas plus que 
pour les autres empêchements de ce genre. Quant à savoir s'il y a eu 
homicide ou non^ s'il y avait lieu au doute, c'est au Général à en déci- 
der, et il oe doit pas se montrer facile dans ces cas douteux. Celui qui 
a commandé un homicide avec réflexion, et dont Tordre a été exécuté, 
doit être considéré comme homicide, quoiqu'il n'ait pas tué de sa pro- 
pre main. 

(d) Une condamnation inramante pour crimes ne doit être consi- 
dérée comme un empêchement que dans le lieu où le criminel l'a subie. 
Si l'on en était éloigné, et qu'il fût si sérieusement rentré en lui-même, 
qu'il parût n'y avoir plus rien à craindre de lui, on pourrait l'admettre 
dans le Seigoeur. Quant à la nature et ^ l'espèce de ces ci imes qui for- 
ment un obstacle invincible, c'est au Géuéral à en juger. 

(e) I^on-seuleuieut s'il avait fait Profession, mais même s'il avait porté 
au seul j«»ur 1 habit d'un ordre religieux, il ne pourrait pas être admis 

8 



86 GONSTITCriONS JDÊS JÉSUITES. 

6. Matrimonii vinculo, vel servituti légitimas ligatum 
esse (/). 

7. Capitis iniirmitatem pati, unde accidat obscurari, et pa- 
rumsanum essejudicium; vel si notabiiem habeat ad illud 
dispositionem, ut in Examine fusius tractatur {g). 

8. Cetera impedimenta, quamvis singula {h) a Societate 
non excludant, reddunt tamen minus idoneum eum, qui ad- 
mitti exoptat; et posset tanti momenti essedefectus, ut e ser- 
vitio Dbi non esset Aiturum, cum eo quemquam admittl. 



9. Impedimenta autem hsec secundaria, de quibus modo 
est sermo, bujusmodi sunt : Quod ad interiora attinet, pas> 
siones vel affectus, qui domari non posse Yideantur ; vel pec- 
catorum habitus, de quibus non magna emendatio speretur. 



potest. lotelUgcndum est autem, quod habitum eo animo, ut sit Relig'o- 
8USj non propter alia<n causam, quae posset accidere indu'ssef. 

(f) Qaando hoc yinculum solutum esset, qaod a domino, Tel a conjuge 
facuitas concederetur, observatis a'iis circumstanti s, qua^juxla »anam 
doctrinam, et osum Sanctae Ecclesiae sjlcnt observari, impedimcntura 
esse desineL 

(g) In omnibus bis impedimentis espedit, ut ncc Generalts Prsepositus 
ncc Societas universa dispensare possit : qaandoquidem in unWersnm ita 
Soeietati convenir ut in hujus'iiodi non dispensetnr. Sed si cerneretur 
aliquod ex bis impedimentis in bomine, qui talibus Dei donis oroatns 
essef, ut pro certo baberetur, Sociclatem ad Dei et D mini Nostri obsc- 
quium ejus opéra admoduni juvari p-jssc, si ille Sumii o Pontiflci, tcI 
ejus Nunt'o, tcI sumnio PœnitenU trio snpplicarct sihi concedi, ut in 
Sjcieiatem non obstdnlibus Gonsiitu ionibus adnii tî posset, Prscposito 
ejus Generali non répugnante ; posset idem Prœpositus conseusum ad 
eom admittendum prâestare : dupfi lamen ostium non mubis, imo nulli, 
qui raris (utdic'um est) dolibus n)n sit prsditus, aperialur. 

(h) Quod^fs ex bis seeundsriis impedimentis ex se satis ese posset. ne 
quis admi leretur. Sed quia accidere posset, ab'quem buju mndi defertum 
aliis pra*c]ari8 Dei don's compensari, ac in Domino tolerandnm esse ju- 
dicarelur; id discemendum prudeniiœ ejus, qui admittendi fhculsatero 
habe^ relinquitur. Kt ejusdem erit in biijusinodi casibns dicpensare, ha- 
liiia nibilouiinus ratloiie judicii Suprrioris, ad qoero référendum rrif, 
qiiidquid dirncultatem in^^eieret, et quoj sialueri», faciendnm est. 



PREMtÈRK PARTIE* 87 

6. Être engagé dans les liens du mariage ou d'une servi- 
tude légale (f). 

7. Être sujet à des maladies de tête capables d'obscurcir le 
jugement et de lui enlever sa lucidité, ou y avoir une dispo- 
sition marquée « comme il est traité plus au long dans TËxa- 
men (g). 

8. Pour les autres obstacles, quoique chacun d'eux en par- 
ticulier n'exclue pas de la Société (h) , cependant ils reo- 
dent moins propre à être admis , et il y a de ces défeuts qui 
pourraient être d'une si grande conséquence, qu'il serait con- 
traire au service de Dieu d'admettre quelqu'un en qui on les 
apercevrait. 

9. Ces obstacles du second ordre dont nous parlons main- 
tenant, sont : Quant à l'intérieur, des passions et des affections 
qui paraîtraient indomptables, ou des péchés d'habitude, 
dont on n'aurait pas lieu d'espérer grand amendement. 



pour les raisons eiposéei dans l'Examen. Ce qui doit s'enten Jre dans ce 
sens, qu'il l'aurait porté aiec l'ntention d'être Religieux, et n^n pour 
d'autres raisons. 

if) Si ce lien était rompu par le consentement du maître ou de la 
femme, Tobstacle serait levé, pourvu que l'on observât toutes les autres 
formalités qu'exigent la saine doctrine et l'usage de la sainte Église. 

(g) Il est bon que ni le Général ni la Société entière ne puissent don- 
ner de dispense pour tous ces obstacles, parce qu'en général la dignité 
de la Société exige qu'il n'y ait point de dispense dans ces cas. Mais si 
l'an de ces obstacles écartait un bumme si bien doué de Dieu, que l'on 
regardât comme certa'n que la Société pourrait tirer beaucoup de 
secours de lui pour le service de Disc et de Notre-Seigneur ; cet honune 
pourrait supplier le Pape ou son Nonce, ou le grand Pénitencier de loi 
accorder d'être admis dans la Société, nonobstant les Constitolioos, le 
Général ne s'y opposant pas; et le Général pourrait consentir à l'ad- 
mettre» pourvu que celte porte ne fût pas ouverte à beaucoup de monde, 
et qu'elle ne le fût, comme il a été dit, qu'à ceux qui au aieut ces rares 
qualités. 

(h) Un seul de ces obstacles du second ordre pourrait suffîre pour em- 
pêcher d'être admis. Mais comme il peut arriver qu'un défaut de celte 
nature soit réparé par d'autres dons de Dieu édatauts, on le laisse k 
décider à la prudence de celui qui a le pouvoir d'«(dmettre. Ce sera à lui 
à dispenser dans ces cas en suivant néanmoins l'avis du Supérieur au- 
quel il devra s'en rapporter pour toutes Ica difflcwHés, a^n dé se confor- 
mer à se» ordres. 



8S CONSTITUTIONS BBS JlSSUlTES 

10. Intentio minus recta, qnam paressetad Religionis in- 
gressiim, ut qUcT cum humano aliquo fine sit admixta. 

11. Inconstantia, vel remissio animi notabilis, ex qna qui 
de ingressu agit, parum utilis futurus credatur ad Societatis 
muncra obcunda. 

42. Indiscrets devotiones» quœ in causa esse soient» ut ali- 
quis in illusiones et non exigui momenti errores incidat. 

15. Litterarum ignorantia, vel ingenîi, aut memoriae ad 
cas addiscendaSy Ycl linguœad explicandum defectus, in illis, 
qui prae se ferunt intentionem, vel desiderium ulterius pro- 
grediendi, quam soient Coadjutores temporales. 

14. Judicii defectus, yel notabilis in proprio sensu obda- 
ratio : quae omnibus Gongregationibus multum solet faces- 
sere negotii. 

15. In exteriori homine, defectus in integritate corporis, 
morbus, débilitas, vel notabilis deformitas (t). 

iEtas valde tenera, vel plus satis provecta {h), 
JEs alienum, vel civiles obligationes (/]. 



(t) Animadvertendum est, eos, qui deforroitates, yel defectus iosigo^s 
habeot, ut gibbos, vel alia qnœpiam mon&trosa, siTe sic nati fuerint, s\ie 
es aliqua eileroa causa, ut percusstone et similit»us, id accident, ««d $o- 
cictateni Noslram non esse idoaeos, par iin qnod res hujusroodi ad Sa- 
cerdoliuoi obstare sGlent, pari:iii quod ad proiimoruni edificalionero, 
quibusv um ex luslituti nostri rattone versamur, niinime juvaut ; usl, ut 
superiiis dictum est, alils eximiis yirtutibus ac dénis Obi compensareoliir, 
com quibus hujusmodi dereclus rorporis potius ad augmentum, qaam 
ad dimiuutîoncm œdiflcationis faciuri viderentur. 

(A) Qflod ad setatem atUnel XIY annis minorem, ut quis ad Pr^batio- 
nein, aut XXV, ut ad Professionem admittatur,8i iu quibusdam, pecolia- 
ribus de causis. anteyertendum esse id tempus. ad flneni majoris Di? ini 
serTitii Nobis pneQxum^ viderelur. pênes Prœposilum Generalein facullas 
erit prudenter ac circninspec e dispensandi : et idem, cum proveclior 
ftlas fuerit, considerabit, an expédiai» uecne, ad uoi?ersale booum, hu- 
jusmodi defectum tolerari. 

(0 De «ra aliène diligenter ceoaideretnr, ne iode effendicQli ?el pe r- 
tnrbationis eccasie erialur; praraertim in obligatiooil)us ciTilibos, de 



PREMIÈRE PARTIE. 89 

40. Une intention moins droite qu*il ne convient de l*avoir 
pour entrer en religion, comme celle qui serait mélangée de 
quelque considération humaine. 

44. Une inconstance et un relâchement d'esprit si notable» 
que celui qui demanderait à entrer paraîtrait devoir être peu 
utile par la suite pour remplir les charges de la Société. 

42. Des dévotions indiscrètes qui mènent ordinairement à 
tomber dans des illusions et des erreurs considérables. 

45. L'ignorance des lettres, ou un défaut soit de mémoire 
ou d'esprit pour les apprendre, soit d'élocution pour les en- 
seigner, surtout dans ceux qui témoignent le désir d*aller 
plus loin que ne vont ordinairement les Goadjuteurs tem- 
porels. 

44. Un défaut de jugement ou un entêtement marqué dans 
son propre sentiment, ce qui donne souvent bien de l'embar- 
ras à toutes les Assemblées. 

45. Quant à l'extérieur, des défauts de corps, comme le 
manque de quelque membre, la maladie, la faiblesse, ou une 
difformité remarquable (t). 

L'âge trop tendre ou trop avancé {k). 
Les dettes ou les obligations civiles (0- 



(i) Il faut remarquer que ceui qui ont des difTorniités remarquables, 
comme ceux qui sont tiossus ou contrefaits, de naissance ou par accident, 
par des coups ou par toute autre cause, ne sont pas propres à entrer 
dans Notre Sociélé, tant parce que ces défauts sont ordinairement un 
obstacle à fa prêtrise, que parce qu'ils nuisent à l'édiOcation du prochain, 
avec qui nous devons avoir beaucoup de rapports d'après Tesprit même 
de notre Institut. Mais s'ils étaient compensés, comme nous Tavons dit, 
par des vertus et par des d ns de Dieu écîatanls, ces défauts de corps 
sembleraient devoir contribuer plutôt à augmenter qu'à diminuer l'édi- 
fication. 

(A) Quant à la limite d'âge, de quatorze ans pour être admis 
an Noviciat, ou de vingt- cinq ans pour la Profession ; s'il paraissait utile 
de devancer ce temps pour quelques-uns par des raisons particulières et 
dans l'intérêt du service de Dieu, qui est le but que nous nous pro- 
posons , le Général aurait le pouvoir d'accorder une dispense avec pru- 
dence et circonspection. Il examinera aussi, dans le cas de l'âge trop 
avancé, si le bien universel demande qu'on ne s'arrête pas à rel 
obstacle. 

(<) On fera des recherches exactes sur les dettes, pour éviter les occa- 
sloni de scandale et de trouble, surtout par rapport aux obligations 

8. 



90 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

16. Quo huiusmodi defectibus quis magis est obnoxias, eo 
minus est idoneus, ut Oeo Domino Nostro in hac Societate ail 
aniniarum auxilium serviat : et qui focultatem habet admitteo- 
di, videat, ne charitatis particularis aflectus universali noceat, 
quœ ut magis ad gloriam et honorem Christi Domini Nostri fil- 
cit, ita semper prœferri débet. 



CAPUT IV. 

De modo admUkndi. 

i . Quia Nobis in Domino valde persuademus^ ad boc ut Di- 
yina et surama Majestas ministério bujus minimal Societatis 
uti dignetur, multum referre ut qui ad eam admittuntur, 
non solum diu probentur, antequam in ejus corpus coopten- 
tur; verum etiam ut valde noti sint, antequam ad Probatio- 
nem eam admittantur, quœ fit in communi convictu cum Do- 
mesticis ; expedit habitationem aliquam Nostrae communi con- 
junctam designari, ubi qui ad Probationem admittuntur, hos- 
pitum more duodecim dies, vel usque ad viginti, et amplius, 
prout Superiori videbitur, diversentur (a) ; ut idtemporis de 
iis, quœ pertinent ad Societatem, illi certiores reddantur, et 
Societas eosdem plenius in Domino Nostro cognoscat. 



2. In banc Domum« quae primae Probationts dicitur, facilius 
admitti possunt, qui id optant; si clare ad Dei et Domini 
Nostri Jesu Çbristi obsequium idonei in bac Societate esse 
Yiderentur : et contra, qui clare non esse taies cernerentur» 

quibos jara dispoDUDt; pncterraioncm, quœbabeoda e8^ iMliflcalionis. 

(a) Cum Domas pHroœ Probationlsdistincta et conjnncta Nos'r» ba- 
bitationi ctse non posset; curandum jmX, nt in Ndstr-s Dom bus aligna 
babilatio separata ad id desi^netur : ut qui admlituntur, minorein ha- 
béant occasionem conTersandi cum alilsi qui non fuerint a Soperiore de> 
pntati. 






PftCMltlB PAITIB. M 

16. Plus on est sujet à ces empécfaements, moins on est 
propre à servir Dieu dans notre Société pour le secours des 
âmes. £t celui qui a le pouvoir d'admettre doit bien prendre 
garde que quelque affection ou la charité particulière ne 
nuise à la charité générale , qui, étant plus utile à la glohre 
et à rfaonneur de N.-S. I.-G.» doit toujours passer avant 
Taotre. 



CHAPITRE IV. 

De la mamière d'admeilte, 

1. Gomme Nous sommes persuadée dans le Seigneur qu'il 
est très- important, pour que Dieu dans sa souveraine Ma- 
jesté daigne se servir de cette très-petite Société , non-seu- 
lement d'éprouver longtemps d'avance ceux qui doivent être 
reçus dans son sein» mais encore de les bien connaître avant 
de les admettre au noviciat , qui se fait en vivant en corn** 
mun avec ceux qui demeurent dans les Maisons, il est bon 
d'avoir une Maison dépendante' de celle où Ton vît en com- 
mun et destinée à recevoir, à titre d'hôtes , pendant douze 
ou vingt jours, ou même davantage, selon que le Supérieur 
le jugera bon , peux qui doivent être admis au Noviciat (a). 
Pendant ce temps, on les informera mieux de ce qui con- 
cerne la Société , et la Société pourra les connaître plus à 
fond dans le Seigneur. 

2. Dans cette Maison , qu'on appelle la Maison du premier 
Noviciat, on peut admettre plus aisément ceux qui le deman- 
dent, pourvu qu'on voie clairement qu'ils conviennent au ser- 
vice de Dieu et de N.-S. J.-C. dans la Société; mais si Ton re- 



civilM, qui sont du ressort des Ioî% outre la raîsoD de l'ëdification, 
à laqnelle on doit toujours avoir égnrd. 

(a) Quand la Maison du premier Noviciat ne pourra p)s être voisine 
et 8(^parée de rhabifa*ion commune, on aura soindedest'ueràcpt rsage 
dans nos Ma sons un lieu séparé ; afln que ceux que l'on admf t aient 
moins d'occasion de converser avec d'autres que ceux qie le Supérieur 
aura désignés pour cela. 



92 CONSTITUTIONS PES JÉSUITES. 

consilio (et si quid aliud charitas suggerit) adjuti, ut alibi Deo 
ac Domino Nostro servire curent, statim dimitti poterunt. 



5. Quod si res non esset Societati tam clara, quam oporte- 
ret, postquam qui admitti cupit, voluntatem suam proposue- 
rit, et de primis impedimentis decenterinterrogatusfuerit, et 
summam Nostri Instituti» probationesque ac difficultates qu» 
ineosunt,intellexerit,quamyis effîcaciter desiderare videatur 
in Societatem admitti^ ut in ea Yivatet inoriatur(6) (quod quî- 
dem si.deesset, ut plurimum nemo ad primam Probationem 
admitti deberet ), responsum tamen ac sententia ultima ali- 
quamdiu difleratur (c); ut eo temporc res melius considerari, 
et Deo commendari possit, ac diligentia convenlens adbiberi» 
ut magis cognoscatur» et ut de ejus constantia periculum fiât. 
Quantum autem difTerri oporteat, et quae diligentia sit adhi- 
benda, prudenti considerationi illius, qui admittendi faculta- 



(h) Si aliquis ob causas ration! oonsonas jn Domiini reciperetnr, qui 
Dondum obseqaio Divino in bac Societate se dedicare omnino statnisset ; 
période ut hospes» et non ad primam Tel secoodam Probationem admit- 
telor. Sed ea in re ultra tridoom, qui aiiis praeest, non facilem se exbi- 
beat, uec sine facultate Pnepostti Generalis, vel certe Prof iorialit • id 
faciet : et difllcilios, ubi Novitii foerint, quam ubi non fnerint, ea facul- 
tas coneedi poterit. 

(c) Ut responsnm et deliberatio ultima aliquamdin differatnr, et dili- 
gentia ad id, nt perspectior il le sit, adhibeatur, In universum quidem 
obserTari débet. Aliqnando tamen pecuHares 4ib causas (nt si quis Yidere- 
tur rarts dotibusornalus, et in pericnlo irersari* ne per dilationem a pro- 
posito stto dimoYerl, tel certe yalde sollicitari posset) oompeodio majori, 
qna c»inTenit diligentia adbibitaf in Domum prima» Probationis esset ad- 
mittendus; Tel poU ezaminationem ad alia Societatis loca transmitten- 
dus. 

(d) Diligentia sd eos, qtii ingredi Tolunt, magIs cogno^cendos adhi- 
benda base eit, ut compendio qnodam Examinis, an aliquo ei primis 
impedimentis. Tel e'iani ex secundariis, que tertio capite attingmitnr 
(cujusmodi est bon» Taletndinis, tel inlegritatis oorporis defectus, obli- 
gationes civiles, vel an alienum) leneantur, intelligatnr. 

Cnnferet etlam, ut pneter Eiaminatorem. allqui ex iis, quos Superîor 
designaverit, agant, ae versenlur euro eo« qui recipiendua sit : et Intel- 
Iccto etiaro ejus non ine, et eommqnibns cognitus est, extra Domtun In- 



PREMIÈRE PARTIE. 95 

connaissait au contraire qu'ils n'y sont pas propres, on pour- 
rait les renvoyer immédiatement, en les aidanide bons con- 
seils et de tout ce que la charité pourra suggérer, et en les 
exhortant à aller servir Dieu et Noire-Soigneur autre part. 

3. Les mérites du sujet peuvent ne pas paraître à la So- 
ciété aussi évidents qu'il serait à désirer, après que le Pos- 
tulant aura exposé ses intentions , qu'il aura été interrogé 
convenablement sur les empêchements essentiels et qu'on 
lui aura fait connaître le plan de Notre Institut, les épreuves 
et les difïlcultés qui s'y rencontrent. Alors, parût-il désirer 
ardemment d'être admis dans la Société pour y vivre et y 
mourir (6) (et si ce désir lui manquait, il ne devrait pas 
même être admis pour l'ordinaire au premier Noviciat ), on 
différera quelque temps à lui donner une réponse défini- 
tive (c) , afin que , dans cet intervalle, on puisse examiner 
plus mûrement l'affaire, la recommander à Dieu {d) et pren- 
dre les mesures convenables pour connaître davantage le 

{h) Si ponr des causes raisonnables on receyait dans la Maison quel- 
qu'un qui ne serait pas encore entièrement résolu de te consacrer au 
sernce de Dieu dans cette Société, on ne l'y recevrait que comme hôte, 
et non ponr le premier ou le seconl Noviciat. Mais dans ces occasions, 
le Supérieur ne se laissera point aller à le garder plus de trois jours, 
encore sera-ce avec la permission du Général on au moins du Proviu- 
cial qui l'accorderont plus difnciiemenl quand il y aura des Novices que 
quand il n'y en aura point. 

(c) On doit avo'r soin en général de diffcTcr quelque U mps à prendre 
une décision et à donner une réponse dénnitive; et prendre toutes les 
précautions pour bien connaître le Postulant. QueliiieFois cependant, 
pour des raisons particulières, con;me s'il paraissait avoir des qiiatitc s 
rares, et qu'on eût à craindre, en retardant trop longtemps, qu'il ne fût 
détourné de son dessein ou fortement sollicité de le quitter, ou pourrai 
l'admettre, en abrégeant les épreuves, au premier Noviciat, en prenant 
les précautions convenables ; ou encore on pourait le faire passer dans 
d'autres Maisons de la Socié é, après l'avoir examiné. 

(d) Voici les précautions qu'il Taut prendre pour bien connaître les 
Postulants. Il faut, par un Examen abrégé, chercher à savoir s'ils ne 
io it pas exclos par quelqu'un des ob tacles invincibles, ou même de 
cens du second ordre, dont ou a parlé dans le troisième chapitre, tels que 
le peu de santé, un corps estropié, les obligati.ius civiles ou h s dettes. 

11 sera bjn aussi, qu'outre l'Examinateur, quel|ues autns désignés 
par le Supérieur conversent avec le Postulant, ( t même quand on aura 
appris son nom et celui de ses connaisse ncps, on pourra prendre des 



94 CONSTITUTIONS DBS JlBSClTES. 

tem habet, relinquendum est, qui eemper majus DEI obse* 

quium spectabit. 



4. Postquam in Domino ststtuetur, quod ad Probationem ali* 
quera admitti conveniat ; solitis Testimentis indutus, aut pro 
cujusque devotione ( niai aliud Superiori Yidebitur) ingredi 
poterit : et in praedicta Probationis Domo, seu in loco ad ié 
desiinato, ut hospes constituetur : ac posbridie, quomodo eo 
in ]oco se gerere debeat ei declarabitur ; ac nominatim, ne 
verbo, aut scripto ( nisi Superiori aliqua de causa non le'vis 
momenti aliud yideretur), cum externis, vel Domesticis agat, 
praeterquam cum iis, qui ad id désignât! a Superiore fuerint. 
Quod fit, ut liberius secum, et cum Dec perpendat vocatio* 
nem suâm, ac propositum Divinae ac summae Majestati tn bflR 
Societate serviendi. 



5. Elapsis duobus aut tribus diebus post ingressum in I>o« 
mum Probationis, examinari accuratius incipiat, prout in 
Officio Ëxaminatoris declaratur : et relinquatur ei scriptum 
Examen, ut solus id maturius consideret : postea eidem os* 
tendantur Diplomata Apostolica, ac Gonstitutiones, et Regulœ, 
in Societate ac, Domo, quam ingreditur, observandae (e) ; et 
qui litteris operam dederunt, de singulis facultatibus, in qui- 
bus versati sunt, slngulas praelegant lectiones, et id coram 



qairi poterif^ cnjasmodi bomo ille tH, si Demi nnlU faerit satîs notus. 

Jovabit etiam ad boc Ipsarn, si fréquenter ad Gonfessionis Sacramen- 
ftiim in Eedesia Nostra aliquam^iia aocesserit. antequam Domiim ingrc- 
diatnr. Et si adbuc de eo dubitaretur» non parura conferet, si in spirl- 
laalbuî exercitiis constifnaïur : ut ea clarilas de eo babea nr, qrap ad 
gloriam Du Domini Nostri reqnirilur. 

(e) lis, qui litferas Aposto'lcas latinas non In tellf gèrent s^tis e&sel 
ea nm summam (ul eiiam Gonstitutionuro et Regolaram) declarare. Ei 
qnibos ra pars osleadenda unicuîqae intelligitar, quœ ei est obserianda ; 
ex qua sammarium baberl potest, quod simul cum Examine unicoique 
relinquatur ; ut per otiuro illud magis considérer. 



FABMiàllE PARTIE. 95 

Postulftnl et éprouver sa constance. Combien de temps fau> 
dra-t-il différer, quelles Uont les précautions à prendre ? c'est 
ce qu'on laisse à décider à la prudence de celui qui a le 
pouvoir d'admettre et qui aura toujours en vue le service de 

BlEU. 

4. Quand on aura décidé dans le Seigneur qu'il est à pro- 
pos d'admettre quelqu'un au Noviciat, il pourra entrer avec 
ses habits ordinaires ou avec ceux que sa dévotion lui Tera 
prendre, à moins que le supérieur ne s'y oppose, et on le 
placera au rang des hôtes dans cette Maison du premier No- 
viciat dont nous avons parlé , ou dans un lieu destiné à cet 
usage. Le lendemain on lui dira comment il doit s'y con- 
duire , et particulièrement on lui défendra d^avoir aucune 
communication , soit de vive voix » soit par écrit, avec les 
personnes de la Maison ou du dehors, excepté avec ceux 
qui auront été désignés pour cela par le Supérieur. Tout 
cela pour qu'il sonde plus librement en lui-même, et en pré- 
sence de DiED, sa vocation et le dessein qu'il a de servir la 
Divine et souveraine Majesté dans cette Société. 

5. Deux on trois jours après son entrée dans la Maison du 
Noviciat, on commencera à l'examiner soigneusement, comme 
il est dit dans les Règles de l'Examinateur, et on lui lais- 
sera un Examen par écrit, pour qu'il y réfléchisse plus mûre- 
ment quand il sera seul ; ensuite on lui montrera les Bulles, 
les Constitutions et les Régies qu'il doit suivre dans la Maison 
où il entre (e). Ceux qui se seront appliqués aux lettres, fe- 
ront une leçon dans chacune des facultés où ils auront étu- 



luformations sar lui hors de la Maison, dans le cas où personne ne le 
coonaUrait sufflsamiûent. 

Il serait aussi très-utile, pour le connaître, qu'il eût été souvent à con- 
fesse dans notre Église quelque temps avant d'entrer dans la Maison. 
Et s'il restait encore des doute « sur son compte, il ne serait pas inutile 
de lai faire faire les Eierciccs spirituels, afin d'avoir de lui une connais- 
sance aussi exacte que l'exige l'intérêt de la gloire de Dieu Notre* 
Seigneur. 

(e) Pour ceux qui n'entendraient pas les Bulles en latin, il suffirait 
de leur en exposa r le précis, ainsi que des Constitutions et des Règles. 
Bien entendu qu'il n'en faut montrera chacun que les portions qu'il aura 
à observer. On peut en avoir un abrégé qu'on lui lassera avec l'Examen, 
pour qu'il en prenne connaissance à loisir. 



96 CONSTITUTIONS DES JESUITES. 

cis, qui a Superiore ad ejus talentum in doctriDaetproponendi 
modo cognoscendum, sunt constituti: 

6. Eodem hoc tempore primae Probationis, conscientiain 
suam Superiori, vel ei, quem ipse delegaverit, aperiet (nîsi 
id negotii, cum Supcrioris consensu, in aliud tempus differ- 
retur) et generaliter confitebitur (si nondum id fecisset) et 
illiquidem Gonfessario, qui a Superiore fuerit ad id destinatus. 
Et cum in libro ad id désigna to scriptum fuerit, et manu ejus 
subscriptum (/'), quidquid Domum tulit, et quod contentus sit 
observare omnia ei proposita ; postremo post reconcillatio- 
nem accepto Sanctissimo Ëucharistiœ Sacramento^ ingredîe- 
tur in Domum communis habitationis ; ubi cum aliis versari, 
et in secunda Probatione diutiusexerceri soient Novitii. 



7. Quod dictum est de iis, qui tune primum ad Societa- 
tem admittuntur (g), bonaex parte cum illis observabitur, 
qui a studiis, aut aliis locis Societatis, ubi diligenter exami- 
nati non fuerint, veniunt; qui quidem non ut Professi, vel 
Goadjutores formati, in corpus Societatis admissi sunt : ut 
quo majori cum luce procedetur, eo quisque constantioHn sua 
Yocatione maneat;et ipsaetiam melius discernât, an conve- 
niat ad majorem laudem et gloriam Dei et Domini Nostri 
illum apud se retinere. 



(fj Si (cribere nesciuot, alins coram eis, ejrum ooniine scribet. 

(g) Pi'ceter dilaUonem adiuitlendi ad primam Probationem (qna uti 
cum i*s, qu{ aliis in locis Societatis fucriut, non essct œquum) rdiqua fere 
oninia in eisdem locuon habent : licet qao niagis nuti sunt et Grrai« mi- 
nus ueccsse sit eani diligentiarn adliibcrc, quœ adbiberi soleC ad oogno- 
sceados^ cl stabiiicndos eos qui admittuntur ad Probationem.) 



PAHMIËRË PAATIE. 97 

dié, et cela devant ceux que le Supérieur aura désignés pour 
apprécier leur science et leur talent d'exposition. 

6. Pendant ce premier Noviciat, il découvrira aussi sa 
conscience au Supérieur ou à celui que le Supérieur aura 
délégué, à moins que cela ne soit remis à un autre temps du 
consentement du Supérieur ; et il fera une Confession géné- 
rale, s'il ne Ta pas encore faite, au Confesseur désigné par 
le Supérieur. Et après qu'on aura écrit dans un livre destiné 
à cet usage tout ce qu'il aura apporté à la Maison, et qu'on 
lui aura fait. signer et ce livre (/') et la résolution où il est d'ob- 
server tout ce qu'on lui propose , après avoir reçu l'absolu- 
tion et le très-saint Sacrement de l'Eucharistie , il entrera 
enfin dans la Maison d'habitation commune : c'est là que 
les Novices demeurent avec les autres et d'ordinaire s'exer- 
cent, longtemps dans le second Noviciat. 

7. Ce que nous venons de dire pour ceux que l'on admet 
pour la première fois dans la Société {g) s'observera en grande 
partie pour ceux qui viennent des études ou d'autres Mai- 
sons de la Société, où ils n'auraient point élc assez examinés, 
et qui ont été admis dans le corps de la Société, mais non 
comme Profès, ni comme Coadju tours formés. Chacun sera 
d'autant plus constant dans sa vocation , qu'on aura procédé 
avec plus de lumière , et la Société elle-même discernera 
plus facilement s'il est utile à la gloire de Dieu et de Notre- 
Seigneur de le garder. 

if) S'il ne sait pas écrire, un autre signera pour lui en sa présence. 

(g) Excepté le délai nécessaire avant d'être admi^ au premier Noviciat, 
délai qu'il ne serai pas juste d'imposer à ceux qui auraient déjà été diins 
d'autres M lisons de la Société, presque tout le reste s'obbcrvrra pour 
eux comme pour les autres Postulants. Cepen Jant, plus ils seront connus 
et affermis, moins il sera nécessaire de prendre toutes les précautions 
qu'on prend ordii airimeut pour connaîtra tt afferiuir ceux que l'ou 
admet au Noviciat. 



SECUNDA PARS. 

Quœ ad cos dimiltendos perlinet^ gui admissiy parum 
apth ii^ Probalioue ad Socielalem invenirenlur. 



CAPUT L 

Qui dimiiti possini^ et per quos. 

1. Ut autem ad propositum huic Societati finem Diviai ob- 
sequii, et auxilii animarum convenit conservarî, et numéro 
augeri operarios idoneos, ac utiles ad hoc opus prorooven- 
dum ; ita dimitti eos oportet, qui taies non fuerint inveoti ; 
et successu temporis deprehendatur» vel quod hœc non sit eo- 
rum Yocatio, vel quod ad commune bonum Societatis non 
conveniat, ut in ea maneant. Sed tamen ut non faciles esse 
ad admittendum, ita neque ad dimittendum, imo minus opor- 
tet : sed mature omnino, et considerate in Domino proceden- 
dum est. Et quamvis causas ad dimissionem dignas, eo gra- 
viores esse oportet, quo quis arctius Societatis corpori oon- 
junctus est ; quantumlibet tamen quisque sit conjnnctus, in 
quibusdam casibus 'separari ab ea posset, ac deberet (a) : ut 
sequenti capite yidebitur. 



(o) Licetomnes (ut in GoDstilatiouUios dicitur) dimitti poisinl, alii 
laineu facilios, quam alii Jiiiiittentur. Qui io Domam prioue Probatio- 
DIS admissi sont, antequam cum aliis versenlur, si eo temporffappareret 
Dou esse ad Socictatem idoncos, facilius^ quam alii, possent dimitti. 

In proximo grada illi suot, qui io secunda Probatione in DomibotTel 
CoUrgiis, nullis adbuc \ UU ligati versautur, si experimeoto comperire- 
tur, quod ad majus Dei obsequium non foret, si in Socieîale manercnt. 

In tertio gradii iili siint. qui Votis qaidem sponte sua se Deo obliffave- 
runl; vrrum in Scholasllcas appi\)balo8, vel Coadjulores Societatis 



SECONDE PARTIE. 

Concernant ce qu'on doit faire à l'égard de ceux qui, 
admis au Noviciat, seraient trouvés peu propres à 
entrer dans la Société. 



CHAPITRE I. 

Qui peut renvoyer, et quelles personnes peuvent Vétre, 

1. S'il faut , pour atteindre au but de la Société , qui est 
le service de Dieu et le secours des âmes, conserver et aug- 
menter le nombre des ouvriers capables de faire marcher 
cet ouvrage, il n'est pas moins utile de renvoyer ceux qui 
ne seraient pas trouvés tels, et qui laisseraient voir par la 
suite que ce n'est point là leur vocation, ou que le bien 
commun de la Société exige qu'ils n'en fassent plus partie. 
Toutefois, comme on ne dort pas être facile sur 1 admission , 
il faut encore l'être moins sur le renvoi ; mais il faut, avec la 
grâce de Dieu, peser et examiner mûrement les choses. Plus 
on est lié étroitement au corps de la Société , plus les motifs 
de renvoi doivent être graves (a) ; mais quel que soit d'ail- 
leurs le degré d'initiation, on peut , on doit môme être exclu 
dans certains cas, comme il paraîtra au chapitre suivant. 



(a) Bien que fous puissent être renroyés (comme il est dit dans Ie9 
GoDstitations), il y en a cependant qu'on renverra plus facilement que 
d'autres ; ceux, par exemple, qui ont été reçus dans la Maison du pre- 
mier Noviciat seron^ avant d'avoir eu d' s rapports avec les autres, pluf 
facilement renvoyés, si Ton s'apercevait qu'ils ne fussent pas propres à 
la Société. 

Scroijt dans le même cas immédiatement après eux, cens qui, pendant 
le second Noviciat, demeurent dans les Maisons ou dans les Collèges, 
sins être encore engagés par aucuns vœux, si l'e&périence démontrait 
qae leur renvoi importât au plus grand service de Dibu. 

Viennent en troisième lieu ceux qui se sont engagés à Diro par des 
Tœus Toloiitaires, mais qui ne sont pas encore admis aux grades d'Eco- 



^00 CONSTITDTiONS DES JÉSUITES. 

2. Dimittcndi facultas in primis ad univcrsam Socictatem 
pertinet, quandô in Congregationenn Generalem conveniret. 
Eadem erit pênes Prappositum Generalem in omnibus, prapter- 
quam si quid ad ipsius pcrsonam pertineret. Pênes reliquos 
ex Societate, tantum erit hujns facultatis, quantum eis a ca- 
pite collatum fuerit : Prappositis tamen Provincialibus am- 
plamsatis conrerri expediet (6), ac débita proportione, eiiam 
Prœpositis localibus, et Rectoribus, quibus videbitur esse con- 
ferenda (c) ; ut eo melius in toto Societatis corpore subordi- ' 
natio Sanctae Obedientiae servetur, quo elarius intelligent in- 
feriores, se a suis immédiate Snperioribus pendere ; et quod 
sibi conveniat plurimum, imo necesse sit, in omnibus eis sub- 
esse, propterCbristum Dominum Nostrum. 

formafof, exacto jam tempore Probationis soWiSB, non simt admissi. 

lu qaarlo, et qui graviori considoratione et causa in lige mt. sunt Sdio- 
lastici approbati. 

In quioto grada, abi quidem major prit difflcultas, sunt Coadjutores 
forniati, tam spirituales, qnam temporales; si postYota sua pohlica, 
licet non solemnia, necessario dimittcndi viderentnr. 



In quibusdam casibus etiam Proressî, cujtiscumque gradas et digni- 
tatis In Societate sint, dimitti possent, si retineri sine detriniento iilius, 
ac DiYlni obseqnii non posse juiicaretnr. 

Prseter qus dicta sunt, quo magis aticui Societas deberet, qno I di* 
ipsa bene meritus essel; vel quo pluribns Dbi donis ad earodero in Di- 
vinoobsequio jnvandara praeditus ecset; eo majori cum difficnltate etset 
dimtttrndus, ut contra, cui minus deberet Societas, quique minus ad 
earadem jnvandam iu Divino obsequio esset idonens, faciiius posset di- 
iniUi. 

(h) Quamyis Prœposilus Generalis, In patentibus litteris ad Pneposi- 
tos particulares missis, amplissiniam eis facultatem impertiat, qno magis 
subditi eosdem yenerenlnr, et bumiliures, ac submisaiores se eshibeanl ; 
Diliilt minus tamen per sécrétas litteras base potestas contraki <prool 
convenire yidebitur ) et limitarl polerit. 

(c) Quod ad eos attinet, qui In prima Probatione et secunda sunt, nec 
dum Votis eniissis, facuUatem ad eos dimitlendos babebît, qnicumqoe ad 
eosdem admiltendoi eam habuerit : si tamen circnrostantias aliquae non 
id împedirent (cujusmodi esset, si in Domum aut Colleglum, ubi nu- 
nent, a Gênerait, yel Proyinciali Preposito, yelab allquo,cnju8 habenda 



SECONDE PARTIE. 401 

2. Le pouvoir d'exclusion appartient avant tout à l'univer- 
salité de la Société , quand elle se réunit en Assemblée gé- 
nérale. Il appartient en outre au Général , dans tous les cas , 
excepté dans ceux où sa propre personne est intéressée. Les 
autres membres de la Société n'auront de ce pouvoir que ce 
qui leur en aura été conféré individuellement. Toutefois il sera 
bon de le conférer assez largement aux Provinciaux (6) et de 
le répartir proportionnellement aux Supérieurs locaux et aux 
Recteurs qui le mériteront (c), afin que dans tout le corps de 
la Société la subordination d'une sainte Obéssance se main- 
tienne mieux , chacun voyant qu'il dépend de celui qui est 
immédiatement au-dessus de lui , et qu'il est convenable ou 
plutôt nécessaire de se soumettre en toutes choses à cause de 
N.-S. J.-C. 

liera approavës, ni de Coidju'enrs formés de la Société, quoique le 
temps ordinaire du Noviciat soit expiré. 

En quatrième lieu, les Écoliers approuvés; encore faudra-t-il des rai- 
sons très-graves pour les renvoyer. 

Eu cinquième lieu, les Goadjutenrs formés, tant spirituels que tempo- 
rels, qu'on ne pourra néanmoins renvoyer que très-.iifncilement et seu- 
lement dans les cas d'urgence, après qu'ils auront fait leurs vœux publics 
quoique non solennels. 

Dans certaios cas on pourrait renvoyer les Profès eux-roémrs, quel- 
que rang et quelque dignité qu'ils occupassent dans la Société, si on pen- 
sait ne pouvoir les garder sans faire tort à la Sociélé et an service de 
Dieu. 

Outre ces remarques particulières, on peut dire* en général, que plus 
la Société aura d'obligation à quelqu'un, pour les services qu'elle aurait 
reçus de lui, plus il aura de dons de Dieu, propres à la seconder dans le 
service du Seigneur, plus on devra le renvoyer difficilement ; au con- 
traire, moins la Société sera redevable à quelqu'un, moins il sera capable 
de l'aider dans le service de Dieu, moins on se fera scrupule de le ren- 
voyer. 

(&) Quoique le Général, dans les lettres patentes qu'il envoie aux 
Supérieurs particuliers, leur donne de très-grands pouYoirs, pour que 
leurs subordonné! les respectent d'autant, et leur obéissent avec d'autant 
plus d'humilité et de soamission ; il pourra toutefois par des lettres se- 
crètes limiter ces pouYoirs, selon qu'il le jugera à propos. 

(c) Quant à ceux qui sont dans le premier et le second Noviciat, et 
qui n'ont point encore prononcé leurs vœux, celui qui aura le pouvoir 
de les admettre aura celui de les renvoyer, à moins que des circon- 
stances particoUères ne s'y opposent (comme, par exemple, si c*ét:til le 
Général on le Provincial ou quelqu'un pour qui on dût avoir des égards 

9. 



-102 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 



CAPUÏ II. 

De causis propter quas dimiUi aliquem convenial. 

1. Causas eas, quse ad aliquem dimittendum safiQciant» 
ponderarecoram Domino debebitprudens cbaritasSuperiorâ, 
qui hujusmodi facultatem habuçrit : sed generatim loquendOt 
quatuor earum gênera fore videntur. 

2. Primum, si in Domino judicaretur, contra ipsius honorem 
et gloriam fore, quod is in bac Societate maneret, qui yidea* 
tur in quibusdam pravis afifectibus aut vitiis, quae Divinam 
offendunt Majestatem (a), corrigi non posse, quae eo mioiis 
tolerari deberent, quo gravlora essent, et plu9 culpse habe- 



sit ratio, destinât! fuissent vel si de Societate Ipsi tam bene nieriti (bis- 
sent, ut eorum esset particnlaris ratio habenda). In bis enim, et simili- 
bus casibus dimitti aliquis per quemTis Prœpositum non deberet ; nisi 
causas admodum urgentes et graves essent; ita ut minime dubitaretur 
Superiurum mentem hujusmodi futuram esse. 



Qui jam Votis se obstrinxerunt in Domibas ant Gollegils, et Scholai- 
tici prsDlerea bienoio Probationis ezaclo approbati, si dimittendi essent^ 
Praspositus localis, nisi re oommunicata cum ProYinciali, id facere non 
deberet. ProTîncialis autem, pro modo facultatis a Generali accepta?, vel 
dimittere poterit, vel non poterit, quamyis Generalem non consulaarit. 

Coadjutores formalî, sive spiriluales, sive temporales» nisi consulte et 
approbante Generali, dimitti non debent : nisi in quibusdam remotissi- 
mis locis (ut in Indiis) bujusmodi facultatem Provinciali communicari 
oportcret : yel Geueralis eitra ordinem alicui, cui tanquam tibi ipsi 
flderet, et propter causas magni moment! eam commuDicasset. 

Erga Prore>sos minus etiam bujusmodi facultas inferioribus Prspotitta 

est communicanda ; nisi res ad Prœposilum Generalem de!a!a.et gravi 

eonsiiferatiooe expensa foret, ita ut convenire ad Divinum oliseqaiiim» 

et commune :: ocietatis i>onum bujusmodi homincm dimitti, videatmr, iil 

si contumax, Tel incorrigibilis esset. 

(a) Qualeniis r'crec'ns aliqui, qui contra DiTinnm bonorem et Socie- 



SECONDE PARTIE- 405 



CHAPITRE IL 

J)e$ causes d^eivclusion. 

i. Les causes suffisantes pour faire exclure quelqu'un de- 
vront être pesées en face du Seigneur par la prudente charité 
du Supérieur qui sera investi du pouvoir de le faire ; mais en 
général » il y en aura de quatre sortes. 

2. La première, s'il était prouvé au Supérieur assisté de 
Dieu, qu'un tel ne pût rester dans la Société, sans compro* 
mettre son propre honneur et sa propre gloire, et parût ne 
pouvoir être corrigé de mauvaises passions et de certains 
vices qui offensent la Majesté Divine (a) , et contre lesquels 



qqi les eût mis daos la Maisco ou le Collège où ila demearent 3 on en- 
core s'ils avaient eax-mèoies asses mérlé de la Sociéftë, pour qa'on 
dût avoir pour eux des égards ]>articoIier8). Daus ces cas et d'autres sem- 
blablf8« on ne pourrait pat être renvoyé parle preoiier Supérieur Tenu, 
à moins que les motifn du renvoi ne fussent tellement grayes et urgents, 
qu'il n'y eiit ancun lien de douter que les hauts dignitaires ne dussent 
agir de même, 

$*il s'agissait de renvoyer ceux qui se sont engages par des vœux dflus 
les Maisons ou dans les Collèges, et qui, après leurs deux années de No- 
viciat, ont reçu Je grade d'ËeoIiers approuvél, un Supérieur local ne 
doit pas le faire sans en avoir instruit préalablement le Provioeitl. Quant 
au ProTÎDciai, il pourra on non les renvoyer, sans consulter le Général, 
suivant l'étendue des pouvoirs qu'il aura reçus de loi. 

On ne doit pas renvoyer les CoadjUteors formés, spirifnels on tempo- 
rels, sans aToir consulté le Géoérsl et avoir sou aven ; cependant dans 
les pays très-éloignés (comme dans les Indes), ce pouvoir pourra être 
communiqué au Provincial ; et le Général peut qnelque'biB le commu- 
niquer estraordinairement è quelqu'un, en qui il se fierait comme à lui- 
même, et pour des raisons très-importantes. 

Quant aux Profès, il faut encore moins déléguer le pouvoir de les 
renvoyer aux Supérieurs sa balt ornes, à moins que, la chose ayant été 
portée devant le Général, et pesée mûrement par lui, il ne parût con- 
venable au aervice de Dibu et au bien commun de la Société de ren- 
voyer un sujet, comme, par exemple, s'il était rebelle ou Incorrigible. 

(a) De décider jusqu'à quel point on doit tolérer certains défiints. 



<04 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

rent ; licet aliis nullum oiTendiculum (quod manifesta non es- 
sent) prasberent. 

5. Alterum est, si existîmaretur in Domino aliquem retine- 
re, contra Societatis bonum fore, quod cum universale sit, 
baud dubie bono particulari alicujus praeferri ab eo débet, 
qui sincère Divinum obsequium quaerit. Taie quid esset, si in 
Probationum decursu aliqua impedimenta, vel insignes de- 
fectus (6), quos antea in Examine tacuisset, detegerentur ; yel 
si experimento (c) comperiretur, yalde inutilemfore eum, et 
per quem prœpedienda magis, quam adjuvanda esset Socie-* 

talis bonum esse dicaotur, debeant tolerari, cnin id ex maltis circam- 
stantiis particalaribus personarnin, teroporam et locoram pendeat ; dis- 
crète zelo eorom, qaibos ea cora commissa est, relinqui est necessa- 
riam : qui eoimpensios rem DomiDO commendabont, et diligentios com 
aliis, quid ad coguoscendam Dbi voluotatem javare possint, oommani- 
cabuDt, qao eis difHcilios negolium, magisque dabium Tidebitar. 

(h) Si ille, qui ingreditur, ipso io iaitio morbum aliqoem, Yel dispo- 
Bitiouem ad illum deteiit, et ea conditioue, ut pericolum fleret lanîUtii 
ejus, admissus est, cum cernerelnr non conTalescere, nec labores Socie- 
tatis ferre posse in posternro, dimitti ac extra Domnm, prout Tera cha- 
ritas dictaverit, juvari poterit. 

Si ingressus est sine nlla conditioue, manifestata qnîdem inflrma cor- 
poris habitudine, sed spe concepta, quod ad majora aptus esset rntorot, 
quam esse experimeoto comperiatur ; quamyis etiam dimitti possit, ani- 
madvertendo, quod sanitate ad nostrum Institutum necessaria careat, 
magis erlt consideraudum, utrum dimitti debeat necne, et mallo magis 
si, cum sanns ingressus fuerit,in obseqnio Societatis in aegrîtadioem in- 
cidit. Tune enim, si ipsemet contentus non esset, juitom non foret, tiac 
sula causa a Societate dimitti. 

Si io ingressu quisœgritudinem aliqnam celasset, cnm ea deiegeretnr, 
constat liheritts, et jnstius enm dimitti posse. An autem rêvera sit dimit- 
tendus, nec ne, propterea qood aliis dotibus magnl moment! ad DlTionm 
obsequium polleat, prudenti» Superiori relinquatur. Tantnmdom tit 
dictum, si deprebenderetnr, quod in aliqua re alia in Exartiine Yeri- 
tatem suppressisset. Quod si aliquod ex qumi]ue impedimentis dissimn- 
Ijsset, tune non est lequnm ut in Societate n.aneat, juxta id, quod io 
pi'imâ Parte dictum est. 

(e) Si bonum testimonium non referret ex Probattoniliat, qo» extra 
Domum flant Tel etiam 0bmi, nec ea remédia, qn» chantas ante dimls- 
slooem iolet adbibere, sufficerent; condodbiUiia est, enm diiuittcre» 



SECONDE PARTIE. 405 

on devra être plus sévère, à proportion qu'ils seront plus 
graves et plus coupables, n'eussent-ils, étant cachés, aucun 
mauvais effet possible sur les autres. 

5. La seconde, si avec l'assistance de Dieu on pouvait pen- 
ser qu'il ne fût pas bon pour la Société de conserver quel- 
qu'un , parce que celui qui cherche sincèrement à plaire au 
Seigneur doit toujours préférer le bien général à un intérêt 
particulier ; ainsi , par exemple , si dans le cours du Noviciat , 
on venait à découvrir quelques empêchements ou quelques 
défauts considérables (6), qu'on n'eût pas aperçus dans l'Exa- 
men antérieur ; ou si l'expérience {e) faisait reconnaître chez 



que nous disons être contre rboonear de Dieu et le bien de la Sociétf^^ 
comme cela dépend d'une mnltitade de circoostances parUculières par 
rapport aax personocs, aux temps et aui lieux, il faut nécessairement 
laisser re soin au zèle discret de ceux que cela regarde. Plus le cas pa- 
raîtra difncile et douteux à ces personnes, plus ils le recommanderont 
instamment au Seigneur, et plus ils auront soin de le communiquer à 
ceax qui pourront les aider ù connaître la volonté de Diku. 

(&} Si que'qn*un a découvert, tout en entrant, une maladie ou nne 
disposition h l'avoir, et si on l'a reçu h condition qu'il ferait l'épreuve 
de sa san é ; dès qu'on se sera assuré qu'il ne peat ni guérir ni supporter 
les travaux de la Société, on pourra le renvoyer et l'aider hors de la 
Maison, st Ion que la vraie charité le dictera. 

S'il est entré sans condition aucune, déclarant les infirmités auxquelles 
il était sujet, et que la Société, espérant qu'il se rétablirait dans la suite, 
soit trompée dans son attente, on pourrait dès lors le renvoyer par 
cette ronsidcratio.i qu'il n'a pas la santé nécessaire à notre Institut ; il 
faudra, toutefois, examiner de plus près si on doit le faire ou non, prin- 
cipalement si, étant entré en parfaite santé, il était tombé malade au 
service de la Société. Csr, pour lori?, il serait injuste de le renvoyer 
pour cette sen^e raison, si cela lui déplaisait. 

Si quelqu'un, en entrant, avait cacbé quelque maladie» il est évident 
qne, dès qu'on s'en apercevra, on pourra le renvoyer plus librement 
et avec plus de justice. Il faut cependant laisser à la prudence du Snpé- 
rienr à décider si on devra, même dans ce cas, le renvoyer, ^upposé 
qu'il eût beancup d'autres qualités esentielles pour le service de Dieu, 
Ceci doit s'eoten 're aui^si du ras où l'on découvrirait que, dans son Exa- 
men, il a caché la vérité sur quelque autre point. S'il a di.*>simulé quel- 
qu'un des cinq empêchements, il n'est pas juste qu'il reste dans la So- 
ciété^ d'après ce qui a été dit dans la première Partie. 

{e) S'il ne rapportait pas un bon témoignage des Noviciats qni se 
font dans les Maisons ou au dehors, et que les remèdes employés or- 
dinairement par la charité avant de renvoyer, fussent insuftl.^ants, 



406 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

tas, propter ejus insignem ad quœvisejus munera inepUtudi- 
nem. Et multo magis dimitti oporteret, si damnum allaturua 
malo vitas exemplo judicaretur ; ac praecipue, si inquietum 
se ostenderet, et verbis, aut actibus oiïendiculum aliis prsB- 
béret {d) : boc enim tolerare, charitatis non esset, sed vitii 
contrarii, in eo quidem qui tenetur conservare quietem , et 
bonum statum Societatis sibi commissœ. 



4. Tertium, si judicaretur id fore contra Societatis» ac si- 
mul ipsius dimittendae personae bonum : quod ex parte cor- 
poris posset accidere, si tempore Probationis in aliquo mor- 
bus, aut débilitas hujusmodi cerneretur, cum qua eum non 
posse progredi in laboribus, quos Noster procedendi modus 
requirlt ad Deo in eo serviendum, videretur : ex parte rerum 
animi, quando, qui ad Probationem admissus fuit, se compo- 
nere ad vitam sub Obedientia, et juxta modum procedendi 
Societatis ducendam non posset ; quod nequeat, vel nolit pro- 
prium suum sensum, aut judicium infringere; vel propter 
alia impedimenta, quœ a natura, vel a consuetudine proma* 
narent. 

5. Quartum, si cerneretur id fore contra bonum aliorum, 
qui de Societatc non sunt : ut si detegeretur vinculum ma- 
trimonii, vel servitutis legitimœ, vel a^s alienum magni mo- 
menti : quibus in rébus, dum initie examinarctur, veritatem 
subticuisset. 



quam in corpus Societatis homiDes, qui ad ejus loslilulam non fideu- 
tur couyenire, admittere. 

(d) Aliis ofreadiculam prœbere ille iotelligitur, qui tuo exemplo pec- 
candioccasionem eis prxbet; et quidem amplius, si yerha adjicerei soa- 
loria, ut ad aliquid maii alliceret, praecipue ad iostabilitatcm io ma to- 
catiune, ypI a i disiodiam, vel b\ quid contra Supcriores, vel comniDne 
Societatis bonum nioliretur. In quibus enim talia locum habereat, ra* 
tioni consentaoenm non esset, ut il in Societate manerent. 

Quando non tam propter rationem vel magnitudinem peocali, quaa 
ob rcraoyendura o'fendiculum, quod aliis praebuit* dimitti aliqaem ne- 
cesse esset; si Klioqui aptus esset, expendet prudentia Sup?rioris, an 
expédiât facultatem e! dare, ut ad locum alium Societatis» ?alde remo- 
turo, earoc'eni non f grediendo, proOciscator. 



SECONDE PARTIE. -107 

un individu une telle inaptitude à remplir n'importe laquelle 
de ses fonctions, qu'on le jugeât tout à fait inutile, et plus 
propre à entraver la Société qu'à lui aider. Il sera encore 
plus urgent de le renvoyer, si l'on juge qu'il doive être dan- 
gereux par le mauvais exemple de sa conduite , et surtout s'il 
se montre remuant et scandalise les autres par ses paroles ou 
par ses actions [d) : souffrir pareille chose ne serait pas charité, 
mais le vice contraire à la charité, chez celui du moins qui est 
tenu de maintenir la tranquillité et le bon ordre de la Société 
qui lui est confiée. 

4. La troisième , si on pensait qu'en ne renvoyant pas une 
personne, on pût nuire à la Société et aussi à cette personne; ce 
qui peut arriver du côté du corps, si, pendant le Noviciat , on 
apercevait en elle quelque maladie ou faiblesse de complexion» 
qui fiït de nature à i'émpêcher de pouvoir jamais souffrir les 
travaux exigés par la manière dont nous procédons pour servir 
Dieu ; du côté de l'âme , si celui qui est admis au Noviciat ne 
pouvait se plier à vivre dans l'Obéissance et se conformer aux 
prescriptions de la Société, soit qu'il ne pût ou ne voulût pas 
faire abnégation de son sens propre et de sa raison , soit pour 
d'autres empêchements naturels ou provenant de l'habitude. 

5. La quatrième, si l'on voyait que cela dût nuire à ceux 
qui ne sont pas de la Société ; comme si Ton découvrait, par 
exemple, que le candidat fût lié par le mariage ou quelque 
légitime servitude , ou eût des dettes considérables, choses 
sur lesquelles il eût caché la vérité dans son premier Examen. 

vaudrait mieui le renvoyer, que d'admettre dans le corps de la Société 
quelqu'un qui ne paraîtrait pas convenir à l'Institut. 

(d) Gelûi-là est censé scandaliser les autres, qui leur donne occasion 
de pécher par son mauvaU exemple; et, encore plus, s'il ajoutait de 
mauvais conseils pour les porter au mal, et surtout à l'inconstance dans 
leur vocation ou à la discorde ; ou s'il tramait quelque complot contre 
les Supérieurs ou contre le bien commun de la Société, car il ne serait 
pas rai-ounable que la Société gardât des gens de cette espèce. 

Quand il sera nécessaire de renvoyer quelqu'un, moins pour la na- 
ture on fa grandeur du péché, que pour écarter le scandale qu'il a donné 
aux autres ; si, d'ailleurs, il convient à la Société, la prudence du Su- 
périeur exaraînera s'il ne vaut pas mieux lui donner la permission 
d'aller, sans sortir de la Société, dans un autre lieu fort éloigné qui 
dépendit d'elle». 



•108 CONSTITUTIONS DES JESUITES. 

Quxvisharum quatuor causarum satisesse videlur, ut Dec 
gralius fore judîcemus, honeste dimilti eum, in quo locum 
habuerint, quam'imprudentem in eo retiuendo cliaritatem 
exercere. 



CAPUT III. 

De modo dimiUendi, 

4. Cumiis, qui dimittendi erunt(a), observarieummodum 
conveniet, qui in conspectu Dei dimittenti, dimisso, et aliis 
Domesticis et externis magis satisfaciat. Quod attinet ad di- 
mittentem ob causas superius dictas, tria observentur. 



2. Primum est, ut oret ipse Dominum, et Domi orari ea in- 
tentione curet (quamvis quis sit, pro quo oratur, non intelli- 
gatur) ut docere Ddminus Noster dignetur ea in re, de qua 
agituFy suam sanctissimam voluntatem. 

(a) Aniroadvertcodum est, quod GonstituUoacs de co modo diiniltcndi 
loquantar^ cum palam \é, ac propter causas manirestas erflcitur. Scd 
p-aeler hosnounulli occulte dimitti possunt; quando causas (quae pin- 
rimffi et quidemex illis aliquas sine peccato esse possent ) esseat occults ; 
et si noD dicerentar, in aliis aliqntd perturbatioois limeretur. Tanc 
enim condndbilius est aliqno pratexto ( ut Probalionam ) extra Djmum 
mittij quam si eorum dimissio pnblicaretur. 



Ad boi bo>i modo dimitteodos, salis erit, si Prœposilus, qui ad îd fa- 
cvUatem babuerit, rc Domino commendata, et uaius aut pTurium audita 
acDtentia (si judicaverit in Domino cum eis rem esse confereodam ) sta- 
tuât, quod facto opus sit, et eis(*quaUir. 

Notaodum est etiam. ca, qua? de moJo dimittendi dicuntnr, iis migii 
conyenire, qui In Probatii>uU>ns TersaïUnr : minus autem illis, qui in 
corpus Societatis cooptali suut; ut Scholastici approbati, et Coadiutores 
formali ; ac multo minus Professis, in quibus cliaritas et diKretîonis do- 
nara a Spirita Sancto datum docebit modum, qui in eis dimitteodis te- 
nendus sit : si Dei's permitteret, ut boc facere csset necessarium. 



SECONDE PARTIE. 4 09 

L*une quelconque de ces quatre causes paraît suflisarite 
pour que nous croyions faire plus de plaisir à Dieu en ren- 
voyant avec toutes sortes d'égards la personne qui serait 
dans les cas ci-nommés , qu'en déployant pour la conserver 
une charité imprudente. 



CHAPITRE m. 

Sur la manière de renvoyer, 

i . Il convient d'observer à l'égard de ceux qu'on renvoie (a) 
les formalités les plus propres à contenter aux y.eux de Dieu, 
et celui qui renvoie, et celui qui est renvoyé , et les autres 
personnes de la Maison et du dehors. Quant à celui qui renvoie 
pour les causes indiquées ci-dessus , il faut qu'il observe trois 
choses: 

2. Il fautpreyiièrement qu'il prie et qu'il fasse prier Dieu 
dans l'Établissement (quoiqu'on ne sache pas quel est celui 
pour qui on prie), afin que le Seigneur daigne manifester dans 
î'afiàire dont il s'agit sa volonté très-sainte. 

(a) Il faut remarquer que les Coostitations parlent de la façon de 
renvoyer, quand on le fait ptibliquemeot et pour des raisons mani- 
fe>tes; mais on peut, en outre, renvoyer secrètement, si les motifs sont 
secrets (et il y en a beaucoup de cette nature, doot que'ques-ons même 
peuvent exister sans que celui qu'on renvoie ail commis de péché). Que 
si Wn cra'gnait d'exciter quelque trouble parmi les autres membres 
en ne publiant pas ces motifs il vaudrait mieux les faire sortir de la 
Maiion sons quelque prétexte (comme, par exemple, sous celui de leurs 
épreuves), que de les renvoyer publiquement. 

Pour les ren\oyer de cette sorte, il suffira que le Supérieur, qui en 
aura le pouvoir, après avoir recommandé la chose au Seigneur, et prit 
l'avis d'une ou de plusieurs personnes ( s'il juge à propos d'en conférer 
avec elles ), décide de ce qu'il faut faire, et l'exécute. 

Il est à remarquer aussi que ce qu'on dit ici de la façon de renvoyer, 
regarde plutôt ceux qui sont dans les Noviciats que ceux qui sont en- 
trés dans le corps de la Société, comme les Écoliers approuvés, les Coad- 
iutenrs formés, et surtout que les Profès, à l'égard desquels la charité 
et le don de discernement, donné par l' Esprit-Saint, enseignera la façou 
dont il faudra les renvoyer, si Diku permettait que cela fût nécessaire. 

^0 



i^O CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

3. Âlterum, ut id conférât cum allquibus, seu aliquo ex 
DomesticiSy qui ad hoc negotium aptiores ei videantur ; et au- 
dlat, quid illi sentiaut. 

4. Tertium, ut omnem exuendo affectum, et majori DEiglo- 
ria prse oculis constituta, ac communis boni, tum etiam 
(quoad ejus fieri poterit) particularis ratione habita, expendat 
hinc inde causas, et statuât, an dimittere debeat, nec ne. 

' 5. Quod ad dimissum attinet , tria itidem observentur : 
primum exterius, ut recédât ex Domo, quantum fieri possit, 
sine dedecore vel ignominia, ac secum omnia sua ferat (b), 

6. Alterum interius, ut eum dimittere Superior curet, cod- 
seryata, quantum fieri potest, charitate ac benevolentia erga 
DoDMim, et quanta eum consoiatione in Domino fieri poterit. 

7. Tertium, ut circa statum vitae studeateum dirigere, ut 
aliquamconvenientem viam serviendi ]>£o ineat, rel in Re- 
ligione, vel extra eam ; prout Divinœ voluntati convenien- 
tîufl fore videbitur. Demum consilio et ora^ne, et si quid 
aliud eharitas dederit, juvare curet. 

8. Ut satisfîat aliis Domesticis et externis, tria etiam obser- 
ventur. Primum est, ut, quantum fieri poterit, curetur, ne 
quid perturbalionis in alicujus animo propter dimissionem 
maneat ratione reddita (c), quantum satis erit, quibus reddi 
opus sit : abstinendo, quantum fieri poterit, a defectibus, 
qui publici non fuerint, declarandis; quamvis in eo, qui di- 
mittitur, nonnulli deprehensi fuissent. 

(5) Ea quœ îprius esse conitet, difflcile non est stuttiere, at secum 
ferat. Verom in iis, qo» Tel espendissct, yel dedisset Societati, Tel alio- 
qul, 61 accidisset, ut flcto animo in Domo vel Culh gio iptius babitasset, 
pradenlî» Saperions dimittcutis relinqnetur« ut habita ratione lum 
leqoitalis, tum œdificationis, statuât, num ilUaliquid ampHus, quam quod 
inTenilur de rébus ipsius, dari debeat, nec ne, et si amplius, quantum. 



(r) Reldei-e rationem causaruro, propter qoai aUquîa dimittitar, Tel 
non redderc, in coraniuni, vel in particulari, magis vel minoa oaoTe- 
niet : prout is, qui dimittitur, iu majori vel minori pxiitinuiliooe, et 
niagisaut minus Domi ctforis cbarus fuerit. 



SECONDE PARTIE. U^ 

5. Deuxièmement, qu'il confère là-dessus avec une ou plu- 
sieurs personnes de la Maison , qui lui paraîtront bien con- 
seillées , et qu'il leur demande leur sentiment. 

4. Troisièmement, qu'il dépouille toute passion, et que, 
se représentant vivement la plus grande gloire de Dieu, l'in- 
térêt commun et même , si cela est possible , l'intérêt parti- 
culier, il balance longtemps les divers motifs , et décide s'il 
doit Tadmettre ou le renvoyer. 

5. Quant à celui qui est renvoyé , il faut de même observer 
trois cboses : la première , tout extérieure, consiste à lui faire 
quitter, le plus tôt possible , TÉtablissement, sans avanies ni 
insnltes , et avec tout ce qui lui appartient (6). 

6. La seconde, plus particulière aux sentiments, consiste à 
lui laisser dans l'âme, en le renvoyant, de l'amour et de la 
bienveillance pour la Société , et le plus de consolation en 
Dieu qu'il se pourra. 

7. La troisième pratique serait de s'appliquer à le diriger 
dans le cboix d'un état^ pour qu*il entrât comme clerc ou 
comme laïque dans une voie où il pût servir Dieu , et dans 
celle-là-où la volonté du Seigneur paraîtra rappeler; enfin, 
d'avoir bien soin de l'aider de ses conseils, de ses prières, et 
des autres ressources que la cbarité peut fournir. 

8. Pour ce qui regarde la satisfaction des autres personnes 
de la Maison et du debors , il y a encore trots cboses à re- 
commander : la première, de faire tout son possible pour ne 
laisser dans l'esprit de personne aucune agitation au sujet du 
renvoi , et pour cela , de rendre aux personnes auxquelles 
cela est dû un compte satisfaisant des motifs de ce renvoi (c), 
et de s'abstenir autant que possible de divulguer des défauts 

(6) II De sera pas dlfOcile de Gscr ce qui, pour sîir, lu! appartient, 
afin qn'il l'emporte. Qa»nt à ce qu'il aurait dép?Dsé ou donné à la So- 
ciété CD pur don, ou, coname cela peut arrtter, par un contrat, pour 
demeurer hypocrilement dans une de ses Ma'sons ou de ses Collèges, 
on laisse à la prulence du Supérieur q li le renyoie à décider, en con- 
sultant à la fois l'équité et l'édification, si l'on doit lui donner ou non 
qntlq le chose de phis que ce qu'on troa?era lui appartenir, et si on 
opine à lui donner qaeique chos?, combien on lui donnera. 

(c) Il conviendra pins on moins de rendre compte ou non des raisons 
pour lesquelles on renvoie quelqu'un, et de le faire en public on ea 
particulier, selon que celui qu'on renyoie était plus ou moins estimé, 
pins on moins aimé dans la Maison et au dehors. 



^^2 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 



9. Âllerum, ne maie affecti maneant erga dimissum, et, 
quantum fieri possit, ne de eo maie sentiant, sed potins ejus 
vicem doIeant,etin Christoeumdiligant, ac Divinae Majestati 
in suis orationibus, ut eum dirigere, et ei misericordiam im- 
pendere dignetur, commendent. 

iO. Tertium, ut detur opéra, ut ejus exemplo juventur, si 
qui minori cum œdificatione quam par esset, Domi versantur, 
et timeant, ne sibi tantumdem accidat, si nollent proficere : et 
externi itidem, quibus id innotuerit, aedificationem accipiant, 
quodDomi non tolereturid,quodtolerari ad Dei gloriam non 
débet. 



CAPUT IV. 

Qtiomodo se gerat Sodetas cum Us, qui sua sporUe recédèrent, vel 

quos ipsa dimilleret, 

\. Qui dimittuntur, vel injussi discedunt, si adalium locum 
Societatis se conférant, videntur Nobis in Domino admittendi 
non esse (a); nisi prius, qui dimislt, vel qui loco presest, unde 
discessit, vel Prœpositus Generalis, aut qui ejus vices gerit, 
admonitus suum praestiterit assensum; ne defectus cognitio* 
nis rerum, aut personarum, alicujus erroris in Dei oflènsam 
causa sit. 

2. Gommunicationem autem facultatura, aut gratiaram, 
quœ ils ut Societatis membris concessœ fuerant, simul atque 
membra esse desierint, constat cessare. 



(a) Quamyis in génère dicatar, eum qui «ponte sna vel dimiitas re* 
oessit, in aliam Domam admitti, nisi consulto prias Prasposilo, in cojns 
Domo Tel Gollegio fuit, et ejus exspeclato responso. non debere; nihU* 
ominus tamen pradentiœ Prœpositi Domus» ad quam rediit, relioqiietnr 
ut consideret, an tanqnam hospes sit adniiitendus vel non ; douée 
ponsnro recipiat a Saperiore, eujus voluntatem exsequi débet. 



SECONDE PARTIE. i\ù 

qui n'auraient pas paru aux yeux de tous, et qu'on aurait 
surpris dans le candidat qu'on renvoie. 

9. La seconde , de tâcher que dans la Maison et au dehors 
on le voie de bon œil et qu'on n'ait pas une mauvaise opinion 
de lui, mais plutôt qu'on plaigne son sort, qu'on l'aime en 
J.-C, et qu'on le recommande en priant à la Divine Majesté, 
afin qu'elle daigne le diriger et lui accorder sa miséricorde. 

10. La troisième, de faire en sorte que cet exemple profite 
aux personnes de la Maison qui ne se comporteraient pas avec 
toute l'édification nécessaire 9 et qu'elles craignent une pa- 
reille exclusion au cas où elles ne voudraient pas se réformer, 
et enfin que les personnes du dehors soient édifiées, voyant 
qu'on ne tolère point chez nous ce que pour la gloire de Dieu * 
on ne doit pas tolérer. 



CHAPITRE IV. 

Conduite de la Société à l'égard de ceux qui se retirent volùniai' 
rement , ou qu'elle renvoie eUe-même. 

\. Ceux qui sont renvoyés ou qui sortent de leur plein gré, 
s'ils se présentent à un autre établissement de la Société, ne 
doivent pas être admis (a) avant que celui qui les a renvoyés 
ou le Supérieur de la Maison qu'ils ont quittée, ou enfin le Gé- 
néral, aient été avertis et aient donné leur consentement, 
de peur que le défaut de renseignements ne cause quelque 
erreur qui offense Dieu. 

2. 11 est bien entendu que la coihmunication de pouvoirs et 
de grâces, qui leur avait été accordée à titre de membres de 
la Société , cesse dès qu'ils n'en font plus partie. 



(a) On dit en général qu'on ne doit pas recevoir dans une Maison 
ce!ui qoi en a quitté une autre forcément on de plein gré, sans aToir 
préalablement coosnlté le Sopérienr de la Maison on du Collège ott il 
était, et sans avoir aitendn sa réponse; cependant on laisse à la pru- 
dence do Supérieur de la Maison à laquelle il se présente, à examiner 
s'il doit l'admet' re comme hôte ou non, jusqu'à ce qu'il reçoive la ré- 
ponse du Supi^rieur, à la volonté duquel Û doit se conformer. 

40. 



Uâ constitutions des jésuites. 

3. Declaretur iis, qui dimittuntur, quod absolut! maneant 
à Yotis simplicibus, si ea juxta formulam Sometati consuetam 
(quae in quinta Parte videbitur) emiserint, quodque nulla alia 
dispensatione indigeant. 

4. Âd eos reducendos, qui sine licentia recédèrent, siprins 
parum idonei ad Societatenihabebantur,nulladiligentiaopus 
erlt ; sëd potius dirigantur ad aliud Institutum, ubi Deo 8er> 
vire possint, relaxato illis Yoto, ut omnes scrupuli eis exi- 
mantur. 

5. Si bujusmodi essent, ut Dec gratum fore yideretur, eos 
non sic relinquere, prœcipue si ex aliqua yehementi tenta- 
tione, aut ab alîis deccpti egressi videantur, diligentia adhi- 
beri, ad eos reducendos poterit (6) ; et privilegiis ad negotium 
bujusmodi concessis à Sede Apostolica, quantum SupeMori 
in Domino videbitur, uti licebit. Et cum aliquis borum sic 
reductus esset, relinquetur prudentiae ejusdem Superioris, 
ut videat, num satisfactione aliqua opus sit, et quanta (c); aa 
melius censeat, omnino in spiritu mansuetudinis prooedere : 
qua in re et ejus qui reductus est bonum, et sedificatio Do- 
mesticorum spectanda est. 



6. Si quis sponte sua ad Gollegium vel t)omuni» nnde sine 
facuUate recesserat, rediret, et alioqui idoneus ad Deo ser- 
Tiendum in ea judicaretur ; consideranduni erit, an Teram 
perseyerandi yoluntatem afferat(d), et an sit paratus ad 



(h) Qui a Societate discedant» quamyis ad eam idonei fideantor, si 
aliam Eeligionem ingreisi* et ejasdem habita ioduti faisseot, oec litigan- 
dam esse Societati^ oec procurandium videtar, ot eos redacat. Si babi- 
tan%ReHgioDis non indnissent, poterit ea diligentia adhiberi, qaam or- 
dioata et prudeos charitas dictaverit, ad eos redacendos ad illom loeum 
nbi in Domino judicatar, quod Dbg seraient. 

(c) Qaod ad satisfactionein attlnet, eorum qai sponte saa redeant et 
admittuntur, vel reducti redeant, cura ejus satisfactionis scopo* sit alio> 
ram œdificatio, et ejasdem qui reiiitprofectas; ex circanistaatiis perso- 
narom, teroporis et Ior*oram. utram fieri debeat necoe ; et si fieri débet, 
qaaota ea futara sit, judicabitur : et haen omnia priideotiœ Soperlorif, 
in ci^us Domura vel Gollegium ingreditur, committi oportet. 

((i^ Gom de iDornin» qui sponte saa redeant, conilanlia dubitareCor* 



SECONDE PARTIE. 445 

5. Il sera déclaré à ceux qu'on renvoie, qu'ils sont absous des 
Vœux simples qu'ils pourraient avoir contractés, conformé- 
ment à la formule de la Société | formule qui paraîtra dans la 
cinquième Partie), et qu'ils n'ont pas besoin d'autre dispense. 

4. Il ne faut point prendre de peine pour ramener ceux qui 
se retireraient sans permission et qu'auparavant on aurait 
jugés peu propres au service de la Société ,* mais il faut les 
diriger vers quelque autre établissement, où ils puissent 
servir Dieu, en les absolvant de leurs Vœux , pour leur ôter 
tout scrupule. 

5. Mais si c'étaient des personnes d'un mérite tel, qu'on ne 
pût ainsi les abandonner sans déplaire à Dieu , surtout si leur 
sortie paraissait avoir été déterminée par quelque tentation 
violente ou quelques mauvais conseils , on pourra chercher à 
les ramener (6) , et il sera permis au Supérieur de se servir, 
autant qu'il le jugera convenable , des privilèges accordés par 
le Saint-Siège pour les affaires de cette nature. Quand on les 
aura ainsi ramenés, ce sera au môme Supérieur à juger dans 
sa sagesse s'il faut leur demander quelque satisfaction, et 
jusqu'où cette satisfaction doit aller (c), ou s'il ne serait pas 
mieilx de tout terminer en esprit de douceur. Dans ces cas, il 
faut avoir égard à l'avantage de celui qui revient et à Tédifl- 
cation de la Maison. 

6. Si quelqu'un revenait de lui-même au Collège ou à la 
Maison, dont il serait sorti sans permission, et s'il était jugé 
du reste propre à y servir Dieu , il faudra considérer s'il re- 
vient avec une sincère intention de persévérer {d) et s'il est 



(h) Quand ceux qui ont quitté la Société sont entréf dans na antre 
Ordre, et en ont porté Tbabit, quoiqu'ils paraissent propres à la Société, 
il ne faut pas qu'elle plaide, ni qu'elle fasse des démarchi s pour les ra- 
mener. S'ils n'en ont pas porté l'habit, on pourra employer h s soins 
qu'une charité prudente et bien ordonnée dictera, pour les ramener 
an lieu où l'on juge en Dieu qu'ils pourront servir le Seigneur. 

(c) Quanta la réparation que doivent faire ceux qui, revenant d'eux- 
mêmes, sont reçus, ou qui rentr< nt parcj qu'on les ramène, comme le 
bat de cette réparation est rédiflcation des autres et l'amélioration de 
ceux qui reotreot, on verra, d'après les circonstances de personnes, de 
temps, de lieux, s'ils doivent la faire ou non, et s'ils doivent la faire, 
]osqu'où on doit la faire aller, ce qui sera laissé en entier à la prudence 
du Snpérienr de la Maison ou du Collège où ils rentrent. 

(d) Qnand on doutera de la constance de ceux qui reviennent d'eux- 



4^6 CONSTITUTIONS »KS JÉSUITES. 

quamvis satisfactionem et Probationem. Quod si sccus esset, 
ut quryera3 pœnitentiaî signa non ostendit, admitli non me- 
rebitur. 

7. Si, qui fuit merito dimissus, ad eamdeai Domuro, unde 
dimissus est, rediret, ad quamvis satisfactioneoi paratus ; si 
adbuc eœdem rationes, propter quas fuit dimissus» manerent, 
perspicuum est, non esse admittendum : si non manerent, et 
qui dimisit, judicaret Dec gratum fore, ut denuo reciperetur 
in eamdem, vei aliam Domum; admoneat Generalem, yel 
Provincialem Prœpositum, et quod ab eo prœscriptum fuerit, 
exsequatur. 

8. Sive recesserit sponte sua, sive dimissus» qui redit, si 
admittitur, denuo examinari débet, et generalem Gonfessio- 
nem facere ipso in ingressu, ab ultima quam fecit incboando : 
et aliis Probationibus et experimentis exercebitur : proutSu- 
periori, babita semper ratione aedificationis universalis et 
particularis, ad gloriam Dei yidebitur. 



in aliquo XenoJoibio, vel aliis Probationibus posseot coostitui, ubi pao- 
peribiis Christi ex ipsius «more aliqiiandia iosenriendo, sna» ittbilitatta 
et coostantiae specimea pra'beant; qaodetad expurgandam prsterila» 
evitatis culpam, p.ir$ qusd m satisfactioDis entU 



SFXONDR PARTIE. 417 

préparé à toute sorte de satisfactions et d*épreiives. S'il n*en 
était pas ainsi , ne donnant pas denuirques d'un vrai repentir, 
on ne le recevra pas. 

7. Si celui qui a été justement renvoyé revenait à la Maison , 
qui Ta chassé , disposé à donner toutes les satisfactions pos- 
sibles, au cas où les causes qui l'ont fait exclure subsisteraient, 
on ne le reprendra évidemment pas ; au cas où elles n'existe* 
raient plus et où celui qui l'a chassé croirait devoir faire une 
œuvre agréable à Dieu en le recevant dans la même maison 
ou dans un autre établissement de la Société, il faut qu'il 
avertisse le Général ou le Provincial , et qu'il exécute ce qui 
lui sera prescrit de ce côté. 

8. Du reste, que Ton soit sorti volontairement ou que l'on 
ait été chassé , si Ton rentre , il faut que l'on soit tout de 
nouveau examiné et que l'on fasse en entrant une Confession 
générale de tout le temps écoulé à partir de la dernière qu'on 
a faite, et que Ton subisse toutes les autres épreuves et 
examens, selon ce que le Supérieur, ayant toujours égard 
à l'édification universelle et particulière, jugera utile à la 
gloire de Dieu. 

mêmes, on pourra les placer dans quelque MApital ooles soumeUre 
aui antres Épreuves, afin qu'en y servant quelque temps les pauvres de 
J.-C. par amour pour lui, ils Tassent preuve de fermeté et de constance ; 
ce sera une partie de la r(^paratiou qu'ils doivent pour expier la faute de 
leur légèreté passée. 



TERTIÂ PARS. 

De m eomervandis tt promovendisy qui m Probaiione 

manent. 



CAPUT I. 

De conservatione in iit^ quœ ad animam et profeetum in virtu^ 

libus pertinent» 

1. Ut in iis admittendis, quos ad Nostrum Institutum vocat 
Deus, talentum ad id conveoiens concedendo; et in dimitten- 
dis illis, qui cum eo careant, se a Divina sapientia non esse 
Yocatos ostendunt, consideranda sunt, quae superius attigi- 
mus; ita in eis conservandis in sua yocatione, qui retinentur 
et probantur in Domibus, et Coliegiis, et in eisdem juvandis, 
ut sic proficiant in via Dei, spiritu, et virtutibus, ut sanitatîs 
et virium corporis, quœ ad laborandum in vinea Domini ne- 
cessariœ sunt, ratio habeatur, consideratione ac providen- 
tia débita opus est. Et ita agetur, primo ioco quidem de iis, 
quœ ad animam; secundo de iis, quœ ad corpus pertinent. 

2. Quod ad animam attinet, cum tanti referai, eos qui in 
Probationibus versantur, ab omnibus imperfectionibus et qui- 
busvis impedimentis majoris spiritualis profectus removere; 
multum ad id confert omnem communicationem per verba 
et scripta ut tibjiciant cum iis, qui in proposito sibi Instituto 
intepescendi causa esse possent (a) ; et ut via spirituali ince- 
dendo cumiisdumtaiatpersonis, et iis de rébus agant, qu» 



(a) Si in aliqao looo sollicîtatnr Tel peitarbatur aliqois ab bomînibut, 
qui in vin apiritas non bene procedont; videat Superior, num euaidem 
in alinm locam traosmitli eipediat, nbi Divino obsequto eommodiui ia- 
liftat, et tono Superior ad queni mittitur certior fleri débet, de rebut 
ipsius, qaantum ait tatis ad eam magii juvandiun, et alioi quibua pnee.<(t. 



TROISIÈME PARTIE. 

De la conservation et de P avancement de ceux qui 

font leur Noviciat. 



CHAPITRE 1. 

3e leur conservation dans les choses qui ont trait à Vàme et au 

perfectionnement dans Us vertus, 

i . Pour admettre ceux que Di£u appelle à Notre Institut , 
en leur donnant le talent qu'il faut , et pour renvoyer ceux 
qui ne l'ont pas et qui font voir par là qu'ils n'y sont pas 
appelés par la divine Sagesse, il faut se régler sur ce que 
nous avons dit plus haut. De même, pour conserver dans 
leur vocation ceux qu'on retient et qu'on éprouve dans les 
Maisons et les Collèges, pour les aider, et afin qu'ils avancent 
en Dieu par l'esprit de religion et les vertus , et pour qu'ils 
tiennent compte de la santé et des forces du corps , qui sont 
nécessaires pour travailler dans la vigne du Seigneur, il est 
besoin de peser et de considérer dûment les choses ; et ainsi 
on traitera premièrement de ce qui a rapport à Tâme, et se- 
condement de ce qui regarde le corps. 

2. Pour ce qui est de l'âme , comme il est d'une si grande 
importance d'écarter les Novices de toutes imperfections et 
empêchenfients d'avancer dans la voie de l'esprit, il est très- 
utile à cet effet qu'ils abandonnent tout commerce de vive 
Yoix ou par écrit avec ceux qui pourraient les refroidir dans 
le dessein qu'ils se proposent (a), et que dans cette route spi- 
rituelle ils n'aient de commerce qu'avec des gens et sur des 



(a) Si quelqu'un était tourmenté ou troub'é dans un endroit par des 
gens qui ne marcheraient pas droit dans la Toie spirttuellp, le Supé- 
rieur verra s'il ne serait pas bon de le faire passer dans un autre en* 
droit, où il pourrait plus commodément s'adonner au service de Dieu ; 
et le Supérieur à qui on l'enverra devra être suHlsamment éclairé sur 
son compte pour l'aidi r davantage, lui et les autres. 



TERTIÂ PARS. 

De m eoiMervandis et promovendisy qui in Probatione 

manent. 



CAPUT I. 

Be consertatione in Ut, quœ ad animam et profeetum in in'rfti- 

libus pertinent. 

1. Ut in iis admittendis, quos ad Nostrum Institutum vocat 
Deus, talentum ad id conveniens concedendo; et in dimitten- 
dis îllis, qui cum eo careant, se a Divina sapientia non esse 
Yocatos ostendunt, consideranda sunt, quae superius attigi- 
mus; ita in eis conservandis in sua vocationet qui retinentur 
et probantur in Domibus, et Gollegiis, et in eisdem juvandis, 
ut sic profîciant in via Dei, spiritu, et virtutibus, ut sanitatis 
et virium corporis, quœ ad iaborandum in vinea Domini ne- 
cessariœ sunt, ratio habeatur, consideratione ac provideo- 
tia débita opus est. Et ita agetur, primo ioco quidem de iis, 
quae ad animam; secundo de iis, quœ ad corpus pertinent. 

2. Quod ad animam attinet, cum tanti referai, eos qui in 
Probationibus versantur, ab omnibus imperfectionibusetqui- 
busvis impedimentis majoris spiritualis profectus removere; 
multum ad id confert omnem communicationem per verba 
et scripta ut tibjiciant cum iis, qui in proposito sibi Instituto 
intepescendi causa esse possent (a) ; et ut via spirituali ioce- 
dendo cumiisdumtaxatpersonis, et iis de rébus agant, qu» 

(a) Si in sliqoo looo sollicitatnr Tel peitarbatur aliqaîB ab bomSnibus» 
qui in via spiritas noo bene procedont ; Tideat Superior, onra euaidem 
in aliam locom traosmiui eipediat, obi Divino obseqaio eommodiui io- 
Bistat, et hino Superior ad qoeni mUlttur cerlior fleri débet, de rebut 
ipsius, quantum ait tatis ad enm magis juvaudum, et alioi quibui prapest. 



TROISIÈME PARTIE. 

De la conservation et de [avancement de ceux qui 

font leur Noviciat. 



CHAPITRE 1. 

Be leur conservation dans les choses qui ont trait à Vàme et au 

perfectionnement dans les vertus, 

i . Pour admettre ceux que Dieu appelle à Notre Institut , 
en leur donnant le talent qu'il faut, et pour renvoyer ceux 
qui ne l'ont pas et qui font voir par là qu'ils n'y sont pas 
appelés par la divine Sagesse, il faut se régler sur ce que 
nous avons dit plus haut. De même, pour conserver dans 
leur vocation ceux qu'on retient et qu'on éprouve dans les 
Maisons et les Collèges, pour les aider, et afin qu'ils avancent 
en Dieu par l'esprit de religion et les vertus , et pour qu'ils 
tiennent oompte de la santé et des forces du corps , qui sont 
nécessaires pour travailler dans la vigne du Seigneur, il est 
besoin de peser et de considérer dûment les choses ; et ainsi 
on traitera premièrement de ce qui a rapport à Tâme, et se- 
condement de ce qui regarde le corps. 

2. Pour ce qui est de l'âme , comme il est d'une si grande 
importance d'écarter les Novices de toutes imperfections et 
empêcheinents d'avancer dans la voie de l'esprit, il est très- 
utile à cet effet qu'ils abandonnent tout commerce de vive 
voix ou par écrit avec ceux qui pourraient les refroidir dans 
le dessein qu'ils se proposent (a), et que dans cette route spi- 
rituelle ils n'aient de commerce qu'avec des gens et sur des 



(a) Si quelqu'un était tourmenté ou troub'é dans un endroit par des 
gens qui ne marcheraient pas droit dans la TOie spirituelle le Supé- 
rieur ven'a sM! ne serait pas bon de le fait e passer dans un autre en* 
droit, OH il pourrait plus commodément s'adonner au service de Dieu ; 
et le Supérieur à qni on l'enverra devra être suHlsamment éclairé &ur 
son compte pour l'aidtr davantage, lui et les autres. 



422 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

autem loquendum, in circonspectione et sedificatîone verbo* 
rum, et modestia vultus, ac maturitate incessus, motuum* 
que omnium, sine ullo impatientise.aut superbise signo eihi- 
bere : in omnibus procurando atque optando potiores partes 
aliis déferre, omnes in animo suo tanquam sibi superiores 
ducendo, et exterius bonorem ac r-everentiam, quam exigit 
cujusque status, cum simpiicitate et moderatione religiosai 
exbibendo : atque ita fiet, ut se mutuo considérantes, in de- 
votione crescant, Deumque DominumNostrum laudent».quein 
quisque in alio, ut in illius imagine, agnoscere studeat. 

5. In refectione corporis curandura est, ut temperantîa, 
modestia, et decentia interius et exterius in omnibus obser- 
vetur. Prasmittatur benedictio, et sequatur actio gratiarum, 
quas omnes agere debent cum ea, qua par est, devotione et 
reverentia. Et dum corpus edendo reficitur, sua etiam anim» 
refectio prsebeatur, libre aliquo pio potlus, quam difiicîli» 
quem capere, et a quo omnes juvari possint, légende : vel id 
temporis aliquis, cuiaSuperioreidinjungetur,concionabitur, 
vel aliquid simile (e) ad Dei gloriam ûet. 



6. Omnes, quamdiu corpore bene valent, in spiritualibus, 
vel exterioribus rébus habeant, in quo occupentur. Et qui of- 
licium vel minîsterium aliquodcertum habent, ut de auxilio 
providendum est eis, si sit necessarium, ita cum vacant, aliis 
rébus occupari deberent, ne otium malorum omnium origo» 
quoad ejus fieri possit. Demi Nostrae locum habeat. 

7. Ut experiri incipiant sanctœ Paupertatis virlutem, do* 
ceantur omnes, quod nuUa re tanquam propria uti debeant : 
quamvis necesse non sit Probationis tempore, possessione bo- 
norum suorum se abdicare (/) ; nisi Superior post elapsum 
primum annum juberet, judicans in bujusmodi bonis ten- 

{e) Simile qaid eiit, litteras, qaa ad aMiincaUoDem faciaot, légère ; et 
ti qua alia exercitatio aliquando con.enire videretur. 

if) Possessione bonorum suorum se abdicare, tam de i^opHis booii 
ioteUigendam est, qua habet pênes se Te! altos, quam de jure vel actiooe, 
quB ei oompetU ad bona, qu» sperat ; sive sœcularia iUa, siTe Eccletiai- 
tica tint. Quando boc neri debeat, PrapposUl Generalis, vel eios, cul ille 
facultalem commaQicaTerit, arbilrio relinquelur. 



TROtSIÂME PAHTIE. 423 

se taisant quand il le faut, et quand il faut parler, en le fai- 
sant avec des paroles circonspectes et édifiantes, un visage 
modeste, une démarche et des gestes graves sans aucun signe 
d'impatience ou de dédain ; qu'en tout ils aient soin et préfè- 
rent de laisser la meilleure part aux autres ; qu'ils se recon- 
naissent dans leur esprit inférieurs à tout le monde ; qu'à 
l'extérieur ils rendent à chacun l'honneur et le respect qu'exige 
son état, et qu'ils le fassent avec simplicité et mesure ; enfin, 
qu'en se considérant mutuellement, ils croissent en dévotion 
et louent le Seigneur notre Dieu , que chacun doit s'étudier à 
reconnaître en autrui comme en sa propre image. 

5. En prenant de la nourriture, il faut avoir soin d'observer 
intérieurement et extérieurement la tempérance, la modestie 
et la décence. Le repas sera précédé de la bénédiction , et 
suivi d'une action de grâces , que tout le monde doit faire 
avec la dévotion et la révérence voulue; et pendant qu'on 
donne au corps sa nourriture en mangeant, il faut aussi don- 
ner la sienne à l'âme, en faisant lire quelque livre pieux plu- 
tôt que difficile, dont tout le monde puisse entendre le sens 
et retirer quelque profit ; ou bien encore quelqu'un par l'ordre 
du Supérieur prêchera pendant ce temps , ou bien l'on fera 
quelque autre chose (e) qui édifie les assistants. 

6. Tous ceux qui se portent bien doivent avoir quelque 
occupation spirituelle ou autre; et ceux qui ont un emploi 
ou un service déterminé, ont droit à être aidés en cas de né- 
cessité, et doivent aussi, quand ils n'ont rien à faire, s'occuper 
d'autre chose, afin que Tinaction, source de tous les maux, 
n*ait autant que possible aucune place chez Noua. 

7. Pour qu'ils se mettent tout de suite à la pratique de la 
sainte Pauvreté, il faut les avertir qu'ils ne doivent flaire 
usage de rien comme leur appartenant en propre. Cependant 
il n'est pas nécessaire que pendant le Noviciat ils abdiquent 
la possession de leurs biens (/) , à moins qu'après la première 

• 

(e) Oa poer. a, par exemple, lire 4.69 leUr «s édiliaotes, ot^ fair« tout 
autre exercice qui paraitrait coayenable. 

if) Renoncer à la posseesioa de ses bien», doit s'e9ienâre, oofi-MQ- 
lement des biens qu'on possède réeUemeDt par aoi-mênne ou par d'au- 
tres, mais encore des droits et sciions qu*on aura sur les biens sécu- 
lierai oa Eeclésifistiqu s qu'on espère. On laisse à la vdlonté du Général* 
oti de celui à qui il a f omnouniqiié sn pouvoirs, à dé^iiter quand ceUe 
reoonciaiioQ devra avoir lieti. 



-124 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

tationiim occasionem, et minus proficiendi in spiritti ha- 
bere aliquem, ut qui illis adhaoreataliqnoimmoderatoamore 
vel coDÛdentia; et tune qui se exuit bonis suis, sequatur 
Cbristi consilia ig) : pro sua tamen devotione ad hoc potius, 
quam illud ôpus dispensarc bona sua, vel eorum partem po- 
terit : prout in Domino intellexerit ad Divinum beneplacitum 
magis convenire, ut in Examine dictum est. 



8. Intelligant etiam, quod mutuo dare, vel accipere» vel 
dispensarequidquam de iis, quaeDomi sunt, minime possunt, 
nisi Superior conscius consensum praestiterit. 

9. Qui in ingressu ipso, vel post ingressum ad Obedientiam, 
motus sua devotione, vellet bona sua, vel eorum partem in 
Societatis subsidium dispensare, haud dubie opus faceret 
majorls perfectionis, alienationiS) et abnegationis univers! 
amoris proprii, non descendendo tenero quodam affectu ad 
particularia loca, nec juxta illum sua bona buic potius quam 
illi applicando ; quin potius exoptando majus et universalius 
bonum Societatis (quae tota ad majorem Dfii gloriam, ac uni* 
versale bonum, et utilitatem animarum instituta est), hoc ju- 
dicium ei reiinquat, qui ejus univers» curam babet, num 
applicari buic loco potius quam illi in eadem Provincia de- 
béant {h) ; quandoquidem ille melius, quam quisquam alius 
intelligere potest, quid conveniat, et maxime urgeat in om- 

Ig) Aote ingresium quivii de InmiB suit temporalibot pro suo arbi- 
trata ttttnere polett. sed pottquam iogrenut est, tam de Eodetiailida, 
quam de saecuUribiu disponat oporlet, ila ut decet virum ipiritoalit 
▼il» lectatorem. 

Ideoque cum eusUmaret in oonMnguineos ea eue dispeotanda, eom- 
mittere id débet judido unios, vel duoram, tel triam f irornin, qui et 
doctrioa et pletate oommendeotur, et eisdem acqaieicere ; et quod illi 
lenliant perfectius, et Dbg ac Domiiio Nostro grâtint esse, habita oa- 
nimn drcumttaQUanim ratloiie ( ut io Examioe pagina 24 ftiiiui didtiir)* 
eueqoi débet. 

(h) Reetoret vel Pnepoiili localet, vel PrOTinciales , vel qnicnmqne 
alii, emn qoiboi aget, qui sic habet io aoimo sua l>oiia ditpeotare, at in 
ceteris rebot, ita et in bac, quod perfectins est. qnodque majoris merill 
in Difino eonapeetn, ei reprsesentare debent. NibUominuSf si in en pro- 
pensio animi ad kwom nnnm poliut, qnam ad alinm (qaamfis imperfec* 
twn id ait) oemeretnr ; etianisi judicio Snperioris suom snbmitlere vel- 



TROISIÈME PARTIE. 425 

année le Supérieur ne l'ordonne, voyant en quelqu'un un at- 
tachement excessif et une trop grande confiance en des biens 
de cette sorte, qui sont une occasion de tentations et retardent 
l'esprit dans la voie de la perrection. 11 faut alors que celui 
qui se dépouille de ses biens, suive les conseils du Christ (i^) ; 
toutefois il pourra appliquer ses biens en tout ou en partie à 
telle bonne œuvre plutôt qu'à telle autre» suivant sa dévotion, 
et suivant qu'il le jugera plus agréable à Dieu, comme nous 
l'avons dit dans l'Examen. 

8. Qu'on leur- fasse entendre aussi qu'ils ne peuvent en 
aucune façon prêter, ou emprunter» ou donner quoi que ce 
soit de ce qui est à la Maison sans une permission expresse 
du Supérieur. 

9. Celui qui à son entrée ou après son entrée en l'Obéis* 
sance voudrait par dévotion employer tout ce qu'il possède 
ou une partie seulement de ses biens au soutien de la So- 
ciété, ferait sans aucun doute une œuvre plus méritoire, où 
il entrerait plus d'abnégation et de renoncement à tout amour- 
propre, s'il ne descendait pas par quelque tendre sentiment à 
un choix trop particulier, appliquant ses biens à un lieu plu- 
tôt qu'à un autre ; mais si, préférant le bien plus général et 
plus grand de cette Société qui est fondée pour glorifier Dieu, 
faire toute sorte de bien et secourir les âmes, il laissait à celui 
qui l'administre tout entière, à décider de quelle manière ces 
biens seront le mieux répartis dans la même Province (h) ; 
car c'est lui qui, mieux que personne, doit savoir ce qui est 

(g) Cbflcnn peut disposer à son gré de tes bieos temporels avant 
d'entrer. Mais après son entrée, il fant qu'il dispose de ses biens Ecclé- 
tiastiqoes et temporels en homme qui embrasse la tie spirituelle. 

Ainsi, s'il croyait devoir les distribuer à ses parents, il faut qu'il con- 
sulte une, ou deux, ou trois personnes recommandables par leur science 
et leur piété, qu*il leur obéisse, et qo'il exécute ce qu'elles jugeront devoir 
être le plus parfait et le plus agréable à Disc et à Notre-Seigneur, eu 
égard à toutes les circonstances (comme il est dit plus au long dans 
l'Examen, page 25 ;. 

{h) LesRectenrs on les Supérieurs locaux, ou les Provinciaux, ou 
tous ceux que prendra pour conseiller celui qui a l'intention de donner 
ses biens, doiyeot lui représenter dans cette occasion, comme toujours, 
ce qui est le plus parfait et le plus méritoire devant Dibit. Cependant si 
on lui voyait un penchant pour un lieu plutôt que pour un autre (quoif 
que ce soit une imperfection), bien qu'il consentit à soumettre son ju- 

A4. 



-126 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

nibus ejus locis, ratione habita Regum, Principam, ac aHoram 
Potentatuum, ne eis causa ulla oITeasionis detor : 66d ad ma- 
jorem sedifîcationem omnium, et spiritualem utilitatem ani- 
marum, et gloriam Dei omnia eedant. 



10. Doceantur, quomodo ab illusionlbus Dœmonts, in sais 
spiritualibus exercitationibus caveant, et quomodo se contra 
omnes tentationes tueantur : simul ratfones sciant, qa» ad- 
hiberi possint, ut eas superent; et ad veras solidasque virtu- 
tes consequendas insistant, sive plures adsint yigitatioB«8 
spirituales, siye pauciores. Curent vero semper in via Divisi 
servit» progressum facere. 

41. Utantur quotidie conseienti» su» eitlminatione cou* 
sueta, et octavo quoque die saltem, ad Confessionis et Gom- 
munionis Sacramenta accédant, nlsi aliqua de causa aliud 
Superiori yideretur, et unus omnium sit Confessarius ab eo- 
dem Superiore eonstitutus : quod si fleri non poterit (^), qnis- 
que certe suum stabilem habeat Gonfessarium, cui ipsius 
conscientia prorsus aperta sit : qui qutdem Gonfessarius non 
ignoret, quos casus sibi Superior réservât, llli autem reseï^ 
vabuntur, quos ab eo cognosci necessarium yidebttur, aut 
yalde conveniens, quo melius et remedium adbibere posait, 
et suœ cur» commisses pr»seryare ab omnibus que nodtura 
sunt. 

12. Perutile erit, esse Domi aliquem yirum fldelem, et in 
rébus spiritualibus sufficienter versatum (fc), qui instruat eos 
ac doeeat, quomodo et interius et exterius sese babere de- 



\et, certiorem tameo reddere Prœpotilam Geoeralein potemnt, vel tum, 
qui ejus gerit vices, an sit aliquid bujasndodi imperfectioDls tolerandani; 
iperando quod ea cessabit aliquando, supplebitque DiTloa bonltai, quod 
ad suam majorem gloriam, et majorem ipsias perfectioDem deette cer- 
Dîtnr. 

{i) CoDTeDienter non posset fieri propter multitudlnem, vel quod aU* 
quit ab alio Coufessario magis, quam ab Ordiaario javarl posse vldere- 
tur, propter causas, quae posseot accidere, quas coosiderabit Superior» 
et quod in Domino JudicaTerit convenire, provtdebU. 

{k) Hic erit Magister No?itioram, vel quera Superior ad hoc ronnoa 
lit aptiorem constituerit. 



TROISIÈME PAKTIE. 427 

convenable et ce qui est le plus urgent dans tous les pays où 
la Société est établie; cela, en tenant compte des Rois, des 
Princes et des autres Puissances, de manière à ne point leur 
donner lieu de s'offenser et à tout faire tourner à la plus 
grande édification de tous, à l'utilité spirituelle des âmes et à 
la plus grande gloire de Dieu. 

^0. Il faut leur enseigner comment ils doivent se garder des 
illusions du Démon dans leurs exercices spirituels et se 
défendre contre toutes les tentations; il faut qu*ils sachent 
quels moyens on peut employer pour les dompter, et quMIs 
s'appliquent à acquérir les vraies et solides vertus, sans sin* 
quiéter du nombre des visites spirituelles qu'ils recevront; 
mais qu'ils cherchent toujours à avancer dans la voie de 
Dieu. 

41. Qu'ils fassent tous les jours un examen de conscience 
et que toutes les semaines au moins, si le Supérieur n'a quel- 
que raison pour les en empêcher, ils s'approchent des sacre- 
ments de Pénitence et d'Eucharistie, et qu'il n'y ait pour tous 
qu'un seul Confesseur nommé par le Supérieur ; si tous ne 
peuvent avoir le même (t), que chacun du moins ait son Con- 
fesseur fixe, à qui il découvre entièrement sa conscience. Ce 
Confesseur ne doit pas ignorer quels cas le Supérieur se ré- 
serve ; et lui sont réservés tous ceux qu'il est nécessaire ou 
très- important qu'il connaisse, pour qu'il soit plus à même 
d'appliquer le remède et de préserver les personnes confiés à 
ses soins de tout ce qui peut leur nuire. 

12. Il sera très-utile qu'il y ait dans la Maison quelque 
homme fidèle et suffisamment versé dans les choses spirituel- 
les (X;), qui leur montre la manière dont ils doivent se tenir à 



gement à celui du Supérieur, ils pourraient demander an général, ou à 
celui qui le représente, s'il ne serait pas possibla de tolérer cette iqiper- 
fectioa dans l'espérance qu'el'e floira un jour, et que la bonté de Dieu 
suppléera ce qui parait manquer à sa plus grande gloire et à la plus 
grande perfection jdu Donateur. 

(t) Cela pourrait ne pas être conTeoable , par exempV, à cause du 
grand nombre de ceux qui se confessent, ou parce que quelqu'un parai- 
trait devoir tirer plus de secours d'un autre Confesseur que du Confes- 
seur ordinaire^ à cause de circonstances possibles et dont le Supérieur 
jugera, décidant ce qui lui paraîtra le meilleur en Dieu. 

ik) Ce sera le iMaltre des NoTices, ou celui que le Supérieur établira 
comme le plus propre à cette fonction. 



^128 CONSTITUTIONS DES Il^SUITES. 

béant, et ad id eos hortetur, et in memoriam redigat, et 
amanter admoneat; quem omnes, qui in Probatione sunt, 
diligant, ad quem in suis tentationibus confugiant, cui confi- 
denter sua omnia detegant ; et a quo consolationem et auxi- 
lium in omnibus sperent in Domino. Et admoneantur, quod 
nuUam debeant celare tentationem, quam buic, vel Gonfea- 
sario, vel Superiori non aperiant ; imo vero totam animam 
suam iliis intègre manifestam esse pergratum babeant : 
nec solum defectus aperiant, sed etiam pœnitentias » vel 
mortificationes, et devotiones, ac virtutes omnes; volun- 
tate pura optantes ab illis dirigi, sicubi a rectitudine deflec- 
terent; nolentes suo proprio sensu duci, nisi conveniat cum 
judicio illorum, quos Gbristi Domini Nostri loco babent. 



15. Antevertere oportet teotationes, adbibitis earum con- 
trariis : ut cum quis animadvertitur ad superbiam esse pro- 
pensus, exerceri is débet in rébus abjectioribus, quœ ad bu- 
miliandum ipsum utiles futune videantur : et sic de aliis pra- 
vis animœ propenaionibus. 

14. Prœterea, bonestatiset decentiœ ratione, convenit, fce* 
minas non ingredi Domos nostras, nec Gollegia, sed tantum 
Ecclesias (/) : et arma nuHa, nec instrumenta rerum vana- 
rum (m) Domi baberi ; sed tantum ea, quœ faciant ad finem 
illum Divini servitii et laudis, quem sibi prœfixit Societas. 

45. In correctionibuset pœnitentiis injungendis, qui modos 
teneri debeat (n), prudenti cbaritati Superioris» et eonim 
quos sibi substituerit, relinquetur : qui in eis rationem ht- 



{l) Ut fœminaB non ingredlantor Domoi, nec Gollegia SodateUs, hn 
•emper débet obienrari. Sed ti ilte eximia charitate, vel aaeloritata timiil 
cum charitate estent contpioa» ; pmdentia Snperioris jottM ob caotat, 
nt ill« (si id optarent) videndi gratia ingredereotar, poiaet dispensare. 

(m) Gnjnsmodi estent instrnmenta ad Indendnm, ?el ad rem muai* 
cam, libri etiam profani, et alla id genos. 

(n) In oorreclionibot (lioet pmdentia rebut partieoiaribut adUMta 
banc ordioem matare pottlt ) est ad? ertendam, quod primo in ebaritato 
ac dulredine, qui peocant, sont admooeodi : tcenndo, in ebaritale qai« 



TROISIÈME PARTIK. 429 

rintérienr et à rextérieur> les exhorte à la pratiquer, les en 
fasse souvenir, les avertisse amicalement ; qui soit chéri de 
tous ceux qui sont dans le Noviciat, auquel ils se réfugient 
dans leurs tentations, à qui ils découvrent conûdeotielle- 
ment tous leurs secrets, et dont ils espèrent des consola- 
tions et des secours. On les avertira qu'ils ne doivent tenir 
secrète aucune tentation, sans s'en ouvrir à cette personne. 
oo à leur Confesseur, ou au Supérieur ; bien plus, il faut qu'ils 
aient à cœur de découvrir entièrement toute leur âme à ces 
personnes, et non-seulement leurs défauts, mais aussi leurs 
pénitences, leurs mortificatjons, leurs dévotions et toutes 
leurs vertus, désirant, dans la simplicité de leur cœur, être 
dirigées par elles, s'ils venaient à s'écarter du droit chemin, 
et ne se fiant pas à leur sens propre, excepté quand il est 
conforme au jugement de ceux qui leur tiennent lieu de 
J.-C. N.-S. 

13. Il faut prévenir les tentations en employant leurs con- 
traires; ainsi, quand on remarque en quelqu'un de la pro- 
pension à l'orgueil, il faut lui donner de basses occupations 
qui puissent l'humilier, et ainsi pour les autres mauvais 
penchants de Tâme. 

Aâ. De plus, pour cause d'honnêteté et de décence, les fem- 
mes ne devront point entrer dans nos Etablissements, nos Col- 
lèges, mais seulement dans nos Eglises (/)• Il faut qu'il n'y ait 
chez nous, ni armes ni instruments de vanité (m), mais seule- 
ment ce qui sert à honorer Dieu, but que s'est proposé la 
Société. 

15. Dans les corrections et pénitences à infliger, la pru- 
dente charité du Supérieur, et de ceux qui le remplaceront, 
décidera jusqu'où il faut aller (n] ; ils auront égard en cela à 



( { ) Oa doit presque toujours éviter que les femmes entrent dans les 
Maisons et Collèges de la Société. Mais si elles étaient remarquables par 
leur grande charité, on par un grand crédit joint à beaucoup de cha- 
rité, le Sopérienr pourrait pour de bonnes raisons, si elles en avaient 
envie, leur permettre d'entrer pour voir la Maison. 

(m) Tels que seraient des instruments de jeu ou de musique, des li- 
vres profanes et antres cbosf s semblables. 

(n) Quant aux corrections (bien que dans des cas particuliers la pru- 
dence puisse conseiller de changer cet ordre), il faut la première fois 
avertir ceux qui sont en faute avec cbarilé el douceur ; la seconde avec cha- 



^50 CONSTITUTIONS DÈS JÉSUITES. 

bebiint dispositionis personarum, et sedificationis universalis, 
et particularis earum, ad gloriam Dei. Pœniteatms vero hu- 
jusmodi prompta voluntate quisque admitteredeberet,ci)in 
vero emendationis et spiritualis profectus desiderio, etiafli 
si propter defectum non ciilpabilem injungerentur. 

16. Syndicus Domi constituatur, cujus erit officium, obser- 
vare in omnibus quod ad bonestatem et decentiam externam 
pertinet ; Ëcclesiam et Domum perlustrando ; et si quid non 
conveniat, adnotando , et Superiori referendo,veI euméem 
qui errât, commonefaciendo ; si id facultatis ei , ut utiUus Id 
Domino suo fungatur Offîcio» tribuetur. 

17. Curent omnes ex morbis corporis fructum capere, noR 
solum sibi , sed etiam ad aliorum œdificationem ; non in^pa- 
tientes aut morosos se exbibendo, sed potius patientiam ma- 
gnam babendo et prœ se ferendo, ac obedientiam Medico et 
Infîrmario prsestando, verbis piis et ad aedificatioDem facien- 
tibus utendo , quae ostendant œgritudinem acceptari ut do* 
num , de manu Greatoris ac Domini Nostri , quandoquiëera 
non minus donum est, quam sanitas. 

18. Idem sapiamus , idem, quoad ejus fieri posstt, dîca- 
mus omnes, juxta Àpostolum. Doctrinse igitur différentes Don 
admittantur (o},necverbo in concionibus , vel lectionibus 
publicis, nec scriptis libris ( qui quidem edi non poterunt in 
iucem, sine approbatione atque consensu Prsepositi Gênera* 
lis; qui eorum examinationem saitem tribus committat^sant 
doctrina, et claro judicio in ea facultate praeditis) ; imo etju* 
diciorum de rébus agendis diversitas, quse mater esse solet 
discordise^ et inimica unionis voluntatum, quantum fieri po- 
test, evitari débet. Unio vero et Gonformitas mutua dili- 
gentissime curanda est; nec qusB ei adversantur, permit- 

dem, sed eo tamen modo, ot eis confosioel rubor injidaturf tertio» 
amori, ea qtiœ timorem incutiant, adjicientur. De publicis autem defeft- 
tibiu publica débet eise pœoiteotia : iic Uoiara, qa» ad ommiun odifica- 
lionem faciunt, declaratis. 

(o) Novs opiniooes admttfenjae non sunt; et si quis aliqoid lentirtl, 
qnod discreparet ab eo, quod Ecclesia et ejus Doctoret eommonitcr aao- 
tiunt, suum seosum denaitioiii ipsiiis Societatis débet sufajicerr» ni in 
Eiamine declâratum est. la opioiODibiis etiaoi ia quibiis Calbolici Doc- 
tores variant inler se, vol coatraril sont, ut cooformitaf eliam io Soda- 
taie sit, curandum est. 



TT01S1ÈM£ PARTIE. ^Sl 

la disposition des personnes et à leur édification générale et 
particulière, pour la gloire de Dieu. Ces pénitences seraient- 
elles infligées pour des dérauts innocents, chacun doit les re- 
cevoir avec une prompte soumission et un désir sincère de se 
corriger et de se perfectionner. 

id. Un Syndic doit être établi dans la Maison, dont le de- 
voir sera d'avoir Tœil sur tout ce qui regarde la décence et 
rfaonnéteté extérieure, de parcourir TEglise et la Maison, de 
noter ce qui n'est pas dans l'ordre, d'en référer au Supérieur 
on d'avertir celui qui est en faute, si on lui a donné ce pouvoir, 
pour qu'il puisse s'acquitter plus utilement db son emploi 
dans le Seigneur. 

47. Que tous s'appliquent à retirer de l'utilité des maladies 
du corps, non-seulement pour eux, mais pour l'édification des 
autres ; qu'ils ne montrent ni impatience, ni chagrin, mais 
plutôt une grande patience ; qu'ils obéissent au Médecin et à 
rinfirmier, et qu'ils aient à la bouche de pieux propos, qui 
fassent voir qu'ils acceptent la maladie comme un don de la 
main du Créateur, puisqu'elle est un don aussi bien que la 
santé. 

46. Pensons tous, parlons tous de même, s'il se peut, sui- 
vant la parole de l'Apôtre. Qu'on écarte donc toute doctrine 
0/ nouvelle (/). et des sermons et des leçons publiques et des li- 
vres (qui, du reste, ne pourront être publiés sans l'approba- 
tion et le consentement du Général, et le Général confiera 
l'examen de ces livres au moins à trois personnes d'une saine 
doctrine et d'un jugement précissur la matière en question) ; 
bien plus, dans le maniement des affaires, il faut éviter toute 
diversité d'opinions, autant que possible; cette diversité est la 
mère des discordes et l'ennemie de l'union des cœurs. Il faut 
donc apporter le plus grand soin à faire régner cette union et 

rite, îl est vrai, mais de manière à les faire rougir de confusion, et la 
troisième, ajouter les menaces à la bonté. Pour les faute> publiques la 
pénitence doit être publique, il ne faut toutefois faire connaître que ce 
dont la publicité peut ^diCer tout le monde. 

(0) Il ne faut point admettre de nouyelles opinions^ et &i quelqu'un 
aTait un sentiment différent de celui de l'Ëglise ou de la plupart de ses 
Docteurs, il doit le soumettre à la détermination de la Société, comme 
il a été dit dans l'Examtn. Dans les opinions mêmes sur lesquelles les 
Docteurs Catholiques ne sont pas d'accoid ou difrèrcnt es^entielkmfut, 
il faut qu'il y ait conformité de doctrines i^ans lu Société. 



452 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

tenda (p) : quo juncti invicem fraternsB charitatis vinculo, me- 
lius et efïicacius possint se Divino obsequio, etauxilio proxi- 
morum impendere. 

49. Quia ad progressum in virtutibus faciepdum, multum 
confert antiquiorum exemplum , quo reliqui ad eorum imi- 
tationem animentur; qui praeest aliis (si aliter pecuiiaresob 
causas non judicaretur convenire) et omnes alii Saoerdotes, 
qui ei videbuntur, aliqnando intra annum , ofQcium, vel offi- 
cia eorum, qui inserviunt Domi, ad tempus aliquod obi- 
bunt : quo aliis gratius reddatur hujusmodi ministerium , ia 
quo ad majus Dei servitium et gloriam sunt constituti. 

20. Explicetur aliquot diebus in singulis hebdomadibus 
doctrina Ghristiana , ac modus bene et cum fructu Gonfiten- 
di {q) , Gommunicandi , Missam audiendi et in eadem minis- 
trandi, orandi itidem, meditandi, et legendi pro captu unîQS- 
cujusque tradatur : cureturque non solum, ut addiscant, quas 
conveniunt, sed etiam ut memoria teneant, et exerceant quas 
didicerint : omnesque suum tempus rébus spiritualibus im- 
pendant , et devotioni quaerendse , pro mensura gratiœ Dei 
ipsis communicatae , insistant : ad quod conferet aliqua exer- 
citia spiritualia illis , qui nondum se exercuerunt in eis, vel 
omnia tradere (r), prout unicuique convenire in Domino ju- 
dicabitur. 



(p) Fereoda non est inter nllos Domettlcomm perturbatio, vel Ira 
mutua : et si aliquid bujmmodi accideret, curetur, ut statim ram lalisbo- 
liooe débita in gratiam invicem redeant. 

(g) Prster modum bene Confltendi, tempus etiam eis designetur, io- 
tra qaod, si ad Goofessionem doo accédèrent, sabtrabator eia dbos eor- 
poris, dooec cibom spirilas sumant. Qui autem alii, quam suc Gonfet- 
•ario desigoalo Confiteretur, débet postiuodum ( quantum recordari po- 
terit } eidem suo Gonfessario totam suam conscicntiam aperire, ut oibit 
ilirnorando, quod ad eam perlineat, melius in Domino possit eunndem 
juvare. 

(r) Guni iif, qui ex se exercilionim spiritualium inlelligcntiam habent, 
et ia ip^is facile progrediunlur, ac metbodum iu eisdem beueproccdeodi 
bièbrnt, vel qui aliis occupalionibns destinenUir, rotenint ooinino, \el 



TROISIÈMR PARTIE. ^55 

cette mutuelle conformité d*opinion, et ne pas souffrir ce qui 
lui est contraire (p), afin qu'unis par un lien de fraternelle 
charité, ils puissent se dévouer avec plus d'efficacité à servir 
Dieu et secourir leur prochain. 

19. Comme pour faire avancer dans les vertus l'exemple des 
plus âgés est d'un grand poids et anime tous les autres à faire 
de même, le Supérieur (à moins qu'il n'eût des raisons parti- 
culières pour le trouver mauvais) et tous les autres Prêtres, 
qu'il choisira, feront quelquefois dans l'année le service de 
ceux qui sont employés dans la Maison, pendant quelques 
jours, afin de leur rendre plus doux ce ministère où ils sont 
établis pour le plus grand service et la plus grande gloire de 
Dieu. 

20. On prendra dans chaque semaine quelques jours pour 
expliquer la doctrine Chrétienne et le moyen de se Confes- 
ser ( q) et de Communier avec fruit, d'entendre et de servir la 
Messe, de prier, de méditer et de lire, le tout en proportion- 
nant les leçons aux intelligences : il faut veiller aussi à ce que 
non-seulement ils apprennent les choses convenables, mais les 
retiennent et les pratiquent; qu'ils emploient leur temps aux 
choses spirituelles et s'appliquent à rechercher la dévotion 
suivant la mesure de grâce que Dieu leur aura communiquée. 
Il sera bon, à cet effet, d'enseigner quelques-uns des Exer- 
cices spirituels à ceux qui ne les ont pas encore pratiqués (r) 
ou même de les leur faire faire à tous, suivant que, avec l'as- 
sistance de Dieu, on le jugera convenable pour chacun. 



(p) Il ne faat point souffrir de troubles dI de haines entre les per- 
sonnes de la Maison, et sMl en survient, il faut réconcilier sur-le-champ 
les ennemis en faisant faire par celui qui le doit les réparations conve- 
nables. 

(q) On leur marquera, outre la manière de se bien Confesser, un cer- 
tain temps pour le faire, et si avant ce temps Ils n'approchent point du 
Sacrement de Péniteikce, on leur retranchera la nourriture du corps 
jusqu'à ce qu'ils prennent celle de l'esprit. Celui qui preud un autre 
Confesseur que celui qu'on lui a désigné, doit ensuite dévoiler toute sa 
conscience à celui-ci (autant que sa mémoire le lui permettra), afm que 
ne lui laissant r en ignorer de ce qui le touche, il puisse mieux en èire 
aidé dans le Seigneur. 

(r) Pour cens qui ont par eux-mêmes rinlelligonce des Exercices 
spirituels, et qui y font des progrès faciles, qui out la méthode né- 
cessaire pour y bien procéder, ou qui sont destinés à d'autres occupa- 

^2 



-154 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

2i. Gonvenit omnes exerceri (si aliquem Superior non 
eximeret ) in concioDibus Domesticis [s) : ut praeterquam 
quod utiliter in hoc expendetur aliqua hora a prandio, ani- 
mentur, et aliquem usum comparent (quod ad vocem, et 
modum attinet,et ad reliqua], et ut spécimen etiam ejus 
talenti quod in hoc génère Dominus eis communicat , pr»- 
béant ; et ut suos bonos conceptus, ad suam et proximorum 
œdificationem exprimant, de iis crebro tractantes» quae ad 
sui abnegationem , et in virtutibus profectum, et ômnimo- 
dam perfectionem attinent ; ad ea se invicem exbortando , et 
pr»cipue ad unionem et charitatem fraternam. 

22. Magnopere conferet, dévote, quoad (îeri poterit, ea mu* 
nera obire , in quibus magis exercetur humilitas et charitas. 
Et in universum loquendo, quanto aliquis se arctius Dec ad- 
strinxerit (t) et liberaliorem erga summam Majestatem se 

certe ex [iarte, Superiores in communibas hujasmodi Regulis dispcn- 
sare. 

Quosdam, qui quamvis ad spiritualia exercitia apti sint, nondnm famen 
ea siint expertî, operae pretium erit, aliquando jutare, ad parficolareë 
coDsiderationes descendendo, quae ad timorem, et amorem Dn ae tir- 
tatum, efc ad executionem earum« prout ratio cooTenire docaerit, nid- 
tent. 

Eis, qui ad bujusmodi exercifcationes apti non esse yidereotor (qualia 
éx Goadjutoribus temporalibus aliquis case posset) proponi debent ea» 
quae ipsorum captui couTeuiant, et quibut ad serTitium Dei ac Domini 
INostri illi juveatur. 

{s) Qui Domi concionantur, reprehensiooem alicujas ex fratribus Do- 
mesticis, vel ipsius Societatis non attingant. Idem ca? eant, qui in Ecde- 
siis concionantur, ni&i prius Superiorem ea de re consulueriot ; quam- 
vis possit unusquisque et se, et fratres suos s'mul ad progressum in ma- 
jori obsequio Dei (quod potins in Domesticis, quam in publicis in Eccle- 
sia concionibus convenit ) excitare. 

(t) Conjungi magis cum Deo, ac liberalem se in emn exhibere, est se 
totum immobiliter Divino servitio mancipare : quod illorum est, qui Vo- 
tfs emissis Deo se dedicant. Quamvis autem id multum juvet ad uberio- 
rem gratiam accipiendam, ncuiini tamen prœcipienduni est, ut id agat; 
nec primo biennio quisquam uUo modo ad id compellatur. 

Quod si spont:; ex sua dcTOlione, ad Vola sua ante hienniom eiactum 
cmlltenda movcreuiur, nec in manibus cujusquani ea admilti, nec soirm- 
nitas adbibcri dcbot : sed quisque in secrelo animi sui id ofTerat Deo 



TROISIÈME PAHTIC. 455 

2i. 11 est à propos d'exercer tout le monde (excepté ceux 
que le Supérieur en dispenserait) à faire des serinons dans la 
Maison («]. Il leur sera utile de passer quelque temps à cela 
après le dtner, et de plus ils s'animeront, ils acquerront quel- 
que usage dans le débit, le geste et dans tout le reste, c^ ils 
donneront un échantillon du talent que Dieu leur a accordé 
dans ce genre; outre qu'ils exprimeront leurs bonnes pensées 
pour leur édification et celle de leur prochain, en s'occupant 
fréquemment des choses qui ont trait à l'abnégation de soi- 
même, au progrés dans la vertu et à la perfection en tout 
genre, et en s'exhortant mutuellement à ces vertus, et sur* 
tout à l'union et à l'amour fraternel. 

22. Il sera très-utile de s'acquitter, autant que possible, 
avec dévotion, des fonctions qui exercent le plus rhumilité et 
la charité, et pour parler en général, plus on se sera étroite- 
ment attaché à Dieu (0, plus on se sera montré libéral envers 

tiODs, les Sapérieors poarroDt Ips dispenser en tout oneii partie de 
l'observance de ces Règles générales. 

11 s'eu trouvera quelquefois qai, birn qae propres aux Exercices spi- 
rituels. D'en oitt aucune expérience ; il fjudra les aider eu eotrant daus 
le détail des considérations, qui exciteat à la crainte et à Tamoar de 
Dieu, et à la pratique des vertus, selon que la lai-ion le fera juger utile. 

Pour ceux qui ne paraîtront point propres à ces Exercices (comme il 
pourrait s'eu trouver parmi les Goadjutenrs temporels), on doit leur 
proposer des choses qui soient à leur por.éa, et «apaUes de les aider 
dans le service de Dieu et de Notre-Seigneur. 

(s) Ceux qui prêchent à Ij Maison ne doivent reprenJre aucun 
frère suit de la Maison, soit de la Sadété. C^^ux qui prêchent dans les 
Eglises auront la inéme atten,llQn, à moios d'avoir préalablement con- 
sulté le Supt^rieur à ce sujet ; ce qui n'empêche pas que chacun puisse 
s'exciter lui et ses frères à faire de plus grands progrès dans le service 
-de Dav, encore cela est'il plus i sa place dans les sermons faits k la 
Maison que dans les sermons publics faits dans les Eglises. 

(t) Être plus uni à Dibu et faire tout pour Inl, c'est se vooer entière- 
ment et irrévocablement à sou service ; ce qui est le propre de ceux 
qui se consacrent à lui par des Yœnx. Mai^ quoique cela serve beaucoup 
4k obtenir une grâce plus abondante, il ne faut cependant ordonner à 
personne de le faire, et personne ne doit y être forcé en aucune façon 
àes deux premières années. 

Si de Irar plein gré et par leur dévotion ils étaient portés à proaooeer 
leurs vœux avant la fin des 4eux années, personne ne 4mt recevoir 
ces vœux entre ses mains^ et il n'y aura point de solennité; mais chacun 



456 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

praestîterit ; tanto eum in se liberaliorem etiam experietur; 
et ipse in dies magis idoneus erit ad gratias et dona spiritua- 
lia uberiora recipienda. 

25. Expedit in primis ad profectum, et valde necessarium 
est , ut oDfines perfectœ Obedientiœ se dedant , Superiorem 
(quicumque ille sit) loco Christi Domini Nostri agnoscentes» 
et interna reverentia et amore eum prosequentes, nec solum 
in exsecutione externa eorum quœ injungit, intègre, prompte, 
fortiter, et eum humilitate débita, sine excusationibus, et ob- 
murnurationibus obediant, licet diflicilia, et secundum sen- 
sualitatem repugnantia jubeat {u) ; verum etiam conentur 
interius resignationem, et veram abnegationero propriae yo- 
luntatis et judicii habere , voluntatem ac judicium suum 
eum eo, quod Superior vult et sentit, in omnibus rébus ( ubi 
peccatum non cerneretur) omnino conformantes, proposita 
sibi Yoluntate,ac judicio Superioris, pro reguli suae volun- 
tatis et judicii, quo exactius conformentur prima; ac summae 
regulsD omnis bonae voluntatis et judicii , quae est œteroa 
bonitaset sapientia. 

21. Et ut magis in Obedientia; virtute se exerceant, con- 
yenit, atque etiam valde necessarium est, ut non solum Su- 
periori Societatis vel Domus, sed etiam subordinatis officia- 
libus, qui ex illo auctoritatem acceperunt, in lis omnibus, 
in quibus super ipsos potestatem babent, obediant : et assues- 
cant non intueri, quis ille sit, cui obediunt ; sed potius quia 
ille, propter quem, et cui in omnibus obediunt, qui est Chris- 
tus Dominus. 

25. Diligant omnes Paupertatem, ut matrem ; et juxta men- 
suram sancUe discretionis, suis temporibus ejus effectua ail- 



Domioo Nostro. At eum id sint faeturi, cooTenit ot tomralaai, qnm 
tnetit in Vot's simplicibus obiervari, pelant, et f eriptam habeant, qood 
Bio promiaerunt, ad snam memoriam coDArmandani. 

(il) Gonferet nt Soperiores aliqnando oecaiionem prvbeant lit qui 
probantnr, eiercendi Obedientl» et PaapeHatia ? irlutero, eoidem tcn- 
tando ad majorem ipsorum utilitalero ipiritualem, eo modo, qoo Domi- 
nos Abraham teotatit; nt speciineo virtolis aoap pnebeant, et in eadea 
creacanl. In eotamen, qooad ejua fleri poaair, mentura et proportio )atla 
onioacojnaqoe vires, ut discretio dictabil, obserretor. 



TROISIÈME PARTIE. 457 

sa souveraine Majesté, plus on le trouvera généreux et plus 
on deviendra propre, de jour en jour, à recevoir des grflces 
et des dons spirituels plus abondants. 

25. Mais ce qui est par-dessus tout utile et très-nécessaire, 
c'est que tous s'abandonnent à une parfaite Obéissance, re- 
connaissant le Supérieur (quel qu'il soit) comme tenant la 
place de J.-G. N.-S., et l'ayant en grande vénération et 
amour, et que non-seulement, dans l'exécution extérieure de 
ses ordres, ils obéissent sans réserve, promptement, résolu- 
ment, humblement, sans excuses ni murmures, leur com- 
mandât-il des choses difQciles et repoussantes pour les sens (u), 
mais encore qu'ils tâchent, à l'intérieur, d'avoir la résigna- 
tion et la vraie abnégation de leur volonté et de leur juge- 
ment, conformant en tout leur volonté et leur jugement avec 
ce que veut et pense le Supérieur : pour cela, ils devront se 
proposer la volonté et le jugement de leur Supérieur comme 
la règle des leurs, aûn de se conformer plus exactement à cette 
première et souveraine règle, de toute bonne volonté, de tout 
bon jugement, règle qui est la bonté et la sagesse éternelle. 

24. Pour qu'ils s'exercent davantage encore dans la vertu 
de l'Obéissance, il est bon, ou plutôt très*nécessaire qu'ils 
obéissent, non-seulement au Supérieur de la Société ou de 
la Maison, mais aussi aux fonctionnaires subalternes, qui ont 
reçu leur autorité de lui, dans toutes les choses où ils ont 
droit de leur commander ; et quHls s'habituent à ne pas regar- 
der quel est celui à qui ils obéissent, mais quel est celui pour 
l'amour duquel et à qui ils obéissent en tout, qui est N.-S. 
J.-C. 

25. Qu'ils chérissent tous la Pauvreté comme une mère, et 
que de temps en temps, suivant la mesure d'une sainte dis- 
doit les offrir dans le secret de ion cœur à Diea et k Notre-Seîgnear. 
An reste, quand ils fondront le faire, il faut qu'ils demandent la for* 
mnle nsilée pour les Voeux simples et qu'ils aient par éerit ce qu'ils ont 
promis k Dibd, pour assnrer leur mémoire. 

(il) Il sera bon qne les Supérieurs donnent quelquefois à ceux qui 
4i^mnt éprouvés des occasions d'exercer les vertus de Pauvreté et d'Obéis- 
sance, en les tentant pour leur plus grande utilité spirituelle de la même 
manière que le Seigneur tenta Abraham; ils donneront aiosi des 
preuves de leur vertu et croîtront en mérite. On gardera toutefois dans 
ces tentations, autant que possible, la mesure proportionnée aux forces 
de chaean, ainsi que la discrétion le dictera. 

A2. 



458 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

qiios experiantur ; et, ut in Examine dictum est, parati sint, 
post primum annum exactum , ad temporalia bona distri- 
buenda, quandocumque a Superiore injunctum id fuerit; et 
ea ratione servatà, quœ ipsis in Examine proposita fuit. 

26. Omnes rectam habere intentionem studeant, non so- 
lum circa vitœ suae statum , verum etiam circa res omnes 
partîculares, id semper in eis sincère spectantes, ut serviant 
et placeant Divinae bonitati, propter seipsam et propter cha- 
ritatem , et eximia bénéficia , quibus prœvenit nos , potias 
quam ob timorem pœnarum, vel spem praDraiorum (quam* 
vis bine etiam juvari debeant) et crebro admoneantur, ut 
in omnibus quœrant Deum, exuentes se, quantum fieri po- 
test , amore omnium creaturarum ; ut affectum unirersum 
in ipsarum Greatorem conférant » eum in omnibus creaturis 
amando, et omnes in eo, juxta sanctissimam ac Divinam ip- 
sius voluntatem. 

V7. Studium in quod incumbent, qui in Domibus Societâ- 
tis probantur, id esse débet, quod eos magis ad superios dîc- 
tam abnegationem sui, et in virtutibus ac devotione profee- 
lum juvabit. Studia vero litterarum, innniversum loqoendo, 
in Domibus non erunt (x) ; nisi cum quibusdam, peculiaribus 
de causis , dispensatione opus esse videretur. Gollegia enim 
ad litteras addiscendas sunt ; Domus vero ad eas, quas didî- 
cerint exercendas , vel ad prasparandum earum fundam^n- 
tum, humilitatis scilicet, ac omnis virtutis in ils, qui opertm 
eis sunt daturi. • 



28. Sit qui slngulis bebdomadibus , vel saltem decimo 
quioto quoque die, hœc et similia omnibus in memoriam le- 
digat; vel illi hsec légère teneantur : ne pro nostrae fragilis 
naturae conditione obliti , ab eorum exsecutione cessent. Et 



(x) Quamyis in génère loqnendo. stndia litteraram in Domibof Socle* 
tatis non teneantnr; qoicumque (amen Pnedicationl et Confetsiooibin 
aiidiendis yacant, sfndfnni adhibere possnnt ad ea, qvuB ipsl^ nsni fntnra 
sunt. Et si alicui particulariter conTeniret aliis etiam rebos stndere, pro> 
«lentis StiperioHs relinquitnr, ui Id considère!, et in eo dispense!. 



TROISIÈME PARTIE. . ^59 

crétion, ils en éprouvent quelques effets. Qu'ifs soient aussi 
préparés, comme il a été dit dans TExamen, après la première 
année, à distribuer leurs biens temporels, aussitôt que le Su- 
périeur Tordonnera, et cela avec les formes qui leur ont été 
proposées dans l'Examen. 

26. Que tous s'étudient à avoir la droiture d'intention, non- 
seulement dans ce qui a rapport à leur état en général, mais 
aussi dans toutes les choses particulières, se proposant sin- 
cèrement de servir et d'honorer toujours, en faisant chacune 
d'elles, la bonté Divine, à cause d'elle-même, de son amour 
pour nous, et des bienfaits par lesquels elle nous prévient, plu- 
tôt que de le faire par crainte des châtiments ou par espoir des 
récompenses (quoique ces deux motifs doivent aussi les exci- 
ter). Qu'on les avertisse fréquemment de chercher Dieu en 
Umty et de se dépouiller, autant que possible, de l'amour des 
créatures, pour tourner toutes les affections vers le Créateur, 
Taimer dans toutes ses créatures et les aimer toutes en lui, 
conformément à sa très-sainte et divine volonté. 

27. L'étude à laquelle s'appliqueront ceux qui sont éprou- 
vés dans les Maisons de la Société doit être de nature à les 
faire avancer dans l'abnégation d'eux-mêmes, dont nous avons 
parlé plus haut, et dans les vertus et la dévotion. Pour parler 
en général, les études littéraires ne seront point eultivées 
dans les Maisons, â moins qu'il ne parût utile, pour des rai- 
sons particulières, de les permettre à quelques personnes (œ); 
car les Collèges sont faits pour apprendre les lettres, et les 
Maisons pour exercer ceux qui les ont apprises, ou pour pré- 
parer à Thumilité et aux autres vertus qui doivent en être la 
base; ceci soit dit pour ceux qui doivent s'y adonner par la 
suite. 

28. Il y aura quelqu'un qui, toutes les semaines, ou au 
moins tous les quinze jours, leur rappellera toutes ces règles 
et les autres; ou bien ils seront tenus de les lire eux-mêmes, 
de peur que, venant à les oublier par un effet de la fragilité 



{st) Pour parler en général , i'étade des lettres n*est point permise 
daDs les Maisons de la Société; tous ceux cependant qui Tenlent deyenir 
Prédicateurs on Confesseurs, pourront s'appliquer à l'étude des choses 
qai seront à leur usage; et s'il convenait à quelqu'un en particulier 
d'étndîer antre chose , on laisse à la prudi nce du Supérieur à bien 
eiaraioer le cas et à le dispenser de cette règle. 



A Au CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

aliquotîes singulis annis omnes a Superiore sibi pœnitcntias 
injungi propter defectum obseryatioais Regularum pétant; 
ut haec cura indicium sit illius quam de suo profectu spiri- 
tuali, in via Dei quisque habetJ 



CAPUT IL 

De canservalione corporis. 

1 . Ut nimia sollicitude in iis, quae ad corpus pertinent, 
reprebensibilis est, ita cura moderata tuendœj ad Dirinum 
obsequium valetudinis, ac virium corporis laude . digna, et 
ab omnibus adbibenda est : et ea de causa, cum animadyer- 
terint aliquid sibi nocere, vel quid aliud necessarium esse 
circa victum, vestitum, babitationem, officium, aut exercita* 
tionem, et sic de aliis rébus, admoneant omnes ea de re Su- 
periorem, vel quem ad id Superior constituent ; duo intérim 
observantes : primum, ut antequam ad eum quid référant, 
se ad orandum recipiant, et post orationem, si senserint rem 
deferendam ad Superiorem, id faciant : alterum, ut cum Terbo 
aut scripto brevi (ne excidat memoria) Superiori rem expo* 
suerint, ei totam curam rei expositœ relinquant; etquidquid 
ille statuent, optimum ducant (a) ; nec contendere, aut urgere 
per se vel alium (sive concedatur quod petitur, sive non) 
pergant : quandoquidem sibi persuadere debent, id magis 
expedire ad Divinum obsequium , ac suum magis bonum, 
quod Superiori, re intellecta, in Domino visum fuerit. 



(a) LieeCqni eipooit quoi oecestariom tibi eiislimat, non dcbeat ex 
te IdeiD denoo petere, née argere; si Superior tamen Doodqm taHt Id- 
telIexiMet« et deciarationem ? ellet majorem ; ea quidem danda eril. Et 
si forte ei oblivione noo proTideret, cam tamen sigoificasiet, te veile id 
iaoere ; non erit abt re. débita corn inodettia ei in roemoriain redneeiv, 
vel reprctenlare. 



TROISIÈME PARTIE. 441 

de notre nature, ils ne cessent de ne les plus exécuter. Et de 
temps en temps dans l'année, tous devront prier le Supérieur 
de leur Infliger des pénitences pour défaut d'observation des 
régies; cette attention sera la marque de celle que chacun 
aura pour son avancement spirituel dans la voie du Seigneur. 



:3 



CHAPITRE II. 

De la conservadon du corps, 

4. De même que la trop grande inquiétude dans les choses, 
qui regardent le corps est répréhensible ; de même le soin mo- 
déré de conserver sa santé pour le service de Dieu et d'entrete- 
nir les forces ducorps est louable, et tout le monde doit l'avoir. 
Pour cette raison, quand ils s'apercevront que quelque chose 
leur est nuisible, ou qu'une autre leur est nécessaire, par rap- 
port à la nourriture, au vêtement, au logement, au travail où 
à l'exercice et ainsi du reste, ils devront tous en avertir le 
Supérieur ou celui que le Supérieur aura commis pour cela; 
mais en attendant, il faut qu'ils observent deux choses : 
la première, de se recueillir pour prier avant de lui rien 
exposer, et de ne le faire qu'après cette prière, s'ils sont tou- 
jours d'avis qu'ils doivent le faire ; la seconde, après avoir ex- 
posé la chose au Supérieur de vive voix ou par un mot d'écrit 
(pour qu'il ne l'oublie pas ), de lui laisser tout le soin de cette 
affaire et d'être toujours satisfaits quoi qu'il décide, sans dis- 
puter, ni lui faire d'instances par eux-mêmes ou par un autre, 
qu'il accorde ou refuse la demande (a) ; car ils doivent se per- 
suader que ce que le Supérieur assisté de Dieu décidera après 
avoir bien compris la chose est ce qu'il y a de plus profitable 
ao service du Seigneur et à leur propre avantage. 

(a) Celai qui eipose ce qa'il croit lui être nécessaire ne doit point le 
demander une seconde fois par iai-ménae, ni presser davantage; toute- 
fois» si le Supérieur ne Tavait pas encore assez bien compris, et qu'il 
demandât un plus grand éclaircissement, il faut le lui donner; et si, 
ayant dédaré qu'il prendrait des mesures à cet égard , il oublia t cette 
afTaire, il ne serait pas déplacé de lui en rafraîchir la mémoire et de lui 
remettre les choses sous les yeux avec la modestie convenable. 



^ {2 CONSTITUTIONS I>ES JKSUITKS. 

2. Sfatuatnr tempns, quoad ejus fieri poterit, edendl, ou- 
lïandi, siirgendi, quod communiter omnes observent (b). 

5. ïn lis quae ad victum, vestitum (c) et habitationem» et 
alla corpori necessaria pertinent, curetur cum Divino auxilio, 
ut quamvis sit, in quo probetur virtus, et sui ipsius abnega- 
tio; nondesittamen, quo sustentetur natura, et ad Divinum 
obsequium laudemque conservetur, habita convenienti ra- 
tione personarum in Domino. 

4. Ut non expedit tanto lsJ)pre corporali quemquam ooe- 
rari, ut spiritus obruatur, et corpus detrimentum patiatur, 
ita aliqua corporalis exercitatio, quae utrumque juvet, omni- 
bus communiter convenit, etiam ilUs qui mentalîbus exerci* 
tiis debent insistere. Quae quidem externis interrumpi d^ie- 
rent, et non continuari, nec sine mensura discretionis as- 
sumi(d). 

5. Gorporis castigatio immoderata esso non débet, nec in- 

(b) Qc.amvis ordiiicm temporis in refecU'one et somno, ut plurimum, 
omnes oh ervare dcbeant ; si tamea pecultares oh causas alicui aliud coo- 
Teniret, vidcat Swperior, tium dispcosatione cameo sit atenium, nec ne. 

(e) In veslila babenda est ratio ejus finis, qui est, ab tnjoria frigorfa, 
et ab indecoro dereodt. Caeteriim convenit, ut qui probanlnr, ? eaAttos 
raltone, ad morliûcalionem et abnegationem sui, et ad roondom/Bjusque 
vanitatem sub ped bus conculcandam juTenlur. Et id quidem, qiiao un, 
coa&iderata natiira, consuetudo, ofâciuiu, et ali« personarum cirram- 
staniis palieotur. 

Cum Siliolasticis approbatis, et iis qui studiis vacant, videtur in iif, 
quae ad vestitum attineut, magis quam cum iis, qui probantur, ratio ha- 
beri posse decentie exterioris, et coramoditatis, propter studioniro labo- 
rero et quia Collegia rediins babent : quamvis superOua semper e?ilari 
oportcat. In particubu^ibus Tero, prout unicoique coBvenit, proeed«- 
tur. 

(d) A prandio, pretertim In satate, per nnias vel daaruni horanim 
tpatium permitti non debent, quoad ejua fieri pote rit, oorporit aut ineii- 
lis graviora eiercitia. Si qnid yero nécessitas poatulablt, id, quanta po- 
lerlt chsrilate, erit et metiendun, et moderaodum. Id avtem teMporte 
In ailla levioribua eierciiiis oecopari polerit. Sed neo eitra bniuaaiodl 
lioraa, laborea niminm cootlnnarl aine allqna relaxatlone, vel cooTe» 
nienti recrealione debebunl. 



TROISIÈME PARTIE. -145 

2. On fixera» autant qu'on pourra le faire, Vheure des repas» 
du coucher, du lever, et tous devront l'observer en com- 
mun (6). 

5. Dans les choses qui ont rapport à la nourriture, au vête- 
ment, au logement et aux autres nécessités du corps (r), on 
tâchera, avec la grâce de Dieu, tout en laissant de quoi éprou- 
ver la vertu et l'abnégation de soi-même, de ne rien retran- 
cher toutefois de ce qui soutient la nature et conserve pour ser- 
vir et glorifier Dieu : en tout cela on prendra le Seigneur pour 
guide, et on aura suffisamment égard aux personnes. 

4. 11 est dangereux de charger quelqu'un d'un trop grand 
travail corporel ; l'esprit en est accablé, et le corps en souffre. 
Hais un exercice de corps modéré, salutaire et au corps et à 
l'esprit, convient à tout le monde en général, même à ceux 
qui doivent s'appliquer surtout aux travaux d'esprit; car 
ceux-ci doivent être interrompus par des exercices du corps 
et ne doivent pas être pris sans relâche, mais avec mesure et 
discrétion [d). 

5. La mortification du corps ne doit pas être excessive, nr 



(b) Tous doivent en ooitomuii observer les heures marquées pour les 
repas et le sommeil ; si, cependant, pour des raisons particulières, quel- 
qu'un avait besoin d'un autre régime, le Supérieur verrait s'il doit l'en 
dispenser ou non. 

(c) Il faut dans le vêtement avoir égard à sa destination, qui est de 
défendre des injures dé l'air et deTindécence. Au reste, il convient que les 
Novices, jusque dans leur vêlement, cherchent à se morlf fier, à renon- 
cer à eui- mêmes, et à fouler aux pieds le monde et ses vanités ; et eela 
autant que l'usage, les fonctions et les autres circonstances de personnes le 
permettront; bien entendu que la nature comervera toujour^i ses droits. 

Quant aui Ecoliers approuvés et à ceux qui s^appliquent aux études, 
la nature de leurs travaux et les revenus des Collèges autorisent un peu 
plus d'élégance et de commodité dans leurs habillements que dans ceux* 
des Novices; cependant il faut toujours éviter le superflu. Au reste, cha« 
cmi proeédera dans le détail comme il l'entendra. 

(d) Oa ne doit point permettre, autant que possible, les exercices trop 
violents du corps et de l'esprit, pendant une heure ou deux après le 
dtner, surtout en été. Mais si la nécessité le requiert, il faudra mesurer 
et alléger le travail avec toute la charité possible. On pourra passer ce 
téntps dirùs d'autres exercices plus modérés* Mnis hors de ce temps 
même, il ne faudra jamais conliuuer trop longtemps les travaux, sans 
prendre que'q le relâche ou quoique rticréation corivensble. 



-144 CONSTITGTIONS DES JESUITES. 

discreta in vigiliis (e), et abstinentiis, et aliis pœnitentiis ez- 
ternis ac laboribus (f) ; quœ et nocumeDtum afferre, et majora 
bona impedire soient. Ideo suo Gonfessario detegi ab unoquo- 
que convenit, quidquid in bac parte faciat : qui si judicat 
excedi mensuram, aut carte dubitat de excessu» illum ad Su- 
periorem remittat. Haec autem on^nia eo fiunt, ut clarius pro- 
cedatur, et in animis corporibusque Nostris , Dso Domiao 
Nostro major gloria deferatur. 



6. Sit aliquis Domi qui praesit in iis quse ad corporis bonam 
valetudinem pertinent, tum conservandàm in sanis (etqui- 
dem in iis prœsertim qui ex œtate vel aliis de causis sunt 
debiliores), tum restituendam in œgrotantibus [g) cui debeant 
omnes, si maie se babere extraordinarie senserint, id referre ; 



(e) Tempus somno tribuendum, in génère loquendo, intra ueits et 
septims hors spaiium debere esse ?idetur ( nec sine indusiis dormieo- 
dum est, nisi necessitatis alicujus excusationem Superior admilleret ) : sed 
quia in tanta Yarietate personarum ac habitudinum certa re gnla prae- 
scribi neqnit, nt detrahatur, Yel addaiar hnic tempori, Prspositi pni« 
deutiae relinquetur, qui curabit, nt qnisque quod necessitaa oaturalis 
exigit, retineat. 

{f) Quam?i8 unusqnisque paratos esse debeat ad qoodvis officiom 
assumendum* qnod ei fuerit impositnm ; auimadvertendnm tamen erit. 
in illis, quœ robustiores ac fortiores bomines reqniruot (qnalia sont 
oflicia Sacristœ, Jauitoris, atqae Infirmarii) ut ii homines, qui corporis 
habitndine jnxta offlciomm rationem prediti sunt, quantum fleri potest« 
conslituantnr. 

(g) dira habeatur œgrotorum magna, quorum sgritndo simul atqoe 
Inflrmario indicata fuerit, si senserit ille rem esse alicoius momenlt» 
Superiorem admoneat : et vocetur Medicas, qui unns taniwn ordinarie 
esse débet, si in casibns quibusdam Snperiori aliud non videretur. Obier- 
f etor autem tam in rictus ratione, quam in medidnis, quod Mcdieus 
prœscripserit, quantum fleri poterit, nec inflrmns in bis quidqoam ca- 
ret : sed illud potius studeat, ut paiientiam et Obedieotiam exerceat, 
relicla cura reiiquorom omnium Superiori, ac ejus Hinistris^ per quos 
a Divina Pro?identia regitur. 

Kt quamvis Kostrœ Yocalionis sit, diversa loca peragrare, et vllam 
agere in qnavis mundi plaga, ubi raajos Dci obsequium et animamni 
auxilium speratur; nihilominus tamm si experiroento comperirelur ali- 
quis ferre non posse alicujus regionis cœlum, et maie babere conlioeo- 
ter cerueretur; Snperiori consideranduni relinqaitur, nom illemigrsrf 



TROISIÈME PARTIE. -145 

indiscrète; il ne faut pas s'épuiser par des veilles (f), des 
abstinences et d'autres pénitences et travaux extérieurs {f) 
qui nuisent ordinairement et empêchent la venue de plus 
grands biens. Aussi est-il bon que chacun découvre à son 
confesseur tout ce qu'il fait en ce genre ; et si le Confesseur 
juge qu'il outrepasse la mesure, ou s'il n'est pas bien sûr qu'il 
ne lapasse pas, il devra le renvoyer au Supérieur. Tout cela 
devra se faire ainsi, pour qu'on puisse prendre plus sûrement 
des mesures, et que Dieu Notre Seigneur soit glorifié davan- 
tage dans nos âmes et dans nos corps. 

6. H devra y avoir quelqu'un à la Maison qui soit à la tête 
de tout ce qui concerne la santé du corps, qui cherche à la 
conserver à ceux qui en jouissent (et surtout à ceux que l'âge 
ou d'autres causes rendent plus faibles), et à la faire recouvrer 
aux malades {g) . Ceux qui se sentiront extraordinairement mal 



(e) En général le temps da Fommeil paraît di^voir être de six à sept 
heures (et il ne faut point se couchr sanschemisr^ à moins que le Su[^é- 
ricur D'exempte de cette règle par nécessité). Mais comme on ne |euk 
pas prescrire une règle unique pour tant de personnes d'habitudes si 
difréreotes, c'est à la prudence du Supérieur de diminuer ou de pro- 
longer ce temps, et il aura soia d'eu laisser à chacun de quoi satisfaire 
aux exigences de la nature. 

(f ) Chacun doit être prêt à accepter toutes les fonclions dont on le 
chargera; cependant pour celles qui demandent drs hommes forts et 
robustes (telles que celles de Sacristain, de Portier et d'InOrmer), on 
aura Vattention de n'y mittre, autant que possible, que ceux qui auront 
la force de corps nécessaire pour s'acquitter de ces fonctions. 

ig) On aura grand soin des malades. D^s que leur maliidie sera con- 
nue de rinfirmier, il en ayertira le Supérieur, s'il juge qu'elle soit de 
quelque imporlaiice, et l'on appellera le médecin , qui doit élre ordi- 
nairement unique, à moins que le Supérieur ne le Te. jlie autrement 
dans certains cas. On observera, autant que possible Jes ordonnances du 
méJecio, tant pour le régime que pour les remèJes. Le malade ne pren- 
dra aucun souci; il s'étudiera plutôt à mon'rer sa patience et son obéis- 
sance, laissant le soin de tout le reste au Supérieur et à ses Ministres, 
par qui la Divine Providence le gouverne. 

Nous son.racs dt^stinés par notre vocation à parcourir tous les pays 
et à vivre dans tous les climats du monde, où l'on es| ère le plus servir 
Dieu et secourir les âmes. Toutefois, si l'expérience montrait que quel- 
qu'un ne I ût pas support* r l'a'r d'un pays et qu'il s'y portât habituelle- 
ment mal, on laisse au Su;)ériear à examiner s'il doit aller dans un 

43 ^ 



^146 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

ut de remédie, prout charitas exigit, convenienti pro^ideatur. 

7. In iis, quœ pertinent ad rerum temporalium conserva- 
tionem, praeter curam illam, quam omnibus charitas, et ra- 
tio imponit, œquum erit, alicui peculiariter demandari hoc 
munus ; ut tanquam bona Domini Nostri Jbsu Christi propria 
ea curet. Ad alias etiam functiones necessarias» et eas prseci- 
pue quœ honestius Demi, quam foris fiunt (h), curandum est, 
ut Offîcialium necessarius numerus constituatur. Et expeditt 
ut hujusmodi Officia Goadjutores Temporales, si ea ignorent 
addiscant : omnia ad majorem gloriam Dm, Creatoris et Do- 
mini Nostri semper dirigendo. 



alio debeat, ubi melius babeos corpore, impensias Diîino servitio yacare 
posbit. Non erit tamen ipsios infirmi, hujusmodi mutiitioDem pos^alare, 
nto aniini propensionem ad eam otteodere, sed Superiorii cui*8b id re- 
lioqaetur. 

(h) OfQcialei in iis, qus Domi honestlas quam rorii flunt, intelUgon- 
tur, Lotor pannorum lioeorum, Tonsor, et bujusiDodi ; qnos e»tt Domi, 
ai fieri posset, ezpediret. 



TROISIÈME PARTIE. -147 

devront le prévenir, afin qu'on leur cherche un remède con- 
venable, comme la charité l'exige. 

7. Pour ce qui regarde la conservation des biens tempo- 
rels, outre ce soin que la charité et la raison imposent à cha- 
cun, il faut qu'il y ait quelqu'un spécialement chargé de cet 
emploi, pour qu'il en prenne soin comme de biens apparte- 
nant à N.-S. J.-G. Il faut aussi avoir soin d'établir un nom- 
bre suffisant d'Employés pour remplir les autres charges 
indispensables, et surtout pour les choses qu'il est plus con- 
venable de faire dans la Maison que dehors (h). Et il est bon 
que les Goadjuteurs temporels apprennent ces Fondions, s'ils 
ne savent pas les remplir, en dirigeant toujours toutes choses 
à la plus grande gloire de Dieu Notre Créateur et Notre Sei- 
gneur. ♦ 

antre pays où sa santë lai permette de serTÎr Dibd avec ilus d'efOcacité. 
Ce De sera cependant pas au malade k demander lui-même ce change- 
ment, ni à montre r le d(^&ir qu'il en a ; cela regarde le Sapérieur. 

{h) Par Employas, poar les choses quMl Taudrait mieax faire faire 
dans la Maison qu'au deh irs, on entend le Blanchisseur, le Barbier, et 
tons les gens de service qu'il serait bon d'avoir à la Maison, s'il était 
possible. 



QUARTA PARS. 

De Us qui in Socieiate retinenlur instruendis in lille' 
riSy et aliis quœ ad proximos juvandos conferunt. 



PROOEMIUM. 



Gum scopus, ad quem Societas recta tendit, sit suas ac 
proximorum animas ad finem ultimum consequendum, ad 
quem creatœ fuerunt, juvare ; cumque ad id praeter vitœ exem- 
plum, docirina et modus eam proponendi sint necessaria; 
postquam in lis qui admissi sunt ad Probationem, jactum 
esse videbitur abnegationis propriae, et profectus in \irtuti- 
bus necessarii, convenicns fundamentum ; de litterarum œdi- 
ficio , et modo eis utendi agendumerit : quo juvare possînt 
ad magis cognoscendum, magisque ser\iendum Deo CreatorI 
ac Domino Nostro. Ad hoc Coliegia (a), et aliquando etiam 
Universitates^ vel studia generalia Societas amplectitur : ia 



(a) Cum scopiis ac flais nd quem tendit hsc Societas, sit varias mandi 
partes éx Obe.lieatia Summi Yicarii Christi Domiui Noslri, Tel Supe* 
rioris ejasdcm Societalis peragrao'io, verbam Dei prœdicare, Coofes- 
slones audire et reliquis qaibuscamque poterit mediis nW, Divina gratia 
aspiraote, ad animas jaT.indas; nece^sarium es e, vel ia primis rationi 
consentaneiim visum est, ut qai in eam sont ingressuri, viri sint vilaa 
probitate, et litier»riim cruditioae ad id ofQcium idoaei. Et quia boni 
simul et cruditi pauci laveniuntur, si cum aliis comparenfcur ; et ei pao- 
cis mnjor pars jam a suscrptis luborilms vellet conquiescere; perdirôcile 
fore deprchendinms, hujusmodi honiinibus, qui boni simul ac lilterati 
rsfent, hnnc Socittatem aiigeri posse, tum {TOpter ningnos labores, 
quos ojus Institutum ei>g t^ tum propter niagnam sut ipsorum abuega* 
lioncm. Ideo No! as omnibus, qui conserva tionem et increnientum ejus» 
a 1 mnjore.n lau fou et obsequium Dbi ac Doinini Noslri cupiebirooa, 
alla via lenenda esse visa est ; admiUendi nimirum juveoes, qui booo- 
rum morum et ingcniorum indole, spem facerent qood in probos simul 
ac doctos Tîros, ad colcDdam Ghristi Oomini Nostri vincam estent cva- 



QUATRIÈME PARTIE. 

De quelle manière il faut instruire dans les belles- 
lettres et les autres choses utiles au prochain, 
ceux qu'on garde dans la Société. 



PREAMBULE. 



Le but auquel tend directement la Société est d'aider les 
âmes de ses membres et du prochain à atteindre la fin der- 
nière pour laquelle elles ont été créées ; à cet effet il faut 
joindre à l'exemple d'une vie pure la science, et la méthode 
pour l'exposer ; aussi, après avoir jeté dans Tâme de ceux 
qu'on a admis au Noviciat le fondement solide dû renonce- 
ment à soi-même et du progrès dans la vertu, on s'occupera 
de l'édifice des belles-lettres et de la manière de les employer, 
afin d'arriver plus aisément à mieux connaître[et à mieux ser- 
vir Dieu Notre Créateur et Notre Seigneur. C'est pour cela 
que la Société possède des Collèges (a) et quelquefois même 



(a) Comme lebntet la fin à laquelle tend cette Sociéfé e^i de par- 
courir les différentes pirlies du monde, qui sont sous l'Obédipuce du 
Sapréme Vicaire de N.-S. J.-C. on du Supérieur de la Société , 
fonr y prêcher la parole de Dieu, eotenHre les Coiifetisious, et em- 
ployer tous les autres moyens d'aider 1rs âmes avec l'Assistance de la 
grâce Divine : il a paru nt^cessaire, et conforme avant tout à la raison, 
qne ceux qui y entrcroient fussent propres à cette fonction par la 
probité de leur ViQ et !eurs connaissnncei dans les lettres. Et comme 
on trouve peu de gens qui soient en même temps probes et f avants, 
comparativemput à ceux qui ne le s')nt pas, et que da* s ce petit nombre 
la p*us gran<]e partie voudrait se reposer des travdut qu'elle a entre- 
pris ; nous avoni remarqué qnM serait t<è> di fîcile de recruter la So- 
ciété de sujets qui fussent è la fois honi<é:cs et lettres, tant à cause des 
grands travaux qn'eiige son Invtituf, qu'à cause du nnoncement absolu 
à soi-même qu'elle prescrit. Aussi nous tous qui désirons sa cooier va- 
lion et son accroissement, pour la plus grande gloire et le service de 
DiBU, nons avons pensé qu'il fallait suivre une autre route : admettre 

^5. 



450 coNSTiTirnoNS des jésuites. 

quibuâ qui bonum sui spécimen in Domibus, dum probaren- 
tur, prsBbuerunt, nec tamen doctrina ad Nostrum Institutum 
necessaria satis instructi acces3erunt;in ea, et in aliis rébus, 
quœ ad juvandas animas conferunt, instruantur. Prius ergo 
de iis,quae ad Gollegia ; deinde de ii9 quae ad studia generalia 
pertinent, dicetur, cum eo favore, quem Divina sapientîa ad 
majorem gloriam laudemque suam Nobis dare dignabitur. 



CAPUT I. 

De fMmoriahabenda Fundatorumy et bene de CoUegiU nurUorum. 



1. Quoniam valde œquum est ( ut quod in nobis erit) illo- 
rum devotioni ac beneQcentiae correspondeamus, quibus Di- 
vina bonitas ad fundationem ac dotationem Collegiorum uti- 
tur administris ; primum in quovis Nostrœ Societatis Colle- 
gio, perpetuo, singutis hebdomadibus, Missa semel pro ejus 
Fundatore et Benefactoribus vivis et mortuis celebretur. 

2. Initio item cujusque mensis omnes Sacerdotes, qui io 
Gollegio fuerint, pro eisdem ^mel offerre idem Sacriflcium 



tari: admiktendi etiam Gollegia, cam ilsconlitlonlbos, qo» ïn LiUerIs 
Aposlolicis cootloentur, sive in Uoiversitatibus, sive extra illas fueriot; 
et quidem li in Univcrsitatibas, sive ill» Societatis cur.p commisse sinl» 
8i?e non. Hac enim ratioue Nobis in Domino persaademus» ad majat 
Divina» Majestatis obsequiam fore, si et numéro aiigeantur, et in lilterit 
ac îirtulibus progressum fdciant ii, qui eidem obsequio se toti)S impen- 
dnnt. Pli 10 ergo de ils, quœ ad Gollegia pertinent ; deinde de iis, quap 
ad Uni?ersitates, agetur. Et qnod ad ( ollegia; pri lo loro de iis, qnm 
ad Fundatores ; s cando de ils quœ ad Gollegia jam fmilata, quoad ma- 
terialia vcl teniporalia booa eorum, pertinent; tertio de Scbolasticis. qui 
in eisdem studiis vacant, admittendift^conservandis, littcris et allis niediis 
ad proximum jtiYand im pronioYcndis, cl a stuiiia educeadis ; qoarto 
de lis, qua» ad gubernationem corum pertinent. 



QUÂTRIÈMB PARTIE. 43i 

des Universités, ou des cours généraux d'études, dans lesquels 
ceux qui, pendant leurs épreuves dans nos Maisons, ont fait 
bien augurer d'eux-mêmes et n*ont pas à un degré suffisant les 
connaissances nécessaires à notre Institut pourront les acqué- 
rir et apprendre tout ce qui peut être utile au salut des ftmes. 
II sera donc traité en premier lieu des Collèges, puis des étu- 
des générales avec l'assistance que la sagesse Divine daignera 
Nous accorder pour la plus grande gloire et l'éclat de son 
nom. 



CHAPITRE I. 

De la Yeeon'MiManee gu'U faut aoùirpaur la FùndtUeurs et Ui 

Bienfaiteur» des Colléget, 

4. Comme il est bien juste que nous répondions autant qu'il 
est en nous à la dévotion et à la bienfaisance de ceux dont la 
bonté Divine s'est servie pour fonder et doter des Collèges, 
en premier iieu, il sera célébré, à perpétuité, une fois par 
semaine', dans cbaque Collège de Notre Société une Messe 
pour le Fondateur et les Bienfaiteurs morts ou vivants. 

2. De même, au commencement de cbaque mois, tous les 
Prêtres demeurant dans le Collège devront, à perpétuité, of-^ 



les jeaoes gens qui, par leur bonne condaite et la nature de lenr esprit, 
promettraient de devenir un joar des hommes probes et savants pour 
cultiver la vigne du Christ Notre-Seigneur ; accepter aussi, aux condi- 
tions exprimées dans les Lettres Apostoliques, des Collèges, soit dans les 
Universités (qu'elles soient on non confiées an soin de la Société), soit en 
dehors des Universités. En effet, nous sommes convaincus dans le Sei- 
gneur qu'il sera profitable an service de la Majesté Divine que cens 
qui s'y cons;icrent tout entiers croissent en nombre et fassent des pro- 
grès dans 1rs lettres et dans la vertu. Il sera donc traité d'abord des 
Collèges, puis des Universités. Quant aux Collèges, on s'occupera en 
premier lieu des Fondateurs, ensuite da matériel et des biens temporels 
des Collèges déjà fondés, troisièmement des Écoliers qui y étudient ; de la 
manière de les admettre, de les conserver, de les former aux lettres et 
aut autres moyens d'aider le prochain, et de les retirer des ftudes; 
quatrièmement enfin du goavernement des Co'.légei. 



^52 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

perpetuo debeant. Singulis insuper annis, eo die, quo Colle- 
gii cujusque possessio Societati tradita est cum solemnilate 
Missa pro Fundatore et Benefactoribus celebretur (a) : et id 
temporis in eodem Gollegio quicumque Sacerdotes adfue* 
rint) eodem sua réfèrent Sacriâcia. 

5. Eodem die candela cerea Fundatori offeratur, aut uni ex 
suis, qui ipsi sit cognatione proximo conjunctus (6), autillî 
dçmum, quem ipse Fundator designaverit : in qua candela ar- 
morum Fundatoris, aut devotionis insignia extent. Illavero 
testabitur Societas, quam Fundatori in Domino débet gratitu- 
dinem (c). 

4. Gum primum Societas in Gollegii alicujus possessionem 
venerit; Prœpositus Generalis curet indici per universam So- 
cietatem, ut quilibet Sacerdos ter Sacrum faciat pro super- 
stite Fundatore ipsius Gollegii, ac Benefactoribus : utillos sua 
benignitate Dominus in rébus omnibus dirigat, et suis donis 
semper augeat. Rursus, cum ex bac vita illi excesserint (d)» 
curabit idem Praepositus Generalis, ubi primum resciverit, 
ut per totam Societatem, si^guli Sacerdotes ter Sacrum pro 
animabus illorum faciant. Quoties autemdictum est, Missas 
esse a Sacerdotibus celebrandas, ceteri omnes, qui in Golle- 
giis degunt, ac Sacerdotes non sunt, ad eamdem illam inten- 
tationem orare debent : quandoquidem ejusdem gratitudinis 
nomine, utriqueobligantur in Domino. 

5. Fundatores prsetercaacBenefactoresGollegioru m, parti- 
cipes peculiariter efficiuntur omnium bonorum operum, quœ 



(a) Solcmoitas eo modo intcUîgatar, qui Societati sit asiiatus, et ia 
eo loco, ubi Missa celcbratur. 

(b) Si iu loco ubi hujusmodi Gollegiuoi insiitutam fst, temporis suc- 
cessu non esset aliquis de po:»terilate Fundatoris, niitti canJela polerit 
alio, obi ex rjus progeiiie aliquis inYeniretur; ?el in altari coostitui po- 
terit, nbi Divinum sacriflcium cdebratar. Domine etiooo Fundatorii 
bujusmodi. 

(c) Per hajusmodi candelani, signiRcatio fit gratitudinis erga Fonda- 
tores tenendse ; non juris pntronatMs, yel acltonis ullius, quas ilHs aat 
eorum sucrcssorihus, ad Gollegliun, vel cjus boaa lemporalia coinpetat: 
nibilenim talerrif. 

(d) In Communitalibas, Tel R bus-pnbltci5, qos non moriuntur, di- 
ccntur bujusuioJi Miss» pro eorum defuociiSi et pro ilUs prtBaerUm« 
qui de Nubia met us roerili soot in Domino. 



QUATRIÈME PARTIE. ^155 

frir pour eux le même sacrifice. De plus, chaque année, le jour 
même où la propriété de chaque Collège a été transmise à la 
Société, une Messe solennelle sera célébrée pour le Fondateur 
et les Bienfaiteurs (a). Et en même temps tous les Prêtres qui 
se trouveront dans ce Collège diront aussi une, messe à la 
même intention. 

S. Le même jour, on présentera un cierge au Fondateur ou 
àTun de ses parents, en choisissant celui qui lui tient de plus 
près (b), ou enfin à celui qu'aura désigné le Fondateur lui- 
même ; ce cierge portera les armes du Fondateur ou des em- 
blèmes de dévotion. Par là, la Société témoignera quelle re- 
connaissance elle doit au Fondateur dans le Seigneur (c|. 

4. Aussitôt que la Société sera mise en possession d'un 
Collège, le Général aura soin de donner ordre partout que 
chaque Prêtre dise trois Messes pour le Fondateur, s'il est vi- 
vant, et les Bienfaiteurs, afin que Dieu, dans sa bonté, les guide 
en toutes choses et les comble toujours de ses dons. Puis, 
quand ils auront quitté cette vie (d), le Général, à la première 
nouvelle de leur mort, aura soin que dans tous les établisse- 
ments de la Société chaque Prêtre dise trois Messes pour le 
repos de leur âme. Toutes les fois qu'il a été dit que des 
Messes seraient célébrées par des Prêtres, tous ceux qui de- 
meurent dans les Collèges sans être Prêtres devront prier 
dans la même intention. Les uns et les autres sont en effet 
obligés, devant le Seigneur, à la même reconnaissance. 

5. Outre cela, les Fondateurs et les Bienfaiteurs des Collèges 
participent d'une manière spéciale à toutes les bonnes œuvres 

(a) Solennité doit s'entendre cooformémeat aui u>8gr8 de la Société 
et du liea où est célébrée la Messe. 

(5) Si dans l'endroit où un tel Collège a été fondé, la postérité du Fon- 
dateur Tenait à s'éteindre avec le temps, on pourra euYo^er le cierge 
dans un autre lieu où se trouverait quelqu'un de sa race, ou le placer 
sur l'autel où l'on dit la Messe, au nom du Fondateur et pour lui. 

(c) Ce cierge est un signe de la reconnaissance qu'on doit avoir pour 
les Fondateurs, non d'un droit de patronage, ni d'aucun autre droit 
qui leur appartienne, à eux on à leurs successeurs, sur le Collège ou sur 
aes bien» temporels : car il n'y aura jamais rien de tel. 

(d) Quant aux Communautés ou aux Républiques qui ne meurent 
pas, on dira ces Messes pour le'irs membres qui sont morts, pour ceux 
surtout qui nous auront rendu le plus de scrTices dans le Seigneu". 



^S4 CONSTITUTIONS DES JliSUITES. 

tam in ipsis Gollegiis, tum in rcliqua Societate, Dm grdliSy 
fiunt. 

6. In universum autem» tum Fundatoribas, turo etiam îp* 
sorum necessariis, et quoad vivunt, et postqnam obierint» 
peculiaritersesedevinctam esseSocietas ex cbaritate cognos- 
cat : ut omni offîcio illos Prosequatur, quod a Nobis prœstari, 
juita mînimam banc Nostram Professionem, ad Divinam glo- 
riam possit (e). 



■^i*—— ^^^ 



CAPUT n. 

De Us, qwB ad res temporales Collegiorum pertinerU, 

1 . Âd Gollegia quae libère Societatî oiTeruntur, ut juita suas 
Constitutiones omnino eis utatur, admittenda , Praepositus 
Generalis, nomine totius Societatis, plenam potestatem ha- 
bebit. 

2 Si Fundator aliquas conditiones exigeret, ordini ac modo 
procedendi Societati consueto non omnino consentancas ; ci- 
dem Praîposito Generali (auditis sententiis aliorum, quos 
ipse de bujusmodi rébus melius judicare censebit] consideran- 
dum relinquatur, an, omnibus perpensis, utile sit futurum 
Societati ad finem Divini servitii, quem sibi pr^Oxit, hujus- 
modi Gollegium admittere, necne. Sed si temporis decur^u se 
gravari eo onere animadverteret Societas, poterit ipsa in Con- 
gregatione generali id proponere, et statuere, ut relinquatur 
Gollegium bujusmodi; vel prospicere, ut onus temperetur; 
vel certe, ut ad onus id ferendum vires majores pra^beantur. 
Hoc tamen dictum sit, si ante Gongregationem bujusmodi, 
Pra^positus Generalis huic incommodo^ prout in Domino con- 
venit, non occurrerit. 

5. Ad relinquenda, vel alienanda Gollegia» aut Domoa jam 
admissas» Prœpositus Generalis simul cum ipsa Societate po- 



(e) Qaod dictam est, obserTsri omnino conyeniet erflfa eoê, qui com- 
pléta Gollegia facipnt. Giim Vê antem, qui altqnod duntaxnt prindpiam 
dederlnt, ea pan comni qnas diximus, prsttiibitur, quam PraFpoaihis 
Generalis prostandam in Dom'qo judicayerit. 



QUATRiiJIfE PARTIE. 455 

que la grâce de Dieu accomplit tant dans les Collèges que dans 
le reste de la Société. 

6. En général, la Société doit savoir que la Charité l'oblige 
d'une manière toute spéciale à renfre, tant aux Fondateurs 
qu'à leurs proches, pendant leur vie et après leur mort , tous 
les services que Notre très-petite Profession nous permet de 
rendre pour la gloire de Dieu (e). 



CHAPITRE IL 

De ce qui concerne les biens temporels des Collèges, 

1. Le Général aura plein pouvoir d'accepter au nom de la 
Société les Collèges qu'on lui offre sans charges, pour qu'elle 
en dispose entièrement selon ses Constitutions. 

2. Si le fondateur exigeait certaines conditions qui ne fus- 
sent pas entièrement conformes aux habitudes et aux règle- 
ments de la Société, on laisse au Général à décider, après 
avoir pris l'avis de ceux qu'il croira les meilleurs juges en 
cette matière, si, tout bien considéré, il est avantageux à la 
Société, en vue du service de Djeu qu'elle s'est proposé, d'ac- 
cepter ou non un tel Collège. Mais si, avec le temps, la Société 
se sentait chargée d'un trop lourd fardeau, elle pourra elle- 
même, dans une Assemblée générale, proposer et décréter 
Fabandon d'un tel Collège, ou voir à diminuer ce fardeau, ou 
à acquérir les forces suffisantes pour le porter. Cela n'aura 
lieu cependant qu'autant que le Général n'aurait pas lui- 
même, avant une pareille Assemblée, obvié à cet inconvé- 
nient, comme il convient dans le Seigneur. 

5. Pour ce qui est d'abandonner ou d'aliéner les Collèges 
ou les Maisons déjà acceptés, le Général en aura le pouvoir 

(e) Ce qa'on ^ient de dire s'obseryera en entier à l'égard de ceax 
qui ont fondé complètement les CoUégcs. Qoaut à ceun qui ont seule- 
ment commencé leur fondation , on n'en observera qu'une partie^ ce 
que le Général jugera à propos dans le Seigneur. 



^56 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

testatem habebit (a). Gum enim id sit perinde, ac si membrum 
ab ejus corpore prxscinderetur , et res alioqui perpétua et 
majoris momenti sit ; cum ea universa communicar melius 
est. 

4. In Gollegiis Societatis nec curœ animarum, nec obliga* 
tiones ad Missas celebrandas , neqiie aliae hujusmodi admit- 
tantur (6) ; quae a studiis distrabere admodum, et ea qus in 
illis ad Divinum obsequium quœruntur, impedire soient : 
quemadmodum neque iu Domibus aliis, vel Ecclesiis Societatis 
Professae, quœ, quoad ejus Oeri potest, expedita ad Sedis 
Âpostolicse missiones obeundas, aliaque opéra [ad l)£i obse- 
quium et animarum auxilium, esse débet. 

5. Possessionem Gollegiorum cum rébus temporalibus, qus 
ad ipsa spectant, capiet Societas (c); et Rectores, qui ad id 

(a) Praepositus Generalis simul cum Societate, nam admissa jam Col- 
legia Ycl Domus rolinqui deluant an relineri, statuât. Id lamen in Con- 
gregatioae gcnerali Oeri posset ; et etiam sine illa, misait nimimai saf- 
fragiis al) ils, qai jas hiibeot safTragii. Et toac non potest Societas, nec 
eJQs Geoeralis, quod sic relinquitur, Tel rjus partein nilis estra Soeie- 
tatem hoiiiinibus dooare. Sed si ipsa curam, quam habebat, rdiqnerit, 
poteruiit (jui alias banc auctoritatem sibi la fandatione reser^aferint pro 
sua deTolioae ad aliud opus applicare id, quod sic relictuin fuerit. Si 
Yero bujusmodi non intercesserit reserTatio, poterit pnx^edere Societas» 
ju!ita suuin Institutum, prout ad Dbi gloriam magis couTenire j idicabit. 



(&) De non admittendis obligat'onibns, etc., sic intelUgitur, quod Mis* 
faruni obligatione«, vel hujiisinodi, qiia* assignato reditoi commensural» 
vid iantiir, assuuii nequeuut. Non tamen perinde inconTcniens exittinia- 
tur, ali ]uain facilcm et eiiguam obligationem (quœ tamen non sit ani- 
marum cura) admitterr, si causa sufiiciens ad id moTCfct, praesertim $1 
res hujufmodi essef, qnae distractionis et occupatio lis perv'xig::a?, aut 
nuilius futura eisct. In Domibus autera Professorum, qu indo nec ilhe 
rcditus tilltis habent, nec ipsi ita stabilem habiiationem, hujusmodi obli- 
f^aioncs non ttileranlur. De aliis obligationibus Leciionum tcI ILccto- 
ruiii non hi.: agitur : vcrumtamen et ha? ipsa; in Gollegiis, et Unitersi- 
taltbiis liOQ sine mas^a comi 'eratione, nec ultra liniilem, quem Pra[^- 
posilus Generalis roiivcntre «d Citmmuue bormm, et ipsius Soclctati5, 
ad Du et Domiui Noitri gloriam judi.*averit, assumentur. 

(c) Societas in usum SchoUaUooram i uoriUD, juxtj Liiteraa Apoilc- 



QUATRIÈME PARTIE. 457 

avec la coopération de la Société elle-même (a). C'est en 
effet la même chose que de séparer un membre du corps, 
et l'affaire étant d'une grande importance, et ses suites de- 
vant être éternelles, il est mieux de la traiter en commun 
avec la Société entière. 

4. Dans les Collèges de la Société, on n'acceptera ni charge 
d'âmes (&), ni obligations de dire des Messes, ni aucun en- 
gagement de cette sorte qui pourrait distraire des études, 
et porter préjudice à ce qu'on cherche en elles pour le ser- 
vice de Dieu. Il en sera de même pour les autres Maisons ou 
Églises de la Société Professe, qui doit être aussi libre que 
possible de toute obligation, afin d*accomplir les missions du 
Siège Apostolique et les autres œuvres que demandent le ser- 
vice de Dieu et le salut des âmes. 

5. La Société prendra possession des Collèges avec les biens 
temporels qui en dépendent (c) ; elle y établira des Recteurs 

{a) Le GéDéral décidera, de concert avec la Société, s'il faut sban- 
donner ou conserver les Collèges on les Maisons déjà acceptées. Cela 
pourrait se Taire cependant dans une Assemblée générale, et même sans 
Assemblée, en demandant par lettres les suffrages de ceux qui ont droit 
d'opiner. Et alors ni la Société, ni le Général ne peurent donner, même 
en partie, à personne en dehors de la Société ce qui est ainsi aban- 
donné. Si elle renonce à la charge qu'elle ayait acceptée, ceux qui 
jadis dans la fondation se seront réseryé cette faculté, pourront, selon 
leur, déyotion, appliquer à d'autres œuvres ce qui aura été aioii aban- 
donné. Mais si une pare-Ue réserve n'a pas été faite, la Société pourra 
proci'der selon son In&tilut, comme elle le jugera le plus convenable à 
la gloire de Dieu. 

(&) Par la défense d'accepter aucune charge, on entend l'engagement 
de dire des Messes ou d'autres obligations qui sembleraient mesurées 
sur les revenus a^^ignés. On ne croit pas cepeodjut qu'il y ait d'incon- 
vénient à accepter une obligation peu cou idérable et facile à remplir 
(pourvu qu'il n'y ait pas charge d'âmes), s'il y avait pour cela une cause 
sufflsante, surlout si la chose était de nature à ne causer que peu ou 
point d'embarras et doccupation. Quant aux Maisons des Procès, 
comme elles sont sans aucun revenu, et qu'eux-mêmes n'ont point de 
demeure Oie, de' telles obligations n'y sont point tol'rées. Il ne 
s'ag't point ici des autres coidilions qui obligent à avoir des Cours 
et dK^ Professeurs. Ceprniaut on n'acceptera même celles-ci daos 
les Collèges et les Uoi?ersités, qu'après un mûr examen, et sans dé- 
passer les borors que le Général aura jugées convenables au bien com- 
mun et à celui de h Société, pour la gloire de Dii^u «t de N -S. 

(c) La Société, d'après les Lettres Apo to iques, administrera les re- 

^4 



Mi GONSTlTtlTlONS PES JESCÎTÊS. 

munus conveniens habeant talentum » coDstituet : qui caram 
suscipiaQt coDservandi , atque administrandi res ipsorum tem- 
porales; ac provideant nccessitatibus tam materialis œdilicii, 
quam Scholarium, qui in ipsis Gollegiis degunt; eorumque 
quidispoDuntur^ut adillaadmittantur {d\; atque eorumetiam, 
qui extra Collegia gerunt illorum negotia (e). Totius vero 
administrationis ratio Rectoribus constet : ut eam reddere » 
quaudo, et cui per Praepositum Generalem constituetur, pos* 
sint. At Generalis, cum nec in ullorum consanguineorum 
8uorum, nec in Professe Societatis usnm, bona temporalia 
CoUegiorum possit convertere (/*); eo purius sese in eorum 
auperintendentia admajorem gloriam et servitium Bel gerere 
poterlt. 
6. In iis Gollegiis» quae duodecim Scholasticos (prœterPne* 

licas reditanm admiaistrationein exercebik per Prsposilom Generalem» 
▼el ProTincialem, ?(1 alium cui Gcneralis id commiserit, ad defleodea- 
das et cooserTHodas possessioues, et reditus CoUegioruoi, eliam io judi- 
ciot cum id conTenien-s ^el necessarium fuerit. Ac ejaadem Prspotilt 
erit. Tel eorum, quibus ille facultatem dederit, admiitere qoidqoid prae- 
terea GoUegii*, ad sostentatiionemetincrementum eorum^in nbua lem- 
poralibus donaretur. 

(d) Qui diaponantar, ut ad GoUegia niitlautur. illi auot, qui io Demi- 
bus ProbatiODum Yersantur, et qui ex Domibua Societalia Profe»ae, Tel 
Doiiiibna Probaliooum ad f todia mittunlur. 

(e) Qui uegolia Gollegiorum extra ea geruot« in prlmîa iale'llgunlur 
Procuratores, qui in Summi Ponliflcia, Tel aliorum Priocipum Caria 
negotia Socittatls gerunt. Yerum quid ad hos, Tel alioa aumptos necet- 
aarios contribui debeat, Praeposltus Generalis, serTala proportione de- 
bit^, per se, Te! alium id staïuet. 

(f) Cum dicitur, non posae Societaleni Professam, Tel ejus Pivpofti- 
tum Generalem juTari rcditibos Gullegiomm, iutelllgendum est.juxta 
LiUeras Âpoatolicaa, quod non posaint io proprios ipsorum nsus, rêditus 
converli. Possunt nihilominua expendi io usnm illorum qui Collegtia 
utiles fuerint : cujnsmodi suot Administratores, Goncionatores, Lcclo- 
ret, Confeasarii, Visitatores, < t alit Proreisi, Tel similes personas, qus 
spiritnali Tel temporal! Gollegiorum bujosmodi utilitati Tacant. Sine lali 
etiam causa posset expendi aliquid quod exiguum sit, cum quoTîa bo- 
mioe de Societate, mensa per diem aliqnem eum eicipiendo, Tt 1 modi- 
cnm quid Tîatici, cum per Gollegia in banc t(1 illam partem traniflt Vfl 
quid aiiuile donando. Quo 1 enim tam est exigunm, ut nihilom dudlnr» 
et icmpoli eximuntor, bine quidem inbumaniier se babendi, inde veiD 
contra Sedis ApoatoUcae intenliooem agendi. 



QUATRlËBCe PARTIS. 459 

<px\ aienf. les talents convenables à cette fonction, qui pren- 
nent soin de conserver et d'administrer les biens temporels 
de ces Collèges, et pourvoient aux besoins tant des bâtiments 
que des Écoliers qui y demeurent, de ceux qui se préparent 
à s'y faire admettre (d), et de ceux qui en font les affaires au 
dehors (e).\\ faut que les Recteurs soient au courant de toute 
Tadministration, pour en pouvoir rendre compte à l'époque 
marquée et à la personne désignée par le Général. Quant au 
Général, comme il ne peut convertir les biens temporels des 
Collèges à Tusage d'aucun de ses parents, ni même à l'usage 
de la Société Professe, il pourra exercer d'une manière d'au- 
tant plus désintéressée cette surveillance générale pour la 
plus grande gloire et le service de Dieu. 
6. Dans les Collèges qui peuvent, avec leurs propres rêve- 

Tenos, destinr's à l'entretien de ses Écoliers, par le Général on par le 
Proyincial, ou par un autre à qui !e Géuéral aura confié le soin de 
défendre et conserver If s pos eFsions et les revenns des Collèges, même 
en justice, quand cela sera convenable ou Déce5s:ti^e. Ce s'^ra aussi au 
Général ou à ceui à qui il en aura donné le pouvoir, à recevoir tont ce 
qui sérail donné de nouveau aux Collèges pour les sauteuir ou les ac- 
croître dans les cbos.s temporelles. 

(d) Ceux qu'on prépare à être envoyés dans les Collèges font ceux 
qui demeurent dans les Maisons de Noviciat, et qui des Maisons de la 
Société Pro''esse et des Maisons de Noviciat sont envoyés aux études. 

(e) Par ceux qui font au dehors les affaires des Collèges, on entend 
surtout les Procureurs qui gèrent It's affaires de la Société à la cour du 
Souverain Pontife ou des autres princes. Au reste, le Général Axera par 
lui-même ou par d*autres ce qu'il faudra, proportion gardée, dépenser 
pour une chose ou pour une autre. 

(f) Qaand on dit que ni la Société Professe, ni son G.'^néral ne peu- 
vent proGtfr des revenus des Collèges, cela signifie, d'après les Lettres 
Apostoliques, qu'ils ne peuvent les détourner à leur usage particulier. 
Ces revenus peuvent néanmoins être appliqués à l'usagede cenx qui sont 
utiles aux Collèges, comme les Administrateurs, les Prédicateurs, les 
Professeurs, les G nftsseurs, les Visiteurs et autres Profès ou personnes 
semblables, s'occupant des intérêts temporels ou spirituels de ces Col- 
lèges. Même hors de ce cas, on pourrait faire une drpense très-modi- 
que pour un membre de h Société, comme de le recevoir à table un 
jour ou l'autre, de lui donner quelque chose pour sa route, quand il passe 
par les Collèges, allant d'un côté ou d'un autre. En effet, ce qui est si 
modique est regardé comme rien ; et par là, on ôte les ccrupules qu'on 
pourrait avoT, d'un côté de se conduire avec inhumaaité, et de l'autre 
d'agir contre l'intention du Siège Apostolique, 



-160 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

ceptoreis) ex propriis reditibus alere possunt, ob majorem 
populi aedificationem nec petantur eleemosynae, nec illœ, 
aut dona iilla oblata admittantiir {g). Si reditus minores fue- 
rint, quam huic numéro alendo sufficiant, admitti quidem, 
non aiitem petj aliquae eleemosynae possent, nisi tanta pau- 
pertate Collegium premeretur, ut etiam petere, saltem a 
quibusdam, esset necessarium. Tuncenim (majus Divinura 
obsequium , et universale bonum prœ oculis semper habcndo) 
peti eleemosynœ , imo et ostiatim ad tempus, quandocumque 
nécessitas id exigeret, emendicari poterunt. 



CAPUT III. 

De Scholasdcis qui in Collegiis consttluenlur, 

1 . Qnod ad Scbolasticos attinet , ad quorum institutionem 
Gollegia assumuntur, in primis quales esse debeant, ut ad ea 
vel mittantur vel admittantur, considerarc in Domino opor- 
tebit. 

2. Primum omnium , cum aliquo ex quinque illis împedî- 
mentis in Prima Parte dictis nullus in Collegio aliquo Socie- 
tatis (a), inter Scbolasticos collocari potcrit. Et prseter Goad- 
jutores ad ministeria vel auxilium Collegii necessarios, 
reliqui hujusmodi esse debent, utsecundum rationem sperari 
possit, idoneos ad vineam Cbristi Domini Nostri exomplo et 
doctrina excolendam esse evasuros. Ili autem, quo magis 
ingeniosi , bonisque moribus ornati , et sani corpore ad fe- 
rendes studiorum labores fuerint, eo magis idonei, et citias 
ad Gollegia mitti , vel in eisdem admitti possunt. 



(g) Quainvis hoc ita se habeat, si tatneo Benefactorei estent, qoi pot- 
sessioaem al'qnam Tel rcdiUim dare ?ellenf, aiiniUi illa posseot; ot 
taato major numerus Sc'i(;laslicorum, ac Preceptoraro ad Difioom 
possent oh&equiuni snsten'aii. 

(a) Quando aliqiiis factus esset idoncus a Cbri>ti Vicarîo. nt in aliiua 
Domo Societatis ronnere possit, eliam idoneus e»se iulelligelar, ni ia 
O'Ilegiif babitet. 



QDATBIÈHE PARTIE. 461 

nus, entretenir douze Écoliers» outre les Professeurs, pour 
édifier davantage le peuple, on ne demandera point d'aumô- 
nes, et on n'en acceptera pas, ni aucun don {g). Si les reve- 
nus sont trop faibles pour suffire à l'entretien de ce nombre 
de personnes , quelques aumônes pourront être acceptées, 
mais non sollicitées, à moins cependant q e la pauvreté du 
Collège ne contraignît d'en demander, du moins à quelques 
personnes. Car alors ayant toujours devant les yeux l'avantage 
de Dieu et le bien universel, on pourra demander des aumô- 
nes, et même mendier aux portes quand la nécessité y obligera. 



CHAPITRE III. 

Des Écoliers qu'on placera dans les Collèges. 

i . Quant aux Écoliers pour Tinstruction desquels on a éta- 
bli des Collèges, il faudra considérer avant tout dans le Sei- 
gneur quelles qualités doivent avoir ceux qui y seront en- 
voyés ou admis. 

2. Avant tout, personne ne pourra être admis dans aucun 
Collège de la Société au nombre des Écoliers avec un des 
cinq empêchements mentionnés dans la Première Partie (a). 
£t sauf les Coadjuteurs nécessaires aux travaux et au service 
du Collège, tous les autres doivent être tels qu'on puisse 
raisonnablement espérer qu'ils deviendront propres à culti- 
ver la vigne du Christ Noire- Seigneur par leur exemple et 
par leur doctrine. Or, plus ils auront de dispositions, plus ils 
seront recommandables par les mœurs et sains de corps pour 
supporter les travaux de l'étude, plus aussi ils seront propres 
à leur destination, et plus tôt on devra les envoyer dans les 
Collèges ou les y admettre. 

(g) Cependant sMl y avait des Bienfaiteurs qui voulasseot donner des 
P'-opriét<^s ou des revenus, on pourrait les accepter, afin de pouvoir 
par là entretenir un plus giand nombre d'Écoliers et de Professeurs 
pour le serucede Dieu. 

(a) Quand le Vicaire du Christ aura reodn quelqu'un apte à de- 
meurer dans une Maison de ta Soci(^té, on entendra qu'il est également 
apte à habiter daas les Collèges. 

^4. 



^162 CONSTItUTtÔNâ DES JIÊSVITES. 

5. Âd hœc, illi solum in Scholasticos approbatos admittuntar» 
qui in Domibus vel GoUegiis ipsis probati fuerint; et biennio 
in variis experimentis, et Probationibus exacto, acYotiscum 
promissione de Societatis ingressu jam etnissis, ad vitam in 
ipsa perpetuo ducendam , ad gloriam Dbi admittuntur. 



4. Prseter bos, studia quibuadam conceduntur, qui ante 
biennium et Probationes bujusmodi , ad Gollegia ex Domibus 
destinantur (quod sic in Domino expedire videatur) aut in 
eisdem admittuntur, non tamen approbati Scholastici censen- 
tur, donec biennio exacte , et Yotis ac promissione illa émis- 
sis, in Approbatorum numerum referantur (6). 



(b) Si in Coltegiis Societatis, Scholasticonim non suppeteret juttiu 
numerusi qai per promissionem yel propositom Dbo in ea teryiendt te 
dedlcaverint, non re^ugnabit Instituto nostro, ex licentia Preposili Ge- 
neralisi et ad tempus, quod ei videbitur, alios pauperes Scholasticoi» 
qui taie proposituin non habeant, adniittcre : dum tamen in eis impedi- 
menta illa, qiiœ in Prima Parte dicuniur, non iuTeniaotnr, et bajat- 
modi iodolcm prse se ferant, ut tperari possit, quod boni operaril Tinee 
Cfarjsti Domini Nostri slot fuluri, propter ingenium, ?el aliqaam ioatl- 
tutiosiem in litteris, bonos mores, convenientein œtatem, et alla Du doua, 
quas in eis cernerentur ad Dtvinam obseqnium ; quod solum in lit, qol 
de Soeietate et extra illam sunt, expetitur. Hujusmodi auiem Scbola* 
stici in Coofessionilms frequentandis, in sludiis, ac in forma vireodi 
Scholaitids Societatis conformes esse debent : quamvia et ratio Tcstitut 
di versa, et babiialio in c?odem GoUegIo separata ait, ita ut qui Ina'.itu- 
tum Soci> latis aequuntur, seorsum, et non commixti aliis externia ma- 
néant : cumeis tamen ^ersentur, quatcousai maji)remœdiflcatione:n,ae 
majus Dei ac Daniini Nostri obie^uium Superior expedire judicaTerlt. 

Quam?is autem Nostrorum copia suppeleret, tamen non repngoabil 
Nostio Instituto, si aliquis, qni proposituro Societaiem ingredteodt ooa 
habeat, in Gollegia admittatur, si pacta cum Fundatoribus iuita id exi- 
gent: si quidero al fliicm, quem libi prsfigit Socieias, cum bujusmoJi 
eooditionibus Collegium adiuiitere ulilu censcbitur : Tel ob cau&as a ias 
raras. et non levis momeiiti« Vrrum seorsura babitare b', ncc conversa:! 
sine facultate Superioris» nisi cam certis quibosdam personis Sodelatit 
ad id deiignatis, deberent. 



OtTATftlÈMlS PARTIS. 'lÔS 

S. De plus, ceux-là seulement seront admis en qualité d'É- 
eoliers approuvés, qui auront été éprouvés dans les Maisons 
ou les Collèges eui-mémes ; et après deux ans passés dans 
les différentes épreuves et dans les Noviciats, après qu'ils 
auront prononcé leurs vœux avec promesse d'entrer dans la 
Société pour y passer leur vie entière, on les recevra dans son 
sein pour la gloire de Dieu. 

4. On admettra encore aux études ceux qui, avant la fin des 
deux ans et des Épreuves, sont envoyés des Maisons dans les 
Collèges, parce qu'on voit à cela un avantage dans le Sei* 
gneur, et sont admis dans ces Collèges sans être pour cela re- 
gardés comme Écoliers approuvés, jusqu'à ce que, les deux 
années expirées et les Vœux prononcés avec la promesse d'en- 
trer dans la Société, ils soient admis au nombre des Approo- 
Tes (6). 



(6) Si dflos les Gollëgf â de la Société*, il n'y avait pas na nombre èvlU 
fisâot d'Ecolirrs qui eussent promis on se proposassent de s'y consa- 
crer an serTice de Dieu, il ne serait pas contraire à notre Institat 
d'admettre avrc la permission du Géofira!, et pour le temps qu'il juge- 
rait convenable, d'autres Écoliers saos furtune qui n'auraient pas cette 
intention ; pourvu loiiterois qu'on ne trouvât poiut en eux les empêche- 
ments mentionnes dan * la Première Partie, et qu'ils montrassent des dis- 
positions de nature à faire espérer qu'ils seroLt de bons ouvriers dans 
la vigne dn Christ, pnr leur esprit, leuri connaissances dans les lettres, 
leur bonne conduite, la convecaiice de leur âge et d'autres d.ms de 
Dieu qu'on rr marquerait en eui pour le service Divin. Car c*est là 
tout ce qu'on dcmai d<; à c( ux de la Société comme à ceux qui n'en font 
pas partie. Ces Écoliers do Vf nt se con ^uire comme les Écoliers de la So- 
ciété potir la fréqu ntatioti de la Confe»s'o9;l( s études et la façon de vivre, 
bien q l'ils portent un antre vôti ment et qu'ils aient d fns le même Col' 
léf^e I ne habitation départ' e, en sorte que ceux qui saiven: l'Institut de la 
Société demeurent à part (t sjns se mébr avec les étrangers. Pourtant 
ils communiqueront avec eux autant que le Supérieur le jugera avanta- 
getii pour leur plus grande édincalfon, et le plus grand service de Dieu 
et de N.-S. Le nombre des Nôtres fùl-il suffisant, il ne serait cepen- 
dant pas contraire à nntre Institut qu'une personne, sms avoir Tin- 
ten ian d'cn'r r duns la Société, fût .dmisedaus les Collèges, au cas 
oô ces Conventions faites avec les Fonlateurs I'exi<;eraient (si toute- 
fois on juge utile au but de la Société d'accepter un Collège à de telles 
conditions), ou bien fonr d'autres motifs, rares, il est vrai, et dé 
grande importance. Mais ceux qu'on aura reçus ainsi hat iteront sé- 
parément, et ne pourront communiquer avec les autres sans la permis- 



'164 CONSTlTDTIÔNS DES JÉSUITES. 



CAPUÏ IV. 

De Scholasticîs admissis conservandis, 

« 

4. Âd conservationem eorum , qui in Gollegiissunt, îq iis, 
quœ ad corpus, et res extcrnas attinent, quod in tertia Parte 
dictum est sufQciet. Id tamen peculiari cura animadverten- 
dum erit, ut temporibus valetudioi corporis incommodis 
Scholastici non sludeant; ut somno, quantum temporis satis 
Bit, tribuant; et in laboribus mentis modum serrent. Sic 
enim fiet, ut diutius in illis perseverare , tam in litteris addis- 
ccndis, quam in eisdem exercendis ad Dei gloriam possiot. 

2. Quod attinet ad spiritualia, eadem erit ratio eonim» 
qui in Gollegiis, et qui in Domibus admittuntur, quamdiu in 
Probationibus versantur. Post Probationem , cum studiis va- 
cant, ut est cavendum ne fervore studiorum intepescat soH- 
darum virtutum, ac Religiosae vitœ amor, ita mortificatiooi- 
bus, orationibus, ac meditationibus prolixis eo tempore non 
adeo multum loci tribuetur (a). Qiiandoquidem litteris dare 
operam , quae sincera cum intentioneDivini servitii addiscua-» 



Paupertas autem Scbolasticoram, qui de Socictate noo raot, per 
po»iluni Geoeralem, vel eam, cui snam llle polestatem coinmaoiea? e- 
lit, expendelor. -Et aliquando honpstas ob raiivas, qtiamvii illi dÎTitum 
aut nobilium hominuro filii sint, modo suis ii?aot samplibut, nihU este 
videtiir, car a !mi;U ooa possint. 

JBtascooyeniens fore a decimo quarto ad Tigesimam lertium anoana 
videlor, si in llUeris progressain aliqiiem non fecissmf . Et in onifer- 
sum loqdeodo, que plurihus donis ex ilf, qu» in Soctetate expelun- 
tur, prsditi essent, ro maei.s ernnt idooei. at adoitUantor. Nibilomiooa 
animadTertalur. ut cum hujiuroodi restrictiores qiiam laxiores aimas: 
habe;<tarqne ditig<*nter delectus rorum qui aunl aimittendi, eiamine 
aliqoo paniculari cum C'sdem» anteqnaro recipiantur, utendo. Aliqni, 
licpt r.iriorff , possent inlor Nostros, particulares ob caaias, et Sape* 
riorisjiidicioefficacesi, admitti. 

(a) Si io allquo particulari Hector oooTe lire judfciret, plat este la 



QUATRIÈME PARTIB -165 



CHAPITRE IV. 

De la conservation des Ecoliers admis, 

4. Quant à la conservation de ceux qui sont dans les Col- 
lèges, par rapport au corps et aux choses temporelles, ce qui 
a été dit dans la troisième Partie suffira. On devra cependant 
veiller avec un soin particulier à ce que les Écoliers n'étudient 
point au temps où leur santé pourrait en souffrir, donnent au 
sommeil le temps nécessaire et gardent une mesure dans les 
travaux de l'esprit. De cette façon, ils y pourront persévérer 
plus longtemps, tant iy)ur apprendre les lettres que pour les 
employer à la gloire de Dieu. 

2. Quant aux choses spirituelles, on suivra le même sys- 
tème à l'égard de ceux qui sont admis dans les Collèges ou 
dans les Maisons tant que durera leur Noviciat. Quand, le No- 
viciat fini, ils se livrent aux études^ s'il faut prendre garde que 
l'ardeur de l'étude n'attiédisse en eux l'amour des vertus 
solides et de la vie religieuse, il ne faut pas non plus renouve- 
ler trop souvent les mortifications, les prières et les longues 
méditations (a). En effet, il n'est pas moins agréable à Dieu 

sion du Suppricnr, sinon avec certaines personnes de la Société dési- 
gnées pour cela. 

La pauvreté des Ecoliers qui sont étrangers à la Société sera ap- 
préciée par le Général, ou par celui à qui il aura communiqué son 
pouvoir; et quelquefois, quand il y aura de boos moUfSf on ne voit pas 
de raison qui empêche d'admettre des fils de pei sonnes riches on no- 
bles, pourvu qu'ils y vivent à feurs dépens. 

L'âge eonvenable parait devoir être de quatorze à vingt-trofs ans, 
s'ils n'ont encore fait aucun progrès dans les lettres : et pour parler en 
ffënéral, pins ils srront doués des qualités requises dans la Société, plus 
ils seront propres à être admis. Cependant il faut remsrqucç qu'avec 
ces p4 rsonnes on doit être plutôt réservé qae facile , et faire un choix 
rigoureux de ceux qu'on doit admettre, en »e servant à leur égard de 
quelque examen particulier avant de les recevoir. Quelques-uns, quoi- 
que eo petit nombre, pourraient être reçus au milieu des Nôtres pour 
des motifs particuliers et que le Supérienr jugerait suffisants. 

(a) Si le Rectenr juge ait convenable d'accorder à quelqu'un en par- 



466 CONSTITCmONS DES lÉSÛITES. 

tiir, et qnodammodo tolum hominem requirunt, non mino8« 
quam in iilis versari tcmpore studiorum , imo magis Dbo ac 
Domino Nostro gratum erit. 



5. Itaque prêter Sacramenta Gonfessionîs ac Gommunionis 
(ad qu» octavo quoque die {b ) accedendum erit ) et pneter 
Àfissam, quam quotidie audient, horam unam impendent re- 
citando Beatissimaa Yirginis Officio , ac eiaminandis bis quo- 
tidie suis conscientiis , cum aliis orationibus, pro cujusque 
derotione , usque ad praedictam boram explendam , si expleta 
non fuerit. Quae omnia juxta ordinationem ac judicium Majo- 



bis reb'js concedendam, propter pecullarct allqnas ra'iones ; semper 
discretioni locns erit. « 

(b) Frequentiaf, qnam ocfayo qaoqne die» Goininiinicare« non ntti 
peculiares ob causas, et potins necessitatis, qaam deTotionis habita ra- 
tlooPf permittalur. Protrahere altra oc o dies non sine ratione etian 
apeciali lie bit, propter quam possit etiam aliqnando Misia intermitti; 
et in quibusdam aitgeri, et roinni prœscriptnm orationis tempos. Et haso 
omaia Superioris pradentiœ relinqupntur : quaravis unins boras. pliu 
minus, tempas nd Beatissira» Virginis preces recitandas assoroendam 
sit. lo Scholaslicis tamen, qal ad dicendum OMciura Ditiaum noo 
tcneotur, facilius suis temporlbns hsc ratio comftutaH poterit, ut loco 
prectim Beat» Virginis, meditatiooes et alia spirilualia eierciiia soece* 
dant (dum tamen bora io iliis coropleatnr); idqne pra^cipoe cnm qoi- 
«busdam, qui, cnm nno modo in apiritn non proficiant, atio cam' gratla 
Dbi magis juTabnntur, fiet; cnm faculsate tamen fd ordioatione Majo» 
ruro, quorum semper erit videre, num ia qiiibusdam propter parlico- 
lares causas aliud magis con?eniet, ut id flat. Habenda avtem orU ratio 
vero deîotionis ipiornm, tel Fundatoris, et oircumstantiarom que ad 
persooas, tempora, et loca pertinent. lia vero, qui loeiperli auot adbae 
rerum apiritualinm, et in iliis juvari desiderant, aliqua ad roedltationem 
et orationem capita proponi poasent, proot eis ma gis oouTeniret. Dum 
Miasa dicitur, quamdiu Sacerdoa kabmitae luquitur, ut populua noo au* 
diat, quas is dicit, num Scholaslid posslot, neooe, recitare partem pro- 
com auarnu, a i qiiaa horam babent designatam, Majorum Yd Sop»» 
riomm arbitrio id relinqultnr : qui hominnm, locorum, ingeolomoi» 
et tempomm habita ratione, quoi ad majorem Dii gloriam TldebUor» 
proTidebont* 



QUATElàME PABTIE. 467 

et à Notre-Sçigneur, il lui sera même plus agréable de les Yoir 
s'appliquer aux lettres qu'on apprend dans l'intention sincère 
de le servir, et qui réclament en quelque sorte l'homme tout 
entier, que consacrer à de telles pratiques le temps des 
études. 

3. C'est pourquoi, outrelesSacrements de Pénitence et d'Eu- 
charistie, dont ils devront s'approcher chaque semaine (6), et 
outre la Messe qu'ils entendront tous les jours, ils emploie- 
ront une heure à réciter l'ofGce de la bienheureuse Vierge, et à 
examiner leur conscience deux fois le jour ; si l'heure n'est 
pas remplie, ils diront pour l'achever d'autres prières, chacun 
i^loa sa dévotion, ils feront tout celad'après l'ordre et le sen- 



ficulier une permission plos ëtendue snr ces objets, poor des raisons 
spéciales, il devra toujours le faire avec discrétion. 

(b) Ou ne permettra pas de Communier plus souvent que tous les 
huit jours, à moins de raisons particulières, et en ayant égard plutôt k 
la nécessité qu'à la dëTOtion. On ne pourra non plus rester plus de huit 
jours sans Communier» à uioius déraisons spéciales, qui pourraient faire 
aussi supprimer l'as&istance à la Messe, et diminuer ou augmenter 
pour quelques-uns le temps flxé pour la prière. Tout cela est laissé à la 
sagesse du Supérieur, quoiqu'il faille toujours employer une heure, 
plos ou moins, à réiiter les prères de la Bienheureuse Vierge. Quaut 
aui Écoliers qui ne sont point tenus à réciter rOffice D;?in, on pourra 
plus facilement modifier cette règle sous le rapport du temps, de faç >n 
que les prières de la B-enheun use Vierge soient remplacé! s par des 
méditaiioos et d'autres exercices spirituels (pourvu qu'ils durent nue 
heure). On le fera surtout pour ceux qui, u'ayançant pas d'une manière 
dans la piété, y feront des progrès avec la grâce do Dieu, en suivant 
une autre méthode ; ils devront cependant avoir la permission ou l'or- 
dre des Supérieurs, à qui il appartiendra toujours de voir et de décider 
si d'autres choses ne seraient pas plus avantageuses à quelques-uns, 
pour certaines raisons particulières. Il faudra avoir égard en cela à 
leur sincère dévotion, à celle du Fondateur, et aux circonstances de 
personnes, de temps et de lieux. Quant à ceux qui n'ont pas l'expérience 
des choses spirituelles, et qui désirent y être aidés, on pourra leur pro* 
poser quelques chapitres pour la m?dilation et la prière. Ou laisse à la 
Tolonté des Supérieurs de permettre ou non aux Écoliers de réciter une 
partie de leurs prières, pour lesquelles le temps d'une heure e&t exigé, 
pendant qu'on dit la Messe, au moment cù le Prêtre parle assez bas, 
pour que le peuple n'entende pas ses parolrs, et en cela ils auront en 
Yuela plus grande gloire de Dieu, en ayant ég;-rd aux personnes, aux 
lieux, aDxraractères et aux circonslancr s. 



^68 CONSTITDTIONS DES JÉSUITES. 

rum suorum , quibus Obedientiam Christi loco praestare de- 
bent , facient. 

4. Âliqui (cujusmodi esse possent Goadjutores illi, qui 
légère non didicerunt), prseter Missam , boram etiam unam 
recitando Rosario, vel Coronae Beatae Mariae Virginis {c), cum 
duplici examine quotidiano , vel aliis orationibus pro cujus- 
que devotione, ut de Scbolasticis dictum est, impendent. 

5. Âddcvotionis augmentum, et ad excitandam, qua Deo 
obstricti sunt, obligationis memoriam, et ad majorem studen- 
tium in sua vocatione confirmationem, bis annis singulis, in 
(estis videlicet Resurrectionis, ac Nativitatis (ef), simpUcia 
Vota, quae juxta formulam in QuintaParte, Gapite quinto di- 
cendam emiserunt, congruum erit renovare Et qui ea non 
emisissent, exacte biennio Probationis, ut in Examine propo- 
nitur, emittent. 

6. Cum ad publicas Scholas eundum erit ( nam alia loca 
sine facultate;Superiorum non pètent), eant et redeant invi- 



(c) Qurd a ] CoroDam, vel Rosarium aUioet, doccantar qooroodo 
cogitare ^el meditari mysieria quae ia eo contiDentur, possint; quo 
mijori cam allentione etdtTotioDe se in eo exrrccre raleant. Et qnando 
qui légère didiccruut, fructum uberioroin in eo.qaam in prectbosUora- 
ri 8 recitandis iovenirent; jam diiinius, quod in id, quod magU oonfieref, 
ills potemnt commutari. 

{d) Si Tideretar Rectori cum Superioris facultate, commodiut fore 
aliis in festis solemnibus banc reuoTationem aliqnando particul^ri fcl:« 
qua ralione fleri, posset etiam fieri. Cum etiam de fêtais Resnrr<cikmis« 
et Nativitatis loquimur, &imul intra ejusoclavas, vil tolidem diea ante 
fcsla intelligatur, 

(f) Quod autem promittit Sch )laf'icu8 in Socie!ale, est, in ejits cor- 
pus iogrcdi, ut stalim obiervet Castitntem, Paupertatem, et Otiedieo* 
liam actu, juxta Societatis consuetadinem ; sîTcaJmissoa lit, at post 
Dbso'uta studia sit Professus, live Gcadjulor formitus : et sic conse> 
quenter potest iilum statiui Superior adnitttere in Scholas icum, ac si- 
mul in Probationeiu, ad boc tantuni, ut ad Proressurum gradonn, ?cl 
Coadjutorum suo (cmpore admiltatur. lise consuetudo facil, ut quam- 
\is Paiipertalis Yotum sit emifisum, t)ona tamen temporalia habiri pos- 
tint ad ccrium usque Icmpus, qi:od Superiori intra Probatioaia ipalinin 
Tidebitur, 



QUATAIÈME PARTIE. 469 

liment de leurs Supérieurs, à qui ils doivent TObéissance 
comme à Jésus-Christ. 

4. Quelques-uns, par eiemple, ceifx des Coadjuteurs qui 
n'ont pas appris à lire, emploieront aussi une heure en sus de 
la Messe, à réciter le Rosaire ou le Chapelet de la bienheu- 
reuse Vierge Marie (c), à faire deux examens de conscience 
par jour, et à dire d'autres prières chacun selon sa dévotion, 
comme on Ta dit pour les Ecoliers. 

5. Pour accroître la dévotion des Ecoliers, pour réveiller 
en eux le souvenir des liens qui les attachent à Dieu, et les 
confirmer davantage dans leur vocation, il sera bon de leur 
faire renouveler deux fois par an, aux fêtes de Pâques et de 
Noël (d), les Vœux simples (e], qu'ils ont prononcés selon 
la formule dont il sera parlé dans la Cinquième Partie. 
Et ceux qui ne les auraient pas prononcés les prononceront 
après les deux années de Noviciat, comme il est exposé dans 
TExamen. 

6. Quand il faudra aller aux Écoles publiques, car ils n'iront 
point ailleurs sans la permission des Supérieurs, ils iront et 



(c) Q îaot à ce qui est du Chapelet et da Rosaire, on leur enseignera 
commeut ils pourront réfléchir et méditer sur les mystères qui y sont 
contenus, afin qu'ils puis&ent s'y exercer avec plus d'attention et de dé- 
votion. Et, quand ceux mémf s qui savent lire trouveraiejt plus de profit 
dffns cet cxercire que dans la récitation des Heures, nous avons déjà 
dit que celles-ci pourraient élre changées en ce qui serait plus conve- 
nable. 

(d) S'il semblait plus aynutageui à un Recteur, avec la permission du 
Supérieur, de faire faire ce renouTcllement à d'autres fétts sulennelles, 
pour une laison particulière, cda pourrait avoir lieu. De même quand 
nous parlons des fêtes de Pâques et deNoél. nouscompnnons en même 
temps les huit jours qui précèdent et ceux qui suivent ces fêtes. 

(e) Ce qu'un Écolif r promel à la Société, c'est d'y entrer pour ob- 
server sur-le-cbamp la Chasteté, la Piiuvreté ( t l'Obéissance dans les 
actions, se* on l'usage de la Société, soit qu'on l'admelte aprèi ses études 
en qualité de Profès ou de Coadjuteur formé. Et, en conséquence, 'e Supé- 
rieur peut le recevoir immédiatement comme Écolier et eonéaie temps 
comme Novice, seulement avec Tintention de l'admettre en temps con- 
venable au grade de Profès ou de Coadju:eur. Cet usa^e fait que, bien 
que le vœu de Pauvreté soit prononcé, on peut néanmoins garJer t-ea 
biens temporels jusqu'à un certain temps, que le Supérieur détignera 
avant la fin du Noviciat, 

^5 



no CONSTITUTIONS DSS JÉSUITES. 

cem aasociati (/*), cum ea modestia interiori ac exterion,quc 
ad sui et aliorum aedificationem ccoveniat : et eorum coUo- 
quia cum Scholasticisexternissint solumde rébus adlitteras, 
yel profectum spiritus pertinentibus ; prout ad majorem Dju 
gloriam omnibus utilius fore judicabilur. 



CAPUT V. 

De doctrina, eut Scholasdci Soeietalis studere debeni. 



i . Cum doctrinœ, qus iu bac Societate addiscitur, hic sco- 
pus fit, suis et proximorumanimis, Dei favore aspirante, pro- 
desse,haec erit in universum, et in particularibus personis men- 
sura, exqua, quibus facultatibus addiscendis Nostri incumbere, 
et quousque in eis progredi debeant, statuatur. Et quia gène- 
ratim loquendo^IitteraB humaniores (a) diversarum linguanim, 
Logica, itidem naturalis ac moralis Pbilosopbia, Hetapbysica, 
et Tbeologia tam quœ Scholastica, quam qusB Positiva dici- 
tur(6), et Sacra Scriptura ad idjuvant; harum facultatum 
studiis operam dabunt, qui ad GoUegia miltuntur (c) : et qui-* 
dem majori cum diligentia illis vacabunt, quœ ad finem prae- 
dictum, babita ratione temporis, loci, et personarum, etc., 



{f) Rectoris erit de.sigDare cuiqae socium ; qui hajasmodi esse debe- 
'bit, at uterqne alterius opéra magis proncere possit. 

(a) Sab litteris huaaauioribus, Rbeîorica eliaiDi prstcr Grammati* 
cam« intelligcnda est. 

(h) Si in Gollegiis tempas non sappeteret ad Gonciliaj Décréta, Doc- 
tores Saoctos, et res alias morales legeadas, poslqaam ex eis egreisi 
ftierîDt, unusquisque privato btudio, cam approbatiooe suorum Siipe- 
rioruiD, id posset efOcere ; prasserlim si la doctrioa schola&tica sol'da 
jecerit fundamenta. 

(c) Juita modum œtatis, iogeaii, propensionis animl, et ioslUoUooU 
iolUieris un'uscujusque. Tel commuais booi.qtiodsperaretar, poss«tia 
bis omnibus faculiatibus, yel aliqua, aut pluribos earum quls eiercerl : 
qui rnim la oamibus noo po^iet, curare debcret, ul in aliqua etmin 
eicelleret. 



QrÂTBtÈUB PARTIE. 474 

reviendrotit deux à deux (/*) avec la modestie intérieure et 
extérieure qu'il faut pour s'édifier soi et les autres ; et leurs 
conversations avec les Ecoliers étrangers à la Société ne rou- 
leront que sur ce qui concerne les lettres ou les progrés dans 
la piété, selon qu'on le jugera plus utile à tous pour la plus 
grande gloire de Dibu. 



CHAPITRE V. 



Dts sciences aua^qudles doivent s'appliquer les Ecoliers de la 

Société. 



4 . Gomme le but des connaissances qu'on acquiert dans la 
Société est d'être, avec l'assistance de la grâce Divine, utile à 
notre âme et à celle du prochain, ce sera là aussi en général 
la règle d'après laquelle on déterminera à quelles études nos 
Ecoliers doivent s'attacher, et jusqu'à quel point ils s'y appli- 
queront. Et puisque en général les études d'humanités (a) 
pour les diverses langues, la Logique, la Philosophie naturelle 
et morale, la Métaphysique, la Théologie, tant la Théologie 
Scholastique que celle qu'on appelle Positive (6) ; enfin l'Ecri- 
ture Sainte servent à atteindre ce but; ceux qu'on envoie aux 
Collèges s'adonneront à cesétudes (c), et ils apporteront un plus 
grand soin à celles que le Directeur en chef des études jugera 

(f) Ce sera au Rectear à assigner à chacnn son compagnon, il devra 
être tel que tous deux soient utiles l'un à l'autre, 

(a) Par humanités, il Taut entendre, outre la (Grammaire, la Rhé- 
torique. 

(b) Si au Collège on n'avait pas le temps de lire les Conciles, les 
Dé crets, les Saints Docteurs elles autres règles de conduite, chacun, 
après en être sorti, pourrait le faire en particulier, avec l'approbation 
de ses Supérieurs, surtout s'il a pénétré bien avant dans la science. 

(c) Suivant l'âge, l'esprit, le^ goûts et l'instruction de chacun , et 
suivant l'utilité commune qu'on en espérerait, on pourrait s'exercer dans 
toutes les sciences on dans une seule, ou dans qat Iquesunes. Celui qui 
ne pourrait les erabrssser toutes devrait chercher à exceller en une. 



n2 GONSTITDTIONS DES JÉSUITES. 

siipremos Moderator stiidiorum magis in Domino convenîre 
judicabit. 

2. Ad particulares personas descendcndo, quid hi, vel illi 
addiscere debeant, Superiorum pnidentiae relioquetur (d) ; 
qui tamen indole ingenii prœditus esset, quo in dictis facuU 
tatibus solidius fundamentum jaceret, eo rem utiliorem fa- 
ceret. 

3. De tempore alicui ei bis scientiis impendendo, et quan- 
do ad uUeriores sit progrediendum, Rector, adhibita exami- 
natione convenienti, considerabit et statuet. 

4. Sequantur in quavis facultate securiorem et roagis ap- 
probatam doctrinam et eos auctores, qui eam docent {e) : eu- 
jus rei pênes Rectorem (qui quod statuetur in universa So« 
cietate ad majorem Dei gloriam, secuturus est) cura sit. 



{d) Âtiqai ad CoMegia mitti possenf, Don qaod sperctar doclos eos 
esse evasuros, justa eum moium, de quo dictumest; fed po'.ius, ut 
alios subie? ent, cojusmodi esset alîquis SactTdos ad audiendas Gonfes- 
sioiies, etc. Et hi ne elii, la quibus propter aetatem prof ectiorem, vel 
alias causas sperari Don pote 4, qnoJ ia oronihas his focuMatibns ma- 
gnum facturi sint progressum; conveniet, ut juxla Superior s p^œ- 
scriptutn io iis sludiis, quihas ?acare poterant, occapentiir ; et in lio- 
guaiom ppritia et iu iis quae ad doctrinam Confessionihus utilem pertt* 
ncDt; et demum ia ils, qnœ ad commjne animarum booum conimo- 
di(>ra sunt futura, proflcere curent. 

(e) In libris elhnicis litterarnin huminiorum nihtl, quod honestati 
repngnef, prœlrgatur. Reiiquis utspoliis ^gypti So.ciutas uti poteri*. 
Ctarisiiaoorum opéra, qnam?is boua esseut, si tamen matos fuerii auc- 
tor, legenda non snnt ; ne ad anctorem nliq<!i afficiantur. Et conve- 
nit, ad particularla desceiidendo, qui libri sint pnelegcndi t-mi in bu- 
inanioribuSf quam in allia disciptinis, qni vero prœlegî non pos&iut, coa* 
stituere. 



QUATRlÈAfK PARTIE. -175 

dans le Seigneur les plus utiles à la Gn qu'on se propose, en 
ayant égard au temps, au lieu et aux personnes, etc. 

2. Pour descendre aux individus, on laisse à la sagesse des 
Supérieurs à décider ce que cbacun doit apprendre (<i). Ce- 
pendant un sujet distingué par ses talents se rendra d'autant 
plus utile qu'il se pénétrera plus profondément de ces 
sciences. 

3. Quant à la durée du temps qu'il faudra consacrer à cha- 
cune, et au moment où il faudra passer de Tune à l'autre, le 
Recteur en décidera après un examen convenable. 

4. On doit embrasser dans chaque faculté la doctrine la 
plus sûre et la plus suivie, ainsi que les auteurs qui rensei- 
gnent (e). C'est au Recteur à y veiller ; il se conformera à ce 
qu'on aura réglé dans toute la Société pour la plus grande 
gloire de Dieu. 

(d) Oa pourrait en envoyer qneîqnes-uns dans les Coliëges, non dans 
Tespoir quMs deviendraient saTants de la mmière qae nous avons dit, 
mais plutôt pour soulager les autres, comme, par exemple, un Prêtre pour 
Conresser, etc. Et quant à ceux-ci et aux autres, dont l'âge trop avancé 
ou d'autres raisons ne peuvent faire espérer qu'ils fassent de grands 
prog'ès dans ces science.*, il convient que d'après les prescriptions du 
Supérieur ils se livrent aux études dont ils peuvent s'occu er, à la cou- 
naissance des langues et aux chos^'s qui conre"netit la fci'uce de. la 
Confession; enHn qu'ils s'efrorcent de faire des progrès dans ce qui 
devra être le plus avantageux pour le bien commun des âmes. 

(e) Dans les livres d'bumimités des ptiîens, on ne lira rien de contraire 
à l'honnêteté. La Société pourra se servir du reste comme des dé- 
pouilles d'Egypte. Quant aux ouvrages des Chrétiens, même ceux qui 
seraient bons ne devront pas être 1ns si l'auteur a été un homme dé- 
pravé, de ppur que quelques-uns ne se préviennent en sa favenr. Et il 
est bon, en descendant dans le détail, d'étibllr quels sont les livres 
qu'on devra ou non expliquer, tant dans les humanités que dans k s au- 
tres facultés. 



^3. 



•174 CONSTITOTIONS SES J^SCITES. 



CAPUT VI. 

Quo modo juventur Scholaslici ad has faculUUei btM 

addisc^ndoi. 

1. Ut aufem Scholastici plarimum in his racuUatibos pro- 
/iciant, in primis animae puritatem custodire, ac rectam Btu- 
diorum intentionem faabere conentur; nibil aliud in litteris, 
quam Divinam gloriam et animarum fructum quaerentes, et 
in suis orationibusgratiam, ut in doctrina proficiant ad hune 
finem, crebro pétant. 

â. Prœterea serio et constanter animum studiis applicare 
délibèrent ; sibique persuadeant, nibil gratius se Deo facturos 
in Collegiis, quam si cum ea intentione, de qua dictum est, 
studiis se diligenter impendant. Et licet nunquam ad exer- 
cenda ea, quœ didicerunt» perveniant ; illum tamen studendi 
laborem, ex Obedientia et cbaritate (ut par est) susceptum, 
opus esse magni meriti in conspectu Divinœ ac summ» Ma- 
jestalis, apud se statuant. 

5. Impedimenta etîam remoyeantur, quffi a studiis animann 
avocant, tam devotionumac mortiflcationum, quœvelnimiœ, 
vel sine ordine débite suscipiuntur (a), quam cufarum et 
exteriorum occupationum (6), quae Domi in ofûciis domesti- 
cis, et foris in coUoquiiSi ^Gonfessionibus, atquo aliiserga 
proximos functionibus, assumuntur (c) : quatenus ab eis decli- 
nari in Domino poterit. Est enim consultum, quo aliis postea 

(a) Hoc io geoere dîdom sit. Celerom si alicoi neceuarium cne, al 
devotioni et morlificationi incumberet, videretur; rdliiquetur Supe- 
rioris pradeotis, ut slaluat, qoaolam ia ils progredi oporleat. 

(6) Adjnvare eos, quibai bujosmodi oiflcia operota conunitaa lunt, 
aliqoa hora, Dihil probibet. Yeram ooos ipsorom offlcioraro somerc, 
potioi Goadjutoram est, qui ad ScboUkticos SLbleTaodos in Collegiis 
coostiloeotur. 

(c) Ea da eausa. In iis qui ad Saoroa Ordioea promoti ooa soDt, coo- 
gruaoD erit, si promotio difTiTalur, oc impedimentum Ips's pnntet, do- 



OttàtriI:he partie. 475 



. CHAPITRE VL 

Comment on aidera les Ecolierê à bien apprendre ees icieneeê. 



1. Pour que les Ecoliers fassent de grands progrès dans ces 
sciences, il faut qu'ils s'efforcent avant tout de conserver la 
pureté de Tâme, et d'avoir une intention droite dans leurs 
études, sans chercher dans les lettres autre chose que la gloire 
de Dieu et le bien des âmes ; et qu'ils implorent dans leurs 
prières les secours de la grâce afin d'avancer dans la science 
vers ce but. • 

2. En outre, ils prendront la résolution d'appliquer sérieu- 
sement et constamment leur esprit à l'élude, convaincus qu'ils 
ne peuvent rien faire de plus agréable à Dieu dans les Collèges, 
que de s'y consacrer avec l'intention dont on vient de parler. 
Et quand même ils ne devraient jamais mettre en œuvre ce 
qu'ils auront appris, ils doivent savoir que ce travail de l'é- 
lude> entrepris, comme il convient, par obéissance et par cha- 
rité, est une œuvre très-méritoire aux yeux de là suprême 
et Divine Majesté. 

5. 11 faut aussi écarter les obstacles qui détournent l'esprit 
de l'étude, qu'ils viennent des dévotions et des mortifications 
excessives ou non autorisées (a), ou bien des soins et des oc- 
cupations étrangères à Tétude (6) qu'imposent à la Maison les 
services domestiques, et au dehors les entretiens, les Confes- 
sions et les autres travaux utiles au prochain (c) ; ce ne sera 
néanmoins qu'autant qu*on pourra s'en abstenir dans le Sel- 

(a) Ced est dit ea général. Aa reste, s'il paraissait nécessaire poor 
quelqa'an de s'adonofr à la dévotion et à la mortificatiOD, on laisse 
à ta ûigetw du Sapérienr à régler jusqu'où ii de?rait aller. 

(6) Rien n'empêche d'aider quelque temps ceui qui sont chargés de 
ces fonctions laliorieuses. Mai^ c'est surlo it auiCoadjutenrs d'en porter 
le fardeau, eux qui sont établis dans les Collèges pour soulager les 
Écoliers. 

(c) C'est pour cela qu'il sera bon de retarder la promoliun de ceux 
qai ne sont pas dans les Ordres Sacrés jusqu'à ce qu'ils approchent du 



476 CONSTITUTIONS îSES JÉSUITES. 

utiliorescum doctrina, quara didicerint, seppaîbeant,hujus- 
modi exercitia (licet pia) donec studia sint absoluta, differri : 
quandoquidem non deerunt alii, qui ea intérim excrceant. 
Et haecquidemomniamajori cnmdesiderlo ohsequii et gloriœ 
Divinse fiant. * 

4. In disciplinis ordo servandus est, ut prius in Latina lin- 
gua solidum jaciant fundaraentum, quam Artium liberaliuni, 
in iis, antequamTbeologiaeScholasticae, et quidem in bac, an- 
tequam Positivse studiis se dedant. Sacrae Scripturœ vel eo- 
dem tempore, vel postea addisci poterunt. 

5. Linguae vero illœ, in quibus scriptœ vel versae fuerunt» 
prius aut posterius, ut Superiori pro varietatecausarum occur- 
rentium , ac diversitate personarum videbitur, disci pote- 
runt ((2). Itaque boc ejus prudentiae relinquetur. Sed si lin- 
guarum studio Nostri vacant, inter cetera, ad qiiae discentium 
intentio feratur, illud sit, ut versionem ab Ecclesia approba- 
tam défendant. 

6. Scbolastici omnes lectiones publicorum Professonim, 
juxta Rectorls Gollegii arbitrium audiant {e) : qui quidem 

nec ad fioem studiorum accédant : necessltatis tamen f»p8 ocearrenlls 
ratione» dispensari aliquanio opns erir. 

HojasiDodl crga proximos functioncs atiqui, qni stadia sna jain absol- 
verîiit, Tel ad id iptum mit'untiir ad Gollegia, explere potcroot : ti(Ot 
ellam ad domestica officia Gollegii obeanda, que majorem occopatio- 
Demsecum afferunt, essealiqnos oportet, qui pri maria intentione tta- 
dits non vacent : cnjnimodi sunt Coadjatores Temporales, vel aliqni 
qui Prob3tioQ'a, et non sludii gralia ia CoIIegiis agunl. 

(d) ConTenit in Theologiœ facuUate esse a 1 gradom aliqaem pro* 
motos. Tel in ea mediocriter ernditos, et qui Doctorum Sanctorum, et 
E'!cies!fle deeisiones intelligant ; ntillis lingaaram stodinm aille sit, et 
nibll noceat. Yerum si aliqni tam bomiles et in fide flrmi oeruereotnr, 
ut a aindio linguarom nibil incommodi eis timrralur : dispenaareSupe- 
rlor poterit, nt studio, quando ad commune vel partîcaUire boonm ooa- 
Tcniet, ae dedant. 



(a) Si ia aliqno aliud oonreniret, Soperior nia prodeotia id oonaide- 



QUATRIÈME PARTIE. M7 

gneur. Il est sage en effet de remettre ces travaut, tout pieux 
qu'ils sont» jusqu'après rachèvement des études, afin de se 
rendre ensuite plus utile aux autres, au moyen de la science 
qu'on aura acquise, et d'ailleurs, il ne manquera pas de per- 
sonnes pour les accomplir en attendant. Tout cela se fera avec 
le plus vif désir du service et de la gloire de Dieu. 

4. Voici l'ordre à suivre dans ces études : on s'appuiera sur 
l'étude de la langue latine comme sur un fondement solide, 
avant d'aborder les Arts libéraux : sur ceux-ci, avant de com- 
mencer la Théologie Scbolastique, et sur cette dernière avant 
de s'appliquer à la Théologie Positive : l'Ecriture Sainte 
pourra s'apprendre en même temps ou après, 

5. Quant aux langues dans lesquelles l'Ecriture sainte a été 
écrite ou traduite, on pourra les apprendre avant ou après (d)^ 
selon que le Supérieur le jugera convenable, eu égard à la 
diversité des circonstances, et aux différentes dispositions des 
personnes. Aussi s'en remettra-t-on pour cela à sa sagesse. 
Mais si les Nôtres s'appliquent à l'étude des langues, un des 
buts vers lesquels se dirigera leur intention sera la défense 
delà version adoptée par l'Eglise. 

6. Tous les Ecoliers suivront les leçons des Professeurs {e) 
publics selon la volonté du Recteur du Collège : et il est à 

ferme de leurs (Hudes; afin que ce ne soit prs un obstacle poar eui. 
Toutefois d'assez fréquentes nécessités peuTcnt parfois exiger une 
dispense. 

Qjanl aux fonctions de cette sorte, ù IN^gard du prochain, quelqnes- 
nns de ceux qui auraient déjà acheté leurs études, ou qui sont envoyés à 
cet effet dans les Collèges, pourront les n mplir ; de même pour le ser- 
vice du Collège, qui entraîne avec soi de nombreuses occupations, il 
faut qu'on ait des gens dont l'intention premiè-e ne soit pas de s'occuper 
des études, comme sont les Coadjnteurs tempoi'ds, ou ceux qui sont 
dans les Collèges pour leur Noviciat et non pour étudier. 

(d) Il Tant que les Nôtres aient été promus à quelques grades dans 
la fac :lté de Théolog e ou qu'ils aient quelque instruction eu cette ma- 
tière, et qu'ils comprennent les décisions des Saints Doctears et de VÈ- 
gl'se, pour que l'étude des langnes lenr soit utile, et ne leur nuise en 
rien. Mais si on en voyait de si humbles et de si fermes dans la foi qu'il 
n'y eût aucun iaconvénient à craindre pour eux de l'étude des langnes, 
le Supérieur pourra leur donner une dispense pour quMls se livrent à 
celte étude, quind cela sera ronvenable pour le bien public on par- 
ticulier, 
(s) Si une autre occupation convenait mieux à quelqu'un, le Su pé- 



47« CONSTITUTIONS DÈS JÉStTITES. 

Professores, sîve de Societate illi sint, sive externî (/"), optan* 
dum est, ut docti, diligentes, et assidui, etprofectus studen- 
tium tam in lectionibus, quaminaliislitterariisexercitationi- 
bus studiosi sint. 

7. Bibliotbeca communis, si fieri potest, in Gollegiis babea- 
tur : cujus clavis illis, qui juxta Rectoris judicium babere de- 
bebunt, tradatur. Prseterea quisque libres, qui necessarii ei 
fuerint, babebit {g). 

8. Scbolastici in audiendis lectionibus sint assidu! , et in 
eis praevidendis diligentes, et postquam eas audierint repe- 
tendis {h), iis quae non intellexerint ihterrogandis, aliis vero 
quœ oportuerit adnotandis (t), quo in posterum memori» de- 
fectui consulatur. 

9. Rector autem Gollegii id ourse babeat, ut videat, num 
Magistri, et Discipuli suum in Domino officium faciant, necne. 

10. Gum perutilis sit (praesertim Artium, ac Tbeologiae Scho- 



rabit, et dispjpsare poterit. Et qood de publioit leotîoDibai dicitnr* 
privâtes, cum Dccessariap, Tel utiles Domi^ Tel eitra Coregia ftierlot. 
DOQ exclndit. 

(f) NalliTS de Societate sine Fpprobatione et facuUate Praspositi Pro- 
Tincialis ( pras.erquam in classibus inrerioribus, vel ad tempus nf enni- 
taiis gratia ) public:; légat. Qui iiinen taleotum ad id sorliti, ac presser- 
lîm, qui jam studiis perruocti suot, in prœlegeodo si res majoria mo- 
roeotî aliud uoo exigèrent, posseot exercer!. 

{g) Qaamvis boc ita se habeat, scribere tamen in eis ooo debeot. 
Gonstet Tero eorum ratio e% qui BibiothecsB PraefeGtas est. 

(h) Quod ai repetitiones atlinet, curet Reolor ut certis quibnsdam 
boris in scboIi< Tel D mi Gant, une quidem repetente. et aliis aaiien- 
tibus; et quaB difltdia orcurrerent, mutuo proponenlibua : étal quid 
erit, de quo constituere inler se non poss'nt, Magistrum adeanL Cnrabit 
etiam, ut disput tiones el reliquas exercitationes S^h )laslie:c, quas juita 
iiodum discipliuarun], que traclanlury conTiQire jodicabanlur^ noa 
Oiiiiltan'ur. 

(t) Videant SaperiorrSjnum cooTeniat, Scbola»tico« Classlum inferio» 
rum libros papyraceos babere. ut soribant in eis IcctioneSy et inter 
lioeas et ad margineni, quod oportebit, adnotent. Profecliores in bunuh 
nioribus lilleris et aliis FacuUatibua. cbartam aecum Terant, ad ea, qu» 
audiirint, Te! eis occurrerint notalu digna, annotaoda ; ac postea niajori 
cum urdine digesta transfèrent ia libros papyraceot* qa»in pcaterum 
coDSiTTala Ti'lii.t, 



QCATBIËMB PARTIS. 479 

désirer que ces Professeurs, qu ils soient ou non membres de 
la Société (/'), aient de la science, de l'exactitude, de l'assi- 
duité et de Tardeur pour les progrès de ceux qui suivent les 
cours et les autres exercices littéraires. 

7. Il y aura, s'il est possible, une bibliotbèque commune 
dans les Collèges : la clef en sera remise à ceux qui devront 
l'avoir, d'après le choix du Recteur. En outre, chacun aura 
les livres qui lui seront nécessaires ig). 

8. Les Ecoliers suivront assidûment les leçons, seront exacts 
às*y préparer, à les repasser (h) après les avoir entendues ; à 
questionner sur ce qu'ils n'auront pas compris, et en prenant 
sur le reste des notes (t) suffisantes pour remédier par la suite 
au défaut de la mémoire. 

9. Le Recteur du Collège aura soin de voir si les maîtres 
et les élèves remplissent ou non leur devoir dans le Seigneur, 

10. Comme il est très*utile, surtout pour ceux qui étudient 



rieur y réfléchira dans sa sage.^se et pour<\i lai donner nne dispense ; 
et ce qn'oo dit des leçons publiques n'exclut point les leçons particu- 
lières, quand elles sont nécessaires ou utiles, dans U M<)isoa ou hors 
des Collèges. 

(f) Personne de la S^ïlélé, sans rapprobalion et la permi8>ion du 
ProTîncial, ne fera de leçons publiques , ti ce n'est dans 1 s cfafses in-^ 
féiieures, et pour un temps, en cas de nécessité. Pourtant ceux qui au- 
ront du talent pour cela, et surtout ceux qui auront terminé leurs étu- 
des, pourront s*y exercer si des affaires plus importantes n'exigent 
pas d'eux autre cho^e. 

(g) Quoiqu'il en soit ainsi, ils ne doivent pas écrire dessu^s» Le Préfet 
de 11 bibliothèque en saura le compte. 

(h) Quaot à ce qui est des répélitions, le Recteur aura soin qu'elle» 
se fassent à certaines heures Gxes dans 1rs classes ou à la Maison, l'un 
répétant, les autres écoutant, se proposant mutuellement les difQcultés qui 
se rencontrent ; et s'il se tronye quelque cbose sur quoi ils ne puissent 
tomber d'accord , qu'ils s'adressent au maître. Il aura soin aussi qu'on 
De néglige pas les discussions et les autres exercices classiques qui seront 
jugéscouTcnables, d'après la méthode des sciences dont on traite. 

(«*} Lei Supérieurs verront s'il n'e&t pas à propos que les Écoliers 
des Classes inférieures aient des cahiers de papier pour y écrire les le- 
çons, et noter ce qu'il faudra entre les lignes et à la marge. Ceux qui sont 
plus avancés dans les humanités et les autres facultés porteront avec 
eux du papier pour prendre note de ce qu'ils auront entendu ou rca-^ 
contré qui en vaille la peiue, et ils transcriront dans ua meilleur ordre 
sur des cahiers ce qu'ils voudront conserver par la suite. 



480 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

lasticœ studiosis) disputandi usus, intersint Scholastici ordi- 
nariis Scholarura, ad quas accedunt (licet non sint sub cura 
Societatis),disputationibus : et singulare siii spécimen in doc- 
trina prsebere, modeste lamen, curent. Gonvenît etiam singu- 
lis Dominicis, vel aliquo alio die hebdomadae, in Coliegio 
Nostro , aliquem ex quavis Classe Artium et Theologiae stu- 
diosorum a Rectore designatum, a prandio (siàliqua ex causa 
peculiari impedimentum non accideret) aliquas positiones 
tuendas suscipere : quœ pridie ejus diei sub vesperum valvis 
Scbolarum (quo ad disputandum vel audiendum, qui vel- 
lent, convenirent) essent affîgendœ ; quibus brev iter ab eo , 
qui responsurus est, confirmatis, argumentari ex externis vel 
Domesticisliceaty cuicumque llbuerit : aliquis tamen praesit 
oportet , qui argumentantes dirigat ; et ex ea concerlatione 
eliciat, declaretque ad audientium utilitatem, doctrinam quae 
tenenda sit : qui signum etiam det finiendi iis, qui disputant, 
ac tempus sic distribuât, ut omnibus, quoad ejus fieri poterit, 
disputandi locus detur. 



a. Prseter baec duo disput^tlonum pra^dictarum geoera, 
quotidie aliquod tempus designandum, quo in Collegiis, pré- 
sidente aliquo, ut diximus, disputetur ; ut ea ratione et ingé- 
nia magis exerceantur, et diflicilia, quae in bis Facultatibus 
occurrent, magis ad Dei gloriam elucidentur. 

42. Qui litteris humanioribus vacant, sua etiam stata tem* 
pora ad conferendum et disputandum de iis, qua; pertinent 
ad studia illa, coram aliquo qui eosdem dirigere possit, habe- 
bunt : et Dominicis, vel aliis constitutis diebus, alternatim, 
vel suœ Facultatis positiones a prandio tuebuntur^ vel se in 
componeoda soluta oratione aut carminé, exercebunt ; slve 
id ex tempore, proposito ibidem themate, ad eiplorandam 
promptitudinem flat, sive Domi composita, de re prius propo- 
sita illic publiée legantur. 



13. Omnes quidem, sed prœcipue bumaniorum litterarum 
studios! y Latine loquantur communiter : et mcmoriœ quod a 



QUATRIÉAIE PARTIE* ^ 481 

les Arts. et la Théologie scolastique, d'avoir l'habitude de la 
discussion, les Ecoliers assisteront aux disoussions ordinaires 
des Ecoles qu'ils fréquentent, quand même elles ne dépen^ 
draient pas de la Société ; et tâcheront, sans cependant bles- 
ser la modestie, de se faire particulièrement remarquer par 
leur savoir. 11 convient aussi que dans notre Collège, chaque 
dimanche, ou quelque autre jour de la semaine, quelqu'un 
désigné parie Recteur dans une classe ^quelconque .des Arts, 
et parmijes^ étudiants en^Thép.logie, entreprenne de soutenir 
une^hèsejaprès dîner, à moin^qulune.caose particulière n'y 
apporte quelque empêchement.. Les propositions de ces thèses 
devront être affichées la veille au soir sur la porte des Ecoles, 
afin que ceux qui le voudraient puissent y venir pour discu- 
ter, ou ^pour entendre.. Après que celui qui se charge de ré- 
pondre a donné les preuves de sa thèse, chacun peut argu- 
menter à sa volonté, qu'il appartienne à la maison ou qu'il 
soit étranger. Il faut néanmoins qu'il y ait un président pour 
diriger l'argumentation, pour faire ressortir de la discussion 
et proclamer dans l'intérêt des auditeurs la doctrine qu'il faut 
suivre; enfin pour donner le signal de cesser à ceux qui dis- 
cutent, et répartir le temps de manière à donner à tous autant 
que possible le moyen de parler. 

11. Outre ces deux sortes de discussions, on fixera tous les 
jours un certain temps pour disputer dans les Collèges sous 
unjprésident, comme nous l'avons dit, afin que par ce moyen 
les esprits soient plus exercés, et que .les difficultés qui se 
trouvent dans ces sciences soient mieux éclaircies pour la 
gloire de Dieu. 

12. Ceux qui étudient les Humanités auront aussi leurs 
moments fixés pour conférer et discuter sur . les choses, qui 
concernent leurs études, en présence de quelqu'un qui puisse 
les diriger;^ et les dimanches, ou d'autres jours marqués, ils 
d^ndront alternativement depuis le diner des thèses dont 
les sujets seront pris dans leurs facultés respectives , ou bien 
s'exerceront à des compositions en verrou en prose, soit qu'ils 
improvisent sur un sujet donné au moment même, pour 
éprouver leur promptitude au travail; soit qu'ils ne fassent 
que Jire^ en public des morceaux écrits à la Maison, sur une 
înatièrë' proposée d'avance. !, ^^-- - - ^ 
., -IS.-.Tous, mais surtout les humanistes, parleront habituel-, 
lement latin, et apprendront par cœur ce.que.les, flaaitres 



48â CONSTITUTIONS DES JESUITES. 

suis Magistris praescriptum fuerit, commendent(fe) : ac sty- 
lum in compositionibus diligenter exerceant (/) : nec desit, 
qui eisdem corrigendis operam suam impendat. Licebit etiam 
nonnullis juxta Rectoris arbitrium, prseter eos auctores, qui 
prseleguntur , quosdam etiam alios privato studio légère : et 
singulis bebdomadis, die aliquo desiguato, unus ex provec- 
tioribus, a prandio orationem latinam aut grsecam de re ali- 
qua ad œdificationem Domesticorum et eiternorum perti- 
nente, qua ad perfectiora in Domino animentur, babeat. 

44. Prœterea Ârtium et Tbeologise studiosi potissimum, sed 
et reliqui, suum babeant privatum studium et quietum (m) : 
quo melius et exactius ea quse tractata sunt, intelligant. 

15. Ut reprimi oportet quorumdam cursum, plus aequo 
concitatum in studiis; ita movendi, incitandi etanimandi ad 
studia sunt alti, quibus id necessarium est : quod ut melius 
prsestare possit Rector , intelligat oportet per se, et per ali- 
quem alium, cui Syndici , vel Yisitatoris Scbolasticorum cu- 
ram ipse dederit, quomodo Scbolastici suum Officium fa- 
clan t. 

Quod si animadverteret, aliquem in studiis tempus inutili- 
ter terere (n), quod nolit aut certe non possit progressum in 

(k) De repelitionnin« et disputatioouni et latine loquendi exercîtHlfo- 
nibas, si quid propter circumstantiat locorum, temporiim, et persona- 
ruin iimtari debcati boc j<idicanrliim pradentiœ Recloris (facoUate a fuo 
Superiore saltcm in génère accepta) relinquelur. 

{l) Ut Scbolastici niagis in studiis promoTeantur^bonum cssetalîqaot 
eruditione pares de- ignare, qui sancta œutnlationese iiiTÎcpin proTccent, 
.luTcrit eiiam interdnm mlttcre ad Prspositum Proyincialeni, Tel Gène- 
ral^m a iqnod suoriim stndioruin spccinicu, nnnc hnjus, nunc illius, at 
conaposiiionnni, si liiterarum humaoïorum, Tel concluslonam, si Philo* 
sopb'» Tcl Tb^o^ogiae stadiosi fa^riot. Gonferet etiam, in memoi tarons 
redacere, qa >d, cnm ad Domos venerint, studiis absolutis, in omnibos 
Facultittboi, quibus oicrain dedcrint, sunt examinand'* 

(m) In hoc priyato studio possent (si Rcclorl videretar) commenta* 
rium altqitm videre. Qnamdiu autem audiunt, fere nous et is quiden 
selecios esse deberet. Posient ttlam scribereqaod profutuium magb 
C' nserctur. 

(n) Si aliqois noo aplus aJ studia, sed ed alla mînislerla Idoneus 
TiderHùr, possot intra Collegia, vci l)omos Societalis in ils cccuparl. 



QUATRIÈME PARTIE. 485 

leur auront prescrit {k). Ils exerceront soigneusement leur 
$tyle dans des compositions (/), et quelqu'un s'occupera de 
les corriger. 11 sera aussi permis, à quelques-uns, à la volonté 
du Recteur, de lire quelques autres auteurs que ceux qu'on 
lit dans les classes ; et toutes les semaines, à un jour marqué, 
un des plus anciens lira, après dinér, un discours latin ou 
grec sur une matière tendant à l'édification des gens de la 
Maison et des étrangers, pour les animer à la perfection dans 
le Seigneur. 

44. De plus, ceux qui étudient les Arts et la Théologie et 
même tous les autres auront une étude particulière et tran- 
quille (m) pour méditer avec plus de soin et d'exactitude sur 
ce qu'on leur aura exposé. 

13. S'il en est dont l'ardeur excessive doit être modérée, 
il faut remuer, exciter, et animer à l'étude ceux qui en auront 
besoin. Pour que le Recteur puisse mieux s'acquitter de ce 
soin, il faut qu'il sache par lui-même, et par quelque autre 
auquel il aura donné la charge de Syndic, ou de Visiteur des 
Ecoliers, comment ceux-ci remplissent leurs devoirs. 

S'il remarquait qu'un élève perdît entièrement son temps 
à l'étude (n), soit qu'il ne voulût pas, soit qu'il fût incapable 

(Jk) S'il y avait quelque changement à apporter aax rëpélitioos, aux 
disputes et aux exercices en latin par tuite des circonstances de lient 
de temps et de personnes, on en laissera la décision à la sagesse du 
Rfcteur, pourvu qu'il en ait reçu le pouvoir de son Supérieur, du moins 
en général. 

{D Pour que les Écoliers flssent plus de progrès dans l'étude, il se- 
rait bon d'en désigner quelques-uns, également instruits, pour se pro- 
▼oq er les uns les autres par une sainte émulalioa ; il sera bon aussi 
d'envoyer de temps en temps au Pruvincial on au Général quelque 
échantillon de leurs travanx, d'une espèce ou d'une autre, par exemple 
une composition 8'ils sont bummistes, des dissertations s'ils étudient en 
Philosophie ou en Tiiéologie. Il sera utile aussi de leur rappeler que 
quand ils retourneront dans les Maisons, leurs études achevées, ils se- 
ront examinés sur toutes les branches-dont ils se seront occupés. 

(m) Dans cette étude particulière ils pourraient, si le Recteur le ]u« 
geait convenable, voir quelque commentaire. Mais tant qu'ils suivent 
des cours, ils n'en doivent avoir qu'un, et encore choisi. Us pourraient 
aussi écrire ce qu'on croirait devoT leur être le plus utile. 

(n) Si quelqu'un paraissait sans aptitude pour les études, mais propre 
à d'autres fonctions, on pourrait l'occuper dans les Collèges ou les Mai- 



484 CONSTITUTIONS DES JESUITES. 

litteris facere ; expedit iUiim ab eis removere , et ejus locd 
aliiim, qui ad scopum Divini servitii in Collegiis pra>fixum 
magis proficiat, constituere. 

46. Absoluto studio alicujiis Facultatis, eamdem privatim 
repetere conveniet, auctorem uniim aliquem, vel plures quam 
prins, juxta Rectoris arbitrium légende. Polerit autem ex iis 
quœ, ad eam Facultatem pertinent, si eidem Rectori visam 
fuerit, in scripta (o) brevius, distinctius , et accuratius redi- 
gere ea, quœ prius in lectionum decursu scrîpserat, cum mi- 
nori doctrina prœditus erat , quam peracto studiorum cur- 
riculo. 

17. Suis constitutis temporibus se ad publicos actus exami- 
nationum ac responsionum préparent; et ad gradus consue- 
tos, qui per diligenteni exarainationém digni invenientur, 
promoveri poterunt. Loca tamen cerla, ut ab prnhi ambîèio- 
nis specic , atque ab iliis aiïectibus parum temperatis recé- 
dant, quamvis ca in Universitate, ubi gradum accipiunt, dari 
soleant, non accipiant : sed simul omnes extra numërum se 
constituant : nec sumptus, qui pauperes non deceant, in gra- 
dibus hujusmodi faciant ; ad quos sine bumilitatis detrimeato, 
non ob aliud , quam ut possint proximis ad Dei gloriam esse 
utiliores, promoveri debent. 

4 S. Num autem bis, qui jam studiorum suorum cursum 



quae çonTeniro Tiderentur. Si ad otrnmqae inutilis euet, et in Scbolat- 
ticnm rn'sset admissus, diini ti a Societate po^set : nihilominus anianiii 
€rU, ut Rcc'or re bene considerata. ad ProTînclalem, vel Gcneralcm id 
l'rfciat, et quod sibi pra'scriptum fu< rif, eisequatur. 

# 

(o) IIujum)odi scripta neri non dt.boDt,.Dlsî ab ils, qui majori dic- 

Irin» et clariori ingenio el judicio polleut: et r<:liqni boronn labore frui 

poteruot. Ginvenirel etiam aM^g'stroea approbnri. AUi annolationibna 

Prœceptoris joTari possent <t suis etiam notatu diguloribus. Conferet 

autem ad usum, ut suas no'as io margine, et indicem prieterra halieant 

rernm, de quibus in hujusmodi scriptis a;iilur, xi raciliua ioveoiri pot<it, 

quod quœriUir. Et quam\is hujusmodi libclli rerum èzoerptarum vel 

propriorum coDcepluum, Tel alia soi ipta qustlibet ftaot, in'eliigi tamen 

oporiet, a nemioe librum ullum sine eiamioalionei et a,>probatiooe 

spec'ili Pi appotili GeRiralii, ut dictum est, poblicari debere. 



QUITRIÉMB PARTIE. <85 

de faire des progrès dans les lettres, il convienrde Ten'^reli- 
rer, et d'en mettre un autre à sa place, plus propre à attein- 
dre le but de servir Dieu qu'on se propose dans les Collèges. 

46. Après avoir épuisé les cours d'une Faculté, il sera bon 
d'y revenir en particulier, en lisant un auteur ou plus d'au- 
teurs qu'auparavant à la volonté du Recteur. On pourra aussi, 
si le Recteur le juge à propos, rédiger (o) ce qui a rapport à 
cette étude, plus sommairement, et avec plus de netteté et 
de rigueur qu'on ne l'avait fait pendant le cours des .leçons, 
alors qu'on était moins savant qu'après avoir parcouru la car- 
rière des études. 

47. A des époques fixées, ils devront se préparer à être exa- 
minés et à répondre dans les actes publics, et ceux qui, après 
un examen rigoureux, en auront été jugés dignes, pourront 
être promus aux grades ordinaires. Cependant, pour se garder 
des apparences mêmes de Tambitionelde tout sentiment peu 
modéré, ils n'auront pas de places fixes, bien qu'on ait coutume 
d'en donner ^ dans. l'Université où ils prennent leurs grades ; 
mais ils se pladeront tous ensemble hors des . rangs.' lis ne 
feront pas, pour prendre leurs grades, des dépenses peu con- 
venables à des pauvres : ils doivent être promus sans rien 
perdre de leur humilité , et dans l'unique but d'être plus 
utiles au prochain pour la gloire de Dieu. * - 

18. Ceux qui auront terminé le cours de leurs études fe- 



sont de la Société aux choses qui sembleraieat lai contenir. S'il n'était 
bon à aucune de ces choses, et qu'on l'eût admis conime Ecolier, on 
pourrait le renyoyer de la Sociéti^. Néanmoins il sera juste que le Rec- 
teur, après un inûr examen, en réfère au Provincial on au Général, et 
'exécôte'ce qni lui auro été prescrit.- - " 

' (o) Ces sortes d'écrits ne dcTfont être faits que par ceux qui sont dis- 
tin gnés par leur savoir, ta clarté de leur esprit et leur jugement; les 
.autres pourront profiter de leur travail. Il conviendrait même que ces 
écrits recuisent l'approbation du Maître. Les autres pourront s'aidf r 
'des i^bteida Professeur, et même des leurs, quand il y aura quelque chose 
-de digne de remarque. Il sera plus commode, pour faire usage de ces 
noies; de les écrire en marge et d'avoir en outre un index des choses qui 
'y sont traitées, afin de pouvoir trouver plus aisénôent ce qu'on cllerchê. 
Et>bien que ces cahiers composés d'extraits ou de leurs propres pensées, 
et les 'aulrei écrits quelconques soient permis, il fant «avoir que per- 
sonne né doit, comme il a été dit, publier aucun livre sans l'examen 
}eil'approbatioa spéciale du Général. 



486 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

peregerunt , praelegere privatim, vel publiée , ad suam, vel 
aliorum utilitatem conveniat; pênes Superiorem id erii 
judicium, qui quod magis io Domino expedire videbitur» 
statue);. 



CAPUT VH; 

De Scholis Collegiorum Societatis* 

i. Habita ratione non solum profectus in litteris Scholasti- 
corum Nostrorum, sed etiam profectus in litteris et moribus 
externorum, quosin NostrisGollegiis instituendossuscepimus, 
Scholae publicœ {a), ubi commode id fieri poterit, aperiantur, 
saltem in disciplinis humanioribus. In gravioribus autem 
disciplinis (b) pro locorum, in quibus Gollegia fuerint, ratione, 
semper quid Dec gratius sit, ante occulos babendo, aperîri 
poterunt. 

2. Teneatur in bujusmodi Scbolis is modus » quo eiterni 
Scbolastici in iis quae ad doctrinam Ghristianam pertinent, 
bene instituantur : cureturque quoad ejus fieri poterit, utsin- 
gulis mensibus ad Sacramentum Confessionis accédant, et 
verbum Dei fréquenter audiant, et demum cum litteris mo- 
res etiam Ghristianis dignos bauriant. Et quia in particulari- 
bus muUum varietatis esse oportebit, pro varietate locorum, 
et personarum, singula persequi non est bujus loci. Id tamen 



(a) PrQpositi Generalis erit, ubi bujasmodi Schola babeade liol, 
statuere. 

(&] Et etiam joita quod commode id poterit Societas. Nostra lamea 
roeos bscesset, ut io Collegiis communiter liilera haroaaiores ao Ho- 
fzuarum, et DoctriDas Cbristianœ, et &i opas esset, lectio aliqua de casibua 
CDDacient'œ pr<clcaerrlur ; ai yero ait» qui commode concionetur, aat 
Goufciaionea audiat, i) elijm ut flat; et de acienliit auperiurilios noa 
agatur; aed ai f>na addiscendas ah iia GoUi'giia. ii, qui in bumanioribua 
lilteria profeccrint, ad UniTcraiiates miUantnr. 



QCATHIÈHE PARTIE. 487 

ront-ils, au noD, des leçons publiques ou particulières pour 
leur utilité ou pour celle des autres ? ce sera au Supérieur à 
eu juger ; et il décidera ce qui hii semblera le plus avanta* 
geu( dans le Seigneur. 



CHAPITRE VIL 

Des Ecoles attachées aux Collèges de la Société, 

1 . Pour avoir égard, non-seulement aux progrès de nos 
Écoliers dans les lettres, mais aussi aux progrès dans les let- 
tres et les mœurs des externes, dont nous entreprenons Tédu- 
cation dans nos Collèges, on ouvrira des Ecoles publiques (a), 
au moins pour les humanités, dans les lieux où cela se pourra 
faire sans inconvénient : on pourra aussi en ouvrir pour ren- 
seignement supérieur (6), selon la disposition des lieux où le 
Collège est établi; et en ayant toujours devant les yeux ce qui 
est le plus agréable à Dieu. 

2. On suivra dans ces Ecoles une méthode propre à former 
les Ecoliers externes dans tout ce qui concerne la doctrine 
Chrétienne; on veillera, autant que possible, à ce qu'ils ap- 
prochent tous les mois du Sacrement de la Pénitence, à ce 
qu'ils entendent fréquemment la parole de Dieu, à ce qu'en- 
fin ils acquièrent, avec la connaissance des lettres, des mœurs 
dignes d'un Chrétien. Et comme dans les détails il y aura né- 
cessairement beaucoup de variété , selon la différence des 

(a) Ce sera aa général à déterminer où U faudra cayrir ces écoles. 

(6) Et aussi selon que la Société le pourra commodément. Cependant 
notre intention serait qu'il y eût communément dans les Collèges : des 
humanités, des cours de langues, de Doctrine Chrétiennis et même, s'il 
en était besoin, un cours sur les cas de conscience; qu'il y eût aussi an 
Prédicateur et un Confesseur si on pouvait en trouver aisément, et qu'on 
n'y traitât pas des sciences supérieures. Pour les apprendre on enver- 
rait des Collèges aux Universités ceux qui auraieut fait des progrès dans 
les bumaoilés. 



4 88 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

dictiim sit in quovis Collegio Régulas (c), quac ad omnia ne- 
cessaria descendant, constitiii dcbere. Hoc tamen commenda- 
tum hoc loco volumus , ne externis Scholasticis correctio , 
quoad [illis opuserit, desit {d}, quœ tamen par aliquem de 
ipsa Societate exercenda non crit. 

5. Cum tam proprium sit Nostraî Professionis, nullum tem- 
porale prœmium accipere pro spiritualibus ministcriis, in qui- 
bus juxtaNostrum Institutum in proximorum auxiliumoccupa- 
mur ; non convenit ullam Gollegii dotationem admittere, per 
quam ad dandiim Goncibnatorem, aut Gonfessarîum, aut Lecto- 
rem aliquem Thêologise, Societas obligëtùr [e], Quamvis enim 
œquitatis et gratitudinis ratio nos ad serviendum cum majori 
diligentia in dictis ministeriis, quse Nostri Instituti sunt propria, 
moveat, in Gollegiis, quœ majori cum libcra1itate.et^devotione 
fundaia sunt, non tamen sunt recipiendœ obligatlones .vel 
conditiones, qûœ sinceritatem impediant Nostri in procedendo 
modi, qui est dare gratis, quse gratis accipimus : quamvis pro 
eorum sustentatione , qui communi bono Gollegiorum ser- 
\iunt, vel propter illud student, dotatio,quam Fundatorum 
charitas assignare ad gloriam Divinam solet, admittatur. 



(c) Ex Regnlis Gollegii RoraaDi, aUis, qnod cnlqne eooTeoiet, acoom- 
modari poterit. ^ 

(d) Ad hoc, abi Gorrector baberi poterit, ,habea'ar: ubi oon poterit, 
excogitetiir moJus quo casiigeotur, Tel per aliqaem ex ip&is Schobs- 
ticis. Tel alla conTeniinli ratione. 

(e) Utii Prsposilas Generalis Tel Societas curain susciperet alicajot 
UniTersilatis, non rrpu;;narêt hujus GonstitutionU inlentioni, ut sese ex 
cohseqoenti obligarel ad lectiooes Ulius ordiôarias, qoaniTis lotir illas 
aliqus Théologies etsent. 



•» 



QUATRIÈME PAKTIB. 489 

lieux et des individus, il ne convient pas de tout embrasser 
ici. Il faut dire cependant que dans chaque Collège on devra 
établir des règles (6) qui s'appliquent à tous les cas nécessai* 
res. Nous recommandons aussi, à ce propos, qu'on ne manque 
pas de châtier les Ecoliers externes (d) autant qu'ils en au- 
ront besoin. Cependant le châtiment ne devra jamais être 
administré par quelqu'un de la Société. 

5. Comme le point fondamental de notre Profession est 
de ne recevoir aucune récompense temporelle pour les 
fonctions spirituelles que nous exerçons dans l'intérêt 
du prochain, d'après Notre Institut ; on ne doit accepter 
pour un Collège aucune donation en vertu de laquelle la 
Société serait forcée d*y mettre un Prédicateur, ou un Con- 
fesseur , ou un Professeur de Théologie {e). En effet , 
quoique l'équité et la reconnaissance nous engagent à 
remplir dans nos Collèges ces devoirs, qui font partie es- 
sentielle, de Notre Institut, avec une exactitude d'autant 
plus grande que ces établissements ont été fondés par une 
dévotion et une libéralité plus généreuse; cependant il ne 
faut point accepter d'obligations ou de conditions qui puissent 
nuire au maintien dé notre réglé, qui est de donner gratuite- 
ment ce que nous avons reçu gratuitement. Du reste, on 
peut accepter la dotation que la charité des Fondateurs a cou- 
tume d^assigner pour la gloire de Dieu à l'entretien de ceux 
qui s'emploient au bien commun des Collèges, ou de ceux 
qui y ét^udientdans le même but. 

• • 'H ' . , . 

(c) On pourra choisir dans les Règles' du CoVége de Rome celles qui 

pourront s'approprier anx autres Collèges. ' 

(d) A cet effet on aura un Correcteur quand cela s râ possible, sinon 
on iniaginera un moyen de faire infliger le cbâtiireot par quelqu'un des 
Ecoliers euimémes, oa d'une autre façon convenabi?. 

(e) Au cas oii le Gêné al on la Société prendrait sur elle le soin d'une 
Université^ il he répugnerait pas à l'esprit de cette Constitution de s'o- 
bliger en couséquenceà iDaiotenir les cours ordinaires de cette Duiver- 
sité, quand même il s'en trouverait quelques-uns de Théologie. 



190 CONSTITUTIONS DES JESUITES. 



CAPUT Vin. 

De Scholasticis insUluendis in us, quœ ad proximos suos 

juvandos pertinent. 

1. Scopum illum intuendo, ad quem studia Socîetatis diri- 
guntiir, sub ipsorum finem congruum erit, ut ad arma spiri- 
tualia in proximorura auxilium tractanda assuescere inci- 
piant. Quamvis enim id proprie magts et diutius in Domibua 
fiât, poterit tamen in Goilegiis incboari. 

2. Primum illi, qui juxta Supcrioris judicium ad Sacros 
Ordineseruntpromovendi, in ratione Missae dicendie, utprae- 
ter intelligentiara et devotionem internam, decentem etiam 
habeant exteriorem modura ad audientium aedificationem , 
instituantur; et ceremoniis eisdem omnis Societas» quantum 
fieri potest, utatur : in quibus usum Romanum ut magis 
universalem, et quem pecuUari quadam ratione Sedes Apo- 
•stolica amplexa est, quantum patietur regionum varietas, se- 
quetur. 

3. In concionibus etiam, et sacris lectionibus (a) eo modo 
proponendis, qui aedificationi populi conveniat (qui a Scbo- 
lastico diversus est ), se etiam exerceant ; studeantque ad id 
munus obeundum linguam populo vernaculam bene addis- 
cere. Res etiam alias vidisse oportet, et prae manibus habere, 
qusB ad hoc officium utiliores futur» sunt (b) ; ac demum ut 

(a) Inter legeaduin, praeter interpréta tionem, adverteDduro est, al 
aliqua, qus ad mores et vilam Ghristianam juyent, atsingantur. Et tioc 
flet etiam in classibus Collegii : mulio vero impeasius, cuni populo 
praplrgitur. 

(&) Cooreret ? idiue Evangelia toto anno occurrenlii, pecaliari stndio 
•dhibito, quod ad concionandi rationem degtioctur; et aliquid ei S.icra 
Scriptura, at pnpnlo pra^lcgatar : prsvidisse eiiani, quod ad vitia perli- 
net, et in eornni detcslatlonem iiiducit, et remédia eisdem applicanda i 
tient e contr. rio, qus ad praKepta, ad virlutes. ad boaa opéra pertinent , 
tuni ea« qo» morere po$5iot a J illa amanda, et média etiam ad eadem 



QCATBIËME PAETIE. -194 



CHAPITRE VIII. 

îk Vinslruclion des Ecoliers dans les choses utiles au service 

du prochain, 

1. En considérant le but vers lequel les études de la So- 
ciété sont dirigées, il sera bon, quand elles toucheront à leur 
fin, de commencer à prendre l'habitude de manier les armes 
spirituelles dans l'intérêt du prochain. Quoique cela doive 
se faire plus spécialement et plus longtemps dans les Mai- 
sons, on pourra cependant commencer dans le Collège même. 

2. D'abord ceux qui, d'après Tavis du Supérieur, sont des- 
tinés aux Ordres Sacrés, apprendront à dire la Messe, afîn 
qu'outre l'intelligence et la dévotion intérieure, ils aient un 
extérieur décent et propre à édifier les assistants; et la So- 
ciété entière suivra, autant que possible, les mêmes cérémo- 

^nies ; pour lesquelles elle se conformera, autant que le per- 
mettra la diversité des pays, à l'usage Romain, comme au 
plus universel, et à celui que, pour des raisons particulières, 
le Siège Apostolique a adopté. 

5. Ils s'exerceront aussi aux sermons et aux saintes lectu- 
res (a) qu'il faudra faire de manière à édiOer le peuple, et autre- 
ment que dans les classes (b) : ils s'appliqueront, pour remplir 
cette fonction à bien posséder la langue du pays. Il faudra aussi 
qu'ils aient vu et possèdent entre leurs mains tout ce qui 
pourrait les aider à remplir cet office ; et qu'enfin, pour mieux 

(a) Il faudra a?oir soin dans les conrs^ Don-seulement d'iolerpréfer 
ce qu'on eiplique» mais encore de dé?eIopp(^r certains points qui pea- 
Tcnt élre utiles aux mœurs et à la ?ie Chrétienne. Cela se fera également 
dans les classes des Collèges, mais avec bien plus d^étendue quand ce 
sera devant le peuple qu'on enseignera. 

(b) Il sera bon d'aToir vu les Évangiles de toute l'année, en en faisant 
une étude particulière par rapport à la Prédication, et quelque chose de 
la Sainte Ecriture pour en lire au peuple ; d'ayoir examiné d'avance ce 
qui concerne les vices, ce qui amène à les détester, et à y porter re- 
mède , romme au contraire ce qui concerne les préceptes, les Tertus, les 
bonnes œuvres, ce qui peut les faire aimer et les moyens d'y parvenir. 



492 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

» 

melius et cum majori fructu animarum id munus obeant, 
omnibus mediis utantur (c), quibus commode juvari possiot. 

4. In ministerio etiam Sacrameotorum Gonfessionis et 
Commnnionis se exerceant {d); et non solum quod ad ipso- 
rum,sed etiam quod ad Pœnitentijiim et Conimunicantium 
ofûciùm "pertinet , ut bene' ac^ ûtiliter ad Dei gloriara ea 
pcrcipiant, et fréquentent, perspectum babere ac oxsequi 
curent. 



5. Ad exercitia spiritualia aliis tradenda {e\ postquam quis* 
que in se ea fuerit expertus, assuescan t ; et dent operam omnes 
.ut et eorum reddere rationem, et in boc armorum spiritua- 

conseqoenda : et h»c in compendiain, si fieri potcst, redacfa, nUliora 
esse soient, ne tam muit's itbris opus sit. 

. (g) Ilujiisniodi média simt, vid's e praecepttones, qoM de modo ooo- 
cioiiandi il!i tradunt, qui bene boc munus obierunt; et bonos aadire 
CooGiona tores, et se in coocioaibus Demi aut in Mooasteriis cicreerr, 
bonuiii habérg correctoreni, qui de erroribus admoapat, tum îq rebui 
qnœ dicuutùr, tum in voce, toiiis, gestibus, et molibus. Reflectatet ipte 
considêrationem ad ea, qvx diiU/ quô magis ûnidccuçaque juvetur. 

• • • . 

. (d) lu Coures iooibti?, pra?tcr studium Scbolastieuio, el casuum con* 

scienliap^prcpscrtim restitntionis, couTcniet compendium aiiquod casamn, 

et cen^rat:um; qus reserranlur, babere (ut vîdeat quo perlingat ipsias 

jurisdi.ctio) et simul formulas qus minus usitat» sont quarumdam 

ab&olntiunum, quae occurruot ; ac brevem interrogandi melhodam de 

peccat.SfCt eorum reoicdiis; et tusirucâoaem ad beoe ac prudenler in 

Domino, sine damno suOj et cum pro\imorum ulilitate, hoc omdum 

exorceiidum : lit aliqua confess'one auditti, prœsrrtim in principiis, Con> 

fessaritts apnd se G;nsidiret, num in ro al'qaa defecerit, ut in postrrum 

caveaf. 

(e) Pos}eat ad eicrdtia a>iis tradenda sssufscere, nonnullis ea tradeodo, 
in quibus minor jaotura cîse possit, si qnid errelur ; et coufci re cum ati- 
quo n agis extrcHato fuum procedendi fiiûdum, bene anuotando quod 
niapis V(l minus convenire deprt beoderinr. Cum Tcro eierciliorum 
ralio fedtiitor, non solum id agatur, ut aiiis satikfiat, sed cliam, ut in 
iliis'desiliriûm eiiilefur, ut li^dem jnyari ielilit. In uuiTersum autem 
loqnèndo, quo; ad primani heblouiadam pertinent/ tantum Iradontur. 
Quando vero omnia traidentur, raris homiuibùs, iv\ qui de fila* tua* i 
statu dc'iibeha're vclint, tradi oporttblt. ' ' ' 



QUATRIÉMB PARTIE. ^95 

s'acquitter de cette fonction, de manière à la faire tourner 
au plus grand profit des âmes, ils se servent de tous les 
moyens (c) dont ils pourront s'aider sans inconvénient. 

4. Ils s'exerceront aussi à administrer les Sacrements de 
Pénitence et d'Eucharistie {d) ; ils auront soin de connaître et 
de mettre à exécution ce qui est nôn-seulément de leur de- 
voir, mais de celui des Pénitents et des Communiants, afin 
qu'ils reçoivent ces sacrements, et s'en approchent fréquem- 
ment pour la gloire de Di£u,.d'uoe. manière convenable et 
profitable. . . ^ ... . . 

5. Ils s'habitueront à faire faire aux autres les Exercices 
spirituels je), après en avoir fait l'épreuve sur eux-mêmes ; et 
tous s'exerceront à expliquer ces Exercices ;» età: acquérir de 

f - • • ♦ tt . 

Tontes ces choses réduites en abrégé, si cela se peut, sont sonvent bien 
utiles en dispensant d'avoir besoin beaucoup de ilTres. " * ' - 

(g) Ces moyens sont de Toir les préceptes qu'ont donnés sur la prédi- 
cation ceux qui y ooteicelIé« d'entendre de bons Prédicateurs, de s'eiercer 
à prêchera la Maison ou dans, les Monastères, d'avoir pour vous criti- 
quer quelqu'un d'habile qui vous montre les défauts qu'on laisse écbap» 
pcr, soit dans les choses qn'oa'diti soltdaas la voix, le ton, les gestes 
et les mouvements. Il faut po: trr soi-même ses rêtlexioos sur les choses 
qu'on a dites, afin de tirer meilleur parti de tout. ' 

{d) Pour la Confession, outre les études faites en classe et celle des 
cas de couscience, principalement sur la restitution , il sera bon d'avoir 
un abrégé des c»s et des censures réservées/ pour tôt jusqu'où va la 
jaridiction du confesieur, et d'avoir eu même temps les formules de 
certaines absolutions moins usitées, une métiiode rapide d'Interroger 
sur les péchés, cl d'y remédier, et une iusiruction pour bien et sagement 
exercer son min'stëre dans le Seigneur, .fâns'dommage pour soi et avec 
utilité pour le prochain. U faudra aussi que le Confesseur, après avoir 
cntenda noe Gonftssion, surtout dans les commenccmeots, considère 
bien en lui-mêi£e s'il n'a pas failli en quelque chose, pour s'en garder 
.dans la suite. • 

• {é) 'Ils pourraient s'accoutumer à faire faire les exercices en faisfaot 
pratiquer d'abord ceux où le danger serait, moindre en cas d'erreur, et 
comparer leur façon de procéder avec celle d'une personne plus exercée, 
en remarquant bien ce qui leur paraîtra plus ou moins avant genx. 
Quand on cxpli4}nera ces exercices, on ne travaillera pas seulement à 
faire plaisir au prochain, mais encore à exciter en eux le désir de cher-, 
cher à eu prolUer. Eu géaéral. on ne fera faire que ce qui concerne la 
première semaine. Quand on fera faire le tout, ce ne devra être qu'à 
peu' de personnes ou à des gens qui voudraient se consulter sur leur 

genre de vie à venir. „ . ., ; * 

* AT 



494 CONSTITUTIONS DES lESUlTES* 

• 

lium généré tractando (quod Dei gratis ad ipsius ohséqiiium 
tantopere conferre cernitur) dexteritatem habere possint. 

6. Studium etiam congruum in modo tradendœ doctrinaB 
Ghristianae» qui sit captui puerorum ac rudium accommodus, 
adhibeatur (/}. 

7. Ut in superius dictis proximi ad bene vivendum joyan* 
tur, ita curandum est ut ea quae ad bene moriendum illis 
conferunt, percipiaotur (g) ; quique modus in eo tempore, in 
quo tantum est momenti ad fînem ultimum aeternaB felici- 
tatis consequendum, vel ab ea eicidendum, teneri debeaC, 
intelligatur. 

8. in universum loquendo , edoeeri eos convenit , quem 
modurn tenere oporteat hujus Socie tatis operarios , qui in 
tam variis mundi regionibus, cumque tam diversis hominum 
generibus versari debent, antevertendo incommoda, quae pos- 
sunt accidere : et emolumenta, qusB ad majus Dei servitium 
conferunt, captando, omnibus rationibus adfaibitis, quse pos- 
sunt adhiberi. Et quamvis faoc sola unctio Sancti Spiritus, et 
ea prudentia , quam communicare solet Dominus illis , qui 
in Divina sua Majestate confidunt, docere possit ; via saltem 
aliquo modo quibusdam documentis, qune juvent; et ad effec- 
tum Divinae gratiae disponant, aperiri potest. 



CAPUT IX. 

De Scholasticis a studio LiUerarum educendis. 

• 

I. Ex GoUegiis nonnulli propter causas in secunda Parte 
dictas, et modo inibi explicato educuntur (a) , ut alii qui ad 

(f) JaTerit diam in compendinm redactam h-ibere explicatioaem renmi 
ad Ddem et vitsm ChristiaDara necessariamm. 

(0) Aliad etiam compendiam de modo javandî ad bene moriendam 
utile erit ; at memoriae rcnoTetur, qnando saoclnm hoc offfciuin eier- 
ceiidnni erit. 

(a) AM educuntur po&t septem annos, ili TÎdclieet qui ad Colîfgia 



QUATAIÈMB PAETIE. 495 

rbabiteté dans le maniement de ces armes spiriluelles dont, 
par la grâce de Dieu, reflîcacité est si visible pour son service* 

6. Ils s'étudieront aussi soigneusement à trouver une mé- 
thode d^enseigner la doctrine Chrétienne qui soit à la portée 
des enfants et des ignorants if). 

7. Si tout ce qui précède a pour objet d'aider le prochain 
à bien vivre, il faut de même s'efforcer d'acquérir ce qui peut 
contribuer à le faire bien mourir ig) ; et savoir de quelle ma- 
nière on doit agir avec lui dans cet instant dont l'importance 
est si grande pour atteindre ou pour manquer le. but suprême 
du bonheur éternel. 

8. En général, il faut enseigner aux Ecoliers quelle mé- 
thode devront suivre les ouvriers de cette Société, destinés à 
se répandre dans des régions si diverses, et chez des races 
d'hommes si différentes, pour prévenir tous les inconvénients 
possibles, et saisir tous les avantages qui peuvent contribuer 
au plus grand service de Dieu, en employant tous les moyens 
qui peuvent être employés. Et bien que ces choses ne se 
puissent apprendre que par l'onction du Saint-Esprit, et par 
cette sagesse que le Seigneur communique d'ordinaire à ceux 
qui ont confiance en sa Divine Majesté, on peut cependant, 
en quelque façon, leur ouvrir le chemin, au moyen de certai- 
nes instructions qui soient profitables et disposent aux effets 
de la grâce Divine. 



CHAPITRE IX. 

Des Ecoliers qu'il faudra retirer de l'élude des leilns, 

i. On retire quelques Ecoliers des Collèges, pour les rai- 
sons dont on a parié dans la seconde Partie (a) et de la ma- 



(f) Il sera boa aussi d'avoir ane explication abrégée des choses né- 
cessaires à la foi et à la Tie Chrétirnne. 

(g) Un autre abrégé £Dr les moyens d'aider à bien mourir sera éga- 
lement aille, aQn de se les rap[:eler quand on aura à ezeicer ce saint 
ministère. 

(a) Il y en a qu'on retire an bout 4e sept ans» sivolr «cu^ qui ont été 



•196 CONSTITUTIONS DES JÉSVlTES. 

Divinum servitium magis profîciant, eisdem succédant. Ea- 
dem si quidem in bac parte Domorum et Gollegioruro est 
ratio. 

2. Âliqui etiam aliqiiando educentur, quod ipsis ad majo- 
rem in spiritu vel in Litteris profectum alio transferri, vel 
quod ad universale bonum Soicietatis con^eniat : ut accide- 
ret, si , qui Ârtium curriculum in aliquo GoHegio emensus 
esset/ut easdem alibi praelegeret, ante Theologiae studium 
educeretur. Et idem dîctum sit, si qua in re alia ad majus 
Dei obsequium et gloriam essent occupandi. 



5. Communis autem modus educendi Scholasticos ex Col- 
legio aliquo, ubi omnes praedictse scientiîe traduntur, tune 
erit, cum quisque studia sua jam absolvent, peracto Artium 
curriculo, et quatuor annis Theologiae studio impensis. Et sub 
hujus temporis finem, suarum esse partium Rector intelligat 
Praepositum Generalem , vel Provincialem admonerc , et 
quantum fai profecerint, referre : ac postmodum quod et prse* 
scriptum fuerit ad Dei gloriam, exsequetur. 



CAPUT X. 

De Gubcrnatione Collegiorum, 

i, Supremam curam vel superintendentiam Gollegiorum, 
juita Sedis Âpostolicœ litteras ', Professa Socictàs faàbebit. 
Gum cnim quidquam privat(c utilitatis ex reditibus quaDrere, 
vel in suum usum convertere non possit ; est valde proba- 
bile , quod majori cum puritate ac spiritu , constaotius ac 
diuturnius procedct in iis, quœ ad bonum regimen CoUegio- 

t * î .... » 

•dmini sunt ad id tempot, absque eo quod coostitaeriot iogradi Soeie- 
tatem, queitfiad>iiodiirti diclum'est. Sed tameo dispensari io tainpore 
seplem ^anDOrum, Itlque proro^sar! posset ; cum hujusmodi ScholatlM 
exemplo \ilie aua?, magnat ai iiflcationis esaeut, i(a ut ?el roagnam Dti 
'^bsequiam ab eis eiapectaretur, ▼«! ntilei e»ae Galteglo videretitar. 



QVATRIÈME PARTIE. 497 

nière qu*on a indiquée , afin de les remplacer par d^autres 
qui soient plus utiles au service de Dieu. Sur ce point on suit 
la même règle pour les Maisons et pour les Collèges. 
- 2. On pourra aussi quelquefois en retirer d'autres pour les 
transférer ailleurs, quand on le jugera utile à leurs progrès 
dans la piété ou dans les Lettres, ou au bien général de la So- 
ciété; ainsi, par exemple', on pourrait retirer un Ecolier, 
après qu'il aurait terminé l'étude des Arts dans un Collège^ et 
avant qu'il commençât à s'appliquer à la Théologie, pour lui 
faire professer dans un autre Collège ce qu'il aurait appris. Et 
.^de.mèmé, si l'on a besoin de lui pour autre chose, dans l'in- 
térêt du service et de la gloire de Dieu. • 
i 5. Mais ordinairemènt'on ne retirera les Ecoliers d'un Collège 
où Ton enseigne toutes les sciences dont nous avons parlé, 
que lorsqu'ils auront terminé leurs études, c'est-à-dire après 
avoir suivi jusqu'au bout les cours des Arts et donné quatre 
ans à l'étude de la Théologie. Et quand leur temps sera près 
de finir, le Recteur saura qu'il est de son devoir d'avertir le 
Général ou le Provincial, et de lui rendre compte des progrès 
qu'ils auront faits, pour exécuter ensuite ce qui lui aura été 
prescrit pour la gloire de Dieu. 



CHAPITRE X. 

.. i Du Gouvernement des Collèges, .. 

* < ' ■* * 

1. C'est la Société Professe qui aura la direction supérieure 
ou lasurintendance des Collèges, suivant les Bulles du Saint- 
Siège. En effet; comme elle ne peut point tirer d'avantages 
.personnels dé leurs revenus' ni les faire servir à ses propres 
usages, il est très-probable qu'elle se conduira toujours avec 
plus de constance, de désintéressement et de piété dans les 

' admis ponr ce temps dans les Collèges, sant avoir pris la rësolatîon 
d'enlrer dans la Society coname on Va dit. On pourrait néanmoins user 
de dispensa quant à ce temps de sept années,' et le prolonger, si ces 
Ecoliers étaient fort édifiants par leur vie exemplaire, en sorte qn'on les 

• crût très-ulilés an Collège et au ser^rice de Dieu. - 

n. 



08 CONSTITUTIONS mi JiS$IIITES. 

rum , 4d majus D£i ac DomiDi Nostri obsequium proYideri 
convenit. 

2. Prœter id e^utem quod ad Gonstitutiopes , et dissolutio* 
nem, vel alienationem hujusmodi Gollegiorum pertioet, uni- 
yersa potestas et administratio, et, ut in génère dicatur, bu- 
jus superintendentiae exsecutio pênes Praepositum Generalem 
mt ; qui finem illum, ad quem Gollegia et Societas tota con- 
tendit, prae oculis habens, melius quid eisdem conveniat, nt 
telliget. 

5. Per se ergo , vel per aliupi , cul suam facultatem corn- 
municaverit in bac parte, Praepositus Geoeralis Rectorem, ut 
praesit cuicumque Gollegio , aliqDem ex Goadjutoribus So- 
cietatis constituet (a) ; qui Praeposito Provinciali , yel cui 
Generalis prœscripserit, rationem sibi assignati muneris red* 
det. Et pênes eumdem erit Praepositum, Rectorem amovere, 
talique cura, prout ei convenientius in Domipo yidebitur, li« 
berare. 

4. Gurandum est autem , ut ille, cui Rectoris oHQcium im* 
ponitur, magni sit exempli , magnae œdiûcationis , magnse 
etiam mortificationis in omnibus pravis inclinationibus , et 
in Obedientia praecipue , ac bumilitate probatus ; qui donuqn 
etiam discretionis babeat, ad gubernandum idoneus, in rébus 
agendis versatus. in spiritualibus exercitatus sit; qui severi- 
tatem suo tempore et loco cum benignitate miscere noverit; 
qui sollicitus , qui patiens laborum , qui etiam in Litteris 
eruditus sit ; et demum ejusmodi, cui confidere, cuique suam 
potestatem tuto communicare Praepositi Superiores possint : 
quandoquidem qu6 baec potestas major erit, eo melius régi 
Gollegia ad majorem Dei gloriam poterunt. 

5. Rectoris officium erit, in prirnis oratione et sanctis desî- 
deriis totum Gollegium velut bumeris suis sustinere. Deiode 
curare, ut Gonstitutiones observentur (6); omnibus Golle- 
gialibus cum omni sollicitudine invigilare : eosdemque ab ii^. 



(a) Hoc non prohibet, qain Professas sliqols ad visibindas, ?el refor- 
mandas alico^as GoUegU res missus, msnere io eo posset, ?el omnibaa 
aliis ad teoipas précise. Tel aliter ; ut magis cooTenire ad CoUegii« val 
ad uniyersalÎB boonm videretur. 

(6) Sicot curare, ut obseryeatar omoiao ConsUlatioDet, ita et is 
eisdem dispensare ('inaodo eam Taisse mentem iUius, qui aat oondidit* 
<n re a'iqaa panicalari judicaret, jaiU éventas rcru/p, et nécessitâtes. 



QUATEIÈMB PAATIB. -199 

soins qu*il faudra prendre pour la bonne administration des 
Collèges, et en vue du service de Dieu et de Notre-Seigneur. 
â. Excepté en ce qui concerne les Constitutions, la dissolu- 
tion ou Taliénation des Collèges, tout le pouvoir et toute Tad- 
ministration, en un mot, Texercice de cette surintendance, 
appartiendra au Général, qui, ayant toujours devant les yeux 
le but de ces Collèges et de toute la Société, verra mieux ce 
qu'il sera utile de faire. 

5. Ainsi le Général par lui-même, ou par Tintermédiaire 
d'un autre, i qui il aura communiqué son pouvoir sur ce point , 
établira à la tête de cbaque Collège un Recteur, choisi parmi 
les Coadjuteurs de la Société (a) ; et ce Recteur rendra compte 
de la charge qui lui est confiée au Provincial ou à celui que 
le Général aura désigné. Le Général pourra aussi révoquer 
le Recteur et le décharger de ce soin, quand il le jugera cou- 
yenabie dans le Seigneur. • 

4. Il faut avoir soin que celui à qui Ton donne remploi de 
Recteur soit un homme de mœurs édifiantes et exemplaires, 
très-inortifié sur toutes les mauvaises inclinations, éprouvé 
surtout dans l'Obéissance et dans rhumilité ; qu'il ait le don de 
discernement, qu'il soit propre à gouverner, versé dans les 



affaires, et exercé dans les choses spirituelles; qu'il sache sui- 
vant les circonstances unir la sévérité à la douceur; qu'il soit 
vigilaqt, patient dans le travail ; qu'il ait une certaine teinture 
des Lettres, qu'enfin il soit tel que les Supérieurs puissent se 
fier à lui et lui déléguer leur pouvoir en toute sûreté. Car plus 
ce pojLivoir sera é^radu, plus il sera facile de bien gouverner 
ies ColIjÊgfîs^^hTiîs l'intérêt de la gloire de Dieu. 
» '5. Le premier devoir du Recteur, c'est de soutenir en quel- 
que sorte le Collège sur ses épaules par la prière et de pieuses 
intentions : ensuite d'avoir soin que les Constitutions soient 
observées (6), de veiller avec sollicitude sur tous les membres 



(a) Cela n'empécbe pas qu*na Profès qui sera't eoyoyë pour ?isiter oa 
pour réformer un Collège^ ne pût y demeurer, pour y être à la tète de 
tous les autres, soit pendant un temps, soit autrement, selon qu'il parai- 
trait le plus utile au bien généra] ou à celui du Collège. 

{h) De même qne ce sera au Recteur à Teiller à ce qu'on observe 
exactement les Constitutions, ce sera aussi à lui à en dispenser^ par le 
poQTOir qu'il en aura reçu de ses Supérieurs; quand, dans on cas parti- 






200 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

qiiae nocere possint Domi et foris, defendere ; tum pr.neve- 
niendo , tum etiam si quid mali accidcret , remediura adhi- 
bendo, ut ad singulorum et universale bonum convenit; 
utque in virtutibus et Litteris proficiant, curando; sanitatem 
eoruin,et bona etiam Collegii, tam stabilia , qiiam mobilia 
conservando (c) ; eos qui offîcia gérant domestica prudenter 
constituendo ; et quomodo suis lungantur officiis , conside- 
rando; et prout in Domino convenire judicabit, vel in eis- 
dem ministeriis detinendo» vel ab iisdem removendo. Et ge- 
neratim loquendo, curet, ut qaœ in superioribus Gapitibus 
dicta. siint, quae quidem ad Gollegia spectant, observentur. 
Memor sit etiam subordinationis intègre ' obsérvahdflD in 
Obedientia « non solum ad Generalem , sed ad Provincialem 
quoque ; certiorem eum, do quibus oportet. reddendo, ad 
eumque referendo, quae majoris erunt momenti ; et qus ab 
ipso injuncta fuerint (quandoquidem ipsum SuperioFem faa- 
• betjexsequendo, ut œquum est ad se referri sibique Obe- 
dientiam prasstari ab iis, qui in Gollégio degunt : qui quidem 
Rectorem suum magnopere revereri ac venerari, ut qui 
Ghristi Domini Nostri vices gerit, debebunt ; libcram sui îp* 
sorum , rerumque suarum dispositionem cum vera Obedien- 
tia ipsi rolinquendo : nibil ei clausum, ne conscientiam qui- 
dem propriam , tenendo (d) ; quam ei aperire ( ut in Examine 
dictum est) suis constitutis temporibus, et saepius,' si causa 
aliqua id posceret, oportébit ; non repugnando, non contra- 
dicendo , nec ulla ratione judicium proprium ipsius judicio 
contrarium demonstrando \ ut per unionem ejusdem senten- 
tiœ et Yoluntatis, atquc per debitam submissionem/melius 
in Divino^bsequio conserventur et progrediantur. 



... c 



%■ ' 



ninjaf commune bonam intueado) ad Rcctor^ m, aeeepta a suii Majoribnii 
pjlestatc, pertioebit. 

' (c) Ad ea qoœ dicta sunf, redacitar cura cooTeniens amicos cooser* 
taNdi, et ex adTersériii boneToloa reddcndi. 
' (d) Retclausaiultligitur, jaaua, velarca/«lc. ' ' . • * • 



QUATRIÈME PARTIE. 201 

du Collège et de les garantir de tout ce qui pourrait leur être 
nuisible soit au dedans, soit au dehors, en prévenant le mal 
et en y appliquant les remèdes les plus convenables pour le 
bien de chacun et celui de tous; en travaillant à les faire 
avancer dans les vertus et dans les Lettres ; en veillant à la 
conservation de leur santé, et à celle des biens meubles et im- 
meubles des Collèges (c) ; en choisissant avec prudence des 
personnes pour remplir les fonctions domestiques ; en exa- 
minant comment elles s'acquittent de ces fonctions, pour les 
maintenir ou les révoquer selon qu'il le jugera convenable 
dans le Seigneur : en un ihot, il doit faire observer toutes les 
règles dont il a été question dans les chapitres précédents, en 
ce qui regarde les Collèges. Qu'il se souvienne aussi d'obser- 
ver rigoureusement la subordination qu'il doit montrer lui- 
même dans l'Obéissance, non-seulement envers le Général, 
mais aussi envers le Provincial ; qu'ainsi il les informe de tout 
ce qui est nécessaire, qu'il s'en rapporte à eux pour les choses 
les plus importantes, et se conforme à leurs ordres, puisqu'ils 
sont ses Supérieurs : de même il est juste que tous ceux qui 
résident dans le Collège s'en rapportent à lui de tout, et lui 
obéissent en toutes choses. Ils devront avoir pour leur Rec- 
teur un grand respect et une grande vénération, comme pour 
celui qui tient la place de J.-C. N.-S. Ils le laisseront disposer 
librement d'eux-mêmes et de ce qu'ils possèdent, comme le 
veut là' véritable Obéissance; ils n'auront'rien. de .fermé pour 
lui, pas même leur conscience (c{), qu'ils seront tenus de lui 
découvrir aux temps marqués, comme il a été dit dans l'Exa- 
men, pu même plus souvent, si quelque 'motif rexigëàif.' Us 
ne résisteront point à,ses ordres, ne le contrediront point et 
ne chercheront pas à apppyer, de. quelque raison que ce soit, 
leur propre jugement, quand il sera contraire au sien : afin 
que par cet accord de sentiments et de volontés, et par la sou- 
mission qu'ils lui doivent, ils se maintiennent mieux et fassent 
plus de progrès dans le service de Dieu. 



cnlier, U pensera que telle était l'inteation de celui qui les a faites, 
ayant tonjoars devant les yeux le bien général, et se prêtant aux événe- 
meots et à la nécessité. ' . > - 

. (c) On doit rapporter à ce qui est dit ici le soin de conserver nos 
amis et de gagner la bienveillance de nos adversaires. *. . 
(d) On entend par chose formée une porte ou un coffre, etc. 



2^2 CONSTITUTIONS DÈS JÉSUITES. 

6. Ad bonam Domus gubernationem non solum Dumeram 
necessarium OfQcialium Rector provideat, sed ut idonei sint» 
quoad ejus fieri poterit, ad suas fuoctiones, curet {e) : cuique 
suas Régulas (f), ubi» quœ ad singulorum ofGcia pertineni, 
contineantur, tradat : et ne se bic in illius ofGcium ingerat » 
videat. Praeterea , ut eis prospicere de subsidio , si necessa- 
rium id fuerit, debebit ; ita cum tempus vacuum illis fuerit, ut 
utiliter illud impendant Divine servitiq, curet. 

7. Inter Offîciales Rectori necessarios , in primis Ministar 
idoneus, qui Yice-Rector vel Magister Domus sit, et omnibus» 
quae ad bonum universale pertinent, provideat, est deligen* 
dus. Syndico etiam ad exteriora observanda, et aliquo (g)^ 
qui rébus spiritualibus superintendat , et duobus aliis , vel 
pluribus quorum prudentiœ et probitati muUum conûdat . 
opus est : ut cum eis de iis, quœ difïiciliora, et ad D» gloriam 
majorem communicanda videbuntur, conferre posait. Suot el 
alii ad particularia officia necessarii {k). 



8. Curet Rector, ut in suo officie cuique integram Obedien- 
tiam Collégiales prœstent, et alii Officiales Ministro, et sibi 
etiam ipsi, prout idem prœscripserit. Illud in universum ad- 
monuisse convenit, eos qui curam aliorum suae Obedientiœ ' 
subditorum babent, praeire eisdem exemplo Obedieoti»» 



{$) Idoaei snot intelligen4i*« habita ratione tom taffidepliaB pemna* 
raiD, tum occupationum. Qoœ eoim officia moUoin oecopationla leeaiB 
ferant, yalde occupatis in aliis rébus minime oonrenireot : et quia qui* 
basdam experientit, ni bene flaot, neoessaria est, non Mie rautari 
deberent. 

(f) Ex Regnlb coiqae vidend» eaieat iiognUa hebdonadii Itet qnm ad 
ipsom pertinent. 

ig) Si tanta non esset copia bom!nnm« onus pinra officia sosttoere 
posset. Sic Minlster, et Soperinteodens dictus coram habere posaenl 
eornin qniB ad Reotorem ?el NoTiiios pertinent, ete. 

(h) Sic esse posset qni scriberet, Jjnitor, Saerista, Coquin* Lolor. 
Alia officia nimia operosa posaent inter SchilasMeoe difidi» ai alii 
etsent qui ea po sent csereere, 



QUATRIÈMB PAatiB. 20S 

6. Quant à la bonne administration de la Maison, le Rec- 
teur veillera non-seulement à ce qu'il y ait un nombre suffi- 
sant d'employés, mais à ce que tous soient, autant que possi- 
sible, propres à leurs fonctions (e) ; il mettra entre les mains de 
chacun les Règles {f) qui contiennent tout ce qui a rapport à 
ses fonctions, et il aura soin que Tun ne se mêle pas de la 
charge de l'autre. En outre il devra veiller à ce qu'ils aient 
des aides, en cas de besoin ; et aussi à ce qu'ils emploient uti- 
lement au service de Di£U le temps qu'ils auront de reste. 

7. Parmi les Fonctionnaires indispensables au Recteur, il 
choisira d'abord un Ministre propre à cette charge, qui sera 
le Vice-Recteur ou le Maître dJe la Maison, et qui aura soin de 
tout ce qui concerne le bien général. 11 lui faudra encore un 
Syndic pour veiller à l'intérieur, un troisième (9), chargé de 
la surintendance au spirituel, et deux autres ou même plus, 
dont la prudence et la probité lui inspireront beaucoup de 
confiance, afin de pouvoir conférer avec eux des choses qui 
lui paraîtront les plus dirfieiles et dont il croira devoir leur 
faire part dans l'intérêt de la gloire de Dieu. Il en faudra en- 
core d'autres pour les fonctions de détail (h). 

8. Le Recteur veillera à ce que tous ceux qui demeurent 
dans le Collège montrent une Obéissance parfaite à chaque 
Fonctionnaire dans ce qui regarde son emploi, et à ce que 
ceux-ci se comportent de même envers le Ministre ou lui- 
même dans tout ce qu'il leur ordonnera. Nous avertissons en 

(e) Pour juger s'ils y sont propres, on doit considérer tant la capacité 
des personnes que les occupations elles-mêmes. Ainsi, les fonctions qui 
eotrainent beaucoup d'oocopatioas ne conviendraient point à ceux qui 
seraient déjà fort occupés d'ailleoris ; et, comme il faut de l'expérience 
ponr biea rempUr quelques-unes de ces chargea, on ne de?ra pas cfaan* 
ger faciiement ceux qui les occupent. 

(/) Chacun lira tontes les semaines dans les Règles celles qui le 
concernent. 

(g) S'il n'y avait pas assez de monde, une seule personne pourrait être 
chargée de plusieurs foactions à la fois. Ainsi le Ministre et le Surinten- 
dant dont nous parlons pourraient avoir de ce qm concerne le Recteur 
ou les Novices, etc. 

{h) Ainsi, ceux qui savent écrire pourraient être Portier, Sacristain, 
Cuisinier^ Blanchisseur. Pour les autres fonctions moins laborieuses, on 
pourrait les confier aux ÉcoMers, s'il n'y avait pas d'aitres personnes 
ponr les remplir. 



204 CONSTtTtJTlOXS DES JÉSUITES. 

quamsuis Sùpériôribus Ghristi locô ipsimet pràstent, opor- 
lere. • « • . .•.-■.. . " . . . 



: 9. Âd omnia conferet temporis ordo in Biudiis, orationibus, 
Missis, lectionibus, cibo, somno, et in reliquis servatus : et 
sigiium constitutis boris detur (t), quo audito omnes statim, 
yel imperfecta littera relicta, ad id, ad quod vocantur, se 
conférant. Ërit autem pênes Uectorem, vel eum qui primas 
tenebit, id curœ, ut videat, quando bae borae pro îemporum 
vel aliarum causarum occurrentium raiione mutand» sint.Et 
quod ipse statuerit, observetur. 



I < 



40. Rector ipse légère, aut docere GhrisUanam doclri* 
nam {k) quadraginta dies débet. Videat etiam, qui ex 
Gollegialibus,étadquemusquelimitem Domietforis in collo- 
quiis» spiritualibus exèrcitiis tradendis, Gonfessionibus au- 
diendis, tum etiam in concionibus, vel lectionibus, vel doc- 
trina tradenda, partim ad ipsorum exercitationem (prœcipue 
sub finemstudiorum), partim ob aliorum Domesticorum, vel 
exteriioriim fructum» aliis se communicare debeant: et in 
omnibus,-qûod senserit Divin» ac summae bonitati gralius, et 
ad ipsius obsequium ac gloriam majorem, omnibus perpensis,' 
provideat (/). * ^ i. ;. » 



(t) Sigoom dabiiur percsmpaDain qiuB pulsabitor, ut se recipiaat ad 
soiiiDum» et ad meosam, etc. 

(k) Si cooTenircooo vtdebitor ad sâiflcaticaeni. vel ob aliqnam aUjm 
causani sarRcientein, nt Hector ipse li!gaf,''re cumProriaciali com- 
niunicata, si ejuf dem Ule seDtentis fuerit, per aliam iJ muniu obire 
pulcril. ' 

(l) GonsUlutionei quœ ad Go!legia lertioeok, seortum leneii. H' 
publice bis aut ter slognlis auois, tegi posieut. * 



QUATRIÈME PARTIE. ^^ 205 

• 

général tous ceux qui ont le soin d'autres personnes soumises 
à leur Obéissance» de leur donner l'exemple de cette Obéis- 
sance, parcelle qu'ils montreront eux-mêmes à leurs Supé- 
rieurs comme tenant la place de J;-G.: 

9. Il y aura toute espèce d'avantage à conserver un ordre 
réglé pour le temps des études, .des. prières,. de^Jl^ses, des 
leçons, des repas, du sommeil et de tout le reste. On donnera 
un signal aux heures marquées (i), et sitôt qu'il aura été 
donné, tousse rendront à ce à quoi ilsoht appelés, 'sans 
même achever une lettre qu'ils auraient commencée. Ce sera 
au Recteur ou à celui qui tiendra la première place, de voir' 
quand il faudra changer ces heures, selon que le temps ou 
d'autres circonstances le demanderont : et on observera tout 
ce qu'il aura décidé à ce sujet. • - î • * » .-^ . > 

40. Le Recteur doit professer ou enseigner lui-même la 
doctrine Chrétienne {k) pendant quarante jours. Il désignera 
aussi, parmi les habitants du Collège, ceux qui pourront com- 
muniquer avec les étrangers et décidera jusqu'à quel point ils 
pourront le faire, soit dans la Maison, soit au dehors, par des 
entretiens, en faisant faire les exercices spirituels, en enten- 
dant des Confessions, en faisant des sermons ou des leçons^ en 
enseignant la doctrine Chrétienne: le tout pour s'exercer eux- ' 
mêmes, principalement vers la fin de leurs études, ou pour 
être utiles aux autres personnes de la Maison et aux étrangers. 
Enfin le Recteur pourvoira à tout ce qu'il jugera, après de 
mûres délibérations, être le plus agréable à la bonté infinie 
de DiBU, et le plus utile à son service et à sa gloire [/). 

(t) Oa donnera le signal en sonnint une cloche pour aller se coucher, 
pour aller à table. 

{k} S'il ne paraissiit pas utile à l'édification des autres que le Recteur 
professât par lui-même^ ou si quelque autre raison le défendait, il pjur- 
rait« après en aroir communiqué les raisons au Proyincial, et dans 
le cas où celui-ci serait du même sentiment, faire re.nplir cette foncUon 
par une autre personne. 

(1} Ou pourrait mettre à part les Constitutions qui concernent les 
Collèges, et les lire publiquement deux ou trois fois par an* 



iS 



206 CONSTITUTIONS DES lESCtTES. 

CAPUT XI. 

De Universilatibus in Socielate admillendis, 

i . Eadem cfaaritatis ratio, qiia Gollegia admiltuatur, et pu- 
blicffi Scholœ ia eis, doq taatum ad Nostrorum, sed magis eliam 
ad externorum œdiflcationein in doctrina et moribus, teaen- 
tur, extendi poterit ad Uoiversitatum curam suscipiendam ; 
ut in eis hic fructus eitendatur, latiusque pateat , tant in 
scientiis, quaB traduntur, quam in hominibus, qui ad eas 
conveniunt, et gradibus, ad quos promoventur; utaliis in lo- 
cis cum auctoritate docere possibt, quod in bis bene ad Dei 
gloriam didicerint. 

2. Quibus tamen conditionibus et obligationibus, quibus- 
que in locis hujusmodi Universitates admitti debeant, ei, qui 
supremam curam Societatis babet, judicandum relinquir 
tur (a) : qui Assistentium sibi auditis sententiis, et aliorum 
quos in consilium adhiberi volet, per se ipsum deliberare po- 
terit, an sint admittendœ. Non tamen, postquam admiss» 
fuerint, sine Gongregatione generali per eum dissolvi po- 
terunt. 

3. Quia tamen Religiosa quies et gpirituales occupationes, 
nec animi distractionem, nec alia incommoda, quae judicandi 



(a) Cum Fundator a Societate assignari certum Lectorum nnonerain» 
Tel alias obligaUonci susclpi vellet, auimadvertendam est, qaod si admit- 
tantur, jadicando utile ctiam tuac esaù Societali, ad flnem propositum 
Dlviol scrvitii id oncris subire, omniao ia eis impleadis dccsse noa 
oportet, sicut nec facile aliquid in bac parte prœter \d, ad quod obli- 
gantur (prieserlim si id interpretari quis possit, qua&i noTa iadticerctur 
obligatio) prsstandum est sioe Geaeralis conscnsu. Ille aulem noa se 
facilem ad id concedcDdum reddet : quia potias« re in consultatioaem 
cum suif Asfiisteriiibus adducta, yideat ne Socletatem gravet t et U qaa 
in ra indulgpatur, constet obl*gat'onem niillam induri : sed id quod ad- 
ditnr, omnino Tolnntar.'nin ease. 



QUATRIÈMB PABTIB. 207 



CHAPITRE XL 

Des Universités dont la Société pourra se charger. 

i . La même raison de charité qui fait qu'on se charge de 
Collèges et qu'on y tient des Classes publiques, pour élever 
dans la bonne doctrine et dans les bonnes mœurs non-seule- 
ment les nôtres, mais plus encore les étrangers, pourra aller 
jusqu'à nous faire accepter la charge de quelques Universités, 
afin d'augmenter par là le bien que nous pouvons faire et de 
rétendre tant par les sciences qu'on y enseignera, que parles 
personnes qui y viendront prendre des grades, pour aller en- 
suite enseigner avec plus d'autorité ce qu'elles y auront ap- 
pris bien et pour la gloire de Dieu. 

2. On laisse à celui qui a le gouvernement général de la 
Société le soin de juger sous quelles conditions, avec quelles 
obligations et en quels lieux on pourra se charger de ce$ Uni- 
versités (a). Il demandera d'abord l'avis des Assistants et de 
ceux qu'il voudra consulter, et ensuite il décidera lui-môme 
ce qu'il y aura à faire. Mais une fois qu'on se sera chargé de 
ces Universités, il ne pourra plus les dissoudre sans consulter 
l'Assemblée générale. 

5. Cependant comme le repos Religieux et les occupations 
sprirituelles ne permettent pas à la Société les distractions 



(a) Quand le Fondateur aura di terminé un certain nombre de Pro- 
fesseurs ou imposé d'autres obligations, ii faut remarquer que, si 
on y a une fois consenti, en jugeant qu'il fût utile à la Société et au ser- 
vice de DiBU, qu'elle se propose pour but, de se charger de ce fardeau, 
il ne faudra jamais manquer de satisfaire à ces engagements. Il ne fau- 
dra pas non plus, sans le consentement du Général accorder au delà de 
€6 à quoi on est obligé, surtout si une concession de celte nature était 
dans le cas d'être interprétée, comme une nouYclle obligation, et le 
Général lui-méms nie s'y prêtera pas facilement ; mais au contraire il 
prendra garde, après en avoir délibéré avec ses Assistants, à ne point 
trQP charger la Société; et si on se mpnire facile sur que'que point, on 
aura soin de constat r qu'on ne contracte aucune obligation! mais que 
cette nouvelle charge est absolument volontaire. 



208 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

in rébus civilibus vel crimirialibus officium sequi soient, So- 
cietati permittunt; jurisdictio hujiismodi, quam par se, vel 
per alios a se dependcntes exerceré debeat Societas, non ad- 
mittatur : quamvis ad ea, iquse ad bonum statum Universita- 
tis proprie pertinent (6), conveniat jiistitis ordinariaî, siye 
saecularis, sive Ecclesiasticae Ministros, circa punitionem 
Scholasticorum, voluntatem Rectoris Universitatis sibi sîgni- 
ficatam exsequi, et generatim res studiorum favore suc, 
praesertim cum a Rectore fuerint commendatœ, promo- 
vere (c). 



CAPUT XII. 

. ■ ' • • • . 

De scienCiis, quœ Iradendœ suni in UniversUcUilnu Socie(a(ii. 



1. Cum Soeietatis atque studiorum scopus sit, proxîmosad 
cognitionem et amorem Dei, et salutem suarum animarum 
juvare; cumque ad eum fînem, médium magis proprium sit 
FaeuUas Tbeologiae ; in banc potissimum Soeietatis Universi- 
tates incùmbent; ac diiigenter per idoneos admodnm Prœ- 
ceptores, quae ad Scbolasticam doctrinam,' et Sacras Scriptu- 
ras pertinent, ac etiam ex Positiva, quoe ad bunc ilnem Nobis 

• • • 

(&) Ad bonam Uiiiversitatis statum proprie pertîoeret, ti ScbolAslims 
aUqais rebellii. Tel sic offe idicuU cauia aliii esset, nt doo solum SchoUt 
eum, sed etiaoi cÎTitate expelli, Tel in carcercm conjici cooTeniret; at 
certiores facti justitiœ orilinariœ Admimslratorca, id itatiin exseqoe* 
rentur* Et ad hoc et similia a Principe, Tel anprenia PoteitaCe^ bnjni- 
inodi facullatis8criptuinhaberete4iuioniumoporlebit; ut oommeodatio 
etiam Recloiis in alcujus SiHiolaatict faTorem, momentum apad eosden 
juBtiiiœ Minialroa babcret. ne Scbolastici opprimsrcDtnr. 



(e) Quoniam exemptlo abordinariis Judicibua, Sdiolaaticorum oiimc^ 
rum allicere non potest, allia praprogatiTii et prif ilegiia ut Id compoi- 
aetur curandom eat. < 



QrATRIÈME PARTIE. 209 

et les antres inconvénients qui sont ordinairement la suite des 
fonctions judiciaires dans les affaires civiles ou criminelles, 
on ne devra pas se charger de juridiction de ce genre, que la 
Société dût exercer par elle-même ou par des juges dépen- 
dants d'elle. Cependant, dans les choses qui touchent au bon 
état de l'Université (6), il convient que les Ministres de la jus- 
tice ordinaire, séculière ou Ecclésiastique, suivent, dans la 
punition des Ecoliers, les ordres du Recteur de TUniversité, 
et en général ils doivent favoriser les progrès de nos études, 
surtout dans les choses que le Recteur leur aura recom- 
mandées (c). 



CHAPITRE Xn. 

Des sciences qui doivent être enseignées dans les Universités de la 

Société. 

1 . Gomme le but de la Société et des études est d*étre utile 
aux hommes dans la connaissance et Tamour de Dieîj, et pour 
le salut de leurs âmes, et comme la Faculté de Théologie est 
la plus importante pour ce but, les Universités de la Société 
devront surtout s'appliquer à cette faculté : on y expliquera 
avec soin, et avec Taide de Professeurs tout à fait capables, ce 
qui concerne la science Scholastique et TËcriture Sainte, et 

(b) Uae chose qui toncfaerait de près au bon état de TUniversité, ce 
serait par exemple qu*uQ Ecolier se révoltât ou fût on si grand sujet de 
scaodalé pour les autres, qu'il déliât nécessaire de le chasser non-seule- 
ment des £co!es, mais encore de la Tille, ou de le mettre en prison : d^ns 
ce cas, les ministres de la justice ordinaire, une fois ayertis, devraient y 
pourvoir sur-le-champ. Pour cet ohjet et d'autres semblables, il faudra 
obtenir du Prince ou de l'autorilé souveraine une C3nnrmatlon par 
écrit de ce pojToir. Cela est nécessaire aussi pour que la recommanda- 
tion du Recteur en faveur d'un Écol'er ait quelque crédit auprès des 
ministres de la justice, et que les Écoliers ne soient (oifit oppriml«. 

(c) Comme nous n'r.urons pas l'exemption de la juridiction ordinaire 
pour attirer un grand nombre d'Écoliers, on fera en sorte que co défaut 
d'exemption soit compensé par d'autres prérogali?es et d'autres privi- 
lèges. 

^8. 



210 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

praefixum Cûnveniunt (non attingendo tamen eam partent 
Ganonum, quae foro contentioso ioservit) pertractabunt. 

â. Et quia tam doctrina Theologiae, quam ejus usus exigit 
(bis praesertim temporibus) Litterarum bumaniorum (a), et 
Latinae, ac GrœcsB, et Hebraicae linguas cognitionem ; harum 
etiam idonei Professores, et quidem juste numéro, constituen- 
tur. Aliarum prœterea linguarum, qualis est Gbaldaica, 
Arabica, et Indica (6)» ybi necessarioe vel utiles ad dictum fi- 
nem viderentur ; babita regionum diversarum, et causaruia» 
quae ad eas docendum movent, ratione, possent Praeceptores 
constitui. 

5. Sic etiam, quoniam Artes vel scientiae naturales ingénia 
dispoDunt ad Tbeologiam (c), et ad perfectam cognitionem, et 
usum illius inserviunt, et per seipsas ad eumdem finem ju- 
rant; qua diligentia par est, et per eruditos Praeceptores, la 
omnibus sincère bonoreni et gloriani Dei quaerendo, trao- 
tentur. 

4. MedicinaB, et Legum studium, ut a Nostro Instituto ma- 
gis remotum, in Universitatibus Societatis yel non tracta - 
bitur, vel saltem ipsa Societas per se id oneris non sua- 
cipiet. 

(a) Sub Litteris humanioribui, praeter Grammaticam, iotelligtUir 
quod ad Rbeloricam, Poesim et Hiitoriam pertiaet. 

(b) Giim io aliquo Goilegio, vel Uoiversitate eo spectaretur, nk hemi- 
nes ad Sarraceno< Tel Turcas jutaados pr;rparentur. Arabica liogua* 
Tel Cbalda'ca conveuirct; cmn ad Indos, ladîça : et sic de altis dicendum. 
qaœ esse posseot aliis iu regionibiu ob similes causas uliliores. 

(c) Tractabilur Logica, Pbysica, Metapbyiica, Moralis soieotia, et 
etiam Mathematicœ, qnateoui tamen ad ùaem Nobis proposiioui coove- 
niuDt. lu legendo et scribeodo alioi iastituere, opua etiam cbaritatia 
esset; al is persooarnm numerua Socie!ati sappeteret, ut omoibos 
vacare posaet : propter earum tamea pennriam hoc ordinarie docer« 
non coosneYimus. 



OUATRliHB PARTIS. 2i\ 

même dans la Positive on s'occupera des choses relatives au 
but que nous nous proposons, sans cependant toucher i cette 
partie des Canons qui a rapport au contentieux. 

2. Et comme la science de la Théologie, et Tusage qu'on 
en peut faire, exigent, surtout dans ces temps-ci, la connais- 
sance des Humanités (a) et des langues Latine, Grecque et Hé- 
braïque, on nommera aussi des Professeurs pour toutes ces 
branches, en nombre convenable. U pourra aussi y avoir des 
professeurs pour les autres langues, comme le Ghaldéen, TA- 
rabe ou l'Indien (6), quand on le jugera utile au but que nous 
nous proposons, eu égard à la diversité des pays et aux diffé- 
rents motifs qui peuvent engager à les enseigner. 

5. De même aussi, comme les Arts et les Sciences natu- 
relles disposent les esprits à la Théologie (c), et sont utiles pour 
la connaître parfaitement et pour s'en servir, et que d'ailleurs 
elles tendent par elles-mêmes au même but que la Théologie, 
on les fera enseigner par des Professeurs savants, avec tout le 
soin convenable, en cherchant sincèrement en tout l'honneur 
et la gloire de Dibu. 

4. Pour l'étude de la médecine et des lois, comme elle est 
plus étrangère à notre Institut, on n'en traitera pas dans les 
Universités de la Société, ou du moins la Société ne se char- 
gera pas par elle-même de ce fardeau. 

(a) Sous le nom d'hnmaaités, il fant entendre, outre la Grammaire, 
tout ce qui a rapport à la Rbélorique, it la Poésie et à l'Histoire. 

(b) Si dans an Collège ou dans une Uni?ersité on se proposait de 
préparer des missionnaires pour le pays des Sarrasins ou d( s Turcs, U 
serait utile d'enseigner l'Arabe ou le Ghaldéen ; de même, la langue ïa- 
dienne, si c'était pour les Indes, et ainsi des autres langues qui |)our- 
raieot être utjlei dans d'autres pnys pour des raisons semblables. 

{c) On enseignera la Logique, la Physique, la Métapbys'oue, la Morale 
et même les Mathématiques, autant qu'elles peuvent être utiles au but 
que nous nous proposons. Ce serait aussi une œuvra de charité d'ap- 
prendre à lire et à écrire, si la Société avait assez de monde pour suffire 
à tout ; mais comme elle en manque, nous n'enseignons pas ordinaire- 
ment ces cboses-ld. 



2^2 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 



',• t 



'y "- CAPUT xiir. 

De modo et ordine prœdictas FacuUates traciandi, 

. 1 . Ad tractanda tam Facultatum mferiorum, quam Tbeo- 
logiae studia, dispositio et ordo conveniens tam mane, quam 
Yesperi, servandus est. 

2. Et quamvis pro regionum, et temporum diversitate, io 
ordine, et statutis horis studio tribuendis, possit yarietas ac- 
cidere (a) ; omnes tamen in eo conveniant, ut ubiqiie fiât, 
quod inibi magis expedire ad majorem la litteris profectum 
existimabitur. 

. 5. ^ec solum lectiones sint, quae publiée praelegantur; sed 
Blagistri etiam diversi (6), pro captu et numéro audientium, 
constituantur : qui quidem profectum uniuscujusque ex suis 



. (a) De statutit lectionnm horis, ordine, ac modo, et de ex récital io- 
nibas tam compositionura (qiias à Magistris emendari oportet) qnara 
disputationum io omnibus FacuUalibui, et pronuntiaDdi publice ora- 
tiones et carroina, speciatim in quodam tractatu per Geoeralem Prepo- 
•itom apprbbato agelnr sebrsiim, ad qncm hsc Conslitutlo nos reraittil ; 
id duntaxat moneodo, illa locis, temporibos, et personis acoommodari 
oportere; quamyis ad illum ordinera acoedere, quoad fieri potest» 
conveniat: 

(b) Trcs ordinarie ernat Prffioeptores io tribns dWersis Grammatîea» 
class bat ; quartas Humaoiores Litteras, quintm Rhetoricam pnelegat : 
et in hornm daorura classibus Grœca Lingna, et Hebraica, et li qua alla 
d'sceretur, e«t prslegenda ; ila i)t seraper sint qainque rlaises. Qaod si 
tanturo negotli a'iqase ipsarum exhibèrent, ut unns Magts'ereit soins non 
satisfaceret, adjulor aliquis ei adjuugetnr. Si vero anditorom nameriis 
ferre non potf>rit, ut unus Praeceptor soins omnibus det operam, qaamYts 
atioi auiilisres babeat, geminari possetdass's ea, qnœ sic numéro aban» 
daret ; ita ot diiœ(Terbi gratia) quiafœ classes, duaB quart» esseot; et om- 
nes Praeceptores, si fleri potest, ex Socielatc sint : qnamTis, si necetailas or- 
geret. cxterni esse pi)S8ent. Si etiguus numerus. \v\ auliforura disposition 
nec lot classes, oec tôt Pra'c 'plores exi :eret, io omnibni pradeolia sd 
nioderandum numerum, et eos dontaxat, qui satis siot, designandos 
locom babebit. . 






CHAPITRE XIII. 

; . . . ... 

Comment et dam quel ordre on s'occupera des diverses études, * 

« • • . • « 

4. Dans renseignement soit des arts inférieurs, soit de la 
Théologie, il faudra le matin comme le soir observer un ordre 
et un arrangement convenables. . . > 

2. La diversité ^ des pays et des saisons pourra apporter 
quelque changement dans cet ordre et dans les heures con- 
sacrées à rétude (a) ; mais cependant on s'accordera toujours 
en cela que partout il faudra faire ce qu'on croira le plus 
utile aux progrès des études. 

5. Non -seulement il y aura des leçons qui se feront en 
public, mais il faudra instituer aussi des Professeurs, diffé- 
rents (6) , en proportion de l'intelligence et du nombre des 



(a) Les beares consacrées aax leçons, TorJrâ et la nature de ces 
lecooK, les divers exercices, comme tes compositions, que les maîtres 
devront corA^er eax-mème$, les discussions dans toutes les Faculté?, et 
les discours et les pièces de vers à lire en public, tout cela sera r^glé à 
part dans on traité spécial approuvé par le Général auquel celte Con- 
stitîttion DO'.is renvoie ; en observant seulement qu'il faudra s'accommo- 
der aux lieux, aux temps et aux porsmnes, tout en se rapprochaot 
autant qne possible de la règle commune. > ' 

(6) Il y aura d'habituie trois Professeurs pour les troif classes de 
Grammaire, un quat^i^ms pour les Humaintiis, un cinquième pour la 
Rhétorique : dans ces deux classes on enseignera la langaeHébi'aI(|tte et 
toute autre qu'il faudrait apprendre : en sorte qu'il n'y ait tbojôurs que 
cinq classer: Si quelqu'une d'entre elles donnait t mt de trlivait, qu'un 
seul mâttre n'y pût suffire, il faudrait lui adjo ndre un Coadjuteur. Si le 
nombre des Élèves ne permettait p^s à un seul Professeur de s occuper 
de tous, mimé avec le secours d'auxilifires, on pourrait dédoabler celte 
classe si nombreuse, en sorte qu'il y eût, pour parler ainsi, deux qua- 
trièmes; deux cinquièmes : tous les Professeurs autant que possible, 
devront être pris dans le sein de Ja S )ciélé : cependant, en cas d'absolue 
nécessité, on pourrait prendre des étrangers. Si le petit nombre on la 
répartition des £ èves n'exigeaient ni tant de classes ni tant de Profes- 
seurs^ il fauiira avec sagesse en restreindre le nombre et ne nonnier 
que ceux qui sont nécessaires. ,. . 



214 GONSTITCrriOKS DBS JÉSUITES. 

Scholasticis speciatim procurent (c) , et lectionuiQ rationem 
exigant; utque eœ repetantur {d)^ et studiosi Litterarum Hu- 
maniorum familiarem sermonem, Latine communiter lo- 
quendo, etstylum,scribendo, ac pronuntiationem, composita 
bene pronuntiando expoliant, curent : et hisac multomagis 
Facultatum superiorum studiosis, crebras disputatiooes im- 
ponant ; quibus dies et borae certae constituantur : ubi noo 
solum cum condiscipulis, verum paulo inferiores cum ali- 
quanto provectioribus disputent, in iis quae ipsi capiuDt : 
quod eliam vice versa provectiores cum minus provectis, ad 
ea, quae illi tractant, descendendo, et Prœceptores alii cum 
aliis praestabunt, semperqua decet modestia observata; et 
aliquo praesidente, qui contentionem dirimat, et quid doctri* 
nsB elici oporteat, ex disputatis declaret. 



4. Erit itideni Rectoris, per se, vel per Gancellarium sem- 
per observare, ut, qui novi accedunt, examinentur, et in iis 
classibus, cumque iis Prseceptoribus, qui ipsis conveniunt, 
collocentur : et ejus discretioni (audita sententia eorum, qui 
ad id munus designati sunt) relinquetur, num diutius in 
eadem classe roanere, an ad aliam uUerius progredi debeant. 
Ëjusdem erit judicium de studio linguarum, praeterLati- 
nam (^), num Artibuset Theologise anteponi, an postponi, et 



(c) An praefer Prseceptores ortlioarios, qui ipeciatim anditoram rtlto- 
neiB babeaot, esse uDiiin opor!eat« vel plores« qoi more publicomin 
Professorom le«;aot Pbilojophiam, Matbetnaticas teientias. Tel qoain* 
vis aliam disc'pliuam, majori cam apparatu, quam Lecloreiordioarii; 
prudeniia id cooslitiiet juxia locorum, et persooarum cam quibus agiter, 
ratiouem ; pra oculis majorcm œdificationem, et Dbi serviliom ha- 
beodo. 

(d) Non so!nm repetit'ones nltirnsB lectionis fleri oporlebit, veriun d 
hebdomadsB et loogioris temporit, proat expedire judicabitor. 

(e) Posset aliqnis ea «tate tel iogeuio esse* ut sda Latine Llugua ai 
solBciat, et ex aliis Facaltatibus quantum ad Confeisiooes audieodas, el 
ageudum cum proiimls opus est; rujasmodi suut aliqui, qui eoran 
animarum gérant, née magns» erudit'onis sunt eapaoes. Alii rurson 
erunt, qui a 1 supei tores scieotias progredientur. lias eutem eepesacre^el 
illas reliuqucrc, qualeatfs coaTeuiat, Superioris erit judicare ; quod cam 



QUATRIÈME PARTIE. 2\^ 

auditeurs. Ces Maîtres s'occuperont spécialement des progrès 
de leurs élèves (c) ; leur demanderont compte de leurs le- 
çons; auront soin qu'ils fassent entre eux des répétitions (<f), 
et que ceux qui étudient les lettres perfectionnent leur con- 
naissance de la langue latine en parlant habituellement cette 
langue , leur style en composant , leur prononciation en dé- 
bitant bien ce qu'ils auront composé : à ces élèves et surtout 
à ceux des Facultés supérieures, ils donneront fréquemment 
des sujets à discuter à jour et à heure fixés d'avance. Les 
élèves ne discuteront pas seulement avec leurs condisciples, 
mais les moins avancés avec ceux qui le seront un peu da- 
vantage , et réciproquement les plus avancés avec ceux qui 
le seront moins en redescendant aux matières dont s'occu- 
pent ceux-ci : les Professeurs le feront aussi entre eux en 
observant toujours la modération convenable, et il j aura un 
Président qui mettra fin à la discussion et fera voir l'instruc- 
tion que l'on doit tirer de la discussion. 

4. C'est le devoir du Recteur de veiller toujours par lui- 
même ou par le Chancelier à ce que les nouveaux venus 
soient examinés et placés sous les Professeurs qui leur con- 
viennent : on laisse à sa discrétion de décider, après avoir 
pris l'avis de ceux qui sont commis pour cela , si les élèves 
doivent rester encore dans la même classe ou passer dans 
une classe plus élevée. C'est à lui de voir aussi si l'étude des 
langues y la langue latine exceptée (e), doit être placée avant 



(c) Si, ootre les Professeurs ordinaires qui s'occuperont spécialement 
des Élèves, il parait nécessaire d'en avoir nn ou plusieurs pour ensei- 
gner à la manière des Professeurs publics la Philosophie, les Malhéoia- 
liqaes ou toute autre science avec plus d'aapparat que les Professeurs 
habituels, la prudence en décidera en tenant compte des lieui et des 
personnes à qui on a affîiire, et en ayant toujours sous les yeux la plus 
granle édiflcation de chacun et le service de Bieo. 

(d) Les répétitions devront porter non-seulement sur la dernière 
leçon, mais sur celles de la semaine, et même d'un temps plus éloigné» 
selon qu'on !e jugera utile. ^ 

(e) Quelques-uns pourraient par leur âge et leurs dispositioia 
u^avoir besoin que de la Langue Latine» et des autres connaissances 
qu'autant qu'il en faut (four la Confession et les rapports avecle f rocbain ; 
ainsi quelques-uns de ceux qui ont le soin d3sàmes et ne sont pas capa^ 
blés d'une grande érudition. D'autres, au con'raire^ devront aller jus- 
qu'aux sciences élevées* L*» Sipérieur jugera jusqu'à quel polut il c.^n- 



• 



216 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

quamdiu in eis quemque hœrere oporteat. Sic etiam in aliis 
scieDtiis superioribus, proptcr ingenioruffi et aetatum înœ- 
qualitatem, aliaque consideratione digaa, ad eunidem perti- 
nebit expendere, quantum quisque eas discere, et quamdiu 
in eisdem versari debeat : quamvis lis, qui aetate et ingenii 
aptitudine pollent, melius sit, aut in omnibus proficere, et 
conspicui esse ad D£i gloriam enitantur. 



5. Ut assiduitas in litlerario exercitio, sic et aliqua remissio 
oecessaria est. Quanta base esse debeat, et quibus tempori- 
bus (/), prudenti considerationi Rectoris, expensis circum- 
stantiis personarum et locorum, relinquetur. 



CAPUT XTV. 

De librii qui prœlegendi sunt. 

4. Generatim (ut dictum est, cum de Collegiis ageretur) ilii 
prœlegenturlibri, qui in quavis Facultate solidioris ac sêcu- 
rioris doctrin» babebuntur.NecilH sunt attingendi, quorum 
doctrina, vel auctores suspecti sint (a). Hi tamen pariiculatim 
in quavis Universitate nominentur. 



Scholasticis exterais signiflcaterit, si volent illi nibilomioas aliam ratio- 
Dem f eqaf , c geordi non erunt. 

(f) Sallem singi^is hebdomadis dies unnta prandio quieti dcslioatus 
ait : in reliqoii cooferatur cum ProTÎnci^li, qui ordo in vacationibuf» 
vel iotermisûoDibus studiorum ordinariia sittenendua. 

(à) Quamvis liber smpicioDe malœdoctricia? Tacet,cuni tamcn 80>pectos 
Cflt auctor, legi eum non convenit. Solet enim opua in canta este, ut qui 
legit ad auctorem afficiatnr : et auctoritas, quam apud ipsum habet ni 
lis, quœ beoe dici^ poaset postmodum aliqoid persuadere ei iii, qiUB 
raale dicit. Rarom e^t etiam aliqnid vrneni non admiaceri in ita, que a 
pectore teneni pleno egrediuntnr. 



QUATRIÈME PARTIE 2 H 

OU après celle des Arts ou de la Théologie, et combien chacun 
doit consacrer de temps à chaque étude. De même aussi pour 
les autres sciences supérieures, 1 inégalité des dispositions et 
des âges et les autres motifs dignes de considération exigent 
qu'il décide jusqu'à quel point chacun doit les étudier et le 
temps qu'il doit y consacrer : cependant il vaut mieux que 
ceux qui sont jeunes et pleins de talent s'efforcent pour la 
gloire de Dieu de faire des progrès en tout et de devenir des 
hommes distingués. 

5. L'assiduité est nécessaire dans l'étude des Lettres , mais 
un peu de relâche ne l'est pas moins. La durée et les occa- 
sions du repos (f) sont laissées à la prudente et sage déci- 
sion du Recteur qui pèsera les circonstances de personnes 
et de lieux. 



CHAPITRE XIV. 

Des livres de classe, 

I . On se servira en général ( comme on Ta dit à propos 
des Collèges) de livres qui, dans chaque matière, offrent le 
savoir le plus solide et le moins de dangers. 11 ne faudra pas 
aborder ceux dont la doctrine ou les auteurs seraient sus- 
pects (a). On devra les désigner particulièrement dans chaque 
Université. 



^icDt d'entreprendre oa de laisser les uses on les autres ; mais lorsqu'il 
aara fit sou a^is aux éludiants étrangers à la Société, s'ils veuîeufc 
Déanmoins suivre un autre plan» il ne faudra pas les contraindre. 

(/) Il devra y avoir an moins loutes les semaines un jour consacré au 
repos à partir da dîner : du restp, on conférera avec le Provincial sur 
les dispositions à prendre pour les vacances it les congés. 

(a) Un livre pourrait être à l'abri de tout soupçon de mauvaise doc- 
trine, et il ne faudrait cependant pas le laissf-r lire &i l'auteur est tm- 
prêt. L'efft't hitbituel d'un ojvrage est d'attacher les l<ct< urs à l'iiuttur, 
et l'ascendant que celui-ci exerce s'.ir cu\ dans ce qu'il dit de b >n pour- 
rait ensuite leur faire adopter quelque chose de ce qu'il a dit de irauvris. 
II est bif'n rare d'ailleurs qu'il ne se glisse pas un pru Jo pohcu daas ca 
qui sort d'une âme qui en est remplie. 

• ^9 



248 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

In Theologia legetur Vêtus et Novum Testamentum et 
doctrina Scholastica Divi Thomae (b) ; et in ea quam Positi- 
yam vocant, eligentur ii auctores (c) qui ad scopum Nostram 
inagis convenire videbuntur. 

2. Quodattinet ad libres Humaniorum Litterarum L4itiaos, 
yel Graecos, abstineatur in Universitatibus quoque, quemad* 
modumin GoUegiis, quoad ejus fieri poterit, ab eis juventuti 
prœlegendis, in quibus sit aliquid quod bonis moribus nocere 
quoat; nisi prius a rébus, et verbis inhonestis purgati sïnUi}. 

5. In Logica et Phllosophia Naturali et Moralî, et Metaphy* 
sica, doctrina Aristotelis sequenda est, et in aliis Artibus li- 
ber alibus, et in commentariis tam bujusmodi auctorum, 
quam Humaniorum Litterarum, babito eorum delectu» do- 
minentur ii, quos videre Discipuli, quosque ipsi Praeceptores 
prœ aliis in doctrina quam tradunt, sequi debeant. Rector 
autem in omnibus, quae statuent, procedet juxta id, quod in 
universali Societate, magis convenire ad Dei gloriam judica- 
bitur. 



(6) Praelegelar etiam Magister Sententiarum. Sed si Yideretur tem- 
poris decursii aliusauc'or stadeiitibus utilior futurus* ut si aliqaatiiiDma 
Tel liber Tbeologiœ Scbolastics conGceretur, qai bit Noftris tëraporiboa 
accommodatior ?ldcretur; gravi cuin coasilio, et rebas diltgenter 
expc'osis per nros, qui in uoiversa Societate aptîssimi exiftineotor, 
ciimque Prœpositi Generalis approbat'one, praïlfgi poterit. In aliis 
etiam scientiis et Litteris Humaoioribus, si Ubri aliqni admitteotur in 
Societate composili, at atiliores quam alii qui commuoiter io roaDiboi 
h ibeotur, magna cum coosideratioiie id fiet, prœ oculis babendo scu- 
pom Nostram majoris Iraai uolyersalis. 

(c) Ut ex aliqoa parte Jaris GaaoDici et Conciiiorum, etc. 

(d) Si aliqui omnioo purgari doq poternnt, qoemadmodomTereotivi, 
potioa DOQ legaotur : ne rerom qaalitas animorum purilatcm ofleodat 



QUATRIÈUE PARTIE. 249 

En Théologie on lira l'Ancien et le Nouveau Testament, la 
doctrine Scolastique de saint Thomas (6), et dans celle qu'on 
appelle Positive , on choisira les auteurs (c) qui paraîtront 
convenir le mieux au but de la Société. 

2. Quant aux ouvrages de Littérature Latine ou Grecque, 
il faudra autant que possible s'abstenir, dans les Universités 
comme dans les Collèges, de mettre entre les mains de la 
jeunesse ceux où quelque chose pourrait nuire aux bonnes 
mœurs : si Ton n'a d'abord élagué les passages et les expres- 
sions déshonnêtes (et). 

5. Dans la Logique , la Philosophie Naturelle et Morale, et 
la Métaphysique, il faudra suivre la doctrine d'Aristote : pour 
les autres Arts libéraux et les Commentaires des auteurs, tant 
de ces sciences que des Belles-Lettres, il faudra faire un choix 
et désigner ceux que les élèves devront voir et ceux que les 
Professeurs devront surtout suivre dans leur enseignement. 
Le Recteur, dans toutes ses décisions , aura égard à ce que 
toute la Société croira convenir davantage à la gloire de 
Dieu. 



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(b) Oa étudiera aussi le Mailrt) des Senteoces ; mais si dans la suite 
des temps un auteur paraissait plus utile pour les étudiants, si, par 
exemple, on composait une somme ou uu livre de Théologie Scholastique 
qui parût plus a^^proprié à notre temps, alors après une mura délibéra- 
tioo> après avoir tout bien fait peser par les membres les plus capables 
de toute la Société et avec l'approbation du Général, on pourrait 
l'adopter. De même pour les antres sciences et ponr les Lettres, si l'on 
adopte des ouvrages composés au sein de U Société comme pins ntilet 
qne ceux qui sont entre les mains des Élèves, il faudra le faire aveo 
beaucoup de réflexion et en ayant sons les yenx notre but, le plos grand 
bien général. 

(c) Par exemple, une partie du Droit Canonique, des décisions des 
Goaciles, etc. 

(d) S'il est absolument impossible d'exparger un aut<>ar comme 
Térence, par exemple, il vaut mieux ne pas l'étudier : de peur que la 
nature des sujets ne blesse la poreté de l'âme. 



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2tft COKSTITOTIOirS DES JESUITES. 



CAPUT XV. 

De eursibui et gradibus, 

4 . In Litteris Humanioribus, et linguîs, cursus temporis 
limitatus ad earom studium absolvendum esse nequit (a), 
propter ingeniorum et doctrioae auditorum yarietatem, 
multasque alias causas ; quae non aliam temporis prsefinitio- 
nem, quam quse unicuique convenire juita prudentis Rec- 
toris, vel Gancellarii arbitrium videbitur, permittunt. 

2. In Artium studio cursus erunt ordinandi, in quibus 
scientise naturales (ad quas minus, quam trium annorum 
spatium satis non erit (&) prœlegantur ) ; praeter quos médius 
adhue annus ad audita repetenda, et actus Scbolasticos celé- 
btandos, et gradum Magisterii suscipiendum iis. qui eum 
suscepturi sunt, relinquetur. Cursus ergo integer trium erit 
annorum cum dimidio, usque ad promotionem ad Magiste- 
rium. Singulis autem annis (c) unus bujusmodi cursus inchoa- 
bitur, et alius cum Divino auiilio absolvetur. 

3. Theologiœ.curriculum sex annis emetietur. In primis 
quatuor, ca omnia quœ legi oportebit, prœlegentur ; in duo- 
bus reliquis, praeter repetitionem, actus soliti ad gradom 
Doctoratus, ab iis qui promovendi sunt, absolyentur. Quarto 



(a) Bono ingrnio praedilti qui stadia inchoant, tideator, an medlaf 
annuf » in quavis qaatoor classiam ioferiorom turocia^ et duo in ni- 
prema; quod tempus Rhctoricas, et lioguarum fctodiii impeudatiir : 
oerta tamcn régula praescribi non poteit. 

(6) Si alîqttis alibi aadîTi&set aliqold ex Artibai UlieraHbot, pouet efia 
temporii ratio haberi : ut plurimum t»ineD, ot qiiis ad gradum Magb- 
terii proinoYeafur» très annos, ut diritur, aiuduerit oportet : et taotom* 
dam de quatuor Tbeologis annis, ut ad actut admittaotur, et in eadem 
gradom Doctoratua aocipiant, diclum ait. 

(c) Si opporlunum noo fuerit id ita omnfno prsttare, Td dedat 
homiaea, vel aliaa obcautas; prsatabitur corn Pra&podii Geatralis» val 
certe Provbicialif aaaewo* quod poterit. 



QUATRIEME PARTIE. 



224 



CHAPITRE XV. 

Dei cùuri et dei grades. 






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4 . Pour les Belles-Lettres et l'étude des langues on ne sau- 
rait déterminer le temps dans lequel les études doivent être 
achevées (a); cela est impossible à cause de Tinfînie variété 
des esprits et des connaissances , et pour bien d'autres mo- 
tifs, qui ne permettent de fixer d'autre limite que celle qui 
convient à chacun , d'après le jugement d'un sage Recteur 
ou de son Chancelier. 

2. L'étude des Arts comprendra des cours de sciences na- 
turelles, pour lesquelles un espace de moins de trois ans 
serait insuffisant (6) ; en outre une demi-année pour repas- 
ser le cours, soutenir les actes de l'école et prendre le grade 
de Mattre, sera laissée à ceux qui en auraient l'intention. Le 
cours complet sera donc de trois ans et demi jusqu'à la 
promotion à la Maîtrise. Chaque année (c) un cours pareil 
commencera et un autre s'achèvera avec l'aide de Dieu. 



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5. Le cours de Théologie comprendra six années. Dans les 
quatre premières, on étudiera tout ce que l'on doit voir ; dans 
les deux autres, on repassera , et ceux qui doivent prendre 
des grades soutiendront les actes habituels jusqu'au Docto- 



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(a) Poor les élèves qoi ont de riatelligence et qui commeacent lenrs 
élodes» on verra s'il ne leur sofflk pas d'être une demi-année dans une 
des quatre classes inférieures et deux dans la dernière pour y apprendre 
la Rhétorique et les langues : mais on ne peut donner là -dessus de règle 
certaine. 

. (b) Si quelqu'un avait déjà étudié ailleurs les Arts libéraux, on pour- 
rait lui tenir compte de ce temps-!à; cependant il faut d'ordinaire pour 
parvenir à la Maîtrise avoir étudié trois ans, comme ou le dit ici, et de 
même en Théologie, quatre ans, pour être admis à soutenir les actes et 
à passer le Dactorat. 

(e) S'il n'était pas faeile de remplir toutes ces conditions, soit faute de 
sujets, soit pour d'autres raisons, on fera le plus que l'on pourra avec le 
consentement du Général ou au moins du ProTincial. 

49. 



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222 coNSTirrriONS des jh^scites. 

quoque anno ordinarie cursus inchpabitur (d), sic librîs pne- 
legendis distributis, ut quolibet quatuor an uorum quivisstu- 
diosus incboare possit; et quod reliquum est incœpti qua« 
driennii, et ejus quod sequitur quadriennii, usque ad illum 
terminum, unde incœperat, audiendo, quatuor annis per- 
agere omnino cursum Theologise possit 

4. In gradibus tam Magisterii Ârtium, quam Doctoratos 
Theologiœ tria observentur : Primum ne quis nisi diligenter 
et publiée examinatus (e) per personas designatas, quae bene 
8uum officium faciant, et idoneus ad praelegendum eamdem 
scientiam inventus, promoveatur ; sive ilie de Societate sit, 
$vye extra eam. Alterum, ut prœcludatur ostium ambitioni , 
nullis lociscertis, eis qui ad gradus promoventur, assignatis; 
quin potius bonore se invicem praevenire, nuila locorum dif- 
ferentia observata, curent. Tertium, ut quemadmodum gratis 
docet, ita et ad gradus Societas gratis promoveat : et nonnisi 
admodum exigui sumptus (licet voluntariisint) externis per- 
mittantur (/; : ne consuetudo vim legis tandem obtineat, et 
in ea parte, temporis deciirsu, excessus Oat. Yideat etiam 
Rcctor, ne Magistris, vel uUis aliis de Societate, sibi, aut Col- 
legio pecuniam, aut dona quaevis ab uUo, pro re quavis, in 
ipsorum utilitatem facta accipere permittat; quandoquidem 
praemium Nostrum solus Cbristus Dominus juxta Nostrum 
Institutum fufurus est ; qui est merces nostra magna nimis. 



(d) Si talis esset reratn statas la aliqao GolleglOi vel Unlrertitate 
Societatii, ot «ecundo quoqae anno iochoare melios Tideretar, vel ali- 
qnando post quartam ; de ooasenso Generalis, Tel ProTiocialia, Oeri 
poterit^ qaod raagis coaTenire comperietar. 

(e) Si jastas ob causas aliqaii publiée non examinandaf TidereCur, 
habita à General! , vel Proviociali facultate, fleri poterit, quod Reelor ad 
majorem Du gloriam fore jndica vent. 

(f) Et sic noQ permitteotur convîTia, nec alii ludl, qui cnm inmpCilNii 
non mediocribui flnnt, et ad flnem Nobis propositum inutilea tnnt : 
pilei, aut chirotecœ, vel quid aliad detar. 



QUATRliMB PARTIE. 2SS 

rat On commencera pour Tordinaire ce cours tous les quatre 
ans (d) , en répartissant Teiplication des auteurs de manière 
qu'un Etudiant puisse commencer n'importe quelle année, et, 
en suivant le reste du cours, et le suivant jusqu au point où 
il a commencé, compléter en quatre ans le cours de Théologie. 

4. Pour le grade soit de Maître es arts, soit de Docteur en 
Théologie, il faut observer trois choses : la première, que per- 
sonne n'obtienne un grade s'il n'a été examiné avec soin et 
en public (e) par des personnes choisies pour cela, qui fas- 
sent bien leur devoir, et s'il n'est trouvé propre à enseigner 
cette même science , qu'il fasse ou non partie de la Société. 
La seconde , qu'on ferme tout accès à l'ambition en n'assi- 
gnant pas de rangs à ceux qui obtiennent un grade : qu'ils 
aient soin au contraire de se prévenir mutuellement de po- 
litesse, en n'observant aucune différence de places. La troi- 
sième, que la Société, qui enseigne gratuitement, élève aussi 
gratuitement aux grades en permettant aux étrangers une 
légère dépense quoique volontaire (/"), pourvu que cet usage 
ne dégénère pas en loi et que la suite des temps n'amène 
point en cela d'abus. Le Recteur aura soin aussi que ni les 
Maîtres ni aucun Membre de la Société ne reçoivent ni argent 
ni cadeaux de personne, pour aucun service que ce soit, 
puisque notre récompense, d'après notre Institut, sera N.-S. 
J.-G. qui est pour nous un magnifique salaire. 

(d) Si l*état des études dans on Collège ou aoe Uoirersité de la So- 
ciété faisait trouver plus ayantagoox de le commencer tous les deux 
ans, on môoDe à un intervalle plus long que quatre ans, on pourra, BTeo 
le consentement do Général ou du ProTinci;il, faire ce que l'on aura re- 
connu le plus convenable. 

(a) Si pour de justes motifs on ne croyait pas devoir examiner quel- 
qu'un en public, on pourra, avec la permission du Général ou du Pro- 
vincial, faire ce que le Recteur décidera pour la plus grande gloire de 
Dieu. 

(f) Ainsi on ne permettra pas les repas, ni les autres divertissements 
qui exigent d'assez fortes dépenses, et sont inutiles aa but que se pro- 
pose la Société : on ne donnera ni bonnets, ni gants, ni rien autre 
chose. 






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224 CONSTITUTIONS I«S JÉSVITES. 



CAPUT XVI. 

De iiê, quœ pertinent ad bonos mares, 

1. Diligenter curetur, ut qui Litteras discendi gratîa ad 
Universitates Societatis se conferunt, simul cum illîs bonos 
ac Ghristianis dignos mores addiscant. Âd quod muUum ja- 
ycrit si omnes singulis saltetn mensibus semel, ad Gonfessio- 
nis Sacramentum accèdent; si Missam quotidie, concionem 
singulis diebus festis (cumea fiet) audient(a). Ex Prœcepto- 
ribus autem quisque boc a suis Discipulis prœstari curabit. 

2. Prœlegetur etiam in Gollegio, aliquo die cujuscumque 
bebdomadse, Ghristiana Doctrina, et ut pueri eam discant et 
recitent, omnesque etiam adultiores, si fieri potest, eamdem 
sciant, curabitur. 

5. Habebitur etiam singulis bebdomadis ( ut de Gollegiis 
est dictum) ab aliquo ex Scbolasticis declamatio(6) de rébus, 
quœ audientibus aedifîcationi sint, eosque ad augmentum in 
omni purilate ac virtute expetenduminvitet; ut nonsolum 
Stylus exerceatur, sed mores meliores reddantur. Omnes au- 
tem eos, qui Latine sciunt, hujusmodideclamationi intéresse 
oportebit. 

4. In Scbolis nec juramenta, nec injuriœ, yerbo yel facto 



(a) Qaî facile compelli p'^sstint, corapellantar ad id, qnod de Gonfei- 
siooe» Misse, conciooe, doclrioa Ghristiana, et dcclamatioae didtur. Aliia 
amanter qnidem persaadere cooTenit ; sed ad id ne cogantar, nec si id 
non praestiterint à Scholis expell ntufi dum tamea neo disaolulii nec 
aliis ofreDdiculo esse Tideaatur. 



(b) QnaniTis plarimum n prima classe stt fatara^ qui banc déclama- 
tîoaem dicet, siTe ex Scbolasticis Societatis, sive ex exlernis sit; po>aet 
tamen aliqnnndo aliquis slins, qui Rectori viderctnr, eam cnnQcere, 
▼el qund alius conllcprlt, proountiare. Quia tamen rrs eril pulli a, Ira- 
j iismodi esse debebit, ut, à quocumque pronuntietnr, eo loco non indi- 
gna esse jitdicetur. 



QOAniÈlIB PABTII. 22S 



CHAPITRE XVI. 

Des bùnnei mœun. 

i . On aura grand soin que ceux qui viennent aux Univer- 
sités de la Société pour apprendre les Belles-Lettres se for- 
ment en même temps à des mœurs bonnes et dignes d'un 
Chrétien. Un excellent moyen pour cela, c'est de s'approcher 
du Sacrement de la Confession au moins une fois par mois, 
d'entendre laMesse tous les jours et le sermon chaque jour de 
fête quand il a lieu (a). Chacun des Professeurs veillera à ce 
que ses Élèves observent cette règle. 

2. On enseignera aussi dans le Collège, un jour par semaine, 
la Doctrine Chrétienne , et on aura soin que les enfants l'ap- 
prennent et la récitent, et même que tous ceux qui sont plus 
âgés la sachent, s'il est possible. 

5. Chaque semaine aussi , comme on l'a dit à propos des 
Collèges, un des Écoliers lira un morceau (b) sur un sujet pro- 
pre à édifier les auditeurs et à les inviter à chercher à croî- 
tre en pureté et en vertu ; afin non-seulement d'exercer le 
style, mais d'améliorer les mœurs. Tous ceux qui sauront le 
Latin devront assister à cet exercice. 

4. Dans les Écoles, on ne permettra ni jurements, ni in- 



(a) Il faudra décider les élèfes qui p^raitront d'un esprit docile, à ci 
que Ton dit ici de la Gonre>iion, de la Messs, da Sermon, de la Doc- 
trine Cbrélienne et de la Composilion. On es»a)era aussi de le persuader 
amicalement aux antres, mais sans les y forcer; et s'ils ne s'y prêtent 
pas, il ne faudra pas les chasser des classes, tant qu'ils ne montre- 
ront pas de relâchement et qu'ils ne seront pas pour les autres une oc- 
casion de péché. 

{h) La plupart du temps on prendra dans la Rhétorique celui qui 
prononcera le morceau, soit parmi les Écoliers de la Société, soit parmi 
lea externes; cependant quand le Recteur le jugera à propos, un autre 
pourra le faire ou lire ce qu'un autre aura fait. En tous cai, comme la 
chose se fait en public, on aura soin que le discours, qui que ce soit qui 
le pronottce« ne toit pas indigne de la circonstance. 



226 CONSTÏTimOKS DES IÉS0ITES. 

illatse, nec inhonestum aut dissoUitum quid in eiteniis ad 
Scholas accedentibus permittatur. Feratur autem Prœcepto- 
rum peculiaris intentio, tam in lectionibus, com se occasio 
obtulerit, quam extra eas, ad eosdem ad obsequium et amo- 
rem Dei ac virtutum, quibus ei placere oportet, movendos, 
et ut omnia sua studia ad hunx; finem référant. Quod ut ad 
memoriam eis reducatur, ante lectionis initium, dicta aliquis 
brevem orationem ad id institutam (e) ; quam Pr»ceptor, et 
Discipuli omnes, aperto capite, attente audient. 



5. Propter eos, qui tam in diligentia suis studiis adbibenda, 
quam in iis, quae ad bonos mores pertinent, peccaverint; et 
cum quibus sola verba bona et exbortationes non sufficiunt, 
Gorrector (qui de Societate non sit) constituatur; qui pueros 
in timoré contineat, et eos quibus id opus erit, quique casti- 
gationis bujusmodi erunt capaces, castiget. Cum autem nec 
verba, nec Gorrecioris officium satis esset, et in aliquo emcn- 
datio non speraretur, aliisque esse offendiculo videretur; 
praestat a Scholis eum removere {d), quam ubi parum ipse 
proficit et aiiis nocet, retinere. Hoc autem judicium Rectori 
Universitatis, ut omnia ad gloriam et servitium Dei, ut par 
est, procédant, relinquetur. 



CAPUT XVIL 

De Officialibui vel Ministris UniversUaiii. 

4.Gura universalis, vel superintendentia el gubematio 
UnîTersitatk, penesRectoremerit(a) ; quid idem esse poterit, 

(e) Oratk) Tel eo modo dicen ia est, nt deTOlionem et aediflcatioiiem 
addak , vel noo est dioeoda, sed Prsceptor s'gno Gracis sa maniât 
aperto capite, et iocipiat. 

(d) Si casas alfqois accidfret« obi in remediom ofrendicnli prsstilf, 
satis non esset a Scbolis expellere ; Tideat Rector, quid praterea con- 
veniat providere ; qosro?i8» quoad ejus flcri p.)terlt« in spiritn leoUatif, 
pace et chsrilale eum omnibus cooscrTata^ tit sgendum. 

(a) QnamTis boo ita se habeat, tamen nec Leetores primarios* bm 



QDATaiÈME FARTIA. 227 

suites en paroles ou en actions , ni rien de déshonnéte ou 
d'inconvenant aux étrangers qui viennent en classe. Les Pro- 
fesseurs auront une attention toute particulière , soit dans 
leurs leçons , quand l'occasion s'en présentera , soit en de- 
hors, à porter leurs Élèves au service et à l'amour de Dieu 
et des vertus par lesquelles on doit lui plaire ; et ils rapporte- 
ront tous leurs soins à ce but. Et pour le rappeler à leur 
souvenir , avant le commencement de la classe , quelqu'un 
récitera une courte prière composée dans ce but (c) , et le 
Professeur et les Élèves Técouteront tous attentivement , la 
tête découverte. 

S. Quant à ceux qui seront en faute , soit pour le soin à 
apporter à leurs études, soit pour les bonnes mœurs, et avec 
lesquels de bonnes paroles et des exhortations ne suffiront 
pas , il y aura un Correcteur, pris en dehors de la Société , 
pour tenir les enfants dans la crainte et châtier ceux qu'il 
faudra et qui seront en état de recevoir ce châtiment. Si les 
paroles et l'intervention du Correcteur ne suffisaient pas 
pour un Élève , s'il ne laissait pas espérer d'amendement et 
paraissait une pierre d'achoppement pour les autres, il vaut 
mieux le renvoyer de la classe (d) que de le retenir là où il 
profite peu et où il nuit aux autres. Le Recteur de l'Univer- 
sité en décidera, en sorte que tout tourne comme il convient à 
la gloire et au service de Dieu. 



CHAPITRE XVII. 

Des Fonctionnaires et des Employés éPune Université, 

1. Le soinigénéral , la surintendance et la direction d'une 
Université appartiendront au Recteur (a) ; ce pourra être la 

(e) La prière doit ou être dite de manière à augmenter la déyotion et 
l'édiGcftlion, on ne pas être dite ; le Professeur fera te signe de la Croix 
nn-téte et commeucera. 

(d) S'il se présentait un eas où l'expnlsioo ne serait pas une panitioa 
suffisante du scandale causé, le Recteur verra ce qu'il conviendra de 
faire en outre; cependant, autMkque possible» il faut agir dans ua es- 
prit de douceur, et sans violer la paix et ta charité en?< rs personne. 

(a) Pourlant, il ne changera pas les premiers Professeurs ni les pre^* 



228 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

qui in GoUegio praecipuo Societatis praeest; et iis praeditus 
Dei donis, de quibus dictum est, ut possit commisse sibi of- 
(icio dirigeadi in Litteriset moribustotam Universitatem sa- 
tisfacere. Ëjus electio ad Praepositum generalem vel alium, 
cui ille id commiserit ( cujusmodi esset Provincialis, vel Yi- 
sitator ) spectabit : confirmatio vero semper erit Generalis. 
Habebitautem Hector quatuor Gonsiliarios, vel Âssistentes(d), 
qui in rébus ad ipsius officium pertinentibus, ut plurimum 
possint eum juvare, et cum quibus ipse, quaa sunt majoris 
momenti, conférât. 

2. Eritet Gancellarius (c), vir in litteris egregle versatus, 
qui et zelo bono et judicio ad ea, quaa sunt ei committenda« 
polleat : cujus sit munus, générale Rectoris instrumentum 
esse ad studia beneordinanda, et disputationes in actibus pu- 
blicis dirigendas, et ad discernendum, an sufflcîens doctrioa 
sit eorum, qui ad actus et gradus (quos quidem ipsemet dabit) 
sunt admittendi. 

5. Sit Secretarius ex eadem Sôcietate, qui librum habeat, 
ubi omnium Scholasticorum, qui Scfaolas assidue fréquentant, 
nomina scribantur {d) : quique eorum promissionem de Obe- 



OfBriales (qaalis est Gancellarius) laconiullo Pro^inciali, vel Generali» 
fi Yicinior est, matabit, si ille non eidem id commisisset ; coi ot rei 
omnes per^pec!» tint, cara e débet. 

(b) Ex liis Gonsiliarlis unus posset Gollateralit tMB, si Pnepodlo 
Gênerait id necessarlam Tideretur : et ti tam inulti esse oommode non 
possent, flet ut optime poterit. 

(c) Si satis esset Rector, ut prster saura, Ganoellarii etiam muant 
obire posset» la eamdem personam hsc duo ofncia possent cooTeoire. 

(d) Quando ultra unam hebdomadam, assidue Scholl^ frrqaentaott 
iovitandi sunt ad Domina sua danda, quas in librum matricute refenin- 
tur : et legentur MsJem, non omnes Gonstitulioues, sed quas onicaiqQe 
fUiit obsnrTaodae : et promissio ab eis, non autem jusjurandum, de 
Obedienlia et obserrolione proposilarura Gon»titu<ionum exigetar. Si 
uollpDt allqiii proraiss'one oblijail, Tel nomina in mafriculam nfereoda 
darf, tton idco a Scliotia rxcludpndi sunt; dummodo padfica et sioe 
orft ndicuKi in cis verseotur : et sic eis signiflcari poterit s addrndo nibi*o* 
minus, quoJ cura magis par.icularia Scholasiioorum, qnoruin oomiiia 
•cripta in libro UnÎTcr.italis sunt, haberi solet. 



QUATRIÈME PARTIE. 229 

même personne que le chef du principal Collège de la So- 
ciété; il sera orné des dons de Dibu dont il a été question , 
afin de pouvoir, comme il doit , diriger toute l'Université 
dans les Lettres et les bonnes mœurs. Le choix du Recteur 
appartiendra au Général ou à celui qu'il aura commis à cet 
effet, comme le Provincial et le Visiteur : le droit de conftr- 
mer restera toujours au Général. 

Le Recteur aura quatre Conseillers ou Assistants (b), pour 
l'aider autant que possible à remplir ses fonctions et pour 
conférer avec lui sur les affaires les plus importantes. 

2. On prendra pour Chancelier (c) un homme d'un savoir 
remarquable, plein de zèle et de pénétration pour ce qui lui 
sera confié : sa charge consistera à être entre les mains du 
Recteur un instrument universel pour bien diriger les étu- 
des, pour conduire les discussions dans les actes publics, 
pour discerner s'il y a un savoir suflisant chez ceux qui se pré« 
sentent aux actes et aux grades que lui-même conférera. 

3. On prendra aussi dans la Société le Secrétaire, qui aura 
un registre où seront inscrits les noms de tous les Ecoliers 
qui fréquentent assidûment les Classes (d). Il recevra leur en- 



miers Fonctionnaires, tels que le Chancelier, lans aTofr coninllé le Pro- 
vincial oa le Général, si ce derniir est moins éloigné; cependant, il 
pourra le faire si ce ponvoir Ini a été conQé par son Supérieor, à qui il 
doit avoir soin de faire toat savoir. 

(&) Un de ces Conseillers pourrait être Collatéral, si cela paraissait 
nécessiire au Géuéral; et sMs ne peuvent facilement être au<si nom- 
breui, on s'arrangera du roieax possible. 

(c) Si le Recteur était en état de remplir, outre ses fonc ions, celles 
de Ghaacelicr, ces deux charges pourraient être réunies dans la même 
personne. 

(d) Quand ila*fréqucntent assidûment les Classes au dtlà d'une se- 
maine, ils faut les inviter à donner leors noms pour ôlre inscrits sur le 
Registre matâcule, etoo leur lirai non pis toutes les Cons.li toi ions, mnis 
ce que chacun doit en observer, et on exigera d'eux la promesse et non 
le serment de se conformer et d'obéir à ces Constitutions. Si quel ]ues- 
uns ne veulent se lier par aucune promesse, ni donner lenrs noms pour 
être inscr ts sur le Registre matricule, il ne Tant pour cela les éloigner 
des Classes : pourvu qu'iU s'y conduisent pacifiquement et sans com- 
mettre de faute; on pourra le eur dire eu ajoutant qu'on prend d'habi- 
tude un soin plus particiilier des Écoliers irs.rils sur le registre de ru« 
nîTerailé. 

20 



/ 



2Sa GONSTltDtlONS DES JESUltES. 

dientia Rectori prsestanda, et Gonstitutionibtis observandis (e) 
(quas ipsetnet proponet) admittat; et sigillum Rectoris, et 
Universitatis habeat : quse tamen omnia sine ullis expensifl 
Scbolasticorum fient. 

4. Erit et Notarias if), ut fidem publicam faciat de 
sttsceptis gradibus, et aliis quse occurrent. Sint et duo, .vel 
très Bidelli {gu un us ad Facultatis Linguarum, alter ad Âr- 
tium, tertins ad Theologiae functiones destinatns. 

5. In bas très Facultates Universitas dividetur ; et in qua- 
vis earum sit Decanus, et duo aliî Désignât! ex ils, qui melius 
res Facultatis iilius callent : qui a Rectore vocati, possint di< 
cere, quid sentiantad suœ Facultatis bonum conyenire : et si 
quid taie in mentem venerit, dum inter se de bujusmodi ré- 
bus agunt, ad Rectorem, quamvis non vocentur, réfèrent. 

6. In rébus quae ad solam unam Facultatem pertinent, yo- 
cabit Rector, praïter Cancellarium et suos Assistentes, Deca- 
num etiam et Désignâtes iilius Facultatis (h) : in ils quse ad 
omnes pertinent, Decani et Designati omnium vocentur. Et si 
Rectori visum fuerit et alios de Societate, vel extra eam ad 
Gongregationem vocare, facere id poterit ; ut cum omnium 
sententias audierit, melius quod convenit, constituât. 

7. Erit Syndicus unus generalis (t), qui tam de personis, 

(e) QuamTis pôstea, qaae ab omnibus simt obserTandœ, eu in Ioe\ 
ubi publiée legi possiDt; qu» vero in quaTis classe, in et ipsa raot 
afOgendœ. 

(f) Hic poterit atiquîd utililatis ab externis* qai testimmiiain saomm 
f^radoum reqoireot, pprcipere. Sit tameu quid moderatam, nîhilque ia 
Societalis utilitatem ndundet. Ad testimoaium autem Noslris redden* 
dum, litters patentes Rectorum salis eraot. * 

(g) Hi ex Societate coa erunt : quia tamen non parnm Itborit mot 
habituri, commodnm stipendium accipient; et anus eorum Correclor 
esse poteriN 

(h) Quam?ii decisio rerum ex suffi agiis hornm non peodeat : ipsos 
tamen vocari et audiri convenit. Sententiœ autem eornm qui res meliiit 
iotelligun*, eam, quam par est, rationem Reetor babebit. Si tamea 
omnes alii aliter, quam ipse senUrent.con'ra omniom sententiam neagaf» 
ni»! prius rtm cum ProTii^ciuli contulerit. 

(0 Hoc Syndici cfRcium possct conjungi eam Coilatcraliti Yel Coq* 



QUATRlâMB PARTIE. 251 

gageaient é'cbèir au Recteur et d'observer les CoostitutioDS (e ) 
que lui-même leur présentera ; il aura en garde le sceau du 
Êecteur et de l'Université : rien de tout cela ne devra causer 
la moindre dépense aux Écoliers. 

4. Il y aura un Greffier (/) dont les registres feront foi pour 
les grades que l'on aura pris et autres circonstances. Il y 
aura aussi deux ou trois Bedeaux (g) , un pour la Faculté des 
Lettres, un pour la Faculté des Arts, le troisième pour celle de 
Théologie. 

5. Ces trois Facultés composeront l'Université : elles auront 
chacune leur Doyen et deux Délégués pris parmi ceux qui 
entendent le mieux tout ce qui concerne la Faculté : le Rec- 
teur pourra les convoquer et leur demander ce qu'ils jugent 
convenable au bien de leur Faculté; ou s'il leur vient une 
idée utile quand i)s s'en occupent entre eux, ils pourront en 
référer au Recteur sans attendre son invitation. 

6. Quand il s'agira d'une seule Faculté» le Recteur convo- 
quera, outre le Chancelier et ses propres Assistants, le Doyen 
et les Délégués de cette Faculté (h) ; s'il s'agit de toutes , il 
convoquera tous les Doyens et tous les Délégués. Et si le Rec- 
teur veut appeler à la Congrégation d'autres membres de la 
Société ou même des étrangers , il en sera le maître , afîn 
qu'après avoir entendu l'avis de tout le monde, il fasse ce 
qui convient le mieux. 

7. 11 y aura un Syndic général (i) pour mettre en temps 

(e) Cependant il faudra plus tard afficher celles qui doivent être 
observées de tout le moade au lien où elle; puissent être lues du publie, 
et dans chaque classe celles qu'on y doit observer. 

(^) Il pourra retirer quelque pront des étrangers qui demanderont 
une attestation de leurs grades. Mais que ce soit peu de chose et que la 
Société n'en retire rien. Mais pour témoigner des grades des membres 
de la SociétëT les lettres patentes du Reeteur suffiront. 

(g) Ils ne seront pas pris dans la Société , et comme ils n'auront pas 
peu d'occupation, ils recevront des appointements convenables : un d'eu* 
tre eui pourra être Correcteur. 

{h) Quoique la décisioa des affaires ne dépende pas do leqrs suffrages , 
il convient de les convoquer et de les entendre. Quant à ceux qui en- 
tendent mieux los affaires, le Recteur tiendra de leur avis le compte 
qu'il doit. Si c< peudant tout le monde pensait différemment de lui- 
même, le Recteur ne doit pas ag^ir contre l'opinion de tous sans en avoir 
confé é avec le Provincial. 

(i) L'emploi de Syndic pourrait se joindre à celui de Collatéral on 



232 CONSTITtTTIOXS DBS JÉSUITES. 

quam de rébus, de quibus videbitur, Rectorem et Prœi>osi- 
tutn Provincialem, et Generalem admoneat : qui quidem Syn- 
dicus vir magnae fidelitatis et judlcii esse debebit. Prseter 
banc, suos babebit Syndicos particulares Rector ; ut, qu» 
quavis io classe acciderint, quibus providere oporteat, ad ip- 
sum référant {k). Et ut ipse de omnibus Praeceptoribus, et 
aliis de Societate; ita et Gollateralis, et Syndicus et Consilia* 
rii de ipso, et de aliis scribent semel singutis annis Prseposito 
Generaii, et bis Provincial!, qui Generalem (si quid oportue- 
rit ) admonebit ( / ) : ut in omnibus majori cum circumspec- 
tione,etcurapr»3tandi quod quisque débet, procedatur. 



8. De aliquibus insigniis, num eis Rector, Gancellarius» 
Bidelli, Doctores et Magistri, ut in Universitate cognoscan- 
tur, yel* saltem in actibus publicis uti debeant, nec ne, et si 
utantur, qualia esse debeant considération! Generalis tune 
existentis,cumaliquaUniversitas admittitur, relinquetur (m). 
Ille autem per se, vel per alium, expensis circumstantiis, 
quod judicaverit ad majorem Dei gloriam et obsequium, et 
bonum universale fore (qui unicus scopus in bac et in omni- 
bus rébus Nobis est) constituet. 



stilarii ofBcio. si sic Tideretnr convenire, quod alins io UniTertitale 
magis ad id idoneni, quam aliqoii eoram, non easet. 

(k) Et quamvis Syadici nihil bat>eaDt, quod alicQJas momraU ait ; aia- 
gii*ia tamen diebui aabbali sbltcm, se nihil habere Superiori référant. 

(OMttaotur biijiJ^modi littene eo modo obsignafœ, at nullni sdat, 
quid alius scripaerit. Et cum ? etiet Prappoailns Generalis, Tel ProYln- 
dalifl, pleoiorem remm notilinm ; noa tantum Gollatrrilis, Syndicoi, et 
Coosultores de Rfc!ore, drqae oimibas aliis fcribeot; Trrum etiam 
quisque Mag-stroruni, e Schulastlcorum approbalorum, et Coadj«it4^ 
rum quoq<ie formatorum scribet, quid de omnibus ac etiim de Redora 
aeuliat. Et ne i i no? um \iJeatnr, terlio quoqne anno aaliem, bac referri 
quasi orJin rie sic debeant. 

(m) Qiiamrls hoc tta se babeaf, id tamen, quod in quoris loco ooo* 
Tfoireex insigniis hDjnimodi TiJebltur, distincle lu enjusqne Unlforsi* 
tatis Rf gulis coosUluetur. 



OVATRliME PARTIE. 255 

et lieu au courant des personnes et des choses le Recteur, le 
Provincial et le Général. Ce Syndic deyra être un homme 
plein de fidélité et de jugement. En outre, le Recteur aura 
ses Syndics particuliers pour lui rendre compte de tout ce 
qui arrive dans chaque classe , à quoi il faille pourvoir (k). 
Comme lui-même écrira sur le compte de tous les Profes- 
seurs et des autres membres de la Société, de même le Col- 
latéral, le Syndic et les Conseillers enverront un rapport 
écrit sur lui et les autres membres, une fois par an au Géné- 
ral, et deux fois au Provincial, qui avertira le Général s'il en 
est besoin [l) , afin qu'en toute chose on procède avec la plus 
grande circonspection et en ayant soin de faire chacun ce 
qu'il doit. 

8. Qiiant aux insignes, la question de savoir si le Recteur, 
le Chancelier , les Redeaux , les Docteurs et les Maîtres en 
doivent ou non porter dans TUniversité pour se faire recon- 
naître, ou au moins dans les actes publies, et quels ils doi- 
vent être ; cette question est laissée à la décision du Général 
actuel, quand on acceptera quelque Université (m). Le Géné- 
ral , pesant en lui-même ou faisant peser toutes les circon- 
stances , décidera comme il le croira utile à la plus grande 
gloire de Dieu, à son service et au bien général qui , en cela 
comme en toutes choses, doit être notre seul but. 



de Conseiller, si cela paraissait utile ou que dans rUniversité personne 
ne parut plus propre à cet emploi que Tun d'eux. 

{k) Quand même les Syndics n'auraient rien d'importnnt à signaler, 
ils doivent cependant^au moins tous les samedis prévenir leur Supérieur 
qu'ils n*oot rien à lui rapporter. 

( { ) Ces lettres doivent être envoyées cachetées, de telle sorte que 
personne ne sache ce qu'uu autre a écrit. Et si le Général ou le Provin- 
cial voulait acquérir une plus complète connaissance de tout, il se fe- 
rait écrire non-sealemeot pir le Collatéral, le Syndic et les Conseillers 
au sujet du Recteur et de tous les autres, mais mé.re par chacun des 
MaitreSfdes Écoliers approuvés et desCoadjuteurs formés, ce qu'ils pen- 
sent de tout le monde et même du Recteur. Et pour qne cela ne pa- 
raisse pas nouveau, ce rapport devra se renouveler au moins tous les 
trois ans, comme s'il devait être habituel* 

(m) Quoiqu'il en soit ainsi, ce qui paraîtra convenable au sujet de 
ces imignes dans chaque lieu devra être établi à part dans Us Règles de 
chaque Université. 



20. 



QUINTA PARS. 

De Us y quœ ad admittendum in corpus Soeiefatis 

pertinent. 



CAPUT I, 

De admùsionej etquis, etquandodebeat aâmittere, 

1. Qui ÎD Societate, quantum satis est, probati fueruDt; et 
tamdiu^ ut utrinque intelligi jam possit, num in eadem ma* 
nere ad majus Dei obsequium et gloriam conveniat, admitti 
debent ; non, ut prius, ad Probationem, sed modo magis inter- 
no, ut membra unius ac ejusdem corporis Societatis (a). Hu- 
jusmodi autem sunt praecipue, qui ad Professionem, yel in 
Goadjutores formatos admittuntuF. Sed quia Scbolastici ap- 



(a) Sociefas, nt e jus nomen latissime aecipitar, omnes eoi, qui tob 
Obedientia Priepositi Generalis Tirant, etiam Novitios, et qaicamqiw, 
cam propositam Vivendi et morienii in Societate habeant, io Probatio- 
Dibus versantur* at in eam ad aliqueoi ex aliis gradibus, de qaibna 
dicelur, admittantar, complectitor. 

Secundo modo, qui minas late patet, Societas cam Profesait et Coad» 
jatoribus formatis, etiam Scbo^asticos approbatos cootinet. Ex hia eoim 
trlbua partibas, aeu membris, Societatis corpus constat. 

Tertio modo, et magis proprio, Profeasoa et Goadjutores form»toi 
dnmtaxat continet : et sic accipiendas est in Societatem ingrr ssus, qneni 
Scbolastici promittont ; scilicet ut inter ProfessoSj Tel Goadjatores foi^ 
mates illius numerentur. 

Qoarta hojua ooœinis Societatis acceptio, et maxime propria, Pro- 
fessos dnmtaxat continet : non qaod ejna corpoa alia membra nos 
habeat, sed qood bi sint in Societate prascipai, et ex quibos aliqoi, ut 
inferius dioetur, anifragiom actiTum et passiTom babent in elcctione 
Prspoaiti Generalis, etc. 

Qnocuroqae ex bis qnataor modit aliquis In Soeietate ail, eapax cal 
'ommonioationia graliarom apiritaaliom, qoaa in ea Pmpof'tiu 



CINQUIÈME PARTIE. 



De l'admission dans la Société. 



CHAPITRE I. 

De l'admission; qui doit admettre et en quel temps, 

A . Ceux qui auront été éprouvés dans la Société sufQsam- 
ment et assez longtemps pour que l'on puisse, d'un côté 
comme de l'autre, voir s'il convient pour la plus grande uti- 
lité et la plus grande gloire de Dieu qu'ils y restent , ceux-là 
on doit les admettre , non pas comme auparavant au Novi- 
ciat , mais d'une façon plus intime , comme membres d'un 
ieul et même corps qui est la Société (a). Tels sont principa- 



(a) La Société, dans son acception la plus générale, comprend tons 
ceux qui, viyeut^ous l'O! éissaoce du Général, même les Novices et tous 
ceux qui, ayant dessein de vivre et de mourir dans la Société, subissent 
les Épreuves nécessaires pour y être admis dans l'nn des grades dont il 
sera parlé. 

Dans un second sens moins étendu, la Société comprend avec les 
Profès et les Coadjuteurs formés les Écoliers approuvés; car c'est de ces 
troll parties, de ces trois membres que se compose le corps de la 
Sociï^té. 

Dans un troisième sens plus exact « la Société ne comprend que les 
Profès et les Coadjuteurs formés, et c'est dans ce sens qu'il faut en- 
tendre la promesse que font les Ecoliers approuvés d'entrer dans la So- 
ciété, c'est-à-dire d'entrer au nombre des Profès et des Coadjuteurs 
formés. 

La quatrième acception de ce mot et la plus précise de foutes ne s'ap- 
plique qu'aux seuls Profès, non pas que la Société n'ait encore d'autres 
membres, mais parce que ceux-ci en sont les principaux et que certains 
d'entre eux ont, comme il sera dit plus bas, voix active et passive dans 
l'élection du Général, etc. 

De ces quatre fractions de la Société, quelle que soit celle dont on fasse 
partie, on peut participer aux grâces spirituelles que le Général 



256 GON&TITIJTIONS DES JÉSUITES. 

probaii etiam modo quodam interiori, quam admissi adPro- 
bationem, in corpus Societatis cooptantur; deeorumquoque 
admissionne in bac quinta Parte dicetur, quid in Domino ob- 
servandum videatur. 



2. Primo quidem facuUas admittendi in corpas Societatis 
eos, qui admittendi erunt, pênes ejus caput erit, ut ratio pos- 
tulat. Sed quiaPraepositus Generalis tam variis locis interesse 
non potest, aliis de Societate eam partem bujus facuUatis, qu» 
ad totius corporis bujus bonum facere Yidebitur,poterit com- 
municare (6). 

5. Tempus ad admittendum modo superius dicto, In ani- 
versum loquendo ultra biennium esse oportebit (je), Sed qui 
antequam ad studia mitteretur, vel in eisdem diu probatus 
fuisset; post illa absoluta, si ad Professionem est admitteo- 
dus, integrum adhuc Probaftionis annum habebit, ut adhuc 
magis perspectus sit, antequam eam emitlat. Et prorogari 
boc tempus poterit (ut in Examine dictum est) cum Societaa, 
vel qui ab ea banc in Domino curam babet, plenius sibi satis- 
fieri desideraret. 

rails, secnodam concesriooem Sedis Apostolic», ad mnjorem Dit glo* 
riam potest conoedere. Geterum de priino admiltrndi modo, eam Idem 
sit, atqne ad Probationem admittere, io prima Parte dictum est : et da 
adm'asioae in tribut aliis inodis io hac qoiata Parte agetar. 

(h) AHi, qoibos ordinarle magis, et absolute oommanicabitor» Prtt- 
posUi Proviociales eraot. Qaibasdam lameo Prœposttis localibos, ?el 
Rectoribus, et aliis Visitatoribas, aot persoois insi^nibas, poterit Prv* 
positus Generalis banc aactoritatem conumuoicare; imo et alicai, qoi de 
Societaie noo esset, aliqiio in casu, ut Episcopo alicui, tel persoiUD in 
dignitateEcclfsiastica coostitotœ. cum nulln^ei Professis ejnsdem Socie* 
tatis eo in loco, nbi ali juis i(a est admitteodui, ioveairetur. 

(c) QuamTis boc ita se babeat, tamen ut prorogari, ifa et cootraU 
boc spatium qnibusdam in cas'bns, ex causis tamen non letis momeni, 
jodicio Pneposili Generalis (cujus erit dispensandi jus) licebt : raro 
tamen id fleC. 



» 



* , f .; 



CINQUIÈMR PARTIE. 237 

lement les Profès et les Goadjuteurs formés; mais comme 
les Ecoliers approuvés sont aussi admis dans la Société d'une 
façon plus intime que ceux qui ne sont admis qu'au simple 
Noviciat, on s'occupera aussi dans celte cinquième Partie de f "*,/ 

leur admission et de ce qu'on doit y observer dans le Sei- 
gneur. 

2. Et d'abord, la faculté d'admettre dans le corps de la 
Société ceux qui en sont dignes appartient à son Chef, 
comme la raison l'indique. Mais comme le Général ne peut ^\ 

pas être à la fois en tant de lieux différents, il pourra, au- 
tant que l'exigera le bien général de la Société , communi- 
quer à cet effet une partie de son pouvoir à d'autres mem- 
bres (h). 

5. Le temps d'épreuve pour l'admission dont nous par- 
lons sera généralement de plus de deux ans (r). Mais celui 
qui aura longtemps été éprouvé avant ou pendant le temps 
de ses études , devra , pour être admis à la Profession , être 
soumis, ses études terminées, à une autre année d'épreuve, 
afîn qu'on le connaisse encore mieux. Et comme il a été dit 
dans l'Exaoïen^ on pourra prolonger ce temps d'épreuve 
quand la Société ou celui qu'elle en aura chargé dans le Sei- 
gneur désirera s'assurer davantage d'un sujet. 

a droit d'accorder, poar la plus grande gloire de Dieu, d'^prèi la conces- 
sioD du Siège Apostolique. Do reste, coinine la première sorte d'admis- 
sion n'est autre que l'admission au Noviciat , il eu a été traité dans la 
première Partie* et il sera traité des trois autres sortes d'admission dans 
cette cinquième Partie. 

(6) Les attires membres de la Société auxquels le Général communi- 
quera ordinairement re pouvoir et avec le plus d'étendue, leront lesPro- 
TÎDClaux. Le Général pourra cependant le communiquer à quelques Su- 
périeurs locaux, ou à des Recteurs et d'autres, Visiteors ou personnes 
distinguées dans la Société, ou même, en certains cas, à des personnes 
qui n'en font pas partie, par exemple, à un Évéque on à un antre Ecclé- 
tiasti lue constitué en dignité, s'il ne se trouvait pas de Profès de la S<h 
ciété dans le lieu où doit avoir lieu une admission. 

(e) Quoiqu'il en sait ainsi, cependant on pourra prolonger, comme 
aussi abréger ce temps d'épreuves dans certains cas, mais toujours 
pour des motifs graves et d'après le jugement du Grénéral, qui seul a le 
droit d'accorder une dispense à ce sujet et qui devra ne le faire que ra- 
rement. 



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238 CONSUTUTIOirS DBS HÊSCITES. 



CAPUT n. 

Qualeê esse debeatU qui admîtlendi suni. 

1. Ciim nullo ex his modisadmitti debeat, nisiqui idoneus 
in Domino fuerit existimatus ; illi ad Professionem idonei ba- 
bebuntur, quorum vita diuturnis ac diligentibus probationi- 
bus, a Prœposito Generali (ad quem réfèrent particulares 
Praepositi, vei alii» quorum testimonium Generalis requiret) 
perspecta valde et approbata fuerit (a). Ad hoc autem confe- 
ret iilis, qui ad studia missi fuerunt, absoluta jam ea cura et 
diligentia, quœ ad excolendum iotellectum adhibita fuerit, 
ultimœ Probationis lempore, in Scbola afifectus diligentius se 
exercere, et in rébus spiritualibus, et corporalibus, quœ ad 
profectum in bumilitate et abnegatione universi amoris sen- 
sualis, voluntatis et judicii proprii, et ad majorera cognitio- 
nem et amorem Dei conferunt, insistere; ut cum in se ipsis 
profecerint, melius ad profectum spiritus alios ad gloriam 
Dei et Domini Nostri juvent. 



2. Doctrina etiam în hujusmodi , sufÛicieDS esse debebit » 
praeter Humaniores Litteras, et Artes libérales, in Theologia 
Scbolastica et Sacris Litteris. Et qaamvis aliqui breviori tem* 
pore non mlnorem progressum, quam alii longiori facere pos- 
sent; nihilominus, ut communis aliqua mensura sumatur, 

(a) Quam^ifl ia remotiss'mis regiooîbiu (eajoiiiiodi foot Indi») 
posait Pmpositos Geaaralis jadicio Proriocialis relioquere, ood exspeo- 
tata hiac approbatîoae (quas noa aisi per muUos aoooa eo perreoirci} 
nam aliquis ad Professioapai admiUi d< beat, neene : in locis lamrn, ex 
quibua major potcst haberi romrauDioatio, noo facila ulli ProviociaU 
raouitatem admitto odi ad Profeaaioiieni commiUet ; DÎ&i prioa ipae car- 
Uor factua ad eo% qui fi videbuntur io Domiao ad ProfiOMionem admit- 
teodos, particulari er cooaeQaum praeatiterit. 



GINQCIÈMB PA&tlB. 



259 



CHAPITRE II. 



Qui Von âùit admettre. 



I 

l- 



M > 



1 , On n'accordera d'être admis d'aucune de ces manières 
à personne qui n'en soit jugé digne dans le Seigneur. Se- 
ront jugés dignes de la Profession ceux dont la vie aura été 
par de longues et constantes épreuves connue et approuvée 
du Généra] (a) , d'après les rapports des Supérieurs ou au- 
tres dont il demandera le témoignage. Pour cela , il sera 
très-bon que ceux auxquels on a fait faire leurs études , une 
fois qu'ils auront entièrement fini de se livrer au soin do 
cultiver leur intelligence, s'exercent avec plus de soin pen- 
dant le temps dans l'école de la piété et s'adonnent aux 
choses spirituelles et corporelles qui font avancer dans 
rbumilité et d«is le renoncement à tout amour sensuel , 
à toute volonté, à son propre jugement, enfin qui mènent 
à une plus grande connaissance et un plus grand amour 
de Dieu. De<;ette manière, ayant fait eux-mêmes des pro- 
grès dans la piété, ils seront plus aptes à faciliter les pro^ 
grès des autres, pour la gloire de Dieu et de N.-^. 

2. Il faudra aussi qu'ils soient suffisamment instruits non- 
seulement dans les Humanités et les Arts libéraux , mais 
encore dans la Théologie Scholastique et l'Ecriture sainte. 
£t quoique les uns fassent dans un temps plus court au- 
tant de progrès que d'autres dans un temps plus long, néan- 



m\ 



(a) Dam les pays tr^s-éloigné», dans les Indes par exemple, le Gé- 
néral pourra lai^se^ au jugement du ProYincial le soin de décider, sans 
attendre son approbation qni ne pourrait arriver dans ces pays qu'après 
plusieurs années, slqueiqn'nn doit ou non être admis à la Profession; 
néanmoins, dans les lieux avec lesquels on peut établir des communica- 
tions plus fréquentes, il n'accordera pas facilement à un ProTincial la fa- 
culté d'admettre à ta Profession, excepté le cas où, s'étant an préalable 
assuré des faits par lui-même, il donnerait un puuyoir particulier pour 
admettre A la Profession ceux que lui-même en aurait jug^'s d gr.cs dans 
le Seigneur. 



ili 



240 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

spatium aliquod temporis praescribetur : et hoc erit qua- 
driennium integrum post Artium liberalium et Philosophise 
studia , in Theologia explevisse (6). Ut ergo ad Proressionem 
quis admittatur, in ea Facultate hoc tempus se exercuisse, et 
quidem , ad gloriam Dei, satis in ea profecisse conveDit ; et 
in profectus hujusmodi testimonium, quisque ante Professio- 
nem assertiones Logices, Philosopbiae, et TbeologisB Scholas- 
tic83 tuebitur. Quatuor autein ad argumentandum , etjudl- 
candum de eorum doctrina, an sit quanta Qportet, prout juxta 
veritatem sincère senserint, deligantur. Quodsi doctrina ea 
prœditi esse , quae satis sit , non invenientur ; conducibilias 
erit» ut, donec eam consequantur, expectent : ut illos etiam 
expectare oportebit, qui in abnegatione sui ipsorum , et ylr- 
tutibùs Religioso dignis testimonium , quod par esset, non- 
dum omnino haberent. 



5. Praeter hos, nonnulli ad trium Yotorum solemnium tan- 
tum Professionem admitti possent (c) : raro tamen, et non sine 
causis peculiaribus alicujus momenti : et hos, septem annos 
in Societate notos fuisse , et non mediocrem sui talenti ac 



(b) Quamvis ut plurimam baec mensora studii qaatnor anooram la 
Sacra Tbeologia (prœtcr Lttterarum Humanioram et ArUuoi itodia. et 
examinalionem dictam, ut quem progressum in ea doctrina fcceriot, 
^ideri po.sit) sit observand^ ; Dibilomious tamea« qai io jare Gaooaioo 
doctrinam sufOcient«'m, Tel alia (gregia Dki dooa baberet, ei qaiboa» 
quod stu iio Theologiae difcst, compeusari poaset, sioe eOj ad Proressio- 
nem trium, et aliqui vtri iasigues ( tiam ad quatuor Yotorum (quamTis 
hoj exteadi non dcbeat) admitti possent. 

Ilorum donorum judicium Praeposito Generali tameo, Tel si rai pcco- 
liari praescripto id ille committeret, ut quod foret ad majorcm Du glo- 
riam, faceret, relinquetur. 

(c) Qui ad Proressionem Irlum Votorum solemnium admittantar, 
ordinarie sufflcientiam in Litteris,quiesaltemad Confessarii rouuus bfoe 
obeundum sjlis bit, babeant opo let; \éi certe doua Dn »itqua rara, 
qua; id compensare >ideantur, ita ul Piaspo ilus Generali% Tel êl'us, 
cui suiN Tices ad boc ille spcciali commis^ione coocederet, ad roajus 
Dei obscquium« et Si>cie!atis bonuni, sic coovenire judiciirel. Et hi ai 
plurlinura bomincs cruat, qui propterea quod bene meriti aiot, et valde 
dcToti, qoimm flûaori docurinay ac couçiooaadi apUiadioe prcditi. 



CINQUIÈME PARTIE. 241 

moins pour qu'il y ait une mesure commuue , on fixera 
une limite uniforme : ce sera quatre années entières con- 
sacrées à la Théologie en sortant des cours d'Arts libéraux 
et de Philosophie (6). Afin donc d'être admis 4 la Profes- 
sion, il faudra s'être exercé pendant tout ce temps dans 
cette Faculté et même y avoir fait, pour la gloire de Dieu, 
des progrès assez notables. En témoignage de ces pro- 
grès, chacun avant la Profession soutiendra des thèses de 
Logique , de Philosophie et de Théologie Scholastique. On 
choisira quatre personnes pour argumenter contre les can- 
didats et décider, en disant sincèrement ce qu'elles pen- 
sent, si leur science est ce qu'elle doit être. Si leur science 
n'est pas suffisante , il vaudra mieux qu'ils attendent jusqu'à 
ce qu'elle le soit ; de même il faudra remettre ceux qui n'au- 
raient pas encore donné des preuves tout à fait suffisantes 
de leurs progrès dans l'abnégation et les autres vertus con- 
venables à des Religieux. 

5. Outre ceux dont nous venons ûg parler, on pourra, 
mais rarement et seulement pour des causes particulières et 
de quelque importance, admettre quelques candidats à la 
Profession des trois Vœux solennels seulement (c) ; il faudra 



{b) En géoéral, on doit observer cette mesure de quatre années con- 
sacrées à Tétude de la Sacrée Théologie, outre les études d'Humanités 
et d'Arts libéraux, et outre l'eiamen dont nous avons parlé, pour que 
Ton puisse juger des progrès de chacun dans cette science ; néaamoins 
celui qui serait suffisamment instruit dans le droit canonique ou qui au- 
rait d'antres dons signalés de Dieu capables de compenser ce qui man- 
querait à ses études théologiques, celui-là pourrait être admis à la Prores- 
sion des trois Vœux et même  celle des quatre, si c'éiait un homme 
distingué; mais cela ne doit s'étendre qu*à un très-petit nombre. 

C'est au Général seul à juger de ces dons de Diec, on à celui auquel 
il en aurait donné par ordre particulier la commission, !e laissant libre 
•de faire tcut ce qui sera à la plus grande gloire de Dieu. 

(c) Ceux qui sont admis à la Profession des trois Vœux solennels seu- 
lement doivent avoir, pour l'ordinaire, une connais ance des Belles- 
Lettres suffisante pour biin s'acquitter des fonctions de Confesseur, ou, à 
défaut de celte connaissance, quelques éminentsdons de Dieu qui puissent 
entrer en compensat'Oo, de sorte que le Géuéral, ou celui à qui il aura 
délégué SCS pouvoirs pour celte occasion particulière, puisse juger que 
leur admicsion sera utile au service de Dieu et au bien de li Société. 
£t ceux-là furtout paraitirut devoir être admis selon le Seigneur, qui, 

31 



/ 



242 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

virtutum satiâfactionem , ad gloriam Dei prsebuisse in ea 
oportebit. 

4. Ut quis etiam in Coadjutorem formatum admittatar, 
oportet Societati esse satisfactum de ejos vita , deque bono 
exemplo ac talento ad se juvandam , vel cum Litteris, in re* 
bus spiritualibuSf vel sine iliis, in exterioribus ; prout cuique 
Divina bonitas dona sua communicaverit. Hoc Ipsum autem 
metiatur oportet Prsepositi Generalis prudentia : nisi alicui 
ex particularibus, cui multum in Domino confideret, id corn- 
mittendum yideretur. 



S. Ut aliqui admittantur in Scbolasticos approbatos, quadam 
proportione servata» eadem requiruntur : et id peculiari qua- 
dam ratione ; ut ex eorum ingenio speretur, eos in Litteris 
profecturos^Praepositi Generalis judicio, \el ejus, cui boc mu- 
nus ille commiserit, canûdendo prudentise ac probitati a Dbo 
ipsi donatœ. 



CAPUT m. 

De modo admillendi ad Professionem. 

1 . Quando aliqui , peracto Probaiionis tempore et experi- 
mentis, ac aliis quae in Examine continuentur, confectis, ad 
Professionem admittendi fuerint; cum Societati, vel ejus 
Praeposito Generali plene sit in Domino satisfactuûi, Proressio 
boc modo, qui sequitur, emittetur. 

2. In primis Prœpositus Generalis , vel qui accepta ab eo 
fiicultate , ad Professionem admittet (a) , postquam publica 

« 
quam nottrom lostitaftom ia Profe'sU reqairat, admit'.eodi ene in Do* 
mioo videbaotor. 

(a) Particu!aria qu» bic, el inferlas attiogoiiliir, deeent qtridOD, elcom 



CINQUiiMS PAETIE. 245 

que depuis sept années ils soient connus dans la Société et 
qu'ils y aient donné , pour la gloire de Dieu, d'assez grandes 
preuves de leur talent et de leurs vertus. 

4. Pour qu'on admette quelqu'un au rang de Goadjuteur 
formé, il faut que la Société soit contente de sa manière de 
vivre , de l'exemple qu'il donne et du talent qu'il montre 
pour la seconder, soit avec la science, dans les choses de l'es- 
prit, soit sans elle dans les choses temporelles , selon ce que 
la bonté de Dieu lui aura communiqué de ses dons. Or, c'est 
ce que doit mesurer avec prudence le Général lui-même , à 
moins qu'il ne juge convenable d'en confier particulière- 
ment le soin à quelqu'un en qui il eût une grande confiance 
dans le Seigneur. 

5. Pour admettre quelqu'un au rang d'Écolier approuvé, 
on exigera de lui les mêmes choses, proportion gardée, et 
Ton cherchera particulièrement, si l'on peut espérer de sa 
capacité qu'il fera des progrès dans les lettres ; cela sera 
laissé au jugement du Général ou de celui auquel il con~ 
fiera ce soin, s'en reposant sur la prudence et l'esprit de 
justice que Dieu aura donné à ce dernier. 



CHAPITRE m. 

Manière d'admettre à la Profession, 

1. Quand quelqu'un aura fini son temps de Noviciat et 
d'épreuve, quand, ayant satisfait à toutes les autres conditions 
détaillées dans l'Examen, il pourra être admis à la Profession; 
enfin, quand la Société ou son Général sera parfaitement sa- 
tisfait de lui dans le Seigneur, il fera sa Profession de la ma- 
nière suivante. 

2. D'abord , le Général ou celui qui aura reçu de lui le 
pouvoir d'admettre à la Profession (a), après avoir offert pu- 
ayant moios de scieuce et moins de talent pour la PrédiraiioD que la So- 
ciété n'en exige de ses Profès, mériteront de Tétre par leur zèle et leur 
grande dévotion. 

(a) Le<< particttlTilés dont on parle ici et plus bas sont à la vérité 



/ 



244 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

MissoD Sacrificîum obtulerit in Ecclesia, coram I>omestîci9, et 
aliis externis, qui interfuerint : cum Sanctissimo Sacraraento 
Eucharistie ad eum, qui Professionem est emissurus, se coq- 
vertat. llle autem absoluta generali Gonfessione et yerbis, 
quœ ante Gommunionem dici soient, voce alta Yotum suum 
scriptum (quod aliquot ante dies consideraverit oportet) le- 
get ; cujus formula baec est : 

Ego N. Professionem facio , et promitto Omnipotenti Dec, 
coram ejus Virgine Maire, et unîversa cœlesti curia , ac om- 
nibus circumstantibus ; et tibi Patri Révérende N. Praeposito 
Generali Societatis Jesu, locum Dei ienenti, et successoribus 
tuis ; x)el , tibi Révérende Patri N. vice Prœpositi Generalis 
Societatis Jesu, et successorum ejus, locum Dei tenenti ; per- 
petuam Paupertatem, Gastitatem, et Obedientiam ; et secuD* 
dum eam , peculiarem curam circa pucrorum eruditioncm , 
juxta formam vivendi, in Litteris Apostolicis Societatis Jesd, 
et in ejus Gonstitutionibus contentam (6). 



3. Insuper promitto specialem Obedientiam Summo Ponti- 
fici , circa Missiones , prout in eisdem Litteris Apostolicis, et 



fleri potesf, observanda sont; noo tameii ni necesaaria. Fieri eDim po aet, 
ut Sacerdoâ Doo essjt, vel Missnm celebrare non posset, qui exordi- 
nationePrsposili Geoeralis Professio^iem a imitlit. Illud autem esaeoliale 
est, ut publiée Votam legalor, coram ils de Societale, et eiteroi , qai 
adfaeriot^ atque ut taaquam solemne et emittator, et admittatar. 



(&) Proroisafo docendorum puerorum ac rudiuro homînom, jnita 
Lutteras Aposlolicas, et Gonstitutiooes, non inducit allam obligationeii)» 
quam reliqua apiritaaiia eiercilla, qoœ ad auxilium proiimorum adbi- 
bentur; cu^osmodi sunt ConfessioQef, et Priedicatfonea, etc. lo quiboi 
quiaqae se débet occopare, joita rationem Obedienliae aiionim Sape- 
rtcon. Quod autem de paeris doceodis io Vote fit meotio, et d« eania 
fit, ut saucta haec excrcilatio pccutiari modo sit C(>mroeDdata, et deto- 
tiut curetnr, propter siogalare obsequinm, quod Dio per eam la anima- 
mm aaiilio eihibelar; et quia facilius oblifiooi tradi poterat et ia 
desuetadioem abire, quam alla magii apeciosa, coju<modi eat Pr»- 
dicatio, etc. 



CINQUIÈME PAETIE. 245 

l>liqueinent le Sacrifice de la Messe dans TEglise , devant 
ceux de la Maison et les étrangers qui se trouveront là, se 
tournera, le Saint-Sacrement entre les mains, vers celui qui 
doit faire Profession. Celui-ci , après avoir fait sa Confession 
générale et récité les paroles qu'on récite d'ordinaire avant 
la Communion, lira à haute voix la formule de ses Vœux 
qu*il aura écrite de sa main et qu'il aura dû examiner avec 
soin quelques jours auparavant. Voici cette formule : 

Moi, N., je fais Profession et je promets à Dieu Tout-Puis- 
sant, devant la Vierge sa Mère, devant toute la cour céleste 
et devant tous ceux qui sont ici présents ; et à vous, Révé- 
rend Père N., Général de la Société de Jésus, 'qui tenez la 
place de Dieu, et à vos Successeurs (ou bien à vous, Révé- 
rend Père N. , représentant du Général de la Société de Jé- 
sus et de ses Successeurs, qui tenez la place de Dieu), une 
Pauvreté, une Chasteté, une Obéissance perpétuelles, et, 
conformément à cette Obéissance , un soin particulier pour 
l'instruction des enfants; le tout suivant la règle contenue 
dans les Lettres Apostoliques et dans les Constitutions de la 
Société de Jésus (b). 

5. En outre, je promets une obéissance spéciale au Souve- 
rain Pontife en ce qui regarde les Missions , comme il est dit 



conTenablcs et doiveot être observées autant que possible; elles ne sont 
pas poortaDt indispensables. II poorrait se faire» par exemple, que celui 
entre les mains de qui, par Tordre du Général, se fait la Profession, ne fût 
point Prêtre on ne pût célébrer la Messe. Mais ce qui est essentiel, c'est 
que le Vœu soit lu publiquement devant les personnes de la Société et les 
étrangers qui seront présents, c'est qu'il soit fait et reçu comme Tœa 
solennel. 

(b) La promesse d'instruire les enfants et les ignorants suivant les 
Bulles et les Constitutions de la Socié:é n'oblige pas plus étroitement à 
ce soin qu'à tons les autres eiercices spirituels qui ont pour but le sou- 
lagement du prochain, par exemple les Canfessions. les Prédications, etc.; 
tons exercices auxquels chacan doit se livrer en vertu de l'Obéissance 
qu'il doii à ses Supé iears. Si donc il est spécialement fait mention dans 
les Vœux de Tinstruction des enfants, c'est pour que ce saint exercice soit 
recommnn'fé d'une manière particulière, afin (|u'on mette plus de dévo- 
tion à s'y livrer, à cause des immenses services que l'on rend à la cause 
de DiKD en souIr géant ainsi l'âme du prochain, et aussi parce qu'il pour- 
rait être mis en oubli et tomber en désuétude plus fac lement que d'autres 
plus brillants, tels que la Prédication, etc. 1 

2\. 



246 CONSTlTUTIOirS DES JÉSUITES. 

Constitutionibus continetur (e), Româe^vel alibi, tali die, 
mense et anno, et in tali Ecclesia. 

4. Post hoBC , sumet Sanctissimum Eucharistie Sacramen- 
tum. Quibus peractis, in libro, quem ad hoc habebit Societas, 
ejus nomen qui Professionem emisit, et illius, in cujus ma- 
nibus emisit, adnotato die, mense et anno, scribetur, et ejos 
Vota Scripta asseryabuntur : ut omnia semper constare pos- 
sint, ad Dei gloriam. 

5. Âlîqui , qui ad Professionem triqm Yotorum solemnium 
dumtaxat adtnittentur in Ecclesia , ac coram Domesticis et 
externis,qui aderunt, antequam Sanctissimum Ghristi corpus 
accipiant, ex scripto suum Yotum juxtaformulam sequentera 
legent : 

6. EgoN. Professionem facio.et promittoOmnipotenti Dec, 
coram ejus Virgine Matre, et universa coelesti curia , ac om- 
nibus circumstantibus, et tibi Révérende Patri N. Praeposito 
Generali Societatis Jesu, locum Dei tenenti, ac successoribus 
tuis; vel, tibi Révérende Patri N. vice Prœpositi Generalis 
Societatis Jesu, et suocessorum ejus, locum Dei tenenti, per- 
petuam Paupertatem , Castitatem , et Obedientiam, et secun- 
dum eam, peculiarem curam circa puerorum eruditionem » 
juxta formam vivendi in Litteris Âpostolicis Societatis Jbsu, 
et in ejus Constitutionibus contentam. Rom», vel alibi, tali 
die, mense et anno, et in tali Ecclesia. 

Peinde sequetur Gonmiunio, et reliqua superius dicta. 



(c) Tota iotenlio qaarti hujas Voti obediendi Sanuno PontiBci tùiC et 
eit ciroa Missiones : et sic ioteUigi oportet LUteras Apofttdieat, abt de 
hae ObedieDtia loqannlur : in omnibus quœ jusserit Summw PonHifeXp 
et quocumque mistrit, etc. 



GlNQUlàin PA&TIB. 247 

dans les mêmes Lettres Apostoliques et Gonstitations (c). A 
Rome (ou ailleurs), tel jour, tel mois, telle année et dans telle 
Église. 

4. Ensuite il recevra le Très-Saiqt Sacrement de l'Eucha- 
ristie. Après quoi , on écrira dans un registre que la Société 
destinera à cet usage le nom de celui qui a fait Profession 
et le nom de celui entre les mains de qui il Ta faite, en mar- 
quant le jour, le mois et Tannée. On conservera les Voeux 
écrits de la main du candidat, afin que, pour la gloire de 
Dieu , ces choses puissent toujours être constatées. 

5. Ceux qui ne seront admis qu'à la Profession des trois 
Vœux solennels devront, dans l'Église et devant ceux de la 
Maison et les étrangers qui se trouveront là , lire , avant de 
recevoir le très-saint Corps de J.-C, leur vœu écrit de leur 
propre main d'après la formule suivante : 

6. Moi, N., je fais Profession et je promets à Dieu Tout-Puis- 
sant, devant la Vierge sa Mère, devant toute la cour céleste, 
devant tous ceux qui sont ici présents ; et à vous, Révérend 
Père N., Général de la Société de Jésus, qui tenez la place de 
Dieu; et à vos successeurs (ou bien à vous, Révérend Père N., 
représentant du Général de la Société de Jésus et de ses suc- 
cesseurs, qui tenez la place de Dieu), une Pauvreté, une Chas- 
teté, une Obéissance perpétuelles, et , conformément à cette 
Obéissance, un soin particulier pour l'instruction des enfants; 
le tout suivant la règle contenue dans les Lettres Aposto- 
liques et dans les Constitutions de la Société de Jésus. A 
Rome (ou ailleurs), tel jour, tel mois, telle année. 

Ensuite la Communion et le reste comme ci-dessus. 



(c) Ce quatrième Vœn d'Obéissance an Soayerain Pontife n'a tonjours 
été et n'est relatif qu'aux Missions, et c'est ainsi qu'il faut entendre les 
passages des Bulles où il est parlé de celte Obéissance : dans tout ce 
qu^ordonnera le Souverain l^oniife et partout oit il enverra^ etc. 



24S CONSTITUTIONS DES Jl^SUITES. 



CAPUT IV. 

De admitlendis Coadjutoribus formalis et Schol<istici$. 

4. Qui in Goadjutores formatos spirituales cum simplicibas 
Yotis, et non solemnibus admittuntur, in Ecclesia, vel saoello 
Domus , aut alio decenti loco , coram Domesticis et externis 
qui aderunt, in manibus ejus (a) qui admissurus slt , Yotum 
suum emittent in bac formula quae sequitur, id legentes : 



2. Ego N. promitto omnipotenti Deo, coram ejus Virgioe 
Matra et tota cœlesti curia, et tibi R. Patri N. Praeposito Ge- 
nerali Societatis Jesu , locum Dei tenenti , et successoribus 
tuh;velj tibi R. Patri N. vice Praepositi Societatis jEso,et 
successorum ejus, locum Dei tenenti ; perpetuam Pauperta- 
tem» Gastitatem, et Obedientiam ; et secundum eam pecuUa- 
rem curam circa puerorum eruditionem ; juxta modum in 
Litteris Apostolicis , et Gonstitutionibus dictas Societatis ex* 
pressum (6). Romae vel alibi, in tali loco , die , mense et an* 
no , etc. Demum sumat Sanctissimum Ghristi corpus : et 
fient, quae de Professis dicta sunt. 



(a) In manihus fieri Vota dicnnlnr, qoando emitluntar coram aliqno, 
qui cum ad id habeat potestatem, ea admittit. Et qaamvis malti adet- 
apDt, cum hujusmodi Vota fiant ; non ideo tameo mutant naturam tim- 
pHcium : quandoquidem îiitentio emittentiset admittent*j, juita traditam 
a Sedc Apostolica facultatero, bsc est, ut nec emittantur, nec admitUn- 
tur utfiolemnia. Ad prudenliam atitem admiltenlis pertinebit, coniecn- 
turie aediflcationis rationem babere; et sic curabitnt ptnre*, ie\ pauck>- 
res ifitersint. Geterum eadem erit formula, qua Goadjutores temporale», 
et apirilualcs utentur; et utraque in exterioribus pertimilia erit ei, q'<a 
Pro'e si utantnr. 



(6) Qaod dicitor, juxUi Builas et ConsHUttiones ; intfUigendain est» 
qood Coadjotores emittoat bajosmodl simplicia Yola , cora tadta qoa- 



CINQUIÈME PARTIE. 249 



ai 



CHAPITRE IV. 

Manière éC admettre au ra'\g de Coadjuleur formé et d'Ecolier. 

1. Ceux qui sont admis, en prononçant des vœux simples et 
non solennels, au rang de Goadjuteurs formés spirituels, pro- 
nonceront leur vœu dans l'Église ou la chapelle de la Mai- 
son, ou dans tout autre lieu convenable, devant les personnes 
de la Maison et les étrangers qui seront présents , entre les 
mains de celui qui doit les recevoir (a) ; ils liront la formule 
suivante : 

2. Moi, N., je promets à Dieu Tout-Puissant, devant la 
Vierge sa Mère, devant toute la cour céleste, devant tous 
ceux qui sont ici présents; et à vous. Révérend Père N., 
Général de la Société de Jésus, qui tenez la place de Dieu , 
et à vos successeurs (ou bien à vous , Révérend Père N., 
représentant du Général de la Société de Jésus et de ses 
successeurs, qui tenez la place de Dieu), une Pauvreté, une 
Chasteté, une Obéissance perpétuelles, et , conformément à 
cette Obéissance, un soin particulier pour l'instruction 
des enfants ; le tout suivant la règle contenue 'dans les Let- 
tres Apostoliques , dans les Gonstitutions de lanite Société 
de Jésus (6). Â Rome (ou ailleurs), tel jour, tel mois, telle 
année, etc. 



(a) On dit que les Vœux sodI faits entre les mains de quelqu'on , 
qnaad ils sont faits devant noe personne qui les reçoit et qui a pouYOtrde 
les recevoir. Et quand même ces Vœux seraient prononcés en présence 
d'un grand nombre de personnes, ils n'en perdraient pas pour c> la leur 
nature de Vœux simples; car Tiotention de celui qui les pro lonce et de 
celui qui les reçoit n'est, d'après le pouvoir donné par le Saint Siège, ni 
de les prononcer, ni de les recevoir comme solennels. Ge sera à celui 
qui les reçoit à rlécider dans sa prudence, d'après l'é liflcation qu'il croit 
devoir s'eusuivre , s'il y aura un plus ou moins grand nombre de per- 
sonnes présentes à la cérémonie. Au reste, la formule sera la même pour 
les Goadjuteurs temporels que pour les Goadjuleurs spirituels, et elle res- 
semblera extérieurement à celle qui est d'usage pour les Profè«. 

(b) Ges mots, suivant les Bulles et Constitutions, doivent s'cn'endre 
ainsi : les Goadjuteurs prononcent des Vœux simples avec une condition 



250 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 



5. Formula ad Goadjutores in rébus temporalîbus admit- 
tendos, eadem erit, clausula illa de puerorum institutione so- 
lum remota (c). 

Qui peracta sua priori Probatione et eiperimentis per 
biennium, in Scbolasticos approbatos admittuntur, coram ali- 
quibus Domesticis , quamvis non in manibus cujusquam [d) , 
Yota sua emîttent ad hune modum : 

4. Omnipotens sempiterne Deus, ego N., licet undecumque 
Divino tuo conspectu indignissimus , fretus tamen pietate ac 
misericordia tua infinita, et impuisus tibi serviendi deside- 
rio , Yoveo coram Sacratissima Virgine Maria et ciiria (ua 
cœlesti universa, Divinae Majestati tuae Paupertatem, Castita- 
tem , et Obedientiam perpetuam , in Societate Jesu : et pro- 
mitto eamdem Societatem me ingressurum , ut vitam in ea 
perpétue degam , omnia intelligendo juxta ipsius Societatis 
Constitutione^ (e). A tua ergo immensa bonitate et clementia, 
per Jesu Christi sanguinem peto suppliciter, ut hoc holocau»- 
tum in odorem suavitatis admittere digneris : et ut largitus 
es ad hoc desiderandum et offerendum, sic etiam ad explen- 
dum , gratiam uberem largiaris. Romae , yel alibi , tali loco , 



dam, quod ad perpetuttatem attioet, conditione, qnas bsc est : Si 5o- 
cietas eos tenere volet. Qnamvis eDim illi, qood in ipsis eit, te obligent 
in perpetuum, snae deyotionis et stabilit^tis gratia ; lilseram tameo erit 
Societati eos dimittere, ut in secunda Parte dicitnr : qood si acdderel* 
tuno illi iiberi ab bmniam Votornm obligatione manent. 

(e) Si bominos estent, qui La'inam lingn^ini non intelligerent, qnales 
aiqai Coarijntores tempo'*8le8 eruat , Yoluin in Ternacalam lingaam 
yertetur, tt legant ipai, tcI prœeat alias legen^io verba« qu0 moi iptimek 
eum insrqu' ndo, pronunliabunt. 

(d) Ut hoc Votum so'i Dbo ofTertnr, et non homini, ita nemo fd 
admiitit ; pr.iptrrea in nullins manibns fleri dicitur. Et conditio illa la*ila, 
quae inesse dicta esl in VotoGo^djutomm, quod ad perpetuilatem attioel, 
etiam in hoc est intelligenda, sciticet : ^i Soeietas eos tenere volet, 

(e) Proroissio ingr<*dirn<)i Societatem, nt declaratum est in*tio bajns 
Piirtla, est de Votis Professorum solemnibns, vei Goadjutorom formi- 
torniii, prout PrsjOsito aJ majns Dsi obsequ'um fore Tidibitor» 
emiltoi;ds. 



CINQUIÈME PAHTIE. 25 1 

Ensuite il recevra le très-saint Corps de J.-C, et on fera 
ce qui a été dit pour les Profès. 

5. La formule d'admission des Goadjuteurs temporels sera 
la même, à la suppression près de la clause concernant l'in* 
struction des enfants (c). 

Ceux qui, après avoir (îni leur premier Noviciat et satis- 
fait aux épreuves pendant deux ans sont admis au rang 
d'Ecolier approuvés, prononceront leurs vœux devant quel- 
ques personnes de la Maison, mais non entre les mains de 
quelqu'un (d). d'après la formule suivante: 

4. Dieu Tout-Puissànt et Eternel, moi N., quoique très-in- 
digne à tous égards de votre Divine présence, néanmoins con- 
fiant dans votre bonté et votre infinie miséricorde, et poussé 
par le désir de vous servir, je fais à votre Majesté Divine, 
devant la Très-Sainte Vierge Marie , et devant toute la cour 
céleste , vœu de Pauvreté , de Chasteté , d'Obéissance perpé- 
tuelles dans la Société de Jésus ; je promets d'entrer dans 
cette même Société pour y passer ma vie entière, le tout en- 
tendu suivant les Constitutions de cette Société (e). Je de- 
mande donc humblement de votre bonté infinie et de votre 
clémence , au nom du sang de J.-C, que vous daigniez ac- 
cepter cet holocauste comme un parfuni d'une odeur suaye, 
et que m'ayant déjà donné une grâce abondante , en m'inspi- 

tacUe, relative à lenr durée, et qui est celle-ci : si la Société veut les 
garder. Car quoique, de leur côté, ils s'engagent à perpétuité pour as- 
surer leur dé?otion et leur constance, la Société sera pourtant libre de 
les congé iier, comme il a été dit dans la seconde Partie. Dans ce cffs, 
ils sont affranchis de toutes les obligations auxquelles ils s'engageaient 
par leurs Vœux. 

(c) Si, comme cela peut être, quelques Goadjuteurs temporels ne sa- 
vaient pas le Latin, on traduira leur vœu en langue vulgaire et ils le li- 
ront eux-mêmes, ou bien ils le répéteront à mesure qu'on leur en lira les 
paroles. 

(d) Comme ce Tœu est offert à Dieu seul, et non à un homme, per- 
sonne ne te reçoit; c'est pour cela qu'on dit qu'il n'est fdit entre les 
mains de personne. Et la condition que nous a?ons dit être contenue ta- 
citement dans le Vœu des CoadjUteurs, est aussi censée être dans celui cf, 
c'est à savoir : si la Société veut les garder. 

(e) La promesse d'entrer dans la Société se rapporte, comme nous 
l'avons dit an commencement de celte cinquième Partie, à rémission des^ 
Vœux solennels de Profès on de Goadjuteurs formés, que l'on pronon-» 
cera suivant que le Supérieur le jugera utile au service de Dibu.1 _ 



252 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

die> mense et anno. Post baec perinde ut alii, Sanctissimum 
Christi corpus sument ; et reliqua , quae superius dicta sunt, 
peragentur. 



5. Postquam aliquis ia corpus Societatis cooptatus fuerit 
in aliquo gradu, ad alium progredi curare non débet , sed in 
suc perfici, et obsequio Dei et gloriœ sese impendere ; ac Su- 
periori , qui scilicet Cbristi Domini Nostri vices gerit , curam 
aliorum omnium relinquere (/*). 

6. Qui in Domibus versantur, post biennium Vota eadem 
emittere , quae Scbolastici , et Cbristo Domino Nostro se ob- 
stringere debent ; et id , quamvis studiis appUcandi non vi- 
deantur, nec expedire , ut tam cito in Coadjutores formatos, 
vel Professes admittanfur, existimetur. Quod si quis propria 
impulsus devotione , ante id tempus biennii vellet Yotis se 
Deo oiTerre, eamdem formulam sequi poterit; et uno Voli 
sui scripti exemple tradito Superiori (g) , alterum pênes se 
reiineat; utquid Dsoac Domino Nostro obtulerit, recorde- 
tur. Et ad boc ipsum simulque ad devotionem augendam 
conferet, statutis quibusdam temporibus quae congrua vide* 
buntur, Vota sua renovare (h). Quod quidem non est obliga* 
tione nova se obstringere, sed ejus, qua obstricti sunt in Do* 
mino, recordari, atque eamdem confirmare. 



(f) Proponere qoae io animo Tersantor qnsqae occnirunt. licilam eil : 
nibilominus, ut in Eiamtae dicitur, omniao paratum esse oportebit, ni 
id melius esse eiistimet, qaod Superiori luo melius videbilur. 

(g) Etiam in libro aiiqao borum memojia (sicat et aliorom) booesla* 
ob causas débet asseryari. 

(h) Quod ad Sclioiasticos aitinet, jam in quarta Parte dictam est, qui- 
tus temporibus sua Vota renovare di beaot. Eadem erit ratio eorum, qui 
in Domibus habitant, et Vota emiseruut: ia duobus enim Testis solemni- 
bus singuiis aiinis, ea reoovare dei)eot, et in aliquo aiio si Superiori 
lideretur eipedire, non in cujufquam manibus^ sed onoqnoque taun 
Votum trente roram Sanctissimo Sacra mento, relirais Tel ooauullts de 
Socielate praeseiitibus ; ut magis ad devotionem observan ii, quod Dio ao 
Domino ^o&tro promiserunt^ magisque pno ocnlis babeaduin id, qaod 
«1 obligatioae d^beot eidem Domino, excitentor. 



CINQUIÈME PARTIE. 255 

rant le désir et la force de vous offrir ce vœu , vous m'en 
donniez une pareille pour Taccomplir jusqu'au bout. A Rome 
(ou ^Heurs), tel lieu, tel jour, tel mois, telle année. 

Ensuite il recevra, comme les autres, le Très-Saint Corps 
de J.-C, et on fera tout ce qui a été dit ci-dessus. 

5. Quand quelqu'un aura été, en quelque rang que ce soit, 
admis dans la Société , il ne doit point travailler à passer 
dans un autre rang , mais à se perfectionner et à se sacrifier 
dans le sien au service et à la gloire de Dieu, laissant à son 
Supérieur, comme au représentant de J.-G. N.-S., le soin de 
tout le reste (/'). 

6. Ceux qui sont dans les Maisons doivent après deux ans 
prononcer les mêmes Vœux que les Ecoliers et se lier à J.>C. 
N.-S., et cela quand ils ne paraîtraient pas destinés à faire 
leurs éludes ou à être sitôt promus au rang de Coadjuteurs 
formés ou de Profès. Que si quelqu'un, poussé par sa propre 
dévotion, voulait avant les deux ans offrir ses Vœux à Dieu, 
il pourra le faire suivant la même formule , et après avoir 
remis au Supérieur un exemplaire de son Vœu écrit de sa 
main (g) ; il en gardera un autre par devers lui , afin de se 
souvenir de ce qu'il aura offert à Dieu et à N.-S. Et par cette 
raison , aussi bien que pour augmenter sa dévotion , il sera 
bon de renouveler ses Vœux à certains intervalles qui paraî- 
tront convenables (h), ce qui n'est pas se lier par une obliga- 
tion nouvelle, mais se rappeler et confirmer celle par laquelle 
on s'est engagé envers le Seigneur. 

( f) Il est permis à chacnn de proposer ce qui lai vient dans Tesprit ; 
eependant, comme on l'a dit dans l'Examen, il faut éir^ ealièrement dis- 
posé à regarder comme le mieux ce qui semblera au Supérieur être le 
mieux. 

{g) On doit aussi pour de bonnes raisons consacrer dans na registre le 
souvenir de ces Vœux comme de tous les autres. ' 

(h) Pour les Écoliers, on a dit dans la quatrième Partie quand ils doi- 
vent renouveler leurs Yœux. 11 en sera de même pour ceux qui habitent 
les Maisons et qui ont prononcé leurs Yœux ; ils doivent les renouveler, 
chaque année, aux deux fêtes solennelles et k^ jour d'une autre fêle, si le 
Supérieur le juge convenable, non pas entre les mains de quelqu'un, 
mais en lisant chacun lenr vœu devant le Saint- Sacrement, en présence 
des antres membres ou de quelques membres de la Société; ils s'excite- 
ront ainsi à observer avec plus de dévotion ce qu'ils ontprom's à Dieu et 
à Noire-Seigneur, et à se remettre sous les yeux les obligations qu'ils ont 
contractées envers le Seigneur. 

22 



t 



SEXTA PARS. 

De Us, qui admissi et in corpus Societatis cooptati 
sunt : quod ad ipsorum personas atlinet. 



CAPUT I. 

De 0$, quœ ad Obedientiam perlinent, 

1. Ut ilii qui jam ad Professionem, vel in Coadjutores for- 
matos admissi sunt, uberiori cum fructu, juxta Nostrum in- 
stitum, Divino servitio, et proximorum auxiliis se impen- 
dant; aliqua in se ipsis observare debent : quorum praecipua, 
licet ad ea Vota, quae Deo et Greatori Nostro, juxta. Litteras 
Âpostolicas obtulerunt, reducantur ; de illis tamen, ut magis 
et declarentur, et commendentur, in bac sexta Parte dicetur. 
Et qiioniam quae ad Votum Castitatis pertinent, interpréta- 
tione non indigent, cum constet, quam sit perfecte observao- 
da, nempe enitendo Angelicam puritatem imitari, et corpo- 
ris et mentis nostrae munditia : bis suppositis, de Sancta 
Obedientia dicetur. Quam quidem omnes plurimum obser- 
vare et in ea excéllere studcant ; nec solum in rébus obiiga- 
toriis, sed etiam in aliis; licet nibil aliud, quam signum vo- 
luntatis Superioris, sine ullo expresso prœcepto, videretur. 
Yersari autem débet ob oculos Deus Creator ac Dominus Nos- 
ter, propter quem bomini Obedientia prœstatur : et ut in 
spiritu amoris, et non cum perturbatione timoris procedatur, 
curandum est : ita ut omnes constant! animo incumbamus, 
ut nibil perfeclionis, quod Divina gratia consequi possimus, 
in absoluta omnium Constitutionum observatione Nostrique 
Instituti peculiari ratione adimplenda (a), praetermittamus. 
Et exactissime omnes nervos virium nostrarum ad banc vir- 
tutem ObedientiaB, in primis Summo Pontiûci, deinde Supe- 
rioribus Societatis «xbibendam, intendamus : ita ut omnibus 
in rebuB, ad quas potest cum cbaritate se Obedientia eiten- 

(a) ITasc pHroa? DeclarationeSi qoa* si roui cum CoostitatioDiboa pra* 



SIXIÈME PARTIE. 

De ceux qui sont reçus et incorporés dans la Société^ > / 
en ce (fui concerne leur personne. 



13? 



CHAPITRE I. 

De VOhéissance. 

\ . Pour qae ceux qui sont déjà admis au rang de Profès ou 
de Coadjuteurs formés puissent s'employer plus fructueuse- 
ment, suivant Notre Institut, au service de Dieu et au soulage- 
ment du prochain, il faut qu'ils observent certaines règles à 
regard d'eux-mêmes. La plupart de ces règles rentrent dang 
les Vœux qu'ils ont, d'après les Bulles Apostoliques, offerts à 
Dieu noire Créateur ; néanmoins, pour qu'elles soient mieux 
expliquées et plus fortement recomnoandées, nous nous en 
occuperons dans cette sixième Partie. Et comme ce qui re- 
garde le Vœu de Chasteté n'a pas besoin de commentaire, 
comme on sait bien avec quelle perfection il faut observer 
cette vertu, en tâchant«d'imiter la pureté des Anges par la pu- 
reté de notre corps et par celle de notre âme, nous laisserons 
de côté ce qui a rapport à la chasteté, et nous nous occuperons 
de la Sainte Obéissance. 

Tous doivent s'efforcer d'observer le mieux possible l'Obéis- 
sance, et d'y exceller, non-seulement dans ce qui est obliga- 
toire, mais encore dans tout le reste, et cela sur un simple 
signe de la volonté du Supérieur, sans aucun ordre exprès. Il 
faut avoir devant les yeux Dieu, notre Créateur et notre Sei- 
gneur, pour lequel nous obéissons à un homme, et il faut 
avoir soin d'obéir dans un esprit d'amour et non pas dans ce 
trouble qui vient de la crainte ; de cette façon, nous nous ap- 
pliquerons tous avec constance à ne rien négliger de la per- 
felïtion que nous pouvons atteindre avec le secours de la grâce 
Divine par l'observation absolue de toutes nos Constitutions et 
en suivant la méthode particulière à Notre Institut (a). Ayons 

(a) Ces premières Déclarations, que Ton publie en même temps que 



256 CONSTITUTIONS DES JESUITES. 

dere (6), ad ejus vocem, perinde ac si a Christo Domino egriv 
deretur (quandoqiiidem ipsius loco, ac pro ipsius amore et 
reverenlia Obedientiampraestamus) quampromptissimisimus; 
re quavis, atque adeo littera a Nobis inchoata, necdum pcr- 
fecta, rolicta, ad eum scopum yires omnes ac intentionem in 
Domino convertendo, ut sancta Obedientia tum in executio- 
ne, tum in voluntate, tum in intellectu sit in Nobis semper 
omni ex parte perfecta (c) ', cum magna celeritate, spirituali 
gaudio et perseverentia, quidquid Nobis injunctum fuerit, 
obeundo ; omnia justa esse, Nobis persuadendo ; omnem sen- 
tentiam ac jiidicium Nostrum contrarium caeca quadam Obe* 
dientia abnegando; et id quidem in omnibus, quae a Supe- 
rlore disponuntur, ubi definiri non possit (quemadmodum 
dictum est) aliquod peccati genus intercedere. Et sibi quis- 
que persuadeat, quod qui sub Obedientia vivunt, se ferri ac 
régi a Divina Providentia per Superiores sues sincère de- 
bent, perindé ac si cadaver essent, quod quoquoversus ferri, 
et quacumque ratione tractari se sinit : vel similiter atque 
senis baculus, qui ubicumque, et quacumque in re velit eo 
uti, qui eum manu tenet, ei inservit. Sic enim obediens rem 
quamcumque, cui eum Superior ad auxilium totius corporis 
Heligionis velit impendere, cum animi bilaritate débet exse- 
qui ; pro certo habens, quod ea ratione potius, quam re alia 
quavis, quam praestare possit, propriam voluntatem ac judt- 
cium diversum sectando, Divinœ voluntati respondebit. 



mulganlor, eamdem, qaam \Vœ, auctoriUitem habent. Et lia Id nlnh 
rumquc obsorvadooe, eamdein curam adliiberi oportet. 

(b) riujusin )di suot \\\sd omnes io quibus Dullam maoifestiiin e<t 
pecc.itiim. 

(c) Obedîenlîa. quod ad eiecutionem attinet, laoc prsstatnr, eam rei 
jussa rompleUir : qaod ad yo'antatem, cum ille qui oliedit id ipsam Tait, 
quod qui jubet : quod ad inlellectum. cum id ipsum séoUI, quod ille, el 
qiiod ju^etiir bene juberi existiiiiat. Et oit imper fecta ea ObptlIcDtia, in 
qua prœier executionem ; non est hapc ejnsdem Vuluoiatit et lenlehlia* 
iater ejm qui jubet, et qui objdit, conseosio. 



SIXIÈHE PARTIE. 257 

donc soin d'enif^loyer taut ce qu'il y a de nerf et de vigueur 
en nous à observer l'Obéissance, d*abord à Tégard du Souve-- 
rain Pontife, ensuite à l*égard des Supérieurs de notre Société, 
de telle sorte que tout ce que peut faire l'Obéissance jointe à 
la Charité [à) , nousPaccomplissions à sa voix comme à celle de 
J.-G. même le plus promptement possible, et cela d'autant 
plus que si nous obéissons à un homme, ce n'est que parce 
qu'il représente J.-C, ce n'est que par amour pour lui, par 
respect pour lui. Abandonnant toute occupation , laissant 
môme inachevée la lettre que nous commencions à former, 
dirigeons vers ce but toutes nos forces et toute notre volonté 
selon le Seigneur, de telle sorte que la sainte Obéissance soit 
toujours et en tout parfaite en nous, parfaite dans Texécu- 
tion, parfaite dans la volonté, parfaite dans Tintelligence (c). 
Exécutons ce qui nous est commandé avec promptitude, avec 
contentement d'esprit, avec persévérance. Persuadons -nous 
que tout est juste quand le Supérieur Tordonne ; par une 
sorte d'Obéissance aveugle, rejetons toute idée, tout senti- 
ment contraire à ses ordres, toutes les fois qu'on ne pourra, 
selon ce qui a été dit, y apercevoir quelque péché,/et que cha- 
cun se persuade que ceux qui vivent dans l'Obéissance doi- 
vent se laisser mener et conduire à la volonté de la Divine 
Providence par l'entremise de leurs Supérieurs, comme un 
cadavre qui se laisse tourner et manier en tous sens, ou en-j 
core comme un bâton qui sert partout et à toute fin au vieil- 
lard qui le tient à la main. Car celui qui obéit ainsi doit faire 
avec un esprit de contentement tout ce que le Supérieur lui 
ordonne pour le bien de tout le corps de la Religion, étant 
persuadé, comme il l'est, qu'il répondra mieux à la volonté de 
Dieu de cette manière qu'en suivant sa propre volonté et son 
propre jugement. 

les GoDslitutioDs, oot la même aatorité. Il faut donc apporter autant de 
soin k obserYer les nnes que les autres. 
(6).Tel]es*sont toutes les actions où l'on n'aperçoit aucun péché. 

(c) L'Obéissance dans Texécution consiste h faire ce qui est ordonné ; 
rObéissance dans la Tolonté, à n'avoir pas d'autre To'onté que celle de 
celui dont on reçoit les ordres ; l'Obéissance dans l'iiitelligence, à penser 
ce que pense le Supérieur, et à croire que ce qu'il ordonne est bien 
ordonné. Et l'Obéissance est imparfaite quand il ne se trouve pas accorJ 
de volonté et d'iateHigeaca entre celui qui commande et celui qui obéit. 

22. 



258 GONSTinrriONS DES l^SUITES. 

3. Omnibas iiklem maiime commendatum Bit, ut multam 
reverentiae (et praecipue in interiori bomine) suis Superiori- 
bus exbibeant : Jesum Gbristum io eisdem considèrent, ac 
revereantur : eosdem ex animo, ut patres, in eodem diligant: 
ac sic in spiritu cbaritatis in omnibus procédant, ut nihil ex 
externis vel internis eos cèlent : quin potius, ut omnîa pror- 
sus intelHgant; quo melius in via salutis et perfectionis se 
dirigant, optare debent. Et ea de causa tam omnes Professi, 
quam formati Goadjutores semel singulis annis (et quoties 
praetérea Superiori visum fuerit) ad suas conscientias in Coo- 
iessione vel secreto, yel alla ratione eisdem aperiendas, prop- 
ter magnam ejus rei utiiitatem (ut in Examine dtctum est) 
parati esse debebunt : tum etiam ad Conressionem generalem, 
quae ab ultima generali incboetur, ei quem Superior sibi 8ub> 
stituerit» faciendam. 



5. Déférant omnes ad Superiorem suum res, qus eis expe- 
tendae occurrerint : nec^privatus quispiam directe yel indi- 
recte sine ejus facultateet approbatione, a SummoPontiflce, 
nec ab alio extra Societatem, gratiam ullam in suum priva- 
tum, vel alterius usum petat aut petendam curet, sibique 
persuadeat, si per Superiorem sunm, velcum ejus consensu, 
quod optât, non obtinuerit, ne id quidem ad Diyinum servi- 
tium sibi convenire : et si convenit, cum Superioris consen- 
su, ut qui Cbristi Donûni Nostri locum erga ipsum tenet, id 
se consecuturum. 



CAPUT IL 

De m, quœ ad Paupertatem^ quœqueeam amêeqmniwr^ 

pertinent. 

4 . Paupertas, ut munis Religionis firmus, dtligenda et in 
Vsuapuritate conservanda est, quantum, Divina gratiaaspi- 



SlXliUS PARTIS. 259 

S. On recommande aussi le plus possible i tous d'ayolr 
beaucoup de respect (et surtout dans le for intérieur) pour 
eeux qui sont leurs Supérieurs. Qu'ils voient en eux, qu'ils 
vénèrent en eux J.-G. ; qu'ils les aiment en lui et de cœur, 
comme leurs pères. Qu'ils se conduisent à leur égard avec un 
tel esprit de charité, qu'ils ne leur cachent rien de ce qui les 
touche, soit au dedans, soit au dehors. Qu'ils souhaitent au 
contraire d'être connus.par eux tout entiers, afin d'en être 
mieux dirigés dans la voie du salut et de la perfection. C'est 
pour cette raison que tous, tant les Profès que les Goadjuteurs 
formés, doivent être prêts, comme il a été dit dans l'Exameo, 
à leur ouvrir leurs consciences dans la Confession, soit sous le 
secret, soit autrement, au moins une fois l'an ou davantage, 
selon que le Supérieur le jugera convenable, à cause de la 
grande utilité qui en résulte ; c'est aussi pour cela qu'ils doi<- 
vent faire leur Confession générale, à partir de la dernière, i 
celui que le Supérieur désignera à cet effet. 

5. Ils feront tous part à leur Supérieur des besoins qui leur 
surviendront, et aucun membre de la Société ne demandera 
OU- ne fera demander directement ou indirectement, soit pour 
lui-même, soit pour un autre, au Souverain Pontife ou i 
toute autre personne qui ne fait pas partie de la Société, une 
grâce, quelle qu'elle soit, s'il n'a l'approbation et le consente- 
ment de son Supérieur ; et il se persuadera que s'il n'obtient 
point ce qu'il espère obtenir de son Supérieur avec son con- 
sentement, c'est que cela ne lui est point utile en vue du ser* 
vice de Dieu ; il se persuadera que si cela lui était utile, il 
l'obtiendrait avec le consentement de son Supérieur comme 
celui qui tient à son égard la place de J.-C. N.-S. 



CHAPITRE n. 

De la Pauvreté et de ce qui s'ensuit. 



4. Autant que possible, il faut, avec le secours de la grâce 
de Dieu, aimer et conserver dans toute sa pureté la Pauvreté 



260 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

rante, fleri poterit. Et quia humanœ naturae bostis ad hoc 
propugnaculum, ac refugtum debilitandum (quod Deus Do- 
minus Noster Religionibus inspiravit contra illum, aliosque 
Keligiosœ perfectionis adversarios) eniti solet, ea qus a pri- 
mis Fundatoribus bene ordinata Tuerant, immutando perde- 
clarationes, vel innoyationes, primo illorum spiritui minime 
consentaneas ; ut, quod in Nobis situm fuerit, bac parte So- 
cietati prospiciamus, quicumque in ^a Professionem émise- 
rint, se ad innovationem Constitutionum, in iis quae ad Pau i 
pertatem pertinent, nihil facturospromittant (a) : niai alîquo 
modo pro rerum occurrentium ratione, eam in Domino ma* 
gis restringendam judicarent. 

2. In Domibus, vel Ecclesiis^ quœ a Societate ad auxilium 
animarum admittentur, reditus nulli, ne Sacristiae quîdem, 
aut Fabricae appUcati, baberi possint, sed neque ulla alia ra- 
tione {b) ; ita ut pênes Societatem eorum sit ulla dispensatio : 
sed in solo Dec, cui per ipsius gratiam ea inservit, fiducia 
constituatur, sine reditibus uliis ipsum Nobis prospecturum 
de rébus omnibus convenientibus ad ipsius majorera laudem 
et gloriam. 

3. Professi vivant ex eleemosynis in Domibus (0» cum ali* 

(a) TnnoTari, quod ad Paapertatein atiioe^ est rehxari ad reditus, 
?ei possessioaem ollam in propriiim usum, vel ad Sacrisliam, vel ad 
Ffib icam, vel ad aliqoam alîiim fine.ii prœter id, quod ad CoHegia, et 
Doœot Probationum atUnet, admiltendum. Et ne in re quœ tanlum ba- 
bet momenti, CoDslilutiooes mulentur; post emissam Profetsiooesi 
vousqnisque promittat corani Piœposilo Generali et iis qui apud êiiin 
erant, asseralque in conspectu Greatoris et Domiai Nostri, quod duo- 
qnam assentietur ad immutandum, quod ad Paupei tateni in Gonstitii» 
tionibus pertioei ; nec in conTentn lolius Societatis congregaïae, nec per 
j; sum ulla ratione id ciirando. 

(&) Si aliquls ex Fundatoribus Domorum Te! Ecdeslaruin vellet redi- 
tus aiiqnoi ad Fabrlcaï usnno relinquere, dammodo nec disposUio eo- 
rum ad Societatem pertineat, née sIt uude ci competat aetio io illos 
(quamyis id iili cura c^set, ut is, cui taie munns coromitsum est, sunia 
officiura rareri*t), et sic in rébus similibus; non esict id a PaupeHale 
Societatis alienum. 

(c) m Colley iis ProPessos non habilare intelligitnr, din in eia mt- 
Den^o ; quamvis di:m alio iter facinnt« diero aliquem« fel tempos eoo» 



SIXIÈMR PARTIE. 261 

comme le ferme rempart d'un ordre Religieux. Et comme l'en- 
nemi de la nature humaine fait ordinairement tousses efforts 
pour saper le rempart et cette défense dont les ordres reli- 
gieux ont été munis, et contre lui et contre les autres enne- 
mis de la perfection religieuse, par Dieu Notre Seigneur; 
comme il y parvient en changeant par le moyen de déclara- 
tions et d'innovations contraires à l'esprit des premiers Fonda- 
teurs les sages règlements que ceux-ci ont étahlis; il faut, 
pour être aussi utiles que possible à la Société, que chacun 
jure de ne jamais changer les Constitutions en ce qui concerne 
la Pauvreté (a); nous exceptons toutefois le cas où les cir- 
constances feraient juger selon le Seigneur qu'il faut la resser- 
rer encore davantage. 

2. Dans les Maisons ou dans les Églises que la Société ac- 
ceptera pour le soulagement des âmes, il n'y aura point de 
rovenus, ni pour la Sacristie, ni pour la Fabrique, ni pour 
quoi que ce soit |6), de sorte que la Société n'aie jamais à 
8'occuper du soin d'administrer ces revenus. Mais elle placera 
toute sa conGance en Dieu seul, qui lui fait la grâce de l'ad- 
mettre à son service, et qui pourra bien, sans revenu aucun, 
pourvoir à tout ce qui nous sera utile pour sa plus grande 
gloire et son plus grand honneur. 

5. Que les Profès vivent d'aumônes dans les Biaisons (r) 

(a) Innover en ce qui concerne la Pauvreté, c'est se relâcher an point 
de toucher des revenus on des propriétés, soit pour son usage particu- 
lier, soit pour la Sacristie, pour la Fabrique ou pour tout autre chose que 
l'eatretien des Ck>llége8 et des Maisons de Noviciat. Et afin que sur un 
poiiDt aussi important les GonsUiutions ne changent jamais , chacun, 
après avoir fait Profession, promettra devant le Général et devant ce x 
qui l'assisteront, et jurera en présence de Noir*; Créateur et de Noti e- 
Seigneur qu'il ne consentira jamais à ce-qu'un change ce qui concerue 
la Pauvreté, et qu'il ne s'y emploiera, ni dans l'Assemblée géiié.'sle de la 
Société, ni par lui-même en aucune façon. 

(b) Si quelqu'un des Fondateurs des Maisons ou des Églises voulait 
laisser quelques revenus pour l'entretien de la Fabrique, cela ne rera pas 
regardé comme contraire à la Pauvreté delà Socié.'é, pourvu que celle-ci 
n'ait point le maniement de ces revenus et qu'elle n'acquière aucune- 
ment le droit de les réclamer en justice; elle aura pourtant soin de 
veiller à ce que celui ù qui ell.* s'en i apportera à ce sujet fasse bieu sru 
devoir ; de môme pour des choses ana ligues. 

(c) Quand on dit que les Profës ne doivent pas habiter dans les Col- 
]èges,cela s'eotendd'un temps cansidérable ; car quand ils voyagent, par 



2(^2 CONSTITUTIONS DES JÉSUITBS. 

quo non mittuntur : nec officium Rectorum ordînarium in 
Coliegiis vel Universitatibus Societatis habeant (nisi ipsarum 
nécessitas, vel magna utilitas id exigeret) nec reditibus 
rum in Domibus utantur {d). 



4. Goadjutores, quamdiu in Domibus erunt, quae ex eleemo- 
synis vivunt, et ipsi eodem modo vivent. In GoUegiîs, si Rec- 
tores fuerint» vel Lectores, aut alioqui in rébus necessaiiia, 
vel valde convenientibus eisdem Coliegiis utiles fuerint, vi- 
vent sicut reliqui, ex eorum reditibus, quamdiu eorum opéra 
Collegia indigebunt. Cum autem desierint utiles esse Colie- 
giis, desinent in eis habitare ; et in Domibus Societatis (ui de 
Professis est dictum) babitabunt. 



gronin ia eis nuaere pojsint : habitare autem dia et'am poisent, cnm 
nec?ssarium aat coBTemeos ad ipsius Collegii, we\ Uoiversitalis b^ona 
îd esset; ut si ad gabernatloaem stiidiorum rsseot necessarii ; ?el si le^ 
gèrent, aut in Spiritualibus exercitiis Cou fission um et Gonctonuin« ad 
ScbolaslicoSf qui id pnDstare dehereot, siiblevandos, tcI ad id demom, 
qnod ipsi dod possnnt, prœstnnduiii. o cupareotar ; yel t'i ad Tisiti>ii ia et 
diri^eida htijiisraadi Collegia, Tel Uaiversitatei mltlerentur. Quiioio 
etam neeessariuro aat conTeoiens ad uniTersale biauin id videreliir; 
ut si aliquis, cum exprcssa fdculiatd Pra^p siti Geae<aU8, scribeudi gra- 
tia per tempas aliquod se eo ri ciperet. 

{d) Resminimœ ducan'ur pro nihilo : et ita ad scrupul laeiimeolosde- 
claratuPi ubi Recior eum, qui itcr per ipsins CoUi*giura b ib.^iet, ac f ialioo 
egeret, viatico aliquo ac eleemosyna proscqucretur, recipi ram poiie. 
Quod autem C^ llegia suppléant aliquos siimplus qiios si ipsa non laccreni, 
factura; essent Domus, si possen^ nt vestitum et viaticumeis» qui ad Col- 
legia ex Dom bus mitluulur, providere; quamvis id sit, aut esse fidei- 
tur Domuui jiiyare ; non tamen e^t contra ioteationcm hujas Constilii- 
tlonis, qnœ ciTet, ne Coliegiorum reditibus ad f ictuiu, et Testila-v, et 
alias expensas proprias Domas )UTculur. Sic etiam intelligitor contra 
Conititu'.ione n non e5se, quoi in aiiquo horto Coliegii aliqoid reerea* 
tioais inflnni, tiI sani. qui sunt in DuniibJS, su uant, dam ianeu es* 
peosis Collegii quamdiu sunt in Domibus noa alaoiur : et lanlnm^ea 
de rébus potest judicari. 



SJtXlÈMB PARTIE. ^65 

quand on ne les envoie pas ailleurs ; qu'ils n'occupent pas les 
places de Recteurs ordinaires dans les Collèges ou les Univer- 
sités de la Société, à moins que la nécessité ou la plus grande 
utilité de ces Universités ne l'exige, afin qu'ils n'emploient au 
profit des Maisons aucune partie des revenus de ces Col- 
lèges (d). 

4. Que les Coadjuteurs, tant qu'ils seront dans les Maisons 
qui vivent d'aumônes, en vivent aussi. Mais s'ils sont Rec- 
teurs ou Professeurs dans les Collèges, ou slls sont utiles à 
ces Collèges dans les choses qui leur sont nécessaires ou très^ 
avantageuses, ils vivront comme les autres des revenus de 
ces Collèges, tant qu'on y aura besoin de leur concours. Dè3 
jj^'ils cesseront d'être utiles aux Collèges, ils cesseront d'y 
habiter, et ils iront demeurer dans les Maisons de la Société» 
comme il a été dit des Profès. 

• 

exemple, iU penveot même s'y arrêter onjoar oa le (emps convenable} 
ils peaveot même y demeurer longtemps quand cela est nécessaire oa 
utile au Collège ou à l'Université; par exemple, s'ils sont néoessairea 
pour la direciion des études, s'ils professent, s'ils s\)ocupent d'exercices 
Spirituels, comme la Confes.vion et la Prédication, pofir soulager les Eco- 
liers qui doivent remplir ces fonction «, s'ils font quelque chose qne ces 
derniers ne peu^ent faire, enfin s'ils sont envoyés pour visiter et diriger 
ces Collèges et ces Universités. De même quand cela paraîtra nécessaire 
on utile au1>ien général; par exemple, si quel ^n'un, a?ec l'autorisalioa 
expresse du Général, se retirait quelque temps dans un Collège pour 
composer. 

(d) On compte ponr rien les minuties; ainsi^ pour ôter tout scrupuh, 
on déiare que si un Recleiir donne, quel ]ues provisions ou fait quelque 
aumône à un membre de li Sorié:é qui,passantpjr son Collège, en aurait 
besoin pour cbntinner sa route, celui-ci pourra accepter. Faire contri- 
bacr les Collèges à cerlaioes dépenfes qu'à leur défaut les Maisons de- 
vraient faire, si elles le pouvaient; par exemple, le vêtement et les pro- 
visions de voyage de ceux qui sont envoyés des Maisons aux Collèges, 
cela peut bien être on paraître aider la Maison; néanmoins celn n*est pas 
contraire à la Constitution, qui défend que les Maisons se fassent aider 
des revf-nus des C )!lé.es, pour les dépenses de vêtement et de nourri- 
ture, et pour les autres dépenses qui leur sont personnelles. De 'même « 
00 croit que cette Constitution ne s'oppose pas à ce que des personnes 
qui habitent les Maisons, soit malades, soit en bonne santé, viennent 
prendre quelque récréation dans le jardin d'un Collège ; seulement it 
ne faut pas que ces pers unes Vivent aux dépens du Collège, tant 
qu'elles lûbitent les Maisons. De même pour tout ce qui appartient aux 
Collèges. 



264 CONSTITUTIONS DES JESUITES. 

5. NoD solum reditus, sed nec possessiones ullas habeant 
in particulari, nec in communî Doraus vel Ecclesiae Sociela* 
tis, prœterquam quod ad habitationein, vel usum necessarium 
eis, aut valde conveniens fuerit (e) ; cujusmodi duceretar, si 
in usum convalescentium, vel eorum, qui ut rébus spiritaa- 
libus vacent, se ab bominum frequentia recipiunt, Iogus ali- 
quis a communi babitatione separatus, qui aère salubriori, et 
aliis commodis polleret, admit teretur; et tune bujusmodi ille 
sit, ut nec aliis locetur, nec fructus, qui redituum loco esse 
possent, babeat ( f). 



6. Quamvis ad bona et sancta opéra, et maiime perpétua 
duratura incitare laudabile sit ; ob majorem tamen s^ificatio- 
ncm nullus de Societate débet, nec potest quemquam ad 
eleemosynas perpétuas Domibus vel Ecclesiis ejusdem Socie- 
tatis relinquendas incitare : et si aliqui sponte sua eas relin- 
quercnt, nullum jus civile ad eas petendas in judicio acquira* 
tur. Sed cum ad id cbaritas propter Deuv eos moverit, tune 
eas clargiantur. 



(e) Quia, ut in Litteris ApostoUcis dic'tur, dod est habitora Soeietaa 
jii» civile ad rem ullam stabilem, nisi ad ipsias babilAllooem et mon 
esset opportune ; quidquid slabile illi dalum fuerit, teneator eo» qoaoi 
primum poterit, i e exuere, ac veadere ; ut pauperiboa Soeielalis^ vel 
eiteruis, sua iu peauria sabTeniatur. 

Qiiamvis hoc ita se babeat, temporis tamea oppoi-tonitaa ad feodfo- 
duni non est eicludenda. Et boc iutelllgatur, cum rea illa atabilia. oeoei* 
8 .fia non est ad Domus usum, ut aliqtia ex superioa merooratia. Alianun 
rerum mobilinm, ut pecuoiarum, vel libronim. Tel earam, qn» ad vie- 
lum est \esiitum pertinecnt, poteit in commnni Soeietaa prjprietalm 
ad usum suum bubere. 

(D nujumodi estent, si vini. Tel olei, Tel tiUici proTcntam did« 
pusscssioues fiTreot ; Tel si fructus, et olera ex hortis Tendereotor : 
quoi'um niliil licebit. Quara? is fructibus, aut parte ipsorom ad comme- 
dum Domus sua* uli possint ; si tameo Sociétés colonum aliqiiem, Td 
sapciilurem h imiucra huberet, qui bortis vel agi is, quos dictai Domos 
hjbcnt, praïcsset; non esset etiam ci probitModum, ne ad prifalam 
suaiii ulilitatem, quod viderelur conveoire, ex dictis, faceret : dum- 
modo tuoc ucc ad Domos, nec ad parlicularca penooaa Sodeletta lUiU* 
tas intérim ulla perveniret. 



SIXIÈME PARTIE. 265 

5. Les Maisons et les Eglises de la Société n'auront non- 
seulement aucune espèce de revenus, mais encore aucune 
propriété soit en particulier, soit en commun, si ce n'est ce 
qui est indispensable ou très-utile pour le logement ou pour 
une autre nécessité ou une grande commodité (e) ; pour la 
commodité des convalescents, par exemple, ou pour celle des 
gens qui s'éloignent de la foule pour vaquer aux choses spi- 
rituelles, on pourra avoir un lieu séparé de l'habitation com- 
mune, où Ton trouverait un air très-pur et d'autres commo- 
dités. Biais on fera en sorte que ce lieu ne soit jamais loué et 
qu'on n'en retire pas des fruits qui tiendraient lieu de re- 
venus (/"). 

. 6. n est louable d'exciter à de bonnes œuvres, à des œuvres 
saintes, surtout quand elles sont à jamais durables ; cepen- 
dant, pour la plus grande édification des fidèles, aucun mem- 
bre de la Société ne peut ni ne doit exciter personne à laisser 
aux Eglises et aux Maisons de cette Société des aumônes per- 
pétuelles, et si quelqu'un en laissait de son propre mouve- 
ment, on n'acquerrait par là aucun droit de les revendiquer 
en justice. 11 vaut mieux que ceux qui voudront faire de ces 



(e) Comme, d'après les Bulles, la Société ne peut avoir aucun droit 
juridique sur un immeuble, à moins qu'il ne soit propre à son logement 
ou à son usage, elle sera tenue.de se dépouiller le plus lot possible des 
immeubles qu*ou lui aura donnés et de les vendre, aflu de secourir la 
misère des pauvres faisant parlie de la Société ou de ceux qui lui sont 
étrangers. Quoiqu'il eu soit ainsi , il ne sera pas défendu d'attendre 
une occasion favorable pour faire la vente ; cela, bien entendu, quand 
rhumeuble n*est pas nécessaire à l'usage de la Maison, comme quelques- 
unes des choses dont nous venons de parler. Quant aux propriétés mobi- 
lières, comme l'argent, les livres et tout ce qui sert à la nourriture et 
au vêtement , la Société peut pour son usage en garder la propriété eu 
commun. 

( f) Par exemple, si de ces propriétés oa retirait une récolte de vin, 
d'bttile ou de blé ; si les fruits et les légumes des jardins étaient ven- 
dus, ce qui n'est nullement permis, on pourra se servir de ces fruits en 
tout pu en partie pour l'usage de la Maison; mais si la Société avait un . 
fermier ou un homme étranger à la Société chargé de diriger la cul- 
ture des jardins et des champs de cette Maison, il ne faudrait pas empê- 
cher cet homme d'en vendre une parlie et d'en tirer pour lui-même un 
profit convenable ; seulement il faudrait que ni la Société, ni aucun de 

ses membres n'eût part à ce profit. 

25 



â66 CONSTITUTIONS DES JÉSVITES. 



7. OniDes, qui sub Obedientia sunt Societatis, memiDeriot 
se gratis dare debere, quœ gratis acceperunt ; nec postulando, 
Dec admittendo stipendium, vel eleemosynas ullas, quibus 
Missœ, vel Gonfessiones , vel Lectiones , vel YisltaÙoDes, 
vel quodvis aliud offîcium ex iis, qu» Societas juxta 
Nostrum Institutum exercere potest, compensari videatur (^): 
ut sic majori cum libertate possit, et proximorum œdificatio- 
De, iD Divine servitio procedere. 

8. Ut omnis avaritiae species evitetur, praecipue in piis mi- 
DÎsteriis, quibus ad animarum auxilium Societas utitur ; nulla 
sit in Ecclesia arca, in quam eleemosynœ ab iis, qui ad Goa- 
ciones, Missas, vel Gonfessiones, et reliqua spiritualia ad eani 
Gonveniunt, conjici soient. 

9. Eadem de causa inunuscula, quae Magnatibus ad res ma- 
jores ab ipsis obtinendas offérri soient, né offerantur : nec hu- 
jusmodi primarios viros invisere Nostri consu^cant, nisi 
sancto studio piorum opcrura ducerentur; vel quando intima 
benevolentia in Domino tam essent conjuncti, ut bujusmodi 
offîcium aliquoties eis deberi videretur. 



10. Parati sint ad mendicandum ostiatim, quando vel Obe- 
dientia, vel nécessitas id exiget. Et sit unus, vel plures ad 
eleemosynas petendas, quibus pcrsonœ Societatis sustenten- 
tur, destinati : quas eleemosynas simpliciter amore Domini 
Nostri pètent. 

11. Ut nibil propriumDomi teneri, ita riecforis apud alios 
potest {h). Et quisque iis, quae de communi data fuerint ad 

{g) Quamvit quicnmqoe To!ueriot, Domum ▼<! Ecdeiiam el(eiiH>* 
«yn'8 juTare pos^int (site in tpiritnalibus ipsi ab ea juventar, sive noa) 
tameo non débet quidijuam accipi tinquain stipeDdiain« vel eleemosyn»* 
pro iii, quae ob sotum Ghrisli Domtoi Noslrî ob^equiom eis coimiNiBi* 
cantur ; ita nt hoc detuf , aat aocipiatar pro illo. 

(/() Inlcll'geudtim est hoc absolule de Professis, et Coailjaloribm 



SIXIÈME PAKTIB. 267 

aumônes» les distribuent au moment où Tamour de Disu les y 
portera. 

7. Tous ceux qui vivent sous la règle de la Société se sou- 
viendront qu'ils doivent donner gratuitement ce qu'ils ont 
reçu gratuitement ; qu'ils ne doivent ni demander, ni accep- 
ter d'honoraires et pas même les aumônes qui paraîtraient 
être comme le prix des Messes, des Confessions, des Leçons, 
des Visites ou de toutes les autres fonctions que notre Société 
peut remplir suivant Notre Institut (g). De cette manière ils 
pourront travailler au service de Dieu avec plus de liberté et 
une plus grande édification du prochain. 

8. Pour éviter toute apparence de cupidité, surtout dans les 
pieux ministères qu'exerce la Société pour le soulagement 
des âmes, on ne mettra point dans l'Église de ces troncs des- 
tinés à recevoir les aumônes de ceux qui viennent au Ser- 
mon, à la Messe, à Confesse ou pour acccomplir tout autre 
exercice spirituel. 

9. Pour le même motif, on ne fera pas de ces petits pré- 
sents qu'on offre d'ordinaire aux grands pour en recevoir 
d'eux de plus considérables, et les Nôtres jie prendront point 
l'habitude de visiter souvent les hommes qui sont à la tête 
des affaires, à moins pourtant qu'ils ne soient en cela conduits 

^par un saint désir d'accomplir de bonnes œuvres, ou à moins 
qu'ils ne soient liés avec eux d'une telle affection, selon le 
Seigneur, qu'ils se puissent croire obligés à leur rendre de 
temps en temps cette espèce de devoir. 

10. Qu'on soit prêt à aller mendier de porte en porte quand 
on 7 sera contraint, soit par l'obéissance, soit par la néces- 
sité*. Qu'un seul ou que plusieurs membres de la Société 
soient désignés pour quêter les aumônes dont vivront les 
autres; qu'ils demandent les aumônes simplement pour Ta- 
mour de Notre-Seigneur. 

11. Comme- on ne peut rien posséder en propre dans la 
Maison, de même fera-t-on au dehors (ft); et chacun, se pri- 

(g) Tons ceui qui le Youdront pourront seconi ir de leurs aumônes 
une Maison ou un Église, qu'Us en reçoiTent ou non des secours spiri- 
tnels; mais, en échange de ce que l'on n'a donné que dans la seule voe 
du service de J.-C. N. -S., on ne doit rien accepter à titre d'honoraires 
ou d'aumônes, et comme si ce qu'on reçoit était le pris de ce qu'on a 
donné. 

(h) Cela doit s'entendre à la rigueur pour les Profès et le» Coadju- 



268 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

iisum siuim necessarium aut convenientem, resecatis super- 
fluis, sit contentus. 

42. Qiio melius Paupertatîs puritas et quies illa, quam se- 
cum affort, conservetur, non solum particulares Professi, vel 
Goadjutores formati hsereditariae successionis non eriint espa- 
ces, verum nec Domiis, aut Ecclesiaî, nec Collegia eorum ra- 
tione. Sic enim omnibus litibus, et controversiis prœcisis, 
charitas cum omnibus ad Dei gloriam melius conservabitur. 



45. Quando Summus Pontifex, vel Superîor, bujusmodi 
Professes, vel Goadjutores ad laborandum in vineam Domînî 
mittct, nullum viaticum petere possinf, sed se liberaliter re- 
praesentent, ut mittantuf, prout illis ad majorem Dei gloriam 
fore videbitur (/). 

44. Ut in bac etîam parte modo consentaneo debitœ Pau- 
pertati procedatur, nullum in Domibus Societatis jumentum 
ad equitandum, adusum alicujus de ipsa Socictate (sivePrœ- 
positus, sive subditus ille sit) ordinarie habcbitur (k). 

15. In vestitus itidem ratione tria observentur : primum, ut 
honestus ille sit; alterum, ut ad usum loci, in quo vivitur. 



formalis. Ceetirum in Schol siicis, et aliis, qui fempns Probalionit 
dum explerenint, hoc intcUlgi débet de rcbus lis, quœ tn prffsentia sab- 
sint eorum dispositioni. Nihil enim horuti babere debent, ntsicooirio 
et approbante Superiore. Neque Tero sermo est de bonis, qnm for:e 
procul iode illi habeot; de domibus scilloet, Tel rébus a'iis; sed quod 
ad biec altioet, parati etiam esse dibebunt, ut illis se abJicenI, quaodo- 
cumqiie Superiori vidi^relur, ut in Examine diclum e^t. 

(t) Id est pcdites, fel équités; cumpecnniis, vel s'ne IIUs. Et omnîiio 
para i esse debelmnt ad i*i facipudum, quod is, qui mittit, magis ooDTe- 
nire, et ad majorem lediOcationem universaleon fore judicaferit. 

(k) Nisi id litTet propttr adversam Taletudinem continuam Tel nccct- 
sitatem nrgentem propter publica oegoita, p aecipoe in amplis popaUi. 
Tuoc enim potius uniters:.lis boni, et sanitatis Nostroram, qaam tempo* 
ris deHniii, aut perpctui, qoamque sois vel alienit pedibui ineedendi, 
ratio est babenda ; intuen^io seirper quod neressariu'n ei booestiuii lit, 
et Dulla ratione quod ad pompam nllaro pertineit. 



SIXIÈME PARTIE. 269 

vanl de superflu, se contentera de ce qui lui sera distribué 
sur les ressources communes, comme indispensable ou très- 
utile. ' 

12. Pour mieux conserver dans sa pureté la Pauvreté et la 
tranquillité qu'elle apporte avec elle, non-seulement les Pro- 
fès et tes Goadjuteurs formés seront inhabiles à succéder en 
leur propre nom, mais encore les Maisons, les Eglises ou les 
Collèges ne pourront le faire en leur place. C'est ainsi que la 
racine de toute querelle et de tout procès étant coupée, la 
charité sera, pour la gloire de Dieu, mieux observée à l'égard 
de tout le monde. 

15. Quand le Souverain Pontife ou le Supérieur enverront 
des Profès ou des Goadjuteurs travailler à la vigne du Sei* 
gneur, ceux-ci ne pourront rien demander pour leur route, 
mais ils s'offriront avec désintéressement pour être envoyés 
de la manière qui paraîtra le plus utile à la plus grande gloire 
de Dieu (t). 

14. Pour agir aussi en cela d'une manière conforme à la 
Pauvreté qui est obligatoire, on n'aura, d'ordinaire, dans les 
Maisons de la Société, aucun animal destiné à servir de mon- 
ture à qui que ce soit» inférieur ou Supérieur (/c). 

45. De même, pour Thabillement, on observera trois cho- 
ses : 1^ qu'il soit honnête ; 2^ qu'il soit conforme à l'usage du 



teurs formés. Quant anx Écoliers et ù ceux qui n'ont pas fini leur temps 
de Noviciat, cela ne doit s'entendre que des choses qu'ils auraient à leur 
disposition et sous la main ; ils n'en peuvent avoir de cette sorte du su et 
avec le consentement du Supérieur. Mais il ne s'agit point ici des biens 
qu'ils auront loin de la Maison, comine, par exemple, des maisons ; ce- 
pendant ces l)iens-là même, ils doivent é re prêts à s'en défaire, stir 
l'ordre du Supérieur, comme il a été dit dans TEiamen. 

(t) C'est à savoir, à pied ou à cheval, avec ou sans argent. Et ils de- 
vront être entièrement prêts à faire ce que celui qui les enroie jugera 
pins à propos et plus utile à ré<liflcalion de tous. 

{k) A moins que ce ne soit pour cause de mauvaise santé habituelle, 
par suite d'une nécessité urgente , par exemple, les arfaires publiques, 
surtout dans 'es États de grande étendue. Alors il faudra avoir égard au 
bien général et à la santé des Nôtres, plutôt qu'à la différence enlre louer 
quelque chose pour un temps déterminé et la posséder pour toujours, 
ou à celle qu'il y a enire se servir de ses pieds et se servir de cent des 
animaux s mais ce sera toujours en ne se proposant que ce qui est bon* 
Déte et nécessaire, jamais ce qui a l'apparence de l'ostentation. 

25. 



t 

j 



270 CONSTITOTIÙNS »BS IÉ8VITES. 

accommodatus (l); tertium , ut Professioni Paupertatis non 
repugnet. Yideretur autem repugnare, si sericîs, vel pretio- 
sis pannis uteremur (m) ; a quibus abstiDendum est ; ut in 
omnibus humilitatis et submissionis, débita ad majorem Dei 
gloriam ratio babeatur. 

16. In lis, quae ad rationem victus, somni» ac usus reliqua-* 
rum reruni vit» necessariarum, val convenientium speetut, 
quamvis communis illa sit , mininieque diversa ab eo, qnod 
Medicus illius loci , in quo vivitur , judicabit : ita ut quod 
quisque sibi inde subtraxerit , ex devotione « non ex obliga- 
tione subtrabat; babenda tamen semper erit ratio humili- 
tatis , Paupertatis , ac spiritualis aediAcationis , qnm semper 
Nobis in Domino ob oculos yer^ari débet (n). 



CAPUT ni. 

De iU rébus , in quibui oecupari , et a quibuê abitimre dAeni « 

qui in Sodeîaie iuni, 

I. Quoniam habita ratione temporis, acapprobationis vite» 
quae expectatur, ut aliqui ad Professionem vel in Goadjutores 
formates in Societate admittantur, tanquam certum ducitar, 



(I) Vel saltem qnod omnino oon recédât. 

(m) Hoc iotelligendam ei t la lit, quilmt Domoi notai telles firofl- 
det. Non timen repugoat, qaod qoi Societatem ingrediontnr, il pamio 
pretioiore, aat re simili induti tenerant, eo nti poiiiot. Née etiam il là 
occurrenti aliqua occasione, tel necessitate qirii Tettibni melioribof, 
hooestii tameD, indoeretur ; sed id ordiDarioni Teitleodi modwn eii nU 
non debeot. Et nihilomiDut ooDsiderandam, qnod non onmai eisdem ▼!- 
ribus natoralibus, nec lanltate oorporis, nec state ad eam ooDTeoieQtl 
polleat : atqoe itajuita majat particnlare boonm hnjiinnodi penooirain 
etutiifemle alianim moltamin, id cooilderandain eil; et quoad ejm 
fieri ppterit, ad majorem Dii gloriam pro? Idendmn. 



(n) In pirtienlaribiii, il magii tel mlnoi neeenarinm erIt» |aita eir« 
eomstaDtlM penonarom» relinquetar diicrettODl eomm qui Ipil pr»« 
•unt , ut qoemadmodum eii ooafeoiret proTideaot. 



SIXIÈME PARTIE. 271 

pays ou Ton Yit (0 ; 3^ <Iii*il ne soit;pas contraire au Vœu de 
Pauvreté. Or, ce serait paraître s'en écarter que de porter des 
habits de soie ou d'étoffes précieuses (m) ; il faut s'en abstenir 
pour observer en tout l'bumilité et la soumission qui nous est 
imposée pour la plus grande gloire de Dieu. 

16. Pour ce qui regardela nourriture, le sommeil et l'usage 
des choses qui sont nécessaires ou très-utiles à la vie, quoique 
nous vivions de la manière ordinaire et d'après les prescrip- 
tions des médecins du pays que nous habitons, que, si nous 
retranchons quelque chose au régime ordinaire, ce sera tou- 
jours par dévotion, et jamais par obligation ; néanmoins il 
faudra, à cet égard, tenir toujours compte de l'humilité, de la 
pauvreté et de l'édification spirituelle que nous devons, selon 
le Seigneur» avoir toujours en vue (n). 



CHAPITRE III. 

Jhê oecupationg défendues ou permises aux membres de la 

Sociélé. 

4 . Attendu la longueur des épreuves auxquelles on a soumis 
ceux que la Société a admis enûn au. rang de Profès ou de 
Goadjuteurs formés, on peut être à peu près certain que ces 



( I ) Ou que du moios il ne s'en écarte pas absolument. 

(m) Cela doit s'entendre de ceux à qui les Maisons fournissent des ha* 
bits neufs. Rien ne s'oppose cependant à ce que ceux qui entrent dans la 
Société ne portent une étoffe précieuse ou quelque chose de semblable, 
s'ils en étaient Têtus au moment de leur entrée; rien n'empêche que 
dans certaines occasions on par nécessité quelque membre de la Société 
portât de meilleurs habits, pourvu qu'ils fussent modestes; mais il ne 
faudrait pas habituellement s'en servir. Et néanmoins, il faut remarquer 
que tous n'ont pas les mêmes forces de corps, la même santé, que tous 
n'ont pas l'âge où elle est florissante; il faudra faire attention à tout oela 
et pour le bien particulier des personnes *de cette sorte, et pour le bien 
général de beaucoup d'autres; enfin, il faudra autant que possible pour- 
voir à tout pour la plus grande gloire de Dieu. 

(n) Pour ce qui ebtplus ou moins convenable à tel ou à tel, selon telle 
on telle drconsiance, on laisse aux Supérieurs à en décider et à povr- 
voir à ce qu'ils croiront convenable. 



272 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

eos Yiros spirituales fiituros ; et qui sic in via Christi Domini 
Nostri profeccrint, ut per eam currere possint, quantum cor- 
poris valetudo, et eiternse occupationes charitatis atque Obe- 
dientiae permittent ; non videtur in lis, quae ad orationem, 
meditationem etstudîum pertinent, ut nec in corporali excr- 
citatione jejuniorum, \igiliarura, aut aliarum rerum ad auste- 
ritatom) vel corporis castigationem spectantium, uUa régula 
eis praescribenda, nisi quam discreta charitas unicuique die- 
taverit (a) : dum tamen semper Cônfessarius ôonsulatur, et 
ubi dubium acciderit, quid conveniat, res ad Superiorem re- 
feratur. Hoc tamen dicetur in uniyersum, esse qnidem ani- 
madvertendum, ne nimius hujusmodi rerum usus tantopere 
vires corporis debilitet, tantumque temporis eos distineat, ut 
deinde spirituali proximorum auxilio, juxta Nostri Instituti 
rationem non suffîciant : nec contra tanla in illis sit relaxa- 
tio, ut fervore spiritus refrigescente, humani ac inferiores 
affectuâ incalescant. 



% Sacramentorum frequentatiovalde commendetur. Dif- 
ferri autem non débet Communie, aut Missœ celebratio sine 
causis, judicio Superioris legitimis, ultra octo dies : omnesque 
assignato sibi Gonfessario, vel alioqui juxta ordinem quem 
quisque prœscriptum habet a Superiore, confiteantur. 

5. Ex Regulis particularibus, quae în Domibus, ubi ipsi fue- 
rint, observantur, debent operam dare, ut eam partem obser- 
vent, quoe conveniens est, ac judicio Superioris ipsis impo- 
netur, sive ad profectum vel œdiQcationem suam id sit, sive 
etiam aliorum, inter quos versantur. 

4. Quoniam occupationes, quae ad animarum auxilium as- 
sumuntur, magni momenti sunt, ac Nostri Instituti propri». 



(a) Si qaîbntdain eonvcnire jiidicabllor ceftom lempiis prffscribi, ne 
excédant, f et denciant in spirftualibiis exercitiis ; Superior iJ facere po- 
lerit. Sic etiam in usu nliorum mediornm, tl ipse omntno judicarot aH- 
quj ntendiim esse, non iJ relinquendo arbllrio cnjusquani particalaHs 
persona», proct'det, ut in Domino cooTenire ju:ticabit. Subdili aulea 
eril, cuni omni defollone, quod sibi pi ae^criptoin /ui>ril, amplecti. 



/ 



SlXlÈMfi PARTIE. 275 

hommes seront des hommes entièrement détachés de la 
chair, et, d'après les progrès qu'ils auront faits dans la voie 
de J.-G. N.-S., on pourra juger qu'ils y avanceront autant que 
le permettra leur santé ou les occupations extérieures aux- 
quelles les astreignent la charité et TObéissance. Il parait 
donc inutile de leur prescrire sur la prière^ la méditation, 
Fétude, sur les jeûnes , les veilles et les autres exercices 
d*austérité ou qui tendent à la macération du corps, d'autres 
règles que celles que dictera à chacun d'eux une dévotion dis- 
crète (a). Seulement qu'ils conservent toujours le même Con- 
fesseur, et que dans un cas douteux, on demande l'avis du 
Supérieur. En général, il faut prendre garde que l'abus de 
ces exercices n'affaiblisse tellement les forces du corps et 
n'emploie tant de temps, qu'on devienne ensuite hors d'état 
de travailler au soulagement spirituel du prochain, suivant la 
règle de Notre Institut; il faut prendre garde aussi que, par 
un relâchement trop grand dans ces exercices, la ferveur de 
l'âme venant à se refroidir, les passions basses et humaines 
ne s'échauffent à proportion. 

2. On recommande beaucoup de fréquenter les Sacrements. 
On ne doit pas être plus de huit jours sans Communier ou 
sans dire la Messe à moins d'excuses légitimes approuvées 
parle Supérieur. Tous doivent se confesser au Confesseur qui 
leur est assigné, ou à d'autres, suivant ce .que le Supérieur dé- 
cidera pour chacun. 

5. Parmi les Règles particulières qu'on observe dans les 
Maisons, il faut que chacun de ceux qui s'y trouvent s'appli- 
que à observer la partie de ces' Règles qui le concerne et qui 
lui est imposée par le Supérieur; cela pour son propre avan- 
cement et son édification particulière, et pour celle de ceux 
au milieu desquels il vit. 

4. Comme les travaux que l'on entreprend pour le soulage- 
ment des âmes sont très-importants, très-fréquents et parti- 



(a) S'il parait convenable de prescrire à quelques-uns iin 'eaipsdé- 
iermioé pour leurs exercice!!, aHa qu'ils évitent (également les excès 
comme le relâchement, le Supérieur le pourra faire. De même si dans 
l'emploi des autres moyens, le Supérieur jugeait qu'il fallût en em- 
ployer uo plutôt qu'un autre, sans en laisser le choix à chacan» il agira 
comme il le croii a convenable dans le Seigneur. Les inférieurs devront 
arec toute li dévotion imaginable employer le moyen prescrit. 



274 CONSTITUTIONS DB9 JÉSUITES. 

et valde fréquentes ; cumque alioqui Nostra halMtatto tam ait 
in hoc vel in illoloco incerta ; non utenturNostri choro,ad Ho- 
ras Ganonicas , vel Missas , et alia Officia decantanda {b) : 
quandoquidem illis , quos ad ea audienda devotio moverit , 
abunde suppetet, ubi sibi ipâis satisfaciant.Per Nostros autem 
ea tractari convenit, quœ Nostrae vocationis ad Dei gloriam 
magis sunt propria. 



5. Gum bomînes itidem hujus Societaiis sempei^ parati 
debeant ad discurrendum per quasvis mundi partes, quo fae- 
rint a Summo Pontifice, vel a suis Superioribos misai, dod 
debent curam animarum , neqae item mulierum Religiosa^ 
rum, vel aliarum quanimcumque suscipere, utordinarie il* 
larum Gonfessiones audiant, vel ipsas regant ; quamvis nihil 
repugnet, semel unius Monasterii Gonfessiones, ob spéciales 
causas, audire. 

6. Obligari etiam ad Missas perpétuas in suis Ecclesiîs di- 
cendas, vel ad curam similem , quam libertas Nostro proce* 
dendi modo in Domino necessaria non paritur, minime con- 
venit (c). 

7. Ut plenius possît Societas rébus spîritualibus juxta suum 
Institutum vacare {d} quoad ejus fieri poterit, a negotiis s»- 

(6) Si in qiiibasdain Domibas vel Co'legiis sic confeûire Judicaretnr ; 
eo tempore quo vespert prasdicandam, vel legendam est, ad populam 
detineodiim ante hujasmodi LectiODes ?el Goodones, poaaet Tflsparli- 
num OfAcium taofuin dici. Sic etiam ordioarie Donrioicis et Fetli« die- 
bus sioe caotti figurato, ?el firmo, at ^ocant, sed tono quodam defoto, 
suavi, et aimplici. Et id ia buac floeni, et quateniu jndicaretur, quod 
popuhis ad m igis frequentandas Gonfessiones, Gonciones, et Lecttones 
inoYcretur, et doq aliter. Ebdem tono Offlcium, quod Tenebrarnm dici 
colet, cum sais caBremoniis in HebJomada Sancta fieri posset. 

In Misses majorîbus» qnœ direnttir (Itcet submissa voce ) habita deto- 
tionis et decentiae ratione, licebit duos vestitos superpellicets f el noarn 
assistera ; proiit in Domino fleri poterit. 

(c) Quod ad Go legia attinel, ia qnarta Perte attingitor qold honm 
po>sit tolerari : Domibus quidem omnino oonvenit, taie onas dob «aei- 
père. 

(d) Hoc obsenretar qooad ejus fieri poterit. Soperiori tidwii ad ca- 
auin aliqnein necessitatis, vel majoria momenti, ad finem Divioi sertlifl 
pnBfliam, facultas d spensandi ad tempos reltnqaetar ; hic aolem Sape> 
rior Praspoaitus Geoeralia ejit, telquiabeafacultatanad hoeacaeperiL 



SlXll^MB PARTIE. 275 

culîersàNotrelndUtut; comme d'ailleurs nous n'avons pas de 
demeure fixe dans tel lieu plutôt que dans tel autre, les Nôtres 
ne formeront point de chœurs pour chanter les Heures Cano- 
niales, la Messe ou les autres Offices (6). Ceux qui, par dé- 
votion, viendraient les entendre, trouveront assez de quoi se 
satisfaire ailleurs. Pour les Nôtres, il convient qu'ils s'occupent, 
pour la gloire de I>ieu, de ce qui a plus directement rapport 
à leurs Vœux. 

ë. De même, comme les membres de la Société doivent 
toujours être prêts à courir dans toutes les parties du monde 
partout où les en verra le Souverain Pontife ou les Supérieurs, 
ils ne doivent point se charger du soin des âmes, ni de la di- 
rection des Religieuses ou d'autres femmes pour être leurs 
Confesseurs ou leurs directeurs ordinaires. Rien ne s'oppose 
cependant à ce que, par extraordinaire, ils ne puissent, pour 
des raisons spéciales, Confesser une fois dans un Monastère. 

6. Il ne convient nullement qu'ils s'engagent à dire, dans 
leur Eglise, des Messes à perpétuité, ni qu'ils acceptent au- 
cune obligation de ce genre; cela serait contraire à la liberté 
d'action indispensable à Notre Institut selon le Seigneur (c). 

7^ Afin que la Société puisse plus librement vaquer aux 
choses spirituelles, suivant son Institut (d), elle s'abstiendra, 

(&) Si cela par^iissait coûveaable dans certaines Maisons et certains 
Culléges, an temps où ron fuit le soir des lectures ou des sermons, on 
pourrait, afin de retenir le peuple en attendant ces lectures et ces ser- 
mons, dire l'Orflce d i soir. On pourrait faire de même les dimanches 
et fêtes, sans mu ique ni pla'n-chant, mais d'un ton dé?ot, agréable et 
simple. Et cela toujours dan« le même but et seulement autant que l'on 
jugera qu'on excitera ainsi le peuple à fréquenter davantage la Confes- 
sion, les Sermons, les Lectures, et jamais autrement. Dans 1j Semaine 
Sainte, on pourra dire sur le même ton l'Office connu sous le nom de 
Ténèbres, a?ec ses cérémonit s. 

Aui grandes Messes, qu*on dira à voix basse, quoique avec dévotion et 
dé.ence, on pourra avoir un ou deux assistants revêtus de tuni'|ues, se- 
lon que cela pourra se fa're dans le Seigneur. 

(c) On a dit dans la qu<>triëme Partie jusqu'à quel point les Collèges 
pouvaient ace pter de ces charges; quant aux Maisons, il convient 
qu'elles n'en acceptent aucunement. 

{d) Cela s'observera autant que possible. Cependant on laissera au 
Supérieur la faculté d'en dispenser dans certains cas de nécessité ou 
d^imporiance majeure. Il faut que le Supérieur soit alors le Généra! ou 
sou délégué. 



27G CONSTITUTIONS D£à JËSUITKS. 

cularibus abstincat ( qualia sunt testamentafiorum vel £xe- 
cutorum, vel Procuratorum rerum civilium, aud id genus 
olticia) nec ea ullis precibus adducti obeunda suscipiant, vel 
in illisse occupari sinant. Quodsi Collegiorum aliqua negoUa 
tractanda fucrint, siium habeant Procuratorem, per quem ea 
tractent, et jura sua tueantur. Si vero ad Domos Societatis, 
vel ad totum ejus corpus pertinent ; quo pacem suam melius 
conservare possit Societas, idem Procurator, vel alius ex 
Coadjutoribus, vel démuni aliquis extra Societatera, aut fami- 
lia quaepiam, quae Domus patrocinium susciperet, jus Socie- 
tatis ad majorem Dei gloriam posset defendere. 

S. Ëadem de causa, utque inquietudinis a Nostra Profes- 
sione aliénas , occasiones evitentur, et melius paxac benevo- 
lentia cum omnibus ad majorem Dei gloriam conservetur , 
nemo ex Professis, vel Coadjutoribus , vel etiam Scbolasticis 
Societatis in causis civilibus, nedum criminalibus, se exami- 
nari (nisi qui ad peccatum obligare potest, compelleret) sine 
licentia Superiorispermittat(e). Superior autem eam minime 
dabit, nisi in causis, quae ad Religionem Gatholicam pertinent 
vel alioqui in piis, quae sic cedunt in bujus favorem, ut in 
alterius detrimentum non cédant : quandoquidem Institut! 
Nostri est, sine cujusquam ofTensione, quantum fieri potest, 
omnium in Domino commodis inservire. 



(6) Si Superior alicui facuUatem daret, ut in causa civili examinare- 
tur, in gratiain alicujus cui id dencgari non posse viderelur; liinilatio 
tune Dccessaria ci il, prohibsat, si quis arliculuf criniloalis ni iofa- 
malorius occurrerit, in eo examinari : ad hoc enim nullus Superior fa- 
cullatem djre débet. 



SIXIÈME PARTIE. 277 

autant que possible, des afTaires du siècle, par exemple, des 
fonctions d'Exécuteurs testamentaires ou de Procureurs dans 
les aiîaires civiles ou d'autres semblables ; on résistera à tou- 
tes les prières, on ne s'en chargera pas, on ne s'en occupera 
pas. Si les Collèges ont quelques afTaires à traiter, ils auront 
leur Procureur pour le faire et pour défendre leur droit. 
Pour les affaires des Maisons de la Société, ou de la Société 
entière, afin qu'elle puisse mieux conserver sa tranquillité, 
le même Procureur, ou un autre Goadjuteur, ou quelque per- 
sonne du dehors, ou une famille qui prendrait une Maison 
sous son patronage, pourra défendre les droits de la Société 
pour la plus grande gloire de Dieu. 

8. De même, pour éviter les occasions d'une sollicitude 
contraire à notre Profession, pour mieux conserver avec tout 
le monde la paix et la bonne intelligence pour la plus grande 
gloire de Dieu, il est défendu à tout Profès, à tout Goadjuteur, 
et même à tout Écolier de la Société^ de se laisser, sans la 
permission de son Supérieur, interroger en matière, civile 
encore bien moins en matière criminelle («), excepté le cas 
où il en recevrait l'ordre de quelqu'un à qui il ne pourrait 
désobéir sans péché. Le Supérieur n'accordera nullement 
cette permission si ce n'est dans les causes qui toucheront à 
*la Religion Gatholique ou dans d'autres causes pieuses telles, 
qu'en étant favorables à la Religion, elles ne pourront nuire 
à personne ; c'est en erfet le but de Notre Institut de prendre, 
autant que possible, les intérêts de tout le monde selon le 
Seigneur, sans offenser personne. 



(e) Si le Supérieur accorde à quelque membre de la Société , en fa- 
veur de quelqu'un à qui il ne pouvait refuser, la liberté de répondre en 
matière civile, il y mettra une restriction indispensable; savoir, qu'il 
n'autorise pas à répondre s'il se présente quelque question sur un point 
criminel ou infamant; en ce cas« aucun Supérieur ne peut donner per- 
mission de répondre. 



24 



27$ CONSÎlTDtlOMS DES JÉSDITES. 



CAPUT IV. 

De aiLxUio quod morientibus in Socîelate prœslalur^ et de 

suffragiis post mortem, 

1 . Ut in vita univerRa, ita; et multo magis, in morte unusquis- 
que de Societate eniti et curare débet, ut in ipso Decis, ac 
Dominus Noster Jésus Gfaristus glorificetur, ipsiusque bene- 
placitum impleatur ; et proximi «dificentur, saUem exemplo 
patientiae ac fortitudinis,cumfide vivaac spe et amore booo- 
rum illorum asternorum , quœ Nobis Gbristus Dominus Nos- 
ter tam incomparabilibus vitae su» temporalis laboribus, et 
morte promeruit et acquisivit. Cum tamen persœpe hujus- 
modi sit morbi ratio, ut usum virium animaa magna ex parte 
impediat, cumque hujusmodi sit ille a temporali vita transi- 
tus, ut propter graves impugnationes Daemonis (a quo sum- 
mopere refert non superari) requirat subsidium fratera» 
cbaritatis ; sollicite advertat Superior, ut qui juxta Medici sea- 
teutiam de vita periclitatur, antequam usu judicii privetur, 
omnibus Sacramentis sanctis acceptis, tanquam armis a Di- 
vina liberalitate Cbristi Dpmini Nostri Nobis coocessis, ad 
transitum a temporali vita ad aeternam, se muniat. 



2. Juvarîetiam débet orationibus omnium Domesticorum 
vaide peculiaribus, donec animam suo Creatori reddat. Et 
prœter alios, quiingredi possunt plures aut pauciores proar* 
bitrio Superioris, aliqui delecti sint oportet pecuHarius, ut 
infirmum morti proximum invisant et ei assistant, et animo- 
siorem reddant; eaque suggérant, eisque auxiliis juvent^quae 
eo tempore conyenient (a). Et cum jam aliis rébus juvari non 

(a) Si aliquis ex infli'mis, qaod io phrenesim incideriot, osa ratiooii 
priTatisint (qpo io stalu quidqaid dixerlnt, nibil babet Tel calpe vel 
merit ), Tel si contiii^eret este aliquos, qui minus asdiflcatioats io sua 
œgritudioe quam paresset, prœberent; utrisque paucot aisistere ex iii» 
quibus inigls conHdereturf oporteret. 



JIXliMI PARTIS. S79 

CHAPITRE IV. 

Des êecours quê Von pôr4e aux mourante dam la Société, et des 

prières après la mort, 

1. Chaque membre de la Société doit non-seulement, dans 
toute sa vie, mais encore plus à sa mort» avoir soin de s'ef- 
forcer de faire qu'en lui soit glorifié Dieu et N.-S. J.-G., que 
leur volonté soit faite, que le prochain soit édifié au moins 
par Texemple qu'il lui donnera de la patience et de la force 
jointe à une foi vive, à l'espérance et à l'amour de tous les 
biens éternels que J.-C.N.-S., par les travaux incomparables 
de sa vie temporelle, nous a mérités et acquis. Cependant ^ 
comme la violence du mal ôte très-souvent à notre âme l'u- 
sage de la plus grande partie de ses forces, comme à notre 
départ de cette vie temporelle, à cause des terribles attaques 
du Démon auxquelles il est de la plus haute importance de 
ne pas succomber, nous avons besoi/i des secours d'une cha- 
rité fraternelle, le Supérieur aura grand soin qu'un membre 
de la Société, qui, d'après l'avis du Médecin, est en danger de 
mort, se munisse, avant d'être privé de l'usage de la raison, 
de tous les Sacrements, comme d'armes que la bonté Divine 
de J.-C. N.-S. nous a données pour passer de la vie tempo- 
relle à la vie éternelle. 

2. Jusqu'à ce qu'il ait rendu son âme au Créateur, il doit 
être aidé de prières très-particulières par tous ceux de la 
Maison. Et outre ceux qui pourront entrer en plus ou 
moins grand nombre, à la volonté du Supérieur, on en choi- 
sira particulièrement quelques-uns pour visiter le malade 
près de la mort, pour l'assister et l'encourager, enfîn pour 
l'aider et lui donner tous les secours convenables (a). Et 

(à) Si quelques malades» par suite de frénésie, aTaient perdu Tusage 
de leur raiion (et alors tout ce qu'ils diraient ou feraient ne serait quali- 
(iable ni en l)ien ni en mnl), s'il arrivait que quelques-uns fussent moins 
édifiants dans leur maladie qu'il ne convient, il faudrait que dans ces 
deux cas il n'y eût pour les assistrr qu'un petit nombre de personnes di- 
gnes de la plus grande conHance. 



280 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

poterit» eum Domino commendcnt. donec ejus aaimam a cor- 
pore discedentem dignetur ad se recipere, qui eam tam caro 
pretio sanguiDis et vitaB suae redemit. 

3. Posteaquam quis expiraverit, nsque ad sepulturam 
ejus (6) corpus decenter, quamdiu conveniet, teneatur, post- 
modum absoluto Officie (c) coram Domesticis pro more sepe- 
liatur : et mane proximo post ejus mortem, omnes Sacerdotes 
Domestici pro ejus anima Missse sacrificium ofTerant : rellqui 
vero peculiari oratione pro eodem Divinam implorent cle- 
mentiam ; atque in eo persévèrent ulterius , juxta Superioris 
arbitrium , et cujusvis privatam devotionem, et obligationes 
quaB in Domino intercedunt. 



4. Reddantur etiam certiores alii de Societate in locis illis, 
^ quœ Superior convenire judicaverit, ut simile officium prae- 
stent : ita ut cbaritas erga eos, qui vita perfuneti sunt , non 
minus, quam erga viventes, in Domino demonstretur. 



CAPUT V- 

Quoi Comtiluliones peccali obllgationem non inducuni. 

Gum exoptet Societas universas suas Gonstitutiones, Deela- 
rationes, a3 vivendi ordinem, omnino juxta Nostrum Insti- 
tutum, nibii ulia in re declinando, observari; optet etiam 
nibilominus sues omnes securos esse , vel certe adjuvari , ne 
in laqueum illius peccati, quod ex vi Gonstitutionum hujus- 
modi, aut Ordinationumproveniat, incidant; visum est Nobis 

(b) In aliqao posseot aliqaot borœ dre.se ad diem natartlem, qnando 
maU odoris ratione ( prœsertim cum ?iget ae^tas } jadicio Soperiorit ao- 
tevirli id t mpus posse TiJerettir : ordioarium tamen tpatium id eril, 
quod dit lum est. 

(c) Usus bahet, ut Ofticium dicatur tooo roeJiocriter alto, tioe caotu; 
praDseatibus in Ecclesia Doroesticiscum sois caodelis aeceosit, etc. 



SIXIÈME PARTIE. 284 

quand tout autre secours deviendra inutile, ils le reconiiinan- 
deront au Seigneur jusqu'à qu'il daigne prendre à lui son 
âme au moment où elle sortira du corps, cette âme qu'il a 
rachetée si chèrement au prix de son sang et de sa vie. 

5. Dès que quelqu'un aura rendu le dernier soupir, on gar- 
dera son corps comme il convient jusqu'au moment de la sé- 
pulture (6). Ensuite, après avoir dit l'Offîce (r), il sera, selon 
l'usage, enterré en. présence de tous ceux de la Maison; le 
matin du jour qui suivra sa mort, tous les Prêtres de la Mai- 
son offriront le sacrifice de la Messe pour le repos de son 
âme; les autres imploreront pour lui, par une prière particu- 
lière, la miséricorde Divine, et ils continueront de le faire sui- 
vant la volonté du Supérieur, la dévotion particulière de 
chacun et les liens qui attachaient au défunt, selon le Sei- 
gneur. 

4. On avertira aussi les autres membres de la Société par- 
tout où le Supérieur jugera à propos de le faire,' afin qu'ils 
rendent au défunt les mêmes devoirs. Il sera ainsi prouvé 
que l'on n'a pas moins d'affection, selon le Seigneur, pour les 
morts que pour les vivants. 



CHAPITRE V. 

Les Constitutions n'obligent pas sous peine de péché. 

La Société désire que toutes ses Constitutions, ses Déclara- 
tions et ses Règles soient entièrement observées suivant Notre 
Institut et sans que rien n'y soit changé ; mais elle désire en 
même temps tranquilliser tous ses membres ou du moins les 
aider pour qu'ils ne tombent embarrassés dans les liens d'au- 
cun péché, provenant de la force de ces Constitutions ou de 

(6) On pourrait quelquefois le faire quelques heures avant la fîn d'une 
joarnée entiôre, quand la mauvaise, odeur du cadavre, surtout dans les 
chaleurs de l'été, Tera juger que l'on doit devancer ce temps; néanmoins 
on attendra pour l'ordinaire qu'il soit écoulé. 

(c) L'usage est de dire rOfflce d'un ton peu élevé et sans chant, toutes 
les personnes de la Maison étant dans r£g1is3 avec des cierges al- 
lumés, etc. 

^ 24. 



282 co^STlTImoNS des jésuites. 

in Domino, exceptoexpresso Voto, quoSocietaâ Summo Pôn* 
tifici pro tempore cxistenti tenetur, ac tribus aliis essentiali- 
bus Paupertatis, Gastitatis, et Obedientiae , nullas Gonsti- 
tutiones , Declarationes , vel ordinem uUum vivendi , posse 
obligationem ad peccatum mortate vel veniale'inducere; nisi 
Superior ea in Nomine Domini Nostri Jesu Gbristi , vel in vir- 
tute Obedientiae juberet : quod in rébus, vel personis illis, in 
quibus judicabitur, quod ad particulare uniuscujusque, vel 
ad universale bonum muUum eonvenlet, fieri poterit : et loco 
timons offensas succédât amor et desiderium omnis perfec- 
tionis; et ut major gloria et laus Christi Creatoris, ac Domîoi 
Nostri consequantur. 



SIXIÈME PARTIE. 285 

ces Règlements. Il nous a donc paru dans le Seigneur, qu'ex- 
cepté le Vœu exprès par lequel la Société s'engage envers le 
Souverain Pontife, actuel ou futur, et les trois Vœux essentiels 
de Pauvreté, de Chasteté, d'Obéissance, aucune de ces Consti- 
tutions, de ces Déclarations, de ces Règles ne peut nous obli- 
ger, sous peine de péché, soit mortel, soit véniel; à moins 
pourtant que le Supérieur n'en prescrive spécialement l'ob- 
servation au nom de J.-C. N.-S., ou en vertu de l'obéissance, 
et il pourra le faire toutes les fois qu'il le jugera très-avanta- 
geux, soit pour le bien particulier de chacun, soit pour le 
bien général. Ainsi, pour la plus grande gloire et le plus grand 
honneur de J.-C, Notre Créateur et Notre -Seigneur, il faut 
qu'au lieu de la crainte de pécher, ce soit l'amour et le désir 
de toute perfection qui nous dirigent. 



SEPTIMA PARS. 

De Us qiiœ pertinent ad admissos in corpus Sooiela- 
tis, ad proximorum ulUitatemj per vineam Dominé 
dislribuendos. 



CAPUT I. 

De Missionibus Summi Pontificis. 

4. Ut in sexta Parte de iis dictum est, c[uae obsenranda sunt 
cuique de Societate erga seipsum, ita in hac septima de iis 
dicendum est, quaî erga proximos (qui finis Nostri Instituti 
valde proprius est] diim dividuntur per Ghristi vineam, ut ia 
ea iIHus parte, atqué opère, quod ipsis commissum fuerit, se 
exerceant, observari debent; sive a Summo GhristlDomini 
Nostri YicariOy sive a Superioribus'Societatis, qui etiam Divi- 
naBMajestatisloco ipsis praBSunt, perdiversa locamittantur; 
sive ipsimet sibi eligant, ubi et qira in re occupentur, si ipso- 
rum judicio relictum fuerit, ut discurrant quacumque majus 
Dei et Domini Nostri obsequium, et animarum profectum as- 
sequi se posse arbitrentur : sive labor sit impendendus, non 
loca peragrando diversa, sed in stabiii ac continua habitatione, 
in aliquibus locis, ubi magnus Divinae gloriae et obsequii pro- 
ventus speratur (a). Et ut primo loco de Missione Summi 
Pontiflcis, utintercaeteras praecipua, tractetur ; animadverten- 
dum est, quod eo fertur intentio Vqti illius, que se Obédien- 
tiae Summi Gbristi Yicarii sine uUa excusatione Societas ob- 
strinxit (6), ut quocumque gentium ad majorem Dei gloriam, 
et animarum auxilium inter fidèles vel infidèles, Nos mitten- 
dos censuerit. Nos conferamus. Née intellexit Societas parli- 
cularem aliquem locum ; sed ut per orbem in diversas regio* 

• 

(a) Ilic sont quatuor modi UDiversiliores No4rot dmdendi per CbrisU 
Domini Nostri ?iaeain ; de quibus totideai Gapitibas septim» bujot 
Par.is agilor. 

{b) loteotio qoarti Voti ad Summum Pontincem, non tendebat ad 



SEPTIÈME PARTIE. 

Comment on doit distribuer dans la vigne du Seigneur y 
pour t'ulilité du prochain^ ceux qui sont incorporés 
dans la Société. 



CHAPITRE I. 

Des Missions du Souverain Pontife. 

i . Nous avons traité, dans la sixième Partie, de ce qui doit 
être observé de tous les membres de la Société par rap- 
port à eux-mêmes. Nous allons parler dans la septième de 
ce qu'ils ont à observer par rapport au prochain , et c'est là 
le but principal de Notre Institut, dans la partie du travail 
dont on les chargera, quand ils seront distribués dans la 
vigne du Seigneur; qu'ils soient envoyés en différents lieux 
par le Vicaire suprême de J.-C. N.-S.; ou par les Supérieurs 
de la Société, qui tiennent aussi à leur égard la place de Dieu 
même; ou bien qu'ils se choisissent eux-mêmes le lieu où ils 
s'occuperont et la nature du travail auquel ils s'emploieront, 
quand on aura laissé à leur prudence la liberté d'aller par- 
tout où ils croiront pouvoir être utiles au service de Dieu et de 
Notre-Seigneur et aux progrès des âmes; soit enfin que leur 
travail ne doivepasconsister à parcourir différents pays; mais 
à avoir une demeure fixe et habituelle dans certains lieux , 
où l'on espérera être plus utile à la gloire et au service de 
Dieu (a). Parlons d'abord de la Mission du Souverain Pontife 
comme de celle qui tient le premier rang entre toutes les 
autres : et remarquons que ce Vœu par lequel la Société s'est 
engagée à obéir, sans pouvoir s'y refuser sous aucun prétexte, 
au Souverain Vicaire de J.-G. (b) a pour but de nous obliger 

(a) Ce sont là les quëire manières les plus générales de distribuer les 
membres de notre Société dans la ^igne de J.-G. N.-S., desquelles il 
sera traité dans cette septième Partie en autant de Chapitres. 

(b) Le qu tiième Vœu relatif au S uverain Pontife n'était pas res- 



286 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

nés, et loca spargeretur; cum optaret, quod factu optimum 
esset, eligere ; idque speraret futurum, si banc ipsius distri- 
butionem Summus Pontifex faceret. 



2. Et in bac parte, cum omnem proprium sensum ac Yolan- 
tatem Gbristo Domino Nostro, et ejus Yjcario Societas subje- 
cerit (c), nec Superior pro se ipso, nec quisquam alius ex io- 
ferioribus pro se, vel pro alio curare, nec tentare médiate, 
vel immédiate» cum Summo Pontiûce, vel ejus ministris po- 
terit, ut residere, vel mitti potius in banc partem, quam in iU 
lam debeat : sed inferiores banc curam universam Summo 
Gbristi Vicario, ac Superiori suo ; Superior vero, quod ad 
suam personam attinet, Summo Pontifîci, et ipsi Societati {d) 
in Domino relinquat. 



3. Praeterea, qui a Summo Pontifice designatus fuerit, ut 

locDm aliqaem parUcnlarem : se J ut per variât mandi partes* qai vove* 
banty spargerentor. Cum enim qui primi conTeoerant in banc Sociela- 
fem, ex dîTersis Provinciis et Regnis etsrnt, nec eit constaret, intcr 
qaas région' s (Idelium, vel infldclium yersari deberent; ne in via Doroini 
errarent, proroissionem illam, vel Votuni emiserunt, ot Summus Pon- 
tifex eos ad m tjorem Dei gloriani, et juxta ipsorum iuteniionem per or- 
bem discurrendi, distribueret : et sic nbi optatnm splrilualrm fructum 
non inveoirent, ut inde ad a'Ium atqus alfnm locnnii majorem Dn glo> 
riam et animaram aa\iliuin investigando* se conrt'rrent. 



(c) Cum aliquis ex inferioribus ad locum aliqnein« vel opos designa- 
retur, ad quod mit(endus non Tore, rébus a Summo Gbristi Vicario bene 
persppclis, judicarv^-tur ; Prspositus Generalis pleniorom notiliam Ejus 
Snnctiiati dare, omnibus tandem ipsius arbitrio relictis, po eril. 

(d) Sorietas esse intelligerenlur, qui ex esdem in ioco» ubi agit Prtt- 
positns Generalis, invenircntur; qui po>sent qnod res babet, hne 
Summo PontiUci referre» si aliorom relalo d terso addoei videretar, 
ut Prœpositum (' eneralem, qoo non co:iTenit ad conunooe bonooD So* 
cietalis et m)»ji>s Dsi ob^eqninm mittere cogitaret. 



SEPTIÈME PA&TiE. 287 

à nous transporter partout où il jugera à propos de nous en- 
voyer, pour la plus grande gloire de Dieu et pour les secours 
des âmes , soit chez les Chrétiens , soit chez les Infidèles. La 
Société n'a pas eu dans l'idée un lieu particulier, mais elle a 
voulu être répandue par tout l'univers et dans les contrées 
les plus diverses, désirant choisir ce qu'il y avait de mieux à 
faire , et espérant le trouver , lorsque ce serait le Souverain 
Pontife qui la distribuerait lui-même. 

2. Sur ce point la Société a soumis entièrement son propre 
jugement et sa volonté à J.-G. N -S. et à son Vicaire (c). Ainsi 
ni le Supérieur pour lui-même, ni aucun des inférieurs pour 
lut ou pour un autre, ne devront chercher à résider ou à être 
envoyésdans un pays plutôt que dans unautre; ils ne devront 
faire pour cela, ni immédiatement ni par intermédiaire, au- 
cune tentative auprès du Souverain Pontife ou de ses minis- 
tres. Mais les inférieurs abandonneront ce soin en entier au 
Suprême Vicaire de J.-G. et à leur Supérieur, et le Supérieur 
l'abandonnera au Souverain Pontife et à la Société (d) elle- 
même dans le Seigneur, pour ce qi|i concerne sa propre 
personne. 

3. Ensuite celui qui aura été désigné par le Souverain Pon<» 

treiot à' an lieu particulier, et ceux qu< faisaient ce vom entendaient é(re 
répandus dios les différentes parties du monde. En effet, comme ceux 
qui se sont rénois les premiers dans cette Soci té étaient de différentes 
proûoces et de difiérents royaumes, et qu'ils étaient incertains des pays 
od ils iraient, si ce serait chez les Chrétiens ou chez les infidèles, pour ne 
pas errer dans la voie du Seigneur, lU firent cette promesse ou ce Vœu, 
afin que ce fût le Souverain Pontife qui les distribuât poiir la g'oire de 
Dieu, et cooEormément à leur in entioa d'ét'C répandus par tout l'uni- 
vers ; et aussi pour que n'ayant pas trouvé dans un endroit l'avantage 
spirituel qu'ils y auraient souhaité, ils se transportassent ailleurs, en 
cherchant partout la gloire de Dieu et le secours des âmes. 

(c) Si quelque inférieur avait été désigné pour un lieu on pour une 
œoTre auxquels on présumerait qu'U n'eût pas été eavoyé, si le Pape 
avait été mieux informé, le Général pourrait donner de plus grandea 
lumières a Sa Sainteté, eu laissant néanmoins le tout à sa volonté. 

(d) La Société dans ce cas, ce seraient ceux des membres qui se trou-» 
veraient dans le tien où rés de le Général, et qui pourraient faire de 
jitfiea rrpréaenlatiai» an Souverain Pontife et lui faire connaire la vé* 
rïté, si celut-d, fondé «or les rapports difCéreiMa d'autres personues « 
pensait à envoyer le Général où il ne conviendrait pas qu'il allât, po jr 
le bien commun de la Sbciélé et le scr? ice de Dieu. 



28S CONSTITUTIONS DES JESUITES. 

aiiquose coQferat; se ipsum liberaliter, re temporali nulia 
pro viatico per se, vel peraliumpostulata, offeret : quin po- 
tius sic a Summo Pontifice mittatur, iit Ejus Sanctitas ad ma- 
jusDei, et Sedis Apostolicœ obsequium fore, nulla rei alterius 
in eo habita ratione, judicaverit (a). 

4. >Si Sunimus PoDtifex personam non designaret, sed ali* 
quem vel plures ad hune vel iiium locum proficisci juberet, 
Superioris arbitrio relinquendo, qui sint ad hujusmodi Mis- 
sionem aptiores ; Superior juxta ejus prœceptum, eos qui ma- 
gis convenire, et aptiores ad id fore videbuntur, designabit. 
Qua in re majus bonum universale intuebitur, et quam mi- 
nimum detrimentum alia opéra ad Dei obsequium suscepta 
patiantur. 

5. Ei qui sic missus fuerit, pleno declarari conyenit pluri- 
mum Missionem suam, et scopum quo fertur Surami Pontifi- 
cis intentio, et effectum, cujus gratia mittitur : et hoc, si fieri 
potest,in scriptis {f) ; quo exactius, quod ei injunctum fuerit, 
explere possit. Eumdem etiam Superior juvare consiiiis ac 
instructione (9), quoad ejus fieri poterit, curabit; ut io omni- 
bus ad Dei et Sedis Apostolicœ obsequium, utilius suum im- 
pendat ministerium. 

6. Si ad particularia loca, tempore minime limitato, per 



(6) Hoc sane reprœsentari poterit, îmo debebit, per Prslatani, ant 
queniTis aliam per quem Sammut Pontifex jubet al quo proQcisci, qits 
lit ipsiusmens, de modo itioertt conncieadi, et ibidem, qiio miuitor, 
roaneDdi, num ex eleemosyaisi propter Cbrisli amorem emeodicatti , an 
alio modo YÎTeado : quod enim Smnmo Pontiflct meliui Tidebitiir, de- 
votius et secarias in Domino flet. 



(f) Si id non obtinebitur, caraodom certe erit, ut ?erbo tenna 
Summi Pooliflcia intelliga'ur : sive ipsemet eam ionmediale, aîTe per 
Superiorem, Tel Pnelatum. vel qnemTis alium ei, qui mittitur, ^eclaret. 



{g] Superior etiam aliquibus documentis adbibitîa. non aoloni io 
aed etiam Summi Pootincia Minionibus juTare poterit; at nelioa qaod 
ad CbrisU Domini Noatri obiequinm quœritur, conseqoatar. 



f 



-: :- 'E PARTiP, 289 

tife pour se transporter quelque part, s'offrira avec désinté- 
ressement,, sans rien demander pour sa route, ni par lui- 
même ni par d'autres; mais il faut au contraire que le 
Souverain Pontife, en l'envoyant ainsi, n'ait égard à rien autre 
chose qu*à ce que Sa Sainteté jugera devoir être le plus avan- 
tageux, pour le service de Dieu et du Saint-Siège [e), 

4. Si le Souverain Pontife sans désigner personne ordon- 
nait simplement qu'un ou plusieurs membres de la Société 
partissent pour tel lieu, en laissant au Supérieur le choix de 
ceux qui conviendraient le mieux à cette Mission , le Supé- 
rieur, suivant son ordre, nommerait ceux qui lui paraîtraient 
devoir y être le plus propres. En pareil cas , il aura toujours 
en vue le bien général, et fera en sorte que les autres œuvres 
entreprises pour le service de Dieu en souffrent le moins 
possible. 

h. 11 faut surtout donner à celui qui est ainsi envoyé des 
instructions détaillées sur sa Mission, sur le but que s*y pro- 
pose le Souverain Pontife, et sur l'effet qu'il en attend. Il se- 
rait bon même qu'il les eût par écrit, s'il était possible (/), 
pour être en état de se conformer avec plus d'exactitude à ce 
qu'on lui aura prescrit. Le Supérieur aura soin aussi de l'ai- 
der, autant que possible , de ses conseils et de ses instruc- 
tions [g) , afin qu'en toutes choses son travail soit employé 
plus utilement pour le service de Dieu et du Saint-Siège. 

6. Si le Souverain Pontife l'envoie dans un lieu marqué , 



{e) On ponrra et on devra n^ème se faire expliquer par le Prclut ou par 
tout autre que le Souyerain PonUfe aura chargé de signifier ses ordres « 
quelle est son intention, coniment on doit faire le Toys^ge, combien on 
restera de temps dans le lieu où l'on est envoyé, si on y \ i?ra d'aumônes 
mendiées pour Tamour de J.-C. on autrement. Par là en fera avec plus 
de soumission et de sûreté dans le Seigneur ce que le SouTerain Pon- 
tife aura jugé le plus conyenable. 

( f) Si on ne l'obtient point, il faudra du moins tâcher d'apprendre 
de yiye yoix rinteutiun du Souyerain Pontife, soit qu'il la déclare lui- 
même immédiatement à celui qu'il enyoie, soit qu'il la fasse connaître par 
la yoie de son Supérieur, d'un Prélat ou de fout autre. 

(g) Le Supérieur pourra aussi aider le Missionnaire l'e quelques in- 
structions, non-seulement quand ce sera lui-même, mais encore quand 
ce sera le Souverain Pontife qui aura donné la Mission, afîn qu'il par- 
vienne plus facilement à ce qu'on se propose pour le service de 
J.C. N.-S. 

2S 



290 G0NSTi.TUT10I!(S DES JÉSUITES. 

Summum Pontificem mittetur ; ad très menses ibidem ma- 
nendum ei esse intelligatur : et magis, aut minus^ pro modo 
majoris aut minoris spiritualis fnictus, qui inde percipi vide- 
bitur, yel alibi sperabitur ; vel demom ut ad bonum aliquod 
universale magis expedire judicabitur. Quae omnia, juxta Su- 
perioris arbitrium, qui sanctam intentionem Pontiûcis ia 
Christi Domiui Noslri obsequium considerabit, transigentur. 

7. Gum in locis designatis diutiua erit residendum, si fieri 
poterit sine detrimento principalis Missjoms, atque intentio- 
nis Summi Pontificis, excursiooes aliquas, si poterit, et ciim 
fructu Divini servitii eas fore judicabit, facere non erit incoo- 
veniens : ut in locis vicinis , animarum auxilio servions, 
postoiodum ad suae residentise locum redeat : io quoquidem, 
prœter id, quod est ei peculiari ratione injunctum (ad quod 
prsecipuam etiam conferet curam, nec propter alias occasio- 
nés, licet bonas, Divini obsequii postbabebit) potest, et dé- 
bet considerare, quibusaliis in rebas<, qu^ ad Dsigloriam, et 
animarum salutem conférant, suam op^ram sine detrimento 
sua} Missionis (ut dictum est) posait impendere. Opportunita- 
tem autem, quam Deus ad id 4e4erik, quantum ia eodem 
convenire judicabit, e manibus elabi non sinet. 



8. Ad finem Nostrœ Professionis ac Promissionis melius 
consequendum, Prsepositus Generalis, cum novus Gbristi Vi* 
carius in Apostolica Sede fuerit constitutus, per se, vel per 
alium, intra annum ab ejus creatiooe et coronatione, tenea- 
tur Ejus Sanclitali declarare Professionem, ac Promissionem 
expressam Obedientiœ, qua ipsi Societas, peculiari Yoto circa 
Missiones, ad Dei gloriam se obstrinxit. 



SEPTIÈUB PARTIE. 291 

sans fixer le temps qu'il devra y rester , il est censé devoir y 
demeurer trois mois à peu près, plus ou moins, suivant qu'il 
en résultera dans cet endroit plus ou moins de bien, et suivant 
celui qu'on pourrait espérer ailleurs, ou enfin suivant que le 
bien général paraîtra l'exiger. Au reste, pour tout cela, on 
s'en rapportera à la volonté du Supérieur, qui suivra lui- 
même la sainte intention du Pape, pour le service de J.-C. 
N.-S. 

7. Quand il faudra rester plus longtemps dans les lieux qui 
aurcMit été désignés, il pourra être utile de s'en écarter quel- 
quefois, si on le peut et si on le juge utile au service de Dieu, 
mais à la condition de ne pas faire tort à la principale Mission 
et à ce que la Souverain Pontife a eu en vue. Ainsi on pour- 
rait aller dans des lieux voisins , pour y contribuer au salut 
des âmes, et revenir ensuite au lieu de sa résidence. On devra 
apporter un soin tout particulier à ce qui aura été spéciale- 
ment ordonné, et on ne devra jamais le négliger, pas même 
pour d'autres occasions, quoique très- favorables, de servir 
Dieu. Mais, après cela, on pourra et on devra même exami- 
ner si Ton ne pourrait pas, sans faire tort, comme on l'a dit, 
à sa mission, employer ses soins, à d'autres choses utiles à la 
gloire de Dieu et au salut des âmes Et on ne laissera pas 
échapper de ses mains l'occasion favorable que Dieu en don- 
nera, autant qu'on le jugera convenable dans le Seigneur. 

8. Pour parvenir plus sûrement au but de Notre Profession 
et de Notre Engagement, quand un nouveau Vicaire de J.-G. 
sera établi sur le Saint-Siège, le Général sera tenu de renou- 
veler à Sa Sainteté, dans l'année de son élection et de son 
exaltation, par lui-même ou par un autre, la Profession et la 
promesse formelle d'Obéissance, par laquelle la Société s'est 
engagée envers elle, pour la gloire de Dieu, par un Vœu par- 
ticulier relatif aux Missions. 



292 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 



CAPUT II. 

De Missionibus Supenoris SocielalU, 

1 . Quo spirituali animarum necessitati subvenir! mnl- 
tis in locis (a), majori cam facilitate ac securitate eoram, 
qui ad id fuerint destinati, possit; Prœpositi Socîetaiîs, 
juxta facultatem eîs a Summo Pontifice concessam {b}, 
mittere quosvis de Societate poterunt, quocumque ma- 
gis expedire judicabunt (c) : qui tamen , ubicumque fue- 
rint, ad Obedientiam Sedis Apostolica parati erunt. Et 
quia complures sunt , qui aliquos ex Nostris sibi concedi 
pétant, potius proprise obligationis spiritualis erga suum 
gregem , yel aliorum commodorum a fine Nostro magis dis- 
tantium ratione habita, quam communium et universalium ; 



(a) Facilius et expedittas plaribus locis ( prsscrtim ti remoli tint a 
Srde Apcstolica ) per Saperiorera Societalis provideri po'esl, quam ta 
senoper eis, qui ho itinibus Societatis indigeot, es'etSummus Ponlifex 
adenndiis. Particularibus etiam securius est, si cam suoruni Saprrio- 
riim Ob dienlia, qaam si pro arbitrata suo (etiam si id possent) et non 
ab iis nii. si proflciscerenlur, a quibas Cbristi Domini Nostri loco, ut sb 
Interpretibus Divio» volantatis, saut regeodi. 

(6) Ut potest Prffposilns Generalis reliqua munen per te ipram, et 
per ioferiores ; ita et hoc mittendi tuot» reiervatis Hittiooibnt, qott 
duxerit reservaudas, obire poterit. 

(c) Mittere quocumque eis ▼idebitur, ioter fldelet, eliam in Indiat* 
et inler ioAdeles, praeserlim ubi aliqua estet babitstio Rdeliam» ut io 
Graeciam» (te, init Iligeudum est. Ubi ftsent omuino infidèles, cootide- 
rare adraoduiii Saperiorem oportebit in conspectu Domini. num mit- 
tere, necne, et quo, et quos debcat. Semper autem erit lObJitl Mia^io* 
nem £uam ut de maou DÔmioi, bilari ariimo suscipere. 



SCPTliME PARTIE. S95 



CHAPITRE n. 

Des Miiiicnê du Supérieur de la Société. 

1 . Afin de pouvoir subvenir aux besoins spirituels des âmes, 
en beaucoup de lieux à la fois (a), et avec plus de facilité et 
de sûreté pour ceux qui y seront envoyés , le Général de la 
Société pourra, en vertu du pouvoir qui lui en a été accordé 
par le Souverain Pontife (6), envoyer chacun des Membres de 
la Société partout où il jugera plus à propos de le faire (c). 
Cependant ces Missionnaires, en quelques lieux qu'ils soient, 
devront toujours être prêts à obéir au Saint-Siège. Et comme 
il y a beaucoup de personnes qui demandent qu'on leur en- 
voie quelques-uns de nos Membres, en consultant leurs 
devoirs particuliers et ce qu'ils doivent à leur trou- 
peau, ou d'autres intérêts encore plus éloignés de notre 
but, plutôt que les intérêts communs et le bien général; 



(a) Le Sapérieur de la Société peat poaryoir plas facilement et plas 
promptement à beaucoup d'eodroits, sortoat quand ils sont éloignés du 
Sain(-Siége, qae s'il fallait qne ceux qui ont besoin de Missionnaires de 
la Société s'adressassent toujours au Souverain Pontife. Il est aussi plus 
sûr pour les particuliers de partir en obéissant à leurs Supérieurs, que 
de le faire de leur propre mouvement, quand même ils le pourraient , 
et sans être envoyés de ceux par qui ils doivent être gouvernés à la place 
de J.-G. N.-S., comms par les interprètes de sa divine volonté. 

(6) Comme le Général peut remplir toutes les autres fonctions par 
ses inférieurs, comme par lui-même ; il peut aussi remplir de même 
celle qui consiste à envoyer dans les Missions, en ne se réservant que 
celles qu'il jugera à propos. 

(c) Envoyer partout où bon leur semblera doit s'entendre, soit cbes 
les Chrétiens et même aux Indes, soit chez les Infidèles, et surtout dans 
les pays où il y aurait quelque habitation de Chrétiens, comme dans la 
Grèce, etc. Pour ceux où il n'y aur.it que des lufidèles, il fjudra que le 
Supérieur examine devant le Srignenr, s'il doit y envoyer ou non, ou 
qui il doit envoyer* Et le Missionnaire doit toujours recevoir sa mission 
OMnme de la main du Seigneur et avec un esprit satisfait. 

25. 



294 CONSTlTimONS BES JÉSUITES. 

Prœpositus Generalis, vel qui ab eo banc babuerit facuT- 
tatem» diligenter in hujusmodi Missionibus curet, ut ia 
suis ad banc potius , quam ad illam partem mittendis '{d} ; 



(d) Ut in mîttendo ad hune vel ad illam locmn, rectîas procedaCar, 
prae oculis habeodo m^yv» Diviottqi oboequioiii. H anïYersale bonom, 
atregulam, ad qnamexigi Missiones oportet; eli^eada videtar, io lato 
ampla Ghristi Domini vioea ( paribus caeteris, quod io omnibus, qoaa 
sequimtor, débet inteUigi)eJQ8 paniUa, qufla Quagif indigtt; laiil ob 
penurtam aliorom oi^rarioram, quam ob miaeram statam« et inOroii- 
tateia proximoriun io ea, et daqmatioaia eitremas pericalam. 



Gonsiderandnm est eliam, nnde Terisimile ait fractnm aberiorem, ex 
mediis proximi juTandi qaibua utitar Societas, proyentaram, iode sd- 
lioet, abi oatiam apertias, et major dispositio, et facilitas \n hominlbin, 
ut ja?ari ponent» Tideretur : qaod qaidera positam est in eornm ma- 
jori devotione, ac desiderio (quod est instaoUa, qua Noatros petiint ex 
parte inteliigi potest) vel ia conditione et qualitate peraonaroiD^ qiUB 
magis siat idoneie, ut juvari, et fructum qoem oeperiat, ad Dai gloriam 
conserrare possiot. 

Ubi magis debemus, ot ia locis illis, la quibas Domas Tel Gollegia 
Societatis sont, yél aliqai ex ea, qui studeat, et beneflceotia popnli ju- 
Tantur (si paria fs^ept caetera, qa» ad spiritaalem profectum attinent) 
ma^is conveniret aliquos nostros oprratios yersari, et bajosmodi loca 
talem ob caasam, juxta ordinem perfectae cliaritatis, aliis prsferri. 



Quia l>onnm« qno aniyersalius, eo Diyînias est ; ilH homine^» et loca, 
qnœ, cum profeceriot, in causa erunt, ut bonum ad muttos alios, qui 
eorum auctoritatem seqimntur, yel per eos regontur, peryeniat ; debent 
prsferri. Sic spirituale auxilium, quod bominibus magnis et publids 
(sive saeculares, ut Principes, Domini, Megistratus tel Jnstîtis Mioistrl, 
sire Ecclesiastici illi sint, ut Prxlati) quodque yiris docirina et audo- 
ritate eniioentioribus confertur, roajoris momenti esse propter ratio- 
nem eamdem boni uniyersalioris existimandum est : propter quam 
efiam, anxillom fmpensnm magnis gentibus, ut lodis, yel populis pri- 
mariis, yel Uniyersitatibns, qno soient multi confluere, quisi joyen- 
tnr, ipsi operarii esse ad allos juyandos poterunt, debeat pneferri. 



tJbi itidetn intelligeretnr inimiens Gbristi Domini Nostri seminttie 
liiania ae prarcipue effeiisse, ut maie sentlant, yel mafe affrcti aiat la 



SEPTIÈME PARTIS. 295 

le Général, ou celui qui tiendra de lui ce pouvoir, portera 
sur ce point une attention scrupuleuse. Lorsqu'il s'agira de 
décider s'il enverra d'un côté plutôt que d'un autre {d) pour 



(d) Voici quelques règlei ponr se diriger dans le choix d'un lien oa 
d*an autre pour y envoyer des Missions : elles sont faites en vue du ser- 
vice de Dieu et du bien général, qui est la règle à laquelle les Missions 
doivent se rapporter. Dans cette f igné du Seigneur qui est si ?asle, il 
faut choisir la portion qui en a le plus besoin ; toutes choses égales d'ail- 
leurs, comme il faudra toujours le supposer|dans ce qui ?a être dit. Ce 
besoin peut venir ou de la disette d'ouvriers oit elle se troufe, ou de son 
état misérable, de ViuQrmité et du dauger de damnation cù s'y trouve le 
prochain. 

Il faut aussi examiner dans quel lieu il est vraisemblable que les 
moyens d'aider le prochain, dont se sert la Société, auront le plus d'effet. 
Ce sera par exemple où la porte sera la plus ouverte, les hommes mieoi 
xlisposés à recevoir nos secours ; là où ils auront le plus de dévotion et 
le plus de zèle, ce dont on peut juger en partie par l'insistance qu'ils 
mettront à demander de nos Membres; là aussi où, d'après la condition 
et la qualité des personnes, on jugera qu'elles sont plus capables d'être 
aidées, et de conserver pour la gloire de Dieu le fruit qu'elles auroirt re- 
cueilli. 

Il faut examiner encore dans quels lieux nous avons le plus d'obliga- 
tions. Ainsi, là où il y a des Maisons ou des Collèges de la Société, on 
bien quelques-uns de ses membres qui étudient et qui tout aidés par la 
bienveillance du peuple, il ferait plus convenable qu'il y eût quelques- 
uns de nos ouvriers ; et totit le reste étant égal d'ailleurs, quant à l'avan- 
cement spirituel, ces lieux devraient être préférés à d'autres pour cette 
raison, selon l'Ordre de la charité parfaite. 

Comme le bien est d'autant plus Divin qu'il est plus UDiversel,|on doit 
préférer les personnes et les lieux qui, par leur avancement, seront 
causes qne le bien s'é'endra à beaucoup d'autres qui suivront leur 
exemple ou qui sont sous leur puissance. Ainsi le secours spirituel donné 
aux grands et aux personnes publique^, soit séculières, comme les Prin- 
ces, les Seigneurs, les Magistrats ou les Ministres de la Justice, soit Ec^ 
clésiastiques, comme lesPrélals,oueacore les personnes les pins recom- 
mandables par leur science et leur crédit, doit être regarde comme 
le pins importsut, à raison de ce bien plus général. C'est aussi pour 
la même rairon qu'on doit préférer le secours donné aux grandes na- 
tions, comme aux Tndes, ou aux villes capitales et aux Universités. Là, il 
y a ordinairement un graod concours de personnes qui, après avoir 
été aidées elles-mêmes, pourront servir par la suite à aider les autres. 

Il faudrait aussi s'employer avec plus de vigueur dans les endroits où 
l'on verrait qne l'ennemi de J.-C. N.-S. aurait semé de l'ivraie, surtout 



/ 



296 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

et ad hoc opus, potius quam ad illud {e); et ut banc 

Societatem, quo impediatar fractu9, qui ex ea posset proTeoire; lanc 
impeosios esset incuDibendam ; prass( rtim si alicojus momenti, et cojos 
habenda sit ratio, is locus est : eoqae mittendi essent homiaet si fieri 
posset, qui Yitœ exemple» et doctrina, cooceptam ex fabis namlioni' 
bus malam opinionem remoTerent. 

(a) Ad meliorem ac certiorem opemm eleclionem, ad quae Saperier 
sitôt niittit, eadeni régula ob oculos verselar, scilicet Divinus bonor 
major, majnsqne bonum noiversale. Use enim consideratio justiasînM 
ad mitteDduin îq hiinc locum potius, quam in illura mo?cre potest; et 
ut a^iqua qu«e alterutrain partem possunt momeotum habere, attiog^m- 
tur; in primis, cum possint^ qui de Socielate snnt, operam suain collo* 
care, ubi boaa sp ritualia quxruntur, et eii.'m ubi corporalia, in quibns 
etiam roisericordia et cbnritasexeioentar; cum itidem aliqut possinl in 
rébus mHJoris su» perfei tioois, et miuoris^ et demum in rebns ex se 
lueliorîbus. et minus boois juvari ; si utraque simul prsstari non pos- 
sunt, priera (csteris paribns) secundis seinper essent preferenda. 



Cum eliam res aliquas in Divino servitio magis orgeant* alias mimis, 
quod remedii dilatic^nem melius ferant ; quamvis alioqui asqualis essent 
momenti, priores posterioribus sont antoponenda). 

Cum etiam quœdaropeculiariqno Jam modo ad Sodetatem periineant, 
Yelxernatur alios non esse, qui eisdeii vacent ,* rnrsus aliae» quanim en- 
ram et modum eisdem prospiciendi alii babent ; priores in UissionilHis 
priorcm iocum babere aiquuin est. 

Sic etiam iiiter pia opéra, quae œqualis essent momenti ac neees^- 
tatis» et quœ equaliter urgerent, si aiiqua seenriora tractauti, alla Tero 
periculosiora essent; et rur.us, aiiqua*, qn» facllius et expcditius, alia 
qnas roajori cum difOcultate et loogiori tempore absolTuntnr; priera 
etiam debent prsferri. 

Gsterîs, que dicta sont, paribns ; cura etiam sint aliquae occapitiooes 
uni?ersaliori8 boni, et que se ad plurium anxiliam extendaot, ut eoo- 
cionari. Tel légère ; aliœ magls particulares, ut Gonfessiones andire» 
Tel Excrcitia spiriiualia iradere ; si utri&qae vaoari non pott-st, prières 
prœ'erantur : nisi aliquaB circuinstanti» moTeri'nt, ut second» nugts 
conTeiiire videre<itur. Cum etiam quœdam pia opéra dinturniora, sem» 
' per profulura s'ut, ut fundationes aliquas pi», que ad prexioerom aosi- 



SEPTIÈME PARTIE. 297 

une œuvre plutôt que pour une autre [e), une personne 

s'il ayait réussi à y faire mal penser de la Sociélé, et à indisposer le / 

peuple à son égard, pour empêcher les résultais qu'elle pourrait pro- 
duire. Surtout, si c'était un lieu important et dont il fallût tenir compt% 
il faudrait y epToyer, si on le pouTsit* des personnes qui, par leur y\e 
exemplaire et leur doctrine, dissiperaient la mauvaise opinion que des 
récits infidèles auraient fait naître. 

{e) Afln de faire un cboii me'llenr et plus sûr des œuvres pour les* 
quelles le Supérieur enverra ses subordonnes, il aura devant les yenx la 
même règle du plus grand service de Dieo et du plus grand bien uni* 
Tersel. Car cette considération peut avec justice engager à envoyer 
plutôt dans un lieu que dans un autre. Noas alloos dire un mot des 
choses qui peuvent contribuer à ces deux obje s. D'abord quand les 
membres de la Société ponrrunt travailler dans des lieux où il y a des 
bien spirituels à procurer, et dans d'autres où il y a des biens teniporeU 
qui peuvent aussi servir à exercer la charité et la miséricorde, quand il 
y atira des personnes à .i*der dans des choses qui ont rapport à une plus 
grande perfection, et d'autres dans des choses qui ont rapport à une per- 
fection moindre; enfin, si d'un côté les clioses sont plus importantes en 
fll'S-méme<, et de l'autre moins importantes; dans tous ces cas, si on 
ne peut pas faire les deux à la foi*, il faudra toujours préférer ce qui « 
le plus de prix, toutes choses égales d'ailleurs. 

De même quand certaines choses seront plus urgentes pour le service 
de Dieu, et que d'autres le serout moins, parce qu'elles seront plus en 
état d'attendre le remède, quoiqne d'ailleurs elles soient également im- 
portantes, il fan ira préférer les premières. 

Ou ei;core quand certaines choses seront plus parliculièrcment du 
rc.«sort de la Société, et qu'il n'y aura pas d'autres pers ^nnes pour y tra- 
Tailler, tandis que pour a'autrcs choses, au contraire, il y aura des per- 
sonnes chargées d'y pourvoir, il sera Juste que hs premières aient la 
préférence pour les Missions. 

Pareillement, si parmi différentes œuvres pieuses d'une imporlaoce 
et d'une nécessité égale, et qui seraient toutes également pressantes, il y 
en avait de plus sûres pour celui qu'on y enverrait , et d'autres plus 
dangereuses, et qu'il y en eût de plus faciles et de plus promptes à ter- 
miner, et d'autres plus difficiles et plus longue»^, les premières devraient 
eccore être prérér^îes. 

Toutes les antres circonstances que nous venons de détailler étant 
égales, s'il y avait aussi des cccupalions plus généralement uiWe^ et qui 
s'étendiFsr^nt au secours de plus de monde, comme de prêcher ou de 
professer, et qu'il y en eût i'autres plus particulières, comme de Con- 
fesser ou de faire faire les Exercices spirituels, si on ne pouvait pas s'oc- 
cuper de toutes à la fuis, on préférerait les premières, à moins que des 
circûDs'.ances particulières ne fisseut juger les sec ndes plus utiles. 



298 CONSTITUTIONS DES jéSUITES. 

personam poilus quam illam inittat (f); hoc^ Tel illo 



Hum insti'uuntur; alia minus diutnrna ,* qnce raro, et al tempos c^ignnm 
jtivant; constat priora seound s esse praefereoia. Ets'C Pra^p^sitiis Stv 
cit^tatis potius ad hxc, quain ad illa, snorum operasn coaferre débet. 
Fiunt Tero hapc omnia (»*opterea, quod ad majus Dai obseqninm^ ma- 
jusque prozimornm bonum ila couveoiat. 



{f) QuaniTis fumroa ProT?dentia, et Sancti Spiritns directio, ea sît, 
qusB efficaciter meliora cam in aliis omnittus eligere faciat, tam in mît- 
tendis ad qnemTis locuni illis, qui magis conyonient, et qtiadrabont 
peiYonis et rébus, propter qoas roit'uiitur; illnd tamen in nniversum 
dici pofest; primura, quod ad res gm^iorcs, et in quibus plus refert non 
errare (qnoad situm in eo fuerit cum Di?ina gratia, qui proyidere de- 
l>et ) mitti yiros magis de!ec(os, quibosque magis confidatur, oportet. 

In rébus» quae corporis labôrei majores exiguot, qui robustîores et 
sanieres. 

Ubi pericula spirituilia plura sunt, qui in firtute magis probatt et 
seeuriores 

Ut agant corn yiris prudentibus^ qui spiritualem gubernationem Tel 
temporalem babent, ii conyen're magis yidentur, qui discrelioois et 
cooyersandi cnm bominibas gratiam babent; rum exteriori s.)ecie 
(modo, qoœ interiora sont, non desint) qu» ad auctoritatem conférât, 
possek eoim magni momenti esse eornm c )nsilium. 

Ingeniosis et subtilibns ac lltterath, ii magis quadrant, qtii iu inge- 
nio itidem et Utteris peculiare donum babent. Ui enim in IrCtionibi?s, 
et colloqniis magis jn?are poterunt. 

Ad popolum, ut plurimum, aptiores erunt, qui talendo Praedicationis 
et andiendnnim Gonfessionum pollent. 

Quod adnnmerum attinet bujiismodi operariorum, qui m'tfeodi sunf, 
et eorabinalionem eorum, ooosideratio erit etiam adhibcnda : et primo 
qnidem, cnm fleri possct, conveniret unum solum non mitti : sed sal- 
tem duo^ : tnm ut mntuo ipsi in rébus spirifualil us et corporal bas 
javentur, tum ut posiint esse magis utiles ils, ad qaos misai sont ; labo- 
rea inter se diyidendo, qnos in serritium proximornm suscipinnt. 

Et si duo mitteotnr, cum uno Conoionatore Tel Lecture eonrmnde cod- 
jnngeretar alios, qui messem in Coofessioaibus, et spirituaYibuf Exerei- 
tiit, quam ille prspararet , colligeret ; juyaretque eumdem in Colle- 
quiis, et aliis mediis, quœ ad proitmos juTandos aribi^erl soîer t. 



SEPTIÈME PARTIE. 299 

plutôt qu'une autre (/), d'une façon plutôt, que d'une au- 

Dî même aussi s'il y avait dos œuvres p'us durables et qui dussent 
être utiles à perpétuité, telles que des foodatioos pieus s. feites pour le 
secours du prochaiu, et qu'il y en eut d'autres moins durables et qui fus- 
sent rart ment utiles, ou qui ne le fu sent que pour un temps assez court, 
il est certain qu'il faudrait préférer les premières. Ainsi le Général de 
la Société doit employer 1 s foIns de ses subordonnés plutôt à celles-ci 
qu'à cellrs-là. Tout cela se fdit en vue du tenice de Dimi et du bien du 
proebain. 

if) Cest la Providence Infinie et l'inspiration du Sa'nt-Esprit qui foit 
clioisir le meilleur parli en touleschos s, et qui nous fera envoyer partout 
les perjonnrs qui conviendront le mieux et qui seront le mieni faites 
pour ceui à qui ils seront envoyés, et pour les ch:>se8 dont ils auront à s'oc- 
cuper. Cependant on peut dire, en général, qu'il faut envoyer des gens plus 
choisis et en qui on se fiedavaniage, pour les affaires les plus graves et dans 
lesquelles il est p'us important de ne pas se tromper» autant que cela dé- 
pendra de celui qui doit y pourvoir avec le secours de Ja grâce deDiiu. 

Pour celles qui demandent les plus gitandes fatigues, il faut envoyer 
les gens les plus robustes et les plus sains. 

Où il y a le plus de dangers spirituels, les plus éprouvés et les plus 
fermes dans la vertu. 

Pour avoir affaire à des perAonnes prudente?, chargées d'un gouTer- 
nement spirituel ou temporel, ceux-là paraissent convenir davantage 
qui ont le don de discrétion et celui de converst'r avec les hommes, 
avec un extérieur imposant, pourvu qu'ils ne manquent pas de qualités 
intérieurâs; car leurs conseils pourront être d'un grani poids. 

Avec les gens d'esprit et avec ceux qui sout Ans el lettrés, ceux-là coo- 
vienuent mieux, qui ont aussi un don particulier, tant du côté de l'es- 
prit que du côté des lettres. Car ils seront plus capables d'être utiles 
dans lej leçons et les entretiens. 

Pour le peuple, ceux-là seront ordinairement les plus propres, qui ont 
le talent de la Prédication et de la Confession. 

Il faudra aussi faire attention au nombre des ouvriers qu'il faudra 
envoyer et à ceux qu'on enverra ensemble. D'abord, quand on le pourra, 
il sera convenable de n'en pas envoyer un seul, mtis deux au moins, 
pour qu'ils s'aident mntuellement entre eux dans le spirituel et le tem- 
porel, et aussi pour qu'ils puissent être plus utiles à ceux à qui ils sont 
envoyés, en partageant entre eux les travaux qu'ils entreprennent poar 
le service du proebain. 

Si on en envoyait deux il serait bon de joindre à un Prédicateur on à 
nn Proresseur^ un autre membre qui recueillerait dans les Confessions 
et par les Exercices spirituels ce que l'autre aurait semé, et qui le secon- 
derait dans les Conférences et dans les antrei moyens dont oa se sert 
orâfnairemAt.poiir aider le prochain* 



500 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

mo(lo(</), ad prolixius, vel brevius tempus {h);id seroper, quod 
ad majus Dei obseqiiium, et boaum uDÎversale facit,8taUiatur. 

Sic ctiam, si quis ia modo procedendi Societatis, et cam pro&i*nis 
agendi paroni ezercitatas niitteretur; alteri io h^s magis exercitato a<^ 
jungi deberet ; queaa imttari, cam qao cooferre, qaeoique de relmt du- 
biis, qaas occai rent cousuiere posait. 

Alicai Yalde feryeoti et animoso, aliua niagîa circuniapectas et caoloa 
bene adjuogere ur, et sic de aliis miitiooibus boic simililma; iti ut dl- 
Tersifcos Tincuio cbaritatis uolta &ic ntruniqae juTet, ut contradictioarm 
Tel discordiam iiiter eos« aut alius proiiiuos geaerare nan pofsit. Plaret, 
quam duos, < nm opus ad qa:>d mittuntur, n.a.or s e set mumenti io 
Divino obsequio» ac majorem mullitudineiD exigeret, et alioqaî Sodc- 
tas plures operarios ^iue detrimento reram aliaram ad inajorein Dit 
gloriam, et uDÎTersale bonum spectaotium^ posset proTidi re, Saperior 
niiltere potorit : proat Sancti Spiritas unctio eum docaerit. Tel in Di- 
Tin» Majestatis oouspectn niellas oooTenientiusqae ipse senserit. 



(g) Qiiod ad modum attineteos mittendi (prxter conTrnleoten in- 
stracUonem) nim patiperacn more, ut sine jumeato ac pecunia, ao noa- 
jori com commoditafe mitti oporteat ; cum 1 tteris item, ao sioe iil*a^ 
quo tendant, dest^natis (sîto ad priTatos aliqaos bomioes^ flTC ad cÎTi* 
tatem. Tel ejus caput scribentar ; quae ad aoctoritatem aat lieneTOten* 
tiaiii coa'erJnt), Superior undecomque majorem proiiraoram aedifica- 
tionem, et DiTinum obseqnium iotnendo, quod conTeoit ooosUtoet. 

{h) Tempns quod Missionibus dandom est» sIto ad han<*, life ad 
illam partem mittantur, quando a Summo Pontiflee pnescriptnm non 
est, melletnr bine quidem qualitas negotiorum spiritaaliom, qoas trjc- 
taotor, et momentum ipsornm majus aut minus, habita necessilalii, et 
fructus» qui percipiinr. Tel speratur, ratione; Inde Tero, oonsider-tio 
eornm, qn» aliis in locis se orferuot, et obligatio eis Tacandi, et Tiret 
Societatis, qaas ha1*et» nt bis atque iltis operibns posait satisfaoere. 
Qoœdam etiam accidere solear, qosB expendenia anot, nt Missioniboa 
tempos, Tel brevius sir. Tel prolixias. Demam habita primi noslri In* 
siituti ratione, cum boc ait per Tarias muudi parles discurrere, ae magia 
Tel miaus in illis bsre e, prj frnctu.«, qnl cernitar, modo ; Tidendan 
erit, nnm conTcniat pins aut minus temporis in bis, aut illis Miisiooi» 
bus impendi : et nt hoc iatelligatur, conveoiet crebris litteris certioreoi 
reddi Superiorem percepti fructns, ab bis qni missi sont. 

Gnm mutari aliqnem oportebit, aoimadTertat Superiori qa»d ad 



SEPTIÈME PARTIE. 504 

tre {g)f pour un temps plus long ou plus court {h), il devra 
toujours se résoudre à ce qui sera le plus utile au service 

De même, si l'on envoyait qaelqn'aa qui fut pru exercf^ dans la 
méthode de la Société et dans la m inière d'agT avec le prochain, il fan- 
dr<iit le joindre à un a itre qni y serait plus exercé, afin qu'il pût l'imiter, 
conférer aTCC lui et le cjnsuUcr da:i8 les cas douteux qui se préseiite- 
raieni. 

A quelqu'un qui serait trop fervent et trop zélé, il sera bon d'en 
joinire un autre i^lus circonspect et plus prudent ; et de même pour 
tout antre assemblage, de manière que les différences de caractère 
étant nnîes par le lieu de la charte, elles deviennent par là utiles à tons 
les deux c-t ne puissent pr.s engendrer la contradiction ou la discorde, ni 
parmi eux; ni parmi le reste du prochain. Le Supérieur pourra en en- 
voyer plus de deux, quand l'œuvre pour laquelle il les enverra sera 
d'une grande importance pour le service de Dieu, et qu'elle demandera 
nn plus grand nombre d'ouvriers et quand d'ailleurs la Société pourra 
en envoyer beaucoup sans faire tort aux autres choses qui tendront à la 
plus grande gloire de Dieu et au bien général. Il le fera selon que l'onc- 
lion du Saint-Esprit l'inspirera on qu'il le jugera lui-même devant Dieu, 
meilleur et plus convenable. 

(g) Quant à la façon de les envoyer, le Supérieur, outre l'instmction 
coDveuftble qu'il leur donnera, réglera, comme 11 confient, en aynnt ton • 
jours en vue l'édification du prochain et le service de Disu, s'ils doivent 
partir comme des pauvres, sans chevflux, ni argent ou plus commodé- 
ment, avec des lettres de recommandation pour les lieux où ils vont, ou 
sans en avoir, soit que ces lettres so:ent adressées à des particuliers, soit 
qu'elles le soient à un État ou à son chef, pour leur atiirer de la consi- 
déraUon ou de la bienTeillaoce. 

(h) Quand le Souverain Pontife n'aura pas prescrit le temps d'une 
Mission, en envoyant dans tel ou tel lieu, on le réghra d'un côté sur 
la natore drs affaires spirituelles dont ou b'y occupera et sur leur im- 
portanc(! plus on moins grande, sur la nécessité de cette mission, sur le 
fmit qu'on en retirera ou qu'on en attendra, et d'nn antre côté sur 
l'attention qne mériteront les autres affaires qui se présenteront ail- 
leurs sur l'obligation de s'en occuper et snr les forces de la Société 
pour sufOre aux unes et aux autres. Souvent aussi il arrive des circon- 
stances dont il faudra teuir compte pour abréger ou pour prolonger 
le temps d'une l^ision. EuRn eu égard à la fin essentielle de notre 
Intlitni qui est de parcourir les différentes part 'es du monde, et d'y 
rester p^ns ou moins, suivant les fruits qu'on en retire, il faudra voir 
s'il convient d'emploj'er plus ou moins de temps à telles ou telles Mi- 
sions ; et pour s'en assurer, il faudra que les Missionnaires instruisent 
souvent le Supérieur par lettres, des fruit* qu'ils recueilleront. 
Qaand il faudra déplacer quelqu'un, le Supérieur, en le rappelant et 
^ 26 



i 



S02 CONSTITUTIONS BES JÉSUITES. 

Gum hac ergo rectissima ac sincerisskna inlentione, in 0bi ae 
DcMfnini Nostri conspectu habita , et si ei videbitur, propter 
deliberatiODis difficultatem,yel momentum, re Divinae Majes* 
tati suis etDomesticorumorationibus ac Sacrificiis, commen- 
data ; et cum aiiquo vel pluribus ex eadem Societate, qui 
\idebuntur inter eos, qui adfuerint, communicata ; statuet 
per se ipsum, num mittere debeat, ncc ne : et sic de reliquis 
circumstantiis, ut ad Dei majorem gloriam convenire judica- 
bit. Erit autem ejus, qui mittitur, officium, nuUa ratione se 
ingercndo ad eundum, vel manendum ia hoc loco pottus, 
quam in illo plenam ac omnino libaram sui dispositiooem Su- 
periori, qui eum Christi loco dirigit» ad ipsius majus obse- 
quium et laudem relinquere (t). Sic etiam, ut alii mancaot 
alicubi, vel aiio se conférant, nemo quoquo modo sine con- 
sensu Superioris sui, per quem ille in Domino gubernandus 
est, curare débet (fe). 



2. Quocumque Superîor mittet aiiquem eum plene instruere 
(et ordinarie (/) in scriptis) debebit, tam de modo procedendi, 
quam de mediis, quibuseum uti velit ad finem, quem inaDi- 
mo habet. Per crebram etiam litterarum communicationem, 
quantum fieri potest, totius successus certior redditus ex eo 
loco, ubi ipse residet (ut persona), et negotia exegerint) consi- 



revocacdam quoad Geri poterit, lis mediis utalor, nt h\, a quibas aliquis 
evocatur, potius benevoli onin:oo inancaatt qaam offeosi vel roale af- 
fecti ; et quod in omnibus honor et gloria Divina, et boQuin uoiTersale 
qusritiir, sibi persua^eanl. 

(i) H:s non répugnât, proponere motus animi aut cogitaticoes, qam 
in coDtrarium occurrunt, suhjiciendo suum sentire et yelle ei, qnod 
îpsius Soperior, Christi Domioi Nostri loco^ scntirct ac vellet. 

(k) Hioc planum fit, prohiber!, ne quis Principem, Tel Gommanila- 
tem, aat bomioem quemvis magnœ auctoiitatis, ad scribendum Sape- 
riori vel yerbotenus peteodum alitjuem de Soclelale moveai, uisi priât 
cum Superiorc ci mmunicata rc, baoc esse ipsius volantatem iotel- 
lexerit. 

{l) Bicifur ordinarie, propierea quod aliquando it, qui miltUor, 
tam instructus est, tanlaque dex'erilate pollet, ut iostrucUo non fit M« 
cessaria. Scd demum hoc Het, quandocumque opos erlft. 



fiEPTIÈHB PABTIB. 503 

de0iBU et au bien général. Animé ainsi des intentions les 
plus droites et les plus sincères devant Dieu et Notre-Sei- 
goeur, après avoir, quand il le jugera à propos, et sui- 
vant rimportance et la difficulté du parti à prendre , re- 
commandé cette affaire à Dicû dans ses prières, ses Sacrifices 
et ceux des autres membres de la Maison ; après avoir conféré 
avec un ou plusieurs des Membres présents, choisis à son gré, 
il décidera par lui-même s'il doit ou ne doit pas envoyer, et 
de même pour toutes les autres circonstances, selon qu'il 
jugera le plus utile à la gloire de Dieu. Le devoir du Mission- 
naire sera de laisser rentière disposition de lui-même à son 
Supérieur, qui le dirige à la place de J.-C. pour le service et 
la gloire de Dieu (t), sans s'ingérer en aucune façon d'aller ou 
de demeurer dans un lieu plutôt que dans un autre. De même 
personne ne doit, sans le consentement du Supérieur, par 
qui on doit se laisser gouverner dans le Seigneur , travailler 
par aucun moyen à ce que d'autres demeurent dans un lieu 
ou se transportent ailleurs (fc). 

2. En quelque lieu que le Supérieur envoie un membre de 
la Société, il faudra qu'il l'instruise pleinement (et ordinai- 
rement (l) par écrit ), tant de la manière dont il se conduira, 
que des moyens dont il veut qu'il se serve pour parvenir au 
but qu'il se propose dans cette Mission. Il se fera rendre 
compte, par une correspondance aussi fréquente qu'il sera 



dans les moyens qu*il emploiera, prendra garde autant qoe possible de 
conserver la bienveillance de ceux à qui il le retire, loin de les blesser 
on de les aliéner ; et il devra leur persuader qu'on ne cherche en toat 
que la gloire de Dieu et le bien universel. 

[%) Cela n*enipéche pas qu'on ne puisse lui faire connaître les monTe- 
ments de l'âme et les penser s ci ntraires qu'on peut avoir, en sou- 
mettant son sentiment et sa volonté au stnliment et à la Tolonté da Sa- 
pMeur, qui représente. J-C. N.-S. 

(K) n eKt clair par là qu'il est défendu d'engager un Prince, une 
Communauté ou itn homme d'un grand crédit, à demander an Supé- 
rieur, de vi%e voix on par écrit, un membre de la Société, à moins 
d*eo avoir conféré avec le $;ipérieur et de s'être assuré de son cocseote- 
ment. 

(l) Noos disons ordinairement , parce que le Miss'onnaire est quel- 
quefois si i^^truit et a tant de dextérit<^, qu'il n*est pas nécessaire de 
lui donner d'inalructions. Mais enfin, on le fera toutes les fois qu'il en 
sera besoin. 



304 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

lio et aliis auxiliis (m), quaecumque adhiberi possint, proyi- 
débit; ut majus servitium Deo ôat, magisque commune bo- 
num per personas Societalis juvetur : quod tanto majori cura 
prœstari debcbit, quanto negotii qualitas (quod vel magni 
momenti sit, vel difficile) et personarum, quœ missae suot 
(quod consilio, et instructions (n) indigeant)-id magis exigit 



CAPUT III- 

De libéra ad hanc vel illam partem profeclione. 

1. Quamvis eorum slt> qui sub Obedientia Socletatis vi- 
vunt, se non ingerere directe, vel indirecte ad sui Mîssionem, 
sive a Summo Pontifice, sive a suo Superiore in nomine Do- 
mini Nostri Jesu Cbristi mittantur; qui tamen ad regionem 
aliquam magnam ( cujusmodi esset India, vel alisB provincis) 
missus esset ; si pars ejus aliqua, peculiari limita tione ei as- 
signata non fuerit, potest magis et minus in hoc, vel in illo 
loco immorari, aut discurrere quacumque, omnibus perpen- 
8ÎS ( in se, quod ad voluntatem suam attinet, îndifferenûam 
sentiendo) et oratione facta, judicaverit ad Dei gloriam ma- 
gis expedire. Hinc apparet quod (primœ et summae Obedien* 
tiœ h^ummi Pontificis non repugnando) multo magis in bu- 
jusmodi Missionibus, Superiori ad hanc partem potius, quam 
ad illam , prout in Domino senserit convenire, eosdem diri- 
gère licebit. 



(m) Gujasmodi esseut Orationes et Missae, qo» inUio prasertfm toad* 
piendorum operum, vel qaaodo major sobsidii Deoessitas cemitnr» quod 
res magni momenti sint» Tel dirSculUiles graves incidaot, ad id appK- 
cenior. In boc ergo, sicut ei in aliis suarum pâteotium^ aut SetUs Apo* 
slolicœ litterarum, et aliis rebus, quae pûsseuk etsenecessariœ ; rr«>^i<i^t 
Saperior, prout ratio et chaiitas monebit. 

(n) Hoc Goosilium et iostructio, non (aniam DCgotiif , aed eliam par* 
tonis, prout unusqoUque vel auimari, vel reprioii opaa habet, peralUe 
essepoterit : et sic de a!iis iiikell'gatur. 



SEPTIÉMB PARTIE, S05 

possible, de tout le succès de la Mission. Et du liou où il ré- 
side, il pourvoira par ses conseils et par tous les secours pos 
sibles (m), selon l'exigence des personnes et des aflfaîres, à ce 
que les membres de la Société soient utiles au service de 
Dieu et au bien général. Il le fera avec d'autant plus de soin 
que l'importance ou la difliculté de TafTaire, et le besoin qu'au- 
ront les Missionnaires de conseils et d'instructions (n), en de- 
manderont davantage. 



CHAPITRE m. 

De la liberté qui pourra être accordée d* aller en tel ou tel lieu, 

1. Quoique le devoir de ceux qui vivent sous l'Obéissance 
de la Société soit de ne s'occuper ni directement ni indirecte- 
ment de se faire donner une Mission par le Souverain Pontife 
ou par leur Supérieur au nom deN.-S. J.-C., celui cepen- 
dant qui serait envoyé dans un grand pays, tel que l'Inde ou 
d'autres provinces, peut, si on ne lui a pas assigné une cer- 
taine partie de ce pays avec des limites déterminées, demeu- 
rer plus ou moins dans un lieu ou dans un autre, ou aller de 
tous côtés, partout où il le jugera plus utile pour la gloire de 
Dieu. Mais avant de se décider, il doit avoir bien considéré 
toute cbose , avec une indifférence totale du côté de sa vo- 
lonté, et avoir prié Dieu. Il est évident aussi que, sans man- 
quer à la première et entière Obéissance qui est due au Sou- 
verain Pontife, le Supérieur peut, à plus forte raison dans ces 
sortes de Missions, diriger les Missionnaires vers un côté plu- 



(m) Telles seraient les Prières et les Messes; on y aara surtout recours 
an commeocement d'une entreprise, ou quand on verra qu'on y a besoin 
d'aide, s'U s'agit d'une affaire importa île et s'il survient de grandes 
difficultés. Le Supérieur pourvoira donc, ainsi quels raison et la charité 
Ty porteront, à tout cela, ainsi qu'aui autres détails des patentes, ou de 
celles du Saint-Siège, et à toutes les autres choses qui pourraient être 
nécessaires. 

(n) Ces conseils et ces instructions pourront être très-utiles, non- 
•an'enneat pour les affaires, mais ausvi pour les personnes, suivant que 
ebaeuQ aura besoin d'être animé ou d'être vaoïM, et ainsi du reste. 

26. 



306 GONSTlTUTiOUS W» MtBVlTES. 



% Ubicuioque quis maneat , si non est ei in junetum , ni 
medio aliquo limitato utatur, quale esset légère» Tel pnedi-^ 
care, in eo 8e exercebit ex iis, quibus utilur Societas in 
quarta Parte, Gapite octavo dictis, et proximo Gapite dicen* 
dis , quod magis convenire judicabit (a) : atque etiam qaod 
in sexta Parte devitandum dicitur, ad majus Dei obsequimn 
etiam devitabit. 



CAPUT IV. 

Quibus in rekuê Domus eê Collegia Saeieiatis proœimum 

adjugent, 

4. Quia non solum enititur Societas, discurrendo per va- 
ria loca , sed etiam in qiiibusdam continenter residendo (ut 
in Domibus et Gollegiisj proximos juvare; oper» pretium 
est intellexisse , quibus modis possint anim® in bujusroodi 
locis juvari ; qt eorum pars illa, quae poterit, ad gloriamDEi 
exerceatur. 

2. Et primo quidem conferet bonum exemplum totius ho* 
nestatis ac yirtutis Ghristianae ; ut non minus b.oni3 operibus, 
imo magis , quam yerbis , eis œdificationi esse , quibuscum 
agitur, curent. 

5. Juvatur etiam proximus sanctis desideriis, et oratloni« 
bus in Dei conspectu pro universa Ecclesia» ac pro iis pne- 
sertim (a), qui majoris sunt momenti ad ejus universale b»- 
num> efïusis; ac pro amicis etiam , et bene de Nobismeri- 



(a) QaamviB hoc ita se babeat, tamea cooferre média, qaitios uti débet» 
cum eo Soperiorp, qui ei propior fuerit, sennper erit securiaf . 

(a) Gujiumodi sont Priaoipet EocledaB^id» et a»ea>ar6s, et alii, ^ 
multam prodene» Tel obesce booo enimamm» et Diftoo obeeqsio pe» 

•eot. 



flEPTIÈHB PART11&. 507 

tôt que vers un autre, comme il le jugera convenable dans le 
Seigneur. 

2. En quelque endroit qa*un Missionnaire réside, si on ne 
lui a point enjoint de se servir d'un moyen déterminé , 
comme de leçons ou de prédications, il choisira celui qui lui 
paraîtra le plus convenable parmi ceux dont se sert la So- 
ciété (a). Nous avons déjà parlé de ces moyens dans le Cha- 
pitre huit de la quatrième Partie , et nous allons encore en 
traiter dans le Chapitre suivant. Il évitera aussi pour le plus 
grand service de Di£u ce que nous avons dit dans la sixième 
Partie qu'il fallait éviter. 



CHAPITRE lY. 

En quoi le$ Maisons et les Collèges de la Société aideni 

le prochain, 

i. Ce n'est pas seulement en parcourant divers pays, mais 
bien aussi par un séjour continu en quelques endroits , dans 
ses Maisons et ses Collèges, par exemple, que la Société 
s'efforce de venir en aide au prochain : il est donc fort impor- 
tant de savoir par quels moyens on pourra en chacun de ces 
lieux secourir les âmes, afin d'en mettre en œuvre, pour la 
gloire de Dieu, ceux que l'on pourra. 

2. Le premier de ces moyens sera le bon exemple de Thon- 
néteté et de toutes les vertus Chrétiennes : aussi chacun doit- 
il s'efforcer d'édifier ceux à qui il a affaire, par ses actions 
autant et même plus que par ses paroles. 

3. On peut aider aussi le prochain par de saints désirs , 
par des prières faites avec effusion, en présence de Dieu, 
pour l'Eglise universelle et pour ceux surtout (a) qui peu- 
vent influer beaucoup sur son bonheur général : pour nos 



(a) Pourtant i! sera tonjonrs plus sûr de conférer avec le Snpérieor 
le pins f otttD, df s moyen» doot on de? ra 8e serTîr. 

(a) Tels sont les Princes Ecclésiastiques et sécaliers et les antres per- 
sonnes qui peuvent sertir on nnTe beaucoup au bien des âmes et an 
Mrvioe de Diio^ 



508 CÔNSTÎTITTIONS DES JESUITES. 

tis,ot viventibus, et vitse functis; sive postulent ipsi, sive 
non postulent ; ac pro illis, in quorum auxilium peculiariter 
ipsi, et reliqui de Societale in variis locis, inler fidèles et infi- 
dèles, incurobunt : ut Deus omnes ad gratiam suam excipiea- 
dam , per debilia hujus minimœ Societatis instrumenta dis- 
ponere dignetur. 

4. Missarum etiam Sacrificiis juvare possunt, et aliis Divi- 
nis offîciis» nulla pro eis eleemosyna accepta (b) , sive aliqui 
partîculares ea petierint , sive pro sua devotione quisque ea 
Deo obtulerit. Et quod attinet ad Missas, prsBter eas, qiise pro 
Fundatoribus dicuntur, una vel duœ , aut plures ( pro nu- 
méro Sacerdotum, et prout convenerit) singulis hebdomadis 
pro Bcnefactoribus vivis, aut defunctis offerentur ; Deun ac 
Dominum Nostrum rogando, ut pro illis hoc sanctum Sacri- 
ficium admittere, et pro infinita ac sumroa liberalitate sua, 
eam beneficentiam remunerari,qua iUi erga Societatem Nos- 
tram , ex Divine amore ac reverentia usi sunt, œternis prœ- 
miis dignetur. 

5. Poterit juvari etiam proximus Sacramentorum admi- 
nistratione : prœcipue in audiendis Confessionibus (ad quas 
aliqui a]Superiore, qui eo fungantur Officio, sunt desîgnaodi) 
et in Sancto EucharistiîB Sacramento (c), extra Paschae tamen 
festum, sua in Ecclesia administrando (d). 

6. Proponatur verbum Dbi populo assidue in Ecclesia, in 
Goncionibus » Lectionibus, et in Ghristiana Doctrina, per eos 
quos Superior probaverit, et ad taie munus destinaverit (e) : 
et quidem eis temporibus , et modo , qui eidem ad majorem 

(b) Ut io sexta Parte eiplicatam est. 

(c) Pr»ter eos qui Gonfessirii ordinarii oonstitati tnnt, Snperioris 
eril, in spiritualibas necessitatibai, qii» oecarraot, videre» nom alii 
horum Sacrameotoram administratioal vacare debeaot ; et qaod oonve- 
Dil, stalutre. 

(d) Pascha, intelligaotar octo dies aate et totidcm post ipsam feitam: 
qnamqaam eo tempnre, qui facultate.n b:ib reot. vel peregrini,et reli- 
qai , quoi jus eicipit , passant ad Goromaaicoem admitti : et illi 
etiam, qui cum jam ftuis Parochiis sal'treoeriof, veilent hisoe qaiiidecim 
diebus, semel aut sa^piua in nostris Eoclesiis Saootisiiroam Cbristi eorpas 
accipcre. 

(a) Quia qaibotdaiD ia loeis fleri p^iatet^ at aliquando bis madlla, f«l 









SÈrriÈlfE PARTIE. 509 

amis; pour cenx qui nous ont rendu service, vivants et morts, 
qu'ils nous Taient ou non demandé, et pour ceux au secours 
desquels travaillent particulièrement et nous-mômes et les 
autres Membres de la Société, dans les différents pays, chez 
les Chrétiens ou les Infidèles ; afin que Dieu daigne les dis- 
poser tous à recevoir sa grâce par Tentremise d'un instru* 
ment aussi faible que cette très-petite Société. 

4. On peut encore aider le prochain par le Sacrifice de la 
Messe et les autres Offices divins, en ne recevant en échange 
aucune aumône (6), soit que des particuliers Talent demandé, 
soit qu'on les ait offerts à Dieu selon sa propre dévotion. Et 
quant aux Messes , outre celles que Ton dit pour les Fonda- 
teurs, on en off^rira une ou deux, ou davantage , par se- 
maine, selon le nombre des Prêtres et les convenances, pour 
les Bienfaiteurs vivants ou morts, suppliant Dieu et Notre- 
Seigneur qu'il accepte à leur intention ce saint Sacrifice , et 
que, selon sa libéralité infinie et sans bornes, il daigne payer 
d'un prix éternel la générosité dont ils ont fait preuve envers 
la Société, dans leur amour et leur res^pect pour lui. 

5. On pourra encore venir en aide au prochain par l'admi- 
nistration des Sacrements , surtout en recevant les Confes- 
sions (et le Supérieur devra désigner ceux qui s'acquitte- 
ront de ce Ministère) (c) et en donnant le Saint Sacrement 
de TEucharistie dans l'Eglise de la Société , excepté toutefois 
aux fêtes de Pâques (d). 

6. La parole de Dieu devra être incessamment distribuée 
au peuple , dans l'Eglise, sous la forme de Sermons , de Le- 
çons , d'Explication de la Doctrine Chrétienne , par ceux que 
le Supérieur aura approuvés et désignés pour cet emploi («). 

(b) Gomme on l'a eipliqaë dans la siz'ème Partie. 

(c) Il appartiendrj au Sopérir^ar, dans les besoins spirituels qai pea- 
Teiit se présenter, de Toir si, outre les Confesseurs ordioaires désignés 
pour cela, d'autres encore ne doivent pas s'occuper de radministraUon 
des Sacrements, et décider de ce qui sera convenable. 

(d) Le temps de Pâques comprend huit jours avant, et autant après la 
fdte : cependant on peut admettre à Coirmunier m ces jo jrs-1è, ceux qui 
en ont la permission, les étrangers et les antres personnes qu*excepte le 
droit canonique ; et comme aussi ceux qui, après avoir rempli leur de- 
voir de Paroissi n, voudraient, dans ces qiiinza jour^, recevoir une fois 
ou plus dans nos Églises le corp< de Jésus-Christ. 

(a; Il peut arriver en quelques endroits que ces moyens oo ooc partie 



540 CONSTITUTIOKS BBS IBM7ITES. 

Dei gioriatn, et anîmarum aedificationem expedite ^ide^ 
bitur. 

7. Potest et hoc ipsurn , quod dictum est, extra Ecclesiam 
Societatig, aiiis in Ecclesiis, yel plateis, yel aliis locis pr»s« 
tari; quando ei, qui cseteris praeest, ad majorem DEiglo*' 
riam conferre yidebitur. 

8. Gurabunt etiam privatim proximuin piis coHoqniis ad 
meiiora promovere; tum consilio, et exhortatione aid bona 
opéra, tum etiam tradendisSpiritualibus Ëxercitiis (/*). 

9. Corporalibus etiam pietatis operibus , quantum spiri- 
tualîa, quse majoris sunt momeuti, permittent, quantumque 
vires patientur, incumbent; ut infirmis juvandis, praecipoe in 
Xenodochiis, eos invisendo, etaliquos, qui eis inserviant, 
mittendo; et diffidentes ad concordiam reyocando ; sic etiam 
pauperes, ac in custodiis publicis detentos , quoad ejus fieri 
poterit, per se sublevando, et ut alii subleyent, curandof^). 
Metiatur autem oportet Praêpositi prudentia ( qui majus Dbi 
obsequium, ac bonum universale semper ob oculos sibi pro* 
ponet ) quantum in hujusmodi rébus operœ sit ponendum. 



eoram parte ati non ceoTeniret; GoQiltiuUo noa obligat, nisi com Sape- 
riori eis uteodum esse viderelor : sel eam intenfioicm ostendit, qosa 
babet Societas ia locis» inquibus residet; quœ ea est, ut baec tria 
média, vel duo ex Uli«, vel qaoJ eorum luai^is cooven're videhitar, exer<' 
ccalar. 

{f) Ezercitia spir'taaiia plcne non DÎsi panels, iisque hujus iiodi, ot ex 
eoram profeclu noa vulgaris ad Dn gioriam fradus speretar, Irtidenda 
«ont. Prime bebdomad» Eiercitia a^ mnllos,;et aliqiia eonuienti» Eia- 
mina, et modi orandi (prœs riiin primas trium illorom, qai in F.xerciiiit 
prop lomitor ad multo plures etiam extf odi pos eut. Quivit enim boaa 
praBditus volootate ad baec idoneus erit. 



(g) Niliilomîooa non cooTeoit, Socielatem Tel ejas Domo*» aol Col* 
Jegia cpm aliqoa Gortgregatione miseeri : neo in ea a!li oonfenlna 
aKantur, nisi qui ad earumdem Domcrmn vel GoUegioram Oneir, ia 
DiTÎQOobsequio fient. 



WPTliME PAETIE. ti4 

Ce sera , il est vrai, aux époques et de la manière qui paraî- 
traient devoir être le pins favorables à la gloire de Dieu et à 
rédiûcation des âmes. 

7. Ce que nous venons de dire pourra aussi avoir Heu 
bors de l'Eglise de la Société , dans les autres Eglises , sur 
les places et partout ailleurs , quand celui qui commande 
aux autres le jugera utile à la plus grande gloire de Dieu. 

8. On aura soin aussi, chacun en son particulier, d'exciter 
le prochain au bien par de pieux entretiens, par des conseils, 
des encouragements aux bonnes œuvres ; ou bien encore en 
lui faisant pratiquer les Exercices Spirituels (/*). 

9. On se livrera aussi aux œuvres de miséricorde corpo- 
relles, autant que les spirituelles, qui eont les plus impor- 
tantes, le permettront» et que les forces le pourront suppor- 
ter : il faudra, par exemple , soulager les infirmes, surtout 
dans les Hôpitaux, les visiter, leur envoyer des gens pour 
les servir, ramener la bonne intelligence entre ceux qui sont 
brouillés, secourir soi-même et autant que possible les pau- 
vres et les détenus , ou prendre soin que d'autres les secou- 
rent (g). Le Supérieur, qui aura toujours devant les yeux le 
service de Dieu et le bien général , doit dans sa sagesse 
mesurer ce qu'il faudra donner de temps aux œuvres de ce 
genre. 



d'entre eux ne puissent être coaTeasblement employés ; aussi, la Gonsti- 
tution D'ob!ige-t-i lie pas à s'en servir à moins que le Supérieur n'en bit 
décidé ainsi; mais elle montre l'intention où est la Société d'employer 
dans les lieux où elle réside ces trois moyens, ou deux d'entre eux, 
ou du mo'.us ce qui en paraîtra convenir d ivanti«ge. 

(f) 11 ne faudra faire pratiquer les Exercices spirituels en entier qu'à 
peu de personnes, qu'à celles dont li s progrès feraieot espérer de grands 
résultats pcor la gloire de Dibu. On pouri a élendro à on grand nombre 
de personnes les Exercices de la première semaine ; et à un bien plus 
grand nombre enore quelques Examens de con^ciencs, quelques 
moyens de prier, surtout le premier des trois qui sont proposés dans 
les Exercices, l^oute personne de bonne volonté sera en état d'en pro- 
flttr. 

(g) Néanmoins il ne faut pas qoe la Société, ses Maisons ou ses Col- 
lèges se confondent avec quelque Congrégation que ce soif ; ni qu'on 
tienne aucune assemblée chez elle, si elle n'a lien d&ns l'intérêt du ser- 
Tice Divin et ne tend à la fln que so proposent les Maisons et ks Col* 
iéges. 



512 CONSTITUTIONS DBS JÉSUITES- 

10. In Gollegiis» et eorum Ecclesiis fiet, ex iis, qu» de 
Domibus dicta sunt, quod fieri poterit; prout opportuDum 
fuerit, juxta Superioris ( ut dictuni est) arbitrium. 

i 1 . Qui talento praeditus ad scribendos libros communi 
bono utiles, eos conscriberet ; in lucem edere non débet ali- 
qua scripta, nisi prius Prœpositus Generalîs ea videat, et legi 
ac examinari faciat; ut si ad aedificationem fore videbuntar, 
et non aliter, in publicum prodeant. 

12. De iis^ qu» ad officia Domestica, êtres alias magîs par- 
ticulares pertinent, in Regulis Domorum dicetur : nec ulte- 
rius progredieniur circa Missiones, yel divisionem eorum, 
qui de Societate sunt, per Vineam Domini riostri Jesu 
Gbristi. 



SEPTIÈME PARTIE. 345 

40. Do tout ce que nous venons de dire pour les Maisons, 
on fera dans les Collèges et leurs Eglises ce que l'on pourra : 
selon les facilités qu'on y trouvera et d'après la volonté du 
Supérieur, comme on vient de le dire. 

11. Celui qui, doué du talent nécessaire pour faire des 
livres utiles au bien commun, les composerait, ne doit met- 
tre au jour aucun écrit, si le Général n'en a pris connais- 
sance, et ne Ta fait lire et examiner, afin qu'ils soient publiés 
s'ils paraissent propres à édifier, et qu'ils ne le soient pas dans 
le cas contraire. 

42. Quant aux emplois dans les Maisons et aux détails plus 
particuliers , il en sera question dans les Règles des Maisons : 
nous n'insisterons pas davantage sur les Missions ni|sur la 
distribution des Membres de la Société dans la Vigne de N.-S. 
J.-C. 



27 



OCTAVA PARS. 

De iiSy qttœ conferunt ad eorum , qui dispersi suni , 
cum suo capite, et inler se muluam unionem. 



CAPUT I. 

De iis, quœjuvanladunionem animorum, 

1. Quo dilficilius est, membra hujus Gongregationis cum 
suo capite, et inter se invicem uniri, quod] tam diffusa (a) in 
diversis mundi partibus, iater fidèles et infidèles sint ; eoim- 
pensius, quœ juvant ad unionem, quœrenda sunt : quando- 
quidem nec conservari nec régi, atque adeo nec finem, ad 
quem tendit Societas ad majorem Dei gloriam, consequi po- 
test, si inter se et cum capite suo membra ejus unita non 
fuerint. Dicetur ergo de iis, quœ conrerunt ad animorum 
unionem : deinde de iis, quœ ad unionem personalem in 
Congrégation ibus vel Conventibus pertinent. Et quidem circa 
animorum unionem, quaedam ex parte subditorum, quiedam 
ex parte Superiorum , quaedam ex utrorumque parte ju- 
vabunt. 

2. Ex parte subditorum, juverit magnam turbam hominum 
ad Professionem non admitti ; nec quoscumque, sed selectos 
homines, etiam inter Goadjutores formatos, aut Scholasticoa 
retineri {b), Multitudo enim magna eorum> qui vitia sua non 



(a) Sunt et alî» rationes, qaalis est» quod, ut plurimum, litteraU 
eniot, et gratia apod Pridcipeu et ptimarios Ttros, ac populoi non 
param valeboot. 

(6) Hoc anlem non exdudit Duroernm (licet magnum) eorao), qui 
erunt idonei, ut in Professos, vel Goadjatores formatos, ?el Scholasticot 
approbatos adoiittantur : sed boc eo speclat, ut commendatum habealofi 
ne» qui tjlca non eruot, idonei (praM.ipue ad Profcstioncm) facile cen- 
seantur ; et cum bcne observabitar, qnod in prima, et in qo'nka Patte 



HUITIÈME PARTIE. 

De tout ce qui peut maintenir l'union mutuelle des 
membres séparés avec le chef et entre eux. 



CHAPITRE I. 

De ce qui sert à V union des âme t. 

4. Plus il est difficile de maintenir Tunion des membres de 
cette Congrégation avec leur chef et entre eux , alors qu'ils 
sont dispersés ainsi (a) dans les diverses parties du monde au 
milieu des fidèles et des infidèles ; plus il faut chercher avec 
zèle tout ce qui peut contribuer à cette union, puisque cette 
Société ne peut ni se conserver, ni se gouverner, ni atteindre 
le but qu'elle s'est proposé pour la plus grande gloire de 
DiBU, si les membres ne sont point unis entre eux et avee 
leur chef. On va donc parler de ce qui sert à l'union des 
âmes, puis de ce qui concerne l'union des individus dans les 
Assemblées ou Réunions. Et pour l'union des âmes il faut 
l'attendre en partie des 'subordonnés , en partie des Supé- 
rieurs, en partie de leurs communs efforts. 

2. Pour les subordonnés, il importe de ne pas admettre à 
la Profession un grand nombre de sujets et de ne pas rete- 
nir les premiers venus, mais seulement des hommes choisis, 
au nombre des Coadjuteurs formés ou des Ecoliers (b). En 



(a) Il y a encore d'autres raases qni nuiront à cette union : la plu- 
part des membres de la Société seront instruits. iU poairont avoir un 
crédit assez grand sur les princes sur les hommes influents ou sur les 
peuples. 

(6) Gela n'exclut cependant pas le nombre même conaidérable de ceux 
qui seront dignes d'être admis au rang de Prorès. ou de Coadjutear 
formé ou d'Écoli r approuvé. Cette Coniititution a seu'ement pour but 
d'empêcher d'admettre facilement à un grade ceux qui ne le mérite- 
raient pas, surtout quand il s'agit de la Profession; et il tulilra d'obaer- 



546 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

bene domuerunt, ut ordinem non fért, îta nec unionem, qus 
in Ghristo Domino Nostro tam nccessaria est, ut bonus status, 
ac procedendi modus hujus Societatis conservetur. 

5. Et quia hujusmodi unio magna ex parte per Obedienti» 
Yinculum conficitur, bœc semper in 8uo yigore conservanda 
est : et qui foras ad laborandum in agro Dominico ex Domi- 
bus mittuntur, quoad ejus fîeri potest, in eadem sint exerci- 
tati (c) : et bac in virtute> qui primas in Societate tenent, bono 
8ui exemplo aliis prœluceant; uniti omnino cum suo Supe- 
riore ; et prompte, bumiliter, et dévote ei obediendo, persis- 
tant. Qui autem tam egregium sui spécimen in Obedieatia 
non dedisset, certe ei adjungi deberet socius, qui in ea magis 
esse conspicuus. Nam ut plurimum socius, qui in Obedientia 
magis profecit, eum, qui minus in ea profecisset, cum Divino 
favore in eadem juvabit. Et alioqui, quamvis ad hune scopum 
non tenderetur, ei qui cum aliquo munerc gubernandi mitte- 
tur, Collateralis socius (si Supcriori videbitur, quod sicmclius 
commisso muneri satisfaciet) adjungi poterit (d) : qui sic se 
geret cum eo, qui aliis prseest, et ille invicem cum hoc, ut 
Obedientia ac reverentia subditorum, debilior erga Superio- 
rem non reddatur : sed ille potius verum ac fidelem adjutorem 



didum eA, satis erit. Qui enirn hujusmodi estent tarba eziitlmari noo 
deberent : sed potius gens electa, lametsi magna ea esie'. 

(e) Cum expérimente comperlum esset alûiaos ex iis, qui misai snot, 
uou recta incedere, quod ad Obedienliam altinet ; vd revocari debeot» 
▼el sodi, qui in ta profecerint, eis adjungi j quaravis initie missl non 
fabtent. 

(d) Quamvis GoHateratis Obedientiœ Prœposili, vel personas itliat, 
eut datur, non subd«tur ; débet tamen ei ioterius et eiterius reTerenliam 
exliibere ; ac în ea reliquts, qui ejus Obediantias subduntur, exeroplom 
pra»bere. D^bek itidem, qna poterit diligentta, tnm, qui alita pna^sf, 
jn?are in rébus omnibus, ad ip^lua orflcium pertineotibos. In quibus ejos 
operam ille requiret. 

Quamvis etiam nulla da re interrogaretnr, cum iamea aoimadferlet, 
qnod ei aliquid dici convenia^ quod ad personam, aut res, qnaa snot 
ipaios ofllcii, perUneat; débet fldeliter ea, qtm oportet, ei reTerre, et 
cum libertate et modeatia Cbriatiana, qaod sentiat, ezplicare : propositia 
tamen auia rationibns et iU, quasipsiun morent, al Praspoaltos io sua 



HUITIÈME PARTIE. 517 

effet, cette grande multitude de gens, dont les vices ne sont 
pas encore bien domptés, ne peut supporter la dépendance, 
et par suite l'union qui est si nécessaire en J.-C. N.-S , pour 
conserver le bon état et la règle de conduite de cette Société. 
5. Et comme une union de cette nature s'obtient en grande 
partie, grâce aux liens de l'Obéissance, celle-ci doit toujours 
conserver toute sa vigueur. Ceux que l'on envoie des Mai- 
sons de la Société pour travailler au dehors dans le champ 
du Seigneur doivent avoir été aussi bien que possible exér- 
èses dans cette vertu (c) : c'est par le bon exemple dans cette 
Tertu que doivent briller ceux qui occupent les premières 
places dans la Société : ils doivent demeurer entièrement 
unis avec leur Supérieur^ lui obéissant avec promptitude, 
humilité et dévouement. Si donc l'un d'eux n'a pas donné 
de preuves assez éclatantes de son Obéissance, il faudra lui 
adjoindre quelqu'un qui se sera distingué davantage par cette 
qualité. En effet, la plupart du temps celui qui a fait le plus 
de progrès dans l'Obéissance aidera, avec la grâce de Dieu, 
celui qui en aura moins fait à en faire davantage. D'ailleurs, 
sans même se proposer ce but, on pourra donner un Colla- 
téral à tout membre chargé d'une partie de .l'administra- 
tion, si le Supérieur croit que la place sera mieux remplie (d). 



ver avec soin les prescriptions de la première et de la cinquième Partie. 
En effet, si toutes les conditions étaient remplies, les sujets, quel que fût 
leur nombre, ne formeraient plus une foule, mnis une troupe d*élit<*. 

(c) Quand on reconnaîtra par rexpéricnce que qu-lques-uns des Mis- 
sionnaires ne marchent pas dans la ?oie droite pour l'Obéissance, il 
faudra ou les rappeler on leur adjoindre des conipiguons qui anroot fait 
des progrès dans cette vertu : quand même ceui-ci n'auraient pas été 
envoyés en Mission dès le début. 

(d) Quoique le Collatéral ne soit pas sous robéi>8ance du Supérieur on 
^e celui auquel il est donné ponr compaj^non; il doit cependant être 

plein de respect pour lui en lui-même et extérieurement, et donner ainsi 
l'exemple à ceux qui sont réellement sous son Obéissance. 1] doit aussi 
aider celui qui commande aux autres avec toute ractivité possible, en 
tout ce qui aura trait à ses foiJcUons, quand celui-ci le requerra. 

Quand même il ne serait consulté sur rien, s'il vient à remarqoer 
quflque chose qui lui paraisse mériter d'être dit au Su^.éricur, relative- 
ment à sa person e ou à ses fonctions, il doit lui Taire un rapport fidèle 
de tont ce qui serait nécessaire, et lui donner sou avis avec une liberté 
et une modestie Chrétiennes. Cependant, après avoir exposé ses ruisons 

27. 



518 CONSTITimONS 0BS JT^SUITES. 

el ftublevatorem erga suam personam, et aliorum, qui 
fidet commissi suol , sibi datum esse Id CoUaterali expe- 
riatur* 



eoDtrarla seotentia persi^teret, CoUaterali s proprioio jadiciain snbmlt:- 
t6re« et ei oonformem se reddere débet ; nitl tamcD clarissime intelU- 
gepat illum errare : qood si acâdet, ad Soperiorem referre debef • 

Caret etiam Colla Uralis unionem. qooad ejus 6eri poterit, sabditomm 
inter se, et cam sao Praeposito immediato ; et ioter eos velut Aogelus 
pacis iocedat : et staiiam adhibeat, ut de Superiore suo sic sen- 
tiaot, Hlamque ita a meut, ut oportet, qaem Ghristi Doniipi Nosfri loco 
ll^beDt. 

Débet etiam eertiorem rediere Saperiorem saum, GeoerakMB Tel 
ProTincialem, lis de rébus <nu8 vel ip8P> Tel is, eut Ceitaieralîs aMyone- 
tas est, coromeodaret : et sponte sua etiam ejus loco id faciat» oam pcr 
adversam corporis valetudinem, Tel occupationea, Ttl aliquam a!iaa 
causam, ille io bac parte oflicio suo deesset. 

Contra, Prasposiius cum aqo CoUaterali nouQuUa observare débet: ae 
primum, consideraado quod noa ut subditus, sed ut aniiliom et subie- 
Tanien ei datus est, pecuUarem erga eum dilectionem, et bouorem (hv 
ae ferre deb t : agatqae cum eo familfariter, ut sit rnîmosior ad ei 
dicendum, quod sentit ; commodinsqoe id faci t, ac Tideat, qua in re 
eum ju are posait. Curet etiam, ut auctorilatem habeat, et diligatur ab 
inferioribus : eo enim utitius ministf rio erga illos utetar. 

Si qua occurrerint, quae difflciliora esse Tideantnr , cam eo (ractari 
oporteret, ejua seotentiam ro;{ando, et ad dicendum» quoi seotit (etiam 
oum noa interrogarctiir), redncendumqoe sibi in memoriam, quod ad 
luam personam et ofdcium oonTenire Tideatur» ezbortando. Et audiiii* 
qo9 a CoUaterali dicuntur, melius per se ipsum, quod facto opos est, 
aonstituet. 

Quod att'net ad ezerntionem sui officiiyadsubditorum goberoallooeai, 
ntatur CoUaterali, ut fldeli ministro in rébus majoris moment!; cifa uni- 
Tersalca sint, ad Domos, sive parliculart a, ad qaemfis ex fratribuf 
apectantea. 

Io lis, qua» ad Prffipoiiium Generalem pertineot, eiqae debeotnr, 
otqtur etiam ejtia opéra : et in omorbus eo babeat luco, euque modo ipti 
conOdat, quo ait ri sibi (dempta potealaie) in Spiritus uniooe in Ch isto 
Domioo Noatro. 

£t aiiimadTertendum est, duabus es causis prspc'pue CoHataraleii 
adjungi d< bere. Prima e>t» qoando in eo, qtii cum praacipao munare 
miititur, maj'ig ansiiium desideraretur, pro^ieren quod non sit nagio- 
pere vcrsatus, et esercilatus io biijmimodi goberoatlone. Tel prapter 



HUITIÈME PARTIE. 549 

Le Collatéral se conduira envers le Supérieur, et réciproque- 
ment celui-ci envers l'autre , de manière à ne pas affaiblir 
rObélssance et le respect des subordonnés pour le Supérieur : 



et fet motifs, si le Sapérteor persiste daos ao avis contraire, le Colla-* 
léral doit sonroeUre son jogement au sien et se conformer à son opinion, 
à moins de voir jusqufà l'évidence qne celui-ci se trompe, auquel cas il 
devrait faire son rapport à spn Supérieur immédiat. 

Le Collatéral travaillera aussi autant qu'il sera en lui à l'union des 
sujets entre eux, et avec leur Supérieur immédiat ; il marchera au mi- 
lieu d'eux comme un Ângè de paix ; il s'appliquera à leur inspirer, pour 
leur Supérieur, les sentiments et l'affection qu'ils doivent porter à qui 
lient la place de J.-C. N.-S. 

Il doit aussi mettre son Supérieur, soit le Général, aoit le Provincial, 
an eoarant des affaires que lui, on celui dont il est le Collatéral, a coO" 
fiées à ses soins, et remplir spontanément à la place de celni-ci cette par- 
tie de ses fonctions, si la mauvaise santé, le trop d'occupations, on quel- 
que antre canse, la lui rendent impossible. 

En revanche, le Supérieur a certains devoirs à remplir envers son 
Collatéi^al : d'abord, considérant que celui-ci n'est pas son subordonna, 
mais son aide et son soutien, il lui témoignera une affection et une con- 
sidération toutes particulières; il le traitera en ami, aGn qu'il ait plus de 
courage à lui dire son avis, qu'il fasse plus facilement et voie mieux ce 
en quoi il le peut aider. Il veillera aussi à ce qu'il ait de l'autorité sur 
les inférieurs et soit aimé d'eux, c'est le moyen de tirer plus de parti 
de ses services. 

S'il se présentait des cas difflciles, il devrait en traiter avec lui, lui 
demander son avis, l'inviter à donner son sentiment, même sans être in- 
terrogé, et lui rappeler à lui-môme ce qu'exigent sa personne et ses 
fonctions. Après avoir entendu l'avis de son Collatéral, il réglera mieux 
par lui-même ce qui sera nécessaire. 

Pour racoomplissement de ses devoirs et le gouvernement de ses su- 
bordonnés, il se servira du Collatéral comme d'un ministre Adèle dans 
les choses importantes, qu'elles soient générales et se rapportent aux 
Maisons, ou seulement particulières, et ne concernent qu'un des fi ères. 

Il aura aussi recours à son aide pour remplir ses devoirs envers le 
Général : il aura pour lui les niémes égards en tout, la même confiance 
que pour un autre lui-même, le pouvoir excepté, et dans une parfaite 
union d'esprit en N.-S. J.-C. 

Deux motifs doiyent surtout décider à donner un Collatéral à quel- 
qu'un. D'abord, lorsque celui auquel on confie un emploi important laisse 
df sirer un concours plus actif, comme, par exemple, s'il n'était assez 
▼ené, esseï expérimenté dans de pareilles fonct'onSt quoique ses intea- 



520 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 



4. Ad eamdem Obedientise virtutem ordo bene observatus 
inter ipsos Superiores, quorum alii aliis subduntur, et infe- 
riorum erga illos, pertinet : ita ut singuli, qui in aliqaa Jomo 
vel Gollegio versantur, ad suum Praepositum Localem , seu 
Rectorem recurrant, etper eu m in omnibuç régi se sinant 
Eisautem, qui per provinciamaliquam yariis in locîs disjiincti 
manent, ad Provincialem Prsepositum, vel alium Localem 
viciniorem erit recurrendum, prout eis injunctum fuerit 
Omnes vero Praepositi Locales, vel Rectores, «rebra commu- 
nîcatione cum Provincial! utantur : et juxta ejus arbitrium 
în omnibus se gérant. Eodem modo Praepositi Provinciales 
cum Généralise babebunt (e). Sic enim subordinatione con- 
servata, unio, quae in ea quam maxime consistit, aspirante 
gratiaDEi, conservabitur, 

5. Sic qui divisionis, vel dissensionis eorum, qui ana 
vivunt, inter se, vel cum suo capite auctor esse cerne- 
retur ; diligentissime ab ea Gongregatîone velut pestis, quas 
eam potest summopere. inûcere, si prsesens remedlum non 
adhibeatur separandus est (/*). 

6. Ex parte Praepositi Generalis, quae ad banc unionem 



alias causas : qnamvis ejos desideria, et vila ad majorem Dti glorian 
siot Talde approbata. Secunda, qaando aliqaii ex eis, quos aecaoi est 
habiturus, hnjnsmodi esset, ut existimaretur minas profectaras, si sub 
eju», qui prœeAt, ObedieDiia coDstitaatar, qnam al ot socitts adjonge- 
retur: dommodo talentum ad eumdem jafandum baberet. 

(e) CaiDy particularibus ex causis, Prœposilo ProYindali magis cou- 
? entre ad Di?ioam obseqaiam videretar, ot aliqnis ex eis qui in Dooit- 
bos vel Gollegiis versantar, stbi immédiate subsit ; potest ab Obedienili 
Rectorîs, vel Praepositi Localis enm exlmere. Et tic Generalia qnosdam 
ex privatis et Prepositis Localibns, vel Rectoribas, snœ Obedieniia 
proxime reservare posset. Ut plorimam tameo priedicta Obedientie 
anbordioatio eo meltor etii, quo perfectius obserTBbitnr. 

(/} Separare, iotelligendam est, tel omoinoa Societate dlmlttendo; 
vel in aliam locum transfereado, si hoc suflicere videretar : et ad Divi- 
nom obseqaiam, se commune bonam, jadicio illioa, qd caram ejua 
babet, magia oonTenirel. 



HUITIÈME PARTIE. 524 

au contraire, celui-ci devra trouver dans le Collatéral un 
Coadjuteur sincère et fidèle , un aide pour lui-même et pour 
ceux qui sont confiés à sa fidélité. 

4. A la même vertu d'Obéissance se rattache l'observation 
exacte de la dépendance entre eux, des Supérieurs qui relè- 
vent Tun de l'autre , et des inférieurs vis-à-vis d'eux , en 
sorte que chacun de ceux qui vivent dans une Maison ou un 
Collège recoure à son Supérieur Local ou à son Recteur, et 
se laisse diriger par lui en toutes choses. Quant à ceux qui 
sont détachés en différents lieux dans une province , ils de- 
vront recourir au Provincial ou à tout autre Supérieur local 
plus rapproché, selon leurs instructions. Tous les Supérieurs 
Locaux ou Recteurs entretiendront une correspondance sui- 
vie avec le Provincial, et se conduiront en tout d'après sa 
volonté. Les Provinciaux en agiront de même avec le Géné- 
ral (c). Par ce moyen , la subordination étant respectée, l'u- 
nion, dont elle est le principal élément, se maintiendra avec 
le secours de la grâce de Dieu. 

5. Si quelqu'un se montrait un sujet de discorde et de 
discussion pour ceux qui vivent ensemble, soit entre eux, 
soit par rapport à leur chef, il faut immédiatement l'écarter 
de cette Congrégation (/"), comme un fléau capable d'en cau- 
ser la ruine, si l'on n'y apporte un prompt remède. 

6. Le Général contribuera à cette union des âmes par les 



lions et sa Yie fussent tout à Tait confarmes à la plus grande gloire de 
Dieu. En second lieu, quand un de ceux qu'il aura près de lui parait de 
caractère à faire moins de progrès s'il est mis sous l'Obéi^sance du Sa- 
périeur, que s'il est adjoint, pourvu qu'il ait le talent cécessaire pour le 
soulager. 

(e) Quand, poar des motifs particuliers, le Provincial juge plus avan- 
tageux au service Divin qu'un des membres qui réside dans une Maison 
ou un Collège soit sons son autorité immédiate, il peut le délier de 1*0- 
beiskance envers le Recteur on le Supérieur Local. De même le Généra] 
peut retenir sous son Obéissance immédiate de simples particuliers, des 
Supérieurs Locaux ou des Recteurs. Li plupart du temps, toutefois, la 
dépendance et l'Obéissance seront d'autant plus parfaites qu'on observera 
plus exactement la h érarchi^ dont nous avons parlé tout à l'heure. 

(/) Écarter doit s'entendre, ou de le renvoyer tout à fait de la Société, 
ou de le transférer dans un autre établissement, si cela parait suffisant et 
avantageux pour le service de Duo et le bien général, au jugem nt de 
celui qui veille sur la Société. 



522 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

animorum confèrent sunt eœ dotes ((/),quibus (ut in nona 
Parte dicetur ) eum exornari oportet : quibus cum prœditus 
fuerit, erga omnia membra Societatis suo fungetur ofOcio : 
capitis Tidelicet, a quo in illam influxus, ad praefixum ipsi 
finem necessarius, descendat. Et sic a Generali Preeposito, ut 
a capite, universa facultas Provincialium egrediatur» ac per 
eos ad Locales, per hos autem ad singulares personas descen- 
dat. Sic etiam ab eodem capite ( vel saltem eo suam faculta- 
tem communicante, et rem approbante ) Missiones procédant. 
De communicatione gratiarum Societatis tantumdem sit die- 
tum : quo enim magis inferiores a Superioribus pendebunt, 
eo melius amor, Obedientia, atque unie inter eos retinebitur. 



7. Et ut locus magis conveniatad coromunicaiionem capi- 
tis suis membris, conferre plurimum potest, ut Praepositus, 
Generalis magna ex parte Uom9ere8ideat(^), ubi cum aliis 
omnibus locis Societatis faciliori utetur commercio. ProTia* 
ciales itidem in iis locis diutius versabuntur, unde cum iofe- 



(9)JuTabîk ctiara in primis, tn'er alia Da dooa, bona existimatk), 
aoctoritas erga sobditos; et habere ac prs se ferre dilectioneni, et 
curain illorum : ita ut subditi sibi persuadeant. suam Soperioreai icîre. 
Telle et posse bene ip^os io Domiao guberaare. Âd quod, sicat ad alU 
malta, conférât, secum viros, qui cousilio polleaat, habere (ut in nona 
Parte dicetur); quorum opéra in iis, quœ statuenda snnt ad bonnm So- 
cietatis progressum, in bis atque illis locis ad Du gloriam nti poesit» 



Gonferet etiam, circnmspecte el ord nate prscipfre, eo modo ea* 
rando sabdilos io Obedieuttae officio cootioere, ut Snperior oomi beoe- 
▼oleotia, et modestia, rt cbaritate in Domiao. quod in ipso est, ntatnr : 
i(a ut subditi se potius ad dilectioaem majoremj quam ad timoren 
auorum Superioruro possint componere ; quamvis aliquando utniaM|iia 
sit uti!e : eorum etiam arbitrio aliqoid relinqoendo, cum probibila 
▼idebilur, qui d eos id juvabit : aliquando et*am eis ex parte sliquid io* 
dulgeodo et compatieDdo, cum Tîderetur id poise magis conTcnire* 

(A) Poterit nibilominus subditos aliis in locis, prool oecasio et necf s- 
sites orcurrerift» visitare ; c t prope Aomam aliquando habitare { \ root »é 
o»jorem Dei gforinm fore jodicavcrit. 



HUITIÈME PARTIE. 523 

qualités {g) dont il doit être revêtu (comme on le dira dans 
la neuvième Partie). S'il les possède, il remplira envers tous 
les membres de la Société son oiïice , celui de la tête , d'où 
part pour se répandre dans le corps le mouvement néces- 
saire à Taccomplissement du but proposé. Ainsi du Général, 
comme de la tête, émanera Tautorité tout entière des Pro- 
vinciaux et par eux des Supérieurs locaux : par l'entremise 
de ceux-ci elle parviendra jusqu'aux simples particuliers. 
Ainsi, cette même tête, ou du moins le pouvoir qu'elle aura 
délégué , l'approbation qu'elle aura donnée , fera partir les 
Mssionnaires. On peut dire exactement la même cbose de la 
communication des grâces de la Société. Plus les inférieurs 
resteront dans la dépendance des Supérieurs, mieux l'amour, 
l'Obéissance et l'union se conserveront entre eux. 

7. Afin que la résidence du cbef aide davantage à ses rap* 
ports avec les membres, il sera très-utile que le Général de- 
meure presque toujours à Rome {h) , d'où il correspondra 
plus facilement avec les autres Établissements de la Société. 
De même les Provinciaux devront résider habituellement 

(g) Entre autres dons de Dieu, il est très •important d'être estimé de 
ses subordonnés, d'aroir sur eux de l'ascendant, d'aroir pour eux et de 
leur téfluolgner de l'affeclton et des soins, en sorte qu'ils soient con- 
vaincus que leur Supérieur est capable de les bien gouverner dans le 
Seigneur, qu'il en a la yolonté et le pouvoir. Pour cela comme pour 
bien d'autres choses^ il sera bon qu'il ait auprès de lui des gens de bon 
conseil, à l'aide desquels (comme on le dira dans la neuvième Partie } il 
pni>se avoir recours, pour régler dans un lien ou dans un autre^ à la 
gloire de Dibv, ce qui peut contribuer aux progrès de la Société dans le 
bien. 

Il sera bon aussi qa*ri donne ses ordres avec circonspection et méthode, 
en malntenaDt si bien ses subordonnés dans l'Obéissauce, qn*il puisse 
oser autant que possible envers eux de bienveillance, de modération et 
de charité dans le Seigneur, en sorte que les subordonnés puissent s'ha- 
bituer à BÎaier leurs Supérieurs bien plutôt qu'à les craindre, quoique 
l'un et l'euire puissent être quelquefois utiles. Il faudra aussi parfois 
laisser certaf àes choses à leur volonté, quand on croira leur être utile 
par là ; parfois aussi il faudra user de quelque indulgence envers eux, et 
compatir à leur faiblesse, quand cela paraîtra préférable. 

(h) Il pourra néanmoins visiter ses administrés en d'autres lieux, 
quand l'occasion on le besoin s'en présenteront ; et habiter quelquefois 
OUI environs de Rome» selon qu'il le jugera utile à la plus grande gloire 
de DiBO. 



524 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

rioribus, et cum Superiori Prœposito commoda fuerit corn* 
municatio (i); quantum in Domino elfici poterit. 

8. Prœcipuum utriusque partis vinculum, ad membroram 
inter se, et cum capite suo unionem, amor est Dei ac Domini 
Nostri Jesu Gbristi : cum cujus Divina ac summa bonitate, 
si Superior et inferiores valde uniti fuerint, perfacile inter 
seipsos unientur : idque per eumdem illum amorem fîet, qui 
a Deo descendens, ad omnes proximos, ac peculiari ratione 
ad corpus Societatis pertinget. Gharitas itaque, et, ut in uni- 
Yersum dicatur, omnis probitas ac virtus, qua juxta spiritum 
procedatur, ad unionem ex u traque parte juvabit; et, (quod 
Inde sequitur) omnis rerum temporalium contemptus, ia 
quibus sui ipsius amor, gravissimus hujus unionis, ac boni 
universalis hostis, errare solet. Multum etiam conferet con- 
çensio, tum in interioribus, ut est doctrina (k), judicia, ac 
voluntates, quod ejus fieri poterit ; tum etiam in exteriori- 
bus, ut est vestitus, cseremonise Missœ, et reliqua, quantum 
personarum, et locorum, et cœterorum varietas permiitet 



9. Magnopere etiam juverit, litterarum ultro citroque mis- 
fiarum (2), inter inferiores et Superiores frequens eommer* 
cium; et crebro alios de aliis certiores fieri; ac audire» qu» 



(<) De TÎsitatione Praspositi Pro?iaciali8 eadem erit ratio, alqaeGe- 
neralis : poterit eoim id facere, cam Tîdebitar ad Du majiu obaeqiiiaii 
fore : estqoe id Taldè propriom ejus ofOcii. Gnm tamen aliqoo in loeo 
diatius eit ei reaidendimiy si fieri potest, locam eligat, ex qno cum aob- 
ditis et com Geoerali crebra comfflQDicatiooe litteraromati pcfilt. 

(k) Cam iis qui adbac Litterisoperam non dederint» carandom eitot 
omnet (at plarimam) eamdem doctrinam, qa» in Sodetate foeitt 
electa, ut melior, et cooTenientior Nostris, seqoantor. Qai aalcm «tndio* 
mm carsum jam peregerit, ad?ertat, ne opinionum di?ertitat conjnne- 
liooi Charitatis noeeat : et qaoad ejos fieri poterit, doctriiUB in Sode- 
tate commuDiori se aoeommodet. 

(I) Prspositi Locales Tel Rectores* qui sont ia aliqva protiocîft 

quique mi&si saut ad froctum ia agro Domini eomadam» Pr«p «tto 

io FroTinciali tiogulis hebdomadis, si fieri potestj seribere debcnt : et 



HUITIÈME PARTIE. 525 

aux lieux d'où ils pourront correspondre facilement avec 
leurs subordonnés et avec leurs Supérieurs (t j ; du moins 
autant que faire se pourra dans le Seigneur. 

8. Le lien essentiel , commun à tous , de cette union des 
Membres entre eux et avec leur chef, c'est l'amour de Dieu 
et de N. -S. J.-G. Si le Supérieur et les inférieurs se tiennent 
bien unis, sa divine et suprême bonté les unira sans peine 
tous entre eux \ ce. sera là Veiïei de ce même amour (jui, par- 
tant de Dieu , s'étendra à tout notre prochain, et d'une ma- 
Dière spéciale à tout le corps de la Société. C'est pourquoi la 
charité, et, pour parler en général, toute qualité, toute vertu, 
qui nous fera agir selon la dévotion , contribuera à l'union 
par le commun effort des Supérieurs et des inférieurs; comme 
enfin, et c*en est la conséquence naturelle, tout mépris des 
choses temporelles qui égarent d'ordinaire l'amour-propre , 
le plus redoutable ennemi de l'union et du bien général. Une 
chose bien importante encore, c'est le parfait accord, non* 
seulement dans les choses intérieures, comme la doctrine {k) , 
les opinions, les volontés, autant que cela est en nous ; mais 
même dans les choses extérieures , comme* le costume , les 
cérémonies de la Messe et tout le reste autant que le permet* 
tront les différences de personnes et de lieux. 

9. 11 n'est pas moins important que les Supérieurs et les 
inférieurs entretiennent de part et d'autre un commerce 
suivi de lettres (J) , se donnent de fréquents renseignements 



(i) n en sera d< s visites da Proviacbl comme de cel'cs du Géiiéral; 
en effet, il pourra en faire quand il le jugera utile an service de Diiu: 
c'ett même là la partie essentielle de son emploi. Néanmoins, quand il 
devra séjourner assez longtemps dans un endroit, il choisira, autaut que 
possible, un lieu d'où il puisse correspondre fréquemment avec ses su- 
bordonnés et avec le Général. 

(k) Quant à ceux qui n*out point encore éludié, on aura soin pour 
rordioaire que tous snivent la doctrine que la Société a embriissée 
comme la meilleure et la plus conyenable pour ses membres. Ceux qui 
auront déjà terminé le cours de leurs études pren iront garle que la 
diversité d'Oi)inions ne nuise point à l'union de la Cbarité, et, autaut qu'il 
aéra en eux, se conrormeront à la doctrine la plus répandue dans la So- 
ciété. 

(l) Les Supéri.nrs locaux ou les Recteurs qui sont dans les provinces, 
et ceux qui sont envoyés au loin pour faire fructifier le cbamp du Sei- 
gneur, doivent écrire, s'il est possible, cbaqne semaine à leur Provincial; 

28 



5^6 CONSTltCTIONS DES JESUITES. 

ex variis locîs, ad œdificationem (m ), et eorum quae geiuniur, 
cognitionem, afferuntur^fn); cujus rei Superioribus, ac praeci- 
pue Generali, et Provincialibus curacrlt; eo coDstituto ordl- 

Provincieies, et aWi, Geaerali singuUs hebdomaJîs» si vidoos fiieril : 
si aulem in rrgoo divers o restdeDi, ubi desit ea commodila», tam pri* 
Tsti ad fractiflcaodum niissi (ut dictaia est) et Praepoj^iti Locales* et &ec- 
tore\ quam ProYÎnciales, singuUs mensibus semel Geoerali scribe at : 
qui curabM, ul eisdem saltem Proviocialibus, semel singulis meosibus 
scribatur. Ipsi Tcro Provinciales, Prspositis Localibus. et Rectoiilms 
et privatis personis, quibus opus erit, semel etiam siDgulis meokibiu 
scribi euraboDt : et utriinqtie creb'ias, jaita occasionam in Domino 
oocttrreoUam rationes. 

(m) Ut autem res Societatis ad œdiilcalionem pertinentea, commoM- 
cari omnibus possint; banc formulam sequt oportebit. Qui subuoo Pro- 
TiDCiali suot, ex diyersis Domibus yel Gollegiis scribaut^quarti cujusque 
niensts initiis, litteras, quœ solum ea, qiiœ ad aedincaliooem faciunt, 
contincaot : et alternm earum excmplum, liogna Ternacufa illiua Pro- 
yinci« ; alterom , latina ccrîptum sit : et mittant utromque doplex 
PiOTinciali; ut mittat alterom eiemplam utraqne Hngua Generali, 
cum aliis suis litteris'; abi référât quoi notalu di^num , lel ad aediflea* 
tooem faerit, si parlico'ares id omiseruot. Ex aUero eiemplo, toi alta 
exscrilii curet, ut ad certiores rcddcudos alios de sua ProTioda satia 
siot. Si muUum temporis consumeretur nàiUendts hujusBiodi Llteiia 
Prounciali; Prspositi Locales et Rectores possunt litteras suas latiaa 
et Trrnacula lingua scriptas, recta ad Gcneraiem, et earum exemplam 
Provinctali destinare. Poterit eliam Provincialis, cum et yisom fuerit. 
quibsisdam ex Loca'ibus ÎDJuDgcre, ut cerliores reddaot alios ejnsdem 
Provinciœ; transmissis ad eos earumdem liUerarumj quae ad ProTia- 
cialem mittunlur exemplis. 

Ut tameoi quae io nna Provlncia gernotur, io alia sciantor, curabit 
Prspositus Generalis ex litteris, qiiœ a Proviuciis mitlootur, tôt exem- 
ple eiscribeoda, quot salis sint ut onmes alii Provluciales certiores red* 
dantur. Illoium Tero qoisque, exscribi in auae Proyindffi usum ca* 
rabit. 

Cum magnum inter duas Proviocias commercinm esset, ut tnter La- 
aitaniam et Castellara, Siciliam et P^eapolim , Provincialis unius posset 
Proviociali alterius, exemplum lilterarura PrœpositoGeneralimiisarom 
transmitUr.'. 

(n) Ad cldriorem omnium cogoitionem, quarto qaoque menae mit» 
tatur Praeposilo Proviociali, ex siognlis Domioibus ?el Gollegiis brerls 
catalogas, isqne duplex, omnium qui in ra Domo sunt , quiqoe etiam 
(09t ultimmn catalcgum roissum, osque ad id tcropnsqoo scrîbitor» de> 



HUITIÈME PARTIE. 527 

et se communiquent des divers Etablissements tout ce qui 
peut contribuer à édifier cbacun (m), ou bien à faire connaî- 
tre les affaires dont on s'occupe (n). Ce soin appartient aux 

Vus ProTinuiaus et autres Supérieurs doivent écrire chiqne semaine oa 
Génér.il, s'il n'est pas trop éloigné ; &'ils sont dans une autre contrée 
qae lui, et quMls n'aient pas 1^ oommo lité d'écrire si souveut, ceux qui 
sont envoyés, comme on vheat de le dire, pf)ur faire fructifier le champ 
du Seigneur, aussi bien que les' Supérieurs locaux, les Recteurs et les 
Provinciaux, écriront une fois par mois au C^éaéral. Celui-ci aura soin, 
de son côté, de fa<re écrire une To's par mois aux Supérieurs locaux, 
aux Recteurs et aux particulie s auxquels il sera besoin d'( crire. On 
poiarra écrire pins souvent de part et d'autre, suivant les motifs et les 
occasions (|ni &e présenteront dans le Seig^neor. 

im) PoBi faire connaître à tout le monde les affaires de là Société qui 
peuvent cootribuer à l'éJificatiOn, on emploiera ia méthode suivante. 
Ceux qui dépendent d'un même Provinciai écriront, des différentes 
Maisons ou Collèges, au commencement de chaque quatrième mois des 
lettres qui ne contiendront que des choses propres à édiQer; ils en fe- 
ront deux copies dans la langue de la province et en latin, et enverront 
ces denx doubles au Provincial. Le Provincial enverra un exemplaire 
dans Tune et l'autre langue au Général, avec ses autres lettres, où il 
aura soin d'insérer les choses remarquables ou édifia nte^ que tes lettres 
pariicolières auraient omises. Sur l'autre double» il fera transcrire au- 
tant de copie; qu'il en faudra pour mettre au courant les antres (:er- 
sonnes de sa Provioce. S'il fallait beaucoup de temps pour envoyer ers 
lettres au Provincial, les Supérieurs locaux et les Recteurs pourront 
adresser celle en latin et celle en langue vulgaire directement au Géné- 
ral, et en faire parvenir une copie an Provincial. Celui-ci pourra aussi» 
quand bon lui semblera, charger quelques-uns des Supérieurs locaux de 
sa Province de mettre les autres au courant: il leur fera alors passer des 
copies des lettres qui lui sont adressées. 

Cependant, pour qu'on sache dans une province ce qui se passe dans 
nne autre, le Général aura soin de faire tirer des lettres qu'on lui envoie 
des Provinces assez de copies pour en envoyer à tous les Provinciaux. 
Chacun de ceux-ci les fera transcrire pqur l'usage de la Province. 

Quand il y aura de grandes relations entre deux Provinces, comme 
entre le Portugal et ia Castille, la Sicile et Naples, le Provincial de l'une 
pourra faire passer à celui de l'autre un exemplaire des lettres qu'il 
adresse au Général. 

(n) Pour avoir une connaissance plus complète de tout, on enverra 
tons les quatre mois au Provincial de chaque Maison (iu Collège un pe- 
tit tableau en double de tous ceux qui résident dans la Maison et de tous 
ceux qui, depuis le dernier tableau jusqu'iiu momeot où i'^n écrit, man- 



528 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

ne, ut quovis ia loco, quœ ad mutuam consolationem et aedi- 
ficationem in Domino faciunt^ex aliis sciri possint. 



CAPUT IL 

Quibut in catibus Congregûtio generalis fieri debeai. 

1. Âd unionem personalem ut veniamus, quse in Coogre- 
gationibus Societatis fit , considerandum est, quibas in casi- 
bus, qui, et per quem ; ac itidem quo in loco, quo lempore, 
et modo debeant congregari ; et id deflniri, de quo in Con- 
gregationibus agetur. Et ut declaratur primo loco, quîbus io 
casibus Gongregatio, et conventus generalis fiât ; illud in pri- 
mis suppositum sit, quod non \idebitur in Domino in pre- 
sentiarum expedire, ut certis temporibus, aut crebro fiât (a): 
quoniam Prœposilus Generalis adjutus communicatione , 
quam cum universa Societate babet (6), et eorum opéra» qui 
cum ipso degent, hoc laboris et distractionis univers» Sodé- 



stnt ; ?e1 qaod mortui faerint, Tel alia qaavU caïua : bre?iler perttrû- 
ffendo dotes uoiuscn jusque. Et Profiocialis ectdem modo sinRalis qoa- 
drimcstribusexempfnin cataiogorumcuJQSTî^D imos etCollegii. GeneraH 
transmittet. Ita eoim roeUus intelligentor qu» ad persooas attincnC , 
meUusque totum Societaiis corpos ad Du gtoriam régi poterit» 

(a) Gujasmodi esset, tertio aut sexto qaoïue aooo, pins miniis. 

(&} Hojutmoili communicatio fit per transonlssas Htteras; ei personas» 
qu» ex Proviociis Tenire debent; saltem anos ex siogolis eanui» tertio 
qooque anoo, et ex lodiis, quarto, electus Professomoa et Ree'oraa 
illius Provinci» suffragiis; ad eertiorem multisde rébus f iciendiimPrB< 
posilomGeueralein. Po<:sunt eliam per bujiuinodi comamoicationcoi, 
cum opus fuerit, iolelligi sententiœ eorora, qoos Prsepositus Geoeralis la 
nui versa Societate melins sensnros jadicabit. Et sic adhib'.tis eis, qoos 
apod se habet consilii grdtia, multa coostilnere sioe CoogresiUoce 
tolius Societaiis poterit : qnaurfoquidem magoa ix parte Coogregalio, 
ideo ad bene coostituendum juvare solet. qaod ?el rerum major cogoiUo 
liabetur^ ?el quo l poufeoipot alitai emioeQtiores ?iri, qui dicunt, qaod 



HUITIÈME PARTIE. 529 

Supérieurs et surtout au Général et aux Provinciaux , et ils 
s'imposeront cette obligation qu'en tout lieu cbacun puisse 
apprendre des autres Membres tout ce qui peut contribuer 
à l'édification et à la consolation de tous. 



CHAPITRE II. 

Dans quel^oê^oit^av^ lietff Assemblée générale. 

Pour en venir à Tunion des personnes qui s'opère par les 
Assemblées de la Société , il faut déterminer dans quel cas, 
en quel nombre, par l'autorité de qui auront lieu les assem- 
blées ; le temps, le lieu, le mode de leur convocation ; et pré- 
ciser ce dont elles s'occuperont. Et pour décider en premier 
lieu en quel cas on convoquera une Assemblée ou réunion 
générale, il jfaut établir d'abord que jusqu'à présent ib ne 
nous paraît pas avantageux dans le Seigneur que cette assem- 
blée ait lieu à des époques fixes et fréquentes (a) : en efTet, 
le Général, aidé de la correspondance qu'il entretient avec la 
Société entière (6), et grâce au secours de ceux qui résident 



qnent par suHede décès ou antremrnt : et onrésnmera en qnel:|iie8 mois 
les qualités de chacuo. Le Provincial enverra de même tous les quatre 
mois an Général une copie des tableaux de chaque Maison ou Collège. 
De cette façon, on connaîtra mieux ce qui concerne les particuliers, et 
1*00 pourra plus focilement gou?erner toute la Société pour la gloire de 
Dieu. 

(a) Par exemple, tons les trois ou tous les six ans, plus ou moins. 

(h) Cette correspondance est entretenue soit par des lettres, soit par 
VeQYoi de personnes arrifant des provinces. 11 doit venir tous les trois 
tas de chaque province, et tous les quatre ans des Indes une personne 
an moins, choisie par les Profès et les Recteurs de la proyince, pour in- 
former le Général de beaucoup de choses. Il pourra aussi, quand il le 
voudra, prendre par cette vote les avis de c^ux qu'il jugera les plus éclai- 
rés de toute la Socié!é. De cette façon, avec l'aide des Conseillers qu'il a 
auprès de lui, il pourra faire beaucoup de règlt*ments sans rassembler 
loate la Société, d'autant plus que rAsseml)lée n'est utile d'ordinaire, 
poar faire de bons règlements, que parce qu'on y rencontre une cou- 
Daiiiance plus profonde des affaires, ou parce que les personnes les 

28. 



550 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

tati quantum fieri poterit, adimet. Âliquando tameii congre- 
gari omnino erit necessarium, ut ad electioncm Pra^positi 
Generalis; sive eligendus sit, qui indemortui locum succédât, 
sive aliquam ob causam ex iis, propter quas Generalis a suc 
oCQcio absolvi potest, ut postea dicetur. 



2. Altéra causa est, cum deliberari oportebit de rébus 
perpetuis ac magni momenti (c) : quales essent ( verbi gratia } 
GoUegia vel Domos dissolvere, aiil atio transferre ; yel res ad- 
modum difficiles ad universam Societatem spectantes, vel 
rationem procedendi in illa pertractare, ad mayus Divinum 
obsequium. 

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CAPUT III. 

Qui debeant eongregari. 

1. Non omnes, qui sub Obedientia Societatis ylvunt, née 
Scbolastici approbati ; verum Professi dumtaxat, et praeterea 
Goadju tores aliqui (a), si ita expedire in Domino videretur, 
sunt ad Congregationem generalem convocandi : et quidem 

seatiunt. Id aotem multis ia casibua sine Googregaiioiie generalit al 
dictam est, traosigi potest. 

(c) Non res perpeta» qnaeTîs satis sant, nt geaeralU GonTentua indid 
debeat niii majoris momeali aint. Aliqnte tamen magoi momeoti, lieet 
non perpetaœ, aatis estent. Hoc antem discernere, et stataere, Prcpo- 
ait] Generalis erit. Gam tamf n aliqna acciderent, qoaB arf^erent, ma^* 
que momenti viderentar« ut qui asMstont Gcnerali, et ProTiodalet, a6 
Prœpositi Locales, pluribua in'er se suffragiis jndicarent, qtiod eogt 
dtbeat Gongregatio generalis, nt Nona io Pai^te dieitar, cogetor : tdqoe 
Pr»;o8ito Generali gratutn esseoportet. Et nt Gousfregatio hujosinodi 
magna cum dil geotia fiât, idem Generalia atatuere débet. 



(a) Cum focat Congregationem, qui snpremam In Soeietat^ cnria 

babet, ejns eiit luJioium, num aliqui, qui Profeasionem trion Votoran 

olemnium rmiscruot, Tel Goadjutores nonnulli, ad confereodoin 



HUITIÈME PARTIE. 554 

près de lui, épargnera autant que possible, à la Société, cette 
fatigue et cette distraction. Cependant il est absolument 
nécessaire que rassemblée ait lieu de temps à autre : 
par exemple, pour l'élection du Général, soit qu'il faille don- 
ner un successeur à celui qu'on a perdu, soit poUr quelqu'un 
des motifs qui peuvent faire dépouiller un Général de son 
office : comme on le dira plus bas. 

2. Un second motif sera la nécessité de prendre une réso- 
lution irrévocable ou de grande importance (c) : par exemple, 
s'il s'agissait de dissoudre des Collèges ou des Maisons, ou de 
les transférer ailleurs, ou d'affaires épineuses concernant la 
Société tout entière, ou de discuter la conduite qu'elle doit 
tenir pour le plus grand bien du service Divin. 



CHAPITRE in. 

De ceux qui doivent faire partie de l'Afêeniblée. 

i. Doivent être appelés à l'Assemblée générale, non pas 
tous ceux qui vivent sous la règle de la Société, ni les éco- 
liers approuvés, mais les Profès seuls et quelques Coadju^ 
teurs (a), si cela parait utile dans le Seigneur ; et encore, 

plas distinguées s'y trouvent pour donner leur avis. Or, tout cela , 
comme on Tient de le dire, peut se Taire en bien des cas sans Assemblée 
gf^nérale. 

(c) Toafe affaire qui demande nue décision irrévocable ne suffirait 
pas pour faire convoquer une Assemblée générale, il faudrait encore 
qu'elle fût très-imporCan!e. Au contraire, des affaires très-importantes 
suffiraient, quand même leurs suites ne seraieut pas irrévocables. C'est 
an Général à décider et à prendre une résolution. Cependant, en cas 
d'affaires pressantes et d'assez grande importance pour que les Assistanis 
du Général, les Provinciaux et les Supérieurs Locaux jugeassent néces- 
saires, à la majorité des voix, de convoquer l'Assemblée générale, elle 
aurait lieu, comme on le dit dans la Neuvième Partie, et le Général de- 
vrait le trouver bon. Le Général doit même ordonner qu'elle se tienne 
dans un bref délai. 

(a) Lorsque c'» st celui qui administre toute la Société qui convoque 
l'assemblée, c'est à lui à juger s'il faut faire venir quelques Profès des 
Iro's Vœux solennels, ou quelques Coadjuteurs, pour conférer avec eux 



532 CONSTiTCTIôNS DES JÉSUITES. 

ex his, non nisi qui commode venire queant. Non itaque in^ 
firmi ac valetudinarii, nec qui in regionibus remotissfmis 
agunt, ut in Indiis; sed nec illi, qui prae manibus negotia 
babent magni momenti, quae absque gravi incommodo deseri 
non possunt, convenient. Pendebit autem boc ex judicio Prs- 
positi Generalis, si is ad Gongregationem convocaverit; Tel 
eorum, qui congregrati in singulis provinciis fuerint, ut ven- 
turos ad generalem Gongregationem eligant. Yerum ut certa 
aliqua ratio praescribatur ; cum conventus celebrabitur ad 
eligendum Generalem, aut ad deliberandum de iis quae ad 
Generalem ipsum spectant, terni ex singulis provinciis re- 
niant; Provincialis y idelicet Prœpositus, cum duobus aliis, 
qui fuerint ad boc negotium in Gongregatione provinciali 
electi (6): quse quidem Gongregatio in singulis proTinciis, 
ante generalem, ad bunc finem cogetur. Gouvernent autem, 
et suiïragii jus babebunt in ea, Professi omnes provinciœ. qui 
interesse poterunt, Prœpositi Domorum, atque Gollegiorum 
Rectores, ac Procuratores ; vel ii quos tanquam Vicarios illi 
suo nomine miserint. Gum conventus ad res alias indiceretur, 
Prœpositus Provincialis sine Gongregatione provinciae, duos 
ex eaeligere poterit, pro arbitrio Prœpositi Generalis ; cujus 
erit, pro occurrentium causarum ratione, constituere, nom 
Gonventus provincialis bujusmodi, ad duorum illonim elec- 
tionem sit cogendus ; an Provincialis sine conventu eos de- 
beat eligere ; prout ei videbitur in Domino expedire. His 
tribus, et generali Gongregationi, quicumque inprovincia ré- 
manent, suas vices delegabunt (c). Quod si prœter duos elec- 
os, quosdam alios Prœpositus Generalis designaret, vel Pne- 

eis de rébus, qnne in Gongregatione tractand» sunt, venire debeaiit.Hoc 
eoim aiiqujndo cooTeni^ns fore Tîdetar, prœsertim si Reetorei Golfe- 
gioram, et eorum Procuratores, aliiqne Ofilciales, quibus opiime per- 
sp.cta erunt, qu» ad ipsorum offlcia perlioent, Tocentur. Posteol eliam 
bujusmoJi Ofilciales, suffragium actÎTam, et passivum ad rdiqna ha* 
bere, prœterquani, ut Professis quatuor Voforum pneesse possint 
Si Gongregatio ad electionem Generalis iadicituri nu^luf, qui qua- 
tuor Vota solemnia inProftssioae non emiierit; suff'raginm acUfumaat 
passiyum aJ tnijusmodi electionem babere poterit. 

(b) Proviocia is feniendum esse intelligator, si posait : sio minus, pro 
se aliuin miltet qui magis idoneui ei viitbitnr ex tiibas, qnos Googr^ 
gatio proTiocialis et gerit. 

(c) Quamvis qui remaneot in ProTinoik, saom suffragiom la acriptfe 



HUITIÈME PARTIE. 535 

parmi ceux-là, ceux seulement qui peuvent venir facilement. 
Ainsi, ni les infirmes, ni les malades ne viendront, ni ceux 
qui vivent dans des pays éloignés, comme dans les Indes, ni 
ceux qui ont entre leurs mains des affaires importantes, 
qu'ils ne peuvent abandonner sans de graves inconvénients. 
Cela dépendra du jugement du Général, si c'est lui qui con- 
voque VAssemblée, ou de ceux qui se seront assemblés dans 
chaque province pour élire les membres de l'Assemblée géné- 
rale. Mais, pour donner une règle certaine : lorsqu'il se tien- 
dra une Assemblée pour élire le Général ou pour délibérer 
de ce qui regarde le Général, qu'jl vienne trois membres de 
chaque province : le Provincial et deux autres membres élus 
dans l'Assemblée provinciale (b) : une Assemblée provinciale 
sera tenue à cet effet dans chaque province, avant l'Assemblée 
générale. Assisteront à cette Assemblée et y auront droit de 
suffrage tous les Profès de la Province qui pourront être pré- 
sents ; les Supérieurs, les Recteurs de Collèges et les Procu- 
reurs, ou ceux qu'ils auront envoyés en leur nom pour les 
remplacer. Lorsque l'Assemblée sera convoquée pour d'au- 
tres afTaires, le Provincial pourra, sans l'Assemblée provin- 
ciale, élire deux membres de la Province, selon la volonté du 
Général, à qui il sera permis, selon les circonstances, de dé- 
cider s'il est bon de convoquer une Assemblée provinciale 
pour l'élection de ces deux membres, ou si le Provincial doit 
seul les élire. Il décidera, selon qu'il lui semblera utile dans 
le Seigneur C'est à ces trois membres et à l'Assemblée géné- 
rale que tous ceux qui restent dans la province transporteront 
leurs droits (c). Si, outre les deux membres élus, le Général 

des affaires à traiter dans T Assemblée, Qaelqnerois il conviendra qu'il en 
soit ainsi, surtout si l'on convoque les Recteurs et les Procu'-eurs des 
Collèges, et les antres Offlcters qDi]connBitroDt parfaitement ce qui ap- 
partient à leur rharge. Ces OfGciers pourraient même avoir pour le 
reste sarfrage actif et pasAÎf, pourvu qu'il ne s'agisse pas de les mettre à 
la tète des Profès des quatre Vœux. Si TAssemblée est convoquée pour 
ré ection d'un Général, nnl s'il n'a fait p* ofession des quatre Vœux, ne 
pourra avoir suffrage acUf et passif pour une telle élection. 

{b) Il faot entendre que le Provincial doit venir, s'il lui est pissible : 
sinon, il doit envoyer une autre personne on sa plice : celui qui lui 
parsltra le plus opte des trois que l'Assemblée provinciale aura élus. 

(c) Quoique ceux qui restent dans leurs Provincci ne puissent pas 



554 CONSTITUTIONS DES XÉSUITES. 

positus Provincialisadducendosjudicaret, eadem erit horum, 
«t aliorum ratio. Sed si Provincialis praeter très, aliquos eli- 
geret , plures quam duos, adjicere non poterit : ita ut ad 
summum, quinque ex una provincia veniant. 

â. Ex Professis qui Gongregationi intererunt, unnsquisqne 
saffragium unicùm, solos Generalis duo habebit. Sed si nu- 
merus par esset, Provincialis reliquis praeferetur ; et si inter 
ipsos Provinciales esset paritas, pars illa, in quam Praepositus 
Generalis, vel (si is e vivis excessisset) ipsius Vicarius incli* 
nabit, esset praeferenda. Ut enim illis magîs est necessariam 
Divin» gratiae auxilium, propter munus quod gerunt; ita 
sperandum est Deum ac Dominum Nostrum uberius id illis, 
utsentiant et dicant, qu9e ad ipsius gloriam faciaut, largi- 
turum. 



CAPUT IV. 

Ad quem êpectet Congregalionem generaîem indieere, 

1. Gum ad eligendum novum Praepositum, priore vita 
functo, conventura est Societas , unus ex Professis (a), quem 
suum in bac parte Yicarium, ante mortem Pra^positus nomi* 

mittere non possint; taroeo li ret fuerit eU commoDicatai soam sfatea- 
tiam ia scriplig traDsmitteat ; et qui veniant, diceni in Gongregatiooe 
genprali quid et alii sentiant. 

(a) Si Dutlus ex Professis aptid Generaîem esset, et aliquem fpse ei 
viciais Doniinaret ; eadem ei it ratio. Si tamcn morte ooeopatus, vel 
roorbo, qai ad bunc effectana période ac mors censeatar, Vicarium mm 
nomioavit ; qui apud foerint Professi (quamvis non in eodem lofo, iri 
in viciois fuerint) pliiribus saffragiis Yicarioro aliquem vicinum absen* 
tem, sive nullam nominaverit ; qui prieest Domai« In qna mortem obiil 
Generalis, vel qni vicinlor esset, si in nuifa Domo Societalis morerHor, 
curabit statim mittt, qai certiores faciat Professes vidnos, nt ad Tiei- 
rium constitaeodum (ut dictum eU) qui gerat vices Genenlia, dooee 
itle electus foei it, oongregentur, vel ad eum agnosoendom, qaem oon- 
stabit eliclnm et.e. 



HCITIÉME PARTIE. 355 

en désignait quelques autres; ou si le Provincial jugeait que 
quelques autres dussent venir aussi, il en sera de même pour 
ceux-ci que pour les autres. Mais si le Provincial en élit plus 
de trois, il ne faut pas qu'il ajoute plus de deux membres ; 
chaque province ne doit pas en fournir plus de cinq en tout. 
2. Chacun des Profès qui assisteront à l'Assemblée aura 
une voix ; le Général seul en a deux. S'il y a égalité, le 
Provincial l'emportera ; et s'il y a égalité ^ même parmi 
les Provinciaux, l'avis auquel se sera rangé le Général, ou» 
s'il est mort, son^icaire l'emportera. Car, comme le secours 
de la grâce Divine est plus nécessaire à ceux-ci qu'aux autres 
membres, à cause de la charge qu'ils remplissent, il e&t à es- 
pérer que le Seigneur la leur dispensera plus abondamment», 
afin qu'ils pensent et disent des choses qui le glorifient 



CHAPITRE IV. 

A qui appartient de convoquer l'Àêsemhlée générale. 

i . Lorsque la Société doit s'assembler pour élire un nou- 
veau Générale qui succède à celui qui est mort, un des Pro- 
fès (a) que le Général, avant sa mort, aura nommé son Vi- 

envoyer leur suffrage par écrit , cependant, si TafTaire lear est commu- 
niquée, ils transmettront leur avis par écrit; et ceux qni Tiendront, 
diront à l'Assemblée générale quel est Tavis des antres. 

(a) S'il n'y avait auprès du Général aucun Profès , il en nommerait 
lui-même quelques-uns des plus Toisias, et tout se passera de la même 
manière. Si cependant, prévenu par la mort ou par la maladie, qui, re- 
lattTf ment à cet objet, doit être regardée comme la mort elle-même, il 
n'a pas nommé de Vicaire, les Profès qui seront auprès de lui (quoique 
dans un lien différent, mais voisin) éliront un Vicaire à la majorité des 
suffrages. Et soit que le Général ait élu un voisin absent, soit qu'il n'ait 
élu personne, le Supérieur de la Maison où sera mort le Général, ou 
qui se trouvera le plus voisin, s'il ne meurt pas dans une Maison appar- 
tenant à la Société, fera aasMtôt avertir les Profès voisins, afin qu'ils 
l'assemblent, comme il a été dit, pour établir un Vicaire qui remplisse 
1.3 rôle de Général, jusqu'à ce que l'élection ait lieu, on pour reeonnaitre 
celui qu'on saura sûrement avoir été nommé par le Général. 



536 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

iiaverît, alios certiores faciendos curabit. Hic autem Vicarius 
(utpluriinum)unusex iis erit, qui adesse Praeposito, et ip- 
sum jiivare soliti sunt , vel certe ex iis qui proxime deguot. 
Hujus officium erit Societatem ad electionem Praepositi fa- 
ciendam, praBscripto tempore et loco, quo convenirQ oporteat, 
convocare. 

2. Quando non ad electionem Generalis côngregatur Socle- 
tas, in aliis eventibus Praspositus Generalis eam convocabit; 
praeterquam in illis, qui in Nona Parte exprimentur : et noo 
congregabit fréquenter Societatem, ut dictum est, nisi renim 
agendarum nécessitas urgeret. Sed cum gençralis Congrega- 
tio ad electionem Prsepositi conyocata, eum jam elegerit, 
deinde de rébus aliis gravioribus, quam ut a Generali et iis 
qui cum ipso agunt, decidi debeant, tractari poterit. 



CAPUT V. 

De locOf et tempore, et modo Congregandû 

1. Locus, quo conveniet Societas ad Generalis electionem, 
\idebitur ordinarie Curia Summi Pontificis esse debere, ubi 
plurimum erit ipsius Generalis residentia ; nisi Societas ex 
composite, conveniendum esse in alium locum, qui commo- 
dlor omnibus futurus esset, statueret : ut si quis in confinio 
diversarum provinciarum , in quibus manet Societas, esset 
constitutus , vel alius qui magis accommodus videretur. Si 
Prsepositus Generalis est qui Societatem ad alia negotiacon- 
gregat, ejus erit eligere ac designare locum quem in Domino 
aptiorem judicaverit. 

2. Spatium temporis, quod cogendœ Societati tribuelur, 
ubi de elcctio.pe^ Generalis agendum est, quinque aut][sex 
mensium erit, a tempore, quo litterae quse de bac re commo- 
nefacient, scriptœ Tuerint. Prorogari (amen id tempus poterit, 
cum nécessitas postulayorit. Cum rero alias ob causas ftierit 



HUITIÈME PARTIE. 557 

Caire dans cette occurrence, prendra soin d'avertir les autres 
menabres. Ce \icaire, autant que possible, sera l'un de ceux 
qui avaient Ibabitude de demeurer auprès du Général et de 
le seconder, ou tout au moins im de ceux qui résident dans 
le lieu le plus voisin de lui. C'est lui qui devra convoquer la 
Société, pour une époque et un lieu déterminé pour faire 
rélection d'un général. 

2. Dans les autres circonstances, quand il ne s'agira pas 
de l'élection d'un général, c'est le Général lui-même qui con- 
voquera l'Assemblée ; nous ne parlons pas ici des circonstan- 
ces prévues dans la Neuvième Partie. Le Général, comme il a 
été dit, convoquera rarement la Société, et seulement quand 
la nécessité d'agir le coniimandera. Mais, lorsque l'Assemblée 
générale, convoquée pour l'élection d'un Général, aura fait 
cette élection, elle pourra traiter ensuite d'autres choses qui 
seraient trop importantes pour être laissées à la décision du 
Général et de ceux qui demeurent auprès de lui. 



CHAPITRE V. 

Du lieu, du temps, du mode d*Àf semblée, 

1. Le lieu où la Société doit s'assembler pour l'élection du 
Général parait ordinairement devoir être la cour du Souve- 
rain Pontife, où, le plus souvent, sera la résidence du Général 
lui-même ; à moins que la Société, à dessein, ne décide qu'on 
doive se rassembler dans un autre lieu, plus commode pour 
tous les membres, comme, par exemple, sur la frontière 
commune de plusieurs provinces dans lesquelles la Société est 
répandue, ou dans quelque autre endroit qui paraîtrait plus 
commode. Si c'est le Général qui convoque la Société pour 
d'autres affaires, c'est lui qui devra choisir et désigner le lieu 
qui lui semblera le plus convenable dans le Seigneur. 

2. L'espace de temps qu'on doit accorder pour que la So- 
ciété s'assemble, est de cinq ou six mois, lorsqu'il s'agit de l'é- 
lection d'un Général, à partir du jour où les lettres d'avis 
ont été écrites. Cependant ce temps pourra se prolonger lors- 
que la nécessité le réclamera. Mais quand la Société s'assem- 

29 



358 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES* 

congreganda, Generalis Praspositus pro suc arbitrato tempos 
designabit. 

5. &iodus in congfeganda Societate servaodus hic eril : ut 
ille, cujus est hoc muDiis, conrestim variis viis Provinciales, 
et si qui ex Professis sigillatim conyocaodi esseul, adscripta 
(quantum sat ease ipsi videbitur) causa, loco,et tempore cou- 
ventus habendi, certiores faciat ; admonens quoque ul ubi- 
q^e Missae ceiebreotur et orationes fiant ,pro felici Praepositi 
electione. Unusquisque autem Provincialium ( si ipsi soii eli- 
gendi potestatem non habuerint) Professosqui in ipsius pro- 
yincia versantur, Rectores quoque, et Locales Praeposiftos 
qui venire possint, convocabit. Ubi vero ad CoogregatioDem 
provinoialem convenerint, qui commode potuerint, eligent 
pluribus suXfragiis (Provinciaiis sententia pro duobus suflra- 
giis numerata) eosqui ad generalem Gongregatiooem venient, 
qui esse ii debebunt, quos magis expédiât Gongregationi in- 
teresse, et quorum absentia minus detrimenti Provincis sit 
allatura. Ipsi vero, quam primum poterunt, ad constilutum 
locum, relictis in suis provinciis Yijcariis, et rébus omnibus 
bene compositis, proficiscentur. 

4. Gurabunt prseterea Superiores ut omnes qui sub Obe- 
dientia Societatis vivunt, quotidic in orationibus, et in Mis- 
sarum sacrificiis plurimiim Domino commendent eos, qui ad 
generalem Gongregationem se conferunt; et simul, ut quid- 
quid in ea transigetur, ad majus obsequium, et laudem et 
gloriam Divini nominis cedat. 



JSljl. 



CAPUT VL 

De modo deliberationiê cum de elecUone Generalii agiiur. . 



i . Si conventus indictus est ad novi Prœposili , qui in de* 
mortui locum succédât > electionem, simul atque convene- 
rint , Vicarius Generalis , quatuor dies ante Prœpositi futur! 
electionem , de eadem omnes colloquatur : borteturque ad 
eam, prout ad majus Dbi obsequium, et bonam Societatis gu- 
bernationem convenit, ftKsiendam. Et prcpter hune diem, (res 



HUITIËMB PÂHTIE. 559 

blera pour d'autres circonstances, le Général désignera l'épo- 
que à son gré. 

3. Le mode qu'il faut suivre pour assembler la Société est 
t;elui-ci : celui qui en est chargé avertira aussitôt par difTé- 
rents moyens les Provinciaux et ceux des Profés qui devront 
être convoqués séparément, en leur marquant (autant qu'il 
le jugera convenable ) la cause> le lieu, le temps de TAssem- 
biée ; les avertissant aussi qu'ils aient à foire célébrer par- 
tout des messes et faire dire des prières pour une heureuse 
élection. Chacun des Provinciaux (s'ils n'ont pas seuls pou- 
voir d*élire) convoquera les Profés qui se trouveront dans sa 
province, les Recteurs et les Supérieurs Locaux qui pourront 
Tenir. Dès que tous ceux qui le peuvent commodément se se- 
ront assemblés pour l'élection Provinciale, ils éliront à la ma- 
jorité (en comptant pour deux la voix du Provincial) ceux 
qui doivent aller à l'Assemblée générale ; qu'ils choisissent 
ceux dont la présence doit être le plus utile à l'Assemblée, et 
Tabsence le moins nuisible à la Province. Ils partiront aussi- 
tôt que possible pour le lieu fixé, laissantdes Vicaire dans les 
Provinces, et après avoir tout réglé. 

4. Les Supérieurs veilleront en outre à ce que tous ceux 
qui vivent sous la règle de la Société recommandent chaque 
jour au Seigneur dans les prières et les messes ceux qui se 
rendent à l'Assemblée générale, et aussi à ce que tout ce qui 
sera décidé dans cette Assemblée soit utile au serviee de Dieu 
et à la gloire de son saint nom. 



CHAPITRE VI. 

Du mode dé délibération lorsqu'il $'àgit de Vélection 

du Général. 

4. Si l'Assemblée est convoquée pour l'élection d'un nou- 
veau Général qui remplace celui qui est mort, dès que les 
membres se seront réunis, le Vicaire Général, quatre jours 
avant l'élection, leur adressera un entretien sur cette élection, 
et les exhortera à la faire pour le service de Dieu et le bon 
gouvernement de la Société. Outre cette journée, ils auron* 



340 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

sequentcshabebnnt, ut se Deo commcndent, meliusque con- 
siderent, quisnam ex universa Societate ad hujusmodi curam 
maxime idoneus sit futurus; informationem capientes ab eis 
qui eam bene dare poterunt, donec tamcn ingrediaolur lo- 
cum electionis, et in eum includantur, dod defîniant apud se 
quem sint electuri. 

2. Hoc medio tempore, unusquisque, sub pœna excommu' 
nicationis latœ sententiae , teneatur Vicario manifeslare , rel 
alicui ex antiquioribus Professis (qui eum Yicario oonferet) 
si sciret aliquem hoc munus affectasse, vel etiam tune aflec- 
tare, directe aut indirecte id procurando, vel signo aliquo id 
declarando. Qui autem de ambitione hujusmodi convictus es- 
set , activo et passive suffragio privetur, ut inhabilis ad eli- 
gendum alium, et ut ipse eligatur (a) , nec in eam Congrega- 
tionem, nec in aliam unquam admitti possit. 

5. Ipso die electionis , qui hos très dies consequetur, cele- 
bret aliquis Missam de Spiritu Sancto, quam omnes audiani, 
ac in eadem Sanctissimum Ghristi corpus sumant. 

4. Postmodum ad campanœ pulsum, qui suffragîum ha- 



(a) TJt saffi-agiô prîvari quis posrit nt inhabilis, qtiod de ambiUooe 
hujusmodi notatus esset, oporleret clare testimoniis coDvielain este^ 
vel alioiiai, qiiaotum satisi est, de yeritate eorara qn» objecta suot, 
coustare; quacumque ratioue id coastare posset Sed eam probatioaei 
snspicionem t'^atuna yalde pro*)«bilem, sed non fldem Ofrtam faoereof, 
18 non erit nd electioncin idoopus ; et quaesita aliqaa occasiooe remo- 
▼endas qoidem ab ea Congregatione ; sed suffragii jure taoqiiain inha- 
bilis privandua non erit. Nec suspii-io eyalganda erit, et malto miaos» 
si sa picio probabllis non esse deprehenieretur : tune enim nolla ra- 
tioneiJ nocere debebit ci, qui non juste notatus fùerit; nec desiueC 
Congregalioni intéresse, et suffragii jas, sicut alii , habere. Ad quem 
perlinet hoc judlcare, Vicarius est tribus aliis ex anliquioribos Pro- 
fessis Tocatis : et c mdf mnatio in minimum tribus snflragiis fleri débet. 
Qui aotem aliter, atque in animo scntirct, sententiam diceret, ipao 
facto excnmmunicationem incnrre^ 

Si ipsemet Vicarius, vel aliqals ex an Iquiorlbut no!arehir; semper 
quataor ex lis, qui priui Profes<$ionem émiseront, judicabnnt s eiclaso 
co, qui ootalns est; et e >rain quisque, ad cnjus aures hujusnioil iollK 
mia peryeuiret, reliquoi vocet« ut de ea oogn3B?atar. 



HCrriÈHE PARTIE. 544 

les trois suivantes pour se recommander à Dieu, et mieux 
considérer lequel de tous les membres est mieux fait pour 
une pareille charge ; ils prendront des informations auprès 
de ceux qui pourront le mieux leur en donner; mais, jus- 
qu'au jour où ils entreront dans le lieu de l'élection et où 
on les y enfermera, ils ne doivent pas déterminer en eux* 
mômes à qui ils donneront leur voix. 

2. Pendant cet intervalle, que chacun, sous peine d^excom- 

munication lalœ senienliœy soit tenu de déclarer au Vicaire, 

ou à quelqu'un des plus anciens Profès (qui en conférera avec 

le Vicaire), s'il a appris que quelque membre ait brigué ou 

brigue la dignité de Général, en intriguant directement ou 

indirectement, ou en manifestant ses désirs par quelque signe. 

Celui qui sera convaincu de pareille brigue sera privé de 

tout suffrage, actif et passif, comme inhabile à en élire un 

autre, et à être élu lui-même (a), et il ne pourra être jamais 

admis ni dans cette assemblée ni dans aucune autre. 

3. Le jour de Télection, qui suivra ces trois journées, quel- 
qu'un de la Société célébrera la Messe du Saint-Esprit ; tous 
les membres l'entendront et y recevront le corps sacré 
de J.-G. 

4. Ensuite, au son de la cloche, ceux qui ont droit de suf- 



(a) Pour qu'on pût priver ainsi qnelqii'aa de ion suffrage comme 
inhabile, aprèi l'avoir accosé de pareille brigue, il faudrait que les accu- 
satioQi fassent nettement prouvées, soit par témoignages, soit par quel- 
que antre moyen. Dans le cas où les preuves ne feraient qu'amener un 
soupçon d'une grande probabilité sans apporter la certitude, le membre 
soupçonné ne pourrait être élu, et il fouirait, en cberchant un autre 
prétexte, l'éloigner de cette Assemblée, sans le priver de son droit de 
suffrage comme inbabile. U ne faudra pas non plus que le soupçon soit 
divalf^né; enoore moins, si l'on ne peut pas même arriver à la probabi- 
lité : car alors il ne faut pas qu'un membre pu'sse souffrir en quelque 
chose d'une accusation fausse ; et raccusé ne cessera pas d'assister à 
l'Assemblée, et d'avoir droit de suffrage comme les autres. Et celui qui 
donnerait un avis contraire à sa conscience encourrait par le fait même 
l'eicommunication. 

Si le Vicaire lui-même, ou quelqu'un dps plus anciens était accosé, le 
jagement appartiendrait toujours à quatre des plus anciens Profès ; cba- 
cnnde crus aui oreilles desquelles le bruit de cette bojte arriverait, con- 
voquerait les autres pour connaître de cette affaire. 

29. 



642 coNSTiTunoirs bes jiiscriTES. 

bent (6), ad locum CongregatioDis vocentur : et onus e<miin 
concionem habeat qua in génère (nullo dato signe, que par- 
tîcularis aliqua personasignificetur) ad electionem ejus Pr»- 
positi, qui ad majus Dei obsequium conveniat, eihortetur. Et 
postquam hymnum illum simul dixerint : Vent Creaior Spirû 
tus, etc., in prœdictum locum Gongregationis , ab aliquo ex 
Prœpositis, vel Rectoribus, Tel aliquo quopiam de Societate, 
oui id offîcii in Domo Gongregationis commissum fuerit, in- 
dudantur « ita ut nec Inde egredi, nec eis aliquid ad yictum, 
praeter panem et aquam, dari posait , donec Prœpositum Ge- 
neralem elegerint. 

ë. Quod si omnes» communi inspîratione, non ezpectato 
ordine suffragiorum, queoipiam eligerent , iile sit Praepositos 
Generalis. Omnem enîm ordinem et eligendi fonnulam^Spi- 
ritus Sanctus, qui ad bujusmodi electionem eos movit, Uxàïb 
supplet. 

6. Quando eo modo non peragetur electio, formula qum 
sequitur erit observanda. In primis, quisque seorsim orabit 
Deom ; et cum nullo alio loquendo (c), in Creatoris sui ac Do- 
mini conspectu, ex iis, quae prius intellexit, apud se statuet, 
quem sit electurus : et in charta scribet nomen personie» 
quam eligit in Praepositum Generalem, et suum subscribet; 
et ad boc, spatium unius borae ad summum praefigatur. 
Deinde ad sedes suas omnes conveniant, et Yicarius cum Se- 
cretario ad boc ipsum inter Professes eleclo, et alio tertio, 
qui eis assistât (d), exsurgens a sede, protestetur noUe se ad- 
mittere quemquam , nec excludere , quem non debeat. Det 



(b) Qui sarfragiainhabeDt, Profesti qnatoor Votoran dnnitaut smiit» 
ni dietam ei t, il qoideni de eleetione Cveoeralii âgitar : qatinvis cors» 
tor* ut et alii cooyeoiant, ad mAjoretn reram oogoitlonam bsbendam il 
opiif fuerit ; et ad âge ndum, poit electionem Generalis. allU de rebua» 
in qiiibat Rectores etPnepositi Locales (si ProfestlODeni triom VoCormi 
émuleront, ?el Goadjatoret formati aunt) qui tocandi eront» auflHi* 
giom (ut luperiai diiimui) babebant. 

(c) Ser?abunt omars lilentium ia loco laclasionis ; iCa ut nnin cmn 
alio non coUoquatur in iii, qu» ad electlooem perUnent (nlii qoid eatel, 
qaod neo'siarium vidoretur, et id qoidem coram oninibnt dioeodua 
etseï) donec Generalis lii electus. 

(d) Anleqiiam ingrediantur in loomu cleotioni deslioatam, In ^palio 



HUITIÈME PAHTIB. S4S 

frage (6) seront appelés au lieu de rAssemblée : l'un d'eux 
fera une allocution dans laquelle il exhortera en général 
(sans aucune marque qui désigne une personne particulière) 
à élire le Général le plus utile au service de Dieu ; et, après 
qu'ils auront, tous ensemble, récité l'hymne : Vent Creator 
SpirituSf etc., l'un des Supérieurs , ou des Recteurs, ou un 
membre quelconque de la Société, qu'on aura chargé de cet 
office dans la Maison de l'Assemblée, les enfermera dans la 
Balle désignée, de telle sorte qu'ils ne puissent ni sortir, ni 
recevoir autre chose pour leur nourriture que du pain et de 
l'eau, jusqu'à ce qu'ils aient élu un Général. 

5. Si l'Assemblée, d'une commune inspiration et sans at« 
tendre les suffrages, désigne tout entière un même membre, 
que celui-là soit Général ; car le Saint-Esprit, qui les a ex-» 
cités à une telle action, supplée aisément à tout ordre et à 
toute formule. 

Quand l'élection n'aura pas lieu de cette manière , voici 
la forme qu'il faudra observer : d'abord, que chacun à part 
prie Dieu , et que, sans parler à personne (c), en présence de 
son Créateur et de son Seigneur, il décide en soi, d'après les 
connaissances qu'il a acquises auparavant , à qui il donnera 
sa voix; qu'il écrive sur un papier le nom de cette personne 
qu'il veut élire Général , et qu'il mette en bas son propre 
nom; on aura une heure au plus pour faire ce choix. Puis, 
que tous les membres aillent reprendre leurs places : que le 
Vicaire alors , avec le Secrétaire élu à cet effet parmi les 
Profès, et un troisième membre qui les assiste (d), se lève de 



(h) Ceux qui auront droit de suffrage seront les Profès des quatrt 
Vœux seulement, comme il a été dit, s'il s'agit de l'élection d'un Grénéral 2 
on veillera pourtaut à ce que les autres aussi se rassemblent. Par là ils 
acquerront uue connaissance plus exacte des affaires dont il s'agit, s'ils 
en ont besoin, et ensuite ils pourront s'occuper des autres affaires dans 
lesquelles les Rectt urs et le^ Supérieurs locaux qu'il faudra convoquer 
ont fait profession des trois Vœux, ou s'ils sont Coadjuteurs formés, au- 
ront, comme nous I'hyods dit, droit de suffrage. 

(c) Tout le monde gardera le silence dans le lieu d' Assemblée 1 per- 
sonne ne s'entretiendra avec son TOisio de ce qui regarde l'élect'oa 
(à moins qu'il n'y eût que'que nécessité, et encore, dans ce cas-là même* 
il fjudra parler publiquement), ju.^qu'à ce que le Général soit élu. 

(d) Avant d'entrer dans le lieu où se fera l'élection, pendant ces quatre 



544 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

autem omnibus absolutionem generalom ab omnibus censn- 
ris(e); ad hunccanoniciB electionis efifectum. Postmodum in- 
yocata Spiritus Saiicti gratia, accédât cum suis socîis ad men- 
sam in medio positam : et ipsimet très praedicti, mutuosuf- 
fragia sua alius ab alio pétant : et juret unusquisque, prius- 
quam det, quod eum nominat, quem sentit in Domino ad hoc 
munus magis idoneum (f) : et suffragia in manibus Secretarii 
simul serventur : deinde a quolibet eorum, qui in Gongrega- 
tione sunt, seorsuro, sed tamen coram aliis, proprium suffra- 
gium scripto contentum postulent : quod, praevio eodem jura- 
mento, eisdem dabit unusquisque. Deinde in medio omnium 
Secretarius suffragia , electum solummodo nominando » pro- 
mulgabit : ac demum uno suiTragiorum numéro cum alio 
collato, qui plus quam mediam partem suffragiorum habuerit, 
sit Praepositus Generalis : et ita qui prius eum nominavit, rel 
Yicarius percunctetur alios, an suum consensum ei praDstent, 
quem major pars elegit, et utcumque respondeant, formabit 
decretum electionis, dicendo : In nomine Patris, et Filii, et 
Spiritus Sancti; Ego N. nomine meo, et omnium idem sen- 
tientium, eligo N. in Praepositum Generalem Societatis Jesu. 
Quo peracto , statim omnes ad reverentiam ei exhibeodam 



qaataor i'Iornm dierum congregati omnes, q.ii in loco Googregatiaois 
Professi inveoientar, Secretarium et Assistentem eligent : ac qailibet, 
quem nominet scriptom dabit; et publiée Yicarius, cum dnobns ex Pro- 
fessi s antiqnioribns, videbit, qais plura babeat suffragia, et ubi parttaa 
emt, très ipai aoifragia sua ferent : et qui duo babaeriat et eis, Secre- 
tarius et ÂsâstcDS erunt. 

(e) AbsoUit ab omnibtis censuris, quas non incnrrisseiit propter de- 
foetus ad banc tleetionem pertinentes. 

(f) Formula JnramenU hœo esse poterit : Testem invoc<i, cnmomil 
reverentis, Jesum Gbristum, qui sapieotia est œterna, quod Eco N. îllum 
elîgo, et Domino in Pr»^)Ositum Greneralem Sodetatis Jeso. quem teotio 
ad boc onus ferendum apiissimum. Itaque duo jurât; onum. quod 
suum noraen poni^ ut personae eU:entis; alterum, quoi ponit noinea 
i!lius, quem magis idoneum judicat, ut prrsimas cleclas : et tune suffra- 
glum suum soriptum d.ibit. Et banc Juram siili formu'am quisqoe »crip- 
tam bal)eat exterius, in eadem charta sul sufrragii, et eam légat alla 
voce, cum sufTragium dat tribus design; tis. Locua aulem nbi qai^qoe 
seorsum et coram omnibus suum dat tuffragîum, mensa erit in medio 
coostituta, ubi Yicarius est cam sois Asaisteutibui. 



HUITIÈME PARTIE. 545 

sa place» et proteste qu'il ne veut pas admettre ni exclure ce- 
lui qu'il devra exclure ou admettre. Qu'il donne à tous l'ab- 
solution générale de toutes censures (e) pour que cette élec- 
tion ait son effet d'après les canons. Puis, après avoir invoqué 
la grâce du Saint-Esprit, qu'il s'approche avec ses assistants 
de la table posée dans le milieu : que tous trois ils se deman- 
dent mutaellement leurs suffrages, et que chacun jure, avant 
de le donner, qu'il nomme celui qu'il croit selon le Seigneur le 
plus propre à cette charge ( f) ; que ces suffrages restent en 
même temps entre les mains du Secrétaire ; puis, que quel- 
qu'un des membres de l'Assemblée demande à chacun en 
particulier, mais en présence des autres, son propre suffrage 
qu'il a écrit, et qu'il le donne après le serment. Ensuite le 
Secrétaire, au milieu de l'Assemblée, promulguera les suf- 
frages en nommant seulement celui qui est désigné; enfin, 
Von comparera ensemble les différentes quantités de voix, et 
celui qui aura réuni plus de la moitié des suffrages sera élu 
Général. Celui qui aura proclamé son nom, ou bien le Vicaire 
demandera aux autres s'ils donnent leurs voix à celui que la 
majorité a élu ; et, quelle que soit leur réponse, il fera le dé- 
cret d'élection^ en disant : Au nom du Père, et du Fils, et du 



jours, tons les Profès qui se trouveront parmi les membres assemblés 
éliront un Secrétaire et un As^sfant; chacun mettra par (^crit le nom 
de celui qu'il nommera, et le Vicaire, aux yeut de tous, assisté de deux 
des plus anciens Profès, Terra qui a réuni le p^us de suffrages ; s'il y a 
égalité, eui trois porteront leurs suffrages.: et ceix qui auront eu \9 
voix de deux d'entre eux feront Secrétaire et Assistant. 

(é) Il absout de toutes les censures, excepté de celles qui auraient été 
encourues pour des défauts concernant l'éieclion présente. 

if) Lt formule du Serment poarra être celle ci : Je prends à téa^oin, 
avec tout respect, Jé^u^-Ghrist, qdi ett la sagesse éternelle, que Moi N, 
j'élis et nomme Général de li Société de Jéms , celui que je crois le plus 
capable de supporter ce fardeau. Ainsi il jure deux choses : l'une, qu'il 
pose son nom, en sa qu ilité d'électeur, l'autre, qu'il pose le n )m de 
celai qu'il juge le plus capable, ea sa qualité d'élu : et alors il donnera 
SOI suffrage écrit. Chicu.i écrira sur .••on billet de suffrage, en dehors, 
cette même f.irmule de Serment, et il la lira à hinte voix en donnant son 
taffrfige aux tr ûs membres désignés. Quant au lieu où chacun en parti- 
culier donnera en pré ence de tous son suffrager ce sera sur u \e table 
établie au milieu, et à laque'.le se tiendra le Vicaire ayec les Assistants. 



1 



S46 C0NSTITI7TI(mS BES JlSSUlTES. 

accédant (g), et flexo utroque genu, manum ejas oscalentor. 
Qui vero electus fuerit, nec electionem , nec eifaibitam reTe- 
rentiam ( memor cujus nomine eam admittere débet) recusare 
poterit. Deinde simul omnes dicaut, Te Deum laudamus. 



7. Si non fuerit, qui amplius, quam medîam fmrleiii suffira- 
çionira habeat; alia ratio, scHicet compromissionis inealor; 
electis inter omnes tribus, aut quînque Ëiecioribas (qui nimi- 
rum ad id munus phira babuertnt suffragia) (h) et que major 
horum trium vel quinque pars inclinaverit, ille ait Pneposi- 
tus Generalis , et promulgetur^ ^que rererentia exhibetur 
Deo Nostro gratis agantur; ut superias dictiun est. 

8. Post promulgationem , nulli integmm erit, suifragnim 
suum mutare, nec peracta electione aliam tentare : et obser- 
vet, quae dicta sunt, qui schismaticus ae ruinae Societatis auc^ 
tor baberi nolit, et in poenani excommunicationis lat» sen- 
tentiae incidere ; aliasque graves censuras subire, pro arbitno 
Societatis (t); cui unio et conformitas omnimodo ad Dn 
gloriam convenit. 



(g) Indpfeote Vicarfocain AssitCentibot ^ tel (fi alfqtris eortnn fîterit 
civclos) duobm retîquis , et seqneDtur cvleri. 
* (fc) Modus eligendi bos Etectores erU, ut scribat tmoMiDisqiie» qiiot 
seuliateligend08;et q:ii plura habueriot suffragia, tint Electore9;at 
enin quitque acripserit hujatmodi Etrctorum nomina, jurabnnt omoet 
io banc formam : Teitem ioyoeo )esain Christam, qui aaplfntia ait 
fl9tarDa« qnod Eoo N. niom eligo, et nomino in Prspotitnm Gênera- 
lem Societalii Jeso, qnfin Etectores ad iJ coD&Ulati eîegerint et comi- 
nayerint. 

{i) Poterit Viciriaa eam ploriom astensu. Tel qoi electus ftoerit io 
Prspotitnm Geiieraleni« decernere eentaraa qu« cooTenire io Doniao 
▼idebaotor. 



HCITliME PAETIE. 547 

Saint-Esprit, Moi , N. en mon nom, et au nom de tous les 
membres de la Société, qui pensent comme moi, j'élis N. 
Général de la Société de Jésus. Gela fait, tous tes membres 
s'approcheront pour lui rendre respect {g)^ et, fléchissant les 
deux genoux, ils lui baiseront la main. Celui qui aura été 
élu ne pourra refuser ni cette élection, ni ces témoignages 
de respect (se rappelant au nom de qui il les doit recevoir). 
Après quoi, tous ensemble chanteront un TeDeum. 

7. Si aucun membre n*a réuni plus de la moitié des suffrages, 
qu^on pren ne un autre moyen, un compromis : qu'on élise entre 
tous , trois ou cinq Électeurs {h) à la majorité des suffrages ; 
que celui qu'ils désigneront par la majorité de leurs votes 
soit Général , que son nom soit promulgué ; qu'on lui témoi- 
gne respect et qu'on rende grâce à Iteu, comnie il a été dit 
plu» haut. 

8. Après la promulgation, il ne sera permis à aucun mem- 
bre de changer son vote, ni, une fois l'élection faite, d'en 
tenter une autre : et tout ce qui vient d'être dit devra être 
observé par qniconqoe ne voudra point passer pour schisma- 
tiquc, destructetir de la Société, encourir la peine d'excom- 
munication lata seiUerUicB, subir d'autres graves censures selon 
le gré de la Société (t), qui pour la glore de Dnso a besoin de 
voir régner l'union et la conformité de sentiment entre se9 
membres. 



ig) Le Vicaire commencera avec les Assislaois, ou ( si Ton d'eux est 
éla ) avea les deux qui rcslerout ; les autres suivront. 

(h) Le oQode d'électio.i pour ces Electeurs sera celui-^i : chacao écrira 
ceux sur qui portera son choii, et ceux qui réuniront le plus de suffrages 
seront él^tcurs ; après que chacun aura ainsi écrit les noms de ces élec- 
teurs, tous jureront ainsi : Je prends à témoin Jésut-Gbrist, qui est 
la sagesse éternelle, que Moi, N.» j'élis et norame Général de la Société 
de Jésus celui que les électeurs nommés à cet effet él'ront et nomme^ 
rjnt. 

(i) Le Vicaire» de l'avis du plus grand nombre, on bien celui qui aura 
été élu Général, pourra prononcer les censures qui lai paraîtront con« 
venir selon le Seigneur. 



348 CONSTITCTIOKS DES JÉSDITES. 



CAPUT \n: 

De modo in deliberalionibus tenendo^ quando in Congregatione 
générait mm de elecUone Prœpositi, sed cdiis de rébus 
agitur. 



(■ 4. Cum in Congregatione non de electione Praepositi, sed 
aliis do rébus gravibus, et ad statum Societatis pertinentibus 
agitur ; inclusio necessaria non erit : licet sit curandum, ut 
quam expeditissime fieri poterit, quœ tractanda sunt, absol- 
Yantur. Sed quia ex prima et summa sapientia desceodal 
oportet lux ea, qua dijudicari possit, quid statuere conveniat; 
in primis Missarum Sacrificia offerentur ; fietque oralio in 
loco Gongregationis , et aliis partibus Societatis, per tolum 
illud tempus, quod congregantur, etquo tractantur res in eo 
conventu desinîendœ, ad gratiam impetrandam, ut omnia ad 
majorem Dei gloriam constituantur. 

2. Deinde semel, aut sœpius omnibus congregatis, Praepo- 
situs Generalis , deinde Provinciales (a), Rectores, aliique ad 
Congregationem vocati , quœ eis tractanda yidebuntur, ratio- 
nesque corum quae sentiunt ( postquam diligenter omnia con- 
sideraverint, acDeo et Domino Nostro commendaverint) co- 



(a) Qui ▼eniont ProYincialiom loco, eis absentibnt eolem ordire 
loqueDtnr. Hoc tamen obserTabitur, ut auiiqnissimus ex Professit co- 
JQsvis Pioriociap, qui Provinciaiis sit, yel h co Provindalis tenint, didt 
priions ; et eum sequeatur reliqui omnes ejusdem ProYiorise, joila an- 
tiquitatein Pnfessiouis vel Votorum, quœ Coidjtitorfs spiritaaies émit- 
tunt. Postea intcr rcliquos Provinciales, qui fuerit anliquior, et rom fo 
reliqui ex eadem Prof incla. Post bujusnic dl sequentur, s! atii fuerint, 
qui 8ub unl'o Proyinciali sint , tcI exira ordin^ni sidl vocati ; qui ciiato 
orditie aniiqu't..Us die eut. 



HUITIÈME PAfiTIE. 349 



CHAPITRE vu. 



Du mode à suivre dans les délibérations de V Assemblée j quand il 
s'agit d* autres affaires que de V élection d'un Général, 



1. Lorsqu'il s'agira dans l'Assemblée, non pas de l'élection 
d'un Général , mais d'autres affaires graves et importantes 
pour la société, il no sera pas nécessaire d'en informer les 
membres : il faudra toutefois veiller à ce qu'on acbève le plus 
promptement possible ce qu'il y aura à traiter. Mais, parce 
qu'il faut que de la première et suprême sagesse descende la 
lumière qui fasse reconnaître les plus sages avis, le sacriGce 
de la Messe sera d'abord offert; une prière sera dite dans le 
lieu de l'Assemblée et les autres parties de la Société, pen- 
dant tout le temps que durera l'Assemblée et la délibération» 
afin d'obtenir la grâce que tout soit résolu à la plus grande 
gloire de Dieu. 

2. Puis le Général, et ensuite les Provinciaux (o), les Rec- 
teurs et autres membres convoqués à l'Assemblée dans une 
ou plusieurs séances, exposeront brièvement à tous les assis- 
tants ce qui leur semblera devoir être mis en délibération, et 
les motifs de leurs avis» après qu'ils les auront examinés avec 



(d) Genx ^oi viendront en place des Provinciaux parleront aux mêmes 
rangs pendant leur absence. On observera cependant un ordre tel que 
le plus ancien Profès d'nne Province, s'il est Provit cial, ou s'il remplace 
le Provincial, parle le premier ; après lui viendront les autres de la 
même Province, selon l'ancienneté de la Profei^sion. ou des Vœux qae 
contractent les Goadjuteors spirituels ; ensuite, celui des autres Provin- 
ciaux qui sera le plus ancien, et avec lui les autres de la même Province; 
et après eux, tous ceux qui ne dépendent pas d'un Provincial, ou qui 
seront convoqués eitraordinairement; ils suivront aussi pour parler 
Tordra d'ancienneté. 

50 



%iO CONSTITUTIOîrs DES JESUITES. 

ram omnibus breviter proponeot. Et postquam proposueriDt» 
summam scriptam in medio relinquent (&) ; ut si qui velint 
eam leganfe ; et quod ea de re sentiunt, m seqneàtr Congrega- 
tione dicant. 

5. Rébus agitatis bine inde, in una vel pluribus Congrega- 
tionibus, si nihil manifeste in alteram partem constitui vide- 
retur ; communi omnium, vel fere omnium assensu, quatuor 
qui deQniant, ex iis qui intersunt conventui, et in eo jus ha- 
bent suffragii, plurium sententiis (quibus alii se stare velle 
compromittant) eligantur : qui quoties opus fuerit, cum Prae- 
posito Generali congregati, omnia ea, de quibus agitur, déci- 
dent. Quod si omnes ejusdem sententiae non fuerint ; quo 
verget major pars, id prseferendum , et a tota Gongregatione, 
ut de manu Domini, admittendum erit. 

4. Si Praepositus Generalis ea corporis valetudine non essai, 
ut posset rébus omnibus tractandis interesse , posset alium 
suo loco subslituere; et sic sigillatim, omnibus rébus consii* 
tutis,prout majori parti visum fuerit, quod decretum est, 
scribetur : et in plena Gongregatione legetur : et , si etiam 
tune alicui visum fuerit, quid ea in re sentiat, dicere ei lice- 
bit : sed omnia tandem arbitrio Praepositi cum Defioitoribus 
relinquentur. 

5. Gonsideratis denuo illts, quœ discussa sunt, et modo jam 
dicto rursum constitutis, Secretarius in Ulvo ad id destinato 
ea postmodum promulganda scribet (c). 



(b) Saam icriplani sup6r« qnœ in medio erit, pooendo. Cnraliit 
antein Secretarius, ut, si opus fuerit , plura ejempla exscribaDt'JTf 
Tel quisque secum ferat; quibus rationes, quse ipsos urovenY, coali- 
neantor, ut Tideri pos&int ab iis, qui sententiam de rébus eisdem dicCuri 
sont. 

(c) Promulgatio flet roram tota Domo, ac pottea per Domoa, et Col- 
legta nliqoa; quod de Ordinationibus et Slatulis dictom inleUigatiir, 
qusB ut nbique observeolur, coostiluta sunt. Quod enlin ad GolkgiiiM» 
Tel Domain, Tel persooam unam tantura perliacvet, non est» quod a'iia 
in locls promolgeiur, quam^is res secret» non essent : sed al easeal 



HriTlÈME PÂBTIE. SS'I 

«oin, et qu*iîs se seront recommandés à Dieu et à Notre-Sei- 
gneur. Et après qu'ils auront parlé, ils laisseront à l'Assem- 
blée le résumé écrit de ce qu'ils auront dit (6), afin qu'on le 
puisseMire si on le veut, et dire à la séance suivante.ce qu'on 
en pense. 

3. Chaque question une fois agitée de part et d'autre dans 
une ou plusieurs séances, si les avis ne se rangent pas claire- 
ment d'un côté ou de Tautre , on élira, d'après le consente- 
ment de tous ou du plus grand nombre, quatre membres parmi 
ceux des assistants qui ont droit de suffrage. Ils seront élus à 
la majorité, et tous les autres contiendront de s'en rapporter 
à eux. Toutes les fois qu'il en sera besoin, ils se réuniront 
avec le Général, et décideront tout ce dont il sera question. 
S'ils ne sont pas tous du même avis, il faudra préférer celui 
de la majorité, et toute l'Assemblée devra le recevoir comme 
de la main de Dieu. 

4; Si le Général était d'une telle santé qu'il ne pût pas as- 
sister à toutes les délibérations, il pourrait "substituer un 
autre membre à sa place ; et ainsi, chaque question étant dé- 
cidée par la majorité, ce qui aura été résolu sera mis en écrit 
et lu en pleine assemblée ; et, même alors, si quelque mem- 
bre a un avis à donner sur ces mêmes questions, il le pourra 
faire ; du reste, tout sera laissé en dernier lieu à la volonté 
du Général et des Définiteurs. 

5. Après ce second examen des questions déjà discutées, et 
une seconde résolution prise de la manière que nous avons 
dite, le Secrétaire écrira ces résultats sur un livre destiné à 
cet effet, pour les promulguer ensuite (c). 



(6) Eu posant leur écrit snr la table du miliea, le Secrétaire veillera 
ë ce que, s'il en est besoin, plusieurs exemplaires en soient transcrits, 
ou à ce que ebacua en emporte avec lui; ces écrits devront contenir les 
raisons de leurs avis, afin qu'elles puissent être connues de ceux q li 
doivent dire leur a\is sur les mêmes choses. 

(c) La promulgation se fera en présence de toute la Maison, et ensuite 
dans les Maisons et le reste des G Ilépes; cela se doit entendre d( s Or- 
donnances et des Statuts qui ont été résolus pour être obsenés pnrtont. 
Quant à ce qui concernerait un Collège, une Maison, une Personne en 
particulier, quand même Taffaire ne serait pas secrète, il n'y aurait pas 



552 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

secretae, raulto mngis evi]lgati'\ snb gravibus ceasuris srbitrio Prxpo- 
siti Generalis est probibcDda. 

Ordinafiones in Congregatloae conslitutae, in suo vigore pcrgianeaot 
(si in alii Congregatione generali non re?ocarentar) quanavis Prxpo- 
situs Generalis, sub qao factcB sunr, e yîyîs excessiss't. 



HUITIÈME PARTIE. 553 

lien h la promulguer dans les autres lieux ; si elle était secrète, la divul- 
gation en serait d'aatant plus sévèrement prohibée, sons peine de graves 
censures au gré du Général. 

Les ordonnances résolues dans l'Assemblée doivent rester en vigueur 
(>«i elles ne sont pas rappelées dans une autre Assemblée générale), quand 
même le Général sous qui elles ont été faites aurait cessé de vivre. 



80. 



^ 



NONA PARS. 

De iU qua ad caput Socieia(i$, et gubèniationem ak 

€0 descendentem pertiruni. 



CAPUT I. 

Quod Prœpositum Generalem, et quidem perpetuum, dum 

vixerit^ esse oporteat, 

9 

4. Ut in omnibus Rebuspublicis vel Gongregationibus bene 
constitutis , prœter eos qui ad fines particulares in eis ten- 
dont, necesse est, esse aliquem vel etiam plures, qui boni uni- 
versalis curam babeant; et, ut ad proprium finem, ad id 
tendant ; sic etiam in bac Societate, praeter eos qui partîcula- 
ribus Domibus, Gollegiis et Provinciis etiam, in quibus hujus- 
modi sunt Domus vel Collegia , prsesunt , necesse est esse 
aliquem , qui universse Societatis curam babeat : qui huoc 
sibi finem constituât, ut bene gubernetur, conservetur et tu- 
geatur totum Societatis corpus ; et bic est Prœpositus Gene- 
ralis ; qui cum duobus modis eligi posset ; scilicet , ut ad 
tempus aliquod definitum, vel ut quamdiu vivet , Societati 
praesit [a) : propterea quod experientia , et in gubernando 
exercitatiOi etbominum particularium notitia, et erga eosdem 



(a) Pneter ratiooes qiue ia bac GoostitaUone attiogaotiir* d( Gene- 
ralis ad vi!am constituatur, saot et aliœ. Uoa est, qaod looaiut rendeC 
ooiuis cogitaln et occasio ambitionii, quae hojasmodi ofOciorum peftii 
est, qaam &i certis tcmporibas esset eligoodui. 

Altéra qa )d facilius est aaaai idooeum, qaam plare«, sd boe moom 
iofeoiri. 

Terlia est, exemplum qaod samiiar ex commaoi ratiooe gnberaatio- 
nnm magoi mo itenti, qoœ ad viiam esse toleot, tam ia Ecdesiasticis, 
Sammi Poatiflcis, et Episcoi>oruiii , quam in saBCularihus, PriueipiiiB ae 
Bomiourum. De reinedio f atem. qao evitcntur a!iq a Licommoda, 
seqtji poss nt ex hujufiinodi ofncio. i\ ad vi am teoeator» iDlerlos 
Qaa loagetur. 



NEUVIÈME PARTIE. 

De ce qui concerne te chef de la Société ^ et du gow 

vernement qui émane de (ui. 



CHAPITRE I. 

Qu'il faut qu'il y ait un Général^ et qWil le soit à vie. 



1. Comme dans toutes les Eépubliques ou Congrégations 
bien constituées, en dehors de ceux qui tendent à de^ flnsf 
particulières, il faut une ou plusieurs [personnes qui veillent 
au bien universel, et tendent à ce but comme vers leur fin 
particulière, de même dans cette Société, outre ceux qui pré- 
sident aux Maisons particulières, aux Collèges et même aux 
Provinces, dans lesquelles sont de pareils Maisons et Col- 
lèges, il faut quelqu'un qui ait le soin général de toute la So- 
ciété, qui se propose à lui-même cette fin que ce corps tout 
entier soit bien gouverné, conservé, augmenté, et celui-là est 
le Général, ifl pourrait y ayoir deux sortes d'élection, soit 
qu'on nommât le Général pour un temps fixé, soit qu'on le 
nommât pour la vie (a) : mais, parce que l'expérience, Texer- 
cioe du gouvernement, la connaissance des particuliers» Tau- 



(a) Outre Ie< rai90D9 noentionnéei dans cetto comtitnlion pour que U 
Général soit élu k vie, il y en a d'autfes eucore i toute peoaée et toute 
occasion de brigue (et c'est la peste de pareilles foDOtions) sera plus 
coosplétement écartée que s'il e^t élu pour un temps. La seconde, c'est 
qa'il est plus facile de trouver un bomme capable pour une telle charge 
qu3 d'ea (rou?er plusieurs. La troisième, c'est l'exemple à tirer du 
système général de fous les gouvernements importants ; ils sont tous 4 
vie, tant dans les choses de l'Église, comirie l'ofOcedii souverain Pontife, 
celui des É?éques, que dans les afTa.res séculières, comme celui des 
Princes et des Souverains. Quant au remède à quelques incanvénients 
qui pourraient résulter d'une telle charge donnée ft. Yie« nous en iraiie* 
rons p'us bas, au Cbapitre Quatrième. 



556 CONSTITUTIONS DES JÏÎSUITES. 

auctoritas (6) confert magnopere, ut bene hoc munus obcat; 
advitam, et non ad tempus aliquod praescriptum erit elîgen- 
dus. Accedit autem ad csetera hoc commodi ex eo, ut Societas 
in>ebus magni momenti, ad Dei gloriam satis fere semper 
occupata, universalibus bis conventibus minus laboris et dis- 
tractionis patiatur ( c ) . 



CAPUT IL 

Qualis €886 debeat Prcepoittus Generalis. 

1- Inter dotes varias (a), quibus ornari Prsepositum Gêne- 
raient optandum est, omnium prima baec erit : ut cum Deo ac 
Domino Nostro quam maxime conjunctus , et familîâris tam 
in oratione, quam in omnibus suis actionibus sit : ut eo ube- 
rius ab ipso, ut boni totius fonte, universo corpori Societatis 
abundantem donorum ac gratiarum ejus participationem , ac 
multum valoris et efficacisQ omnibus illis rationibus', quibas 
ad animarum auxilîum utetur, impetret. 



2. Secunda, ut yîr sit, cujus in omni virtutum génère exem* 
plum, reliquos de Societate juvet, ac prsecipue in eo splendor 



{h) Major erit Prœposili anctoritaf, si mutari non poterit quam si td 
UDum Tel plures annos eligeretur, cam externis, quia magûi omnibus 
notus erit, et cam iis qui de Societate sunt, propter rationem eamdem. 
Et cootra scire, quod eo officio aliquando sU pert^ncturus, et aquaKs, 
Tel inferior aliis futurus; esse etTam io eo parum exercitalam, anctori- 
tatem potest imminuere. 

(c) Constat, rarius congregandam nolTersam Societatem, si Pnepo- 
situs a J Titam eligetur, quandoquidem qaœ flunt Gongregationes, ma- 
jori ei parte ad pjiis electionem, et rare in aliis occasiooibus fiunt. 

(a) Ad bas sex partes, ut primarias, reliqaa reducantar : quando- 
quidem in eis Prsepositi perfectio consistU erga Dkdx ; quodqae ejos 
affertum, intellectum et executionein perficit ; quoique ex bonis oorpo- 
ris, et ext<>ruis juvare poterit. Et juxta ordinena posituin, momeiiloni 
earum aestimandum est. 



NEUVIÈME PARTIE. 557 

torité acquise sur eux (b) importent beaucoup à faire bien 
remplir cette charge, on élira le Général pour la vie et non 
pour un certain temps. Il y aura d'ailleurs cet autre avantage 
que la Société, qui est presque toujours assez occupée de 
choses importantes pour la gloire de Dieu, souffrira moins des 
fatigues et des distractions que causent les Assemblées géné- 
rales (c). 



CHAPITRE IL 

Quelles qualités doit avoir le Général, 

• 

1. Parmi; les différentes qualités (a) dont il faut souhaiter 
que le Général soit doué, la première de toutes est celle-ci : 
qu'il soit le plus possible uni et agréable à Dieu et à Notre- 
Seigneur, tant dans la prière que dans toutes ses actions, 
afm qu'il en obtienne plus abondamment, comme de la source 
de tout bien, une large participation à.ses dons et à ses grâces 
pour le corps entier de la Société, et beaucoup de force et 
d'efficacité pour tous les moyens qu'il emploiera au secours 
des âmes. 

2. La seconde qualité, c'est que ce soit un homme dont 
l'exemple, en toute sorte de vertus,'aidie le reste des membres 

(/>) L'autorité dcménéral sera plus grande^ s'il ne peut pas être chaogé, 
que s'il est élu pour une ou i lasieurs années, d'abord vis-à-yis des étran- 
gers, parce qu'il sera mieux connu de tous, puis vi~•^-Yis des membres 
mêmes de la Société, par la même raison. Et, an contraire, ce serait 
diminuer son autorité que de laisser savoir qu'un jour il abandonnera 
cette charge pour deyenir l'égal ou l'inférieur des autres ; on aurait 
d'ailleurs ainsi un Général moins exercé. 

(c) Il est constant qu'il ne faut que de rares Assemblées générales, si 
l'on élit le Général pour la vie, puisque ce sont les élections de Gêné- 
ranx, et rarement des occasions, qui nécessitent de telles Assemblées. 

(a) Tout le reste se réduit à ces six chefs; puisqu'ils réclament la per- 
fection du Général devant Dïeu, tout ce qu'on peut lui demander quant 
au cœur, à l'esprit, à la pratique, tout ce qui, parmi les biens extérieurs 
et ceux du corps, peut servir d'auxiliaire. On peut juger de leur impor- 
tance d'après Tordre établi. 



^%% CONSTITUTIONS BBS JÉSUITES. 

charUatis erga omnes proxigaos, et îd primis erga 

ac verae humilitatis , quaî Dso et homioibus amobilem 

rendant, sit conspicuus. 

5. Liber etiam ab omnibus iocrdinatis affectioiiibi» , pet 
gratiam Dei edomitis et moriificatis, sit opc^tet; ne iatériiu 
îudicicim rationis perturbent : et ut exterius tam sit compo^ 
situs, et in loquendo praesertim tam circonspectus, ut îd eo 
Dibil, ne yerbum quidem notari pogsil«^uôd boq aë œdificft- 
tionem, sive eorum, qui de Societate sunt (quibus specoli et 
exemplaris loco esse débet j sive externorum faciat. 

4. Nibilominu3 ep modo didicerit rectitudinem ac seyerita- 
tem necessariam, cum benignitate et mansuetudine miscere, 
ut nec se flecti sinat ab eo, quod Deo ac Domino Nostro gra- 
iius fore judicaverit ; et tamen filiis suis, utconyeoit, compati 
noyerit ; eo modo se gerendo, ut etiam qui reprehendontur, 
yelcorriguntur, quamyis secundum inferiorem hominem, 
quod agitur displiceat, agnoscant nibilominus, qaod recte in 
Domino, et cum charitate ille suum oCfîdum faciat. 

5. Animi etiam magnitude ac fortitudo est ei pemecessaria, 
ad infîrmitatem multorum ferendam, êtres magnas in Divine 
seryitio aggrediendas ; in eisque oonstanter, quando id conye- 
nit perseycrandum; non propter contradictiones ( lioel a ma- 
gnis et potentibus excitatas ) animum despondendo : nec ab 
eo , quod ratio et Diyinum obseqoium postulat , nilis eorum 
precibus aut minis separari se sinendo ; ut omnibus demum 
casibus, qui incidere possunt, sit superior : nec prosperis ef- 
ferri, nec adyersis dejici aninio sese permittat : paratissimus^ 
cum opus esset, ad mortem pro Sooietatis bono, in obsequium 
Jesu Gbristi Dei ac Domini nostri, subeundam. 

6. Tertia est , ut prasclaro intellectus ac judicii dono pol* 
leat, ut nec in rébus ad speculationem , nec ad praxim perti- 
nentibus, quœ occurrerint, hoc talento sit destitntus. Et 
quamyis doctrina y aide ei necessaria sit, qui tam multis vins 
eruditis est praefuturus ; magis tamen est necessaria prudent 
tia, et in rébus spiritualibus et internis exercitatio, ad yarios 
spiritus discernendos ; ad consilium ac remedium tam multis» 
qui necessitatibus spiritualibus laborabunt, adbibendum. 

Discretionis etiam donum in rébus externis ac modo ras 
tam varias tractandi , et cum tam diversia hominum geiieri«* 



NEOVIÈME PARTIS. 559 

de la Société ; c'est qu'en lui principalement britleni dan^r 
tout son éclat la Charité envers le Prochain, et surtout en« 
yers la Société, et la véritable humilité, afin qu'il soit aimable 
aux yeux de Died et des hommes. 

3. Il faut aussi qu'il soit libre de toutes les affections dés^ 
ordonnées, et que, par la grâce deDiEv, il les ait domptées el 
mortifiées; afin qu'elles ne troublent pas au dedans de lui le 
jugement de la raison \ et qu'au dehors, il soit tellement calme, 
et, en parlant surtout, tellement circonspect, que rieu en lui, 
pa» même une parole, ne puisse être remarqué, qui ne serve 
à rédiOcation, soit des membre» de la Société (pour qui il 
doit être un miroir et un modèle), soit des étrangers. 

4. Il faut néanmoins qu'il soit assez habile à unir à la bien- 
veillance et à la douceur, la roideur et la sévérité, pour ne 
se pas laisser détourner de ce qu'il jugera agréable à Dieu et 
à Notre-Seigneur, et savoir cependant compatir autant qu'il 
convient à ses fils ; sa conduite doit être telle, que ceux mêmes 
qu'il reprend ou corrige, malgré leur dépit selon la chair, 
n'en reconnaissent pas moins qu'il remplit son devoir selon 
le Seigneur, et avec droiture et charité. 

5. Il lui faut aussi beaucoup de force d'âme et de courage, 
pour soutenir la faiblesse d'un grand nombre, et entreprendre 
de grandes choses pour le service de Dieu; il faut qu'il per- 
sévère avec constance dans ses desseins, quand il convient 
d'y persévérer, sans se laisser décourager par les contradic- 
tions (quand no^me elles viendraient des grandes puissances), 
ni détourner en aucune façon par leurs prières ou leurs me- 
naces de ce que demandent la raison et le service de Dieu et 
de Notre-Seigneur. 



6. La troisième qualité, c'est qu'il brille par la lumière de 
rintelligence et du jugement, afin de n'en manquer jamais, 
soit dans la spéculation, soit dans la pratique. Et quoique la: 
science lui soit indispensable, à lui qui doit commander à tant 
de gens savants, la prudence lui est encore plus nécessaire^ 
et l'expérience des choses spirituelles et intérieures, pour sa** 
voir lire dans les cœurs, pour apporter le conseil et le remède 
à tant d'hommes en proie aux souffrances de Tâme. 

Il lui faudra aussi beaucoup de discernement pour les choses 
extérieures, pour savoir traiter des affaires si différentes, avec 



560 GONSTITtrriONS DES JÉSUITES. 

bus, in ipsa Societate et extra illam, agendi, summopere eril 
ai necessarium. 

7. Quarta , et in primis necessaria ad res conficiendas, est 
vigilantia et sollicitudo ad eas incipiendas ; et strenuitas ad 
easdem ad finem et perfectionem suam perducendas, ut oec 
incuria, nec remissione animi, inchoatae et imperfectae relin- 
quantur. 

8. Quinta ad corpus pertinet; in quo, quod ad sanitatem, 
speciem externam et aetatem attinet, habeoda est ratio , bine 
quidem decentiae et auctoritatis , iode vero virium corporis, 
quasejusmunus exigit (6) ; ut in eo fungi ofïicio suo» adDci 
ac Domini Nostri gloriam, possit. 

9. Sexta circa res externas est ( c) ; inter quas, qu» magis 
ad aedificationem, et Dei obsequium in eo officio confeniot, 
praeferri debent. Hujusmodi esse soient existimatio ac booa 
f^ma, et demum quae ex caeteris ad auctoritatem cum exter- 
nis, et cum lis qui.de Societate sunt, adjuvant. 

iO. Denique ex eorum numéro esse débet Prœpositus Gène- 
ralis, qui in omni virtutum ornatu clarissimi, et de Societate 
optime meriti, et diu in eadem taies esse perspecti sunt Et si 
aliquœ ex dotibus.superius dictis deessent, certe non desit 
eximia probitas, et amor erga Socictatem, ac judicium bo- 
num, quod etiam idonea doctrina comitetur. In reliquis enim, 
pcr eos qui ad ejus auxilium destinandi sunt ( de quibus infe- 
rius dicetur ) cum auxilio et favore Divine , multa suppleri 
poterunt. 



(6) Et sic Tidetor œtas val de seailis non cooTCDire, qoœ ad laborei 
et curas bujus officii idonea esse Qoa solet : neo yalde juveuUit quaui 
nec auctoritaB, nec experionlia, qus couvenit, coiuilari soleL 

(c) Externa ceosenlur, nobilitas, diûUœ quas ia ssecQlo hibait» ho- 
nor, et similia. Et boruni , caeteris paribus« aliqui ratio est habeoda ; 
alia tameo majoris momeuti sont, quœ qaamvis base dcsint, ad dcctio* 
nem possiat aafflcere. 



NEUVIÈME PARTIE. 564 

lant de différentes sortes d'hommes, soit au dedans, soit en 
dehors de la Société. 

7. La quatrième qualité, la plus nécessaire pour terminer 
les affaires, c'est la vigilance et la sollicitude à les commencer, 
la vigueur à les mener à leur fin et à leur accomplissement» 
en sorte que jamais, par incurie ou par relâchement, elles 
ne restent ébauchées et imparfaites. 

8. La cinquième regarde le corps ; outre la santé, la figure, 
rage, il faut tenir compte aussi , d'abord de la dignité et de 
l'autorité, puis des forces qu'exige .cette charge (b), afin qu'il 
puisse, en cela aussi , la remplir pour la gloire de Dieu et de 
Notre-Seigneur. 

9. La sixième concerne les choses extérieures (c),parm iles- 
quelles il faut préférer celles qui importent le plus, dans cette 
place, à l'édification et au service de Dieu. Parmi celles-là 
sont l'estime, la bonne réputation et celles de toutes les qua- 
lités qui servent à donner du crédit, soit vis-à-vis des étran- 
gers, soit vis-à-vis des membres mêmes de la Société. 

10. Enfin, le Général doit être pris parmi les membres que 
la Société a le plus remarqués, et le plus longtemps pour 
l'éclat de leurs vertus et de leurs services. Et si quelques-unes 
des qualités que nous avons énumérées lui manquait, qu'il ne 
lui manque pas au moins une probité parfaite, l'affection 
pour la Société, un bon jugement avec la science convenable. 
Car pour le reste, ceux qu'on désignera pour l'aider (on en 
parlera plus bas) pourront, avec l'aide et la faveur de Dieu, 
y suppléer facilement. 

(h) Il ne faut pas accepter une vieillesse trop avancée, qui ne snfOt 
pas d'ordinaire aux travaux et aux soins d'une telle charge ; ni nne trop 
grande jeunesse que ne puissent accompagner oi Tautorité ni l'expé» 
rience qui conviennent. 

(c) Nous appelons extérieures la noblesse, les richesses qu'il a eues 
daos le siècle, la réputation, et toutes choses semblables. Tout étant 
égal d'ailleurs, il faut tenir compte même de tout ceci : le reste, cepen- 
dant, est de plus grande importance, puisqu'il peut suffire i l'électton, 
même an déraut de ces biens extérieurs. 



31 



S6i CONSTlTlTTIOirS DES JÉSUITES. 



CAPUT m. 

De auctoritate Prœpositi Generalis erga Sodelatetk , aede 

officio ejtis. 

i, Utbene gubernetur Societas, expedire valde yidetar*at 
Prœpositus Generalis omnem habeat auctoritatem in Societa* 
tem, ad sedifîcationem. Quse potestas (unde Praepositi officium 
cognoscîtur) hsec erit. Primum Prsepositus GeDeralia per se 
et per alios admittere in Damibus, vel Gollegiis, vel ubicum- 
qiie libeat , poterit eos qui ad Institutum Societatis ei idonei 
yidebuntiir ; sive ad Probationem, sive ad ProfessiODem (a), 
sive in Goadjutores formatos, vel Scbolasticos approbatos ad- 
mittendos censeat. Poterit etiameosdem dimittere, et à Socie- 
tate removere (6). 

2. Ëjusdem erit, quos mittendos judicaverit, et quocamque 
Tolet, ad studia Litterarum mittere. Poterit et eoâdem revo* 
care , ante vel post absoluta studia , ac transferre ab une in 
alium locum ; prout ad ipsorum particuiare, et ad universale 
bonum Societatis magis convenire, in Domino existimabit 

3. Totam habebit superintendentlam et gubernationem 
GoUegiorum, quod ad Scbolasticos et Praeceptores et OfGciales 
attinet : inter quos primas tenent Rectores ; quos constituera 
ac removere poterit , eamque facultatem eisdem communi- 
care, quam senserit in Domino convenire : et per bujusmodi 
Rectores, administrationem Gollegiorutn exercebitin iis, qu» 
ad sediGcia , et temporalia ipsorum bona in Scholasticorum 



(a) Gum unom Tel plnres adProfessioBein per aliom adniiserit,prhn 
Bominatlm de iis certiorem flen« et de eoram dotiboi ipti satisfadon 
esse oportebit; vel boc munus admittendi pro sac arbitralu (juKla M, 
quod in quiota Parte dicitor) alicui, oui période ac sibi ipsi coofldal, 
peouliariter committat. 

(6) Jaita id, quod id secunda Parte de dimittendi ratione dicUiio est. 



NEQVIÈME PAIITIE. S63 



CHAPITRE III, 



De Vautorité du Général sur la Société et de ses fonctions. 



4 .Tour que la Société soit bien gouvernée, il semble impor- 
tant que le Général ait toute autorité sur la Société pour Té- 
dification commune. Cette autorité (par laquelle on pourra 
juger des devoirs du Général) consistera en ceci : D'abord le 
Générai pourra, par lui-même et par les autres, admettre dans 
les Maisons ou les Collèges, ou quelque part qu'il voudra, 
ceux qui lui paraîtront convenir à l'Institut de la Société (a), 
qu'il les juge admissibles, soit au Noviciat, soit à la Profes- 
sion, soit au rang de Coadjuteurs formés ou d'Ecoliers 
approuvés. Il pourra de même éloigner et renvoyer de la 
Société (b), • 

2. Ce sera aussi à lui de désigner et d'envoyer où il voudra 
ceux qui devront étudier les Lettres. Il pourra les rappeler, 
même avant la fin de leurs cours, et les transférer d'un lieu 
dans un autre, suivant qu'il le jugera utile selon le Seigneur 
pour leur bien particulier et le bien général de la Société. 

S. Il aura la surintendance et le gouvernement des Collèges, 
pour ce qui regarde les Ecoliers, les Professeurs, les Fonc- 
tionnaires. Parmi ceux-ci, les Recteurs tiennent le premier 
rang; le Général pourra l'es nommer et les révoquer, leur 
donner de pouvoir ce qu'il jugera convenable selon le Sei- 
gneur. C'est par ces Recteurs qu'il administrera les Collèges, 
quant à ce qui concerne les bâtiments et les biens temporels 



(a) Lorsqu'il aura admis, par l'entreroise d'autrui, uoe ou plusieurs 
personnes à la Profession, il faudra préalablement qu'on l'instruise sur 
chacune d'elles en particulier, et que leurs qualités le satisfassent : ou 
bien qu'il confie particulièrement à quelqu'un, à qui il poisse se fler 
comme à lui-mme, cette charge d'admettre à son gré des aspirants, se- 
lon ce que nous avons dit dans la cinquième Partie. 

(h) Suivant ce qui a été dit, dans la seconde Partie, du mode de ren- 
voi. 



564 GONSTlTOTIONS DES JÉSfJITES. 

usum comparata, pertinent; ut in Litteris Apostolicis conti- 
netiir. 

4. Gurabit etiam, ut illi rationem ofDcii sui eo modo; qui 
convenire maxime videbitur, reddant (c). Et quod de Colle- 
giisdicitur.dellniyersitatibusSocietatis, ejuscurœ commissis, 
dictum intelligatnr. Res enim earum» quœ ad vitas ac doc- 
trinse institutionem pertinent, administrare Praepositi Gene- 
ralis munus erit ; quod per ministres à se juxta Gonstitutioncs 
constitutos, exercebit, etc. 

5. Est item pênes Praepositum Generalem» omnis facultas 
agendi quosvis contractus emptionum aut venditionum, quo- 
rumlibet bonorum temporalium mobilium , tam Domonim 
quam Gollegiorum Societatis : et imponendi ac redimendi 
quoslibet census, super bonis stabitibus ipsorum Gollegiorum, 
in eorumdem utiljtatem ac bonum, cum facultate sese onere 
liberandi restituta pecunia, quae data fuerit. Alienare autem, 
aut omnino dissolvere Gollegia, vel Domos jam erectas Socie» 
tatis, sine generali ejus Gongregatione, Pra^positus Gcneralis 
non poterit. 

6. De iis vero quae Societati ita relinquuntur, ut ipsa pro 
suo arbitratu ea disponat (sive bona stabilia illa sint, ut Do- 
musaliqua, yel prœdium, non alicui certo Gollegio, ab eoqui 
relinquit, determinate applicatum vel annexum ; sive mobilia, 
cujusmodi sunt pecunia, triticum et quaevis atia mobilia) idem 
Generalis disponere poterit , aut vendendo, aut retincndo, 
aut buic vel illi loco, id quod ei videbitur, applicando; prout 
ad majorem Dei gloriam senserit expedire. 

7. Et Praepositi Provinciales aut Locales, et Rectores, et alii 
ejus commissarii , eam partem bujus facuUatis babebunt » 
quam ipsis Generalis communicaverit. Neque vero collégiales 
ad bujusmodi actus, collegialiter erunt congregandi. 

8. Sicut ad Generalem pertinet curare, ut Societatis Gonstî- 
tutiones ubique observentur, ita ad eumdem *pertinebit,iD iis 
quae accidunt, ubi dispensatione opus est, babita ratione per- 
8onarum,locorum, temporum etaliarum circumstantiarum, 
dispcnsare (d) : quod munus ea cum prudentia, quam lux 

(c) SWe reddeudaiU ratio eid^ni, site PnepoiUo profinciali, il? e a!ii 
caipiam, qui ad eam eiigendam potestalem commis' ariaoo hibeat. 

(d) Per aeiptum eieroere debrt Generalis haoc poleatalem : et rer 
aliof in caiilms urgeolioriltat» id eti«m prantari polarit, iil»i sioe ia- 



NEUVIÈME PARTIE. 565 

réservés pour l'usage des Ecoliers» comme ii est marqué dans 
les Lettres Apostoliques. 

4. Il veillera à ce qu'ils lui rendent compte de leur charge, 
de la façon qui lui semblera la plus eonvenable (c). Et ce qu'on 
dit des Collèges doit s'entendre aussi des Universités de la 
Société, confiées à ses soins. Car ce sera au Général à admi- 
nistrer leurs affaires, quant à ce qui concerne les mœurs et la 
science, et c'est ce qu'il fera par des Ministres établis par lui- 
même selon les Constitutions, etc. 

5. C'est encore dans le Général que réside tout pouvoir de 
faire quelque contrat que ce soit, d'achat ou de vente des 
biens, meubles, tant des Maisons que des Collèges de la So- 
ciété, d'imposer ou de racheter toutes sortes de cens sur les 
immeubles de ces mêmes Collèges, à leur profit et avantage, 
avec la faculté de se libérer en rendant l'argent qui aura été 
donné. Mais il ne pourra aliéner ou dissoudre les Collèges, ou 
les Maisons de la Société une fois érigées, sans une Assemblée 
générale. 

6. Quant à ce qui sera laissé à la Société pour qu'elle en 
dispose à son gré (que ce soient des immeubles, comme une 
maison, un fonds de terre, que le donataire n'aura pas assi- 
gné ni annexé précisément à tel collège, ou des biens meu- 
bles, comme de l'argent comptant, du blé ou quelque autre 
chose mobilière), le Général en disposera, les vendra ou les 
gardera , ou les assignera en tout ou en partie à tel ou tel 
bien, comme il lui paraîtra utile à la gloire de Dieu. 

7. Les Provinciaux, les Supérieurs locatix, les Recteurs et- 
tous les autres délégués du Général recevront à ce sujet les 
pouvoirs qu'il voudra leur confier. Mais les membres des Col- 
lèges ne seront pas assemblés pour de tels actes. 

8. Comme c'est au Général à veiller à ce que les Constitu- 
tions de la Société s'observent partout, ce sera aussi à lui, 
dans les circonstances ou il y aura lieu à dispense, à la don- 
ner, en ayant égard aux personnes, aux lieux, aux temps, 
etc. [d), ce dont il s'acquittera avec cette prudence que lui 

(c) Soit qu'il faille rendre compte à lui-môme, on au Proyincial, on 
à quelque autre, qui aura commission ponr cela. 

{d) Le Général doit exercer ce pouvoir par lui même; cela se pourra 
faire par d'autres dans des cas plus urgents, quand il sera possible d'at- 

54. 



566 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

seternacoimnunicaverit,fÎQe(n earumdemGonstiluiioaum io- 
tuendo, qui alius non est, quam înajus Dei obsequium, et 
eorum bonum, qui hoc Vivendi Institutum sequuntur, prsB- 
stabit. Idque tam de experiraentis eorum, qui in Probationi- 
bus versantur («), quam de aliis rebus, in quibus eam fuisse 
mentem eorum, qui Constitutiones condiderunt, ad gloriam 
Dm ac Domini Nostri judicabitur, dictum sit. 

9. Idem Generalis in Missionibus omnem habebit potesta- 
tem ; eis tamen nulla ratione repugnando, quae a Sede Apo- 
stolica (ut in septima Parte dicitur) proficiscuntur. Mittere 
ergo poterit omnes sibi subditos, sive Professionem emiseriot, 
sive non emiserint (quos mittendos judicaverit) ad quaslibet 
mundi partes (/*), ad quodvis tempus> vel definitum, vel in- 
defînitum, prout ei videbitur, ad quamvis actioneoi ex iis, 
quibus uti ad proximorum auxilium Societas solet, exeroeo- 
dam. Poterit etiam misses revocare (g); et in omnibus déni* 
que, ut ad majorem Dei gloriam fore senserit, procedere. 
Idem , cum talenta bominibus Societatis nostrae dooata co- 
gnoscat, oiUcia Prœdicatorum , Lectorum et Gonfessariorum 
distribuet (^). De aliis ofûciis tantumdem intelligatur : et 

commodo insigni eispectari nequit j Tel ubi pecoliariter alicnî, coi too- 
quam sibi ipsi fîderet, prœsertim in locis remotissimis, qaalis est lodia, 
commilteret. Et iutelligeadum est* dispeasare posse, ubi eam esse œeo- 
tem CoDstitutioDum, ai dictum est, consideratis circumstautiis partica- 
laribus, et non aliter, in Domino judicaret. 

{e) Pênes Generalem erit, ntomnia expérimenta, et plura etiam qaam 
illa sex, de quibus in Examine dicitur, fiant; vel unum ant plnra eorum 
omittantar, vel cum aliis permutentnr, constituera ; quando alicui non 
coaTeiiiret, qnod generatUn conyenit-; cnjusmodi esset bospitale, Td 
peregrinatio. Tel lectio. Tel aliqua ex aliis Probationibos. 

(Z'} Ut inter Fidèles in Indiis, et inter Infidèles, ubi rant aliquiis* 
colas Cbristiani, et etiamsi nulii sint, in quibusdam casibos, Tel néces- 
sitât! bus urgentioribus, id tatem magoa consideraiiooe prsccdeiiiB 
fleri débet. 

(g) Non solum missos per prascedentem Prœpositum Tel per se 
ipstim, sed etiam per Summum Pontificem, nullo tempore defioilo, 
potest rcTOcare ; ut in Litteris Apostolicis gratiarum, anno quadrage* 
simo, per Paulam tertium No^trum Sauctum Palrem, nobis concesss- 
rom contioetur. 

(/<) Hoc , sicut a!ia mulla dicta et dîcouda , poterit ezequi Ge- 



NEUVIÈME PARTIE. 567 

communiquera l'éternelle lumière, ayant les yeux toujours 
fixés vers le but de ces Constitutions, qui n'est point autre que 
le plus grand service de Dieu et le bien de ceux qui suivent 
cet Institut. Gela doit s'entendre tant, des épreuves de ceux 
qui sont dans les Noviciats (e) que des autres choses dans les^ 
quelles il jugera selon la gloire de Dieu et de Notre-Seigneur 
que telle a été l'intention des auteurs de ces Constitutions. 

9. Le Général aura tout pouvoir dans les Missions, sans tou- 
tefois s'opposer en aucune façon (comme il est dit dans la 
septième Partie] à celles qui sont dirigées par le Saint-Siège. 
Il pourra donc envoyer tous les membres de la Société, Pro- 
£ès ou non, en quelque partie du monde (/'), pour quelque 
temps, fixé ou non, qu'il voudra, et pour telle action que ce 
soit de belles que la Société a l'habitude d'employer au se* 
cours du prochain. 11 pourra aussi rappeler ceux qu'il aura 
envoyés (^), en un mot, agir en tout pour la plus grande 
gloire de Dieu. Gomme il connaît les qualités de chacun des 
membres de notre Société, il distribuera lui-même les offices 
de Prédicateurs, de Professeurs, de Confesseurs (h). Cela doit 
s'entendre aussi des autres offices : il placera chacun dans 

tendre sans grand inconyenieot, ou quand il confiera ce pouToir à une 
personne sur laquelle il se fie comme sur lui-même, comme il fera dans 
les pays très-éioignés, dans l'Inde, par exemple. Et il faut entendre 
qu'il peut donoer des dispenses dans les cas où il jugera selon le Sei- 
goeur, après un examen de circonstances particulières, que tel a été 
l'esprit des Constitutions, et dans aucun autre. 

(c) Il dépendra du Général de faire faire toutes les épreuves, de dé- 
passer même le nombre de six prévu par l'Examen, ou d'en faire omet- 
tre une ou plusieurs, d'en transposer, dans le cas où celle qui convient 
généralement ne conviendrait pas à une personne particulière, par 
exemple l'éprenve de l'hôpital, celle des voyages, des leçons ou telle 
des autres Epreuves. 

(f) Gomme parmi les Fidèles dans les Indes, et parmi les Infidèles 
dans les pays qui contiennent quelques Cbréiiens, et là même où il n'y 
en a pas dans certains cas, dans certaines nécessités urgentes, mais 
toujours après un examen sérieux. 

(g) Il peut rappeler, non -seulement les missiounair< s envoyés par le 
précédent Général ou par lui-même, mais même ceux que le Pape a 
envoyés sans fixer de temps, sel )n qu'il est écrit d:)ns les Lettres Apo- 
stoliques de grâce de Notre Saint- Père Paul III, en Tan 1549. 

{h) Ceci, comme beaucoup d'antres cbo5:es que nous avons diles ou 



568 CONSTITUTIONS DES JÉSCITES. 

qiieralibet eo in munere , quod convenientius ad DiyiDuni 
obsequium, et salutem animarum obiturus in Domino vide- 
bitur. constituet. 

10. Ejus erit, uti facultatibus a Sede Apostolica SocieCati 
concessis ; et eam partem illarum unicuique inferionim com- 
municare, quam in ipso bene coUocatam, ad linem Diyini 
obsequii nobis prxfixum, existimaverit. Ejusdem eril revo- 
care eas, vel contrahere ; ad eamdem regulam Divini bene- 
placiti omnia exigendo. 

i I . Ejusdem Generalis erit, correctionibus uti, ac pœniten- 
tias quse ad satisfactionem quorumcumque defectuum con- 
Yenire videbuntur, babita ratione personarum et altarum 
circumstantiarum , injungere ; quarum consider^tiq ejus 
cbaritati cum prudentia^ conjunctae , qus ad Dei gloriam 
utctur, committitur. 

12. Ejusdem erit, convocare Societatem ad generalem Con- 
gregationem (quando aliis de rébus, quam de electione Prse- 
positi est agendum) et statuereut provincialis etiam Congre- 
gatio convocetur, cum expedire judicaverit ; et dirigera eos 
qui convenerint ; ac suc tempore, iis absolutis quse tractanda 
erant, dimittere. 

13. Sine ejus facultate et approbations nuilus posait di- 
gnitatem ullam extra Societatem admittere : nec ille faculU- 
tcm hujusmodi dabit, nec id approbabit, si Sedis ApostoHcis 
Obedientia ipsum non compelleret. 

14. Constituât idem, ut dictum est, per se ipsum Rectores 
Collegiorum et Universitatum, ac Prasposito Locales Domo- 
rum, quos aptiores fore judicaverit : Provinciales itidem Prae- 
positos, ad triennium ut plurimum (t) (quamvis et contrabi, 
et prorogari etiam id spatium temporis possit, quando ad 
majorem Dei ac Domini Nostri gloriam id videbitur). Quibus 



neralis per tacs ministros» sife PraBpoiitl Locales illi fiieriot, tire noa. 

(t) Gain ils qui bene laum omeium facîont, et ei possnot tatiiflicere, 
ÎD IHeonii defioilo spatio nihil deerit : qaaadoquidem boc tempos et 
coDtrabi, et prorogari poterit : cum iis qui se parora idoneos ostf ndereot, 
id oommodi accedit, ut sine nofa, carsu trieoDii pcracto, remoTerl pos* 
sint; nisi aole id tempos, rstione aniyersalls boni» GeoeraU remoTerdi 
fidereotur. 



NBUVIÉMB PARTIE. 569 

l'office dont il semblera, selon le Seigneur, devoir s'acquitter 
le mieux pour le service de Dieu et le salut des âmes. 

40. Ce sera au Général à user des pouvoirâ concédés à la 
Société par le Saint-Siège, et à en communiquer à chacun de 
ses subordonnés la portion qu'il croira lui convenir pour le 
but du service de Dieu que nous nous proposons. 11 pourra 
révoquer ces pouvoirs ou les restreindre, en disposant tout 
d'après cette règle du bon plaisir de Dieu. 

11. Ce sera encore au Générale user de corrections, à im- 
poser les pénitences que lui paraîtra exiger la réparation de 
telle ou telle faute, ayant égard aux personnes et aux autres 
circonstances, dont Texamen est confié à sa prudence jointe 
à sa charité, le tout pour la gloire de Dieu. 

12. Ce sera à lui à convoquer la Société pour l'Assemblée 
générale (quand il s'agira d*autres affaires que de l'élection du 
Général) ; à ordonner la convocation d'une Assemblée provin- 
ciale, quand il le jugera convenable; à diriger les membres 
assemblés, à les congédier en temps convenable, une fois les 
affaires terminées. 

13. Personne, sans sa permission et son approbation, ne 
pourra recevoir aucune dignité hors de la Société, et il n'ac- 
cordera jamais semblable permission ou approbation qu'il 
n'y soit forcé par l'obéissance due au Saint-Siège. 

14. Il nommera lui-même, comme il a été dit, les Recteurs 
des Collèges et des Universités, et les Supérieurs locaux des 
Maisons, qu'il jugera les plus propres à ces places : ils seront 
comme les Provinciaux, le plus souvent nommés pour trois 
ans (i) (quoique ce temps puisse être abrégé ou même pro- 
longé, quand cela paraîtra nécessaire pour la plus grande 



qne nous dirons, pourra dire exécuté par le Général aa moyen de ses 
ministre*, qu'ils soient Supérieurs Locaux on non. 

{%) Avec ceux qui remplissent bien leur charge et peuvent y satisfaire, 
rien ne dépérit dans l'espace de trois ans flxé ici ; d'ailleurs, ce temps 
peut s'abréger ou se prolonger. Avec ceux qui se montreraient peu ca- 
pables, il y a cet avantage que, après leurs trois ans, on peut les éloi- 
gner sans qne cela se remarque, h mi)ins que, pour le bien commun, il 
i/ait paru nécessaire au Général de les écarter avant l'expiration de 
ce terme. 



570 CONSTITUTIONS DES JÉSDITES. 

etiam eam potestatem communicabit, quam duxerit comma- 
nicandum. 

15. Poterit etiam eam revocare, restringere, et etiam au- 
gere et administrationis ratioaem ab eis exigera. Quod si 
Provinciali facultatem coastituendi Praepositos Locales, et 
Rectores communicaverit ; ejusdem Généralisent, eosdem 
confîrmare, vel removere. 

46. Idem OfGciales reliques ad gubernatioDem Societatia 
necessarios, ut Procuratorem Generalem, et Secretarium So* 
detatis constituet; eam illis facultatem, quam pro negoUo- 
rum ac personarum ratione, conyenire iu Domioc judicabit, 
communicando (k). 

17. Idem poterit, non expectata generali Gongregatione, 
Domos, Gollegia, Universitatcs Societati oblatas accipere ; el 
in Fundatores , cum privilegiis in quarta Parte dictis, eos, 
quosin Domino admittendos duxerit, admittere; et Lectures, 
Sacerdotes, et alla quœ occurrerint, providere. Erit tameo ei 
curandum, ut cum bujusmodi conditionibus admittat, ex qui- 
bus Societas commoditatem ad propositum sibi Divini obse- 
quii fmem, et non detrimontum sentiat. Sed si experimento 
compertum esset, gravari magls, quam juvari Societatem, nec 
Prsepositus Generalis de remédie prospiceret, in prima gene- 
rali Societatis Congregatione , utrum bujusmodi Domum, 
Gollegium vel Universitatem relinqui, an teneri cum tali 
onere expédiât, agi poterit. 



18. Transferre, vel dissolvere Domos, vel Gollegia jam 
erecta, aut in usum Societatis ProfesssB reditus eorum cod- 
vertere, Prsepositus Generalis, ut in quarta Parte dictum est, 
non poterit. 

19. Gognoscat, quoad ejus fieri poterit, conscientias eonim 
qui sub ejus Obedientia sunt; ac praecipue Pnepositorum 
Provincialiumi et aiiorum, quibus munera majoris momenti 
committit 

20. Generatim loquendo, in rébus omnibus qnse ad propo- 
situm Societati ilnem, perfectionis et auxilii proximorum, ad 

(h) Quanquam poterit ad bas electiones et rea aliaa gra? as et dobiaa, 
rogare aenteotias alioram, quos jadicaverit ia Dooiiao beae 
cooaiiiuere tandem ia ejus erit potettate. 



NEUVIÈME PARTIE. 571 

gloire de Dieu et de Notre-Seigneur. 11 leur commuDiquera 
tout le pouvoir qu*il jugera à propos. 

-15. Il pourra aussi révoquer, restreindre, amplifier ce pou- 
voir, leur demander compte de leur administration. S'il a 
donné à un Provincial le pouvoir d'établit des Supérieurs lo^ 
eaux et des électeurs, c'est toujours à lui qu'il appartient de 
les confirmer ou de les révoquer. 

16. Il nommera aussi les autres Fonctionnaires nécessaires 
au gouvernement de la Société, comme le Procureur général 
et le Secrétaire de la Société* en leur déléguant le pouvoir 
qu'il jugera convenable selon le Seigneur, suivant les affaires 
et les personnes (k). 

17. Il pourra, sans attendre FÂssemblée générale, recevoir 
les Maisons, les Collèges, les Universités offertes à la Société, 
admettre parmi les Fondateurs, avec les privilèges mention- 
nés dans la quatrième Partie, ceux qu'il aura cru devoir ad- 
mettre selon le Seigneur, et les pouvoirs de Professeurs, de 
Prêtres et de tout ce qui sera nécessaire. Il devra cependant 
veiller à ne les admettre qu'avec des conditions telles, que la 
Société en retire quelque avantage pour la fin qu'elle se pro- 
pose du service de Dieu, etnon pas qu'elle en souffre. Mais si 
Texpérience démontrait que la Société en est plutôt chargée 
que soulagée, et que le Général n'y cherchât pas un remède, 
on pourrait agiter dans la première Assemblée générale de la 
Société s'il ne vaut pas mieux abandonner celte Maison, ce 
Collège, cette Université, que de la garder avec une telle 
charge. 

18. Le Général ne pourra, comme il a été dit. dans la qua- 
trième Partie, ni transférer, ni dissoudre les Maisons ou les 
Collèges déjà érigés, ni détourner leurs revenus à l'usage de 
la Société Professe. 

49. Il faut qu'il connaisse, autant qu'il lui sera possible, les 
consciences de ceux qui vivent dans son obéissance ; princi- 
palement des Provinciaux, et de ceux à qui il aura confié les 
fonctions les plus importantes. 

20. Généralement parlant, dans toutes les choses qui ten- 
dent à la fin que se propose la Société, la perfection et le se- 

(k) 11 pourra, pour ces élections et pour les autres choses importantes 
et douteuses, demander les avis de ceux qu'il pensera devoir juger sai- 
nement selon le Seigneur, mais ce sera toujours à lui à décider, * 



572 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

gloriam Dei faciunt, omnibus prsecipere in Obcdienli» \îr- 
tiite possit. Et quamvis aliis inferioribus Prœpositis, yel Yisi- 
tatoribus, vel Commissariis suam facultatem communici^ 
poterit tamen approbare vel rescindere quod illi feceruoi, el 
in omnibus quod ridebitur, constituere, et semper ei Obe- 
dientiam ac reverentiam (ut qui Gbristi vices gerit) pnestari 
oportebit. 



CAPUT IV. 

De atictorilate, vel providenlia quant Societas habere débet ergû 

Prœpositum Generalem. 

1. Facultas vel providentia Societatis erga Praepositum (a}, 
(babita semper ratione boni universalis, ac majoris œdifica- 
tionis) sex in rébus, quae ad Dei gloriam juvare possunt, 
consistit. 

2. Prima ad res externas pertinet, vestitus et expensaram 
quarumiibet ad personam Prœpositi spectantium : quae omnia 
vel augere, vel imminuere poterit Societas ; prout Prsposi- 
tum ipsum ac se decere, et Deo gratins fore judicabit. Et 
buic Societatis ordinationi , Praepositum acquiescera opor- 
tebit. 

5. Secunda adcorporis curam pertinet; ne in laboribus 
vel rigore nimio mensuram excédât. Qua etiam in re ad mo- 
derationem se reduci sinet Superior, et Societatis arbitrioae- 
quiescet. 

4. Tertîa ad animamejus spectat, cum etiam Tins perfectis 
aliquando hujusmodi cura, vel circa personam vel circa ofG- 
cium sit necessaria. Habet ergo Societas cum Praeposito Gène- 
rali (et idem cum inferioribus fieri posset ) aliquem qui acoe* 
dens ad Deum in oratione, postquam Divinam bonitatem 
çonsuluerit) et aequum esse id judicaverit, cum modestia de- 
bita ac humilitate, quid sentiat in ipso Prsposito requin ad 
majus obsequium et gloriam Dei, admonere teneator; tàie 

(a) Et ezercebit eam per Attistentei, de qnibni moi dio^'lort 



NEUVIÈME PARTIE. 575 

COUTS du prochain et à la gloire de Dieu, le Général pourra 
commander à tous en vertu de l'Obéissance. Et quoiqu'il com- 
munique son pouvoir à d'autres Supérieurs subalternes, à 
des Visiteurs, à des Commissaires, il pourra cependant ap- 
prouver ou casser ce qu'ils feront, agir en tout comme il lui 
plaira, et il faudra toujours lui obéir et le respecter, comme 
le représentant de Jésus-Christ. 



CHAPITRE IV. 

De Vaulorité au de la surveillance que la Société doit exercer sur 

son Général, 

4 . Le pouvoir ou la surveillance de la Société envers son 
Général (a) (en ayant toujours égard au bien universel et à 
la plus grande édification) s'exercera en six cas |qui peuvent 
contribuer à la gloire de Dieu. 

2. Le premier chef regarde les choses extérieures, les vête- 
ments, la nourriture et les dépenses quelconques concernant 
la personne du Cénéral, que la Société pourra augmenter ou 
diminuer selon qu'elle le jugera plus convenable pour le Gé- 
néral lui-même et plus agréable à Dieu. Et le Général devra 
se conformer aux arrangements de la Société à ce sujet. 

5. Le second concerne le soin de son corps ; il ne faut pas 
qu'il dépasse la mesure dans le travail ou les mortifications. 
 ce sujet encore, il se laissera ramener à la modération, et 
acquiescera au jugement delà Société. 

4. Le troisième regarde son âme ; car les hommes les plus 
parfaits ont besoin qu'on prenne quelquefois un tel soin, rela- 
tivement à eux-mêmes ou à leurs devoirs. La Société aura 
donc auprès du Général (et cela se pourrait aussi faire pour 
les personnes moins éminentes) une personne qui, s*appro- 
chant de Dieu par la prière, devra, après avoir consulté la 
bonté Divine et jugé cela équitable, déclarer avec la modéra- 
tion et l'humilité nécessaires, ce qu'elle pensera être désirable 

(a) Et elle l'exercera au moyen des Assistants, dout noas parleront 
toot à l'heare. 

52 



374 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

il le sit ejus GonfessariuB, sive aliuft quisquatn pêr SodeUleiii 
desigoatus, qui ad hoc negotium aptus videatur. 

5. Quarta est, quod si quis urgeret (licet eum non obligândo 
sub pœna peccati ) ut diguitatem aliquam admitteret, in qua 
Preepositi ofiicium necessario relinquendum esset (6], non 
posset sine conseosu Societatis eâm admitteiré. Sociètas au- 
tem, semper intuendo quae ad majusDci obsequium et glo- 
riam pertinent, si Obedientia Sedis ApostoUcœ non compule- 
rit, assensum nunquam prœstabit. 

6. Quinta locum habet, siaccideretutvalde negligens. Tel 

remissus esset in rébus magni momenti, ad Praepositi offîcium 

pertinentibus; propter corporis gravem œgritudinem aut se- 

nium, spe emendationis ea in parte sublata; unde multum 

detrimenti publicum bonum pateretur. Tune enim Goadjutor 

yel Yicarius, qui Generalis officio fungatur, est eligendus : 

sive ipsemet Prœpositus eum, cum apptobatione Praeposîto- 

rum Provincialium, sibi substituât; sive tlli cum approba- 

tione duorum Prsepositorum Localium, vel Rectorum unius- 

cujusque provinciae, eum per litteras pluribus sufTragiis eli- 

gant, ad Societatis gubernationem ; cum ea f^cultatê quae 

Generali Tel ipsi Societati, si ea eligeret, communicanda 

vlderetuf. 

7. Sexta locum haberet in qnibusdam casibus (quos spera* 
mus per Dei bonitatem, aspirante ipsius gratia, nunquam 
eventuros] cujusmodi essent peccata mortalia in externum 
actum prodeuntia ; ac nominatim copula carnalis ; vulnerare 
quemquam (c) ; ex reditibus GollegiorUm aliquid ad proprios 
sumptus assumere, vel cuivis extra Societatem donare {d) ; 
vel aliqua stabilia bona Domorum, aut Gollegiorumalienare ; 
vel pravam doctrinam habero. Si quid ergo horum accideret, 

(b) Urgere intelligeDduin est, si Princeps aliquis sscularis id corarel 
et ordinaret Summus Pontifex aliquam tumere digoilatem, non laroea 
ita absolute imperando, ut ostendat le Telle eom ad taie ofBciam admit- 
teodum obifgare. Nam io hojasmodi casiboa, obi eessat^obligatio, noa 
débet, nec potett sine probatione Societaiis eam âdmitlere : aee Soeie* 
(as approbalNt, si Pontifes praeeepto quodl ad peooaton obligeCi mm 
compelleret. 

(c) Ut cum aliquo armorum génère, vel cultello, ?el re qoaTis, cnm 
qna insigtiis laetio infeni potett. 

(d) Id agiiar peciiliariter, at noa det consaoguiQoUi vol eit qai tùù^ 



KBUYIÈIIIB PARTIE. 575 

ea lui pour le plus grand service et la plus grande gloire de 
Dieu ; que ce soit son Confesseur ou quelque autre désigné 
parla Société et jugé propre à cette foncUon. 

5. Le quatrième est que, si on le pressai I (sans Ty obliger 
sous peine de péché) à recevoir quelque dignité, qui le for- 
çât à quitter sa charge de Général (b), il ne pourrait le faire 
sans le consentementde la Société. Et la Société, considérant 
toujours le plus grand service et la plus grande gloire de Dieu, 
ne donnera jamais un tel consentement, à moins qu'elle n'y 
soit forcée par le Saint-Siège. 

6. Le cinquième aurait lieu s'il arrivait que le Général fût 
très-négligent et relâché dans les devoirs les plus essentiels de sa 
place, et cela sans qu'il y eût espoir d'amendement, comme dans 
le cas d'une maladie grave ou d'une vieillesse avancée, auquel 
cas le bien public en souffrirait beaucoup. Alors il faut élire 
un Coadjuteur ou un Vicaire qui remplisse l'office du Géné- 
ral : soit que le Général se le substitue lui-même, de Taveu 
4es Provinciaux, soit que ceux-ci l'élisent pour gouverner la 
Société par la majorité des suffrages qu'ils enverront par let- 
tres, et avec Tapprobation de deux Supérieurs locaux ou de 
deux Recteurs de chaque province. Ce Vicaire aura le pouvoir 
dont le Gépéral ou la Société, si c'est la Société qui le nomme, 
jugera convenable de l'investir, 

7. Le sixième aurait lieu dans certains cas ( que nous es- 
pérons de la bonté Divine et de l'aide de sa grâce ne devoir 
jamais se présenter ) , tels que des péchés mortels qui se 
produiraient au dehors par un acte extérieur, par exemple 
l'œuvre de chair, une blessure faite à quelqu'un (c), l'action 
de détourner à son usage quelque chose des revenus des 
Collèges, ou de les donner à quelqu'un en dehors de la So- 
ciété {d) , ou d'aliéner les biens immeubles des Maisons ou 

(a) Ceci doit s'eateadre d'un Prince séculier, par exemple, qni en- 
treprendrait un tel dessein; du Souverain Pontife, qui ordonnerait d'ac- 
eept^ une dignité, tans cependant ordonner si absolument qu'il mon- 
trât la volonté d'obliger à la prendre. En de pareils cas, où il n'y a pas 
obligation, il ne fant pas accepter sans l'avett de la Société, et la Société 
ne le donnera pas, si le Souverain Pontife n'y force pas par un ordre qni 
oblige sous peine de péché. 

(e) Comme avec une arme quelconque, un couteau, ou tout autre objet 
qui puisse faire une lésion apparente. 

(d) Ceci ist pour empêcher surtout qu'il ne donne à ses proches, ou 



57G CONSTITUTIONS DES jéSHlTES. 

potest ac débet Societas (si de re sufficientissime constaret) 
eum ofïîcio privare, et, si opus est, a Societate removere (e) ; 
in omnibus prae oculis babendo, quod ad majorem Dei ^o- 
riam et universaie bonum Societatis fore judicabitur. 



CAPUT Y. 

De modo quoprocedere débet Societas in m, qtuB ad Presposii 

Generalem pertinent, 

1 . In primis Prœpositi Provinciales, quos Generalis Ipse per 
se constituit, in conspectu Dei considerare et efficere, quod 
universali bono Societatis debent, in prœdictis ad Prapposi- 
tum Generalem pertinentibus, prout in Domino senserint, 
teneantur. 

2. In iis quae ad sumptus et curam corporis ejus» et res 
alias minus graves pertinent, Gongregatione opus non est : 
sed ut Societas viros quatuor ei Assistentes [a), qui discre* 
tione ac zelo communis boni Societatis polleant, constituât: 
qui quidem apud Prœpositum manentes, in conspectu Crea- 
toris ac Domini sui dicere ac efficere^ quidquid circa tria pri* 



jaoctioneui aliqaam saecularem cnm ipso habeot : et ooa praedodilor 
ostiam ut fiât eleemosyna, Tel detar quod cooTenit, ei coi dari debere 
ad Dbi gloriam Generalis seotiret. 

(e) Quooiam qai carain alioram, praBcipae tam uoiTenafem habeoU 
injuste calumniam a mnltis pati varias ob causas po^anot ; diligaaler 
aoimadTertere oportet, ut probationea diciorum defectunin siot, qoaa 
fieri possir, efflcacissims, moralt modo loquendo. 

(a) Professi siot, si commode fieri pnterit. Et si aliqnaodo bajuamodi 
Assistentes (vel altquis eoram) i Pi œpostto recedrreDi, missi ad bine lel 
illam partem, ut cito redenut, neoesse nm erit alioa ia eomra lofom 
aubrogare. Si diu eos abesse oporteret, alii subrogeotur. Vemai Prv* 
podtua Generalis sine gravi causa vtl necessiute eos procul a se mlHen 

"Q d bel. 



NEUVIÈMB PARTIE. 577 

des Collèges» ou enfin, une mauvaise doctrine. En pareil cas, 
la Société peut et doit (si la chose est suffisamment consta- 
tée) déposer le Générai, et, s'il en est besoin , le chasser de 
la Société (e), ayant toujours devant les yeux ce qui sera jugé 
convenable pour la plus grande gloire de Dieu et le bien gé- 
néral de la Société. 



CHAPITRE V. 



1)9 la façon dont la Société doit procéder ^ en ce qui concerne 

le Général, 



\. D*abord les Provinciaux que le Général établit par lui- 
même , seront tenus d'examiner devant Dieu et d'exécuter, 
selon qu'il leur paraîtra utile dans le Seigneur, ce qu'ils 
doivent au bien général de la Société, d'après les règles de 
conduite que nous venons d'énumérer relativement au Gé- 
néral. 

2. Quant à ce qui concerne les -dépenses, le soin de sa 
personne, et les autres choses de moindre importance, il n'y 
a pas besoin d'Assemblée ; la Société nommera quatre Assis- 
tants (a) doués d'une grande discrétion et d'un grand zèle 
pour le bien commun de la Société , et qui , résidant auprès 
du Général , seront tenus devant leur Créateur et leur Sei- 



à cenx qu'uait avec lui quelque lien séculier ; on ne ferme pas la porte à 
raumône, oa n'enipécbe pas de donner ce qn'ii convient, à ceux à qui le 
Général penserait qu'il doit donner pour la gloire de Dieu. 

(e) Gomme ceux à qui est confié particulièrement le soin général des 
antres, sont exposés à subir pour différents motifs d'injustes calomnies , 
il faut veiller avec soin à ce que les preuvf s des accusations soient les 
pins péremptoires possible : nous l'entendons au sens moral. 

(a) Que ce soient des Profës si Taire se peut. Si par basard ces As is- 
tants, ou quelqu'un d'entre eux, s'éloignaient du Général pour une mis- 
sion ou une autre, de façon è revenir bientôt, il ne sera pas nécessaire 
d'en nommer d'autres à leur place. S'ils doivent s'absenter longtemps, 
qu'on leur en substitue d'autres. Mais le Général ne doit pas les envoyer 
loin de lui, à moins d'un motif grave ou d'un besoin pressant. 

52. 



$78 CONSTITOTlOir^ l>IS^ JÉaUlTES. 

ma in {Mr^ecedenti Capite dicUi ad majo^em Qei glocMi Cofi 
sea«erinti t^na^tuv* 

5. Ëlactio vero quatuor hujusmodi AsaUtentium, ^ororn 
erit qu^ Prwpoftituru aligeot^ quanda ad id congregaDtur. 
Quod si vel mortem obiret, vel a Praeposito G6i»erali diuUui 
abesse propter causas graves, aliquem ipsorum oporteret ; 
non repugnantibus Provincialibus Societatis, Praepositus Ge- 
neralis alium substituet, qui cum approbatione omnium yel 
majoris partis eorum, maaebit in demortui vel absentis 
loco. 

4. Tertio, si accideret aliquod ex peccatis (avertat id Deus) 
qu» sufûciunt ad Praapositum offtcio sua privandupi ; simul 
atque res per testimonia suiïicientia vel ipsius affirmationem 
constaret, juramento obstringantur quatuor Assistentes ad 
id Sociçtati denuntiandum, et cum omnium yel certe Irium 
subscriptionibus, Gongregationem, id est^Praepositos ProYin- 
ciales cum duobus aliis, quos singuli ex sua Provincia secum 
adducent (qui çongrçgari tenebuntur) conyoçandam (6). Et 
si res diyulgata et communiter manifesta esset; non expec- 
tata quatuor Assistentium convocatione, Provinciales, aliia 
alios vocando, convenire deberent. Et ipso primo die quo in 
locum hujusmodi Gongregationis ingredientur, ubi adenint 
quatuor illi qui convocarunt, cum aliis congregatis, rem ils 
aggrediatur cui omnia notiora sunt, et accusatio dilucideexpli- 
cetur : et postquam auditus fuerit Praepositus, foras egredi 
debebit, etantiquissimusex Provincialibus, simul cum Secre- 
tario et alio Assistente de tota re scrutinium faciat ; et primo 
quidem an constet de peccato quod objicitur ; deinde an hu- 
jusmodi sit ut propter id privari officio debeat ; et idem suf- 
fragia promulget, quae, ut sufficiant, duas tertias partes ex- 
cédent ; et tune statim de alio eligendo agatur, et, si fieri 
potest, non prius inde egrediantur, quam Societas Generalem 
Praepositum habeat : et si eo die res transigi non poterit, in 
sequenti, vel quam expeditissime fieri poterit, eo modo quo 
in octava Parte dictum est, transigatur. 

• 

(b) Rem nihilomioas secretam teneant, qaantniii fleri poterit, ctuB 
aMis etiam ejosdem Societatis, doocc ?eritas eluceat : ut, si cerinm 6H6 
quod quatuor sibi persuaserant non ioTeniretur, iojusta infamie noU 
Praspo^iio doo iuuratur. 



NEUVIÈME PARTIE. 579 

gneur de dire et d'exécuter tout ce qu'ils jugeront devoir 
être utile à la plus grande gloire de Dieu relativement flux 
trois premiers articles du Chapitre précédent. 

5. L*élection de ces quatre Assistants appartiendra à ceux 
qui éliront le Général , quand ils s'assembleront pour l'élire. 
Si l'un d'eux mourait, ou sa voyait forcé par des affaires 
graves de rester trop longtemps éloigné du Général , le Gé- 
néral lui-môme» de l'aveu des Provinciaux, lui en substitue- 
rait un autre qui résiderait en sa place , avec l'approbation 
de tous ou de la majorité. 

4. Troisièmement, s'il arrivait quelqu'un despécbés (Dieu 
veuille l'empêcher] qui suffisent à faire déposer le Général ; 
dès que la chose aura été constatée par un nombre suffisant 
de témoignages ou par son aveu méme> les quatre Assistants 
seront tenus par serment de le dénoncer à la Société et, avec 
Vapprobation par écrit d'eux tous , ou au moins de trois 
d*entre eux , de convoquer une Assemblée, c'est-à-dire les 
jproyinciaux et deux autres membres que chacun d'eux 
amènera de sa Province (6), et ils devront s'assembler. Et si 
la chose se divulgue et devient publique , sans attendre la 
convocation des quatre Assistants , les Provinciaux devront 
s'assembler en se convoquant mutuellement. Et dès le pre- 
mier jour qu'ils entreront dans le lieu de cette Assemblée , 
où se trouveront les quatre qui l'auront convoquée, avec 
tous les autres assemblés, celui qui connaîtra le mieux l'af- 
faire l'abordera, et développera clairement l'accusation. 
Après que le Général aura été entendu , il devra sortir de 
l'Assemblée, et le plus ancien des Provinciaux, avec le Secré- 
taire et un antre Assistant , ira au scrutin : premièrement, 
pour savoir si le péché dont on accuse le Général est con- 
stant , puis s'il est de nature à mériter la déposition ; cela 
fait, il promulguera les suffrages, dont la somme devra être 
de plus des deux tiers ; on s'occupera aussitôt de l'élection 
^'un autre Général , et , si faire se peut , l'Assemblée ne se 
séparera pas avant que la Société ait un nouveau Général ; 

(h] Néanmoins I qu'ils tiennent la chose secrète autant que faire se 
pourra, même aux autres membres de la Société, jusqu'à ce que la vérité 
Àe fasse jour, afin que, si ce qu'ils auraient cru tous les quatre ne se 
trouTait pas avéré, le Général ne fût pas injustement flétri d'une note 
d'infamie. 



580 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 



5. Si defectus deprehensi non fuerint ejusmodi, ut prÎTan- 
dus oflicio suo (c), sed tantum corrigendus yideretur ; qua- 
tuor eligantur, quibus cura injungatur considerandi qu» 
correctio ei conveniat, et si non convenirent, parîbus soffra- 
giis existentibus, quintus adjungatur, vel très alii, ut quid 
in Domino conveniat, constituant. 

6. Si accideret Praepositum Generalem ad Societatis gaber- 
nationem esse inutilem ((f), re partim coram eo et partim ia 
ejus absentia agitata, dispiciatur an eligi Yicarium absoluU 
cum potestate, quamvis sine nomine Praepositi Generalis 
(quam diu vixerit qui tune erat) oporteat : et id, si pluribos 
qnam dimidiae parti sufTragiorum viéum fuerit, sic ageodum 
erit. Si id necessarium fore non judicarent, videndum erit 
an praeter ministres illos, quorum opéra Generalis utebatur, 
Societas alios providere debeat ; ut sublevato magis eo et ad- 
juto, non desideratur quod ad gubernationem Societatis con- 
yeniret. Et ea in re sequi oportebit quod plus quam média 
pars eorum qui congregati sunt statuent. Si ageretur de di- 
gnitate, quam ut plurimum pati non potest Praepositi oOl* 



(c) Gam defectos ad depositiooem suffideotes non deprebeiideDliir« 
aliis de rébus agatur, propter qaas oûoyoca'a Societaa Tideatar; al 
qaod ad Prœpositam' attinet, dissimaletar : inoo, qnoad ejiif fleri poftarit» 
nuUo tempore diyalgari débet. Et sic, cum coaTOcantur, pnemoneri et 
post rem discassam serio injongi consciia, et praeserlim ProTindalibos 
cportet, ne cui indiceot. Et cum constilotum fuerit illuoi offldo priva e, 
tune etiam cum Prœposito Grnerali srcreto sgendum est, ut ipéemel 
officie se abdicf t ; ut hoo promulgari, et peccatnm ac ofBcii propter 
peccatuno privatio occnllari possit. 

(d) Omnlno estet inutilis qui osu rptioois careret, qniqne la moitiiai 
minime cnrabilem incidisiet, tamquo gravera ut rébus sui ofBdi facars 
non posset, nec aliquindo Taraturus speraretur. Si niorbnt talis non 
esset ut de sanititedespnraudiim Yideretur, sine Gongre^atiooe generaU 
Vicarlus per enmdem Praspositum posset constilui, nt iptlus ofOcio, 
doneo conTale»ceret, omnino fungeretur; et recupcrata saniUte«oott- 
<^cssa d priiis racultas cessabit. 



NEUVIÈMR PARTIE. 381 

et si raJBTaire ne peut se terminer ce jour-là même, qu^elle 
s'achève le jour suivant , ou le plus promptement qu'il sera 
possible, de la manière que nous avons dite dans la huitième 
Partie. 

5. Si le péché dont on accusait le Général n'avait pas été 
Jugé de nature à entraîner la déposition (c), mais seulement 
correction , on choisirait quatre personnes chargées d'exa- 
miner quelle correction conviendrait ; si elles n'étaient pas 
d'accord, et que leurs suffrages Aissént également partagés, 
une cinquième leur serait adjointe, ou trois autres, afin 
qu'on décidât ce qui conviendrait selon le Seigneur. 

6. S'il arrivait que le Général devînt incapable de gouver- 
ner la Société (d), la chose ayant été discutée, partie devant 
lui, partie en son absence , on examinerait s'il faudrait un 
Vicaire qui aurait pouvoir absolu , quoique sans prendre le 
nom de Général ( tant que l'autre vivrait); et si cet avis réu- 
nissait plus de la moitié des suffrages, il le faudrait exécuter. 
Si on ne jugeait pas que ce fût nécessaire , on verrait si la 
Société ne devrait pas ajouter d'autres ministres à ceux que 
le Général avait déjà, afin que, plus soulagé encore et mieux 
aidé, il ne laissât rien à désirer de ce qui convient au gouver- 
nement de la Société. Et il faudra suivre en cela ce qu'aura 
décidé la plus grande partie de l'Assemblée. S'il s'agissait 
d'une dignité, incompatible d'ordinaire avec l'office de Gé- 



(e) Lorsqu'on De découvrira pai de fantet snf lisantes pour la déposi- 
tiOD, il faudra traiter d autres matières pour lesquelles la Société cem- 
blera avoir été cooTOquép, et l'on cachera ce qui coDceroe te Général; 
et autant que faire se pourra, on ne le laissera jamais divulguer. Aussi, 
lors de la conyocatioo, on recommandera et après la discussion on or- 
donnera positiTemenk à ceui qui seront au courant de tout, et surtout 
aux Provinciauf, de ne rien révéler à personne. El lorsqu'on aura dé- 
cidé de déposer le Général» on traitera secrètement avec lui pour qu'il 
donne sa démission, afln qu'on puisse en répandre le bruit, et taire la 
faute et la déposition qui en a été la suite. 

(d) Celui-là serait absolument incapable qui serait privé de l'usage de 
sa raison, on qui serait tombé dans une maladie incurable, et si grave 
qu'il ne pourrait vaquer à ses fonctions ni laisser l'espoir qu'il les reprit 
un jour. Si la maladie n'était pas de nature à faire désespérer de sa gué- 
rison, le Général, sans la Congrégation, pourrait établir un Vicaire qui 
remplit toutes ses fonctions jusqu'à sa guérison , et le pouvoir qui lui se- 
rait accordé cesserait avec la maladie du Général. 



nB% CONSTITUTIOKS VW JOUITES. 

eiuiD » si non compulerit laliii Obedientia Suinml ^loiitifleit, 
qu» ad peccatum obligare posset ; res in oonsaltationem lia 
adducatur ; sed id omnina tanquam oertum tenenduni e^ nec 
debere, nec posse consensum ad hujusmodi dignitatem ad- 
mittendam prœslari (e). 

CAPUT VI. 

De Us quw jupare poterunl Prœpositum General^t tU suù ofjkio 

bene fungcUur^ 

1. Gum proprium Generalis officium non sit concionari, 
nec Gonfessiones audire, nec alla hujusmodî ( in quibus ta- 
men ille, ut particularis persona Yidebit,quid praestare posait, 
cumeiper alias occupationes ofiicii sui proprias licebit, et non 
aliter), sed ita regere universum bujus Societatis [corpus, ut 
conservetur, et, gratia Divina aspirante, in bono suc statu 
et modo procedendi ad Dsiet Domini Nostri gloriam crescat; 
ad quem sibi propositum finem sua poteatate uti deberet (a). 

2. PrsBter dona illa perfectionis mago» spiritualis ac yir- 

(e) HiDC apparet necessariam non esse ad hoc statnendum, ad Gon- 
grfgationfm vemire : nisi Obedientia Sedit ApotloHe» interofderet, qo» 
Prœpositain vel Societatem (ut diclum est) ad peoeatum oMigel, niai ita 
ad «ffectnin perdueatur. 

(a) Hoc pfa»t8bii in primis aactorilate, et f xemplo Tila» sa», et cha- 
rilate ae diieclione Societatis in Ghristo Domino Nosiro, et oralioM 
assidna ao desidiriit plena, et Saeriflciis, qua» graliam cooserfaUonis el 
aogmenti bnjnsinodi impetrent; et ex lis quœ prastare ipae potest, boe 
maxtdil momenti apnd eani fsae débet, ei in qoo pUtrimnm in Doniao 
ronOdat. Est enioi in primis efflcax ad gratiani a Dit ina Maje stala Im- 
petraodam, a qua quod expetitur procedit : idque poiicsiaMsin iMlet, ean 
nécessitas eecurrerit : tnm etlam id fadet, solHeitudineas adkibendasd 
GonstitnilMiaffl obser? alioneiB ; injnngendo creiiro siM ntioneas raddl 
coram, quas In Pro? indis omuilMii gerantnr per Profineialea : acrihanie 
eisdem quod seotit de relHis ad se relatia ; et cnrando nt profidfilBr 
«hi eoBfenil, per se et niolstros; de qoiboa agetnr. 



tiéral , et que robéidsance due au Saint-Siège , qui pourrait 
obliger 60U9 peine de péché> ne contraignit pas à l'accepter, 
on ne mettrait pas même la chose en délibération , tenant 
pour certain qu'on ne peut ni ne doit consentir à recevoir 
une pareille dignité («). 

CHAPITRE VI. 

A tenœ qui peuvent aidtr le Génére à bien remplir son dewdr. 



) . Gomme te devoir essentiel x!u Général D'est ni de prê^ 
cher) ni de conresser, ni de remplir un autre oOioe du même 
genre ( ce qui ne l'empêchera pas de voir en son particulier 
ce qu'il en pourra faire, lorsque ses autres occupations le 
permettront, et jamais autrement); comme il doit seulement 
gouverner le corps de la Société de telle façon qu'elle se 
conserve et que , par la grâce de Dieu > elle croisse heureu- 
sement et grandisse pour la gloire de Dieu et de N.-S. , il 
doit tendre de toutes ses forces à cette fin (a). 

2. Outre les dons qui ont été mentionnés dans le deuxième 

le) On Voit pur là tiu'îl n^est pas nécesnire èe rétinfr one Gongréga- 
(!on pour i(atner-là dessuft, à moins que l'autorité du Siège Apostolique 
ti'intervieiMte pour" obliger le Géaéml ou ta Société vous peine de péchés 
à raccoiuptisieiBeDt de l'affeire. 

(a) Il en Tiendra surtout à bout par l'autorité et l'exemple de sa Tte, 
par sou amour et son affection pour la Société en J.-C. N.-S., par une 
prière assidue, pleine de désir, et par ses messes , toutes choses qui lui 
obtiendront la grâce de conserver et de faire grandir l'Institut, et de 
tout ce qu'il peut faire par lui-même; c'est ce qui doit avoir le plus 
dMfflpoftance à ses yeui et lui inspirer le plus de confiance dans le Sei- 
finear. IT est-ce pa^ là en effet ce qu'il y a de plus efficace pour obtenir 
des grâces de la Majesté Ditîne qui en est la dispensatrice? LeGénéral y 
aura lartoot recours en cas de nécessité et il ne négligera pas ce moyen» 
toHten veillant À l'observatioB des Gonttitutioos, en se faisant souvent 
rendre compte de ce que sont les Provinciaux dans leurs provinces, en 
écrivant à ceui-ci ce qu'il pense de ce qui lui a été rapporté, en ayant 
si>in de pourvoir à tout ce qui sera nécessaire par lui-même ou par sea 
Ittittiitties dont ott Ta perler» 



5S4 CONSTITUTIONS DBS JÉSUITES. 

tutum, de quibiis secundo Capite dictum est, bonis etiam 
ministris ad munera particularia obeunda opus habet. Quam- 
vîs eDim per seipsum aliquando in illis yersetur ; habeal ta- 
men necesse est Praepositos inferiores (quos viros selectos 
esseoportet) quibus multum potestatisconferre, et hujusmodi 
res particulares fere semper committere possit. Ejus autem 
crebrior communicatio inter Praepositos inreriores cum Pro- 
vincialibus erit, horum autem cum Rectoribus et PraBpositis 
Localibus, ut melius subordinatio conservetur. Aliquando 
tamen Generalis, yel ut pleniorem rerum omnium Dotiiiam 
habeat, yel propter alia qus sœpius accidere soient, îpsemet 
cum Rectoribus, PraBpositis Localibus et particularibus etiam 
personis aget; eosdemque consilio, reprebensione, et, si opos 
est, correctione juyare studeat, quandoquidem ejus est mu- 
nus defectus Praepositorum inreriorum supplere; ac cum 
Divine favore et auxilio, quod in ipsis perfectum non est ad 
perfectionem perducere. 



3. Ad omnia etiam conferet, si Generalis Litteras Aposto- 
licas, et concessiones omnes quae ad Institutionem, facultates, 
yel privilégia Societatis pertinent ; et quoddam eonim com- 
pendium apud se habuerit : catalogum itidem unum omnium 
Domorum et Gollegiorum Societatis, cum suis reditibus, et 
alterum personarum omnium quœ in quavis proyincia ver- 
santur, non solum Professorum et Goadjutorum qui fonnati» 
ac Scbolarium qui approbati dicuntur ; sed etiam illorum qui 
in Probationibus exercentur ; ubi eorum nomina et quali- 
tates scribantur : et hune catalogum renovandum singulis 
annis, si convenire videbitur, curabit. Et demum omnia per- 
specta habeat, ut in omnibus rébus melius possit quœ ad glo* 
riam Divinam pertinent, providere. 

4. Quod in universum in sexta Parte, Gapite tertio dicitur, 
eos qui de Societate sunt, negotiis saecularibus, licet pia alio- 
qui essent, implicarî non debere ; id Generali magis quam 
reliquis omnibus convenit : ne in eis, yel aliis etiam rébus, 
piis quidem, sed ad Societatem non pertinentibus (6), ita oc* 
cupari se sinat, ut tempus ac yires ad ea qu» pertinent ad 

(b) Hoc iotelligeDdiiin eit quatenas dioinarl poteraat* Sed denom 



NEUVIÈME PARTIE. 5S5 

Chapitre, dons d*u ne grande perfection spirituelle, dons de 
certaines vertus , le Général a besoin de bons ministres pour 
Faider dans ses diverses fonctions. Car, quoiqu'il s'en occupe 
quelquefois par lui-même, il faut cependant qu'il y ait des 
Supérieurs subalternes (et ce seront des sujets d'élite) aux- 
quels il puisse confier un grand pouvoir et remettre presque 
toujours les affaires particulières. Parmi les chefs qui lui 
sont subordonnés , les Provinciaux sont ceux avec lesquels il 
entretiendra les plus fréquentes communications : de même 
feront les Provinciaux à l'égard des Recteurs et des Supé- 
rieurs locaux , aOn de mieux maintenir la subordination. 
Quelquefois cependant le Général, soit pour avoir une con- 
naissance plus complète de tout , soit pour d'autres motifs 
dépendants des circonstances , s'adressera directement aux 
Recteurs , aux Supérieurs locaux ou à de simples individus , 
et il soutiendra leur zèle par ses conseils, ses réprimandes, 
et , s'il le faut , par une correction ; puisque son devoir con- 
siste à réparer les manquements des chefs inférieurs et, avec 
le secours et l'aide de Dieu, à conduire à la perfection ce qu'il 
y a d'imparfait en eux. 

5. Pour tout cela , il sera bon que le Général ait entre les 
mains les Lettres Apostoliques et toutes les Concessions qui 
concernent l'Institution^ les pouvoirs et les privilèges de la 
Société , et une sorte d'abrégé du tout ; de même un Tableau 
de toutes les Maisons et Collèges de la Société, avec leurs 
revenus; un autre de tous les individus employés dans cha- 
que Province, non- seulement des Professeurs et de ceux 
qu'on appelle Coadjiiteurs formés ou Écoliers approuvés, 
mais même de ceux que l'on éprouve dans les Noviciats : ce 
Tableau comprendra leurs noms et leurs qualités, et il sera 
renouvelé tous les ans si le Général le juge convenable. En- 
fin il aura toujours tout sous les yeux, afin de pourvoir à tout 
le mieux possible pour la gloire de Dieu. 

4. Il a été dit en général , au troisième Chapitre de la 
sixième Partie, que les membres de la Société ne doivent 
point se mêler d^affaires séculières , quoique pieuses d'ail- 
leurs ; cela s'applique au Général encore plus qu'à tout autre : 
il ne doit pas s'occuper d'affaires pareilles ni d'autres , quoi- 
que pieuses, mais étrangères à la Société (6), au point de n'a- 

{b) Ce qai doit s'entendre» aatant qu'il pourra l'eTÎter. Mais en tout 

55 



386 CONSTITUTIONS DKS lÉStJITBS. 

ipsitts officium (quod quidem magis quam totam bominem 
requirit) eum destituant. 

5. Sed neo in executione ministeriorum particulariam ad 
Societatem pertinentium (c) , quae per alios efQci possanl, 
magnopere occupari deberet : cujasmodi esset peculiaris ali- 
cujus Domus cura, quod ad sustentatioDem temporalem et 
gubernatioûem ejus attinet : quia potius, ut superius dicitur, 
suos quoYis in loco, etiam ubi ipse residebit, Officiâtes ha- 
beat» in quos si totam curam non rejecerit» sublevetur œrte 
ab eis et hujusmodi curae occupatione liberetur. 

6. Sic etiam in quavis provincia eos habeat Provindales 
tam probataB fidei, ut qui Inteiligit magna ex parti ex his et 
Localibus bonam gubernationem Societatis pendere. Gum au» 
tem illi taies fuerint, laborem cum illis, in rébus quae id pa- 
tiuntur dividendo, et de omnibus grayioribus certiorem ae 
fiericurando, plusotii ac temporis sibi relictum ut rébus uni- 
yersalibus vacet» quae solus ipse obire potest, intelliget : plus 
etiam lucis ad perspiciendum quid in illis facto opus sit, si 
jpsius intellectus eam lucem qua donatus est, ex parte non 
amiserit; ut eis acciditqui plus œquo in rébus particularibus 
ac exiguis occupantur ; unde opprimiet debilior reddi intel- 
lectus acies ad res universales perspiciendas solet 

7. Nec solum Praspositus Generalis ad res particulares (ut 
dictum est ) ministris opus babeat ; sed etiam ad universales 
et sui officii proprias, ut eis bene ac suaviter possit satisfa- 
cere (d), Habeat igitur necesse est, qui multa in memoriam 



prudentia docebit nam per leaut alios de Societate, debeat DODnunqQwn 
aliquorum piorum operom quae ad Societatem non pertioeot, curam 
soscipere : Tel quod magni sint momenti la Bu obspquio, Yel io gratiam 
corom qui id impetrare studeot. 

(c) Prsscribere ordioem qui teoendas est (si talis non enet, qnalii 
coDYeniret) nbi retilet et etiam aliis in loeis, Pr»pOBiti Generalb ol : 
aed eiecutio aliis, ot dicltur, demandabitar. 

(d) Quooiam qui cum tam roultis bominibus, deque reboi lam Tariis 
et tanti momenti agere débet, ai aliorum ministerio non j'ivaretur, odoi 
ferret intolerabile, quod ne magna quidem cum distractione aDÎmi, et 
saoitatis ac longforis vitae dispendio bene posset sustinere ; et sic videra 
est eo« omnes quibus gubernaiionum alicujus momenti cura eal chd* 
tnlna, qaoilUa Miisfacere possint, oMliSa ad M •iiiUUaiQb!wari. Unk 



NEUVIÈME FARTIE. 587 

voir plus de temps ni de forces pour remplir ses fonctions, 
qui exigent plus que Tbomme tout entier. 

5. Il ne doit pas se laisser préoccuper outre mesure d'af- 
faires particulières du ressort de la Société (c) , mais qui se 
peuvent faire par d'autres, comme le soin tout spécial d'une 
Maison, son entretien matériel et son administration : il vaut 
mieux , comme on Ta dit plus haut , avoir en chaque lieu , 
même celui de sa résidence, des Ofttciers, et sans rejeter sur 
eux toute la besogne , se soulager d'une partie et se délivrer 
des soins de cette nature. 

6. Il devra aussi avoir en chaque Province des Provin- 
ciaux d'une fidélité éprouvée, sachant bien que c'est en 
grande partie d'eux et des Supérieurs locaux que dépend la 
bonne administration de la Société. Quand il en aura de sem- 
blables , alors partageant le travail avec eux dans les affaires 
qui le comportent , et se faisant informer des plus importan- 
tes , plus il lui restera de temps et de loisir pour les affaires 
générales que lui seul peut diriger, plus il verra distincte- 
ment tout ce qu'il y aura à faire, son esprit n'ayant pas perdu 
une partie de ses lumières, comme il arrive à ceux qui s'oc- 
cupent trop des détails minutieux : leur intelligence dépri- 
mée et affaiblie n'a plus une vue assez perçante des affaires 
générales. 

7. Ce n'est pas seulement pour les affaires de détails (comme 
on l'a dit ) que le Général a besoin d'aides, mais aussi pour 
les affaires générales et qui rentrent dans ses fonctions, afin 
de pouvoir s'en acquitter bien et sans trop de fatigues (d) ; 

cas la prudence lui apprendra s'il doit, par lui-même on par des mem- 
bres de la Société , prendre la direction d'œuTres pieuses étrangères à la 
Société, soit comme très-importantes pour le service de Dieu, soit pour 
faire plaisir à ceux qui l'en solliciteront. 

(c) C'est au Général de prescrire l'ordre qu'on doit observer au lieu 
de sa résidence et même ailleurs (si cet ordre n'était pas convenable); 
mais rexécution, comme on le dit ici, en doit être conQée à d'autres. 

(d) Autrement, obligé d'être en relation avec tant de personnes, de 
•'oceuper d^ choses si diverses et si importantes» s'il n'était soulagé par 
quelques subalternes, il porterait un fardeau intolérable, impossible à 
soofcenir même avec une grande tension d'esprit et au détriment de sa 
santé et de ses jours : aussi voit-on tous cenx auxquels est confiée une 
administration de quelque importance « s'aider de beaucoup de secours 



388 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

reducendo, ad sollicitudinem curandi res tam multas offldi 
sui; qui etiam concilioad eas ordinandas ; demnm qui diligen- 
lia ac labore ad ea opère complendas adjuyet. Id enim com- 
pertum est, quod nec \iri iinius memoria tam multarum 
rerum recordationi satis sit; nec si id prœstaret, unius intel- 
lectus ad easdem bene considerandas et ordinandas salis 
esset, nec, quamvis et hoc posset, vires unius ad easdem exe- 
quendas sufOcerent. 

8. Âd primum illud de sollicitudine omnîa curandi, aliquo 
ministro ei opus est, qui ordinarie apud ipsum maneat (e) ; 
qui pro memoria etmanibus illi sit, ad omnia quae scribenda 
et tractanda fuerint, ac breviter ad res omnesoflicii sui obeun- 
das ; qui induat Prœpositi personam ; et praeter potesta- 
tem, totum ofQcii ejus pondus bumeris suis impositum esse 
existimet. 

9. Hic Prœpositi minister vir esse sollicitus, et discretio- 
nis, et> si fieri posset, doctrin» dono, et specie bonesia ac 
modo agendi verbo et litteris cum oroni bominum gênera, 
prœditus esse deberet ; quique in primis esset vir cui confi- 
denter quidvis committi posset ; quique Societatem in Do- 
mino diligeret : quo utilius ejus opéra acministerio utiPne- 
positus Generalis ad gloriam Divinam valeat. 

10. Secundum auxilium, videlicet consilii ad res graves qiuB 
se offerunt ordinandas et constituendas, quam sit GeneraU 
Prseposito necessarium, ex earum multitudine, et ex humani 
intéllectus natura, qui tam multas in partes consideratione 
dividi nequit, vel certe ad id quod oportet in eis partibus 

€t Generalif, ut ben^ , czpediteet soaviter snam ofnciuin faciat, ebdcm 
indiget auxiliii. 



(e) Huju5 offiiiam erit, rxoTinibusliUerifetioformiilionibQS 
in paiica redigere, et oapita eorum que Saperiori profio tenda tuoi» et 
quœ postulant at respoudealur vel aliquid agalar ; et protit $e eilen 'et 
muons a Gênera li roaimissnrn, litteris poterit respondere; sIfeGeneralis, 
aive ipse Secretarius de ip^ins commisslone, efls subscribat; et GeoeraK 
eas vel secnndum (Jus volutitatem As&istentibas , Tel alicul eoram.aut 
etiam nulli ostendal; prout res ipca» de quibus scribiiuri et ratio 
personsB Sécrétai ii czigunt. 



NEUVIÈME PARTIS. 589 

il faut doac qu'il ait quelqu'un qui , en aidant à sa mémoire 
sur beaucoup de points, lui rappelle les soins qu'exigent tant 
d'affaires, qui l'aide de ses avis à les régler et de son exacti- 
tude et de son activité à les terminer. Il est certain, en effet» 
que la mémoire d'un seul homme ne suffirait pas à retenir 
tant de choses , et que tout cela fût- il, une seule intelligence 
ne suffirait pas à les bien méditer et les bien ordonner : et 
même , en ce cas, les forces d'un seul homme ne suffiraient 
pas à tout exécuter. 

8. Pour ce premier devoir, l'attention à veiller à tout, il a 
besoin d'un aide qui réside ordinairement près de lui [e), qui 
lui serve de mémoire et de main pour tout ce qu'il a à écrire 
ou à traiter, et pour remplir avec promptitude ses fonctions 
dans toute leur étendue, qui représente le Général et, l'auto- 
rité à part, se regarde comme chargé de tout le poids de son 
office. 

9. Cet aide du Général devra être un homme vigilant, 
plein de discrétion, et, si faire se peut, de savoir, d'un exté- 
rieur convenable, habitué à traiter de vive voix ou par écrit 
avec toute sorte de personnes :• ce doit être avant tout un 
homme auquel on puisse tout confier sans crainte, et aimant 
la Société dans le Supérieur, afin que le Général puisse tirer 
de son concours et de son travail plus d'utilité pour la gloire 
de Dieu. 

10. La nécessité du second secours, savoir les avis pour 
ordonner et régler les aff^aires graves qui se pourront ren- 
contrer, se comprend facilement vu la multitude des affaires 
et la nature de l'intelligence humaine, dont l'attention ne 
peut se diviser entre tant de parties, ou du moins ne suffit 

poar pouvoir y sufOre. Le Général n'a pas un moindre besoin d'auxi- 
liaires pour remplir ses fooctions avec convenance et promptitude, et 
sans trop de fatigue. 

(e) Son devoir consistera à faire en quelques mots nn résumé de toutes 
les leltres et de tons les renseignements, des choses à proposer au Supé- 
rieur ou qui demandent qu'on réponde on qu'on agisse : selon les pou- 
voirs que lui aura donnés le Général, il pourra répondre aux lettres, 
soit que le Général signe les lettres ou le Secrétaire d'après sa délégation, 
et après qu'il les aura montrées au Général ou selon ses ordres aux As- 
sistants, ou à quelqu'un d'entre eux , ou même à personne, eu égard à 
la nature de l'affaire qui fera écrire et à ce que sera le Secrétaire lui- 
même. 

55. 



590 CONSTITUTIONS PES JÉSUITES. 

dispkiendum ac Providendum non8uffîcit,potest inteUigi/ 
tur ergo peraecessarium, ut aliqui sint apud Superlorem ¥in 
lit^eris et omnibus aliis DEidoois clari, qui et assistant, et coq- 
siders^ndi peculiarisolUcitudiue res universalesSocietatis aGe- 
nerali commissas, curam habeant ; quam ilUs posset di videre, 
quo accuratius res oa^ues perspiciant, ut unus rerum Indianim 
inspiciendarum, alter Hi&paai» «t Portugaliae» et alias Ger* 
inaoi^ et Galliœ^ et alius Italiae et SioîliaB curam haberel, et 
sic de aliis ; quando Societas in plures partes spargeretur. 
Quisque autem ex eis peculiari oratione et suis in sacrificiis 
recordatione, Dso partem illam sibi specialit^if comnûssam 
commeodare débet ;, et considerare quid in ea magis ad id 
consequendum, quod sibi Societas proponit , juvare posset. 
Conferendum etiam cum aliis esset, si quid ad rem dcere 
magnopere videretur. Res autem inter se discussas Geoerali 
referre possent (/). lidem etiam attenderent in rébus qu» vei a 
Prseposito, vel etiam a Secretario Societatis proponerentur, 
ut magis inter ipsos discussœ Superiori referantur. Et in uni- 
yersum [in considerandis et tractaudis rébus, tam ad doctri- 
nam quam ad praxim pertinentibus, qu® altiorem conside- 
rationem postulant, juvare Praepositum ac sublevare debeot. 
Prêter id autem, et quod rébus multis melius provideri per 
illos poterit, praedicationi, lectioni,,Confessionibus audiendis, 
et aliis bonis ac piis operibus ad Dei gloriam et animarum 
|LUxilium vacare poterunt. 



41. Numéro autem hujusmodi Assistentes tune quidam 
quatuor erunt; et quidem illi i psi esse poterunt de quibus 
superius dictum est. Quamvis autem res graviores cum eis 
tractand» sint, statuehdi tamen facultas, postquam eos au* 
dierit, pênes Praepositum Generalem erit. 

12. In tertio auxilio, videlicet diligentiaB ad exequeodum 



(/) Etiam res icribend» majoi is momenti^ et instrnctiones eoraa qui 
bue et Uluc mittoatar, cam bis« antequam scribereolur postent coalerri: 
quodque eis Yideretur • posset Secrets rios Saperiori referre : et Itoloiih 
dem ia iis qo» ad doctnaam perllaent. Hœc aatem noa solam sublers* 
sent Generalem, sed etiam r«bas illis quae ab ipio coostitaereetar« OMijo- 
rem aactoritatem afferreot. 



NEUVIÈVE PARTIE. 591 

eertamement pas à saisir dans chacune ce qu'il faut faire» et 
à y pourvoir, 11 semble donc tout à fait nécessaire que le Su- 
périeur ait auprès de lui quelques sujets distingués par les 
talents et tous les autres dons de Dieu, pour l'assister et pour 
méditer ayec une attention toute particulière les affaires gé* 
Dérales de la Société qu'il leur confie : le Général pourrait les 
leur partager afin qu'on en vit avec plus de soin toutes les par- 
ties: un d'entre eux dirigerait les affaires de Tlnde, un autre 
celles de l'Espagne et du Portugal, un autre de l'Allemagne 
et de la France, un autre de l'Italie et de la Sicile : et ainsi 
des autres, si la Société était divisée en un plus grand nom* 
bre de parties. Chacun d*entre eux, par une prière spéciale 
et une commémoration dans ses messes, doit recommander 
à Dieu la partie qui lui est spécialement confiée, et chercher 
en quoi elle peut surtout contribuer à atteindre la fin que se 
propose la Société. Ils devraient aussi conférer ensemble, si 
cela paraissait de quelque utilité ; ils pourraient aussi rendre 
compte au Général des choses discutées entre eux. Ils s'occu- 
peraient également des affaires que leur soumettrait le Géné- 
ral ou bien le secrétaire de la Société, pour en rendre compte 
à leur Supérieur après les avoir traitées ensemble (/}. En 
somme, en examinant et en traitant les affaires tant de doc- 
trine que de pratique qui exigent une mûre réflexion, ils 
auront pour but d'aider et de soulager le Général. Mais, outre 
cela, et outre qu'ils pourront très-bien pourvoir à une foule 
d'affaires, ils pourront encore vaquer à la prédication, à l'en- 
seignementy aux Confessions, à d'autres œuvres saintes et 
pieuses, pour la gloire de Dieu et le secours des âmes. 
. 41. Le nombre des Assistants sera de quatre : ce pourra 
être ceux-là même dont on a parlé plus haut. Quoique les 
affaires les plus graves doivent être traitées avec eux, le pou- 
voir de statuer, après les avoir entendus, appartiendra tou-* 
jours au Général. 

12. A l'égard du troisième secours, savoir dû soin à exécu- 

(f) Les choses à écrire d'aoe grande importaDce et les instriictions 
de «eux qui sont envoyés en missioa pourraient étra discutées par eux 
avant d'être mises par écrit : le Secrétaire pourrait rendre compte de 
leurs avisa son Supérieur; et de même pour ce qui coocerne la doc< 
trine. Gela n'aurait pas seulement pour résultat de soulager le Gé< 
néral; les décisions prises par lui en acquéraient plus d'autorité. 



592 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

vel compleDdum quod ad res Societati necessarias fueritcon- 
stitutum, cujusmodi esseat negotia qu» «d Domos yel Colle- 
gia pertinent, eipedire; tum etiam qu» illorum sunt defen- 
dere, et generatim ad res omnes agendas, muUum conferet, 
imo necessaruim est unius Procuratoris generalîs Societatis 
auxilium, qui quidem Romae resideat, ac prudentia, fideliUte 
et dexteritate cum hominibus agendi, et omnibus aliis doti- 
bus polleat ; non tamen Professus sit, nec in Domibus Socie- 
tatis Professas habitet {g) ; sed in alia (de qua dîctum est in 
quinta Parte) qui suis etiam auxiliis, ac ministris (h) ad ea ne- 
gotia quae solus non potest conûcere necessariis sublevetur. 

15. Cum ergo Prsepositus hujusmodi habeat auxilia, tem- 
pus (quod quidem yaletudo et vires corporis permittent) par- 
tim cumDEO, partim cum ofOcialibus et ministris hujusmodi 
agendo, partim secum seorsum considerando. accum auxilio 
et favore Dei ac Domini Nostri quod agendum est stataendo, 
impendet. 

14. Praepositi etiam Provinciales (t), et Rectores Collegio- 
rum vel PrsBpositi particulares Domorum, suis auxiliis plurt- 
bus et paucioribus, pro necessitate ac momento rerum Ipsis 
commissarum, sublevari debent : ac praecipue ad consilium 
aliquos, cum quibus res graviores quse occurrunt, commuai- 
cent (quamvis eis auditis pênes Superiores sit statuendi Ta- 
cultas) désignâtes habeant. 



{g) QuamTÎs Procaratoram habttatio la Domibus Professas Soddatis 
ordinarie esse non debeat^ sed io alia ipsis assigiiata : Dibi^omions 
quando non tractant lites. Tel quando nécessitas nrgeret, vel aîloqni 
conveoiret, et ad tempus, posseot in Domibus babitara. Et brc, 
eoram judicio relinquitar qui in dictis Domibus Professae Societatis aKîs 
prœsnnt ; jnita quod ordinatum Yel commissum eis faerit a Generalb, 
Tel de ipsius inteotiooe eis coqsiilerit. 

(h) Yel ut pintes Procuratores consiituerentur, proat res qam iod- 
dunt, et nccessitas nrgens diveriarnm ac Tariamm regionum postularel. 

(i) El lis qoœ dicta sunt de Geoerali, iolelligi poterit quod PmTia* 
cialibus et Localibus et Rectoribus Collegiorura couTeoit, quod atthiet 
ad Dbi doua quibn* ornari debent, ad potestatem, offlcium et aoxtlia 
qus bsbere eos oportc! ; pront expresse dici poterit io Regul's qam a 1 
Praepositos bujusmodi part'culares pertinent. 



NEUVIÈME PARTIE. 295 

ter et â accomplir les décisions prises sur les affaires indis- 
pensables de la Société ; par exemple, pour expédier les 
affaires des Maisons et des Collèges pour la défense de leurs 
l>iens, et en général le gros des affaires, il est non seulement 
important, mais nécessaire que la Société ait un Procureur 
général résidant à Rome, plein de prudence, de fidélité et 
d'adresse dans ses rapports avec les hommes, et de toutes les 
autres qualités. Ce ne sera pas un Profès et il n'habitera pas 
les Maisons de la Société Professe {g), mais une autre Maison 
dont il a été parlé dans la cinquième Partie : il devra néces- 
sairement aussi ses secours et ses aides [h), pour les affaires 
dont il ne pourrait yenir à bout tout seul. 

43. Le Général, ainsi soulagé par tous ces secours, em- 
ploiera le temps dont sa santé et ses forces lui permettront 
de disposer : partie ^vec Dieu, partie avec ces employés et 
ces aides, partie à méditer en lui-même et à décider, avec 
Vaideetla faveur de Dieu et de N.-S., ce qu'il faudra faire. 

14. De leur côté les Provinciaux (t), les Recteurs des Col- 
lèges, les Supérieurs particuliers des Maisons devront avoir 
leurs aides en plus ou moins grand nombre, selon l'urgence 
et l'importance des affaires qui leur sont confiées : ils doi- 
vent avoir surtout une sorte de conseil à qui communiquer 
les affaires les plus graves qui surviendront, quoique, les 
avis entendus, le droit de décider appartienne aux Supé- 
rieurs. 

(g) Quoique les Procureurs ne doivent pas habiter ordinairement les 
Maisons de la Société Professe, mais une autre qui leur est assignée; 
néaomoins quand ils ne poursuivent pas de procès, en cas de nécessité 
pressante ou d'autres convenances et pour un temps , ils pourront y 
loger. Cela est laissé au jugement des Supérieurs de ces Maisons de la 
Société Professe, félon les ordres ou les recommandations du Général^ 
ou ce qu'ils croiront savoir de ses int^^ntions. 

(h) On pourrait établir plnsieurs Procureurs, d'après les afflaires qui 
surviendront ou les besoins pr^^ssants des différents pays. 

(«) Ce qui a été dit du Général peut s'appliquer aux Provindanz • 
anx Supérieur» Locaux, aux Recteurs des Collèges re'ativement aux dons 
de DiKU qui les doivent orner, à leur autoriié, leur devoir et leur sou- 
lagement : comme on pourra le dire en propres termes dans les Règles 
qui coDcerueut ces Supérieurs particuliers. 



DECIMA PARS, 



Eo modo ffuo comervari et augeri totum corpus 5o- 
cietatis in suo bono statu posait. 



SSSi 



1. Quia Societas qu» mediis humanis instituta non est^per 
ea nec conservari, nec augeri potest; sed per gratiam Omni- 
potentis Dei ac Domini Nostri Jesu Ghristi; in eo solo spem 
constitui oportet, quod conservaturus sit et promoturus boc 
opus, quod ad obsequium et laudem suam, et auxilium ani- 
marum inchoare dignatus est. Et juxta spem banc, priroum 
médium et maxime cousentaneum orationum et sacrifi- 
ciorumerit; quse bac cum intentioiie sancta oflerri, et singu- 
lis bebdomadis, mensibus et aunis, in omnibus locis ubi So- 
cietas residet, certa ordinatione instituti debent. 

2. Ad conservationem et incrementum non solum corporis^ 
id est, eorum quœ externa sunt ; sed etiam spiritus Societatis, 
atque ad assecutionem finis quem sibi prœfigit auxilii anima- 
mm, ad uUimum et supernaturalem suum finem conseqfien- 
dum, média illa quse cum Deo instrumentum conjungunt ac 
disponunt, ut a Divina manu recte gubernetur, efQcaciora 
sunt, quam quae illud disponunt erga bomines. Hujusmodi 
est probitas et virtus, ac praecipue cbaritas et pura intentio 
Divini servitii, et familiaritas cum Deo in spiritualibus devo- 
lionisexercitiis, et zelus sincerus animarum adgloriam ejus 
qui eas creavit ac redemit, quovis alio emolumento posi* 
habito.Videtur itaque in universum curandum esse, utomnes 
qui se Societati addixerunt, in virtutum solidarum ac perlëc- 
tarum, et spiritualium studium rerum incumbat ; ac in hu- 
jusmodi majus momentum,quamin doctrina vel aliîsdonis 
naturalibus et humanis constitutum esse ducant Illa enim 
interiora sunt, ex quibus efiicaciam ad exteriora pennaoaro 
ad finem nobis propositum oportet 

5. Hoc jacto fùndamento, média illa naturalia qii» Dit ae 
Domini instrumentum in proximorum utilitatem dIsponuDt, 
in universum ad conservationem et incrementum totiusbu- 



DIXIÈME PARTIE. 

Comment te bon étal du corps entier de ta Société 
peut être conservé et accru. 



TOsasasss^sarUboatasstBetettti 



Gomme la Société, qui n'a point été établie par des moyen» 
bumains, ne saurait se conserver ni s'accroître par eui, mais 
bien par la faveur du Tout- Puissant et de N.-S. J.-C, c'est 
en lui seul qu'il faut mettre notre espoir, certains qu'il pré- 
servera et fera avancer l'œuvre qu'il a daigné commencer, 
pour son service et sa gloire et le soutien des âmes. Et après 
cette espérance, le premier moyen et le plus convenable, ce 
sera les prières et les sacrifices qui devront être offerts dans 
cette s^nte intention et établis dans un ordre régulier cbaque 
semaine, cbaque année, partout où réside la Société. 

2. Pour conserver et accroître, non-seulement le corps, 
c'est-à-dire les choses extérieures y mais encore l'esprit de la 
Société ; pour atteindre le but qu'elle se propose, qui est 
d'aider les âmes à parvenir à leur fin dernière et surnaturelle; 
ces moyens qui unissent l'instrument à Dieu et le disposent 
à se bien laisser conduire par la main Divine, sont plus effi- 
caces que ceux qui lui donnent cette disposition à l'égard 
des hommes. Telles sont la probité, la vertu et surtout la 
charité, la pure intention de servir Dieu, l'union intime avec 
Dieu dans les exercices spirituels de la dévotion, le désir sin- 
cère de sauver les âmes pour la gloire de celui qui les a créées 
et rachetées, sans rechercher aucun autre avantage. Ainsi, 
en général, il faut avoir soin que tous ceux qui se sont enga- 
gés dans la Société s'appliquent à l'étude des vertus solides 
et parfaites, et des choses spirituelles, et croient devoir y atta- 
cher plus d'importance qu'au savoir et aux autres dons natu- 
rels et humains. C'est en effet de ces dons intérieurs que 
l'efficacité pour la fin qui nous est proposée doit passer aux 
dons extérieurs. 

5. Ce fondement posé, ces moyens naturels qui disposent 
Vifistrument de Dieu et de N.-S. à être utile au prochain, 
serviront en général & conserver et à accroître ce corps tout 



596 CONSTITUTIONS DES JKSUITBS. 

jus corporis confèrent : si tamen et addiscanlur et exereeâo- 
tur sincère ad solum Dei obsequium ; non ut illis fiducia nos- 
tra innitatur, sed potius ut Divinas gratiae, jiixta sumoïc 
providentiae suœ ordinem per hœc cooperemur ; qui ad gio- 
riam suam tam dona naturalia, quœ ipse ut Creator, quam su- 
pernaturalia, quse utgratiae auctordonat, vultreferrî. Etidco 
média humana vel per industriam acquisita, acpraecipae doc- 
trina eiacta et solida, et modus eam proponendi populo io 
concionibus et lectionibus, et forma agendi cum hooiioibii5, 
eosdemque tractandi, diligenter curanda sunt. 

4. Juverit etiam magnopere in suo bono statu ac disciplioi 
Gollegia conservare, et ad id eorum superintendentiam per 
illos exercere, quibus utilitatis temporaiis nihil ex eis polest 
accedere. Talis est Societas Professa, quae in Gollegiis eos io- 
stituendoscurabit in perfectione Yitœ, Litterisque Christtaiio 
dignis, qui talentum ad id sortiti esse videbuntur. Hi enim 
pro seminario Societati Prof'essœ et ejusGoadjutoribiiserunt 
Et si cum Gollegiis Universitates etiam curae Societatis com- 
misse fuerint , tobservato illo modo procedendi, de que in 
quarta Parte dictumest» ad finem eumdemjuvabuDt 

5. Quia Paupertas velut propugnaculum est Religiom'bus, 
ut eas in statu suo et disciplina conservet, et a compluribus 
hostibus defendat (unde etiam dœmon enititur illud variis ra- 
tionibus evertere) refert plurimum ad conservationem et 
augmentum totius hujus corporis, procul admodum omnem 
avaritise speciem ablegasse ; nullos reditus, vel possessiones, 
Ycl stipendia pro verbi Dei prsQdicatione- aut lectione, aut 
Missis, aut administratione Sacramentorum, aut demuro ré- 
bus quibuslibet spiritualibus (ut est in sexta Parte dictuin; 
admittendo, nec ad suam utilitatem rediius CoUegiorum ap* 
plicando. 

6. Erit etiam summi momenti ut perpetuo felix Societatis 
status conservetur, diligentissime ambitionem, malorum ooi- 
nium in quavis Republica vel Gongregatione matrem submo* 
yere ; ac aditum ad dignitatem vel prselationem uliam, directe 
vel indirecte quaerendam in Societate prsecludere. Quod ut 
fiât, omnes Profcssi se nibil unquam ad eam obtinendam ac- 
turos, et quos agere animadverterint delaturos» Deo ac Do< 



^ 



DIXIÈME PARTIE. 597 

entier : si toutefois on les acquiert et on les emploie sincère- 
ment pour le seul service de Dieu; non pas pour mettre en 
eux notre confiance, mais pour aider par eux à la grâce de 
]>LEu d'après Tordre delà Providence infinie, qui veut que les 
dons qu'il nous a faits, les naturels comme notre Créateur, 
les surnaturels comme auteur de la grâce, soient également 
rapportés à sa gloire. C'est pourquoi les moyens humains ou 
acquis par le travail, et surtout un savoir exact et solide, et le 
talent de le transmettre au peuple dans les sermons et les 
leçons, et la manière de traiter avec les hommes et de les ma- 
nier, doivent être soigneusement recherchés. 

4. Il importera aussi beaucoup de maintenir le bon état et 
la discipline dans les Collèges, et pour cela d'en confier la su* 
prême direction à c^ux qui n'en peuvent retirer aucun profit 
temporel. Tels sont les Profès de la Société, qui, dans tous les 
Collèges, auront soin de faire élever dans la vertu et dans les 
connaissances dignes d'un Chrétien ceux qui paraîtront avoir 
du talent pour cela. Ce sera comme le Séminaire de la Société 
Professe et deses^Coadjuteurs.'Et si, outre les Collèges, des Uni- 
versités ont été confiées aussi aux soins de la Société, on ob- 
servera la manière de procéder indiquée dans la quatrième 
Partie, et elles serviront à la même fin. 

5. La Pauvreté étant, pour les ordres Religieux, comme un 
rempart qui les maintient dans leur état et leur discipline, et 
les défend de bien des ennemis ( ce qui fait que le démon 
cherche à renverser ce rempart de diverses façons), il im- 
porte beaucoup, pour la conservation et l'accroissement de 
toute la Société, de bannir loin d'elle absolument toute appa- 
rence d'avidité en n'acceptant ni revenus, ni propriétés, ni 
salaires pour la prédication de la parole de Dieu, ou l'ensei- 
gnement, ou les Messes, ou l'administration des Sacrements, 
ou, enfin, pour aucune œuvre spirituelle ( ainsi qu'il a été 
dit dans la sixième Partie) et en n'appliquant pas à son profit 
les revenus des Collèges. 

6. Il sera de la dernière importance, pour faire durer à 
jamais l'heureux état de la Société, d'écarter avec le plus 
grand soin l'ambition qui, dans tout Etat et toute Congréga- 
tioD, est la mère de tous les maux, et de fermer tout accès à 
toute dignité, toute prélat ure qu'on pourrait rechercher di- 
rectement ou indirectement dans la Société. Pour cela tous 
les Profès jureront à Dieu et à N.-S. qu'ils ne feront jamais 

54 



SdS GONStlTtTTlONS DBS lESUltES. 

miDO Noâh*o yoveant : et incapaces âc inhabités ad pra&latio- 
Tiem quamvîs habeantut li die quîbusprobarî p'osâet, (qtiod ean. 
ambiisseht. Ptomittanl etiaôl Deo àc Domino Nostro, ad nul- 
lam etiam extra Societateùi, prâelationem tel dignitâtem oh- 
tinendam, se quidqtianl acturos : née ad sui electionem it 
M)jQsmodi munus, qnoad ejus fîeri poterit» conêensum pr^ 
stituros; si ejuS Obedientia qui sab pœna peccàti potest prs- 
cipere, eos non compuletit ; sed unusquisque videàt qua n- 
tione animatum sàluti, ]uxta nostrsîhroreôsîôDishumilîlaCem 
et submissionetn, ittservi^e possit : et ne Sôcietaâ hîs bom'h 
nibus qui ad projpôsituâi Sibi fiûeiû stint ^l ûècesîsàrîi, pri- 
Vetur. 

Ptoïttïttàt etiatti i)Éo, qiiod si quâtfdo dîctô modo cômpul- 
ïus, ptaelationem àliquam extra Socîetàteih admittèt, audîet 
postea quovis tettipore Praeposîtî Ceneralîs qui pro feitnpore 
ftierit, conâïlium ) tel alicnjûs qtiem ille sibî àd hoc substi- 
ttieret; qtïôdqtie, si senserit mélius eèse qiiod consulilur, sil 
illtïd exôecùturtrâ : non quod babeât qui iPrœlalas est, ali- 
^tiem dé Societate Supertôrfà Toco ; ^ea quod sponfe în Dd 
cûti^pectu vult ad id faclendum'obllgari, quod ad Dîvrnùm ob- 
'jEreqtiitim mélius esse intelteierit; quôdque placent esse ail- 
quem, qui sibi cum cbaritate àc libertàte Cbrîstiana, ad glo- 
;tiàtti ©El et Dômîbi Nostfi îd prôpottat (à). 

7. Ut perpétue totius biijuS corpôris bonus stalus conserve- 
tUr, domeï't pluritnum dùod in prima, sécùnda et quihta Parte 
dictutn est, de ttirbà et bomlnibuS ad Noètrum tnstitutum 
ineptie, lié àd Probationém quidem àdmittendis : et si aliqui 
Probationlsteùlpore non esse idonei învenirentur» etiam di- 
mitteMiâ. Si qui vero dèpràvatis moribus essent, aot de quo- 
rum éâiéndatioùe parùm speraretûr, muïto minus esseùi 

(a) 'CoQsTderaodo quam bistanter, qaaàiqoe inultis rationibot a* 
ratamsit^ ut aliqui de Nostra Societate varies Episcopatussomereot; 
ictimqtre in tnultis obvium itum slt^ Yiec tameà ia PatriàrchàtuetEpiMO- 
patibm^lhiopiœ admitteudisresisti poiuerît ; debocaoxitioad opotOtad 
Athfûpiae, et alla simlia, cukn reslfiftendi môdns deesaet, cogiiatnai ert. 
Non tamen dbtigatar Sodetas ad lioo monus siitefplélldimi, qonidoeaai* 
qnealicui ex ea Eptscopatos ettel adnritteDdos* imo libéra iDditl,alM 
onerif et reliaqoere et anuaiere posait^ ubi maltoin ireferriadDaiob»- 
quiom judicarct. Post emissam autem Profesiione m Ikw Votiuii 
cum aYii«, de quibus diximus^ euiittetur. 



PIXIÈ^E PARTIR. 3991 

rien pou^ eo, obtenii: une, et qu'ils déaoaçeroi\| cei^x qu'ils, 

verraient agir (ians ce Wt ; et Ton déclarera incapables et 

inhabiles à toute place ceux qu'on pourra couvaincre de Fair 

yoir recherchée. Ils promettront aussi à Diejj et àN.-S. de ne 

rien faire pour obtenir aucune prélature , aucune dignité 

hors de la Société, et qu'autant qu'il sera en eux, ils ne. coçi- 

sentiropt pa9 à leur élection à un poste (te ce genre, si roi)éis- 

sance, qui peut leur être ippiposée sous peine de péché, ne les^ 

y oblige : chacun cherchera les moyens de contribuer au 

salut des âmes dans rhumilité et la dépendance de notre 

Profession , sans priver la Société des sujets indispensables 

pour la fin qu'elle se propose. 

Il promettra .aussi à Dieu que. ^, çoiitraint comme nougi 
l'avons dit, il açce^pte jamais une prélature en çlçhors de \^ 
Société, il écoutera désormais en toute circonstance les ^\\a 
du Général alors dirigeant, ou de tout autre que celui-ci pour- 
rait se substituer pour cet objet, et que s'il juge l'avis qui lui 
est donné préférable au sien, il le mettra à exécution : non 
pas qu'un t^rélat doivç reconnaître un membre de la Société 
comme son Supérieur, mais parce que de son propre mouve- 
ment en présence de Dieu il veut s'obliger à faire ce qui est 
préférable pour le service Divin, et qu'il lui convient d'avoir 
quelqu'un qui le lui proposç avec une charité et une liberté 
chrétiennes pour la plus grande gloire de Dieu et de N.-S. (a). 
7. Pour maintenir à jamais tout ce corps en bon état, il 
importe beaucoup d'observer ce que disent les première, se- 
conde et cinquième Parties : qu'il ne faut pas admettre, même 
au Noviciat, ni trop de inonde ni des sujets peu propres à 
faire partie de l'Institut, et qu'il faut même renvoyer ceux 
qui, durant le Noviciat, ne paraîtraient pas convenir. Ceux 
dont les mœurs seraient dépravées ou qui donneraient peu 

(a) £q considérant les instances et tous les moyens qn'on a employés 
poor que des sujets de noire Société acceptassent divers Éyéchés; com- 
bien d'entre nous s'y sont refusés, sans pouvoir se dispenser d'accepter 
le Patriarcat et les Ëyècbés d'Ethiopie; on à pensé à donner ce secours 
à celte œavre d'Ethiopie et aux autres semblables^ lorsqu'il n'y aurait 
pas moyen de résister. Cependant la Société n'est point obligée à pren- 
dre cette charge» quand même quelqu'un d'entre elle aurait dû accepter 
VEpiscopat : au contraire elle demeure libre de laisser ou de prendre ce 
fardeaOi selon qu'elle le croit importer au service de Died. Après la Pro- 
fessloa on fera ce Vœu simple avec les autres dont nous avons parlé. 



400 CONSTITUTIONS DES JÉSUITES. 

retineodi. Minus etiam apertum ostium esse debébtt, ad ad- 
mittendos aliquos in Scholasticos approbatos et Goadjutores 
formatos : minime vero omnium in Professes : non enim alii. 
quam spiritus et doctrinaB selectae viri, et multum dlaque 
exercitati, et in variis Probationibus yirtutts et abnegationii 
sui ipsorum, cum omnium œdificatione et satisfactîone per- 
specti, ad Professionem admitti debent. Sic enim, licet mul- 
titudo augescat, non imminuetur, nec debilior reddetor 
spiritus , dum taies sint , qui in Societatis corpus coop- 
tantur. 

8. Gum bona et mala capitis babitudo in universum corpas 
redundet, summopere conferet, si electio Prœpositi Genenlis 
ea sit, quae in nona Parte descripta est. Et post banc electio- 
nem, illa maximi erit momenti, qua inferiores Pra^positi io 
Provinciis et Gollegiis ac Domibus Societatis eliguntur. Nam 
fere quales hi fuerint, et taies eorum subditi erunt. Refert 
etiam magnopere prêter electionem, si Praepositiparticulares 
in sibi subditos, et Generalis in particulares, ac contra Socie- 
tas in Generalem (ut in nona Parte declaratum est) multum 
potestatis babeant: ita ut omnes adbonumomnia possint; et 
si maie agerent, omnino subjecti sint. Refert etiam utSupe- 
riores ministres idoneos (ut in eadem Parte dictum est) ador- 
dinationem et executionem rerum qu» spectant ad eorum of- 
ficium, babeant. 

9. Quod juvat ad unionem membrorum bujus Societatis în- 
ter se et cum suo capifce, multum etiam ad conseryationem 
boni status illius juvabit ; cujusmodi est in primis volunta- 
tum vinculum, quod cbaritas est et mutuus amor, quemcre- 
bra communicatio et rerum mutua notitia, eadem doctrioa 
et in omnibus, quantum fîeri potest, uniformitas nutriet. Sed 
in primis id praestabit Obedientiae yinculum, quod particu- 
lares cum suis Prœpositis, et bbs ipsos inter se et cum ProTin- 
cialibus, et utrosque cum Generaliuniet; ita ut inter omoes 
diligenter subordinatio servetur* 

10. Moderatio laborum animi etcorporis» et in Constitution 
nibus quœ ad neutrum extremum rigoris vel dissolutionis ver- 
gant (ut sic melius observari possint), mediocritas conlèrel 
ad durationem, et totins corporîs in suo statu oonsenra- 
tionem. 



OII^IÈME PARTIE. 404 

d*espoir d'amondement devraient encore bien moins être con- 
servés. On doit être encore moins facile à recevmr au nombre 
des Ecoliers approuvés et des Coadjuteurs formés et par-des- 
sus tout des Profès : les sujets d'une piété et d'un savoir re- 
marquables, longtemps et péniblement exercés, et qui dans 
les divers degrés de Noviciat ont fait preuve suffisante de 
vertu et d'abnégation d'eux-mêmes à l'édification et à la satis- 
faction de tous, doivent seuls être admis à la Profession. Le 
nombre des sujets aura beau augmenter, la piété ne diminuera 
ni ne s'affaiblira si l'on sait cboisir ainsi ceux qu'on admet 
dans le corps de la Société. 

8. Gomme la disposition babituelle de la tête réagit sur le 
corps entier, il importera beaucoup d'observer dans l'élection 
du Général les prescriptions de la neuvième Partie. Et après 
cette élection, les plus importantes seront celles des chefs in- 
férieurs préposés aux Provinces, aux GoUéges et aux Maisons 
de la Société. Tels seront les chefs, tels seront les administrés. 
Outre l'élection, il. importe encore beaucoup que les Supé- 
rieurs particuliers aient un grand pouvoir sur leurs adminis- 
trés, le Général sur les Supérieurs, et la Société sur le Géné- 
ral, en sorte que chacun puisse tout pour le bien et se trouve 
tout à fait dépendant s'il veut mal faire. 11 importe aussi 
(comme on Ta dit dans la même Partie] que les Supérieurs 
aient des ministres capables pour diriger et régler ce qui con- 
cerne leur emploi. 

9. Ge qui contribue à l'union des membres de cette Société 
entre eux et avec leur chef contribuera beaucoup aussi à 
maintenir la Société en bon état : tel est surtout le lien des 
volontés, à savoir la charité et l'amour réciproque qu'entre- 
tiendront de fréquents rapports, des avis mutuels sur les af- 
faires, une même doctrine et l'uniformité en tout autant que 
faire se pourra ; mais avant tout, le lien de l'Obéissance qui 
unira les particuliers avec leurs chefs, ceux-ci entre eux et 
avec les Provinciaux, et les uns et les autres avec le Général: 
en sorte que la subordination entre tous se maintienne soi - 
gneusement. 

10. La modération dans les travaux de l'esprit et du corps 
et dans les Constitutions qui ne doivent pencher vers l'excès 
ni de la rigueur ni du relâchement (afin de pouvoir par là être 
mieux observées), cette modération contribuera à faire durer 
le corps de la Société, et & le maintenir en son état. 

64. 



40S G0NSTITir;EI0N9 DBS léSUITES. 

11. 4d êdmdem fiqem faciet generatim curare nt amorel 
cbaritas pqiqiumi etiamexteroorum, erga Societatem conser^ 
vçitur : $ed eprvmi pr^eserUmi quorum yoluntas bene aut maie 
in PQ8 ^D^ct4 mii)ium l)al>et mom^nti, ut aditus ad Divioam 
Qb^^quifim e^t s^qimarum auxiUufû aperiatur, yel praecluda- 
tvir ((). Inipsa verq Societate necsit, nec sentiatar animomm 
prppeqMo ad partem alterutram facUopis, qu» esset IbrUssis 
ioter Principes ye) Qomipoa Chri^tianos ; sed sit potius quidam 
ppiyqrwUs ampr, qui partes pmpP8 (licet aibi inyicem eon- 
ir^fm 9iPt) ÎD Qpmino Nostro amplectatur. 

12. Juyerit etiam moderatus et prudens usua gratîaramper 
Se4em Âpo^^oUcain copce^surum : soUua auxilu animartmi 
Àpp sincerissime Npbis propositp. Sic epim Piyina bonitas 
PPP9 bPP qUQ4 cœpit, ppmovebit ; ac bonus odor qui yeritali 
bpporum opprqfp ipnitatur, bominiimi deyotionem augebil : 
pt a ^ocie^te ip^i juyari, et eamdem ad propositom sibi fi- 
peijii pbseqpii e\ glorise piyipsQ Majestatis juyare curent. 



)$. Cpnférpt etiam rati^ppm habere yaletndipiSf nt ea îo 
pçirticpl^ribiis popseryetqr ; qqpmadmodum ^rtia in Parte 
dictqni est {c) • et qt dPP^Pm omnes obsQrYatioqi Constitutîo- 
nqqi sti|4pant : ^d quam easdem scirp, suilteip qu^ adquem- 
iibet pertinpqt, ppcesse pst. QqfirQ legpre ye) andire easdem 
singulis mensibus oportebit. ' ' 



(b) In primis coDserTefnr beneTolentii Sedii Apostolic»» coi 
liaHter itiserfire débet Socletas; detode Priacipam Ssealarifrm et Magm- 
taip» ac primariae aactoritatis liorainami quorom faTor aot alieflilio 
animi nniitam facit, lit psiiam Diviao serviMo et booo aoimarain aperia- 
jur ve\ prscludatur. Sic itideno, cum aliqai maie affecti esse latellfge- 
rentur, pràecîpue &i homioet sjnt non Tulgarfs anctoritalis, orandani eit 

Ïro ei8, Qtendnmqae rationibas at in amicitiam redeanf, vel certe adfer* 
arii nôn'sintt'ldqaé'noa timoré 'côiitrâdlclionamV Tel qiind asperiot 
^bldqitiini k^oMs iàde '^désetr aoclderier aed nt par hajosmodt booif* 
nom benèYofeDtiatti/magtt In rébm bmnltms'Dai obieqolnm at gloria 
creacaL J 

(e) Ad boc et|am enran^pm es^» at p^mna et (Jo)1egfa io loda, v^ ^ 
purani et salabre cœfam» babeautar; et non |ii eis qni oontrarfafli ' 
^beot proprietatem. 

WNts coifSTrnmoNuit. 



Dixiisne pahtic. 405 

4 1 • Il importe à la même fin de veiller en général à conser- 
ver 4 la Société T^mour e); raiïectipn de tout le monde, même 
des étrangers : mais surtout de ceux dont la bonne ou mau- 
vaise volonté à notre égard peut contribuer beaucoup à nous 
ouvrir ou nous fermer là voife du service Divin et du secours 
des ârpQS (b). Mais la Société elle-même ne devra avoir ni res- 
sentir aucune inclination pour l'un ou Vautre des partis qui 
pourraient diviser les Prmces et les Seigneurs "Chrétiens) 
mais une sorte d*amour universel qui enribrasse en Notre-Sei- 
gneur Jpus ïes partis quoique aux prises entre eux. 

i%. À cette fip contribuera aussi l'usage mocjéré et prudent 
des grâces à nous accordées par le Siège Apostolique : propo- 
sons-nous en toute sincérité le seul secours des âmes. C'est 
ainsi aue la bopfé Divine avancera cette œuvre qu'elle à coni- 
mençéé, et qpe la })ohne odeur oui s'attache à la réalité des 
bonnes œuvres accroîtra la dévotion dés hommes, en sorte 
qu'ils aient à cœur d'être aidés par la Société, et de Fàîder 
elle-même à atteindre la fin qu'elle se propose, le service et 
ïa gloire de la majesté Divine. • » 

{3. p importera encore d'avoir égard à la santé, afin de la 
conserver dans les particuliers, ainsi qu'il est dit dans la troi- 
sième Parfie (c). Enfin, que tous s'appliquent à l'observation 
des Constitutions : pour cela, il est nécessaire deles connat^re, 
au moins chacun ce qui se rapporté à lui; aussi faudrà-t-il 
les lire ou les entendre lire tous les mois. " ^ 



(5) J\ tant conserTer ayant toa( ]& bieqyeillance da Siëge Apostoliqne 

au senice (juqael la Société est particalièrement dévouée : ensuite celle 

des Priaces Séculiers, des Seigneurs et des hommes revêtus d'un grânil 

pouvoir, dont la favpnr ou le mauvais vouloir peut bpauconp pour ou- 

Tfir ou fermer la voie au service de Dieu et' au bien des âmes. De même, 

si ron découvre que quelques personnes sont mal dispoiéea pour la S6^ 

détë, surtout si ce sont des hommes d'un pouvoir étendu, i) faut prier 

pour eux et faire en sorte qu'ils reviennent en sa faveur on ne se mon- 

treot pas s? s adversaires : non par craiute de leur opposition on parce 

qu'il pourrait résulter quelque chose de fâcheni pour nous, mais pour 

que la bienveillance de semblables personnes fasse prospérer davantage 

en tout le service et la gloire de Dieu. '*' 

(c) Il faudra aussi avoir soin que les Collèges et les Maisons soient 
placés dans des lieux où l'air soit pur et salubre, et jamais dans des 
condilioQs contraires. 



I 



riN Bfiil CONSTtTtJTIONS. 



FORMULA 

Votorum Hmplidum, quœ Professi emilluni po$i ProfeuUmtm, 

juxta ConsHlîUiones. 

( Bxtraete tx prima Congregatione général!, et leeogaite a tettta.) 

1. Ego N., Professus Societatis Jesu, promitto Deo Omnipo- 
tenti, coram ejus Virgioe Matreet tota curia cœlesti, el conm 
R. Pâtre N., Prœposito Generali, vel coram N. Jocum Genen- 
lis Prœpositi tenente, nunquam me acturum qiiacamque n- 
tione, Yelcoosensurum, ut qusB ordinata sunt drca Paaper- 
tatem în Constitutionibûs Societatis, immutentur, nisi quando 
ex causa justa rerum exigentium videretur Paupertas restrio- 
genda magis. 

2. Pr»terea promitto nunquam me acturum, vel prsieii- 
surum ne indirecte quidem, ut in aliquam pnelationem Td 
dignitatem in Societate eligar vel promovear. 

5. Promitto praeterea, nunquam me curatunim, pretensn- 
rumve extra Societatem prœlationem vel dignitatem, née 
consensurum in mei electionem, quantum in me fueri^ ois 
coactum Obedientia ejus, qui mihi prsecipere potest sab pœot 
peccati. 

4. Tum si quem sciam aliquid praedictorum duoram curare 
vel prœtendere, promitto illum, remque totam me maniiés- 
taturum Societati yel Prœposito ejus. 

5. Insuper promitto, si quando accident ut hac rtUone in 
Prœsidem alicujus Ecclesise promovear : pro cura, quam de 
animae me» sainte, ac recta muneris mihi impositi admiois» 
tratione gerere debeo, me eo loco ac numéro habiturum 
Prœpositum Societatis Generalem, ut nunquftm consiliam an- 
diredetrectem» quod vel ipse perse, vel quivis alias de 
Societate , quem ad id ipse sibi substituent, dare mihi di« 
gnabitur. Consiliis vero hujusmodi ita me pariturum semper 
esse promitto, si ea meliora esse quam quie mihi in meolem 
venerint, judicabo. Omnia intelligendo juxta Societatis Jeso 
Gonstitutiones et Declarationes. In tali loco, tall die, mense et 
anno, etc. 

In hac et in aliisformtdis Totonini, obfêrvanâum îd quod siûtuH 
Congregatio XII generalis, at nimfrttm in postemm, coin poitohfton 
Generalit, tnb Vicario Generali ProTessio, site Vota ad gradm 



FORMULE 

Des Vaux HmpUt que les Profis proncneent après la Profession^ 

conformément aux ConsUlutions, 

(11ffé« da la première Asiemblée générale, et eonArmée par la trobiéme.) 

Moi, N., Profès de la Société de Jésus, je promets à Dieu 
tout-puissant, devant la Vierge sa Mère, devant toute la cour 
céleste et devant le R. Père N., Général, ou devant N., tenant 
la place du Général, que je ne travaillerai et ne consentirai 
jamais au changement des règlements faits par les Constitu- 
tions au sujet de la Pauvreté, si ce n'est quand de justes mo- 
tifs feront juger nécessaire de resserrer encore cette Pau- 
vreté. 

2. De plus je promets que je ne travaillerai jamais, ni ne 
prétendrai même indirectement à être élu ou élevé à quelque 
grade ou dignité dans la Société. 

5. Je promets en outre de ne rechercher et de n'ambition- 
ner hors de la Société ni prélature, ni dignité, et de ne pas 
consentir, autant que possible, à mon élection; si je n'y suis 
forcé par l'autorité de celui qui peut me commander sous 
peine de péché. 

4. Si je viens à savoir que quelqu'un recherche ou ambi- 
tionne l'une de ces deun choses, je promets de dénoncer le 
coupable et de faire connaître toute l'affaire à la Société ou à 
son Chef. 

5. Je promets en outre que s'il arrive qu'en vertu de mon 
obéissance je suis placé à la tète d'une Eglise, dans l'intérêt 
du salut de mon âme et pour bien remplir la charge à moi im- 
posée, j'aurai tant d'estime et d'égards pour le Général de la 
Société, que je ne refuserai jamais d'écouter les conseils qu'il 
daignera me donner par lui-même ou par le membre de la So- 
ciété qu'il se substituera à cet effet. Je promets d'obéir tou- 
jours à ces conseils, s'ils me paraissent préférables à mon 
propre sentiment; le tout entendu suivant les Constitutions 
delà Société de Jésus et les Déclarations. En tel lieu, tel jour, 
tel mois, telle année. 

il faut observer dans cette formwe et les autres formules de 
Vœux, ce qui est ordonné par la douxième Assemblée générale, 
savoir : qae dorénaviot quind la Profession ou les Vœu s auront lieu 



406 

tenlar, h«c Formulœ rerba siat; nt nempe, s! Vicartas ipse Genénii 
professionem, seii Vota excipiat, dicatur : Et tibi R, JPairi (N.) Vïeam 
Qtn^rOttis .^oci^talif Jbso» kxcum Dbi feaoïti et sucx/tssaîibus lais : li 
Teroaliquîs alias e:^qpiat, 4ic^tar ; ^t i%k.% R. P, (N.) À«ctori n Hec- 
tor est, yel Prœposito, vel Provinciali, et sic de alii», Fice il. Pafrii 
Ficarii Generalis Socielatis Jbsd, et successôrum. ejus locum J>n t^ 
ti enti. 



407 

après le mort dn Général» fons le goaveroement du Vicaire Général, les 
termf s de la Formule seront tels, si l'on fait profession entre les mains 
du Vicaire Général : et à vous R. Père iV., Vicaire Général delà 
Société de Jésus, tenant la place de Dieo, et à vos successeurs. Si 
c'est entre les mains d'un autre que l'on fait Profession, on dira : et à 
vous R, Père N., Recteur (s'il est Recteur), ou Supérieur, ou Pro- 
vincial, et ainsi des autres, tenant la place de Biw, ou bien du JR. 
Père N,, Vicaire Général de la Société de Jésus. 



\ 



LETTRE D'IGNACE. 



55 



EPISTOLA B. P. NOSTRI IGNATII 



DB 



VIRTUTE OBEDIENTL2B. 



IGNATIUS LOYOLA 

PBATRIBUS SOGIETATIS JESU, QUI StJNT IN LUSITANIA, 
GKATUM, ET AMOREM CHRISTI DOMINI SSMPl- 

TERNUM. 



f . Magnam aoimi Tolaptatem capio, fratres in Chriito carissimi. 
affertur ad mo) quadfi acti studio conataqae ad sammain virtatis, ad 
BîTiDÎ obseqaii perfectionem enitamini ; beneficio iliius, qui tos, ut êi 
hoc vitœ iostitatam vocavit, sic in eodem pro saa clementia retinet, 
dirigitque ad beatam finem, ad qaam, qui sunt ab ipso électif per- 
Teniant. 

2. Atqueegosane, cam vos omnibus donisornamentisque spiritualibos 
perfactos, tum Tero (qnod alias ex me cognoîistis) in primis Obedieo- 
tia rirtote prasstantissimos esse cupio: idque non solum ob etiinii 
qnaedam, ac siognlaria ejns bona, quœ tôt, tamqne illastribus SacranuD 
Litteraram testimoniis, atque exemplis in Testamento »qae nofo ac 
Teteri comprobantur ; sed etiam quod (ut est apud sanclum Grcgo- 
rium) Obedieotia sola virtus est, qus virtntes capteras menti ioseril, ia- 
serlasque custodit. Haec dum floruerit, florebunt procnl dubio reliqu», 
edentque fructus, quales et ego in animis vcstris eioplo, et luo jure 
postulât is, qui humanum genus neglectœ Obedienti» scelere afQictmn M 
perditum, salutari ipsemet Obedientia reparavit, Faclus obedieu osqoe 
ad mortem, moriem autemCrucis. 



3. Ab aliis religiosis ordinibus facilins patiamur soperari nosjejoaiii» 
▼igiliis, et estera victus cultu^que asperitate, quam suo quisque rito, ac 
disciplina ssncle snscipiuot : yera quidem ac perfecta ObedienUa, abdi- 
cationeque Tolunlatis atque judicii» maxime velim, fratres carisnmii ene 
coospicuos quicumque in bac Sodetate Dio Domino nostro deserrinnl; 
ejnsdemque SocietaUa Terum» germanamque aobolem bac qoasi nota 



LETTRE DE N. S. PÈRE IGNACE 



8UB Là 



VSRTU B'OBEISSANGi:, 



IGNACE LOYOLA 

AITX FRÈRES DE LA SOCIÉTÉ DE JféSUS QUI SONT. EN 
PORTCfiAL, GRACE ET AHOC|t ÉTERNEL EN 

N»-S. J»— C. 



i. C'est nn bien grand plaisir pour moi, mes biep-aimés Frères en 
J.-G.» d'apprendre votre zèle ardent et tos efforts pour atteindre à \^ 
suprême vertu et à la perrection du service de Dieu, efforts qui sont 
un nouveau bienfait de celui qui, après vous avoir appelés à ce genre de 
vie, vous Y fait persévérer par sa l)onté» et vous fait tendre vf rs U| fia 
bienheureuse à laquelle doivent parvenir les élus de son choix. 

2. Ppur moi, si je dé$ire que vous soyez accomplis en tops les dons e| 
foutes les qualités de Tâme ; je souliaite avant tout, et je vous ai déjà fati 
connaître mes sentiments à ce sujet, que vous vous distinguiez p^r \s^ 
vertu d'Obéissance : non-seulement pour ses fruits précieux et singulierj 
qu'attestent tant d'éclatants témoignages des Saiqtes Écritures et tant 
d'exemples de l'Ancien et du Nouveau Testament, mais parce que, selon 
la penséçi ^e S. Grégoire, l'Obéissance est la seule vertu qiii fasse 
nattre les autres dans l'âme et les y conserve après leur naissaiice.Tant 
qu'elle fleurira, les autres vertus Qeuriront, n'en doutez pas, et donne- 
ront des fruits tels que je désirç qu'elles en produisent danf vos âmes et 
que demande à bon droit celui qui, voyant le genre humain aocabl^ 
etperduen puniiion derObéibsaoce méconnue, répara Ipi-méo^e iiea 
maux par une salutaire Obéissance, en se faisant pbéis^nt jusqu'à la 
mort, jusqu'à la mort de la Croix. 

$. Lais&ons sans peine les autres ordres religieux nous surf^sser par 
les jeûnes, les veilles, par la sévérité du régime et de l'babit qu'ils s'iip- 
posent pieusement chacun spivant leur Aègle et leur Discipline particu- 
lières : c'est par la vraie et parfaite Obéissance, par l'abdicatiqu de leur 
\olonié et de leur propre jugement que je désire surtout, mes chers 
Frères* que 9e fassent reinarquer tous ceux qui dans cette Société sq 



4^2 LETTRE D*1GNÂCE. 

distingoif qai nunqaam iolaeantàr personam ipsam, cai obediimC, 9ti 
in ea Christum Dominaro, cnjus causa obediunt. Si quidem Soperiori, 
nec si prudentia» booitaie caeterisve qaibuslibet Bivinis donis oroalni , 
instruclusqne sit, proplerea obtemperandum est; sed ob id solam^qood 
vices gerat Dm, ejusdemqne auctoritate fungatur» qui dîcit, qui tos «■- 
dit, me audit, et qui vos spemi^, me spemit : nec contra, sive coosilio, 
aut prudeotia minas valent, quiJquam idcirco de Obedieotia remitteii* 
dam, quatenas ille Superior est; quando illtus personam refert, cnjoi 
sapientia falii non potestisupplebitqueipse, qoidquid minislro defoerit, 
sive probitate, aliisque ornamentis careat. Siquidem dlsertis leiiM 
Gbristus Dominas cam dixisset : super Cathedram Moysi sedenwi 
ScribiBi et Pharisœi ; protinos addidit, omnia ergo quœcumqHe dixerni 
tohis, servate, et facite ; secundum vero opéra eorum nolite facere. 



4. Quocirca sedulo vos in eam curam, atque exercitationeoi ii 
bere cupio, ut Cbristum Dominum in Saper iore qaolibet agnoscere tti* 
deatis,ia eoque Divioas Majestati revereniiam atque Obedientiaai sonniia 
cum religione prassiare. Quod vobis minos mirom yidebitory si aaimad- 
Terteritis prœceplum esse ab Apastolo, ut Saperioribus etram 
ribus. ethnicisque pareamus, ut Ghristo^ ex qao omnis potestas 
instituta descendit ; sic eoim scribit ille ad Epbesios : Obediie Dominis 
carnalibus cum timoré et tremore in simplicitate cordis vestri, sicmi 
Christo. non ad oculum seroientes, quasi hominibus piacentes^ sed nt 
servi Christi facientes voluntalem Dei ex animo, cum bona voiuMtaU 
servientes, sicut Dtmiino, etnonhominibtts. Atque bine existimare pôle- 
riiis ipsi, cum se religiosns quispiam regeodum, ac moderandum alleri 
tradidit^ non solum ut Superiori, sed etiam noirinatim ut Christi par- 
tes agent! ; qno illum loco apud animmn suutn habere« otmin ot booii- 
nem, an ut Cbristi Yicarinm debeat intueri« 

5. Jam Ter«) illud etîam vobis clare compertam esse, ae in aotnis 
vestris penitus insidere vehementer cupio« infimam, et valde impcrfre- 
tara esse illam Obedienll» formam qu» mandata dantaxa opère exie- 
qoltur ; nec virtutis nomino digoam, nisi ad alternm gradom asceadal, 
qui folimtatem Superioris suam efflcit, et cum ea ita concordi*t, ul noo 
solum In erfectu execntio appareat, verum etiam in affeclu oonieMia; 
sicqae idem velit aterque, idem nolit. Atqne propterea in Sacrii Litterii 
le^imus : Melior est Obedientia, quam victimœ ; si qoidem (ai S. Gre- 
gorius docet) per victimas atiena caro, per Ùbedientiam vero voAmfat 
propria maeîatur: qu» quldenti parj animi, quoniam est adeo pnasiaai. 
sic fit, at ejus oblaiio Domino ac Greatori nostro per Obedieotiaai bcUu 
magni sit aestimanda. 



LETTfiE D'IGNACE. 4^5 

consacrent an service de Dieu N.-S., et les vrais et sincères eofants de 
cette Société se reconnatiront à celte marqae, qu'i s ne regarderont ja- 
mais la personne à qui ils oliéissent, mais verront en e'ie N.-S. J.-C. en 
▼ne duqael ils obéissent. Ainsi faut-il obéir au Supérieur, non pour sa 
sagesse on sa bonté, s'il possède ces qualités, ou tout autre don qu'il au- 
rait reçu de Uini : mais par cela seul qu'il représente Dieu et qu'il est 
investi de l'autorité de celui qui a dit : Qui vous écoute, m'écoute ; qui 
T0D8 méprise, me méprise : et si, au contraire, il manque de prudence 
et de sagesse, il ne faut pas pour cela se relécher en rien de l'Obéis- 
sance qui lui est due, en tant que Supérieur, puisqu'il remplace celui 
dont la sagesse ne saurait être trompée, et qui suppléera lui-même à ce 
qui pourra manquer à son ministre en probité on en toute autre vertu. 
C'est ce que nous apprend clairement N.-S. J.-G. ; car après avoir dit : 
Les Scribes et les Pharisiens se sont assis dans la chaire de MoTse, il 
ajoute aussitôt : Observez donc et faites tout ce qu'ils vous auront or- 
donné, mais ne vous conduisez pas d'après leur exemple. ^ 
4. C'est pourquoi je désire que vous appliquiez diligemment tous voA 
soins et tons tos efforts à ne voir que N.-S. J.-G. dans votre Supérieur 1 
quel qu'il soit, et à rendre en lui à la Majesté Divine tout respect et | 
tonte obéissance avec le plus entier dévouement. Et tous ne vous en I 
étonnerez pas si vous songez au précepte de l'Apôtre : d'obéir aux Sapé- I 
rieurs même Séculiers et païens comme à J.-G. d'où découle toute au- 
torité bien établie; n'écrit-U pas aux Ëphésiens : Obéissez aux maîtres 
temporels, comme ft J.-C., avec crainte et tremblement dans la simpli- 
cité de votre cœur ; dociles non-seulement en apparence comme ceux 
qui veulent plaire aux hommes, mais comme des serviteurs de J.-G. qui 
font de tout cœur la volonté de Dieu et obéissent de bonne volonté, 
comme au Seigneur et non comme à des hommes. Vous pouvez voir 
par là, lorsqu'un religieux se livre à la conduitc^et à la direction d'un 
autre non-seulement comme son Supérieur, mais comme le représen* 
tant de J.G. lui-même, quelle place il doit lui donner dans son cœur 
et s'il doit le regarder comme un bomoie ou comme le Vicaire de J.-G. 
5. Je désire avec passion que vous voyiez bien clairement et que vous 
graviez profondément dans vos âmes, que rien n'est impoissant et im- 
parfait comme cette première sorte d'O'oéissance qui se contente d'ac- 
complir ce qui est commandé : elle ne mérite le nom de vertu, qu'au- 
tant qu'elle s'élève à cet autre degré où de la volonté du Supérieur on 
fait la sienne, et où Ton s'accorde si bien avec elle, qu'on n'en voit pas 
seolement l'accomplissement dans les effeis, mais qu'il y a de plus un 
parfait consentement dans les sentiments ; où l'on veut , où l'on re- 
pousse tous dejz la même chose. Aussi lisons-nous dans les Saintes Écri- 
tures : Mieux vaut l'Obéissance que les sacrifices. En effet, comme nous 
l'apprend S. Grégoire, dans les sacrifices c'est une chair étrangère, 
daos rObéissance, c'est notre propre volonté qui est immolée : et plus 
cette partie de notre âme a d'importance, plus le sacrifice que nous en 



AU L«TTIt6 B^IfiKACE. 



6. Quanto in errore» qaamqne pericutoso versantar non tolom ii« 
qni îo iis, qu® ad carnem, et sangaînem pertinent» sed iUi éttua, qnila 
rébus alioquin adraodnm saoctis, ap spiritualibns, nt jejaniis, precati»- 
nibns aliisTe quibnsTis pletatis operibos, fas putant a praescripto Sapa- 
rioriç ac voluntate discedere, Audiant qnod sapienter todnotat Gaatiaan 
in Gollatione DaDielis Abbatis : Dnum sane, inqait, lOque iden^ lmo6e» 
dientiœ genus est, tel propter operationis instaniiatn, vel prapter ofii 
ûesiàerium, stnioris violare mandaïum; iamqae dispèndioaum estpro 
somno» quant pro vigilantia, Monasterii Statuta convellere : tante» 
denique est, Àbbatis transiisse prœceptum ut legas; quantum Mi eo^ 
temnas, ut dormicLS, Sancta fait actio Marthae^saocta contemplatio Mag- 
dalenœ» sancta pœnitentia et lacrymae, qui bus pedes Christ! Domiol 
rigabantur : sed haec omnia Dimbram oportuit fleri in Betbania, qaas 
yocem domum Obedienlise interpretantnr, ut ea re quemadmodom ait 
<$. Beroardns, nobis significare voluisse IXoniinns videatur, née studium 
bonœ actionis, née otxum sanciœ coniemplaUonxs, nec lacr^mam pcnii- 
tentis, extra BeOianïamilli çiccepta esse potniise. 

7. Quocirca voluntates yestras , fratres carissimi , qnoad fjoa tari 
omuino deponite : libertatem Gonditori ve^tro, quam Tobia ipsamel 
elargitus est, in ejus ministris libère tradite, ac dicate. Noiite eilgaam 
Testri Uberiarbilrii fructnm putare, quod lioeat Tôbis ilind, a qoo id 
accepistis, eidem per Obedientiam plene reddere. Qnod com fecitis, 
non modo non perditis ipsom, Terum etiara augetîs, atqne pêrficiUs t 
quippe qui vestras omnes Toluntates certissima rectiludinis regola mode- 
ramini Toluntate Bivina» qnam Wdelicet interpretator is, qui vobla Du 
Domine prassidet. • 

8. Iiaque diligenter iUnd etiam cavendum est» ne Saperiorla ollo 
nnqnam tempore Tolnntatem (quam ducere pro Bifina debetls) ad 
vestram detorquere nitamini : id eoim esset non ? estram difin» ooofbr* 
mare, sed Divinam yestrae yolnntatia norme regere Telle, ejnsdem Difloaa 
sapientiœ ordinem iuTertentes. Saoe quam magnus est error, et qnidfoi 
eoram quos amor sui obcsecayit» obedientes existimare sese» com Sope- 
riorem ad id, quod ipsimet Tolunt aliqaa rationa pertraxerint. Sanolnm 
Bernardum ïo bac re praBClare exercitatam audite : Qûisqtds, inquit, 
vel aperte, vel occulte sat agit, ut quod habet in voluntate, hoc ei spiri- 
tualis paler injungatf ipse se seducit, si forte sibi quasi de ùbedUntim 
blandiàtur, neque enim in ea re ipse Prœlato, sed magis ei Pmiaims 
obedit. QusB cum ita si ut, quisqùls ad Obedieoti» gradnm ascendat, at 
Superioris non solum jussa exseqoatur, sed etiam ejus yolantatefn 
Buam fadat, seu potias suam exuat, nt DiTinam a Snperiore expoiitafli 
ioduat. 



DnisQna par VOl^Usi^pqf) à Notre-Seigneqr et k Noire Çrëetonr (fin f o- 
guieri de prix. 

6. Dans quelle erreur et quel 4apgfr soqt ceux qui eroi«nt permit 
f|ç $t^i«qrter ^e l'ordre et 4e la volooté du Sapérleur* je oe dis pus seule? 
IPfipt dans tout ce qui regarde la fitiair et )e sang, mais enepre dail« des 

Îll^o^es d'ailleurs trèa-lQuat^les e( très-bonqe^ Il l'âme comme le^ ieûact^ 
ea prières et les autres œuvres pies.. Qu'ils écoutent ce que remarque 
aagenieut Gassien dan« la Conférence de l'abbé Baqiel : G'e$t« dit-il, 
Dbsplpment la même désobéissance de violer le commandement de l'An- 
cien, par ardeur pour le tray9il« on par d^sir du repos : il est aussi ooupa? 
fAe de i*enTerser le^ statuts du Monastère pour dormir que pour veiller; 
Il est aussi grave de transgresser l'ordre de l'Abbé pour lire, que de le 
dédaigner pQur dormir. S^iute fqt l'activité de Martbe, et sainte la mé- 
«litation de Madeleine, et sainte la pénitence et les larmes dont )eti pieds 
d^ J.-G. IH.-S. fqrent arrosés : mais tout cela a dû s'accomplir à Bétha- 
nie, nom qu'on tradnit par Maison de rObéissance, afln qu'il parût» 
comme 4it S. Bernard, que Dian nous montrait par \k que l'ardeur 4e 
cette pieuçie activité, et l'immorta|ité de cette sainte méditation, et les 
larmea de la pénitence ne pouvaient lui être agréable^ autre part qu'A 
Béthanie. 

7. Ainsi donc, mes cbers Frères, autant que cela est en tous, dé- 
pouillez entièrement votre volonté : cette liberté que votre Gréateur 
vous a dépai'tie, il faut librement la lui livrer, la lui consacrer en la 
personne de ses ministres. Ge ne sera point un médiocre fruit de votre 
libre arbitre que d'avoir pu le rendre pleinement par l'Obéissance è ce- 
lui dont vous l'avez reçu. Et loin de l'avoir perdu ed agissant ainsi, 
vous l'accroissez et le rendez plus parfait, puisque vous dirigez toutel 
vos volontés par la règle la plus sûre de toute rectitude, par la volonté 
Divine, qu'interprète celui qui vons cqmmande au nom de Disc. 

8. Veillez donc avec grand soin à ne jamais essayer de détourner 
pour la ramener à la TÔtre,la volonté du Supérieur que vous devez re* 
garder comme |a volonté de Dup : ce ne serait plus conformer votre 
vQloQté à celle de Diau, mais vouloir régler pelte de Diiu d'après la 
vêlre; ce serait renverser Tordre établi par la Sagesse Divine. Quelle 
erreur n'est-ce pas, et c'est celle de tous cpuy qu'aveugle l'amour de 
soi| que de se croii e obéissant lorsque sous un prétexte on décide le Su- 
périeur à ce qu'on veut soi-même ? Écoutez S. Bernard qui a développé 
admirablement ce sujet : Quiconque, dit-il, ouvertement ou en secret 
s-aglte pour se faire ordonner par son Père spirituel ce qu'il a mis dans 
sa volonté, se fait illusion à Ini-méoie s'il se flatte d'avoir l'Obéissance : 
ee n'est pas lui qui obéi( au Prélat , mais bien plutôt le Prélat qui lui 
obéit. S'il en est ainsi, quiconque veut acquérir la vertu d'Obéissance 
doit ^'élever à ce second degré d'Obéissance, où, non content d'exécuter 
les ordres du Supérieur, il fera de sa volonté la sienne, ou plutôt dé^ 
poniilera la mnne, afin de revêtir celle de Dibu qne lui fera connaître 
1$ Sppériepi:* 



4\6 LETTRE D'IGNACE. 

9. Qui yfro se totumpeDitusiromolare tuUDbo, pneter TOlantatem, 
telligentiamquoque (qai lertius, et samious est gradus Obedientùe) offerat 
neceFse est, ut non solum idem velif, sed etiam ut idem sentiat qood 
Superior, ejnsque judicio subjiciat suum, qnoad potest devota 
intelligentiam inflectere. Quœ Yis animi tametsi non ea, qua 
pollet» libertate prsdita est ; atque ipsa natura fertur ejns assensos in id« 
qaod sibi ? eri speciem praebet : tamen moltis in rebns« in qaibas Tîde* 
licet cognitœ veritatis evidentia vim illi non iofert. potest Toinntilis 
pondère in banc potias, quani in illam partent incltnarl. Qnae res cum 
incîdunt, del>et qoisquis Obedientiam profitetur , inclinare lese in seotea- 
tiam Superioris. Etenîm cum Obedieotia sit qnoddam holocaiistiiiD« qw 
totus bomo sine ullaprorsusimmunitione Gonditori suo, ac Dooriao per 
manus ministrorum in caritatisigne immoialur; cnmqae sit eidem renim- 
ciatioqoœdara intégra, per qnam omnisaojure sponte deceditrdigiosos, 
ut Di?inœ Providentiœ Superioris ductn gubemandnm, ac possidendiua 
ultro sese addicat , ac mancipet : negari non potest, quin Oliedienlia 
comprebendat non solum eiecutionem, ut imperata qnis faeiat, et to- 
luQtatem;ut libenter faciat'; sed etiam judicium, ut qoscamqtie Snperior 
mandat ac sentit, eadem inferiori et recta, et vera esse Tideantur, qua- 
tenus, ut dixi, li sua potest yolnntas intelligentiam flectere. 



10. Utinam banc mentis, et jndidi Obedientiam, ita et InfelIigeKiit 
homines, et exercèrent, ut grata Dio est, ac omnibus, qui in religiooe 
Yi?uot, necessaria. 

Nam ut in corporibus glpbisque cœfestibns, ut alias allao afBeiat 
mo?eatque , requiritur, ut certa quadam couTenieotia et ordine inlerior 
orbis superiori sabjiciatur : sic in hominibus, cum alter alterius anelo- 
ritale mo?etur, quod per Obedientiam fit, oportet ut is, qui ab alterios 
nutii pendet, subserviat, et obsecnndet; ut Tirtns ab imperaote ad eiia 
deriretur et influât. Hase antem obtemperandi, obsecundandiqae ratio 
constare non potest, nisi Toluntas ac judicium inferiorit cum Superioris 
Toinntate, ac judicio congruat. 

11. Jam Tero si finis et causa Obedientias spectator, quemadmodon 
Tolnntas, ita et judicium in eo, quod nobis conyenit deeipi potest. Ergo 
sicut', ne Toluntas erret, cum Superioris Toluotate oonjungitor; sic ia- 
telligentia, ne fallatur, ad Superioris intelligentiam conforoModa est. 
Ke innitaris pntdeniia tua^ Sacr» Litterae monent : atqae in rehos 
etiam humanis oensent sapieotes, yere prndentls esse , sua ipeios prodeo* 
tia minime fldere ; pnesertim in rébus suis, quarum homiocaanimopef- 
turbato fere boni judices esse non pos8unt.Qaod si io reboa nostris, alleriai 
^tlam non Superioris judicium, atque consilium nostro aatepooeiMtaoi 



LETTRE D'IGNACE. 447 

9. Mais celui qui voudra tout entier rf sans réserve s'immoler h Dieu, 
devra, outre sa volonlé, lui offrir son intelligence ; ce qui est le troi- 
sième et suprême degré de TObéissance : en sorte que non* seulement il 
Teuille, mais encore pense de même que le Supérieur. et soumette son 
jugement au sien, autant qu'une volonté toute dévouée peut faire flé- 
chir l'intelligence. Quoique cette faculté de l'âme n'ait pas la liberté qui 
éclate dans la volonté, et que par suite de sa nature elle ne puisse re- 
fuser son assentiment à ce qui lui présente l'apparence de la vérité : en 
bien des choses cependant, à savoir celles où l'évidence d'une vérité re- 
connue ne l'entraîne pas malgré elle, la volonté par son poids peut la 
faire pencher d'un côté plutôt que d'un autre. Qnand chofe pareille se 
rencontre, celui qui fait profession d'Obéissance doit incliner son opi- 
nion à celle du Supérieur. En effet, si l'Obéissance est une sorte d'ho- 
locauste où l'homme tout eniier, sans rien retirer de lui-même, s'immole 
à son Créateur, à son Seigneur par la main de ses ministres dans le feu 
de Tamour Divin : si l'Obéissance est une pleine et entière renoncia- 
tion par laquelle le religieux abdique volontairement tous ses droits sur 
lui-même, pour qu'en vertu de cet abandon volontaire et de cet asser- 
vissement, la Divine Provi Jence par la main du Supérieur le gouyerne 
et le possède ; on ne saurait nier que l'Obéissance ne comprenne non- 
seulement l'exécution qui fait accomplir ce qui est ordonné, et la vo- 
lonté qui le fait suivre de plein gré, mais encore le jugement, en sorte 
que ce qu'ordonne et croit le Supérieur paraisse légitime et vrai à l'in- 
férieur, autant que la force de la volonté pourra, comme je l'ai dit, faire 
fléchir l'intelligence. 

10. Cette Obéissance de la pensf^e et du jugement, pourquoi les hom- 
mes ne peuvent-ils la comprendre et la pratiquer autant qu'elle est 
agréable à Disu et nécessaire à tous ceui qui vivent en religion? S'il 
faut que les corps célestes réagissent l'un sur l'autre et s'entrainent ré- 
ciproquement, de telle façon que l'astre inférieur dépende du supérieur 
par une sorte d'accord et de hiérarchie : de même, puisque ch(z1es 
hommes l'autorité de l'un fait agir l'autre, ce qui s'opère par l'O* 
béissance; il faut que celui qui dépend d'autrui lui soit un serviteur do- 
cile et obéissant, afin que la vertu de celui qui commande passe en loi 
et le remplisse. Cette sorte d'Obéissance et d'unanimité n'est possi- 
ble qu'autant que la volonté et le jugement de l'inférieur s'accordent 
parfaitement avec la volonté et le jugement du Supérieur. 

il. Mais si l'on va considérer le but et le motif de l'Obéissance , le 
jugement pourra se tromper aussi bien que la volonté dans les choses 
qui nous conviennent : et si pour empêcher la volonté de s'égnrer nous 
la confondons avec celle du Supérieur, de même l'intelligence pour ne 
pas se tromper devra se régler sur celle du Supérieur. Ne vous appuyez 
pas sur votre propre sagesse, disent les Saintes Écritures; et dans les 
choses même purement humaines, les sages croient d'un homme pru- 
dent de n'avoir point conflance en sa prudence , surtout dans ses pro- 
pres affaires, car alors les hommes ont l'esprit troublé et ne sauraient 



448 LETTRE P'IGKAC^. 

est, quanto noagU ipsias Saperloriç, cni dos, ut I>s| vicem geraatt« 
Di?ins ToluDtatis ioterprfli moderaados fradidimnt? la caasis 
per«onis(^uç spiritualibus eo mKJor etiam cautio procoi dubio est ncces- 
saria, quo grâTius est spirilualis TÎœ periculum^ cuid sine frenis coDûlii; 
discretionisye in ea d curritar. Qaa de re commode Cassianu^ io CoII«- 
tione Abhatis Mosi ait : Nullo alio vitio tatm pragcipitem Diabolus jmo- 
nai hum pertrahit, ac ferdvcit ad viortem : quam ctim eum, neglccîis 
cçnsUiis seniorwnt suo judicio per^ua$eril definitionique çanfidçn. 



12. Prœterea^ wi bac Obedientia jodicii ezisUt, fieri a<m poteit, at 
Yçl consensus Toluntaiis, vel e^ecutio talis ait, qualem esse oporf^: as- 
tara eoim ita comparatqm est, ut apimi nostri Tires, qnaa appetitiTa 
dicuntur» sequantur appreheml7a« ; et niai adiiibita fi» foHiotas» jodick» 
repagnaate, diu obtemper^re non poterit. Quod M torie quis aliqiio leiD> 
poris spatio obediat per communem illam appreheniioneai»qiia ceaaeMir« 
perperam etiam prapcipienti parendum esse ; certe id stabile^ «c fizuiii 
esse non potest : atqae iia perseverantia déficit^ ? el saltem Obedientôt 
perfectio, qqœ In prompte et i^lacriter obediendo consistit ; noD eniin ibî 
potest esse alacritas, sententiarurpque dissens o. Périt eilam es«qpesdi 
studium, et celeritas, cum ambitur,«espediat nec ne, facere qnod jubé- 
mur : périt celebris ila Obedienti» caec» simplicitas, com «pod mm 
ip$08 in quaes!ionem Tocamns, recfe pe praecipiator ; an secus: atqq« etiam 
fortasse damnamus Snperioreni* quod ca maadet, qa« nobia non ita 
jucunda sunt : périt bumilitas, quoniam etsi ex altéra part^ p^remas, a 
altéra tamen nosmetipsos Superiori prapferimus : périt in rébus ardait 
fqrtitudo : périt deoiquQ (ut sqmmatim complectar) tirtntis hqjiis fia 
omnis ac dignilfis. Suçcedunt autem in eorum (ocum dolor» molestia, 
tarditas, lassitado, obmurmurationes , eicosaliones, aUaque ^itia non 
sane ICTia, qiiibus Obedieotiae pretium, ac meritnm prorsns ezUngnitqr. 
Ilaque sanctus Bernardus, de iU qui graviter ferqnt iœperata roinos tibi 
suavia, sic ait : Hœc si pioleste cœperis ^t^stinerCt si dijudicare Frc* 
taium, si vwrmurare in cçHe» tXiam si exierïus impleas, 'quod inheiur, 
non est hœe virins paiieniiœ, sed velamentum maliiiœ. Quod si pai, et 
tranqnillitas antmi qusritur, cerle bac non frnetur is* qui habet intni 
sese C8usam periurbatlonis, atque tumultus. diisensioncm tidelicd 
judicii pnoprii ab Obedientiœ If ge. 



f 5. Atqne ideirco, tuenda conoordia» caasa< quae SoeîetalisoinDis eti i *a* 
cnlum, tantoperebortatnr Apoitolus, ntid ipsum 0inDes8apiaQt,etdi€aQti 
uimirum ut coqsentientibus et judiciis, et volnnlatibin. mqtao foT6tolart 



LETTRE D*IGNÀGE . 449 

îgrabre élre boni juges. Si donc dans nos affaires nous devons suivre 
de préférence le jugement et les avis d'un sulre, même s'il n'est pas 
notre Supérieur, combien plus devons-nous te fa re pour ceuï du Su- 
périeur auquel nous avons remis la conduite de notre âme, comme au 
représentant de Died et è l'interprète de la volonté Divine. Quand il 
s'agit de choses et de personnes spirituelles, une réserve plus grande 
encore est d'autant plus nécessaire, que les dangers de la vie spirituelle 
sont plus redoutables lorsqu'on s'y élance sans le frein de la prudence 
)et de là discrétion. Aussi Gassien ditm avec raison dans la Conférence 
de Tabbé MoTsè : Il n'est point de défaut qui permette an DiatHe d'en- 
traîner et de conduire plus vite un moine è la mort, ^e lorsqu'il peut 
lui persuader de mépriser les conseils des anciens, et de se confier à son 
propre jugement et è ses lumières. 

le. En outre, sans cette Obéissance du jugement, l'accord de là vo- 
lonté et la mise à eiécution ne sauraient être ce qu'ils doivent : la na- 
ture a fait en sorte, en effet, que les fvcultés de notre âme qu'on appelle 
ftppétitlves se laissent conduire p«r les appréhensives, et si Ton n'emploie 
la eontniinte, la volonté ne saurait obéir longtemps quand le jugement 
y répugne. Un hoadme pourra peut être obéir quelque temps par cette 
pensée commune qu'il faut obéir même à des commandements dérai- 
sonnables, mais cela ne peut être ni fixe ni durable : il n'y aura donc 
pas là la persévérance on du moins la perfection de l'Obéissance qui 
consiste à obéir promptement et avec joie : comment y aurait-il joie et 
promptitude où il y a désaccord de sentiments et de pensée? Le sèle à 
exécuter et l'activité s'éteignent dés qu'oik doute s'il convient on non de 
faire ce qui nous est ordonné : cette éclatante simplicité de l'Obéissance 
Bveogle disparaît lorsque nous mettons intérieurement en question si 
ce qu'on nous commande est bien on mali et que peut-être nous blâ- 
mons le Supérieur de nous commander ce qui nous déplaît : l'humilité 
df^3raft aussi, parce que si nous obéissons d'un côté, de l'autre cepen- 
dant nous nous mettons au-dessus du Supérieur. En même temps dis- 
paratt la constance dans les occasions difficifes, et euGn, pour tout dire 
en Un mot, Véclat et l'énergie de cette vertu : viennent en écbange le 
regret, fennui, l'apathie', la lassitude. If s murmures, les excuses et 
toutes les fautes si graves qui tètent tout le prix et tout le mérite de l'O- 
béissanoe. Aussi S. Bernard dit à ceux qui supportent avec peine les 
ordres qui leur déptaisent : Si vous recevex un ordre avec ennui, si 
vonsUàraezie Prélat, si tous murmurez an fond du cœur; accomplir 
extérieurement ce qui est ordonné, ce n'est pas pratiquer la patience, 
mais voiler sa malice. Si l'on doit chercher la patx et la tranquillité de 
Vâme, celui-là certes n'en jouira pas, qui porte en lui-même une cause 
de troatrfe et de désordre, l'opposition de son propre jugement à la loi 
d'Obéissance» 

43. Aussi c'est pour cooflenrer le bon accord qui est le lien do toute 
Société, que l'Apôtre exhorte si vivement les hommes à avoir mêmes 
pensées el même langage, afin que cet accorj des sentiments et des vo- 



420 L£TTB£ D'iGNACE. 

et conserventur. Jaiu si uauni, eumdemqne oportet e^se meoilMnonuB 
seosum et capiiis ; facile cern'tur, alruin &it aequias caput niembri^, am 
uiembra capiti conseulire. Atque ex his quident, quac dic!a sont bace- 
nus, satis apparet, Obedieotia judicii qoam sit necessarta. 



14. Quam vero ait eadem ipsa perfecta, grataqae Domino, 
primom ostenditur, quod per eam praestanlissima pars hominis ac 
tiosissima Domino.coDsecratur. Deiode quod Obediens ita fit holocaiistiia 
vivum, gratumque Majestaii Divioa?, eum nihil saimet omniao reiineat : 
postremo quod magna est bujus certaminis diificultas ; frangit enim 
Dei causa Obedieoa ipsemet, resislitque naluraii propeosioDi, 
omaibus hominibus insila est ad suam complectendam» srqoeodaiiiqae 
sententiam. Ex his igitur rébus efDcitur, ut Obedîeoiia, Uunetsi profirM 
Yolualalem perficere TÎdeaiur, quippe quam reddit ad nutum Soperiorii 
proiDplam, ac piratam; nihilomious ad iotelligeoiiam qooqœ ipsaM» 
ut diximus, pertinere debeat, eamque ioducere ad seaiiendam id ipmait 
quod sentit Superior : sic enim^fiet , ut omiibus conoixi firiboa H 
voluDiatis, et ialeUigentias, ad executionem celerem, atqae integnai 
Teniamus. 

15. Videormibi vos> fratres carissimi audire dicentes^ devirtntii qui- 
dem bujusce necessitate jam non ambigere; illud vero ut cogooicalia 
▼ehementer optare, quo pacto ad ejus perfectionem perTeoire poisiiis. 
Uuic ego quaesliooi cum sancto Leone, ita respondeo : Kihii ardfntm est 
humilibus, et nihil asperum mitibus ; modo non desit Tobis buniiUlaf, 
non desit mansuetudo, non utique décrit Deo benignitat ad vos adjii- 
vaodos, ut quae sibi promisislis, ea praestare possitis, auimo noa aoliia 
œquo, sed etiam libenti. 

16. Praeterea Yobis tria nominatim propoao; qn» ad Obedientîm 
judicii coroparandam multum juTant. 

Primum illud est, ut quemadmodum initio dtxi, non intoeaimiii 
iu persona Soperioris hominem obnoxium erroribus, atque miaenia; 
sed Gbristum ipsnm, qui est sapientia summa, bonitas immensa^ carttas 
iaOnita; quinecdecipi potest, nec vos i^nlt ipse decipere. Et qnooiaBi 
conscii Tobismet estis, tos Dei amore jugum Obedientiaa sutriia»e, ut in 
Superioris yoluntate sequendo, Toluntatem DîTioamcertius lequareanni; 
nolite dnbitare, qoin pergat fidelissima Domini caritas, eorum minûtario, 
quos Tobis prœfedt, vos deinceps gubernare, et rcctis ilineribns doeere. 
Kaque Superioris yocem, ac jussa non secus ac Gbristi ? ocem ezcipile i 
si qu'dem Aposlolas etiam srribens in banc sententiam ad Golosaenaet, 
cum ad oblemperaodum Priepositis subdilos adbortalur, ait : Quod- 
cumque facitis, ex animo operamini sicut Domino, et non homiuibtts; 
scltnles, quod a Domino accipietis retributionem hœreditath, Domimo 
Christo servite. Sanctus Tero Beroardns : Site Divs, inqnit, sire komo 
Vicarius Dsi mandatum quodcwnque tradiderit, pari profuio atoc» 



LETTBB B^IGNAGË. 424 

lonlés permette de se soutenir et de se protéger mutneUement. Si 
donc il ne faut qu'une seule et même pensée pour la (été et les mem- 
bres* on voit sans peine lequel est le plus convenable que la tête le 
mette d*aocord avec lea membres ou les membres avec la tète. Tout ce 
qui précède sufGt à montrer combien est nécessaire l'Obéissance de la 
pensée. 

1 4. Mais jusqu'à quel point est-elle parfaite et agréable au Seigneur ? 
Songez d'abord quVUe consacre au Seigneur la partie la plus éminente 
et la plus précieuse de l'bomme : ensuite que celui qui obéit ainsi de- 
vient un holocauste vivant et agréable à la Majesté Divine, puisqu'il ne 
garde absolument rien de lui-même ; songez enfin combien cette lutte 
est pénible : l'homme obéissant brise son âme en vue de Dieu, et 
résiste au penchant naturel mis au fond de tous les cœurs, qui nous 
porte à embrasser et à suivre notre propre avis. De là résulte que l'Obéis- 
sance quoiqu'elle semble perfectionner avant tout la volonté en la ren- 
dant docile et pleine d'ardeur au moindre signe du Supérieur, doit 
néanmoins s'attacher aussi, comme nous l'avons dit, à l'intelligence et 
ramener à n'avoir d'autres sentiments que ceux du Supérieur : car c'est 
ainsi que réunissant dans un commun effort toutes les forces de notre 
volonté et de notre intelligence, nous parviendrons à une exécution 
prompte et complète. 

15. 11 me semble, mes chers Frères, vous entendre dire que vous ne 
doutez plus de la nécessité de cette vertu, mais que vous désirez pas- 
sionnément connaître le moyen d'arriver à sa perfection. Je répondrai à 
vos questions avec S. Léon : Rien n'est élevé pour les humbles ; rien n'est 
dur pour les patients : que l'humilité, que la mansuétude ne vous man- 
quent pas, et la bienveillance ne manquera pas à Dieu pour vous aider 
à tenir non-seulement sans efforts, mais encore avec joie les promesses 
que vous lui aurez faites. 

16. D'ailleurs j'ai trois choses à vons proposer qui vous aideront beau- 
coup à acquérir l'Obéissance de la pensée. La première : c'esit, comme 
je vous l'ai dit en commençant, de ne pas voir dans la personne du Su- 
périeur un homme sujet à l'erreur et aux misères : mais J.-C. lui-même 
qui est la suprême sagesse, la bonté sans borne, l'amour iuHni, qui ne 
saurait être trompé et ne veut pas vous tromper. Et puisque vous avez 
conscience que vous vous êtes soumis au joug deTObéissaoce par amour 
pour Dieu, a6n de suivre plus sûrement la volonté Divine en suivant 
celle du Supérieur, ne doutez pas que le Seigneur si fidèle dans ses af- 
feclions ne continue par l'entremise de ceux qu'il a mis à votre tête, à 
vous diriger désormais et à vous conduire dans le droit chemin. Ecoutez 
la voix et les ordres du Supérieur comme la voix de J.-G. L'Apôtre était 
plein de cette pensée lorsqu'il écrivait aux Colossiens pour les engager 
à obéir aux magistrats : Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur 
comme pour Dieu et non pour les hommes; vous savez que Dieu vous 
donnera son héritage en récompense : soyez donc les esclaves de J.-C. 
N.-S. Et S. Bernard disait : Si Dieu, ou un des Vicaires de Dieu, voas 

50 



4^2 LËTfRfi D*IûKa<:«. 

quendum eH cara,pttrireverentia deferendum;vbi iamen Dtotontrmîm 
non prœcipit Homo. Atqae Ha, si non tominem extemfs oculis, sed Dicm 
iospexeritis intéi'Dls, bàud sane grave Aierik yobis Toluntates 
atqo'e judicia conformare ad eatid regulam tetionom TettramiD» 91 
ipsimet elegistis. 



17. Altéra est ratia, ut qnod Soperior mandat^ td sentit, 
seittper àpud animos vestros stndiose nitariaiiaî, improbare antem 
qnatoi, atque ad eam ipsam rem proderit, bene animâtos âffectOBqoe 
«d îd omne qnôd !pse jasserit; aie enim fiet» nwi solnin ut sme 
sed etiam nt cnm voluplate, laetitiaque pareaiis : naiA (ut est apod 
tum Leoaem) ti&it dura M necestlUOe ^eniittr, ttH «li/l^ifMr, 
ju&etur. 

18. Poitrenoa snbjicîeiidi jadîeii ratio est cam fadlior, fotÎArqM^ 
etiam apud sanctos Patres in more fiosita, nt stalaatfs TObiseam ipsi « 
qnidqoid Saperior praeci)>it, ipsios Dn praeceptnm esse, et 
atqoe ut ad credenda, quae catholica lldes propofeiit, loto anime 
que Testro statim incombitis 3 sic ad ea fiicienda, qnsBcnmqiie 
dixerit, cœco qaodamimpetu volnntatis parendi eapid», sine aBa 
disqnlsitione feramioK Sic agisse credeiÂlas est Abraham, fflinm 
molare jossus ; sic Novi Testament! tempore aliqids e sanctis Patribvs 
lis, qaos tommemorat Cassianm, nt loannes Abbas, ipii, qood erat ei 
Imperatum, non repntabat ntilene esset, an inutile; nt cam an- 
dnm lignfum taoto ac tara dîntarno hibore per atouum frrfgavft ; nec 
ntram fieri posset, nec ne ; ut cnm oonatus est lam ei atoimo ingnis 
saznra solus dlmovere loco, qnod ne nmiti qaidem sirnnl (honinieB îoi- 
pellere potnissent. Quod Obedleoti» genns ipsis interdnm oiiracaiiB 
"divioitiis comprd>atQm vtdèimns. Nain (nt aiSoi taceam, quos ipsi non 
igDOratis) Maurus sancti Benedicti discipulus, mandato Snperiorfs lacmn 
togressus, nec mersus est : altus quidam a Superîore jassns« If aenam êd 
se dncere, iliam cepit> atqœ perdûtit. Est igitnr tasec ratio snbficieiiii 
proprii iadicii, ac sine ulia questione sanciendi et cotlaudandi apod se 
quodcofnqne Soperior jàsserit, non solam safoctts riris nrîtata, iwd 
perfectœ Obedteniî» sindioris imitanda onmibos in rebas, qoft 
peecato manifeslo tonjtmctœ non snnt. 



f 9. Nec tamcn idcirco Tiefamîoi, b\ qtiid forte Tôbîs occorrat a Sope- 
Tioris sententia diyersdm, idque robis (eonsutto sopplîciter l>ODiino) 
exponeodum videatUr, quoniinas id ad Snperîorem reTem poasiliB. 
Veram !n bac re, ne vos amor restri, judiciumque dedpîat, Stia cadtio 
est adbibenda» ut animo sitis et anle, et post relationem squlsfimo, nea 
Bolum qnod pertînet ad eam rem, de qua agitur, vd soscTpieodaa, 
Tel deponendam; sed etiam ad approbandum récOusque pnlaodatt 
quidquid Superiori placuerit. 

20. Atque bsETc quœ de Obedtentin diximfts, ae^uè ptltatti ^r«a piwi- 



donne nu ordre, Tom deves l'ei^uter avec le même «4 Q* y déférer evee 
le même respeot* ponna qiiecethomiiie ne commaude rien de contraire 
à la loi deDiBu. Auss'^ si tous $aTez voir non pas rbomme avec les yeux 
du corps, mais Bieo avec ceux de l'âme, il ne tous sera point pénible 
de oonformer votre volonté et vos pensées à cette règle de vos actions 
que ▼Qus-ménoes avez choisie. 

47. Un autre moyen, c'est de s*«ssayer toajonrset avfc soio à défen« 
dre en soi- môme ce qn'a dit ou ordonné le Supérieur, et jamais it le blâr 
mer ; et ce qui vous y aidera beaucoup» c'est d-étre bien disposés et 
pleins d'ardeur pour tont ce qu'il peut ordonner : il en résultera que 
TOUS obéirez non -seulement sans ennui» ma's encore axeo joie et plaisir, 
car, comme le dit S. Léon, il n'y a plus d'esdavage dur et pesant dèg 
qu'on chérit ee qui vous est ordonné. 

18. Le dernier moyen de soumettre sa pensée est plus facile et plus 
sûr ; on le trouve comme une haliitude chez les Saints Pères ; c'est de 
se figurer que tout ce qu'ordonne le Supérieur est Tordre et la volonté 
de Disc lui-mèroe; et si, qnand il s'agit de croire ce qu'impose la foi 
Catholique, voas faites effort de toute votre âme et de toute votre bonne 
volonté, de même qa<in4 il faudra accomplir l'ordre quel qu'il soit du 
Supérieur , un élan aveugle de la volonté avide d'obéir vous entraînera 
sans laisser aucun lien à la réflexion. Croyez que c'est ainsi qu'agit Âbra« 
bam en recevant l*ordrc d'immoler son fils : ainsi ont fait su temps du 
Nouveau Testament quelques-uns des Saints Pères que cite Gassien : 
par exemple, l'abbé Jean, qui ne cherchait jamais si ce qu'on lui or- 
donnait était ntile ou non, comme lorsqu'il arrosa une année entière 
du bois mort avec un si long et si pénible labeur, ni si la chose était 
ou n'était pas possible, comme lorsqu'il essaya de toit cœur de changer 
de plsce un bloc de pierre que bien des hommes n'auraient pu ébranler. 
Ce genre d'Obéissance a été quelquefois approuvé par des miracles d'en 
haut* Ainsi, pour ne rien dire des autres que vous devez connaître, S. 
Maurj disciple de S. Benoit, se jeta dans un lac sur l'ordre du Supé- 
rieur, sans se noyer; un autre, recevant du Supérieur l'oriire de lui 
amener une iiopue, l'alla prendre et l'amena. Voilà donc un moyen de 
soumettre son propre jugement, de confirmer sans hésiter et de justi- 
fier en soi-même tout ordre du Supérieur, non-seulement pratiqué par de 
saint) personnages, mais que ceux qui aspirent à la parfaite Obéissance 
doivrnt imiter dans tout ce qui n'eotraioe pas évidemmeni au péché. 
19. Cependant s'il vous vient une pensée dif rérente de celle du Sopé- 
rieur, et qu'après avoir consulté Dieu par la prière, elle vous paraisse 
mériter d'être expos(^e, on ne vous défend pas d'en référer au Supérieur. 
Mais pour qu'en pareil cas l'amour de vous-même et votre jugement ne 
vous égarent pas, prenez bien soin d'avoir, avant et après le rapport, 
l'esprit tout disposé non-seulement à entreprendre ou à abandonner ce 
dont il s'agit, mais encore à approuver, â regarder comme meilleur ce 
que le Supérieur aura décidé. 
30. Ce que nous venons de dire de l'Obéissance s'applique égale- 



424 LETTRE 1)*I0KACB. 

mos Snperio*'e8,8tqiieRectoribus, Prsposilisqae localibos ergaPruT»- 
cîales, Provincialibuserga Generalem, Generali denigne erga illom, 
Deus ipsi prœfccit, nempe sunm in tf rris Vicariom, obserraoda 
sic ut et ordiDum perfecta distlDCtio, ac proinde pax retioeatar, et 
rHas ; sine qua Dec Societatis rostrœ,nec alterios cojaslibet sodaltlii 
set recta giiberoatio coDgervari. Nimiroiii hoc modo Providentia illa Di- 
Tina, disponit omnia sua? iter, infima per média ; média per samma» ■■« 
ad fines euncta perdaoens. Hinc illa Tide^icet in Angelia anias 
ad aliam snbordioata séries; bioc et cœlestiom, et aliorom oomioai» 
cientnr, corpornm certis locis, ac sedibas inter sese apta cooneiio^ 
rum coiiTersioneSy ac motus ab noo moTente supremo gradatim 
osque ad iofimos rite proveniont. Ideo in terris, cam io omni 
bonis iostitnta legibas, tum Tero Hierarchia Ecclesiastica oernitur.i 
omoia membre, et ftmctiones ab nno generali Christi Bomioi Nostri 
Yicario derivantur : et quo accnratius baec dispositio, et colloealio eos- 
toditur, eo rectior est gubematio, et melior, confra vero hajas ordinii 
negligentia , quam gra?ia incommoda multis hominum societatibi» im- 
portentur, nemo non videt. Âlque idcirco in bac, cnjiis mthi Booimltafli 
procurationem, ac cnram Dominos tradidit, tam diligenter banc ▼irCoteBi 
eierceri, Tîgerfque percnpio, qua&i in ea Societatis nostraa bonans. ac 
sains nnÎTersa consistât. 



21. Qos corn ita sint, ut unde exorsa et, ibidem termioetor épkÊtA»; 
vos ego per Cbristum Daminum nostrum obtestor, qui sese nobia noa 
rooio praBceptorem, sed etiam exemplar pnebuit Obedieuiiœ, ot ad asm 
virintem toto pectore incnmlratis ; et gloriosœ yictonœ appeteofcea, atqoe 
a?idi. vosmettpsossiiperare, id est excelsiorem,et dirfleiliuremantiiiipaf- 
tfro, Yoluotatem dico, atque jodicinm expugoare , et snbijcere atodéatia: 
quo Dbi Domini Nostri solida Yeraque cognitio, atqne amor ?e»troa ad aa 
animos penitas f rabat; totoque Titœ bnjus, et quisi peregrlnatioait 
currîcn'o usriue eo gubernet, ac re^at, dum vos demum, aliosqne ooat* 
plures, Tesira opéra expmplaque adjutos, ad nittmim et fiflicitsiaiimi 
finem, nimirom ad beatitodioem sempitemam perdacat. Vestr.8 ad 
Bbuh precibus me Talde commeado. Roma YII, Kalend. Aprilis oiUle • 
aimo quiogentesimo qninqnagesiroo tertio. 



LETTRE D^IGNACE. 425 

meot à la conduite desiodividas envers leurs Supérieurs immédiats « à 
celle des Recteurs et des Supérieurs locaux envers les Provinciauz, et 
dea ProTinciauz envers le Général ; enQn, du Général envers celui que 
Dieu a mis au-dessus de lui comme son Vicaire sur la terre; en sorte 
que Ton conserve la gradation parfaite de la hiérarchie, et par suite la 
paix et la charité, sans quoi notre Société ni aucune autre communauté 
ne saurait être bien gouvernée. C'est ainsi que la Divine Providence 
dispose tout avec harmonie, conduisant les plus petits par les moindres, 
et ceux--ci par les pins grands, et tous ensemble à ses fins. De là, sans 
doute, dans les Anges cette hiérarchie, cette série d'ordres subordonnés 
les ans aux autres; de là dans les corps célestes et dans tous ceux qui 
se meuvent ces places fixes, ces postes qui les lient étroitement l'un à 
l'autre, eu sorte que la révolution et le mouvement engendrés par un 
moteur suprême et unique parviennent par degrés et par ordre jus- 
qu'aux derniers. lien est de même, snr la terre, dans fout gouvernement 
établi snr de bonnes lois, et surtout dans la Hiérarchie Ecclésiastique, 
dont tous les membres et tous les emplois relèvent du seul Vicaire 
général de J.-G. N.-S.: et plus cet ordre et cette disposition sont soi- 
gneusement observés, plus digne et meilleur est le gouvernement. Mais 
ce bon ordre une fois négligé, quels maux incalculables en sont la 
suite pour la plupart des Sociétés humaines P C'est ce que personne 
n'ignore ; et moi à qui Dieu a confié la direction et le soin de cette So- 
ciété, je désire qu'on pratique et qu'on fasse fleurir cette vertu avec 
autant de zèle que si le bien et le salut de notre Société reposaient tout 
entiers sur elle. 

21. S'il en est ahisi, pour finir ma lettre par où je l'ai commencée, je 
TOUS conjure par J.'G. N.-S. qui a été pour nous non-seulemeot le 
précepteur, mais le modèle de l'Obéissance, de vous appliquer à cette 
Tertu de tout votre cœur ; et dans l'ardeur et le désir d'une glorieuse 
victoire, de vous vaincre vous-mêmes, c'est-à-dire de dompter et de 
soumettre la partie la plus hautaine et la plus rebelle de vous-mêmes, la 
volonté et la pensée : afin que la vraie et solide connaissance, et l'a- 
mour de Djed I^.-S., attirent à soi vos âmes d'une manière irrésistible 
et, dans tout le cours de cette vie ou phitôt de ce pèlerioage, vous gou- 
vernent et vous dirigent, et vous conduisent enfin avec tous ceux qu'au- 
ront soutenus votre aide et votre exemple à la fin dernière et bienheu- 
reuse, c'est-à-dire à l'éternelle béatitude. Je me recommande autant 
que je puis à vos prières. 
Rome, le 7 des calendes d'avril {555. 



36. 



APPENDICE. 



APPENDICE. 



NOTE A. 



Origine et importance de la Société de JÉSUS. 

La Société de Jésus dans Topinion de ses membres n'est 
point une institution humaine , elle a une origine céleste ; 
cela est écrit dans leurs Constitutions , non mediis humanis 
instituta (p. 395). C'est une révélation de Dieu : «Dieu révéla 
« à Ignace comme au chef et au fondateur futur le plan tout 
« entier de la Société; tant sa constitution extérieure que ce 
« qui concerne ses mérites intérieurs (a). » Laynez, consulté 
par S. Ignace , décida que tous les points fondamentaux des 
Constitutionsavaient étérévélésparle Saint-Esprit, etS. Ignace 
en demeura persuadé (Yie d'Ignace, par Bouhours, 1. III, 
p. 282). Suarez ne manque pas de répéter cette décision : 
Spirilum Sanctum fuisse principcUem hujus Religionis auetorem. 
Le même Laynez écrit aux Jésuites d'Espagne : a Vous pou- 
« vez voir à quel genre de vie noble, élevé, royal, Dieu vous 
(( a appelés ; puisque ni parmi les hommes, ni même parmi les 
c( Anges, vous ne pouvez trouver d'occupations ni de devoirs 
« plus sublimes que les vôtres (6). » Que serait-ce donc si 
nous en croyions V Imago Primi Sœculi, ouvrage composé par 
les Jésuites à la louange de leur Société , et leurs autres au- 
teurs ! la Société serait la vivante et fidèle image de la So- 



(a) Dominas Dbos ideam totam Socîetatis nostrœ tara exteriorem^ 
taiD etiam qaae ad interiorem virtatam fonnain pertineret, Igaatio, tan- 
qaam Gapiti et Fandatori, communicavit. ( Uireetor, in Exerc. Spirit. 
InstiU, etc., t. II, p. 433.) 

(h) Iode yidere licet, ad quara celsom, nobile et regale genus viveodi 
Toseilulerit; cam nec in homioibas Dec ia ipsis Angelis noUum exerci- 
tinm offlciamque sablimias reperiri possit. ( Epht, Prœpos. Gêner, 
i^ntHfrp. 1635, p. 31.) 



450 APPENDICE. 

ciété des Ap4tre9 ; elle aurait été prédite par Malachie et |>ar 
Isaïe. La tin qu'elle se propose est tout à fait semblable à la 
fin de rincarnation , proximm et simillimus fini Ineamaiianis 
Chrisli, S. Ignace est comparé à S. Pierre et à S. Paul; ceux- 
ci ne sont que les premiers Jésuites. Le Père Valderama ya 
plus loin dans un sermon pour la canonisation de S. Ignace : 
ce Bien loin que la Société puisse passer pour nouvelle, dit-il, 
ce il n'y en a pas au contraire qui doive lui disputer le droit 
<( d'ancienneté. Elle était avant les Apôtres mêmes ; car la 
« Société de Jbsç^ (ut fondée ^\\ moment de aca i^dmirable 
« conception, lorsqu'il réunit en sa personne ThumaDîté avec 
c( la divinité. Elle est la première Société que Dieu ait établie 
(^ parmi les bommea , et aa première maison fut le seia de la 
<i sainte Vierge (p. 10). » Les membres de la Société partîci* 
pent nécessairement i la grandeur de leur ordre ; un Jésuite 
est presque un Evéque, jn^opinquissime videtur accedere adtt^ 
ium Episeopalem (Suarez, deRelig. Societ. J , 1. I» c. 7), ek 
selon Ribadaneira , S. Ignace disait que l'Eglise retirerait 
plus de fruit du Jésuite non évêque que du Jésuite évéque : 
q-uod uheriores p^rceplura $U frmtus CkrUii EccUna êx nosiris 
non Episcopis q%tam fpûcopù ( Yita Ignatli, 1. 111, p. 398). Sua- 
rez ne manque pas de décider qu'un Profès instruit est plus 
utile à l'Église en restant dans son bumble condition , ni mo 
hw/nili <(a(ti, qu'en acceptant un évécbé. De là à idenkiûer les 
intérêts de l'Eglise et ceux de la Société, il n'y avait qu'uo 
pas : ce pas a été bientôt franchi. La Société étant la portion 
la plus utile, la plus sainte de l'Eglise, l'attaquer n'était-ce pas 
saper les fondements de l'Eglise? Nous négligeons les auteurs 
particuliers; nous nous en tiendrons aux paroles d'un Général de 
la Société : elle sont significatives. Aquaviva, le 39 juillet 1611, 
écrivait dans la douzième de ses décrétales, en se plaignant 
des écbecs que venait d'éprouver la Société : « C'est pourquoi, 
« pressés par le devoir de notre charge , nous excitons cba- 
(( cun, et nous le conjurons de tout cœur, par les entrailles de 
a J.-G., d'embrasser d'un commun effort cette cause, qui est 
a non-seulement celle de notre Société , mais encore celle de 
« l'Eglise de Dieu, dont l'intérêt est évidemment et intiine- 
« ment uni à l'état soit fâcheux, soit florissant, de notre Or- 
« dre ( c ) . » Il est impossible de confondre plus oomplétemaot 

(r) OfRcii nosfri neceisaria qaadam instigaliooe permoU, eirllan 



les intérétâ de la Société et ceux de TEglise. ftapprochons 
mai&tenaDt des paroles d'Âquaviva celles du pape Clé- 
ment XIY : a Poussé par la nécessité de remplir notre minith 
« tère> qui nous impose une obligation tr^-étroite, de prê- 
te curer ) maintenir et affermir, autant qu'il est en nous^ la 
«c paix et la tranquillité dans la république chrétienne, et d'ex- 
«c tirper tout ce qui pourrait y porter le moindre préjudice ; 

a considérant en outre qu'il n'est peut-être pas même pos- 

a sible que tant que la Société de Jésus subsistera , l'Eglise 
« recouvre jamais une paix vraie et durable ; persuadé , 
« pressé par de si puissants motifs, et par d'autres encore que 
« les lois de la prudence et le bon gouvernement de l'Cglîse 
« universelle nous fournissent, mais que nous gardons dans 
« le profond secret de notre cœur , nous sui^imons ^ ete. 
i BuUe de suppression^ ) 



NOTE B. 



Sur les cas esseruiels d'empêchement. 



Les cas d'empêchement essentiels à l'admission dans 
la Société sont mis, par le 58' Décret de la 5*" Assemblée gé- 
nérale, au nombre des observances et des règles qui sont 
la substance même de la Société, Substantialia InstûulL 
€es règles sont, avant tout, les règles établies et approuvées 
pat le pape Jules III et d'autres papes ; puis quelques autres 
sans lesquelles les premières ne pourraient nullement ou 
pourraient à p^ine subsister , sine quibm illa aut nuïlo modo 
aut vix conslare possunl. Ces dernières règles sont au nombre 
de cinq : «c V Qu'il y ait quelques empêchements essentiels à 

omnes cogimar, ac toto cordis affectu in Christi Yisceribas orare^ ot 
commuai studio atque ope communeni banc causam complectantnr ; 
necSocielati modo nostrœ, sed ipsi etiam Dbi Ecclesiœ commanem, cojas 
cam rationibos conjunctissimns haud dubie status est, sea melior seu 
deterior bujusce Religioais. (Epist. Prœpos. Gêner, Antuerp., p. 299.) 



432 APPENDICE. 

« Tadmission dans la Société; 2'' Qu'il ne soit pas nécessaire 
c< qu'on garde une forme de jugement en renvoyant de la So* 
« ciété; 5° Qu'on rende compte de sa conscience à son Sapé- 
« rieur; 4'' Que chacun soit content que tout ce qui aura été 
« remarqué en lui, par qui que cejsoit, hors de la Confessioo, 
« soit dévoilé au Supérieur ; 5^ Que tous soient préparés à se 
« dévoiler les uns les autres, avec Tamour et la charité coufe- 
« nahles ; etc. (a). » 

Nous aurons occasion de revenir sur ce qui concerne Ja 
manifestation de conscience et la Délation ; conteotons-noos 
défaire observer pour le moment, au sujet des règles 'l etâ, 
que la première a été bien singulièrement commentée par la 
auteurs des Déclarations (p. 45, c et 84, c), et que la se- 
conde rend on ne peut plus précaire la position des membres 
de la Société : on peut renvoyer de la Société un honnéle 
homme par cela seul qu'il est inutile ( p. 105, 5 ); on peut ad- 
mettre un homme qui a commis d'énormes péchés, «noraiM 
peccata, c'est-à-dire des crimes, pourvu qu'il ait reçu quelques 
Dons éclatants de Dieu, c'est-à-dire quelques talents (p. 17, tf ;. 
On ne peut pas avouer plus clairement que le mobile unique 
de la Société, c'est son intérêt ; il est vrai qu'aux yeux d'un 
Jésuite, l'intérêt de la Société est celui de Dieu même ; mais 
n'en peut-on douter, quand on n'est pas Jésuite? 



(a) Primo, etse aliqaa impedimenta essentialia in admitfendo. 

Secundo, non esse necessariam ut in dimittendo forma jadicialis aer- 
tetur. 

Tertio, reddendam eue Snperiori conacienti» rationem. 

Quarto, contentum esse debere unamquemqne ut omnia qas in » 
notata fuerint, per quemyis qui extra confessioaem ea acceperil Snpe- 
rioribus manifestentur. 

Quinto, paratos esse omnes debere ut se inyicem manifestent dcbilo 
cnm amore et charitate. ^ 



APPENDICE. 455 



NOTE C. 



Sur les CoUéges. 



La Société de -Jésus a trois moyens principaux de se ré* 
pandre et de se recruter : 1** les Collèges, pour choisir et former 
les sujets ; 2^^ les Congrégations, sodalilates, pour préparer la 
vocation ; 5^ et enfin les Exercices spirituels, pour la décider 
par l'enthousiasme. 

Les moyens employés par la Société pour s'établir dans 
les Collèges excitèrent plus d'une fois de vives réclamations 
de la part des villes où elle s'introduisait. On peut voir, par 
exemple, dans le Journal des Savants (février 1843), les ré- 
clamations de Domat au sujet du collège de Clermont ; mais 
nous ne devons pas sortir des Règles officielles. 

On lit dans les Règles des Prédicateurs que a ceux-ci doi- 
« vent recommander dans leurs sermons la bonne éducation 
a des enfants : » Commendabunt eliam peculiari ralione bonam 
filiorum educalionem, { Institutum, etc., t. Il, p. i40.) Et où se- 
raient-ils mieux placés que dans les Collèges de la Société? 
Nous voyons dans le Ratio Sludiorum, à Tarticle des Profes- 
seurs des classes inférieures, c'est-à-dire de ceux qui ont les 
élèves les plus jeunes et les plus dociles à toutes les impul- 
sions: «Le Professeur, dans des entretiens particuliers, aura 
a soin d'inculquer à l'élève des dispositions à la piété, de façon 
« cependant qu'il n'ait pas l'air de l'attirer dans Notre Société ; 
« mais s'il vient à remarquer en lui quelque inclination de ce 
« genre, il doit renvoyer l'ouvrage au Confesseur (a), » 

Dans les Règles du Provincial, on lui recommande, au 



(a) Pri\atis etiam colloqaiis eadem aJ pietafem pertinentia inculcabit, 
iUtamen ut nulluni ad Religionem nostram videantur allicerc; fed si 
qaid hujusmodi cagnoTcrit, ad Confeisarium rejiciat. (InstUutum, etc., 
t. II, p. 203.) 

37 



4S4 APPENDICE. 

sujet de Tadmission des Novices, d'admettre tous ceux qu i 
paraîtront convenir à la Société, maïs il devra prendre garde 
d'indisposer les personnes étrangères à la Société et de nuire 
à celle-ci ; «ce qui devra surtout s'observer, ajoute-t-on, dans 
« Fadmission de ceux qui sont élèves dans nos Écoles (6). » 

Ainsi les Collèges de la Société ne sont, à proprement par- 
ler, que des pépinières de Jésuites; Tenfant qu'on y fait entrer 
ne sera jamais sûr de ne pas en sortir membre de la Société ; 
car, aux insinuations du Professeur , viendront se joindre les 
exhortations du Confesseur, animé d'un zèle que la Société 
elle-méroe craint^de ne pouvoir modérer et qu'elle ^'efforce 
de retenir dans ûo justes bornes : ÀfUndai ne nimii sini Nairi 
in hominibuM ad Socielaiem aUidendiê. Voilà ce qui attend 
l'eofant placé dans un Collège de Jésuites. 

C'est au sujet de ces Collèges que Ripert de Monclar disait 
au parlement de Provence, en lui rendant compte des €od- 
atitutions de la Société : a Est-il besoin que je parle de Tin- 
« struction de la jeunesse? Pourrezvous hésiter un momeo^ 
A à l'enlever à de pareils maîtres? Le Général a tout pouvoir 
« sur les Collèges et sur la doctrine qu'on y enseigne. H 
« les nomme à tous emplois de Prédicateur, de Confesseur, 
a de (légoRt; nul n'a mission d'enseigner pour le spirituel et 
« pour le temporel que du Général. On doit envoyer au Gé- 
« néral les compositions des étudiants en Belles-Lettres, en 
« Philosophie et Théologie, l'instruire de leur nombre, de 
« leurs progrès et de leurs talents, et lui référer tout ce qui 
« concerne Tordre des études. Je ne crois pas, ajoute-4-il, 
« qu'on puisse rien imaginer qui contraste davantage avec 
« nos lois que la direction de nos études et l'éducation de 
« nos enfants livrés à un Général étranger et ultramontaio. » 
{C9mpt€ rendu, etc., p. 380.) 



(6) S2. Eos ad ProbalioBem per (O Tel par alioi admiUere po:erit 
quo> ad lastitutum Nostruin idoDCOs judicayeril; caTebii tameo oaco- 
jusquam admissio jus'aiD aliqaam exterooram (ifreosioneoi aal Socir- 
tatis nocuriientuni pariet ; quod cum iis potûftiiDum observaDd.iin erit 
qui iii Schol s noslris instituuntur. 

55. Alton fat ne Jiimii siot Nostri In hoaiinihas ad Socielali'iii alli* 
Cicndis {histilntum, flc«. (. II, p S'.)) 



APPENBIGIS. 453 



NOTE D. 



Sur le Ratio Studiorum. 



Noua ne pouvons nous dispenser de dire ici quelques^ 
mots sur l'intérieur des Collèges de la Société de Jésus. 
I^es prescriptions de la quatrième Partie des Constitutions 
ont été commentées et développées avec la plus grande 
étendue dans un ouvrage spécial qui fait partie des lois fon- 
damentales de la Société : le Guide des Etudes, Ratio Studio^ 
9-tim. Un article de la Règle du Provincial en montre le but et 
l'importance : « Comme la nouveauté ou la diversité des opi- 
« nions peuvent non- seulement faire obstacle à la fin que se 
« propose la Société pour la gloire de Dieu, mais encore 
« ébranler la Sociétéelle^mème, il est nécessaire de comprimer 
a de toutes les manières, par une loi invariable, la licence des 
« esprits qui veulent introduire ou embrasser certaines opi- 
« nions : aussi les Provinciaux, selon l'intention des Consti-* 
« tutions, mettront le plus grand soin à faire observer par tous 
« les membres do la Société, et surtout par les Professeurs, 
tt les prescriptions du Guide des Etudes (a). » Ne pouvant 
faire ici l'analyse de cet ouvrage, nous nous contenterons 
d'en extraire quelques passages qui, avec la quatrième Partie, 
suffiront à faire connaître la nature de l'enseignement de la 
Société. 

On a pu remarquer, dans la lecture des Constitutions, l'im* 
portance que la Société attache à l'uniformité de doctrine et 



(a) Gum opinionutn novHas vel diversitas non modo flnem ipsorn 
q>iem Sodetas ad Dbi gloriam propositam habet, tinpedire pouit ; sed 
etiam ipsam Socîetatis statam maxime labefactare ; neees^e est ingenio- 
ram licentiam in opinionibiu yel iotroducendis vel sectaodis, omnibus 
iiiOfl's certa aliqna lege coercere. Qaare diiigentissime carent Provin* 
ek\cs, jaila meotim Constilationam, ea eiacte ab omnibus Nosttis, et 
praecipoe a Prufessoribus obseryari, qus in Ratione Studiorum pr»-* 
cipinatur. ( Reg, Provinc, Instit.j t. II, p. 82.) 



456 APPENDICE. 

la terreur que lui inspire toute opinion nouvelle. Aussi a-t-€lle 
dû surveiller avec grand soin renseignement supérieur, 
et surtout celui des Professeurs de Philosophie : ceux-ci sont 
Tobjet de précautions toutes particulières : « Les Professeurs 
c( de Philosophie, à moins d'une absolue nécessité, devront 
tt non-seulement avoir suivi le cours de Théologie tout cn- 
c< tier, mais l'avoir repassé pendant deux ans, afin que leur 
« enseignement offre moins de danger et soit plus asservi à 
« la Théologie. Ceux qui sont enclins aux nouveautés, ou d'un 
<( esprit trop indépendant, il faut sans hésiter les écarter de 
« renseignement ( 6 ). » Par suite de ce principe, la Société 
est amenée à faire des choix fort singuliers pour ses Pro- 
fesseurs : « Ceux qui, dans le cours de leurs études, se seront 
tt montrés inhabiles à la Philosophie ou à la Théologie, le 
« Provincial à son choix les destinera aux cas de Conscience 
a ou à renseignement (c). » La Société n'est pas convaincue 
qu'il soit bien sûr de mettre les Pères de l'Eglise entre les 
mains des Elèves en Théologie; c'est une chose à débattre 
entre le Préfet des Etudes et le Recteur {d). Quant au Pro- 
fesseur de Philosophie, outre les précautions que Ton a 
prises avant de lui confier une chaire, on a mis son enseigne- 
ment à l'abri de tout danger en supprimant toutes les ques- 
tions épineuses. 11 lui est interdit de parler du libre Arbitre {e), 
de Dieu et des Intelligences (/), de la prescience de Dieu, de 
son action sur le monde et de sa liberté, de l'essence de 



(5) Philosophiœ Professores (nisî gravissima nécessitas aliad eiigsl) 
oportet non modo cursum Tbeologiae absohisce, sed eamdem bieaoio 
repetisse, ut eoram doclrina tutior esse possit, magisqae Theologia? de- 
scryial. Si aotem faerint ad novifates proni, aut ingenii nimis liberi, bi 
a docendi mnnere sine dubio removeodi. {Ratio Siud, InstiL, t. II p. 171 .) 

(c) Si qui ergo in stadioram decursa inepti ad Philosopliiam ant ad 
Theologiam eomoda deprehensi faerint, ad casuumstadia.feladdoeeiH 
dum Pro?incial:8 arbitrio deslinentur. (Jbid., p. 172.) 

(d) An eiiam aliquem ex Patribus babere debeant, cnm Redore coq- 
sideref. (/6id., p. 8i . ) 

(e) Brevissiine Tero qnaestionem, qn» est de oontingenUboi, ia qu» 
nibil de libero Arbitrio. ( Ibid., p. 19 f . ) 

(/) In mots^physica qnaïstiones de Dio et Intelligeotiisqiueoaintiio aa( 
innpnnpere pendent ex Teritatibus Divina Ode Iraditis prclereanlpr. 
{tbi(l.,p. 194.) 



APPENDICE. 457 

'âi ntie (g) et même de Téternité de Dieu {h). Avec de tels retran- 
^bements la Société n'avait pas besoin d'écarter des chaires 
de Philosophie les esprits indépendants : cependant elle a 
poussé les précautions encore plus loin ; il est défendu de rien 
mnnover même dans les choses indifférentes, et cette défense 
est commune à tous les Professeurs des classes supérieures : 
«c Bf ême dans les choses où la Foi et la Piété ne courent aucun 
<& danger, personne, en matière de quelque importance, ne 
«c devra, sans consulter ses Supérieurs , introduire de nou- 
Cl celles questions, ni aucune opinion qui n'ait pour elle un 
fit auteur grave (t). » Mais si la Société ne respecte pas beau- 
coup la liberté du Professeur, elle veille à ce qu'on ne porte 
aucune atteinte à la probabilité des opinions : a Le Profes- 
se seur, tout en insistant sur son opinion, devra, si une autre 
«i est probable et appuyée de bons auteurs, faire savoir aux 
<c Elèves qu'elle a aussi sa probabilité {k). » On peut voir dans 
l'histoire du Père André {Journal des Savants, février i84i) 
le danger qu'il y avait à énoncer des opinions trop libres dans 
une chaire de Philosophie, et quelles persécutions attendaient 
ceux qui, s'étant mis sous TObéissance de la Société, préten- 
daient se réserver l'indépendance de la pensée. 

La discipline, comme cela était naturel, occupe une grande 
place dans le Ratio Studiorum, Dans les classes on séparera les 
Elèves de la Société et ceux des autres Ordres des Elèves 
externes. On donnera des sièges plus commodes aux No- 
bles (/). Le Professeur exhortera ses Elèves à l'amour de 



(g) Nallo modo iagrediantar dispatationera de Scieotia média nec de 
modo qao Dbds cogooscit fatura... Gaveat autem ne occaaioDe agendl 
deprineipiis et causis iagrediantar disputai ionem de principiiset pro- 
cessionibns DiTiois; nralto Tero magis abiiinendam tam hic qaam alibi 
a dispatatiooe de actibns liberis Dei. Nihil antem dicant de materia 
spiriluali. ( Raiio Stud, Instit, t. Il, p. 227.) 

(h) Nec de œternitate Dm disceptent. (ibid., p. 227.) 

(t) In lis eliam, in qaibus nnllam 6dei pietatisqae perleaTum sobest, 
nemo in rébus alicnjas momeoti novas introducat qaaeatlones nec opi- 
nlonem ullam, quœ idonei noiliuaauctorissit.iis qui pnesaotinconsultis. 
(Ibid., p. m.) 

(k) Ita suas confirmet opiniones, ut si qua alia foerit probabitis, et 
bonis auctoribns munita, eam etiam probabilem esse significet. {Ibid,, 
p. «92.) 

(0 Nisi forte alieubi ex doctrioœ ordine sedeodi ordo statuatur; 

57. 



4S8 APPENDICE. 

D1E0 et à la verta : il fera o» sorte qu'ils aillent tons à Ii 
Messe tous les jours, et au Sermon les jours de féto ; il les 
obligera à se confesser tous les mois et à remettre au Ces- 
fesseui^, sur un billet, leurs noms et prénoms, et leur 
classe, afin qu'on puisse connaître ceux qui y auront ïïdmê* 
que (m). Le Professeur aura soin aussi de propager la Coogr^ 
gation de la Vierge; rElève qui ne se ferait pas inscrira daoi 
cette Congrégation ne devrait pas être admis dans l'Acalé- 
mie (n), c'est-à-dire dans la réunion des Elèves les pins dis- 
tingués (o) ; les membres de la Congrégation, au contraire, 
en font partie de droit (p). 11 nommera aussi dans sa classe oa 
Décurioh ou un Préteur, c'est-à-dire un Elève chargé d'é- 
pier si un de ses condisciples se promène dans la cour avaal 
l'beure, ou quitte sa place, etc., et de faire coanattre au Pré- 
fet des Etudes ceux qui auront manqué la classe, et les fiiulei 
commises en l'absence du Professeur ou en sa présence (9). 
Cet élève est donc destiné à aider le Professeur à faire U 
police des Elèves, etle Préfet des Etudes à faire celle des Pro- 
fesseurs. Et comme les Elèves, d'ordinaire, n'aiment pas cette 
sorte de police et ne se soucient guère de ces fonctions, la 
Décurion devra avoir des privilèges et le droit de lever iei 



Nobiliboé qaldem commodiora, Nostrii vero et aUi> item Réligioiit li 
adfint, «b eitemis separata sabtaUia dentur. (ilal« Siud. InH., t. Il 
p. 190.) 

(tfi) Confessiones singalis mensibas nt a nemine omittantnr efBdat : 
jabebit autem eos tradere fiuam ia schedula descriptum nomeo, oogiKH 
mea, et ciasieoi Gonressariia; et 8cheda« poitea recognotoam qoiaaa 
daftieriot intelligat. (/6td., p. 204.) 

(n) Det operam, ut Divae Mari» AoDuotiata) Congregatio e Ronnao 
ColJegio in laïun propagetur : cui qui nomea dod dederit, doit met ia 
Acadeaaiam, io qna recoli soient liiterari» eiercilationea, admiUcaJai. 
{Ibid., p. 478.) 

(o) Academi» nomioe iotelligimaa oœtam stiidiosoroan ex eanUboi 
Scbolaslicis delectum. {Ibid., p. 221.) 

(p) Hoc es numéro omaes cenaentur qui aant ex Coograiatiow 
B. Virgiuis, eo ipso quod in illam recipiuntur. (Ibid., p. 221.) 

(q) U observet si quis autante signum datùm es condiacipalit rifa- 
tur ia airio, aut acbolam alieoam iogrediaturi aul a propria, iro a sao 
loco diseedat : déférât etiain ad PraBrectom qiiinam quotidie de»idc««a- 
tur; ti quis non discipulus iobolam iutrarît, deoium ai quid abaealeaa 
wmiwit» Magif tro peccetur in scbola. {Ibid*, p» 200.) 



APPENDICE. 4S9 

punitions les plus légères (r). Les mauvais Elèves sont pas- 
sibles de punitions corporelles ; les Constitutions, les Assem- 
blées générales, le Ratio Sludiorum insistent beaucoup sur 
ce genre de punition, cependant la Société ne veut pas que 
ce soit un de ses membres qui administre la correction : il 
faut que ce soit un étranger ou un Elève : la première As- 
semblée générale se plaint de la difficulté qu'on a à trouver 
un Correcteur. Personne ne peut échapper à la correction, ou 
bien il faut quitter le Collège : « Ceux qui se refusent à la 
a correction devront être contraints de la subir, si on peut 
« les y forcer sfns crainte ; ou si cela donne lieu à des scènes 
a indécentes, par exemple avec les plus grands, on les chas- 
a sera du Collège (s). » Les Constitutions recommandent en 
outre de mesurer la correction aux forces des Elèves; mal« 
heureusement cela ne peut pas toujours avoir lieu, témoin la 
mort du jeune Boufflers. (S.-Simon, IX, 124, an i7H.}Le9 
récompenses employées par les Jésuites sont les mêmes que 
partout ailleurs ; comme aussi les récréations, sauf cepen- 
dant l'Académie, espèce de petite réunion littéraire présidée 
par un Professeur qui propose aux Elèves des sujets à dis^ 
cuter, des problèmes à résoudre et des énigmes à deviner {t)^ 
Quant aux divertissements, la Société n'en a qu'un seul qui 
lui soit particulier, mais il est assez bizarre : elle interdit à 
ses élèves toute espèce de spectacle, excepté le supplice des 
hérétiques (u}. 



(r) Decarîonem Maximam, aut Prœtorem constituât : qui ut in ho- 
nore sit apud condiscipulos privilegio aliqao cohonestandus erit, jusque 
babebit Magistro approbante leTiores pœnas a condiscfpulis deprecandi. 
{Rat. Stud. inst., t. Il, p. 200.) 

(<] Qui atatem plagas récusant, ânt oogantnr tl tutopostiat) aut si 
qnando id indecore flat, cum grandioribus videlloef, lit Gymnasiukii 
Nostmm inferdicatur. (/frid.) 

(r) Publie» thèses, et iu rbetorica etiam problemata Teleoigmata dis- 
soivenda proponet. {Ibid., t. II, p. 222.) 

(u)Neqnead publica spectacuia, Comœdias, ludos: nequead supplicia 
reorum, nisi forte beeretlcorum, eaat. {Ibid., p. 221 ) 



4î0 APPENDICE. 



NOTE E. 

Sur les Congrégations. 



Les Congrégations sont/comme lesGoIléges, un moyen très- 
puissant de répandre l'influence de la Société, de propager 
ses doctrines et d'attirer des prosélytes. Dans les Instructions 
aux Supérieurs, on leur recommande d'avoir soin d'en éta- 
blir partout où ils pourront : Dabunt operam u$ inchoeiur pnh 
moveaturque, ubi opportuna res eril, Confratemiias aUqua. 
((nstitutum, etc., t. II, p. 324.) 

Ces Congrégations, érigées par la Société, on, pour parler 
plus exactement, par son Général, sont toutes affiliées à la pre- 
mière Congrégation, établie à Rome en 1584 pour le Collège 
des Jésuites, par une Bulle de Grégoire XHI, sous le titre de 
TAnnonciation de la sainte Vierge, Divinœ Mariœ Anwuniiatm 
(Institutum, t. I, p. 88). Lorsqu'on veut établir une Congréga- 
tion nouvelle dans une Maison de la Société, il suffit de deux 
lettres adressées, Tune au Général, l'autre au Préfet et aux 
Assistants de la Congrégation de Rome. Voyez à ce sujet les 
Ordonnances des Généraux, à l'article des Congrégations de 
la sainte Vierge. (Instii., t. H, p. 285.) C'est donc toujours une 
Maison de la Société qui est le siège de ces Congrégations, 
aussi sont-elles dans la dépendance absolue du Général. C'est 
pour cela qu'on doit dresser de temps en temps la liste des 
Congrégations, et le Provincial en rend compte au Général. 
(Voir les Instructions aux Supérieurs, Instil,^ i. II, p. 339.) 
Les Congrégations sont soumises à la visite du Député du Gé- 
néral, espèce de légat qu'il envoie pour inspecter les Pro- 
vinces : leurs règlements leur sont donnés par le Général, qui 
peut les changer ou les réformer à son gré sans consulter les 
Congrégations. Comme leurs propriétés appartiennent à la 
Société, elles ne peuvent posséder d'immeubles, mais seu- 
lement des biens mobiliers; et lorsque le Général les dis- 
sout en vertu du pouvoir que lui a donné Sixte Y par une 
Bulle de 4586, la Société hérite de ces biens et le Général eo 



APPENDICE. 444 

dispose à sa volonté (a). Il est vrai qu'on ajoute : « S'il n'est 
c< pas constant que le donateur a eu une intention différente, » 
mais nous savons avec quelle peine la Société se soumet à 
une obligation quelconque et quels moyens elle sait trouver 
pour l'éluder. Enfin, pour ce qui regarde Tétat et le gou- 
vernement de ces Congrégations, ceux qui en font partie doi- 
vent obéir avec ardeur et avec promptitude aux ordres et 
même aux conseils du Général ou de son délégué {b). Il est 
impossible d'être dans une dépendance plus complète et plus 
absolue du chef d'une Société, quand on ne fait pas partie de 
cette Société. 



NOTE F. 

Sur l€i Exercices spirituels et le Directorium. 

Exercitia spirilualia ; c'est le titre d'un ouvrage composé 
par S. Ignace peu de temps après sa conversion. On pourrait 
s'attendre à y trouver quelque chose de l'enthousiasme dont 
il devait être animé à cette époque : on se tromperait com- 
plètement. Ce n'est pas un ouvrage comme ceux des mysti- 
ques, ou comme ceux de l'Espagnole sainte Thérèse, où une 
âme, toute pleine de l'amour de Dieu, répand ses sentiments 
avec tendresse et avec force, et avec une abondance naturelle. 
C'est une recette sèche et froide, où l'on apprend à un Direc- 
teur comment il (aut s'y prendre pour surexciter artificielle- 
ment l'imagination d'un pénitent et jeter le trouble dans une 

(a) Gam per Concessionem Sexti V {In LilU Apost.^ p. 92), Prfcpo- 
situs Geaeralis posset dissoWere quaslibet Congregationes externorum 

erectasvel erigendas sub cura et DirecUone Societatis , bona...... 

inpellectiles et mobilia omoia, in éventa dfssolutionis, reTertantnr ad 
pleoDin domioiuDi Societatis, nisi aliter constet de Toluntale donantiura 
{Compendium Privileg. Inslit,» etc., 1. 1, p. 279.) 

{b) Prœposili Gcneralis de peculiarium moderatonim ab ipso depu- 
tatorum n an'atis consiliisqiie alacri et prompta volunlate obtemperarc 
Duoqoam reciisentf (B.dle de Benoit Xlf^, 1758; InsWi,, t. T, p. 247.) 



442 APPENDICE. 

âme. C'est une suite de formules sous les noms de Préludet, 
de Points et d^Entretiens. Le Prélude indique d'une manière 
générale le lieu de la âcène où le pénitent doit se placer en 
imagination, et Tensemble des objets qu'il doit se représenter 
à l'esprit; dans le Point, il analyse plus longuement le ta-» 
bleau qu'il s'est mis sous les yeux ; il en examine tous les dé- 
tails en y appliquant successivement chacun des cinq sens; 
enfîn l'Entretien expose les sentiments qui doivent s'éveiller 
dans l'âme à la vue de ce tableau, sous forme d'une prière 
adressée à Dieu ou à N.-S. J.-G. L'auteur ne développe pas 
lui-même ces images ou ces sentiments; il se contente d'indi* 
quer en deux tnots la marche à suivre. Mais nous ne pouvons 
donner une idée exacte de ce livre bizarre sans de longues ci- 
tations ; nous transcrivons en entier le cinquième Exercice de 
la première semaine sur l'enfer. 

Eœercitium V, Cinquième Exercice. 

Est contemplât] de inFerno^ con • C'est une contempIatioD sur Fen- 

tinctque ultra oratioofni prépara- fer, et ii contient, outre la prière 

toriam et dao prsiadia, panc'a préparatoire et deai prétudet, daq 

quinque et unum culloquiom. points et un entretien. 

Oratio praeparatoria non differt La prière préparatoire ne diflèra 

a auperiore (a). pas de la précé ieele (a). 

Prius ptœ'udium hic habet corn- Le premier prélude cons'ste id i 

posiliouem Ioc>, subjecta oculis ima- former le lieu de la scène, en te rep.è- 

ginationis inferni loogiluiiine, lati- sentant, par riiiiaginatton, Teofer 

tudineetprorunditat'\Posteriu8Tero d ns sa longueur, sa largeur et si 

consistit in poscenda int>ma pœna- profondeur. Le second consiste i de- 

mm quas damnati luunt apprehen- mander le sentiment iotinie dct 

sione, utsiquaodo meceperitBivi- peines que souffrent les damaés, 

o! anioris oblivio, saltem a peocatis aQo que, si je Tenais à oublier 1> 

tupplicii timor coerceat. mour de Dibo. je fusse du moins 

éloigné du péché par la craiote do 
supplice. 



(a) Oratio prœparaforia est qua (a) Dans la prière prépsrafoire. 
peUmus a Deo gratiam ut Tires nous demandons èDiso la icrie» de 
atqne operationes nostrœ omnes dfriger sincèrement toutes nos opé- 
sincère ad ejus gloriam et cultum rations et toutes nos forces en TW 
tendant. (Exercit. I, Hebdomad ) de m gloire et de sou culte. (Exere, I, 

^1* semaine.) 



appëKdigë^ 445 

Le premier point consiste à Toir Paociam primum est 'spectaie 

en imagioation les fastes fournaises per imagiiiatlooera Tasta inferorum 

de l'eofer et les âmes enfermées iucendia et aDini;is veint igneis qui- 

dans des corps ignés comme dans busdam corporibus tanquam ergas- 

des prisons. tulis incliisas. 

Le second, à entendre en imagi- Secundum, audire imagioarie 

nation les gémissements, Ie.< crif, planclus, ejuhtus, Tociferationes 

les htirlemects et les blasphèmes atque blasphemias in Chriitum et 

contre le Christ et ses saints, qni sanctos ejus, iliinc erampeates. 
s'éobappent de ce lien. 

Le troisième, à sentir aussi en Terlium,imaginarioetiamolfactn 

imagination l'odeur de la fumée, fumumi sulphur et sentioœ cujus- 

da soufre, les exhalaisons infectes dam scnCaecis atque putredioisgra- 

d'une seatioe d'immondices et da veolentiaai persentire. 
ponrriture. 

La quatrième , à goûter de la Qoartum gustare similiter res 

même manière des choses très araè- amarissimas, ut lacrydias, ranco- 

res, comme les larmes, ou quelque rem cooscientisqiie ^ermem. 
c1i05e de rancc, ou encore le Yer de 
la consâence. 

Le cinquième, à toucher en quel* Qulntanij tangere qnodam modo 

4}iie sorte ces fifux dont rattouche- ignea iilos , quorum tactu animae 

ment brûie les âmes elles-mêmes. ipsae combnruntur. 

En môme temps , s'entretenaot GoUoquendo intérim cum Cbris- 

avcc Jésus-Christ, il faut rappeler to, in roemoriam adducendœ crunt 

ft sa mémoire toutes les âmes de illorum aniinae, qui ad inferoi pœ- 

ceux qui ont élé condamnés aux nas damna ti sunt. Tel quia credere 

peines de l'enfer, ou pour n'avoir nolueruot adveotom Christi , yel 

pas voolu croire à la Tenue du licet crederent, non (amen confor- 

Gfarist, ou qui, en croyant, n'ont mem praeceptis ejus Titam exege- 

pas mené une Tie conforme à ses rnot, idqoe Tel ante adventum 

préceptes, soit avant la Tenue de Christi, rel eodem tewpore quo 

J.-C, soit pendant.sa vie, soit après Tixit Christus in boc muudo> Tel 

sa mort. Enfm, il faut rendre grâi es post iilud deiuceps. Graiiae postre- 

âceniémcJ.'-C.aTeclareconnaissan- mo agendas sunt eidem Cbristo 

ce la plus grande de ce qu'il n'a per- quam maximae, quod in taie quoJ- 

mis que je sois tombé dans on mal- piam exilium non permiserit me 

heur pareil, et de ce qu'il m'a traité corroere, sed potius ad hune usque 

au cent' aire, jusqu'à ce Jour, arec diem summa pietate et misericordia 

tant de bonté et de miséricorde. me prosecntns sit. 

FîDir en disant le P«l«r. (Ipsti- Fi&is imponetar dtcto Pater 

tain», etc., t. U, p. S 99). ndster. 

Comparez à cela les Elévations de Bossuet, et vous compren- 
drez immédiatement combien il y a peu d'entbousiasme et 



444 APPENDICE. 

d'étan réel dans les Exercices spiriluels. L'auteur a beau tor- 
turer son imagination et appeler à son secours la mémoire et 
toutes les facultés, il ne peut se séparer de tous ces acces- 
soires de temps, de lieux, d'images matérielles ; loin de pou- 
voir s'élever directement à Dieu, il n'arrive qu'à produire une 
sureicitation artificielle au moyen de formules techniques. 
Ces formules reviennent uniformément dans tout le livre. 

Il y en a de très-singulières ; ainsi, quand on fait son exa- 
men de conscience, il faut marquer sur le papier autant d« 
points qu'on a commis de péchés ; on fera la même chose le 
lendemain, et ensuite, en comparant la longueur des lignes 
que forment ces points, on verra si on a fait quelque progrès. 
On continuera de même et il faudra que la longueur des lignes 
diminue progressivement, et pour rendre la chose plus claire, 
S. Ignace trace dans son livre une suite de lignes qui yont en 
diminuant. {Instilutumf etc., t. II, p. 394.) 

Cela tient à cette habitude de tout matérialiser, qui est ud 
des caractères saillants de cet ouvrage : c'est ce même e^t 
qui fait dire à S. Ignace qu'il faut commencer chaque exercice 
par se représenter un tableau extérieur et y appliquer en- 
suite les cinq sens; c'est pour cela qu'il veut que pour penser 
à J.-G. ou à la Vierge, on ait toujours devant les yeux un lieu 
corporel, un temple ou une montagne, pour les y placer. 
Effingendus erii nobis, secundum visionem quamdam imagina- 
riam, locm corporetts id q%u>d coniemplamur reprœientam^ rr- 
luli lemplum aut mons^ in quo reperiamus Christum Jemm tW 
Mariam Virginem et aslera quœ speclant adconlemplalionis nof- 
(rœ argumenlum. (Institutum, 1. 11, p. 597.) De même 8*ii s*agit 
du péché, il faut se représenter l'âme enfermée dans le corps 
comme dans une prison. 

Le livre des Exercices spirituels comprend quatre semaines, 
la première sur le péché, la seconde sur la vie de J.-C., la 
troisième sur sa passion, la quatrième sur sa résurrection. 
Chacune de ces semaines comprend plusieurs exercices ou 
méditations, dont on doit faire un chaque jour, de sorte qu'il 
faut à peu près un mois pour les accomplir en entier. 

Dans l'ouvrage de S. Ignace, il y a, outre le texte des^Exer- 
cices, des remarques et des avis, soit pour celui qui fait ces 
Exercices, soit pour celui qui le dirige. Mais plus tard, 
lorsque ces Exercices furent devenus un des principaux 
moyens de la Société pour répandre son influence et pour se 



APPENDICE. 445 

recruter elle-même, on jugea nécessaire de tracer plus exac- 
tement la marche que devait suivre le Directeur dans une 
chose si importante, et la première Assemblée générale dé- 
cida qu'il serait fait un Guide des Exercices spirituels. Ce 
Guide, Directorium^ recueil des préceptes que fournissait Tex- 
périence des Jésuites les plus habiles, fut rédigé par Polanco 
et approuvé par la cinquième Assemblée générale. On voit 
dans la Préface (Institulumy etc., t. Il, p. 455] quelle impor- 
tance ilsattach aient à Fusage de ces Exercices. 



Eofin, par l'eipérience elle-mé- Postremo est cUam ipsa ^pe- 

mct qui nous montre l'utili é im- rieulia ingentis ac prope incredibi- 

mense et presque incroyable qui est lis utilitatis quaB ex bis Eiercitiis 

ordicairement le fruit de ces Exer- faciendis subseqai solet. Primum 

cices. D'abord, eu effet, la plupart enim pluriaii ex Nostris, prœseriiin 

des membres de notre Société, sur- primis tempcribus, boc modo spi- 

tout dans les premiers temps, out ritumTocationisacceperaotyUtTere 

reçu de ceUe naniëre l'espoir de dici possit, Societdtera nostram boc 

vocation; et on peut dire avec rai- maxime medio et initio coaluisse, et 

son que c'est principalement par ce postea incremenlum accepisse. 
moyeu que notre Société s'est for- 
mée, et qu'elle s'est accrue dans la 
suite. 



On le voit encore par les précautions infinies qu^ils pren- 
nent pour amener à faire ces exercices , discrètement et mo- 
destement, sans choquer personne et sans qu'on se doute du 
résultat qu'ils peuvent avoir, d'engager à entrer dans la So- 
ciété. 



Cependant il faut de la prudence Est tamen opus prudenlia ut id 

pour le faire discrèlement et modes- discrète et nodeste fiât, uprope 

tcment, dans un lieu et dans un tempore et loco convenienti, sine 

temps convenables^ sans choquer ni moleslia aut offcnsione; et nomi- 

êlre importun : et surtout en ayant natim cavendo ne suspicio prœbea- 

soin de ne pas faire soupçonner tur, quod ad relegiosum stalum 

qu'on veuille engager à entrer dans trahere ?e!imus. Hune autem mo- 

rétiit religieux. Celte manière pru- dum prudentcm et cautnm ioTi* 

deole et habile d'engager à faire tandi ad Exrrcitia, saffgtret sua 

les Exercices sera suggéréa à cha- cuique prudentia et Spiritus Sancti 

cun par sa prudence et par l'onc- unctio, quae ut in aliis, ita in hoc 

tiou du Saint*Esprit qui conduira dirigeret, juvabit suos operarios. 

58 



446 APPENDICE. 

ses oiiyriers en cela cjoime es foui 
le reste, 
Bfatus Paler Noster Igoat us iU C'était Taria de N. B. P. 
sentiebat et mouebat optimum mo- et il disait que li meilleure 
dura esse in confessione, non im- était de le faire en coofetskio, 
portuoe atque ex abrupto* sed ali- pas ex abrupto et de maoière â 
qua commoda occasione Tel e re êtie importun, mais en saisûsaol 
nata Tel dexire accersita : aut etiam une occasion favorable on en la 
extra oonfessionem, cum eernitur faisant naître adroitement ; ou tMCS, 
aliquis non adeo cootentus statu bors de la cocfes>ion, quand oa 
suo, sÎTe propter sliquem scrupu- s'aperçoit que quelqu'un n"csi pis 
lum iatrinsecum, slTe prof ter mo- content de son élat, soit à cause de 
lestiam extrinsecam, ut si non bene quelque scrupule intérieur, cobum, 
eî succédant negotia Tel si non bene par exemple, si ses affaires ne réos- 
a suis tracletur, Tel ob aliam simi- sissent pas, s'il n'est pas bien tratlé 
lem causam. loterdum etiam opti- des siens, ou quelque chose de sem- 
ma est commoditas ex ipsis Tiliis blable. On peut eocore quelque!» 
aut lapsibus alicujus. trouTer une excellente oceasioo 

dans les Tîces ou daoa les fiatei 
de la personne. 
JuTat etiam proponere aliqna II est boa aussi de mettre ea 
ezempla aliquorum qui ea feceriot aTaot l'exemple de quelques-uns de 
cuffl fructu , il a ut pos^ea Valde ceux qui ont fait ces exerdees stcc 
contenti fuerint, ipsaque morum fruit, qui en ont été très salitbils 
mutatione testati siut quantum in et qui ont montré par leur cfaan^e- 
eis prof<;oerint : et ad boc etiam ment de Tie conibwn ils y ataient 
caoferet indicare consolationes spi- gagné : il faut parler aussi des coo- 
rituales et gustos quos babuerunt, solations spirituelles et des joies 
nimirum ne labore deterreantur. qu'ils y ont éprouTées, pour empè- 
Yerum in bis exemplis commemo- cher qu'on ne s'efrra)e de la peioe. 
raodis abstiaendum csset ab ils qui Ma s en rappelant ces eserop'es, il 
religiooem ingressi sunt. Tel certe ne faut pas parler de ceux qui aoal 
hoc postremum taceudum et il po- entrés dans ISotre Société, ou dn 
tins narrandi, qui in melius mutati moins il faut taire celte deroièrt 
io sœculo manserunt, quoniam fa- circoostance, et parler plutôt de 
elle fieri pote&t, ut quem boitari ceux qui, après leur couTenioa, 
Tolumus, idem sibi timcat et ideo sont demeurés dans le moade : 
réfugiât Ëxercitia. (fnsrtfiftumetc., parce qu'il pouTait arrifer en par. 
t. II, p. 435.) lant des premiers que celui qoe 

nous Toulons y eng;>ger. ne craigne 
qu'il lui arriTC la même ctiOfe, ri 
n'éTite pour cette raison de fSure 
les exercices. 

» 

Une fois qu'on a décidé une personne à faire les Exercices^ 
n l'éloigné de toute Société. 



APPENDICE. 447 

Le tien où Ton fera les exercices Locus ad faclenda Exerdtia noa 

doit être, sans aucoa doute, tel est dubium quio debeat eue remo- 

qâ*oii soit éloigné de la foule et tus ab bominum concnrsu et as* 

qu'on ne voie pas surtout ses amif . pectn eliam maxime familiarium* 

Si done celui qui Ta faire les Exer- Quare si Exerciiia suscepturus alibi 

cices ne peut autremeut les faire tam commode et tam fractuose non 

csommoiément et en retirer quel* potest et superiori \ideatur, poteril 

que fruit, il pourra, avec l'appro- excipi Domi Nostrs, sed in aliquo 

bation du Supérieur, être reçu dans cubiculo quod sit qusm maxime se- 

Notre Maison ; mais qu il soit placé paratnm ab aliis cubicolis et offlcinis 

dnnsune chambre séparée de toutes domesticis, ut quam minime videat 

les autres chambres et des lieux de quge a No&tris flunt. 
service de la Maison, aOn qu'il ne 
puisse que moins possible voir ou 
entendre ce que l'on y fait. 

Dans ce lieu, il doit y avoir, ou- In hoc loco prseler lasfrnctorem 

tre riuslitutenr, un homme de ser- débet eiiam esse qui ei inserTiat et 

▼iee qui apporte tout ce qui est necessaria ad victum déférât. Hune 

nécessaire à la Tie. Il faut que cet antem oportet esse fidelem, disci^ 

faomme soit Adèle, disiret, silen- tum tacitnrnum, quique sua mo- 

cieux, et qu'il édifie, par l'exemple destia et bumi itatis ac devotîDoia 

de sa modestie, de son bumilit<^, de exemplo œdiGcet. Nibil autem lo- 

sa dévotion. Il ne parlera jamais quetur, nisi de ils quae ad victuno 

que de ce qui a rapport à son ser- aut culiiculum et ministerium suum 

Ticf*, la nourriture, le logement, pertineant, idque pDUcissimIs, ora« 

etc., et il le fera en très-peu de nia sempor ad Instructorem reji • 

moit, renvoyant toujours sur tout ciendo, quem et*am de slngulis cer- 

à riostroc!enr qu'il instruira lui- tiorem faciet , nec rem uflsm ei 

même de chose. 11 n'apportera rien, defcret etiam postulatus, ni^i ttlo 

même de ce qui lui sera demandé, oonsulto. 
sans ayoir consulté l'Instructeur. 

Le plus souvent, ouire l'homme Prapter bunc qui ei ministrat, 
de service, personne ne doit visiter plurimum non débet ab aliis visi- 
te pénitent. Pour les personnes du tari. Nam de ssecularibns quidem 
siècle, cela est de rigueur, exceplé nulla dubitatio, nisi aliqua neces- 
le cas dé nécessité urgente. Pour les si as urgeret. Ex nostris autera ail- 
nôtres, on pourra en envoyer quel- quis mitti possef, cum vel qui facit 
qu'un si le Pénitent le demande ou Exercitia, id peteret ab Instructore, 
s'il ne le demande pas, mais que vel Insiructor etiana, illo non pe- 
rinstmcteur croie cela utile à sa tente, ita judicaret, ad cjns conso- 
consolation où à ses progrès. lationem vel profectum. 

Quel que suit le vi&iteur, l'In- Quicumque autem eat, cavere 

structfur duit prendre garde qu'on débet ut nullns, nisi u'.ilis, sermo 

ne tienne que des discours utiles et habeatur ac de rébus spiritualibus, 

spirituels; sans cependant laisser nulia tamen signincatione, quod 

d'ancune façon entrevoir que l'on cum ad huoc vel îllum tKç^ statuni 



448 APPBNmCB. 

innpellere Telit, prœserlim vero ad yeoille poasser le Péniteiit àdionr 

Sorietateno. Nam praeterquam qood tel ou tel état et sartoot à estrtr 

Tocatio débet esse libéra et a Deo dans la Société. Car, outre que la 

veaire, îpsi etiam qui in hac delilte- vocation doit être libre et veoir de 

ratione versantur, »i id intdligaDt Dieu, si les Péaitents pénètrent oo 

aut suspieen ur. eo magia rclrahi soupçonnent une pareille iateotiflB, 

( oient, et contra, ut esperlenlia ils résistent d'aatant« et, an oo»* 

sœpe oslendit, en magis iucitari, traire, comme l'expérience l'a sob- 

cum in Nostris nallam taiem cupi- yent prouvé, iia sont d'autant plia 

ditatem animadverttint. (Institu- excitt^s à entrer dans la Socifté, 

tunif etc., t. Il, p. 45&.) qu'ils n'aperçoivent dans les adlrei 

aucun désir de les y voir. 

Quand le Pénitent est ainsi seul, livré à sod Instructeur, 
c'est à ce dernier à le diriger et à le conduire , surtout dans 
ce qui a rapport au choix d'un état ; c'est à cela qu'est em- 
ployée en grande partie la seconde semaine. On conçoit quelle 
est l'importance qu'attache la Société à cette partie des Exer- 
cices ; ce n'est qu'à ceux qui sont libres de choisir un état, 
c'est-à-dire d'entrer dans la Société, que l'on doit faire faire 
les Exercices en entier (195, e), 

a Le choix d'un état, est-il dit, est le point le plus difficile 
« et celui qui demande le plus de dextérité et de discrétion 
c( spirituelle de la part de l'Instructeur (6). » 

« Le choix d'un état vous place entre deux alternatives, 
(( s'en tenir à la loi ou avancer dans la voie des conseils (c). • 

S'en tenir à la loi, c'est suivre sa religion comme le com* 
mun des fidèles; entrer dans la voie des conseils, c'est 
entrer dans un ordre religieux pour atteindre à une per- 
fection plus grande. Or la loi commune est représentée ici 
comme l'exception. « Il faut des signes plus éclatants pour 
(( décider que la volonté de Dieu est qu'on reste dans cet état 
« où il suffît d'observer la loi, que pour faire embrasser la 
a voie des conseils (d). m On représente ensuite la difOculté 



(h) Nullus est difQcilior locui aut qui majoreoi dexteritatem et diMre 
tionem ipiritualem requ<rat. (InsHL, etc, t. If, p. 455.) 

(c) Electio autem statns versa tnr ioter duo, sit ne mioendum la pr«> 
Gfptis aut progrediendum ad consil'a. (Ibid., p. 458.) 

(d) Majora ntique signa requiri ad statuendum qnod ea sit Dbi toIoo* 
tas, ut quis in eo statu nianeat, in quo satis sit servare prasoepta, qam 
wt viam consilioruni iogrediatur. {ibid,, p. 457.) 



APPENDICE. 449 

de suivre la voie des conseils dans le monde : « Si Ton veut 
a suivre la voie des conseils, sera-ce dans Tétat religieux, ou 
a en dehors , quoiqu'il soit à peine possible de s'y conformer 
a hors de Tétat religieux {e) ? » Le choix fait, dans quel ordre 
entrera-t-on ? La prudence interdisait de désigner ouverte- 
ment la Société ; on se contente de donner un conseil, a Quant 
à Tordre où Ton entrera, il faut prendre garde d'abord d'en 
choisir un déjà corrompu, où l'observation de la règle ne 
soit plus en vigueur. Ensuite entre ceux où la règl^ est ob- 
servée , il faut préférer celui dont le régime est le plus par- 
fait (/).» 

Lorsque Dieu a parlé à Tesprit du Pénitent, et que la voca- 
tion est venue, ce serait manquer au plus saint des devoirs 
que de la laisser s'évanouir. 11 faut à l'exemple de l'Âpôtre , 
abandonner sur-le-champ son père et ses filets et profiter 
avant la fin des Exercices de la révolution que la bonté de 
Dieu a opérée en lui. {InslitiUum, etc., t. XI, p. 4S9.) L'instruc- 
teur décidera, suivant sa prudence et suivant la qualité du 
sujet, s'il doit ou non lui permettre de suivre son ardeur et 
de prononcer immédiatement ses Vœux. {Ibid, I, p. 465. ) 

On ne peut méconnaître l'habileté singulière qui éclate 

dans cet ouvrage; il est aisé de voir que c'est le fruit de 

l'expérience la- plus consommée. Tout a été admirablement 

calculé pour le but qu'on voulait atteindre. Les méditations 

qui précèdent immédiatement le choix d'un état, Vélection, 

sont de nature à produire l'impression la plus vive et la plus 

profonde. Dans l'une, on se représente deux camps, d'un côté 

Jésus-Christ à la tête des bienheureux devant Jérusalem , de 

l'autre Lucifer devant Babylone à la tète des démons : l'un 

sur un trône de feu, appelant les démons et les exhortant à 

tromper les hommes par l'avarice, l'ambition et l'orgueil; 

l'autre envoyant ses Apôtres et ses Disciples par toute la terre 

pour inviter au contraire à la pauvreté et à l'humilité. C'est 



(e) Si coDsilia scquenda, nam ia Religione aat eitra eain. Quan- 
qoam enim y\\ jam extra Religionem ser?ari possnnt {Instit., 459.) 

{f) la eligenda autem haec Tel îlla Religione, cavenduoi est prias ne 
eligatur aliqua jam corrupta yel ia qaa non vigeat obserrantia. Se- 
cundo ioter ipsas in quibua viget obser?antia, praeferenda est ex cujus 
ioBtitatam ait perfectiiu. (InsiiU, p. 459.) 

38. 



490 APraKOIGB. 

ce qu'on appelle la mêâitation des deux Etendards, de êmkm 
Vexillis, 

Dans la seconde , il s'agit de trois classes d'hommes, (pu, 
possédant un bien qu'ils ont acquis sans l'amour de Dnv, 
veulent se délivrer de l'affection qu'ils conservent encore pour 
ce bien. Les premières ne veulent prendre aucun moyen pour 
se délivrer de cette passion ; les seconds veulent bien prendra 
quelques moyens, mais ceux qui leur plaisent el non œ que 
Dieu déaire qu'ils prennent; enfin les dernières sont eotièro- 
ment résolues à faire ce que là volonté de Dib0 demandera 
d'eux. C'est là ce qu'on appelle la méditation des trois classes; 
et c'est à la suite de ces deux méditations qu'on doit hlte le 
choix ou rélection. Qu'on se rappelle la solitude compléle 
où le sujet doit être renfermé ; qu'on y ajoute cette recon- 
mandation des Exercices de se tenir autant que possible daw 
l'obscurité , qu'on calcule l'effet que ces représentations de 
toutes sortes doivent produire sur l'imagination de oelui qui 
s'y livre pendant un mois de suitéi et l'on ne s'étonnera pins 
de cette terrible expression du IHrectorium lui-même qui nom 
montre le Pénitent oppressé et étouffé dans une espèce d'i* 
gonie , ut in Ula quasi agonia quodammodo oppriwiUur el si^ 
fiteatur. ( Institutum, etc., t. II, p. 466. ) 



' ■' ' ' r ' 



NOTE G- 



Sur le NtwieiaL 



^ Le premier acte de ceux qui veulent abandonner le monda 
pour entrer en religion est de quitter leurs vêtements ordi- 
naires dès qu'ils commencent leur Noviciat , pour prendre le 
costume de leur condition nouvelle, et mettre ainsi entre eux 
et le siècle qu*ils fuient une première barrière. Il n'en est pas 
de môme de la Société de Jésus. C'est au Supérieur à décider 
si on quittera les vêtements qu'on avait dans le siècle ou li 
Ton continuera de les porter pendant le Noviciat ( p. 9« 13, /.) 
Si Ignace laissa l'habit du siècle à Antoine Araesi son iiaraol^ 



APPENDICE. 454 

et à un Napolitain qui avait été capitaine du château Saint* 
Slme. (Vie de S. Ignace, par Bouhours, 1. Ill, p. 295. ) 

Dans tous les Ordres religieux il y a un ftge fixé pour Tad** 
mission au Noviciat : d'après Tancienne législation , cet âge 
ne pouvait être au-dessous de quatorze ans révolus. Les Con- 
stitutions des Jésuites se sont conformées à ce principe ; mal«* 
lieureusement les Déclarations reconnaissent au Général, en 
cela comme en tout le reste, le droit de dispenser de la règle. 
On a d'ailleurs établi une distinction entre la Profession , 
c'est-à-dire l'engagement irrévocable que le concile de Trente 
n'autorise pas avant seize ans accomplis (et encore est-ce à 
regret que les Pères n'ont pas fixé un âge plus élevé ) , et le 
premier pas fait dans la Société , pour lequel aucune limite 
d'âge n'est fixée : Quod Minet adprimuin ingre$9umt certum ni 
nuUam definitam œtcUem esse êubiiatUialem ( Suarez, 1. H, c. 4, 
§ 42 ). Ceux que l'on a reçus ainsi dans la Société, sans en-* 
gagement, il est vrai , mais à un âge si facile à entraîner, 
eonserveront-ils leur liberté morale; pourront-ils toujours 
retourner en arrière? Les précautions que l'on prend per^ 
mettent de craindre le contraire. Une fois admis dans la Mai"^ 
son de Noviciat , on leur interdit tout commerce au dehors 
(p. 27, 9â, 119) ; entre les membres de la Société ils ne peu«- 
vent parler qu'à ceux que le Supérieur a désignés ( p. 124 ) : 
on intercepte leurs lettres (27, 124 ) ; ils ne doivent plus dire 
qu'ils ont un père ou des frères, mais qu'ils avaient un père 
ou des frères (p. 29). Il est vrai qu'au nombre des empêche- 
ments secondaires qui s'opposent à l'admission d'un sujet, 
on compte une vocation douteuse : intenlio minui reeta q%uim 
par esut ad ReHgionU ingreisum [p* 89) ; mais les GonstitU'- 
lions nous apprennent que des qualités brillantes peuvent 
compenser surabondamment ces empêchements secondaires ; 
et qu'on peut même hâter cette vocation si l'on craint qu'en 
différant le sujet ne coure le danger d'être détourné de son 
projet d'entrer dans la Société. Dans ce cas, on peut l'ad- 
mettre immédiatement au Noviciat ou le transférer dans une 
autre Maison do la Société : Si quiê videretur raris dotibus or^ 
naïus, et inperietdo vermri^ etc. ( p. 95). Un enfant de cet âge, 
ainsi séquestré, ainsi privé de tout appui, pourra-t-il oppos^er 
quelque résistance à la voix de Dieu, que ses Maîtres l'invitent 
à écouter? D'ailleurs le Direclorium indique d'autres moyens 
de détruire les derniers restes d'attachement au m^nda» 



452 APPENDICE. 

et l'on a pu voir dans la note F de quelle nature sont ces 
moyens et quel ascendant on peut exercer sur les âmes par 
les Exercices spirituels, la Chambre obscure » la méditation 
des deux Etendards et des trois Classes. 

D'un autre côté il est craindre que l'espace de deux ans 
exigé par les canons ne laisse l'ardeur des Néophytes se re- 
froidir. On leur permet donc d'offrir d'avance à Dieu leurs 
Vœux (p. 9,155) et d'engager ainsi leur conscience. Il n'est pas 
dit qu'on les invitera à le faire, mais le Supérieur peut le leur 
permettre : cela est présenté comme une marque de perfec- 
tion, et même ces sortes de Vœux doivent être renouvelés tons 
les six mois (p. 489). Us sont rédigés par écrit, le Novice en 
garde un double, le Supérieur garde l'autre , « on rinscrit 
«même sur un registre pour des motifs honnêtes Aofie«laso6 
cau8a8ï> (p. 253). Le Novice est donc lié non-seulement par sa 
conscience, mais par un écrit, avant l'âge voulu et avant que la 
Société ait pris aucun engagement vis-à-vis de lui. Cet écrit 
une fois signé, l'enfant osera-t-il refuser à le signer une se- 
conde , une troisième fols , ne se regardera-t-il pas comme 
obligé par sa conscience à aller jusqu'à la Profession? Les 
Théologiens regardent en général les Vœux formés contre les 
canons comme nuls ; mais la Société veut qu'on fasse savoir 
aux Novices que ces sortes de Vœux sont obligatoires : Nove- 
rirU tamen eos obligcUionem corUrahere nd ea serv€mda. 

Cependant le Concile de Trente a dit : « En quelque ordre 
« religieux que ce soit, tant d'hommes que de femmes> on ne 
« fera point Profession avant l'âge de seize ans accomplis ; et 
« on n'admettra personne à la Profession qu'il n'ait passé an 
« moins un an dans le Noviciat depuis la prise de l'habit. La 
« profession faite avant ce temps sera nulle, et n'engagera à 
« aucune règle, ni religion, ni observance, ni n'aura aucun 
« effet quel qu'il soit (a). » Il est difficile de concilier plu- 
sieurs dispositions de ce décret avec les usages des Jésuites, 



(a) In qaacnmqne reUgfone, tam ▼îroram quam maKemm» prolenio 
HOQ flataote decimnni sextum annamexpletum; oec qai minore tem- 
pore quaiD per aonam, post susceplum habUam io probatione »t«Mi. 
ad professionem admittatur. Proressio autem antei faela ait nnlla, oul- 
lamqae ioducat obligationem ad alicajus regute, Tel religiooia, tH or- 
dioià obierTationem, ant ad alios quoscoinque effediu. (Sesaio XXV, 
cap, ^5, t. If, p. 54 f , édition de l'abbé Dassanoe.) 
\ 



APPENDIC